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samedi 14 novembre 2020

Captive, Cindy Van Wilder

J'adore les écrits de Cindy Van Wilder, et ça, depuis les Outrepasseurs. Alors, lorsqu'elle a proposé en précommande sur sa newsletter sa dernière novella, je me suis dit, c'est parti. Dès que j'ai eu fini mon livre en cours, je me suis jetée dessus. 

Captive, Cindy Van Wilder

Editeur : Cindy Van Wilder
Collection : /
Année de parution : 2020
format : mobi

A lire si :
- Vous aimez bien Alice aux Pays des Merveilles
- Vous voulez frissonner un peu

A ne pas lire si :
- Vous aimez beaucoup Alice aux Pays des Merveilles 
- Vous n'aimez pas quand il y a de la violence

Présentation de l'éditeur :

Passer de l’autre côté du Miroir ne donne pas toujours accès au Pays des Merveilles…
Addie, jeune Londonienne, est brutalement enlevée un soir d’octobre. Propulsée dans un univers étrange, à la merci de créatures menaçantes qui la considèrent comme une « expérience », elle va devoir trouver le moyen de s’en sortir.
Pour elle-même comme pour son enfant à naître.

Mon avis

Je parlais en introduction des Outrepasseurs, et pour tout dire, nous n'en sommes pas tout à fait très éloigné. Si Captive ne se déroule pas dans le même univers, on y retrouve un élèment en commun qui n'est pas pour me déplaire et que je sais plutôt bien maitrisé par l'autrice. Bienvenu chez les fées, ces créatures cruelles et avides qui vivent de l'autre côté du miroir. Et mieux encore, d'après ce que j'ai compris, Captive n'est que le début de ce nouvel univers (j'ai hâte hâte de voir ce que ça va donner). Mais passons donc à la novella en elle-même.

Premier chose qui marque, et que je trouve super, ce sont les triggers warnings. Je fais parti des personnes qui apprécient savoir ce que je vais trouver dans un roman, surtout si ça touche certains points, certaines formes de violence. Alors, oui, je sais, trouver du sang, des meurtres et tout ça ne me dérange pas forcément dans un roman, par contre, lire un viol alors que je ne suis pas préparée, ou des scènes de tortures peu ragoûtantes, je suis moins pour. Sans parler du fait que certaines situations peuvent renvoyer le lecteur à sa propre souffrance. Du coup, avoir des avertissements (ici avant chaque chapitre, c'est aussi faisable avant le roman en lui-même comme le font les Editions de Saxus par exemple), je trouve ça particulièrement top. Et j'aimerai bien le voir plus souvent.

Addie est une jeune londonienne qui a déjà vécu l'enfer avec un compagnon violent. Elle s'en est sortie, à refait sa vie avec Idriss, est tombée enceinte. Tout va pour le mieux pour elle, loin de son ex, loin d'une vie dont elle ne voulait pas. Mais voilà qu'un soir d'Octobre, son passé lui revient méchamment à la gueule. Son ex s'est vengé, la livrant à une étrange organisation. Tout tourne soudain au cauchemar pour elle. On la fait passer à travers un miroir et la voilà dans un univers sombre et menaçant où le maitre des lieux la considère comme une expérience... Terrifiée, elle va pourtant tout tenter pour sauver son enfant à naitre.

Cindy Van Wilder nous livre une novella parfaite pour la saison. L'ambiance y est des plus flippantes, surtout, qu'à l'instar d'Addie, nous passons une bonne partie de notre lecture dans le noir, à entendre, entr'apercevoir, ressentir les mêmes choses qu'elle. Nous sommes plongés dans l'horreur avec elle, et ça fonctionne vraiment très très bien. L'univers dépeint n'a rien à voir avec Alice aux Pays des Merveilles et en même temps... Je trouve que ça correspond finalement assez à ce que l'on pourrait y trouver. Après tout, ne sommes nous pas chez les fées ? Avec l'autrice, on se doute bien qu'on n'a pas à faire à de gentilles créatures ailées et toutes mignonnes. Non, ce sont celles des vieilles légendes, celles de la Chasse Sauvage, des Cours souterraines, des elfes cruels. Personnellement, ce sont celles que je préfère et j'en suis plus que ravie. 

Mais surtout, ce qui m'a plus, c'est Addie. Addie et la manière dont elle va vivre tout ça, dont elle va s'en sortir. Parce qu'une fois passé de l'autre côté, elle va changer, forcément. Addie, ce n'est pas la femme forte qui affronte les choses droit dans les yeux. Non, elle est comme moi, comme vous. Elle n'a rien demandé, a peur plus qu'à son tour, est en détresse, est la victime de son histoire, pas son héroïne.  Elle fait partie de ces femmes que l'on n'entend encore que trop peu. Qui finisse par disparaitre même derrière le nom de leur meurtrier ou kidnappeur. D'ailleurs, l'autrice rend hommage à certaines victimes dans sa préface, que ce soit des personnes dont l'histoire a été effacé derrière celle de leur meurtrier ou simplement celles dont on n'entend pas ou trop peu parler. 

J'ai vraiment beaucoup aimé ce que j'ai lu. Je savais que ça me plairait (j'aime ce qu'écrit Cindy Van Wilder, j'aime aussi beaucoup la personne pour la suivre sur twitter). J'ai tout apprécié et j'en redemande encore (je pense que je pourrais être exaucée dans quelques temps, et j'en suis ravie). C'est une novella vraiment plaisante à lire (et flippante un peu aussi) et qui en plus, peut-être lu sur AO3 mais encore en le demandant à l'autrice (je vous met la page de Captive sur son site, pour plus de clarté la dessus). 

mardi 9 juin 2020

Contes Imaginaires, Cindy Van Wilder

Il y a quelques temps, Cindy Van Wilder a proposé de poster les nouvelles qui dorment dans son disque dur sur Wattpad. Aimant beaucoup les romans de l'autrice, il était temps de lire les nouvelles.
Petite précision, j'ai lu le recueil petit à petit, sur une période plus ou moins longue, sachant que Cindy Van Wilder poste une nouvelle ou partie de nouvelle tous les vendredis ou presque.

Contes Imaginaires, Cindy Van Wilder

Editeur : Cindy Van Wilder
Collection : /
Année de parution : 2019
Format  : Wattpad

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez la SFFF

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les nouvelles

Présentation de l'éditeur :

Bienvenue dans mes Contes Imaginaires !
Ici, vous trouverez :
- Beaucoup d'imaginaire
- Des créatures fantastiques
- Des personnages ambigus, voire amoraux
- Pas mal d'action
...
- et peut-être quand même, bien caché entre les mots, un zeste de douceur !

Mon avis

Forcément, comme Contes Imaginaires est un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune d'elles (ou presque, l'une a déjà été lue il y a quelques années).

Avis de Tempête
La première nouvelle du recueil est une nouvelle parlant de super-héros. Mais ici, pas de mégalopole, pas de super-méchant non plus. On se déplace à la campagne, dans une petite ville où Tara, la Tueuse de Tornade, doit affronter le divorce de ses parents sur médiatisés, le regard des autres sur elle et ses pouvoirs et une tornade destructrice. J'ai beaucoup apprécié le traitement de la nouvelle, qui ne s'attarde pas sur les pouvoirs de super-héroïne de Tara mais bien sur ce qu'elle peut ressentir, tiraillée de toutes parts par la manière dont les gens peuvent la voir (monstre pour certains, héroïnes pour d'autre, futur animal de labo pour d'autres...). C'est écrit avec beaucoup de sensibilité (venant de l'autrice, on ne s'attend pas forcément à moins) et je trouve vraiment que la manière d'aborder le thème du super-héros change beaucoup dans cette nouvelle de ce que l'on peut voir d'habitude. Bref, j'ai beaucoup aimé.

Un dîner entre gentlemen
Je ne vais pas trop en dire sur cette courte nouvelle pour ne pas la spoiler. Disons que c'est un hommage bien foutu à Lewis Caroll, Maurice Blanc et même Neil Gaiman. C'est fort agréable à lire et à la hauteur de l'hommage.

Au service des Insectes
Je n'ai pas relu la nouvelle, l'ayant déjà fait il y a quelques années. Vous pouvez retrouver l'avis par ici.

Le Chandelier
Cette nouvelle traite d'un sujet peu simple à la base et surtout se base sur un anti-héros. Lepelletier est hanté depuis des années. Il est temps pour lui d'expier ses fautes, et plus particulièrement une. L'autrice nous amène alors aux heures sombres de l'histoire, celles de la seconde guerre mondiale et de la dénonciation des juifs. Une fois encore, c'est la sensibilité de Cindy Van Wilder qui me touche ici. Elle ne tombe jamais dans la surenchère des sentiments, qu'ils soient bons ou mauvais. C'est toujours très juste. Cela rend le récit assez prenant ici, alors qu'il est tout de même court. Bref, ce Chandelier est une petite pépite.

IB-340-X-547
Cette petite nouvelle est plutôt agréable à lire bien qu'assez prévisible. On y découvre un androïde faisant face à des sentiments qu'il ne devrait pas ressentir dans une société où les machines ont pris la tête du pouvoir. Ça se laisse bien lire mais la nouvelle est peut-être bien, pour moi en tout cas, le moins marquant de l'autrice.

Dernier défi
Cette nouvelle est un peu plus dure que les précédentes. Il y est fait mention de scène de sexe (c'est pas énorme, hein non plus, mais ça mérite d'être dit)(et puis l'autrice prévient, alors je peux aussi) et de la violence (là non plus, ce n'est pas un texte ultra violent mais déjà plus que les autres). Je ne voudrais pas trop en dire pour ne pas trop spoiler, mais disons qu'on va découvrir un mythe grec d'une autre manière. La relecture est intéressante, elle transforme le mythe sans le dénaturer. Ce n'est peut-être pas ma préférée mais elle fait son petit effet.

Due Cadaveri
J'ai beaucoup aimé ce texte. Il est terriblement poétique et en même temps terriblement grave et triste. C'est aussi une nouvelle pleine d'espoir. L'histoire de cette petite Nora, dont la famille se retrouve en plein drame, est touchante. C'est merveilleusement écrit et prenant et elle est surement l'une des mes préférées du recueil pour l'instant.

Le chat de Jul
Cindy Van Wilder nous plonge cette fois dans les festivités de fin d'années et dans la mythologie scandinave. Appréciant grandement la dite mythologie, j'ai été ravie de voir le magnifique Jólakötturinn (dans l'idée, c'est donc un chat géant qui mange ceux qui n'ont pas reçu de nouveau vêtement lors de la fête de Yule). J'ai adoré l'ambiance du récit, la manière dont le tout est mené. Et puis, ça m'a un peu rappelé les Outrepasseurs, alors du coup, elle a tout bon cette nouvelle avec moi.

Joyeux Anniversaire !
J'ai pas mal apprécié cette nouvelle que j'ai trouvé amusante. Un homme vient dans le Dédale pour commander un monstre pour l'anniversaire de sa fille. Il faut dire qu'il a inventé une histoire de monstre pour qu'elle se calme mais que ça n'a pas beaucoup marché. Or, le monstre n'est peut-être pas celui qui vient du Dédale... 

Le secret de l'Ourthe
Cette nouvelle est la réécriture d'un conte assez connu, celui des Farfadets réparant les objets cassés. Je crois qu'il doit être connu dans une bonne partie du monde, du moins de l'Europe. D'ailleurs, en bonne autrice belge, Cindy Van Wilder le situe non loin du rocher Bayard et de l'Ourthe, rivière ardennaise. C'est un conte plutôt sympathique à lire sans toutefois être d'une grande originalité (après tout, c'est une réécriture)

Nous ne serons plus jamais seuls
Cette fois, nous embarquons pour Venise et malgré ce décors que j'apprécie toujours autant, la nouvelle ne fait pas partis de mes préférées. Je la trouve un peu trop rapide et surtout, je n'arrive pas, personnellement, a en voir la finalité. Pourtant, elle commence plutôt bien, avec un élément que j'apprécie assez.

Tryamour
La dernière nouvelle du recueil nous entraîne dans les légendes arthuriennes. Le jeune Lanval est amoureux de la reine Guenièvre. Un amour qu'il refuse, comme on peut le comprendre. Malheureusement pour lui, il ne peut s'y soustraire comme il le voudrait. Sa rencontre avec Tryamour, une Fay va changer bien des choses pour lui. Mon amour des légendes arthurienne et de tout ce qui tourne autour va forcément parler pour moi ici. J'ai beaucoup apprécié ma lecture.


Pour conclure l'avis sur ce petit recueil, j'ai apprécié quasiment toutes les nouvelles. Je trouve qu'il donne un très bon aperçu de ce que fait Cindy Van Wilder. J'ai plus particulier apprécié pour la suivre sur les réseaux, retrouver ses valeurs dans ses écrits. Si vous ne connaissez pas encore l'autrice, je pense vraiment que c'est une parfaite mise en bouche.

jeudi 28 septembre 2017

La Lune est à Nous, Cindy Van Wilder

Mon autrice belge préférée a encore frappé. A peine quelques mois après la sortie du quatrième tome des Outrepasseurs, elle revient avec un nouveau roman YA. Un roman qui comme vous allez le découvrir par la suite ne m'a pas du tout laissé indifférente.

La Lune est à Nous, Cindy Van Wilder

Editeur : Scrineo
Collection : /
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 377

A lire si : 
- Vous voulez des héros hors-normes
- Vous en avez marre de ne jamais réussir à vous identifier réellement aux personnages

A ne pas lire si : 
- Aucune raison de ne pas le lire.

Présentation de l'éditeur : 

Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

Mon avis

Je tiens à vous avertir avant de commencer. Cet avis risque d'être décousu et surement un peu long. J'ai énormément de chose à dire sur ce livre. De très bonnes choses d'ailleurs. La Lune est à nous est un coup de cœur. Un de ces livres qui se lit en passant par trop d'émotion pour en sortir indemne. Je vais surement beaucoup parlé de moi, de mon ressenti ici. Parce qu'il faut bien le dire, Olivia et Max ont fait plus que me toucher. Ils m'ont rappelé beaucoup de chose. Trop parfois. 

Olivia est une étoile montante d'Instagram. Elle vient même d'être recruté par une chaine Youtube, les Trois Graces afin de remplacer l'une des membres. Dis comme cela, la vie semble lui sourire. Sauf qu'Olivia est noire, et grosse. Et ça, pour beaucoup ça ne passe pas. Son succès lui vaut toutes les jalousies, allant jusqu'au pire. Dès le début du roman, elle se voit confronter au harcèlement, que se soit sur les réseaux sociaux ou IRL. Max, lui, vient d'arriver en Belgique suite au divorce de ses parents. Mal dans sa peau, gros et homosexuel, il se replie sur lui-même. Jusqu'à ce qu'il rencontre Olive et se porte à son secours. Tous les deux vont affronter le monde et leur peur.

Cindy Van Wilder se penche dans ce roman sur un thème important, celui de la différence. Un thème qui me touche d'autant plus que ses deux personnages principaux sont gros. Comme moi. Qu'ils subissent leur corps et les injonctions de la norme, comme moi. Si à présent que je suis bien adulte, j'ai réussi à aimer la plupart du temps mon corps, à l'adolescence, c'était bien moins le cas (une série d'article sur mon blog perso explique un peu tout le chemin vers l'acceptation et l'amour de mon corps, elle se trouve là si ça intéresse). Et dès le début du roman, une boule s'est formée dans ma gorge, dans mon ventre aussi, à lire ce qui avait pu m'arriver, ce qui m'arrive encore. Autant dire que j'ai passé une bonne partie de ma lecture en apnée, les souvenirs resurgissant et les larmes aux yeux durant un bon moment. J'ai trouvé très dur de me retrouver confronter à ça. Dur mais tellement vrai en fait. Ce que subisse Olive et Max, à cause de leur poids, c'est ce que j'ai pu subir. Leurs réactions, en grande partie, ont été les miennes. Et rien que pour ça, le roman est génial, en fait. Ok, ce qui est remonté dans mon esprit ne l'était pas mais pouvoir enfin le lire, avoir des personnages qui me ressemblent, que c'est bon.

Et ce qui est encore mieux, c'est qu'il n'y a pas que les gros qui peuvent enfin s'identifier à un personnage. L'autrice a pris pour partie d'intégrer une bonne partie de la population non normée, soit non blanche, non hétéro et j'en passe. Max est homosexuel, tout comme Seb, Olivia est racisée tout comme Imane, sa meilleure amie mulsumane et portant le hijab, ou Joy, asiatique. Certains "cumulent", d'autres non. Mais tous sont particulièrement bien décrit, surtout au niveau "mental". Tous ont une situation compliquée par rapport à leur différence qu'ils gèrent plus ou moins bien. Il y a des discours que j'ai adoré sur cela (le meilleur c'est celui d'Imane sur son hijab et sa foi pour moi). J'ai réellement apprécié ce mélange qui reflète tant la société de maintenant. Mais surtout la solidarité qui se dégage du groupe d'amis. Une solidarité qui va les aider à un moment ou un autre à affronter ce qui leur tombe dessus. La Lune est à Nous, c'est une leçon de vie pour beaucoup. Une leçon de solidarité, de tolérance. 

Parce que si durant un bon moment, j'ai eu envie (ok, j'ai même pleuré pour de vrai) de pleurer à cause de mes souvenirs et de ce qu'il arrivait aux personnages, il y a ce message d'espoir qui resurgit de tout cela. Celui que j'aurais voulu entendre à l'époque de mon adolescence. Que j'existe, que j'en ai le droit, que personne n'a le droit de me dire qui je suis, ce que je dois faire. Que ma voix est aussi importante que celle des autres. Et putain, c'est beau.

Je sais pour la suivre sur Twitter que Cindy Van Wilder est très accrochée aux valeurs qu'elle partage dans ce roman, qu'elle s'y intéresse vraiment. Et cela se ressent du coup énormément. Comme se ressente ses lectures (elle parle d'Americanah (qu'il faut vraiment que je lise) ou encore de King Kong Theory dont le début va si bien à Olivia et ses amis). On retrouve aussi l'écriture inclusive qu'elle avait déjà expérimenté dans le quatrième tome des Outrepasseurs. Van Wilder est une autrice engagée et féministe qui n'hésite pas à faire passer ses idées par ses livres. Et qui le fait très bien. 

Sur Twitter et instagram, je l'ai déjà dit mais je le refais ici parce que pour moi, c'est important. Merci Cindy pour ce livre. Merci de l'avoir écrit, de redonner un peu de courage à toutes les personnes qui ne sont pas normés, de nous permettre enfin de nous identifier à des personnages, de voir que le monde n'est pas tout noir pour nous, que d'autres sont là pour nous soutenir. Merci d'avoir écrit ce livre. J'aurais voulu le lire quinze ans plus tôt, lorsqu'adolescente, je n'ai pas su répondre à ceux qui me brimaient, que se soit mes parents, les médecins, les autres adolescentes, les injonctions aux régimes, les "t'as pas ta place ici", "grosse vache" et j'en passe. Je sais que ce n'est pas juste un seul roman qui pourra changer notre société mais il peut y aider. Parce que notre voix compte, et parce qu'il est bon de le dire, de le faire comprendre, de se le rappeler. 

Les gens, lisez ce roman. Il le faut. Vraiment.

mardi 30 mai 2017

Ferenusia, Les Outrepasseurs tome 4, Cindy Van Wilder

L'annonce de Ferenusia sur twitter il y a déjà quelques temps m'avait plus qu'émoustillait. Il faut dire que les Outrepasseurs, la série dont il est quatrième tome et spin-off, m'avait fait forte impression en 2015 (déjà ?). J'avais hâte de le lire.

Ferenusia, Les Outrepasseurs tome 4, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : /
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 382

A lire si :
- Vous voulez le fin mot de l'histoire des Outrepasseurs
 Vous ne voulez pas de fés à la Disney
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des gros monstres
 - Vous voulez de la fée gentille
- Vous n'avez pas lu la trilogie d'origine.

Présentation de l'éditeur : 

" Qui étaient ces êtres, si semblables et pourtant si différents des hommes ? On ne pouvait pas nier leur peau grise, qui se détachait délicatement de la structure de fer à laquelle ils s'accrochaient avec toute l'aisance d'alpinistes chevronnés. Soudain, la caméra bascula sur le buste de la statue de la Liberté. En lettre majuscules, vert sombre, s'étalait le mot : "FERENUSIA" " 
Privé de la magie presque disparue, l'empire des Outrepasseurs se disloque de toutes parts. Seul survivants dans cette débâcle, les Ferreux, des fés réduits à l'esclavage, s'échappent de leurs prisons. Soutenus par Ferenusia, un réseau clandestin, ils n'ont qu'un seul objectif : obtenir les mêmes droits que les humains, dans un monde qui ignore tout de leur existence. Mais leurs anciens maîtres sont prêts à tout pour protéger leurs secrets, quitte à éliminer le moindre témoin de leurs forfaits passés...

Mon avis

Ferenusia est un tome à part des Outrepasseurs. S'il est présenté comme un quatrième tome et une fin définitive de la série, il en est aussi un spin-off. Pas tout à fait hors série donc, mais pas non plus totalement dedans. Du coup, je préfére avertir dès le début, sans avoir lu la dite-série, il vaut mieux ne pas le lire sous peine de ne pas tout comprendre, voire même de se sentir totalement perdu dans l'histoire et avec les personnages. Pourquoi ? Parce qu'il commence quelques semaines après la fin du Libérateur et que l'autrice a décidé que nous avons déjà lu la trilogie et donc qu'il n'est pas totalement nécessaire de nous rappeler qui est qui. Une décision que j'apprécie puisque nous plongeons ainsi dans le vif du sujet mais que d'autres peuvent peut-être voir comme un inconvénient. 

Mais passons à l'histoire. Celle des Ferreux. Car ce tome se concentre sur ce peuple que nous avons pu découvrir dans les tomes précédents. Un peuple de fés qui bien que touché par la disparition de la magie continue de vivre, ou plutôt de survivre. Libérés des Outrepasseurs, les voilà qui plongent dans le monde des humains, un monde qu'ils ne connaissent pas et qui ne les connait pas. Passés du statut d'esclave à celui de Ferreuses et Ferreux libres n'a rien de simple. Encore moins lorsque les Outrepasseurs restant, bien que privés de la malédiction, décident de les poursuivre pour les faire taire, et cela de manière définitive. 

Cindy Van Wilder nous entraîne donc à la suite des Ferreuses et des Ferreux dans leur quête de liberté. Pour cela, elle a choisit de nous faire suivre Red Wing et Smokey, que nous connaissions déjà mais aussi Kalinda, Elween et Owen, qui eux se trouvent en Australie. Des personnages vraiment intéressants et surtout assez différents les uns des autres pour en apprendre plus sur leur peuple. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié les passages australiens, la quête de liberté de ces personnes qui ne comprennent pas ce qu'il se passe. Une opposition assez forte avec Red Wing et les londoniens qui eux ont déjà vu le monde et sont un peu plus apte, grâce à Smokey, a le comprendre. 

Ce qu'il y a de fortement intéressant à prendre les Ferreux comme héros, c'est de pouvoir voir tout ce que peut offrir ce peuple en terme de tolérance mais aussi la manière dont leur nouvelle liberté peut-être vu. Les voilà avec un statut de réfugiés et avec tout ce que cela implique. Si vous avez en tête ce qu'il se passe avec les réfugiés syriens, vous n'êtes finalement pas très loin. Heureusement, l'autrice leur offre une fin qui semble bien plus sympathique que pour les syriens et que personnellement, j'aimerais voir pour ces gens. Même si l'intégration ne se fait pas dans la douceur, après tout les Outrepasseurs essayent toujours de les faire disparaître, les gens "normaux" ont peur de ces êtres différents, elle se fait. Et cela grâce à des personnes qui croient en la différence, en la diversité. C'est un beau message que transmet Cindy Van Wilder dans ce roman.

Et ce n'est pas le seul. L'un des personnage, S., est genderfluid. Je ne sais pas très doué en explication mais en gros, c'est un personnage qui ne se sent ni homme ni femme mais de genre neutre. J'ai apprécié que l'autrice utilise la langue neutre (pronom iel par exemple, conjugaison des adjectif au pluriels pour ne pas mégenrer le personnage). Ce genre de personnage est encore rare et il est appréciable d'en trouver, surtout uns comme S., qui doit faire face à ce qu'iel est mais aussi aux regards des autres et au sien. D'ailleurs, la communauté LGBT+ est plutôt bien représenté avec des personnages bi et homosexuels. Ce qui est encore mieux, c'est que les personnages ne sont pas des représentations stéréotypés de la communauté et que leur orientation sexuelle et leur genre ne fait pas tout le personnage. Ainsi, je ne définis pas S que comme genderfluid, mais comme la personne qui remonte le réseau Ferenusia, qui a une dent contre les Outrepasseurs et une envie immense que tout le monde puisse être libre et égaux. Cindy Van Wilder approfondit plus les relations entre personnages, qu'elles soient amicales ou non, que les relations amoureuses (même si nous en trouvons une dans le lot).

Qu'ajouter de plus pour finir cet avis ? Je suis contente de voir que je n'avais pas "fabulé" une certaine relation qui vient tout en douceur au cours du Libérateur et de ce tome. J'ai encore une fois beaucoup apprécié l'écriture de Cindy Van Wilder, toujours aussi poétique et en même temps percutant. Ce dernier tome est riche, en personnage, en représentativité et en action. J'ai apprécié retrouvé d'anciens compagnons, d'en redécouvrir certains et de découvrir d'autres membres des Ferreux. Au final, le roman aura été un nouveau coup de coeur, comme les autres tomes de la série.

Et je finirais réellement sur un petit avis sur la nouvelle qui accompagne parfaitement le roman, Tsimoka, paru dans l'anthologie Fées et Automates des Imaginales 2016. Une nouvelle qui permet de mettre en lumière une partie du texte du roman, puisqu'elle raconte un événement important de l'histoire des Ferreux. Je les beaucoup apprécié même si elle manque d'un petit quelque chose en plus. Disons que je l'aurais peut-être moins apprécié si je l'avais lu avant Ferenusia.

lundi 9 mai 2016

Memorex, Cindy Van Wilder

Memorex, c'est un peu le roman dont j'attendais avec impatience la sortie. Cindy Van Wilder est très forte pour faire sa propre pub sur twitter (et celle des autres aussi, voir I.R.L. d'Agnès Marot). Mais surtout, parce que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup aimé les Outrepasseurs et je voulais voir ce qu'elle était capable de faire avec un sujet anticipation et sans surnaturel.

Memorex, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 403

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous voulez du huis-clos
- Vous voulez une héroine géniale

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les flashback

Présentation de l'éditeur 

2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Mon avis

Comme je le disais, Memorex fait parti de ces livres qui ne sont pas encore écrit (ou fini d'écrire) et qu'on veut déjà lire. Cindy Van Wilder en a beaucoup parlé, et moi, j'ai adoré le pitch et les extraits qu'elle a pu nous fournir (alors que je n'aimais pas du tout le titre provisoire). Et puis, on a eu la couverture, et elle m'a donné encore plus envie. Et enfin, jour de la sortie, il était là, chez ma libraire, bien en vu et surtout ultra attirant. Bref, il a fini dans mon panier et je l'ai ouvert dès le soir. Je l'ai fini dimanche dans la journée.

Je ne parlerais pas trop de l'histoire pour ne pas trop spoiler. Je trouve la quatrième de couverture très bien pour ça, elle n'en dit pas des masses, poussant le lecteur à lire le bouquin. Dans les grandes lignes, nous avons donc Réha, dix-sept ans, qui un an plus tôt a perdu sa mère lors d'un attentat contre la fondation de celle-ci. Depuis, sa vie a changé. Réha s'est repliée sur elle-même, même si elle veut donner le change, son jumeau a fait de même et son père s'enferme dans son île privée. Île où ils vont se retrouver pour le premier anniversaire de la mort de leur mère. Mais rien ne se passe comme prévu... Alors que le danger est bien présent, Réha va petit à petit apprendre ce qu'il a pu se passer un an auparavant.

J'ai envie de commencer par Réha. Réha, dix-sept, des rêves détruits, que nous allons suivre durant une bonne partie du livre. Première chose à dire sur elle, elle est métisse. Alors, ça n'apporte pas forcément plus au livre en lui-même (une scène surtout où il est question de racisme). Par contre, personnellement, ça m'a apporté un petit vent de fraîcheur. Parce que le white washing, c'est sympa un moment mais avoir de beaux personnages qui ne sont pas blancs, c'est cool aussi. Et Réha est un beau personnage. Un bon aussi. Ce bout de femme a vécu l'un des événements les plus traumatisants qu'il puisse exister (perdre sa mère, morte dans ses bras) et essaie tant bien que mal de reprendre le dessus. Elle se révèle être un personnage avec beaucoup de faiblesse, beaucoup de noirceur aussi en elle. J'aime ce genre de personnage qui essaie sans y arriver réellement. J'aime ce genre de personnage a qui l'on peut facilement s'identifier même s'il lui arrive des choses qui n'arriveront pas à tout le monde (l'attentat, la prise d'otage, le reste...). Et puis, j'ai beaucoup apprécié son évolution. 

Elle n'est pas le seul personnage intéressant. Pour qu'un Young-adult fonctionne, il ne faut pas juste un bon personnage principal. Il faut que les autres suivent. Et c'est bien le cas ici. La famille de Réha, son père et son jumeaux, sont très bien foutus eux-aussi. Surtout que ces deux-là ont droit à des flashbacks et deviennent des personnages de premier plan. Le père, bien qu'il puisse paraître assez inhumain sur le coup, est un personnage complexe comme je l'ai apprécie, ni blanc ni noir, tout en nuance et avec des motivations que je peux parfaitement comprendre. Aïki, le jumeaux de Réha, est, pour moi en tout cas, le personnage le plus intéressant, plus particulièrement dès qu'on a accès à ses flashback. Malheureusement, vous expliquez pourquoi serait spoilé, alors je vous laisse le découvrir. Autour d'eux, il y a aussi Holly, petite amie d'Aïki, que Réha nomme Petite Miss Parfaite durant un long moment. Bien que vu uniquement par Réha, son évolution, et celle de la vision qu'à Réha d'elle, est vraiment sympathique à suivre. Comme quoi, les miss parfaites ne sont pas forcément si parfaites que ça (ou encore plus qu'on ne le pense). 

Enfin parlons un peu de l'histoire. Parce que même si les personnages sont importants, même si tout se base ou presque sur leur évolution face aux événements, il faut bien que les dits événements soient à la hauteur. Et ils le sont. J'ai beaucoup apprécié le départ, très ordinaire et puis petit à petit la montée en puissance de la tension. Tout s’enchaîne rapidement dans le huis-clos qu'est Star Island. On passe les pages les unes après les autres, avec une certaine difficulté à lâcher le livre (personnellement, si le vendredi, fatiguée, je n'ai lu qu'une cinquantaine de page, le lendemain, j'ai lu plus de la moitié du bouquin sans m'en rendre compte). Les flashback présents, point de vue d'autres personnes que Réha, sont tout autant addictifs. Sans parler des divers thèmes abordés. Celui du deuil d'abord, que Réha a tant de mal à supporter et qu'elle vit différemment des autres membres de sa famille (chaque deuil est unique), le traitement de la mémoire après un traumatisme et puis l'autre, dont je ne parlerais pas forcément et qui révèle assez de la SF (spoiler (merci de surligner pour lire) le combat que mène le père de Réha contre la mort et qui va le pousser à "recréer" son fils grace à un corps cybernitique et surtout le transfert de sa mémoire dans le dit corps) fin du spoiler). Sans parler de l'amour toujours présent, qu'il soit amical ou familial.

Le tout donne donc un super roman Young-adult à la fin plutôt ouverte. J'ai aimé tellement de chose dessus, les thèmes, les personnages, le tout (la référence à IRL aussi tiens). J'avoue avoir du mal à lui trouver des défauts, peut-être des explications parfois un peu trop rapide sur certain point, ou le fait que je trouve le roman trop court (question de goût ça, mais je serais bien restée plus longtemps en compagnie de Réha). Pour conclure, je dirais juste que c'est un nouveau coup de cœur.

vendredi 17 juillet 2015

Au service des Insectes, Cindy Van Wilder

Entre deux épisodes d'Exil (l'avis sur l'épisode 3 ne va pas tarder), je continue la lecture des E-courts téléchargés récemment. Cette fois, c'est une nouvelle de Cindy Van Wilder dont j'ai adoré la saga des Outrepasseurs.

Au service des Insectes, Cindy Van Wilder

Editeur : Voy'el
Collection : E-courts
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez un format court
- Vous voulez une belle histoire

A ne pas lire si :
- Vous avez peur des insectes et des araignées.

Présentation de l'éditeur :

La peste a ravagé les cités-murailles. Jadis protégées derrière leur dôme, survolées de glorieux aéronefs, elles ne sont désormais plus que ruines où errent les survivants. Les  Insectes ont envahi les territoires laissés vacants par les hommes. Leurs ruches s'élèvent fièrement à la conquête du ciel. Bess est l'une des femmes recrutées pour prendre soin de leurs larves, ce qui lui assure un minimum de confort. Mais en ces temps de dévastation, que peut encore attendre de l'avenir une humaine qui a tout perdu ?

Mon avis

Avant de parler de la nouvelle elle-même, un tout petit mot sur les couvertures de la collection. Si j'apprécie beaucoup la cohérence (ça en jette quand même au niveau de ma bibliothèque virtuelle), et si je trouve que très souvent les couleurs vont parfaitement avec le contenu, il m'arrive parfois de me lasser de cette simplicité (et puis quand je suis pas bien réveillée, et que j'ai du mal à lire les titres, ça n'aide pas). Mais cela n'est qu'un petit détail, surtout que pour l'instant, je n'ai lu que du bon dans la collection.

A présent, passons à la nouvelle. Le monde que nous propose Cindy Van Wilder est un monde assez post-apocalyptique. La peste a ravagé l'humanité et les cités-murailles dans lesquelles elle vivait. Les Insectes, ennemis de toujours, en ont bien profité. Ils ont envahi les territoires et ont pris le contrôle. Les humains survivants sont à présent sans défense et seuls quelques "privilégiés" travaillent pour les Insectes. Ils deviennent alors des parias pour leur peuple. C'est le cas de Bess, nourrice pour l'une des ruches. Elle s'occupe des larves, de plusieurs espèces d'Insectes.

Il y a dans le personnages de Bess mais aussi dans l'histoire de Cindy Van Wilder une sorte d'optimisme raffraichissant. Ce n'est pas parce que nous sommes dans du post-apo, que l'Homme a presque disparu ou qu'il se retrouve être le "parent pauvre" de la Terre que tout est noir dans la nouvelle. Loin de là même. C'est une chose très appréciable dans la nouvelle, cet optimisme. Il porte l'histoire et fait du bien. Surtout que ce qu'il va arriver à Bess, et ce qui lui est déjà arrivé n'est pas que bonheur.

Le tout est en plus porté par l'écriture de l'auteure, précise et directe. Sur une nouvelle, c'est très appréciable, surtout qu'elle n'en oublie pas les émotions ni même les petits détails. Ce qui fait de la nouvelle quelque chose d'assez dense, malgré sa faible longueur. 

Le seul défaut, et je crois que je ne suis pas la seule à le penser, c'est sa fin. Enfin, ce n'est pas un défaut à proprement parler. Elle est bien cette fin. Son seul problème c'est qu'elle est carrément trop ouverte. Tellement qu'on ne sait pas trop quoi penser de ce qu'il va advenir de Bess. Pour moi, ça appellerait presque une suite. 

Au final, c'est une très bonne nouvelle mais avec une fin un peu trop ouverte. En tout cas, j'ai apprécié ce petit voyage Au Service des Insectes.

mercredi 15 avril 2015

Le Libérateur, Les Outrepasseurs, tome 3, Cindy Van Wilder

J'ai adoré les deux premiers tomes de la série des Outrepasseurs, alors, forcément, jeudi dernier, je suis allée cherché le dernier le jour de sa sortie. Et dimanche soir, je l'avais fini. Etant en vacances, j'ai pris un peu mon temps pour écrire mon avis

Le Libérateur, Les Outrepasseurs, Tome 3, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf straem
Collection : / 
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 345

A lire si :
- Vous avez aimé les deux premiers tomes
- Vous voulez des fés qui n'ont rien à voir avec celle de Disney
- Vous voulez des personnages devellopés

A ne pas lire si :
-  Aucun raison de ne pas le lire

Présentation de l'éditeur : 

Un terrible hiver s'abat sur la Grande-Bretagne. Petter, qui a été sauvé par Arnaut, se retrouve seul, car le Chasseur et le lion d'Arnaut sont affectés par la disparition de la magie. Arnaut tombe dans un coma profond, auquel il semble n'y avoir aucune solution. Jusqu'à ce que Peter comprenne que le sous-sol de Lion House regorge de ressources cachées...

Mon avis

Après les évènements du second tome, Peter a réussi à fuir Lion House et surtout Noble grace à Arnaut. Celui-ci le soigne avec l'aide de sa fé Marraine et tous les deux trouvent réfuge parmi les Ferreux. Pendant ce temps, la Reine des Neiges décide de jouer le tout pour le tout et de plonger une dernière fois le monde dans un Hiver mortel. Mais à cause d'elle, la magie disparait, mettant à mal les fés comme les Outrepasseurs. Il est temps de mettre un terme à tout cela. Et c'est à Peter que la tache incombe puisqu'Arnaut tombe dans le coma. Heureusement pour lui, Shirley va finir par le rejoindre et ils vont pouvoir profiter des faiblesses de Noble et surtout du désaccord entre lui et les autres Outrepasseurs pour mener sa mission à bien.

Cindy Van Wilder nous offre une fin de série plutôt épique. Si la magie déserte de plus en plus le monde, la Reine des Neiges ne compte pas mourir comme ça. Tout comme Noble. C'est assez amusant de voir que finalement, la fé et l'Outrepasseur se ressemblent autant, eux qui se détestent tant. Même si la Reine des Neiges reste l'ennemie principale, les Outrepasseurs, vont surtout se retourner contre Noble, qui a été défait par Arnaut et son lion lors du tome deux. Heureusement pour l'humanité, Hersent, la louve, va se jeter à la poursuite de la fé. De leurs côtés, les autres Outrepasseurs découvrent ce que la perde de la magie signifie pour eux. Petit à petit, leur hôtes disparaissent, les laissant malade, quasi mort. Forcément, tous vont se retourner contre Noble, tout en voulant encore trouver Arnaut pour tuer le Chasseur. De son côté, Peter reste sur ses positions et veut toujours annuler la malédiction. Pour cela, il doit d'abord sauvé Arnaut et surtout le Chasseur. Rejoint par Shirley, dont il va se méfier un moment (et on le comprend), il va partir à la recherche des artefacts de la Trois Fois Née, Trois Fois Morte et surtout du Tombeaux. C'est autour de celui-ci que le destin des Outrepasseurs et du monde va être scellé. 

Le Libérateur est dans la droite ligne du second tome. Les personnages y sont toujours aussi bons et j'avoue mettre pris d'affection pour Hersent que je trouvais un peu trop froide dans les deux premiers. Autant dire que la louve est un personnage fort. Tout comme les renards, que se soit Peter, notre héros, Shirley ou Hermeline. Ils méritent leur animal totem, c'est trois là. Noble n'est pas en reste non plus. J'aime à détester ce personnage et dans ce tome, il est juste génial dans son genre. Il me semble qu'il est le personnage le plus complexe des Outrepasseurs, même s'il n'obéit qu'à une seule idée fixe au final. Les nuances des personnages sont toujours aussi présentes, ce qui l'est rend plus humains pour beaucoup (parce que parfois, Noble, on se demande s'il est vraiment humain). C'est vraiment un des aspects qui m'a le plus plut dans la série. Ca et l'utilisation des contes de fées aussi.

Au niveau de l'action, l'auteure met le paquet. Si le début du tome semble aller un peu lentement (il faut remettre les idées en place au lecteur mais aussi aux personnages), la suite va vite, très vite. La Reine des Neiges ni est pas pour rien. La fin qu'elle veut pour elle-même à tout d'héroïque. En parlant des fés, nous allons enfin savoir qui est réellement la TFN, TFM (et je l'avais pas vu venir, même si finalement c'est ultra logique) ainsi que le chasseur. Une revisite d'un conte qui change autant de son original que du Disney. D'ailleurs, ce conte-là à une grande importance dans le roman et j'ai beaucoup apprécié cela.  Autre chose de très plaisant, et cela avait commencé dès le début de la série dans les Héritiers, rien n'est joyeux dans le monde des Outrepasseurs et la mort est particulièrement présente, pas seulement en tant que personnage d'ailleurs. Mais surtout, aucune mort n'est gratuite, pas même chez les fés finalement (mais je pleure encore deux des morts parce que vraiment dans ce tome, les personnages ont pris beaucoup d'épaisseur et que je les apprécie beaucoup).

Au final, j'ai lu ce Libérateur très vite, ne pouvant pas lâcher le livre. J'ai eu un énorme coup de coeur pour toute la série et ce tome-là ne déroge pas à cela. Je suis plus que fan. La réécriture de certains contes, le déroulement de l'histoire (d'ailleurs, j'ai insité le stagiaire de la librairie à finir le tome 1 qu'il a du mal à lire parce que les chapitres sont un peu trop long pour lui, en lui vendant le tome 2 de manière géniale, je trouve), les personnages. Tout est parfait dans les Outrepasseurs. Le seul bémol ? J'aurais voulu que se soit plus long tant j'aime l'univers !



mardi 23 septembre 2014

La Reine des Neiges, Les Outrepasseurs, tome 2, Cindy Van Wilder

Je me suis replongée avec bonheur dans le monde des Outrepasseurs avec ce second tome. IL n'y a pas à dire, c'est l'une de mes séries "enfance/YA" préférée.

La Reine des Neiges, Les Outrepasseurs, tome 2, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulfstream
Collection : /
Année de parution : 2014
Nombres de pages : 368

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome
- Vous ne voulez pas de fés à la Disney
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des gros monstres
 - Vous voulez de la fée gentille
 
Présentation de l'éditeur : 
 
"Une main squelettique émergea de la manche de la Messagère et s'empara avec avidité de la perle.
- Tu n'ignores pas les conséquences de ton geste, souffla-t-elle. Me la confier équivaut à renoncer au don d'Eternité.
- Je viens de condamner Féérie tout entière, murmura Snezhkaïa. Désormais, ils seront soumis à la même loi que les mortels : tu détiendras le droit de prendre leur corps et d'emporter leur âmes.
- Et que ferai-je de leur magie ? Tu sais que je ne peux l'absorber.
- Alors, fais-la disparaitre ! cria la fée."
 
Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu'ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en mois de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire.
 
Mon avis :
 
Pour ce second tome des Outrepasseurs, Cindy Van Wilder a, je trouve, fait encore plus fort que pour le premier. Cette fois, pas de retour dans le passé, l'histoire se déroule à notre époque, soit celle de Peter. Pourtant, tout ce qu'il a pu se passer durant le tome 1 n'était pas vain et passé et présent se rejoigne sans le moindre accros, du moins littéraire.
 
Le tome commence sur le point de vue de Snezhkaïa, l'impitoyable Reine des Neiges, que nous avions entr'aperçu dans le tome 1. Des actions qu'elle va faire dans ce prologue va découler tout ce qu'il va se passer par la suite. Et autant dire que rien ne va être simple. En voulant supprimer la magie du monde, et par là-même, au final, les fés, elle va libérer Arnaut et le Chasseur. Or pendant ce temps, Peter, l'Héritier du goupil se rebelle contre les Outrepasseurs et plus particulièrement contre Noble. Forcément tout à un lien...
 
J'avoue que je me demandais si j'allais autant apprécié La Reine des Neiges que les Héritiers sans les retour dans le passé. Cette originalité du premier tome m'avait beaucoup plus, surtout qu'elle était particulièrement bien menée. Le fait que le second tome se déroule entièrement dans le présent ne m'a pourtant pas du dérangé, parce que l'histoire est prenante, parce que nous ne faisons pas que suivre Peter, parce que tout est bon dans le livre. Et surtout parce qu'il suit parfaitement le premier tome et que rien n'est écrit au hasard. 

Et surtout, il y a les personnages. D'abord Peter, que nous découvrons réellement. Bien que présent dans le tome 1, nous n'avions fait que l'effleurer. Ici, il prend beaucoup plus d'ampleur. Je dois bien dire que j'aime beaucoup beaucoup Peter, son esprit rebelle, sa volonté. Le personnage est vraiment très intéressant, ni tout blanc, ni tout noir. D'ailleurs aucun personnage n'est ni blanc ni noir. Chacun est plein de nuances. J'aime beaucoup ce traitement là. Même si les méchants restent des méchants, leurs actions leur sont dictées par leur émotions, leur ressentis et non parce qu'ils sont méchants. Cela les rend beaucoup plus "vrais". C'est vrai quoi, dans notre monde, personne n'est ni tout bon ni tout mauvais. Du coup, on en arrive surtout à mieux comprendre les personnages, même ceux que l'on peut détester (hello Noble !).

Je dois bien avouer qu'ayant tout aimer dans ce tome, j'ai un peu de mal à trouver ne serait-ce qu'un seul défaut. Ah si, un, c'est trop court ! Vraiment trop court (on peut aussi dire que les parutions sont trop espacé, c'est vrai quoi 6 mois, c'est long -dit celle qui attends la fin de la Roue du Temps en VF depuis bien dix ans...). Enfin, voilà, j'ai tout simplement aimé. Parce qu'on trouve vraiment de très bonne chose dans ce tome (comme dans le précédent d'ailleurs, et surement le suivant après), une histoire passionnante, des personnages nuancés, des tonnes de références aux contes originels (et pas à Disney, merci merci merci). 

Pour conclure, je ne dirais qu'une chose, foncez sur les Outrepasseurs si ce n'est pas déjà fait.
 
 

jeudi 27 février 2014

Les Héritiers, Les Outrepasseurs, Tome 1, Cindy Van Wilder

IL y a quelques années de ça, je tombais sur le blog d'une future auteure publiée. Je lisais ces posts et j'ai découvert un univers qui semblait vraiment prometteur. Il n'en était qu'à ses débuts. Je le trouvais déjà génial. Et puis, l'auteure a changé de blog, j'ai arrêté de la suivre parce que je ne trouvais pas le nouveau... Et voilà qu'un jour un titre me saute aux yeux. Elle avait réussi, elle publiait son roman. Ce roman, c'est le tome un des Outrepasseurs. 

Les Héritiers, Les Outrepasseurs, Tome 1, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : /
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 347

A lire si :
- Vous aimez la littérature Young Adult
- Vous aimez lire des histoires se passant sur deux époques différentes
- Vous en avez marre des fées de Disney

A ne pas lire si :
- Vous voulez des gros monstres
 - Vous voulez de la fée gentille

Présentation de l'éditeur :

-Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.
- Nous ?
- Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s’arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux. »

Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis des siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie…

Mon avis :

IL existe des livres qui ne nous laisse pas un seul moment de répits, qui dès qu'on les tient en main ne veulent plus qu'on les lâche. Des livres comme ça, il y en a quelques uns qui sont vraiment bons. Les autres souvent ont un défaut, un truc qui fait que oui, on ne va pas le lâcher comme ça mais quand même temps, s'il n'était pas un page-turner, on le lâcherait bien finalement. Les Héritiers fait partie de ceux qui n'ont quasiment pas de défaut, qui nous entraine dans un monde qu'on a du mal à quitter, malgré la fatigue du à l'heure tardive. 

Cindy Van Wilder nous entraine à la suite de Peter, un jeune garçon anglais, passionné de football qui vit seul avec sa mère et sa nurse. Sa vie est des plus normale jusqu'à ce soir-là où il se fait attaquer par des créatures étranges. A partir de ce moment-là, il va devoir découvrir qui il est, et surtout pourquoi il est comme ça. Nous allons donc suivre son initiation dans ce premier tome, mais pas que. Comme lui, nous allons découvrir le secret des Outrepasseurs, ce qu'il a pu se passer 800 ans plus tôt...

L'auteure nous fait donc passer du présent au passé grâce à l'épreuve initiatique de quatorze jeunes gens (même si nous ne suivons finalement que Peter dans ce tome). La transition se fait donc de manière "douce" (pour le lecteur, pas vraiment pour les jeunes gens). Ainsi nous n'avons pas de coupure brutale entre les deux, le passé faisant finalement partie du présent. Elle est aussi la partie prenant le plus de place dans le livre, nous permettant d'en comprendre l'univers, la mythologie aussi.

Dans cette partie, nous suivons un petit groupe de villageois, dont Niels, dans un petit village français en 1200 et des poussières, se battant contre des fés pour sauver le fils de Niels ainsi que le village finalement. Nous découvrons alors la vie dans un petit village de cette époque, vraiment bien documentée d'ailleurs. Cindy Van Wilder sait de quoi elle parle, elle nous sort des mots qui maintenant ne veulent plus dire la même chose, nous l'explique. D'ailleurs, les notes de bas de page sont super intéressantes pour ça (et quand on sait qu'à la base, je ne lis que celles des livres de Pratchett parce que généralement ça m'agace...). Elle nous plonge direct dans l'ambiance du 13ième siècles, et dans ses superstitions aussi, puisque les ennemis de la troupe sont les fés. Pas les gentilles mignonnes, non celles de l'époque, celles du bon peuple. Et là, franchement, elle gère vraiment. Parce que pour moi, elle a su rendre ce peuple comme je l'imagine lorsqu'on me parle par exemple de la Chasse Sauvage, des êtres ni vraiment mauvais, ni vraiment bons, qui font juste ce qu'ils font parce que ça leur plait et puis c'est tout. 

La partie présent, bien que moins présente, à tout autant de charme. Déjà parce que la magie y est particulièrement présente. Ensuite, parce qu'il faut bien avouer que le jeune Peter ait attachant, avec ses doutes, ses envies. Et puis, franchement, j'ai eu envie de savoir comment il allait passer l'épreuve, ce qu'il allait apprendre de tout cela. Et ici aussi, le charme de l'écriture de Cindy Van Wilder a opéré. Elle écrit vraiment bien, de manière fluide, c'est très agréable.

Au final, ce premier tome, plein de mystère et d'Histoire m'a vraiment mais vraiment beaucoup plus. L'univers de Cindy Van Wilder est très riche, et je suppose que les deux autres tomes le seront tout autant. Elle nous entraine dans un monde sombre et en même temps merveilleux, à la recherche des fés. J'ai vraiment hâte d'être l'année prochaine pour pouvoir lire le second tome de cette histoire et savoir ce qu'il va arriver à Peter et aux autres Outrepasseurs. Et pour ceux qui ont peur du côté jeunesse du livre, franchement, on ne le sens pas du tout. Il peut être lu par des jeunes comme par des adultes.