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mardi 25 mai 2021

Je m'habillerai de nuit, Terry Pratchett

 La dernière fois que j'ai lu un tome de Tiphaine Patraque, c'était l'Hiverrier en mars 2015. Je crois que j'ai fait un blocage à ce moment-là, parce que j'adore Tiphaine et les Feegle. Il était temps de le dépasser.

Je m'habillerai de nuit, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2020
Titre en VO : I shall wear midight
Année de parution en VO : 2010
Nombre de pages : 453

A lire si :
- Vous aimez les histoires de Tiphaine Patraque
- Vous aimez les sorcières et les crossover

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les Feegle (même si on ne les voit pas assez à mon gout)
- Vous voulez continuez à voir Tiphaine évoluer dans les contes de fées.

Présentation de l'éditeur : 

Rude existence que celle d’une sorcière de seize ans dans le Causse. Outre le quotidien d’une infirmière doublée d’une assistante sociale, il faut aussi gérer les crises qui fermentent et la mort prochaine du vieux baron.
Guère de magie là-dedans, guère de sommeil non plus.
Alors, si quelque part une pelote inextricable de malveillance et de frustration s’est réveillée pour inciter à la haine des sorcières et à leur destruction, voilà Tiphaine Patraque soudain démunie…
«J’ai la trouye pou la ch’tite michante sorcieure jaeyante.»
Il reste les Nac Mac Feegle, me direz-vous, toujours prêts à la bataille. Mais si eux-mêmes se mettent à douter...

Challenge Mois de la fantasy

J'ai choisi Je m'habillerai de Nuit pour la catégorie "A la rencontre des autres" qui demande donc des êtres du petit peuple. Forcément avec les Feegle, je tape plutôt juste.
Il peut aussi faire partie des catégories suivantes : 
- Nous avons appris : Tiphaine bien que sorcière officielle apprend toujours de ses ainées.
- Nous vécumes de longues aventures : le Disque-Monde, c'est quand même une quarantaine de bouquins tout regroupé.
-Nous avons rencontré des gens exceptionnels : Les sorcières
- Pour y trouver un apprenti : les romans du Disque-Monde sont considéré comme du jeunesse, même si je trouve celui-ci plus adulte que les autres

Mon avis

Tiphaine a grandit. Elle est revenu de Lancre pour prendre sa place en tant que sorcière du Causse. Elle y fait tout ce que les autres ne veulent pas faire, son travail et puis le reste, qui finalement fait aussi parti de celui-ci. Mais dans le Causse, comme ailleurs sur le Disque-Monde, quelque chose ne va pas. Les Sorcières ne sont plus appréciées et petit à petit, la haine semble monter contre elles. Mais s'il n'y avait que ça, alors que Tiphaine galère à trouver sa place dans le monde du haut de ses seize ans, une étrange entité sans yeux la pourchasse. 

J'ai trouvé ce tome plus adulte que les précédents. Encore une fois, Tiphaine a grandit (elle avait neuf ans lors de sa première aventure, les Ch'tits hommes libres (que je n'ai pas chroniqué ici), elle en a à présent seize. Cela se ressent dans sa manière de voir le monde, de l'appréhender et d'agir dans celui-ci. Tiphaine quitte l'enfance et les contes de fées (qui ont émaillé les tomes précédents) pour l'âge adulte et la vie "réelle". Elle y découvre que l'homme est parfois plus terrifiant que la reine des fées ou l'Hiverrier. Ainsi dès le début du roman, on assite à quelques scènes pas franchement joyeuse pour la jeune femme (elle doit empêcher la chasse sauvage (qui n'est ici autre que la vengeance des villageois) de se défouler sur un homme ayant battue sa fille, puis le dépendre après qu'il est tenté de se suicider suite à son geste par exemple)(ce sont des passages que j'ai trouvé très dur d'ailleurs, parce que si Tiphaine fait ce qu'il doit être fait, il n'en reste pas moins que l'homme est une belle pourriture et qu'à sa place, j'aurais peut-être pas été aussi clémente). Outre cela, elle doit aussi trouver sa place dans le monde. Or, Tiphaine est une sorcière, jeune qui plus est. Sa place n'est pas totalement définie à cause et de son âge et de ce qu'elle est. Cela se voit beaucoup lorsqu'elle parle avec le sergent Brian par exemple, qui l'a connu enfant et qui a du mal à voir en elle La Sorcière du Causse (surtout que dans le Causse, les sorcières, ben y en avait pas vraiment avant elle). Tout cela fait de Je m'habillerai de nuit (dont l'explication du titre est je trouve fort poétique au final) un tome un peu à part par rapport aux trois premiers et propulse Tiphaine définitivement pour moi dans le cycle des Sorcières.

D'ailleurs, en parlant des Sorcières, j'ai été ravie de les revoir (je rappelle que j'ai fini le cycle il y a un petit moment déjà (le dernier étant Carpe Jugulum, que bien sûr je n'ai pas chroniqué ici). Mais surtout, j'ai apprécié retrouver Eskarina, qui est l'héroïne du troisième tome des Annales, la Huitième fille (idemn que pour Carpe Jugulum) que je n'avais pas vu depuis, ben le dit troisième tome (que j'ai du lire il y a bien dix ans si ce n'est plus). J'ai quasiment sauté de joie en la retrouvant, surtout que, de part son histoire (la seule femme à la fois sorcière et mage), elle se rapproche beaucoup de Tiphaine. Mais elle n'est pas la seule à faire son apparition, puisque Tiphaine faisant un petit tour par Anck-Morckpock va rencontrer le Guet. J'aime beaucoup quand les divers "univers" de l'auteur se rencontre, ça donne toujours des situations des plus amusantes (il n'aurait manqué que les mages à ce tome, puisque la Mort, comme souvent avec les sorcières, est aussi au rendez-vous). C'est aussi pour ça que je trouve que les aventures de Tiphaine mériteraient vraiment d'être prise en compte dans les annales (et dans le cycle des sorcières).

Enfin, on retrouve dans ce roman ce qui fait l'essence des Tiphaine Patraque, que se soit par les thèmes (la transmission, trouver sa place, le deuil aussi etc...) ou les personnages. On retrouve avec bonheur les Feegle, même si je les ai trouvé moins présent que d'habitude, mais la Kelda, Roland, le vieux baron et les parents de Tiphaine. C'est un univers que l'on connait bien à présent et dans lequel je me sens comme chez moi. Alors oui, il est un peu moins "humoristique" que les autres tomes, il est plus adulte aussi, mais ça reste du Tiphaine Patraque. On y retrouve les Feegle et leur parler si particulier, on y retrouve les collines tant aimé de la jeune fille, on y retrouve cette atmosphère un peu conte de fée aussi. Et s'il n'est pas le meilleur tome du Disque-Monde, il est pour l'instant mon préféré de Tiphaine (il m'en manque plus qu'un à lire, le tout dernier, que se soit de la série ou de Pratchett, j'ai peur de le lire, je dois l'avouer). 

mercredi 24 mars 2021

Procrastination, Les annales du Disque-Monde, tome 27, Terry Pratchett

 Vous le savez, tous les ans, en mars, je lis un Prachett en hommage à l'auteur. Cette année, je m'y suis prise pile le jour de sa mort (et accessoirement de mon anniversaire...) et j'ai commencé Procrastination. Bon, j'ai pris mon temps pour le lire (c'était de circonstance) et je dois bien dire qu'il fait déjà parti de mes préférés.
 
Procrastination, Les annales du Disque-Monde, tome 27, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2010
Titre en VO : Thief of time
Année de parution en VO : 2001
Nombre de pages : 448

A lire si 
- Vous aimez le cycle de la Mort
-Vous voulez quelque chose de léger (mais pas tant que ça au final)

A ne pas lire si

Présentation de l'éditeur : 

Le temps est une ressource qu’il faut gérer, chacun le sait.
Sur le Disque-monde, c’est le boulot des moines de l’Histoire, qui l’emmagasinent, le prélèvent où on le gaspille (par exemple sous la mer : de combien de temps a besoin une morue ?) et le redistribuent à de gros consommateurs comme les villes où l’on en manque toujours.
Mais la fabrication de la première horloge du monde vraiment précise donne le départ d’une course contre... disons la montre pour Lou-tsé et son apprenti Lobsang. Parce qu’elle va arrêter le temps. Et ce ne sera que le début des ennuis.
Procrastination (voir dictionnaire) s’est assuré la participation de héros et de canailles, de yétis, d’artistes martiaux et de Ronnie, le cinquième cavalier de l’Apocalypse (qui a quitté le groupe avant qu’il devienne célèbre).

Mon avis

La dernière fois que j'ai (re)lu une Annale avec la Mort, c'était en 2018 et c'était le Père Porcher, parfait roman pour la saison hivernale (et surement mon préféré même s'il n'est pas toujours parfait). La Mort et Suzanne me manquaient un peu. Et c'est avec une certaine émotion que j'ai entamé ce tout dernier tome du cycle de la Mort. Oui, le dernier. Après lui, la Mort n'a plus de roman qui lui soit consacrés (d'ailleurs, je me rends compte que j'ai aussi fini le cycle des sorcières il y a un moment de ça (en 2014 en fait, mais n'ayant pas fini le cycle de Tiphaine, ça m'a moins perturbé)). Mais revenons à notre tome.

Le boulot des Moines de l'Histoire est simple. Ils se doivent de gérer le temps afin que tout colle. Ainsi, ils peuvent emmagasiner, prélever voire même gaspiller du temps pour le bien de l'Histoire du Disque-Monde. Tout se déroule comme prévu jusqu'au jour où Dame Ligion apparait à Anck-Morpock, chez Jérémie, le meilleur horloger de la Guilde. Elle a une mission bien précise pour lui, construire une horloge de verre capable de donner l'heure précise. Or, cette horloge a déjà été créée une fois et a causé l'arrêt complet du temps. Lout-tsé, l'un des moines de l'Histoire et son apprenti Lobsang partent donc pour la capitale afin d'arrêter l'horloge de verre. Dans le même temps, la Mort, sentant. l'apocalypse arriver, charge sa petite fille Suzanne de retrouver le fils du Temps afin d'empêcher la fin du monde, tandis que lui part chercher les autres cavaliers. 

Bien que faisant parti du cycle de la Mort, j'ai trouvé le personnage assez peu présent. Comme souvent depuis Accroc du Roc, c'est surtout Suzanne qui se trouve au centre de l'histoire. Pas pour autant qu'on en oublie notre squelette à la robe noire préférée. Notre ami part à la recherche des autres cavaliers de l'apocalypse pour mener la dernière (ou pas, surtout que ce n'est pas la première dans l'histoire du Disque-Monde) chevauchée. Or, aucun n'en a vraiment envie. Et pour cause, en prenant forme humaine, ils se sont humanisés. C'est quelque chose que l'on a l'habitude de voir avec la Mort, moins avec ses collègues. Et encore moins avec les Contrôleurs de la réalité. Car oui, qui dit Mort, dit généralement Contrôleurs de la réalité. Et j'avoue que si je les trouve régulièrement un brin ennuyeux, ici, ce ne fut pas le cas. Les voir prendre forme humaine et expérimenter ce que ça fait alors qu'ils sont toujours persuadés d'être un tout, c'est assez fun en fait. Autant dire que là, ils m'ont particulièrement bien fait rire. Mais surtout, je trouve la réflexion sur ce qui fait l'humain des plus intéressantes avec ces différentes entités que sont les cavaliers ou les Contrôleurs. Ca m'a fait un peu penser au thème que l'on trouvait dans les Petits Dieux (que bien sûr, je n'ai pas chroniqué ici encore)(un jour, j'arriverai à avoir toutes les Annales sur ce blog) ou même dans le Père Porcher avec la création des Dieux par les Mages. 

A côté de ça, nous avons donc Suzanne, Lobsang et les autres personnages qui tentent de sauver le Temps. Pratchett s'attaque alors à la réécriture de l'Histoire. Ce n'est pas aussi incisif que ce qu'il a l'habitude de faire. Disons que le thème se prête moins à la critique. Mais ce n'est pas grave. Pratchett s'en tire toujours merveilleusement bien. J'ai adoré ses explications sur la manipulation du temps par les moines de l'Histoire. Et surtout, ça m'a évoqué les voyages dans le temps de la science-fiction sans les gros écueils des paradoxes temporels d'une belle manière (en gros, dans Procrastination, il est dit que les gens ne se rendent pas compte que si, si, ça ça a déjà été vécu, ou du moins, ils font en sorte de ne pas s'en rendre compte).  En tout cas, ça fait de Procrastination un tome plutôt léger alors même qu'il est parfois moins amusant que d'autres tomes.

Enfin, moins amusant. Disons qu'il ne l'est pas comme les autres. Ici, le comique va reposer sur quelques situations (l'Abbé et ses problèmes de réincarnation, la régle numéro un...) mais surtout sur certaines alliances. Voir Suzanne, toujours aussi sarcastique et pragmatique (une vraie enseignante à l'ancienne) s'allie avec une Dame Ligion, Contrôleuse de la réalité complètement barrée suite à son transfert dans un corps humain, à quelque chose d'assez amusant (Dame Ligion et les autres Contrôleurs sont de toute manière très amusant dans ce tome). Et puis, on retrouve aussi quelques personnages déjà bien connus qui ajoutent leur petit grain de sel dans tout ça (Nounou, je t'aime, même si tu es un peu en dessous de ce que tu fais d'habitude).

Au final, j'ai beaucoup mais alors beaucoup aimé ce tome. Comme je le disais, il grimpe direct dans mes préférés des Annales. Le seul défaut que je lui trouve, c'est sa fin et encore, c'est parce qu'elle est pleine de promesse qu'on aura jamais (Franchement, Suzanne et Lobsang, j'aurais voulu lire ça).




lundi 1 février 2021

Strate-à-Gemmes, Terry Pratchett

 En grande fan de Pratchett, il fallait bien que je finisse par lire ses œuvres de jeunesse et surtout les rares livres SF qu'il a pu écrire avant de se lancer dans le Disque-Monde. C'est comme ça que je me suis retrouvée avec Strate-à-gemmes dans les mains la semaine dernière.

Strate-à-Gemmes, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : Science fiction
Année de parution : 2013 
Titre en VO : Strata
Année de parution en VO: 1981
nombre de pages : 215

A lire si :
- Vous voulez du planet opéra presque classique
- Vous aimez l'humour so british

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à un roman du Disque-Monde (ce n'en est pas un !)

Présentation de l'éditeur : 

Kin Arad apprend l'existence d'un monde plat et part à sa découverte accompagnée de deux extraterrestres, Marco et Silver. Là-bas ils découvrent une Terre comme on l'imaginait au Moyen Âge : plate (on tombe dans l'espace si on voyage trop près du bord), entourée d'une voûte où sont collées les étoiles, et peuplée de démons et de merveilles surnaturelles. Ce monde se révèle totalement artificiel et les machines qui le composent commencent à se détraquer.

Mon avis

Lorsque j'ai pris le livre en main, il y a une chose qui m'a énervé. Il est présenté comme faisant parti du Disque-Monde si on ne fait pas attention. En fait, Pocket table sur les Annales pour mieux vendre. C'est assez énervant surtout que Strate-à-gemmes mais en scène un monde plat, comme le disque. Or, rien à voir avec le Disque-Monde.  Ici, nous sommes sur de la Science Fiction et vous ne trouverez ni la Mort, ni Vimaire, ni Rincevent et encore moins Mémé. Sur ce, nous pouvons y aller.

Kin Arad travaille pour la Compagnie. Elle supervise la construction des nouvelles planètes où l'humanité va pouvoir venir s'installer. Pour ça, elle fait attention à ce que ses équipes ne soient pas prises d'élan de créativité. C'est qu'il ne faudrait pas que l'on retrouve dans les diverses strates des planètes des anachronismes comme un plombage dans la mâchoire d'un squelette de dinosaure par exemple. Mais si elle excelle dans son job, elle s'ennuie. Lorsqu'un homme, Jalo Jago vient lui proposer de découvrir un monde plat, elle hésite et puis finalement y va. Elle se retrouve donc à naviguer vers le disque en compagnie de Marco, un Kung, et Silver, une Shandie. Mais rien ne se passe comme prévu (on s'en serait douté). Jalo meurt en chemin et leur vaisseau s'écrase sur un monde entièrement plat  et plutôt moyen-âgeux où la voute céleste est une sorte de dome sur lequel sont collés les étoiles. Les trois extra-disque vont tout faire pour se sortir de là et repartir vers des mondes plus sphériques.

Dans ce roman, Pratchett part donc sur de la SF parodique (apparemment, il parodiait alors l'Anneau-Monde de Larry Niven, mais comme je ne l'ai pas lu, je pourrais pas totalement vous le certifier). On part sur un planet opéra, ou plutôt un disque opéra. Ce n'est pas un genre où l'on a l'habitude de le voir, Pratchett se faisant par la suite connaitre avec de la fantasy parodique, et plus particulièrement son superbe Disque-Monde. Et pourtant, autant le dire, il est bon en SF et encore plus en parodie, exercice oh combien difficile (mais ça, on le savait déjà grâce aux Annales).

Strate-à-gemmes a tout du bon planet opéra. Des personnages technologiquement plus avancés se retrouvent sur une planète (ici un disque) inconnue qu'ils vont devoir explorer afin d'en comprendre les tenants et aboutissement mais aussi pour réussir à s'enfuir. C'est un schéma assez classique et qui fonctionne sans trop de problème. L'histoire se déroule d'une traite, surtout que, comme à son habitude, Pratchett ne chapitre pas. Une habitude qui m'a d'ailleurs un peu plus dérangé que d'habitude, surtout que le texte est ultra dense dut à la mise en page du livre (je pense fortement que la dite mise en page n'a pas été modifié une seule fois depuis 1997, date de la première sortie du roman en VF). J'ai adoré la partie exploration, qui reste la plus importante, et la plus amusante aussi. Imaginer donc tomber sur un monde qui en est au début du moyen-âge sur une bonne partie de ses terres habitables. Ca donne des moments plutôt amusants, servis par l'humour de l'auteur que j'aime tant.

Pourtant, j'ai eu du mal à lire les 215 pages du livre. Déjà, j'ai eu un peu de mal avec les personnages. Je les ai trouvé assez superficiel en fait. J'avais déjà eu le problème sur les premiers tomes des Annales, je pense que c'était un défaut de l'auteur à l'époque (heureusement ça s'est amélioré). Le fait que la mise en page soit bancale n'a pas aidé (la taille des caractères changent parfois d'une ligne à l'autre pour revenir à une taille normale, c'est écrit petit et ultra serré... On y ajoute le chapitrage inexistant et ça peut en rebuter plus d'un). Ensuite, je crois que comprendre dès le départ ce que sera la fin du roman a été une sorte de frein. Je n'ai pas eu le "wahou" attendu à la fin. Enfin, que je ne connaisse pas les "modèles" de Pratchett pour ce roman a surement dut faire que j'ai manqué deux trois petites choses.

Cela n'en reste pas moins un bon bouquin de SF. Il a prit de l'âge mais se laisse parfaitement lire. Ca ne sera pas mon Pratchett préféré mais je suis ravie d'avoir pu lire celui qui aura peut-être donné l'idée de Disque-Monde à l'auteur (d'ailleurs, on retrouve en page 67 l'idée même du Disque et de la Grande A'Tuin). 

mercredi 27 mai 2020

Le Régiment Monstrueux, les Annales du Disque-Monde, tome 29

Que serait un challenge fantasy sans le maître de la fantasy anglaise ? Il me fallait bien mettre au moins un livre de Terry Pratchett dans ma PAL pour le mois de la fantasy (j'aurais pu en mettre autant qu'il y a de catégorie en fait, ça aurait été cool aussi)(mais je n'y pense que maintenant, c'est dommage). Aujourd'hui, on part donc en Borogravie à la suite d'un régiment un peu particulier.

Le Régiment Monstrueux, les Annales du Disque-Monde, tome 29

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Monstrous Regiment
Année de parution en VO : 2003
Nombre de pages : 511

A lire si :

- Vous aimez l'humour anglais
- Vous avez envie d'avoir des héros qui ne se laissent pas marcher sur les pieds

A ne pas lire si :

- Vous êtes un gros macho ou vous êtes resté coincé des siècles en arrière.


Présentation de l'éditeur : 

Le frère de Margot Barrette est parti au front et ne donne plus aucune nouvelles. Qu'à cela ne tienne, la jeune femme se déguise en homme et s'engage dans l'armée. Ce qui brave tous les interdits de son pays, la Borogravie, où les femmes n'ont même pas le droit de porter des pantalons... Voilà Margot plongée en pleine guerre, entourée par de nouvelles recrues tout aussi inexpérimentées qu'elle - dont un vampire, un troll et Igor - sous la houlette d'un caporal sadique. Ce monstrueux régiment saura-t-il vaincre l'ennemi ?

Challenge mois de la fantasy

Le régiment monstrueux entre dans les catégories suivantes : 
- La fureur de Smaug, avec le troll et le vampire
- Dame Arwen puisque Margot est l'héroïne de cette aventure, et qu'elle n'est pas la seule.
- Tolkien, roi de la fantasy, Pratchett et n'importe laquelle de ses annales sont des incontournables
- Du Hobbit au SdA, les Annales, c'est pas moins de 35 tomes quand même (et il ne m'en manque plus que huit)
- Oh Gandalf, ça doit bien faire deux ans qu'il est dans ma PAL lui (comme j'essaie de lire les annales dans l'ordre de parution, les dernières restent souvent longtemps dans ma PAL)

Mon avis

Comme je le disais, j'ai ce Régiment Monstrueux depuis bien longtemps dans ma PAL. Je comptais pouvoir trouver et lire Procrastination et Ronde de Nuit avant de le lire (les deux ne sont pas encore sur mes étagères donc, mais comme j'ai lu La Vérité il n'y a pas si longtemps que ça (un an quoi), ça me paraissait normal). Enfin, vous me direz, ce n'est pas bien grave, le Régiment Monstrueux ne fait pas partie de l'une des "sous-séries" des Annales (malgré la présence de Vimaire et de quelques agents du guet)(une présence presque anecdotique en fait). Bref, il s'intégrait trop bien dans le mois de la fantasy pour ne pas le lire (et puis Pratchett me manquait). 

Margot Barrette a tout prévu. Elle a observé, s'est entrainée, a coupé ses cheveux puis enfilé les vêtements de son frère. Elle est prête à affronter le monde sous les traits d'Olivier Barrette et à retrouver Paul, son frère ainé. Sans lui, elle ne pourra jamais reprendre la succession de son père et perdra la Duchesse, l'auberge familiale. Alors, elle se lance dans la plus grande aventure de sa jeune vie. Elle devient un homme, s'enrôle dans l'armée et part à la recherche de Paul. Tout cela contre l'avis de Nuggan, le dieu de la Borogravie, qui a ordonné que les femmes vêtues en pantalon ne sont que des abominations (comme les puzzles, les cailloux et bien d'autre chose d'ailleurs). Elle ne se doute pas une seconde qu'elle n'est pas la seule dans ce cas et qu'elle et ses compagnons vont changer le court de la guerre.

Il va être compliqué de parler du Régiment sans spoiler. En même temps, si comme moi, vous avez l'édition de chez Pocket, la couverture le fait pour moi. Donc, bon, allons-y. Cette fois, Pratchett s'attaque à pas mal de chose. La place des femmes dans la société, la guerre, la propagande sont les thèmes principaux de ce tome. Comme toujours, il fait ça avec son humour si particulier mais de manière fort intelligente. Si la quatrième de couverture m'avait laissé de marbre face à ce que j'allais lire, les quelques premières pages m'ont vite fait comprendre que j'avais une pépite sous les mains (bon ça arrive souvent avec Pratchett). 

Pour faire passer son message, il utilise le bon vieux trope de la femme déguisée en homme parce qu'il lui est interdit de faire telle ou telle chose en tant que femme. Et, il l'exagère le plus possible. Ainsi, si le lecteur pense au départ que seule Margot se déguise, il va rapidement se rendre que ce n'est pas le cas. Quasiment toutes les recrues de son escouade sont des femmes. Et elles ne comptent pas faire figuration. Dès le départ, elles mettent en déroute l'ennemi et continuent sur leur lancée. Aidées par le sergent Jackrum, une légende vivante quelque peu étrange, et du lieutenant Blouse, jeune homme pas très doué avec une arme à la main, elles vont arriver jusqu'à la ligne de front et découvrir qu'on leur ment depuis le début. Car l'armée borograve ne gagne pas. C'est même plutôt l'inverse. Nuggan, leur dieu, les a abandonné, l'Alliance retient prisonniers le plus gros des troupes, dont l'état-majeur. Rien ne va plus. 

Le Régiment Monstrueux est donc une histoire de femmes. Des femmes qui se battent en ce qu'elles croient, qui veulent échapper à un destin qui n'est pas le leur, qui surpasse la place où on aimerait bien les mettre. Alors, oui, elles sont dans l'obligation de se déguiser en homme pour ça. Mais leur plus grande réussite ne se trouve pas dans ce qu'elles font lorsqu'elles portent le pantalon. Elles restent des femmes avant tout. Et surtout, elle se montre plus déterminées que les hommes dans bien des domaines. J'ai apprécié que Pratchett nous fournisse plusieurs profils de ses dames. On a Margot, personnage principal qui se rend compte que sa place n'est pas là où elle le pensait, Biroute et l'Asperge, qui sortent de maison de rééducation, tout comme Pignole qui, elle, entend la Duchesse dans sa tête (elle a un petit côté Jeanne d'Arc pour ça), Igorina qui veut prouver que les femmes font d'aussi bon Igor (chirurgien) que les hommes, Chouffe partit chercher le père de son futur enfant... Chacune a un rêve, une aspiration, qui est bloqué par les idées qu'à mis Nuggan dans la tête de ses fidèles. Dans leur pays ultra patriarcal (qui portant ne croit plus qu'en la Duchesse(mais ça donne un aperçu de l'une des révélations finalement)), elles doivent apprendre à se faire de la place. Une place égale à celle des hommes. Ça passe donc par l'armée, ce qui va permettre à l'auteur de mettre un petit coup au nationalisme et surtout à la propagande qui va avec. Et sur ce dernier point, il est plutôt fort, notre Pratchett d'ailleurs. C'est un aspect que j'ai assez apprécié, et que j'ai trouvé particulièrement moderne en fait. Encore plus avec l'arrivée de Guillaume des Mots (que l'on a découvert avec la Vérité) et de sa presse. Forcément, à une époque où les médias sont capables de faire la pluie et le beau temps, il fallait bien mettre ce cher des Mots de la partie (et ça fonctionne tellement bien).

Ce livre est quand même ultra compliqué à chronique sans tout divulgacher (et j'en ai finalement beaucoup dit, je trouve). Il est assez complexe tout en restant une parfaite satyre humoristique comme savait si bien le faire Pratchett (vous ne savez pas à quel point cet homme, que je n'ai jamais connu personnellement, me manque). Du coup, je vais m'arrêter là. Et pour vous donner envie de le lire, je vais faire un truc que je ne pense jamais à faire ici, c'est posté deux extraits (je le fais plus souvent dans les stories de mon compte instagram, si ça vous intéresse) :

"Oublies qui tu étais Margot. Pense que tu es un jeune homme, voilà l'important. Pète bruyamment avec la satisfaction d'avoir fait du bon travail, déplace-toi comme une marionnette dont on aurait coupé deux fils au hasard, ne serre jamais personne dans tes bras et, si tu croises un copain, flanque-lui un coup de poing. Quelques années à servir au bar lui avaient donnée matière à observer. Aucun souci pour se retenir de balancer les hanches, au moins. Là non plus, la nature n'avait pas été généreuse.
 Et puis, il fallait maitriser la démarche du jeune mâle. Au moins, les filles ne balançaient que les hanches. Les gars, eux, balançaient tout ce qu'ils avaient en dessous des épaules. Tu dois t'arranger pour occuper beaucoup d'espace, se dit-elle. Ca te donne l'air important, comme un matou qui s'ébouriffe la queue. Elle avait beaucoup vu ça à l'auberge. Les gars voulaient passer pour des gros bras en réaction de défense contre tous les autres costauds. Je suis mauvais, je suis féroce, je n'ai pas froid aux yeux, je voudrais un grand panaché et ma mère m'a demandé de rentrer à neuf heures..." 

"-D'être de mauvaises filles, dit Biroute. Qui serait dupe, mon commandant ? L'ennemi voulait se débarrasser tranquillement de nous, et le général veut la même chose. C'est ça l'ennui avec les gars gentils et les gars méchants. Ce sont tous des gars !
-Est-ce qu'on aurait eu des médailles si on avait été des hommes ? demanda Chouffe.
-Ouaip. Certainement. Et Blouse aurait reçu une promotion sur le champ, j'imagine. Mais nous sommes pour l'instant en guerre, et ce n'est peut-être pas le bon moment...
-... de remercier une bande de femmes abominables, suggéra Margot."


jeudi 14 mars 2019

La Vérité, Les Annales du Disque-Monde, tome 26, Terry Pratchett

Le 12 mars est toujours un jour très particulier pour moi. Déjà parce que je prends un an de plus à chaque fois. Ensuite, parce que depuis 4 ans, un grand monsieur de la fantasy nous a quitté. Du coup, le 12 mars est à la fois joyeux et triste pour moi. Cette année, j'ai décidé de rentre hommage à Sir Pratchett en lisant l'un de ses livres à cette époque.

La Vérité, Les Annales du Disque-Monde, tome 26, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2011
Titre en VO : The Truth
Année de parution en VO : 2000
Nombre de pages : 469

A lire si :
- Vous aimez les Annales du Disque-Monde
-Vous aimez And-Morpork et ses habitants
- Vous voulez une critique amusante du journalisme

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les Annales
- Vous n'aimez pas l'humour à l'anglaise.

Présentation de l'éditeur :

Quand un jeune homme de lettres, Guillaume des Mots, rencontre l’inventeur de l’imprimerie moderne, le nain Bonnemont, le premier journal d’Ankh-Morpork paraît : Le Disque-Monde. La presse d’investigation est née. Et si le Patricien est accusé de meurtre, si le Guet patine et si MM. Lépingle et Tulipe, médiateurs à gages d’une organisation occulte de comploteurs, sévissent dans la cité, le journaliste doit payer de sa personne. Entre un vampire iconographe à la fascination suicidaire pour le flash, la concurrence peu loyale d’une presse poubelle et la grogne du commissaire Vimaire, Guillaume part en quête de la vérité. Laquelle peut blesser et même tuer.

Mon avis

J'aime retrouver le Disque-Monde et ses occupants. C'est marrant, je crois que c'est la plus longue série que j'ai pu lire jusque là et dont je ne me lasse jamais. Surement parce que les tomes se suivent et ne se ressemblent pas. Dans la Vérité, nous allons découvrir un nouveau personnage, Guillaume des Mots, accompagné de quelques nains, d'un vampire. Nous allons aussi retrouver Vimaire (pas assez à mon goût)(dire que je n'aimais pas le guet après leur première aventure...), Vétérini et la cour des miracles. Avec tout ce beau monde, autant dire qu'il va y avoir de quoi faire. Surtout si on ajoute en plein milieu la première presse moderne et des médiateurs à gages. 

On ne s'ennuie jamais avec une Annale, on ne s'ennuie surement pas avec celle-ci. Guillaume des Mots, par un pur hasard, devient le premier journaliste d'investigation de la ville. Lui et la petite équipe qui va se composer autour de sa presse vont tout faire pour informer les citoyens d'Ankh-Morpork de ce qu'il se passe dans la ville. Au service de la vérité, le jeune homme va découvrir ce qu'il s'est réellement passé au palais du Patricien. Effectivement, il semblerait que Vétérini ait tenté de tuer son assistant puis se serait excuser de l'avoir fait avant de tenter de fuir. Une attitude trop étrange pour berner Guillaume ou Vimaire. 

Si l'enquête prend pas mal de place dans le roman, elle en est après ce qui va lier les divers personnages les uns les autres, je crois que ce que j'ai le plus apprécié, c'est vraiment la naissance de la presse écrite dans la magnifique cité d'Ankh-Morpork et tout ce qui va en découler. Une fois encore, Terry Pratchett n'y va pas par le dos de la cuillère pour se moquer des institutions et cela pour le plus grand plaisir des lecteurs. Ainsi, nous allons découvrir les légumes rigolos, les gens qui veulent à tout prix apparaitre dans le journal et la manière dont la concurrence compte bien récupérer toute la place. On retrouve l'humour d'un Pratchett en grande forme qui s'en donne à coeur joie.

Il en va de même avec les personnages. Pour la Vérité, l'auteur remet les nains sur le devant de la scène avec Bonnemont, inventeur de la presse moderne et son équipe. J'aime beaucoup les nains dans l'univers du Disque-Monde, à la fois si proche de la caricature et si éloigné. Il en va de même pour Otto, le vampire iconographe du journal le Disque-Monde. Oui, oui, un vampire qui utilise des flash... Le personnage est truculent, que se soit par son obstination à ne pas vouloir boire du mot en "s" ou par son accent de l'Uberwald. Je crois bien qu'il fait parti de mes petits chouchous. Tout comme Guillaume et Sacharissa, seuls humains du journal, tous les deux tellement obsédés par le boulot qu'il semble ne pas se rendre compte qu'ils se plaisent beaucoup mutuellement.

Enfin, il a bien sur toute l'histoire, aussi loufoque que peut l'être une Annale du Disque-Monde. Elle est bourrée de rebondissement plus insensé les uns que les autres et nous offre une nouvelle fois l'occasion de voir comment le guet résoud une affaire sans en avoir l'air. Elle permet aussi de découvrir tout plein de personnages fort sympathiques de la cité qu'on a pas toujours l'habitude de voir pour l'instant.

Au final, c'est encore une super lecture pour moi, mais en même temps, j'aime tellement le Disque-Monde qu'il ne peut en être autrement. Je regretterais tout de même une importance moindre du Guet dans ce roman mais j'ai adoré la critique des journaux qu'il nous offre. C'est d'ailleurs une critique un peu moins acerbe que certaines qu'à pu faire Pratchett pour moi. Bref, encore une très bonne Annale de mon côté.

vendredi 21 décembre 2018

Le Père Porcher, Les Annales du Disque-Monde,tome 20, Terry Pratchett

Depuis trois ans, la période des fêtes est pour moi l'occasion de lire et relire le génial Cirque des Rêves d'Erin Morgenstern. (oui, il a été lu l'année dernière, mais je n'ai pas fait une nouvelle review ici). Mais avant ça, elle était surtout l'occasion de lire et relire le Père Porcher de Sir Pratchett. D'ailleurs, je me suis rendue compte que je n'avais jamais fait la chronique de ce génial conte de Noël ici. 

Le Père Porcher, Les Annales du Disque-Monde,tome 20, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution ; 2006
Titre en VO : Hogfather
Année de parution en VO : 1996
Nombre de page : 396

A lire si : 
- Vous aimez les Annales du Disque Monde
- Vous aimez la période de Noel
- Vous aimez le personnage de la Mort et ceux qui gravitent autour

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra mignon

Présentation de l'éditeur : 

Il neige, la ville est décorée, les sapins sont en place, on attend les cadeaux. Il ne manque que le père Porcher et son costume rouge. Mais où est-il ? Kidnappé, en vacances, assassiné ? En attendant, il lui faut un remplaçant : un faux costume, une hotte, une fausse barbe et un, traîneau tiré par des cochons sauvages... c'est la Mort qui s'y colle ! Suzanne, sa petite-fille, est surtout préoccupée par les deux enfants dont elle s'occupe et veut retrouver à temps le père Porcher. Les petits voient déjà suffisamment de monstres dans leur propre maison. Mais la Guilde des Assassins a signé un contrat avec d'étranges créatures...

Mon avis

Le Père Porcher a été le second livre des Annales que j'ai lu. Le premier étant Le Faucheur. Les deux m'avaient été prêté par mon ami Vivien qui avait quasiment toutes les Annales sorties avant 2008. Il m'avait proposé ces deux-là connaissant mon amour pour tout ce qui est relatif justement à la mort et à ses personnification (chacun ses passions, n'est-il pas ?). Je crois que je ne l'ai jamais réellement remercier pour m'avoir fait découvrir tout l'univers de Pratchett. Bref, Vivien si un jour par le plus grand des hasards tu passes par là, saches que tu es coupable de l’agrandissement un peu trop exagéré de ma bibliothèque... et que Laurent n'est pas content du tout du coup. Mais passons au Père Porcher à présent.

Il aura donc fallu attendre vingt tome pour que Prachett décide enfin de s'en prendre à Noël. Il était temps, j'aurais eu tendance à dire à l'époque (maintenant, je suis ultra heureuse qu'il l'est fait). En vingt tome, il a parodié beaucoup de chose mais ça, pas encore. Et autant dire que le travail n'était pas simple. Il fallait parodier la période de Noël tout en y ajoutant ce petit plus qui fait qu'on se retrouve bien dans un Pratchett et dans une annale du Disque-Monde. Et pour cela, rien de mieux que l'un des persos préférés de l'auteur, à savoir la Mort. Un personnage qui bien qu'étant la représentation de la fin de la vie adore celle-ci et ferait tout ce qu'il peut pour qu'elle et surtout l'humanité soient toujours là. Du coup, lorsque les Contrôleurs s'en prennent au Père Porcher, il n'hésite pas à prendre sa place. Et comme dans le Faucheur (dont je parlais plus haut donc), il va falloir que quelqu'un prenne sa place à lui. Suzanne, sa petite fille, va reprendre du service pour comprendre ce qu'il est arrivé au Porcher.

Il y a beaucoup à dire sur le Père Porcher. Peut-être plus que sur tout autre livre du Disque-Monde (et pas seulement parce que c'est un de mes préférés). Pratchett y parle de beaucoup beaucoup de chose. Bien sur, on retrouve la parodie de Noël et surtout la critique de notre belle société de consommation. Effectivement, la Mort est un personnage parfait pour ça puisqu'il prend tout au pied de la lettre et que pour lui, si on demande quelque chose au Porcher, et bien, on doit l'avoir, point. Le passage dans le magasin est assez représentatif de ça avec les parents qui s’inquiètent des cadeaux que demandent leurs gamins et le directeur du magasin qui lui se désespère que rien ne soit payé. Mais, là où l'on pourrait penser que ça pouvait être une bonne partie de l'histoire, en fait, pas du tout. Et c'est ça que j'ai particulièrement aimé dès ma première lecture. Oui, Pratchett parle un peu de ce phénomène qui fait que Noël est pour beaucoup devenu commercial, mais ce n'est pas le tout. En réalité, Pratchett a bel et bien gardé l'esprit de la fête, et plus particulièrement les croyances des enfants. Ça me touche pas mal d'ailleurs cette année vu que ma fille est dans la période où elle ne sait plus s'il faut croire ou pas au père Noël (et que je raconte de plus en plus de bêtise pour qu'elle continue encore un peu à y croire). 

Les croyances sont le ciment de ce roman-là des Annales. Ce sont elles qui font vivre les dieux ou non. Une idée qu'il avait déjà mis en place dans une autre Annales (les Petits Dieux il me semble)(que je n'ai pas chroniqué ici, forcément). Ainsi, alors que les enfants ne croient plus au père Porcher, ce sont les adultes et plus particulièrement les mages qui créent de nouveaux dieux, comme l'oh bon dieu de la gueule de bois qui accompagnera Suzanne, ou la fée bonne humeur et quelques autres bien sympathique (le dieu de l'indigestion par exemple)(oui, ce sont les mages qui donnent naissance à ces nouveaux dieux, faut pas non plus aller chercher bien loin quant à leurs croyances à ceux-là). Et sans parler des dieux, il y a les autres croyances de l'enfance, celle des peurs les plus primales telles le croque-mitaine, le monstre sous le lit, la peur du noir et j'en passe.

Tout cela pourrait faire de ce Père Porcher un roman plutôt lourd à digérer. Mais c'est sans compter le talent de Pratchett pour la parodie et les personnages de ces romans. La mort est toujours égal à lui-même*, bien que dans ce tome, je le trouve plus réfléchi, je dois dire. Plus humain aussi, en fait, bien plus que dans les autres tomes. J'apprécie aussi pas mal Suzanne et ses envies de normalité qui disparaissent bien vite quand son grand-père fait un peu n'importe quoi. Déjà, rien qu'avec eux, on trouve une bonne dose d'humour qui ne me déplait vraiment pas. Et puis, il y a les Mages... Je vous ai déjà dit à quel point j'aime cette bande d'incapables ? Non ? Ben voilà, c'est fait. Rien de mieux que des mages en période de Porcher pour me mettre de bonne humeur. Ils sont terribles, mais vraiment. 

Au final, j'adore ce tome-là, surement l'un de mes préférés (même si je suis capable de dire ça pour tous les tomes du Disque Monde)(sauf les premiers avec Rincevent en fait)(et pourtant, j'adore Rincevent)(j'ai parlé de ça lors de ma lecture du Dernier Continent). C'est une parfaite lecture de Noël qui met de fort bonne humeur tout en faisant un peu réfléchir quand même (bon et maintenant, je pars à la recherche du téléfilm que je n'ai pas encore eu l'occasion de voir et que j'aimerai vraiment voir)

* Pour rappel, la Mort est un mâle nécessaire.

vendredi 1 juin 2018

Le Dernier Continent, les Annales du Disque-Monde, tome 22, Terry Pratchett

Je n'ai pas lu de Pratchett depuis un bon moment (deux ans quand même). Et autant vous dire que l'humour de Sir Terry me manquait terriblement surtout qu'en ce moment, dans la vie, c'est pas tant la joie que ça. Alors, rien de mieux qu'une aventure de Rincevent et des mages pour éclairer un peu mon morne quotidien.

Le Dernier Continent, les Annales du Disque-Monde, tome 22, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2011
Titre en VO :  The Last Continent
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 397

A lire si :
- Vous aimez le personnage de Rincevent et les mages
- Vous voulez du dépaysement
- Vous aimez l'humour à l'anglaise

A ne pas lire si :
- Vous voulez qu'il arrive plein de malheur à Rincevent.
- Vous n'aimez pas les je-sais-tout

Présentation de l'éditeur :

Rincevent a trouvé le moyen de se perdre au milieu d'un désert, sur le Dernier continent du Disque-Monde... Il fait chaud, pas une goutte de pluie à l'horizon et la nature est hostile. Et puis, que lui veut ce kangourou bizarre qui parle ? Rincevent, pro de la fuite en toute circonstance est bien coincé. Et il ne sait pas encore que l'Université de l'Invisible le recherche d'urgence car la panique y est à son comble : le bibliothécaire est atteint d'une maladie étrange et ne peut plus assurer la garde des ouvrages de magie...

Mon avis

Il me semble que c'est le second tome que je critique ici avec pour héros (si on peut appeler ça un héros, nous sommes d'accord), Rincevent (le premier étant donc Tribulation d'un mage en Aurient). Rincevent, du moins les annales où il apparaît, ont toujours pour moi un petit gout d'appréhension. Disons que j'adore Rincevent en lui-même et que généralement, je n'aime pas ses aventures. C'est assez paradoxal, surtout que généralement dans les annales, lorsque je n'aime pas un personnage, je n'aime pas non plus ses aventures. Enfin bref, je commence déjà à m'égarer. Revenons à Rincevent.

Bon, ça fait un petit moment que j'ai lu les Tribulations, du coup, je ne me souviens plus trop de comment Rincevent est arrivé sur le dernier continent, XXXX (aussi nommé Quatrixs (mais pas ici, dans l'Atlas du Disque-monde, j'ai nommé Tout le Disque-Monde, dont il faudra que je vous parle un de ces jours quand je l'aurais fini) ou encore Iksiksiksiks). N'empêche que ça fait un moment qu'il y est et que rien ne va pour lui, comme d'habitude. Il passe son temps à fuir et à essayer de ne pas mourir, deux choses qu'il fait particulièrement bien (surement les seules d'ailleurs). Durant l'une des ses fuites, il va rencontrer un kangourou qui parle et qui lui annonce qu'il est une espèce de sauveur capable de faire tomber la pluie et donc de remettre de l'eau dans ce continent. Pendant ce temps, à l'Université de l'Invisble, les mages cherchent comment soigner le bibliothécaire avant que la Mort ne vienne le chercher et donc que l'un d'eux se voit dans l'obligation de prendre sa place parmi les livres. Pour eux, une seule solution, retrouvé Rincevent, capable de leur donner le vrai nom du Bibliothécaire. Après quelques péripéties, les voilà bloqués sur une petite île (Madame Panari ayant sans le faire exprès fermé la fenêtre permettant le passage entre l'UI et l'île) des milliards d'années avant leur naissance. Et là, ils vont avoir quelques ennuis. Le premier, la plupart d'entre eux semblent un peu trop attiré par une madame Panaris qui ne semble pas s'en rendre compte, le second, un dieu de l'évolution habite ici et fait quelques expériences.

Commençons par l'arc Rincevent. Si le mage le plus malchanceux de son temps, passe sa vie à fuir, c'est bien parce qu'il lui arrive cent problèmes à la minute. Autant dire qu'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer avec lui. Ni avec toutes les personnages qu'il va rencontrer dans son périple. Dans ce tome, il est donc sur un continent ressemblant à s'y méprendre à l'Australie. Du coup, on ne s'étonne pas de retrouver une sorte de Mad Max en charrette, un patron de bar du nom de Crocodile, ou encore des travestis faisant pensant à ceux du film Priscilla, folle du désert. L'entourage du mage est donc haut en couleur et en verve pour le plus grand plaisir des lecteurs, surtout que Rincevent étant ce qu'il est, il lui arrive souvent d'être à côté de la plaque quant à ceux qu'il a en face de lui. Et je dois bien avouer que c'est finalement sa partie à lui qui m'aura le plus fait rire.

Côté mages de l'UI, s'ils restent toujours aussi rigolos pour moi, je les ai trouvé un peu en dessous par rapport à d'habitude. Il faut dire que les voir se crêper le chapeau pour madame Panari n'est pas quelque chose de franchement folichon. Heureusement, reste Cogite Stibon et l'économe. Pour Cogite, c'est le fait que lui soit jeune et pas encore totalement "mage" qui permet d'en fait une sorte de contraire aux autres et l'un des personnages les plus intéressants du groupe. Pour l'économe, j'ai toujours eu un faible pour lui et je l'ai trouvé ici encore plus ailleurs que d'habitude. IL n'en reste pas moins qu'on s'amuse bien tout de même avec eux, surtout lorsqu'ils essayent d'expliquer les relations sexuelles au dieu de l'évolution (un grand moment). Il n'empêche qu'ils vont finir par quitter l'île à bord d'un bateau-fruit. Mais celui-ci va mûrir et se décomposer un peu avant le continent XXXX (ce qui va donner l'occasion à l'économe d'inventer le surf d'ailleurs). Après avoir rencontré le créateur du dernier continent, ils finiront par rejoindre Rincevent qui lui réussira à sauver le pays.

Comme je le disais, j'ai adoré la partie Rincevent pleine de rebondissement et de références géniales à la pop culture des années 80-90. Pourtant, la partie Mages de l'UI est super sympathique vu qu'elle porte sur la théorie de l'évolution et que cette théorie vu par les mages est assez amusante à lire. A vrai dire, je pense que même si j'adore les mages, ils se prennent un peu trop la tête entre eux cette fois pour que j'accroche autant que d'habitude. En fait, pour moi, ils doivent forcément interagir avec un non-mage (et un non dieu aussi, tout comme pas une femme sinon on a droit aux mages modes idiots de base) pour que ça fonctionne vraiment.

Après, j'ai l'impression que tout dépend de mon état d'esprit lorsqu'il s'agit des personnages du Disque-Monde. Par exemple, j'ai toujours eu du mal avec Rincevent, du moins avec ce qui lui arrivait alors que j'adore normalement les mages. Pourtant, cette fois, c'est l'inverse. J'ai comme l'impression que plus je vieillis plus j'apprécie les histoires un peu plus sombres de Pratchett (d'ailleurs, plus il avançait dans l'écriture des annales plus il traitait de thèmes d'actualité et surtout de thèmes un peu plus sombre que ce qu'il avait pu faire au tout début) et du coup, les personnages qui je n'apprécient pas forcément revienne sur le devant de la scène qu'est mon petit cœur de lectrice. D'ailleurs, un de ces jours, faudra que je parle de la façon dont évolue mon avis sur tel ou tel livre ou tel ou tel personnage (alors oui, j'envisage un petit changement sur le blog depuis un moment, parler d'un peu plus de chose que simplement mes avis, je travaille sur ça en ce moment).

Au final, j'ai adoré ma lecture. Elle m'a fait un bien fou alors que j'avais un peu peur de le refermer en étant un peu déçu (comme pour Eric par exemple que je n'avais pas réussi à finir). Je regrette même qu'elle soit aussi courte (enfin, elle fait quand même presque 400 pages et je trouve ça court...). C'est un très bon Pratchett.

lundi 25 janvier 2016

Va-t-en Guerre, Les Annales du Disque-Monde, tome 21, Terry Pratchett

La dernière Annale du Disque Monde publiée ici était le tome 19, Pieds d'Argiles. Il n'y a pas d'avis sur le Père Porcher, le numéro 20 pour la simple et bonne raison que je l'ai lu avant de créer le blog et que je n'ai pas trouvé le moyen de le relire (alors que je l'apprécie beaucoup) depuis. Je n'avais pas lu d'Annale depuis la mort de Terry Pratchett, le 12 mars de l'année dernière. J'ai lu du Pratchett depuis, mais pas d'Annale. Ce fut étrange d'ouvrir ce vingt-unième tome en me disant que l'auteur avait disparu et qu'on aura plus de tome inédit...

Va-t-en Guerre, Les Annales du Disque-Monde, tome 21, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2010 pour cette édition
Titre En Vo : Jingo
Année de parution en VO : 1997
Nombre de pages : 444

A lire si : 
- Vous aimez l'humour à l'anglaise
- Vous aimez les agents du guet
- Vous voulez voir un plus qu'Ankh-Morpock

A ne pas lire si :
 Vous n'aimez pas les parodies
- Vous voulez d'autres personnages que ceux du Guet

Présentation de l'éditeur : 

Une île a surgi entre Ankh-Morpok et le royaume de Klatch. Mais à qui appartient ce nouveau territoire? La tension monte entre les deux peuples qui veulent se l'approprier. Les tentatives de négociation échouent, l'ambassadeur du Klatch est assassiné à son arrivée chez ses voisins. La guerre sera-t-elle la seule solution? Le commissaire Vimaire tremble sous cette menace inédite et fera tout pour empêcher le conflit. Mais la folie s'est emparée des citoyens et des dirigeants d'Ankh-Morpok : haine, violence, meurtres... La peur de l'inconnu? Vimaire est bien seul dans la tourmente. Enfin, il a toujours son équipe du Guet...

Mon avis :

Les aventures du Guet sont toujours hautes en couleurs. Déjà parce que ses membres le sont, mais aussi parce qu'il leur arrive toujours quelque chose de fou. Je crois que ce sont bien les seuls (avec Rincevent, que j'apprécie un peu moins) à qui il peut arriver autant de bourdes en un seul livre. Tout commence avec une île à l'aspect assez Lovecraftienne qui apparaît comme ça, en plein milieu de l'océan à égale distance d'Ankh-Morpock et du klatch. Forcément, les deux nations vont vouloir se l'approprier. Mais lorsque les négociations tournent court suite à la tentative d'assassinat d'un prince Klatchien, rien ne va plus et c'est à Samuel Vimaire et à ses agents de trouver le fautif. Sauf que bien entendu, ils vont se retrouver en plein milieu d'une guerre entre Ankh-Morpock et le Klatch.

Forcément, j'ai beaucoup aimé les personnages. Plus j'avance dans les histoires du Guet plus j'apprécie ses membres. Forcément, Vimaire est mon petit chouchou depuis quelques années (j'ai découvert le Disque Monde lorsque je me suis installée à Bordeaux, il y a presque huit ans de cela à présent)(ça commence à remonter dites donc tout ça), et je continue à suivre ses péripéties avec le même entrain que la première fois. Les autres agents ne sont pas en reste, surtout qu'à chaque Annale, on en découvre toujours un peu plus sur eux. Et puis, il y a le duo Colon/Chicard qui se bonifie avec le temps. Les personnages qui vont graviter autour du Guet sont eux aussi plutôt sympathique dans leur genre.On retrouve une sorte de double de Vimaire en la personne d'Ahmed 71-heures, flic côté Klatchiens aux méthodes plutôt musclé par rapport à Samuel, des Klatchiens membres d'une tribu sanguinaire ou encore un seigneur Rouille essayant de piquer la place de Vétérini, un Vétérini particulièrement en forme ou encore Leonard de Quirm, qui sort pour la première fois de sa retraite. Tout ce petit monde va se croiser pour notre plus grand plaisir et chacun va apporter sa pierre à l'édifice de la paix, parfois sans même le vouloir.

Parce que Va-t-en Guerre est surtout une enquête pour trouver le coupable du plus grand crime qui puisse avoir lieu, le crime contre la paix. Pas une mince affaire, surtout lorsque toute la population d'Ankh Morpock veut faire la guerre aux entorchonnés. Parce qu'en plus de nous parler de l’absurdité de la guerre (surtout vu la raison de celle-ci dans le roman), Pratchett parle de l'absurdité du racisme et de la peur de l'inconnu. Deux thèmes qui se rejoignent, se ressemblent même et dont il parle avec justesse, sans en faire trop, sans non plus jouer au moralisateur. Si ces deux thèmes sont ceux qui ressortent le plus, ils ne sont pas les seuls. L'île qui surgit sans crier gare est réelle par exemple (il s'agit de l'île Ferdinandea). Il y a aussi un début de problème de temporalité pour le pauvre désorganisateur de Vimaire (ce qu'il se passe lorsque deux choix se présentent à nous et qu'on en choisi un plutôt que l'autre). On ajoute au tout quelques références à la pop culture et on secoue bien.

Va-t-en Guerre est donc pour moi un très bon tome des aventures du Guet, intelligemment construit et avec des thèmes qui me parlent vraiment (surtout en cette période compliquée où les amalgames me semblent tellement vite fait). Comme toujours, Pratchett nous offre un divertissant intelligent.

samedi 16 janvier 2016

Le Guide de Madame Chaix, Terry Pratchett

Ce livre m'a fait de l'oeil à cause de sa jolie couverture imitant les vieux carnets mais surtout parce qu'il fait parti des ajouts au Disque Monde. Tout le monde le sait, j'adore, que dis-je, j'aime, le Disque Monde et je ne peux donc pas résister.

Le Guide de Madame Chaix, Terry Pratchett

Editeur : L'atalante
Collection : La Dentelle du Cygne
Année de parution : 2015
Titre en VO : Mrs Bradshaw’s Handbook
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages  : 144

Présentation de l'éditeur :

Publié avec l'approbation de M. Moite von Lipwig, directeur du Chemin de fer d'Ankh-Morpork et des plaines de Sto, voici le précieux.Guide illustré du chemin de fer de Mme Napoléonie Chaix. Au siècle de l'Anchois, avec le développement foudroyant du chemin de fer, il est désormais possible de voyager confortablement d'Ankh-Morpork à la cité de Quirm, à travers les plaines de Sto vers Gros-Chou et, au-delà, l'antique Zemphis, jusqu'à l'exotique Ohulan Cutash sur les contreforts des montagnes du Bélier. Au cours de vos périples, ce guide sera votre indispensable compagnon. Depuis les préparatifs du voyage et les informations pratiques quant aux usages du chemin de fer, il vous aidera à découvrir de nouvelles contrées, des paysages fascinants et des curiosités locales rarement dangereuses. Mœurs, traditions, artisanat, pratiques culinaires, spécialités pittoresques, tout au long d'itinéraires commentés et saupoudrés d'anecdotes, il vous conseillera aussi sur les commodités d'hébergement et de restauration pour toutes espèces de toutes tailles.

Mon avis

Il existe un certain nombre de livre hors roman qui traite du Disque Monde. L'univers de Sir Pratchett étant extrêmement large et surtout documenté dans les romans que l'auteur avec l'aide de quelques autres personnes, a écrit des encyclopédies, des livres de cuisines ou autres. Le Guide de Mme Chaix fait donc partie de cette collection d'ouvrage qui permet de s'aventurer un peu plus dans l'univers. Il vaut d'ailleurs mieux le lire en ayant au moins une petite connaissance du Disque Monde, ou mieux, en après avoir avoir lu Déraillé (Ce que je je n'ai pas encore fait, bien sur...). Ce n'est donc pas un bouquin à mettre entre les mains d'un novice. Attention aussi si vous voulez y retrouver l'humour des romans classiques du Disque Monde, il n'y est pas aussi présent.

Mme Chaix, veuve de son état, ancienne élève de l'école pour jeune fille de Quirm, s'est prise de passion pour le cheval de fer. Elle nous livre donc dans son guide, qui semble d'ailleurs être une commande de Chemin de Fer Hygiénique d'Ankh-Morpok et des plaines de Sto (le CFHAM-PS) pour voyager avec le train. Ainsi, elle va suivre les principaux trajets que celui-ci nous offre, allant d'Ankh-Morpok à Quirm puis à nouveau d'Ankh-Morpok aux montagnes du Bélier, en passant par les plaines de Sto. Elle va nous décrire alors les diverses gares, les villes traversées, le chemin pour y aller, le tout avec quelques conseils utiles pour ceux qui n'ont pas encore pris le train.

Forcément, le guide peut ne pas plaire. Il est assez répétitif, mais il faut dire que le décors pourrait l'être aussi avec ses champs de choux à perde de vue, où ces villages qui semblent tous être pareil. Oui, de temps en temps, on s'ennuie à la lecture de ce guide. Heureusement, il y a quelques moments bien sympathiques, comme les étranges fêtes qui peuvent être données dans les villages ou villes, ou encore des particularités des habitants ou même de certains voyageurs. Et puis les illustrations du guide sont pleines de détails amusants, tout comme les quelques affiches qu'ajoute Mme Chaix à ses propos. Il en va de même pour les noms des villes et villages, souvent à base de jeux de mots.

Pourtant, il manque quelque chose au Guide. Il lui manque vraiment l'humour Pratchett, celui auquel nous sommes habitués. Mme Chaix n'est pas forcément amusante, et même si les choux offrent des moments de sourire (non pas de rire) grâce à leur grande variété, je n'ai pas vraiment souris ou ris durant ma lecture, pourtant instructive sur le Disque Monde. C'est vraiment là un point qui me gêne un peu, parce que du coup, je reconnais moins la patte Pratchett. 

Au final, c'est un petit livre sur l'univers du Disque Monde qui peut être intéressant mais pour qui il manque trop de "Pratchett" dedans. Il n'en reste pas moins qu'il est intéressant pour les amateurs de l'univers qui veulent se plonger dedans. Bref, une lecture en demie-teinte pour moi.

lundi 28 septembre 2015

Le Peuple du Tapis, Terry Pratchett

J'ai voulu redonné une chance à ce livre, que j'avais commencé à lire il y a six ans, il me semble, et que j'avais arrêté brutalement, suite à une "overdose" de Pratchett (j'avais enchaine un Disque Monde, l'intégrale des Gnomes, puis lui). Je crois que j'ai eu raison, en fait.

Le Peuple du Tapis, Terry Pratchett

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2009 pour cette édition
Titre en VO : The Carpet People
Année de parution en VO : 1992 pour cette version (j'y reviendrais dans l'avis), 1971 pour l'originale
Nombre de pages : 188

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy humoristique
- Vous voulez des personnages plutôt anti-héros

A ne pas lire si :
- Vous prenez la fantasy trop au sérieux.

Présentation de l'éditeur : 


Sur tout le Tapis règne la paix de l'Empire Dumii. Aux marges de la civilisation, la tribu des Munrungues coule sous les poils une existence paisible. Mais un jour un terrible cataclysme frappe à proximité du village. Une ville Dumiie est broyée par l'ancien monstre des légendes : le grand Découdre est de retour!
Dans son sillage, des créatures féroces parachèvent son oeuvre de destruction. Cernés, les Munrungues s'engagent dans un périple à travers les poils, sous la conduite des frères Orkson.
Un voyage qui les conduit à la découverte des merveilles de leur monde et changera pour toujours la vie des Fils de la poussière...


Mon avis

Pratchett écrivit la première version du Peuple du Tapis en 1971 alors qu'il  n'avait que dix-sept ans. A cette époque, il le dit lui-même dans l'avant propos du livre, il pensait que la fantasy était une histoire de roi et de bataille. Presque vingt ans plus tard, alors que le Disque Monde commence à avoir du succès mais surtout que sa vision de la fantasy ait changé, il réécrit le texte, plus en accord avec ce qu'il fait à ce moment-là. Et ça donne le texte que nous avons maintenant, le premier étant depuis longtemps indisponible.

Imaginez donc à présent un tapis. Un simple tapis pour nous mais qui renferme une faune et une flore bien particulière. C'est un monde à part entière où la plus grande des citées n'est pas plus grande qu'un point pour nous. Et c'est ce monde que nous allons découvrir alors qu'il est en danger. Le Grand Découdre frappe le tapis, obligeant les Munrungues, l'un des peuples y vivant, à partir de leur petit coin bien tranquille. C'est avec eux que nous allons faire le voyage et affronter les terribles Moizes, qui ne se déplacent que là où le Grand Découdre à frapper.

On retrouve beaucoup du Disque-Monde dans le Peuple du Tapis. Les personnages y ont les traits forcés, le chaman parle trop et de manière alambiquée pour ne finalement rien dire, le chef de tribu est fort mais pas forcément ultra intelligent, son cadet est bien plus malin que lui, le général est trop droit dans ses bottes... C'est une chose à laquelle je suis habituée. Venant de Pratchett, ça ne me dérange pas du tout. Et puis, c'est aussi ce qui fait le charme de ce livre, ces personnages qui en font toujours trop, pour notre plus grand plaisir. Cela les entraîne dans des situations parfaitement hilarantes et dans des dialogues qui le sont tout autant.

L'aventure en elle-même ressemble à de la fantasy bien forcée. Si l'on pense cela, c'est aussi mal connaitre Terry Pratchett qui n'a jamais fait jusque là de l'humour pour juste faire de l'humour. Il y a toujours autre chose là-dessous. Quelques critiques sur la royauté, sur la guerre aussi. Ce n'est pas aussi flagrant que dans un roman du Disque-Monde, mais tout de même, on retrouve des thèmes qu'il a déjà abordé, mais sans réelle redite. D'ailleurs peut-on réellement dire "déjà" en sachant qu'il a réécrit le Peuple du Tapis en gardant la plupart des idées écrites la première fois ? 

Et puis, comme pour les Gnomes, on oublie rapidement que le Peuple du Tapis se passe dans un tapis. Même si la végétation est faite à base de poils et de poussière aux couleurs pour le moins étranges (celles du tapis en fait), même si la géographie du "pays" se fait par rapport aux divers élèments de la maison (le pieddechaise, le plancher...), on finit par "oublier" tout cela pour vivre juste l'aventure, comme si elle se déroulait dans un monde imaginaire "normal" ( ce paragraphe possède un peu trop de guillemet, nous sommes d'accord). Ce qu'il y a de bien, du coup, c'est que le lecteur n'est pas du tout dépayser. Bon par contre, on perd peut-être un peu le fait que l'on se trouve sur un tapis avec des personnages microscopiques. L'aventure n'en reste pas moins agréable à lire, ceci-dit.

Finalement, j'ai eu parfaitement raison de redonner sa chance au Peuple du Tapis. Ce n'est pas l'un des meilleurs livres de Pratchett, mais il reste très amusant et divertissant. De plus, il se lit plutôt vite et il permet de passer un moment agréable sans prise de tête, que demander de plus ? Bref, un petit livre qui fait du bien.

jeudi 9 juillet 2015

La Longue Terre, Terry Pratchett et Stephen Baxter

J'avais acheté, il y a un petit moment déjà le second tome de cette série sans me rendre compte que justement, c'était un second tome (oui, pas maligne je suis). Alors, forcément quand j'ai trouvé le premier, hop, dans la bibliothèque. Et forcément avec Pratchett en auteur, il fallait que je le lise, rapidement. Sauf que...

La Longue Terre, Terry Pratchett et Stephen Baxter

Editeur ; L'atalante
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : The Long Earth
Année de parution en VO : 2012
Nombre de pages : 381

A lire si :
- Vous voulez du voyage qui ne soit pas vraiment du space opéra
- Vous aimez lorsqu'il y a peu de personnages
- Vous voulez découvrir d'autres Terres

A ne pas lire si :
- Vous voulez autant d'humour que dans les Annales du Disque Monde
- Vous n'aimez pas ce qui pourrait ressembler finalement à un huis-clos

Présentation de l'éditeur :

Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest. La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse ! Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend…

Mon avis :


Si je n'ai jamais lu Baxter (il faudrait peut-être que je le lise un de ces jours), je reste une grande fan de Sir Pratchett. Peut-être mon erreur était-elle de croire que pour cette Longue Terre, il allait être l'auteur, non pas principal, mais du moins le plus reconnaissable pour moi. Peut-être à cause de De Mauvais Présages où j'avais été capable de reconnaître sa patte par rapport à celle de Gaiman. Bref, je m'attendais à autre chose pour ce livre. Peut-être aussi que ma fatigue le soir n'a pas du tout aidé à me faire apprécier ce roman à sa juste valeur.

Le pitch est carrément intéressant. Imagines donc que la Terre que nous connaissons tous est multipliés en des milliards d'exemplaires. Qu'un jour, un scientifique découvre le moyen d'aller d'une Terre à l'autre, grâce à un peu d'électronique et une pomme de terre. Et qu'à partir de ce jour-là, nommé Jour du Passage, l'humanité découvre donc tout cela et commence une nouvelle conquête de l'ouest. Mais comme pour tout territoire inconnue, la Longue Terre a ses dangers. Josué Valienté, lui n'a pas besoin de passeur pour voyager, et n'est pas victime de la maladie du passeur à chaque passage. Il est recruté par Lobsang, une intelligence artificielle pour l'accompagner à bord d'un dirigeable pour visiter la Longue Terre le plus possible. Nous embarquons avec eux à la découverte de la Longue Terre.

Comme je le disais, le pitch me plaisait vraiment beaucoup. Les personnages, Josué et Lobsang avait l'air très interessant et cette Longue Terre pleine de promesse. Et pourtant, j'ai mis bien longtemps à le lire (commencer le 19 juin quand même...). Bon, j'avoue avoir été pas mal fatiguée ces derniers temps et m'endormir aussitôt la tête sur l'oreiller. Mais tout de même. J'ai lu rapidement les 100 et quelques premières pages. On y trouve dedans un récit polyphonique intéressant sur les débuts de la Longue Terre, avec des personnages parfois haut en couleur. Et puis, Josué rencontre Lobsang et le voyage commence.

Et c'est là que j'ai commencé à avoir du mal. Pas que le récit soit inintéressant. Les récit de voyage en Terre inconnue me plaisent généralement. Pas que je n'ai pas aimé les personnages, même si j'avoue que souvent, j'ai eu du mal avec leur vision des choses. Pas que je n'ai pas aimé l'écriture, loin de là. Elle est fluide, agréable à lire avec parfois une touche d'humour qui fait du bien. Non, en fait, je ne sais même pas pourquoi j'ai eu du mal. Peut-être parce que la manière de raconter l'histoire de cette Longue Terre a changé. Du récit polyphonique, on se recentre sur Josué et Lobsang à bord de leur dirigeable. Le récit devient carnet de voyage, ce qui va tout aussi bien avec ce que vivent les deux personnages. Mais on en arrive à quelque chose d'assez répétitif. Il faut ajouter à cela un certain manque d'action, le voyage semble presque une partie de plaisir. Et cela dure un bon moment, celui où j'ai le plus décroché.

Et puis arrive enfin un nouveau personnage dans le dirigeable, avec un peu d'humour, une autre vision de la chose et hop, je suis de nouveau en selle. Il fallait cet élèment "perturbateur" pour reprendre la lecture comme il faut, alors qu'on se retrouve avec les mêmes "défauts" que la partie qui m'a posé problème. En fait, je crois vraiment qu'avoir deux personnages dont les idées finissent toujours par se rejoindre quoiqu'il arrive m'a légèrement embêté. Tout comme le fait de ne pas en savoir plus sur Lobsang. C'est vraiment un point qui m'a ennuyé car il se révèle un personnage interessant, qui sort pas mal de l'ordinaire mais qui finalement m'a semblé survolé. 

Du coup, j'ai carrément l'impression d'être passé à côté du livre alors que j'ai beaucoup apprécié les réflexions sur les mondes parallèles, celles sur une possible évolution ou encore "l'explication" des auteurs sur les mythes de notre monde comme celui des trolls et des elfes. Après, je me dis aussi qu'il s'agit d'un premier tome (deux sont déjà édités, dont un déjà sur mes étagères) et qu'il était là pour présenter le monde. Et une telle présentation n'était pas un mal en fait. En plus de ça, j'ai apprécié l'écriture du livre, que se soit les parties plus Baxter ou plus Pratchett et le déroulement de l'histoire va parfaitement avec le monde que l'on découvre (si Josué et Lobsang avaient eu plus de grandes discussions avec deux points de vue différent, ça aurait été vachement bien aussi).

Au final, je suis donc ultra mitigé sur cette lecture. Il y a du bon mais malheureusement, il se retrouve envahi par les défauts que j'ai pu trouvé dans ma lecture. Défaut totalement subjectif, puisqu'ils n'ont pas forcément à voir avec la manière dont tout cela est écrit. Je pense que je me ferais une meilleure opinion en lisant le tome 2 de la série, La Longue Guerre. A voir donc.

jeudi 5 mars 2015

L'Hiverrier, Terry Pratchett

Parce que je suis au ski, il me fallait une lecture en rapport avec la neige. Forcément, Pratchett et la jeune Tiphaine Patraque me semblaient tout indiqués pour cela, surtout que depuis un Chapeau de Ciel, cela fait un an et demi que je n'avais pas lu ses aventures à la jeune sorcière.

L'Hiverrier, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Date de parution : 2015
Titre en VO : Wintersmith
Année de parution en VO : 2006
Nombre de pages : 410

A lire si :
- Vous aimez les aventures de Tiphaine Patraque
- Vous aimez les sorcières de Pratchett
- Vous aimez l'hiver

A ne pas lire si :

- Vous n'aimez pas les Nac Mac Feegle et leur parlé très imager

Présentation de l'éditeur :

L'esprit de l'hiver s'est épris de Tiphaine Patraque. Il lui offre des icebergs, se déclare par des avalanches et la couvre de flocons témoignages d amour un peu rudes pour une apprentie sorcière de treize ans, mais qui ne manquent pas de... fraîcheur.
« Miyards ! »
Ah! oui, et revoici les Nac mac Feegle, les ch tits hommes libres, venus donner un coup de main, que ça lui plaise ou non. Car si Tiphaine ne fait pas entendre raison à son soupirant, il n y aura plus jamais de printemps.

Mon avis 

C'est avec émotion que je rédige aujourd'hui cet article. Hier (jour de mon anniversaire qui plus est), Sir Terry Pratchett nous a quitté. Autant dire que cela m'a beaucoup touché, Pratchett étant un auteur important pour moi. J'ai encore du mal à me dire que le Disque Monde et ses habitants sont orphelins, tout comme nous, lecteur. La mort n'était pas pour lui un personnage terrifiant. J'imagine que c'est lui (1) qui est venu le chercher et qu'il a fait son voyage vers l'autre monde le plus paisiblement du monde. Sir Pratchett, vous allez me manquer. 

Je n'aurais pas cru que je lirais l'Hiverrier juste avant la mort de son auteur. Je n'aurais pas non plus penser que cela sera une sorte d'hommage pour la peine. Ce  fut pourtant le cas, et ce livre prend soudain un tournant sentimental auquel je ne m'attendais pas. Mais ma vie littéraire continue, et je sais que j'ai encore un bon paquet de roman du Disque Monde à lire. Alors, c'est parti pour l'avis pour celui-ci.

Tiphaine ne se trouve plus dans ses collines. Elle est partie du côté de Lancre pour étudier et devenir une bonne sorcière. Pour cela, elle vit chez Mademoiselle Trahison auprès de qui elle apprend. Mais voilà qu'un soir, la vieille femme la mène voir la dans Morris Noire, celle qui annonce l'hiver. Or, notre jeune amie va y prendre part, attirant ainsi sur elle l'attention de l'Hiverrier, l'esprit de l'hiver, qui la prend pour la Dame de l'été. Amoureux d'elle, il va plonger le pays dans un hiver éternel à l'effigie de la jeune fille. Tiphaine va devoir remettre l'équilibre en place. Mais Mademoiselle Trahison va mourir et elle va aussi devoir aider sa remplançante, Anagramma à devenir une vraie sorcière. Heureusement pour elle, les Nac Mac Feegle, Mémé Ciredutemps, Nounou Ogg, Miss Tique et Roland (qu'elle a sauvé dans le tome précédent de la reine de fée) vont lui venir en aide (enfin, aide, si l'on veut de la part de Mémé).

Je trouve que ce tome-là de Tiphaine fait vraiment le lien avec l'arc des Sorcières dans les Annales du Disque Monde, bien plus que les deux premiers. Il faut dire que la jeune fille se trouve dans leur territoire et qu'elles ont une place importante dans ce tome. Ce qui personnellement me plait beaucoup, j'ai un faible pour Mémé et Nounou. C'est aussi un tome un peu plus mature pour Tiphaine. On passe du livre purement jeunesse à quelques choses d'un peu plus YA, si je puis dire, avec des thèmes qu'on retrouverait dans ce genre-là. Tiphaine va découvrir les affres de l'amour, ceux de l'amitié et finalement ceux d'une jeune fille de quatorze ans.

L'hiver se trouve en première ligne dans ce tome avec l'Hiverrier. L'esprit de l'hiver tombe amoureux de Tiphaine, ce qu'elle n'a pas voulu, et va tout faire pour lui plaire. Tout jusqu'à vouloir devenir humain. Là aussi, c'est un thème déjà vu dans les Annales (les Golems de Pieds D'Argile) mais il est traité d'une autre manière, ne donnant pas d'impression de déjà vu. L'approche jeunesse y aide aussi. J'ai trouvé l'Hiverrier particulièrement réussi et finalement peut-être plus humain que certains autres personnages. De plus, les cadeaux qu'il fait à Tiphaine m'ont souvent fait rire (les flocons Tiphaine, les iceberg Tiphaine...). Et puis, il n'y a pas à dire, Nounou Ogg qui explique à Tiphaine les choses de l'amour... C'est juste à mourir de rire. Surtout quand la jeune fille se défend d'être la petite amie de Roland. 

Mais si l'Hiverrier est au centre de l'histoire, elle n'est pas composé que de lui. Tiphaine va avoir à faire avec le deuil (la vieillée funébre de Mademoiselle Trahison, encore vivante à ce moment-là est assez énorme) et la mort. Ici, la tendresse est toujours présente et la Mort reste ce personnage tellement bienveillant au final. Elle va aussi devoir aidé Anagramma (déjà rencontré dans un épisode des sorcières) à devenir la nouvelle sorcière de la chaumière Trahison. Et autant dire que cela n'est pas de tout repos pour elle, la jeune sorcière ne connaissant au final pas grand chose. Elle finira par y arriver, avec l'aide des autres apprenties sorcières mais aussi du Pipo.

Comme toujours les personnages sont les plus importants dans un roman de Pratchett. Si Mémé Ciredutemps et Nounou Ogg sont égales à elles-même (pour mon plus grand bonheur), les autres sorcières sont tout aussi drôle, particulièrement Mademoiselle Trahison, vieille femme de 113 ans qui utilisent le Pipo aussi bien que Mémé pour arriver à ses fins avec les villageois dont elle a la charge. Les Nac Mac Feegle ne sont pas en reste. Ils sont l'élèment comique par excellence des aventures de Tiphaine. J'aime beaucoup beaucoup ces petits monstres bleus qui n'ont peur que d'une chose, la lecture. L'humour est quant à lui toujour aussi présent, même si je trouve qu'il est moins cinglant que d'habitude, l'effet jeunesse surement. 

Pour finir, j'ai encore beaucoup ri en lisant ce tome des aventures de Tiphaine Patraque. C'est une série que j'apprécie tout autant que les Annales (dont elle fait partie sans en faire vraiment partie en fait puisque plus jeunesse que le reste). 

(1)) La Mort est un mâle neccessaire.