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lundi 8 février 2016

Marie-Antoinette, Carnet secret d'une reine, Benjamin Lacombe

J'adore les illustrations de Benjamin Lacombe, elles ont un petit quelque chose de magique. D'ailleurs, j'ai deux cartes postales l'une tirée de Marie Antoinette, l'autre d'Alice en permanence sous mes yeux sur mon bureau de la maison. Alors, quand je suis tombée face à Marie-Antoinette, j'ai décidé de le prendre, et de voir ce que valait Lacombe en temps qu'auteur/illustrateur.

Marie-Antoinette, Carnet secret d'une reine, Benjamin Lacombe

Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Année de parution : 2015 cette édition, 2014 pour l'originale
Nombre de pages : 96

A lire si :
- Vous voulez vous régaler les yeux avec de belles illustrations
- Vous voulez une histoire romancée sur la vie de Marie-Antoinette

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de complet sur la dernière reine de France

Présentation de l'éditeur : 

Qui n'a jamais rêvé de s'immerger dans l'intimité de Marie-Antoinette, archiduchesse d'Autriche, dernière reine de France et de Navarre, femme célèbre et controversée devenue un véritable mythe ? Sous la forme d'une belle édition à la fabrication soignée, nous vous proposons de découvrir son journal intime. Porté par Benjamin Lacombe, accompagné par le regard de Cecile Berly, historienne, spécialiste de Marie-Antoinette, ce carnet d'une richesse graphique inouïe (peintures, aquarelles, crayonnes) mêlera certaines des lettres authentiques de Marie-Antoinette, à celles, fictives, du Comte Fersen avec lequel elle entretenait une relation privilégiée. Un livre exceptionnel pour les amateurs d'Histoire et de beaux ouvrages illustrés.

Mon avis

Commençons par la forme. L'édition qui trône à présent sur ma bibliothèque n'est pas une édition de luxe, juste la nouvelle édition du livre. Il n'empêche qu'elle est magnifique. La couverture est en relief, le lettrage en dorée, tout comme la tranche. C'est beau, c'est classe, ça le fait grave. L'intérieur est tout aussi beau, le papier est épais, les illustrations forcément magnifiques et j'aime le changement de fond (vieux papier) pour les lettres. Vous l'aurez compris, sur la forme, je trouve le livre particulièrement beau, si ce n'est la police du texte, manuscrite, très belle, qui parfois est un peu compliqué à lire (surtout avec une petite fille sur les genoux). 

Pour les illustrations, Lacombe reprend à sa sauce certains tableaux d'époques (cf ci contre), par exemple, le Marie-Antoinette à la rose, l'Escarloppette et d'autres tout aussi connus. Il nous offre aussi des tableaux sortis tout droit de sa propre imagination (et j'avoue préféré ceux-là). Il agrémente aussi son texte d'"étude", par exemple sur les coiffures de l'époque ou encore un plan des jardins du Trianon.

C'est sur le fond que je suis un peu déçue. Benjamin Lacombe a voulu nous montrer Sa Marie-Antoinette. L'idée est très bonne, surtout sur un personnage comme elle que beaucoup se sont approprié. Mais il faut réellement le prendre ainsi, comme son interprétation, sinon, vous risquez d'être déçue. Lacombe se penche sur quelques événements de la vie de la souveraine, cela sous forme d'un journal intime de celle-ci. Or, même si le livre raconte la vie de la reine de son arrivée à Versailles à sa mort, nous avons toujours l'impression d'avoir face à nous une enfant. Bien dommage finalement de ne pas la faire évoluer et surtout d'avoir toujours cette impression de la fillette voulant faire plaisir à sa mère. Choisir seulement cette vision-là de Marie-Antoinette était peut-être trop restricteur, du moins, cela l'est pour moi. C'est bien dommage puisqu'en plus du dit carnet, nous avons aussi quelques lettres de Marie Thérèse d'Autriche, sa mère, ou de quelques uns de ses proches (lettres qui apparemment sont véridiques). Du coup, on sent la documentation de l'auteur mais aussi la patte de l'historienne qui l'a aidé, Cécile Berly, mais malheureusement, j'ai aussi eu l'impression que tout n'a pas été exploité comme il l'aurait voulu (ou comme je l'aurais voulu). Du coup, pour moi, le fond est un peu léger. Pas inintéressant, juste léger.

Au final, ce Marie-Antoinette, Carnet secret d'une reine est graphiquement très beau mais par contre un peu léger au niveau du texte. Il se penche sur un seul aspect de la souveraine, passant parfois un peu trop rapidement sur d'autre. Il n'en reste pas moins un bel ouvrage, à offrir aux fans de Benjamin Lacombe ou même à des personnes voulant découvrir son travail.

lundi 7 septembre 2015

Le Cabinet du Docteur Black, E.B. Hudspeth

Cela faisait un petit moment que la couverture de ce livre me plaisait beaucoup dans la librairie. J'ai finalement décidé de le prendre, après l'avoir un peu feuilleté.

Le Cabinet du Docteur Black, E.B. Hudspeth

Editeur : Le pré aux clercs
Collection : /
Année de parution : 2014
Titre en VO : The Ressurectionist
Année de parution en VO : 2013
Nombre de pages : 192

A lire si :
- Vous voulez quelque chose d'un peu étrange, gothique
- Vous aimez les planches d'anatomie

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire romancée

Présentation de l'éditeur :

Fin 1870 à Philadelphie. L'étrange docteur Black, un chirurgien controversé, fils d'un pilleur de tombes, travaille dans son bureau à la lueur d'une lampe à huile. Il est l'auteur d'une étrange théorie qui fait frémir ses contemporains : le Minotaure, les satyres, les chimères, les harpies, les dragons, Pégase, les sirènes... seraient en fait des créatures de chair et de sang qui auraient vécu sur terre avant la race humaine. Ils ne seraient ni plus ni moins que nos ancêtres... Ce savant fou étaye son travail à l'aide de planches anatomiques absolument incroyables qui démontrent au fil des pages l'improbable parenté entre les squelettes humains et ceux d'un fabuleux bestiaire fantastique.

Mon avis

Commençons par le livre en lui-même, l'objet livre. C'est un très bel objet, lourd aux pages plutôt épaisses, agréables au toucher. Ce qu'on voit sur l'image de présentation est en fait une couverture à rabat que l'on peut enlever (ce qui serait un peu dommage pour le coup, parce qu'elle est super belle) pour avoir une couverture ressemblant à celle de livre ancien, donnant au livre un petit aspect grimoire qui lui sied parfaitement.

Mais il faut avouer que le plus intéressant se trouve à l'intérieur. La première partie, environ le tiers du livre, est consacrée au fameux Dr Spencer Black. L'homme était un médecin prodigue. A l'âge de même pas vingt et un ans, sa réputation était faite. Jeune homme prometteur, il était la "star" de l'Académie de médecine de Philadelphie. Mais petit à petit, voilà qu'il commence à avoir des idées un peu particulière, je dirais. Persuadé que les malformations que peut subir l'homme sont en fait une preuve de son évolution, il va se plonger dans l'étude des "difformes", pour petit à petit prouver que l'homme descend de créatures mythologique. Forcément, ça ne va pas plaire et il va sombrer dans une espèce de folie. Cette partie pourrait carrément faire partie d'une encyclopédie. Personnellement, cela ne me dérange pas, mais je sais que certain aurait préféré un truc un peu plus romancé. Il faut dire que la vie du Dr Black est assez pleine de rebondissement pour en faire un roman sympathique et bien gothique ou un film.

La partie suivante, qui prend la majorité du livre, concerne le dernier travail connu du Dr Black, le fameux Codex Extint Animalia. Un livre de planche anatomique de six créatures mythologiques que Black aurait fait édité en 6 exemplaires avant de tout arrêter et de disparaître dans la nature. Cette partie peut rapidement ennuyée. Elle se compose en fait de planches anatomiques de créatures mythologique (sphynx, harpie, sirène, cerbère, centaure et autre), le tout avec un petit texte de présentation de la main du Dr Black. Les planches sont superbement illustrées, tous les détails étant parfaitement rendus. Mais comme je le disais, cela peut devenir vite ennuyeux puisque les planches se suivent et pour certaines se ressemblent. Il n'en reste pas moins que c'est super bien fait et plutôt passionnant en fait (dès que ça plait). Bref, une partie à double trachant qui je pense divisera les lecteurs.

Au final, j'ai beaucoup aimé ce livre, que se soit la partie biographie (j'adore ce genre de chose, un peu encyclopédique) que celles anatomiques (même si pour celle-là, j'ai fini par me lasser un peu à un moment). Son côté gothique (attention, j'ai beaucoup parlé gothique aujourd'hui, et c'est bien du courant littéraire, non pas de la "mode"), un peu malsain, cabinet de curiosité m'a plus qu'emballé (mais ce sont des choses que j'adore, donc forcément). Et puis, il est quand même super classe dans ma bibliothèque (même si Poupette n'aime pas vraiment la couverture)(obliger de la cacher la plupart du temps à cause de ça).

mardi 12 février 2013

Memories of Retrocity, Bastien Lecouffe Deharme

J'ai reçu ma dernière commande aux éditions de Riez ce mardi matin. J'ai ouvert mon paquet, rangé le Ballet des Ames avec les huit autres livres du Riez et pris en main Memories of Retrocity pour ne le lâcher qu'une fois fini, deux heures plus tard environ. Et comment dire, j'ai pris une grande claque dans ma tête.

Memories of Retrocity, Bastien Lecouffe Deharme

Editeur : Editions du Riez
Collection : Graffics
Année de parution : 2011
Nombre de page : 123

A lire si :
- Vous aimez les beaux livres dérangeants
- Vous aimez les ambiances sombres

A ne pas lire si :
- Vous cherchez une intrigue policière
- Vous avez du mal avec les ambiances froides, sombres

Présentation de l'éditeur

A la veille de l'hiver 2004, William Drum, ex-inspecteur de la police criminelle de Chicago, est exilé par ses superieurs à Retrocity.
Retrocity, la Cité déchue, fermée sur elle-meme, que l'on tente de faire disparaitre des consciences depuis plus d'un demi-siècle.
A l'aide d'une machine à écrire trouvée dans son appartement, William se lance dans la rédaction de son journal de bord, et s'enfonce dans la ville.
Une ville hors du temps, que les citoyens ont depuis longtemps désertée.
Une ville où la mécanique remplace les organes humains.
Une ville malade et rongée par un étrange virus.
Une ville de laquelle on ne revient pas.

Mon avis

Je l'ai dit dès l'introduction, ce livre est une claque bien forte dans ma tête. Un vrai coup de coeur comme ça fait longtemps que je n'en avais pas eu pour un format de livre assez étrange, à la limite entre le livre et l'artbook. 

Avant de parler de l'histoire, je vais parler de l'objet livre. Memories a pour format le format BD. Un beau format avec du papier brillant et épais. J'ai rarement de BD dans les mains (j'en lis peu j'avoue) mais j'aime bien le format quoique peu pratique à mettre dans un sac à main. La couverture et la quatrième sont justes magnifiques avec le noir mat, le dessin bien brillant et le sigle de la Hover gravé dans le dos. Un véritable objet d'art. Et puis on l'ouvre et on est éblouie par ce qu'on y trouve.

Car en plus de l'histoire de William Drum, flic déchu envoyé dans une étrange ville-prison, on découvre des illustrations magnifiques dans leur noirceur. Les deux, écrits et illustrations, nous content alors la vie dans cette ville étrange qu'est Retrocity, nous en montre les habitants, les travers. Une déchéance de l'homme qu'est Drum mais aussi de la ville que fut Retrocity.

Car l'histoire de Drum se calque sans faute à celle de la ville dans lequel il est prisonnier. On découvre une ville malade à l'esthétisme 50's teintée de mécanique où les habitants se font greffés des parties mécaniques pour éviter la mort. Et Drum devient l'un d'eux sans le vouloir, sans l'accepter. Alors il tape sur sa machine à écrire son histoire et celle de cette étrange ville.

La force de ce livre s'est qu'on s'y croit vraiment et cela grâce à l'objet livre. Les écrits ont la police d'écriture d'une machine à écrire (j'aime beaucoup ça d'ailleurs), les illustrations nous font vraiment entrer dans Retrocity. Et puis on y voit la beauté de la ville, celle des gens qui l'habitent en plus d'y voir la noirceur incroyable qui s'y trouve. On est plongé dans Retrocity tout comme Drum.

J'ai lu le livre d'une traite et je crois vraiment que c'est ainsi qu'il faut le lire. Ne pas prendre le temps de réfléchir. Comme le héros, se retrouver perdu dans Retrocity et sombrer dans cette ville. Enchainer les entrées du journal et les illustrations, lire les unes et les autres jusqu'au bout. Voir comment tout cela se met en place et même si dès le milieu du roman, on se doute de ce que sera la fin.

Voilà, Memories of Retrocity est donc un livre fabuleux. Un livre à la fois beau et dérangeant. J'ai vraiment eu le coup de coeur pour ce bouquin. Alors je sais, mon avis est peut-être un peu court, mais j'avoue ne pas savoir quoi dire de plus sans trop en dire en fait.