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lundi 24 juillet 2017

Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes

Et voilà, j'entame la trilogie de Virginie Despentes qui fait tant parler d'elle. C'est appréciable d'ailleurs parce que du coup, on entend plus souvent madame Despentes et que j'apprécie ce qu'elle a à dire la plupart du temps. Et puis, ce Vernon Subutex, autant dire qu'il m'intriguait beaucoup, comme un peu tout les livres de l'autrice.

Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 432

A lire si : 
- Vous voulez une sorte de cartographie des parisiens
- Vous aimez les romans à plusieurs voix

A ne pas lire si : 
- Vous cherchez le trash des premiers romans de Despentes

Présentation de l'éditeur : 

QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de resurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Mon avis

Virginie Despentes est connue pour un côté trash qui tend non pas à disparaître, mais plutôt à être plus maîtrisé. Disons que la colère de l'autrice me semble plus contenue, toujours là, mais contenue. On appelle ça la maturité chez certain, et j'aurais presque tendance à dire que pour Virginie Despentes, c'est bien cela, du moins dans sa manière d'écrire.Vernon Subutex n'est pas un livre à part dans son oeuvre. Apocalypse Bébé en été même, pour moi, une sorte de précurseur. C'est dans ce roman-là qu'elle a commencé à utiliser plusieurs voix pour parfaire son récit. Surement pas pour rien d'ailleurs que l'on retrouve dans Vernon l'un des personnages d'Apocalypse Bébé. Mais revenons au roman.

Alex Bleach, chanteur de rock, s'est suicidé. Avec lui part le loyer qu'il payait par amitié à Vernon Subutex, le disquaire qui lui a permis de découvrir la musique. Un Vernon qui a dut fermer boutique depuis un moment, qui n'a pas retrouvé de boulot et qui soudain, se retrouve à la rue, dans l'incapacité de payer son loyer. Vernon décide alors de squatter les lits et canapés de ses amis (anciens comme nouveaux), en inventa comme prétexte de revenir sur Paris après un passage à Québec. Tandis qu'il va de copains en copains, nous allons découvrir les portraits de ses parisiens qui ont pour point commun soit Vernon soit Alex Bleach.

Virginie Despentes essaie de "cartographier" la population parisienne et je suppose qu'elle y arrive pas mal (je ne suis pas parisienne, il y a des choses dans son roman qui me semble parfois carrément surréaliste pour la provenciale que je suis). Elle s'attaque, si je puis dite, à tous les niveaux, toutes les classes sociales. Et elle fait ça plutôt pas mal. Si j'avais trouvé dans Apocalypse Bébé (oui on y revient souvent à celui-ci, mais faut dire qu'ils se ressemblent assez dans la bibliographie de l'autrice) qu'il y avait trop de stéréotypes, je les trouve bien mieux gérés ici. Oui, nous en trouvons toujours (la bourgeoise qui pète littéralement son câble après s'être fait des films et s'être fait largué, le traders qui vit à cent à l'heure entre bonne affaire, drogue et baise...) mais par contre, on trouve aussi pas mal de personnages qu'on n'a pas l'habitude de voir et qui même si parfois, ils sont un peu clichés, ils permettent d'offrir de la visibilité.

Sur la dizaine si ce n'est plus de personnages que l'on va découvrir au fur et à mesure de l'avancée de la nouvelle vie de Vernon, il y a vraiment des personnages géniaux. On retrouve quelques LGBT, plus particulièrement lesbienne et trans. Et elle les traite parfaitement ces personnages-là, elle ne va pas dans le bon vieux cliché (même la Hyène est plus en nuance par rapport à Apocalypse Bébé). On sent l'authenticité dans ces personnages-là. Et ça fait du bien. Et ils ne sont pas les seuls comme ça.  

Et ce que j'ai particulièrement apprécié c'est vraiment le mélange de personnalités, les riches, les pauvres, les gens "normaux", les ex stars du X, les de gauche, les de droites, les des extrêmes et j'en passe. Vraiment, on croise de tout dans ce Vernon. Surtout qu'il est agréable de voir qu'elle les traite tous de manière presque égale. C'est à dire que même ceux qu'elle ne doit sûrement pas supporter, elle arrive à les rendre moins nauséabond que ce qu'ils sont. On sent bien l'ironie sous les descriptions, mais en même temps, on s'y attacherait presque.

Virginie Despentes a donc réussi avec ce premier tome une belle fresque de ce qu'on peut retrouver comme parisiens à notre époque. Elle le fait d'ailleurs avec une certaine douceur, loin de la colère de ses débuts. Une colère qui revient pourtant au fur et à mesure des pages mais qui n'explose pas autant. On retrouve aussi des moments un peu plus "trash" même si justement trash n'est pas le mot. Disons que lorsque ça parle sexe, l'autrice ne fait pas toujours dans la dentelle. 

Au final, c'est une fresque vraiment intéressante que nous lisons avec ce premier tome. Intéressante par son côté très humain et réaliste.  Et puis, il y a cette écriture, vive, colèrique et en même temps douce, bienveillante même parfois. Bref, une réussite qui je l'espère continuera avec les deux tomes suivants.

mardi 4 avril 2017

Baise-moi, Virginie Despentes

Cela fait déjà un long moment que je n'ai pas lu de Despentes. Le dernier était son recueil de nouvelles lu en 2015, pour dire. Un recueil qui d'ailleurs ne m'avait pas tant plu que ça. Cette fois, elle revient dans la PAL avec son tout premier roman. Ce qui veut enfin dire que je vais pouvoir m'offrir bientôt les Vernon Subutex.

Baise-moi, Virginie Despentes

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2016 pour cette édition
Nombre de pages : 288

A lire si :
- Vous aimez le style Despentes
- Vous voulez du bien trash, bien vulgaire, bien sanglant aussi.

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas le trash, le vulgaire, le violent

Présentation de l'éditeur : 

« Elle est surprise d'être aussi vulnérable, encore capable de douleur. Au début, on croit mourir à chaque blessure. On met un point d'honneur à souffrir tout son soûl. Et puis on s habitue à endurer n'importe quoi et à survivre à tout prix. On se croit endurcie, souillée de bout en bout. L âme en acier trempé. » Nadine et Manu sont deux filles de leur époque, à une nuance près elles refusent de subir la vie, ses frustrations et ses défaites. Alors, elles forcent le destin à accomplir leur volonté, persuadées que tout ce qui ne les tuera pas les rendra plus fortes. De casses de supermarché en revanches sanglantes, elles deviennent des prédatrices insatiables et sans scrupules, parsemant leur sale balade de sentences bien brutales, syncopées et implacables.

Mon avis

Baise-moi se traîne depuis sa parution une réputation particulièrement sulfurique, réputation qui ne fut pas arrangée par le film tiré du roman, qui fut censuré en France. Premier roman de Despentes, premier succès aussi même s'il a bien failli ne jamais être publié. Et premier scandale avec le film. Mais qu'a donc ce livre pour avoir cette réputation ? 

Le premier chapitre donne le ton. On découvre Nadine, l'une des deux héroïnes du roman, en train de mater un porno puis de se prendre la tête avec sa coloc'. Ensuite, passage chez Manu, la seconde, complète saoule. Durant la première partie, nous allons apprendre à la connaitre. L'une est fan de porno, prostituée lorsqu'elle a besoin de tunes, mal dans sa peau. L'autre est une banlieusarde qui n'a plus grand chose à perdre, si ce n'est elle-même dans la violence et dans l'alcool. Et puis, ça bascule. Violée puis assistant au meurtre de la fille avec qui elle traînait à ce moment-là, Manu pète un câble. Elle va braquer son mec, lui prendre flingue et argent puis allait assassiner un flic et sa femme. Nadine, elle, va rejoindre un pote sur Paris, pote qui se fera tuer juste après son arrivée. Et c'est à ce moment qu'elles vont se rencontrer. Rien ne justifie leur amitié soudaine dans les premiers chapitres. Du moins presque rien. Elles n'ont rien en commun si ce n'est leur désillusion. Et pourtant, alors que Manu prend presque en otage Nadine pour la mener loin de cette merde, elles vont se lier d'amitié. Et toutes les deux vont semer panique et mort autour d'elle. Pourquoi ? Vengeance face aux injustices faites aux femmes, envie de le faire aussi, juste pour le plaisir, juste pour prouver qu'elles peuvent. Commence alors un road-trip sanglant pour elles deux, où elles mêleront sexe et violence jusqu'au bout.

L'écriture de Despentes est à ses débuts et elle est déjà forte de cette oralité qui a fait sa marque. de cette vulgarité aussi. Tout comme la violence. Celle de la condition de Manu et Nadine, celle de leurs gestes, de leurs relations à l'homme, à ce qui les entoure. Et les certains des thèmes qui deviendront une marque de l'autrice montre déjà le bout de leur nez. Et pourtant, Baise-moi semble plus faire parler de lui à cause des ses scènes de sexe (écrites de manière crues) et sa violence presque gratuite. Il est vrai que comme dans les autres livres de Despentes, tout cela est bien présent. Mais on en oublie cette part de féminisme qui commence à naître chez elle, on oublie la dénonciation des classes sociales, on oublie beaucoup de chose sur ce livre à cause de sa vulgarité voulue et qui va si bien à ses personnages. Après, il est vrai que j'ai lu King Kong Theory, ce que personne n'avait pu faire à l'époque puisqu'il n'avait pas été écrit. J'ai un peu de recul sur l'autrice, je "connais" un peu sa vie. Le personnage de Manu semble découler en ligne droite du viol de Despentes, celui de Nadine rappelle l'autrice lorsqu'elle-même se prostituait. 

Après, le roman a des défauts, il faut bien le dire. L'histoire va trop vite, certains passages semblent n'être là que pour combler, les personnages, même Nadine et Manu manquent parfois de profondeur, surtout les secondaires qui finalement ne sont quasi pas traiter. Parfois, ça va bien trop vite, parfois, ça va bien trop lentement pour des scènes qui n'apportent pas plus que ça à l'histoire. 

J'ai mis longtemps à lire Baise-moi. Très longtemps. Parce que j'avais peur d'y trouver tout ce que je n'aime pas forcément chez son autrice (Les Chiennes Savantes avaient été une déception pour moi). Et en fait, j'y ai trouvé beaucoup de choses qui m'ont parlé. Alors, oui, c'est surement le plus vulgaire, trash,violent,  à la limite du porno qu'elle a écrit. C'est aussi celui où on la retrouve le plus, il me semble. Et même si parfois, j'ai eu cette sensation de malaise à la lecture de certains passages (et aussi une impression de voyeurisme déjà notée dans les autres romans d'ailleurs), le livre ne m'a pas du tout laisser indifférente. Le discours féministe de Despentes est déjà là, dans ses personnages, dans ce qu'elle leur fait vivre. Si l'on dépasse le trash du livre, si on lit entre les lignes, Baise-moi est une sorte d'hommage à la femme qui combat pour être ce qu'elle veut et non pas ce que l'homme veut. 

PS : rien à voir avec le contenu, mais j'aime vraiment vraiment beaucoup cette couverture, beaucoup plus que l'originale (qui montre l'un des meurtres les plus sordides du livre d'ailleurs)

lundi 13 juillet 2015

Mordre au Travers, Viriginie Despentes

Dernier livre de Despentes dans ma PAL, il fallait bien que je finisse par le lire. Après une Longue Terre longue comme un jour de Carême (coucou je ressors les vieilles expressions), il me fallait du cours, du vite lu. Ce petit recueil me semblait être l'idéal.

Mordre au Travers, Viriginie Despentes

Editeur : Librio
Collection : Les contemporains
Année de parution : 2008
Nombre  de pages : 122

A lire si :
- Vous aimez Despentes
- Vous voulez de la nouvelle qui sorte de l'ordinaire
- Vous voulez du court

A ne pas lire si ;
- Vous ne voulez rien d'horrifique ou de sexuel
- Vous n'aimez pas Despentes

Présentation de l'éditeur :

Évocations tranchantes d'un quotidien noir, de drames intimes ou de rêves inquiétants... Ces nouvelles disent violemment la Femme dans son désir ou son refus du désir, dans ses colères, ses hontes inavouées, ses excès d'amour ou sa folie meurtrière... La Femme blessée, humiliée ou bien vengeresse et autodestructrice. La Femme humaine... Trop humaine ?

Mon avis

Cette fois, chose rare pour un recueil de nouvelles, je ne vais pas faire "l'inventaire" de son contenu comme d'habitude. Bien sur, je vais livrer le nom des nouvelles dans le livre, mais pas d'avis sur chacune d'elle. Pourquoi ? Parce que Mordre au travers fonctionne plus comme un tout que comme des nouvelles réellement différentes.

On retrouve donc dans le recueil : 

Je te veux pour moi 
Domina
Sale grosse truie
Balade 
Lâcher l'affaire 
A terme
Comme une bombe 
L'ange est à ses côtés
Blue Eyed Devil 
Fils à papa 
Des poils sur moi

Onze nouvelles ayant, d'après la quatrième de couverture, pour thème la femme. Lire ce livre après King Kong Théory n'est pas une bonne idée pour se faire une vision de la femme par Despentes. Si l'auteure est féministe, elle est malheureusement aussi capable du pire pour ses personnages, surtout s'ils sont féminins. Mais la plupart des nouvelles de ce recueil sont des nouvelles de "jeunesse", beaucoup écrites entre Baise-moi (toujours pas lu) et Les Chiennes Savantes. Donc, j'y voyais là plutôt une manière d'affirmer un style en devenir que j'avais apprécié dans pas mal de ces bouquins.

Je ne vais pas mentir, les nouvelles de Mordre au Travers sont trash, violente et souvent particulièrement dérangeante. Après tout, c'est du Despentes, et trouver autre chose m'aurait un peu perturbée quand même. Le plus gros problème du recueil reste pourtant qu'il soient bien trop trash. Peut-être est-ce à cause du format nouvelle, de celui de recueil, ou juste qu'à cette époque, elle voulait réellement faire du trash pour du trash, mais prit au premier dégres, Mordre au Travers est assez indigeste. Je conseille d'ailleurs de ne surtout pas faire comme moi, c'est à dire lire les onze nouvelles les unes à la suite de l'autre. Je crois que c'est réellement un recueil qui se lit petit à petit, en prenant bien son temps entre les nouvelles.

Mais pourquoi ? Simplement pour ne pas être dégoûté de l'espèce humaine, ou simplement de ceux que décrit l'auteure. D'ailleurs, les personnages des nouvelles sont presque tous interchangeables et surtout très Despentes. On retrouve le paumé, celui/celle en marge de la société, RMIiste, smicar, drogué, alcoolisé, sexuellement très actif, partiellement dérangé pour beaucoup... Bref, un échantillon de paumés peu représentatif du monde qui nous entoure mais parfaitement de celui de Despentes. Et dans le monde de Despentes, rien n'est beau. Ainsi nous croisons aux détours des nouvelles, des meurtres, des suicides, des mutilations, des viols et j'en passe. Le tout avec toujours au moins un à plusieurs actes sexuels et surtout de la violence. Donc, oui, le lire d'un coup, ça fout un coup au moral. L'impression que le monde ne vaut rien. Et si en plus, on lit au premier degrés, sans chercher plus loin, on a juste envie de vomir.

Et le premier de ce recueil est bien là. On a du mal à dépasser le premier degrés de lecture. J'ai eu du mal à voir le côté "femme humaine" de la quatrième de couverture. J'ai vu le bestial, l'horreur, la violence, le sexe, j'ai beaucoup moins vu ce que tout cela pouvait vouloir dire. Trop de trash tue le message derrière. Et c'est bien dommage car j'apprécie toujours autant les mots de Despentes, cette manière bien à elle de décrire ce qui ne va pas, que se soit dans la société (celle de la fin des 90's) ou dans le portrait de ses personnages. 

Finalement, j'avoue que ce recueil ne restera pas dans ma mémoire. J'ai beau aimé l'écriture de son auteure, j'ai eu trop de mal à lire les nouvelles pour l'apprécier. Pour moi, Despentes n'est pas une mauvaise noveliste, elle n'aurait juste pas du faire un recueil. D'ailleurs, je déconseille de lire le recueil, surtout si on ne connait pas l'auteure, encore moins pour la découvrir. Despentes fait des romans bien plus passionnants que des nouvelles et sur un format plus long, le trash ne prend pas le pas sur le message.

lundi 24 février 2014

Les Chiennes Savantes, Virginie Despentes

Je continue ma découverte (est-ce encore une découverte d'ailleurs à ce point-là ?) de Virginie Despentes avec le second livre qu'elle a publié. Du coup, il ne me restera plus qu'à lire son premier, Baise-moi, ainsi que le recueil de nouvelle Mordre au travers. 

Les Chiennes Savantes, Virginie Despentes

Editeur : J'ai lu
Collection : roman
Année de parution : 1999
Nombre de pages : 249

A lire si :
- L'univers des peep-shows, des prostituées et autres ne vous fait pas peur
- Vous voulez du sexe
- Et de la violence

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire qui se tienne
- Vous n'aimez ni le sexe ni la violence ni la drogue
- Vous n'aimez pas le style de Despentes

Présentation de l'éditeur : 

"La cabine n° 1 avait quelque chose du confessionnal, version luciférienne. Granules épais rouge sombre le long des murs, comme repeints d'un vomi de viande saignante. C'était une pièce étroite et haute de plafond, séparée en son milieu par un gros grillage noir. Le client était assis en contrebas..." Louise travaille dans un peep-show et elle fait ça bien. Sans se forcer. Elle se renverse contre le mur, ferme les yeux et se met au boulot... Elle officie patiemment avec parfois cette envie d'être ailleurs, d'échapper à son histoire... Mais le jour où on découvre deux filles sur le carreau, gorges et visages bien nettoyés, écorchés... ça rigole plus pareil, d'un coup... et Louise d'en apprendre, des choses, sur ce que les garçons font aux filles...

Mon avis

J'aime le style de Virgine Despentes. J'aime ce qu'elle fait de ces héroïnes, des filles paumés mais qui en même temps on ce petit truc qui les rendraient presque fortes. J'aime généralement ce qu'elle nous décrit, la manière dont elle le fait. Pourtant, je n'ai pas spécialement aimé Les Chiennes Savantes. Au moins, c'est dit. 

En lisant la quatrième de couverture, et connaissant à présent assez bien ce que l'auteure peut écrire, je savais à quoi m'attendre. Je savais que ça serait trash, surement violent aussi. Bref, je n'avais pas peur de ce que j'allais trouver. Je ne m'attendais juste pas à une histoire qui a du mal à tenir la route et qui est là pour finalement mettre en évidence le Mal qui engloube les personnages du livre. Pourtant, la dite histoire aurait pu être passionnante si elle n'avait pas été traité de cette manière, juste en arrière plan. C'est vraiment dommage. Mais bon, les personnages, chez l'auteure, prennent toujours une très grande place. Le fait que je n'ai pas vraiment apprécié Louise, la narratrice, n'aide pas non plus à apprécier le livre.

D'ailleurs, parlons-en de Louise. Jeune femme travaillant dans un peep-show, elle fait ça pour le plaisir. Elle fume de l'herbe, boit pas mal, vit en dilettante. Bref, une "héroïne" comme les aime l'auteure. Louise a une particularité assez "amusante" pour son métier, elle est persuadé de ne pas pouvoir faire l'amour. C'est comme ça. Sur le coup, je l'aimais bien, la Louise. Paumée mais en même temps, elle a ce petit truc en plus. Pourtant, au fur et à mesure qu'avance le livre, elle m'ait paru finalement faible. Très faible. Au point qu'après avoir été violentée et violée, elle en redemande. Et pour moi, ça a été la fin. Déjà parce que lire une scène de viol n'est pas une chose que j'apprécie des masses, comme beaucoup, mais quand plus voir la victime souffrir d'un espèce de syndrome de Stockholm m'a juste fait rager.

Et il n'y a pas que ça qui m'a fait rager dans l'histoire. Il y a l'histoire. Alors, oui, elle sert à Virginie Despentes pour mettre en place tout son petit monde, pour nous montrer la face cachée de la prostitution et de l'univers du sexe à Lyon (et on se demande vraiment si cela se passe comme ça), mais tout de même, elle nous annonce deux meurtres bien sanglant et puis presque plus rien sur ça. Enfin, quand je dis plus rien, c'est faux puisque nous avons tout de même les états d’âme de Louise et de ses amies. Mais du coup, ça part en tout sens et on en oublie l'essentiel, comme Louise quoi. C'est bien dommage, ça aurait pu donner plus de profondeur à l'histoire, ce n'est pas le cas (et puis la résolution des meurtres quoi...).

Du coup, même l'écriture que j'apprécie beaucoup de Virginie Despentes ne sauve pas pour moi ce livre. Trop violent, trop trash et tout cela trop gratuitement. Je m'étais habituée à mieux sur les livres plus récents de l'auteure. C'est dommage, parce qu'entre l'univers qu'elle a crée et sa manière si particulière d'écrire, elle aurait pu nous livrer un meilleur livre. En même temps, je mets aussi ça sur le compte de la jeunesse, après tout, c'était son second roman.

lundi 21 octobre 2013

King Kong Theorie, Virginie Despentes

Je lis rarement d'essai, mais celui-ci étant d'une auteur que j'adore, je ne pouvais pas ne pas le lire (ma mission avec Despentes : avoir tous ses bouquins, j'y suis presque, plus que deux).  Et je peux juste dire que ce n'est vraiment pas simple de donner un avis sur un livre comme celui-ci.

King Kong Theorie, Virginie Despentes

Editeur : Le Livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2007 pour mon édition, 2006 pour l'originale
Nombre de pages : 151

A lire si :
- Vous aimez Despentes
- Vous ne voulez un livre à la limite de l'autobiographie

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une vision universelle
- Vous n'aimez pas les essais écrits comme si l'auteur parler
- Vous n'aimez pas le personnage de Despentes

Présentation de l'éditeur :

J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas.
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

Mon avis

Comme dit dans l'introduction de cet article, j'aime beaucoup Despentes. J'ai déjà lu trois de ses livres (m'en manque deux plus un recueil de nouvelles) et j'apprécie lire quelqu'un avec une vision assez différentes de celle de la société. J'aime Virginie Despentes pour ses mots, ses histoires, ses personnages. Bon autant dire que j'ai apprécié lire cet essai, j'y est retrouvé beaucoup de chose qu'elle a pu dire dans ses livres mais je n'adhère pas à toute Sa vision du féminisme.

Car, oui c'est Sa vision à elle, rien qu'à elle finalement. Elle s'appuie beaucoup sur sa propre expérience et autant dire qu'elle n'a pas été joyeuse cette expérience. S'il n'était pas arrivé à Virginie Despentes ce qui lui est arrivé, si elle n'avait pas été violé, n'avait pas fait le tapin et autres, d'après moi, elle n'aurait pas forcément eu cette vision là. Mais c'est aussi ce qui fait la partie intéressante du livre. Elle ne part pas d'expérience vécu par d'autres, elle part des siennes et elle réfléchit à ce qu'il s'est passé pour en arriver à quelque chose de plus générale, et de pas forcément faux.

Despentes commence son livre en expliquant qu'elle l'écrit pour toutes celles qui ne sont pas normées par la société mais aussi pour les hommes qui ne se sentent pas forcément à leur place dans notre société. Puis, elle nous parle de ce qu'il reste de la révolution sexuelle des 70's (pas grand chose finalement), du viol (dont le sien), de la prostitution, du porno... Tout cela pour faire comprendre aux femmes et aux hommes, que la place que les hommes nous réservent dans la société n'est pas super folichonne.

Bon, je dois bien dire que sur ce point, je suis d'accord avec elle. Sur d'autres beaucoup moins. Mais je n'ai pas eu les mêmes expériences qu'elle, ça y fait beaucoup. D'ailleurs, je crois vraiment qu'il faut comprendre cela pour comprendre le livre, ne pas le jeter violemment contre le mur parce que Despentes ne pense pas comme nous. Moi, c'est ce que j'ai fait. Et j'ai apprécié ma lecture. Déjà parce que Despentes reste Despentes, que son écriture me ravit, m'offre une bouffée d'air frais et que je me fiche qu'elle soit vulgaire et mal polie. Ensuite, parce que, franchement, avec ce qu'il lui est arrivé, elle ne semble pas baisser les bras, pour rien au monde. Et puis parce qu'elle a une capacité d'analyser tout cela vraiment bonne.

Au final, cette lecture m'aura appris pas mal de chose sur le féminisme vu par Despentes, m'aura aussi un peu ouvert les yeux sur certaines choses et j'en sors, non pas changée, mais avec une vision plus élaborée, moins archaïque de celle que j'avais.

lundi 15 avril 2013

Les jolies choses, Virginie Despentes

J'ai encore fait une entorse à ma lecture du moment ce week end. Je crois que ça va devenir une habitude à force. En même temps, ça permet de faire un peu baisser la PAL et elle en a bien besoin.

Les jolies choses, Virginie Despentes

Editeur : J'ai Lu
Collection : Nouvelle génération 
Année de parution : 2005 pour mon édition, 1998 pour la première
Nombre de pages : 252

A lire si :
- Vous aimez le trash, le vulgaire, le sexe...
- Vous ne voulez pas des personnages secondaires très présents

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le trash, le vulgaire, le sexe

Présentation de l'éditeur

Pauline et Claudine sont des sœurs jumelles que tout oppose : Pauline, rebelle, fidèle en amour, refuse le compromis. Fonceuse et paumée à la fois, un peu hardcore, un peu actrice, Claudine aime qu'on la désire. Pourtant, quand elle se suicide, Pauline la sœur ennemie prend sa place. S'enivre d'imposture, de succès et d'illusions. Comment être une femme éprise de vérité dans un monde de mensonges ? Qui croit que les purs sont ceux qu'ils prétendent être ? Chasse aux dupes de la réussite, jeu des faux semblants, plongée dans le monde frelaté des corps factices qui se vendent entre, marketing et cosmétiques, parfois au rayon de la prostitution. Le troisième roman de Virginie Despentes est le portrait à l'acide d'une femme d'aujourd'hui, garce et martyre, mutante et héroïne. Mais l'auteur de Baise-moi va à l'essentiel : dans le regard des hommes, voici Pauline quand elle veut tout à la fois. Tout ? la foule et la solitude, la pureté et l'impureté, le sexe et la tendresse.

Mon avis

J'avais une petite appréhension en commençant ce livre. Il faut dire que je connaissais bien la version film qui en fut adaptée il y a quelques années et que surtout, j'en suis toujours aussi fan, même si le film veillit selon moi plutôt mal. C'est une des raisons qui ont fait que bien que j'aime énormément Virginie Despentes, j'ai mis un moment à sortir les Jolies Choses de ma PAL. 

Les Jolies Choses est une descente en Enfer pour les deux jumelles qui en sont les héroines. La première, Claudine, monte à Paris pour se faire un nom par n'importe quel moyen. Lorsqu'enfin, elle trouve le bon moyen, elle est obligée de faire appel à sa jumelle, Pauline, qu'elle n'aime pas vraiment. Mais voilà, alors que son plan pour être connu fonctionne, elle se suicide. Pauline prend alors sa place et fait en sorte (sans trop vraiment le vouloir d'ailleurs) que le rêve de sa soeur devienne réalité.

Dit comme ça, ça à l'air bien. Sauf que... Claudine, que l'on va découvrir grâce aux souvenirs de Pauline et de Nicolas, était plutôt une incroyable garce et surtout une "fille facile" couchant avec tous ce qui ressemble à un homme pour y arriver. Pauline est bien loin de ça au départ. Pourtant, elle va se prendre au jeu de sa défunte sœur pour y arriver. 

C'est là que la descente aux enfers commencent. Drogue, sexe, violence, tout y passe pour Pauline mais aussi pour Claudine. On découvre alors deux jeunes femmes fragiles qui ne croient plus en grand chose et ce depuis l'enfance. On découvre aussi jusqu'où elles peuvent aller pour plaire à l'homme, que se soit le père, l'ami, le patron ou le petit copain. Et tout cela est dit avec les mots crus qu'aime tant Virigine Despentes, qui sonnent tellement dur lorsqu'on les lit.

Parce que comme toujours, ce sont les mots de l'auteure qui restent, plus que l'histoire. La manière dont elle a de nous faire plonger dans l'enfer sans qu'on s'en rende vraiment bien compte. On en oublie parfois le contexte (maison de disque, monde des "riches", boite échangistes...) pour n'en garder que les mots et la souffrance. Une souffrance qui prend à la gorge dès le départ et qui ne nous quitte pas une fois le livre fermé.

Au final, j'ai eu raison de ne pas le laisser trainer dans ma PAL, car bien qu'un peu différent du film, tout ce que j'aime dedans était dans le livre à la base. La relation haine/amour entre Claudine et Pauline, les travers des labels de musique et des "riches" en général, la descente aux Enfer, tout y était, avec en plus cette maitrise des mots qui font mouches de Despentes.

(et sinon, j'ai lu le livre en écoutant les deux seules chansons que j'ai du film, la conne et les Jolies Choses, et franchement, l'atmosphère des chansons collent parfaitement aux écrits de Despentes)

mercredi 16 mai 2012

Teen Spirit, Virginies Despentes

Et un nouveau Despentes à mon actif. Décidément, elle devient un peu incontournable par ici.

Teen Spirit, Virginie Despentes


A lire si :
- Vous aimez le style de Despentes
- Vous aimez les personnages perdus, largués

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à une vraie relation père-fille

Présentation de l'éditeur

" Deux versions bien distinctes d'elle-même se disputaient dans un seul corps et se partageaient le temps d'action. Entre la montre Kitty et le bracelet clouté, elle n'avait pas encore choisi son camp. "
Nancy a passé treize années chez sa mère, Alice, une dame branchée fric et névroses. Bruno a passé trente ans enfermé chez lui, devant sa télé, à ne pas faire grand-chose. Nancy est la fille de Bruno, mais ni l'un ni l'autre ne sont au courant. Un jour, pourtant, Bruno voit Nancy débouler dans sa vie.
Soudain papa, le punk rocker va affronter toutes les épreuves de l'adolescence... avec une nouveauté de taille : les " conneries ", ça n'est plus lui qui les fait... quoique ?

Mon avis

Je lis les livres de Despentes à l'envers de leur date de parution. C'est assez amusant de voir de cette manière comment son style a évolué. 

Teen Spirit, c'est l'histoire de Bruno, un énorme looser persuadé qu'il est claustrophobe (je vais revenir sur ce point) et qui vit au crochet de sa compagne. Jusqu'à ce que débarque dans sa vie Alice, la fille qu'il a connu à l'âge de dix-sept ans et qu'elle lui apprenne qu'il est père d'une gosse de treize ans. On le suit de cette découverte à l'acceptation du fait. 

Comme souvent (toujours ?) dans les romans de Despentes, les personnages sont largués. Bruno se croit claustro (en fait ce n'est même pas de la claustrophobie, mais plus de l'agoraphobie en fait), il passe sa vie chez sa compagne qu'il prend pour une esclave, il ne travaille pas, pense un jour écrire le roman du siècle. Alice est une bourgeoise (il en fallait bien une) qui depuis la naissance de sa fille ne controle plus rien. Nancy la fille oscille entre enfance et adolescence, elle se rebelle, se plaint. Sandra, amie de Bruno, est une fille de prolo qui essaie de s'en sortir comme elle peut. Encore une fois Virginie Despentes nous décrit donc des personnages comme elle les apprécient, torturés et sous marijuana.

Pour le style, c'est du Despentes tout craché, ça critique à tout va, la société de consommation, les bourgeois, l'adolescence perdue... Elle écrit de manière très orale, mais j'ai trouvé que c'était un peu moins trash dans les paroles que Bye Bye Blondie par exemple.  On trouve aussi beaucoup moins de sexe que dans Apocalypse Bébé, et ce n'est finalement pas plus mal.

Par contre, je reste déçu sur certaines choses. Bruno ne m'a pas plut comme personnage, sa façon de pensée est trop décousu et donc vu qu'il est narrateur principal, l'histoire semble elle aussi décousu. J'aurais cru que le livre parlerait un peu plus de Nancy, la fille, ce n'est pas vraiment le cas, on est vraiment centré sur Bruno, son adolescence perdue et ses états d'âme. Malgré cela, Teen Spirit reste un roman agréable à lire, bien que j'ai largement préféré Bye Bye Blondie.

Prochain Despentes sur ma liste, les Jolies Choses que j'ai vraiment hâte de lire mais dont je recule toujours ce moment.

lundi 16 avril 2012

Apocalypse Bébé

Bon autant le dire, vous allez en bouffer du Despentes pendant un petit moment, les Jolies Choses et Teen Spirit on rejoint la PAL et les chiennes savantes et baise-moi sont dispo chez mon libraire. Mais passons donc à mon avis sur Apocalypse Bébé, le dernier Despentes sorti.

Apocalypse Bébé, Virginie Despentes

A lire si 
- Vous aimez les lesbiennes
- Vous aimez les fausses enquêtes policière

A ne pas lire si
- Vous n'aimez pas les lesbiennes (point important)
- Vous vous attendez à une vrai enquête
- Vous avez lu la quatrième de couverture et vous cherchez la dystopie annoncée par un des critiques

Présentation de l'éditeur
Valentine disparue... Qui la cherche vraiment ?
Entre satire sociale, polar contemporain et romance lesbienne, le nouveau roman de Virginie Despentes est un road-book qui promène le lecteur entre Paris et Barcelone, sur les traces de tous ceux qui ont connu Valentine, l'adolescente égarée... Les différents personnages se croisent sans forcément se rencontrer, et finissent par composer, sur ton ton tendre et puissant, le portrait d'une époque.

Mon avis
Bon, je crois que je suis devenue fan de Virginie Despentes. C'est amusant à la base, c'est pas du tout mon style de lecture. Enfin bon, j'aime beaucoup ce qu'elle fait et écrit. 

Ici, on retrouve la verve de Despentes, sa façon d'écrire qui me plait de plus en plus, des personnages à la ramasse, des phrases coup de poing. Mais on trouve aussi pas mal de point négatif.

Premièrement, le personnage de la Hyène, une privée lesbienne. Autant au début j'ai bien aimé son personnage, autant dès la seconde fois qu'elle apparait, elle m'a gonflé rapidement. Je crois avoir déjà dit que je n'aimais pas les personnages homosexuels stéréotypés, et bien là, j'ai été servie... La Hyène n'aime pas les hétéros, baisse avec n'importe quelle femme, mets plus bas que terre les hétéros. Au bon d'un moment, c'est lourd, très lourd. Dommage, parce que sans ça, elle aura été géniale. Lucie, la narratrice principale est hétéro et Despentes en fait l'hétéro beauf de base. Ça aussi ça m'a gonflé. Dommage j'aimais bien Lucie qui a une vision pessimiste de son job et de sa vie et qui aurait pu être vachement intéressante sans ça.

Ensuite, il y a le road-book de la quatrième de couverture. J'avoue que pour moi un road-book c'est plusieurs chapitres sur la route. Ici, il faut deux lignes pour arriver à Barcelone, trois pages pour revenir à Paris. Alors oui, la moitié de l'histoire se passe à Barcelone, mais je ne vois pas en quoi c'est un road book.
Puis les autres personnages. Beaucoup trop de stéréotypes. Vraiment trop. Sur Bye Bye Blondie j'avais été habituée à mieux.

Et puis le trash. Enfin, trash si on veut. Finalement, il n'y en a pas beaucoup. Valentine baisse et suce n'importe qui, on trouve de la drogue, de l'alcool et puis c'est un peu tout. Sauf qu'en plein milieu du bouquin Despentes nous écrit une scène de partouse. Et j'ai pas compris en quoi elle était importante pour l'histoire. J'ai vraiment l'impression qu'elle est là pour que le roman fasse moins sage. 
Mais il y a tout de même des points positifs dans ce livre.

Au niveau des personnages, malgré l'avalanche de stéréotypes, on trouve Yacine, extrémiste musulman adolescent. Franchement, c'est celui qui m'a paru le plus développé, le plus vrai. IL y a aussi Soeur Elisabeth qui était bien intéressante.

La narration du livre aussi m'a beaucoup plus. Un chapitre où Lucie parle, un chapitre sur d'autres protagoniste (le père de Valentine, la belle-mère, Yacine, Valentine ou la Hyène entre autre). J'ai beaucoup aimé cette manière de faire vivre tout le petit monde qui tourne autours de la jeune Valentine. On la découvre vraiment dans ces chapitres-là.

Et justement Valentine, le fils rouge de l'histoire. La découvrir comme ça, au fils de la lecture sans jamais la voir. Découvrir à quel point cette gamine est mal, paumée. Vraiment c'est prenant. J'ai beaucoup aimé ce point, cette enquête qui avance et nous fait découvrir ce mal-être intense d'une gamine qui aurait pu avoir tout pour elle.

En conclusion, malgré des points noirs un peu trop présent, j'ai apprécié ce livre. Je pense qu'il ne sera pas mon préféré de Despentes (pour le moment, je lui préfère vraiment Bye Bye Blondie).

et pour finir, quelques citations que j'ai pris le temps de noter(elles ne sont pas dans l'ordre et j'ai oublié de mettre les pages) :
" Les saisons s'enchainaient façon paquets de bonbon; faciles à gober et colorées"
"Elle savait qu'on se remet de tout. Un peu de traviole, mais on repart."
"Les enfants sont les vecteurs autorisés de la sociopathie des parents. Les adultes geignent en faisant mine d'être dépassés par la vitalité "destroy" des petits, mais on voit bien qu'ils jouissent d'enfin pouvoir emmerder le monde en toute impunité, au travers de leur progéniture. Quelle haine du monde a bien pu les pousser à se dupliquer autant?"
"à ce stade de décomposition, le seul remède serait la burqa"



dimanche 8 avril 2012

Bye Bye Blondie

Découverte cette semaine d'une auteure dont je connaissais les histoires sans le savoir. Le Livre les Jolies choses de Despentes est à l'origine d'un de films préféré de quand j'étais ado. 

Bye Bye Blondie, Virgine Despente

A lire si :
- Vous aimez les personnages écorchés vif
- Vous aimez le style assez cru

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les punks et leurs idées
- Vous n'avez rien à faire des histoires d'amours

Présentation de l'éditeur
« Une fille qu’on rencontre en HP n’est pas une fille qui rend heureux. Il voulait jouer contre le reste du monde, avoir raison contre toutes les évidences,
il pensait que c’était ça l’amour. Il voulait prendre ce risque, avec elle, et qu’ils arrivent sur l’autre rive, sains et saufs. Mais ils réussissent juste à s’entraîner au fond. Il est temps de renoncer… »
Gloria a été internée en hôpital psychiatrique. Contre toute attente, la punkette « prolo » y a rencontré Éric, un fils de bourgeois aussi infréquentable qu’elle ; ils se sont aimés comme on s’aime à seize ans. Puis la vie, autant que les contraintes sociales, les a séparés. Vingt ans après, à nouveau, leurs chemins se croisent.
Portrait d’une femme blessée aux prises avec ses démons, traversée des années punk, chronique d’un amour naufragé, Bye Bye Blondie est sans doute le livre le plus émouvant de Virginie Despentes.

Mon avis :
Comme dit dans l'introduction je connaissais au moins une histoire de Despentes sans le savoir. Je suis une grande fan des Jolies Choses avec Cottillard que j'ai du regardé cent fois. Du coup, j'avais une occasion de plus pour lire un de ces livres. Je n'ai pas commencé par les Jolies Choses mais par Bye Bye Blondie, qui a cause de la version Cinéma s'est retrouvé en avant dans ma librairie. Je n'ai su qu'après l'avoir acheté et en cherchant des infos sur Despentes que j'ai découvert pour les Jolies choses. Je pensais retrouver l'ambiance des Jolies Choses, je n'ai pas été déçue.
Dans Bye Bye Blondie, nous suivons Gloria, femme complétement à la ramasse, qui use et abuse de l'alcool et des drogues. Elle est violente physiquement et mentalement. Un soir, après une énième dispute avec son mec, elle croise la route d'Eric, son amour de jeunesse, celui qu'elle a connu en hôpital psy et qui a détruit son cœur et sa confiance en les hommes.
A partir de là, on découvre comment ils se sont connus, aimés et puis séparés. Ensuite, retour au présent et à ce que va devenir leur vie.
Le roman est cru que se soit au niveau des sentiments, des paroles, des actions. Gloria, punkette d'une trentaine d'année, est complétement détruite par ce que lui a fait Eric, fils de bourge. Enfin, non, il n'y a pas que cela qui la détruite. Il y a sa vie tout simplement qui n'est pas rose, qui ne la jamais été. Eric lui est fils de bourge donc, présentateur vedette à la TV qui passe sa vie dans la solitude la plus complète alors qu'il est parfaitement entouré.
J'ai aimé voir ce que la vie avait fait d'eux, comme ils étaient à seize ans, comme ils ont évolués.  J'ai aimé cette passion dévorante qui revient à la charge vingt ans plus tard et qui continue à les consumer. Et puis l'écriture de Despentes est parfaite pour livrer la violence des sentiments de ce livre.
J'ai été franchement émue par cette histoire, par cet amour qui unit les deux protagonistes, par la violence de Gloria.
C'est donc un livre que j'ai beaucoup apprécié et qui me conforte dans l'idée qu'acheter deux Despentes alors que je ne connais pas n'était pas une mauvaise idée. Et puis, ça me fait un petit retour vers la littérature contemporaine plutôt sympa.
Par contre, je ne sais pas si je verrais le film qui en est tiré. Je n'arrive pas à me faire à l'idée qu'Eric soit devenu Frances, une femme. Je me demande réellement ce que cela apporte de plus à l'histoire en elle-même. J'aime énormément le personnage d'Eric, j'ai peur que Frances ne me plaise pas autant que lui.

Prochain livre de Despentes pour moi, Apocalypse Bébé, que j'ai pris en même temps que Bye Bye Blondie. Puis j'essaierais de trouver les jolies choses ainsi que Teen spirit. Etrangement, Baise-moi, son premier livre ne me dit guère, idem pour les chiennes savantes.