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mercredi 19 mai 2021

La pierre d'Aube, Les pics Celestes, tome 1, Marine Gautier

 J'ai récupéré ce roman lors du premier confinement et il a fini par se perdre dans les limbes de ma PAL numérique. Je profite du mois de la fantasy pour le sortir.

La pierre d'Aube, Les pics Celestes, tome 1, Marine Gautier

editeur : Alter Real
Collection : Imaginaire
Année de parution : 2018
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez de la romance FF
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 
- Vous voulez beaucoup voir les griffons

Présentation de l'éditeur : 

Grâce à l’escouade volante des Sphinx, la ville d'Erygia résiste tant bien que mal aux assauts répétés des Amélunes, des créatures mi-hommes mi-spectres. La dévotion de ces patrouilleurs et de leurs griffons force l’admiration de Callie, une jeune serveuse au tempérament bien trempé. Nuit après nuit, elle les observe et rêve secrètement de les rejoindre. Particulièrement lorsqu’Alex, héritier des Fondateurs et futur dirigeant de la cité, fend les airs sur sa majestueuse panthère ailée.
Les combats font rage et, malgré l’énergie déployée par les Sphinx, un soir tout bascule : l'ennemi envahit la cité, forçant les habitants à fuir leur foyer. Au cœur de ce mouvement de panique, Callie parvient à s’échapper in extremis. Déterminée à survivre, elle fera tout pour aider sa ville et se mettre à l’abri du danger.
Pendant son périple, elle devra faire alliance avec Alex, qui cache un énorme secret.

Challenge mois de la fantasy

Le roman a été choisi exprès pour la catégorie " la fin en la survolant" qui doit mettre en scène des créatures ailés. 
Il peut aussi entrer en compte dans les catégories suivantes : 
-Nous avons vécu de longues aventures : c'est une série en trois tomes
-Pour y trouver l'amour : Je m'y attendais, on a une belle romance 

Mon avis

Je dois bien dire que la présentation du roman me plaisait beaucoup. Des griffons, on n'en voit pas forcément beaucoup dans la littérature de l'imaginaire, surtout pas en monture. J'avais très envie de voir ce que ça allait donner. Malheureusement pour moi, on ne voit pas autant que je l'aurais voulu les mythiques animaux. Et ce n'est pas la seule déconvenue que j'ai eu avec ce roman qui pourtant est des plus interessant. Bref, allons-y.

Bienvenu à Erygia, ville située dans les pics Celestes, seul passage entre le nord et le sud de l'univers que nous découvrons (premier petit bémol pour moi, il n'y a pas de carte dans l'édition numérique, je ne sais pas si c'est pareil en papier). La ville est un point stratégique et depuis plusieurs années la cible des Amélunes, des créatures monstrueuses mi-homme mi-spectre qui ne sortent que la nuit. Jusque là, les Sphinx, escouade volante à dos de Griffons a toujours réussi à les repousser. Jusque là... Mais voilà qu'une nuit, les Amélunes réussissent à prendre la ville. Callie, jeune serveuse pour le moins intrépide, parvient à s'échapper sur le dos du griffon de son protecteur. Elle va alors rencontrer Alex, enfant des Fondateurs et futur dirigeant de la ville. Or, celui que tout le monde prend pour un homme est en fait une jeune femme, bien déterminée à récupérer sa ville.

Je ne m'attendais pas vraiment à ce qui allait suivre. Sauf sur un point : la dernière phrase et l'énorme secret d'Alex, le "fils" des Fondateurs, les dirigeants de la ville. Un point que j'ai du coup plutôt apprécié, notre prince est en fait une princesse. Cela permet à l'autrice de créer une romance lesbienne entre la princesse et la serveuse, qui fonctionne pas trop mal. Pas trop, parce que j'ai trouvé que ça allait un peu vite entre les deux et que parfois j'ai surtout eu l'impression que cette pauvre Alex n'était là que pour que Callie ait un Love-interest dans tout ça. Parce que oui, la véritable héroïne du roman, c'est bien notre serveuse. Et j'ai eu un peu de mal avec elle. Callie est intrépide, forte, courageuse, belle etc etc... Des défauts ? Oui, un, elle est un peu têtue sur les bords, et encore, finalement, ce n'est que de la détermination. Vous sentez le problème ? Pour moi, l'autrice l'a voulu trop parfaite. Et je me suis vite ennuyée à la suivre. Or, elle occupe toujours le devant de la scène. A côté d'elle, les autres personnages font toujours pâle figure, même Alex qui pourtant devrait partager l'affiche avec elle. 

Un autre défaut du roman, pour moi, c'est la romance qui prend clairement le pas sur le reste. Or, on se retrouve du coup avec des passages importants pour l'histoire qui se retrouve quelque peu effacé par les sentiments de Callie pour Alex. Et comme j'ai du mal avec Callie... C'est vraiment dommage d'ailleurs parce qu'à part son héroïne, j'ai aimé pas mal de chose dans le roman. En premier lieux, l'univers, qui reste classique mais plutôt bien foutu. Il est fouillé, intéressant. J'ai aimé découvrir Erygia, sa culture et ses habitants (même si on finit par peu les voir). Le reste du monde à l'air tout aussi passionnant mais nous ne le voyons pas beaucoup sur ce premier tome (je rappelle que la série est une trilogie, il est normal que l'autrice garde certaines choses pour les autres tomes). L'histoire l'est aussi, même si comme dit en intro, j'aurais clairement voulu voir plus souvent les griffons. D'ailleurs, là aussi, on reste sur quelque chose de classique (je le dis souvent ça, mais je n'ai jamais précisé que pour moi, ça n'a rien de péjoratif). Il y manque peut-être un peu plus de nuances et certains précisions sur quelques points mais, une fois encore, sans l'omniprésence de la romance (en même temps, la maison d'édition édite de la romance, j'aurais peut-être pu me renseigner un peu avant aussi, hein), ça aurait été presque parfait.

Au final, je suis un peu déçue de ma lecture. Elle avait beaucoup de chose pour me plaire, sa romance FF, son univers, son histoire et puis tout est tombé par terre à cause de son personnage principal. C'est rare quand ça m'arrive quand même. J'ai fini la lecture de ce tome mais je ne continuerai pas la série. 


mardi 28 juin 2016

La Morte Amoureuse suivi d'une Nuit de Cléopâtre, Théophile Gautier

J'avais envie de lire quelque chose de court. Je me suis penchée sur les quelques Librio qui traînent sur mes étagères et j'en ai sorti ces deux nouvelles de Théophile Gautier, auteur reconnu pour son fantastique gothique et romantique. 

La Morte Amoureuse suivi d'une Nuit de Cléopâtre, Théophile Gautier

Edition : Librio
Collection : Imaginaire
Année de parution : 2003 (1836 dans le recueil Une larme du Diable)
Nombre de pages : 90

A lire si :
- Vous voulez de la lecture rapide mais pas forcément facile
- Vous voulez du romantisme teinté de gothique ou d'orientalisme

A ne pas lire si :
- Vous voulez des nouvelles avec beaucoup d'action
- Vous voulez des nouvelles horrifiques

Présentation de l'éditeur 

Peut-on être prêtre et amoureux? Peut-on aimer la nuit et prêcher le jour Questions bien embarrassantes... Surtout quand les réponses s'avèrent positives...
Ajoutez-y une pincée de fantôme. Secouez. Et vous voici dans une mystérieuse histoire d'amour! Mais rassurez-vous, il ne s'agit que d'un rêve... et d'ailleurs, Clarimonde, la belle courtisane, est morte depuis si longtemps...
Mais au fait, que vient-elle faire dans ce présent? Pourquoi trouble-t-elle encore les vivants? Prenez garde, âme pure, de ne pas succomber aux charmes de cette immortelle! La beauté dissimule parfois de puissants venins...

Mon avis

La Morte Amoureuse fait partie de ces nouvelles qu'on aimerait tous lire pour voir un peu ce que ça donnait au début d'un genre, surtout qu'il est écrit par un des auteurs qui fit beaucoup pour le fantastique à son époque. Forcément, en la lisant quelques 180 ans plus tard, on peut lui reprocher pas mal de chose, surtout à la vue des nouvelles d'auteurs plus contemporains. 

Dans cette première nouvelle de ce Librio, nous suivons un prêtre nous racontant comment, alors qu'il vient d'être ordonner, il va rencontrer Clarimonde, jeune courtisane qui va lui faire tourner la tête. Tomber amoureux de la femme dans l'église, il a bien du mal à l'éloigner de son esprit. Encore plus lorsqu'elle réapparaît, quelques temps plus part pour mieux mourir. Or, toutes les nuits, elle l’entraîne avec elle à Venise. Le rêve se confond avec la réalité, Romuald ne sait plus s'il est réellement le prêtre ou le jeune seigneur. 

Gautier embarque directement le lecteur dans son univers. Un univers plein de couleur, de senteur, un tableau vivant. On entre dedans avec une facilité extrême. La poésie de l'écriture aide aussi beaucoup et si parfois, les phrases ou les mots nous semblent bien vieillottes, cela ne gène pas vraiment, tant c'est beau à lire. L'auteur nous offre donc un tableau, un tableau éblouissant qu'aucune peur n'entache. C'est assez rafraîchissant d'avoir du fantastique non horrifique malgré le thème. Parce que, à n'en pas douter, Clarimonde, la belle courtisane, est une vampire. Mais pas comme nous avons l'habitude de les voir. Elle n'a pas cette extrême soif de sang. Par contre, elle en a doute la sexualité, la sensualité, ce qui cause la perde de Romuald, incapable d'y faire face et de la combattre. D'ailleurs, il lui faudra une intervention externe pour comprendre réellement ce qu'il se passe. 

La Morte Amoureuse fait partie de ces nouvelles dont l'ambiance, mais aussi la construction rappelle assez le fantastique gothique (alors que vu la période, elle se classerait plutôt au début du fantastique contemporain). On comprend pourquoi elle est importante pour le genre à sa lecture et surtout à quel point elle a pu être un modèle pour beaucoup. C'est une nouvelle que j'ai particulièrement apprécié, pas forcément par son thème, mais surtout par son écriture, la poésie qui s'en dégage.

Suite à cette nouvelle, on retrouve une autre nouvelle tirée du même recueil d'origine. Une Nuit de Cléopâtre n'a pourtant pas grand chose à voir avec la Morte Amoureuse au niveaux du style. Si la première nous était conté par Romuald, la seconde l'est par un narrateur omniscient. L'atmosphère de la nouvelle change alors et pas seulement parce qu'elle se déroule en Egypte. Le narrateur voit tout, sait tout et parfois use d'un tout petit peu d'humour.Généralement, j'ai un peu de mal avec ce type de narration, mais là, ça passe assez avec moi.

Là où j'ai eu un peu plus de mal, c'est dans les longues descriptions de l'environnement. Oui, c'est beau, on se croyait dans un tableau mais alors ça prend trop de place et ça ralenti énormément le rythme. Il en va de même pour les longs monologues de Cléopâtre, où la reine se plaint, se plaint et se plaint encore de son ennuie. Du coup, j'avoue qu'elle m'est apparue clairement insupportable. Tout comme le jeune homme amoureux d'elle qui va se faire prendre alors qu'il la reluque dans son bain et à qui elle va offrir une nuit d'orgie (oui enfin, on le suppose, c'est pas non plus ultra détaillé), parce qu'elle a le caprice d'être clémente. 

Une Nuit de Cléopâtre m'a beaucoup moins plus que la Morte Amoureuse du coup. Je l'ai trouvé bien trop longue pour pas grand chose au final et j'ai eu beaucoup de mal avec son personnage principal. Pourtant, les deux nouvelles ont des points communs, comme la dangerosité de la femme et de l'amour que l'on peut lui porter. C'est d'ailleurs pour cela qu'elles sont regroupées dans ce Librio. Malheureusement, l'une est bien meilleure que l'autre et c'est dommage que ce soit la plus longue en dernier... Il n'en reste pas moins que les deux nouvelles se lisent rapidement et qu'elles ont chacune leur charme (moins présent pour une...).