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vendredi 13 novembre 2020

L'Illusion, Maxime Chattam

Et voilà, le Chattam de l'année est déjà lu. Après un thriller bien à l'américaine, nous revoilà en France, plus précisément dans les Alpes avec un roman qui fait un petit peu froid dans le dos tout de même.

L'Illusion, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 464

A lire si :
- Vous aimez les huis-clos
- Vous appréciez les tours de magie
- Vous aimez bien vous faire un peu peur

A ne pas lire si :
- C'est le soir, il est tard et vous êtes seul (et peureux)
- Vous n'aimez pas avoir trop peur

Présentation de l'éditeur : 

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l'été.
Ne reste qu'une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d'arriver, mais déjà, quelque chose l'inquiète. Ce sentiment d'être épié, ces "visions" qui le hantent, cette disparition soudaine...
Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs?
Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu'à douter de sa raison...
Bienvenue à Val Quarios, une "jolie petite station familiale" ou la mort rôde avec la gourmandise d'une tempête d'été.

Mon avis

En prenant en main le roman, je me suis presque de suite dit que la couverture faisait quand même très Shinning. Or, j'ai adoré le roman de King, son sentiment d'isolement, son fantastique distillé petit à petit et les frisons qu'il m'a causé. Je me suis demandée si Maxime Chattam allait être à la hauteur de ce que je voyais avec cette couverture. Savoir que sans même l'avoir ouvert, je commençais déjà à le comparer à un des romans du Maître de l'Horreur, c'était déjà quelque chose. Arrive le premier chapitre et cette impression qui reste. Je vais lire un Shinning-Like, mais dans les Alpes, en été et avec un peu plus de personnages. Même le personnage principal a des relents de Jack Torrance, l'alcool en moins. Autant dire que j'ai été assez surprise. Je compare souvent les deux auteurs parce qu'ils ont le même style d'histoire, surtout lorsque Chattam s'aventure comme cela dans l'horreur, mais jusque là, il n'y avait pas autant de chose en commun dès le départ. J'ai eu un peu peur d'un manque d'inspiration ou quelque chose comme ça. Et puis, j'ai continué ma lecture, et j'ai trouvé la patte de Maxime Chattam, et finalement, le coup du Shinning-Like, c'est surtout pour l'hommage (et heureusement). Il n'empêche qu'on ne se mentira pas, c'est un hommage quand même et il est plutôt bien fait.

Mais revenons à l'Illusion. Hugo est acteur-auteur, il s'est séparé de sa compagne trois mois plus tôt après sept ans de vie commune, n'a pas ou plus d'amis, déprime comme pas possible et se replie sur lui-même. Alors, la petite annonce pour aller bosser dans une station de ski durant l'été, loin de tout, ça avait grave l'air fait pour lui. C'est comme ça qu'il se retrouve à Val Quarios, avec une douzaine de personnes pour cinq mois. Parfait pour se ressourcer, se retrouver. Mais dès sa première semaine, l'une des saisonnières disparait de manière pour le moins étrange. Hugo a des visions, son imagination prend régulièrement le dessus, lui montrant des choses terrifiantes. Et il y a les guirlandes d'os dans la sapinière aussi.  Sans parler de l'étrange propriétaire de la station, Lucien Strafa, un prestidigitateur de génie ayant disparu de la scène voilà plus de 40 ans. Et si tout était de sa faute ? Et si le vieux magicien vivant dans le manoir à côté avait vendu son âme au diable ?

Tout est fait pour que l'angoisse monte petit à petit. J'ai dévoré le livre, tournant les pages sans m'arrêter. J'ai eu envie de savoir qui était Strafa, ce qu'il se passait, comment ça se passait. Je voulais découvrir le secret de cette Illusion, et ça, même si parfois Hugo m'agaçait, même si j'ai eu l'impression de redite, souvent. Même si les personnages ne m'ont pas tant touché que ça. Ils sont d'ailleurs à peu prés inexistant tant on suit Hugo et que pour lui, seule compte Lilly, et peut-être un peu Jina, les deux seules à partager son avis. En fait, je me suis concentrée sur les illusions du roman. Sur la partie fantastique qui s'écoule petit à petit, sur l'avancée de l'intrigue (même si c'est parfois un peu laborieux tant Hugo m'a parut parano)(en même temps, il a de quoi). Et là, ça fonctionne pour moi. 

Il faut dire que l'auteur la distille goutte par goutte, de manière à nous demander si c'est la réalité ou non. Tout comme son personnage, nous finissons par tomber dans une sorte de paranoïa intense, suspectant tout et tout le monde. L'illusion devient parfaite. Et elle aurait pu le rester. Parce qu'on entre dans le gros bémol du roman pour moi, sa fin. Sans la dévoiler, elle dévoile tout. Le pourquoi mais encore plus le comment. Et ça m'ennuie un peu. Le roman est conçu comme un tour de magie. Or un magicien ne révèle jamais ses tours et secrets. Du coup, le dernier chapitre (pas l'épilogue par contre), m'a semblé de trop. Et il a fait retomber le soufflet chez moi. Dommage parce que j'avais quand même un presque sans faute (et ça malgré le caractère d'Hugo et la non existence des autres).

Au final, c'est donc un roman qui se laisse lire plutôt bien, pas forcément flippant à sa lecture mais qui laisse une bonne impression, surtout dès qu'il fait noir (je suis quelqu'un qui cogite beaucoup la nuit, ça aide). Je trouve sa fin trop prévisible, et franchement, je me serais arrêtée un chapitre plus tôt si j'avais su. Ce n'est pas le meilleur Chattam que j'ai lu pour le moment (Le Signal est drôlement plus intéressant si on veut rester dans l'horrifique) mais ça se laisse bien lire. 

jeudi 7 novembre 2019

Un(e)secte, Maxime Chattam

J'avais très hâte de lire le nouveau Chattam après le Signal qui avait été le premier coup de cœur de l'année. Et c'était sans parler des retours de ceux qui l'ont lu un peu avant. Je l'ai acheté dès sa sortie et lu dans la foulée. 

Un(e)secte, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 454

A lire si :
- Vous n'avez pas peur des insectes
- Vous aimez les enquêtes policières

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez vraiment pas les insectes
- Vous vous attendez à avoir tout le long

Présentation de l'éditeur : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s'organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d'une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s'entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante.
Des montagnes de Los Angeles aux bas-fonds de New York, un thriller implacable et documenté qui va vous démanger.

Mon avis

Comme je le disais, j'avais très très hâte de lire ce nouveau Chattam. J'aime beaucoup ce que fait le monsieur, et je ne résiste pas à l'idée de me faire un peu peur en lisant, surtout en cette période. Alors, je me suis un tout petit peu jeté sur le livre que j'aurais fini plus tôt si mon weekend n'avait pas été aussi occupé. En parlant de me faire peur, le prologue est assez anxiogène pour moi qui déteste les araignées et les petites bêtes (je ne leur ferais pas de mal, mais si elles pouvaient rester loin de moi, ça serait cool, hein). Il est aussi particulièrement efficace, nous faisant entrer directement dans l'histoire. Sauf que si le prologue est ultra efficace, il faut attendre un petit peu pour retrouver son ambiance. Car Un(e)secte n'est pas tout à fait un livre d'horreur. C'est surtout deux enquêtes particulièrement intéressantes à lire qui finiront pas se regrouper (je ne spoile absolument pas, on s'en doute quand même pas mal). 

La première est menée par un inspecteur du LAPD (la police de Los Angeles, donc), Atticus Gore, suite à la découverte d'un squelette sur une scène de crime remplie de cadavres d'insecte. Si déjà, la présence d'insectes est étrange que le squelette soit celui d'un homme encore vivant la veille l'est encore plus. L'enquête d'Atticus va le mener jusqu'au bas-fond de Los Angeles où ce qu'il va découvrir est bien plus gros que ce qu'il ne pense. L'autre enquête est mené par Kat Kordell, détective privée de New York, missionnée pour retrouver une jeune femme disparue. Là aussi, la privée ira jusqu'au pire endroit de sa ville afin de découvrir la vérité.

J'ai apprécié les deux enquêtes dans le sens où elles sont complémentaires mais bien différentes. On se doute d'ailleurs tout le long que les deux protagonistes vont finir par se rencontrer sans trop savoir comment. L'un enquête sur un meurtre mettant en scène des insectes, l'autre sur ce qui semblerait bien ressembler à un enrôlement dans une secte. Le rapport ? C'est le titre du roman qui nous le donne et je n'en dirais pas forcément plus pour ne pas trop spoiler. Il n'empêche que j'ai adoré voir les éléments se mettrent ne place de chaque côté, bien que j'ai eu une petite préférence pour la partie Atticus (lié au personnage, je pense, on y reviendra après). Peut-être le fait que je n'avais pas exploré Los Angeles version Chattam, ce qui n'est pas le cas de New York (où je me suis souvent demandé si Annabel ou Brady n'allaient pas faire une infime apparition)(plus Brady qu'Annabel d'ailleurs). Il n'empêche que comme toujours, l'auteur arrive à distiller ses informations sans qu'on ne s'en rende tout à fait compte (quoique j'avais deviné pour une personne). 

Mais, ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est toute la partie un peu plus psychologique du roman (et je ne parle pas du fait que j'ai eu l'impression d'avoir des insectes sur moi au prologue et à certains moment dans le roman)(quoique). Un roman sur les sectes va forcément parler de fragilité psychologique, d'isolement ou encore d'influence. Il le fait de manière intelligente et surtout il finit par englober les protagonistes principaux. Ainsi, on a un Atticus Gore déjà marginalisé dans son travail et même dans sa vie. Le flic est gay, n'a pas de vie de famille, préférant payer ses amants d'un soir ou plus, n'a pas d'amis non plus. Il n'est pas apprécié, souvent raillé par ses confrères à cause de son orientation sexuelle. Il ne faudrait pas grand chose pour qu'il bascule dans la solitude la plus complète, voire qu'il perde son boulot. C'est un personnage qui n'en ai pas moins attachant dans ses faiblesses et qui en tire parfois une force incroyable. Surtout, ce n'est pas un super enquêteur à qui rien ne fait peur. Même son goût pour le Metal a quelque chose à voir avec ça et renforce sa personnalité. IL en va de même pour Kat. Elle vit seule, ne s'attache pas à son mec avec qui elle est depuis six ans, a peur de vieillir. Elle aussi, d'une certaine manière, s'isole du monde. Mais ils sont assez forts tous les deux pour ne pas tomber dans le pire. Ca ne tient pas à grand chose souvent. Ca les rend particulièrement humains.

Le seul petit défaut que je trouve au roman, du coup, c'est que je n'ai pas vraiment flippé. Je m'attendais, pas forcément à avoir peur, mais disons à frisonner quand même un peu plus. Or, ce n'a pas tout à fait été le cas. Les enquêtes sont efficaces, la dernière moitié du roman (dont je ne parle pas vraiment pour ne pas trop en dire) aborde des thèmes que j'apprécie assez lire mais je n'ai pas eu ce petit frisson que j'ai apprécié sur le Signal par exemple ou sur l'Âme du mal par exemple. 

Ça ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié, loin de là. Disons juste que j'ai trouvé Un(e)secte de facture plus "banale". C'est un bon Chattam, voilà. Il est plus que sympathique à lire, il fonctionne parfaitement bien mais il lui manque un petit plus pour être parfait à mes yeux. Par contre, très hâte de revoir Atticus Gore au vu des remerciements de l'auteur à la fin.


mardi 5 février 2019

Le Signal, Maxime Chattam

Deux Chattam en même pas deux mois, oui, je crois que je deviens accros. Surtout que celui-ci n'est pas à moi. J'ai lancé un appel pour savoir qui avait le dernier Chattam au travail la semaine dernière. Il a atterri sur mon bureau mercredi. Je ne pouvais pas ne pas le lire de suite. 

Le Signal, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 740

A lire si :
- Vous aimez frisonner
- Vous aimez quand c'est un peu sanglant mais pas trop non plus

A ne pas lire si :
- C'est le soir, il est tard et vous êtes seul (et peureux)
- Vous n'aimez pas avoir peur

Présentation de l'éditeur : 

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n'y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s'enchaînent, semant l'angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d'enquêter.

Mon avis

Avant de commencer à parler de l'intérieur du livre, parlons de l'extérieur. Le Signal, l'objet, est beau. Tout de noir vêtu, avec le titre, l'illustration et le résumé ainsi que la photo de l'auteur d'un beau argenté, il attire rapidement l’œil. Quand on le tourne, on voit une tranche tout aussi noire (enfin comme il a été utilisé, elle me parait grise à moi). C'est un livre noir et il s'annonce par sa couleur. Perso, j'adore et j'adhère totalement. Et quand on l'ouvre, c'est tout aussi sympa. Déjà, il y a une carte, et elle est magnifique (signée Olivier Sanfilippo). Ensuite, les pages sont toutes entourées de noir (le fameux de la tranche en fait. Pour que ce soit plus parlant, j'ai fait une photo de la carte et du bord noir donc (nouvelle résolution : faire plus souvent des photos)(d'ailleurs, je vous rappelle que j'ai un compte instagram pour le blog).

C'est donc dans un écrin que je trouve presque parfait (parce qu'en fait, le bord noir, il déteint un peu sur les côtés sur certaines pages)(du moins sur l'exemplaire que j'ai), que se cache l'histoire du Signal. 

Si jusque là, je n'ai lu que la partie "policier" de Chattam, je me plonge enfin dans sa partie 'horreur" (me manque donc le fantastique, mais j'ai quelques tomes d'Autre Monde a disposition). Je sais de quoi est capable monsieur Chattam concernant l'horreur mais je ne m'attendais pas à cette plongée-là. 

Il est assez compliqué de parler du livre sans trop spoiler, je vais tenter. Je promets rien. 

Le Signal, c'est l'histoire de la petite ville de Mahingan Falls. Une bourgade de la Nouvelle-Angleterre tranquille, encaissée entre l'océan et des collines, un coin paumé qui ressemble presque à un paradis, non loin de Salem. C'est là que viennent s'installer les Spencers et leurs enfants. Le père est dramaturge mais n'arrive plus à se renouveler, la mère est une vedette du petit écran qui a besoin de revenir à l'essentiel. Ils pensent pouvoir reprendre leur vie en main dans cette charmante petite ville. Sauf que... Mahingan Falls va subir d'étranges phénomènes et surtout une série de morts inexpliquée. Et la famille Spencer ne va pas être épargnée.

J'ai apprécié beaucoup de chose dans le Signal. En premier lieu, les personnages. On suit la famille Spencer mais aussi Ethan Cobb, flic de son état, et quelques citoyens par ci par là de Mahingan Falls. Les personnages sont tous bien foutus, très humains aussi. Forcément, on va pas mal s'attacher aux Spencern et, pour ma part, ce sont surtout aux garçons de la famille, Chad et Owen, et à Olivia, la mère. J'ai trouvé Tom, le père, parfois un peu trop effacé, surtout face à l'aura de sa femme. Quant à Cobb, c'est un flic comme sait les écrire Chattam, ni bon, ni mauvais, un peu taciturne, solitaire mais efficace. Les personnages secondaires offrent une belle palette, eux aussi, allant du gentils voisin aux commères/compères du village. Bref, on ne s’ennuie avec aucun d'eux et l'on retrouve ce qu'on peut imaginer être les habitants d'une petite ville américaine (ou même française en fait).

Ensuite, il y a bien sur l'histoire. Alors, non, je n'ai pas eu peur en lisant. Par contre, je n'ai pas été tout à fait sereine pendant quelques nuits après (pas de cauchemars mais ça a pas mal fait chauffer l'imagination tout ça). En fait, ce n'est pas tant les parties parfois un peu sanglante du roman qui m'ont perturbé mais plus ce qu'on ne voit pas et le fait que Maxime Chattam utilise comme conducteur un élément de la vie de tous les jours (à la manière de Lovecraft)(qui amenait souvent l'horreur à partir d'un élément quotidien et surtout réaliste). En fait, ça m'a fait le même effet que lorsque j'ai regardé le film The Mist (tiré de la nouvelle de Stephen King), pas eu peur sur le coup, mais beaucoup réfléchi après. En parlant de ça, Le Signal m'a fait pensé à du King sur bien des aspects. Ce n'est pas une copie du maître de l'horreur, loin de là, mais disons un bel hommage (surtout qu'on retrouve quelques allusions à King)(et à Lovecraft aussi). Mais pour en revenir à l'histoire, elle est fort bien amenée et la tension monte petit à petit. Un seul bémol, c'est parfois un peu trop sanglant là où peut-être juste des évocations auraient eu plus d'effet (j'aime quand on me donne le "pouvoir" d'imaginer même le pire). 

Enfin, il y a le style Chattam. Alors forcément, j'apprécie ce que fait l'auteur. J'aime la manière dont il amène ses éléments, j'apprécie retrouver des références et des hommages que je comprends facilement (monsieur Chattam et moi semblons avoir des goûts en commun sur pas mal de chose)(je vous ai dit que je voulais emménager chez lui ?)(ou du moins lui piquer sa déco ?).

Au final, je crois bien tenir mon premier coup de cœur 2019 pour ce livre. Je le trouve génial, que se soit physiquement (j'espère que la version poche sera tout aussi belle, parce que ça ajoute pas mal je trouve, ces bordures noires), que par son histoire. C'est un bon livre d'horreur qui fait frisonner (je n'arrive pas à dire qu'il fait peur, ça n'a pas été mon cas) et qui se laisse bien lire. Bref, jetez-vous dessus, il vaut le coup.

lundi 14 janvier 2019

La Promesse des Ténèbres, Maxime Chattam

J'ai enfin fini toute la partie "Trilogie du Mal" de Maxime Chattam avec ce prequel à la série. Un roman que j'avais hâte de lire pour comprendre un peu plus Annabel et savoir ce qu'il a pu arrivé à son mari. Bon, du coup, je risque donc de spoiler un peu (mais je ne pense pas spoiler la Trilogie en elle-même).

La Promesse des Ténèbres, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel 
Collection :/
Année de parution : 2009
Format : AZW

A lire si : 
- Vous avez aimé la trilogie
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous voulez plonger dans les ténèbres New Yorkaise

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur : 

New York Mégapole de tous les possibles.
De tous les excès. Où la verticalité des buildings s'oppose à celle des souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l'industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l'on vend la mort filmée en direct. Au coeur de ce maelström, le journaliste Brady O'Donnel, dans le sillage de Rubis, femme envoûtante, plonge dans l'enfer.

Celui de la Promesse des Ténèbres.

Mon avis

J'avais hâte de me replonger dans l'univers de la Trilogie du Mal et d'enfin connaitre non pas la réponse à une des interrogations des romans, mais à l'un des mystères non résolu de ceux-ci, à savoir ce qu'il a pu arrivé à Brady O'Donnel, le mari d'Annabel. Parce qu'on apprend dès le second tome qu'il a disparu comme ça du jour au lendemain mais sans trop savoir ce qu'il a pu réellement arrivé. Or, la dite disparition est un élément clef du personnage d'Annabel dans les tomes précédents (ou suivants, suivant comment on se place hein). Et puis, bon, j'avais envie de savoir, parce que je suis curieuse. Et que je voulais savoir vers quel Mal allait nous entraîner Chattam dans ce tome.

Il y a beaucoup de chose qui m'ont plu dans ce roman, d'autre un peu moins. On va commencer par le moins, à savoir le personnage principal. Oui, carrément. J'ai eu du mal avec Brady. Je crois que j'ai un peu trop idéalisé le bonhomme durant mes lectures des deux tomes de la Trilogie avec Annabel. Du coup, il m'a semblé quand même être un peu con, le Brady, voire même un sacré connard parfois. J'ai eu beaucoup de mal à le suivre. Heureusement, il n'est pas le seul personnage principal et Annabel est aussi bien présente. Et même si j'ai eu du mal avec Brady, je dois avouer que leur couple fonctionne pas trop mal dans le roman. Brady est à une période de sa vie où il s'interroge, où une certaine routine a pris le pas sur le reste mais il tente tout de même de sauver son couple d'un désastre qu'il est le seul à voir (et à créer au final). De son côté Annabel ne se rend compte de pas grand chose, mais cela semble presque normal tant elle est obsédée par son boulot et la nouvelle enquête qui lui est tombée dessus.

Une enquête qui a tout à voir avec ce qu'il arrive à Brady dès le début du roman. Mais d'ailleurs, il lui arrive quoi (non parce que j'ai même pas commencé par ça quoi...)(2019, l'année où mes avis partent en tout sens...). Et bien, alors qu'il vient de boucler son dernier sujet et qu'il se fait chier à ne pas en trouver un autre, il va être le témoin du suicide d'une actrice de porno. Un suicide violent qui va le marquer. IL va tout faire pour découvrir ce qu'il est arrivé à cette femme, même le pire. Or, c'est Annabel et Jack qui récupère l'enquête sur le suicide. Va commencer pour les deux époux un jeu du chat et de la souris pour qu'elle ne découvre pas l'implication de son mari dans tout ça.

Autant le dire, j'ai été happé par cette nouvelle plongée dans le mal. Cette fois, nous allons découvrir le porno underground et plus précisément les dérives de celui-ci, lorsqu'il n'est plus question de jouer mais bel et bien de la réalité la plus cruelle qu'il puisse y avoir (je sais que ça a un nom, mais j'arrive pas à mettre le doigt dessus)(si vous l'avez, je veux bien que l'on éclaire ma lanterne), lorsque nous compte que la jouissance, même si cela doit tuer celui qui subit. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi la plongée dans les bas-fond de New-York, vers ses égouts et le peuple qui y vit. Cette plongée-là m'a pas mal marqué. Parce que ce qu'on y découvre est un reflet de ce qu'il se passe en haut en plus exacerbé, je dirais. Elle m'a aussi rappelé celle de Brolin dans In Tenebris. Sans parler du fait que les personnages les plus intéressants du roman apparaissent à ce moment-là. 

Enfin, il y a les autres personnages donc. Annabel est finalement presque la même que dans les autres tomes. J'aurais cru voir un vrai changement mais en fait pas tant que ça. Par contre, ce n'est pas le cas avec Jack Thayer. Déjà, j'ai été ravie de le revoir, ensuite, je dois bien dire que son personnage a évolué entre cette Promesse des Ténèbres et In Tenebris. Ici, il est moins cynique, mais aussi bien plus protecteur envers Annabel. La réponse a ses changements vient bien plus tard (à la toute fin quoi) et je dois bien dire que je ne m'y attendais pas vraiment et que ça me plait beaucoup. IL y a aussi toute la cohorte de perso secondaires tous aussi passionnants les uns que les autres, surtout du côté de Brady et de Oz (je vous laisse découvrir ce que s'est). 

Au final, j'ai eu du mal avec l'un des personnages principaux mais par contre je me suis régalée avec tout le reste. Le livre est assez dérangeant pour me donner envie de savoir ce qu'il va se passer et j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher ce weekend (j'ai même dépassé mon heure pour éteindre la lumière le soir hier pour le finir)(oui, je suis une vieille qui dort tôt en plus). Bref, j'ai passé un très bon moment de lecture.

Par contre, je me pose une question, les gens qui l'ont lu autour de moi ont apparemment pas mal flippé en le lisant. Moi, ça m'a juste ultra intriguée. J'ai pas eu peur une seule fois. Alors je me demandais si c'était moi qui n'arrivait plus à m'émouvoir de quoique se soit en lecture ou juste qu'en fait, il n'est pas si flippant que ça ?



lundi 20 août 2018

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Je n'aurais finalement pas mis bien longtemps pour finir cette trilogie du mal (surtout au vue de ma PAL numérique qui semble ne vouloir faire que grossir). IL faut dire que les deux premiers tomes m'avaient plutôt plu et que je suis dans une période plutôt "horreur" en numérique en ce moment. Et donc, presque six mois après avoir lu le premier tome, je lis le dernier. C'est plutôt pas mal

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : trhiller
Année de parution : 2004
Format : AZW

A lire si : 
- Vous avez aimer les deux premiers tomes
- Vous n'avez pas peur des araignées
- Vous aimez les thrillers à l'américaine

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Une ombre inquiétante rôde dans les forêts de l'Oregon. C'est d'abord un employé de l'environnement qui est retrouvé mort, le visage horrifié. Aucune trace du criminel... Dans le même temps, des femmes disparaissent en pleine nuit, pendant le sommeil de leur époux. Pas de trace d'effraction dans les maisons... Et puis se répand une épidémie singulière : les foyers de Portland sont envahis par des araignées aux piqûres mortelles. Les victimes s'accumulent et la psychose s'intensifie. Et s'il n'y avait qu'une seule personne derrière tout cela ?
Un être pas comme les autres. On commence à murmurer le pire : et s'il n'était pas humain ? Joshua Brolin et Annabel O'Donnel vont mener l'enquête, entrer dans la toile et faire face à l'impensable.
Une nouvelle génération de tueur.

Mon avis

Et voilà, j'en ai fini avec la trilogie du Mal (enfin pas tout à fait, me manque le prologue sur le mari d'Annabel à lire)(ça risque de pas tarder). Et je dois bien dire que j'ai particulièrement apprécié lire cette fameuse trilogie. Mais passons donc à ce troisième et dernier tome, celui qui clôt donc le tout. Un tome qui, pour moi, est peut-être un peu en dessous des deux suivants mais qui reste un très bon divertissement.

Dans Maléfices, nous retrouvons donc Joshua Brolin chez lui à Portland. Adieu New York qui n'aura servi de toile de fond que pour un tome. Ça m'arrange un peu, j'aime bien Porland et ses étendues de forets non loin (dans l'idée, Chattam aura quand même réussi à me faire aimer une ville et ses alentours sans même en avoir rien vu). Alors qu'il compte bien passer quelques jours de vacances avec Annabel, le frère de son ami Larry Salhindro est retrouvé mort en pleine forêt, avec sur son visage la peur à l'état brut. Il n'en faut pas plus pour que Brolin annule ses vacances. Heureusement pour lui, Larry fera appel à Annabel pour qu'elle vienne changer un peu les idées du privé. Et les aider dans une enquête qui va bien plus loin que la mort du frère de Larry. Attention cher lecteur, si vous êtes arachnophobe, passez votre chemin (ou comme moi, flipper bien lorsque le rideaux de douche ou vos cheveux vont vous faire croire qu'une araignée et sur vous)(je suis très impressionnable, je l'avoue), parce que les petites bêtes sont là tout le long du livre. Et elles ne sont pas vraiment gentilles. Enfin, ce ne sont pas les pires monstres du livre. L'humain, comme souvent avec Chattam, n'est malheureusement pas en reste. Et le tueur de ce tome-ci n'a pas grand chose à envier à ses prédécesseurs sur la monstruosité.

D'ailleurs, tout le tome n'a rien à envier à ses prédécesseurs au niveau de l'enquête. Si j'avais compris facilement ce qu'il se passerait dans l'Ame du Mal, j'avais eu un peu plus de mal sur In ténébris et je me suis faite roulée sur toute la ligne avec ce Maléfices. En même temps même Brolin est assez perdu dans son enquête, ce qui ajoute à la confusion du lecteur et à l'envie de toujours lire un peu plus (monsieur Chattam, mes cernes ne vous disent pas merci, mon manque de sommeil non plus). J'ai clairement apprécié voir tout le monde (moi comprise) pataugeaient un long moment dans la semoule, ça fait du bien quand tout ne tombe pas tout cuit (même si une fois encore, je trouve la fin un peu trop rapide pour ça). Bref, une enquête fort sympathique qui ne m'aura pas filer de gros frissons mais que j'ai aimé suivre. Et que j'ai même bien plus apprécié que celle d'In Tenebris par exemple.

Mais alors, pourquoi ai-je trouvé ce tome un peu en déça des précédents ? A cause des personnages. Enfin, avouons-le, surtout à cause d'Annabel. Annabel, dans ce tome, quitte le personnage de flic mal dans sa peau ayant perdu son mari depuis peu et essayant de remonter la pente avec l'aide de son ami, Jack Thayer. Elle est devenue une sorte de Brolin au féminin mais pas totalement. Si jusque là, ça m'allait plutôt bien, j'ai trouvé que la voir soudain avoir des sentiments pour Joshua (et même si ça va en droite ligne de ce qu'il a pu et se passe) était peut-être un peu trop. Enfin, non, disons que ça la transforme un peu trop. J'aime toujours le personnage sauf lorsqu'elle se pose des questions sur sa relation avec Brolin. Pourquoi à ces moments-là passe-t-elle soudain de l'Annabel du tome précédent, forte, indépendante et en même fragile à simple potiche ? Heureusement que ça n'arrive pas à toutes les pages et que le plus souvent, elle reste l'Annabel que j'ai appris à apprécier. Quant à Brolin, il reste le même durant un petit moment pour petit à petit "redevenir" un peu plus humain, plus proche du Brolin de l'Âme du mal (sans toutefois y revenir totalement). Et puis, il est appréciable de retrouver l'équipe de flic de Portland.

Au final donc, j'ai aimé, un peu moins que les deux précédents (la faute à Annabel qui se potiche donc de temps à autre et aux araignées que je n'aime mais alors pas du tout). Il complète finalement très bien la trilogie, montrant encore un autre aspect de ce que l'humain peut faire de pire. Ces trois histoires sont assez perturbantes dans le fait qu'elles pourraient être réelles et c'est vraiment là que ça fonctionne avec moi (même si on avoue qu'on sent bien la fiction dans les personnages quand même). En tout cas, chose de sure, c'est que entre les livres de Chattam et moi, ce n'est pas fini, j'en ai encore qui traine par ci par là et je compte bien replonger dans cette folie qui les habite.

lundi 7 mai 2018

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

J'ai beaucoup apprécié l’Âme du Mal, lu en mars. Du coup, je me suis jeté rapidement sur le tome deux de la trilogie de Chattam, In Tenebris. J'ai mis un peu plus de temps pour le lire (faute à mon kindle déchargé et mon câble introuvable pendant trois jours...)(on se refait pas), mais en même temps, c'était pas plus mal, j'ai pu l'apprécié plus longtemps.

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

Editeur: Pocket
Collection : thriller
Année de parution : 2011
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome 
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, jeune spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.

Mon avis

In Tenebris commence à New York. Nous laissons donc Portland dans le retroviseur et traversons les USA pour la grosse pomme. Là, nous faisons connaissance avec Annabel O'Donnel, détective au sein du NYPD. La jeune femme et son équipe vont se retrouver confronter à une série d’enlèvement et de meurtre des plus ardus et des plus macabres. Dans le même temps, Joshua Brolin débarque lui-aussi à New York. Devenu privé suite à l'Âme du Mal, il enquête sur l'enlevement d'une jeune femme. Forcément, tout ce regroupe et Brolin et O'Donnel vont faire équipe pour trouver qui est derrière Caliban et les multiples disparitions.

Pour ce second tome, Maxime Chattam a décidé de changer pas mal de chose. Premièrement, la ville. Si j'ai apprécié Portland (qu'on ne voit que trop peu en littérature), le passage à New York ne m'a pas trop dérangée. La grosse pomme se prête plutôt bien au jeu, surtout pour l'une de ses légendes urbaines. Puis, NY sous la neige, c'est quand même bien sympathique. L'autre changement un peu perturbant, c'est celui de personnage principal. Bien que présent, Brolin n'est pas vraiment le héros du livre. Il a même tendance à passer en arrière plan sur une bonne partie du roman. A la place, c'est donc Annabel que nous allons suivre. Or, même si j'ai beaucoup aimé le personnage avec ses faiblesses et ses qualités, je l'ai trouvé un chouia en dessous de Brolin. Ou alors, tout comme elle, je me retrouve prise dans les flux charismatiques du privé.

D'ailleurs, parlons un peu personnage avant de parler de l'enquête elle-même. Comme je le disais, j'ai apprécié Annabel, la petite nouvelle. Elle n'est pas parfaite, elle souffre même pas mal. Faut dire qu'elle n'a pas une histoire facile puisque son mari a disparu peu après leur mariage sans laisser de trace. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle va se spécialiser sur les enlèvements. C'est un personnage que j'ai apprécié suivre mais qui en même temps m'a parfois un peu ennuyée. Je ne saurais trop expliqué pourquoi d'ailleurs. Avec elle arrive aussi toute une nouvelle équipe. Malheureusement, la mayonnaise a un peu moins pris de ce côté. Pas que les personnages ne soient pas bien, mais je m'étais fortement habituée à l'équipe de Portland. Et puis, enfin, il y a Brolin. J'avais aimé le personnage dans le premier tome, je l'aime encore plus maintenant. Parce que Maxime Chattam a su le faire évoluer sans tomber dans le pathétique. Et j'apprécie beaucoup la dite évolution. Brolin est le même tout en étant forcément différent. Il a resuccombé à la clope, à l'alcool aussi mais sans trop en faire (bref, c'est pas le flic bourrin qui se défonce tout le temps pour avoir la minime impression de vivre), il combat ses démons comme il peut, comme le ferait monsieur et madame tout le monde (enfin presque). Et puis, il y a tous les personnages secondaires qui sont là, présents sans trop l'être mais qui donne de la vie au récit.

Et enfin, l'enquête. L'Âme du mal annonçait le décors, les enquêtes de cette trilogie ne font pas dans la dentelle. Celle-ci m'a donné du fils à retordre. Vraiment. Si j'avais compris pas mal de chose très rapidement dans le premier tome, là, Chattam m'a prise au dépourvu dans ce second. Déjà, il faut vraiment attendre la fin pour comprendre le prologue (alors que dans le tome 1, il m'avait mise sur la voie très rapidement). Ensuite, je ne sais si c'est parce que l'histoire est bien tordue ou que c'est tellement macabre et flippant (enfin flippant n'est pas le mot, j'ai pas eu peur, disons plutôt perturbant), mais j'ai eu du mal à comprendre tous les indices (mais moi, je savais qui était Caliban dès le départ, pas le cas des flics)(par contre, j'avais pas compris de suite l'autre particularité du mot). IL n'empêche que petit à petit, nous plongeons dans l'horreur. Et que certains passages m'ont paru de trop (le coup de "l'église", toujours pas compris si ce n'est pour trouver le chien)(qui n'a pas grand interêt pour l'instant d'ailleurs). C'est un des défauts que je trouve au livre. Des passages trop longs, trop descriptifs et qui semblent ne pas servir à grand chose sur le coup. En même temps, ça donne l'impression de "piétinement" de l'enquête (on peut pas non plus tout résoudre d'un coup hein). N'en reste pas moins qu'elle était passionnante à suivre cette enquête et qu'en terme de mal, on se pose quand même bien là (d'ailleurs, je me demande jusqu'où va aller l'auteur pour le tome trois tant on est bien haut là quand même).

Au final, vous l'aurez compris, j'ai aimé, beaucoup. Il y a encore quelques défauts (je rappelle que la Trilogie du Mal fait partie des premiers livres de Chattam et qu'il faisait ses armes dessus)(et qu'il était alors déjà très bon, il n'y a pas à dire) mais franchement, je ne me suis pas du tout ennuyée avec cette lecture. Entre de bons personnages, une énigme des plus perturbantes, un New York qui change de la carte postale et un style efficace, je ne pouvais de toute façon qu'apprécier. Bref, vivement la suite.

mardi 20 mars 2018

L'Ame du mal, la Trilogie du Mal, tome 1, Maxime Chattam

Parce que ma mère avait oublié son livre à la maison et que je lui ai fait prendre un Chattam, je me suis dit qu'il était temps de lire ceux qui traînent dans ma liseuse. Et pourquoi ne pas commencer avec la Trilogie du Mal dont j'ai toujours entendu du bien.

L'Ame du mal, la Trilogie du Mal, tome 1, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : Thriller
Année de parution : 2003
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur : 

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

Mon avis

J'apprécie toujours les thrillers mais je n'en lis pas beaucoup (j'ai du en chroniquer ici une dizaine en 6 ans de blog)(putain, j'ai oublié l'anniversaire du blog le 28 février :( ). Mon plus gros problème, c'est que je vois un peu trop rapidement ce qu'il va se passer. Et ça me bloque un peu. Mais je sais que souvent, avec mes compatriotes, je peux être surprise. Et pour cette Ame du mal, si je n'ai pas été surprise par le dénouement, je l'ai été par la violence de l'histoire en elle-même.

Dans les trois premiers chapitres, nous découvrons le Bourreau de Portland, un serial killer qui prélèvent les avant-bras de ses victimes et leur brûle le front à l'acide. Alors qu'il va faire une nouvelle victime, Juliette Lafayette, il est abattu par l'inspecteur Joshua Brolin. Tout finit bien donc pour Juliette, sauvée in-extremis des griffes du mal. Mais voilà qu'un an après, une nouvelle femme est assassinée. Le nouveau meurtre porte la signature du Bourreau, même la brûlure à l'acide du front qui  n'a jamais été divulguée par la police. Qui peut bien être le copycat ? Joshua Brolin va se retrouver sur l'enquête, aidé par Juliette. 

Comme je le disais, je n'ai pas vraiment été surprise par le dénouement. Cela à cause de ce que je nomme la "Règle Agatha Christie", à savoir que le coupable doit apparaître dès le début et ne pas sortir du chapeau de l'auteur à trois chapitres de la fin (en réalité, c'est Jorge Luis Borges qui "édita" les règles, mais pour moi, je ne sais plus trop pourquoi, ça a pris le nom de Christie)(surement parce qu'elle, je l'ai lu et pas lui)(enfin bref, là n'est pas la question) mais aussi à cause des séries policières que j'ai pu dévoré depuis mon adolescence. Du coup, effectivement, j'avais vite compris et le dernier maillon m'est apparu tout aussi rapidement. Il n'empêche que si je râlais parfois de la "lenteur" de Brolin à découvrir tous les maillons le menant au coupable, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en lisant le roman, qui est d'ailleurs un très bon page-turner.

Si le déroulement de l'enquête est passionnant, c'est grâce à deux choses. La première, les personnages. Qu'ils soient principaux (Brolin, Juliette) ou secondaires (Larry, les autres policiers, Camelia), ils sont bien définis et tous plutôt sympathiques. Alors, je n'ai pas apprécié tout le monde, Juliette par exemple m'a un peu énervé par moment, mais c'est aussi ça que j'apprécie dans les romans, avoir mes petits chouchous et ceux à qui je filerais bien des baffes (comme dans la vraie vie quoi). La seconde, c'est le fait que Maxime Chattam sait de quoi il parle lorsqu'il décrit les procédures policières (il a suivi une formation d'un an en criminologie, je rappelle). Ça rend de suite le roman plus "vivant". Lorsqu'il parle des indices, de leur viabilité, des procédures, ça sonne vrai. Et qu'est-ce que c'est agréable (même si parfois, j'y comprends pas grand chose). 

Puis, une chose que j'ai bien aimé aussi, ce sont toutes les petites références que l'auteur glisse dans son roman. Son tueur en série apprécie la littérature, il se sert de la Divine Comédie et a un joli Necronomicon chez lui. D'ailleurs, il y est fait référence au moins deux fois à ce petit grimoire fort sympathique en peau humaine (ça me fait penser qu'il faudrait que je finisse de le lire moi, le Necronomicon). Bon il n'y a pas que ça, mais comme je suis dans la lecture du Necro, ça m'a bien fait rire sur le coup.

Au final, j'ai adoré ma lecture, bien qu'un peu trop rapide peut-être (en même temps, quand tu es en vacances, que tu n'es pas obligée de te coucher tôt ni de te lever tôt, tu m'étonnes que je le finisse en un jour et demi). J'ai apprécié pouvoir me plonger dans l'enquête, surtout que Brolin est un personnage fort sympathique et attachant. Une enquête somme toute assez violente et qui n'épargne pas grand chose à ses personnages ni à ses lecteurs. Bref, c'était bien sympa à lire, et il me tarde de continuer la trilogie.

lundi 11 janvier 2016

Leviatemps, Le Diptyque du temps, Tome 1, Maxime Chattam

J'ai toujours dit que le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire était le plus vieux livre de ma PAL, ben en fait non. Le plus vieux, c'est Léviatemps. En fait, il est resté deux ans chez ma mère, le temps qu'elle le lise et que je me souvienne le lui avoir prêté... C'est aussi, pour le coup, mon premier Chattam (alors qu'elle en a lu d'autre, elle).

Leviatemps, Le Diptyque du temps, Tome 1, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : Thriller
Année de parution : 2012
Nombre de pages 570

A lire si : 
- Vous voulez un livre qui mêle thriller, fantastique (un peu) et historique
- Vous voulez des personnages plutôt complexes mais tant que ça au final

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup de sang, de bagarre, d'horreur
- Vous voulez vraiment voir l'exposition universelle de 1900

Présentation de l'éditeur : 

Paris, 1900. L'Exposition universelle bat son plein. Mais loin des artères lumineuses, au cœur de la ville, c'est un sang noir qui bat au diapason. Et coule inexorablement, au rythme des crimes commis par un tueur... diabolique. Plusieurs filles de joie, déjà, en ont été victimes. Choqué par l'immobilisme de la police, l'écrivain Guy de Timée arpente les rues sordides, et même les égouts, dans sa traque insensée du monstre. Chaque minute compte... et tue. 

Mon avis

Je connaissais les livres de Maxime Chattam de réputation. Ma maman en lisant quelques-uns et me disant toujours qu'ils étaient très bien. Sauf que moi, à ce moment-là, j'avais plutôt tendance à ne pas lire de thriller. Ce n'est que lorsque l'envie m'en pris que je m'achetais Léviatemps qui attérit presque directement chez elle... Mauvais calcul pour la peine, il y resta un long long moment avant que, ne faisant le tri chez elle, je me souvienne de lui. Le problème d'avoir trop de livres dans sa PAL... Bref, j'ai enfin fini par le lire, rapidement qui plus est (le fait d'avoir le premier tome du fou et de l'assassin de mme Hobb dans mes étagères aidant aussi). 

Maxime Chattam nous entraîne donc dans le Paris du début du vingtième siècle, au moment de l'exposition universelle. On suit alors Guy de Timée, romancier qui s'est enfuie de chez lui dans l'espoir de réussir à remonter la barre et d'écrire son grand roman policier. Il a élu domicile au Boudoir de soi; une maison close. Là, il semble vivre une vie presque tranquille jusqu'à ce que l'une des filles ne soit retrouvée assassinée devant la porte du lupanar. Comme la police ne semble ne rien vouloir faire, lui, Faustine, une autre courtisane et Martial Perotti, un jeune inspecteur amoureux de la victime, vont mener leur propre enquête. Celle-ci va les mener à découvrir le pire de l'homme mais aussi de la capitale.

Je dois avouer que rien que pour l'exposition universelle de 1900, j'avais envie de lire ce bouquin. Mais l'action ne se déroule pas que dans l'exposition et la découverte d'un autre Paris, plus crasseux, plus noir, ne m'a pas déplu, loin de la même. J'ai apprécié que l'on ne voit pas que les beaux quartiers (on les voit très peu d'ailleurs, au final), mais plutôt les rues et les quartiers loin des guides touristiques. Il en va de même pour les personnages. Ici pas de bourgeois, de personnes riches, à la place un panel de courtisane, un écrivain, un jeune inspecteur de police, des gagne-misères, bref, une fois encore on est loin de ce que Paris et les autorités voulaient montrer lors de cette année 1900. Et c'est là tout le charme du roman, voir ce que la plupart des personnes n'auraient surement pas vu à l'époque (disons plutôt, ne pas jouer au touriste du temps, quoi).

Et puis, il y a l'enquête en elle-même. Non parce que dans un thriller, si l'enquête est nulle, le background peut être génial, les personnages aussi, le roman perd beaucoup d’intérêt (tout comme si je comprends trop vite après qui on court). Or, là, j'ai apprécié le parallèle entre l'enquête et la recherche du roman parfait de Guy de Timée, encore plus lorsqu'il compare l'analyse du tueur à celle d'un futur personnage. J'ai aussi grandement apprécié les moments où lui, Faustine et Perotti déduisent de leurs découvertes la personnalité d'Hubris (le tueur donc). En plus de cela, Maxime Chattam se sert des débuts de la police scientifique et des techniques qu'elle peut utiliser (datation par rapport aux larves d'insectes, graphologie, étude de la personnalité par rapport à la symbolique)(que des choses franchement intéressantes). Au final, cela nous permet de rentrer réellement dans l'enquête, de toujours vouloir en savoir plus sur Hubris. Et tout comme Guy, nous voilà à être obsédé par cette personne, ce mal incarné.

Enfin, l'écriture de l'auteur. Il ne fait pas dans les grandes envolées lyriques, a un style pas quelconque mais presque au niveau de la construction de ses phrases et de son roman. En fait, niveau style, il pourrait presque ne pas se démarquer et pourtant... Pourtant, il entraîne rapidement, quelques effets de style, des introductions de chapitre assez sympa, des fins qui donnent envie de lire le suivant et surtout, une manière de décortiquer le personnage ou le lieux qui donne vraiment envie d'en savoir plus. Comme quoi, il n'y a pas besoin de faire compliquer pour réussir à attraper le lecteur. 

Au final, c'est une découverte qui m'a plu. L'intrigue est bien menée, les personnages sont intéressants et ce décors exceptionnel. Sans parler du mélange entre le thriller, l'historique mais aussi le fantastique, présent mais pas trop. Autant le dire, je vais surement pousser un peu plus ma découverte des romans de Chattam.