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mercredi 29 juin 2016

La Langue du Silence, Au delà de l'Oraison, tome 1, Samantha Bailly

J'ai lu l'année dernière les Stagiaires de l'autrice. Un livre de littérature blanche bien loin de la fantasy. Mais Samantha Bailly a plus d'un tour dans son sac et elle s'est attaquée à pas mal de genre jusque là. La Langue du Silence est son premier roman, c'est de la fantasy et autant le dire de suite, c'est plutôt sympa à lire.

La Langue du Silence, Au delà de l'Oraison, tome 1, Samantha Bailly

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2013
format : epub

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy plutôt classique
- Vous voulez une histoire de famille
- Vous voulez quelques complots

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les voyages initiatiques
- Vous voulez des personnages principaux tous masculins

Présentation de l'éditeur : 


Mylianne Manérian est une jeune fille sans histoire. Alors pourquoi est-elle retrouvée morte dans une ruelle lugubre? De l’avis général, c’est l’œuvre des clans, ces rebelles qui menacent la paix du royaume.
Les deux sœurs de la défunte, Aileen et Noony ne se satisfont pourtant pas de cette explication.
Aileen, envahie par la haine, est prête à tout pour venger sa cadette au risque de se trouver mêlée à des intrigues qui la dépassent.
Noony, quant à elle, se révolte en apprenant que leur royaume projette d’envahir Rouge-Terre, un continent voisin, quitte à faire des milliers de victimes.
Au milieu de l’indifférence générale – la mort est une généreuse source de revenu – les deux sœurs vont tenter de stopper les conflits et de révéler au grand jour les manipulations de leurs dirigeants.


Mon avis

Les tous premiers romans, c'est toujours quelque chose de particulier. L'auteur essaie de trouver sa voix, il a toujours plein plein d'idée et parfois il se perd. On trouve dans les premiers romans des choses qu'on déteste parfois, des approximations... Surtout lorsqu'on a pu lire un roman plus récent avant. Et puis, parfois, on trouve des choses vraiment sympas, une vision d'un style différente, des mélanges de genre... La langue du Silence, pour moi, c'est un peu de tout ça.

L'univers d'Au delà de l'Oraison est un univers fantasy qui se révèlent riche. Samantha Bailly utilise les points communs à tout univers fantasy (royaume en guerre, héros qui se découvrent, parcours initiatique) tout en inventant son propre monde. Ici, la particularité, c'est bien sûr la religion, que se soit l'astrascisme d'Heldérion, basé sur les étoiles et les cérémonies d'oraison, pays d'origine des deux héroïnes ou les Signes, religion fondée sur la nature, des Terre-Rouges. Je le dis directement, lorsque la religion se mélange si étroitement au gouvernement, l'Astrascan étant à la fois le chef spirituel mais aussi le chef du gouvernement, je suis forcément ravie, ça annonce souvent du lourd, de la guerre de religion, du bon gros complot. Bref, tout ce que j'aime. Et effectivement, pour un premier roman, l'autrice avait vu complexe. Une complexité qui souffre justement de "l'inexpérience" de l'autrice à ce moment-là. Parfois, c'est brouillon, ça part en tout sens et ça se perd. Et en même temps, ça fonctionne pourtant, Bailly réussissant à rattraper les erreurs du tout début. Ainsi, si j'aurais préféré que certains intermèdes, donnant trop d'indication n'existent pas (ou plus tard), d'autres sont vraiment utiles pour comprendre ce qu'il se passe réellement. Il n'empêche que cela lui permet aussi d'aborder des thèmes intéressants comme la mort et le deuil, mais aussi la religion, le fanatisme, les expérimentations, le mercantilisme de la religion et de la guerre, leur absurdité lorsque tout cela est poussé au plus haut point ou le choc des cultures, et que c'est plutôt bien foutu.

Il en va de même pour les personnages. Les deux héroïnes, Aileen et Noony sont quelques peu stéréotypées au départ. On trouve de gentilles jeunes filles, bien élevées, qui écoutent bien les adultes... Et puis, la mort de leur petite sœur et la déclaration subite de guerre va les transformer toutes les deux. Si elles gagnent en profondeur, chacune de leur côté, elles restent des héroïnes de fantasy classique. Mais une fois encore, ce défaut est rapidement oublié par leur histoire respective et la manière dont elles avancent. J'aime la manière dont les deux histoires semblent différentes (quête de vengeance pour Aileen, tenter d'arrêter la guerre pour Noony) et qui ne se croisent pas vont finalement se rejoindre. J'aime aussi la manière dont les filles évoluent, car rien ne reste bien manichéen avec elles. Bien sûr, j'ai une petite préférence pour l'une d'elle mais pour tout dire, les deux sont passionnantes. Les personnages qui les entourent sont eux-aussi passionnant. Alexian, le jeune homme de Terre-Rouge, espion de son état, qui va accompagner Noony me rappelle en un certain sens Fitz (l'assassin royal) plus particulièrement à cause de son lien avec son lynx. Un lynx qui n'a pas la langue dans sa poche comme Oeil de Nuit. Alors, oui parfois, cette ressemblance m'a ennuyée, mais au final, les deux sont bien caractérisé et j'avoue adoré Alexian. Il y a aussi Laï-Mune, sorte de shamane dont le passé est particulièrement intéressant et qui complète parfaitement le duo. Côté Aileen, on trouve Orius, le chef-veilleur enquêtant sur le meurtre de Mylianne, qui ne lâche rien malgré les dangers et qui parfois est pour moi un peu trop droit dans ses bottes. Il y a aussi Murmure, le fantôme jaloux de tout homme s'approchant d'elle ou encore Heptiel, ancien amoureux de Noony, fils naturel de l'Astrascan qui je suppose va nous réserver bien des surprises. Mais si ces personnages sont plutôt bien foutus, les secondaires sont bien trop secondaires à mon gout. 

Enfin, au niveau du style, Samantha Bailly fait quelques erreurs, quelques répétitions, mais là non plus rien de grave. Je trouve d'ailleurs qu'elle avait déjà bien trouvé sa voix d'autrice. Tout se lit particulièrement bien, même les petits entêtes des chapitres offrant une autre vues de certains point abordé (sauf que je retrouve encore une fois la patte Hobb puisque c'est chez elle que j'avais vu ça en premier). 

Au final, La Langue du Silence est un roman fantasy intéressant qui se lit bien et qui donne envie de connaitre la suite. J'ai apprécié découvrir cet univers-là et j'ai hâte de pouvoir lire la suite. Et si je ne savais pas que Samantha Bailly était une autrice plus que prometteuse et bien confirmée à présent, je l'aurais dit.  


lundi 30 mars 2015

Les Stagiaires, Samantha Bailly

Ce livre doit être l'un des succès de l'année dernière. Il faut dire qu'à lui seul, il parle facilement à plusieurs générations, celles qui ont connu les stages, celles qui sont en train d'en faire et celles qui en feront. 

Les Stagiaires, Samantha Bailly

Editeur : Milady
Collection : 
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous avez eu/faites/allez faire un stage en entreprise
- Vous voulez de la diversité dans les personnages

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez qu'un narrateur
- Vous voulez beaucoup de culture geek

Présentation de l'éditeur :

Ophélie, Arthur, Hugues et Alix viennent tous d’horizons différents. Leur seul point commun : ils rêvent de travailler chez Pyxis, entreprise spécialisée dans l’édition de mangas et de jeux vidéo, pilier dans le secteur de l’industrie créative. Une réalité s’impose rapidement : beaucoup de candidats, peu d’élus. Désormais, le stage est devenu une étape obligatoire pour ces jeunes qui sont à la croisée des chemins dans leurs vies professionnelles et affectives. Provinciale tout juste débarquée, Ophélie a laissé derrière elle petit ami et logement, et doit faire face aux difficultés de la vie parisienne. Étudiant en école de commerce, Arthur est tiraillé entre les grands projets qu’on a pour lui et son envie de mettre la finance entre parenthèses. À leurs côtés, Alix, passionnée de mangas, ne jure que par ses sagas favorites, et Hugues, graphiste, teste ses limites dans les soirées électro... Dans une atmosphère conviviale, travail et vie privée s’entremêlent. Pourtant, une question demeure en fond sonore : qui restera ?
Quand la "génération Y" entre en collision avec le monde du travail : un récit marquant dans lequel beaucoup de jeunes adultes se reconnaîtront.

Mon avis

Bienvenue à Pyxis, l'entreprise numéro un en ce qui concerne l'édition de mangas mais aussi de jeux vidéo on line. Ici, tout est beau, tout est neuf. On y vient en jean's, on y joue à la PS3 à la pause... Bref, l'entreprise rêvée pour la plupart des jeunes à la recherche d'un stage. C'est là qu'Ophélie et Arthur vont postuler et être pris pour un stage d'une durée de six mois. Six mois où ils vont découvrir la vie en entreprise avec ses moments de joie et ceux de doutes. Six mois où ils vont se lier avec les autres stagiaires. Six mois où d'une façon ou d'une autre, ils vont grandir, murir.

Samantha Bailly va se focaliser sur deux jeunes stagiaires que tout oppose afin de pouvoir traiter le sujet de la manière la plus complète possible. Ainsi Ophélie vient de la "campagne" (oui Rennes, c'est la campagne pour certains parisiens). Jeune femme plutôt douce et presque naïve devant les parisiens pure souche, intègre, droite dans ses bottes et plutôt mignonne. Elle représente celle qui monte à Paris. Face à elle, nous avons Arthur. Arthur est parisien et fils à maman. Riche, faisant une grande école, il est l'archétype de la jeunesse dorée parisienne comme on peut l'imaginer. Une vraie tête à claque quoi... Autour d'eux, nous trouverons aussi Alix, geekette à l'état pur, Hugues, éternel insatisfait, Vincent, jeune RH grève la faim niveau femme, Enissa, pimbêche qui parle trop mais qui cache quelque chose. Tout ce petit monde est donc en stage chez Pyxis et va permettre de se faire une petite idée de la génération Y.

Le seul problème de ces six jeunes gens, c'est, du moins pour moi, qu'ils sont un peu trop stéréotypés. Mais tous, que se soit nos stagiaires, même si on s'attache vite à eux (exemple Alix, geekette qui ne semble n'être que cela, Hugues ne semble n'être qu'insatisfaction sans qu'on sache trop pourquoi...), les managers de ceux-ci (celle qui s'en fiche, celui qui ne voit que par l'ancien stagiaire, la grande copine...) ou même les copains de nos stagiaires. Bien sur, ce ne sont pas que des stéréotypes, et on trouve en Ophélie et Arthur, quelques bonnes surprises qui les sortent de leur rôles.

L'histoire peut, elle, paraitre mince. Avouons, six mois de stage ça peut vite lasser. Mais Samantha Bailly ne raconte pas que cela, et on trouve quelques réflexions intéressantes sur cette première entrée dans la vie professionnelle. Elle y mêle aussi déboires (recherche d'appartement, du contrat graal) mais aussi histoires d'amitié. Finalement, elle dépeint plutôt pas mal cette fameuse génération Y, même si elle s'enferme parfois dans des personnages trop peu complexes.

Au final, j'ai aimé ces Stagiaires, malgré les défauts que j'ai pu y trouver. Je me suis attachée au personnes, parce que même si stéréotypés, j'ai fini par y retrouver des amis dedans, et moi-même d'ailleurs dans une synthèse de trois d'entre eux. De plus, oui, je me suis revue durant mes deux stages, du moins, dans certaines situations. Du coup, je comprends l'engouement pour le livre, qui se rapproche de ce que les stagiaires ont pu vivre.