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lundi 20 septembre 2021

Charlie, Stephen King

 J'arrive pile à temps avec mon King estival. Si si, il l'est toujours vu que nous sommes le 20 et que l'automne, c'est officiellement le 21 (et que de toute manière, je l'ai fini hier). Bref, cette année, j'ai donc choisi de lire Charlie, après que mon mari n'ait pas arrêté de me dire de le faire (parce qu'il fait parti de ses préférés)(bon la dernière fois que j'ai lu son préféré, Dreamcatcher, il ne m'avait pas plut du tout). 

Charlie, Stephen King

Editeur : J'ai lu
Collection : Epouvante
Année de parution : 1993 
Titre en VO : Firestarter
Année de parution en VO : 1980
Nombre de pages : 466

A lire si : 

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les longueurs

Présentation de l'éditeur : 

Dès l'enfance, le terrible pouvoir de la petite Charlie s'est révélé : qu'un objet, un animal, un être humain provoque en elle la moindre crainte, la moindre tension... et il se trouve aussitôt livré aux flammes ! Aujourd'hui la douce et jolie Charlie a sept ans et le cauchemar demeure. Certes, elle sait à présent que son pouvoir est un mal qu'elle doit combattre sans relâche pour en être un jour libérée, délivrée. Alors, de toutes ses forces, Charlie lutte, mais la pulsion souvent l'emporte et déferle. Indomptable, criminelle. Et l'enfant cède au désespoir... Comment ses parents pourraient-ils lui avouer l'atroce vérité - cette imprudence fatale qu'ils ont commise avant sa naissance ? A quel destin Charlie est-elle vouée ?

Mon avis

On va pas se mentir, ma première approche de Charlie, ce fut surement le film de 2002. Je ne me souviens pas avoir vu sa première adaptation avec Drew Barrymore mais je peux me tromper (pourtant, il me semble avoir vu un Charlie avant mes seize ans, il est donc possible que j'ai pu le voir). Je n'en garde que peu de souvenir, et c'est sûrement tant mieux, comme ça, je suis partie avec très peu d'apriori (oui enfin, si, celui que les films étaient sûrement des navets).

Imaginez que vous ayez besoin d'argent, parce que vous êtes étudiants, et que vous décidiez de faire partie d'une expérimentation sur un nouveau médicament. Jusque là, rien de grave. Sauf que le dit médicament est en fait une sorte de drogue qui va réveiller des fonctions que votre cerveau n'utilise jamais. Comme la télépathie par exemple, ou le contrôle mental. C'est ce qui est arrivé aux parents de Charlie. Bien qu'ils aient caché leur pouvoir pour pouvoir vivre en paix, ils sont surveillés par la Boite. Le jour où Charlie montre elle aussi des pouvoirs, sa vie et celle de ses parents va devenir un enfer. On retrouve Charlie et son père alors qu'ils fuient à travers New York. Andy cherche à tout prix à sauver sa fille de la Boite, sachant que s'ils la retrouvent, elle deviendra au mieux un rat de laboratoire, au pire, un cadavre. Il faut dire que les pouvoirs de la petite, à peine huit ans au début du livre, sont phénoménaux. Charlie est capable de mettre le feu à tout et n'importe quoi, surtout si elle est en colère, mais peut aussi utiliser de la simple télékinésie. Tout cela en fait donc une arme parfaite. 

Charlie possède pas mal de bon point. Le premier, c'est l'utilisation des pouvoirs de Charlie et de son père, Andy. Les deux ont en eux une puissance phénoménale et surtout la capacité de mettre le monde à leurs pieds. Enfin, en théorie. Parce qu'en pratique, ce n'est pas du tout ça. Andy subit de plein fouet l'utilisation de ce qu'il nomme la poussée. A chaque fois qu'il influence quelqu'un, une affreuse migraine fait son apparition, pire, avec le temps, ce sont plus probablement des vaisseaux de son cerveau qui pètent. De plus, il ne contrôle pas tout à fait sa poussée, pouvant créer des échos ou certain de ses ordres partent légèrement en cacahouète à cause de certains souvenirs de celui qu'il manipule. Du côté de Charlie, c'est un peu plus subtil. Pas de gros problème physique chez elle suite à l'utilisation de ses pouvoirs (trop jeune encore peut-être ?) mais plutôt côté psychologique. Là aussi, c'est particulièrement intéressant, l'enfant appréciant un peu trop pouvoir déclencher l'apocalypse alors que ses parents lui ont expliqué pendant des lustres que ce n'était pas bien. C'est quelque chose que j'apprécie, voir que les conséquences de l'usage de leur pouvoir soient plus forte que le dit usage. Parce que ça va conditionner une bonne partie du roman mais aussi la psychologie d'Andy et de sa fille ainsi que leur fuite.

Le second, ce sont les personnages, surtout ceux du côté de la Boite. Si nous suivons durant une bonne partie Charlie et son père, nous avons aussi beaucoup de passage vu par les méchants. Les personnages sont plutôt bien foutus, complexes aussi, surtout pour Rainbird, l'indien borgne, ou Cap Hollister. C'est toujours un réel plaisir d'avoir de bons méchants en face de soi, plus particulièrement quand ceux-ci sont persuadés d'être dans leur bon droit. Bon par contre, je dois bien vous dire que Rainbird est assez flippant dans son genre et que son obsession pour Charlie l'est tout autant. Même les personnages plus secondaires sont assez marquant, que se soit les psychiatres en chargent des McGee ou même ce pauvre truffions qui a le malheur de croiser Charlie à l'aéroport. C'est souvent un des points forts chez l'auteur et il nous le prouve une fois encore ici.

Par contre, il nous prouve aussi qu'il est capable de plomber tout un roman à cause des lenteurs. Alors quand je dis tout le roman, j'exagère un peu. Disons que les lenteurs commencent assez vite pour Charlie et que j'ai failli décrocher assez rapidement à cause de ça. Personnellement, je trouve que le roman aurait été bien plus efficace avec une bonne centaine de pages en moi. Il y a pas mal de digressions dedans qui ne font qu'alourdir l'histoire.  On perd rapidement le rythme à causse de ça. D'ailleurs, en parlant rythme, celui-ci est assez inégal. Il y a un bon tiers du livre où j'ai trouvé l'action trop peu présente par rapport aux restes. Alors, oui, ça permet de mieux comprendre les relations entre les gens de la Boite et les McGee (enfin, relation, si on veut hein, ils sont prisonniers de la Boite à ce moment) mais que c'est long. 

Au final, Charlie est plutôt sympathique à lire. On perd peut-être maintenant sa portée de l'époque (apparemment, King était un peu parano et n'avait plus beaucoup confiance en son gouvernement au moment où il a écrit le livre) mais il n'en reste moins intéressant dans son aspect eugéniste et paranoïa avec le gouvernement. Par contre, il ne fera pas partie de mes préférés (je lui préfére fortement un Shinning ou un Sac d'Os) et je pense qu'il est, malheureusement, facilement oubliable

lundi 13 avril 2020

La nuit de la Louve, La Moïra, tome 3, Henry Loevenbruck

Et voilà, j'ai fini ma relecture de la Moïra. Je passerai bientôt à la seconde trilogie dans le même univers, Gallica. Mais avant ça, voyons ce que j'ai pensé de ce dernier tome.

La nuit de la Louve, La Moïra, tome 3, Henry Loevenbruck

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2004
Nombre de pages : 351

A lire si 
- Vous voulez de la fantasy "typée jeunesse"
- Vous aimez les loups
- Vous voulez de la fantasy à la Seigneur des Anneaux, mais en français et moins loin

A ne pas lire si :
- Vous voulez de gros complot
- Vous n'aimez pas les voyages initiatiques

Présentation de l'éditeur : 

Les trois prophéties sont sur le point de s'accomplir. Aléa doit unifier l'île. Mais comment affronter les seigneurs de guerre ? Aléa désire que les hommes pardonnent, mais saura-t-elle elle-même renoncer à punir ses bourreaux, qui tuèrent ses amis ? Loin de ces réfléxions, les belligérants poursuivent leurs combats pour un espace qu'ils croient leur appartenir. Comment faire comprendre à ces stratèges militaires que ce sont eux qui appartiennent à la Terre ? Tandis qu'à l'écart, dans l'île, les loups reforment leurs clans...
Dans les coeurs et les âmes de ses habitants, Gaelia se transforme en profondeur, la légende, enfin, va réunir les hommes et les loups. Une ère nouvelle approche....

Mon avis

Je ne sais pas trop par quoi commencer pour ce tome. Je lui trouve un énorme défaut pour moi qui voudrait que je parle directement de lui mais je trouve ça un peu dommage. Parce qu'il concerne plutôt la fin du livre, même si en y réfléchissant bien, il se retrouve un peu dans tout le tome. Disons qu'il a réussi à passer au dessus d'un peu tout. Et que ce n'est pas l'absence encore plus criante que dans le tome deux des loups (quoique, ça pourrait). Bref, avant de parler de ce défaut, parlons un peu du livre.

Gaellia est au bord de la guerre. Les druides se sont divisés en deux. Les rebelles sont partis rejoindre Amine, la reine régicide, à Providence où ils espèrent recréer leurs ordre en mieux. Mais la reine a d'autre ambition, dont celle de devenir archi-druide. Harcourt et Terre-Brune marchent sur le comté de Sarre afin d'accroitre leur pouvoir sur l'île. A Bisagne, la fille du baron Bisagni complote contre son père pour prendre le pouvoir et s'allier à Amine. Les loups sont chassés par milliers. Aléa se dirige vers Tarnea, capitale de Sarre, pour assoir un pouvoir politique qu'elle n'a pas vraiment, afin d'amener la paix. Elle doit faire vite, bientôt, le Saîman disparaitra et avec lui, c'est tout ce que les habitants de Gaelia ont connu qui risquent de mourir.

Pour plein de raison, ce tome aurait du être mon préféré. La première, ce sont les complots et leur aboutissements. C'est toujours quelque chose que j'apprécie, surtout si ça se solde par quelques batailles ou des changements bien marqués dans l'histoire. Et autant dire qu'ici, il y en a un sacré paquet. Celui de Carla Bisagni contre son père, d'Amine contre les druides, des druides contre Amine, d'Harcourt contre le reste de l'île et j'en passe. Tout, absolument tout, ramène à la fin de Gaelia, du moins, à la fin de l'île telle qu'elle est. On sent parfaitement la main de quelque chose de plus sombre derrière tout ça. Et pourtant... Pourtant, tout va trop vite. C'est là le gros défaut dont je parlais en début d'avis. Amine devient archi-druide sans la moindre bataille contre les druides. En un paragraphe, c'est plié alors que face à elle, elle a quand même un type capable de tromper son monde sans problème. Il en va de même pour Bisagni. Sa déchéance n'est là que pour dire "oh, regardez, il va y avoir du changement". Elle n'apporte pas grand chose (même l'avantage des mercenaires de Bisagne lors de la grosse bataille finale aurait pu être remplacée sans le moindre problème). Meriande Mor reste le personnage le plus interessant pour moi par ses réflexions sur son changement de religion (d'ailleurs, la religion chrétienne en prend pour son grade d'une manière que je ne peux qu'approuver)(et encore une fois, c'est finalement toutes les religions qui en prennent pour leur grade pour moi dans le dit chapitre), mais ça ne dure vraiment pas longtemps. Côté Aléa, on est par contre sur une certaine lenteur jusqu'au dernier chapitre, ce qui parait fort étrange par rapport aux restes du roman. 

Ce rythme étrange, trop rapide pour les personnages hors Aléa, qui sont pourtant ceux qu'on va le plus voir, et trop lent pour elle, déséquilibre assez le roman pour moi. Déjà qu'on ne voit pas beaucoup la jeune fille, elle semble parfois ne rien faire. Ce n'est pas le cas pourtant, et Aléa nous offre quelques beaux passages. Entre son apprentissage du pardon et ses découvertes sur la Moïra et le Saîman, il y a de quoi faire. Mais lorsque l'action arrive vraiment pour elle, on se retrouve à nouveau dans un rythme trop rapide qui me laisse un peu en plan. Je veux dire, il y a tellement de chose qui aurait pu être dite pour moi, que je reste sur ma faim à chaque fois. Un exemple ? Maolmordha. Le type reste le gros gros ennemi d'Aléa. Or, s'il avait vraiment une importance dans le tome 1, depuis le second, il reste énormément en retrait (jusqu'à la fin, où, encore une fois, tout va bien trop vite). Maolmordha, pour moi, c'est Sauron. C'est le gars qui tire toutes les ficelles mais qu'on ne voit quasi jamais. Mais à l'inverse de Sauron, il est trop présent dans les tomes. On le voit toujours alors que finalement, il ne semble pas faire grand chose (vous m'excuserez mais les chasses aux loups, pour le coup, ça parait si peu par rapport à tout ce qu'il se passe dans le reste du roman). Du coup, je m'attendais quand même à vachement plus de sa part. Or, on se retrouve avec un combat final plié en quelques minutes (celui d'Erwan contre Ultan, le Magistel de Maolmordha est bien plus intéressant que celui d'Aléa contre son grand ennemi). J'aurai voulu tellement mieux pour le grand méchant du livre, et finalement pour son héroïne.

Mais si on oublie cette rapidité, peut-être du aussi au fait que la trilogie soit plus jeunesse, cela reste un livre de fantasy agréable à lire et parfait pour faire découvrir le genre aux jeunes. On y trouve beaucoup dedans. Tant que, personnellement, je trouve qu'il mérite bien plus que tout ce que j'ai pu en dire. Malgré ses défauts (sa rapidité, la trop grande maturité d'Aléa qui fait oublier son âge et quelques trucs en plus assez minimes), il est agréable à lire et nous fait passer un très bon moment. Et puis, il ne faut surtout pas oublier qu'il traite de thème qu'on ne trouve pas toujours dans la jeunesse (comme une critique des religions, de la politique, de la guerre et de son absurdité, de l'apprentissage de la tolérance, de celui du pardon et, dans tout ça, de l'écologie (on s'en rend compte après avoir lu toute la saga en fait, c'est peu visible mais c'est bien là). 

Au final, même si je suis déçue de la rapidité du dénouement, j'ai aimé la série tout entière. Je regretterais deux trois choses (la présence des loups qui va en diminuant en fait partie) mais j'en retiens aussi beaucoup. Je suis vraiment ravie d'avoir relu cette série. D'ailleurs, je la recommande vraiment pour les jeunes (et les moins jeunes) qui ont envie de découvrir le genre sans passer par quelques choses de très long ou de trop violent. Bref, lisez la Moïra, vous verrez, c'est bien.

mardi 24 mars 2020

La guerre des loups, La Moïra, tome 2, Henry Loevenbruck

Déjà une semaine de confinement et je dois dire que je n'ai pas plus lu que d'habitude. Disons qu'entre la découverte du télétravail à longue durée, ma fille et ses cours, la vie de famille, le confinement, le stress (surtout lui), je n'ai pas vu le temps passé. Je suppose que ça va finir par changer, surtout qu'on se prend quinze jours de plus (ce que j'avais déjà prévu, sachant que la maitresse de ma fille m'avait dit pas avant le 4 mai pour le retour en classe si tout va bien). Bref, passons à la lecture. Je continue ma relecture de la Moïra avec le second tome. Je suis toujours joie de me plonger là-dedans et ça fait du bien.

La guerre des loups, La Moïra, tome 2, Henry Loevenbruck

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2004
Nombre de pages : 418

A lire si 
- Vous voulez de la fantasy "typée jeunesse"
- Vous aimez les loups
- Vous voulez de la fantasy à la Seigneur des Anneaux, mais en français et moins loin

A ne pas lire si :
- Vous voulez de gros complot
- Vous n'aimez pas les voyages initiatiques

Présentation de l'éditeur : 

La destinée d'Aléa se complique. L'île entière semble dépendre de ses actes. Et tous sur l'île veulent mettre la main sur la jeune fille : Maolmordha, qui lance à ses trousses un mystérieux guerrier revenu d'entre les morts ; le Conseil des Druides, plus impliqué encore depuis le décès de Phelim ; le Grand-Druide Finghin, qui cherche à la protéger ; le comte Ferne Al'Roeg, avide de la convertir... Même Imala, la louve blanche, à la tête d'une meute grandissante, semble suivre Aléa.
Aléa, la fille de la Terre. Aléa, qui a accepté son destin de Samildanech. Aléa, entre les mains de qui résident l'avenir et les souffrances de milliers de vies humaines et animales. Car la guerre est proche et gronde...

Mon avis

Il me semble l'avoir dit dans le second tome de Renégat, La lame Noire, mais les tomes intermédiaires comme ceux-ci ont souvent quelques défauts que j'apprécie peu. Le premier d'entre eux étant de, souvent, vouloir trop en dire. Ils ont le désavantage d'être le liant entre la découverte de l'univers et des personnages et la fin. Ils doivent donc combler tout ce qu'ils se passent pour arriver à la dite fin et parfois, il y a beaucoup trop à raconter. C'est un peu ce qu'il se passe ici. Beaucoup de chose, pour plusieurs personnages, et une focalisation presque exclusivement sur certains sans qu'on sache vraiment ce qu'il se passe totalement pour les autres. En plus de cela, l'auteur introduit de nouveaux personnages, ce qui pourrait perdre un peu le lecteur. Pourrait, donc. Parce qu'il faut bien avouer que j'ai l'habitude des trilogies en fantasy et que j'ai réussi à ne pas me trop me perdre dans les personnages du Trône de Fer. Ici, nous sommes sur de la fantasy plutôt jeunesse (même si ce n'est pas que de la jeunesse, on va pas se mentir) et ce n'est pas quelques personnages en plus qui me font peur. D'ailleurs, ce sont des personnages que j'attendais (je rappelle que je relis le bouquin)(et que mes souvenirs étaient bien plus frais sur ce second tome que sur le premier). 

Mais revenons un peu à ce qu'il se passe dans ce second tome, donc. Le petit groupe de compagnon a été dispersé suite à l'attaque du Seigneur des Herlilims. Phelim n'est plus, Galiad et Erwan sont ailleurs et ne reste auprès d'Aléa que Faith et Mjolln. La jeune fille est désorientée par les évènements, en plein deuil et déboussolée (on le serait pour moins que ça). Pourtant, elle sait qu'elle doit relever la tête rapidement et suivre le chemin que la Moïra lui présente. Elle est le Samildanach, la fille de la Terre. Mais elle doit en apprendre plus sur ce qu'elle est et les conséquences qui vont avec. La voilà donc parti vers Mont-Tombe (magnifiquement calqué sur le mont Saint-Michel). Mais avant cela, elle tente de rassembler un peu son groupe. Elle envoie Imala retrouver les Magistels et fait passer un message à Finghin par l'intermédiaire du réseau des bardes. Tous devront se rejoindre à Mont-Tombe. Mais forcément, rien ne se passe totalement comme prévu (sinon, ça ne serait pas drôle).

On va plus particulièrement suivre Aléa, Finghin et Samael (un druide renégat) dans ce tome. Pendant une bonne partie, il ne se passe finalement pas grand chose à part du voyage du côté d'Aléa. Il faudra attendre qu'elle retrouve son petit monde pour afin avoir un peu plus d'action de son côté. Durant ce temps, elle va surtout se poser des questions sur qui elle est. Tagor, fils du chef des Thuatanns va lui apporter quelques réponses. C'est plutôt côté Finghin et Samael que beaucoup de chose se passent, dont une magnifique critique de la religion et plus particulièrement de ses extrêmes, que se soit du côté chrétien ou païen. Il est rare de se trouver avec ce genre de thème dans du jeunesse et c'est particulièrement interessant à lire du coup. L'auteur ne tombe pas dans le piège de l'une est mal, l'autre bien, loin de là. Il laisse au lecteur se faire sa propre opinion. C'est agréable à lire, et quelque peu philosophique. On y ajoute aussi des enjeux politiques forts. Les divers comté entre en guerre l'un contre l'autre, les alliances se nouent (et la question religieuse n'est pas loin là non plus) et se dénouent. Ici aussi, c'est assez jeunesse mais pas enfantin non plus. On n'est pas sur du Trône de Fer par exemple, mais pas si loin que ça.

Côté personnages, on a découvre trois nouveaux, Mel et sa soeur Kaitlin, des cheminants, et Tagor. J'aime assez les trois, même si je trouve que pour l'instant Kaitlin n'a qu'un petit rôle. Chez ceux que l'on connait déjà, les caractères s'affirment un peu plus. Et cela me pose un problème du côté d'Aléa. Je suis d'accord qu'elle est le Samildanach et que, du coup, elle garde en mémoire les autres. Cette particularité fait qu'elle est bien plus mature que son âge sur beaucoup trop de point. Elle devient aussi encore plus orgueilleuse. Bref, elle me fait penser à une bonne tête à claque. Je trouve ça dommage, parce qu'on oublie souvent qu'elle n'a que 14 ans et que son comportement pourrait être justifié par ce point. Autre chose, certains personnages sont trop en retrait, Imala, la première. La louve a un rôle minime dans ce tome (il me semble que ça s'améliore dans le dernier) et ça me rend assez triste. Idem pour Galiad et Erwan qui restent bien en retrait. Pour moi, c'est vraiment l'un des points faibles de ce tome, cette mise à l'écart de certains personnages qui sont pourtant importants.

Ce second tome n'en reste pas moins bon et essentiel pour le reste de la série. On y découvre les méandres de la politique de Gaelia et celle de la religion, deux choses dont Aléa ne peut pas se passer, même si elle le voulait. Car, si elle a son combat contre Maolmardha, l'île a le sien aussi, et les deux sont liés d'une manière ou d'une autre. Alors, oui, je lui trouve des défauts que n'avaient pas le premier tome et, parfois, je le trouve un peu trop flou dans ce qu'il veut nous dire, mais il n'en reste pas moins un très bon tome avec des thèmes qu'on ne retrouve pas tant que ça en jeunesse et qui sont, pour moi, plutôt bien traité. Bref, pas un coup de coeur, mais une très bonne relecture.



lundi 24 février 2020

La Louve et l'Enfant, La Moïra, tome 1, Henry Loevenbruck

On dit bonjour la première série en relecture de l'année. J'en ai quelques unes de prévu (Fils-de-Brume et le cycle de Pendragon et peut-être la Belgariade et Hunger Games) pour cette année. Bref, celle-ci comporte trois tomes plus une autre trilogie (prévue aussi dans mon planning relecture). Je l'ai lu il y a presque une quinzaine d'année (ce qui ne me rajeunit pas du tout) et j'en gardais un assez bon souvenir. Est-ce toujours le cas ?

La Louve et l'Enfant, La Moïra, tome 1, Henry Loevenbruck

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2004
Nombre de pages : 346

A lire si 
- Vous voulez de la fantasy "typée jeunesse"
- Vous aimez les loups
- Vous voulez de la fantasy à la Seigneur des Anneaux, mais en français et moins loin

A ne pas lire si :
- Vous voulez de gros complot
- Vous n'aimez pas les voyages initiatiques

Présentation de l'éditeur : 

Aléa, une jeune orpheline de treize ans, hérite sans le vouloir d'un don étrange et unique qui va la plonger au cœur des conflits politiques et religieux de l'île de Gaelia. Est-elle devenue le Samildanach, annoncé par la légende comme le sauveur des peuples de l'île ? Fuyant sa ville natale, Aléa va devoir grandir seule et assumer une vie nouvelle. Elle va découvrir l'amour comme la haine, et elle devra faire face à de nouveaux ennemis : les soldats de la flamme, fanatiques religieux pour qui elle est devenue un danger, le conseil des druides, qui lui envient son pouvoir et de bien plus sombres rivaux encore. Dans l'ombre, tel le reflet d'un miroir, une louve solitaire vit une aventure étrangement parallèle à celle de la jeune orpheline. Leur avenir est encore flou, mais une destinée unique attend la louve et l'enfant…

Mon avis

Comme je le disais, j'ai lu ce bouquin il y a quinze ans (à sa sortie en poche, en fait)et depuis, je n'y avais plus touché. Depuis, je le garde précieusement dans ma bibliothèque avec l'idée de le relire (puis de les faire lire à ma fille quand elle sera en âge)(chose qui risque d'être compliquée, la demoiselle n'aime pas autant lire que moi, voire pas du tout). Il était temps de souffler la poussière dessus et de la relire (j'aime pas faire la poussière, si vous voulez tout savoir).

La louve et l'enfant nous entraine en Gaelia, une terre ressemblant assez à l'Irlande en bien des façons. Nous y retrouvons la jeune Aléa, orpheline vivant à Saratea de menus larcins. Suite à l'un d'eux, elle est obligée de fuir dans la lande. Là, elle découvre le corps d'un homme. Alors qu'elle lui prend sa bague, quelque chose se passe. L'homme, pas tout à fait mort, vient de lui passer ce qu'il lui restait d'énergie. Cet héritage non voulu va entrainer l'enfant dans une suite de péripétie plus dangereuse les unes que les autres. Car, en trouvant l'homme, elle est devenue le Samildanach, la seule personne à pouvoir combattre le mal qui ronge son île.

Je garde peu de souvenir de ma première lecture. Je me souviens de deux trois choses (Imala, Mjolln et Aléa surtout) mais pas plus. Par contre, dès que je recommence à lire, forcément, ça me revient. Et si j'avais gardé une impression de fort bonne lecture, cela n'a pas changé. Ma relecture de ce premier tome de la Moïra a été très bonne et cela pour plusieurs raisons.

La première, c'est l'univers. Déjà parce que Gaelia est une irlande fantasmée où les druides côtoient (enfin pas vraiment mais bon), les Thuathann, où le petit peuple est plus que présent avec tout le folklore qui va avec et où la magie n'est pas juste un mot. J'aime l'ambiance des diverses parties de Gaelia, que se soit les landes ou les forêts. Alors, forcément, moi ça me plait beaucoup. Ce sont des choses que j'aime et que j'aimerai sûrement toute ma vie. C'est aussi la raison pour laquelle j'avais pris la série à l'époque. 

Ensuite, il y a les personnages. J'aime beaucoup Aléa, même si parfois, elle est un peu tête à claque. Mais elle a treize ans, elle se retrouve avec un destin pas possible sur les épaules et ça peut se comprendre. J'adore Mjolln, son ami nain. Je l'ai toujours aimé. C'est le personnages amusant du groupe et en même temps, il est tellement plus que ça. Et puis, il y a les autres, Phelim le druite, figure paternelle par excellence, Galiad, son magistel, guerrier au cœur pur, Faith, la barde ou encore le jeune Erwan (love interest d'Aléa). Alors oui, la troupe est un petit peu stéréotypée, on ne va pas se mentir, mais elle fonctionne bien et puis, les dialogues entre Galiad et Faith me font mourir de rire à chaque fois. Quant aux protagonistes, ils ne restent pas dans l'Ombre et je les apprécie aussi. On sent leur motivation et c'est agréable de ne pas avoir de méchant qui arrivent comme ça juste pour faire chier les héros.

Et puis, il y a les loups (ceci est un argument à lui tout seul, je n'irais pas plus loin).

Après, oui, je l'avoue, ce premier tome a des défauts. Il est un peu stéréotypé, comme je le disais. On se retrouve avec une sorte de Donjon et dragon mélangé à du Seigneur des Anneaux. Mais, ça s'est si on regarde de loin.  Parce que Henry Loevenbruck va plus loin que ça. Il s'en sert. Il détourne certain code pour mieux se les approprier. Et franchement, j'adore ça. Mieux encore, le roman qui se veut un peu plus jeunesse qu'adulte (Aléa a treize ans pour rappel), va autant parler aux plus jeunes qu'aux adultes. Personnellement, j'adore ces sortes de doubles lectures. C'est quelque chose qu'on retrouve d'ailleurs souvent dans la fantasy française, bien plus que dans l'anglophone je trouve.

Au final, j'ai donc plus qu'apprécier (mais je me souviens toujours pas totalement de ce qu'il va se passer par la suite)(15 ans, ça fait beaucoup quand même, hein) ma lecture. J'ai hâte de finir la Brique (petit nom affectueux donné au Prieuré de l'Oranger que j'ai du mal à tenir)(pourtant pas le plus gros livre en nombre de pages que j'ai pu lire) pour pouvoir me lancer dans le second tome.


vendredi 14 février 2020

Le Destin de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, Tome 6, Robin Hobb

J'ai mis longtemps à me décider à lire les deux derniers tomes de la série. Je savais que les adieux seraient difficiles. Ils l'ont été, je ne vais pas mentir. On ne se sépare pas de personnages comme Fitz comme ça, en fermant juste le livre ou en tournant la page suivante. Ça a été éprouvant, compliqué, mais merveilleux.

Le Destin de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, Tome 6, Robin Hobb

/!\ JE SPOILE ET PAS QU'UN PEU /!\

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2019
Titre en VO : The Fitz and the fool, book 3 : Assassin's Fate
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 736

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...

Présentation de l'éditeur : 

Lorsque les Quatre se sont attaqués à Flétribois, ils ignoraient ce qu'il en coutait de s'en prendre aux Loinvoyant. Croyant Abeille perdue pour toujours, Fitz, accompagné du Fou, s'est lancé dans une vengeance sanglante que rien n'arrêtera. Sa fille est pourtant vivante, mais le sort qui l'attend est peut-être pire que la mort. La jeune femme est cependant bien décidée à anéantir ses ravisseurs jusqu'au dernier, même si elle doit pour cela y laisser sa vie... 

Mon avis

Cher lecteur du blog, tu le sais, je vais spoiler. Je ne m'en cache pas, ce n'est pas la peine. Alors, pour ceux qui ne veulent pas savoir, je n'ai qu'une chose à dire, n'allez pas plus loin. Je n'ai pas envie de mettre des blancs à surligner ou autre subterfuge. Sachez juste que c'était beau, merveilleux, éprouvant et triste à la fois. C'est une fin parfaite pour les personnages du roman, et de toute la saga.

Et maintenant, on y va.

On reprend forcément là où l'on avait laissé nos personnages. Le Destin de l'Assassin est la suite directe de son prédécesseur, puisqu'ils ne forment qu'un seul tome en VO (vraiment, j'apprécierais que les éditeur français arrêtent leur découpage à la con surtout quand c'est pour sortir juste après des "intégrales" qui sont en fait les tomes d'origine)(le fric corrompt l'édition française d'une manière assez inimaginable). Fitz, le Fou, Braise, Lant et Persévérance sont à bord de Parangon avec Brashen, Althéa, leur fils Gamin et Akennit, le fils de Kennit. Ils font voile vers Clerres, près à se venger. Mais leur plan change lorsque le Fou avoue à Fitz qu'il pense, ou plutôt qu'il est sûr qu'Abeille est vivante. Si notre assassin ne veut pas y croire, il va bien être obligé de le faire lorsqu'elle va réussir à l'artiser durant quelques secondes. Il est plus que temps d'aller la récupérer. Surtout que la pauvre petite est toujours autant maltraitée. Arrivée à Clerres, elle devient objet de discorde entre les Quatre qui veulent soit la tuer, soit se servir d'elle. Elle n'a d'autre choix que de se défendre, et cela quoiqu'il lui en coute. Sans savoir que son père est proche d'elle, elle cherche à s'évader du château.

J'ai fini le roman hier soir et j'avoue que j'ai encore beaucoup de mal à m'en remettre. Je suis passée par tout un tas d'émotion durant ma lecture. Robin Hobb donne une fin à ses personnages. Ceux qu'on ne voit pas beaucoup parce que toujours à Castelcerf, ceux qu'on suit depuis le tout début, et les nouveaux. Elle ne nous épargne pas grand chose et nous passons du bonheur à la tristesse en quelques lignes. C'est une conteuse merveilleuse capable de susciter rire et pleurs sans problème. Parce que oui, j'ai pleuré. J'ai d'abord eu quelques pincements au coeur pour certains passages. Et d'autres ont été un calvaire à lire. Si vous me suivez sur Twitter ou Instagram, vous devez savoir que j'ai arrêté de lire vers la moitié du roman parce que mes larmes m'en empêchaient. Ça ne m'était pas arrivée depuis la mort d'Oeil-de-Nuit. A croire que madame Hobb est l'une des rares autrices à réussir à me faire pleurer. 

Du coup, vous vous doutez que j'ai beaucoup de mal à faire un article subjectif sur ce roman. Il m'a bien trop touché pour ça. L'assassin Royal me suit depuis des années. J'ai commencé à le lire à une époque où j'avais besoin de m'évader de la réalité. J'ai tellement aimé Fitz, le Fou, Oeil-de-Nuit et les autres qu'ils sont devenus comme une partie de ma famille. Oui, je sais, c'est toujours étrange de dire ça pour des personnages de papier. Mais avec eux, c'est le cas. Même les personnages de la Roue du Temps n'ont pas eu autant d'impact que ceux de la série sur moi. Je voulais donc une fin parfaite pour eux. Et je l'ai eu. 

J'ai eu le coeur serré en découvrant Fitz contre Ambre, alors qu'il n'arrive pas à retrouver son ami en elle. J'ai eu le coeur serré lorsqu'il retrouve enfin Abeille grâce à l'art mais qu'il doit le rejeter à cause d'ombre qui sombre de plus en plus dans le courant d'Art. Ce fut pire lorsqu'Ortie lui annonce la mort du vieil assassin. Heureusement elle lui annonce aussi un peu avant d'arriver à Clerres qu'elle a donné naissance à une petite Espérance (un nom prémonitoire) et que la reine est elle aussi enceinte. J'ai beaucoup pleuré durant le passage à Clerres. Parce qu'Oeil-de-Nuit, parce que Fitz, parce que Parangon réussit à se transformer en dragon et devient enfin celui qu'il a toujours été, parce que rien ne se passe comme il l'aurait fallu. J'ai été ravie de voir que les Vivenefs auraient bien un avenir, qu'Althéa et Brashen comprennent et accompagne Parangon et Vivacia. Et puis, j'ai à nouveau eu le coeur serré. Parce qu'Abeille ne se sent pas bien à Castelcerf, parce qu'on ne la laisse pas libre de faire ce qu'elle veut. Parce que Fitz n'est pas avec elle. Et puis, d'un coup, on comprend ce qu'il va se passer. Une boucle est bouclée. Et les deux derniers chapitres sont tellement beaux, tellement prenant. Et cette fin. Oh, cette fin. Tellement parfaite par rapport à la série. 

Après, je ne dis pas. Il y a des défauts au roman. Quelques passages un peu trop long au retour à Castelcerf (mais qui préparait si bien la fin au final). D'autres sont un peu trop facile ou rapide. et Fitz se plaint toujours autant et déteint parfois un peu sur Abeille. Mais est-ce grave ? Non, du tout. Surtout que si vous êtes arrivés à ce tome, vous connaissez le tempérament de notre chez Assassin. C'est aussi ça qui fait que je l'aime tant.

Au final, j'ai dit au revoir à Fitz, à Oeil-de-nuit, au Fou et aux autres les larmes aux yeux. Mais pas des larmes de tristesse. Non. Si j'ai été triste durant ma lecture, ce n'a pas été le cas à la fin. C'était une autre émotion que je n'arrive pas beaucoup à définir. C'était beau, émouvant, presque joyeux en fait. Maintenant, il est peut-être temps de me lancer bientôt dans une relecture (la première dite donc) de toute la saga, de l'assassin Royal à Le fou et l'Assassin en passant par les Aventuriers de la mer et la Cité des Anciens (que je n'ai pas encore lu, honte à moi). 


lundi 27 janvier 2020

Sur les Rives de l'Art, Le Fou et L'assassin, tome 5, Robin Hobb

Un an. J'ai mis un an pour me décider à lire ce tome. Parce que je n'ai pas envie de finir toute la saga concernant FitzChevalerie Loinvoyant. Mais promis, je ne me mettrais pas autant de temps pour lire le tout dernier (j'ai quand même prévu un autre roman entre les deux, histoire de pas défaillir de suite).

Sur les Rives de l'Art, Le Fou et L'assassin, tome 5, Robin Hobb

/!\ JE SPOILE ET PAS QU'UN PEU /!\

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2019
Titre en VO : Fitz and The Fool, book 3: Assassin's Fate
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 573

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur :

La fille de Fitz, Abeille, a été enlevée par les Servants, adeptes d'une société secrète qui usent de prophéties pour étendre leur influence et augmenter leur richesse.
Et Abeille joue un rôle crucial dans leurs manigances. Alors que la jeune fille est traînée par ses ravisseurs sadiques à travers la moitié du monde, Fitz et le Fou, la croyant morte, se lancent dans une mission de vengeance qui les conduit vers l'île lointaine où résident leurs ennemis.
C'est de cet enfer dont le Fou s'est échappé, mutilé et aveugle, jurant de ne jamais revenir. Aujourd'hui, il n'est plus aussi impuissant qu'il y parait. De même, si Fitz n'est plus l'assassin inégalé de sa jeunesse, il reste un redoutable adversaire. Leur but est simple : s'assurer qu'aucun Servant ne survive.

Mon avis

Avant de commencer, je préviens de suite, je vais SPOILER. Comme ça, vous êtes prévenu. Autre chose, je ne suis pas objective quand il s'agit de Fitz. Jamais. C'est le meilleur, point (même si c'est une vraie Marie-Sue quand il veut et qu'il passe une bonne partie de son temps à se demander pourquoi lui)(seul personnage qui fait ça et qui ne me dérange absolument pas). Sur ce, commençons donc.

Côté Fitz, nous sommes toujours à Kelsingra quand commence le roman. Notre assassin préféré a guéri une partie des enfants de la ville, ou du moins, leur a permis de vivre un peu plus longtemps. Un geste qui lui vaut de sombrer dans l'Art. Pour le sortir de là, Ambre a dut montré sa main couverte d'Art. S'ils arrivent à se sortir de cette mauvaise passe sans trop de mal, rien n'est terminé pour eux. Après encore une ou deux péripéties, il est temps de quitter la cité des Anciens pour aller rejoindre un bateau bien connu pour ceux qui ont lu les Aventuriers de la Mer. Et là, moi, je hurle ma joie. Parce que j'adore les personnages des ADLM, parce que merde, il y a les Vivenefs. Bref, je le sentais venir depuis qu'on était arrivé à Kelsingra et même si je suis ravie de retrouver tout ce petit monde, je dois bien dire que la découverte par Fitz de Parangon m'a mis les larmes aux yeux (parce que je reste persuadé d'une chose depuis le début et que plus on avance, plus j'ai l'impression qu'on y va méchamment). 

S'il ne semble pas se passer grand chose niveaux action durant les parties de Fitz, on ne s'ennuie pas. Entre l'arrivée des Vivenefs et de leurs marins, on passe aussi un certain temps à revoir un peu les motivations des personnages en dehors de notre cher ami Fitz. Le Fou, ou devrais-je dire, Ambre, lui échappe de plus en plus. S'il comprend les motivations de l'un, celles de l'autre lui semblent étranges et opaques. A tel point qu'ils vont se disputer plutôt régulièrement. La dynamique entre eux change et pas forcément en bien. Par contre, ce n'est pas le cas entre Fitz et Lant. J'ai l'impression qu'enfin Fitz voit Lant à sa juste valeur (et le lecteur aussi en même temps). Quant à ceux qui viennent des ADLM, il faut le temps à notre assassin préféré de les connaitre mais je suis ravie de les retrouver à peu prés comme j'ai pu les laisser.

Côté Abeille, rien ne va plus. Après la traversé du pillier d'Art, la jeune fille est complètement désespérée. Heureusement, Père Loup est avec elle et va l'aider à relever la tête malgré les épreuves. Autant le dire de suite, j'ai un amour énorme pour Père Loup. J'étais plus qu'heureuse de le retrouver dans ce tome. Mais surtout, j'ai bien plus apprécié les passages d'Abeille que dans les tomes précédents. Elle m'a particulièrement rappelé son père au début de l'Assassin Royal. Et puis, Abeille évolue et découvre aussi de quoi elle est capable. Cette évolution-là, je l'attendais depuis un moment et j'en suis ravie. Abeille quitte son rôle un peu trop passif pour enfin aller de l'avant. Et ça fait du bien de la voir comme ça. Alors, oui, elle s'en prend plein la tête, mais elle avance. 

Certains aspects du roman vont se retrouver dans les deux parties. Ainsi, le lecteur va commencer à entrevoir ce qu'est réellement Clerres et le mal qu'ont pu faire les Servants. Petit à petit, tout se met en place (il était temps, je rappelle quand même que ce tome est la moitié du dernier en VO). Et si Fitz ne voit pas plus loin que sa vengeance, c'est tout l'univers mis en place par l'autrice depuis des années qui va être chamboulés. L'autrice arrive à faire cohabiter toutes ses époques, ses personnages et ses univers pour arriver à ce qui devrait être une fin géniale (pas forcément parfaite, mais géniale, ça je le sens)(et triste aussi)(je prépare les paquets de mouchoirs dès maintenant).

Pour finir, j'ai lâché le roman hier avec un petit serrement à la poitrine. Parce que là, je ne vais pas pouvoir me dire qu'il me reste encore pleins de tomes à lire. La fin, je la sens arriver très fort et j'ai pas envie. Mais je me laisse déjà le temps de me remettre de mes émotions (Parangon <3) avec un autre roman avant de me lancer. Le mois de Février va être triste je sens.


mardi 6 mars 2018

Le Retour de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, tome 4, Robin Hobb

Vous savez ce qu'il y a d'embêtant avec toute les séries sur Fitz ? C'est que je ne veux pas que ça s'arrête. Jamais. Mais comme toujours, il faut une fin. Là, c'est à ce tome quatre (qui correspond donc à la seconde partie du deuxième en VO). C'est moins grave que si c'était la fin de la série, mais quand même.

Le Retour de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, tome 4, Robin Hobb

/!\ JE SPOILE ET PAS QU'UN PEU /!\

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2018
Titre en VO :  Fitz and The Fool, book 2: Fool's Quest
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 509

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur :

Affaibli par le poids des années, FitzChevalerie cherche un moyen de secourir la dernière personne qui semble avoir encore besoin de lui en ce monde.
Malgré l’envie du Fou d’aider son vieil ami à poursuivre les ravisseurs d’Abeille, son état de santé lui interdit tout nouveau danger. Et aujourd’hui connu de tous à la cour, le noble lignage de Fitz ne lui permet plus la liberté dont il jouissait autrefois. En dépit de ces difficultés, il lui faudra se conformer aux ordres du roi ou subir les conséquences de ses actes pour mener à bien sa mission, qui sera peut-être la dernière…
Partagé entre tristesse, haine et faiblesse, Fitz doit à nouveau emprunter les piliers d’Art et rattraper coûte que coûte Dwalia et ses sbires. Aura-t-il la force de recouvrer ses anciens talents d’assassin, d’accomplir sa quête, pour son vieil ami et sa fille ?

Mon avis

Il va être très compliqué de ne pas spoiler ce tome. Pour plein de raisons. Alors, comme souvent dans ce cas, je préfère prévenir en avance. Je vais SPOILER. 

Forcément, ce tome français étant la moitié du second tome VO, on reprend là où l'on s'était arrêté. Fitz et le Fou sont à Castelfer, Abeille et Évite entre les mains de Dwalia. Comme pour le tome précédent, nous allons plus suivre Fitz qu'Abeille et pour cause. Alors que les Serviteurs du Blanc et les Chalcèdes qui les escortent finissent par se battre entre eux, elle et Evite vont réussir à fuir durant un court moment avant de se retrouver à nouveau dans les griffes de Dwalia qui va tenter un passage par les Pierres. Un passage qui va mal se passer (oui, j'ai prévenu, je spoile et pas qu'un peu en fait du coup)(et je vais pas m'arrêter là, alors si vous voulez pas savoir, ne lisez pas). Il fallait forcément ce genre de malheur en plus pour que Fitz, du moins l'assassin, se réveille enfin. Alors qu'il est devenu le Prince FitzChevalerie Loinvoyant, il doit se tenir à ce rôle. Un rôle qui n'a jamais été le sien et qui ne lui va que peu. Après la disparition d'Abeille alors qu'il est si proche de la retrouver, il va d'abord sombrer dans le désespoir (on le comprend) puis va remonter la pente pour redevenir celui que nous, lecteur, avons toujours connu.

Il y a dans ce tome beaucoup mais alors beaucoup de chose. En le lisant, j'ai comme eu l'impression (absolument désagréable, il faut le dire) que Robin Hobb est en train de dire adieu à son univers et son personnage. Une impression assez étrange quand on sait qu'il manque encore un tome à lire. Et pourtant. Trop d’éléments sont là pour me le faire dire. Le premier étant le réveil de Fitz l'assassin. Je l'attendais depuis trois tomes, et le voilà enfin de retour. Un retour qui se fait dans la souffrance, comme souvent avec lui. Ensuite, il y a (re-spoil !!) le passage au marché des Anciens, non loin de la statue de Vérité-le-Dragon (d'ailleurs, j'ai comme l'impression qu'il a pas si disparu que ça lui et qu'il guide aussi bien Fitz qu'Abeille), Kelsingra (si vous n'avez pas lu les Aventuriers ou la Citée des Anciens (que j'ai toujours pas lu d'ailleurs) vous allez avoir du mal pour la fin du livre à remettre pas mal de chose en place), ce moment où Fitz lâche prise et parle d'Oeil de Nuit, de Vérité... Le rapprochement entre les deux séries se passant dans le même univers, le retour de personnages importants dans les deux séries... Tout ça me fait de plus en plus penser à une future fin (et je ne sais pas pourquoi mais je la sens mal la fin pour Fitz)(autant dire que j'ai hâte et à la fois pas du tout de lire les deux derniers tomes). Et sans parler de cette fin qui s'annonce, je le trouve vraiment très riche en événement.

Ce qui est amusant, c'est que durant les trois tomes précédents, je trouvais qu'il ne se passait pas "grand chose", du moins, qu'on ne bougeait pas assez. Là, c'est tout le contraire. D'un coup, la machine s'emballe sous l'influence du Fou. Un Fou qui bien qu'aveugle et pas au meilleur de sa forme reprend lui aussi son rôle premier avec Fitz en Catalyseur. Un Fou que nous allons aussi retrouver dans un autre de ses rôles à Kelsingra. Et même si ce n'est pas la personnalité que j'avais préféré chez lui, je dois bien dire que le retrouver ainsi m'avait tout de même manqué. Par contre, je suis un peu déçue du fait que certain personnage se retrouvent soudain en arrière plan. Umbre, Evite (qui récupère son nom de Pépite et qui s'ouvre à l'Art), Devoir, Kettricken. Se sont des personnages que j'apprécie beaucoup et pour Pépite, je ne comprends pas vraiment pourquoi elle passe comme ça de personnage secondaire principal à pot de fleur auprès d'Umbre alors qu'à l'inverse, Lant, Persévérance et Braise\Cendre prennent encore un peu plus d'importance. 

J'aurais encore bien des choses à dire sur ce livre (enfin sur toute la saga si j'avais des heures et des heures devant moi), mais je pense que je vais m'arrêter là sinon je vais partir dans les grandes hypothèses sur la fin de celle-ci (déjà que...). J'ai encore pris grand plaisir à retrouver mon assassin préféré et ses compagnons. Ça doit bien faire quinze ans voir plus que j'ai découvert pour la première fois le petit Fitz devant les portes d'un château non loin des montagnes et je ne me lasse toujours pas de l'univers et des personnages, mieux encore, je trouve que Hobb a su les faire grandir de manière géniale. Alors, oui, j'ai toujours ce petit pincement au coeur lorsque je finis un de ses romans mais en même temps, quelle aventure ! J'ai vraiment hâte d'avoir les deux prochains tomes en main (mais comme il faut que j'attende la sortie en poche à chaque fois, je suppose que je ne finirais pas la série avant une bonne année si ce n'est plus)(déjà moins que la Roue du Temps, vous me direz...) et en même temps, pas du tout (parce que pour moi, ça sera la fin des aventures de Fitz d'une manière ou d'une autre). Bref, encore un très bon livre de madame Hobb.

lundi 24 avril 2017

En Quête de Vengeance, Le Fou et l'Assassin, tome 3, Robin Hobb

Aussitôt acheté, presque aussitôt lu. Je ne résiste jamais à une aventure de Fitz, même si je sais qu'après, je vais devoir attendre un long moment avant d'avoir la suite.

En Quête de Vengeance, Le Fou et l'Assassin, tome 3, Robin Hobb

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2017
Titre en VO : Fitz and The Fool, book 2: Fool's Quest
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 505

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur : 

FitzChevalerie et le Fou ont changé le cours de l’histoire. Puis leurs chemins se sont séparés. Le bâtard de sang royal s’est détourné de ses activités pour mener une existence paisible à Flétribois, quant à son fidèle compagnon, il n’en a plus entendu parler. Jusqu’à ce qu’il le retrouve, mutilé, au hasard d’une balade avec Abeille. Les graves problèmes de santé de son vieil ami et les intrigues à la cour font baisser la garde de Fitz alors que survient le pire : sa fille est enlevée. Le Fou, au crépuscule de sa vie, a laissé échapper des secrets qui pourraient bien conduire de pâles inconnus à user d’Abeille comme de leur prochaine arme. Mais une magie ancienne coule encore dans les veines de FitzChevalerie Loinvoyant et, bien que ses talents d’Assassin se soient amoindris avec le temps, ennemis comme amis vont apprendre qu’il reste toujours la vengeance à celui qui a tout perdu.

Mon avis

Me voilà commençant le second tome du Fou et de l'Assassin si on suit le découpage originel. Marrant comme j'arrive pas à me dire que c'est un tome 3. Pour moi, c'est le début du 2, un point c'est tout (alors oui, il fallait que je rale sur le découpage, c'est comme ça, faut s'y faire). Et donc, ce début, il vaut quoi ?

En premier lieu, petit avertissement, ça va sûrement spoiler.

Nous reprenons exactement là où nous avions laissé Fitz et Abeille, l'un à Castelcerf avec le Fou, l'autre en bien mauvaise posture à Flétribois. Sur cette première partie, Hobb semble se concentrer un peu plus sur Fitz que sur sa fille. Je ne suis pas contre cette manière de voir les choses tant j'adore Fitz mais du coup, j'ai l'impression que rien n'avance pour Abeille, alors qu'elle est tout de même au centre de l'histoire. J'aurais apprécié la suivre un peu plus. Même s'il ne se passe pas grand chose en terme d'action de son côté, elle met en évidence les Serviteurs du Blanc, dont nous avions jusque là seulement entendu parler dans l'Assassin Royal (enfin, plutôt dans the Tawny Man, la seconde partie)(celle qui se passe après les Aventuriers de la mer). Je suppose que nous la verrons un peu plus dans la seconde partie, du moins je l'espère car j'apprécie de plus en plus cette jeune demoiselle.

Côté Fitz, on n'avance pas forcément non plus durant un moment. Mais quel plaisir de revoir le Fou, de l'entendre aussi. Bon, il est bien différent de celui dont nous avions l'habitude, mais il est là. Et puis d'un coup, Devoir décide de rendre à Fitz son nom et sa fonction de prince. Et là, c'est assez étonnant. Parce que Fitz n'a jamais été prince. Jamais. Et qu'il ne veut pas vraiment l'être. Juste après, il apprend l'attaque de Flétribois et s'y rend pour découvrir le désastre. Un désastre que les habitants ne voient pas, grace à l'art ou du moins à un truc qui s'y rapproche. Et puis, on en apprend un peu plus sur Evite et Lant (et j'avais donc raison sur qui ils sont). Fitz et Umbre décide de tout faire pour récupérer les filles, mais autant le dire rien ne va être simple, mais du tout. Du coup, on retrouve le Fitz qui me donne envie de lui foutre trois claques dans la tête, celui qui passe son temps à se lamenter alors qu'il pourrait agir. Or, avec la super annonce de Devoir, il n'a pas forcément beaucoup de l'attitude pour agir comme il le voudrait, sans parler du fait qu'il est plus que possible que les Serviteurs sachent déjà ce qu'il va faire. Bref, pour le moment, notre Fitz se ronge les sangs, cherche des solutions mais n'agit pas beaucoup.

Hobb commence donc gentiment à nous faire entrer dans le vif du sujet après un premier tome (ou deux en VF donc) où elle remettait son univers en place. Et elle fait ça plutôt bien, en mettant en avant des personnages qu'on a toujours vu (je pense à Umbre) mais pas toujours bien compris. D'ailleurs, elle profite aussi pour nous en présenter d'autres risquent d'être là plus souvent, comme Cendre par exemple qui j'espère sera toujours bien présent. J'aime la façon dont elle pose le tout, sans trop perdre son lecteur, en remettant en course des personnages qu'on avait pas vu depuis longtemps (certains depuis la première partie de l'AR, d'autre depuis la seconde). Même si nous ne voyons qu'une ébauche de la suite, tout cela s'annonce plus que prometteur et j'ai hâte d'avoir toute la série.

Au final, un début de second tome vraiment sympathique, qui sans vraiment changer de ce que nous avons pu voir de Fitz et des autres personnages jusqu'à maintenant, amorce réellement une nouvelle époque, bien plus que le premier tome. Vivement la suite.

lundi 23 mai 2016

La Fille de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, tome 2, Robin Hobb

En allant chercher Memorex à la librairie, je me doutais que je ne repartirais pas qu'avec lui. Sans vraiment suivre les dates de sortie des livres qui m'interessent, il me semblait bien que le second tome de la nouvelle partie de l'Assassin Royal  (oui enfin, la suite du premier quoi... la seconde partie du premier même, je vais encore râler sur le découpage, j'avertie) serait là. Je me suis pas trompée.

La Fille de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, tome 2, Robin Hobb

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2016
Titre en VO : Fitz and The Fool, book 1: Fool's Assassin
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 443

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur : 

Fitz doit apprendre à vivre avec sa fille, Abeille, après la mort de sa femme, Molly. Étrangement précoce et intelligente, l'enfant poursuit une existence à demi sauvage dans le domaine de Flétribois. Livrée à elle-même, elle découvre les passages secrets que dissimulent les murs de la maison, se lie d'amitié avec un chat et découvre le passé de son père.

Mon avis

On va commencer par ce qui fâche, hein. Comme ça, c'est fait. Rappelez-vous, lors de la lecture de la première partie de ce tome, j'avais déjà pas mal râler sur le découpage français. Ben, je vais continuer. Vous le savez, je le dis assez, j'ai de plus en plus de mal à supporter cette pratique française et je suis du coup capable d'attendre bien plus longtemps que prévu pour me régaler avec des intégrales qu'avec des minis tomes qui n'en sont pas (cf le Trône de Fer). Parfois, il arrive que les tomes soient pas trop mal découpés. Parfois, il arrive que c'est fait n'importe comment, style, tiens, ce chapitre là, il est au milieu, coupons ici. C'est ce qui est arrivé ici. Et je déteste ça. Parce que si on ne lit pas les deux tomes l'un après l'autre, on ne comprend rien au début du second. Soit on a la chance de se souvenir presque parfaitement de ce qu'il a pu se passer, soit on doit relire au minimum le dernier chapitre du tome précédent. C'est nul. C'est nul parce que le lecteur peut rapidement perdre de l’intérêt vu qu'il peut avoir du mal à resituer l'action. C'est nul parce que le travail de l'auteur n'est pas respecté. Et je ne comprend toujours pas où peut-être l'interet de couper ainsi un tome originel (si ce n'est la raison pécuniaire). Bref, j'ai poussé mon coup de gueule, je peux passer au reste.

En premier lieu, petit avertissement, ça va sûrement spoiler la première partie, l'AR lui-même et bien sur cette seconde partie (même si je ne spoile pas le tout forcément, je préfère prévenir).

Dans le tome précédent nous avions retrouvé Fitz, gérant de Flétribois, enfin marié à Molly. Une Molly qui lui avait donné une fille, Abeille puis qui s'était éteinte quelques années plus tard, laissant Fitz et sa fille dans le plus grand désarroi. Un déssaroi dont profite ce genre Umbre pour donner une nouvelle mission à Fitz sous couvert "d'offrir" à Abeille protection et éducation. C'est donc ainsi que débarque Evite et FitzVigilant à Flétribois. Et comme un problème n'arrive jamais seul, une étrange messagère blanche vient perturbé notre assassin préféré avec un message du Fou. On se doute donc que Fitz et Abeille vont voir leur vie bouleversée par tout cela et on ne se trompe pas.

Déjà parce que les petits nouveaux, Evite et FitzVigilant, sont assez particulier. Entre la demoiselle qui se croit supérieure à tout le monde (une vraie tête à claque dont on se demande sur le coup l'utilité)(je fais confiance à Hobb pour lui en trouver une) et le jeune scribe qui semble avoir bien du mal à trouver sa place et qui tombe sous le charme de la peste, on est bien loin de la quiétude de Flétribois. Fitz va donc devoir composer avec deux jeunes gens qui pensent que tout leur est du, sa propre fille qu'il délaisse parfois et qu'il comprend mal souvent, et surtout un possible retour du Fou dans sa vie. Pendant ce temps Abeille va devoir apprendre à gérer la jalousie et les intrigues de son père. Pas facile pour une demoiselle de neuf ans. Surtout si on y ajoute ses propres problèmes.

Continuant parfaitement la première partie du tome (tu m'étonnes...)(non je n'ai pas fini de râler), la mise en place de ce nouveau cycle se fait assez tranquillement, nous présentant ses nouveaux personnages, son nouveau contexte (qui prend beaucoup de l'ancien, forcément) et surtout qui offre aux lecteurs de la première heure de grands moments. On retrouve tout ce qui a fait les grandes heures des deux premiers cycles et quel bonheur de retrouver tout cela. Quel bonheur surtout de retrouver un Fitz comme je l'aime vraiment, de retrouver le Fou (là je spoile pas, c'est tout de même le titre de ce cycle), qui d'ailleurs est parfaitement réinvinté pour la peine, de retrouver une ombre que je n'aurais pas cru recroiser si tangible (Hiiiiiiii, Oeil de Nuit !!!). Et si les parties narrées par Fitz ont été un vrai régal, il en va de même pour celle avec Abeille. Cette demoiselle a beaucoup à apprendre et cet apprentissage ne va pas se faire dans la douceur (elle a beaucoup en commun avec son père mais pas qu'avec lui d'ailleurs). 

Le tout est porté par l'écriture de madame Hobb qui se bonifie avec le temps. Moi qui avait très peur de retrouver des personnages comme dans le Soldat Chamane (j'ai eu beaucoup de mal avec cette série-là, surtout à cause des personnages parfois trop clichés (et pourtant, l'idée de base était si bien)) ou d'avoir de trop grosses redites par rapport aux deux premiers cycle, je suis plus que ravie de voir qu'elle a su se renouveler tout en gardant ce petit truc qui a fait que l'AR est devenue l'une de mes sagas préférées (avec la Roue du Temps de Jordan).

Au final, j'ai hâte de pouvoir lire En quête de vengeance, la première partie du second tome (en espérant que son découpage sera bien meilleur...). Ce nouveau plongeon dans les Six-Duché a été un plaisir.

mardi 19 janvier 2016

Le Fou et l'Assassin, tome 1, Robin Hobb

J'ai attendu longtemps que ce roman sorte en poche. J'ai failli craquer plus d'une fois sur le GF, mais je n'avais pas envie de dépareiller ma collection de l'AR comme j'ai pu le faire avec La Roue du Temps. Et puis, enfin, j'ai craqué, presque le jour de la sortie du poche. J'ai vite fini le livre en cours pour me plonger une nouvelle fois dans les Six-Duché et retrouver Fitz, ce personnage que j'aime tant.

Le Fou et l'Assassin, tome 1, Robin Hobb

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2016
Titre en VO : Fitz and the Fool, book 1, Fool's Assassin
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 414

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur : 

Fitz, l'assassin royal, est à la retraite et coule des jours paisibles, entouré de sa femme Molly et de ses enfants. Un soir, trois inconnus se présentent en se disant ménestrels puis s'enfuient dans une tempête de neige, tandis qu'une messagère disparaît soudainement sans avoir remis son message à Fitz. Quinze ans plus tard, Fitz se désole de n'avoir aucune nouvelle du Fou...

Mon avis

Le dernier tome du second cycle de l'Assassin Royal était paru en 2006 en France, nous laissant triste de ne pouvoir continuer à suivre Fitz et les siens. Pourtant, Robin Hobb avait laissé les fans en attende, disant qu'il était possible qu'elle revienne dans cet univers. Elle l'a fait une première fois, côté Aventuriers de la Mer avec La cité des Anciens (il faut savoir que les ADLM se lisent entre les deux cycles de l'AR si on ne veut pas se spoiler sur les ADLM), mais toujours rien du côté des Six-Duchés. J'en étais venue à croire qu'elle n'y reviendrait pas. Mais c'était mal la connaitre, elle qui aime tant Fitz. Et voilà, en 2014, sort enfin le début du troisième cycle, et cette année, la première partie du tome 1 VO en poche. J'étais joie lorsque je l'ai appris. Un peu moins lorsque j'ai compris, rapidement, qu'en France, on allait encore nous offrir ce tome VO en deux tomes VF... Je déteste cette façon de faire. Il faudrait peut-être voir à arrêter de prendre le lecteur français pour des vaches à lait. L'argent est peut-être le nerf de la guerre, mais je pense que Pygmalion et J'ai Lu, de grandes maisons d'édition, ne sont pas à quelques euros près. Car pour moi, tout cela n'est qu'une question de sous, s'en prendre en compte le lecteur en considération et j'avoue que cela m'ennuie. Bon, pas au point d'attendre encore un an ou deux pour lire ce début de cycle. Malheureusement lorsqu'on est fan, on ne se refait pas... Il n'empêche donc que je râle tout de même beaucoup sur ce choix éditorial... Je pourrais d'ailleurs en parler durant des heures et des heures, mais là n'est pas le sujet de cette chronique, n'est-ce pas. 

A partir de maintenant, attention, lecteur, il risque fortement d'y avoir des spoilers.

Pas mal d'année ont passé entre Adieux et Retrouvailles, dernier tome du second cycle et ce premier tome du troisième. Fitz a finalement épousé Molly, s'est installé avec elle à Flétrybois et semble couler des jours heureux loin de Castelfer et de ses intrigues politiques. Pourtant, il faut croire que le destin aime s'acharner sur lui. S'il ne veut plus des intrigues et des mystères politiques, ceux-ci se rappellent régulièrement à lui. Et cela s'en parlait de sa vie personnelle où Molly vieillit et pire semble petit à petit perdre la tête. Effectivement, elle va se penser enceinte durant presque deux ans pour finalement accoucher d'une minuscule fillette. 

Je l'ai dit, je le redis, le retour de Fitz m'a beaucoup plu. Parce que le personnage et l'univers autours a été un coup de coeur à la lecture de l'Assassin Royal et que jusqu'à maintenant, peu de saga fantasy m'ont fait cet effet (si ce n'est La Roue du Temps bien sur, Fils de Brume de Sanderson ou l'Ange de la nuit de Weeks). J'ai toujours eu beaucoup de tendresse pour lui, malgré ses défauts et les quelques défauts que je trouve aux deux premiers cycle. C'est vraiment un personnage qui se révèle très humain, plutôt torturé (mais ça c'est aussi parce qu'il le veut bien) mais surtout très attachant (et cela depuis le tout début). Parfois tête à claque, il n'en reste pas moins un héros agréable à suivre. Surement parce que pour beaucoup, on le connait depuis son enfance. Mais il n'y a pas que lui. D'anciens personnages sont présent, Molly, bien sûr, mais aussi Umbre ou encore Kettricken et Devoir et aussi Ortie, la fille de Fitz et Molly qu'on a appris à connaitre durant le second cycle. Si certains ne font qu'une apparition, parfois un peu plus, je suis ravie de découvrir ce qu'a pu devenir Ortie ainsi que les autres enfants de Molly. Le grand absent physiquement reste le Fou, mais je ne me fais pas de soucis pour lui. Quant à Oeil de Nuit dont je pleure toujours la mort, il reste lui aussi très présent. Pour les nouveaux, je dois bien dire que j'apprécie déjà la petite Abeille, seconde fille de Fitz et Molly et qu'il me tarde d'en découvrir plus sur elle, tout comme sur un autre personnage qui devrait être plus présent dans le tome 2. 

Au niveau de l'histoire, je dois dire qu'on est plutôt bien servi là aussi. Même si Fitz reste à Flétrybois la plupart du temps, on ne reste pas bien loin des intrigues de Castelfer. Sans parler du fait que même à Flétrybois, il se passe pas mal de chose. Si pour le moment, c'est plutôt une partie "introduction" (nouveau cycle, nouveaux personnages, nouvelles intrigues), Robin Hobb arrive à nous embarquer dès les premières pages. Mais le découpage VF (oui, j'y reviens) fait que l'intrigue est coupée sûrement au plus mauvais moment et que forcément, on ne comprend pas tout ce qu'il peut se passer (l'histoire de la messagère par exemple me semble être plus importante que ce qu'elle ne pourrait du coup). Oui, je n'ai pas fini de râler sur ces histoires de découpages....

Et au final, me revoilà prise dans les aventures de Fitz sans même m'en rendre compte. D'ailleurs, j'ai comme une envie de reprendre les deux premiers cycles (et peut-être même les ADLM tant qu'à faire)(mais j'ai déjà tellement de livres à lire...). Je dois avouer que j'avais un peu peur de ce que ce cycle donnerait. La peur de reprendre le même schéma que le premier ou le second, de ne pas avoir quelque chose de totalement neuf, en fait. Finalement, même si le schéma ne différent pas forcément des autres cycles, on est agréable surpris par la tournure que semble prendre les choses.

Pour conclure, je n'aurais qu'une chose à dire, vivement que J'ai lu sorte la suite !