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dimanche 22 novembre 2020

Rue Farfadet, Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, Détective privé, tome 1, Raphael Albert

IL y a des livres qui ont beaucoup de mal à quitter les Wishlist. J'avais dans le viseur ce premier tome depuis sa sortie ou presque. Il date de 2010. Autant vous dire qu'il a su se faire attendre. Peut-être un peu trop d'ailleurs...

Rue Farfadet, Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, Détective privé, tome 1, Raphael Albert

Editeur : Mnenos
Collection : Hélios
Année de parution : 2010
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez le narrateur très bavard
- Vous voulez un protagoniste qui n'est pas un super héros
- Vous aimez quand le fantastique s'en mêle

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas d'un protagoniste trop parleur
- Vous aimez quand tout roule.

Présentation de l'éditeur :

Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères, des maris jaloux, des épouses trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux... Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames... Jusqu'au jour où lors d'un banale enquête de routine il se trouve mêlé à une machination dépassant l'entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l'affaire par l'un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Mon avis

Comme je le disais, j'avais envie de lire ce bouquin depuis sa sortie. Et puis, on sait tous comment ça se passe, plein de sortie, plein d'envie et certaines qui, sans passer à la trappe, passe surtout dans les "si l'occasion se présente". Rue Farfadet fait parti de ceux-là. J'étais super contente de le récupérer. Bon après, il est encore resté six mois dans ma PAL numérique. Et étrangement, quand je me suis enfin décidée à le lire, ben, je me suis demandée si c'était une si bonne idée. Un bouquin qui attend autant de temps, n'était-ce pas une mauvaise idée ? Je suis passée outre cette impression et je me suis lancée. Et j'ai eu un peu de mal à m'y mettre. 

Les deux premiers chapitres ont été compliqués, je dirais. En fait, j'ai eu du mal à me plonger dans le roman et ce n'était pas sa faute à lui. Je lis en numérique souvent entre midi et deux, lorsque mon cerveau à besoin de détente mais parfois, il est encore dans le boulot. C'est ce qui m'est arrivé. Entre ce qui tournait dans ma tête et notre narrateur, Sylvo, nous racontant la vie ultra pas passionnante de son nouveau contrat, un nain, j'ai bien cru que j'allais refermer le livre et abandonner. Ca aurait quand même été bien dommage après une si longue attente pour le lire, non ? Alors, j'ai tenu bon, et surtout, j'ai lu le troisième chapitre au calme, le soir. C'était déjà beaucoup mieux, même si pas tout à fait ça.

En fait, Rue Farfadet est lent à se mettre en place. Son narrateur, Sylvo Sylvain, elfe de son état, est un baratineur de première, un beau parleur doublé d'un alcoolique notoire. Il prend son temps, tout comme son auteur. L'univers se pose petit à petit, prenant parfois un peu trop le pas sur ce qu'il se passe. Ces disgressions peuvent être interessantes mais, personnellement, pour beaucoup, elles n'ont fait que me perdre un peu plus, surtout au début du livre. Autant dire que quand je veux pas, je veux pas et que là, ça m'ennuyait quand même un peu. Mais dès que l'action se met en place, Sylvo oublie ce côté et nous entraine avec lui dans cette première enquête, pleine de rebondissement.

Notre elfe reste l'atout de son roman. J'ai beaucoup aimé sa personnalité, assez proche du détective de roman noir comme on se l'imagine, baratineur, alcoolique, déprimé, mais avec une petite touche en plus. En fait, ce qui m'a légèrement perturbée au départ, à savoir sa manière de digresser à mort et de baratiner, est finalement ce que j'ai pu aimé chez lui. Ca, est le fait qu'il soit un petit coeur sensible sous sa couche de ouisk et d'ironie. C'est un personnage extrêmement vivant à lire en fait. Par contre, il prend forcément le pas sur tous les autres, éclipsant les secondaires dont Pixel, son acolyte. D'ailleurs, en parlant des secondaires, la galerie est plutôt sympathique, entre gens du commun, petites frappes, nobliaux et syndicalistes, le tout mélangeant gentiment humains et créatures fantastiques tel les ondines, les trolls, les nains ou les gobelins. Il y a un petit côté Pratchett là-dedans qui n'est pas pour me déplaire. Coté que l'on retrouve avec Panam, capitale du Royaume, qui pourrait presque rappelé Ankh-Morpock (en moins sale peut-être). 

Et puis, il y a l'enquête, qui même si elle met un petit moment à se mettre en place, est fort sympathique à suivre. On part quand même d'une simple filature pour prouver un adultère à un attentat contre au moins l'un des trois Ducs qui gouvernent le pays. Le pauvre Sylvo est embarqué là-dedans sans trop comprendre ce qui lui arrive. Il n'empêche que malgré ses défauts, il va aller au bout des choses et cela, même s'il va en souffrir d'une manière ou d'une autre.

Au final, j'ai donc eu du mal à m'y mettre, mais passer le quatrième chapitre à peu près, j'ai eu du mal à décrocher de ma lecture. J'ai beaucoup aimé Sylvo, le Panam de Raphaël Albert et cette premier enquête qui pose les précises d'un univers qui me semble finalement plus complexe qu'on ne voudrait le croire de prime abord. J'ai adoré l'ambiance subtilement steampunk, le mélange fantasy et polar qui fonctionne à merveille et surtout ce cher Sylvo. Il est plus que probablement que je me penche sur les trois tomes suivants dans quelques temps.

mercredi 22 avril 2020

Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours dans la bibliothèque, Susi-Petruchka

Ma dernière lecture Wattpad m'aura pris du temps. Elle a été mise en pause durant presque un mois, suite à mon opération, puis j'ai eu du mal à la reprendre avec le confinement. Ben oui, je lis sur Wattpad le matin au café avant de me rendre au boulot. Or, si je travaille toujours, c'est à la maison et je ne passe plus par mon café le matin. J'ai eu du mal à trouver un temps pour lire sur Wattpad. Une fois fait, j'ai pu finir le roman.

Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours dans la bibliothèque, Susi-Petruchka

Editeur : Suis-Petruchka
Collection :
Année de parution
Format : Wattpad

A lire si :
- Vous voulez une enquête pas si simple
- Vous aimez l'humour, même noir, même stupide, même exagéré

A ne pas lire si
- Vous voulez quelque chose qui ne soit pas tordu

Présentation de l'auteur :

« Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre, à ce jeune homme de bonne composition, pour venir mourir sur la somptueuse peau d'ours polaire de la bibliothèque ? » Au pensionnat de Touchet, une étrange apparition vient troubler la quiétude des demoiselles : rien de moins qu'un cadavre, en plein milieu de la bibliothèque. Et nu ! Quelle indécence ! L'une des pensionnaires doit cependant jouer un jeu moins innocent que ses jeunes amies. Car la police est formelle : personne n'a pu pénétrer dans l'internat pour commettre le meurtre. D'où vient donc le cadavre ? Et qui a eu l'impudence de faire disparaitre ses vêtements ?

Mon avis

Bon, ceci risque malheureusement d'être un avis un peu décousu. Avec un hiatus de plus d'un mois dans ma lecture, ça se comprend. Je n'avais pas non plus les mêmes dispositions lorsque j'ai commencé le texte que lorsque je l'ai fini (stress, confinement, tout ça tout ça). Est-ce que mes divers états d'esprit on jouait sur ma lecture ? Forcément. 

L'histoire de ce titre à la longueur fort Nanowrimoesque (c'était le Nano 2014 de son autre, rien qu'avec le titre, elle gagne 14 mots) et dont je parlerais en disant juste Le Cadavre Sexy, se déroule dans le pensionnat pour jeunes filles de bonne famille de Madame Touchet. Un samedi matin, l'une des filles découvre le cadavre de son petit copain disparu depuis quelques temps dans la bibliothèque (nu, donc, et sur la peau d'ours). Cette découverte amène la police, et plus particulièrement, le lieutenant Patrick Fondement à venir mettre le nez là-dedans. L'une des demoiselles est forcément la coupable, manque plus qu'à trouver laquelle. Mais, ce qui devrait être une enquête plutôt simple devient bien plus compliqué que prévue.

Je savais à peu prés à quoi m'en tenir avec le style de l'auteur. J'ai lu l'année dernière un autre de ses romans, Pétales de Rose et Rameaux d'Olivier, qui sous couvert de romance, nous proposer surtout une lecture des plus amusantes, où jeux de mots, humour noir et parfois absurdes se mêlaient. Je n'ai donc pas été étonnée de retrouver ces mêmes éléments ici (et un autre, que je ne révélerai pas pour ne spoiler ni l'un ni l'autre). Mais, si dans Rose et Oliver, j'avais apprécié, ici, c'est un peu moins le cas. Alors, attention, ça m'a fait rire (ou sourire) plus d'une fois. L'humour de l'actrice n'est pas loin de celui que je comprends et utilise parfois. j'apprécie assez sauf que je le trouve mal dosé ici. Pour moi, il y en a trop, beaucoup trop, à presque toutes les phrases. C'est trop, bien trop. Du coup, on en oublie parfois ce qu'on est en train de lire. Pire, j'ai sauté certains passages qui devenaient trop lourd. 

Or, c'est bien dommage. Mieux dosé, ça aurait beaucoup mieux donné, surtout que la plupart des personnages sont truculents. On commence avec les jumelles Valette, Calixte et Domitille. Dom' est la copine du cadavre, la parfaite blondinette de roman à l'eau de rose, sage et mignonne. Cal' est tout l'inverse, sportive, mordante. Les deux formes un duo soudé auquel on ajoute le grand frère, Louis-Auguste, avocat de son état. On retrouve aussi Edmondine, fan de livre à l'eau de rose, Georginna, anglaise plantureuse adepte de beaux sous-vêtements, Anne-Lucienne, la dévote et j'en passe. La plupart des jeunes filles du couvent ont des noms à coucher dehors et des caractères bien définis et souvent plutôt bien trempés aussi. Côté policier, nous avons donc Patrick Fondement (élu plus beau postérieur de la police locale), flic alcoolique et pas forcément très bon, Stephane, sa coéquipière (dont le frère cadet, Adelaid, était le meilleur ami de notre victime) et Ariane, la légiste qui veut devenir flic à la place du flic. Là encore, on a des personnages haut en couleur qu'on suit avec plaisir. 

Et si la galerie est plutôt sympa, l'histoire l'est aussi. Le meurtre de Valmon, découvert dans la bibliothèque, n'est que le début. Il pourrait même n'être qu'un prétexte durant un moment pour découvrir les travers de nos demoiselles. Mais pas du tout. Il est le début d'une enquête qui va remonter vingt ans plus tôt. Et même si parfois, on a l'impression que c'est un peu tiré par les cheveux, c'est plutôt bien fait. Mais surtout, on ne va pas comprendre de suite qui est l'auteur du crime. Toutes les demoiselles du pensionnat vont y passer, permettant à l'autrice et encore plus aux lecteurs, de se faire mille et un film sur ce qu'il a pu se passer. Malheureusement, le mauvais dosage de l'humour (et sa lourdeur évidente à partir de là) m'a un peu gâcher le plaisir, plus particulièrement sur la fin. Soit je n'étais plus dans l'ambiance après le mois sans lire le texte, soit ça ne collait vraiment plus.

Au final, c'est une lecture en demi-teinte pour moi. Ca commençait plutôt bien jusqu'à ce que l'autrice force un peu trop sur l'humour absurde. J'ai fini par trouver ça un peu trop lourd (et répétitif aussi, faut le dire). Pourtant, l'enquête et surtout la galerie de personnage m'ont bien plus. 

vendredi 30 novembre 2018

Que le spectacle commence, Ann Featherstone

Parfois, les recommandations de ma collègue de travail fonctionnent super bien avec moi. Parfois, ça fonctionne moins. C'est le cas pour ce roman-là, qui avait pourtant beaucoup de chose pour me plaire et qui finalement ne m'a pas tant emballé que ça.

Que le spectacle commence, Ann Featherstone

Editeur : 10/18
Collection : grand détectives
Année de parution : 2011
Titre en VO : Walking in Pimlico
Année de parution en VO  : 2009
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez un récit à double voix
- Vous aimez l'univers du spectacle à l'époque victorienne

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le parler "paysan/pauvre" exagéré
- Vous voulez beaucoup de suspens

Présentation de l'éditeur :

Dans le monde du spectacle, les apparences sont reines et les secrets mortels. Et s'il y a bien un rôle que l'amuseur public Corney Sage aurait préféré ne pas endosser, c'est être témoin du meurtre de la jeune acrtice Bessie Spooner ! Le Constellation Concert Rooms devra se passer de ses services, il préfère prendre la fuite. Mais sous ses nombreux déguisements, l'assassin rôde et se rapproche...

Mon avis

J'ai commencé ce roman conseillée par ma collègue de travail qui jusque là m'avait plutôt bien conseillée d'ailleurs. Nous n'avons pas vraiment les mêmes goûts si ce n'est en policier (parce qu'en thriller, j'aime ce qui est un peu plus violent par rapport à elle). Du coup, j'apprécie découvrir des livres que je ne lirais pas si elle ne les avait pas aimé à la base. Mais cette fois, ça n'a pas ultra bien fonctionné avec moi, comme je le disais plus haut. Dommage parce que Que le spectacle commence n'a pas que des défauts et qu'il aurait pu être bien plus passionnant pour moi.

L'époque et le lieux étaient déjà intéressante puisqu'il se situe en angleterre, je dirais vers la fin de l'ère victorienne. On le sait, je le dis assez, c'est une période que j'aime beaucoup (surtout pour le steampunk mais pas que) et qui peut donner des choses agréables à lire. Les mœurs sont différents, les gens aussi. Mais il faut avouer qu'ici, ça ne sert que de décors. Il arrive même qu'on oublie tout simplement le fait que se soit de l'historique. Ca pourrait se transposer à notre époque sans presque de problème. Dommage pour moi. Mais ce n'est pas là que le bat à blesser pour moi. 

Le premier chapitre a été, comme dire, long et laborieux. Et j'ai bien failli laisser le livre à ce moment-là. Pourquoi ?  Je n'ai pas accroché avec Corney Sage, amuseur public de son état, et témoin du meurtre qui lance l'histoire. Déjà, il parle trop. Le personnage digresse énormément (pire que moi et mes parenthèses dans mes avis), souvent pour pas dire grand chose et dans un parler typique des bas quartier londoniens de l'ère victorienne. Vous connaissez mon désamour pour cette "authenticité" souvent bien trop poussée par les auteurs. Ça n'a pas raté, j'ai vite été ennuyée par Sage. Je me suis tout de même dit que j'allais laisser une chance au roman, surtout que je venais de découvrir qu'il n'allait pas être le seul narrateur. Et effectivement, lorsqu'on passe au second narrateur, ça va un peu mieux. 

Et venu alors un autre problème, les lenteurs du roman. Ça n'avance pas. Mais pas du tout. Du coup, c'est assez perturbant. Après tout, la collection Grands détectives est censée nous présenter des enquêtes policières. Or, là, c'est plutôt une peinture de tout ce qui tourne autours du spectacle victorien. C'est intéressant, je ne dis pas le contraire, mais ça n'a plus rien à voir avec le meurtre de Bessie Spooner si ce n'est que l'on va suivre le meurtrier (qui est en fait une femme, comme nous l'apprenons donc rapidement) et les deux témoins (l'un était Sage donc). Du coup, j'avoue avoir été déçue. On suit ce qu'il va arriver aux personnages parce que même si on ne s'attache pas vraiment à eux, on a envie de savoir le fin mot de l'histoire (la fin m'a d'ailleurs vraiment déçue) mais voilà, ça n'accroche pas du tout.

A vrai dire, j'ai beaucoup de mal à trouver des points forts au roman. Je n'ai pas vraiment apprécié les personnages qui sont trop basiques et clichés pour moi alors qu'on aurait pu trouver en la narratrice quelque chose de vraiment sympa à lire. D'ailleurs, si Corney m'a agacé par son parler et le fait qu'il ne voit rien alors que tout est sous ses yeux, elle m'a énervée par son caractère trop tout. Les personnages secondaires sont oubliables encore plus rapidement, ce qui est bien dommage. Je n'ai pas non plus apprécié le déroulement de l'intrigue quoique j'ai trouvé appréciable de découvrir le monde du divertissement victorien. Le point remarquable, c'est l'alternance de point de vue plutôt bien foutu sans trop de répétitions entre les deux mais qui, au final, n'apporte pas grand chose. 

Mais alors, pourquoi ai-je pris le temps de finir ce livre ? L'ambiance. Ben oui, quand même. J'ai adoré l'ambiance qui se dégage du livre. Je ne saurais trop vous dire pourquoi mais j'ai accroché. Surement parce qu'on suit les petites frappes, comédiens, catins, voleurs, tout ce qui n'est pas la bourgeoisie de l'époque victorienne. Ca change et l'autrice semble savoir de quoi elle parle, surtout en ce concerne le monde du spectacle (de ce que j'ai compris, c'est son domaine d'étude à la base). Et heureusement qu'il y a eu ça, sinon, je me serais réellement ennuyée sur ce livre.

Bref, cette rencontre n'a pas été des plus géniales, comme vous le voyez. Je ne dis pas que le livre est mauvais mais disons qu'il n'était pas pour moi (il a plu à ma collègue par exemple). Je pense tout de même qu'il peut intéresser du monde.

vendredi 13 avril 2018

Dix petits nègres, Agatha Christie

J'ai récupéré il y a quelques temps quelques livres de madame Christie. Je ne l'ai pas lu depuis mon adolescence et j'avoue ne garder que de très très vague souvenir de ses lectures. D'ailleurs, je commence avec un des livres que j'ai lu mais dont je ne me souvenais absolument pas, les Dix petits nègres (qui en plus de ça doit être un des plus connus...).

Dix petits nègres, Agatha Christie

Editeur : Edition du Masque
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : Ten Little Niggers
Année de parution en VO  : 1939
Format :epub

A lire si :
- Vous aimez le mystère
- Vous aimez chercher pendant un long moment qui peut être le tueur

A ne pas lire si :
- Vous voulez des réponses rapides
- Vous n'aimez pas les huis-clos

Présentation de l'éditeur : 

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?

Mon avis

Je sais avoir lu une première fois Dix petits nègres lorsque je devais avoir dix ou douze ans. Malheureusement pour moi, je ne garde aucun souvenir de cette première lecture. Enfin malheureusement, pas tant que ça, puisque je peux le relire à présent sans savoir qui est le meurtrier, ce qui n'est pas plus mal. En même temps, peut-être que si je m'en souvenais, j'aurais lu le roman d'une autre manière, cherchant les indices pour retrouver sa culpabilité. Bref, je préfère tout de même redécouvrir le roman sans me prendre la tête "comment j'ai pas vu ça la première fois". Mais revenons à nos moutons, où plutôt à nos dix petits nègres.

Huit personnes sont invités à venir passer des vacances sur l'île du Nègre. Elles ne se connaissent pas le moins du monde, ne savent pas réellement qui les a invités. Pire encore, en arrivant sur l'île, leur hôte n'est pas là, seuls s'y trouvent le couple de domestique. Mais dès la première soirée, les vacances tournent court. Un étrange enregistrement leur reproche des crimes. Et tout aussi rapidement, la première des dix personnes sur les lieux meurt dans d'étranges circonstances. Très vite, elle est suivie par d'autres. Pour ne rien arranger, une tempête éclate. La suspicion est à son comble, tout le monde pourrait être le meurtrier. 

Si les Dis petits nègres est un roman hyper connu, je pense vraiment que c'est pour tout l'aspect psychologique de la chose. Autant j'adore chercher des indices sur qui tue qui, autant, ici, j'ai surtout apprécié voir comment les divers personnages se rendent tous complètement parano les uns et les autres. C'est drôlement bien fait, la tension monte à chaque chapitre, chaque nouvel événement. La psychologie des personnages nous est révélée petit à petit de la même manière. On découvre alors ce que la nature humaine peut faire de pire dans ce genre de cas et on se retrouve plutôt proche des archétypes qu'on pourrait trouver dans les récits apocalyptiques de maintenant (la vieille bigote, celui qui veut tout diriger, celui qui vire complètement barge et j'en passe...)(sauf que là, pas d'apocalypse à proprement parler, et ça fonctionne super bien). Mais, en même temps, cela pose le problème du stéréotypes des personnages. Ils sont tous ce qu'ils devraient être sans la moindre petite déviation. C'est un peu dommage, puisque du coup, nous n'avons pas la moindre surprise sur ce qu'ils vont faire. Heureusement que le meurtrier reste secret jusqu'à la fin du roman.

Il est aussi intéressant de voir et de savoir surtout, que madame Christie, bien souvent, ne savait pas qui précisément qui serait le meurtrier au moment où elle commençait son livre (elle devait bien en avoir une idée mais pas complètement en fait). Pourtant, dans ce roman-là, je suppose qu'elle le savait dès le début, voir très rapidement pour pouvoir suivre à la lettre la comptine des dix petits nègres qui rythme les meurtres dans l'île. Au du moins qu'elle devait avoir une petite idée entre certains personnages. Ce qui fait, pour moi du moins, que tout son développement, sa façon de faire avancer son histoire est presque extraordinaire. Pourtant, connaissant la fin, je me rends compte qu'au final, il était plutôt facile de trouver le meurtrier. Les indices étaient bien là, mais tellement absorbé par le mystère et les personnages, je n'ai pas su les voir de suite (et pourtant, sont gros, les indices justement). 

Au final, j'ai pris plaisir à redécouvrir ce roman et à suivre le mystère de l'île au Nègre. Le livre comporte quelques défauts pour moi, les personnages trop stéréotypés et du coup un peu léger, une fin qui enlève tout le mystère (même si j'avoue que j'ai adoré savoir qui est le meurtrier au final) ou encore des passages un peu trop rapide. Il n'en reste pas moins un classique dans le roman policier et un divertissement appréciable. 

mardi 17 mai 2016

Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, Maurice Leblanc

Cette année, je l'ai déjà dit, je découvre les classiques. Arsène Lupin en fait parti. Il était temps que je découvre le célébre voleur, autrement qu'en personnage secondaire dans divers autre roman (le Paris des Merveilles de Pierre Pevel ou Penny Cambriole de Cécile Duquenne).

Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, Maurice Leblanc

Editeur : Bibebook
Collection : /
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez des nouvelles
- Vous voulez des énigmes

A ne pas lire si:
- Vous vous attendez à un roman

Présentation de l'éditeur :

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la «Belle Epoque».Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.

Mon avis

Il y a des personnages qui nourrissent l'imagination française. Arsène Lupin en fait parti. Depuis sa création par Maurice Leblanc en 1905, il fut l'objet de multiples adaptations (cinéma, téléfilm, manga et j'en passe). C'est donc l'un de ces personnages que l'on pense forcément connaitre (un peu comme les Mousquetaires de Dumas). Sauf que bien sur, on ne le connait pas si bien que cela si on ne lit pas les textes originaux.

Le "premier tome" regroupe  les neuf premières nouvelles sur le personnage, paru dans le journal Je sais tout. On retrouve ainsi L'arrestation d'Arsène Lupin, Arsène Lupin en prison, l'Evasion d'Arsène Lupin, Le mystérieux voyageur, Le Collier de la reine, La perle Noire, le Sept de cœurs, le coffre fort de madame Imbert et enfin Herlock Sholmes arrive en retard. Neuf nouvelles donc pour nous présenter le fameux voleur.

Une présentation qui commence donc par une arrestation. Alors que Lupin se rend en Amérique, il se fait arrêter à la sortie du paquebot. Une première aventure qui ne montre pas forcément tout le potentiel du héros mais qui n'en reste pas moins agréable à lire. Pour voir le fameux potentiel, il faut attendre la seconde nouvelle puis les suivantes. Là, il va nous montrer toute son ingéniosité, celle qui a fait de lui ce si grand personnage. Il faut dire que Maurice Leblanc est plutôt fort en énigme mais aussi en narration. C'est un peu notre Conan Doyle à la française, un Conan Doyle dont il emprunte d'ailleurs le personnage de Sherlock Holmes, en le renommant Herlock Sholmes (les aventures de Holmes ayant commencé à être publiées en France en 1906).

Il y a pas mal de chose à dire sur ce premier recueil de nouvelles. La première c'est le changement de narrateur. C'est assez perturbant de passer d'un texte à la première personne par Lupin, puis à la troisième, puis à la première par Leblanc puis re à la troisième... C'est assez perturbant mais pas dérangeant. On s'y habitue à force. Ce changement de narration donne par contre à certaines nouvelles plus d'importance que d'autres, puisqu'on entre parfois dans la tête même de Lupin et qu'on comprend du coup un peu mieux ses motivations. Il en va de même lorsque Leblanc utilise sa propre narration et nous offre en épilogue des nouvelles une partie de son entretien avec Lupin (dans la nouvelle Le coffre-fort de Madame Imbert, où il explique d'ailleurs s'être bien fait rouler par les Imbert). Autre chose d'un peu déroutant, c'est la chronologie. Si les trois premières nouvelles se suivent, d'autres racontent des aventures passées. Là encore, on s'y fait (le coffre-fort de Madame Imbert étant son premier cambriolage (si on ne compte pas le Collier de la Reine, qu'il a volé à l'âge de sept ans). Bref, ce ne sont que quelques petits problèmes dans la cohérence du recueil, qui ne sont pas forcément gênante.

Surtout que tout le reste est bon. J'ai beaucoup aimé le personnage de Lupin. Avec tous ses déguisements, son sens du spectacle et de l'humour, on s'attache facilement à ce cambrioleur même si parfois, il parait un peu trop sûr de lui. Les personnages plus secondaires sont plutôt bons eux-aussi bien qu'en retrait la plupart du temps. Les énigmes aussi sont intéressantes. Lupin use de beaucoup de subterfuges et autres pour arriver à ses fins. On se demande souvent comment il peut faire pour arriver à voler ce qu'il convoite sans se faire prendre (le plus intéressant pour cela reste Arsène Lupin en prison, où il arrive à faire son cambriolage tout en étant en prison). J'adore du coup me prendre la tête pour comprendre avant que Leblanc ne nous donne la réponse (j'ai échoué quelques fois, je l'avoue). Le tout est particulièrement bien ficelé, décris de manière précise et assez surprenant pour certaines résolutions. J'ai apprécié le style de l'auteur qui même cent ans plus tard, ne perd rien de sa modernité.

Au final, c'est un fort bon début entre Arsène Lupin et moi qui devrait aboutir à une lecture de plus d'ouvrage de Leblanc (j'ai le choix ; 39 nouvelles, 17 romans). 

jeudi 28 janvier 2016

Noire Lagune, Charlotte Bousquet

Ayant particulièrement apprécié les livres déjà lus chez Gulf Stream, je voulais voir un peu ce que pouvait donner leur collection Courants Noirs. Connaissant un peu l'écriture de Charlotte Bousquet, c'est donc sur l'un de ses romans que mon choix s'est porté. Un choix aidé par le fait que le tout se passe à Venise, ville que j'aimerais tant découvrir.

Noire Lagune, Charlotte Bousquet

Editeur : Gulf Stream
Collection : Courants Noirs ou les Poches (le mien fait parti de la collection Poche, mais j'avoue préféré la couverture de celle Courants Noirs)
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 286

A lire si :
- Vous voulez un livre Young Adult
- Vous voulez que l'Histoire se mêle à l'histoire du roman
- Vous voulez une héroïne qui n'a pas froid aux yeux mais qui a des faiblesses

A ne pas lire si :
- Vous voulez garder une image de Venise propre sur elle
- Vous n'aimez pas les multi points de vue dans un même chapitre

Présentation de l'éditeur : 

Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. À l’aube du carnaval, la cité des Doges s’éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps dans vie d’un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n’est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste… ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane, entrevoit la vérité. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu’elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantôme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d’injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitiens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort.Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise…

Mon avis

Il faut croire qu'en ce moment, j'aime beaucoup les romans qui mêlent imaginaire et Histoire. J'avoue être une passionnée d'Histoire, de quasiment toutes les époques d'ailleurs et j'adore pouvoir me documenter tout en prenant plaisir à lire. J'essaie donc de choisir des livres sur des périodes qui me sont moins connues ou même totalement inconnues. Oui, j'adorerais visiter Venise (et Florence et Rome aussi) mais je connais peu son histoire. C'était donc l'occasion de faire quelques découvertes sur la ville, les épidémies de pestes tout en redécouvrant le charme de l'écriture de Charlotte Bousquet.

Noire Lagune se déroule donc à Venise, durant le carnaval de l'année 1579. Un homme est retrouvé mort. Il a tous les symptômes de la peste. Les jours passent et d'autres meurent dans les mêmes circonstances. Flora, jeune fille de seize ans, apprentie courtisane et pupille de Veronica Franco (une courtisane qui exista donc réellement et qui fut d'ailleurs l'une des plus célèbres de Venise), se trouve être le témoin d'un de ses étranges crimes. Elle va mener l'enquête, aider par Galeazzo, un jeune spadassin dont elle est amoureuse. Tous les deux vont mettre à jour ce qui semble bien être un complot contre la Sérénissime.

L'histoire est particulièrement bien menée et surtout rythmée. Il y a très peu de temps mort, l'enquête avance tranquillement et même si Charlotte Bousquet nous annonce rapidement qui est l'adversaire de Flora, j'ai pris plaisir à voir comment elle allait pouvoir le confondre. D'ailleurs, si d'habitude, je râle un peu lorsqu'on me donne le "méchant" si rapidement, là, ça ne m'a pas dérangé, surement parce que nous avons plusieurs points de vue par chapitre et que le sien est agréable à avoir pour comprendre les motivations des autres ainsi que les siennes. De plus, c'est plutôt bien foutu jusqu'à la fin où l'on se demande ce qu'il va se passer et même comment Flora et Galeazzo vont découvrir son identité.

D'ailleurs, parlons un peu des personnages. Les deux jeunes héros, Flora et Galeazzo m'ont beaucoup plus dans le sens où ils ne sont pas des supers détectives et qu'on peut voir d'eux aussi bien les forces que les faiblesses. Leur histoire commune est aussi très bien mise en scène, et j'avoue que mon cœur de midinette souffrait en même temps qu'eux dans certaines situations. Les autres personnages sont eux aussi bien fait. Il me semble que les personnages réels (Veronica Franco, les Venier) sont plutôt fidèle à leur modèle. En tout cas, cela est sur pour la Franco. Quant aux personnages un peu plus secondaires, ils ne sont pas non plus laissé pour compte. Du coup, nous avons un agréable "bestiaire" de la population vénitienne qui nous permet aussi de voir à quel point tout n'est pas rose à Venise.

Il en va de même pour la ville d'ailleurs. Nous passons plus de temps dans les bas-fond et les quartiers populaires de Venise que dans les beaux quartiers. Du coup, on découvre forcément un autre visage de la ville, pas forcément plaisant mais terriblement instructif sur ce qu'elle a pu être à l'époque. Si j'avoue aimé les fastes des cours et autres, voir ce que pouvait être la vie des gens du peuple est tout aussi intéressant. Surtout qu'ici, Charlotte Bousquet n'oublie personne, nous parlant des juifs et de leur ghetto, des créateurs de masque, des prostituées ou autre. Mais cela ne s'arrête pas là, le roman est suivi par quelques annexes tout aussi passionnante sur le carnaval et plus particulièrement ses masques, la peste, les grandes familles présentées ou encore la guerre de Lépante et les chats, bref, beaucoup de chose qui peuvent aider à la bonne compréhension de l'histoire et qui nous permette d'en savoir plus sur l'Histoire de la ville.

Tout cela en fait un roman policier et historique qui se lit très bien et qui en plus est passionnant. J'ai vraiment aimé découvrir ce Venise-là et les personnages réels ou non qui peuvent la peupler. C'est vraiment un livre accessible pour les adolescents, comme pour les plus grands. Et puis, les petits bonus de la fin sont tout aussi sympa, et pour tout dire, j'aimerais bien en savoir plus sur Veronica Franco, qui me semble avoir été une féministe avant l'heure et une femme tout à fait passionnante.

dimanche 8 novembre 2015

Rebecca, Daphné du Maurier

Cela faisait un petit moment que j'avais envie de lire Rebecca. Le livre est assez connu pour être devenu un classique et je voulais voir ce qu'il donnait. Voilà chose faite.

Rebecca, Daphné du Maurier

Editeur : Le livre de Poche
Collection : /
Année de parution : 2013 pour cette édition
Titre en VO : Rebecca
Année de parution en VO : 1938
Nombre de pages : 448

A lire si :
- Vous voulez une ambiance un peu angoissante
- Vous voulez un sorte de parcours d'initiation

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à avoir peur tout le temps
- Vous voulez un vrai fantôme

Présentation de l'éditeur : 

"J'ai rêvé l'autre nuit que je retournais à Manderley". Ainsi débute le plus célèbre roman de Daphné du Maurier, qu'Alfred Hitchcock adapta en 1940 et qui n'a rien perdu de son charme vénéneux.
Dans une somptueuse propriété de la côte anglaise, hantée par le souvenir d'une première épouse disparue, une jeune mariée intimidée, un veuf taciturne, une gouvernante vêtue de noir s'observent dans un huis-clos étouffant...
Entre conte gothique et suspense psychologique, Rebecca entremêle les passions et les haines, les silences et les menaces avec, en bruit de fond, le ressac de la mer sur les galets de la crique...

Mon avis

Si j'ai vu un jour les Oiseaux d'Hitchcock, adaptation d'un autre livre de du Maurier, je n'avais jamais vu son Rebecca ni tout autre oeuvre se reportant à ce livre. Je partais donc en territoire inconnu avec juste l'idée que je m'étais faite du livre avec tout ce que j'avais peu glané dessus. Bon avouons, je m'étais fait quelques idées un peu bizarre sur Rebecca, pensant que j'aurais droit à un tout petit peu de fantastique. Que nenni, pas de fantastique mais une histoire qui au final m'a plut, quoi que j'y est trouvé quelques défauts.

Daphné du Maurier écrit avec Rebecca une sorte de thriller psychologique (le terme n'existant pas à l'époque) à l'ambiance gothique. La narratrice, parfaitement anonyme, sauf après son mariage où elle devient Mme de Winter, fait la connaissance de Maxim de Winter, veuf depuis moins d'un an. Rapidement, ils se rapprochent et surtout se marie. De Winter ramène alors la jeune épouse dans son domaine, le magnifique Manderley. C'est à partir de là que les ennuies commencent pour elle. Trop timide, trop passive aussi, elle va se retrouver confronter au fantôme de la première Mme de Winter, la belle, la talentueuse Rebecca. Il faut dire que Rebecca hante tout à Manderley et surtout que malgré sa mort, la maison semble toujours être à elle. De plus, la narratrice doit faire avec l'énigmatique et froide Mrs Danvers, la gouvernante de la défunte qui semble beaucoup beaucoup lui en vouloir d'avoir pris la place de sa protégée.

Je dois avouer que j'ai beaucoup aimé la manière dont la pression monte autour de la narratrice, même si j'ai eu beaucoup de mal avec elle. Alors, je me doute bien qu'à l'époque du roman, les femmes passives, seulement définie par les hommes qui les entourent, ça devaient plaire, mais avec moi, ça passe moins. Et quand on commence à découvrir Rebecca autrement que par elle, on a vite fait de la comparer et de la trouver en dessous. Je pense aussi que c'est ce que cherchait à faire l'auteure dans presque tout le roman. J'aurais juste voulu moins de passivité, plus d'initiative de la part de notre narratrice. Elle arrive même à faire pâle figure devant tous les autres personnages féminins, dont Mrs Danvers ou encore Béatrice, la soeur de Maxim. Et cela jusqu'à la fin du roman, alors même qu'elle est sensée avoir muri et surtout pris confiance en elle et en son époux. D'ailleurs, finalement, j'ai trouvé Maxim de Winter bien plus intéressant que ses épouses. Tiraillé par ce qu'il s'est passé un an plus tôt, par le souvenir de sa femme puis par la découverte de son corps, il va devoir faire face à l'adversité tout en rassurant sa nouvelle femme et en continuant d'administrer son domaine. C'est, avec Danvers, le personnage le plus complexe du roman.

Et puis, il y a Manderley, la demeure même. C'est elle qui donne l'ambiance parfaitement gothique du roman, c'est aussi à cause d'elle que tout arrive. Parce que Manderley n'est pas qu'une simple demeure. C'est un personnage a part entière du roman. C'est plus qu'un simple cadre. C'est la cause de tout. C'est pour Manderley que de Winter a accepté le chantage de sa première femme, c'est pour lui, qu'il va essayer de tout faire pour que la vérité n'éclate pas. Et je dois dire que du Maurier le rend magnifique dès la première apparition du domaine. 

Le tout est porté par l'écriture de du Maurier, agréable à lire et très visuelle. Elle arrive à glisser des indices sur ce qu'il a pu se passer un an plus tôt sans que nous nous en rendions forcément compte dès le départ, comme la narratrice. Elle magnifie aussi les paysages et les caractères tout en nous faisant croire que Rebecca était la femme formidable qu'elle semble être pour tout le monde. Ce n'est finalement que grâce au personnage qui semble le plus insignifiant que nous allons commencer à comprendre qui était Rebecca et à douter de tout ce qu'il peut se passer depuis le début à Manderley.

Au final, c'est un très bon roman policier, un thriller psychologique avant l'heure qui nous entraine dans les méandres de l'humain. J'ai beaucoup aimé le déroulement de l'histoire, son ambiance gothique à souhait et cette immersion dans un passé trouble. je regrette juste que la narratrice soit si passive et que Mrs Danvers ne soit pas si horrifiante que ça (quoi que le tour qu'elle joue à la seconde épouse avant le bal est réellement horrifiant pour elle). C'est dommage, sans cela, Rebecca aurait été un véritable coup de coeur.