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jeudi 6 avril 2023

L'épreuve du Silence, Mercy Thompson, tome 10, Patricia Briggs

 C'est le retour de Mercy ! Ca faisait un moment non ? Bon, je me calme un peu dessus parce que je crois qu'il ne reste plus qu'un tome ou deux de dispo à la médiathèque. Faudra que je me trouve une autre série dans le style après ça. Mais passons donc à ce tome 10 qui nous fait quitter les Tri-Cities pour découvrir de nouvelles contrées. C'est parti.

L'épreuve du Silence, Mercy Thompson, tome 10, Patricia Briggs

Editeur : Milady
Collection : poche
Année de parution : 2018
Titre en VO : Mercedes Thompson, book 10: Silence Fallen
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 471

A lire si :
- Vous aimez la série (au bout de dix tomes, ça serait bien dommage)
- Vous aimez bien quand Adam devient aussi narrateur
- Vous avez envie de voir autre chose que les Tri-Cities

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas ne pas tout comprendre d'un coup
-Les vampires ne sont pas votre tasse de thé

Présentation de l'éditeur : 

Enlevée et retenue en otage par l’un des plus puissants vampires au monde, Mercy parvient à échapper de justesse à son ravisseur. Seule et désarmée au beau milieu de l’Europe, à des milliers de kilomètres des siens et entourée d’ennemis potentiels, Mercy doit à tout prix parvenir à nouer de nouvelles alliances pour éviter de déclencher la guerre qui gronde entre loups-garous et vampires. Car des magies anciennes sont à l’oeuvre, prêtes à dresser les meutes les unes contre les autres et déchaîner le chaos. Et au coeur de la cité millénaire de Prague, les fantômes rôdent…

Mon avis

Quand j'ai vu la carte de Prague en ouvrant le livre, j'étais toute contente. Je rêve de visiter cette ville et de contempler son horloge astronomique. Bon, quand Mercy se fait kidnapper et pas qu'un peu alors qu'elle va faire des courses, et qu'elle se retrouve on en sait trop où dans les mains du Seigneur de la Nuit, lui-même, je l'étais un peu moins. Parce que la dame n'était pas vraiment en état de faire quoique se soit. Mais c'est mal la connaitre. Entourée d'ennemis, sans lien avec sa meute, elle décide de s'enfuir. Elle bat la louve-garou apprivoisée du vampire, se barre en bus et débarque à Prague, où les ennuies ne font finalement que commencer. Pendant ce temps, Adam part pour Milan dans l'idée de la récupérer, en compagnie de Marsilia, Stephen, Honey, Larry (le roi des Gobelins), ainsi qu'un pilote et un copilote (qui est un loup soumis). Là-bas, il va devoir faire preuve de beaucoup de diplomatie pour ne pas déclencher une guerre. 

J'aime beaucoup quand Mercy n'est pas la seule narratrice. Les points de vue d'Adam sont toujours sympa à lire, surtout qu'avec le temps, il semble devenir moins "gros macho" que les premières fois où ça arrive. Surtout, ça éclaire toujours un peu plus l'histoire, et dans ce tome, il y en a besoin. Arrivé à la dixième aventure, il faut réussir à mettre du sang neuf, à continuer à tenir le lecteur en haleine. Ce n'est pas toujours simple. Ici, il y a donc le changement de point de vue avec les apparitions de celui d'Adam, et puis le voyage en Europe qui permet de voir d'autres meutes et d'autres essaims. Car, oui, les vampires sont mis en avant dans ce tome. Et qui dit vampires, dit forcément machination.

Du coup, ça nous donne un tome avec finalement assez peu de bagarre et qui parait un peu plus long que les autres. Attention, il s'y passe beaucoup de chose par contre, et il faut être bien accroché pour réussir à tout comprendre d'un coup. Déjà, il y a tout l'aspect politique du vampire européen à découvrir. Parce que le Seigneur de la Nuit, on le connait de nom pour l'instant, mais c'est tout. Ensuite, parce qu'il est pour le moins fourbe et qu'il ment presque aussi bien qu'il respire (alors qu'il ne respire pas). Mais surtout, qui dit vieux essaim, dit vieux griefs. Et là, franchement c'est plutôt pas mal pour l'intrigue. Côté Mercy, nous découvrons donc Prague, son horloge (qu'on ne voit pour ainsi dire pas), la boulangerie de la meute, le quartier juif et son golem ou encore l'hospitalité des tchèques. Elle n'a pas le temps de faire du tourisme puisqu'elle est prise entre deux feux, celui des deux essaims de Prague (parce qu'un, c'était pas suffisant). On va vite comprendre que le coup des deux essaimes à peut-être à voir avec ce qu'il se passe à Milan. Surtout, on va en découvrir encore un peu plus sur les pouvoirs de Mercy, plus particulièrement ceux qui font qu'elle peut voir les fantômes. 

Et puis, alors, chose que j'apprécie toujours autant dans les Mercy, c'est le fait que l'autrice se serve de l'Histoire pour la sienne. Prague est une ville qui a beaucoup vécu, souvent des choses pas affreuses et Briggs ne le cache pas. Même si c'est sur quelques lignes seulement, elles parlent des pogroms qui ont massacré des milliers de personnes, mais aussi des deux guerres mondiales, l'assassinat de Heiydrich (l'opération Anthropoid, qui valu donc la mort du SS Heydrich, mais aussi de nombreuses représailles par les nazis sur le peuple tchèque)(perso, j'ai vu le film Anthropoid de Sean Ellis il y a quelques temps déjà et ça m'avait bien marqué). Elle se sert aussi de la légende du golem de Prague, ou plutôt des légendes (parce qu'il en existe plusieurs sur sa "mort". Et franchement, je trouve ça vraiment sympa à redécouvrir (ou découvrir). En plus, ça fait écho aux études qu'a faite Mercy avant de devenir mécanicienne (non, elle ne sort pas toutes les informations qu'elle nous donne du fond de son chapeau).

Au final, je l'ai plutôt bien aimé ce tome, surtout pour son aspect politique. On sent aussi que les décisions récemment prises commencent à faire des vagues et que ça ne va pas rester bien calme encore très longtemps. Bref, hâte de voir la suite. 


mercredi 22 février 2023

L'étreinte des flammes, Mercy Thompson, tome 9, Patricia Briggs

 Je n'aurais jamais cru que j'avancerais aussi bien sur Mercy Thompson depuis décembre. C'est pourtant bien le cas et j'en remercie ma médiathèque pour ça. On risque pourtant d'un peu moins la voir prochainement ici, parce que j'ai une pile à lire maison un peu énorme avec quelques pavés que j'aimerais quand même écoulés rapidement (bon, un Mercy se lit très vite, je pourrais toujours en glisser un ou deux entre deux pavés). Mais passons à ce tome neuf, si vous le voulez bien.

L'étreinte des flammes, Mercy Thompson, tome 9, Patricia Briggs

Editeur : Milady
Collection : fantasy
Année de parution : 2017
Titre en VO : Mercedes Thompson, book 9: Fire Touched
Année de parution en VO : 2016
Nombre de pages : 380

A lire si : 
- Vous avez aimé les tomes précédents
- Vous voulez en découvrir un peu plus sur les Seigneurs Gris et En-Dessous

A ne pas lire si : 
- Vous voulez voir les vampires

Présentation de l'éditeur : 

La tension entre les faes et les humains est à son comble. Lorsque la meute est amenée à affronter un troll déchaîné, la présence d’Aiden, enfant humain enlevé il y a des siècles par les faes, pourrait bien être la seule chose susceptible d’empêcher la guerre qui s’annonce.
Prêts à le protéger coûte que coûte, Mercy, Adam et la meute devront défier le Marrok, les humains et les faes. Mais qui les protégera de celui qui a reçu l’étreinte des flammes ?

Mon avis

Je me demandais à quoi allait-on avoir droit après le Guayota et ses tibicenas. Il faut dire que le tome précédent fait partie de mes préférés, autant pour tout ce qui concerne la vie de la meute avec le retour de Christy et ce qu'il implique, qu'avec son ennemi. Alors, je m'attendais à du lourd, du moins à quelque chose d'aussi bien. Et franchement, on est plutôt pas mal avec ce tome. Déjà, il commence sur les chapeaux de roues avec une attaque de troll. La bestiole, aussi grande que le pont où elle a élu domicile n'est pas là pour rien. Elle a été lâché dans l'espoir de récupérer Zee, Tad et un mystérieux gamin qui semble pouvoir utiliser le feu et pour faire le plus de dégats possible. Le seul truc, c'est que son envoyeur n'imaginait probablement pas que Mercy allait revendiquer les Tri-Cities comme territoire de la meute et qu'elle offrirait la protection à ceux qui en eux besoin. Une décision qui ne plait guère aux Seigneurs Gris. 

La décision de Mercy va entrainer deux-trois problèmes. Déjà, ça ne plait pas au faes, bien entendu. Une bonne partie des Seigneurs Gris comptent bien détruire les humains pour reprendre le contrôle sur Terre, une autre est plus modérée, mais pas tout à fait d'accord non plus. Surtout que la meute offre sa protection à Aiden, enfant humain ayant réussi à fuir En-Dessous. Le gamin (qui n'en est plus vraiment un) a hérité de pouvoir que les faes lui envient, forcément. Ensuite, elle n'est pas ultra bien accueilli par la meute. Cela va donner l'occasion à Adam d'asseoir un peu plus son autorité et celle de Mercy. Je crois qu'on a jamais vu la meute aussi soudé après ça. Malheureusement, elle va aussi être lâché par le Marrock, qui ne souhaite pas voir toutes les meutes des USA en danger à cause de ce genre de décision. Une décision que Mercy prend particulièrement mal tellement elle a l'impression d'être abandonnée par Bran.

Et puis, il y a l'ennemi, parce qu'il y a toujours un ennemi. Vous me direz que rien qu'avec les problèmes qu'engendre la décision de Mercy, appuyé par Adam, et finalement par toute la meute. Mais on s'attend finalement toujours à un combat dans la série. Alors, oui, le tout premier est déjà pas mal, mais le troll n'était pas l'ennemi. Non, là nous avons d'abord le conseil des Faes, à savoir les Seigneurs Gris. On en entend parler depuis un moment, on a même rencontré certain d'entre eux (dont un à l'épisode précédent). Si Mercy et Adam vont affronter tout le conseil sur le plan administratif je dirais, c'est surtout l'une de ses membres qui va s'avérer problématique. On la voit venir de loin d'ailleurs, ce que finalement, je trouve un peu dommage. Mais j'ai vraiment apprécié enfin découvrir une partie des Seigneurs Gris, les voir interagir entre eux et commencer à comprendre leur fonctionnement.

Leur introduction coïncide donc aussi avec celle d'Aiden, le garçon enlevé voilà bien longtemps par En-Dessous. Aiden est l'élément perturbateur du récit et il tient parfaitement ce rôle. C'est aussi avec lui qu'on en découvre plus sur En-Dessous, à la fois lieux et personnage. J'ai apprécié le voir aussi aider Joel, l'homme transformé en tibicena lors du tome précédent et intégrer à la meute par Mercy. Je ne le dirais jamais assez, mais Briggs n'oublie que rarement les personnages qu'elle introduit dans ses romans, chose appréciable. On découvre aussi un nouveau loup arrivait depuis peu et qui me semble plutôt prometteur par la suite.

Au final, j'ai beaucoup aimé ce tome. J'aime quand on passe plus de temps sur les relations entre la meute, Mercy et Adam comme ce fut le cas ici. J'apprécie aussi découvrir toujours plus les faes et voir comment l'autrice se sert des légendes européennes pour les nourrir. J'espère que le prochain tome sera tout aussi sympathique à lire.

vendredi 3 février 2023

La Faille de la Nuit, Mercy Thompson, tome 8, Patricia Briggs

 Je reviens à Mercy après un tome sept qui ne m'avait pas tant plu que ça. Mais comme j'adore Mercy et la meute, je n'ai pas pu me résoudre à rester trop longtemps sur une mauvaise impression (en espérant très fort pour que ça n'en soit qu'une seule).

La Faille de la Nuit, Mercy Thompson, tome 8, Patricia Briggs

Editeur : Milady
Collection 
Année de parution : 2015
Titre en VO : Mercedes Thompson, book 8: Night Broken
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 477

A lire si 
- Vous avez aimé les premiers tomes
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 


Présentation de l'éditeur :

Fuyant son nouveau compagnon violent, Christy, l’ex-femme d’Adam, fait un retour fracassant dans les vies d’Adam et Mercy. La cohabitation n’est pas simple. Surtout lorsque Christy décide de monter la meute contre Mercy afin de récupérer Adam. Et la situation empire lorsque son petit ami retrouve sa trace : les cadavres s’empilent et Mercy va devoir mettre ses problèmes personnels de côté pour affronter une créature bien décidée à réduire son monde en miettes !

Mon avis

Bon, après la petite déception du tome précédent, j'espérais que l'autrice se reprendrait pour nous offrir une histoire bien mieux gérée. J'ai été exaucée avec la Faille de la Nuit, et je suis contente. Bon, il faut dire que déjà, Christy (l'ex-femme d'Adam) se pointe, harcelée par un type qui a tout l'air d'être bien plus dangereux qu'elle ne le pense. Forcément son retour dans la maison de la meute n'est pas de tout repos pour Mercy. Ajouté à ça que le harceleur de Christy est une sorte de dieux venant des îles Canaries qui semblent totalement invincibles et nous allons avoir une intrigue des plus intéressantes. 

Commençons par Christy. L'ex-femme d'Adam est parti, laissant mari et fille, ne supportant plus la vie auprès de la meute. Quand elle revient, pourtant, elle tente de reprendre la main, aussi bien sur la maison que sur celui qui y vit. Et pour ça, Christy est très forte, plus que Mercy, qui a toujours tendance à se rabaisser sur certains points face à la belle et blonde et manucurée Christy. Elle arrive à rallier à sa cause certain loup, et même parfois Adam. Clairement, c'est le genre de personne que je trouve antipathique à souhait, et que du coup, j'apprécie en roman. Surtout, elle permet de mettre en valeur Mercy, une fois encore. Parce que Mercy, c'est tout l'inverse de Christy, et pas seulement physiquement. Leur rivalité se ressent partout, dans les manières de la meute (Christy manipule souvent les loups). Et vraiment, moi, à la place de Mercy, j'aurais pété un plomb plus tôt qu'elle. Mais Christy, c'est aussi une femme harcelée, apeurée et perdue. Un point que l'autrice nous fait difficilement oublié. Tout comme le traumatisme de Mercy est toujours là, plusieurs tomes plus tard, ceux de Christy ne vont pas disparaitre comme ça. C'est quelque chose que j'apprécie.

On aurait presque pu se contenter de la rivalité Christy/Mercy, mais il fallait un ennemi plus surnaturel que l'ex-femme d'Adam. POur cela, Briggs va taper dans la mythologie européenne. Alors, oui, on peut se demander ce qu'une incarnation d'un volcan des îles canaries fait dans Mercy Thompson. Surtout que vu son statut, le monsieur ne peut pas vraiment bouger de son île à la base. En fait, Briggs va se baser sur pas mal de chose, dont l'Histoire et l'immigration pour le faire venir. J'ai apprécié qu'il ne sorte finalement pas de nulle part et que son histoire soit respecté (enfin, en un sens, puisque l'autrice ce sert de la légende pour alimenter son intrigue, mais qu'elle brode bien dessus aussi). Et si finalement on ne le voit pas autant que ça (quoiqu'on a un combat fort sympa en milieu de roman), tout concorde parfaitement et nourrit l'intrigue principale, à savoir le retour de Christy. 

On ajoute à ça un passage de Coyote, la découverte d'un demi-frère, la mise en avant d'Honey, un fae qui veut récupérer un certain objet, un vampire qui va devoir faire avec un secret qui n'en est plus un (j'attends de voir comment ça va continuer ça), et la découverte d'une partie des pouvoirs de Tad, et franchement, tout le roman prend une saveur incroyable, surtout après la Morsure du Givre. Vraiment, là, je me suis régalée à lire ce tome et j'espère grandement que ça va rester comme ça.




jeudi 19 janvier 2023

La Morsure du Givre, Mercy Thompson, tome 7, Patricia Briggs

 Je continue de lire les Mercy Thompson disponible à la médiathèque et me voilà rendu au tome 7. Je suis toujours contente de retrouver mon coyote préféré même si là, j'avoue que ce tome n'est peut-être pas mon préféré.

La Morsure du Givre, Mercy Thompson, tome 7, Patricia Briggs


Editeur : Milady
Collection : 
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 400
Titre en Vo : Mercedes Thompson, book 7: Frost Burned
Année de parution en VO : 2013

A lire si 
- Vous avez aimé les premiers tomes
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si  
- Vus n'aimez pas quand ça ressemble à un gros bordel

Présentation de l'éditeur : 

Pour Mercy Thompson, mariée depuis peu à Adam Hauptman, charismatique Alpha de la meute locale, Thanksgiving aurait dû être une fête paisible en famille. Elle était loin d’imaginer que faire du shopping avec sa belle-fille Jesse risquait de virer au cauchemar. Et pourtant, lorsqu’elle ne parvient pas à joindre Adam par téléphone, ni aucun membre de la meute, la jeune femme sait que tous ceux qu’elle aime courent un grave danger. Aidée par des alliés improbables, Mercy va devoir une fois de plus voler au secours des siens.

Mon avis

La quatrième de couverture était ultra prometteuse pour ce tome. Bon, je me méfie des quatrièmes sur cette série, elle annonce toujours beaucoup et puis finalement, on s'éloigne quand même pas mal de ce qu'elles racontent. Mais avouons qu'une virée shopping qui tourne mal et une meute qui disparait, ça annonce pas mal de chose quand même de sympa. Le truc, ce sont les alliés improbables (qui ne le sont finalement pas) et surtout la résolution de tout ça. J'ai trouvé le tome un peu brouillon, en fait, avec une résolution qui sort presque du chapeau. 

Mercy et Jesse quittent le repas de Thanksgiving pour faire le black friday en presque paix. C'est d'ailleurs quasi le cas jusqu'à ce que Mercy n'emboutisse sa golf dans une autre voiture. Ayant défoncé sa voiture, elle cherche à joindre la meute pour qu'on les récupère. Sauf que personne ne répond et que le lien de meute lui renvoie de la violence et de la douleur. Comprenant que rien ne va, elle et Jesse se rende au garage. Elle y découvre Gabriel et surtout Ben, mal en point. La meute a été attaquée et il est le seul à avoir échappé à la capture. A partir de là, Mercy va tout faire pour sauver la meute, en commençant par se faire aider de Stefan, son ami vampire ou encore de Tad, le fils demi-fae de Zee.

Bon, comme je disais, j'ai trouvé le roman légèrement brouillon. Pour moi, il est là pour dire "on est au tome sept, va falloir rappeler un peu où on en est avec tout le monde surnaturel des tris-cities". On commence tranquille avec la meute, puis on passe à Stefan et donc aux vampires, à Tad et aux faes. On rappelle aussi que Mercy a quelque ennuis avec les deux dernières espèces. Du coup, ça fait un peu de monde sur qui mettre l'enlèvement de la meute sur le dos, en plus des humains. Sur ce point, c'est finalement pas plus mal, ça remet un peu les idées en place (surtout que j'ai lu les quatre premiers tomes il y a très longtemps, je me souviens pas de tout). L'autrice remet un peu toutes les forces en place, surtout que, par exemple, on n'a pas vu les vampires depuis un bon moment. Sauf que je trouve que c'est étrangement fait. Je m'explique, et je spoile du coup, désolée : La meute est enlevé par des humains, des mercenaires en fait, à la solde dont ne sait qui. Il y a zéro indice tout le long du roman sur qui finance ça. On sait que Marsilia va faire son apparition à un moment vu que Mercy a défoncé sa voiture, mais il n'y a jamais de preuve que les vampires soient vraiment en cause. D'ailleurs, ce n'est pas Marsilia qui l'est. Ben, non, on se trouve avec un autre vampire, qu'on a déjà eu l'occasion de croiser d'ailleurs dans un tome précédent (mais je ne sais plus lequel). Bref, tout est de sa faute à lui et ça me parait toujours sorti du chapeau. 

Mais si on exclue la dernière partie et cette résolution, je trouve le roman plutôt sympa.  Déjà parce que j'apprécie retrouver Stefan un peu plus en forme, qu'on ne voit jamais autant Tad et que Mercy fait enfin la paix avec Silvia Sandoval, la mère de Gabriel. Ce sont des personnages secondaires que j'apprécie toujours. Ensuite, parce qu'on a des passages vu par Adam et que c'est un fait rare quand même. Surtout, Mercy, même si elle n'en fait toujours qu'à sa tête (mais c'est aussi pour ça qu'on l'aime), accepte enfin un peu d'aide. J'aime bien quand elle apparait moins forte tête (bon, par contre, comme Adam, le passage avec les menottes, c'était pas celui que j'ai le plus kiffé, hein)(d'ailleurs, mention spéciale pour les réactions des personnages qui ne se souviennent que trop bien des conséquences qu'un tel sort à déjà eu)  et qu'elle fait confiance aux autres, même quand les autres ne sont pas la meute. 

Au final, j'avoue que je retiens surtout cette fin un peu trop tirée par les cheveux pour moi. La morsure du givre (dont on comprend mieux le titre en VO pour le coup) n'est pas mon tome préféré, c'est même un des plus faibles pour moi à cause de ça. Dommage, parce qu'il y a de bonne chose dedans (les personnages, le retour des vampires un peu plus au premier plan). J'espère que le suivant sera mieux.

mardi 25 octobre 2022

L'heure du loup, Robert McCammon

 J'ai ce roman dans ma pal numérique depuis un bon moment. A vrai dire, je ne me souvenais plus du tout de son résumé ni même du pourquoi je l'avais récupéré. Il était donc temps qu'il sorte.

L'heure du loup, Robert McCammon

Editeur : Milady
Collection : terreur
Année de parution : 2011
Titre en VO : Wolf's hour
Année de parution en VO : 1989
Format : AZW

 A lire si : 
- Vous aimez les romans d'espionnage type James Bond
- Vous aimez les loups-garous

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas la violence

Présentation de l'éditeur : 

Michael Gallatin est un as de l’espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l’éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s’acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l’opération « Poing d’Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis.

Mon avis

Après avoir relu la quatrième de couverture (il fallait bien) et m'être dit que "super, ça passe pour amasser un peu plus de point sur le challengeSFFF2022", je me suis lancée dans l'Heure du loup. On commence avec un premier chapitre qui nous met direct dans l'ambiance, en pleine campagne d'Afrique du nord, non loin du Caire. On découvre rapidement Michael Gallatin (sous forme lupine, ce que j'apprécie assez), son métier et sa manière de vivre. Il faut quelques pages à l'auteur pour poser son personnage et quelques autres pour me faire lever les yeux au ciel. Ce qu'il y a de bien, c'est que du coup, il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour savoir à quoi m'en tenir lorsque notre personnage se retrouve en présence de dame. Mais revenons à notre histoire.

Mickael Gallatin est un homme loup (le terme loup garou n'est pour ainsi dire jamais utilisé, ce qui n'est pas plus mal, je pense). Il travaille comme espion pour le Royaume-Uni et se voit confier une mission des plus importants : empêcher les allemands de saboter le débarquement, prévu pour début juin. D'abord, réticent, il finit par se faire parachuter en France. La mission l'amènera de Paris à Berlin, à la recherche de "Poing d'Acier" quoique cela puisse être. Les diverses parties sont entrecoupés par la jeune de Michael, lorsqu'il s'appelait encore Mikhaïl. Fils d'un ami du tsar, il est mordu par un loup alors qu'il tente d'échapper aux assassins de ses parents. Commence alors pour lui une nouvelle vie au sein de la meute, où il a tout à apprendre.

Je dois avouer que j'ai parfois du mal avec deux récits qui s'entremêlent, surtout quand ce sont des récits passé/présent. J'ai failli avoir le problème ici, ne comprenant pas tout à fait pourquoi l'auteur nous entrainé dans le passé de son héros. J'ai toujours la méchante impression que les auteurs en ajoutent juste pour ajouter des pages en plus à un récit qui manque parfois d'enjeux ou même d'action. Or, ici, ce n'est pas le cas. La partie "présent" se suffit à elle-même, largement. Elle est rythmée, pleine de rebondissements et d'actions. Et vous savez quoi ? la partie "passé" aurait pu elle-aussi se suffire à elle-même. Elle aurait fait une parfaite novella à mon gout. Or, si au départ je me demandais pourquoi avoir mêlé les deux, j'ai fini par le comprendre petit à petit. La partie "passé" apporte beaucoup pour comprendre Michael. Et clairement, je pense que ça valait le coup de couper les deux récits ainsi. 

Parce que Michael, à première vue et si on oublie sa lycanthropie, ressemble à James Bond. C'est le type a faire tomber toutes les femmes qu'ils croisent (et qui le fait d'ailleurs…), qui se sort de toutes les situations, même les pires (et il va en connaitre des bien gratinées, des situations) et qui réussit tout ce qu'il entreprend. A vrai dire, si ce genre de récit ne me déplait pas, ce n'est pas non plus ce que j'aime le plus. L'ajout de la lycanthropie est plutôt bien foutu, Michael ne se transformant pas pour un oui ou un non (c'est même d'ailleurs l'inverse) et les transformations sont toujours utiles et pas juste là pour faire jolie. Or, en découvrant comment il a été transformé mais surtout les années qu'il a passé avec la meute et surtout l'enseignement que lui a dispensé Wiktor, l'alpha. Toute la profondeur du personnage se trouve dans ces passages. C'est ce qui le fait bouger, l'incite à agir alors qu'il pourrait être bien tranquillement dans sa maison du pays de Galles. C'est aussi, finalement, ce qui fait le plus ressortir le thème principal du roman. 

Mais si j'ai fini par apprécier Michael, je dois dire que j'ai été un peu déçue par les personnages qui gravitent autours de lui, surtout dans la partie "présent". Les femmes, toutes résistantes, s'effacent trop souvent pour devenir love-interest. Heureusement, Chesna, l'espionne qu'il rencontre à Berlin est un peu plus que la belle blonde juste bonne à être à son cou (même si elle n'en reste pas moins une damzel in destress alors qu'elle aurait pu être bien plus que ça, vraiment). Les hommes sont des faire valoir et rien de plus. Quant aux ennemis, ils sont dépend comme de pur produit du nazisme, sans la moindre nuance. Oui, ils sont méchants mais ils sont surtout ultra archétypaux. Je trouve ça dommage quand même. Côté "passé", on est pas forcément mieux mais l'aspect meute étant pris en compte, ça efface un peu les défauts côté homme. Côté femme, on se retrouve avec des personnages qui sont vu comme des reproductrices et puis c'est un peu tout… Bref, c'est pas la panacée de ce côté, ce que, de toute façon, j'avais bien compris dès le départ. N'empêche que j'aimerai bien lire ce genre de roman avec des femmes ayant un autre rôle.

Au final, ce fut une lecture sympathique. Le roman a assez de rebondissement pour que les pages se tournent sans problème et, bon, faut avouer que parfois, un roman d'espionnage à la James Bond, c'est plutôt sympa (même si c'est pas ce que je préfère). Par contre, âme sensible s'abstenir, parfois l'auteur apprécie aller dans ce que l'homme a fait de pire, surtout vu la période de son histoire (et les descriptions sont peu ragoutante)

lundi 27 juin 2022

Sanctuaire, James Herbert

James Herbert n'est certes pas un de mes auteurs préférés mais j'avais tout de même apprécié (du moins dans mes souvenirs)(parce que quand je relis mes avis, c'est pas tout à fait le cas) les deux derniers bouquins que j'avais lu de lui. Je partais donc plutôt confiante avec Sanctuaire. Trop peut-être.

Sanctuaire, James Herbert

Editeur : Milady
Collection : Terreur
Année de parution : 2009
Titre en VO : Shrine
Année de parution en VO : 1983
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez voir le pire de l'humanité
- Vous voulez avoir peur mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez avoir peur

Présentation de l'éditeur : 

 Il fallait quelqu'un de totalement innocent pour entrouvrir les portes de l'enfer.
Alice, une petite fille sourde et muette, retrouve soudain la parole après être restée fascinée devant un chêne centenaire. Elle dit avoir été visitée par l'Immaculée Conception et se met à opérer des miracles. Très vite le chêne devient un lieu de pèlerinage pour des milliers d'incurables et Alice acquiert une réputation de sainteté? Néanmoins le mystère reste entier? Jusqu'au jour ou le prêtre du village est menacé dans sa propre église par une force inconnue. Le doute germe alors dans les esprits. D'ou provient réellement le pouvoir d'Alice.

Mon avis

Comme je le disais, je partais plutôt confiante avec ce roman. Je sentais venir l'histoire de très loin avec cette gamine qui, d'un coup, accompli des miracles et dit avoir été visité. Mieux, je voyais déjà le coup de la sorcière et de sa vengeance (oui, je spoile direct, mais en même temps, tout le monde sait que ça va parler de ça). Je m'attendais donc à quelque chose dans la veine Crickley Hall, le premier roman que j'ai lu de l'auteur. Bref, ça aurait du être sympa. Et ça ne l'a pas été tant que ça. En fait, j'aurais du me souvenir du gros point noir de Crickley Hall quand j'ai commencé Sanctuaire (et dont je me suis souvenue qu'à la fin du roman, bien entendu). Herbert est très bon pour faire ressortir le pire de ses personnages. Il capte rapidement leur psychologie et le lecteur aussi. Par contre, il a un gros problème pour distiller la partie horrifique/fantastique de son récit. Elle est quasi absente la plupart du temps et souvent, elle finit par arriver comme un cheveu sur la soupe. C'est clairement casse-bonbons, surtout que personnellement, c'était cette partie-là qui m'intéressait.

Non parce qu'imaginez donc, une petite fille sourde et muette suite à une maladie, semble être visitée par l'Immaculée Conception et recouvre ses sens perdue. Forcément, tout le monde va crier au miracle, et ça peut se comprendre. Mais quand même l'église semble vouloir prendre du recul devant ça, on se doute qu'il y a anguille sous roche. Alors quand, malgré d'autres guérisons, on assiste aussi à des évènement étranges et dangereux, on ne peut que se poser des questions. Enfin, le lecteur, parce que les personnages du roman ne voient pas grand chose et les seuls qui remarquent les incidents semblent particulièrement sceptique. Et perso, c'est là que ça a commencé à me déranger. Parce que finalement, tout l'aspect surnaturel/horrifique va passer à la trappe dans le roman. Même les miracles, c'est pour dire. 

Herbert va se pencher sur les personnages, sur l'humain. Il va prendre un certain nombre de personnage et nous montrer comment ils veulent, d'une manière ou d'une autre, se servir d'Alice et de ses miracles. J'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans Fog (que j'avais moyennent apprécié d'ailleurs)(ça aurait du me mettre la puce à l'oreille ça). L'auteur use de l'élément étrange pour décrire le pire de l'humain. On se retrouve à suivre l'un des membres du conseil municipal, directeur d'un magasin, qui rêve déjà de s'agrandir par tous les moyens. On suit aussi sa maitresse qui, elle, rêve de s'élever dans le monde (et ça finit mal pour les deux). Le père d'Alice, non croyant, voit dans la vision de sa fille l'opportunité de se faire du fric (et ça finit mal aussi). Ils ne sont pas les seuls, bien entendu. Et ça finit toujours mal pour eux d'une manière ou d'une autre. Côté religieux, c'est plus sympathique (si on veut). Etrangement, c'est l'église qui est la plus sceptique (idée que j'ai beaucoup apprécié). Faut dire que le prêtre en fonction sent son église perdre de sa sainteté (mais ça finit mal lorsqu'il s'en ouvre aux autres) et que son remplaçant a la même impression que lui (et devenez quoi, ça va mal finir aussi). Il n'y a que du côté du "héros", le journaliste Fenn que ça va pas trop mal se passer, et encore. 

Si normalement, j'apprécie voir le pire de l'humain en roman, là, j'ai très peu accroché. Le problème, pour moi, c'est qu'ici, il n'y a rien de nouveau et que l'auteur arrive même à se répéter. Tous les hommes sont les mêmes, mauvais, cupides, égoïstes, sexistes. Pour les femmes, c'est plus simple, on a soit la putain soit la mère. Il n'y a pas de juste milieu. Alors, oui, ayant déjà lu Herbert, je savais que je tomberais sur ça. Mais là, j'aurais cru que vu le thème, il aurait fait un minimum d'effort. Ben, non, pas du tout. Il n'y a qu'à voir les deux femmes qui gravitent autour du héros. La première, Sue, est toujours montrée sous le prisme de la mère, celui de la gentille femme. Elle va même redécouvrir sa foi en Dieu et, encore mieux (oui je vais spoiler), c'est elle qui va d'une certaine manière sauvé Fenn quand la sorcière va se déchainer. La seconde, Nancy, journaliste, arrive alors que Fenn est brouillé avec Sue. Elle a droit à sa scène de sexe (ou c'est elle qui prend les devants en plus), se mêle de tout, fouille les affaires de son coup du soir et pour bien la punir de tout ça, elle va quasi devenir folle en découvrant celle qui a prit possession d'Alice (et bien sûr, ce ne sera pas vers elle que Fenn ira, hein). De même, la fameuse entité qui prend possession d'Alice est une nonne parjure, couchant avec le prêtre de l'époque et bien pire, avec une novice. Oui, l'auteur a décidé de ne pas faire dans la demi-mesure sur ce point. Et qu'on aille pas me dire que c'était l'époque qui voulait ça, hein (le livre date de 1983). 

Bref, du coup, j'en suis où dans le bouquin. Je l'ai fini sans même me souvenir comment ça finit… (Superstore étant plus sympa à regarder que Sanctuaire à finir). J'ai été déçue par le manque d'horrifique sur un sujet qui aurait pu être super dessus. J'ai encore moins supporté la place des femmes dans le roman alors qu'elles auraient pu être centrale et tellement moins patriarcale. Je n'ai pas aimé, même si je me suis forcée à le lire (j'espérais je ne sais quel revirement de situation). Il devient clair que je ne lirais plus de livres de James Herbert (et ça même si les Rats me faisaient grave envie). 

jeudi 1 octobre 2020

La Maison des Morts, Sarah Pinborough

De Sarah Pinborough, j'ai déjà lu Whitechapel que j'avais apprécié. Du coup, je me suis lancée dans la Maison des Morts avec la certitude que je ne serais pas déçue. Et puis, il me semblait que septembre et l'automne était la parfaite saison pour le lire.

La Maison des Morts, Sarah Pinborough

Editeur : Milady 
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : the Death House
Année de parution en VO : 2014
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les huis-clos
- Vous voulez un roman plutôt orienté ado

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à avoir peur
- Vous ne voulez pas de romance

Présentation de l'éditeur : 

La vie de Toby bascule suite à un simple test sanguin. Au beau milieu d’une île déserte, une poignée d’enfants mène une existence hors du temps, sous la surveillance impassible d’une équipe d’infirmières. Arrachés à leurs familles, les Déficients vivent dans la crainte du moindre symptôme indiquant qu’il est temps pour eux d’être conduits au sanatorium, là d’où personne ne revient. Loin des siens, replié sur lui-même, Toby attend la mort et lutte contre la peur et le désespoir. Mais l’arrivée d’une nouvelle patiente lui redonne brusquement une raison de vivre et d’espérer...

Mon avis

En mettant la présentation de l'éditeur ici, je me rends compte à quel point je me suis légèrement fourvoyée quand j'ai pris le bouquin. Je l'avais lu pourtant. Je savais donc à quoi m'attendre. Alors pourquoi m'étais-je mis en tête que j'aurais surement une ambiance noire, et même des frissons ? J'aurais dût voir ce qu'il allait se passer en lisant cette présentation. Et pourtant, ce ne fut pas tout à fait le cas. Peut-être à cause de l'autrice et du seul autre livre que j'avais lu ? A cause de la couverture ? Je ne sais pas trop. Il n'empêche que je n'ai pas eu ce que j'espérais mais que c'était bien quand même.

La Maison des Morts, nom que donnent les enfants Déficients qui y vivent, se situe sur une île loin de toute civilisation. On y exile les gamins malade, attendant que leur gène défaillant prenne le dessus. Surveillés par Matrone, des infirmières et quelques professeurs, coupés du monde, ils ne peuvent qu'attendre l'inéluctable. Toby n'arrive pourtant pas totalement à s'y résoudre. Alors, toutes les nuits, il ne prend pas les somnifères et se promènent dans la maison, comme un pied de nez à Matrone et à sa situation. Pourtant, rien n'y fait. La peur et le désespoir sont là. Un jour, se sera lui qu'on mènera au dernier étage de la maison, là où se trouve le Sanatorium. L'arrivée de Clara va tout changer pour lui.

Je dois avouer que j'avais un peu peur de l'aspect un peu trop adolescent du roman. Les personnages qui hantent le roman ont entre dix et seize ans pour la plupart, les adultes, Matrone, les infirmières ou les professeurs étant finalement assez absent, plus des ombres que de réel protagoniste ou antagonistes. Mais cette peur était non fondée, sauf au niveau d'une partie de la romance qui entre en jeu après l'arrivée de Clara. Il faut dire que l'ambiance mise en place par Sarah Pinborough est tellement immersive qu'on ne peut qu'être pris dans le roman. Et justement, l'ambiance est vraiment, pour moi, le gros point fort de cette Maison des Morts. 

Si le roman n'a rien d'horrifique, il a une ambiance très lourde, entre peur, désespoir mais aussi lueur d'espoir à certain moment. Sarah Pinborough réussit à nous faire entrer dans la peau de Toby et des autres enfants sans la moindre difficulté. Nous sommes vraiment avec eux dans la maison. Et du coup, sans avoir de gros frissons, on arrive tout de même à être parfois mal à l'aise face à ce qu'il se passe. Personnellement, j'ai été traversé par pas mal d'émotion en lisant la Maison des Morts et ça, grace à l'ambiance mise en place. Les relations entre les enfants aident aussi beaucoup. On y retrouve un peu les archétypes des huis-clos mais aussi des bandes d'enfants ; le chef de bande, le caïd, les meilleurs copains, les à l'écart, le fanatique religieux... Le tout forme un groupe assez sympathique à suivre, finalement assez proche de ce qu'on pourrait retrouver dans une cour d'école par exemple (si on oublie le fanatique religieux, et encore). J'ai beaucoup apprécié suivre Toby. Le jeune homme n'est pas un héros, juste un gamin perdu qui ne comprend pas tout ce qu'il se passe. J'aime la manière dont l'autrice se sert de lui pour raconter son histoire. 

Par contre, pour moi, le livre manque de plusieurs choses. L'ambiance est géniale, Toby agréable (même quand il devient un peu niais avec Carla) mais j'aurais voulu peut-être plus de tension par rapport aux adultes que je trouve trop effacé. Alors oui, je sais, l'histoire est raconté par le garçon et on ne sait que ce que lui connait. Et justement, il ne sait pas grand chose finalement, juste ce qu'il voit et ce qu'il arrive à glaner. Ca entretient le mystère autour de la maison et en même temps, ça empêche le lecteur de tout comprendre. J'ai eu l'impression d'ouvrir bien plus de portes que ce que j'ai fermé en finissant le bouquin. On ne sait rien des Déficients, de ce qu'il a pu se passer. Matrone apparait comme la méchante de la Maison des Morts mais elle reste finalement juste une ombre, sans confrontation avec les enfants. De plus, il est tout de même assez prévisible (Toby est seul, puis arrive Clara, ils tombent amoureux, y a la maladie, ils veulent fuir... jusqu'à la fin qui même si elle m'a émue était complètement prévisible).

Pourtant, ces défauts ne m'ont pas empêché d'apprécier ma lecture. Sarah Pinborough est une autrice dont j'apprécie le style, la manière de poser ses ambiances. C'était le cas sur Whitechapel, ça l'est aussi pour cette Maison des Morts. La Maison fonctionne bien, même si elle est un peu trop prévisible. C'est une lecture appréciable et qui matche bien avec la saison automnale je trouve.

vendredi 3 avril 2020

Attachement, Rainbow Rowell

Il y a des livres avec lesquels on accroche tellement qu'on ne voudrait pas les finir et puis, il y a les autres. La seconde catégorie est assez rare chez moi vu que depuis le temps, je sais tout de même ce qui devrait me plaire. Parfois, je me trompe. Parce que j'ai aimé un autre livre de l'auteur, parce que la quatrième m'a menti, parce que la couverture était trop jolie pour ne pas faire un tour dans ma bibliothèque. Attachement fait parti de cette seconde catégorie.

Attachement, Rainbow Rowell

Editeur : Milady
Collection : romance
Année de parution : 2012
Titre en VO : Attachment
Année de parution en VO : 2011
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez de la romance lente
- Vous aimez l'épistolaire

A ne pas lire si
- Vous ne voulez pas d'un point de départ plutôt creepy

Présentation de l'éditeur :

Lincoln, gentil geek aux faux airs d’Harrison Ford, travaille dans une entreprise où son rôle consiste à contrôler les e-mails des employés. C’est ainsi qu’il parcourt les échanges de Jennifer et Beth, deux copines aussi impayables qu’attachantes. Sans même l’avoir vue, Lincoln va tomber amoureux de Beth. Mais comment lui déclarer sa flamme sans passer pour un fou ? Surtout que la jeune femme semble avoir un faible pour un « inconnu » qui travaille dans le même immeuble.

Mon avis

J'aurais du le savoir à la quatrième, ça n'allait pas me plaire. Déjà parce que le point de départ de tout ça est tout de même quelque peu creepy. Autant dire qu'une romance qui risque de commencer par un mec qui lit les mails d'une nana qu'il ne connait pas parce que c'est son job, ça n'allait pas le faire. Parce que je sentais le coup de "ça va durer trois ans avant qu'il n'ose lui parler et ça va pleurer dans les chaumières toutes les cinq minutes parce qu'il n'ose pas". Ça n'a pas raté. 

Lincoln est informaticien. Son job au Courrier, journal local qui vient de se mettre à l'informatique juste avant l'an 2000, c'est de vérifier que les employés utilisent bien leur messagerie pour le boulot (la bonne blague) et pas pour raconter des conneries. Autant dire que le pauvre se fait plutôt chier. Jusqu'à ce que les échanges entre Beth et Jennifer ne débarquent dans son dossier. Pourquoi commence-t-il à les lire ? A vrai dire, il ne sait pas trop. Pourquoi il continue ? Au départ non plus. Mais petit à petit, il va tomber amoureux de Beth sans l'avoir jamais vu. On va donc suivre l'évolution des sentiments de Lincoln sur ce qu'il fait et sa non relation avec la journaliste mais aussi les échanges de mails entre les deux femmes.

Une bonne partie des aventures de Lincoln m'a ennuyé. Déjà, Lincoln est trop "gendre idéal propret sur lui". C'est le gars qui ne fait jamais de crasse aux autres, qui, neuf ans plus tard, n'arrive toujours pas à digérer sa rupture avec son premier amour, qui est gentil avec tout et tout le monde. Alors, oui, ça change du grand brun ténébreux (il est grand, brun mais absolument pas ténébreux). Par contre, ça le rend assez insipide le gars, et ennuyeux. C'est assez dommage parce qu'il pourrait être bien plus sympathique que ça. Il suffisait de pas grand chose, comme enlever tout ce qui concerne son premier amour qui le rend presque pathétique. Alors, personnellement, ça m'a fait un peu décroché de l'histoire.  Mais heureusement, il y a les échanges de mails. 

Je me suis retrouvée, comme Lincoln, a attendre le moment où on va les lire. Parce que si la vie de Lincoln n'a rien de passionnant, celle des filles est bien plus rythmée et amusante à lire. Elles lui volent clairement la vedette avec leurs imperfections et leur états d'âmes. On comprend parfaitement pourquoi Lincoln apprécie les lire. Mais leurs échanges ne sont pas si nombreux que ça et nous font paraitre notre héros encore plus insipide. 

Et puis, tout le long de ma lecture, je n'ai pas pu m'empêcher de penser au côté creepy de la situation. Le mec lit les mails privés (même s'ils n'auraient pas du l'être) de ses collègues. Perso, ça m'a mis assez mal à l'aise comme situation. Alors, il est possible que le fait que je sois informaticienne entre en compte. Lire des infos qui ne nous concerne pas nous arrive mais on évite le plus possible. Mieux, on ne va pas continuer à le faire pour notre bon plaisir. C'est la vie privée des gens, quoi. Alors, oui, ça fait un bon début de romance pour certain mais moi, je vois surtout ça comme un truc plutôt ignoble. On ne se sert pas de ce genre de contenu pour draguer ou je ne sais quoi. Un peu d'éthique que diable. Sans parler de toutes ces personnes qui vont faire de ça quelque chose d'encore plus creepy (on parle de certains employés qui récupèrent les numéros privées pour envoyer des SMS graveleux dans la vraie vie par exemple ? Ou de ceux qui vont stalker absolument toute la vie des autres allant jusqu'au harcèlement ? Oui, oui, ça existe et ça ne fait pas de bonne histoire d'amour la majorité du temps). Perso, je n'ai pas trouvé ça mignon ou je ne sais quoi. Ca m'a vraiment dérangé. 

Au final, je n'ai pas forcément apprécié. Il y a des choses sympathiques dans le roman mais sa base est trop perturbante pour l'oublier (et je ne parle pas de la fin, qui nous annonce gentiment que c'est pas grave hein, puisqu'ils finissent ensemble). Je suis d'ailleurs étonnée par ce parti pris. Ma lecture de Carry On, que j'avais plutôt apprécié, me faisait dire que Rowell était une autrice plutôt safe sur certains point. Or, là, ce n'est pas tellement le cas. Effet premier roman ? Peut-être bien. Elle serait tombée dans le piège. J'ai envie de me dire ça (parce que j'ai envie de lire un jour Eleanor & Park, Fangirl et la suite de Carry On quand elle sera en français). 

mercredi 23 octobre 2019

Sur les ruines du passé, Eden, tome 3, Blandine P. Martin

J'ai fini hier soir la trilogie Eden de Blandine P. Martin. J'ai profité d'un léger problème au travail (inondation et coupure courant et réseau, quand tu bosses dans l'informatique, c'est pas le top) pour ça. Et puis, la pluie, le gros plaid et un livre, c'est quand même ce qui se fait de mieux en cette période (parce que du coup, ça y est, le sud est enfin en automne).

Sur les ruines du passé, Eden, tome 3, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2018
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

L’heure du retour sur Terre a-t-elle sonné ?
Le GUN est tombé. Les habitants de Gemma organisent l’élection d’un gouvernement démocratique. Mais avant de se tourner vers l’avenir, il faut tirer un trait sur le passé et, pour cela, revenir sur Terre, où le GUN a abandonné tant de gens avant le grand départ.
Drago y est envoyé pour organiser le sauvetage des réfugiés. Mais l’atterrissage se passe mal et sur Gemma on est bientôt sans nouvelles de lui et de son équipe. Aussitôt, un nouveau convoi s’organise, et cette fois Eden est de la partie. Bien décidée à secourir l’amour de sa vie, la jeune femme devra encore faire ses preuves, sur un monde en ruines dont certains survivants ont perdu jusqu’à leur humanité.
La mission de sauvetage sur cette terre dévastée risque bien de tourner au traquenard…

Mon avis

Le tome deux s'arrêtait alors que le nouveau gouvernement de Gemma découvrait que la Terre était encore habitée malgré les guerres qui la ravageait des années plus tôt. Nous commençons par un chapitre pour le moins angoissant, alors que l'un des vaisseaux de Gemma tente, tant bien que mal (surtout mal en fait) de se poser sur la planète mère. Après ce chapitre, nous revenons six mois plus tôt pour suivre la préparation de tout cela mais pas que.

La première partie du roman fait la part belle à la dystopie. Il faut dire qu'il a beaucoup à faire sur Gemma avec l'instauration de la nouvelle république. Emeric tente d'être un bon président mais surtout de mettre en place la paix que lui et les anciens rebelles souhaitent par dessus tout pour la planète. Pour cela, il faut déjà rattraper les anciens du GUN qui ont réussi à s'échapper, mettre en place les lois de la nouvelle république et j'en passe. Dans tout ça, Eden a un peu de mal à trouver sa place. En tant qu'ex Alpha, Rudy et elle partent chasser les anciens du GUN. Elle doit aussi faire face au départ de Drago pour la Terre à bord du Grand Phénix. C'est une partie plutôt sympa à lire et qui m'a bien fait penser au premier tome. Si la romance est bien là, elle se fait tout de même assez discrète pour se concentrer un peu plus au changement qui se déroule sur la planète. La donne change un peu lorsqu'on arrive à nouveau à la partie atterrissage du Grand Phénix.  Eden, Rudy et Henri embarque sur le second vaisseau disponible pour retrouver les naufragés sur Terre. Là-bas, la situation est bien pire que ce qu'ils ne le pensaient. La mission sauvetage va se transformer en contre la montre pour sauver le plus de personnes possibles. La Terre connue des habitants de Gemma n'est plus mais il reste tout de même un peu d'espoir. 

Même si la partie dystopie refait son grand retour, on oublie pas la romance entre Eden et Drago. Je l'ai tout de même trouvé bien moins présente que dans le tome 2, les deux tourtereaux arrêtant de se tourner autour. Et c'est tant mieux pour moi. J'apprécie voir comment leur relation évolue, surtout qu'elle ne tombe pas dans la mièvrerie sans nom. Faut dire qu'Eden est toujours assez instable. Son évolution, la manière dont elle apprend petit à petit à faire confiance aux autres est plutôt bien rendu. C'est un personnage que j'aurais finalement pas mal apprécié depuis le début, que se soit lorsqu'elle était la machine à tuer du GUN ou maintenant qu'elle a complètement embrassé la cause de Drago et Emeric. Elle a avoir évolué d'ailleurs. Forcément, Drago aussi et je dois dire que j'apprécie beaucoup en savoir enfin un peu plus sur lui. Il reste le ténébreux norvégien du premier tome mais gagne enfin en profondeur grâce à Eden. Malheureusement, ils sont peut-être les seuls à avoir ce genre de traitement. Bien que présents tout le long de ce troisième tome, Rudy et Henri semblent passer en arrière plan. Il en va de même pour Emeric ou Samuel qui restent sur Gemma. C'est un défaut que j'avais déjà relevé dans le tome deux. Il se confirme. Après, je sais que quand j'apprécie des personnages, j'aime bien les voir un peu plus, et comme c'est le cas de Samuel par exemple, ça m'ennuie un peu.

Par contre, j'ai grandement apprécié le retour sur Terre et ce qu'il s'y passe. L'histoire de ce troisième tome se tient quand même beaucoup plus que celle du second pour moi. Je pense que le fait que la romance étant établie pour de bon, ça aide un peu à revenir à ce qu'il se passe autour. Revenir à un récit moins romance et plus dystopique est agréable. Et finalement, je crois que ça fait partie de la force de cette trilogie, réussir à ne pas oublier que ce n'est pas juste une histoire d'amour entre deux personnages et que le discours derrière n'est pas oublié. L'idéal d'Emeric et des rebelles n'est pas juste là pour faire joli.

Au final, j'ai pas mal apprécié ce dernier tome et la série au complet. Le mélange dystopie/romance fonctionne bien, la seconde ne prenant pas trop le pas sur le premier, ce qui personnellement me va parfaitement. C'est donc une découverte fort sympathique de mon côté.


lundi 30 septembre 2019

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Bon, étant donc malade ce weekend, j'ai lu. D'où deux livres chroniqués le même jour (c'est couillon, mais à part quand je rentre de vacances, j'aime pas faire ça). En même temps, ce second tome d'Eden, tout comme le premier, se lit tellement facilement qu'on ne voit pas le temps passé avec lui. 

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

Pour Eden, c’est l’exil… Après sa trahison lors de l’attaque du GUN, Eden est bannie : de la bonne société de Gemma, mais aussi de la communauté de rebelles qu’elle avait infiltrée. Elle est obligée de fuir dans la partie à l’extrême nord de la planète, plongée dans l’ombre et la neige, sur laquelle règnent des animaux aussi étranges que dangereux… Heureusement, Eden n’est pas seule dans cette épreuve, mais accompagnée de son entraîneur Henri, et de Rudy, ancienne Alpha elle aussi. Sur ces terres inhospitalières ils n’ont pas que les bêtes sauvages à craindre – car tapis dans la neige les guettent les fameux Fantômes, pourchassés par le GUN jusqu’aux confins du monde connu. Comment ces rebelles d’une autre trempe vont-ils traiter trois de leurs anciens ennemis ? Eden reverra-t-elle un jour Drago, le chef rebelle qu’elle a trahi ? Saura-t-il alors lui pardonner ? L’ex-alpha parviendra-telle à accepter les sentiments interdits qu’il a éveillés en elle ?

Mon avis

Le fait que la série est changé d'éditeur (passant de Bragelonne à Milady) et de collection (Emma étant à Milady ce que Snark est à Bragelonne) donne une idée de l'évolution de la série. Je ne sais d'ailleurs pas vraiment quand le changement a eu lieu précisément (surement à la création d'Emma en fait) mais il est vrai que Eden semble avoir plus sa place dans ce catalogue-là. Nous quittons la SF dystopique du premier tome pour de la SF dystopique avec beaucoup de romance dans le second. Personnellement, ça ne me gêne pas, vu que je l'ai vu arrivé gros comme une maison. Mais un peu de romance n'a jamais fait de mal à personne, pas même à moi. Bref, passons au roman.

Eden a trahi. Elle part en exil vers les terres du nord, espérant réussir à échapper et au GUN et aux rebelles. Elle y est traînée par Henri, son entraîneur et rejointe par Rudy, elle aussi hors la loi. Complètement déboussolée par ce qu'elle a fait et découvert, Eden sombre petit à petit dans la dépression. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant lorsque les rebelles cachés dans la partie inhabitée de Gemma vont leur mettre la main dessus. Voilà la jeune obligée de cohabiter avec celui qu'elle a trahi et de refaire ses preuves face à au nouveau groupe de rebelle.

Bon, commençons par les choses qui fâchent, au moins, ça sera fait. Je ne sais plus où j'ai lu un truc qui disaient qu'on se fiche des moyens, pourvu que la romance fonctionne. On peut caler une guerre, des complots, n'importe quoi, les lecteurs n'auront cure de la véracité des choses tant que la romance fonctionne. Ben, c'est un peu ce qu'il se passe ici. Rien ne m'a semblé cohérent avec le statut d'Eden, Henri et Rudy suite au premier tome. Je rappelle quand même qu'ils ont trahi et le GUN et les rebelles. A quel moment les dits rebelles pensent réellement leur faire confiance pour une nouvelle attaque ? Parce que oui, après un petit interrogatoire avec sérum de vérité (solution de facilité donc), les trois deviennent membres importants de la résistance. Heureusement, Drago est peut-être bien le seul à ne pas leur faire confiance. Et encore, c'est surtout parce que son ego a été bien endommagé par Eden. J'aurais tellement préféré des moments un peu plus compliqué à ce niveau-là. Mais bon, c'est le jeu, et finalement, le contexte n'est qu'un contexte pour faire avancer l'histoire entre Eden et Drago.

Parce que oui, l’élément central est bien là. On va se concentrer sur Eden et Drago. Et je dois avouer que je me suis bien laissée prendre au jeu. Si on manque de cohérence dans l'histoire, leur petite histoire fonctionne pas mal. Déjà parce que Eden est quand même bien malmené. Sa dépression n'est pas totalement feinte, ses questions de plus en plus nombreuses et son envie de s'en sortir plutôt présente. Mais elle doute beaucoup, sur tout. Dont sur ce qu'elle peut ressentir pour le Norvégien, ce qui donne des passages assez sympathique. Quant à lui, on se rend compte qu'il n'est pas mieux. Il tente de la détestait sans y arriver et en plus de ça, on lui refile une mission pas super géniale. J'ai adoré les voir se tourner autour en sachant très bien comment ça allait finir. Et effectivement, vu que la romance fonctionne, on se fiche un peu de l'invraisemblance de l'histoire (n'empêche que c'est trop facile).

Enfin les personnages secondaires ne sont pas totalement en reste. Pas totalement parce qu'on oublie un peu la présence de Rudy ou Samuel par exemple (moi qui apprécie beaucoup Samuel), ce que je trouve dommage. Par contre, on découvre un petit nouveau, Emeric, chef des Fantômes du Nord. Un personnage assez imbu de lui-même mais plutôt sympa à suivre. Et puis, il y a Henry qu'on apprend enfin à connaitre et dont la relation avec Eden aurait mérité d'être un peu plus approfondi (peut-être dans le tome 3). Par contre, côté "méchant", on va quand même avouer que Fénicia est transparente, tout comme Lady Bonnaire, ce qui est assez dommage. 

Au final, j'ai bien aimé découvrir la suite de cette trilogie. Ce second tome est plutôt sympa à lire et surtout sans grosse prise de tête (parfait quand on est malade quoi). Il est juste un peu dommage qu'on passe d'une romance pas trop marquée à une vraie romance éclipsant tout le reste. Mais c'est le jeu, et franchement, il fallait s'y attendre avec le tome 1. A voir maintenant si le tome 3 sera un mix des deux ou va tourner réellement à la romance.

mercredi 7 août 2019

Les Jours Meilleurs, Cecelia Ahern

J'avais envie d'un petit roman feel good pour les vacances. C'est le genre de roman qui passe bien à la plage ou alors un jour de pluie. D'ailleurs, je l'ai lu hier, alors qu'il pleuvait toute la journée.

Les Jours Meilleurs, Cecelia Ahern

Editeur : Milady
Collection : littérature
Année de parution : 2017
Titre en Vo : One hundred names
Année de parution en VO : 2012
Format : AZW

A lire si ;
- Vous aimez les romans feel-good
- Vous voulez une héroïne un peu à la ramasse

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les bons sentiments.

Présentation de l'éditeur :

À force de traquer le scoop et de dévoiler la vie privée des gens dans les colonnes de la presse à scandale, Kitty est dans l'impasse. Sa carrière de journaliste piétine, et ses frasques lui valent une réputation désastreuse. Tout s'effondre quand elle apprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Elle se rend à son chevet et lui demande quelle histoire elle a toujours rêvé d'écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d'une liste de cent noms, sans aucune explication. Bien décidée à percer le mystère, Kitty tente de comprendre ce qui relie entre eux ces inconnus. En allant à leur rencontre, elle va découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance et peut-être même trouver un sens à la sienne.

Mon avis

J'ai pris ce livre lors de l'opération Coquillages et Crustacés de l'équipe Bragelonne sans trop savoir à quoi m'attendre avec lui. D'ailleurs, durant cette opération, j'ai pris pas mal de bouquin de chez Milady, que je lis moins que Bragelonne (parce que j'ai toujours ce méchant apriori sur les romances, on ne va pas se mentir)(alors que généralement, j'aime bien lire ça, ce qui est assez paradoxal, on va bien le dire). Bref, je me doutais que ce serait un peu à l'eau de rose mais comme en ce moment, je lis pas mal de fantasy, je me suis dit que ça changerait pas mal. Et j'ai eu bien raison. 

Kitty s'est mise dans la merde en accusant un professeur de viol à la télévision. Elle pensait avoir le reportage de sa vie, elle s'est juste faite avoir par des femmes en mal de reconnaissance, comme elle. Mais pour elle, les conséquences sont désastreuses. Elle est virée de sa chaine, voit son boulot de journaliste au magazine Etcetera réduit à peau de chagrin et pour bien enfoncer le clou, Constance, son amie et mentor (et accessoirement patronne d'Etcetera) est en phase terminale. Lorsque celle-ci meurt, Kitty est totalement au désespoir. Pourtnat, Constance lui laisse un dernier projet, son grand article, celui qu'elle aurait toujours voulu écrire. Afin de lui rendre hommage, Kitty veut le reprendre. Mais Constance n'a laissé qu'une liste de cent noms pour tout indice. Commence alors pour la jeune journaliste l'aventure qui va la remettre dans le "droit" chemin du journalisme, mais aussi, lui faire comprendre que la vie n'est pas si pourrie que ça.

J'ai aimé beaucoup de chose dans le roman. Déjà, j'ai adoré Kitty. Kitty, c'est la femme qui a fait une erreur, qui le sait mais qui ne l'admet pas encore. C'est la femme qui s'est vu mangé par le prestige et le travail et qui en a oublié la passion du début. C'est la femme qui ne voit plus que par elle et qui oublie qu'elle n'est pas seule au monde. Et pourtant, petit à petit, elle va se réveiller, grâce au projet de Constance. Elle va se retrouver, retrouver ce qui faisait d'elle une bonne journaliste. Cela ne se fait pas simplement, elle va traverser pas mal d'épreuve avant d'ouvrir les yeux, mais elle va y arriver grâce à six personnes et les gens qui gravitent autours de ces six là. 

Les six, se sont des personnes se trouvant dans la liste de Constance. Ce sont surtout les seules qu'elle a réussi à joindre avant le délai impartie. On retrouve une vieille dame en maison de retraite, une personal shopper, une jeune coiffeuse en hôpital, un homme au chômage, un autre qui a fait de la prison et une passionnée de papillon. Chacun d'eux à une vie ordinaire ou presque. Parce que chacun d'eux à une histoire à raconter, un truc parfois banal, parfois pas, mais qui n'en fait pas des héros au sens où on l'entend en général. Et pourtant, petit à petit, on va découvrir ce qui les lie entre eux (si vous êtes un peu plus malin et moins aveugle que Kitty, vous le découvrirez rapidement) et ce qui fait qu'ils sont si particuliers dans leur normalité. Ils sont tous touchant et on s'attache autant à eux qu'à Kitty.

Le ton du roman est très léger, avec de l'humour quand il faut et beaucoup d'amour qui en dégouline. Bon, pas que de l'amour quand même, la porte de Kitty étant régulièrement recouverte de peinture, de papier toilette voir de merde et de fumier par les amis de l'homme qu'elle a accusé de viol. C'est d'ailleurs cette histoire, et la rédemption de la jeune femme qui sert de fils rouge pour elle. Elle se jette à coeur perdu dans l'article sur les 100 noms pour oublier tout ça. Kitty ne gère pas vraiment bien d'ailleurs tout ce qui lui arrive. Elle tombe dans le panneau plus d'une fois, se fait avoir comme une débutante, autant en amour qu'au travail. Elle n'a rien d'une héroïne, elle non plus. Elle s'accorde en ce sens parfaitement avec ceux qu'elle rencontre. 

J'ai pris vraiment plaisir à lire ce roman, parce que je n'en attendais pas grand chose et que j'ai été agréablement surprise. C'est frais, léger et en même temps, ça rappelle pendant un moment que ce n'est pas parce que nos vies nous semblent plates et insipides que c'est forcément le cas. Et puis, j'ai plutôt apprécié la plume de Cecelia Ahern, qui est à l'image de son roman, légère, pas prise de tête et agréable à lire. Ce n'est pas un coup de coeur pour moi mais on en est pas trop loin, je dois dire. Après, c'est peut-être un peu trop sentimental pour moi pour que j'adhère totalement (petit spoil, mais le fait que tout le monde ou presque trouve chaussure à son pied à la fin, c'est peut-être un peu trop je trouve). Ce qui est sur, c'est que j'ai passé un bon moment en compagnie de Kitty, Steve, Mary-Rose, Birdy, Eva et les autres.

lundi 29 avril 2019

L'Héritier, Haut-Royaume, tome 2, Pierre Pevel

Cela doit faire deux ans et demi que j'ai lu le premier tome de Haut-Royaume... Oui, je sais, ça fait longtemps quand même. Disons que je n'ai pas eu le temps jusque là. J'aimerai vraiment que mes journées durent plus longtemps pour pouvoir lire plus de livres. Enfin... Je me suis enfin lancée dans la suite de cette trilogie de Pevel et j'ai plutôt apprécié. Heureusement que le troisième tome est déjà dans mon kindle. Je le lirais plus rapidement.

/!\ spoilers possibles

L'Héritier, Haut-Royaume, tome 2, Pierre Pevel

Editeur : Milady
Collection : Fantasy
Année de parution : 2016
Format ; AZW

A lire si
- Vous voulez de la fantasy médiévale
- Vous voulez un héros pour le moins torturé

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de très original

Présentation de l'éditeur : 

Après les derniers événements qui ont déchiré le Haut-Royaume, le prince Alan a pris le commandement de la garde d Onyx, garante de l'autorité du souverain. Mais la reine, aussi ambitieuse qu impitoyable, est bien décidée à gouverner à la place de son époux mourant. Menacé par la guerre civile et les luttes de pouvoir, le royaume se trouve plus divisé que jamais. Les desseins du Dragon du Destin sont obscurs, mais ils finissent toujours par s'accomplir.

Mon avis

Bon, je vous l'avoue, je n'ai pas voulu relire le premier tome avant de me lancer dans ce second. Sans être une erreur, j'aurais peut-être du. Je me suis sentie un peu perdue au début, ne me souvenant plus d'un évènement important de la fin du tome 1. Du coup, il m'a fallu un petit moment pour rentrer une nouvelle dans l'histoire. Bon, ça n'a pas duré longtemps, mais tout de même. 

Alors que les événements de la fin du premier tome sont encore bien en tête pour tout le monde, le prince Aldéran a pris le commandement de la célèbre garde d'Onyx. Mais il n'y a pas que lui qui voit sa vie "légèrement" bouleversé. La reine Celyane profite de la faiblesse de son époux, le Haut-Roi, pour continuer à comploter pour ce qu'elle pense être le bien du pays. Pour cela, elle fait en sorte que le Haut-Royaume entre en guerre contre la ville d'Arcante. Ainsi, elle va pouvoir mettre en avant Alan afin qu'il surpasse son frère Yder dans le coeur de la population. Pendant ce temps, Alissia de Laurens se voit fiancer à un vieux noble pour le bien de sa famille. Mais alors que tout le monde pense que le Premier Chevalier est bel et bien mort, le voilà qui réapparait et qui va mettre le bazar dans tout ça.

Bon, on remarque que je suis toujours super doué pour les résumés. Mais il faut dire qu'il se passe beaucoup de chose dans ce tome et que ça se passe presque en même temps. Pierre Pevel a le chic pour entremêler les intrigues et il fait ça parfaitement dans cet Héritier. Autant dire que je suis plus que ravie. J'adore ça (je crois l'avoir déjà dit il n'y a pas longtemps non ?). Mais, il faut bien avouer qu'il y a tant de chose et de personnages qu'on aurait tendance à se sentir un peu perdu (et pas seulement parce que je ne me souvenais pas totalement de tout ce qu'il s'était passé avant), surtout qu'il faut bien faire attention aux dates des chapitres (me suis faite avoir sur un truc). On ajoute aux intrigues et complots, un siège, quelques duels et batailles bien senties. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié les chapitres concernant le siège d'Arcante, mêlant plan de bataille, action et complot. 

Mais un livre de Pevel n'est pas juste un livre d'action et de complot. Non, ce sont surtout des personnages haut en couleur et souvent fort peu manichéen. Mention spéciale, forcément, à Lorn, Premier Chevalier corrompu par l'Obscure. Notre Chevalier se trouve pris entre ce qu'il devient et sa destinée. S'il semble toujours droit dans ses bottes la plupart du temps, sa partie d'Obscure prend un peu trop souvent le dessus sur lui pour le transformer en une sorte de monstre (d'ailleurs, certaines scènes sont des plus dérangeantes et peut-être un peu trop gratuites). J'apprécie les personnages dans ce genre, ces héros qui n'en sont pas finalement tant que ça. Et il n'est pas le seul à avoir sa part d'ombre. Alan n'est pas en reste et on se demande souvent à quel jeu il joue, ou du moins s'il connait celui de sa mère. Si j'apprécie beaucoup Alan pour son aspect insouciant et solaire, je dois avouer que l'Alan plus calculateur me plait aussi. A voir ce qu'il va se passer pour lui.

Finalement, mon vrai problème avec ce tome, c'est que c'est un tome de transition. Alors, non, ce n'est pas vraiment un problème en soi. Disons que malgré tout ce qu'il se passe dedans, on sent qu'il n'est là que pour amener ce qu'il va se passer dans le troisième et dernier tome. Il se passe beaucoup de chose mais surtout, on se trouve avec énormément de question suite à la fin du tome. Connaissant Pevel pour avoir quelqu'unes de ses trilogies, je me doute qu'on va avoir un très bon final. N'empêche que j'aurais voulu avoir déjà quelques réponses. 

Il n'empêche que j'ai aimé ce second tome et que, forcément, j'en redemande. J'aime toujours autant la manière dont Pierre Pevel écrit ses histoires, comment il amène le lecteur avec lui dans ses univers et surtout voir comment il nous garde dedans jusqu'à la fin. Et autant dire que là, je veux vraiment savoir ce qu'il va se passer.

mardi 19 février 2019

Avance Rapide, Mickael Marshall

Durant les opérations de Bragelonne, il m'arrive très souvent de prendre des titres que je ne prendrais pas autrement. Disons que vu les petits prix, ça ne me pose pas de problème de me lancer à l'aventure. Pour le moment, j'ai plutôt de la chance, je tombe souvent sur de très bons livres. Et cet Avance Rapide en fait partie.

Avance Rapide, Mickael Marshall

Editeur : Milady
Collection : /
Année de parution :
Titre en VO : Only Forward
Année de parution en VO : 1994
format : AZW

A lire si :
- Vous voulez un roman aux frontières plutôt indéfinissable mais qui ressemble à de la SF
- Vous aimez les détectives des films années 40

A ne pas lire si :
- Vous voulez un roman linéaire
- Vous aimez tout comprendre de suite.

Présentation de l'éditeur :

Stark est le héros dont le futur a besoin - ce n'est pas peu dire. Il est intelligent, maître de lui à l'excès, il aime les chats, et possède un goût inné pour choisir ses chemises et ses pantalons. Bref, il est l'homme du dernier recours quand on est confrontée à des problèmes que nul autre ne peut résoudre. Car Stark n'est pas un privé comme les autres : il a un don qu'il utilise dans les cas d'urgence. Mais un don tellement incroyable qu'il ne vaut mieux pas en parler. On le prendrait pour un fou. Même vous... Si, si. C'est pourquoi, lorsque le Quartier du Centre - sorte de ville autonome gérée par des milliers d'énarques - lui demande de retrouver un haut fonctionnaire qui a disparu, il ne s'agit finalement pour lui que d'une enquête banale. une de plus. Mais voilà, l'affaire est plus compliquée qu'il n'y paraît et la solution du problème tend dangereusement vers le passé de Stark. Un passé qu'il avait oublié, mais qui en revanche se souvient bien de lui. Dans un univers à venir complètement déjanté où les objets parlent, où Rêve et Réalité règlent leurs comptes à grands coups de poings (ou au lance-roquettes, quand il y en a un qui traîne), Stark est le seul qui peut faire la différence, car le temps presse et il n'y a pas de retour en arrière possible. Avance rapide.

Mon avis

Avance Rapide fait partie de ces romans qu'on ne sait absolument pas où classer dans sa bibliothèque (si on classe par genre)(ce qui n'est pas tout à fait mon cas)(et puis de toute façon, c'est du numérique, le problème se pose pas). Du coup, c'est le genre de roman qu'on peut de suite adoré comme de suite détesté, et son narrateur n'est pas indifférent à cette sensation non plus. Mais commençons par le commencement.

Avance Rapide nous raconte donc l'histoire de Stark, sorte de détective privé dans un Londre devenu tellement grand qu'il couvre plus de 70% du pays. Tellement grand qu'il a été découpé en Quartier, sorte de villes dans la ville. Chacun d'entre eux à sa particularité qui va lui donner son nom. Lorsque les pontes du Centre lui demande de retrouver l'un d'entre eux, Stark pense que ça va se résoudre comme la plupart de ses enquêtes, de manière classique. Sauf que non, et notre détective va devoir se plonger dans des histoires qu'il aurait préféré oublié depuis longtemps.

Le roman commence comme un polar classique avec pour seule particularité son côté science-fiction. On découvre rapidement Stark (après tout, c'est le narrateur) et son caractère assez bourru, je dirais. L'homme fait de suite penser à l'archétype du privé des années 40-50. Avec Stark, c'est aussi un environnement à la hauteur de son propriétaire qu'on découvre, bordélique et pour le moins étrange. SI vous n'accrochez pas aux premières pages d'Avance Rapide, laissez tomber le roman. Vraiment. Parce que vous n'accrocherez pas aux restes. Le roman semble aussi décousu et bordélique que son narrateur.

En parlant donc de Stark, c'est le genre de personnage que j'apprécie assez. Cabotin, parfois peu sûr de lui, parfois trop, beau parleur quand il veut, on ne s'ennuie pas vraiment avec lui. Il est plein de nuances et de secrets. J'apprécie aussi que l'auteur le fasse parler directement aux lecteurs de temps à autre, ça le rend un peu plus vivant. Par contre, il prend quand même bien tout le devant de la scène. A tel point qu'il éclipse les autres personnages. Du coup, pour les secondaires, on a du mal à les cerner réellement, vu qu'on ne sait que ce que Stark veut bien nous en dire. Et les quelques indices qu'il nous laisse ne nous permette pas toujours de nous faire une véritable idée sur eux. C'est un peu dommage.

Mais en même temps, si le roman nous donne l'impression de commencer par une simple enquête et qu'on aimerait se pencher sur les protagonistes de celle-ci, on va vite se rendre compte que la dite enquête est juste un prétexte et que Stark est bien plus qu'un simple détective. Je ne veux pas en dire trop pour ne spoiler, mais disons que tout tourne réellement autour de lui. Or, c'est vachement bien amené par Mickaël Marshall, à tel point qu'on oublie rapidement les autres pour se centrer sur notre héros. C'est avec lui qu'on va découvrir ce qu'il se passe et les tenants et aboutissement de l'histoire. Au fur et à mesure que se déroule les trois parties du roman, le lecteur va petit à petit comprendre ce qu'il se passe. Ou pas du tout. La fin a été une véritable surprise pour moi (et surement pour vous aussi) sur le coup (moins après avoir réfléchi à tous ce que j'ai lu durant le roman).

On ajoute à tout ça un style fluide et une narration à la première personne maîtrisée avec des passages du quatrième mur parfaitement intégré, un univers vaste qui donne envie d'être encore plus exploré et une histoire qui ne finit pas de sortir le lecteur de son petit confort, et on arrive à Avance Rapide. Le roman est assez indéfinissable mais franchement bon.