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mardi 9 mai 2017

Rosa Candida, Audur Ava Olafsdottir

Voilà un petit moment que je n'ai pas lu de livre des éditions Zulma. Je n'avais plus que deux livres d'eux dans ma PAL, le choix c'est porté sur ce Rosa Candida assez intriguant. Et puis, ça faisait longtemps que je n'avais pas lu d'auteur islandais (le dernier, c'était Magnason avec LoveStar, chez Zulma aussi d'ailleurs).

Rosa Candida, Audur Ava Olafsdottir

Editeur : Zulma
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2010
Titre en VO :  Afleggjarinn
Année de parution en VO : 2007
Nombre de pages : 319

A lire si :
- Vous aimez les romans contemplatifs
- Vous aimez les quêtes existentielles

A ne pas lire si :
- Vous voulez de l'action
- Vous n'aimez pas quand c'est lent.

Présentation de l'éditeur : 

Le jeune Arnljótur va quitter la maison, son frère jumeau autiste, son vieux père octogénaire, et les paysages crépusculaires de laves couvertes de lichens. Sa mère a eu un accident de voiture. Mourante dans le tas de ferraille, elle a trouvé la force de téléphoner aux siens et de donner quelques tranquilles recommandations à son fils qui aura écouté sans s'en rendre compte les dernières paroles d'une mère adorée. Un lien les unissait : le jardin et la serre où elle cultivait une variété rare de Rosa candida à huit pétales. C'est là qu'Arnljótur aura aimé Anna, une amie d'un ami, un petit bout de nuit, et l'aura mise innocemment enceinte. En route pour une ancienne roseraie du continent, avec dans ses bagages deux ou trois boutures de Rosa candida, Arnljótur part sans le savoir à la rencontre d'Anna et de sa petite fille, là-bas, dans un autre éden, oublié du monde et gardé par un moine cinéphile.

Mon avis

Je ne me souviens plus de pourquoi ce livre est arrivé dans ma PAL. Peut-être pour sa quatrième de couverture, ou parce que ma libraire l'avait apprécié. Il a dormi un moment sur mes étagères avant que je ne le prenne. Et j'ai mis un petit moment à entrer dedans.

Il faut dire que le livre commence fort lentement. Des scènes de vies, des retours en arrière, de quoi comprendre un peu Arnljótur, le narrateur. Rapidement, le voilà quittant le cocon familial pour aller remettre en état l'une des plus fameuses roseraie du monde. Il quitte donc son père, son frère jumeaux, mais aussi sa fille et la mère de celle-ci. Son voyage va l'amener à reconsidérer une bonne partie de sa vie. Alors, oui, dis comme ça, cela ne donne pas forcément ultra envie, je vous l'accorde. Du moins, ça ressemble un peu à tous les autres romans du genre. Nous allons retrouver les questionnements de presque tout le monde sur la vie, la mort, l'amour, sa place dans le monde... A vrai dire, effectivement, ce roman ressemble assez à la plupart des romans de son genre. Le départ pour une nouvelle vie de son narrateur est un prétexte, tout comme les Rosa Candida qu'il trimbale avec lui, héritage de sa mère décédée le jour de la naissance de sa fille. Complètement paumé, il espère se trouver enfin, à vingt deux ans (jeune homme, saches donc que tu te chercheras toute ta vie). 

Nous voilà donc embarqué avec lui dans une première partie style road-trip assez décevante dans le fait qu'il ne se passe pas grand chose et qu'on le découvre tout de même ultra passif. Il se laisse porter par le courant, par les gens qu'il croise. Une fois son road-trip fini, le voilà qui arrive enfin dans le village où se trouve la roseraie. Et re-belotte, il se laisse porter par le courant. Heureusement, les quelques autre personnages qu'il rencontre sont un tout peu plus intéressant. J'ai beaucoup apprécié le frère Thomas, cinéaste accompli qui trouve les réponses plus facilement dans ses films que dans la bible. Ou encore Anna, que nous découvrirons dans le dernier tiers, mère de l'enfant, qui finalement ne sait plus vraiment où elle en est. Ce sont eux qui portent Arnljótur le long du livre, eux et Flora Sol, sa fille. Parce qu'il faut bien dire que la passivité de notre narrateur est omniprésente même dans son domaine favori, la botanique (où il suit les vieilles illustrations de la roseraie pour lui rendre son charme d'antan). 

Et pourtant, chose étrange vu que je n'apprécie pas des masses ce genre de personnage, j'ai aimé le livre. Parce qu'il est contemplatif, parce qu'il fait du bien aussi, il ne prend pas la tête, se pose quelques questions intelligentes (mais n'y répond pas toujours), offre une belle histoire entre un père et sa fille pas forcément voulue. A vrai dire, ça fait parfois du  bien de lire quelque chose de si ordinaire, de si semblable à ce que certains d'entre nous peuvent vivre (surtout après pas mal de temps à lire de la SFFF ou de la blanche plus violente).

Au final, Rosa Candida est un livre qui me laisse une impression étrange. Sa lenteur aurait du me déplaire et pourtant, il me semble que cela a été l'inverse. J'avoue avoir été plus enthousiaste à partir du milieu, dernier tiers du roman, au moment où Anna rejoint notre narrateur qui semble du coup à peine un peu moins passif ( à moins que cela ne soit la présence de l'enfant ?). Bref, à lire pour passer un bon moment.

mercredi 12 octobre 2016

La Neige de Saint Pierre, Léo Perutz

Ma première expérience avec monsieur Perutz c'était l'année dernière avec Le Maître du Jugement Dernier. J'avais apprécié ma lecture, mais vraiment, a tel point que j'ai rapidement ajouté un autre livre de Perutz dans ma PAL. C'était en plus de ça sans compter sur les éditions Zulma qui ont pensé à moi pour le dernier paru (sorti en début de mois), La Neige de Saint Pierre. Je remercie d'ailleurs fortement les éditions Zulma pour cette nouvelle plongée, tout aussi agréable que la première, dans l'univers de Perutz

La Neige de Saint Pierre, Léo Perutz

Editeur : Zulma 
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2016
Titre en VO : St. Petri Schnee
Année de parution en VO : 1933
Nombre de pages : 240

A lire si :
- Vous voulez un roman angoissant mais pas trop non plus
- Vous aimez vous demander ce qui est réel ou non

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire bourrée d'action

Présentation de l'éditeur : 

En 1932, Georg Friedrich Amberg, jeune médecin engagé par le baron von Malchin, quitte Berlin pour le lointain village de Morwede. Afin de soigner les paysans ? Pas si évident, car dans le secret de son laboratoire le baron vient de découvrir la neige de saint Pierre, un champignon parasite du blé capable d’agir sur les esprits comme une drogue. Et dont il compte bien se servir pour restaurer la ferveur religieuse… et le Saint Empire romain germanique. Mais la drogue, expérimentée sur les paysans de Morwede et l’entourage du baron, les fera brandir le drapeau d’une tout autre religion…
Interdit par les nazis dès sa parution en 1933, la Neige de saint Pierre est, par-delà l’enquête aux allures de rêve hallucinatoire, le roman de la manipulation et du pouvoir.

Mon avis

Comme dit en introduction, j'avais beaucoup aimé le Maître du Jugement Dernier et recevoir un nouveau livre de Leo Perutz  m'a mit rapidement en joie. Surtout qu'il ne m'a pas fallu un chapitre pour savoir que j'allais aimer ma lecture. 

Amberg, le narrateur, est à l’hôpital, depuis apparemment cinq semaines, suite à un accident de voiture. Sauf que pour lui, ce n'est pas pour ça qu'il est là. Il se souvient parfaitement avoir été jusqu'à Morwede pour y devenir le médecin du village. Là, il va découvrir que le maître des lieux, le Baron von Malchin tente de créer une drogue capable de rentre la foi à l'humanité. Il va aussi y retrouver Kallisto, dite Bibiche, l'assistante du baron dont il est amoureux. Il est persuadé que son arrivée à l’hôpital est dut aux événements de Morwede, événements qu'il va alors nous conter.

Dès le départ, on ne peut que se poser des questions. Doit-on croire les médecins ou le narrateur ? Il a reçu un choc à la tête, il pourrait très bien avoir rêver. Mais en même temps, on a très envie de le croire, surtout que ses souvenirs semblent particulièrement réels. Ainsi, nous allons le suivre alors qu'il quitte Berlin. En route pour Morwede, il va croiser Bibiche (j'ai eu en horreur ce surnom tout le long du livre, préférant user du prénom de la jeune femme, Kallisto, à chaque fois que je pouvais le voir) à bord de la cadillac qui l'aurait renversé. Dans le village, il va vite se rentre compte que quelque chose ne va pas forcément sans mettre la main dessus. Jusqu'à ce que le baron lui révèle ses intentions, rendre la foi en Dieu à l'homme à l'aide d'une drogue, la Neige de Saint Pierre.

Tout comme le Maître du Jugement Dernier, j'ai lu le roman plutôt rapidement, voulant savoir, à tout prix, le fin mot de l'histoire. La première partie m'a paru un peu longuette, surtout que notre médécin et narrateur à quelques états d'âme amoureux (qui dureront durant tout le roman). On va découvrir avec lui les diverses personnes importantes du village, le baron, son fils adoptif, le prince Praxatine, un russe ayant fuit les communistes, le curé ou encore l'instituteur. Tous ou presque semblent savoir ce qu'il se trame dans le laboratoire. Mais personne n'en parle vraiment. Le lecteur pourtant sait qu'il va se passer un truc affreux, le narrateur aussi d'ailleurs mais il n'en parle pas forcément. A la place, il décrit les personnages, les états d'âmes (heureusement pas qu'amoureux) et l'étrangeté de ce qu'il se passe. Mais dès que le baron dévoile au narrateur son ambition, tout semble prendre un coup d’accélérateur tout en restant en même temps flou et cela jusqu'à la fin du roman.

Perutz joue souvent avec cette limite du réel et du fantastique. Il arrive à créer une ambiance assez flippante mais pas trop non plus. Le lecteur ne peut que se poser des questions sur ce qu'il se passe, sur qui sont réellement les personnages qu'il croise au fil du roman. L'auteur lui laisse une bonne place pour imaginer les choses, surtout que son narrateur oublie quelques passages (volontairement ou non, allez savoir). Sans parler du fait que tout le long du livre, on se demande si ce ne sont pas les médecins qui ont raison, s'il n'aurait pas tout rêver. Parfois, on se le demande vraiment parce que le narrateur semble avoir des flashs de son coma. Mais en est-ce vraiment ? Le mystère reste entier.

Outre cela, le livre est aussi intéressant de part son thème, la perte de la foi religieuse et l'arrivée d'une autre foi, beaucoup moins centré sur Dieu. Ainsi, sans en faire non plus l'éloge, le communisme arrive dans le roman petit à petit, tel un nouveau messie. Un messie destructeur de monarchie (le baron rêvant de mettre sur le trône son fils adoptif, héritier des Staufen) et d'ordre établi. Il est intéressant de voir la manière dont Perutz traite de cela mais aussi de savoir que livre fut interdit à la publication par les nazis (et pas seulement parce que son auteur est juif). Il est vrai que je ne me suis pas du tout attendu à ça personnellement. C'est l'un des grands points forts de l'auteur, réussir un twist aussi bon avec si peu d'élément et surtout alors que le lecteur aurait plutôt eu tendance à voir autre chose. Il en va de même d'ailleurs pour les derniers chapitres, qui n'aide pas du tout à savoir si le narrateur a réellement vécu tout ce qu'il nous raconte.

Au final, c'est une nouvelle fois une bonne découverte, passionnante et étonnante aussi. Perutz est en train de gagner mon petit coeur de lectrice avec pourtant des histoires assez courtes et des narrateurs parfois un peu trop agaçant pour moi (j'avais déjà prit en grippe le baron von Yosh du Maitre du Jugement dernier, je n'en étais pas loin avec Amberg). La lecture en reste délicieuse et passionnante et j'ai hâte d'entamer la Troisième Balle, toujours dans ma PAL. 

mardi 16 août 2016

Papa, Tu es fou, William Saroyan

Ai-je déjà dit à quel point j'appréciais les éditions Zulma ? Que se soit leur couvertures, que je trouve vraiment fort sympathiques ou les textes, je trouve toujours des bons points aux romans que je lis publiés chez eux. Celui-ci ne fait pas exception.

Papa, Tu es fou, William Saroyan

Editeur : Zulma
Collection : Poche
Année de parution : 2015
Titre en VO : Dad, you are crazy
Année de parution en VO : 1957
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous voulez une relation père-fils
- Vous aimez les jeunes narrateurs
- Vous voulez des instants de vie

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire linéaire
- Vous pensez lire beaucoup sur l'écriture d'un roman (même romancée)

Présentation de l'éditeur : 

« Je me suis levé de table et je me suis mis à danser la gigue : Papa a éclaté de rire, et j’aime l’entendre rire comme ça – comme un type qui écrit, qui a faim et qui est complètement fou. » 
Voici l’histoire d’un enfant de dix ans et de son père dans les années cinquante à Malibu – deux écrivains, l’un en herbe, l’autre qui, pour faire bouillir la marmite, hésite entre écrire un livre de recettes et une pièce de théâtre. Là, le père et le fils font la cuisine avec trois fois rien – l’inénarrable Riz de l’Écrivain –, la course sur la plage, se racontent des histoires et rêvent au son du phono, l’un d’être le premier à marcher sur la Lune, l’autre de ne vivre que pour écrire. L’air de rien, leur histoire pleine d’histoires est d’abord celle d’une transmission, où un père, le fameux Papa, trouve toujours la plus belle réponse à tout et l’offre à son fils, sur le sens de la vie, la joie d’être au monde et, plus que tout, la passion de l’écriture.

Mon avis

Lorsque j'ai vu ce petit livre chez la libraire, j'ai été attiré par la quatrième de couverture. Un père écrivain qui veut transmettre son métier à son fils de dix ans. Enfin, pas que son métier d'ailleurs, mais plutôt ses valeurs. C'est quelque chose que j'aime bien lire, l’interaction entre une grande personne et un enfant. Parce que l'enfant voit le monde avec toute l’innocence de son âge, là où l'adulte le voit de manière bien plus pragmatique.

Pour ce roman, William Saroyan a utilisé une partie de sa propre vie et de celle de son fils. Cette transmission-là, elle a eu lieu en vrai, surement d'une autre manière mais elle a vraiment eu lieu. Cela fait du roman quelque chose d'assez autobiographique sans vraiment l'être, l'auteur ne se servant que de son expérience pour créer les personnages, pas forcément toutes les interactions. Ça donne un petit plus non négligeable au roman, je trouve. Dans le prélude, l'auteur explique dans une lettre à son fils qu'il a pris ses propres dix ans, ceux de son fils et qu'il les a exploité avec ses quarante-cinq ans. Avec une introduction pareille, on aurait pu penser que même si le narrateur est l'enfant, nous aurions droit à des mots trop adultes, à des situations vu non par l'enfant mais par l'adulte. C'est une chose que je n'apprécie que peu dans ce genre de roman. Saroyan évite l'écueil pour mon plus grand plaisir.

Parlons un peu des personnages. Le père (Saroyan lui-même) a divorcé, vit sur la plage à Malibu. Il prend son fils avec lui pour quelques mois, afin de lui transmettre son métier et ses valeurs. C'est un homme qui aurait voulu vivre de ses écrits sans y parvenir, qui voit la vie de manière plutôt positive malgré les galères. L'enfant a dix ans, déteste l'école et rêve de marcher sur la Lune. Devenir écrivain n'est pas forcément une ambition pour lui. Comme tous les gamins de son âge, il s'interroge sur pas mal de chose, est curieux de tout. Cette curiosité va l'amener à poser des questions sur tout et n'importe quoi. Des questions auxquelles le père va essayer de répondre avec le plus de franchise possible, sans lui mentir. La relation qui apparaît alors entre le père et le fils est je trouve fabuleuse, basée sur la confiance, la vérité mais aussi l'amour. J'ai adoré suivre leur discussion, retranscrites avec les mots d'un enfant de dix ans. C'est très frais, très vivants.

En 63 courts chapitres, Saroyan nous offre donc un petit roman plein de bonheur, de bons mots et de concepts agréables. Le roman se lit facilement, presque d'une traite. Je ne lui trouve pas vraiment de défaut, peut-être que j'aurais voulu que certains passages soient un peu plus devellopé, et encore, je trouve que juste, ces courts chapitres passent très bien avec une narration comme la sienne. C'est au final une bien jolie découverte.

jeudi 30 juillet 2015

LoveStar, Andri Snaer Magnason

Zulma a une collection qui m'attire de plus en plus. Il faut dire que pour l'instant, je n'ai pas été déçue par ce que j'ai pu lire chez eux. Et ce n'est pas LoveStar qui va me faire dire le contraire.

LoveStar, Andri Snaer Magnason

Editeur : Zulma
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : Zulma
Année de parution en VO : 2002
Nombre de pages : 432

A lire si :
- Vous aimez la littérature venu du Nord
- Vous voulez une histoire se passant dans un futur proche

A ne pas lire si :
- Vous êtes plutôt du genre alarmiste
- Vous n'aimez pas les pub

Présentation de l'éditeur :

« Peu de temps après que les mouches à miel eurent colonisé Chicago, les papillons monarques furent saisis d’un étrange comportement. […] Au lieu d’aller vers le sud rejoindre leurs quartiers d’hiver, ils se dirigèrent vers le nord. » C’est ainsi que s’ouvre le roman, fable imaginative et pourtant étrangement familière, tenant à la fois de Calvino et des Monty Python. Face à la soudaine déroute de toutes sortes d’espèces volantes, le génial LoveStar, vibrionnant et énigmatique fondateur de l’entreprise du même nom, invente un mode de transmission des données inspiré des ondes des oiseaux, libérant d’un coup l’humanité, pour son plus grand bonheur, de l’universelle emprise de l’électronique. Et développant au passage quelques applications aussi consuméristes que liberticides… Avec des hommes et des femmes ultra connectés payés pour brailler des publicités à des passants ciblés, le système ReGret, qui permet « d’apurer le passé », ou le rembobinage des enfants qui filent un mauvais coton. Autre innovation, et pas des moindres, en faveur du bonheur humain : les âmes sœurs sont désormais identifiées en toute objectivité par simple calcul de leurs ondes respectives. Quand Indriði et Sigríður, jeunes gens par trop naïfs et sûrs de leur amour, se retrouvent « calculés », ils tombent des nues : leur moitié est ailleurs. Les voilà partis, Roméo et Juliette postmodernes contrariés par la fatalité, pour une série de mésaventures cocasses et pathétiques, jusqu’à ce que leur route croise celle de LoveStar lui-même, en quête de son ultime invention…

Mon avis

Il est amusant de voir que chez Zulma, éditeur de littérature plutôt blanche, on retrouve si facilement de la littérature fantastique, voire même un peu de science-fiction. Peut-être aussi parce que ce sont les courants qui m'intéressent le plus et que forcément je tape dedans quand je prend un livre de chez eux. Mais pourtant, ce n'est pas quelque chose qui arrive seulement chez eux. Comme si enfin, la littérature SFFF prenait un peu plus de poids et surtout était vu d'une manière différente. Mais là n'est pas le sujet de cet avis. 

Comme je le disais donc, LoveStar n'est pas de la littérature blanche. C'est de la science fiction. Ben oui. Et de la bonne en plus de ça. Ici, pas de space opéra ou autre, mais plutôt de l'anticipation. Nous n'avons pas vraiment de date dans le livre, mais il est plus que probable qu'il se déroule dans un futur proche du notre, très proche même. Dans ce futur, le comportement migrateur des animaux s'est vu perturbé, leur faisant faire un peu tout et n'importe quoi. Un homme, LoveStar, a alors eu une idée. De cette idée est né l'homme connecté, celui qui n'a besoin d'aucun fil, aucun câble pour être relié aux autres. Et puis, petit à petit, le monde a évolué avec cette idée, devenant un monde régit par les ondes, et surtout par la surconsommation. Ainsi, l'homme qui était libre de toute attaches physiques se voient pourtant entravé par la publicité, les multiples applications créées pour lui. Il ne commande plus son destin, celui-ci lui est dicté, jusqu'à sa moitié, sa seule et unique ou encore sa mort... Et tout ça à cause d'un seul homme, un visionnaire qui s'est un peu laissé prendre au jeu de dieu, LoveStar.

Nous allons suivre LoveStar lui-même, durant une partie du roman. Cela afin de mieux comprendre ce qu'il se passe, comment il en est arrivé là et pourquoi. Nous allons aussi suivre un couple de jeune gens, séparés par InLove, l'une des inventions de LoveStar permettant de trouver son seul et unique partout dans le monde. Avec eux, nous découvrons surtout les dérives des inventions de LoveStar, puisqu'ils les vivent au quotidien. 

Ce qu'il y a de troublant dans LoveStar c'est à quel point son auteur, Andri Snaer Magnason a pu être visionnaire dans son écriture. Parce que le roman date de 2002, avant l'arrivée en masse d'internet et de Facebook, des blogs, et des publicités "intelligentes", avant la suprématie de Google... Et que pourtant, il décrit presque parfaitement ce qu'il nous arrive ou va surement nous arriver quelques années plus tard, en 2015. L'auteur a réussi à décrire ce qu'il pourrait se passer (oui, je fais mon alarmiste là comme ça mais en même temps, on y va quand même presque tout droit vers ce que décrit le roman)(du moins pour certain aspect, comme l'omniprésence de la pub, ou la suprématie d'une seule et même compagnie) et à le faire de manière intelligente. IL décrit un monde qui semble éloigné du notre mais ne l'est pas tant que cela. 

De plus, les deux histoires, celle de LoveStar et celle d'Indriði et Sigríður sont parfaitement portés et vont très bien ensemble. A chaque mésaventure du couple, nous voilà plongé du côté de LoveStar pour découvrir ce qui a pu l'amener à faire telle ou telle chose. Elles sont aussi portés par une écriture vive, qui ne tombe jamais dans le lourd ou le pathos. Les descriptions, quoique parfois un peu longues pour les paysages, sont bien écrites, tout comme les sentiments des personnages (même si j'avoue que l'amour entre Indriði et Sigríður m'a parfois un peu saoulé tellement c'est mielleux)(mais c'est aussi fait exprès par l'auteur). On trouve une petite touche d'humour qui fait du bien et finalement, même si le roman se veut une critique du monde vers lequel nous tendons, il n'en est pas forcément moralisateur, comme le prouve d'ailleurs sa fin en demie-teinte qui fini parfaitement, pour moi, le roman.

Au final, j'ai beaucoup aimé LoveStar. C'est une fable très jolie qui ne finit pas forcément bien (ni forcément mal d'ailleurs) et qui permet un peu de réfléchir à ce qu'y nous entoure. 

mardi 9 juin 2015

L'Ile du Point Nemo, Jean-Marie Blas de Robles

J'ai beaucoup de mal à résister aux couvertures de Zulma, tant elles sont kitch et colorées.Et puis, dans leur collection, on trouve parfois des trucs qui ont l'air bien barré, comme ce roman-là. Et puis, comment résister en lisant ça sur la quatrième : "Cette folle équipée romanesque est aussi la plus piquante réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale des idéologies et de la gouvernance anonyme, tentaculaire, qui nous aliène jusque dans notre intimité." ?

L’île du Point Nemo, Jean-Marie Blas de Robles

Editeur : Zulma
Collection : littérature
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 464

A lire si :
- Vous aimez avoir plusieurs histoires dans un même roman
- Vous voulez du victorien mais aussi du plus contemporain
- Vous voulez une intrigue policière

A ne pas lire si :
- Vous voulez tout comprendre de suite
- Avoir plusieurs histoires dans un même roman ne vous plait pas.

Présentation de l'éditeur :

Roman d’aventures total, tourbillonnaire, conquérant, véritable machinerie de l’imaginaire où s’entrecroisent et se percutent tous les codes romanesques, la littérature populaire, entre passé historique et projection dans le futur, nos hantises programmées et nos rêves d’échappées irrépressibles.
Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock…). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae, tandis que trois pieds droits chaussés de baskets de marque Anankè échouaient sur les côtes écossaises, tout près de son château… Voilà donc Holmes, son majordome et l’aristocratique dandy, bientôt flanqués de Lady MacRae et de sa fille Verity, emportés – pour commencer – dans le Transsibérien à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô.
Par une mise en abyme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo.  Bientôt reprise par Monsieur Wang, voyeur high-tech, et fondateur de B@bil Books, une usine de montage de liseuses électroniques…
Avec une ironie abrasive, ce roman-tsunami emporte toutes les constructions réalistes habituelles et ouvre d’extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi la plus piquante réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale des idéologies et de la gouvernance anonyme, tentaculaire, qui nous aliène jusque dans notre intimité.

Mon avis

L'Île du point Nemo est un livre particulier dans sa structure. On commence gentiment dans une époque qui aurait pu être victorienne si ce n'est la présence d'objet technologiquement trop avancés pour et surtout par un mystère.  Un diamant a été dérobé et l'on a retrouvé trois pieds droits portant des baskets du même nom que le diamant non loin des lieux du crime. Puis, on passe à une époque dans le futur, à suivre les employés d'une usine de montagne de liseuses électronique. Les deux histoires semblent ne rien avoir en commun et cette impression va rester durant presque tout le roman. 

Je dois bien avouer que je n'ai aimé qu'une partie du roman, celle de l'enquête. La seconde partie, plus contemporaine m'a parut tellement aller dans tous les sens que j'ai eu beaucoup de mal à lire les chapitres la concernant. Trop de personnages, souvent peu intéressants (dont deux qu'on se demande carrément pourquoi eux et leur histoire de cul sont si importants), souvent trop caricaturés. De plus, par rapport à l'autre partie, celle-ci parait toujours plus courte et finalement sans une grande intrigue. La partie enquête, elle, nous offre des personnages plutôt bien caractérisés et surtout une histoire qui nous tient en haleine. Elle nous entraîne aussi un peu partout dans le monde, de Biarritz en Ecosse, puis dans le Transsibérien, à Sydney ou au point Némo, ce lieu dans l'océan le plus éloigné de toute présence humaine. Les tribulations des personnages sont hautes en couleur, emplis de petites anecdotes ou de grandes aventures. Ce qui rapproche les deux restent la littérature du XIX siècle, très présente, que se soit dans les lectures faites à B@bil Book ou dans les noms des personnages et de certains lieux dans la partie "enquête". 

C'est vraiment sur cette partie littérature du XIX siècle que le livre se base. Parce que finalement l'Île du point Némo, c'est finalement surtout ça, un hommage aux écrivains et à leurs romans. Alors, on retrouve beaucoup de Jules Verne (vu le nom du roman, c'était la moindre des choses), mais aussi du Hugo par exemple (les noms des cigares), du Dumas père, du Doyle (rien qu'en la personne de Holmes). Si pour certains, on retrouve les titres des romans dans les lectures à l'usine ou dans les fabriques de cigares, pour d'autres, se sont des allusions, noms de personnages ou de lieu. Il est particulièrement amusant de les retrouver presque tous (ma culture générale n'est pas assez élevée pour tout trouvé). De plus, la partie "enquête" ressemble pas mal à un roman de ce siècle-là, malgré la présence d’élément plus futuriste.

Un autre point important, c'est ce qui m'a semblé être "la peur" de l'auteur de voir les livres papiers disparaître. Il y revient régulièrement que se soit dans l'une ou l'autre des parties de son roman. La plupart de ses personnages sont conscients de la valeur d'un livre et du partage des histoires qu'ils comportent. Pourtant, le papier semble ne plus existé, comme le prouvera une des dernières scènes du livre. Il fait du livre papier un trésor, quelque chose qu'il faut à tout prix préserver. Je suis plutôt d'accord avec lui sur ce point, moi qui aime dans le papier (mais qui apprécie aussi le numérique).

Au final, je dois avouer que je sors tout de même dubitative de ma lecture. J'ai apprécié sans réellement aimé certaines parties. L'écriture de l'auteur a grandement aidé à les faire passer, et j'avoue que le regroupement des deux histoires, bien que j'ai compris rapidement ce qui les unissait était plutôt bien foutu. L'Île du Point Nemo est donc un livre particulier, qu'il faut lire tout de même pour son hommage à la littérature (et puis, beaucoup disent qu'il est le chef d'oeuvre de l'auteur)

vendredi 10 avril 2015

Le Maître du Jugement Dernier, Leo Perutz

C'est à cause de Cachou, des lectures de Cachou, que j'ai pris ce livre. De plus, je voulais continuer ma découverte des éditions Zulma après le coup de coeur pour le Complexe d'Eden Bellwether. Et puis, la quatrième me plaisait et j'avais bien envie d'une enquête qui tourne vers le fantastique (c'est la période en ce moment, c'est le troisième livre de ce genre que je lis à la suite). 

Le Maître du Jugement Dernier, Leo Perutz

Editeur : Zulma
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2014
Titre en VO :  Der Meister des Jüngsten Tages
Année de parution en VO : 1923
Nombre de pages : 224

A lire si :
- Vous voulez une enquête mené par des non policiers
- Vous aimez les histoires qui semblent un peu étranges

A ne pas lire si :
- Vous voulez un narrateur passionnant.

Présentation de l'éditeur : 

Tout commence dans la bonne société de Vienne, en 1909. Au cours d’un récital privé, on découvre le corps sans vie du célèbre acteur Eugen Bischoff. Les circonstances de sa mort sont pour le moins mystérieuses – suicide provoqué ou meurtre maquillé ? Les soupçons se portent bientôt sur le baron von Yosh, un homme froidement calculateur, étrangement rêveur et notoirement amoureux de Dina, l’épouse de Bischoff. Mais l’enquête menée en secret par Solgrub, membre lui aussi du petit cercle, bascule soudain dans l’irrationnel le plus complet.

Mon avis 

Une première chose, qui n'a rien à voir avec l'intérieur du bouquin, mais bien avec l'extérieur. Si les GF de Zulma ont une couverture qui parait bien solide, ce n'est pas le cas des poches. Je ne trimbalerais pas ce livre partout avec moi tant j'aurais peur de l'abimer. Mais cela n'est qu'un détail, me diras-tu. Et cela n'empêche pas la lecture.

Tout commence leur d'un récital privé chez Eugen Bischoff, le mari de l'ancienne amante (Dina) du Baron Von Yosh, le narrateur. Alors que tout semble se déroulait à merveille, Bischoff raconte une étrange histoire de suicide ou de meurtre maquillé à ses convives. Quelques temps après, il s'isole dans son pavillon et mort, une balle dans la tête. Rapidement, le baron est accusé d'avoir influencé le suicide de l'homme par le frère de Dina. Mais il plane sur l'affaire l'étrange histoire racontée un peu avant. Les convives vont mener l'enquête et tomber petit à petit dans ce qui semble être du surnaturel.

J'ai lu le livre très rapidement, happée par l'enquête. Pourtant, de prime abord, elle n'a rien de bien "nouveau". De plus, dès le début, nous savons à peu près à quoi nous attendre. Et pourtant, rapidement, on se laisse prendre au jeu. Il faut dire que Leo Perutz a une écriture soignée, pleine de détails et particulièrement plaisante mais qu'en plus, il manie l'art du twist et des rebondissements à merveille. Heureusement d'ailleurs car j'ai un peu pris en grippe le baron, qui m'a paru antipathique à souhait. D'ailleurs, les personnages ne sont pas forcément plaisant, si ce n'est Solgrub, dont le délire paranormal m'a plutôt amusé.

C'est marrant d'ailleurs de voir que je trouve pas mal de "défauts", disons plutôt de chose que je n'ai pas forcément aimé pour ce livre qui lui m'a fait grande impression. Surement mon amour pour les récits du début du siècle dernier ou se passant à cette époque mais aussi pour le surnaturel qui n'en ai pas. De plus, jusqu'au bout, l'auteur nous tient en haleine, malgré le fait que l'on sache dès le début ce qu'il va plus ou moins se passait. J'avoue ne pas avoir vu venir certains rebondissements et je trouve la fin du livre vraiment bien foutue.

Au final, donc, Le Maître du Jugement Dernier est pour moi un bon livre, à la juste longueur et à l'écriture délicieuse. 

mercredi 29 octobre 2014

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

Le Complexe d'Eden Bellwether m'a été conseillé par l'une de mes libraires, qui connait décidément bien mes gouts en matière de littérature blanche. Il me donne aussi l'occasion de découvrir les éditions Zulma dont les couvertures très graphique m'intriguaient.

Le Complexe d'Eden Bellwether, Benjamin Wood

Editeur : Zulma
Collection : /
Année de parution : 2014
Titre en VO : The Bellwether Revivals
Année de parution en VO : 2012
Nombre de pages : 498

A lire si :
- Vous voulez une histoire complexe, fleurant parfois avec le fantastique
- Vous voulez vivre l'atmosphère de Cambridge
- Vous voulez des personnages complexes

A ne pas lire si :
- La philosophie et la psychologie ne vous interessent pas
- Vous voulez une histoire toute en suspense

Présentation de l'éditeur : 

Cambridge, de nos jours. Au détours d'une allée de l'imposant campus, Oscar est irrésistiblement attiré par la puissance de l'orgue et des chants provenant d'une chapelle. Subjugué malgré lui, Oscar ne peut maitriser un sentiment d'extase. Premier rouage de l'engrenage. Dans l'assemblée, une jeune femme attire son attention. Iris n'est autre que la sœur de l'organiste virtuose, Eden Bellwether, dont la passion exclusive pour la musique baroque s'accompagne d'étranges conceptions sur son usage hypnotique.

Mon avis 

Il y a des livres qui font que dès qu'on a lu la première page, la première phrase même, ont est happé par l'histoire, les personnages. Au final, on aimerait ne pas pouvoir les lâcher une seule seconde, les lire d'une traite, toute la nuit s'il le faut. J'avoue que si je n'étais pas autant fatiguée en ce moment, m'écroulant dès que je rentre à la maison, c'est ce que j'aurais fait avec celui-ci. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait hier soir, impossible de m'arrêter, je voulais savoir ce qu'il allait se passer à la fin. Au du moins, comment cela allait se dérouler, puisque la fin, nous la trouvons au début du roman.

Le Complexe d'Eden Bellwether commence donc quasiment par sa fin. Et dès ce chapitre, j'ai été engloutie par l'histoire. Déjà parce qu'il faut avouer que Benjamin Wood a une manière d'écrire qui m'a embarqué, c'est clair, limpide, mais en même recherché, affuté. Rapidement, l'ambiance du livre se met en route, et me voilà prise dans les filets d'Eden, comme le sera Oscar, Iris et les autres. Parce que même s'il n'est pas le personnage principal, le personnage point de vue, Eden Bellwether va hanter le livre, le peupler de sa présence si particulière et faire tourner l'histoire autours de lui. Il faut dire qu'Eden a tout du personnage complexe et surtout charismatique. Le fait qu'il ne soit pas héros du livre ajoute beaucoup à cela. Nous ne le verrons que par le regard des autres et il va prendre une importance énorme dès le départ (mais on s'en serait douté puisqu'il est mentionné dans le titre).

Le livre se penche donc sur le cas d'Eden Bellwether, génie, personnalité narcissique aux passions immenses et aux idées bien arrêtées. Sa sœur va demander de l'aide à Oscar, le personnage principal et son petit ami, afin de pouvoir faire soigner Eden, au du moins, de prouver qu'il a besoin d'être soigner. Petit à petit, on va donc découvrir Eden, ses étranges manières, sa passion pour la musique et surtout pour lui-même. Le jeune homme est persuadé de pouvoir tout guérir grâce à la musique et veut prouver à tous qu'il en est capable. Grace à cela, l'auteur va pouvoir nous fournir de passionnantes réflexion sur les pouvoirs thérapeutique par la musique, mais aussi sur la psychologie et la philosophie. Les discussions qu'auront Oscar et son petit groupe là-dessus sont d'ailleurs vraiment très intéressantes. L'auteur s'est particulièrement bien documenté sur tout cela et ça se ressent à la lecture.

Mais le livre n'est pas fait que de cela. Déjà il y a Cambridge, cité universitaire bien connu pour son excellence et sa discipline. On y retrouve bien l'atmosphère studieuse qui doit y régner. Mais on retrouve aussi opposition entre les étudiants et ceux qui vivent simplement à Cambridge, puisque Oscar n'est pas étudiant, mais aide-soignant. On trouve aussi l'opposition classe modeste/classe riche avec la vision que peut avoir Oscar sur Iris, sa famille et ses amis. Et puis surtout, il y a les personnages. Au début, on a l'impression d'avoir des caricatures et puis, rapidement, ils vont tous gagner en profondeur, se révéler plus complexe que ce que l'on croit, et cela pour quasiment tous, d'Oscar à Iris en passant bien sur par Eden (vraiment un personnage remarquable), le Dr Paulsen ou encore Jane, Marcus et Yin. Surtout, ils sont tous attachants, et cela dès le départ. Attachants et surtout terriblement proches de ce qu'ils pourraient être dans la vie réelle. On se sent proche d'eux, vraiment. J'aurais pour ma part adorer pouvoir avoir des conversations avec eux, pouvoir faire partie de leur groupe.

Le Complexe d'Eden Bellwether peut paraitre ne pas être un livre facile à cause de son sujet. Pourtant, je m'y suis plongée et j'ai voulu resté dedans. D'ailleurs, je suis encore à Cambridge là, c'est pour dire. Il est pour moi un vrai coup de cœur, un livre que je recommanderais sans le moindre problème, tout comme l'a fait pour moi ma libraire.