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jeudi 15 décembre 2022

Station Eleven, Emily St John Mandel

 Voilà longtemps que je voulais mettre la main sur ce roman. J'avais, du coup, assez peur qu'il finisse par ne pas être à la hauteur de ce que j'attendais de lui. On va voir si c'est le cas (spoiler, c'était bien).

Station Eleven, Emily St John Mandel


Editeur : Rivage
Collection : Poche
Année de parution : 2018
Titre en VO : Station Eleven
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 473

A lire si :
- Vous voulez un roman pré et post "apocalypse"

A ne pas lire si :
- Les pandémies vous font peur.

Présentation de l'éditeur : 

Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord.
Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…

Mon avis

Un soir, durant la représentation du Roi Lear, Arthur Leander décède d'une crise cardiaque. Cet évènement marque le début du livre mais aussi son point central. Ce soir là, une pandémie de grippe mortelle commence. La maladie est foudroyante : il ne lui faudra que quelques jours (heures, même) pour conquérir le globe et décimer une bonne partie de la population. Les survivants, pas assez nombreux pour pouvoir faire fonctionner les installations modernes, vont d'abord fuir les grandes villes, marcher pendant des mois, des années, puis se regrouper et créer de petites communautés. Environ vingt ans plus tard, nous suivons Kirsten, membre de la Symphonie Itinérante, et petit role enfant dans la pièce durant laquelle Leander trouva la mort. Elle ne sera pas la seule, puisque nous allons voyager dans le temps, autour de personne ayant connu Arthur, découvrant, petit à petit ce qu'il a pu se passer avant et après la pandémie.

Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps, c'est le genre de livre que j'aime. Celui qui fait la part belle à ses personnages, à leurs pensées, qui sait les mettre en valeur. J'ai aimé beaucoup de chose chez lui, sa chronologie, ses personnages, leur lien souvent tenu en fait, la manière dont l'autrice insuffle toujours de l'espoir dans son texte, une sorte de lumière qui ne les quitte presque jamais même au plus mal.  Station Eleven tient son nom d'un illustré (une bande dessinée) créé par Miranda, la première femme d'Arthur Leander. Ces deux premiers volumes vont être comme un fils rouge dans l'histoire, en plus d'Arthur lui-même. Chacun des personnages que l'on va suivre, Arthur, Miranda, Elisabeth (la deuxième épouse d'Arthur), son fils, Clark (meilleur ami d'Arthur), Kirsten, ou encore Jeevan (ex paparrazzi, ex journaliste people, futur secouriste), tous ont eu connaissance de l'illustré, tous ont connu Arthur. Au fur et à mesure de l'histoire, ils vont tous plus ou moins interagir ensemble, avant ou après la mort d'Arthur. Et j'ai vraiment aimé pouvoir les suivre sur autant d'années. J'ai adoré pouvoir découvrir comment ils en sont arrivés là où ils en étaient au moment où on les découvre. Cela permet de se plonger vraiment dans leur psyché. Ainsi, quand on rencontre le prophète, et que l'on découvre son passé, on comprend peut-être un peu mieux pourquoi il est ce qu'il est à l'an 20. De même pour Kirsten ou pour Clark. 

Autre chose que j'ai aimé, ce sont tous les tropes apocalyptique que l'on retrouve, qui sont largement identifiables et qui sont utilisés pour faire avancer l'histoire. Non parce qu'on retrouve tout de même le fameux prophète qui pense que c'est grâce à Dieu qu'il est toujours vivant. Où plutôt des prophètes, comme nous le fait remarquer un personnage. On retrouve aussi les communautés repliées sur elles-même, qui ne communique pas avec les autres, et j'en passe. Ca nous donne un cadre bien connu, peu original qui permet de faire la part belle aux personnages. Comme quoi, on en revient toujours à eux, d'une manière ou d'une autre. Et c'est ça que j'adore dans ce roman. Mais vraiment. On est sur du classique sans l'être. Le sentiment de familiarité est présent, nous met en confiance pour mieux nous perdre par la suite. Et même si on finit par deviner ce qu'il va se passer, que se soit avant ou après la pandémie, on prend un réel plaisir à suivre les personnages.

Au final, j'ai donc clairement beaucoup aimé Station Eleven. Je trouve le roman lumineux en fait, et ça malgré son côté post et pré apocalypse. Par contre, j'avoue que je ne lis plus les romans avec ce genre de pandémie de la même manière depuis l'arrivée du covid. On a beau dire, mais ça aura quand même changer bien des choses, celle-là de pandémie. En tout cas, je recommande beaucoup beaucoup le roman.

lundi 5 décembre 2022

Cytonique, Skyward, tome 3, Brandon Sanderson

 Oui, je suis faible. Mais j'aime tellement et Sanderson et Skyward que j'ai pas hésité une seconde à me prendre le troisième tome et à le lire au détriment des livres empruntés à la médiathèque.

Cytonique, Skyward, tome 3, Brandon Sanderson

Editeur : Le libre de poche
Collection : 
Année de parution : 2022
Titre en VO : Skyward, book 3: Cytonic
Année de parution en VO : 2021
Nombre de pages : 600

A lire si : 
- Vous avez aimé les deux premiers tomes
- Vous voulez vivre de grandes aventures

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les longueurs.

Présentation de l'éditeur : 

La Supériorité, l'alliance extraterrestre dominant la galaxie et décidée à réduire l'humanité en esclavage, a déclenché la guerre totale tant redoutée. Son hégémonie, elle la doit à une arme ancienne, héritée d'une civilisation antédéluvienne, capable de détruire en un instant des systèmes solaires entiers...
Spensa, l'une des plus brillante pilote de chasse des Forces de Défence Rebelle, dôtée de pouvoirs qu'elle ne maîtrise encore qu'à peine, est la seule à pouvoir arrêter la Supériorité. Elle sait tout de leurs plans, après avoir réussi à s'infiltrer sur Astrevise, mais il faut désormais agir.
Lors d'un face à face avec l'une des armes secrètes, Spensa est saisie d'un terrifiant sentiment de familiarité. Mais elle le sait : le courage c'est faire face à ses peur. Et sa peur est immense...

Mon avis

Je ne suis jamais totalement objective quand il s'agit de Sanderson. J'aime énormément ce qu'il fait, et cela depuis des années. Alors, forcément, je me jette sur toute nouveauté. Lorsque j'ai découvert le premier tome de Skyward, j'ai adoré Spensa dès le départ, et pourtant, c'était pas tout à fait gagner à cause du fait qu'elle soit régulièrement une tête à claque. Skyward réussit souvent à me faire rêver et ce tome n'y déroge pas. Pourtant, il a des défauts qui ne sont pas totalement négligeable. 

On retrouve Spensa  alors qu'elle fuit la Supériorité. Et pour ça, notre demoiselle ne trouve rien de mieux que d'utiliser ses pouvoirs et de se rendre dans le nulle part, accompagnée du drone de M-Bot mais pas de Monstrolimace, qu'elle renvoie chez elle. Elle s'attend à presque tout sauf à ce qu'elle découvre. Le nulle part est un véritable univers, fait de fragment de planètes gravitant autour d'une espèce de soleil, l'incandescence. C'est là qu'elle doit se rendre pour retourner chez elle après avoir compris ce que sont les fouilleurs. Or, rien n'est simple dans l'univers de Spensa. Le nulle part vole les souvenirs de ceux qui s'y trouvent et autant dire qu'il y a du monde. Notre jeune héroïne va devoir faire face à des pirates, devenir championne d'arène et affronter la Supériorité tout en essayant de garder son intégrité et en évitant de se retrouver trop prés des fouilleurs.

Pour tout vous dire, je ne m'attendais pas vraiment à ce que j'ai pu lire dans ce troisième tome. En vérité, je ne sais pas pourquoi, je m'étais mise en tête que c'était le dernier (c'est pas le cas, donc). Je suis ravie que ce ne soit pas le cas, mais j'avoue que je me trouve avec un tome qui n'avait pas besoin d'être aussi long pour faire évoluer l'histoire et Spensa. Parce qu'avouons, même si j'adore les histoires de pirates et Spensa, j'ai trouvé le tome un peu longuet et parfois un peu répétitif. En fait, j'ai eu l'impression que Sanderson avait envie de voir ce qu'un jeu vidéo aurait donné en roman. Or, si j'aime énormément les jeux à quêtes, j'avoue que ça rend peut-être un peu moins bien en roman. Car, pour moi, le déroulé du livre pose un vrai problème. C'est bien trop répétitif. Une épreuve, un sanctuaire, des souvenirs, et on recommence (non, je ne lisais pas une fan fiction de Breath of the Wild, je rappelle).  Et malgré tout mon univers pour l'auteur et son oeuvre, j'ai quand même un peu tiqué sur ça. 

Pourtant, je trouve l'idée intéressante sur un point : elle correspond parfaitement à Spensa. On a tout de même une héroine qui a grandit en écoutant sa grand-mère lui racontait des histoires de héros, de pirates et autres. Cette aventure-là est parfaite pour elle et lui va comme un gant. D'ailleurs, l'auteur s'en sert particulièrement bien. Oui, Spensa va se retrouver dans un univers où elle peut être celle qu'elle a rêvé pendant des années. Sauf qu'en devenant cette Spensa-là, elle perd ses souvenirs, ses amis et son propre monde (toujours à la merci de la Supériorité). Elle va beaucoup grandir au fur et à mesure de l'histoire. Mais vraiment, 600 pages pour ça ? Bon d'accord, le Chemin des Ainés va nous permettre de comprendre ce que sont les fouilleurs et les cytoniques, mais tout de même. C'est un peu trop long parfois.

Heureusement, il y a Spensa, toujours égale à elle-même et M-Bot. Je suis toujours aussi fan de cette IA, encore plus dans ce tome où il expérimente enfin les sentiments. Il reste le sidekick amusant et c'est aussi pour que je l'apprécie. Dans les nouveaux venus, je dois dire que j'ai bien aimé Chet aussi, explorateur du nulle part avec un côté Indiana Jones (je me lui suis imaginé comme ça) qui cache bien des choses. J'ai été moins convaincu par les pirates par contre, je dois bien l'avouer. Il leur a manqué quelque chose pour en faire plus que de simples personnages secondaires.

Au final, je ne vais pas vous mentir, malgré les défauts, moi, j'ai adoré le livre. Oui, il a parfois été lent, un peu répétitif mais Spensa est un personnage que j'aime tellement que je serais presque prête à lui pardonner un tome un peu poussif. 



mardi 11 octobre 2022

Les Nocturnes, Tess Corsac

 J'aime bien prendre des livres durant les OP en numérique. Je tombe toujours sur des bouquins qui je n'aurais pas forcément vu et pris en d'autres temps. C'est le cas pour ces Nocturnes qui pour le coup me semblaient assez classique.

Les Nocturnes, Tess Corsac

Editeur : Leha
Collection : 
Année de parution : 2021
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les huis-clos en YA
- Vous voulez plein de rebondissement
- Les questions sur le déterminisme

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages ultra développés

Présentation de l'éditeur : 

25 Rouges. 125 Verts. 250 amnésiques. Et combien de Nocturnes ?
Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su... Aurions-nous quand même été jusqu'au bout ?
Un nom, un bloc, une couleur d'uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent-cinquante pensionnaires de la Croix d'If, entrés dans l'institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir.
Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d'élèves... Qui sont ces " Nocturnes " qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l'institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d'If et échapper à l'administration. Y parviendront-ils en apprenant qu'ils sont prisonniers pour des motifs différents ?

Mon avis

Quand j'ai vu les Nocturnes lors d'une opé numérique, je me suis dit pourquoi pas. La couverture est sympa, la quatrième pas trop mal. Je me suis dit que ça serait sympa comme lecture dans les jours sans, vu qu'en plus c'est du Young-Adult (alors, attention quand je dis ça, c'est pas péjoratif pour deux sous hein, j'ai beaucoup de jours sans, où j'ai besoin de lecture qui ne m'en demande pas trop, style pas de la grosse fantasy avec un langage ultra travaillé par exemple)(et j'aime beaucoup le YA aussi). Il est resté un moment dans la PAL numérique avant que je ne le sorte et une fois que ça a été fait, il a été compliqué de le lâcher parce qu'il est pas mal addictif.

L'institut de la Croix d'If accueille 250 pensionnaires. Les jeunes gens sont tous amnésiques. Aucun ne se souvient de ce qui les a amené ici, ni même quand ils vont en partir. Coupés du monde par une administration qui ne leur dit rien mais semble tous les observer avec attention, ils vivent séparés en deux groupes, les verts et les rouges. Un matin, Natt sera le dernier à voir Laura. On annoncera plus tard aux pensionnaires son décès sans en dire plus. Cet évènement va tout changer pour Natt. Rapidement, comme il a été le dernier à voir Laura, il va être approcher par un groupe d'élèves qui se fait appeler les Nocturnes. Ils cherchent à comprendre pourquoi ils sont là et comment s'en sortir. Natt va entrer dans l'organisation. Ils vont mettre au point un plan pour récupérer les papiers qu'avait volé Laura. Mais ce simple geste va plonger toute la Croix d'If dans le chaos.

En commençant à lire les Nocturnes, je me suis demandée si je n'allais pas lire quelque chose ressemblant à la Maison des Morts de Sarah Pinborough. L'effet pensionnant et jeunes gens enfermés dedans en fait. A vrai dire, au départ, on est à pas si loin. Il faut attendre que Natt rejoigne les Nocturnes pour mieux comprendre ce qu'il se passe à la Croix d'If et pour voir l'histoire prendre toute son envergure. Jusqu'à la (environ le premier tiers du roman en fait), je n'étais pas tout à fait sûre de ce qui allait se passer. Mais dès qu'on apprend, tout comme les personnages, ce que contiennent les papiers et que les premiers secrets disparaissent, tout devient clair. Enfin, à peu prés. Parce que j'avoue que je me suis demandée jusqu'à environ la moitié du livre si tout ça n'allait pas partir en bataille royale. Pourquoi ? Parce que les deux groupes, les verts et les rouges, correspondent tout simplement à des jeunes ayant soit commis un crime, soit été victimes. Or, la révélation, sans savoir qui est qui va forcément tout chamboulé. Après tout, qui dit que les ex agresseurs ne vont le redevenir ? Ou que les victimes ne vont pas chercher à prendre l'ascendant ? Ou même que les uns et les autres ne vont pas chercher une forme de rédemption d'une manière ou d'une autre. J'ai beaucoup aimé suivre les raisonnement des uns et des autres à ces sujets. L'autrice s'autorise plusieurs pistes, même les pires.

Sur ce point, l'autrice s'en sort vraiment bien. Les réactions des personnages sont particulièrement bien faite, entre ceux qui ne savent plus trop quoi faire et penser, la paranoïa qui va monter petit à petit, alimenté par tout ce que la perte de mémoire engendre. Je trouve le suspens sur ces points vraiment très bien foutue. Mieux encore, ce sont vraiment les réactions aux diverses révélations que j'ai pas mal apprécié. Du moins, la plupart. Car, dans tout ça, je trouve que Natt, lui, est peut-être un peu fade. En réalité, malgré son statut de narrateur, il se laisse un peu porter par le courant. Ses camarades, et plus particulièrement La Chouette, sont finalement bien plus intéressant que lui. C'est là un défaut du roman, pour moi, Natt n'est peut-être pas le personnage le plus intéressant de la Croix d'If. Il manque de répondant. Heureusement, l'ambiance lourde et paranoïaque permet souvent d'oublier que Natt suit ce qu'on lui dit plus qu'il ne décide lui-même. 

Au final, j'ai vraiment apprécié ma lecture. Je suis ravie d'être tombée sur le roman. J'aime beaucoup la manière dont l'autrice s'est servie de cette histoire de perde de mémoire, des conséquences que cela peut avoir mais surtout de ce qu'il peut se passer si rien n'est réellement encadré et que l'homme joue avec le feu. D'ailleurs, je dois dire qu'elle gère parfaitement la fin de son roman, laissant planer un doute sur la meilleure solution. Bref, une très bonne lecture pour moi.
 

lundi 9 mai 2022

Le club des Punks contre l'Apocalypse Zombie, Karim Berrouka

 Ce roman trainait depuis trop longtemps dans ma PAL numérique. Je cherchais la bonne occasion pour le sortir. Ce fut l'entre deux tours des présidentielles (après, oui, je suis longue pour lire les numériques, mais c'est parce que je m'accorde moins de temps dans la journée que pour le papier le soir).

Le club des Punks contre l'Apocalypse Zombie, Karim Berrouka

Editeur : Actusf
Collection : les trois souhaits
Année de parution : 2016
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez du déjanté
- Vous aimez les punks
- Vous aimes les zombies

A ne pas lire si :
- Vous êtes du MEDEF

Présentation de l'éditeur :

Paris n’est plus que ruines.
Et le prix de la cervelle fraîche s’envole.
Heureusement, il reste des punks.
Et des bières.
Et des acides.
Et un groupe électrogène pour jouer du Discharge.
Le Club des punks va pouvoir survivre à l’Apocalypse.
Enfin, si en plus des zombies, les gros cons n’étaient pas aussi de sortie...
Il est grand temps que l’anarchie remette de l’ordre dans le chaos !

Mon avis

Je connais le nom du roman depuis sa sortie en 2016. Pour tout dire, depuis cette fameuse sortie, il me fait de l'oeil. J'aurais attendu pas mal de temps avant de poser les yeux dessus. Heureusement, une connaissance sur instagram l'a lu il y a quelques temps et m'a donné envie de le sortir. Enfin, bref, le roman a finalement connu la même trajectoire que la plupart de ceux de ma bien trop longue PAL numérique. Mais passons à l'avis.

Imaginez donc, les zombies ont fini par devenir réalité. Ils ont tout envahis, tout manger ou presque. C'est ce que découvre le Collectif du 25 un matin (oui enfin, un matin pour des punks) après une soirée un peu arrosée. Rapidement, ils vont se rendre compte de deux choses : la première, ils sont pour ainsi dire seuls, la seconde c'est que les zombies réagissent étrangement à la musique punk. Forcément, les deux vont leur donner des idées. Parce qu'à être potentiellement les derniers survivants dans Paris, autant le faire bien. C'est donc ainsi que nos amis keupons vont partir à l'assaut de la Tour Eiffel pour y faire flotter le drapeau de l'anarchie. Or, cette simple action va être le début de toute une aventure dans le Paris apocalyptique de Berrouka.

Je connais un tout petit peu le travail de Berrouka grâce au recueil de nouvelles Lancelot. Bon, je l'ai lu il y a pas mal de temps maintenant mais je me souvenais d'un récit plutôt amusant à lire. Clairement, ici, c'est le cas. Je me suis marrée presque tout le long du récit. Il faut dire que l'auteur trouve toujours le bon mots, la situation qui va bien. Le fait qu'il utilise ce que l'on considère comme des stéréotypes du mouvement punks aident aussi. Il exagère le trait, rend ses personnages attachants dans leur défaut. D'ailleurs, s'il le fait si bien, c'est qu'il connait le genre, étant lui-même parolier et chanteur de Ludwig von 88, un groupe français punk. Un groupe qui fonctionne sur l'humour surtout, tout en y allant pas trop mal en revendication (franchement, si vous connaissez pas, allez les écouter, c'est ultra festif et fort sympathique)(d'ailleurs, j'écoute leur tout dernier album, sortie en 2019 en écrivant cet avis)(je connaissais pas vraiment avant de lire le roman, je dois dire que j'aime bien). Mais revenons à nos Keupons en plein apocalypse. 

Premier point, outre l'humour bien présent qui fait un bien fou, j'ai adoré les personnages. On trouve dans le Collectif du 25 un arnarcho-punk du nom de Kropotkine, un freegan, Mange-Poubelle (je suis allé chercher la page wikipédia parce que je ne connaissais pas le mot)(par contre, je connais le principe), une anti-tout, Eva, des punks à chiens, Glandouille & Pustule (qui ne font qu'un finalement) et des punks destroy, Fonsdé et Deuspi. Chacun à sa spécialité (si on peut dire ça comme ça) et surtout chacun va vivre son apocalypse à sa manière. Surtout, ils vont se battre avec leurs armes contre ce qu'il déteste le plus, le capitalisme et ses enfants, ici, en l'occurrence, les pontes du MEDEF.

C'est donc ainsi que l'auteur nous entraine dans la quête du Collectif, à savoir, faire de l'idéologie punk le ciment d'une possible future société. Ca commence par la scène que l'on voit en couverture du roman, la prise de la Tour Eiffel. Ca continue avec un passage à France Télévision pour utiliser des mêmes armes que l'ennemi (un passage pour le moins amusant, je dois bien le dire malgré quelques évènements pas super pour les keupons) ou encore la prise du château de Vincennes où se sont retranchés les membres du MEDEF... A chaque fois, Berrouka en profite pour placer deux trois critiques du monde actuel (on est punk ou on ne l'est pas) et des références à la culture punk et plus particulièrement à la musique qui prend une place importante dans l'histoire (gros kiff sur les paroles d'une reprise de chanson plutôt baba cool en punk).

Au final, je me suis donc régalé lors de ma lecture. C'était des plus jouissifs, surtout vu la période actuelle. Alors oui, parfois, l'humour est un peu gros, un peu lourd aussi. Oui, le délire est parfois très mais alors très haut. Mais purée, comme ça fait du bien. J'ai rarement autant ris sur un texte que sur celui-ci. Franchement, il vaut largement le coup d'oeil. 


vendredi 6 mai 2022

Illuminae, série complète, Amie Kaufman & Jay Kristoff

 J'ai lu la série complètement en un gros weekend. Du coup, je me suis dit que ça sera quand même bête de faire trois avis différent surtout que, si j'y réfléchis bien, je serais quand même pas mal répétitive. Alors, c'est parti pour un avis global !

Illuminae, série complète, Amie Kaufman & Jay Kristoff

Editeur : Casterman
Collection :
Année de parution ; entre 2016 et 2018
Titre en VO : The Illuminae Files
année de parution en VO : entre 2015 et 2018
Nombre de pages : 607 pour le 1, 670 pour le 2 et 631 pour le 3

A lire si : 
- Vous voulez de la SF young-adult
- Vous voulez d'un format qui sort un peu de l'ordinaire

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur 

(je ne mets que celle du premier tome par contre)
Ce matin de 2575, lorsque Kady quitte Ezra, elle croit avoir vécu le pire moment de sa vie. L’après-midi, sa planète est attaquée par une entreprise interstellaire sans foi ni loi — BeiTech. Obligée de fuir, Kady embarque sur le vaisseau Hypatia, Ezra sur l’Alexander. Très vite, Kady soupçonne les autorités de leur cacher la vérité. Avec l’aide d’Ezra, elle pirate le réseau informatique de leur flotte, accédant ainsi à des données confidentielles qui mettent en cause leur propre état-major. Alors qu’ils sont toujours traqués par BeiTech, l’Intelligence Artificielle censée les protéger se met à agir d’une façon étrange...

Mon avis

Le mois dernier, j'ai eu une sorte de panne de lecture. J'ai enchainé des livres plutôt gros et pas toujours aussi passionnant que je l'aurais voulu (coucou Braises de Guerre). A chaque fois que je regardais ma PAL, je ne voyais rien qui pourrait me sortir de là. J'ai beaucoup trop de pavés à lire en fait. C'est donc pour ça que je suis allée à la médiathèque et que j'ai pris... un autre pavé : le premier tome d'Illuminae. Oui, on ne se refait pas. Mais c'est du Young Adult et ça se lit vite. Peut-être un peu trop. Une journée, c'était plié. J'ai râlé et comme j'étais en vacances, j'ai pu aller le lendemain me prendre le deux et le trois, que j'ai donc lu dans la foulée. Je peux vous dire que ça faisait longtemps que j'avais pas enchainé trois romans sur trois jours. Bref, je pense que vous l'avez compris, j'ai beaucoup aimé.

Il faut dire qu'Illuminae a un truc pour lui qui  ne pouvait que me plaire : son format. Si ça s'appelle Illuminae Files en VO, c'est pas pour rien. On commence le livre par une sorte d'interview des deux protagonistes principaux. C'est ainsi que l'on apprend que le jour à Kady a plaqué Ezra, leur colonie a été attaqué et détruite. Plusieurs mois plus tard, une mystérieuse société, Illuminae, a compilé plusieurs documents, des interviews, des retranscription de caméra, des conversations numérique etc... afin de mettre toute la lumière sur cette histoire. C'est cela que nous allons lire. J'ai adoré l'idée, surtout que jusqu'à maintenant, je ne crois pas être déjà tombé sur ce genre de compilation sur trois volumes entier. J'avoue qu'en ouvrant le second tome, je me suis demandée si j'allais toujours autant apprécié cette manière de présenter les évènements. La réponse est oui. Je ne me suis pas ennuyée une seule seconde et j'ai même pris plaisir à découvrir de nouvelles pages, comme le journal d'Hanna dans le second tome (mais ma préférence reste aux pages des attaques spatiales vu par AIDAN)(J'aime tellement AIDAN en fait).

Ensuite, il y a eu les personnages. Enfin, pas tous. Hanna, par exemple, l'héroïne du second tome, m'a beaucoup moins plus que Kady ou Asha (celle du troisième). Elle est trop parfaite pour moi, je crois. Pas un mauvais personnage d'ailleurs, juste qu'elle est trop forte, trop intelligente, trop tout. Les six personnages principaux (un couple par livre) ne sont pas des superhéros, ce sont des ados qui n'ont rien demandé à la base et qui font tout pour survivre. Ils utilisent chacun leurs compétences et leur expérience de la vie (bon, ça reste des ados, elle est pas non plus super développée). Surtout, je les ai tous trouvé très touchant dans leurs manières de faire. Et puis, il y a AIDAN. AIDAN, c'est l'intelligence artificielle de l'Alexander, l'un des deux vaisseaux à fuir la colonie. Dans le tome un, il est aussi l'antagoniste. J'ai toujours un petit faible pour les IA dans les romans de SF qui en ont. Il y a quelque chose de génial avec ces personnages. Ici, AIDAN commence à ressentir des sentiments, il devient petit à petit humain et j'adore son évolution. C'est un perso totalement ambigu et franchement bien foutu. 

Et puis, il y a l'histoire. Attention, je vais spoiler, si vous ne voulez pas savoir, merci de passer cette section là.  Le premier tome nous entraine à la suite de Kady et Ezra, l'une sur l'Hypatia, l'autre sur l'Alexander. Les deux vaisseaux fuient en direction d'Heimdall, la station de saut qui permettra de sauver les rescapées de l'attaque de la colonie. Ils ont à leur suite un vaisseau ennemi et à leur bord, une IA qui pète légèrement un câble. Forcément, le voyage n'est pas de tout repos. Surtout quand, dans le tome deux, on suit Hanna, fille du capitaine de l'Heimdall et Nik, neveu d'un chef de la mafia, alors que la station de saut est attaquée afin d'empêcher que le monde sache ce qu'il s'est passé dans le un (une intrigue intéressante sur les trous noirs et les univers possibles y est d'ailleurs mise en place). Enfin, suite à la disparition d'Heimdall, les survivants du tome un et ceux du second repartent vers Kerenza, espérant y trouver un vaisseau permettant les sauts. On suit alors en parallèle ce qu'il se passe côté Kady, Ezra, Hanna et Nik mais aussi la vie sur une Kerenza envahie avec Asha et Rhys (avec donc une partie résistance plutôt sympathique) fin du spoiler.

Au final, donc, j'ai adoré. Mais vraiment. Je crois que j'ai pas eu de coup de cœur pour ce genre de trilogie depuis Hunger Games. D'ailleurs, je n'avais pas lu aussi vite une trilogie Young Adult depuis Hunger Games (que j'ai très envie de relire d'ailleurs). C'était original dans la forme, avec une histoire vraiment prenante et des personnages supers. Bref, à lire, vraiment.

jeudi 28 avril 2022

Le temps Fut, Ian McDonald

 Dès que je vois un livre de la collection une heure lumière à la médiathèque, je me jette dessus. C'est donc ainsi que le Temps Fut a débarqué dans ma PAL alors même que je n'ai pas lu la quatrième de couverture. De toute façon, pour le moment, aucun livre de la collection ne m'a déplu. Je vois pas pourquoi ça arriverait.

Le temps Fut, Ian McDonald

Editeur : Le Bélial
Collection : Une heure Lumière
Année de parution : 2020
Titre en VO : Time Was
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les enquêtes (mais pas forcément policière)
- Vous aimez les voyages dans le temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose qui ne soit pas prévisible

Présentation de l'éditeur : 

Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre… En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre. Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques. Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Mon avis : 

Vous le savez, j'aime la collection une heure lumière. J'aime les novellas, les formats courts mais pas trop non plus. J'aime aussi beaucoup les couvertures d'Aurélien Police. Bref, je regarde rarement les quatrième de couverture de cette collection, préférant avoir la surprise de ce que je lis. Cette fois, me voilà embarquer à la suite D'Emmett Leigh, bouquiniste, qui vient de dénicher un recueil de poèmes plutôt mauvais  mais où se cache une lettre manuscrite. Il va chercher qui sont les deux correspondants. Ce dont il ne se doute pas, c'est qu'il va bien retrouver leur trace mais à des dates qui ne semblent pas du tout correspondre à l'âge que devrait avoir Tom et Ben, les deux amants de la lettre... 

Vous voulez quel est le défaut de cette novella ? Son format. C'est couillon quand même. Mais pour moi, elle aurait peut-être mérité un peu plus de pages, et quelques explications moins abrupte, plus particulièrement du côté de Tom et Ben. Parce que, tout comme Emmett, je me suis un peu attaché à ce couple, que l'on découvre lors de rare chapitre narré par Tom. Or, de part le format, l'auteur va vite sur certain point que moi, lectrice, j'aurais voulu voir un peu plus développés. Mais c'est le jeu. Parce qu'à côté de ça, j'ai plutôt apprécié.

J'ai aimé suivre Emmett, suivre son enquête pour découvrir qui étaient Tom et Ben, puis juste qui ils sont et pourquoi on les retrouve dans divers conflits à des âges qui ne correspondent pas du tout. J'ai apprécie que cette quête se mêle aussi à sa vie privée, que l'on découvre un peu plus l'homme et pas juste le bouquiniste. En 150 pages, c'était pas donné. L'auteur a su faire ça avec brio, ne nous laissant pas juste avec une étrange enquête. Par contre, il a moins su le faire du côté de Tom, comme je le disais dans le paragraphe précédent, mais je pense que c'était aussi voulu, garder un certain mystère pour ne pas tout dévoiler. Or, il en devoile tout de même pas mal et j'ai su la fin après avoir lu une dizaine de pages. Ça, il me semble que finalement, c'est aussi fait exprès, en un sens. Ça ajoute un peu de piment à la nouvelle, puisqu'on se demande comment Emmett va comprendre, et quand aussi. Il est juste un peu plus long à la détente que son lecteur. 

J'ai apprécié le style, aussi. Bon, j'avoue que parfois, ça m'a semblé un peu déséquilibré. Je ne sais pas comment vous dire ça mieux. On a des passages parfois très lent, un peu long et puis, d'un coup, pouf, tout se dévoile ou presque. J'ai lu les dernières pages dans coup là où parfois, je me suis un peu ennuyée au début (mais ennuyée n'est pas tout à fait le bon mot). A côté de ça, il y a un côté parfois poétique plutôt bien vu, surtout quand on passe de l'histoire d'amour entre Tom et Ben aux horreurs de la Guerre qu'ils sont obligés de vivre plusieurs fois.

Enfin, il y a donc la fin, que j'ai vu venir mais que j'ai apprécié lire. J'avais envie de voir comme l'auteur s'en sortait avec ses voyages dans le temps, un thème que j'apprécie assez. Comment il allait faire pour gérer les paradoxes et les lignes de temps. C'est toujours interessant à découvrir et ici, je ne suis pas déçue (même si, une fois encore, j'aurais voulu en apprendre un peu plus).

Pour finir, j'ai donc apprécié ma lecture. Le livre n'est pas parfait, il aurait mérité quelques approfondissement pour moi mais franchement, c'était vraiment sympa à lire. Encore une fois, la collection ne m'a pas déçue. Je pense même que je vais me pencher un peu plus sur l'auteur que je ne connaissais pas du tout jusqu'à présent.

Braises de Guerre, Gareth L. Powell

 On reste dans le space opéra avec ce Braises de Guerre. Bon, par contre, on oublie tout le côté SF feel good et positive de Becky Chambers...

Braises de Guerre, Gareth L. Powell

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2021
Titre en VO : Embers of War
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 480

A lire si :
- Vous aimez les romans choraux
- Vous voulez des IA bien devellopées

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les romans choraux trop rapide
- Vous voulez de vrais difficultés

Présentation de l'éditeur :

Après la guerre, la bataille pour la paix commence…
Le Chien à Problèmes est un croiseur lourd, construit pour semer la violence. Doué de conscience, c’est aussi une adolescente dégoûtée par le rôle qu’elle a joué dans le génocide d’une planète entière.Le Chien, reconverti dans le sauvetage des naufragés spatiaux, et sa capitaine, Sal Konstanz, reçoivent l’ordre de venir en aide aux éventuels survivants d’un paquebot en perdition au cœur d’un système contesté. De l’épave émerge une poétesse dissimulée sous une fausse identité pour échapper à l’horreur de la guerre, Ona Sudak. À quelques années-lumière de là, Ashton Childe, un agent des services secrets mis au placard, fait équipe avec un membre d’une faction adverse pour partir à la recherche de la rescapée.Tous risquent de se retrouver, bien malgré eux, au cœur d’un conflit qui menace d’embraser à nouveau toute la galaxie.

Mon avis

Ce roman avait tout pour me plaire. On se retrouve quelques années après une terrible guerre éclair qui a ravagé une planète complète en quelques minutes. Nous découvrons alors le Chien à Problèmes, ancien vaisseau de guerre devenu vaisseau de sauvetage pour le compte de la Maison de la Récupération. Sa capitaine faisait partie de l'autre camps, chose qui n'a de toute façon plus la moindre importance. Puis, nous passons à Ona Sudak, poétesse de son état sur un navire de croisière qui se fait attaquer. Enfin, nous découvrons Ashton Childe, un espion mis au placard qui cherche à tout prix à dégager de là où il se trouve et qui ne tarde pas à être exaucé. Tout semblait bien se préparer pour avoir un récit des plus sympathiques, une bataille pour la paix, comme l'annonce la quatrième de couverture. Une sorte de Gagner la guerre mais version Space Opéra peut-être. Bref, j'aurais dû me régaler à lire ça.

Vous l'aurez compris, ce n'est pas le cas. 

Braises de guerre a, pour moi, un gros défaut, celui d'être choral. L'auteur a voulu avoir plusieurs point de vue, ça peut se comprendre. Son oeuvre se veut ambitieuse. Elle l'est d'ailleurs. Mais je n'ai pas accroché à sa manière de faire. Le fait que les personnages s'expriment tous à la première personne déjà ne m'a que peu plu. Le problème étant qu'à part le Chien à Problème et son mécanicien, les autres personnages ont une voix interchangeable. S'il n'y avait pas les noms écrits en début de chapitres, j'aurais pu confondre Ona Sudak et Childe ou encore Konstanz. C'est un point qui m'a dérangé dès le départ. L'autre point, c'est clairement la longueur des chapitres. Ils sont bien trop courts. Certains ne font que deux pages et, hop, on passe à un autre personnage. Ça a eu pour effet, de mon côté, d'avoir du mal à les comprendre, à les apprécier même. J'ai eu l'impression de survoler la chose la plupart du temps.

Or, cette impression n'est pas du qu'à ça. Et c'est là que ça blesse vraiment. Ça va trop vite, comme les chapitres. Pourtant, le roman fait quand même presque 500 pages. Mais l'auteur explique peu les choses, passe du temps sur des trucs parfois insignifiants et sait peut-être trop où lui veut en venir. Du coup, ça bloque de mon côté. J'ai trouvé des facilités qui ne m'ont pas forcément plu (Childe est bloqué pour trois semaines ? on va régler ça avec un exo squelette, le Chien n'a plus d'arme, pas grave, quand il va en avoir besoin, il va lui-même les fabriquer, d'ailleurs, une IA aussi puissante et quasi vivante au sens humain du terme, c'est un peu gros aussi). Le truc, c'est que ça donne une impression de toute puissance à nos personnages et que j'ai eu du mal à voir les problèmes pour eux. 

Pourtant, à côté de ça, il y a du bon tout de même dans ce Braises de guerre. Il y a ce côté "la guerre est peut-être fini, il nous reste encore une bataille à gagner pour que tout le monde soit en paix" que j'aime beaucoup de base. J'ai apprécié les personnages du Chien, tellement humaine quand elle le veut et si froidement mécanique quand il le faut, celui de sa capitaine, Sally Konstanz qui se retrouve là alors qu'elle sait que c'est sa dernière chance pour pas mal de chose et qui fait tout ce qu'elle peut pour y arriver. Même Preston, jeune médecin souffrant de pas mal de trouble, m'a touché (plus que celui d'Alva Clay, sorte de grosse brute du vaisseau parce qu'il en faut bien une). 

Alors que cela fait déjà une petite semaine que j'ai fini le roman, je me demande tout de même si ce n'est pas moi qui est manqué le rendez-vous. Je souffre depuis quelques temps d'une sorte de panne de lecture où tout ce qui me tombe sous les yeux ne me dit rien du tout. Est-ce que j'apprécierai mieux ce roman lors d'une relecture ? C'est tout à fait possible. Mais pour le moment, je reste dubitative devant ma lecture. Je n'ai pas tout à fait apprécier et elle me laisse un petit coup amer, je dirais. Voilà bien longtemps que je ne me suis pas retrouvée comme ça face à un livre fini. 

L'espace d'un an, Les Voyageurs, tome 1, Becky Chambers

 Juste après avoir fini Apprendre, si par bonheur, je me suis lancée dans l'autre livre de Chambers qui trainait dans ma PAL numérique. J'espérais avoir le même coup de foudre, ou presque, que pour la novella. On va voir si ce fut le cas.
PS : encore une fois, je suis à la bourre dans mes avis (cette dixième année de blog ici est une catastrophe à ce niveau, je trouve)(j'ai trois avis en retard quand même). Du coup, ce ne sera pas parfait parfait...

L'espace d'un an, Les Voyageurs, tome 1,  Becky Chambers

Editeur : l'Atalante
Collection : la dentelle du cygne
Année de parution : 2016
Titre en VO : The long way to a small angry planet
Année de parution en VO : 2014
Format : AZW

A lire si 
- Vous n'aimez pas les gros conflit armés
- Vous voulez des personnages divers et variés (aussi bien en terme d'espèce que de culture)

A ne pas lire si :
- Vous souhaitez des péripéties violentes.

Présentation de l'éditeur :

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…

Mon avis

Lorsque Rosemary s'engage sur le Voyageur, un tunnelier, elle ne sait pas trop à quoi s'attendre. Elle quitte son petit cocon martien pour la première fois et elle fait ça en cachette et sous une fausse identité (on comprendra pourquoi par la suite). Elle va alors découvrir un tout autre univers, celui des voyages au long cour pour creuser les trous de vers permettant de voyager plus vite dans l'espace. Elle va aussi découvrir l'équipage, multi-espèce et avec eux, toute l'étendue de leur diverse culture. Elle a un an pour cela, le temps de rejoindre leur prochaine destination à côté d'un système où la guerre ne s'est pas tout à fait arrêter.

Becky Chambers m'avait déjà prouvé qu'elle était capable de créer de beaux personnages dans sa novella. Mais elle en était restée aux humains à ce moment, puissant dans la diversité de notre propre espèce pour que l'équipage. Là, elle passe à la vitesse supérieure. Elle va se servir de notre imaginaire, et du sien, pour créer de nouvelle espèce (rien de folichon en soit, on retrouve des reptiles, des aliens ressemblant à des humains, des amphibiens et autres) et les faire cohabiter. Car c'est bel et bien de cette cohabitation dans le tunnelier que l'histoire nous parle. Au fur et à mesure de l'avancée du Voyageur vers sa destination, nous allons découvrir ses membres, leur espèce et leur culture, les uns après les autres, et c'est particulièrement interessant à lire.

Une fois encore, Chambers parle de tolérance, de paix et d'amitié/amour profond. Encore une fois, elle fait ça de manière naturelle. Ses personnages sont parfait tel qu'ils sont et leurs interactions agréable à lire, même lorsqu'on tombe sur les plus grincheux. Les quelques arrêts du Voyageur pour ravitaillement permettent aussi de découvrir d'autres facettes de l'univers et de lancer telle ou telle discussion sur une espèce ou un pan culturel propre à celle-ci. Rien ne semble forcé et c'est agréable à lire. Sur ce point, Chambers a encore une fois fait fort pour moi. 

Surtout, elle a développé un véritable univers passionnant à découvrir que nous ne faisons finalement qu'effleurer avec nos personnages. Ça reste parfois assez simple, ce n'est pas toujours éloigné de ce qu'il se fait déjà en matière de space-opéra mais ça foisonne de détails intéressant à découvrir et qui pourrait, dans certain cas, se rapprocher un peu de ce que l'on voit déjà sur notre bonne vieille planète bleue.

Mais, parce que ça ne pouvait pas être complètement parfait, un point me dérange. S'il est agréable de suivre les membres de l'équipage du Voyageur et de découvrir l'univers qu'ils parcourent, il manque, pour moi, un fils conducteur. J'ai en fait eu l'impression de lire plusieurs nouvelles, regroupées dans le même ouvrage grâce à leurs personnages. Je crois surtout que le côté tranche de vie n'est pas tout à fait fait pour moi. J'aurais apprécié avoir un vrai fils rouge, pas juste l'idée d'une destination lointaine. J'aurais pu me douter que ça se passerait ainsi, surtout après ma lecture d'Apprendre, si par bonheur, qui fonctionne un peu de la même façon (mais qui garde un fils rouge, lui, dû à la manière dont il se présente). J'avoue que ça m'a un peu manqué.

Pourtant, cela ne m'a pas du tout empêché d'apprécie ma lecture. J'ai aimé suivre l'équipage du voyageur et, tout comme pour sa novella, je trouve que ça fait du bien un peu de SF positive comme ça (même si, ici, on se retrouve tout de même avec une guerre pas loin et quelques ennuis). Ce n'est malheureusement pas le coup de coeur que j'aurais voulu mais ça ne m'empêchera probablement pas de lire le second tome dans quelques temps.

vendredi 8 avril 2022

Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers

 Ca fait un moment que ce petit roman/novela traine dans ma PAL. Je cherchais le bon moment pour le sortir et voilà qui est fait. Bon, par contre, j'ai lu le livre il y a une semaine et je n'ai pas eu le temps de venir mettre mon avis ici. Je m'excuse par avancer s'il est un peu laconique.

Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers

Editeur : L'Atalante
Collection : La dentelle du cygne
Année de parution : 2020
Titre en VO : To Be Taught, If Fortunate
Année de parution en VO : 2019
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez un format court
- Vous voulez quelque chose de doux
- Vous aimez suivre des scientifiques

A ne pas lire si :
- Vous voulez des affrontements

Présentation de l'éditeur

Quatre personnes, quatre planètes : un groupe d’astronautes part en mission pour explorer des planètes susceptibles d’abriter la vie.
Hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.
Au fil des ans et des atterrissages, ils découvrent des animaux étranges, de « simples » bactéries, et les dilemmes éthiques de l’explorateur bienveillant mais forcément intrusif.
Observer, c’est influencer. Exister, c’est agir.
Il faut savoir jusqu’où aller trop loin ; pour rencontrer l’Autre, il faut le mettre en danger.

Mon avis

Je ne le dirais jamais assez, je ne lis pas assez de science-fiction et, surtout, pas assez de SF positive. J'ai tendance à me tourner vers les oeuvres plus "négatives" de la SF, celles où l'humanité a pris cher, où la Terre a ou va disparaitre, où l'espoir n'est pas ultra présent de base et où il faut survivre face à l'adversité quoiqu'il se passe. Il est vrai qu'elles sont plus faciles à trouver, les auteurs ont été de grands pessimistes quant à l'avenir de notre planète (et ils n'ont pas eu totalement tord si on en croit les rapports de plus en plus alarmants du GIEC par exemple). Or, parfois, lire quelque chose de foncièrement positif, ça fait un bien fou. C'est le cas d'Apprendre, si par bonheur.

Nous découvrons le journal de bord d'Ariadne, technicienne pour la mission Lawki 6. Elle et ses trois compagnons ont été envoyé pour explorer un groupe de planète susceptibles d'accueillir la vie. Ce n'est pas leur première mission ensemble, ils se connaissent tous très bien et ils comptent bien remplir leur mission avec toute la rigueur scientifique dont ils sont capables et en étant le moins intrusifs possible pour les populations et écosystème qu'ils vont rencontrer.

Je dois avouer qu'au début, je me suis quand même demander comment Becky Chambers allait réussir à ne pas rendre ce journal de bord monotone. C'est vrai, quatre personnages, tout aussi sympathique les uns que les autres et qui vivent en bonne harmonie depuis ce qui semble être plusieurs missions, quatre planètes à explorer qui potentiellement pourraient nous valoir les mêmes gestes de la part de nos explorateurs… Ca aurait pu être ennuyeux. Ca ne l'est pas. Mais alors pas du tout. 

Déjà parce que les personnages sont complexes, comme peut l'être l'humanité. Leurs relations le sont tout autant. Amis, amants, collègues, ils sont tout ça à la fois. Leur petite communauté fonctionne sur un respect mutuel de l'autre, comme une vraie famille. J'ai aimé suivre leur interaction, que se soit lorsqu'ils sont tous en train de cogiter sur ce qu'ils ont découvert ou dans des moments plus intimes comme par exemple lorsqu'ils se réveillent suite au voyage. D'ailleurs, j'aime beaucoup les réveils, où Ariadne explique les modifications auxquelles ils ont droit, pourquoi et à quoi ça peut lui faire penser.  C'est un aspect que j'aime beaucoup, cette sorte de nostalgie bienveillante qu'Ariadne porte à ses expériences d'enfants et à la Terre. 

Ensuite, il y a les explorations. Chaque planètes est différente de la précédente. On y découvre des espèces quasi comme les nôtres ou pas du tout. J'ai aimé lire l'enthousiasme de l'équipage face à leur découverte. J'ai aussi apprécié toutes les considérations éthiques par rapport à leur présence et à ce qu'ils peuvent ou doivent faire aussi bien pour leur sécurité que pour celles des écosystème qui les entoure. Mais surtout, il y a quelques choses de particulièrement positif dans la manière dont les explorations sont menées. L'équipe est toujours enthousiaste, toujours ravie (enfin presque) de pouvoir faire leur métier. Y a un truc de génial à les suivre là-dedans mais vraiment.

Pour finir, ce fut donc un coup de cœur bienvenu. J'ai adoré, vraiment. C'était doux, poétique aussi, très humain. C'est le genre de roman que tu refermes avec un certain espoir, une impression que tout n'est pas perdu. Bref, lisez-le, c'est bien.

lundi 21 mars 2022

Le regard, Ken Liu

 En passant à la médiathèque, j'ai vu qu'il avait un autre Une heure Lumière (du coup, j'ai lu les deux seuls qu'ils avaient apparemment) et donc, je me suis empressée de le prendre (alors que j'ai déjà une PAL monstrueuse en ce moment...)(Du coup, je ne prends que des BD et . L'avantage, c'est que ça se lit toujours vite.

Le regard, Ken Liu

Editeur : Le Bélial'
Collection : Une heure lumière
Année de parution  : 2017
Titre en VO : The Regular
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 93

A lire si :
- Vous aimez les novellas
- Vous voulez un policier efficace

A ne pas lire si : 
- Vous aimez quand les enquêtes durent.

Présentation de l'éditeur : 

DEMAIN…
Dans son registre, celui de l’investigation, Ruth Law est la meilleure. D’abord parce qu’elle est une femme, et que dans ce genre de boulot, on se méfie peu des femmes. Parce qu’elle ne lâche rien, non plus, ne laisse aucune place au hasard. Enfin, parce qu’elle est augmentée. De manière extrême et totalement illégale. Et tant pis pour sa santé, dont elle se moque dans les grandes largeurs — condamnée qu’elle est à se faire manipuler par son Régulateur, ce truc en elle qui gère l’ensemble de ses émotions, filtre ce qu’elle éprouve, lui assure des idées claires en toute circonstance. Et surtout lui évite de trop penser. À son ancienne vie… Celle d’avant le drame…
Et quand la mère d’une jeune femme massacrée, énuclée, la contacte afin de relancer une enquête au point mort, Ruth sent confusément que c’est peut-être là l’occasion de tout remettre à plat. Repartir à zéro. Mais il faudra pour cela payer le prix.
Le prix de la vérité libérée de tout filtre, tout artifice. Tout regard…

Mon avis

J'ai beaucoup aimé L'homme qui mit fin à l'histoire, lu en décembre. Du coup quand j'ai vu ce second Une heure lumière de l'auteur, je n'ai pas beaucoup hésité à le prendre. Cette fois, nous voici avec un texte de de SF mettant en scène une détective privée. On y trouve une petite ambiance année 50 mais dans un futur plus ou moins proche où les humains peuvent être augmentés.

Ruth Law est donc détective privée et elle bosse bien. Il faut dire que grâce à son régulateur, elle travaille avec la tête froide, celui-ci annihilant toute émotions de sa part. Ses améliorations, faite de manière illégales, lui permettant d'être plus forte, de ne rien lâcher et de tout voir de manière froide et logique. Surtout, son régulateur lui permet de ne plus penser à ce qu'il a pu se passer avant. Lorsque la mère d'une jeune prostituée, tuée puis énuclée, vient la voir pour trouver l'assassin de sa fille, elle n'hésite pas beaucoup pour prendre l'affaire. Déjà parce que la fille, une asiatique, a vu son meurtre rapidement classé, ensuite parce que malgré le Régulateur, quelque chose lui dit que c'est peut-être l'occasion de repartir de zéro d'une manière ou d'une autre.

En moins de 100 pages, nous voilà donc happé dans l'histoire de Ruth. C'est l'une des grandes forces de l'auteur, réussir à écrire une histoire courte et prenante. Surtout, ici, on retrouve deux thèmes particuliers. D'abord, celui du "non métissage" des populations chinoises (et asiatiques) aux USA. Parce que la victime est chinoise, son affaire a été rapidement classé en querelle de gang venant de Chinatown. Les policiers ne sont pas allés bien plus loin vu son ethnie et sa profession (elle aurait été afro-américaine que ça aurait sûrement été pareil d'ailleurs). Ruth, elle, est métisse, elle peut vivre dans les deux mondes et a choisi de poser son bureau à Chinatown où elle est tolérée plus qu'autre chose. En lisant la manière dont l'enquête. On ressent bien toute l'impuissance de la mère de la victime face à la police, celle de Ruth, aussi, lorsqu'elle va essayer d'avoir des informations auprès d'eux. L'autre thème, c'est celui de l'humain augmenté. Ruth a plusieurs modification physique (jambes, bras etc...) mais surtout, elle possède un Régulateur. Avec lui, adieu les états d'âmes, les poussées d'adrénaline non voulues et autres. Mais légalement, son utilisation ne doit pas excéder une heure. Or, pour ne pas penser du tout à ce qu'il s'est passé avant, elle pousse son utilisation autant que possible, à savoir durant vingt trois heures. Ainsi, elle est plus proche d'un robot que d'un être humain. Et c'est justement sur cela que s'interroge l'auteur. Comment l'humain peut-il gérer ses émotions et est-ce une si bonne idée que ça ? L'auteur nous laisse trouver nous même notre réponse, même s'il oriente tout de même bien le lecteur (en gros : c'est cool, mais faut pas en abuser quoi).

Le tout est parfaitement écrit, donnant envie aux lecteurs de continuer et de découvrir ce qu'il se passe. En fait, je trouve le récit peut-être un peu trop court. Je ne dis pas qu'il aurait mérité des centaines de pages en plus, mais la fin est un peu abrupte à mon gout. Elle arrive trop vite. De même, il me manque un truc sur le point de vue du tueur. J'ai parfois eu l'impression qu'il n'amenait pas grand chose de plus, sûrement parce que vu la longueur du texte, c'est très condensé alors qu'on retrouve finalement cette idée de clivage entre américains et étrangers dans le discours de l'homme.

Au final, j'ai beaucoup aimé cette novella, donc. Oui, je l'aurais bien vu avec quelques pages de plus mais j'ai été happée par le texte de Ken Liu qui reste très efficace. Et franchement, après les deux Heures lumières de l'auteur, je crois qu'il est peut-être temps que je passe à un format plus long (y a les Jardins de Poussière à la médiathèque pour quand j'aurais bien réduit ma PAL)

lundi 20 décembre 2021

L'homme qui mit fin à l'histoire, Ken Liu

 Cela fait un petit moment que je n'ai pas lu de novella de la collection Une heure lumière du Bélial. J'ai réussi à mettre la main sur celle qui me faisait le plus envie depuis le début de la collection et franchement, elle valait vraiment le coup.

L'homme qui mit fin à l'histoire, Ken Liu

Editeur : Le Bélial
Collection : Une heure lumière
Année de parution : 2016
Titre en VO : The man who ended history : a documentary
Année de parution en VO : 2011
nombre de pages : 112

A lire si :
- Vous aimez les formats courts
- Vous voulez une novella ressemblant à un documentaire

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une histoire rectiligne

Présentation de l'éditeur :

Futur proche :
Deux scientifiques mettent au point un procédé révolutionnaire permettant de retourner dans le passé. Une seule et unique fois par période visitée, pour une seule et unique personne, et sans aucune possibilité pour l'observateur d'interférer avec l'objet de son observation. Une révolution qui promet la vérité sur les périodes les plus obscures de l'histoire humaine. Plus de mensonges, plus de secrets d'état.
Créée en 1932 sous mandat impérial japonais, dirigée par le général Shiro Ishii, l'Unité 731 se livra à l'expérimentation humaine à grande échelle dans la province chinoise du Mandchoukouo, entre 1936 et 1945, provoquant la mort de près d'un demi-million de personnes... L'Unité 731, à peine reconnue par le gouvernement japonais en 2002, passée sous silence par les forces d'occupations américaines pendant des années, est la première cible de cette invention révolutionnaire. La vérité à tout prix. Quitte à mettre fin à l'Histoire.

Mon avis

Avant toute chose, il faut savoir que oui, l'unité 731 a bel et bien existée. Ce n'est malheureusement pas une invention de son auteur. On est dans le même ordre d'idée que ce qu'il se passait dans les camps de concentration Nazis. Je vous conseille de faire un tour sur le net et les livres d'histoires pour découvrir un peu tout ça (attention, âme sensible s'abstenir, c'est particulièrement effrayent et gore, même dans la réalité (surtout dans la réalité en fait)). J'ai personnellement découvert l'unité 731 avec ma lecture. Il es probable que le fait d'être européenne y soit pour quelque chose. Nous avions nos propres atrocités dans notre passé (les camps de concentration). Il n'empêche que outre être une oeuvre de science-fiction, la novella de Ken Liu est un peu plus que ça. Elle sert aussi le devoir de mémoire mais nous y reviondrons.

Parlons d'abord un peu de la forme de la novella. Ici, comme le dit si bien le titre en VO (en VF aussi, mais pas sur la couverture, le terme "un documentaire" apparait sur le titre en haut des pages), nous lisons un documentaire. Vous savez, comme les films, où l'on va interviewer des scientifiques tout en montrant des images de reconstitution. Ainsi, petit à petit, Ken Liu met en place son propre documentaire. Nous, nous en lisons finalement la retranscription, aidé en cela par des didascalies bienvenues, nous présentant les divers protagonistes de l'histoire, des scientifiques, des politiques ou encore des personnes ayant utilisé la machine à remonter dans le temps. Forcément, cette forme-là a un véritable impact sur ce que nous lisons, peut-être plus que si nous avions eu une novella linéaire avec une personne allant dans le passé. 

Forcément, cette forme influe grandement sur le fond. Nous avons des passages où les scientifiques, plus particulièrement Akemi Kirino, épouse et collègue de Evan Wei (l'homme qui créa la machine), nous explique le fonctionnement de leur invention et ces implications. Puis, nous avons ceux de quelques personnes ayant pu retourner dans le passé. Nous découvrirons alors qu'il ne s'agit pas là de scientifique mais de membres des familles des victimes de l'unité 731. Nous trouverons aussi des interviews de politique, japonais et chinois ou encore, d'ancien membre de l'unité. Le tout semble parfois formé un discours un peu décousu mais ce n'est pas le cas. 

Car, petit à petit, Ken Liu demande à son lecteur de s'interroger sur le passé. Est-il bon d'y revenir de cette manière là ? De ne pas laisser ce précieux passé entre les mains de scientifiques mais entre celui des concernés, des victimes et de leurs parents ? Le cas de l'Unité 731 est particulier puisqu'elle n'a été reconnu que très tard (en 2002). Jusque là, les gens savaient mais n'en disaient rien ou presque. La période est sombre, dans tous les sens du terme. Or, dans la novella, ce ne sont ni des scientifiques, ni des historiens qui y "retournent". Ce sont des descendants des victimes qui vont, petit à petit, retrouver des pans entiers de leur histoire. Or, on se doute à quel point cela peut être important pour eux de savoir (moi-même, j'avais dans ma famille un survivant de Dachau qui n'a jamais voulu en parler, nous n'avons pas la moindre idée de ce qu'il a pu vivre là-bas). L'auteur nous interroge donc sur l'Histoire est la manière dont nous devons l'appréhender, sur notre rapport avec elle. 

L'homme qui mit fin à l'histoire est une oeuvre sur le négationniste, la mémoire, notre rapport à l'Histoire et à ses atrocités, mais aussi sur le "roman national" (je n'aime pas ce terme mais je n'ai pas trouvé mieux) ou encore les relations diplomatiques. Sous couvert de SF, c'est en fait un roman historique que nous avons là avec toutes les questions que nous pouvons nous poser sur l'éthique de tel voyage dans le temps et sur ce que l'homme pourrait y trouver finalement. 

Je dois avouer que je ne ressors pas tout à fait tranquille de cette lecture que j'ai, par ailleurs, beaucoup aimé. Un certain nombre de questions se bouscule dans ma tête et je crois bien que l'auteur a réussi son pari avec moi. Bon, il faut dire qu'il avait un bon terrain (oui, je sais, j'essaie toujours de faire des avis sans parler vie privée mais que voulez-vous, parfois, ce n'est pas toujours possible) puisque j'ai bien connu un survivant de Dachau et que ces questions-là, sur l'éthique en Histoire m'intéressèrent particulièrement (j'ai toujours été passionnée par l'Histoire, je dois bien l'avouer). Du coup, je recommande fortement cette novella qui se lit sommes toute rapidement et qui ne laissera pas indifférent.

mardi 30 novembre 2021

La Suite Apocalyptique, The Umbrella Academy, tome 1, Gerard Way, Gabriel Bà et Dave Stewart

 L'avantage d'aller (enfin) à la médiathèque, c'est que, clairement, je peux me faire plaisir avec les bande dessinée, manga, romans graphique et comics. La sélection est pas forcément ultra énorme mais y a du vraiment pas mal. Comme les trois tomes de The Umbrella Academy. J'adore la série Netflix et je voulais depuis un moment découvrir le matériel de base de celle-ci.

La Suite Apocalyptique, The Umbrella Academy, tome 1, Gerard Way, Gabriel Bà et Dave Stewart

Editeur : Delcourt
Collection : COntrebande
Année de parution : 2019 (pour cette édition deluxen 2009 pour l'édition normale)
Titre en VO : The Umbrella Academy: Apocalypse Suite
Année de parution en VO : 200/8
Nombre de pages : 224

A lire si
- Vous aimez les comics
- Vous voulez une histoire de super-héros un peu originale
- Vous aimez la série Netflix (ben oui, ça aide)

A ne pas lire si 
- Vous voulez quelque chose qui prend son temps

Présentation de l'éditeur :

Lorsque 43 enfants naissent de femmes qui ne montraient aucun signe de grossesse, Sir Reginald Hargreeves en adopte sept dans l'espoir de sauver l'humanité. Les enfants grandissent, leurs exploits au sein de l'Academy se succèdent, comme les crises familiales... jusqu'à la dissolution du groupe. Les années passent avant que les membres de cette famille dysfonctionnelle se retrouvent autour de la tombe de leur père adoptif et se déchirent à nouveau.

Mon avis

On va pas se mentir, ce n'est pas juste parce que j'ai aimé la série que j'ai pris Umbrella Academy. Le nom du scénariste (et créateur) y est pour beaucoup. J'aime énormément tout l'univers qui tourne autour de My Chemical Romance, plus particulièrement autour des deux derniers albums du groupe, The Black Parade et Danger Day (qui est le prémices d'ailleurs d'un autre comics de Way, the True Live of the Fabulous Killjoys)(et comme j'adore l'album, je compte bien l'acquérir un jour celui-ci). Gerard Way n'est pas juste un chanteur, il a d'abord fait des études dans l'art et plus particulièrement dans l'industrie du comics. Il sait donc ce qu'il fait lorsqu'il met en place le dossier pour the Umbrella Acadamy. Ce n'est d'ailleurs pas son premier comics, il a déjà tenté l'aventure plus jeune. Il est interessant de savoir cela pour oublier un peu l'image de chanteur de Way. On a affaire à quelqu'un qui sait ce qu'il fait ici, qui a déjà travaillé dans ce domaine. Mais passons donc à ce premier tome.


Pour ceux qui connaissent la série Netflix, pas d'inquiétude, le pitch est le même. En 1989, 43 enfants naissent en même temps alors que leurs mères n'étaient pas du tout enceintes. Sir Reginald Hargreeves va alors adopter sept de ces enfants et va les éduquer pour qu'ils empêchent l'apocalypse. Tout se passe à peu prés bien durant leur enfance jusqu'à ce que, comme souvent dans les familles, les conflits et autres crises familiales finissent par séparer tout le monde. Il faut attendre plusieurs années, et la mort de Sir Reginald pour que la famille se retrouve une nouvelle fois...


S'il y a une chose que j'aime dans ce comics, c'est qu'il a beau parlé de super-héros et d'apocalypse, ce n'est finalement pas tout à fait le thème principal. Non, ça, c'est là pour le décors. L'important, ici, se sont les relations entre les membres de l'Academy. Nous avons là une famille totalement composée qui a bien du mal à composer justement avec les divers egos. C'est pour moi l'un des points forts du comics (et de la série aussi d'ailleurs). l'autre point, c'est l'utilisation des flashback pour que le lecteur puisse comprendre ce qu'il se passe. Les dits flashback ne sont pas intrusifs et surtout servent toujours à quelque chose. Ainsi, vous comprendrez pourquoi on peut voir les enfants se battre contre la Tour Eiffel (oui oui) puis un Gustave Eiffel zombi-robot au début du premier chapitre et que cela n'est ni gratuit ni juste pour présenter les membres de l'Academy. L'exercice aurait pu se révéler ultra casse-gueule, ce n'est pas le cas ici et ça fait plaisir. L'histoire gagne en profondeur et elle en a besoin. Car s'il y a un défaut que je pourrais donner sur ce premier tome, c'est bien qu'il va un peu trop vite. 

Autre point, j'ai adoré les personnages (que du coup, je connaissais déjà quand même un peu)(alors, attention, il y a quelques différences entre la série et le comics, que se soit dans certains pouvoirs (ceux de numéro 2) ou dans leur comportement). J'ai par contre du mal à me débarrasser de l'image que je peux avoir d'eux à cause de la série (une des raisons qui font que je préfère généralement lire avant de voir). Du coup, oui, j'avoue, je suis déçue de ne pas avoir retrouver totalement Klaus façon série. Heureusement, le design des personnages est assez différents pour que je finisse par dissocier les deux.

On en vient du coup aux crayons de Gabriel Bà, dessinateur brésilien. Je connais fort peu les dessinateurs outre atlantique (déjà que j'ai du mal avec les francophones...) et n'ai pas réellement de point de comparaison. Pour tout vous dire, j'ai aimé, et ça c'est complètement subjectif. J'aime beaucoup son trait que je trouve dynamique, allant à l'essentiel et plutôt sympathique. Même si je n'ai pas mis de planche le prouvant, j'adore vraiment sa manière de voir la Ville et le Manoir Hargreeves. Surtout, dans les grandes planches avec combats, explosition et autres, j'ai toujours su quel personnage j'avais devant moi. Et ça, franchement, c'est vraiment bien. En plus de ça, la couleur, signé par Dave Stewart se marie parfaitement au dessins. J'aime bien le côté parfois un peu "brouillon" de celle-ci, quand elle semble un peu décalé par rapport au line.

Enfin, l'édition que j'ai lu, façon deluxe donc, présente les deux premières histoires de l'Academy. La première n'est pas des plus intéressantes et ne comporte que deux planches. La seconde l'est bien plus, présente les membres de l'Academy plutôt adolescent au prise avec le magicien du meurtre. Ainsi dans Le passé n'en a pas fini avec toi…, on commence avec Rumeur devant le corps sans vie de Rumeur... Si le magicien du meurtre et son assistance ont bien quelque chose à voir là-dedans, il s'avère qu'ils ne sont pas les seuls.. Puis, on finit avec des croquis préparatoires et les explications de Gerard Way sur la création des personnages, de l'univers et de ce premier tome. Moi qui adore savoir comment se créer un univers, j'ai été ravie de retrouver ces pages. 

Au final, ce fut une belle découverte. Je suis ravie d'avoir pu découvrir le comics, surtout que j'adore la série. Je compte bien poursuivre la découverte avec les deux autres tomes parus (il me semble qu'un quatrième serait en préparation depuis l'année dernière ou quelque chose comme ça). 

jeudi 19 août 2021

Héros Malgré eux, Firefly, tome 1, James Lovegrove

 J'aime beaucoup beaucoup la série Firefly de Whedon et je regrette toujours autant qu'il n'y ait eu qu'une seule saison. Enfin, une seule, si on veut. Whedon, comme avec le Buffyverse, a utilisé les comics et les novellisation pour faire vivre un peu plus sa série. Nous sommes ici sur le premier roman d'une petite série de plus, qui se déroule après la série TV. Mais qu'est-ce que ça donne ?

Héros Malgré eux, Firefly, tome 1, James Lovegrove

Editeur : Ynnis
Collection :
Année de parution : 2020
Titre en VO : Firefly, book 1 : Big damn hero 
Année de parution en VO : 2018 
Format : AZW

A lire si :
- Vous connaissez la série (et le film Serenity)

A ne pas lire si 
- Vous ne connaissez pas la série (ou ne l'avait pas aimé)

Présentation de l'éditeur : 

Inspiré de la série télévisée Firefly, créée par Joss Whedon, ce roman met en scène les aventures de l'équipage du vaisseau spatial Serenity. Transporter une cargaison depuis la planète Perséphone jusqu'à un client impatient aurait dû être un travail de routine pour l'équipage du Serenity. Dieu sait que le capitaine Mal Reynolds a besoin d'argent, comme d'habitude, en partie pour assurer la maintenance du vaisseau spatial. Seulement voilà, le mystérieux client n'est autre que Badger, et ses transactions notoirement suspectes ne laissent rien augurer de bon. Il s'avère que la cargaison est remplie d'explosifs pouvant exploser à tout moment.... Juste avant le décollage, Mal disparaît. Alors que la cargaison devient de plus en plus volatile, et que les croiseurs étatiques de l'Alliance commencent à s'intéresser à la contrebande en cours, il appartient au premier lieutenant de Serenity, Zoë, de choisir entre le sauvetage de son capitaine et celui de son équipage...

Mon avis

Figurez-vous que je cherche depuis que j'ai pris le livre si je n'ai pas déjà lu un roman de l'auteur. Le nom me parlait beaucoup. C'est en regardant enfin sur Livraddict, presque une semaine après avoir fini le livre (oui, je suis toujours en retard, mais c'est le dernier avis à l'être) que je me suis rendu compte que je l'avais déjà croisé. James Lovegrove se trouve dans ma PAL pour le premier tome des Dossiers Cthulhu et il a déjà eu un article ici, pour Royaume Désuni (en 2015) que je n'avais pas tant aimé que ça. Bref, je sais enfin pourquoi le nom me parlait autant. Mais comme ce n'est pas du tout le sujet de cet avis, passons et revenons à ce Héros malgré eux.

Ce roman se déroule après la série télévisée. Et les deux premiers chapitres sont là pour nous faire des rappels absolument pas discret de certains épisodes. Nous sommes sur Perséphone, (là où Mal acheta une robe pour Kaylee) (le rappel de cet épisode est clairement là pour rien, je tiens à le dire), le jour de l'Alliance. Mal et l'équipage, à court de liquidité, comme bien souvent, font affaire avec Badger (et on en profite pour rappeler les évènements de l'épisode 5, Sains et Saufs) pour livrer une cargaison dangereuse sur une planète minière. Le capitaine en profite aussi pour essayer de gagner un second contrat. Mais ça va mal tourné, comme toujours. Mal est enlevé, l'Alliance se pointe pour mettre la mains sur River Tam et Zoe va devoir prendre le commandement du Serenity si elle ne veut pas que tout parte encore plus en cacahouète. Mais, on le devine, tout va continuer à se compliquer.

Le roman ferait un bon épisode de Firefly, sur ce point, je n'ai rien à redire. S'il lui manque l'aspect visuel, avec les mimiques des personnages ou les décors (ça pèche un peu sur les descriptions, je dois dire), on est vraiment sur une aventure à la Firefly (heureusement, me direz-vous). On y retrouve l'humour de la série (quoique là encore, pour Mal par exemple, il manque vraiment la gestuelle de Nathan Fillon pour s'y croire vraiment), l'action et les situations de crises. Il s'ancre parfaitement dans l'univers, rappelant donc les anciens épisodes et nous entrainant dans le passé de Mal alors que celui-ci se trouve sur Shadow un peu avant de rejoindre les Browncoats. C'est un épisode qui fait suite à l'épisode 12, le Message. J'apprécie qu'il mette en avant le pasteur Book ainsi que le jeune Mal. Bien entendu, les autres ne sont pas en reste même si je trouve que Kaylee, Tam et Simon sont en retrait (chose qui arrive malheureusement souvent aussi dans la série).

Malheureusement, le roman souffre d'être si attaché à sa série de base. Il en fait trop par la rappeler, ramenant des souvenirs (la fameuse robe de Kaylee par exemple, ou les conséquences de l'attaque du train de l'épisode 2) qui risquent de perdre le lecteur néophyte. De plus, pour moi, les divers rappels sont bien souvent inutiles et ne sont là que pour les fans (j'en fais parti, mais perso, ça m'a un peu saoulé de les voir revenir si souvent et souvent pour ne pas faire avancer plus que ça notre histoire). Si je suis ravie d'avoir un roman Firefly, j'aurais aussi voulu pouvoir faire découvrir la série par ce biais. Ce ne sera pas le cas (par contre, il existe une novellisation du film Serenity, qui elle pourrait permettre un lecteur de découvrir l'univers)(il faudrait que j'y mette la main dessus un de ces jours).

Au final, le roman s'inscrit donc fort bien dans la continuité de la série. Il est plutôt bon sur ce point, et permet vraiment de continuer l'aventure avec les membres du Serenity. Il souffre parfois de son style (un peu trop "scolaire", je dirais) mais se laisse lire, un petit sourire aux lèvres. Mais il est vraiment fait pour les connaisseurs. Un lecteur qui n'a jamais vu la série risque de se sentir perdu dedans alors même que le roman est fait pour être lu indépendamment (c'est faux, et on le savait hein). Il n'empêche que je m'offrirai bien les deux tomes suivants.