jeudi 7 novembre 2019

Un(e)secte, Maxime Chattam

J'avais très hâte de lire le nouveau Chattam après le Signal qui avait été le premier coup de cœur de l'année. Et c'était sans parler des retours de ceux qui l'ont lu un peu avant. Je l'ai acheté dès sa sortie et lu dans la foulée. 

Un(e)secte, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 454

A lire si :
- Vous n'avez pas peur des insectes
- Vous aimez les enquêtes policières

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez vraiment pas les insectes
- Vous vous attendez à avoir tout le long

Présentation de l'éditeur : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s'organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d'une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s'entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante.
Des montagnes de Los Angeles aux bas-fonds de New York, un thriller implacable et documenté qui va vous démanger.

Mon avis

Comme je le disais, j'avais très très hâte de lire ce nouveau Chattam. J'aime beaucoup ce que fait le monsieur, et je ne résiste pas à l'idée de me faire un peu peur en lisant, surtout en cette période. Alors, je me suis un tout petit peu jeté sur le livre que j'aurais fini plus tôt si mon weekend n'avait pas été aussi occupé. En parlant de me faire peur, le prologue est assez anxiogène pour moi qui déteste les araignées et les petites bêtes (je ne leur ferais pas de mal, mais si elles pouvaient rester loin de moi, ça serait cool, hein). Il est aussi particulièrement efficace, nous faisant entrer directement dans l'histoire. Sauf que si le prologue est ultra efficace, il faut attendre un petit peu pour retrouver son ambiance. Car Un(e)secte n'est pas tout à fait un livre d'horreur. C'est surtout deux enquêtes particulièrement intéressantes à lire qui finiront pas se regrouper (je ne spoile absolument pas, on s'en doute quand même pas mal). 

La première est menée par un inspecteur du LAPD (la police de Los Angeles, donc), Atticus Gore, suite à la découverte d'un squelette sur une scène de crime remplie de cadavres d'insecte. Si déjà, la présence d'insectes est étrange que le squelette soit celui d'un homme encore vivant la veille l'est encore plus. L'enquête d'Atticus va le mener jusqu'au bas-fond de Los Angeles où ce qu'il va découvrir est bien plus gros que ce qu'il ne pense. L'autre enquête est mené par Kat Kordell, détective privée de New York, missionnée pour retrouver une jeune femme disparue. Là aussi, la privée ira jusqu'au pire endroit de sa ville afin de découvrir la vérité.

J'ai apprécié les deux enquêtes dans le sens où elles sont complémentaires mais bien différentes. On se doute d'ailleurs tout le long que les deux protagonistes vont finir par se rencontrer sans trop savoir comment. L'un enquête sur un meurtre mettant en scène des insectes, l'autre sur ce qui semblerait bien ressembler à un enrôlement dans une secte. Le rapport ? C'est le titre du roman qui nous le donne et je n'en dirais pas forcément plus pour ne pas trop spoiler. Il n'empêche que j'ai adoré voir les éléments se mettrent ne place de chaque côté, bien que j'ai eu une petite préférence pour la partie Atticus (lié au personnage, je pense, on y reviendra après). Peut-être le fait que je n'avais pas exploré Los Angeles version Chattam, ce qui n'est pas le cas de New York (où je me suis souvent demandé si Annabel ou Brady n'allaient pas faire une infime apparition)(plus Brady qu'Annabel d'ailleurs). Il n'empêche que comme toujours, l'auteur arrive à distiller ses informations sans qu'on ne s'en rende tout à fait compte (quoique j'avais deviné pour une personne). 

Mais, ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est toute la partie un peu plus psychologique du roman (et je ne parle pas du fait que j'ai eu l'impression d'avoir des insectes sur moi au prologue et à certains moment dans le roman)(quoique). Un roman sur les sectes va forcément parler de fragilité psychologique, d'isolement ou encore d'influence. Il le fait de manière intelligente et surtout il finit par englober les protagonistes principaux. Ainsi, on a un Atticus Gore déjà marginalisé dans son travail et même dans sa vie. Le flic est gay, n'a pas de vie de famille, préférant payer ses amants d'un soir ou plus, n'a pas d'amis non plus. Il n'est pas apprécié, souvent raillé par ses confrères à cause de son orientation sexuelle. Il ne faudrait pas grand chose pour qu'il bascule dans la solitude la plus complète, voire qu'il perde son boulot. C'est un personnage qui n'en ai pas moins attachant dans ses faiblesses et qui en tire parfois une force incroyable. Surtout, ce n'est pas un super enquêteur à qui rien ne fait peur. Même son goût pour le Metal a quelque chose à voir avec ça et renforce sa personnalité. IL en va de même pour Kat. Elle vit seule, ne s'attache pas à son mec avec qui elle est depuis six ans, a peur de vieillir. Elle aussi, d'une certaine manière, s'isole du monde. Mais ils sont assez forts tous les deux pour ne pas tomber dans le pire. Ca ne tient pas à grand chose souvent. Ca les rend particulièrement humains.

Le seul petit défaut que je trouve au roman, du coup, c'est que je n'ai pas vraiment flippé. Je m'attendais, pas forcément à avoir peur, mais disons à frisonner quand même un peu plus. Or, ce n'a pas tout à fait été le cas. Les enquêtes sont efficaces, la dernière moitié du roman (dont je ne parle pas vraiment pour ne pas trop en dire) aborde des thèmes que j'apprécie assez lire mais je n'ai pas eu ce petit frisson que j'ai apprécié sur le Signal par exemple ou sur l'Âme du mal par exemple. 

Ça ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié, loin de là. Disons juste que j'ai trouvé Un(e)secte de facture plus "banale". C'est un bon Chattam, voilà. Il est plus que sympathique à lire, il fonctionne parfaitement bien mais il lui manque un petit plus pour être parfait à mes yeux. Par contre, très hâte de revoir Atticus Gore au vu des remerciements de l'auteur à la fin.


mercredi 30 octobre 2019

Vampires ! Une histoire sanglante, Richard D. Nolane et Elisabeth Campos

Halloween approche à grand pas et j'avais envie de lecture allant dans le thème. J'ai commencé Nécroscope sur le Kindle (que je finirais bien après Halloween je sens, il est assez long comme bouquin) et j'ai enfin sorti de ma PAL cet essai sur le Vampire ! sorti dans la collection Bibliothèque des Miroirs des Moutons Electrique que j'apprécie assez (et dont je lorgne d'autres titres depuis un moment).

Vampires ! Une histoire sanglante, Richard D. Nolane et Elisabeth Campos

Editeur : Les Moutons Electrique
Collection : Hélios
Année de parution : 2018 (2010 dans la Bibliothèque des Miroirs)
Nombre de pages : 288

A lire si : 
- Vous voulez vous penchez sur la mythologie vampirique
- Vous appréciez les essais

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas voir mélanger vampire littéraire et meurtriers en série

Présentation de l'éditeur : 

Né il y a très longtemps, le démon buveur de sang n’a cessé de poursuivre son chemin dans notre imaginaire. Sous le nom de vampire, il est devenu un des personnages favoris du genre fantastique et présente le cas unique d’une superstition ayant acquis le statut de mythe mondial par l’intermédiaire des arts populaires. Une superstition dont les racines, pas toujours bien connues, sont examinées ici en détail.
Pour la première fois, un ouvrage qui présente un panorama complet du vampirisme, sans se cantonner comme ses prédécesseurs à ses seuls aspects légendaires, artistique et historique. En effet, il aborde aussi en profondeur ce que l’on peut appeler la « réalité vampirique », incarnée par des personnages convaincus d’être d’authentiques vampires.
Un livre de référence, largement illustré, destiné à tous ceux qui s’intéressent à l’imaginaire fantastique, aux ombres de l’histoire et à la criminologie.

Mon avis

J'ai déjà deux livres de la collection Bibliothèque des Miroirs, Sorcières ! et Steampunk !. J'aime beaucoup les deux, avec leur format carré et les illustrations qui les parsèment. Ce sont des bouquins agréables à lire et aérés. Le passage de cette collection en poche est agréable pour le porte-monnaie, mais par contre, on y perd un peu de qualité visuelle. Adieu les illustrations et les encarts. Est-ce gênant pour la compréhension du discours des auteurs ? Non. Mais je trouve dommage de perdre les illustrations qui dans les deux précédents ouvrages que j'ai eu en main apporté aussi des éclairages sur la représentation des thèmes. Sur ce, passons au texte.

Nous connaissons tous le Vampire. La figure de Dracula est particulièrement présente dans l'univers fantastique, et il ne se passe pas une année sans qu'un nouveau livre/série/film ne mette en scène la créature à dents longues d'une manière ou d'une autre. Mais que savons-nous réellement du vampire ? Les deux auteurs se sont penchés sur la figure vampirique, que ce soit dans le domaine de l'imaginaire ou celui, bien plus réel, de l'histoire ou même de la criminologie.

Forcément, tout ne nous est pas inconnu. On va passer sur l'histoire de Vlad Tepes, sur le Dracula de Bram Stoker et j'en passe. Même si je connais les deux, je dois dire que j'ai assez apprécié me replonger un peu dedans (l'histoire de Tepes a quelque chose d'assez passionnant en soi, dans le fait qu'il n'a rien d'un vampire mais tout d'un véritable tueur en série sociopathe). Toute la partie sur les folklores ayant un vampire est aussi particulièrement intéressante. Le vampire n'est pas qu'une invention roumaine ou européenne de l'est, il s'avère qu'il est quasiment universel et ça depuis fort fort longtemps. On le retrouve en suceur de sang, d'âme ou d'énergie sur presque tous les continents. 

Forcément, j'ai aimé lire tout ce qui concerne le vampire "médiatique", voire comment, au fils des ans, les auteurs ont pu le faire évoluer. Nous passons tout de même du monstre sanglant à une sorte de séducteur (on pensera à Twilight et à quelques vampires de la Bit-Lit) pour le faire revenir à son aspect monstrueux de temps en temps. On le voit aussi par le prisme du lieux, le vampire dans les mangas japonais semblant par exemple très proche d'un Dracula et plus encore du Vatican (du coup, je me demandais s'il n'existait pas quelque part des essais ou article sur la vision japonaise des mythes occidentaux). C'est une créature qui évolue avec le temps, qui n'est jamais totalement figé et c'est surement pour cela qu'il est le personnage favoris du fantastique depuis tellement d'années (et de siècles).

Mais je dois avouer que la partie que j'ai préféré, c'est celle qui replace le vampire dans notre réalité. On n'en parle pas forcément assez, et souvent, l'image du gothique qui s'affuble de canines longues et dort dans un cercueil vient à l'esprit des gens quand on le fait. Cette image, sans être totalement erronée, n'est pas celle qui nous intéresse ainsi. Elisabeth Campos, qui coécrit le livre, est spécialiste en criminologie, plus particulièrement en secte et crime pathologique. C'est donc naturellement qu'elle et Richard Nolane vont parler des tueurs en série s'appuyant sur les mythes vampirique. C'est la partie la plus sombre de l'essai de part les crimes qu'elle traite mais aussi l'une des plus documentées pour moi (on y retrouve plusieurs exemples dont le connu Vampire de Dusseldorf). Mais elle ne parle pas que de meurtrier. On y retrouve aussi par exemple toute l'enquête au sujet du vampire de Highgate qui se déroula au début des années 70 (une histoire à rebondissements multiples et parfois grand guignolesque à découvrir) ainsi que quelques histoire de vampiroïdes (des personnes qui se pensent vampire, agissent comme telle mais ne font de mal à personne). Comme je le disais, cette partie touchant plus notre réalité est fort intéressante à lire et permet de comprendre un peu mieux le mythe du vampire lui-même.

Au final, même si je déplore le manque d'illustration de cette version poche de l'ouvrage, j'ai été vraiment ravi de le sortir de ma PAL. Comme les deux autres essais de la collection déjà lu, il est passionnant, bien écrit et aborde son sujet selon plusieurs angles, ce qui n'est vraiment pas pour me déplaire. J'ai découvert deux trois choses que je ne connaissais pas et est allongée ma liste de livres, films et série à voir. 

Pour aller un peu plus loin, avec l'ouverture de l'expo à la cinémathèque "Vampires, de Dracula à Buffy", la BNF en profite pour parler de la créature et ressortir des vieux documents. Ca se passe sur le site de la BNF et c'est plutôt sympa à découvrir

lundi 28 octobre 2019

Pétales de Rose et rameau d'Olivier, Susi-Petruchka

J'ai, pour l'instant, toujours assez bien choisi mes lectures sur Wattpad. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mêlant romance, humour et fantastique, Pétales de Rose et rameau d'Olivier est une bien sympathique découverte.

Pétales de Rose et rameau d'Olivier, Susi-Petruchka

Editeur : Susi-Petruchka
Collection /
Année de parution : 
Format : Wattpad

A lire si 
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez l'humour 
- Vous voulez des licornes et des bulldozers

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une romance toute mignonne

Présentation de l'éditeur : 

« Jamais Rose Phorbe-Nascorie n'avait connu situation plus insolite que celle dans laquelle elle se retrouva piégée en ce soir de juillet : à califourchon sur un muret, quelques deux mètres au-dessus du sol. En robe de bal, évidemment. La situation aurait perdu de son mordant, sans la robe de bal. »
Lorsqu'elle rencontre plus ou moins par accident le bel Olivier, Rose tombe immédiatement sous le charme. N'incarne-t-il pas tout ce qu'une damoiselle à l'esprit romanesque puisse souhaiter ? Malheureusement pour elle, les obstacles sont nombreux sur la route qui mène à l'amour : alligators, bulldozers, petites sœurs, fin du monde, vernis à ongle qui s'écaille, et la liste est encore longue...

Mon avis

J'ai choisi ce livre-là totalement au hasard. Sa quatrième m'a fait rire en la voyant et je me suis dit pourquoi pas. J'avais envie d'une lecture sans prise de tête (je lis les textes sur Wattpad le matin, en buvant mon café juste avant d'aller travailler). Je suis tombée sur la bonne, je crois. 

Rose vit sur une île paradisiaque. Du moins jusqu'à ce que Donatien de Tantale décide d'y construire une mine à ciel ouvert afin de soit-disant assuré l'indépendance de l'endroit. Un projet qui ne plait pas beaucoup à Edelweiss, la demi-sœur de Rose. C'est en essayant de l'empêcher de faire un mauvais coup que Rose se retrouve embarquée dans une histoire qui la dépasse complètement. C'est aussi le moment que choisi l'amour pour frapper à sa porte. Rose va devoir tenter de concilier histoire d'amour naissante et fin du monde. Heureusement (ou pas, c'est suivant le point de vue), pour la seconde, elle va pouvoir compter sur sa sœur, sa cousine Chardon et Valerian.

Pétales de Rose et rameau d'Olivier se présente à la base comme une romance dans la pure tradition du conte de fée disney. Une jeune femme rencontre celui qui semble être l'homme de sa vie durant un bal. Tout devrait d'ailleurs se passait comme un disney, quelques péripéties sur fond d'écologisme et puis un grand et beau final où les gentils gagnent. Sauf que... Sauf que Susi-Petruchka a un humour bien à elle et que la romance, c'est finalement pas vraiment totalement son truc. 

La première chose qui m'a donc marqué dans ma lecture, c'est l'humour de son autrice. Un humour auquel j'adhère complètement, entre l'absurde et le second degrés (voire même troisième ou quatrième parfois). Je suis généralement peu sensible à ça, du coup, que je rigole en lisant est très rare. Or, c'est arrivé, et rien que pour ça, j'ai adoré le roman. Le style de l'autrice a quelque chose d'assez addictif qui fait que j'ai enchaîné les chapitres. Il faut dire qu'outre l'humour dévastateur du roman, on a aussi une histoire aux multiples rebondissements souvent assez improbables d'ailleurs. On va alors côtoyer des alligators, des licornes, des indiens et j'en passe. Autant dire que pour Rose, la vie n'est pas de tout repos et qu'elle va bien avoir du mal dans tout ça à vivre pleinement ce qu'elle ressent pour Olivier. Si l'histoire d'amour entre les deux jeunes gens est le point de départ du roman et qu'elle reste bien présente tout le long, ce n'est finalement pas elle qui marquera le plus (du moins pour moi).

La seconde chose que j'ai adoré, ce sont les personnages. Mais pas les principaux. J'ai aimé Rose et Olivier, je ne dis pas le contraire, juste qu'ils sont un peu lisses quand même par rapport aux autres. Bon il faut dire que face à une Edelweiss maniant la mauvaise foi comme personne et ayant des idées bien particulières sur la manière de stopper Donatien de Tantale, Rose parait presque insipide. Mais Edel n'est pas le seul personnage que j'ai aimé. Le duo Chardon/Valerian est délicieux aussi à suivre, et une fois de plus, relègue un peu le duo Rose/Olivier en arrière plan. Et je n'arrive pas à me dire que c'est dommage. Parce que les personnages secondaires sont tellement présents et vivants qu'on s'éclate à les suivre, parce que sans eux, l'histoire aurait été bien plate. 

Au final, j'ai pris grand plaisir à lire cette romance qui n'en est pas tout à fait une. Elle est parfois un peu trop prévisible mais on lui passera ce petit défaut. C'est une histoire qui se lit facilement et qui met de bonne humour. J'ai beaucoup aimé la plume de son autrice et je pense que me pencherais sur ses autres écrits wattpadiens (dont Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours de la bibliothèque)(ça c'est du titre NaNowrimesque ou je ne m'y connais pas)




mercredi 23 octobre 2019

Sur les ruines du passé, Eden, tome 3, Blandine P. Martin

J'ai fini hier soir la trilogie Eden de Blandine P. Martin. J'ai profité d'un léger problème au travail (inondation et coupure courant et réseau, quand tu bosses dans l'informatique, c'est pas le top) pour ça. Et puis, la pluie, le gros plaid et un livre, c'est quand même ce qui se fait de mieux en cette période (parce que du coup, ça y est, le sud est enfin en automne).

Sur les ruines du passé, Eden, tome 3, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2018
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

L’heure du retour sur Terre a-t-elle sonné ?
Le GUN est tombé. Les habitants de Gemma organisent l’élection d’un gouvernement démocratique. Mais avant de se tourner vers l’avenir, il faut tirer un trait sur le passé et, pour cela, revenir sur Terre, où le GUN a abandonné tant de gens avant le grand départ.
Drago y est envoyé pour organiser le sauvetage des réfugiés. Mais l’atterrissage se passe mal et sur Gemma on est bientôt sans nouvelles de lui et de son équipe. Aussitôt, un nouveau convoi s’organise, et cette fois Eden est de la partie. Bien décidée à secourir l’amour de sa vie, la jeune femme devra encore faire ses preuves, sur un monde en ruines dont certains survivants ont perdu jusqu’à leur humanité.
La mission de sauvetage sur cette terre dévastée risque bien de tourner au traquenard…

Mon avis

Le tome deux s'arrêtait alors que le nouveau gouvernement de Gemma découvrait que la Terre était encore habitée malgré les guerres qui la ravageait des années plus tôt. Nous commençons par un chapitre pour le moins angoissant, alors que l'un des vaisseaux de Gemma tente, tant bien que mal (surtout mal en fait) de se poser sur la planète mère. Après ce chapitre, nous revenons six mois plus tôt pour suivre la préparation de tout cela mais pas que.

La première partie du roman fait la part belle à la dystopie. Il faut dire qu'il a beaucoup à faire sur Gemma avec l'instauration de la nouvelle république. Emeric tente d'être un bon président mais surtout de mettre en place la paix que lui et les anciens rebelles souhaitent par dessus tout pour la planète. Pour cela, il faut déjà rattraper les anciens du GUN qui ont réussi à s'échapper, mettre en place les lois de la nouvelle république et j'en passe. Dans tout ça, Eden a un peu de mal à trouver sa place. En tant qu'ex Alpha, Rudy et elle partent chasser les anciens du GUN. Elle doit aussi faire face au départ de Drago pour la Terre à bord du Grand Phénix. C'est une partie plutôt sympa à lire et qui m'a bien fait penser au premier tome. Si la romance est bien là, elle se fait tout de même assez discrète pour se concentrer un peu plus au changement qui se déroule sur la planète. La donne change un peu lorsqu'on arrive à nouveau à la partie atterrissage du Grand Phénix.  Eden, Rudy et Henri embarque sur le second vaisseau disponible pour retrouver les naufragés sur Terre. Là-bas, la situation est bien pire que ce qu'ils ne le pensaient. La mission sauvetage va se transformer en contre la montre pour sauver le plus de personnes possibles. La Terre connue des habitants de Gemma n'est plus mais il reste tout de même un peu d'espoir. 

Même si la partie dystopie refait son grand retour, on oublie pas la romance entre Eden et Drago. Je l'ai tout de même trouvé bien moins présente que dans le tome 2, les deux tourtereaux arrêtant de se tourner autour. Et c'est tant mieux pour moi. J'apprécie voir comment leur relation évolue, surtout qu'elle ne tombe pas dans la mièvrerie sans nom. Faut dire qu'Eden est toujours assez instable. Son évolution, la manière dont elle apprend petit à petit à faire confiance aux autres est plutôt bien rendu. C'est un personnage que j'aurais finalement pas mal apprécié depuis le début, que se soit lorsqu'elle était la machine à tuer du GUN ou maintenant qu'elle a complètement embrassé la cause de Drago et Emeric. Elle a avoir évolué d'ailleurs. Forcément, Drago aussi et je dois dire que j'apprécie beaucoup en savoir enfin un peu plus sur lui. Il reste le ténébreux norvégien du premier tome mais gagne enfin en profondeur grâce à Eden. Malheureusement, ils sont peut-être les seuls à avoir ce genre de traitement. Bien que présents tout le long de ce troisième tome, Rudy et Henri semblent passer en arrière plan. Il en va de même pour Emeric ou Samuel qui restent sur Gemma. C'est un défaut que j'avais déjà relevé dans le tome deux. Il se confirme. Après, je sais que quand j'apprécie des personnages, j'aime bien les voir un peu plus, et comme c'est le cas de Samuel par exemple, ça m'ennuie un peu.

Par contre, j'ai grandement apprécié le retour sur Terre et ce qu'il s'y passe. L'histoire de ce troisième tome se tient quand même beaucoup plus que celle du second pour moi. Je pense que le fait que la romance étant établie pour de bon, ça aide un peu à revenir à ce qu'il se passe autour. Revenir à un récit moins romance et plus dystopique est agréable. Et finalement, je crois que ça fait partie de la force de cette trilogie, réussir à ne pas oublier que ce n'est pas juste une histoire d'amour entre deux personnages et que le discours derrière n'est pas oublié. L'idéal d'Emeric et des rebelles n'est pas juste là pour faire joli.

Au final, j'ai pas mal apprécié ce dernier tome et la série au complet. Le mélange dystopie/romance fonctionne bien, la seconde ne prenant pas trop le pas sur le premier, ce qui personnellement me va parfaitement. C'est donc une découverte fort sympathique de mon côté.


mardi 22 octobre 2019

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati

Parfois, j'ai des envies de lecture subite. Ça donne un SMS à mon frère le dimanche soir, récupèration du livre le lundi midi et lecture le soir. La bibliothèque du frangin est bien moins remplie que la mienne mais je sais pouvoir y trouver les livres qui ont marqué mon enfance. La Fameuse invasion de la Sicile par les ours en fait partie et c'est avec un plaisir non dissimulé que j'ai relu pour la énième fois ce petit roman.

La fameuse invasion de la Sicile par les ours, Dino Buzzati

Editeur : Folio
Colleciton : Junior
Année de parution : 1996
Titre en VO : La Famosa invasione degli orsi in Sicilia
Année de parution en VO : 1945
Nombre de pages : 115

A lire si :
- Vous aimez les contes
- Vous aimez les ours

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur :

Tout commence le jour où Tonin, le fils du roi des ours, est enlevé par des chasseurs dons les montagnes de Sicile... Profitant de l'hiver qui menace son peuple de famine, le roi décide d'envahir la plaine où habitent les hommes. Avec l'aide de son armée et d'un magicien, il réussit a vaincre et à retrouver Tonin. Mais il comprend vite que le peuple des ours n'est pas fait pour vivre au pans des hommes...

Mon avis

Il est toujours un peu compliqué de donner un avis sur un livre que l'on a chéri pendant des années et qu'on redécouvre avec le même entrain qu'à dix ans. Forcément, les souvenirs s'en mêlent et c'est tout autant la nostalgie qui parle que la redécouverte du livre. J'ai souvent lu et relu la fameuse invasion enfant. Le livre appartenait à mon frère (qui ne le trouve plus mais sa femme l'avait aussi, du coup, c'est le sien que j'ai lu)(et sur lequel j'ai râlé, elle a mit des bulles à quasi toutes les illustrations...) et a posé beaucoup de temps dans ma propre bibliothèque. Je l'ai usé jusqu'à la trame, lisant et relisant certain passage plus que d'autre. C'est en découvrant qu'un dessin animé avait été crée récemment que j'ai eu envie de relire le bouquin. Je remercierais donc mon frangin et sa femme pour m'avoir refilé le livre.

La Fameuse invasion de la Sicile par les ours raconte donc, vous n'allez pas le croire, l'invasion de la sicile par les ours mais pas que. La première partie du roman se concentre bien sur la dite invasion. Suite à l'enlèvement du fils du roi Léonce et à un hiver des plus rigoureux, les ours partent envahir la capitale des hommes. Des montagnes jusqu'à la ville, nous allons les suivre, bataillant contre les armées du Grand Duc et déjouant les pièges que leur tend le Professeur de Ambrosiis (qui finira par devenir leur grand ami). La seconde partie du livre se passe plusieurs années plus tard (13 pour être exacte). Léonce gouverne la Sicile et ses ours se sont mêlés à la population humaine sans trop de difficulté. Or, le calme n'est qu'apparemment et certains ours ont fini par succomber aux vices...

Il y a plusieurs choses que j'adore vraiment dans ce petit roman. La première, c'est l'alternance texte "normal"/poème. Buzzati fait ça de manière tellement fluide (et le traducteur a vraiment été très bon aussi) qu'on passe de l'un à l'autre sans même s'en rendre compte. Pour moi, la FIDLSPLO est un énorme poème mélange vers et prose. La seconde, ce sont les illustrations qui parsèment le récit et en font intégralement partie. J'ai passé des heures enfant à les observer toutes, lisant une histoire pas tout à fait pareille à ceux que les mots racontés (on découvre quelques différences entre les deux). Du coup, on comprend un peu mieux pourquoi j'ai râlé que ma belle-sœur ait gribouillé dessus.

Et puis, bien sûr, il y a l'histoire. Leur de mes premières lectures, j'adorais pouvoir me confronter à des peurs enfantines comme le croquemitaine ou les fantômes avec les ours. J'apprécie moins par contre la seconde partie, trouvant aux péripéties de la première plus de charme. J'avoue continuer à aimer cette première partie, que je trouve plus amusante à lire de par l'étrange naïveté des ours. Je comprends aussi beaucoup mieux la seconde et ce qui se cache derrière. J'ai grandi, ma vision du monde avec moi et ma compréhension de cette partie avec. Forcément, mon niveau de lecture n'est plus le même et c'est tant mieux, je dirais, puisque j'ai apprécié ma lecture d'une manière différente. 

Comme tout conte qui se respecte, La FIDLSPLO a plusieurs niveaux de lecture. Il y a l'enfantine, qui parle bravoure et courage, qui montre que le bien triomphe du mal, et puis il y a le niveau plus adulte que je n'avais pas tout à fait vu jusque là. Oh, je n'étais jamais passé bien loin mais forcément à trente ans passés, je ne lis plus le livre comme à dix. La satire est plus évidente à présent, forcément, surtout dans la seconde partie, celle que j'appréciais le moins à l'époque. 

Au final, j'aime toujours autant ce roman, mélange de théâtre, de conte et de poésie. J'aime qu'il soit si étrange dans sa forme. J'aime son histoire, simple de prime abord mais qui ne l'est pas tant que ça. J'avais peur que ma nouvelle lecture ne me le ternisse un peu, ce n'est pas du tout le cas. Il est sûr que je le relirais encore, en appréciant encore et toujours l'humour qui s'en dégage et le message qu'il fait passer.


lundi 21 octobre 2019

Le Vent d'ailleurs, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

J'arrive doucement à la fin de mon intégrale de Terremer (et autant je déprimais de ne pas me voir avancer dedans alors que j'en étais au troisième roman, autant là, je déprime de savoir que je vais quitter l'univers). J'ai fini le dernier roman. Il ne me manque que quatre nouvelles à lire avant de refermer mon gros pavé vert pour un temps.

Le Vent d'ailleurs, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : 2001 pour le Vent d'ailleurs
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Le Vent d'ailleurs est le dernier tome de Terremer. C'est avec une petite émotion que je l'ai lu, sachant à quel point j'ai aimé l'univers. Heureusement pour moi, l'intégrale comporte trois nouvelles de plus et quelques bonus. D'ailleurs, l'un de ceux-ci sera aussi présenté ici, à savoir la toute petite description de Terremer. Mais avant ça, parlons du roman.

Le sorcier Aulne débarque un jour sur Gont. Il se présente à Ged et lui raconte son étrange histoire. Toutes les nuits, il va jusqu'au mur qui délimite la Contrée Aride. Toutes les nuits, les morts l'appellent. Pourquoi ? Il ne sait pas. Mais Ged ne peut pas lui donner de réponse. Alors, il l'envoie à Havnor, où se trouve Tenar et Tehanu ainsi que Lebannen. Là, peut-être aurait-il ses réponses. Mais en Havnor, d'autres problèmes se posent. Déjà, Lebannen doit compenser avec la fille du Roi Kargue, ensuite, les dragons viennent de plus en plus vers l'ouest, causant pas mal de trouble. Et si l'étrange comportement des dragons et les rêves d'Aulne étaient en fait lié ? Si Terremer était en train de changer ?

Avec Tehanu, on l'avait senti venir, le changement. Un peu plus encore en lisant la nouvelle Libellule. La magie de Terremer changeait. Les morts revenaient de la Contrée Aride, les dragons vivaient parmi les hommes, en prenant même l'apparence. La magie n'est plus stable, et ça, les mages de Roke l'ont bien compris. Pourtant, ils ne font pas grand chose, encore perturbé par ce qu'il s'est passé durant Libellule (et c'est là qu'on comprend pourquoi les contes de Terremer sont réellement un quatrième tome et pas juste un recueil tout simple). C'est donc du côté de Tehanu, du roi et d'un simple Raccommodeur que l'on va se tourner.

Une nouvelle fois, le roman semble prendre son temps sans toutefois le faire. J'apprécie vraiment ces chapitres calmes, où l'on regarde la vie passée simplement. Les premiers chapitres, où l'on découvre Aulne à Gont sont particulièrement reposant. Et pourtant, il se passe peut-être autant de chose que dans le reste du roman. C'est dès ces chapitres que l'on se rend compte que quelque chose change en Terremer. Un changement qui se confirme à l'arrivée en Havnor. C'est d'abord juste une impression, qui se confirmera petit à petit, au grès des discutions entre personnages. Des personnages assez divers, d'ailleurs. Si on en connait déjà certains, comme Lebannen, Tenar et Tehanu, on en découvre d'autres, comme Aulne ou la princesse Kargue. En fait, pour ce dernier roman, l'autrice a décidé de rassembler tous les peuples de Terremer. Le choc des cultures a bien lieu, mais de manière douce, comme a pu l'être tout Terremer. Oui, il y a des incompréhension, la plus grosse étant entre Lebannen et la princesse, mais rien d'insurmontable lorsqu'on reçoit les bons conseils (Tenar se fait "mère" pour les deux, et, comme toujours, elle est formidable de par sa tolérance et sa bienveillance). Le changement se fait aussi par les personnages. Les Kargues vont se rapprocher des Hardiques, les mages vont prendre conseils auprès des dragons, des sorciers et des Pelniens. Cette entende a quelque chose de merveilleux (on pourrait pas avoir un truc vaguement ressemblant en ce moment ?). 

Comme je le disais, le roman prend son temps, une fois encore. Et une fois encore, on ne le voit pas passer. Il est prenant, ce Vent d'Ailleurs. Il est dense aussi, peut-être plus que les précédents. Il faut dire qu'il aborde un thème qui peut-être vu de bien des manières, à savoir la vie et la mort. Forcément, il est toujours question d'un certain équilibre, comme toujours dans les romans de Terremer. Après tout, l'équilibre est un des piliers de l'archipel. Or, depuis l'Ultime Rivage, on sait qu'il est en danger. Là où l'autrice fait fort, c'est d'inverser la donne. Alors que dans l'Ultime Rivage, on est sur un sorcier cherchant l'immortalité, ici, on va découvrir qu'en fait, Cygne, et les hardiques, l'avaient déjà, la dite immortalité (c'est un peu alambiqué, mais en lisant le Vent d'ailleurs, on comprend bien mieux). C'est en mettant en parallèle légendes et contes que l'on va comprendre ce qu'il se passe, pourquoi Aulne rêve des morts et du mur, pourquoi les dragons envahissent l'ouest et ce qu'il faut faire pour que cela cesse. C'est du passé que vienne les réponses, et j'aime particulièrement cette vision-là. Terremer et les personnages qui l'occupent, ont toujours eu un œil sur le passé pour mieux comprendre ce qui leur arrive. Je trouve que ça va aussi parfaitement avec cette idée de réincarnation qu'on retrouve souvent dans les autres romans (et surtout lorsque Tenar est présente dans les dits romans)

Le Vent d'ailleurs marque une fin. C'est marrant, je n'ai pas envie de dire la fin (alors qu'avec le décès de son autrice, Terremer n'aura jamais de suite). C'est la fin du monde tel qu'il était connu durant les précédents romans. On la sentait venir, cette fin, entre un Ged ayant perdu ses pouvoirs, une Irien ou une Tehanu parcourant le monde sous forme humaine et surtout un nouveau roi sur le trône d'Havnor. Le Vent d'ailleurs est une belle fin. 


Description de Terremer
Comme je le disais, l'intégrale ne finit pas avec le Vent d'Ailleurs. Si je compte chroniquer les trois nouvelles supplémentaires prochainement, j'ai lu la petite description de Terremer à la suite du Vent d'ailleurs. Ces quelques pages sont là pour remettre un peu tout en place, que se soit l'Histoire de Terremer, ses peuples ou encore son système de magie.

Je dois bien dire qu'on apprend finalement peu de chose dans cette description. Tout ce qui est dit dedans a déjà été dit, si ce n'est une petite partie sur le premier archimage (qui devait beaucoup en vouloir aux femmes vu qu'il les dégage complètement de l'école de Roke et en fait de viles sorcières). Pour moi, cette description de Terremer n'est finalement pas si interessante que ça (comme souvent avec certains bonus dans ce genre)(heureusement que c'est pas un lexique comme on peut en trouver souvent). Ça reste du bonus fort sympathique.


mercredi 16 octobre 2019

Nuit et Jour, Virginia Woolf

Je n'ai peut-être pas choisi le bon moment pour lire un Virginia Woolf, pas avec de la fièvre et une somnolence accrue dut à mes traitements. J'ai mis un moment à le lire, et je ne suis pas sûre d'avoir tout compris parfois mais ce n'est pas grave, j'ai tout de même l'essentiel.

Nuit et Jour, Virginia Woolf

Editeur : Folio
Collection : Classique
Année de parution : 2017 pour cette édition
Titre en VO : Night and Day
Année de parution en VO : 1919
Nombre de pages : 720

A lire si :
- Vous aimez Virginia Woolf
- Vous voulez une chronique des jeunes anglais du début du siècle

A ne pas lire si :
-Vous n'aimez pas prendre le thé.

Présentation de l'éditeur :

Mêlant comédie de moeurs et satire de la société anglaise à la vieille de la Grande Guerre, ce deuxième roman de Virginia Woolf raconte l'éducation sentimentale de jeunes gens confrontés au choix entre une existence confortablement ancrée dans le passé et l'aventure de l'inconnue. Hésitations devant l'amour et le mariage, rapports complexes au milieu familial et aux ainés... D'une surprenante drôlerie, entre ironie et nostalgie, il dépeint un monde, celui de  l'avant-guerre, qui paraissait déjà lointain en 1919.
A la violence et à la confusion du réel, Viriginia Woolf oppose la sécurité d'un univers fictif familier et la cohésion d'un récit bine agencé. Oeuvre dun sujet en miettes dans un monde en chaos, Nuit et Jour est la tentative, désespérée et superbe, de réconcilier "la part de soi qui agit à la lumière du jour, et la part contemplative et sombre de la nuit".

Mon avis

Avant de commencer, je n'avais pas lu la quatrième de couverture jusqu'à ce que je le tape ici. Et, heu, comme dire, j'ai ris pour la seconde partie de celle-ci. Je ne sais pas qui l'a écrit mais mettre de ce grand mot pour Nuit et Jour et son histoire me semble un peu trop ampoulé en fait. Et pourtant, sachant qu'elle écrivit le roman après une de ses nombreuses dépressions, qu'elle y a mit beaucoup d'elle dedans, ce n'est finalement pas si faux. Mais passons sur cela et parlons un peu du livre.

Le livre commence par la rencontre entre Katharine Hillbery, jeune femme issue d'une famille connue et reconnue dont le grand-père était un poète très connu, et Ralph Denham, jeune homme d'une famille modeste écrivant parfois pour la revue de Mr Hillbery. Une rencontre qui ne se passe pas forcément très bien entre les deux jeunes gens de prime abord mais qui portant va être le point de départ de tout le roman. Car les deux jeunes gens vont être nos guides dans ce Londre de 1919 et c'est à travers leurs yeux que nous allons suivre cette petite aventure. Viendront s'ajouter trois personnages de plus, Mary Datchet, jeune femme proche des suffragettes, William Rodney, fiancé de Katharine et poète ainsi que plus tard, Cassandra, la cousine de Katharine. 

 Je crois l'avoir déjà dit dans un de mes avis sur une des oeuvres de Virginia Woolf, mais j'adore particulièrement la manière dont elle dépeint les gens. C'est à souvent plein d'humour, assez critique et en même temps elle a une certaine bienveillance envers eux qui fait qu'on va de suite les apprécier à notre tour. C'est ce qu'il arrive avec Katharine, qui est basée sur bien des aspects sur la sœur de l'autrice Vanessa mais aussi sur elle-même. Alors qu'on peut la trouver froide et guindée au départ, on découvre petit à petit une femme sensible et voulant sortir de ce que sa condition (de femme et de membre de la haute société) lui impose. J'ai aimé voir la si parfaite Katharine se perdre dans le méandre de ses émotions. Il en va de même avec Ralph, qu'on pourrait trouver médisant, ingrat aussi un peu, au début du roman. Le personnage, basé sur Leonard Woolf, l'époux de Virginia, est bien plus que cela. Le voir évolué dans un monde qui n'est pas tout à fait le sien a quelque chose de rafraîchissant. Il est bien plus complexe par exemple que William Rodney (du moins pour moi), plus intéressant aussi par sa manière de voir les autres. Il en va de même pour Mary durant une partie du roman. Elle est tellement différente de Katharine et des gens qui l'entourent qu'elle offre une vrai bouffée d'air frais.

Mais Mary n'est pas que ça. Virginia Woolf était une féministe convaincue. Le personnage de Mary lui permet de passer du côté des femmes travaillant. Mary est dans une association proche du mouvement des suffragettes. Elle y écrit des tracts, y prépare des réunions, combat pour le droit de vote des femmes... Même si on est encore loin de la suffragette partant au combat (je rappelle que les suffragette n'étaient pas pacifistes, loin de là même) mais on commence à voir les luttes pour un égalité entre hommes et femmes dans les discutions qu'elle a avec les membres de son association ou dans la manière dont elle se compare parfois avec Katharine. Une Katharine qui n'est pas en reste non plus. La jeune femme est passionnée de mathématique, se pose des questions sur la vie maritale et sur sa place tout court. Elle est tout aussi passionnée par ses questions par Mary sans aller jusqu'à son engagement. Ce l'un des thèmes du roman qui forcement m'a parlé et que je trouve particulièrement bien traité par une Virginia Woolf assez critique. 

En parlant de critique, c'est une chose à retenir ici. L'autrice aime à pointer du doigt les problèmes de son époque avec un certain humour. C'est encore une fois ce qu'elle fait de manière truculente. J'aime sa manière d'analyser son époque mais surtout les gens qui évoluent autour d'elle. D'ailleurs, Nuit et Jour m'a souvent fait penser à du Jane Austen dans cette manière de parler de son époque (Austen le fait aussi très bien, se moquant beaucoup des travers de son temps tout en en jouant).

Enfin, concluons donc par l'approche classique du roman. Ici, nous ne sommes pas encore dans le courant de pensée qui caractérisera les œuvres suivantes de l'autrice (la Chambre de Jacob étant le roman suivant et le dernier à suivre une approche presque conventionnelle). On le découvre un peu mais nous suivons une histoire faite de chapitres classique à l'avancée qui l'est tout autant. Ce n'en est pas moins un très bon roman qui je pense, reste accessible à beaucoup (la preuve, je sais très bien que je n'aurais jamais réussi à lire les Vagues ou Vers le Phare avec quatre jours de fièvre alors que j'ai réussi à le faire avec Nuit et Jour)(du moins que je les aurai bien moins apprécié et compris). N'ayant pas encore lu son tout premier roman, je dirais que celui-ci est très bien pour avoir une bonne approche de l'autrice. C'est donc, comme toujours, ravie d'avoir pu retrouver Virginia Woolf que j'ai lu ce long roman. Il me conforte (mais le fait-il vraiment ?) dans mon admiration pour l'autrice qu'elle était. 

PS : par contre, quel dommage que cette collection Folio s'obstine à mettre les notes en fin de livre et pas en bas de pages...

mardi 15 octobre 2019

Lame Exilée, Assassini, tome 3, Jon Courtenay Grimwood

J'ai une angine pas possible. Depuis une semaine, c'est la catastrophe à la maison niveau maladie. Après un beau virus pour moi, ma fille a eu une angine qu'elle a fini par me filer. Forcément, comme j'étais déjà affaiblie, ça a empiré. Le plus amusant ? (si on veut), ma mère a aussi une angine pour avoir gardé la demoiselle mardi... Bref, j'ai pas pu lire pendant trois jours à cause de la fièvre et autant dire que reprendre mon Virginia Woolf en court n'était pas possible. J'ai donc fini la saga Assassini.

Lame Exilée, Assassini, tome 3, Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2015
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 2: The exiled blade 
Année de parution en VO : 2013
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

L’hiver recouvre Venise de ténèbres, la glace fige les canaux et un millier de fantômes errent à la lisière des ombres. L’attentat brutal qui frappe le fils de dame Giulietta replonge Tycho dans les dangereuses intrigues de cour. Pour Giulietta, il traquerait les responsables jusqu’au bout du monde. Alors que Venise se trouve à deux doigts de la guerre civile, les querelles intestines se multiplient et la lutte pour le pouvoir s’intensifie. Quelles sont les forces à l’oeuvre dans ce jeu de dupes ?

Mon avis

Rappelez-vous, j'avais eu de grand doute à la fin de ma lecture du premier tome qui avait été presque totalement balayé par celle du second tome. Je découvrais alors une saga qui était bien meilleure que ce que je n'aurais pensé une fois que son auteur avait pris ses aises. Quand est-il donc de ce troisième tome ?

Venise s'apprête à affronter le pire hiver qu'elle connaisse. Les eaux de la lagune commence à geler, à tel point que l'on peut y marcher dessus. Le duc Alonzo s'apprête à partir de la ville, bannie par sa belle-soeur, la duchesse Alexa. Mais l'homme ne compte pas se laisser faire. Le jour de son départ, il épouse Maria di Dolphini, l'une des plus riches héritières de la ville, qui semble être enceinte de lui. Mais surtout, il va kidnapper le prince Leo, l'échangeant contre un autre gamin qu'il fait assassiner. Guiletta sombre, droguée par sa tante qui tente de trouver une solution. Tycho part pour le Montenegro à la recherche d'Alonzo et de Leo en compagnie d'Amelia. Pendant ce temps, à Venise, le prince Frederick va petit à petit redonner espoir à Guiletta avec l'aide d'un duc Marco pas si Niais que cela. Dans l'ombre, Alexa continue de tirer les ficelles, espérant réussir à offrir un avenir à son fils et à sa nièce, quoiqu'il arrive.

Si le second tome m'avait plu pour les nombreux complots qu'ils s'y tramaient, ce troisième tome parait presque plus simple. Nous avons bien du complot, après tout, nous sommes toujours à Venise (ou presque, disons que nous restons en territoire vénitiens). Mais bien qu'important par rapport au déroulement de ce troisième tome, il est passe presque au second plan, que se soit côté Alonzo (qui kidnappe Leo pour le faire passer pour l'enfant qu'il aurait eu avec Maria) ou côté Alexa (plus compliqué celui-ci et spoilant un peu trop pour le sortir noir sur blanc ici), ils sont finalement bien terne par rapport à ce que nous avons déjà pu voir. Disons surtout qu'ils sont cousus de fils blanc ce qui est étonnant vu les précédents tomes. Est-ce si important ? Et bien, pour le coup, cela m'a un peu fait penser au premier tome et à ses ficelles un peu trop brouillonnes. Heureusement pour moi, il n'y a pas que ça.

Une fois encore, les personnages prennent une grande place dans le roman. C'était quelque chose que j'avais apprécié dans le second tome et que j'apprécie toujours autant. Bien que la série devrait s'intéresser à Tycho (je dis ça par rapport au nom de la série), j'ai eu l'impression que ce dernier tome était celui de Guiletta. Tout  ce qu'il va se passer dans ce tome va se passer pour et par elle. A tel point qu'elle va carrément éclipser ce cher Tycho pendant une bonne partie du roman. Ça n'aurait pas été pour me déplaire d'ailleurs si elle ne passait pas une bonne partie de son temps à se morfondre pour tel ou telle raison, celle revenant plus souvent étant son choix entre Tycho et le prince Frederick. Un Frederick que j'ai bien aimé découvrir mais qui reste tout de même assez lisse par rapport aux autres personnages. Peut-être parce qu'il est le plus candide de tous (pour un loup-garou, ça reste quand même étrange). Et puis, il y a Marco. Le jeune duc se révèle enfin comme nous l'avons toujours pensé, c'est à dire bien plus sain d'esprit que ce qu'il en donne l'air.  On finira par Tycho, toujours égal à lui-même et un peu plus torturé qu'à l'habitude. Mais, comme je le disais, il est moins présent et finalement a réussi à me manquer la plupart du temps. Quant aux autres, comme Amelia, Alexa ou même Alonzo, ils restent presque anecdotique dans ce tome-ci (et je ne parle pas de Rosalyn qui offre l'entrée en scène la plus deux ex machina du bouquin pour ne finalement pas servir à grand chose).

Je rapproche par contre au roman une fin assez tirée par les cheveux à mon avis. Grimwood a semblé vouloir se servir de toutes les idées lui passant par la tête sans jamais y aller à fond ou jusqu'au bout. Une remarque déjà faite dans le tome un d'ailleurs. Mais là, durant les deux batailles de fin, c'est encore plus énorme. Alors, je comprends qu'il faille remplir des pages et mettre du suspens mais là, c'est un peu trop. Du coup, j'avoue avoir été un peu lassé par la plupart des rebondissements durant le dernier tiers du livre (mention spéciale pour Rosalyn donc). Sans parler que les deux derniers chapitres sont tellement mais tellement prévisibles. 

Du coup, je finis quand même avec un petit gout d'inachevé pour Tycho et surtout un sentiment assez mitigé pour cette saga. Pourquoi ne pas avoir continué dans la même veine que le second tome, tellement mieux que le premier et celui-ci ? Mais surtout, pourquoi en avoir fait autant autour de Guiletta et de la dernière bataille, au point de revenir à cet aspect si brouillon et fourre-tout qui m'avait tant déplu dans le premier tome ? Assassini aurait vraiment pu être une très bonne saga, alliant vampirisme, gothique, Venise, complot et amour, son auteur en fait malheureusement parfois (souvent) un peu trop. 

mardi 8 octobre 2019

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel

Je suis tombée un peu par hazard deux fois sur cette bande dessinée hier. La première fois, c'est sur l'instagram de Cécile Duquenne. La seconde, c'est à la librairie alors que j'allais récupèrer le tome des Légendaires pour Poupette. J'ai donc craqué, surtout qu'au feuilletage, ça avait l'air fort bien, et je l'ai lu tranquillement à la maison dans la soirée.

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel 

Editeur : Glenat 
Collection : log-in
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 80

A lire si : 
- Vous voulez du steampunk
- Vous voulez de beaux dessins
- Vous aimez les enquêtes

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça va un peu trop vite

Présentation de l'éditeur : 

« Une information doit être écrite et partagée ». Dans tout l'Ouvremonde, Darryl est une légende, le plus grand des journalystes du Veilleur. Ayant le pouvoir de traverser les réalités et de voyager dans le « monde gris », il est devenu célèbre pour les articles qui rendent compte de ses aventures. Mais Darryl n'est pas qu'un aventurier, il a aussi un devoir : informer. Et toutes ses certitudes sont sur le point d'être ébranlées le jour où il enquête sur la disparition d'un géant... La magie qui régule son monde serait utilisée à mauvais escient par un individu mystérieux et dont les intentions demeurent troubles. Le sujet du prochain article de Darryl est tout trouvé : découvrir qui se cache derrière tous ces mystères... Rémi Guérin et Krystel nous présentent un nouveau héros, aventurier reporter évoluant dans un monde empreint de magie. Une aventure merveilleuse portée par un héros charismatique en diable, quelque part entre À la Croisée des mondes et Harry Potter !

Mon avis

C'est ce matin, en cherchant la fiche de la bande dessinée sur Livraddict que je me suis rendue compte qu'elle faisait écho à un livre d'Olivier Peru (d'où l'apparition de son nom dans la BD, forcément). Je vous le dit de suite, je n'ai pas lu Darryl Ouvremonde sous sa forme de roman. Mais d'après ce que j'ai compris, il se passerait dix ans avant la BD et nous avons un infime aperçu de ce qu'il s'y passe dans le prologue de celle-ci (et ça donne très très envie de lire le roman, paru chez Michel Laffon). Mais passons à la bande dessinée elle-même.


Vous le savez, je craque rarement pour des bandes dessinées parce que j'ai toujours du mal à accrocher. Mais entre une couverture franchement belle, une promesse de steampunk et un avis plutôt bon de la part de Cécile Duquenne, ben j'ai craqué. Oui, parfois, il ne m'en faut pas beaucoup. 


Ce premier tome est là pour faire les présentations et il fait ça parfaitement. Il est toujours un peu compliqué de s'approprier l'univers d'un autre, je pense que Rémi Guérin et Krystel y sont arrivés avec ce premier tome. Nous entrons directement dans le vif du sujet, que se soit côté Kaelatt, la ville à l'ambiance Steampunk où évolue Darryl, ou à Salem, dans notre monde, où se trouve Julianne. Le lien entre les deux ? Les pouvoirs de Darryl, capable de passe d'un monde à l'autre mais aussi Dean, meilleur ami de Darryl et amoureux de Julianne. En suivant Darryl dans le début de son enquête sur la disparition d'un géant pour le Veilleur, on va découvrir petit à petit les mondes dans lequel il évolue mais aussi les relations entre les personnages. 

Des personnages auquel on s'attache déjà très vite d'ailleurs. Forcément, Darryl est celui que l'on suit le plus et étrangement, il semble aussi le plus mystérieux des trois. Journalyste (oui avec un y), il travaille pour que toutes informations soient transmises aux citoyens. Et dans ce domaine, grâce à son étrange pouvoir, il est sûrement le meilleur. Et autant dire qu'il profite de cette situation pour continuer à l'être. Pourtant, il cache sous cet aspect un peu crâneur de prime abord une certaine sensiblerie que l'on découvre lorsqu'il passe dans le monde gris. Un monde où il retrouve donc Julianne dont on ne sait pas grand chose pour le moment si ce n'est qu'elle semble mener une sorte de double jeu entre lui et Dean (ça sent le triangle amoureux d'ici peu). Quant à Dean, fantôme de son état, je dois dire que sa situation m'a émue (amoureux de Julianne sans vraiment savoir si c'est totalement réciproque, incapable de communiquer avec quiconque à part elle et Darryl au vu de sa condition de fantôme, éternellement bloqué dans la peau d'un adolescent... bref, la vie n'est pas rose pour lui) mais qu'il reste pourtant un peu en dessous des deux autres, sûrement parce que moins vue.

Si parfois la bande dessinée va un peu vite justement dans les relations entre personnages, je dois avouer que je me suis laissée prendre par l'histoire et ce que l'on commence à peine à découvrir. L'idée d'un "passeur de monde" n'est pas nouvelle mais j'aime beaucoup la manière dont elle est mise en oeuvre ici. J'apprécie surtout le changement d'ambiance entre les deux mondes, Kaelatt étant lumineux et Salem plus sombre, plus gris, allant parfaitement avec son appellation de monde gris d'ailleurs. L'ambiance est d'ailleurs particulièrement importante, d'un côté comme de l'autre. Et c'est là qu'entre en scène le talent de la dessinatrice, Krystel.

La bande dessinée est belle à voir. Mes deux photos ne lui rendent pas justice du tout (il fait sombre chez moi le matin) mais les dessins sont juste sublimes (et vous savez à quel point c'est important pour moi), que se soit au niveau des personnages, particulièrement expressifs ou pour les décors, particulièrement chargé et magnifique (sur la première photo par exemple, on peut voir une des illustrations sur laquelle j'ai passé un temps fou à chercher les références)(et il y en a beaucoup). Je ne connaissais pas du tout Krystel (bien que j'ai une autre BD d'elle dans ma wishlist depuis quelques années, à savoir ASH). Je pourrais vraiment passer des heures à regarder toutes les casses des 80 pages de cette bande dessinée. J'aime tout, que se soit le trait, les couleurs ou l'ambiance teinté de steampunk mais pas trop (ne vous attendez pas à des roues crantées partout ou de la vapeur, hein, c'est subtil et ça fait du bien).

Au final, je suis vraiment très contente d'avoir craqué pour ce premier tome et je sens que je vais avoir beaucoup de mal à patienter pour un tome deux (je rappelle que celui-ci vient juste de sortir hein). J'ai adoré son ambiance et la découverte de l'univers. J'espère que la suite serait tout aussi bonne. Et puis, je vais peut-être craqué pour le roman dans pas longtemps, pour avoir le début de l'histoire.


lundi 30 septembre 2019

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Bon, étant donc malade ce weekend, j'ai lu. D'où deux livres chroniqués le même jour (c'est couillon, mais à part quand je rentre de vacances, j'aime pas faire ça). En même temps, ce second tome d'Eden, tout comme le premier, se lit tellement facilement qu'on ne voit pas le temps passé avec lui. 

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

Pour Eden, c’est l’exil… Après sa trahison lors de l’attaque du GUN, Eden est bannie : de la bonne société de Gemma, mais aussi de la communauté de rebelles qu’elle avait infiltrée. Elle est obligée de fuir dans la partie à l’extrême nord de la planète, plongée dans l’ombre et la neige, sur laquelle règnent des animaux aussi étranges que dangereux… Heureusement, Eden n’est pas seule dans cette épreuve, mais accompagnée de son entraîneur Henri, et de Rudy, ancienne Alpha elle aussi. Sur ces terres inhospitalières ils n’ont pas que les bêtes sauvages à craindre – car tapis dans la neige les guettent les fameux Fantômes, pourchassés par le GUN jusqu’aux confins du monde connu. Comment ces rebelles d’une autre trempe vont-ils traiter trois de leurs anciens ennemis ? Eden reverra-t-elle un jour Drago, le chef rebelle qu’elle a trahi ? Saura-t-il alors lui pardonner ? L’ex-alpha parviendra-telle à accepter les sentiments interdits qu’il a éveillés en elle ?

Mon avis

Le fait que la série est changé d'éditeur (passant de Bragelonne à Milady) et de collection (Emma étant à Milady ce que Snark est à Bragelonne) donne une idée de l'évolution de la série. Je ne sais d'ailleurs pas vraiment quand le changement a eu lieu précisément (surement à la création d'Emma en fait) mais il est vrai que Eden semble avoir plus sa place dans ce catalogue-là. Nous quittons la SF dystopique du premier tome pour de la SF dystopique avec beaucoup de romance dans le second. Personnellement, ça ne me gêne pas, vu que je l'ai vu arrivé gros comme une maison. Mais un peu de romance n'a jamais fait de mal à personne, pas même à moi. Bref, passons au roman.

Eden a trahi. Elle part en exil vers les terres du nord, espérant réussir à échapper et au GUN et aux rebelles. Elle y est traînée par Henri, son entraîneur et rejointe par Rudy, elle aussi hors la loi. Complètement déboussolée par ce qu'elle a fait et découvert, Eden sombre petit à petit dans la dépression. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant lorsque les rebelles cachés dans la partie inhabitée de Gemma vont leur mettre la main dessus. Voilà la jeune obligée de cohabiter avec celui qu'elle a trahi et de refaire ses preuves face à au nouveau groupe de rebelle.

Bon, commençons par les choses qui fâchent, au moins, ça sera fait. Je ne sais plus où j'ai lu un truc qui disaient qu'on se fiche des moyens, pourvu que la romance fonctionne. On peut caler une guerre, des complots, n'importe quoi, les lecteurs n'auront cure de la véracité des choses tant que la romance fonctionne. Ben, c'est un peu ce qu'il se passe ici. Rien ne m'a semblé cohérent avec le statut d'Eden, Henri et Rudy suite au premier tome. Je rappelle quand même qu'ils ont trahi et le GUN et les rebelles. A quel moment les dits rebelles pensent réellement leur faire confiance pour une nouvelle attaque ? Parce que oui, après un petit interrogatoire avec sérum de vérité (solution de facilité donc), les trois deviennent membres importants de la résistance. Heureusement, Drago est peut-être bien le seul à ne pas leur faire confiance. Et encore, c'est surtout parce que son ego a été bien endommagé par Eden. J'aurais tellement préféré des moments un peu plus compliqué à ce niveau-là. Mais bon, c'est le jeu, et finalement, le contexte n'est qu'un contexte pour faire avancer l'histoire entre Eden et Drago.

Parce que oui, l’élément central est bien là. On va se concentrer sur Eden et Drago. Et je dois avouer que je me suis bien laissée prendre au jeu. Si on manque de cohérence dans l'histoire, leur petite histoire fonctionne pas mal. Déjà parce que Eden est quand même bien malmené. Sa dépression n'est pas totalement feinte, ses questions de plus en plus nombreuses et son envie de s'en sortir plutôt présente. Mais elle doute beaucoup, sur tout. Dont sur ce qu'elle peut ressentir pour le Norvégien, ce qui donne des passages assez sympathique. Quant à lui, on se rend compte qu'il n'est pas mieux. Il tente de la détestait sans y arriver et en plus de ça, on lui refile une mission pas super géniale. J'ai adoré les voir se tourner autour en sachant très bien comment ça allait finir. Et effectivement, vu que la romance fonctionne, on se fiche un peu de l'invraisemblance de l'histoire (n'empêche que c'est trop facile).

Enfin les personnages secondaires ne sont pas totalement en reste. Pas totalement parce qu'on oublie un peu la présence de Rudy ou Samuel par exemple (moi qui apprécie beaucoup Samuel), ce que je trouve dommage. Par contre, on découvre un petit nouveau, Emeric, chef des Fantômes du Nord. Un personnage assez imbu de lui-même mais plutôt sympa à suivre. Et puis, il y a Henry qu'on apprend enfin à connaitre et dont la relation avec Eden aurait mérité d'être un peu plus approfondi (peut-être dans le tome 3). Par contre, côté "méchant", on va quand même avouer que Fénicia est transparente, tout comme Lady Bonnaire, ce qui est assez dommage. 

Au final, j'ai bien aimé découvrir la suite de cette trilogie. Ce second tome est plutôt sympa à lire et surtout sans grosse prise de tête (parfait quand on est malade quoi). Il est juste un peu dommage qu'on passe d'une romance pas trop marquée à une vraie romance éclipsant tout le reste. Mais c'est le jeu, et franchement, il fallait s'y attendre avec le tome 1. A voir maintenant si le tome 3 sera un mix des deux ou va tourner réellement à la romance.

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Les contes de Terremer sont un peu à part dans le cycle. Le livre est en fait un recueil de nouvelles sur l'univers. Il permet un nouvel éclairage sur l'univers en lui-même. J'ai profité d'être bien malade (oui, enfin, si on peut dire que je profite de ça hein...) pour le finir rapidement (en gros, j'ai pas mis un mois pour le lire quoi)

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément entre 1997 et 2001 pour les nouvelles
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Comme toujours avec un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune des nouvelles, surtout qu'ici, elles permettent l'exploration de plusieurs thèmes bien différents dans l'univers de Terremer.

Le trouvier
Le trouvier est la première nouvelle par ordre chronologique de l'univers. C'est d'ailleurs plus une petite novella (ou longue nouvelle) qu'une nouvelle. On y découvre les début de l'école de Roke mais surtout l'histoire de celui qui aida à la fonder et qui en devient l'un des gardiens.
L'histoire est donc celle de Loutre, jeune sorcier, de son esclavage dans les mines d'Havnor à la découverte de l'île de Roke jusqu'à ce qu'il devienne un vieil homme. Il est intéressant de voir qu'à ce moment-là, la magie n'est pas une histoire d'homme mais que les femmes y ont aussi accès. Elles ont d'ailleurs des rôles importants, que se soit dans la nouvelle ou à la nouvelle école de Roke.
C'est une nouvelle agréable à lire qui nous en apprend un peu plus sur la magie de Terremer mais aussi sur le passé de l'univers. Forcément, j'adhère complètement à ce comte. Seul problème ? J'aimerai bien savoir ce qu'il a pu se passé entre le Trouvier et le début du Sorcier de Terremer pour que les femmes ne soient plus présente à Roke.

Rosenoire et Diamant
Cette nouvelle-ci m'a réellement fait l'effet d'un conte de part sa construction. On y découvre l'histoire de Diamant, un garçon vivant dans une famille riche de Wey. Depuis son enfance, son père le destine à de grandes choses, reprendre le domaine et pourquoi pas plus, lorsqu'il se rend compte qu'il pourrait être magicien. Mais Diamant, lui, n'a d'yeux que pour Rose. Alors, lorsque son maître veut l'envoyer à Roke, à l'âge de seize ans, Diamant s'enfuit pour retrouver sa belle. Sauf que la demoiselle n'a pas attendu, elle. Diamant va alors renoncer à la musique et à la sorcellerie pour reprendre le domaine de son père. Quelques années plus tard, il va avoir l'occasion de revoir Rosenoire. C'est un conte tout mignon qui nous apprend que le destin n'est pas tout tracé, que ce n'est pas parce qu'on a le pouvoir, ou la richesse, que l'on doit forcément vivre avec. Il faut savoir suivre ce que son coeur dit (oui, ça a l'air mièvre comme ça)

Les os de la terre
Vous vous êtes toujours demandé comment Ogion est devenu le grand mage qu'il est lorsqu'il prend sous son aile Epervier ? Et bien, lisez donc cette nouvelle. Elle explique ce qu'il s'est passé lors du fameux grand tremblement de terre qui faillit détruire Gont. Or, on découvre surtout que c'est Dulse, le maître du sorcier qui y est pour beaucoup. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Dulse, qui ressemble fortement à celui de son élève comme on le découvre dans le Sorcier de Terremer

Dans les Grands Marais
Cette fois, c'est Irioth que nous suivons. Irioth est un mage qui ne sait plus trop qui il est. Il arrive aux Grands Marais un peu par hasard et c'est aussi par hasard qu'il va loger chez Présent et devenir soigneur pour les éleveurs. Mais lors d'une altercation avec un enchanteur sans scrupule, Irioth va montrer des pouvoirs extrêmement dangereux. Présent refuse pourtant de le chasser, comme le veulent les villageois. Quelques temps plus tard, arrive Epervier, qui va raconter l'histoire d'Irioth et le délivrer de ce qu'il était jusqu'à présent. Ce n'est pas ma nouvelle préférée du recueil mais j'ai aimé son message, celui que le pardon peut se trouver partout, et que l'on peut toujours changer.

Libellule
Libellule est la dernier nouvelle de ce recueil. Elle se déroule peu après les événements de l'ultime Rivage et de Tehanu. D'ailleurs, il vaut mieux lire les deux précédents pour la comprendre (ce qui n'est pas le cas des autres nouvelles). Libellule raconte l'histoire d'une jeune femme du même nom. La jeune femme, aidé par Ivoire, un magicien ancien élève de Roke, va se rendre à l'école des Sorciers pour découvrir qui elle est. Bien que femme, elle est prise en charge par Azver, l'un des neufs Maîtres. Mais sa présence divise et Thorion, le Maître Appeleur, mort à la fin de l'Ultime Rivage, la voit d'un très mauvais yeux. Sans trop raconté la fin (ça serait dommage), j'ai trouvé Libellule très proche de Tehanu. Le personnage est aussi étrange que celui de la fille de Tenar et sa destinée semble l'être tout autant. 


J'ai beaucoup apprécié le recueil. Il est appréciable de découvrir d'autres aspects de Terremer, dont une prequelle des plus intéressantes (même si j'aurais voulu peut-être un peu plus, comme savoir pourquoi et comment les femmes furent exclus de l'école de Roke). Je suis forcément fan de ces petits bouts d'histoire qui donnent une autre profondeur à tout Terremer, rendant l'univers encore plus vivants à mes yeux. C'est un recueil fort agréable à lire mais qui doit l'être impérative entre lu après Tehanu (à cause de Libellule surtout). Il montre encore et toujours, le talent de conteuse d'Ursula K. Le Guin.