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dimanche 16 août 2020

Rouille, Floriane Soulas

 J'ai énormément entendu parler de Rouille à sa sortie. J'ai longtemps hésité à le prendre et puis, je suis tombée dessus par hasard à la librairie. Du coup, ne résistant que peu à une couverture d'Aurélien Police puis à un résumé promettant du Steampunk à foison, j'ai fini par craquer.

Rouille, Floriane Soulas

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 432

A lire si 
- Vous aimez le Steampunk
- Vous voulez une enquête dans les bas-fond parisien

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la romance
- Vous ne voulez pas de lecture un peu sombre

Présentation de l'éditeur : 

1897, Paris. Violante est amnésique. Elle ne sait plus qui elle est ni d'où elle vient. Ses uniques indices sont son pendentifs, fait d'une étrange gemme, et son prénom. Placée dans une maison close, les Jardins Mécaniques, elle devient Duchesse, la plus courue des prostituées, dont s'entiche le comte de Vaulnay, énigmatique promoteur ayant fait fortune sur la lune. Lors d'une escapade pour percer le secret de son identité, elle retrouve sa seule amie morte, atrocement mutilée. Violante s'aperçoit vite qu'elle est la dernière d'une série de prostitutée ou d'enfants des rues dont les cadavres n'intéressent personne. La police ne semble pas même se préoccuper de cette nouvelle drogue, la rouille, qui fait rage dans les bas-fond de la capitale. Il ne reste à Violante qu'à mener sa propre enquête.

Mon avis

En tapant la quatrième de mon édition ici, je me suis dit qu'on ne pouvait pas faire plus simpliste comme résumé. On y trouve presque tous les éléments principaux du roman, Violante et son amnésie, le comte de Vaulnay, les meurtres, la rouille... Mais par contre, il manque énormément de chose. Bon, en même temps, soyons d'accord, c'est un résumé qui est là pour donner envie de lire le bouquin et il y arrive plutôt pas mal. Et en plus de ça, il me permet de ne pas en faire un vu qu'il est assez explicite. On va pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Rouille et moi, c'est quelque chose d'assez étrange. Dans le peu de story insta que j'ai fait sur lui (je l'ai lu en une journée), j'ai mis en avant le coup de coeur que j'avais eu pour son ambiance Steampunk (qui n'est peut-être pas ma préférée mais qui est parfaitement dosée à mon gout). Il m'a un peu fait pensé à celui de Confessions d'un automate mangeur d'Opium. Mais si j'ai aimé son univers, j'ai eu un peu plus de mal avec certaines petites choses dont on va parler plus tranquillement (idem pour l'univers d'ailleurs). Du coup, oui, j'ai apprécié ma lecture, elle était bienvenue après les quelques pavés de l'été, elle a été divertissante mais pas totalement intriguante. Ce n'a pas été un coup de coeur, mais ça aurait pu. Et je vous explique pourquoi.

Rouille est un premier roman publié. Je suis toujours assez indulgente sur les premiers romans publiés. Je ne sais pas pourquoi. J'ai tendance à moins y voir les défauts ou à les minimiser. Disons que souvent, je vois plutôt les qualités à la lecture. La plus grande des qualités de Rouille, clairement, c'est son ambiance, le côté Steampunk bien présent et ce côté un peu sale des bas-fond parisien. C'est une ambiance que j'apprécie beaucoup (mais ça vous le savez très bien) et qui sert le récit. On nous vend du Steampunk, on a du Steampunk. L'uchronie qui permet d'avoir cette ambiance est par contre peu développée. Ce n'est pas elle qui compte (on apprend au détour d'une phrase que nous sommes sous Napoléon IV par exemple) et ça ne me dérange pas tant que ça, personnellement. Par contre, j'ai été un peu plus déçue de ne pas voir le Paris du roman en mode plus "voyage touristique". A part la Ferraille, immense décharge où vivent les enfants perdus, on ne voit finalement que peu les trois autres quartiers, la Souricières où vit Violante, la Foire (qui apparait sur quelques pages mais pas assez à mon gout) et finalement le Dôme. Mais encore une fois, cela ne désert pas forcément l'intrigue. Disons que c'est mon côté touriste qui me fait dire ça. Bref, l'ambiance m'a énormément plu et j'étais prête à me jeter à la suite de Violante pour découvrir ce qu'il se passait réellement.

Et c'est là qu'entre le roman et moi, on a eu quelques problèmes. Pas insurmontable, vu que le tout fonctionne plutôt bien et que j'ai même eu du mal à lâcher le livre. Comme quoi, on peut ne pas être totalement d'accord avec ce qu'écrit un auteur et aimer quand même ce qu'il a fait. Mais allons-y. Premier point, les tropes utilisés. L'héroïne amnésique à la recherche de son identité avec pour seul indice un étrange médaillon, disons que c'est un peu vu et revu. Sur le coup, j'ai même pensé à un Princesse Sarah à la sauce Steampunk. On remplace le pensionnat par une maison close, et hop, on y est (d'ailleurs, la rivale de Violante se nomme Livia, pas très loin de cette chère Lavinia). Bon, j'exagère peut-être un petit peu mais j'y ai pensé. Ensuite, le fait qu'elle mène l'enquête après la mort de sa seule amie, c'est aussi un trope vu et revu (on revient d'ailleurs sur Confessions d'un automate mangeur d'opium). Mais ça fonctionne bien ici. Sauf que si ça fonctionne, c'est à cause d'un autre problème à mes yeux. Les personnages ne vont pas tout à fait avec ce qu'ils devraient être. 

Pour rappel, Violante est une prostituée vivant dans une maison close. Elle y a atterrit après avoir été trouvé par Léon, le grand manitou des bordels de la Souricières. Pour une habitante de maison close, une femme normalement en bas de l'échelle sociale de cette société là, elle a des libertés assez étranges. Violante se permet de tenir tête à Léon mais aussi à Madeleine, la mère maquerelle. Alors, qu'elle leur rapporte à mort et qu'ils la laissent peut-être un peu plus tranquille que les autres, pourquoi pas. Mais disons que c'est un peu trop gros. Et puis, franchement, un proxénète de la réputation de Léon qui en fait est un mec avec un coeur gros comme ça, c'est un peu étrange aussi. Surtout qu'on peut le voir comme le gros bourrin qu'il devrait être (sa manière de traiter certaines choses, dont la mort de Satine, ou un passage dans un certain cimetière par exemple) et après, il fait des minauderies avec Violante, presque comme un père ou un frère affectueux. Quant au dernier personnage principal, Jules, il est peut-être un peu trop tendre pour ce qu'il se passe (par contre, j'ai adoré qu'il soit inventeur de gadget pour Léon, il donne un côté un peu espionnage, style James Bond à l'histoire). Et pourtant, si on oublie un minimum ces incohérences, les personnages sont plutôt bien foutus. J'ai aimé Violante, sa forte tête, sa détermination. J'ai apprécié Jules et son côté protecteur. Quant aux antagonistes, j'ai eu un peu plus de mal avec l'idée d'une sorte de Jack l'Eventreur s'en prenant aux prostituées et certains ficelles sont trop faciles de leur côté. 

Enfin, passons à l'intrigue. Si elle m'a été souvent prévisible, elle est agréable à suivre. La recherche du meurtrier qui va se coupler à celle du créateur de la rouille est bien menée. On ne s'ennuie pas une seconde à suivre nos trois apprentis enquêteurs. C'est d'ailleurs plutôt sympathique d'avoir des intrigues qui se rejoignent rapidement et qui ne nous mène pas vers d'innombrables mauvaises pistes (par contre, j'avoue qu'en avoir au moins une, de fausse piste, ne m'aurait pas déplu). De plus, l'intrigue met en valeur l'ambiance et ça, j'adore. Quand je dis qu'on nous vend réellement du Steampunk et pas juste trois boulons et un peu de vapeur, je ne vous mens pas. 

Au final, oui, Rouille a des défauts. Floriane Soulas ne va pas toujours au fond des choses, elle a utilisé des tropes vus et revus mais elle a réussi à y mettre sa patte et une ambiance merveilleuse. Elle a un style clair, limpide et surtout qui va droit au but, sans trop de fioritures (et des descriptions passionnantes, ce qui n'est pas toujours le cas dans les premiers romans). Alors, du coup, je lui pardonne volontiers les défauts de Rouille, surtout qu'au final, le roman est assez addictif, j'ai eu du mal à le lacher. Alors, bon, ce n'est certes pas un coup de coeur mais ça reste un bon roman. Si vous voulez une bonne ambiance Steampunk avec une intrigue plutôt agréable à lire, lisez Rouille.

mardi 5 juillet 2016

L'étrange affaire de Spring Heeled Jack, Burton & Swinburne tome 1, Mark Hodder

Et c'est parti pour les premiers livres acquis la semaine dernière. Bragelonne a proposé durant son opération pas mal de bouquin de la collection du mois du Cuivre. Je les ai tous pris (à 0.99€, j'allais pas me priver, surtout quand on connait le prix bien plus onereux des éditions papiers)(qui sont magnifique, j'en ai deux à la maison, le prix à beau être élevé, on ne paie pas pour rien). Je commence donc avec ce premier tome de Burton & Swinburne.

L'étrange affaire de Spring Heeled Jack, Burton & Swinburne tome 1, Mark Hodder

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2013
Titre en VO : Burton & Swinburne, book 1: The Strange Affair of Spring Heeled Jack
Année de parution en VO : 2010
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez du Steampunk
- Vous voulez des personnages ayant réellement existé
- Vous voulez pas mal d'aventures

A ne pas lire si :
- Vous voulez un univers clairement expliqué dès le départ

Présentation de l'éditeur : 

Londres,1861
Sir Richard Francis Burton
Un grand explorateur et un érudit de talent. Sa réputation a été salie et sa carrière ruinée. Il est dans de sales draps.
Algernon Charles Swinburne
Un jeune poète prometteur et avide de sensations fortes, disciple du marquis de Sade. Le cognac causera sa perte. C’est le cadet de ses soucis.
Les deux hommes sont au cœur d’un empire déchiré par les conflits. D’extraordinaires machines envahissent un monde soumis à des lois des plus répressives. Tandis que certains défendent une société fondée sur le génie créateur, d’autres repoussent les limites de la conscience en ayant recours aux drogues, à la magie et à l’anarchie.
Lorsque des loups-garous terrorisent l’East End londonien et que des jeunes filles deviennent la proie d’une effroyable créature nommée Spring Heeled Jack, le duo n’a plus d’autre choix que d’agir. Au plus vite.
Tous deux se trouvent confrontés à l’un des événements les plus décisifs de cette époque. Mais la pire de leurs découvertes pourrait bien provoquer la fin du monde tel qu’ils le connaissent…
Quand une poignée d’hommes change l’Histoire, l’Histoire change tous les autres.

Mon avis

Vous êtes au courant, j'adore le Steampunk sous toutes ses formes. J'apprécie lorsqu'il est mélangé à d'autres genres (le Steampunk/western/SF des Foulards Rouges de Cécile Duquenne, le steampunk fantasy d'Alex Evans, le Steampunk/jeunesse de Penny Cambriole de re Cécile Duquenne et j'en passe...). Je lis tout ce qui peut concerner le genre, que se soit des revue (le Mythologica numéro trois) ou des ouvrages références (Steampunk !, la Bible du Steampunk, ou pas encore chroniquer ici le Manuel Steampunk). Pour moi, la collection du mois du Cuivre, c'est un énorme trésor dans lequel je peux puiser les yeux fermés. 

L'étrange affaire de Spring Heeled Jack, c'est ce que je nomme du Steampunk d'origine. Pas qu'il a été écrit au tout début du genre (début 1980 si on en croit les historiens), mais qu'il en reprend les codes : un Londres victorien, de la vapeur en veux-tu en voilà, et des personnages ayant réellement existé.

Tout commence avec la confrontation entre Sir Richard Francis Burton et John Hanning Speke en 1861 (une confrontation qui aura lieu dans notre monde en 1864). Sauf que Speke se tire une balle en pleine tête, annulant la confrontation. C'est peu après que Burton est nommé agent de la couronne par le roi Albert. Il doit enquêter sur l'apparition d'étranges hommes loups dans le Chaudron (quartier pauvre de Londres) et en même temps savoir ce qu'il est advenu de Speke. Juste après ça, il est attaqué par Spring Heeled Jack, un être tout droit sorti du folklore anglais. Rapidement, il va découvrir que les deux choses sont plus ou moins liés et va tout faire pour comprendre le fin mot de l'histoire. Pour cela, il sera aidé par le poète Algernon Charles Swinburne, qui pour ne pas sombrer semble avoir besoin de sensation forte.

Autant le dire, le lecteur se retrouve parachuter dans l'uchronie de Hodder sans trop comprendre ce qu'il se passe. L'auteur n'explique pas grand chose et si on comprend rapidement que la révolution industrielle et scientifique a déjà eu lieu, on ne comprend pas trop pourquoi le lac Victoria se voit nommer lac Albert, ni même d'ailleurs pourquoi elle n'est pas au pouvoir cette bonne reine. Les explications arrivent petit à petit et l'on découvre toute l'étendue de l'histoire. En fait, pour vraiment bien comprendre le monde de Hodder, il faut arriver à la seconde partie du livre, soit plus loin que la moitié. Du coup, je ne vais pas trop vous dire tout ce que l'on y apprend, sinon je spoilerais bien fort l'histoire. Sachez juste (ça on le comprend rapidement) qu'il est question d'un voyageur dans le temps qui a fait des siennes. Ainsi, ce que nous connaissons de cette époque se trouve être un peu chamboulé. C'est particulièrement bien foutu dans le livre, avec les paradoxes que cela peut engendrer. 

Si l'univers nous est à la fois connu et inconnu, les personnages ne le sont pas. Les deux personnages principaux du livre ont réellement existés. Burton et Swinburne sont de vrais personnalités historiques et l'on retrouve ce que l'on a pu savoir de leur caractère (la tendance à boire et le côté sado de Swinburne, les expéditions de Burton, sa mauvaise réputation...). Bien entendu, l'auteur se permet de les imaginer en tant que personnages fictifs et on peut rapidement oublier leur réelle existence. Ils ne sont pas les seuls à avoir existé dans le roman. Hodder se sert amplement dans le "vivier" de personnalité de l'époque, garde beaucoup de ce qu'ils ont pu être et en rajoute un peu (fort visible dans la seconde et troisième partie du livre, vous aurez compris, j'en dirais pas plus). A côté de ça, on trouve tout de même des personnages bien fictifs qui n'ont rien à envier à ceux qui ont eu un modèle. Tous sont bien caractérisés, même les seconds rôles, une chose appréciable.

Reste l'histoire, qui ressemble au départ à un joli méli-mélo d'un peu tout ce qui peut faire steampunk. Si au début on se demande bien le rapport entre Spring Heeled Jack qui attaque des jeunes filles dans Battersea ou alentours et les hommes-loups qui enlèvent les ramoneurs dans le Chaudron, on comprend rapidement que tout est bien lié. Une nouvelle fois, c'est plutôt bien foutu malgré quelques approximation et des passages un peu trop rapides parfois. Et surtout tout cela est ultra prenant. Pour tout dire, je n'ai pas vu défiler les pages, mais du tout. 

Au final, c'est un parfait roman steampunk que nous avons là. Il semble parfois un peu fourre-tout au niveau du genre (entre les diverses machines, les avancés de la technologie et de l'eugénisme, les Libertins séparés en deux groupes (dont les préraphaélites), l'uchronie énorme (la mort de Victoria dans un roman steampunk, je crois que ça n'avait pas été fait jusque là), les personnages foisonnants et intéressant ayant déjà existé et j'en passe) mais permet à ce qui ne connaissent pas le genre de s'en faire une bonne idée (quoique je ne commencerais pas forcément par lui). C'est aussi un fort bon page-turner avec une enquête passionnante. Le seul défaut que je lui trouve vraiment, c'est de perdre un peu le lecteur au début avec son univers riche et pas forcément expliqué. Mais ça fait aussi le charme du bouquin je trouve, et on s'y plonge quand même rapidement.

mercredi 7 octobre 2015

Les Dragons de Sa Majesté, Téméraire, tome 1, Naomi Novik

Parlez-moi dragon et uchronie et je me jette sur le livre en question. Ajoutez une belle couverture, et il est sur que je vais le prendre. Ce fut le cas pour ce tome 1 de Téméraire, suivi par son tome 2 alors que je n'avais pas commencé le premier.

Les Dragons de Sa Majesté, Téméraire, tome 1, Naomi Novik

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2009
Titre en VO : Temeraire, book 1: His Majesty's Dragon
Année de parution en VO : 2006
Nombre de pages : 435

A lire si :
- Vous voulez de la guerre napoléonienne avec des dragons
- Vous aimez les dragons
- Vous voulez une belle amitié

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de bataille
- Vous ne voulez pas de parcours iniatique

Présentation de l'éditeur :


Alors que les guerres napoléoniennes font rage, le jeune capitaine Will Laurence fait une découverte qui va changer le cours de sa vie.
Son vaisseau vient en effet de capturer une frégate française et sa cargaison : un oeuf de dragon très rare. Les dragons sont utilisés dans les combats aériens par la plupart des nations. Mais celui que va découvrir Will n'est pas tout à fait comme les autres... Ainsi commence l'histoire d'une amitié indéfectible entre le fabuleux dragon Téméraire et son jeune pilote. Ensemble, ils vont devoir apprendre les tactiques périlleuses de la guerre aérienne.
Car la France, dirigée par un Bonaparte plus audacieux que jamais, rassemble ses propres créatures pour transporter ses troupes sur le sol britannique. Laurence et Téméraire se préparent à subir leur baptême du feu !


Mon avis

Je m'étais dis il y a quelques temps que si je devais commencer une nouvelle série, il fallait qu'elle soit courte. Genre pas plus de quatre livres. Non parce que quand on voit la Roue de Temps ou le Trône de Fer, ça fait quand même des séries super longues à lire. Et puis, il a fallu que je tombe sur ce livre-là. Il était beau (il l'est toujours) à la librairie. J'ai vu le petit 1 sur la couverture, je me suis dit que j'étais un peu dans la moise. J'ai vu neuf autres tomes, et puis un dixième à paraître. Je repasserais donc pour la série courte... Je me suis dit qu'avec un peu de chance, le livre me plaira pas, etc etc. Je me suis menti, nous sommes d'accord. Il faut dire que les Dragons de Sa Majesté est un fort bon tome un, et qu'il a beaucoup trop de chose pour me plaire. Je suis faible, je le sais.

Commençons par l'histoire. Nous voilà dans une uchronie fort sympathique période Napoléon, et du côté anglais. Ici, les dragons existent et servent d'arme. Ils sont les forces aériennes de chaque armée, prêts à tout pour défendre leur pays. C'est donc en plein guerre napoléonienne, alors que Bonaparte compte conquérir l’Angleterre que commence l'histoire pour Laurence, capitaine du HMS Reliant. En plein milieu de l'atlantique, le Reliant capture une frégate française. Dedans, l'équipage découvre un oeuf de dragon sur le point d'éclore. Lorsque cela arrive, Laurence l'harnache, bien malgré lui, afin que le précieux dragon puisse entrer dans le corps d'armée anglais. A partir de là, la vie du capitaine va totalement changer. Il quitte la Navy pour l'Aerial Corps, un corps d'armé pas franchement super apprécié par beaucoup de monde malgré sa grande utilité, doit suivre un entrainement intensif et enfin entrer dans la guerre sur Téméraire, le jeune dragon. 

Comme il s'agit d'un premier tome, tout nous est expliqué. J'ai particulièrement apprécié tous les passages où l'on en apprend plus sur Téméraire, dragon réellement surprenant et attachant, ainsi que sur le fonctionnement des Aerial Corps. D'ailleurs, voir un Laurence, ancien capitaine de la Navy assez guindé, s'offusquer de ce qu'il se passe chez les Corps est assez amusant, tant ceux-ci se fichent complètement des convenances. Ça donne des scènes plutôt amusantes à lire. Le parcours initiatique des deux est globalement intéressant, surtout en ce qui concerne la partie entrainement de nos deux personnages. Les différentes rencontres qu'ils vont faire, que se soit dragonnesque ou humaine vont beaucoup leur apporter. 

D'ailleurs, venons-en aux personnages. Laurence est parfois un peu trop collé monté et souvent trop droit dans ses bottes. Il est le parfait héros, peut-être parfois un peu trop. Heureusement, il a quelques défauts tout de même et surtout son amitié pour Téméraire pour le rendre parfaitement sympathique. Téméraire lui aussi est presque trop parfait mais jeune, très jeune ce qui fait qu'on s'attache à lui très très rapidement. Côté personnages secondaires, il y en a un petit paquet, tous plutôt bien caractérisés que se soit côté humain ou dragon. Mais je dois avouer que j'ai une préférence pour la plupart des dragons, ils ont ce petit quelque chose qui fait qu'on s'attache à eux directement, et pas que le fait que se soit des dragons (même si je surkiffe les dragons). 

Au final, j'ai beaucoup beaucoup aimé donc. Déjà pour l'uchronie bien sympa, qui respecte pas tout à fait (forcément) ce qu'il a pu se passer avec un élément uchronique qui me fait avoir des papillons dans le ventre (pourquoi n'y a-t-il pas plus de livre aussi sympa avec des dragons, franchement). C'est bien foutu, avec des personnages fort sympathiques et intéressant et surtout, ça promet au moins un bon tome deux (en espérant que les tomes trois à neuf seront tout aussi bon aussi hein). En plus de ça, les batailles sont terriblement angoissantes pour tout le monde et pas du tout traité à la va-vite ou trop techniquement et les moments de calme la plupart du temps tout mignon nous offre de belles surprise (et les deux auront finalement réussi à me faire presque pleurer tiens). Téméraire risque donc fortement de devenir une série coup de cœur.

mardi 12 mai 2015

Fight Club, Chuck Palahniuk

Je crois que Fight Club a été le film de ma génération (que je n'ai donc pas vu, hein, comme d'habitude). Du coup, lorsque j'ai vu le livre à la librairie, je me suis dit qu'il fallait tout de même que je sache enfin d'où viennent les règles...

Fight Club, Chuck Palahniuk

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2013 pour cette édition
Titre en VO : Fight Club
Année de parution en VO : 1996
Nombre de pages : 304

A lire si :
- Vous aimez les romans assez décousus
- Vous voulez de la violence
- Vous voulez une belle critique de la société

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire simple
- Vous n'avez pas aimé le film

Présentation de l'éditeur :

Sur le plus haut building du monde, deux hommes exploseront dans dix minutes : Tyler Durden et le narrateur. Flashback. Un jeune cadre conte ses errances d'avion en avion, sa vie passée à ausculter des carcasses de voitures pour le compte d'un constructeur automobile. Bien qu'en bonne santé, l'homme participe à divers groupes thérapeutiques, s'y repaît du malheur des autres et y retrouve le sommeil... jusqu'à sa rencontre avec Marla, une sadomasochiste qui pratique la même imposture. Plus bouleversante encore sera sa confrontation avec Tyler Durden, l'inventeur des fight clubs, ces lieux où de jeunes américains biens nés se battent à mains nues jusqu'à l'épuisement. Peut-être pour donner un sens à leur vie. Peut-être parce que dans ce chaos consumériste qui sert de monde, "la douleur est la vérité, l'unique vérité". Mais pour Durden, il faut aller beaucoup plus loin...

Mon avis

Je dois bien avouer que même si je n'ai jamais vu le film (oui je sais, c'est récurent chez moi, mais promis, je me rattrape petit à petit), je connaissais l'histoire de celui-ci. Devenu culte bien après sa sortie au cinéma grace au bouche à oreille, l'une des ses répliques a été plus que reprise. Alors forcément, Fight Club, même si on a pas vu, on connait. Mais je ne suis pas sure que tous les fans du film soient au courant que ce fut d'abord un livre. Et d'ailleurs, il vaut quoi ce bouquin ?

Et bien, La première règle du fight club est : il est interdit de parler du fight club.
La deuxième règle du fight club, c'est qu'il est interdit de parler du fight club.

Oui, j'aurais carrément pu finir mon avis sur ces deux règles, j'ai failli d'ailleurs... Mais ça aurait été injuste pour le roman.

Le livre commence par la fin, Tyler et le narrateur dont nous ne connaîtrons jamais le nom, se trouvent sur le toit d'un immeuble en pleine destruction. Immeuble qui doit sauter dans dix minutes. Cela, le narrateur le sait parce que Tyler Durden le sait. A partir de là, flashback. Nous allons découvrir pourquoi ils sont là-haut, en commençant par le début, la rencontre entre le narrateur et Marla Singer puis entre le narrateur et Tyler Durden lui-même. C'est là que commence la quête de destruction du narrateur.

Car le livre parle bien de destruction, pas seulement celle du narrateur d'ailleurs. Derrière cette histoire bien violente, qui semble souvent bien décousu à l'image de ce que peu vivre et ressentir le narrateur, il a y aussi une belle critique de la société de consommation, de la société tout court. A travers le narrateur, Tyler et Marla, nous allons découvrir une manière de se rebeller contre cela, la plus violente, la plus fatale surement. Et l'auteur s'en donne à coeur joie, il n'y pas à dire, pour défoncer tout cela. Mais justement, ne défoncerait-il pas des portes ouvertes ? Presque dix ans après la parution du livre, j'aurais peut-être tendance à dire oui, tellement on a pu parlé de cela. Mais en le remettant dans le contexte de son année de sortie, non, pas vraiment. Encore moins lorsqu'il parle de la "place" de l'homme et de sa sexualité. D'ailleurs, oui, il enfonce des portes ouvertes maintenant, mais malheureusement, le problème reste récurrent à notre époque. Et c'est là que le livre tient du culte, comme son fils, dans l'intemporalité de ses propres. De plus, l'auteur critique, oui, mais il laisse surtout aux lecteurs la possibilité de se faire sa propre opinion, offrant au livre plusieurs sens de lecture (puisque personne ne réagit forcément pareil). Ainsi l'histoire du narrateur parle à beaucoup plus de monde, que se soit dans la partie schizophrène (ne me dites pas que vous ne savez pas ça, même moi, sans avoir vu le film je le savais), dans la critique de la société ou encore dans toute la partie homosexuelle du livre (oui, la relation entre le narrateur et Tyler est tout de même ultra sexuelle je trouve)

Au final, le livre est vraiment bon, même si parfois, j'ai trouvé que Palahniuk souffre un peu trop de tics d'écriture. D'ailleurs, son style saccadé, fait de courtes phrases, courts paragraphe, permet d'entrer plus rapidement dans le livre et dans la tête du narrateur. On comprend facilement pourquoi il est devenu culte et parle autant à toute une génération.


"Vous n'êtes pas un beau flocon de neige merveilleux et unique. Vous êtes la même matière organique en train de pourrir que n'importe qui d'autre, et on appartient tous au même tas de compost."
" Nous sommes les enfants de l'histoire, entre aînés et cadets, élevés par la télévision dans la conviction qu'un jour nous serons millionnaires, vedettes de cinéma, stars du rock, mais cela ne se fera pas. Et nous sommes simplement en train d'apprendre ce petit fait, dit Tyler. Alors ne déconnez pas avec nous."


vendredi 5 décembre 2014

La Brigade des Loups, épisode 6, Lilian Peschet

Et voilà, une nouvelle série numérique de finie. Le dernier épisode de la Brigade des Loups est paru il y a peu, et je me suis empressée de le lire.

La Brigade des Loups, épisode 6, Lilian Peschet

Editeur : Voy'el
Collection:  E-courts
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le premier épisode
- Vous aimez les histoires en plusieurs parties
- Vous aimez les histoires de loups-garou
 
A ne pas lire si : 
- Vous voulez du loup-garou stéréotype
- Vous avez du mal avec les points de vue multiples
 
Présentation de l'éditeur : 
 
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.
 
Mon avis :
 
Cet ultime épisode commence sur un flashback, dix huit ans en arrière. Flashback que nous allons retrouver régulièrement et qui est très important pour comprendre comment on a pu en arriver là. Nous trouvons aussi des passages qui  ne sont pas narrés par l'un de membre de la brigade, certain le sont par d'autres protagonistes, certains sont carrément en focalisation externe (pas de "je"). Au niveau des personnages point de vue, nous retrouvons le Capitaine Vasile, Dragos, Yakov, Aleksei (le chef de la résistance lupine) et le colonel Antonescu. L'action est toujours partagée en deux, puisque Vasile, Mikaï et Dragos sont avec les résistants et Yakov et Pavel sont toujours dans le camps de l'armée.

Sans trop spoiler (je vais essayer), nous allons enfin découvrir ce qu'il se passe réellement et qui tire les ficelles de tout cela. Et je dois bien dire que même si je m'attendais un peu à ce qui nous est dévoilé, j'ai tout de même était surprise par beaucoup de chose (dur dur de ne rien dire pour ne pas spoiler). En tout cas, tout cela est super bien mené et permet vraiment de nous surprendre. On passe par tout plein d'émotion et même par la tristesse puisque tout cela ne se finit pas en happy end (ce qui aurait été très con, vu le ton de toute la série, on est d'accord). D'ailleurs, la fin me semble pas mal ouverte, surtout pour un personnage. Puis-je espérer une suite à la série ?

Au final, l'épisode finit la série en beauté. Une série qui m'a d'ailleurs vraiment beaucoup plus parce qu'elle mêle judicieusement action, fantastique, uchronie et critique de la société (racisme, maladie, mais aussi critique militaire, critique du gouvernement...) et cela jusqu'à sa fin. Bref, Une série comme je les aime, capable de divertir et en même temps de faire réfléchir.

Pour info, les éditions Voy'el ont sorti l'intégrale de la série sous format papier avec une magnifique couverture rouge pour ceux qui voudraient découvrir mais qui n'ont pas de liseuse.

mercredi 8 octobre 2014

La Brigade des Loups, Episode 5, Lilian Peschet

Cela faisait un petit moment que je l'attendais cet épisode 5 de La Brigade des Loups. Le voilà enfin, et je dois bien dire que je vais avoir du mal à attendre le sixième.

La Brigade des Loups, Episode 5, Lilian Peschet

Editeur : Voy'el
Collection : E-courts
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :

- Vous avez aimé le premier épisode
- Vous aimez les histoires en plusieurs parties
- Vous aimez les histoires de loups-garou
- Vous voulez une autre vision des dits loups-garou
A ne pas lire si : 
- Vous voulez du loup-garou stéréotype
- Vous avez du mal avec les points de vue multiples
Présentation de l'éditeur : 
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.
Mon avis : 
Dans l'épisode précédent (sorti en janvier, tout de même, ça fait long), nous suivions Mikaï et Vasile. Cette fois, nous voici avec Pavel et Yakov . Les deux sont tout aussi en fuite que les premiers, sauf que l'un va se retrouver sur le champs de bataille et l'autre dans un labo, le tout en Moldavie. Chacun d'eux va essayer de survivre et de découvrir ce qu'il se passe vraiment en Moldavie. Ce que chacun va découvrir va encore un peu plus bouleversé la situation.

Pour ce cinquième épisode, nous continuons donc à n'avoir que deux points de vue. Et chacun va nous montrer deux enfers différents. Avec Pavel, se sera l'enfer de la guerre, puisqu'il va se retrouver sur le front. Et Lilian Peschet ne nous épargne pas grand chose dans l'horreur tout en restant tout de même soft, pas de gore, et c'est tant mieux. Avec Yakov, c'est un enfer plus subtil. En effet, il se retrouve dans une ville laboratoire où il va en apprendre bien plus sur le virus lycan. Et là, forcément, on a envie de penser à la conspiration, et on en est vraiment pas loin. 

Du coup, nous avons un épisode plutôt bien équilibré, entre action et révélation. De plus, il faut vraiment bien avancer tout ça, surtout que nous sommes presque arrivés à la fin de la série (déjà oui, je suis triste). La tension monte et les révélations ne font qu'augmenter tout cela, sans parler du cliffhanger de fin. Au final, hâte hâte de pouvoir lire le sixième là.

PS : Ceci est le centième livre de l'année. J'ai donc dépassé avec lui l'une de mes bonnes résolutions (lire plus de cent livres par an).

lundi 24 février 2014

La Brigade des Loups, Episode 4, Lilian Peschet

Je l'attendais depuis le mois de novembre, le voilà, le nouvel épisode de la Brigade des Loups. Comme je sais que je lis les épisodes vite, j'ai lâché l'epub en cours (ben oui encore...) pour le lire. En une heure, c'était fait et j'en demande encore.

/!\ Spoiler 

La Brigade des Loups, Episode 4, Lilian Peschet

Editeur : Voy'el
Collection : E-courts
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si
- Vous avez aimé le premier épisode
- Vous aimez les histoires en plusieurs parties
- Vous aimez les histoires de loups-garou
- Vous voulez une autre vision des dits loups-garou
A ne pas lire si : 
- Vous voulez du loup-garou stéréotype
- Vous avez du mal avec les points de vue multiples
Présentation de l'éditeur :
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.
Mikaï et Vasile, capitaine de la Brigade, fuient à travers la Roumanie, aidés par la Résistance. Le procès de Vasile sert de prétexte au gouvernement pour augmenter la pression sur les lupins, et surtout sur les Brigades des loups. La Roumanie, terre de refuge des lupins, le restera-t-elle encore longtemps ?

Mon avis

Comme je le disais, j'attendais avec impatience la suite des aventures des Loups-Garou de Budapest. Les voilà enfin de retour. Je ne suis toujours pas déçue par cette série. Il faut bien dire que Lilian Peschet continue à nous faire frisonner. Il est vraiment très doué pour faire monter la tension et pour nous laisser en plan à la fin avec une seule envie : avoir la suite. Surtout que nous venons de dépasser la moitié (six épisodes prévus) et que là vraiment je veux savoir ce qu'il va se passer.

Mais revenons-en à cet épisode là. Déjà, petite nouveauté, nous n'avons que deux points de vue. Seulement deux, du coup, on se demande largement ce qu'il arrive des trois autres membres que l'on avait laissé dans une posture pas si simple que ça. Cette fois, nous suivons donc les deux fugitifs du moment, à savoir Mikaï (mon petit chouchou, j'avoue) et Vasile, son capitaine. Nos deux compères fuient à travers la Romanie les récents évènements (voir épisode 3 donc). Forcément, ils ne sont pas du tout au bout de leur surprise.

Alors, même si nous n'en apprenons pas forcément sur qui manipule le tout en arrière plan, nous avons droit à quelques informations plutôt intéressantes, comme ce qu'il est advenu des autres Brigades dans le pays. Et c'est pas joli-joli. Effectivement, ils sont formatés pour chasser les autres lupo-positifs. Autant dire que je ne m'attendais pas du tout à ça. Je pensais bêtement qu'ils seraient gardé dans des camps, voire exterminer (genre Allemagne nazi quoi en fait, ça me paraissait tellement plus plausible en fait...). L'option choisie par l'auteur est, je trouve, bien meilleure. Et elle permet un peu plus de possibilité (je n'en parlerais pas, vous laissant découvrir tout ça).

Du coup, cet épisode est vraiment basé sur l'action et le début de la Résistance, ce qui présage beaucoup de bons en perspective pour la suite des évènements, surtout que pour le moment, nous ne savons toujours pas ce qu'il est arrivé à deux des hommes de la brigade. Bref, encore du bon et une tension qui augmente de plus en plus. Du coup, j'ai vraiment vraiment envie d'avoir la suite là maintenant de suite.

mercredi 20 novembre 2013

Anno Dracula, Kim Newman

J'aurais mis un petit moment à lire cet epub. Pas vraiment le temps, vu que je ne lis que lorsque j'ai quelques minutes devant moi, avant d'aller bosser, ou dans les salles d'attentes. Il n'empêche que c'est un livre que j'ai pas mal apprécié.

Anno Dracula, Kim Newman

Editeur : Bragelonne
Collection : /
Année de parution : 2012
Titre en VO : Anno Dracula
Année de parution en VO : 1992
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez les histoires de vampires
- Vous aimez les livres faisant référence à d'autres livres
- Vous voulez une histoire assez complexe aux niveaux des personnages

A ne pas lire si :
- Vous comptez voir Dracula du début à la fin
- Vous n'aimez pas quand il y a trop de personnages

Présentation de l'éditeur :

Londres, 1888. La reine Victoria s'est remariée avec le comte Dracula, qui entend répandre le vampirisme dans tout le royaume. Chaque soir, au crépuscule, les non-morts poursuivent les sang-chauds pour leur donner " le baiser des Ténèbres " et boire le sang qui leur assure l'immortalité. La terreur règne, toute révolte est impitoyablement réprimée, mais un mystérieux tueur au scalpel d'argent, en s'attaquant aux prostituées vampires, menace la stabilité du nouveau régime.

Mon avis :

Comme je l'ai dit, j'ai mis un moment à lire le bouquin. Déjà par manque de temps, mais aussi parce qu'il est assez dense finalement (et que j'ai cherché pendant longtemps toutes les références...).

L'histoire se passe dans le Londres de 1888 (je suis sure que la date vous dit quelques choses à la vue de mes dernières chroniques). Mais ce n'est pas le Londres que nous connaissons. Dracula a échappé à Van Helsing, a pris possession du pays, fait de la reine Victoria une vampire et surtout, a fait en sorte que les vampires ne soient plus secrets. Du coup, il y a presque autant d'humain que de vampire dans la ville. D'ailleurs, les vampires ont pris possessions des meilleurs postes, ceux avec le plus d'importance. Mais voilà, à Withe Chapel un assassin s'amuse à égorger et mutiler des prostituées vampires. L'histoire commence alors pour nous.

Comme je le disais en intro de mon avis, il y a beaucoup de références dans ce livre. La première, la plus remarquable, c'est donc Dracula, d'après le livre de Bram Stoker, dont on retrouve d'ailleurs les personnages. Mais pas que. On retrouve aussi le docteur Jekyll, le docteur Moreau, Jack L'éventreur, et bien d'autres. Franchement, je n'ai pas su trouver tout le monde dans les références. C'est la première chose qui m'a beaucoup plus dans ce livre. Cette manière de prendre des personnages et de les rendre vivant, avec de vrais roles, de se les approprier en fait. C'est très bien fait, et nous n'avons pas l'impression qu'ils sont là juste pour la galerie. Ainsi Newman transforme certains des personnages non originaux. Par exemple, Arthur Goldaming, présent dans Dracula de Stroker, devient un vampire, Van Helsing a sa tête sur une pique, Jekyll n'est pas encore Hyde et Dracula est un personnage des plus interessant bien qu'on ne le voit quasiment pas dans le livre.

En parlant de personnages, ils sont tous vraiment bien fait. Nous en suivons pas mal durant tout le roman, des personnages originaux comme repris d'autres œuvres. Chacun a ses doutes, ses espoirs, sa façon de voir le monde, qu'ils soient vampires ou humains. On s'accroche assez facilement à la plupart, pour moi ce fut plus particulièrement à Geneviève, ancienne vampire française et à Beauregard, humain qui mène l'enquête pour le Diogene's Club. Mais tous les personnages sont intéressants, plus particulièrement les humains que les vampires.

L'histoire est très intéressante. Déjà il y a cette uchronie qui fonctionne plutôt pas mal vu qu'elle se base tout de même sur de l'existant. Ensuite, toute la partie enquête pour découvrir qui est Jack l’Éventreur m'a beaucoup plus. Les protagonistes vont de fausses pistes en fausses pistes même si assez rapidement nous, lecteurs,  savons qui est l'auteur des crimes. De plus, elle permet vraiment de voir la société crée par Newman sur la base du Londres de cette époque. Nous ne voyons pas que le quartier pauvre de White Chapel, même si c'est là que va se dérouler la plupart de l'action, nous voyons aussi les hautes sphères, remplies de vampires. Ce sont d'ailleurs des passages que j'ai bien aimé, même s'ils sont trop peu nombreux et que finalement, ils ne font pas tant avancer l'histoire que ça. Par contre, c'est vraiment là que l'on sent toute la force de l'uchronie de Newman.

Cette uchronie est vraiment le gros point fort du livre. La réécriture de Newman de la période 1888 est particulièrement bonne, mettant en avant les points faibles et les points forts de la société de l'époque. En plus de cela, il nous fait apparaitre les vampires sous un autre jour, surtout au niveau du passage aux ténèbres, lorsqu'un humain devient vampire. Cela est fait par choix, politique ou social ou encore pour devenir qui ont doit être vraiment. Cela donne une nouvelle tournure au vampirisme, comme si c'était une mode ou alors une vraie philosophie, tout dépend de qui est transformé. C'est de cette manière aussi que l'ont découvre la vraie nature de l'humain. Du coup, le lecteur porte un tout autre regard sur le personnage que celui qu'il lui avait porté jusque là et par la même sur l'entière société écrite par Newman mais aussi sur la sienne propre. 

En conclusion, c'est un livre divertissant qui fait aussi un peu réfléchir sur l'homme (alors qu'il traite de vampire). Le seul bémol que je pourrais y mettre reste qu'on ne voit pas assez le personnage de Dracula malgré sa forte présence tout au long du livre. Un autre bémol, la fin, mais là, je ne dirais pas trop pourquoi pour ne pas spoiler. En tout cas, c'est un libre qui m'a plut, et qui me donne envie de lire plein d'autres livres pour mieux comprendre les références.


mercredi 6 novembre 2013

La Brigade des Loups, Episode 3, Lilian Peschet

Ok, voilà donc un livre aussitôt acheté, aussitôt lu. Faut dire que j'apprécie de plus en plus cette série lupine.

/!\ Spoiler sur les épisodes précédents

La Brigade des Loups, Episode 3, Lilian Preschet

Editeur : Voy'el
Collection : E-courts
Année de parution : 2013
Format : Epub 

A lire si : 
- Vous avez aimé le premier épisode
- Vous aimez les histoires en plusieurs parties
- Vous aimez les histoires de loups-garou
- Vous voulez une autre vision des dits loups-garou
 
A ne pas lire si : 
- Vous voulez du loup-garou stéréotype
- Vous avez du mal avec les points de vue multiples
 
Présentation de l'éditeur
 
2020. L'épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l'un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l'un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s'occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups.
Le procès du capitaine de la Brigade s'ouvre alors que la haine anti-lupins ne cesse de croître. Les extrémistes, qui gagnent du terrain, deviennent une véritable menace. Au milieu de la tourmente qui se lève, l'avenir de la Brigade est de plus en plus incertain...

Mon avis :

Bon, je crois qu'il va être dur de ne pas spoiler sur cet épisode, j'en suis désolée. Si vous n'avez pas encore lu les deux premiers, éviter de lire cet avis. Je préfére le dire.

Nous retrouvons la Brigade le jour du procès de leur capitaine. Procès dut aux évènements de l'épisode un. La haine anti-lupin grandit, suite aux évènements de l'épisode deux et cette tension apparait dès les premières pages de ce troisième épisodes. Alors que Vasile arrive au palais de justice, une émeute éclate. Nos lupins préféré se trouvent pris dedans. Ils réussisent, tant bien que mal à faire entrer Vasile avec l'armée. Pendant ce temps, leur QG est attaqué par une autre bande d'anti. Dans cet épisode, tout bascule. La meute se délite. Là où dans l'épisode deux elle se renforçait, ici, elle s'étiole. Chacun des membres veut sauver sa peau, sa réputation, son chef. Mais ils prendront des chemins différents.

Comme pour les deux épisodes précédents, il y a beaucoup d'action dans celui-ci. On ne s'ennuie pas une seconde et l'écriture de Lilian Peschet aide beaucoup. C'est encore plus haché que d'habitude, plus vif. On découvre un autre aspect de la brigade, sans pour autant en découvrir bien plus sur tous ces membres. Mais cela n'est pas dérangeant puisque l'intrigue nous en apprend plus sur les lupins en général, sur les meutes.

Il dénonce aussi pas mal les antis, l’extrême droite. Nous rentrons vraiment dans une partie politique qui fait malheureusement un peu trop pensé à ce qu'il peut se passer à notre époque ou à ce qu'il a pu déjà se passer par le passé. Autant dire que du coup, l'uchronie m'a semblé encore plus possible. il y a aussi une belle critique de l'armée, qui je pense va continuer dans les épisodes suivants.

Pour conclure, ce troisième épisode est prenant. Très. Il fonctionne parfaitement bien sur moi et me donne toujours autant envie de continuer cette série. Il me semble qu'il ne reste plus que trois épisodes pour finir l'aventure des Brigades.

PS : Information ultra importe ! Je n'ai toujours pas vu la différence entre la couverture de l'épisode 1 et celle du 2, par contre, j'ai vu celle de celui-ci ! Et vous ?

lundi 7 octobre 2013

La Brigade des Loups, épisode 2, Lilian Peschet

J'attendais avec impatience ce nouvel opus de La Brigade des Loups. Dès le jour de sa sortie, je l'ai téléchargé et puis, va savoir pourquoi, j'ai attendu avant de le lire. Ce week end, je me suis posée, iphone dans les mains et je l'ai lu presque d'une traite.

La Brigade des Loups, épisode 2, Lilian Peschet

Editeur : Voy'el
Collection : E-court
Année de parution : 2013
Format : epub

A lire si : 
- Vous avez aimé le premier épisode
- Vous aimez les histoires en plusieurs parties
- Vous aimez les histoires de loups-garou
- Vous voulez une autre vision des dits loups-garou
A ne pas lire si : 
- Vous voulez du loup-garou stéréotype
- Vous avez du mal avec les points de vue multiples
 
Présentation de l'éditeur :
 
2020. L’épidémie de lycanthropie sévit en Europe depuis près de trente ans. La Roumanie est l’un des pays les plus en pointe concernant la recherche sur ce rétrovirus, mais aussi l’un des rares où les lupins ont le droit de vivre dans la société.
Sous certaines restrictions.
Pour s’occuper des crimes lupins, des unités de polices spéciales exclusivement composées de malades ont été créées.
On les appelle les Brigades des loups. Un attentat dans un centre commercial de Bucarest. Des revendications d’un groupe indépendantiste moldave. Une autre bombe qui doit exploser. Mais l’ennemi se trouve-t-il vraiment à l’extérieur de Bucarest ? La Brigade risque beaucoup à enquêter sur une affaire où elle n’est pas désirée…

Mon avis :

J'avais aimé, ce fut d'ailleurs un coup de cœur, le premier épisode de cette série sur les loups-garou, j'ai tout autant aimé le second. C'est d'ailleurs aussi un coup de cœur (comme ça, c'est dit).

Nous retrouvons l'équipe de la Brigade des Loups de Bucarest juste après le premier épisode. Les membres se remettent de ce qu'il a pu se passer dans le premier (je ne vais pas trop en dire pour éviter trop de spoiler). Nous découvrons alors l'aspect meute de la brigade, aspect qui bien que présent dans le un n'était pas aussi développé. Chacun survit, fait en sorte de remonter la pente suite à ce qu'il s'est passé. Du coup, nous en découvrons bien plus, et voyons deux groupes se former, celui où les membres restent encore un humain et celui où ils laissent plus libre court à leur côté animal. On découvre aussi, parfois sur un simple détail, ce qu'ils ont été et ce qu'ils sont à présent. Du coup, l'épisode est un peu plus "psychologique" que le premier, mais l'action est bien présente. En tout cas, c'est quelque chose que j'ai vraiment beaucoup apprécié et qui fait qu'on entre encore plus dans l'histoire de Lilian Peschet.

Côté intrigue, j'ai trouvé un peu dommage que la quatrième de couverture en révèle un peu trop. Mais malgré cela, je me suis vite trouvé happé par l'histoire, et l'écriture de Lilian Peschet y est aussi pour beaucoup. C'est toujours aussi percutant, nerveux. Je n'ai pas eu une seconde de répits durant ma lecture, j'étais tenue en haleine du début à la fin et franchement, c'est trop bon. De plus, même si comme pour l'épisode un, celui-ci tient sur une intrigue, on sent vraiment que derrière il a un gros truc, une énigme principale qui lie tous les épisodes et qui semblent vraiment complexe. 

Et puis, il y a toujours cette uchronie, qui fonctionne si bien. Plus je lis la série, plus j'ai vraiment l'impression que ça arrive maintenant. Faut dire que si on enlève l'aspect lupin de l'histoire, ça pourrait surement réellement se passer. Du coup, ça fonctionne à mort, du moins sur moi.

En conclusion, j'ai encore aimé cet épisode et j'ai hâte de pouvoir lire la suite rapidement. Lilian Peschet nous offre là une série vraiment géniale.

PS : Cécile Duquenne nous fait remarquer que la couverture du tome 1 et 2 se ressemblent, en fait, elles seraient les mêmes à un ou deux détails près. Et cela continuera avec les autres épisodes. Avez-vous remarqué les changements (j'avoue que moi pour le moment, non, mais je suis myope, ça aide pas).

vendredi 13 avril 2012

Du sel sous les paupières

Je viens à peine de finir le livre que déjà vous avez mon avis dessus, c'est-y pas beau ça ?

Du sel sous les paupières, Thomas Day

A lire si :
- Vous aimez que différents styles se rencontrent
- Vous aimez les uchronies
- Vous aimez les aventures initiatiques

A ne pas lire si :
- Vous cherchez du pur Steampunk
- Vous avez du mal avec les légendes celtes


Présentation de l'Editeur :
Saint-Malo, 1922. Sous la brume de guerre qui recouvre l’Europe depuis la fin de la Grande Guerre, Judicaël, seize ans, tente de gagner sa vie en vendant des illustrés. Mais, pour survivre et subvenir aux besoins de son grand-père, il lui arrive de franchir légèrement les bornes de la légalité. Jusqu’au jour où il rencontre la belle Mädchen. Et lorsque celle-ci disparaîtra, Judicaël fera tout pour la retrouver, en espérant qu’elle n’ait pas croisé la route d’un énigmatique tueur d’enfants surnommé le Rémouleur.  

Mon avis :
Thomas Day est un auteur que je ne connais pas du tout. Comme beaucoup d'auteur de SFFF français d'ailleurs, mais j'essaie de combler cette lagune.
Ce livre a été écrit pour un de ses enfants, comme il l'explique dans la préface. C'est un roman court (que si je n'avais pas lu durant deux jours, j'aurais fini beaucoup plus tôt), qui se lit très bien.
L'histoire commence à Saint Malo (ville qu'il faudrait que je découvre un de ces jours), en 1922, après la Grande Guerre. L'europe est recouverte d'une étrange brume, dite brume de guerre qui rend le monde gris. On découvre Judicaël, le héros, jeune ado vivant avec son papé qui vivote comme il peut. Et puis il rencontre Mädchen et tout bascule. Elle est enlevée, il part à sa recherche et commence l'aventure.
J'ai eu un peu de mal avec les trois premiers chapitres. Ensuite, l'action commence vraiment et à partir de là, on ne s'ennuie plus. Il faut dire que Thomas Day enchaine les divers éléments à une vitesse folle, jusqu'à la partie deux.
En fait, à partir de cette partie, Day fait entrer en scène des éléments fantasy dans son histoire jusqu'alors plus steampunk et aventure. J'avoue ne pas trop avoir compris sur le coup pourquoi. J'avoue aussi ne toujours pas avoir bien compris le pourquoi mais avoir tout de même apprécier. Faut dire aussi que j'aime particulièrement la mythologie celte et que j'ai été un peu servie. 
Le seul problème des deux derniers parties est qu'elles n'ont pas vraiment le même rythme pour moi que la première, et l'apparition de la partie Celte déroute tout de même (même si j'ai adoré MayFlower et Gwynplaine).
Par contre, autant j'ai apprécié les parties Judicaël, autant le peu de chapitre sur Patrick Dolan, jeune partisan de l'I.R.A m'ont moins plus. Je ne sais, je trouvais qu'il était de trop dans le livre. Heureusement, il n'apparait pas beaucoup dans l'histoire finalement.
J'ai beaucoup aimé la manière dont il décrit son uchronie par contre. Réellement. La brume de guerre est présente, Guernesey (où se passe une partie du roman) ne ressemble pas à ce qu'elle peut être à présent, Saint-Malo semble être une ville particulièrement froide et pauvre. 
J'ai trouvé que du sel sous les paupières était un bon petit roman jeunesse. Il se lit facilement, les personnages sont attachants (j'ai beaucoup aimé Hans, l'homme machine aussi). On y trouve aventure, humour et amour, tout ce qui me plaisait en tout cas dans les romans jeunesse (et qui me plait encore).
En tout cas, il m'a donné envie de découvrir un peu plus Thomas Day qui d'après ce que j'ai compris écrit pour adulte avec plus de violence.