mardi 17 mai 2016

Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, Maurice Leblanc

Cette année, je l'ai déjà dit, je découvre les classiques. Arsène Lupin en fait parti. Il était temps que je découvre le célébre voleur, autrement qu'en personnage secondaire dans divers autre roman (le Paris des Merveilles de Pierre Pevel ou Penny Cambriole de Cécile Duquenne).

Arsène Lupin, Gentleman Cambrioleur, Maurice Leblanc

Editeur : Bibebook
Collection : /
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez des nouvelles
- Vous voulez des énigmes

A ne pas lire si:
- Vous vous attendez à un roman

Présentation de l'éditeur :

Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la «Belle Epoque».Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.

Mon avis

Il y a des personnages qui nourrissent l'imagination française. Arsène Lupin en fait parti. Depuis sa création par Maurice Leblanc en 1905, il fut l'objet de multiples adaptations (cinéma, téléfilm, manga et j'en passe). C'est donc l'un de ces personnages que l'on pense forcément connaitre (un peu comme les Mousquetaires de Dumas). Sauf que bien sur, on ne le connait pas si bien que cela si on ne lit pas les textes originaux.

Le "premier tome" regroupe  les neuf premières nouvelles sur le personnage, paru dans le journal Je sais tout. On retrouve ainsi L'arrestation d'Arsène Lupin, Arsène Lupin en prison, l'Evasion d'Arsène Lupin, Le mystérieux voyageur, Le Collier de la reine, La perle Noire, le Sept de cœurs, le coffre fort de madame Imbert et enfin Herlock Sholmes arrive en retard. Neuf nouvelles donc pour nous présenter le fameux voleur.

Une présentation qui commence donc par une arrestation. Alors que Lupin se rend en Amérique, il se fait arrêter à la sortie du paquebot. Une première aventure qui ne montre pas forcément tout le potentiel du héros mais qui n'en reste pas moins agréable à lire. Pour voir le fameux potentiel, il faut attendre la seconde nouvelle puis les suivantes. Là, il va nous montrer toute son ingéniosité, celle qui a fait de lui ce si grand personnage. Il faut dire que Maurice Leblanc est plutôt fort en énigme mais aussi en narration. C'est un peu notre Conan Doyle à la française, un Conan Doyle dont il emprunte d'ailleurs le personnage de Sherlock Holmes, en le renommant Herlock Sholmes (les aventures de Holmes ayant commencé à être publiées en France en 1906).

Il y a pas mal de chose à dire sur ce premier recueil de nouvelles. La première c'est le changement de narrateur. C'est assez perturbant de passer d'un texte à la première personne par Lupin, puis à la troisième, puis à la première par Leblanc puis re à la troisième... C'est assez perturbant mais pas dérangeant. On s'y habitue à force. Ce changement de narration donne par contre à certaines nouvelles plus d'importance que d'autres, puisqu'on entre parfois dans la tête même de Lupin et qu'on comprend du coup un peu mieux ses motivations. Il en va de même lorsque Leblanc utilise sa propre narration et nous offre en épilogue des nouvelles une partie de son entretien avec Lupin (dans la nouvelle Le coffre-fort de Madame Imbert, où il explique d'ailleurs s'être bien fait rouler par les Imbert). Autre chose d'un peu déroutant, c'est la chronologie. Si les trois premières nouvelles se suivent, d'autres racontent des aventures passées. Là encore, on s'y fait (le coffre-fort de Madame Imbert étant son premier cambriolage (si on ne compte pas le Collier de la Reine, qu'il a volé à l'âge de sept ans). Bref, ce ne sont que quelques petits problèmes dans la cohérence du recueil, qui ne sont pas forcément gênante.

Surtout que tout le reste est bon. J'ai beaucoup aimé le personnage de Lupin. Avec tous ses déguisements, son sens du spectacle et de l'humour, on s'attache facilement à ce cambrioleur même si parfois, il parait un peu trop sûr de lui. Les personnages plus secondaires sont plutôt bons eux-aussi bien qu'en retrait la plupart du temps. Les énigmes aussi sont intéressantes. Lupin use de beaucoup de subterfuges et autres pour arriver à ses fins. On se demande souvent comment il peut faire pour arriver à voler ce qu'il convoite sans se faire prendre (le plus intéressant pour cela reste Arsène Lupin en prison, où il arrive à faire son cambriolage tout en étant en prison). J'adore du coup me prendre la tête pour comprendre avant que Leblanc ne nous donne la réponse (j'ai échoué quelques fois, je l'avoue). Le tout est particulièrement bien ficelé, décris de manière précise et assez surprenant pour certaines résolutions. J'ai apprécié le style de l'auteur qui même cent ans plus tard, ne perd rien de sa modernité.

Au final, c'est un fort bon début entre Arsène Lupin et moi qui devrait aboutir à une lecture de plus d'ouvrage de Leblanc (j'ai le choix ; 39 nouvelles, 17 romans). 

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