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mercredi 13 juin 2018

Tortues à l'infini, John Green

Le dernier Green ne me laissait pas totalement indifférente sans pour autant m'attirer. Disons que si j'ai adoré Nos étoiles contraires (dont finalement, je préfére l'adaption)(chose tellement rare chez moi que ça mérite d'être dit), la Face cachée de Margo m'avait plus mais finalement pas tant que ça (avec le recul, je m'en rends un peu plus compte que lorsque j'ai écrit l'avis). Et puis, il a attéri dans ma PAL, alors autant le lire.

Tortues à l'infini, John Green

Editeur : Gallimard
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : Turtles All The Way Down
Année de parution en VO : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le Young-Adult
- Vous voulez une histoire finalement assez mignonne

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête

Présentation de l'éditeur : 

Aza, seize ans, n'avait pas l'intention de tenter de résoudre l'énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l'enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis.
Aza essaye d'être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles.
Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

Mon avis

J'avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour cet avis. J'ai plein de choses qui me viennent en tête. Le livre est mignon, l'héroïne plutôt sympathique dans son genre mais je m'attendais à mieux, à autre chose, je dirais. En fait, je ne sais pas trop. Tortues à l'infini n'est pas un mauvais livre, mais il n'est pas bon non plus. En fait, plus je lis de Young-Adult (et plus particulièrement les recommandations de Cindy Van Wilder sur Twitter et les auteurs français), plus je trouve que les "stars" de ce genre ne me font pas rêver avec leurs romans. Disons aussi qu'à mon âge, je ne cherche pas forcément ce qui va faire rêver la midinette de quinze-seize ans, mais un vrai discours derrière l'histoire.

Tortues à l'infini a un vrai discours, je ne dis pas le contraire. Il nous parle des TOCs (trouble obsessionnel convulsif), de la manière dont il affecte la vie d'Aza, l'héroïne du roman, de la perte d'un être cher (ici, le père), de l'amitié aussi. Il le fait à la manière de John Green, sans trop en faire mais sans non plus entrer dans les détails. Mais avant de parler de ce que j'aurais voulu voir et qui finalement me chiffonne un peu, parlons du roman.

Aza Holmes a seize ans, vit avec sa mère, souffre de pensées intrusives. Sans ses problèmes de santé, elle serait presque une jeune fille normale. Elle a son tout petit groupe d'amis, dont Daisy, autrice de fan-fiction sur Star Wars et Mychal, futur artiste. Jusque là, si on omet qu'elle se perd souvent dans des pensées dévastatrices pour elle, tout va bien. Jusqu'au jour où un homme d'affaire milliardaire disparaît. Daisy se met en tête de récupérer la récompense pour quiconque aura des infos et envoie Aza, sa meilleure amie, renouer avec Davis, le fils du milliardaire. Aza se fait un peu prier et puis finalement, elle va se laisser convaincre, et va commencer sa relation avec Davis. Oui, parce que c'est un peu le fond du sujet, bien plus que l'enquête pour retrouver le père du jeune homme (on n'y reviendra qu'à la fin). En fait, le fond du sujet, ce sont bien les relations qu'Aza a avec elle-même et les autres. On plonge dans les affres de l'adolescence avec les premiers amours, les premières grosses disputes entre amis et j'en passe. Et puis, dans tout ça, il y a la maladie d'Aza qui vient encore un peu tout compliqué.

Alors, oui, c'est toujours mignon les premiers amours. Oui, les héroïnes comme Aza ne sont pas très fréquentes et pour les personnes ayant des troubles comme elle, c'est plutôt cool de pouvoir lire son point de vue (même si je le trouve trop peu explicite, enfin, je sais pas trop comme dire ça, disons que Green a voulu la rentre toujours plus sympathique là où il aurait pu nous montrer un peu plus ce qu'elle ressent). Mais il manque deux trois choses pour moi. On y va ?

Déjà, on nous vent une enquête qui n'est pas là, ne sert que de prétexte pour mettre Aza en relation avec Davis. En fait, ça m'a un peu chiffonner de passer la première partie du roman à chercher ce qu'il a pu arriver à Pickett puis de l'oublier complètement parce qu'Aza se met en "couple" avec Davis. Ensuite, Aza a une maladie mentale (qui n'est jamais nommé d'ailleurs) mais elle ne sert finalement là aussi que de prétexte pour mettre en scène les personnages. Comme je le disais, c'est cool d'avoir ce genre de personnage-là mais j'aurais aimé qu'on entre plus dans le vif de ce sujet-là. Et enfin, il y a aussi les discours que tiennent tous ces jeunes de seize ans qui semblent en avoir souvent vingt de plus. Je veux bien qu'on puisse être mature, mais là, c'est un peu trop. Du coup, on perd tout de même pas mal de fraîcheur. Enfin, un dernier défaut pour moi, qui vient, il faut le dire, de mes précédentes lectures. Où est la diversité ? Green évolue dans un monde entière blanc et hétéros. Je n'ai rien contre mais ça m'a fait un peu étrange. C'est qu'on s'habitue vite à avoir des personnages plus diversifiés. J'ai eu l'impression de revoir les mêmes personnages que dans la Face cachée ou Nos étoiles contraires. A vrai dire, j'ai presque eu l'impression de lire la même histoire que dans les deux autres et ça, ça fait un peu mal. 

Au final, je ne me suis pas ennuyée en lisant le livre mais je n'ai pas non plus était emportée comme j'avais pu l'être par Nos étoiles contraires. Je n'ai pas vraiment ressenti d'émotion à ma lecture. J'ai bien aimé Aza, Daisy (quel dommage finalement qu'on ne la voit pas plus que ça, elle est pétillante à souhait) et Davis mais sans m'y accrocher plus que ça. Du coup, pour moi, c'est une petite déception alors qu'à vrai dire, je m'y attendais un peu (même problème de manque de profondeur que pour Margo et forcément ne sera jamais aussi  bien que nos étoiles). Ça se laisse lire mais ça ne reste pas. 

mercredi 15 avril 2015

La Face Cachée de Margo, John Green

J'avais adoré Nos Etoiles Contraires et j'avoue que je voulais voir ce qu'avait pu écrire son auteur avant ça. J'ai jeté mon dévolu sur la Face Cachée de Margo, l'un des seuls dont la quatrième me parlait.

La Face Cachée de Margo, John Green

Editeur : Gallimard
Collection : Scripto
Année de parution : 2009
Titre en VO : Paper Towns
Année de parution en VO : 2008
Nombre de pages : 388

A lire  si :
- Vous aimez les histoires d'adolescents
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous voulez une histoire en jeu de piste

A ne pas lire si :
- Vous voulez un roman qui ne soit pas iniatique

Présentation de l'éditeur : 
Margo Roth Spiegelman, le nom aux six syllabes qui fait fantasmer Quentin depuis toujours. Alors forcément, quand elle s'introduit dans sa chambre, une nuit, par la fenêtre ouverte, pour l'entrainer dans une expédition vengeresse, il la suit. Mais au lendemain de leur folle nuit blanche, Margo ne se présente pas au lycée, elle a disparu. Quentin saura-t-il décrypter les indices qu'elle lui a laissé pour la retrouver ? Plus  il s'en approche, plus Margo semble lui échapper...

Mon avis :

Parler de l'adolescence, et plus particulièrement du passage à l'âge adulte, n'est jamais très simple. C'est un moment qui différe d'une personne à l'autre, que chacun vit à sa manière. John Green a essayé de le faire ici et il ne s'en sort pas si mal au final. Quentin a toujours été amoureux de Margo, depuis leur enfance. Si enfants, la jeune fille jouer avec lui, elle ne le fait plus depuis des années et un évènement particulier. Alors, il la regarde de loin, espérant que leur amitié et même plus revienne. Voilà qu'une nuit, elle va l'entrainer avec lui dans une expédition vengeresse. Il commence à croire que son rêve va se réaliser. Sauf qu'elle fugue, une nouvelle fois, le lendemain. Il se décide à partir à sa recherche grace aux indices qu'elle lui laisse. 

Notre "héros" est un garçon de dix-huit tout ce qu'il y a de plus basique. Ni  populaire, ni impopulaire, juste normal. Il est ami avec Ben, un garçon plutôt looser et Radar, accro à Omnictionary (sorte de Wikipédia). Dans leur lycée, il passe finalement assez innaperçu. Ce n'est pas le cas de Margo, fille populaire et mystérieuse. Les personnages sont, malheureusement pour moi, un peu trop stéréotypés comédie lycéenne américaine. Pourtant, surement parce que j'aime tout de même un peu ce genre là, cela ne me dérange pas trop. IL faut dire que si l'on gratte un peu leur carapace de stéréotype, on découvre des personages un peu plus profond. Pas trop tout de même, si ce n'est pour Margo. 

Si Margo n'apprait réellement que dans la première partie du livre et un peu sur la fin, elle reste le personnage principal de ce livre. Du moins, le personnage central. C'est à cause d'elle que Quentin va partie à se racherche mais aussi, finalement, à la recherche de qui il est réellement. Car le livre tourne sur cette idée. Nous ne sommes pas ce que les gens voient de nous. Si Margo parait comme une espèce de Déesse du lycée, celle que tout le monde écoute, celle qui commande, ce n'est pas forcément le cas. De plus, personne autour d'elle ne la voit comme elle se voit. Chaque Margo est différente et c'est à partir des visions que les autres ont d'elle qu'elle va se forger une personnalité publique bien loin de ce qu'elle est en réalité. Il en va de même pour Quentin, Ben, Radar ou encore Lacey, la meilleure amie de Margo.

c'est vraiment sur cette partie, mise en relation avec les villes de papier de Margo, que se trouve la réflexion du roman. Qui sont les gens que l'ont croisent, à qui l'ont parle, qui sont-ils réellement ? John Green ne donne pas vraiment sa réponse, il laisse le loisir aux lecteurs de le faire pour lui. C'est un parti pris vraiment interessant, surtout sur un livre YA. Avec les indices que Margo va laisser pour Quentin, le jeune homme va finir par se faire une autre idée d'elle,, peut-être plus proche de ce qu'elle est réellement. 

D'ailleurs, la partie jeu de piste de son enquête pour retrouver la jeune fille est particulièrement interessante. J'ai adoré comment Margo brouille les pistes, comment elle le mène où elle veut. Finalement, si la jeune femme ne se comprend pas vraiment elle-même, elle ne comprend pas plus Quentin et les autres. Un peu comme pas mal d'adolescent dans la "vraie vie". C'est là que l'auteur a réussit son pari. IL donne vraiment vie à ses personnages, en faissant plus que de simples garçons et filles de papier.

Finalement, je dois bien dire que le livre se lit vite, mais qu'il reste longtemps en tête. Malgré beaucoup de stéréoype américains (le bal de fin d'année, la brute, le joueur vedette, la remise des diplomes...), on trouve un discours vraiment bien foutu qui parlera à beaucoup. Par contre, je dois avouer que même si le titre en VF est assez explicite, je lui préfére celui en VO, Paper Towns, plus poétique...

mercredi 19 février 2014

Nos Etoiles Contraires, John Green

Voilà un livre qui y restait un moment dans ma Wishlist, n'arrivant pas à le trouver chez ma libraire jusqu'au jour où je me rende compte que c'était du Young Adult et que donc, je le trouverais dans les rayons "livres pour ados". Il ne sera pas resté longtemps dans la PAL, celui-là par contre, histoire de compenser son attente plutôt longue


Nos Etoiles Contraires, John Green

Editeur : Nathan
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : The Fault in Ours Stars
Année de parution en VO : 2012
Nombre de pages :  323

A lire si :
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous avez envie d'un récit qui ne tombe pas dans le pathos exagéré mais qui laisse beaucoup de place aux sentiments

A ne pas lire si:
- Vous ne voulez pas d'histoire sur le cancer trop déprimante (en même temps, comment ne pas tomber dans la déprime lorsqu'on a le cancer ?)
- Vous voulez un récit "scientifique" du cancer

Présentation de l'éditeur : 

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie

Mon avis

Lorsque je galère à écrire les "A lire si/A ne pas lire si" comme aujourd'hui, c'est que je sais que je vais avoir du mal à parler du livre. Parce qu'il m'a plu, parce que je lui vois aussi des défauts et parce que sur un livre comme celui-ci, sur un sujet pas franchement joyeux, il est toujours dur de donner des envies (ou non) de lecture à celui qui va lire l'avis. Mais avouons que Nos Etoiles Contraires est un livre qui peut être lu par tous et qui touche surement énormement de monde par son sujet principal, le cancer.

L'histoire d'Hazel n'est pas celle de toutes les adolescentes de seize ans. Hazel a un cancer et elle doit vivre avec cette épée de Damocles, parce que son cancer, bien que stable, finira par la tuer. Pour elle, il n'y aura pas de rémission. Pourtant, malgré les idées noires et les moments durs, elle essaie encore de vivre, aider par ses parents et par sa bonbonne d'oxygène. En fait, si on lui enlève la dite bonbonne, on peut avoir l'impression d'avoir une fille normale, avec les problèmes de l'adolescence. Parce qu'elle s'en donne la peine, parce que se morfondre n'est pas forcément la bonne solution pour vivre. POur faire plaisir à sa mère, elle va à un groupe de soutien. Elle y rencontre Augustus Waters, lui aussi cancéreux, mais en rémission. Il a vécu le pire, il prend la vie comme elle vient. Entre tous les deux, dès le départ, il y a attirance. Nous allons les suivre durant quelques mois, découvrir avec eux le cancer, la maladie, les sacrifices, les joies... 

Je ne dirais pas que le livre est juste. Je ne dirais pas non plus qu'il est vraiment très bon ou super émouvant. Parce que ce n'est pas vraiment ce que j'en ai pensé. Oui, il y a de l'émotion, mais pas de là à me faire verser des larmes, même si, à la fin, j'ai eu une boule dans la gorge. J'ai souvent eu l'impression que l'auteur voulait trop jouer sur la corde de l'émotion, et du coup, ça plombe un peu tout. C'est trop parfois, là où j'aurais préféré quelque chose de plus soft, de moins pleurnichard. Surtout qu'il faut avouer qu'Hazel et Augustus sont aussi très doués pour faire de l'humour, et pas que sur leur maladie. C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus plaisants du livre, cette façon qu'ils ont de voir la vie du bon côté, la plupart du temps, de ne pas se laisser tomber dans la déprime et les idées noires. Cette façon de vivre le peu qu'ils leur restent comme si de rien n'était, malgré le cancer, les examens, les médocs et tout ça.

Tout cela est mené par une écriture agréable et simple. John Green a un style plaisant, direct. Mais il a aussi une histoire dont la fin se devine très vite, que se soit pour les deux jeunes héros du livre (l'histoire d'amour m'a presque paru de trop d'ailleurs, tant j'ai apprécié le début de leur relation) ou pour la petite histoire en plus, celle avec l'auteur Van Houten qu'ils iront rencontré (que l'on devine bien trop tôt). En même temps, je n'ai pas lu ce livre pour avoir un suspens insoutenable, donc ce n'est pas si gênant. Et puis le livre se lit seul, rapidement (parfois trop). Le texte rend les personnages plus vivant, plus proche de nous et nous fait oublier les défauts qu'il comporte.

Au final, je ne suis pas sortie chamboulée par ma lecture, je n'en suis pas sortie déçue non plus. J'ai aimé lire ce roman sur la vie, la mort, les relations avec les autres. Je ne suis pas sortie déprimée de cette lecture (ça aurai pu vu le sujet), je n'en suis pas non plus sortie avec un grand espoir sur la vie. Juste j'ai ressenti de la paix intérieure, comme Hazel, un petit moment de grace en lisant les deux dernières lignes. 

Pour finir, voici quelques extraits du livre. Je n'en mets pas souvent, je devrais revoir un peu ça sur les avis :

"J'ai l'impression d'être une grenade , maman. Je suis une grenade dégoupillée et, à un moment donné, je vais exploser. Alors j'aimerais autant limiter le nombre de victime, OK?  "

"Fût-ce le contraire ,vos étoiles n'aurait pas été aussi contrariées,mais c'est dans la nature des étoiles d’être contrariée ."

"Tu m'as offert une éternité dans un nombre de jours limités, et j'en suis heureuse."