Affichage des articles dont le libellé est anticipation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est anticipation. Afficher tous les articles

mercredi 7 juillet 2021

Hors-Sol, Pierre Alféri

 J'ai croisé la route de ce roman un peu par hasard à la libraire alors que je cherchais totalement autre chose (que je n'ai pas trouvé d'ailleurs). Sa quatrième m'a intrigué, son feuilletage aussi. Du coup, je l'ai embarqué.

Hors-Sol, Pierre Alféri

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2021
Nombre de pages : 416

A lire si 
- Vous aimez avoir tous plein de petits récits qui forment une grande histoire

A ne pas lire si :
- Vous souhaitez un vrai fils rouge narratif

Présentation de l'éditeur : 

2103. An quarante de la nouvelle ère. Ce qui reste de l’humanité survit dans des nacelles suspendues au-dessus de la Terre. Dans la haute atmosphère, où l’air est encore respirable, de frêles esquifs rattachés à un mystérieux Navire Amiral abritent d’étranges survivants. La surface de la Terre, en surchauffe, voit se succéder épidémies et cataclysmes. Il a fallu se faire à la vie suspendue entre ciel et terre. Les minuscules communautés inventent une nouvelle vie, chacune mal soudée par un hobby qui les rassemble. On ne mange plus, on s’imprègne. On surgèle les mourants, et plus haut, des « aristechnocrates » surveillent, et plus haut encore le Navire Amiral se tait.
Hors sol est un grand roman poétique d’anticipation qui, de nacelle en nacelle, invite le lecteur à explorer une nouvelle vie humaine dans le ciel autour de feu la Terre. On y retrouve surtout les tendances les plus folles de notre société contemporaine : écartèlement des classes, saccage du vivant, insularisation et hyperconnexion, dérives transhumanistes, hédonisme sexuel et indifférence…

Mon avis

Comme je le disais, j'ai été intrigué par la quatrième de couverture du roman. Suite aux déréglements climatiques, l'humanité a dut fuir la Terre. Pour cela, elle a organisé une lotterie pour choisir ceux qui iraient sur Mars. Mais alors que le Navire Amiral décolle, le voilà subissant une avarie et les humains à son bord se trouve dispatchés à 13 000 mètres de la terre dans des nacelles. Nous allons découvrir la vie des diverses nacelles quarante ans après le départ du Navire Amiral et de son avarie.

Pour faire cet instantanée, l'auteur va nous ouvrir les portes des nacelles de diverses manières. Nous allons donc suivre des articles de blog, des mails, des conversations, lire des poèmes, des journaux, "voir" certaines interactions etc... Le tout forme donc une sorte de guide sociologique et anthropologique de la vie en nacelle en l'an 40 de l'Epoque. Ainsi, nous allons découvrir les diverses nacelles (mais pas toute), leur mode de fonctionnement, le peu d'interaction entre humains du fait de la distance entre les diverses nasses, mais aussi les glacelles, nacelle réfrigérée où l'on congèle les vieux et les mourrants dans l'idée de pouvoir les sauver plus tard, la gymnasse (pour faire de la gym donc), la cassinasse (nacelle casino) ou encore la lupanasse (nacelle lupanar). 

Le roman avait beaucoup pour me plaire. D'ailleurs, j'étais ultra enthousiaste au début de ma lecture. Et puis, le soufflé est légèrement retombé pour finir par vouloir rapidement terminé ma lecture et passé à autre chose. Il a manqué, pour moi, un vrai fil rouge narratif dans cette histoire. Il y en a pourtant quelques uns. Le mystère de la mort des occupants de toute une nacelle (qui ne sera pas élucidé, ne rêvons pas) occupe un peu de notre temps mais sans plus. Après, ce ne sont que succession de moment, parfois reliés entre eux, souvent non. On finit par s'y perdre.

Autre chose qui a finit par me déranger, ce sont, eh bien, les idées que veut véhiculer l'auteur. J'ai eu beaucoup de mal avec certaines. Ses personnages soient soient accros aux réseaux sociaux, soit complètement déconnectés de la réalité, soit obsédé par telel ou telle chose (le sexe et la mort étant pas mal présent). Parfois, j'ai eu l'impression de lire un Damasio dans sa mauvaise période (je trouve, que notre ami Damasio vieillit très mal et devient de plus en plus aigris, de plus en plus "boomer" aussi). Et c'est là que j'ai fini par décrocher. Parce que je n'arrive tout simplement pas à imaginer le même futur que lui. Ce qu'il voit comme des défauts, comme un avilissement de l'humanité, c'est ce que nous vivons déjà et que nous arrivons à surpasser. En fait, le problème, c'est qu'il réfléchit comme un homme de 58 ans pour qui s'était mieux avant (enfin, c'est comme ça que je le vois). 

Au final, ce fut donc une deception. Le roman aurait pourtant pu me plaire, il m'a plu par sa forme, moins par son fond. Il reste intéressant à lire dans la mesure où il est rare de tomber sur ce genre là, cet amoncellement d'instant de vie qui forme un tout cohérent, une image d'un monde et d'un temps précis. 


lundi 2 mars 2020

Roses Mécaniques, Stéphane Desienne

J'ai été opéré de l'appendicite mardi dernier en urgence. Sans parler du mal de chien que ça fait, ça me pose un problème auquel je n'avais absolument pas penser, je ne peux pas lire la "Brique" (aka le Prieuré de l'Oranger) sans avoir mal. Du coup, je me rabats sur le Kindle et Netflix (j'ai enfin fini the 100 et il ne me reste qu'un épisode de The Witcher à voir). Bref, c'était l'occasion de me replonger dans un livre pas trop prenant, avec une touche de pulp et de la SF sympathique, récupéré il y a peu.

Roses Mécaniques, Stéphane Desienne

Editeur : Edition du 38
Collection : du fou
Année de parution : 2019
Format : AWZ

A lire si :
- Vous voulez un roman court
- Vous voulez de la SF d'anticipation
- Vous aimez les thrillers

A ne pas lire si
- Vous n'aimez pas le pulp

Présentation de l'éditeur

Futur proche, quelque part sur la planète Terre. Les robots occupent une place de choix dans notre société. L’utilisation d’androïdes sexuels se généralise, voire se banalise. Pour le proxénète Yuri, c’est l’occasion ou jamais de se faire un paquet de fric avec des machines à sexe toujours au top et opérationnelles 24h/24. C’est sans état d’âme qu’il s’est débarrassé de ses prostituées de chair et d’os. Margot, Cendrillon, Sandra, Safyah et Vicky ont été ses premières victimes. Larguées comme de vieilles paires de chaussettes dans un camp minable, les cinq filles ont décidé de se venger avec pour seul objectif : pourrir le business florissant de Yuri. Seulement, on ne s’attaque pas à Yuri et à « ses roses mécaniques » sans en payer le prix !

Mon avis

Mon amour pour les textes de Stephane Desienne n'est plus à démontrer il me semble. J'aime ce qu'il écrit pour plein de raison. Ça me fait souvent rire (même si parfois, c'est un peu jaune), ça me distrait facilement et je les trouve particulièrement dans l'air du temps. Depuis ma rencontre avec l'auteur en territoire zombie, j'apprécie lire ce qu'il fait. Or, depuis la fin des Editions Walrus (une perte pas possible pour moi en numérique), j'ai un peu, je l'avoue, arrêter de lire l'auteur. Il y a plein de raison à ça, et je ne les explique pas toutes. Il était temps que je le retrouve, parce que faut bien avouer qu'il m'avait manqué.

Roses Mécaniques ne m'avaient pas parlé de suite. Le thème m'intéressait bien moins que les zombies de Toxic ou la religion des Dividendes de l'Apocalypse. Disons que je le trouvais un peu trop racoleur. Or, en y réfléchissant bien, je me suis dis pourquoi pas et j'ai fini par l'ajouter à ma PAL il y a quelques temps. J'avais de plus en plus envie de savoir comment ce thème allait être abordé. Et puis, comme je le disais, lire Stéphane Desienne me manquait. 

Le roman commence par une scène des plus glaçantes et marquantes. L'auteur sait marquer les esprits, il y arrive fort bien ici. Puis, on passe à quelques années plus tard, avec Margot, ancienne pute devenue snipeuse, démontait la tête d'une prostituée androïde. Le ton est donné. Les "naturelles" contre les mécaniques. Un combat qui pourrait être une "querelle de trottoir" entre putes. Or, l'auteur va aller plus loin que ça. Dans les romans de monsieur Desienne, il y a toujours une réflexion sur la technologie, l'humanité et ce que tout cela risque d'entrainer. Ses romans d'anticipations ont toujours quelque chose de gênants dans le fait qu'on ne semble jamais vraiment loin de ce qu'il dit. La critique n'y est jamais facile. Ici, ne nous trompons pas, ce n'est pas la critique des prostituées qui est faite. C'est celle des mac, en premier lieu, du système autours de cette forme-là de prostitution et puis, plus loin, celles des plaisirs virtuels et de "l'avénement des machines". La prostituée mécanique n'est plus vraiment un simple rêve, c'est presque à notre époque une réalité. Le remplacement de l'humain par le robot est une réalité aussi. C'est en suivant les cinq ex-putes (alors, avant de continuer vu que j'emploie plusieurs fois le mot, ceci n'est pas une insulte, et il est assez employé dans le texte pour que je le fasse aussi)(d'ailleurs, pute ne devrait pas être considérée comme une insulte, jamais) mais aussi leur ancien mac, Yuri, que nous pouvons nous faire, nous lecteur, notre propre opinion. 

C'est marrant, ça. J'ai du mal à parler du roman, de ses personnages, de son histoire, bref de ce dont je parle d'habitude. J'ai en tête tout ce que j'ai pu pensé de ma lecture plus qu'elle-même. Peut-être parce que l'auteur nous laisse nous faire notre propre opinion sur tout cela. J'ai trouvé Stéphane Desienne assez neutre dans son discours surtout en ce qui concerne la partie anticipation de son récit. L'impression en vient aussi du fait que les personnages, plus particulièrement les filles, me semblent quelque peu stéréotypés. On y retrouve la princesse, la guerrière, la mère, la bricoleuse (qui contre doute attente est bien Cendrillon)... Le mac, lui, est ce qu'on peut s'en peine imaginer, quelqu'un venant d'un pays de l'est quelconque (il s'appelle Yuri), violent et avide d'argent. Même les robots n'échappent pas à la règle. L'histoire aussi est assez simple au final. Non, vraiment, ce qu'il reste, c'est le discours d'arrière. Et c'est pour cela que je vous invite vraiment à lire ce bouquin.

Alors, oui, Roses Mécaniques n'est pas mon préféré de Stéphane Desienne pour les raisons évoquées au dessus. Malgré un humour toujours bien présent, une partie pulp que j'apprécie et une histoire qui se laisse lire sans problème, j'ai été un peu déçue par les personnages eux-mêmes. Cela n'en reste pas un bon petit roman d'anticipation où la place des androïdes est questionnée de manière intelligente. 

mardi 10 janvier 2017

La Fin du Monde, Fabrice Colin

Comme à chaque début d'année, j'essaie d'éliminer quelques vieux livres de la PAL. Il faut bien commencer par quelque chose et autant que je commence l'année avec les vieilleries. Celle-ci est resté longtemps dans ma PAL pour une raison très bête, j'ai su que c'était une première partie et que la suite n'allait surement jamais être publiée environ deux jours après l'avoir acheté. Bref, ça m'a un peu coupé dans l'envie de découvrir ce roman-là. Mais faut bien qu'il sorte de la PAL tout de même, alors, c'est parti.

La Fin du Monde, Fabrice Colin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 216

A lire si :
- Vous voulez un roman jeunesse plutôt dur
- Vous voulez de pré-apocalypse et de l'apocalypse aussi

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les romans choraux
- Vous voulez la suite...

Présentation de l'éditeur :

Lorsque la première bombe atomique explose au-dessus de San Francisco, Jim Thompson veut croire qu'un avenir existe encore. Hélas! Aux quatre coins du globe, une guerre nucléaire totale se propage. L'un après l'autre, tous les pays sont rayés de la carte : le pire des scénarios est devenu réalité. Chine, Egypte, France, Etats-Unis... Séparés par des milliers de kilomètres, quatre adolescents aux destins mystérieusement liés s'efforcent d'échapper à l'inéluctable et de rallier une base secrète du Groenland. Mais peut-on survivre à la fin du monde?

Mon avis

Lorsque j'ai acheté ce roman, je ne savais pas du tout qu'il aurait pu y avoir une suite. D'ailleurs, il y a une suite, juste qu'elle n'est pas éditée et qu'elle ne le sera peut-être pas. La raison est simple, Mango Jeunesse a changé sa ligne éditorial entre la publication de La Fin du Monde et la fin de l'écriture d'Après. Du moins, ce sont les infos que j'ai réussi à récupérer ici ou là. Mais ces informations là avaient suffit à me refroidir quant à ma lecture. Justement parce que je ne savais pas comment finirait le roman ni même si un jour on aura la suite. Et rester sur ma fin est une chose que j'apprécie guère.Et puis, finalement, j'ai lu La Fin du Monde. Parce que je n'aime pas voir traîner des livres trop longtemps (tout est relatif hein) dans ma PAL. Et l'histoire m'a entraînée.

Nous sommes à la vielle d'une attaque nucléaire mondiale. La plupart des pays semblent être en guère, occident contre orient, bref, conflit comme nous pouvons en voir dès à présent. Mais là, tout va dégénérer. Les USA vont être attaqués à la bombe atomique, ils vont répondre et le feu va être mis au planche, détruisant quasiment toute la population mondiale, tous les animaux et toutes les plantes. Sauf que ça, peu de personne le savent. Seuls les dirigeants sont au courant, et peut-être d'autres, personnes haut-placées ou grands scientifiques... 

On ne va pas suivre les privilégiés de l'affaire, ni des militaires, ni des dirigeants. Fabrice Colin nous fait suivre quatre jeune gens d'environ 17 ans : Jim, fils d'un sénateur américain, François, français et ami de Jim, Xian, chinois dont le père a une liaison avec la mère de François et Hafsa, égyptienne ayant appartenue au groupe Al-Qaida et protégée de Thompson, le père de Jim. Chacun d'eux est relié à l'autre d'une manière ou d'une autre, chacun d'eux va vivre cette apocalypse de différente façon, mais surtout, ils vont essayer de s'en sortir par tous les moyens possibles. 

Il y a deux choses vraiment bien dans le roman. La première, c'est forcément l'histoire. Il est rare que l'on parle apocalypse nucléaire dans un roman pour la jeunesse. Fabrice Colin choisit de ne pas parler de ce qu'il a pu se passé avant entre les divers pays, nous ne savons pas qui est en guerre contre qui, qui a décidé d'appuyer sur le "bouton rouge", ni même pourquoi. Il s’intéresse plus aux conséquences à un niveau plus terre à terre, plus proche de nous. Et pour cela, il utilise quatre personnages vivant dans des endroits bien différents et surtout ayant des points de vue bien différent. C'est là que j'arrive au second point de fort bien, les personnages.

J'ai apprécié que Fabrice Colin utilise quatre personnes venant d'horizons différents et voyant le monde de différentes façons. J'ai encore plus apprécié que les personnages soient racisés et que cela n'est pas fait juste pour mettre de la couleur. J'apprécie que les cultures soient bien employées comme elles le sont ici. L'exemple le plus flagrant pour moi, c'est bien Hafsa, cette jeune femme qui a voulu commettre un attentat suicide, qui explique pourquoi des années après et qui petit à petit se remet en question sans toutefois perdre la foi en son Dieu. C'est un personnage que j'ai beaucoup apprécié parce que justement, elle garde ses convictions tout essayant d'évoluer dans un sens qui lui semble bon à elle (et pas qui semble bon à l'occidental que nous sommes). Je l'ai trouvé vraiment complexe et bien foutue comme personnage, bien plus que Jim ou François par exemple, qui m'ont semblé parfois trop être les occidentaux "de base" ou encore Xian, dont la nationalité ou la religion semble peu évidente si on lui enlève son road-trip de la Chine vers la Sibérie. D'ailleurs, le personnage de Xian est un personnage vraiment intéressant à la base, malheureusement, je le trouve un peu en dessous de ce qu'il aurait pu être (petit génie chinois qui va devoir survivre et qui va prendre en charge une petite fille de 5 ans après la mort des parents de celle-ci, bref, de quoi en faire un personnage remarquable et qui finalement tombe un peu à l'eau pour moi). 

Et puis, parce qu'il faut bien parler de choses facheuses, il y a la fin. Du moins les quelques derniers paragraphes. Si le livre pourrait presque se lire tel un one-shot, Fabrice Colin installe sa suite en nous posant des questions et en promettant d'y répondre dans Après, la suite. Une suite qui arrivera peut-être un jour ou peut-être pas. Or, il nous laisse vraiment avec pas mal de question à la fin du roman. Dont une, qui me fait me demander si la suite ne virera pas SF à aliens (ce qui serait peut-être dommage d'ailleurs, si c'était le cas). Et personnellement, ça m’ennuie vraiment, même si ce n'est pas la faute de l'auteur (pas entièrement en fait). 

Au final, le livre est vraiment interessant dans sa gestion de la crise et avec ses personnages tous bien différents que les autres. Pour un roman jeunesse je le trouve sombre à souhait et plutôt intelligent. Je déplore juste le manque de la suite et certains personnages parfois trop facile. Il n'en reste pas moins que c'est une lecture plaisante et qui fait réfléchir sur les conséquences de nos gestes. J'espère qu'un jour, la suite trouvera éditeur.


lundi 9 mai 2016

Memorex, Cindy Van Wilder

Memorex, c'est un peu le roman dont j'attendais avec impatience la sortie. Cindy Van Wilder est très forte pour faire sa propre pub sur twitter (et celle des autres aussi, voir I.R.L. d'Agnès Marot). Mais surtout, parce que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup aimé les Outrepasseurs et je voulais voir ce qu'elle était capable de faire avec un sujet anticipation et sans surnaturel.

Memorex, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 403

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous voulez du huis-clos
- Vous voulez une héroine géniale

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les flashback

Présentation de l'éditeur 

2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Mon avis

Comme je le disais, Memorex fait parti de ces livres qui ne sont pas encore écrit (ou fini d'écrire) et qu'on veut déjà lire. Cindy Van Wilder en a beaucoup parlé, et moi, j'ai adoré le pitch et les extraits qu'elle a pu nous fournir (alors que je n'aimais pas du tout le titre provisoire). Et puis, on a eu la couverture, et elle m'a donné encore plus envie. Et enfin, jour de la sortie, il était là, chez ma libraire, bien en vu et surtout ultra attirant. Bref, il a fini dans mon panier et je l'ai ouvert dès le soir. Je l'ai fini dimanche dans la journée.

Je ne parlerais pas trop de l'histoire pour ne pas trop spoiler. Je trouve la quatrième de couverture très bien pour ça, elle n'en dit pas des masses, poussant le lecteur à lire le bouquin. Dans les grandes lignes, nous avons donc Réha, dix-sept ans, qui un an plus tôt a perdu sa mère lors d'un attentat contre la fondation de celle-ci. Depuis, sa vie a changé. Réha s'est repliée sur elle-même, même si elle veut donner le change, son jumeau a fait de même et son père s'enferme dans son île privée. Île où ils vont se retrouver pour le premier anniversaire de la mort de leur mère. Mais rien ne se passe comme prévu... Alors que le danger est bien présent, Réha va petit à petit apprendre ce qu'il a pu se passer un an auparavant.

J'ai envie de commencer par Réha. Réha, dix-sept, des rêves détruits, que nous allons suivre durant une bonne partie du livre. Première chose à dire sur elle, elle est métisse. Alors, ça n'apporte pas forcément plus au livre en lui-même (une scène surtout où il est question de racisme). Par contre, personnellement, ça m'a apporté un petit vent de fraîcheur. Parce que le white washing, c'est sympa un moment mais avoir de beaux personnages qui ne sont pas blancs, c'est cool aussi. Et Réha est un beau personnage. Un bon aussi. Ce bout de femme a vécu l'un des événements les plus traumatisants qu'il puisse exister (perdre sa mère, morte dans ses bras) et essaie tant bien que mal de reprendre le dessus. Elle se révèle être un personnage avec beaucoup de faiblesse, beaucoup de noirceur aussi en elle. J'aime ce genre de personnage qui essaie sans y arriver réellement. J'aime ce genre de personnage a qui l'on peut facilement s'identifier même s'il lui arrive des choses qui n'arriveront pas à tout le monde (l'attentat, la prise d'otage, le reste...). Et puis, j'ai beaucoup apprécié son évolution. 

Elle n'est pas le seul personnage intéressant. Pour qu'un Young-adult fonctionne, il ne faut pas juste un bon personnage principal. Il faut que les autres suivent. Et c'est bien le cas ici. La famille de Réha, son père et son jumeaux, sont très bien foutus eux-aussi. Surtout que ces deux-là ont droit à des flashbacks et deviennent des personnages de premier plan. Le père, bien qu'il puisse paraître assez inhumain sur le coup, est un personnage complexe comme je l'ai apprécie, ni blanc ni noir, tout en nuance et avec des motivations que je peux parfaitement comprendre. Aïki, le jumeaux de Réha, est, pour moi en tout cas, le personnage le plus intéressant, plus particulièrement dès qu'on a accès à ses flashback. Malheureusement, vous expliquez pourquoi serait spoilé, alors je vous laisse le découvrir. Autour d'eux, il y a aussi Holly, petite amie d'Aïki, que Réha nomme Petite Miss Parfaite durant un long moment. Bien que vu uniquement par Réha, son évolution, et celle de la vision qu'à Réha d'elle, est vraiment sympathique à suivre. Comme quoi, les miss parfaites ne sont pas forcément si parfaites que ça (ou encore plus qu'on ne le pense). 

Enfin parlons un peu de l'histoire. Parce que même si les personnages sont importants, même si tout se base ou presque sur leur évolution face aux événements, il faut bien que les dits événements soient à la hauteur. Et ils le sont. J'ai beaucoup apprécié le départ, très ordinaire et puis petit à petit la montée en puissance de la tension. Tout s’enchaîne rapidement dans le huis-clos qu'est Star Island. On passe les pages les unes après les autres, avec une certaine difficulté à lâcher le livre (personnellement, si le vendredi, fatiguée, je n'ai lu qu'une cinquantaine de page, le lendemain, j'ai lu plus de la moitié du bouquin sans m'en rendre compte). Les flashback présents, point de vue d'autres personnes que Réha, sont tout autant addictifs. Sans parler des divers thèmes abordés. Celui du deuil d'abord, que Réha a tant de mal à supporter et qu'elle vit différemment des autres membres de sa famille (chaque deuil est unique), le traitement de la mémoire après un traumatisme et puis l'autre, dont je ne parlerais pas forcément et qui révèle assez de la SF (spoiler (merci de surligner pour lire) le combat que mène le père de Réha contre la mort et qui va le pousser à "recréer" son fils grace à un corps cybernitique et surtout le transfert de sa mémoire dans le dit corps) fin du spoiler). Sans parler de l'amour toujours présent, qu'il soit amical ou familial.

Le tout donne donc un super roman Young-adult à la fin plutôt ouverte. J'ai aimé tellement de chose dessus, les thèmes, les personnages, le tout (la référence à IRL aussi tiens). J'avoue avoir du mal à lui trouver des défauts, peut-être des explications parfois un peu trop rapide sur certain point, ou le fait que je trouve le roman trop court (question de goût ça, mais je serais bien restée plus longtemps en compagnie de Réha). Pour conclure, je dirais juste que c'est un nouveau coup de cœur.

mardi 26 avril 2016

I.R.L., Agnès Marot

Cela faisait un moment que je voulais découvrir Agnès Marot, la faute à Cindy Van Wilder qui n'hésite pas à en faire la promo sur twitter. Il faut dire qu'elles sont amies dans la vraie vie et que des amies comme ça, c'est juste génial. Bref IRL sortant ce mois-ci, le thème étant plus que sympathique, j'ai décidé de me lancer afin. 

I.R.L., Agnès Marot

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 442

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous aimez jouer au Sim's
- Vous voulez une héroine attachante

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas naviguer dans la ligne temporelle
- Vous voulez de la romance pure et dure

Présentation de l'éditeur : 

Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo

Mon avis

Avant de commencer l'avis sur le livre lui-même, parlons un peu de l'objet. Déjà, j'adore la couverture. On ne le voit pas ici, mais elle est recouverte en vernis selectif de colonne de 0 et 1 (pour les non informaticiens ou les non-geek, il s'agit donc du code binaire, comme on peut le voir dans Matrix en vert sur fond noir). C'est super sympathique. Après la tranche est de couleur un peu rose (comme les rectangles qui entourent le nom du livre et de l'auteure), donnant un petit côté girly qui suite à la lecture va parfaitement à Chloé, je trouve. L'objet est donc beau et agréable au touché. Je parle rarement de tout cela alors que c'est tout de même important dans un livre, je trouve. Je devrais le faire plus souvent. En tout cas, Gulf Stream fait de beaux objets livres (les Outrepasseurs de Cindy Van Wilder sont magnifiques). 

I.R.L est un roman d'anticipation à tendance Young-Adult. Chloé, l’héroïne, vit à Life City. Adolescente banale, rien ne semble la prédestinée à quelque chose de grand. Et puis, elle rencontre Hilmi, jeune homme qui l'a fait vite craquer. En même temps, elle reçoit d'étrange mail et découvre qu'elle est filmée H24. Elle va vite découvrir qu'elle et les habitants de Life City sont en fait des IA, des personnages de Play Your Life, une émission qui fait fureur IRL. A partir de là, commence l'aventure pour Chloé, celle qui devrait la mener, et mener toutes les IA vers la liberté.

J'avoue avoir beaucoup de mal à choisir par quoi commencer. Il y a beaucoup de chose à dire sur ce roman-là. Ce n'est pas juste un roman Young-Adult d'anticipation. C'est un roman qui est même plutôt actuel, qui fait beaucoup réfléchir sur notre utilisation des nouvelles technologies, notre dépendance à tout cela et la liberté. Actuel donc par les questionnements sur la liberté informatique. En tant qu'informaticienne moi-même, ça me parle forcément. Nous sommes à l'époque du Big Data, des clouds, de la loi informatique permettant la collecte d'information sur les usagers. Toute notre vie ou presque, nos habitudes de consommation, des données plus personnelles, se trouvent sur internet, plus ou moins protégés (scandale des photos de charme de star ou autre). On ajoute à tout cela un jeu qui occupe tous le monde, une téléréalité en "mieux" où ce ne sont pas des personnes réelles que l'on observe mais des IA, jouées par de vrais personnes. Et on se demande jusqu'où peuvent aller ces personnes. Après tout, qui n'a pas tué pour s'amuser son sim's ? Et si les personnages du jeu étaient au final tout aussi humain voire même plus finalement que ceux qui les jouent ? Ce sont des questions que c'est posé Agnès Marot et qu'elle nous pose avec IRL. Elle le fait de manière intelligente, en essayant de faire réfléchir le lecteur, en le menant sur des pistes qu'il n'aurait peut-être pas suivi tout seul. Le cheminement de Chloé vers la liberté, cette envie qu'elle a de sauver les autres, de libérer son monde mais pas que du PDG de Play Your Life permet vraiment de se rendre compte à quel point les nouvelles technologie peuvent parfois être dangereuse. Je regrette d'ailleurs un peu qu'on ne voit presque que le mauvais côté de tout cela (coucou l'informaticienne spécialiste en base de données qui te parle là)(sur un thème pareil, faut dire que ma spécialité m'aide aussi beaucoup à prendre pas mal de recul)(le recul étant une chose importante sur ce genre de livre, ne pas tout prendre pour argent comptant, sortir les bonnes informations et réfléchir, surtout réfléchir). Mais je travaille là-dedans et Agnès Marot est autrice (je ne dis pas qu'elle ne s'y connait pas, loin de là, juste que c'est mon boulot et que je connais les risques mais aussi les avantages). Il est donc normal qu'elle n'est pas forcément pensé à tout et surtout qu'elle utilise seulement ce qu'il lui faut pour mettre en place ce qui est pour moi le thème principal de son roman, la recherche de la liberté et les dérives des réseaux.

Elle utilise d'autre thèmes, à l'importance un peu plus minimes dans son roman mais dont il faut parler aussi (quand je vous dis qu'il y a beaucoup de chose dans ce roman). Il y a celui de l'adolescence pas toujours facile, avec une Chloé un peu beaucoup perdue, pas vraiment gâté par la vie, comparée régulièrement à sa meilleure amie Elsa pour qui tout est simple. Tout cela fait très réel, même si Chloé n'est vraiment pas gâté par la vie (un peu trop même parfois, mais c'est le jeu). On retrouve le premier amour, les premiers déceptions lié à celui-ci. Et puis, dans la seconde partie du roman, c'est la célébrité soudaine, les paillettes et les belles robes et tout ce qui va autour. Si Chloé apprécie tout cela dans une certaine mesure, elle se rend aussi compte du caractère éphémère de tout cela et des dangers que cela peut entraîner et en même temps... En même temps Chloé est une jeune femme qui parfois se laisse abuser par les paillettes, par les gens aussi. C'est un personnage qui a ses failles, qui n'est pas toute puissante. 

D'ailleurs, passons aux personnages. Chloé, l’héroïne, est bien pensée, elle n'est pas parfaite (elle a même des poignets d'amour)(oui, je relève, parce que finalement, on a l'impression que ce genre de physique est rare en littérature alors que pas du tout), elle ne cherche pas à l'être non plus. Elle est mue par ses rêves, par son désir de liberté, par l'amour aussi (celui pour Hilmi, celui pour sa mère) comme beaucoup de jeunes de maintenant. Bref, c'est un personnage ordinaire à qui l'on peut facilement s'identifier. Autour d'elle, les autres personnages sont tout aussi intéressant. J'ai beaucoup apprécié l'évolution de Link, comprendre ce qu'il a pu se passer dans sa tête pour en arriver là (la jalousie, envers Hilmi, envers Play Your Life qui lui enlève son père...). J'ai moins accroché avec Whisper ou avec Hilmi par contre, parfois trop lisses à mon gout. Mention spéciale pour Cindy, personnage pas forcément plus développé que les autres mais qui apporte beaucoup de douceur à l'histoire. Des fois, des personnages comme ça, j'en voudrais plus souvent.

Et pour finir, on parle des références ? Parce qu'il y en a beaucoup et qu'elles sont fort bien choisies. Bien sur, il y a les Sim's (et j'ai envie d'y rejouer), mais aussi le Truman Show, un film que je recommande. On retrouve aussi Pygmalion et Galathée et dans la veine créateur\créature, Frankeinstein, ce qui résume plutôt pas mal la relation entre Chloé et Link (lui amoureux de sa création, elle qui se rebelle contre le tout). D'autres références sont présentes (certaines sont expliqués à la fin du livre), comme 1984 d'Orwell (forcément, vu le thème) ou les livres qu'a pu lire Chloé et qui détermine son caractère mais aussi quelques autres à la pop culture (le film Moulin Rouge par exemple). Le tout ancrant un peu plus le livre dans le présent malgré le côté anticipation.

Bon, je crois avoir presque tout dit. J'ai surement du oublier des choses, mais je crois qu'il veut mieux, ainsi le lecteur peut se faire son avis à la lecture. En tout cas, ce premier pas dans l'univers (les univers plutôt) d'Agnès Marot m'ont beaucoup mais alors beaucoup plut. Je dois avouer que je ne m'attendais pas forcément à un livre si bon. Un coup de cœur au final pour un livre qui me parle énormément.

jeudi 30 juillet 2015

LoveStar, Andri Snaer Magnason

Zulma a une collection qui m'attire de plus en plus. Il faut dire que pour l'instant, je n'ai pas été déçue par ce que j'ai pu lire chez eux. Et ce n'est pas LoveStar qui va me faire dire le contraire.

LoveStar, Andri Snaer Magnason

Editeur : Zulma
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : Zulma
Année de parution en VO : 2002
Nombre de pages : 432

A lire si :
- Vous aimez la littérature venu du Nord
- Vous voulez une histoire se passant dans un futur proche

A ne pas lire si :
- Vous êtes plutôt du genre alarmiste
- Vous n'aimez pas les pub

Présentation de l'éditeur :

« Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d’un étrange comportement. […] Au lieu d’aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d’hiver, ils se dirigèrent vers le nord. » C’est ainsi que s’ouvre le roman, fable imaginative et pourtant étrangement familière, tenant à la fois de Calvino et des Monty Python. Face à la soudaine déroute de toutes sortes d’espèces volantes, le génial LoveStar, vibrionnant et énigmatique fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité, pour son plus grand bonheur, de l’universelle emprise de l’électronique. Et développant au passage quelques applications aussi consuméristes que liberticides… Avec des hommes et des femmes ultra connectés payés pour brailler des publicités à des passants ciblés, le système ReGret, qui permet « d’apurer le passé », ou le rembobinage des enfants qui filent un mauvais coton. Autre innovation, et pas des moindres, en faveur du bonheur humain : les âmes sœurs sont désormais identifiées en toute objectivité par simple calcul de leurs ondes respectives. Quand Indriði et Sigríður, jeunes gens par trop naïfs et sûrs de leur amour, se retrouvent « calculés », ils tombent des nues : leur moitié est ailleurs. Les voilà partis, Roméo et Juliette postmodernes contrariés par la fatalité, pour une série de mésaventures cocasses et pathétiques, jusqu’à ce que leur route croise celle de LoveStar lui-même, en quête de son ultime invention…

Mon avis

Il est amusant de voir que chez Zulma, éditeur de littérature plutôt blanche, on retrouve si facilement de la littérature fantastique, voire même un peu de science-fiction. Peut-être aussi parce que ce sont les courants qui m'intéressent le plus et que forcément je tape dedans quand je prend un livre de chez eux. Mais pourtant, ce n'est pas quelque chose qui arrive seulement chez eux. Comme si enfin, la littérature SFFF prenait un peu plus de poids et surtout était vu d'une manière différente. Mais là n'est pas le sujet de cet avis. 

Comme je le disais donc, LoveStar n'est pas de la littérature blanche. C'est de la science fiction. Ben oui. Et de la bonne en plus de ça. Ici, pas de space opéra ou autre, mais plutôt de l'anticipation. Nous n'avons pas vraiment de date dans le livre, mais il est plus que probable qu'il se déroule dans un futur proche du notre, très proche même. Dans ce futur, le comportement migrateur des animaux s'est vu perturbé, leur faisant faire un peu tout et n'importe quoi. Un homme, LoveStar, a alors eu une idée. De cette idée est né l'homme connecté, celui qui n'a besoin d'aucun fil, aucun câble pour être relié aux autres. Et puis, petit à petit, le monde a évolué avec cette idée, devenant un monde régit par les ondes, et surtout par la surconsommation. Ainsi, l'homme qui était libre de toute attaches physiques se voient pourtant entravé par la publicité, les multiples applications créées pour lui. Il ne commande plus son destin, celui-ci lui est dicté, jusqu'à sa moitié, sa seule et unique ou encore sa mort... Et tout ça à cause d'un seul homme, un visionnaire qui s'est un peu laissé prendre au jeu de dieu, LoveStar.

Nous allons suivre LoveStar lui-même, durant une partie du roman. Cela afin de mieux comprendre ce qu'il se passe, comment il en est arrivé là et pourquoi. Nous allons aussi suivre un couple de jeune gens, séparés par InLove, l'une des inventions de LoveStar permettant de trouver son seul et unique partout dans le monde. Avec eux, nous découvrons surtout les dérives des inventions de LoveStar, puisqu'ils les vivent au quotidien. 

Ce qu'il y a de troublant dans LoveStar c'est à quel point son auteur, Andri Snaer Magnason a pu être visionnaire dans son écriture. Parce que le roman date de 2002, avant l'arrivée en masse d'internet et de Facebook, des blogs, et des publicités "intelligentes", avant la suprématie de Google... Et que pourtant, il décrit presque parfaitement ce qu'il nous arrive ou va surement nous arriver quelques années plus tard, en 2015. L'auteur a réussi à décrire ce qu'il pourrait se passer (oui, je fais mon alarmiste là comme ça mais en même temps, on y va quand même presque tout droit vers ce que décrit le roman)(du moins pour certain aspect, comme l'omniprésence de la pub, ou la suprématie d'une seule et même compagnie) et à le faire de manière intelligente. IL décrit un monde qui semble éloigné du notre mais ne l'est pas tant que cela. 

De plus, les deux histoires, celle de LoveStar et celle d'Indriði et Sigríður sont parfaitement portés et vont très bien ensemble. A chaque mésaventure du couple, nous voilà plongé du côté de LoveStar pour découvrir ce qui a pu l'amener à faire telle ou telle chose. Elles sont aussi portés par une écriture vive, qui ne tombe jamais dans le lourd ou le pathos. Les descriptions, quoique parfois un peu longues pour les paysages, sont bien écrites, tout comme les sentiments des personnages (même si j'avoue que l'amour entre Indriði et Sigríður m'a parfois un peu saoulé tellement c'est mielleux)(mais c'est aussi fait exprès par l'auteur). On trouve une petite touche d'humour qui fait du bien et finalement, même si le roman se veut une critique du monde vers lequel nous tendons, il n'en est pas forcément moralisateur, comme le prouve d'ailleurs sa fin en demie-teinte qui fini parfaitement, pour moi, le roman.

Au final, j'ai beaucoup aimé LoveStar. C'est une fable très jolie qui ne finit pas forcément bien (ni forcément mal d'ailleurs) et qui permet un peu de réfléchir à ce qu'y nous entoure. 

lundi 27 janvier 2014

Fortune Cookies, Silène Edgar

Les éditions Bragelonne ont lancé la semaine dernière une nouvelle collection numérique (mais pas que en fait), nommée Snark. J'avais envie de la découvrir surtout que le mois prochain, elle va accueillir Cécile Duquenne et ses Foulards Rouges. J'ai donc choisi le livre qui me plaisait le plus au point de vue quatrième. Et autant dire que si le reste de la collection l'égale, je vais me jeter dessus sans le moindre problème.

Fortune Cookies, Silène Edgard

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez l'anticipation
- Vous voulez de l'anticipation proche, possible surtout
- Vous aimez les personnages qui doutent

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire joyeuse
- Vous avez peur de l'avenir

Présentation de l'éditeur : 

Bretagne, demain :
Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au Sud… la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur. 
 
Paris, après-demain :
État d’urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d’Hadrien, ni d’Élisabeth. 
Quelque chose a basculé sur la route.
Mon avis
Imaginez que demain, même aujourd'hui, la France soit plongé dans le black-out le plus total sans préavis. Que cela dure deux jours, deux jours d'angoisse à ne pas savoir ce qu'il se passe, sans internet, sans téléphone, sans télé... Imaginez que lorsque tout revient, l’État applique l’état d'urgence, que le prix de l'essence et de l'électricité est multiplié par vingt, que les marchés financiers se soient écroulés... Que feriez-vous alors ?C'est la question que nous pose Silène Edgard ici. C'est à partir de là qu'elle va construire son histoire, en deux parties, ce qu'il se passe au moment du Black-Out et un peu après, et ce que son héroïne va faire, quelques mois plus tard.

Pour cela, elle va alterner deux époques, deux styles de narrations aussi. Nous avons d'abord demain (pour reprendre la quatrième de couverture), narré à la troisième personne. Blanche et Hadrien vive normalement en bretagne. Leur vie est simple, normale. Puis vient le Black-Out et l'angoisse. Leur fille se trouve de l'autre côté des Pyrénées. Lorsque tout revient, ils entendent un appel à la résistance à la radio. Ils décident de partir chercher leur fille. Nous découvrons ce qu'il se passe durant le Black-Out mais surtout juste après. On sent l'angoisse montée, que se soit pour Hadrien et Blanche ou pour les gens autours d'eux. Mais je crois que le pire, c'est que tout le long, je me suis dit que, merde, ça pourrait très bien arrivé, là, maintenant. Les faits qui mène au Black-out décris par Silène Edgard semble vraiment réel, d'ailleurs, il est possible que cela puisse arriver à notre époque. C'est ce qui fait la force de cette partie, en plus des personnages (mais je reviendrais sur les personnages après).

Demain est entrecoupé (ou est-ce l'inverse ?) par après-demain. Blanche est devenue Bianca, nous ne savons pas ce qu'il est advenu d'Hadrien ou d'Elisabeth. Nous ne pouvons que le supposer, et encore. Elle est entrée dans la résistance, comme d'autres. Avec son groupe, ils préparent une opération de grande envergure. Nous suivons donc ces hommes et ces femmes, qui auraient pu être moi, vous, eux, des gens ordinaires. Ils ne se laissent pas faire, ne veulent plus être des moutons. Toutes leurs actions sont pacifiques mais coup de poing. J'ai aimé cette vision de la résistance, celle des idées plus que celle des armes.

Chaque chapitre débute par soit une citation, d'une chanson, d'un poème, pour Demain, soit par un article sur l'état d'urgence pour Après-Demain. Les articles sont vrais, ce n'est pas une invention de l'auteure. Et je dois dire que ça fait peur de savoir tout ce que l'Etat peut faire dans ce cas. Nous pouvons passer rapidement de démocratie à dictature, avec propagande et tout ce qui va avec. Quant aux citations, elles paraissent tellement juste dans le contexte. Comme quoi, beaucoup de monde y pense à la "fin du monde" vu comme dans Fortune Cookies.

Passons à présent aux personnages. Blanche en premier, puisqu'elle est l’héroïne. J'ai aimé la voir évolué petit à petit. Nous passons de la gentille femme comme tout le monde, qui va angoisser pour sa fille (je me suis un peu trop reconnue dans cette partie), qui ne va d'abord pas comprendre ce qu'il se passe vraiment, pour en arriver à la résistante. Cela se fait de manière assez naturelle vis à vis du personnage. Nous n'avons pas l'impression qu'elle prend ses décisions à la légère. C'est réfléchi, même lorsque cela nous parait complétement irrationnel. Et puis, il y a les hommes qui l'entourent, dans les deux parties. D'abord Hadrien, sur qui elle va pas mal se reposer jusqu'à un certain évènement où les rôles vont s'inverser. Puis, il y a Joshua, qui tiendra le même rôle qu'Hadrien au départ. Et puis enfin, il y le personnage qu'on ne voit pas mais qui est bien présent, Elisabeth, celle qui va motiver toute l'histoire.

En parlant d'histoire, je tiens à dire qu'elle m'a énormément touché. Mais vraiment. Parce que je suis femme et mère, parce que je me suis reconnue dans Blanche à chaque fois, parce que j'ai compris ses motivations et que je me suis dit que si j'avais été à sa place, il est fort possible que j'aurais fait comme elle. Silène Edgard a fait de son roman un cri, celui du cœur, d'une femme, d'une mère. Tout est là. A tel point, que lorsque j'ai lâché mon ipad, à la fin du roman (quelle fin d'ailleurs !), je n'ai pu m'empêcher de pleurer. Mais vraiment. Il m'a fallu dix minutes si ce n'est plus pour m'en remettre. Et lorsque ce fut le cas, j'ai attrapé ma fille et je l'ai serré fort contre moi.

Au final, ce roman est un coup de cœur pour moi. Je n'ai que rarement été touché comme ça, surtout dans mon cœur de mère. Fortune Cookies est bien écrit, mais surtout, il est remplie de sentiment fort, de message, de combat. Moi, ce livre m'a touché, je n'y aurais pas cru au départ. Et pourtant ce fut le cas. 

Je vous met ici le lien vers le blog de Bragelonne et l'interview qu'ils ont fait de Silène Edgar : interview

Franchement, lisez ce livre.

mardi 10 décembre 2013

Homo-Putridus, Toxic tome 1, Stephane Desienne

Me demandant ce que j'allais bien pouvoir lire en epub alors que ma PAL a dangereusement diminué (quasi fini tous les livres achetés l'année dernière lors de l'opération bragelonne), je me suis dis que ce serait bien sympa de découvrir les autres séries chez Walrus, vu que la première (Jésus VS Hitler) m'a bien plus.

Homo-Putridus, Toxic tome 1, Stephane Desienne

Editeur : Walrus
Collection : Série
Année de parution : 2012
Format : Epub

A lire si 
- Vous aimez le mélange des genres
- Vous voulez du zombies
- Vous voulez aussi de l'alien

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas voir les humains comme des marchandises

Présentation de l'éditeur

Si seulement les morts-vivants avaient été le seul problème de l'humanité… La race humaine tente vaille que vaille de survivre au sein de poches de résistance dispersées. La Terre n'est plus qu'un vaste champ de ruines aux ressources de plus en plus rares. Pour en arriver à un tel cauchemar, notre monde aura dû affronter deux fléaux: un virus inconnu et dévasteur a d'abord décimé la population — la transformant en hordes de zombies — puis débarquèrent des étoiles ceux qui auraient pu être les sauveurs : une armada extra-terrestre. Hélas, pour ces aliens, les hommes ne sont que du bétail dont la chair est un mets des plus appréciés outre-espace... à condition qu'ils ne soient pas contaminés! Car transformés en morts-vivants, les humains n'ont plus aucune valeur. Depuis son Q.G. de Dubaï, Naakrit dirige les opérations qui feront de lui un alien riche : collecter des humains sains et en gérer l'exportation pour ses clients. Mais avant d'amasser sa fortune, il devra composer avec deux problèmes épineux: Jave, un émissaire venu surveiller son activité, et la prolifération du virus zombie qui menace ses capacités d'approvisionnement. Pendant ce temps, un groupe d'humains cherche à échapper aux zombies et aux extraterrestres. Bien malgré elle, Elaine, une infirmière au caractère bien trempée, endosse le rôle de meneur. Autour d'elle, des hommes et des femmes perdus dans un monde sans repère: Masters est un colonel de l'armée US, Alva une ex-starlette. Bruce est étudiant en biologie, et Hector un ancien dealier colombien tout juste sorti de prison. Et puis, il y a Dew. Un adolescent muet — peut-être autiste — dont personne ne sait rien. Tous sont bien décidés à reprendre le destin de leur planète en mains. Mais quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?

Mon avis 

  Les Éditions Walrus ont vraiment un catalogue sympathique et vraiment variés. Après avoir lu un livre dont vous êtes le héros, des nouvelles et un premier tome de série, après avoir lu du fantastique, me voilà donc avec une nouvelle série, cette fois en SF. La SF est un genre que je ne lis pas assez, Walrus me donne l'occasion d'en lire en peu plus et de la plutôt bonne en plus, avec un bon mélange SF et zombies. 

L'histoire de ce premier épisode commence avec des humains. Hector sauve sans trop le vouloir un groupe de survivant. On découvre avec eux, petit à petit, le monde qui les entourent, les zombies et les aliens, les deux étant aussi dangereux l'un que l'autre. En parlant d'aliens, nous suivons aussi les mercenaires de Naakrit, qui considère les humains comme une simple marchandise. Avec eux ce trouve Jave. Celui-ci va essayer d'en découvrir plus sur le virus zombies. 

La première chose qui marque dans ce tome, c'est bien l'alternance entre le post-apo des humains et la SF des aliens. Et ça fonctionne super bien. J'avoue que j'avais un léger doute en lisant la quatrième de couverture. Mais non. Ce mélange rend l'histoire très prennante, surtout lorsqu'on découvre les intérêts de chacun dans ce tome. En plus de cela, d'un côté comme de l'autre, les personnages sont bons. Côté humains, j'ai particulièrement aimé Hector, narco-trafiquant colombiens, Elainé infirmière mais surtout Dewey, le personnage le plus énigmatique du groupe. Côté Alien, les deux principaux, Naakrit et Jave m'ont intrigue, surtout parce que je n'ai pas eu l'impression d'avoir des aliens, sauf lorsqu'une de leur caractéristiques étaient décrites. C'est une chose que j'apprécie beaucoup, je n'ai pas eu l'impression de ne rien comprendre à ce qu'ils faisaient. Du coup mon imagination à fonctionner à vitesse grand V. 

Donc, j'ai carrément apprécié ce premier tome qui nous met vraiment dans l'ambiance. Le monde que décris Stéphane Desienne me semble particulièrement complet et passionnant et les personnages qui le peuplent m'ont plus. Bref, j'achèterais sans problème la suite.

Et pour info, comme tous les premiers tomes de série chez Walrus, celui-ci est en téléchargement gratuit.

dimanche 12 mai 2013

Projet Harmonie, Christophe Nicolas

Nouveau livre pour le challenge 100%SFFF Francophone. Peut-être le dernier aussi puisque le challenge fini au premier juin. Il sera donc le 12 livres lus sur 20. Plutôt pas mal non ? (un article viendra donc en juin sur le challenge.

Projet Harmonie, Christophe Nicolas

Editeur : Editions du Riez
Collection : Sentiers obscurs
Année de parution : 2012
Nombre de pages : 348

A lire si :
- Vous aimez le suspens
- Vous aimez l'anticipation

A ne pas lire si :
- Vous voulez de beaucoup de violence (il y en a mais pas tant que ça)
- Vous voulez suivre un seul personnage

Présentation de l'éditeur


Yannick Diaz, journaliste dissident, vient de perdre sa place au Républicain suite à l’écriture d’un essai sur les médias qui n’épargne personne. Depuis son malaise en direct sur le plateau d’un débat télévisé, d’étranges images se bousculent dans sa tête : l’épidémie de grippe qui s’étend en Amérique latine, le visage bouffi du ministre de l’Intérieur et le nom d’un laboratoire… LAMIPROH. D’où viennent ces souvenirs qui ne sont pas les siens ?

À peine évoque-t-il ses visions que son confident est assassiné. Accusé du meurtre, la police aux trousses, il doit trouver les preuves de son innocence. Mais il y a plus en jeu que son seul avenir. Peut-être celui de l’humanité tout entière…

Mon avis

Ca faissait longtemps que je n'avais pas lu de trhiller. Faut dire que généralement, je lis ceux écrits par les américains et que je trouve que tout se ressemble plus ou moins. J'avais oublié à quel point mes compatriotes pouvaient se montrer tout aussi efficace que les américains et surtout beaucoup plus surprenant.

Je ne parlerais pas de l'histoire en elle-même de peur de trop spoiler. Je vais donc faire court. Yannick Diaz tombe dans les vapes durant un direct. Lorsqu'il se réveille à l’hôpital, un mot s'impose à son esprit, LAMIPROH. De ce mot va découler une enquête qui le menera au plus profond de l'enfer.

Projet Harmonie mêle subtilement trhiller et anticipation. Nous découvrons l'anticipation au fil des pages. Pages qui d'ailleurs se tournent sans qu'on s'en rende compte. J'ai eu beaucoup de mal le soir à lâcher mon livre pour dormir. Une chose qui ne m'était pas arrivée depuis bien longtemps. J'ai eu envie de savoir ce qu'il allait arriver aux protagonistes de l'histoire, que se soit du côté des "gentils" que de celui des "méchants" d'ailleurs.

En parlant des personnages, j'ai un peu regretté qu'ils ne soient pas plus devellopés. Je veux dire par là qu'à part ce qu'il se passe au moment ou on lit, on ne connait pas grand chose d'eux, pas même tous les sentiments qu'ils ressentent. En même temps, je pense que si cela avait été le cas, j'aurais peut-être moins accroché. Parce que c'est vraiment la manière dont le roman est écrit qui fait tout.

L'écriture est rapide, haché. Tout s'imbrique parfaitement et donne envie de tourner les pages encore et encore. Surtout qu'il faut avouer que la plupart des événements qui composent le roman sont assez imprévisible bien que tellement logique finalement. Christophe Nicolas est particulièrement efficace, il n'y a pas à dire.

J'ai donc été prise en même temps que Yannick et les autres personnages dans le Projet Harmonie. J'en suis ressortie avec un énorme coup de cœur pour ce livre efficace et terriblement stressant pour son lecteur.

lundi 21 janvier 2013

Dancing Lolita, Gudule

J'ai profité de l'opération 300K de Bragelonne ce week end pour faire le plein en ebook. Parmi mes achats, on trouve du Gudule, une auteure que j'avais vraiment envie de découvrir depuis un moment. 

/!\ Spoiler

Dancing Lolita, Gudule

Editeur : Bragelonne
Collection : Ombre
Année de parution  : 2011 pour l'édition Epub, 2008 pour le roman
Format : Epub

A lire si
- Vous aimez la SF sans voyage spaciaux et outils ultra moderne
- Vous aimez l'anticipation

A ne pas lire si
- Vous n'aimez pas la violence

Présentation de l'éditeur (attention c'est la présentation du Club des Petites Filles Mortes dont est tirés cette novella)

Oyez, bonnes gens, le club des petites filles mortes ouvre ses portes. Au menu: sang frais, frissons, peurs bleues et nuits blanches à gogo. Avis aux amateurs ! Car ces gamines, elles en ont, de belles et terribles choses à vous raconter... Des contes modernes, effrayants et bouleversants, où elles se vengent des adultes avec une cruelle innocence. Avec un humour qui arrache le sourire et un style incisif unique en son genre, teinté de poésie et d'émotion. Bienvenue dans l'horreur des contes de fées qui ont mal tourné, au pays des enfances brisées dont les rescapées sont d'autant plus attachantes qu'elles peuvent devenir très, très méchantes...

Mon avis

J'avais envie de découvrir Gudule sans trop savoir à quoi m'attendre. Je savais qu'elle était d'abord un auteur pour enfant mais que parfois, elle écrivait des textes dit "horreur". Comme j'ai envie de découvrir un peu plus ce genre et que l'opération 300k de Bragelonne mettait Gudule à l'honneur si je puis dire, je me suis lancée.

Dancing Lolita commence dans le dancing du même nom par la mort d'une personne âgée dans le corps d'une adolescente. On découvre que dans ce futur proche, les vieux prennent des médocs et font des cures pour retrouver leur jeunesse. Du coup, on croise dans la rue autant de vrais enfants que de vieux ressemblant à des enfants. Et au milieu de tout cela, on trouve Mina, onze ans, violée tous les soirs par son beau-père qui après une nouvelle agression s'enfuit de chez elle, on trouve Abel, (vrai) vieux qui cherchent sa mère. Les deux personnages vont se trouver, s'adopter et essayer de vivre malgré ce qu'il a pu arriver dans le passé plus ou moins proche.

Je ne me suis pas tellement attachée aux personnages de ce livre, je le dis de suite. J'ai souvent eu l'impression de survoler ce qu'ils sont qu'autre chose. Mais le livre est court et il y a tellement de chose à apprendre et à lire. Finalement, ils ne sont là, pour moi, que pour humaniser un peu l'histoire. Parce qu'on entre dans l'horreur de l'humanité. Pour rajeunir les vieux (et boucher le trou de la sécu en même temps), il y a d'abord un médoc. Qui a fait des petits contrefaits, qui eux ont causé énormément de dégats, comme on le verra rapidement dans le roman. Les difformes, ces vieux prêts à tout pour rajeunir et qui finalement sont devenus pire que des monstres de foires. Et puis, il y a le marché noir et surtout la traite des jeunes. Parce que les vieux mâles veulent pouvoir se faire des vraies jeunes, même si la pédophilie est passible de la peine de mort. Alors on met en place des bordels avec des vraies enfants, tout ça dans la clandestinité. Du coup, on a toute la pègre qui se colle. On voit très peu des bons côtés de se rajeunissement des vieux et à vrai dire, on a vraiment l'impression qu'il n'y en a pas.

Et donc dans tout ça, on a Mina et Abel qui essaie de fuir tout ça et de le dénoncer aussi. Mais rien ne va vraiment dans le royaume de France. Et alors qu'on a l'impression que le bonheur va enfin arriver, c'est la chute qui vient à sa place. Parce que Gudule n'a pas envie d'écrire un happy end et qu'à vrai dire dans l'horreur qu'elle nous conte, ça aurait fait tache. Elle mène d'ailleurs tellement bien sa barque que j'y ai presque cru, moi, au Haapy End. Mais non. Et là est pour moi le talent de la dame, en plus de son écriture qui m'a vraiment bien plu. Dancing Lolita se lit d'une traite et avec l'envie de toujours aller plus loin dans la lecture pour savoir, pour comprendre comment tout cela est agencé, pourquoi les destins de deux personnes que tout oppose vont se lier ainsi et si tout va se passer comme ils le voudraient. 

J'ai donc beaucoup aimé ce petit roman, bien construit et terriblement prenant. A tel point qu'à peine fini, j'ai entamé (et fini, la chronique arrive), un second Gudule et que j'en ai un troisième sur le feu.