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dimanche 21 février 2021

L'épée de la Providence, Le Sorceleur, tome 2, Andrzej Sapkowski

 Il était temps de retrouver Géralt de Riv et de lire avec la voix de Henry Cavill en tête. Je me suis lancée dans le second tome du Sorceleur, qui tout comme le premier, est un recueil de nouvelles (dont certaines ont servi pour la première saison du Witcher sur Netflix)

L'épée de la Providence, Le Sorceleur, tome 2, Andrzej Sapkowski

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2019
Titre en VO : Miecz Przeznaczenia
Année de parution en VO : 1992
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez le détournement des contes de fée
- Vous avez vu et aimé la série (et surement joué et aimé aux Jeux Vidéos)(ce qui n'est pas mon cas malheureusement, je n'y ai jamais joué)

A ne pas lire si
- Vous voulez un roman
- Vous ne voulez que l'on touche aux contes de fée
- Vous n'aimez pas les longs dialogues

Présentation de l'éditeur : 

Geralt de Riv, le mutant aux cheveux d'albâtre, n'en a pas fini avec sa vie errante de tueur de monstres légendaires.Fidèle aux règles de la corporation maudite des sorceleurs et à l'enseignement qui lui a été prodigué, Geralt assume sa mission sans faillir dans un monde hostile et corrompu qui ne laisse aucune place à l'espoir.Mais la rencontre avec la petite Ciri, l'Enfant élue, va donner un sens nouveau à l'existence de ce héros solitaire. Geralt cessera-t-il enfin de fuir devant la mort pour affronter la providence et percer à jour son véritable destin ?

Mon avis

L'Epée de la Providence regroupe, tout comme le premier tome, six nouvelles. Par contre, il n'y a pas de nouvelle faisant lien entre les autres, comme ce fut le cas dans le Dernier Voeux. Ce n'est finalement pas plus mal. J''avais eu un peu de mal à suivre la Voix de la Raison qui était morcelée dans le premier tome. Mais pas de soucis, les nouvelles se suivent et suivent surtout notre cher Géralt. Pour ceux qui ont vu la série, sachez que nous avons enfin quasiment tous les épisodes de celle-ci. L'Epée de la Providence finissant là où fini la saison 1. Mais je m'égare un peu.

Comme toujours avec les nouvelles, on ne peut pas forcément tout apprécier. J'ai eu du mal avec certaines, Les limites du possible (la première, autant dire que ça a vachement ralenti ma lecture)(et pourtant, j'ai adoré l'épisode dans la série Netfli), le Feu éternel (qui m'a parut trop longue pour ce que c'était) ou encore Une once d'abnégation (qui aurait mérité un petit peu mieux). Par contre, j'ai apprécié un Eclat de glace (et son presque duel avec Yennefer en prix), l'Epée de la Providence (et ses dryades) et enfin Quelque chose de plus (dont l'épisode est quasi conforme, chose rare).

Il est surtout appréciable de voir l'évolution de Géralt et de ses relations à travers les différentes nouvelles. Géralt est un personnage que j'apprécie assez, plutôt bourru, souvent seul et en même temps cherchant auprès de lui la présence humaine (sinon, il ne serait pas aussi souvent avec Jaskier lol). Cela se ressent réellement ici, plus particulièrement dès qu'il est question de Yennefer dans les nouvelles. Elle y apparait physiquement trois fois, dans la première, la seconde et la dernière nouvelle. Leur relation a quelque chose de particulier. Bon, il faut dire que les deux sont quand même bien abimés par ce qu'ils sont et que cela les guide régulièrement vers de mauvais choix. J'aime les voir ensemble, même si souvent, ils finissent par se prendre un peu le chou. J'apprécie aussi beaucoup voir Géralt avec Jaskier. J'adore Jaskier ! Il est imbue de sa personne, complètement égoïste, arrogant et j'en passe. Du moins en apparence. En fait, c'est un personnage vraiment mais vraiment sympathique et tout en finesse qu'il faut apprendre à connaitre. Et puis, il y a le dernier personnage important que l'on ne voit que dans les deux dernières nouvelles, j'ai nommé Ciri. Ben, sachez que la demoiselle est quand même une bonne petite pestouille dans l'Epée de la Providence. Dix ans, gâtée pourrie par la Lionne de Cintra et ayant déjà un caractère fortement affirmée. Je ne sais pas comment elle va évoluer mais je l'aime déjà (et je la trouve bien plus interessante que dans la série pour le coup)

J'ai apprécié une nouvelle fois la refonte de certains conte de fées et l'utilisation du folklore fantasy. Ca fonctionne à tous les coups avec moi. Par contre, j'ai de plus en plus de mal avec les représentations féminines de l'auteur dans la série. Ciri fait pour l'instant exception vu son jeune âge, mais c'est peut-être bien la seule à ne pas apparaitre directement comme une créature ultra sexualisée. A chaque fois, on s'attarde forcément sur les seins, les hanches avec des descriptions faisaient passer ce cher Géralt pour un vieux lubrique. Ce sexisme quasi omniprésent me dérange de plus en plus (surtout qu'il est fortement gratuit, si encore ça servait le récit, mais non, c'est juste là pour être là). C'est assez dommage surtout que la série se veut assez progressiste sur d'autres thèmes, comme le racisme par exemple (même si ça remarque moins pour la peine ici). 

Au final, le livre fut parfois un peu long, parfois un peu décousu et souvent un peu trop sexiste pour moi. Heureusement, les dernières nouvelles relèvent clairement le niveaux. J'ai très envie de connaitre la suite (surtout pour Ciri en fait) et je sais que je lirais forcément le troisième tome (qui est déjà dans ma PAL numérique en fait). Le Sorceleur reste interessant pour qui aime la fantasy plutôt classique et les nouvelles. Il n'empêche que s'il souffre toujours des mêmes défauts par la suite, je risque de couper court à ma lecture (même si j'aime beaucoup Géralt).

mardi 9 juin 2020

Contes Imaginaires, Cindy Van Wilder

Il y a quelques temps, Cindy Van Wilder a proposé de poster les nouvelles qui dorment dans son disque dur sur Wattpad. Aimant beaucoup les romans de l'autrice, il était temps de lire les nouvelles.
Petite précision, j'ai lu le recueil petit à petit, sur une période plus ou moins longue, sachant que Cindy Van Wilder poste une nouvelle ou partie de nouvelle tous les vendredis ou presque.

Contes Imaginaires, Cindy Van Wilder

Editeur : Cindy Van Wilder
Collection : /
Année de parution : 2019
Format  : Wattpad

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez la SFFF

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les nouvelles

Présentation de l'éditeur :

Bienvenue dans mes Contes Imaginaires !
Ici, vous trouverez :
- Beaucoup d'imaginaire
- Des créatures fantastiques
- Des personnages ambigus, voire amoraux
- Pas mal d'action
...
- et peut-être quand même, bien caché entre les mots, un zeste de douceur !

Mon avis

Forcément, comme Contes Imaginaires est un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune d'elles (ou presque, l'une a déjà été lue il y a quelques années).

Avis de Tempête
La première nouvelle du recueil est une nouvelle parlant de super-héros. Mais ici, pas de mégalopole, pas de super-méchant non plus. On se déplace à la campagne, dans une petite ville où Tara, la Tueuse de Tornade, doit affronter le divorce de ses parents sur médiatisés, le regard des autres sur elle et ses pouvoirs et une tornade destructrice. J'ai beaucoup apprécié le traitement de la nouvelle, qui ne s'attarde pas sur les pouvoirs de super-héroïne de Tara mais bien sur ce qu'elle peut ressentir, tiraillée de toutes parts par la manière dont les gens peuvent la voir (monstre pour certains, héroïnes pour d'autre, futur animal de labo pour d'autres...). C'est écrit avec beaucoup de sensibilité (venant de l'autrice, on ne s'attend pas forcément à moins) et je trouve vraiment que la manière d'aborder le thème du super-héros change beaucoup dans cette nouvelle de ce que l'on peut voir d'habitude. Bref, j'ai beaucoup aimé.

Un dîner entre gentlemen
Je ne vais pas trop en dire sur cette courte nouvelle pour ne pas la spoiler. Disons que c'est un hommage bien foutu à Lewis Caroll, Maurice Blanc et même Neil Gaiman. C'est fort agréable à lire et à la hauteur de l'hommage.

Au service des Insectes
Je n'ai pas relu la nouvelle, l'ayant déjà fait il y a quelques années. Vous pouvez retrouver l'avis par ici.

Le Chandelier
Cette nouvelle traite d'un sujet peu simple à la base et surtout se base sur un anti-héros. Lepelletier est hanté depuis des années. Il est temps pour lui d'expier ses fautes, et plus particulièrement une. L'autrice nous amène alors aux heures sombres de l'histoire, celles de la seconde guerre mondiale et de la dénonciation des juifs. Une fois encore, c'est la sensibilité de Cindy Van Wilder qui me touche ici. Elle ne tombe jamais dans la surenchère des sentiments, qu'ils soient bons ou mauvais. C'est toujours très juste. Cela rend le récit assez prenant ici, alors qu'il est tout de même court. Bref, ce Chandelier est une petite pépite.

IB-340-X-547
Cette petite nouvelle est plutôt agréable à lire bien qu'assez prévisible. On y découvre un androïde faisant face à des sentiments qu'il ne devrait pas ressentir dans une société où les machines ont pris la tête du pouvoir. Ça se laisse bien lire mais la nouvelle est peut-être bien, pour moi en tout cas, le moins marquant de l'autrice.

Dernier défi
Cette nouvelle est un peu plus dure que les précédentes. Il y est fait mention de scène de sexe (c'est pas énorme, hein non plus, mais ça mérite d'être dit)(et puis l'autrice prévient, alors je peux aussi) et de la violence (là non plus, ce n'est pas un texte ultra violent mais déjà plus que les autres). Je ne voudrais pas trop en dire pour ne pas trop spoiler, mais disons qu'on va découvrir un mythe grec d'une autre manière. La relecture est intéressante, elle transforme le mythe sans le dénaturer. Ce n'est peut-être pas ma préférée mais elle fait son petit effet.

Due Cadaveri
J'ai beaucoup aimé ce texte. Il est terriblement poétique et en même temps terriblement grave et triste. C'est aussi une nouvelle pleine d'espoir. L'histoire de cette petite Nora, dont la famille se retrouve en plein drame, est touchante. C'est merveilleusement écrit et prenant et elle est surement l'une des mes préférées du recueil pour l'instant.

Le chat de Jul
Cindy Van Wilder nous plonge cette fois dans les festivités de fin d'années et dans la mythologie scandinave. Appréciant grandement la dite mythologie, j'ai été ravie de voir le magnifique Jólakötturinn (dans l'idée, c'est donc un chat géant qui mange ceux qui n'ont pas reçu de nouveau vêtement lors de la fête de Yule). J'ai adoré l'ambiance du récit, la manière dont le tout est mené. Et puis, ça m'a un peu rappelé les Outrepasseurs, alors du coup, elle a tout bon cette nouvelle avec moi.

Joyeux Anniversaire !
J'ai pas mal apprécié cette nouvelle que j'ai trouvé amusante. Un homme vient dans le Dédale pour commander un monstre pour l'anniversaire de sa fille. Il faut dire qu'il a inventé une histoire de monstre pour qu'elle se calme mais que ça n'a pas beaucoup marché. Or, le monstre n'est peut-être pas celui qui vient du Dédale... 

Le secret de l'Ourthe
Cette nouvelle est la réécriture d'un conte assez connu, celui des Farfadets réparant les objets cassés. Je crois qu'il doit être connu dans une bonne partie du monde, du moins de l'Europe. D'ailleurs, en bonne autrice belge, Cindy Van Wilder le situe non loin du rocher Bayard et de l'Ourthe, rivière ardennaise. C'est un conte plutôt sympathique à lire sans toutefois être d'une grande originalité (après tout, c'est une réécriture)

Nous ne serons plus jamais seuls
Cette fois, nous embarquons pour Venise et malgré ce décors que j'apprécie toujours autant, la nouvelle ne fait pas partis de mes préférées. Je la trouve un peu trop rapide et surtout, je n'arrive pas, personnellement, a en voir la finalité. Pourtant, elle commence plutôt bien, avec un élément que j'apprécie assez.

Tryamour
La dernière nouvelle du recueil nous entraîne dans les légendes arthuriennes. Le jeune Lanval est amoureux de la reine Guenièvre. Un amour qu'il refuse, comme on peut le comprendre. Malheureusement pour lui, il ne peut s'y soustraire comme il le voudrait. Sa rencontre avec Tryamour, une Fay va changer bien des choses pour lui. Mon amour des légendes arthurienne et de tout ce qui tourne autour va forcément parler pour moi ici. J'ai beaucoup apprécié ma lecture.


Pour conclure l'avis sur ce petit recueil, j'ai apprécié quasiment toutes les nouvelles. Je trouve qu'il donne un très bon aperçu de ce que fait Cindy Van Wilder. J'ai plus particulier apprécié pour la suivre sur les réseaux, retrouver ses valeurs dans ses écrits. Si vous ne connaissez pas encore l'autrice, je pense vraiment que c'est une parfaite mise en bouche.

dimanche 26 avril 2020

Le Dernier Voeux, Le Sorceleur, Tome 1, Andrzej Sapkowski

J'ai dévoré la saison 1 de la série the Witcher juste après mon opération. J'ai adoré. Alors, lorsque le tome 1 de la série littéraire a été proposé par Bragelonne durant sa dernier opération, je me suis un peu jeté dessus. Il était temps de le lire.

Le Dernier Voeux, Le Sorceleur, Tome 1, Andrzej Sapkowski

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Ostatnie zyczenie
Année de parution en VO: 1993
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez le détournement des contes de fée
- Vous avez vu et aimé la série (et surement joué et aimé aux Jeux Vidéos)(ce qui n'est pas mon cas malheureusement, je n'y ai jamais joué)

A ne pas lire si
- Vous voulez un roman
- Vous ne voulez que l'on touche aux contes de fée
- Vous n'aimez pas les longs dialogues

Présentation de l'éditeur

Geralt de Riv est un personnage étrange, une bizarrerie de la nature, un mutant qui, grâce à la magie et à un long entraînement, mais aussi grâce à un mystérieux élixir, est devenu un meurtrier parfait. Ses cheveux blancs, ses yeux nyctalopes et son manteau noir effrayent et fascinent. Il parcourt des contrées pittoresques en gagnant sa vie comme chasseur de monstres. En ces temps obscurs, ogres, goules et vampires pullulent, et les magiciens sont des manipulateurs experts. Contre ces menaces, il faut un tueur à gages à la hauteur. Car Geralt est plus qu’un guerrier ou un mage. C’est un Sorceleur. Il est unique.Au cours de ses aventures, il rencontrera une autoritaire mais généreuse prêtresse, un troubadour paillard au grand cœur, et une magicienne capricieuse aux charmes vénéneux. Amis d’un jour, amours d'une nuit.Mais au bout de sa quête, peut-être pourra-t-il prononcer son dernier vœu : retrouver son humanité perdue…

Mon avis

Comme je le disais, j'ai dévoré la série Netflix en deux jours. Bon, j'étais seule à la maison et ne pouvais pas trop bouger. Je m'étais pourtant juré de lire au moins le premier tome de la série avant de le faire. J'ai pas tenu. Tant pis pour moi, je vous dirais. Ce n'est donc qu'un mois plus tard (avec ce maudit confinement, j'ai l'impression que ça fait déjà trois mois au moins), que je me lance dans l'oeuvre originale (si mon frère avait lu plus vite ses exemplaires, j'aurais pu le faire plus tôt, mais son rythme de lecture est très très lent).

Premier point sur ce tome, ce n'est pas un roman. Et en fait, c'est un bon point pour moi. Alors, oui, ça peut paraitre étrange dit comme ça, mais, déjà, j'aime les nouvelles (j'en ai récupérer plein d'ailleurs ces derniers temps, faut que je trouve le temps de les lire et de les chroniquer ici)(en fait, je cherche un format pour le faire, peut-être pas une par une, mais disons par éditeur ? ou un post par semaine ? ou par mois ? je sais pas)(et ce n'est pas le propos ici). On se retrouve donc avec sept nouvelles, dont une qui fait le lien avec les six autres. C'est un procédé assez sympathique, même si du coup, pour la Voix de la Raison, on peut perdre un peu le fil.

J'ai hésité à faire un avis sur chaque nouvelle, comme je le fais à chaque fois. Et puis, je me suis dis que ce n'était pas la peine ici, puisque finalement, ce ne sont pas des nouvelles différentes, avec un sujet différent à chaque fois. Non, toutes ont pour personnage principal Géralt de Riv, notre sorceleur. Un personnage que nous apprenons à connaitre petit à petit en le suivant dans sept de ses aventures. Alors, oui, le format est court pour chacune d'elles, mais en même temps, je crois que plus long aurait fait plus de mal à Géralt. Mais revenons à ce premier tome.

Il faut le dire, j'ai aimé les nouvelles. Presque toutes. Bon, forcément, il y en a de meilleurs que d'autres. Par exemple, j'ai moins apprécié Le Bout du Monde et la Voix de la raison. Par contre, j'ai adoré Le Moindre Mal ou le Dernier Voeux. Mais dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé. Déjà, parce que j'ai aimé la manière dont l'auteur utilise le folklore fantastique (elfe, nain, stryge, magicien et j'en passe) et les contes de fées. Ici, point de prince charmant mais une réalité qui se rapproche tout de même bien plus de ce qu'était les contes avant que Disney n'y mette la main dessus. L'univers en est du coup plutôt foisonnant et savoureux. Moi, il me plait beaucoup.

Tout comme les personnages qui le peuplent. Alors, j'ai eu le malheur de découvrir le Sorceleur par le biais de Netflix. Jaskier m'y paraissait insupportable, Géralt passait plutôt bien (et puis Henry Cavill quoi), Yennefer me paraissait un peu trop imbue d'elle-même et plutôt peste et ainsi de suite. Là, je dois dire que j'ai apprécié presque tout le monde. Déjà, Géralt est un personnage comme je les aime. Il est froid, distant, tout cela dut à son état de Sorceleur, et en même temps terriblement humain (on le ressens bien plus là que dans la série Netflix, je trouve). Ce n'est pas une sorte de super-héros médiéval et c'est appréciable. Yennefer, qui n'apparait que dans une nouvelle, le Dernier Voeux, est aussi bien différente de ce que j'ai vu d'elle. Même si on ne la voit que très peu, je la trouve déjà moins lisse. Mais le plus gros changement, c'est Jaskier que j'ai adoré là où je lui aurait bien foutu des baffes dans la série Netflix. Quant aux personnages secondaires, je dois avouer que, forcément, je les ai trouvé plus interessant ici.

Enfin, il y a le style. Je m'attendais à quelque chose de plus descriptif. Je ne sais pas pourquoi, mais je voyais ça comme la plupart des livres de fantasy, des descriptions détaillées, du voyage, quelques dialogues. En fait, il y a beaucoup beaucoup de dialogue. Les personnages parlent et pas qu'un peu. On se retrouve souvent d'ailleurs à écouter d'autres histoires dans l'histoire. J'aime bien cette manière de faire, mais je pense que ça ne plaira pas à tout le monde. Côté description, il y en a mais très peu. Le lecteur doit presque tout imaginer avec ce que l'on sait déjà des créatures du folklore. Ca aussi, j'apprécie assez. Notre imagination n'est pas bloquée par trop de descriptions, surtout en ce qui concerne les monstres et autres créatures peuplant l'univers.

Au final, j'ai apprécié cette première incursion dans l'univers du Sorceleur. J'ai très très envie de lire la suite (en espérant que mon frère est enfin dépassé le tome un... histoire que je puisse lui piquer). Je savais à peu prés où je mettais les pieds grâce à la série Netflix et je n'ai pas été déçue. J'ai même préféré (mais le mieux, c'est d'avoir la voix de Henry Cavill en tête lorsque Géralt parle dans le livre).

mercredi 15 janvier 2020

Rêves de Femmes : six nouvelles, Virginia Woolf

Je n'ai encore jamais lu de nouvelles de cette chère Virginia Woolf. Lorsque j'ai trouvé ce petit recueil à la librairie, je me suis dis que c'était l'occasion ou jamais (en vrai, j'ai une de ses nouvelles dans un de ses essais à la maison, mais comme je n'ai pas encore lu les essais de Virginia Woolf...).

Rêves de Femmes : six nouvelles, Virginia Woolf

Editeur : Folio
Collection : Classique
Année de parution : 2018
Titre en VO : ?
Année de parution en VO
Nombre de pages : 144 (en vrai, 101 si on ne compte pas le dossier à la fin)(que l'on retrouve sur tout les Folio de l'autrice et que je ne lis plus depuis longtemps).

A lire si
- Vous aimez les nouvelles
- Vous comprenez facilement l'ironie
-Vous voulez du féminisme mais pas trop non plus

A ne pas lire si
- Vous voulez des textes longs


Présentation de l'éditeur :

Ces six courtes nouvelles, qui s’étendent sur toute la carrière de Virginia Woolf, condensent tout son génie littéraire. Avec une absolue liberté d’écrire, allant à l’essentiel, elle revendique l’autonomie morale, affective et sociale des femmes, et affirme leur droit à désirer. Pour elle le désir est un «moment d’être» : une expérience sensorielle totale, qu’elle saisit dans une écriture impressionniste. Il en résulte une atmosphère de rêverie langoureuse, de sensibilité érotique qui englobe tout, les êtres, les paysages et le temps. Woolf capture ici superbement l’intimité des femmes entre elles, qui s’affirment comme sujets pensants et désirant.

Mon avis

Ce court recueil comporte diverses nouvelles publiées de ci de là par l'autrice. Ce n'est pas un recueil "officiel" qu'elle a pu écrire (c'est pour ça qu'il n'a pas de titre en VO par exemple). Il comporte six nouvelles donc écrite à diverses périodes et une préface de l'autrice qui est en fait la retranscription de l'une de ses conférences.
Comme toujours avec ce genre de livre, je vais parler des nouvelles une par une.

Les femmes et le roman
La préface du roman est donc une retranscription. Virginia Woolf a fait beaucoup de conférence sur la place de la femme dans la société. Les femmes et le roman tente à expliquer la place des femmes dans la littérature et pourquoi elles ne semblent ne pouvoir écrire que des romans, et non de la poésie ou des essais. Plus que cela, elle va prouver que dans un futur proche, les femmes auront enfin la possibilité de faire autre chose et donc d'écrire moins de romans mais bien meilleurs. Elle prône déjà une émancipation de la femme autrice que personne ne voit forcément à cette époque. Et elle a bien raison, il n'y a qu'à voir son propre parcours. C'est un discours intéressant mais que j'ai trouvé malheureusement un peu trop court (il faut vraiment que lise une Chambre à soi qui regroupe toutes les conférences qu'elle a pu faire à ce sujet).

Un collège de jeunes filles vu de l'extérieur
La première nouvelle est assez courte et elle aurait du être incluse dans La Chambre de Jacob (apparemment au chapitre X). On retrouve d'ailleurs le style du roman, ce début de flux de pensée qui caractérise si bien la production de Woolf à partir de ce roman-là. On y suit une sorte de rêverie dans les dortoirs d'un collège de jeunes filles (plus précisément de Newnham College). Angela, la protagoniste de cette nouvelle, rêve encore du  baiser qu'une de ses camarades lui a donné. C'est doux et poétique, parfait pour introduire ce petit recueil.

Une société
Cette fois-ci, point de rêverie, plutôt une certaine désillusion. Dans une société, un groupe de jeunes femmes décident d'évaluer les hommes, leurs compétences et surtout leurs œuvres afin de se prouver que l'homme est bien supérieur à elles. C'est un texte purement ironique et terriblement féministe. La nouvelle renvoie beaucoup à "Les femmes et le roman" dont elle semble être le pendant romanesque. 

Dans le verger
Nous revenons à la rêverie cette fois. La jeune Miranda se trouve sous un pommier et rêve. C'est une nouvelle pleine de sons et de bruits. Cette nouvelle a un côté très Alice au Pays des Merveilles. Bien que bien écrite, j'avoue que je ne l'ai que peu apprécié.

Moments d'être : "les épingles de chez Slater ne piquent pas"
Cette nouvelle fut écrire durant (ou juste après) les correction de La promenade au Phare. Elle fait partie des "moments d'être", des textes en flux de conscience écrit en partant d'un souvenir, d'un objet... Ici, c'est à partir d'une épingle de chez Slater que l'on va découvrir la vie de Miss Craye, vieille fille qui vit hors de norme de la société contemporaine. J'aime particulièrement lorsque l'autrice utilise le flux de pensée et ici, sur un format aussi court, c'est particulièrement prenant. 

Lappin et Lapinova
Voici ce qui pourrait être un charmant conte sur le couple et ce qui peut unir deux personnes. Sauf qu'écrit par Virginia Woolf, le conte se transforme et devient un récit sur la désillusion qu'apporte le mariage. C'est mignon et cruel, comme peuvent l'être les contes. 

Le legs
La dernière nouvelle nous présente un homme ayant récemment perdu son épouse et découvrant enfin ses journaux intimes. Petit à petit, il va découvrir une autre facette de sa femme. Le legs se rapproche pas mal de Lappin et Lapinova pour son thème. Il y ajoute l'aveuglement que l'on peut avoir face aux autres et à soi-même. Bien que lisant les journaux de sa femme, notre homme continue penser qu'elle le voit comme lui se voit (forcément mieux en tout que ce qu'il peut l'être) et surtout, continue à la voir elle comme il le souhaite et non comme elle est réellement. La chute de la nouvelle reste prévisible mais ce n'est peut-être pas l'important ici. 

Ce petit recueil de nouvelles m'a bien plu. Il éclaire un peu sur le féminisme de son autrice mais aussi sur sa personnalité (on retrouve beaucoup d'elle dans ces quelques nouvelles je trouve). Il me parait être un bon point de départ pour qui veut la découvrir (il comprend des textes parut à diverses périodes de sa carrière, dont certains sont en flux de conscience et d'autres non). En tout cas, j'ai apprécié et je le recommande pour découvrir l'autrice.

lundi 30 septembre 2019

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Les contes de Terremer sont un peu à part dans le cycle. Le livre est en fait un recueil de nouvelles sur l'univers. Il permet un nouvel éclairage sur l'univers en lui-même. J'ai profité d'être bien malade (oui, enfin, si on peut dire que je profite de ça hein...) pour le finir rapidement (en gros, j'ai pas mis un mois pour le lire quoi)

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément entre 1997 et 2001 pour les nouvelles
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Comme toujours avec un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune des nouvelles, surtout qu'ici, elles permettent l'exploration de plusieurs thèmes bien différents dans l'univers de Terremer.

Le trouvier
Le trouvier est la première nouvelle par ordre chronologique de l'univers. C'est d'ailleurs plus une petite novella (ou longue nouvelle) qu'une nouvelle. On y découvre les début de l'école de Roke mais surtout l'histoire de celui qui aida à la fonder et qui en devient l'un des gardiens.
L'histoire est donc celle de Loutre, jeune sorcier, de son esclavage dans les mines d'Havnor à la découverte de l'île de Roke jusqu'à ce qu'il devienne un vieil homme. Il est intéressant de voir qu'à ce moment-là, la magie n'est pas une histoire d'homme mais que les femmes y ont aussi accès. Elles ont d'ailleurs des rôles importants, que se soit dans la nouvelle ou à la nouvelle école de Roke.
C'est une nouvelle agréable à lire qui nous en apprend un peu plus sur la magie de Terremer mais aussi sur le passé de l'univers. Forcément, j'adhère complètement à ce comte. Seul problème ? J'aimerai bien savoir ce qu'il a pu se passé entre le Trouvier et le début du Sorcier de Terremer pour que les femmes ne soient plus présente à Roke.

Rosenoire et Diamant
Cette nouvelle-ci m'a réellement fait l'effet d'un conte de part sa construction. On y découvre l'histoire de Diamant, un garçon vivant dans une famille riche de Wey. Depuis son enfance, son père le destine à de grandes choses, reprendre le domaine et pourquoi pas plus, lorsqu'il se rend compte qu'il pourrait être magicien. Mais Diamant, lui, n'a d'yeux que pour Rose. Alors, lorsque son maître veut l'envoyer à Roke, à l'âge de seize ans, Diamant s'enfuit pour retrouver sa belle. Sauf que la demoiselle n'a pas attendu, elle. Diamant va alors renoncer à la musique et à la sorcellerie pour reprendre le domaine de son père. Quelques années plus tard, il va avoir l'occasion de revoir Rosenoire. C'est un conte tout mignon qui nous apprend que le destin n'est pas tout tracé, que ce n'est pas parce qu'on a le pouvoir, ou la richesse, que l'on doit forcément vivre avec. Il faut savoir suivre ce que son coeur dit (oui, ça a l'air mièvre comme ça)

Les os de la terre
Vous vous êtes toujours demandé comment Ogion est devenu le grand mage qu'il est lorsqu'il prend sous son aile Epervier ? Et bien, lisez donc cette nouvelle. Elle explique ce qu'il s'est passé lors du fameux grand tremblement de terre qui faillit détruire Gont. Or, on découvre surtout que c'est Dulse, le maître du sorcier qui y est pour beaucoup. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Dulse, qui ressemble fortement à celui de son élève comme on le découvre dans le Sorcier de Terremer

Dans les Grands Marais
Cette fois, c'est Irioth que nous suivons. Irioth est un mage qui ne sait plus trop qui il est. Il arrive aux Grands Marais un peu par hasard et c'est aussi par hasard qu'il va loger chez Présent et devenir soigneur pour les éleveurs. Mais lors d'une altercation avec un enchanteur sans scrupule, Irioth va montrer des pouvoirs extrêmement dangereux. Présent refuse pourtant de le chasser, comme le veulent les villageois. Quelques temps plus tard, arrive Epervier, qui va raconter l'histoire d'Irioth et le délivrer de ce qu'il était jusqu'à présent. Ce n'est pas ma nouvelle préférée du recueil mais j'ai aimé son message, celui que le pardon peut se trouver partout, et que l'on peut toujours changer.

Libellule
Libellule est la dernier nouvelle de ce recueil. Elle se déroule peu après les événements de l'ultime Rivage et de Tehanu. D'ailleurs, il vaut mieux lire les deux précédents pour la comprendre (ce qui n'est pas le cas des autres nouvelles). Libellule raconte l'histoire d'une jeune femme du même nom. La jeune femme, aidé par Ivoire, un magicien ancien élève de Roke, va se rendre à l'école des Sorciers pour découvrir qui elle est. Bien que femme, elle est prise en charge par Azver, l'un des neufs Maîtres. Mais sa présence divise et Thorion, le Maître Appeleur, mort à la fin de l'Ultime Rivage, la voit d'un très mauvais yeux. Sans trop raconté la fin (ça serait dommage), j'ai trouvé Libellule très proche de Tehanu. Le personnage est aussi étrange que celui de la fille de Tenar et sa destinée semble l'être tout autant. 


J'ai beaucoup apprécié le recueil. Il est appréciable de découvrir d'autres aspects de Terremer, dont une prequelle des plus intéressantes (même si j'aurais voulu peut-être un peu plus, comme savoir pourquoi et comment les femmes furent exclus de l'école de Roke). Je suis forcément fan de ces petits bouts d'histoire qui donnent une autre profondeur à tout Terremer, rendant l'univers encore plus vivants à mes yeux. C'est un recueil fort agréable à lire mais qui doit l'être impérative entre lu après Tehanu (à cause de Libellule surtout). Il montre encore et toujours, le talent de conteuse d'Ursula K. Le Guin.

mardi 19 février 2019

Signal d'Alerte, Neil Gaiman

Je n'ai pas pu résister à un livre de monsieur Gaiman. Cette fois, c'est un recueil de nouvelles que voilà, qui en comporte 24 (oui, ça fait beaucoup). On va donc voir ce que ça donne

Signal d'Alerte, Neil Gaiman

Editeur : Au diable Vauvert
Collection : 
Année de parution :2018
Titre en VO : Trigger Warning: Short Fictions and Disturbances 
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 496

A lire si :
- Vous aimez les histoires courtes
-Vous aimez les recueils qui mélangent les genres

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires courtes


Présentation de l'éditeur : 

" Il est des choses qui nous perturbent, des mots ou des idées qui surgissent sous nos pas comme des trappes, nous précipitant de notre monde de sécurité et de bon sens en un lieu beaucoup plus sombre et moins accueillant. " Neil Gaiman. Magie, monstres, mythes et miracles... Neil Gaiman décline librement poésie, fantastique, science-fiction, conte de fée.

Mon avis

Comme toujours, je vais parler des nouvelles en premier. Ça risque d'être parfois un peu court.

Comment monter une chaise : un petit poème sur, ben, comment monter une chaise. Ce poème d'ouverture ne m'a pas vraiment frappé. 

le Labyrinthe Lunaire : La seconde nouvelle est déjà beaucoup mieux et l'on redécouvre le talent de conteur de monsieur Gaiman dessus. J'ai beaucoup apprécié cette nouvelle que j'ai trouvé très poétique et en même temps assez dérangeant de part sa fin. Bref, c'est le genre de nouvelles que j'aime beaucoup.

Le problème avec Cassandra : alors cette nouvelle me "pose" problème parce que je suis persuadée de l'avoir déjà lu mais je ne me souviens pas où ni dans quoi. Bref, ce n'est pas bien grave parce que ça reste une nouvelle sympathique dont la fin sans trop me surprendre m'a fait sourire.

Au fond de la mer sans soleil : voilà une nouvelle dérangeante sous fond de "il était un petit navire" (oui, la comptine)(enfin, moi, ça m'a grave rappelé ça). Elle est dérangeante autant par l'histoire que par la manière dont elle nous est racontée vu que l'auteur s'adresse directement à nous. Bref, j'ai beaucoup aimé.

 « La vérité est une caverne dans les Montagnes noires... » : La vérité... fait partie des longues nouvelles de ce recueil. Elle nous entraîne à la suite d'un nain vers une mystérieuse caverne remplie d'or. Pour la trouver, il va faire appel à un maraudeur. J'ai bien aimé cette nouvelle-là où la recherche de l'or n'est finalement qu'un prétexte. Sans être totalement inattendu, son retournement est plutôt sympathique. Et ça m'a donné envie de découvrir la légende qui a servi de modèle à la nouvelle (une légende de l'île de Skye)(que je rêve de découvrir d'ailleurs).

Ma dernière logeuse : Une nouvelle sous forme de poème dans laquelle j'ai eu du mal à rentrer à cause de la forme justement. On y parle de mer, de déprime et de mort, c'est finalement assez perturbant. Faudrait peut-être mieux la lire en VO par contre, à cause de la forme.

 Un récit d'aventure : Voilà une nouvelle comme je les aime chez Gaiman. Un homme trouve chez ses parents une vieille statuette dans les affaires de son père décédé. Sa mère va lui raconter l'histoire de celle-ci mais tout semble bien étrange tant elle se perd dans les explications, les lieux et les époques. La chute est attendue mais ça passe tellement bien.

Orange : Neil Gaiman nous prouve que l'on peut raconter une histoire en partant de format que l'on n'attend pas. Ici, ce sont les réponses à un formulaire dont nous n'avons pas les questions. Petit à petit, le lecteur va comprendre ce qu'il s'est passé. J'ai beaucoup aimé la forme, un peu moins l'histoire.

 Un calendrier de contes : Cette nouvelle comporte en fait douze histoires courtes, chacune ayant pour thème l'un des mois de l'année. C'est d'ailleurs leur seul point commun, ça et l'idée de départ. Il y a quelques année, Gaiman a posé des questions étranges sur twitter pour chaque mois de l'année et il s'est servi des réponses pour écrire les nouvelles. Autre chose, c'est à la base une pub pour Blackberry qui avait eu droit à son site web (mais celui-ci ne renvoit plus sur rien). Il n’empêche que j'ai beaucoup aimé la plupart des nouvelles qui prouvent le talent de monsieur Gaiman une fois encore. Et pour info, mes préférées sont celle de Janvier, février, juillet et d'octobre.

 L'Affaire de la mort et du miel : Gaiman a déjà fait une incursion dans le monde Sherlock Holmes dans le recueil des Choses fragiles avec Une étude en vert. Ici, il use réellement du détective (là où une Etude en Vert était plus une parodie). Un détective qui se lance sur une dernière enquête après la mort de son frère. Encore une fois, n'étant pas une experte de Holmes, je suis incapable de vous dire si ça suit les récits canoniques mais j'ai plutôt apprécié.

L'Homme qui a oublié Ray Bradbury : cette nouvelle était un cadeau d'anniversaire pour Ray Bradbury. C'est surtout un bel hommage à l'écrivain et à son oeuvre. A tous les écrivains même. Et même si personnellement, je n'ai lu Bradbury qu'une fois (j'étais jeune et je n'ai pas apprécié tant que ça à l'époque les Chroniques Martiennes)(je pense que si je le lisais maintenant, ça serait surement différent)(faudrait donc que je le fasse), et que du coup, je n'ai pas toutes les références, j'ai beaucoup aimé.

Jérusalem : Cette nouvelle a été écrite pour une semaine sur William Blake. Comme son nom l'indique, elle a pour sujet la ville de Jérusalem et part du poème de Blake. J'ai bien aimé la nouvelle qui utilise le syndrome de Jérusalem. Ce n'est pas ma nouvelle préférée du recueil mais elle se laisse lire.

Clic-Clac, le sac qui claque : Voilà une nouvelle horrifique que j'aurais bien voulu lire dans sa version originale, c'est à dire en Audible. C'est une histoire assez classique qui fonctionne parfaitement. Elle pose parfaitement l'ambiance en quelques lignes et sa chute est parfaitement maîtrisée et amenée.

Une invocation d'incuriosité : Voilà une petite nouvelle qui ne m'aura pas marqué tant que ça. Alors que le monde s'éteint, un homme entraîne son fils dans le passé où il mène une double vie. Sauf que le fils est porteur de malchance et que ce qui devait devenir leur salut risque de fort mal se passer.

« Et pleurer, à l'instar d'Alexandre » : A l'inverse de la nouvelle juste avant, celle-ci est courte et m'a beaucoup plu. Imaginez donc qu'un homme puisse désinventer les choses. C'est un peu absurde mais terriblement efficace. Et je ne parle même pas de la chute qui fonctionne à mort.

Nulle heure pile : Nulle heure pile est une nouvelle qui prend place dans l'univers de Doctor Who durant la cinquième ou sixième saison (celles de Matt Smith). Mais pas d’inquiétude, si vous ne connaissez pas la série, vous pouvez tout de même lire la nouvelle (bon, je pars avec un avantage minime, je connais un peu la série). J'ai beaucoup aimé d'ailleurs cette histoire qui prend pour point de départ "Quelle heure est-il monsieur le loup ?", un jeu en vogue chez nos amis anglais dans les cours d'école. On sent bien que Neil Gaiman a été scénariste sur la série et surtout qu'il s'amuse comme un petit fou sur cette nouvelle.

Perles et diamants : un conte de fées : Revisite du conte de fée "Les fées" de Perrault (celui où une jeune femme fini par produire des diamants ou des perles en parlant tandis que sa sœur finira par cracher des serpents) à la sauce moderne. Hum, je ne vais pas en dire grand chose. C'est la nouvelle que j'ai le moins apprécié du recueil.

Le Retour du mince duc blanc : Gaiman explique être parti de dessins de Bowie et sa femme fait par Yoshitaga Amano pour un magazine. Dois-je vraiment vous dire que je suis déçue de ne pas voir les illustrations dans le recueil ? (les illustrations sont trouvables sur le net, dans cet article par exemple). Enfin, passons à la nouvelle, entre fantasy et science fiction, elle rappelle parfois les contes de fées. Plutôt sympathique à lire.

Terminaisons féminines : Ici, c'est une lettre d'amour que nous lisons. Une lettre assez étrange qui fait presque penser à un stalker. C'est très perturbant comme lettre en fait. Et en même temps, je l'ai trouvé assez géniale dans son rapport à l'art.

Un respect des convenances : Un nouveau poème. Cette fois, on part dans le conte de fée, celui de la Belle au bois dormant mais du point de vue d'un autre personnage. Ça fonctionne pas mal, mais encore une fois, j'ai du mal avec la présentation en VF. Je suppose que ça passe bien mieux en VO.

La Dormeuse et le rouet : Il s'agit en fait de La Belle et le Fuseau, mais forcément sans les illustrations. Du coup, je vous laisse aller voir mon avis sur le livre lu il y a un peu plus de deux ans.

Ouvrage de sorcière : encore un poème et encore cette difficulté à le lire en VF. Décidément, je dois trouver les poèmes de Gaiman en VO, ça sera bien mieux. Bref, ici, ça parle de sorcière, de sort et de tempête.

En Relig Odhráin : Et encore un poème. Je sais ce que Gaiman pense des poèmes et j'apprécie qu'il en écrive et les mette dans ces recueils mais comme j'ai du mal à les lire par leur forme... Bref, celui-ci, j'aurais préféré qu'il soit en prose. Ici, Neil Gaiman reprend la légende de Saint Oran sur l'ile de Iola (en Ecosse). Il serait mort enterré vivant sous une chapelle de Iola par Saint Colomban qui l'aurait finalement sortit de là et mis en terre consacrée après que le mort est parlé du paradis (c'est en anglais mais la page wiki en parle mieux que moi). Une histoire qui fait un peu froid dans le dos et qui offre un poème plutôt sympathique.

Le Dogue noir : la dernière nouvelle du recueil, tout comme la dernière de Des Choses Fragiles, est une nouvelle dans un univers bien connu de Neil Gaiman, celui d'American Gods. Après son passage en écosse dans le Dernier Monarque (que l'on retrouve donc dans Des Choses Fragiles), Ombre arrive enfin en Angleterre. Alors qu'il s'abrite dans un pub, il fait la connaissance d'un adorable couple qui va lui proposer de passer la nuit chez eux. Sur le chemin, ils vont lui conter la légende du Dogue Noir, chien fantomatique qu'il semble voir. J'ai beaucoup aimé la nouvelle qui emprunte à la Chasse Sauvage mais pas que. Et puis Ombre quoi (j'ai envie de relire American Gods moi du coup). Et pour ceux qui n'ont pas lu American Gods, il n'y a pas de spoil évident sur l'histoire.

mardi 15 janvier 2019

Polaris et autres nouvelles, H.P. Lovecraft

J'ai ce petit recueil de nouvelles depuis un moment dans ma PAL et je n'avais pas vraiment trouvé le temps de le lire. Mais j'apprécie beaucoup Lovecraft et je voulais vraiment découvrir la partie sur le Rêve de son oeuvre. Du coup, me voilà à plonger dans les Rêves dès début 2019.

Polaris et autres nouvelles, H.P. Lovecraft


Editeur : Librio
Collection : Imaginaire
Année de parution : 2010
Titre en VO : Polaris
Année de parution en VO : de 1918 à 1922
Nombre de pages : 74

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles à ambiance
- Vous ne voulez pas vous faire trop peur mais un peu parfois

A ne pas lire si
- Vous voulez être surpris

Présentation de l'éditeur :

Rêve ou réalité : il est parfois difficile de faire la différence entre les deux, et cet état flottant est loin d'être une expérience agréable. Le héros de Polaris voit en songe, chaque nuit, une cité au nom céleste, Olathoé. Ses visions se précisant toujours davantage, il attend le sommeil avec impatience pour retrouver le pays de ses rêves. Il se plaît à découvrir ses paysages et ses habitants, au point de redouter le moment où il se réveillera pour se replonger dans le cauchemar de la réalité. Polaris et les autres nouvelles de cette anthologie présentent un monde cher à Lovecraft, empreint de mystère et d'onirisme, où le lecteur se perd dans les "contrées du rêve".

Mon avis

Polaris
La première nouvelle du recueil qui porte son nom est assez courte. Elle introduit parfaitement le cycle des Rêves de Lovecraft pour moi. Le narrateur nous décrit ce qu'il voit la nuit depuis sa fenêtre, les constellations, les planètes et surtout l'étoile polaire qui rayonne étrangement pour lui.Vient ensuite la description d'un rêve récurent chez lui. Bien que la nouvelle soit courte, elle entraîne directement le lecteur à se demander où commence le rêve et où s'arrête la réalité. On arrive même à se poser la question de quelle partie est réellement le rêve. Lovecraft arrive à nous perturber en rendant les deux très réelles.

La Quête d'Iranon
Maintenant que nous avons découvert le monde des Rêves avec Polaris, passons directement à celui-ci sans plus se soucier (ou presque) du Rêveur. Le jeune Iranon cherche la cité de sa naissance dont il serait d'ailleurs prince. Une cité où règne la joie, la musique et la beauté. Pour la trouver, il parcourt le monde de cité en cité. Mais jamais il n'arrive à se poser. C'est une nouvelle empreinte de nostalgie et (forcément me direz-vous) de rêverie dont la fin ne m'a pas tant surprise que ça mais qui fonctionne plutôt pas mal.

La Malédiction qui s'abattit sur Sarnath
La Malédiction... nous raconte comment la ville de Sarnath à sombrer dans l'oubli suite à une malédiction, du moins, elle nous raconte comment la ville a grandi suite à la destruction de sa voisine puis a été détruite suite à la malédiction du Dieu de la dite voisine. C'est une nouvelle très descriptive qui ne m'a pas tant touché que ça. Surtout qu'elle semble particulièrement convenue. En reste l'écriture de Lovecraft, capable de poser des ambiance sans le moindre problème et d’entraîner le lecteur sur quelques pages sans l'ennuyer (alors que ça pourrait comme histoire)

Hypnos
De ce que j'ai cru comprendre, Hypnos ne fait pas vraiment partie du cycle des Rêves de Lovecraft mais plus de la période Histoires Macabres. Je suppose qu'elle se trouve dans ce recueil parce qu'elle parle aussi de rêves (ou de cauchemars, tout dépend de là où l'on se place hein...). Bref, dans Hypnos, le narrateur nous raconte comment lui et son ami, suite à une étrange expérience dans le monde des Rêves, s'empêchent de dormir pour ne pas revivre leur effroi. Une fois encore, ce qui fait la force de la nouvelle c'est clairement la manière dont Lovecraft pose l'ambiance. Parce qu'en fait, on ne lit pas grand chose de réellement ultra flippant à la base, vu qu'on ne sait pas ce qu'il se passe. Par contre, l'ambiance joue beaucoup sur nos peurs et ça, moi, je trouve ça génial. Après, par contre, soit je m'habitue trop, soit les fins de Lovecraft sont ultra prévisibles...

Les Chats d'Ulthar
J'attendais avec une certaine impatience de tomber sur des chats dans une des nouvelles des Rêves. Il est connu que Lovecraft les a utilisé plusieurs fois dans ses nouvelles. Bon, ce n'est pas que j'ai été déçue de la nouvelle, c'est juste que comme d'habitude, j'ai imaginé plein de chose mais que finalement, c'était tout simple. La nouvelle est efficace, elle pose son ambiance sans le moindre problème mais elle est tellement prévisible...

Les Autres Dieux
Voilà la nouvelle à laquelle j'ai le moins accroché dans le recueil. Je ne sais pas si c'est parce que je l'ai lu alors que nous avions les beaux-parents sur facetime ou juste que j'ai eu un peu plus de mal avec elle, mais voilà, je ne me souviens pas de grand chose dessus, si ce n'est le sentiment de ne pas avoir tout compris (et je l'ai lu hier soir, hein...). Enfin, elle a l'avantage d'introduire Kadath et de parler des Dieux du monde de Lovecraft.

Le Témoignage de Randolph Carter
La dernière nouvelle du recueil est étrange. Elle introduit un des personnages récurent de l'univers de Lovecraft, Randolph Carter. Sauf que ce témoignage nous plonge direct dans l'action sans qu'on ne comprenne trop ce qu'il a pu se passer. Petit à petit, on va découvrir ce qu'il s'est passé et comment Carter a perdu la trace de son ami Harley Warren. On découvre que celui-ci, à l'aide d'un étrange livre, a ouvert une porte vers l'inconnu. Petit à petit, l'horreur monte jusqu'à la fin (prévisible une fois encore). Et même si j'ai trouvé la nouvelle étrange, je dois dire que cette introduction à l'histoire de Carter et surtout ce premier aperçu (pour moi en tout cas) du Necronomicon (qu'il faut que je finisse de lire, un an après l'avoir reçu, ça serait pas mal) et de ce qu'il renferme m'a plu.


Ma première incursion dans les Contrées du Rêve se sont donc parfaitement déroulées. Il faut dire que j'ai l'avantage d'apprécier la manière dont Lovecraft écrivait. J'aime comment il pose ses ambiances, petit à petit, sans trop en faire. J'ai apprécié aussi le mélange rêve/réalité de certaines des nouvelles, tout comme les parties presque fantasy d'autres. Au final, mon seul problème avec la plupart de ces nouvelles, c'est généralement leur fin, trop prévisible pour moi. En tout cas, il est sûr que je retournerai dans les Contrées du Rêve pour en découvrir plus.

mardi 3 avril 2018

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

J'avais envie ce week-end d'une lecture rapide. Comme j'ai quelques nouvelles dans le kindle, je me suis lancée avec celle-ci, récupérée en octobre. 

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

Editeur : Autoédité
Collection : /
Année de parution  2017
Format : AZW

A lire si :
- Vous avez une vingtaine de minutes devant vous
- Vous voulez de la SF douce

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une nouvelle qui fait peur

Présentation de l'auteure : 

Une frégate organique volante, une ville désertée et une brume qui empeste l’œuf pourri.
Dans une cité autrefois vivante, le capitaine d’un navire marchand et son lieutenant partent en quête d’une lumière capable d’alimenter une étrange cargaison.

Mon avis

Aude Reco est une auteure hybride, aussi bien édité par voix "classique" qu'autoédité. Si je n'ai pour le moment pas lu un seul de ses textes, je dois bien avouer que ces divers univers m'inspirent assez. Alors, pourquoi ne pas commencer par une nouvelle, histoire de voir si j'accroche avec son écriture.

Les Hommes-Brouillard est une nouvelle de science-fiction plutôt soft. Je veux dire par là que le côté SF est bien présent mais qu'il n'est pas forcément l’élément le plus remarquable de la nouvelle ni le plus envahissant. Il permet de mettre en place l'univers et puis, on pourrait presque l'oublier. C'est quelque chose que j'apprécie, que le genre ne prenne pas toute la place dans la nouvelle, qu'il se fasse un peu oublier pour en venir à l'histoire elle-même. 

Ici, nous suivons Aram, capitaine d'une frégate organique (que j'aurais peut-être voulu voir un peu plus mais format court oblige, l'auteure devait se concentrer sur autre chose) et son lieutenant Nazani. Alors qu'ils arrivent près d'une cité normalement bien vivante, ils découvrent une ville endormie et un étrange brouillard qui pue l’œuf pourri. Tout cela ne dit rien qui vaille au capitaine, surtout qu'il n'est pas là juste pour son bon plaisir. Il a besoin de rencontrer quelqu'un devant lui fournir de quoi alimenter sa cargaison.

Il y a deux choses qui m'ont marqué dans cette nouvelle. La première, c'est la facilité qu'à le lecteur a entré dans l'univers. L'auteure ne perd pas de temps à nous faire une description de celui-ci. On entre directement dans l'action tout en découvrant petit à petit ce qui le compose. Et ce n'est absolument pas déroutant puisque particulièrement bien foutu. Un seul bémol à cela, un paragraphe que j'aurais peut-être voulu un peu plus développé sur la compagne du capitaine et ce qu'elle fait. Mais en même temps, cela fait partie du mystère de la cargaison du navire et puis, comme je le disais, le format court ne permet pas toujours de faire plaisir à tous les lecteurs. La seconde, ce sont les descriptions dans la nouvelle. On se croit vraiment à la suite d'Aram dans cette ville endormie. Elles sont particulièrement vivantes et servent à merveilles le côté très mystère de la nouvelle. 

Mais si j'ai beaucoup aimé, certaines choses m'ont moins plus. Le côté ultra mystérieux de la marchandise, de la mission même d'Aram est mis en avant et pourtant, ce n'est pas l'important dans la nouvelle. Pourquoi le mettre en avant de cette manière si c'est au final pour ne pas en parler ? J'avoue que cela m'a un peu perturbé. Ensuite, il y a la fin de la nouvelle. Je ne saurais trop dire pourquoi mais elle m'a semblé un peu trop facile. Enfin, cela n'enlève rien au fait que j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu.

Pour finir, j'ai apprécié cette petite lecture. J'ai découvert une auteure avec un style plaisant qui n'hésite pas à nous donner de supers descriptions sans en faire trop (sans vouloir m'avancer, je pense que le fait qu'elle écrive aussi du gothique y fait beaucoup). La nouvelle m'a plu, elle est pleine de qualité et j'avoue qu'elle me donne bien envie de m'offrir le recueil dont elle est tirée. Bref, une bonne découverte.

lundi 26 février 2018

Pulp Wars, Walrus Insititute tome 3, Collectif

Quoi de mieux durant la grisaille de février que de lire une bonne anthologie de nouvelles ? Qu'elle oppose les auteurs du Morse à ceux de Bang Bang Press. C'est donc parti pour une bonne dose de grand tout et n'importe quoi.

Pulp Wars, Walrus Insititute tome 3, Collectif

Editeur : Walrus
COllection : nouvelle
Année de parution : 2017
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez les anthologies
- Vous aimez l'humour à toutes les sauces
- Vous aimez le gore, l'ubuesque, le fantastique...

A ne pas lire si :
- Vous voulez une anthologie et des auteurs qui se prennent au sérieux.

Présentation de l'éditeur : 

Après la mort de Palmer McGrady, auteur fétiche de Bang Bang Press, broyé par une moissonneuse-batteuse alors qu’il faisait la sieste dans un champ après avoir fumé en une semaine la consommation annuelle moyenne de weed d’un Jamaïcain, après la disparition de son acolyte Spike Bonham-Carter, enlevé en 1982 par des extraterrestres, Arthur McMayhem, leur éditeur, était le dernier défenseur du pulp. Mort en 2013 après un interminable combat contre un cancer du foie, de la gorge, des intestins, du cerveau et du sang ayant dégénéralisé, il avait jusqu’au terme de sa lente agonie défendu les couleurs de ce genre en perdition. Réduit à contempler le champ de ruines qu’était devenu le paysage littéraire, McMayhem avait vu peu à peu tous les écrivains de son écurie se détourner de lui pour torcher de la romance, des manuels de coaching personnel ou des livres de cuisine.
Avec l’extinction de cette mythique maison d’édition, on croyait la véritable essence du pulp disparue à jamais. Certes, Walrus avait bien traduit quelques-uns de leurs titres, mais sans qu’on sache trop pourquoi, le Morse avait délaissé ce filon juteux… Et voilà qu’inexplicablement, aujourd’hui, comme un fantôme surgi du passé et ivre de revanche, comme un phénix qui renaît de ses cendres, Bang Bang Press refait parler de lui. Comme un bruissement d’ailes de papillon sur les réseaux, comme une musique de film d’horreur annonçant un déchaînement de violence inouïe… Pulp’s not dead!

Mon avis

Dois-je réellement vous dire à quel point j'aime la maison du Morse ? Je suppose que non. Dois-je réellement vous dire que j'ai adoré cette anthologie ? Je suppose que oui. Alors, c'est partit.

Bang Bang Press fut à une époque La maison d'édition du Pulp. Mais elle fut rachetée par Walrus Book qui devient alors le maître incontesté du Pulp dans le monde. Ceci est un fait avéré, Walrus racheta à une époque les droits de BBP et en publia des traductions. Par contre, ce n'est pas le Morse qui fit couler la maison d'édition. Disons juste que les auteurs sont partis de ça pour faire mumuse et qu'ils ont bien eu raison. Donc si dans la réalité, la guerre du pulp n'a pas eu lieu, ce n'est pas le cas dans la fiction. Dans la fiction, le fils de l'éditeur de BBP reprend les rênes et veut à tout prix mettre Walrus plus bas que terre, embarquant le lecteur avec les auteurs des deux groupes.

On commence avec les auteurs du Morse. Des auteurs qui commencent à bien connaitre l'exercice et qui s'en donne à cœur joie dans le grand n'importe quoi. Ça donne des nouvelles assez farfelues dans l'ensemble et vraiment intéressantes. On en apprend aussi un peu plus sur le fameux Igor, gardien du Labo (d'ailleurs, faudrait que je trouve le temps de lire les quelques nouvelles qui devraient fortement me plaire), mais on découvre aussi que certains sont capables de trahisons, et que tous ou presque peuvent donner vie à leur création (un pouvoir que j'adorerais avoir dans certains cas). Puis, on passe aux auteurs BBP. Là, il s'agit d'auteur n'ayant pas forcément écrits pour le Morse ou alors ayant écrit une nouvelle ou deux. Bref, du sang tout neuf qui s'en donne là aussi à cœur joie. Et c'est pour le moins rafraîchissant. Surtout si ça annonce aussi du sang neuf dans les collections walrus (une idée comme ça, je dis pas que c'est le cas hein). Cette guerre des pulps est un vrai régal à lire. J'apprécie les anthologies du Walrus Institute pour ça, du pulp, de la grosse déconnade et des histoires qui se lisent avec joie. 

Mais cette fois, Walrus va un peu plus loin que la simple guerre du pulp. A la fin de l'anthologie, le Morse nous propose de faire nous même notre guerre avec un mini JdR. En lui-même, il ressemble pas mal à un jeux de rôle tout ce qu'il y a de plus basique. Son petit plus ? que les règles soient écrites par Lilian Peschet et Jacques Fuentealbas. Je crois n'avoir jamais autant ri en lisant un livret de JdR, mais vraiment. Même si vous captez rien au truc, même si le JdR c'est pas votre truc, ne faites surtout pas l'impasse sur cette lecture-là.

Pour finir cet avis, il faut lire les anthologies du Walrus Institute. Pour se payer une bonne tranche de rigolade, parce que ça fait toujours très très plaisir et que l'imagination des auteurs sur leur métier est juste sans limite aucune.


mercredi 21 février 2018

Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie

Je suis tombée sur ce livre par hasard à la librairie. Je ne le cherchais pas spécialement, même si depuis sa sortie, j'en avais entendu parlé. Mais comme il était là, je l'ai pris, et lu quasi dans la foulée.

Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Angozi Adichie

Editeur: Folio
Collection : 2€
Année de parution : 2015
Titre en VO : We should all be feminists
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 87

A lire si :
- Vous voulez une introduction au féminisme
- Vous appréciez les conférences TED

A ne pas lire si :
- Vous êtes un idiot à l'esprit trop étroit pour comprendre l'importance du discours.

Présentation de l'éditeur :

Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement.» Chimamanda Ngozi Adichie aborde le sujet controversé du féminisme avec lucidité, éloquence et humour.

Mon avis

Nous sommes tous des féministes est en réalité la conférence qu'avait tenu son autrice lors d'un TED. Forcément, le texte est finalement court mais Folio nous offre l'opportunité de lire aussi une nouvelle de Chimamanda Ngozi Adichie, Les Marieuses. Donc, je vais diviser l'avis en deux moi aussi. Et on commence par la conférence TED.

Nous sommes tous des féministes

Je connais l'autrice de nom, parce que j'ai très envie de lire Americanah, aussi parce que Cindy Van Wilder en parle souvent sur twitter. C'est une autrice qui me semble importante, pour son féminisme, pour sa vision des genres et aussi du racisme. Elle n'a pas une vision totalement européenne ou américaine de la chose, ni totalement nigériane d'ailleurs. Elle a une vision plus englobante, je dirais, de part ses origines et sa vie actuelle. Bref, je sens que je m'explique fort mal et que je vais m'embrouiller si je continue comme ça. Donc, il me parait que sa conférence est importante parce qu'elle ne vise pas une catégorie de personne, de genre ou que sais-je d'autre.

Elle est aussi importante pour les personnes qui ne connaissent pas le féminisme. Oui, ça existe. Enfin, disons plutôt ceux qui voient le féminisme d'une manière des plus négatives. Chimamanda Ngozi Adichie reprend les bases. C'est quoi le féminisme, pourquoi ça existe, pourquoi c'est important à notre époque. Alors, pour les personnes qui connaissent le féminisme, son histoire et ses valeurs, on va dire qu'on en apprend pas forcément plus. La conférence n'en reste pas moins intéressante, même pour les féministes. Ca ne fait jamais de mal de se remettre certaines choses en tête.

J'ai vraiment beaucoup apprécie lire cette conférence, parce qu'elle permet de se remettre un peu les idées en place. De plus, elle permet surtout de faire entendre un peu plus quelque chose qu'on oublie régulièrement : il faut élever nos fils autrement, pas juste les filles. C'est un message fort mais qui est tellement peu porter par les autorités. Je pense vraiment que tout le monde devrait lire (ou voir) cette conférence.

Les Marieuses

Suite à la conférence, nous avons donc une nouvelle de l'autrice. Celle-ci nous fait suivre Chinaza, jeune nigériane suivant son mari tout neuf en Amérique. Le mariage est en fait un mariage arrangé par son oncle et sa tante qui l'ont recueilli après la mort de ses parents. Elle ne connait pas son mari, n'a pas la moindre idée de ce qui l'attendant aux USA. Elle va découvrir un homme qui fait tout pour "oublier" sa culture afin de s'intégrer, allant jusqu'à choisir un nom bien américain et la déposséder, elle, de son nom nigérian. 

On découvre avec Chinaza le fossé entre les deux mondes. Mais surtout que le dit fossé n'est finalement rien par rapport au rapport entre homme et femme. Son mari tout neuf en fait une femme au foyer, retardant sa demande de permis de travail. Il voit les autres femmes par le prisme de "maman ou putain" (je ne sais pas trop comment on appelle ça en vrai, je suis sûre que ça a un nom). Elle se rêve indépendante, il la voit femme au foyer, choisi parce que sa teinte de peau est noir clair (parfait pour les USA donc, il parait)(c'est d'ailleurs quelque chose qu'on retrouve assez dans la représentation des noirs dans les films et série par exemple ou on ne trouve que très rarement de noir à la peau foncée voir très foncée)(et c'est vachement con) et qu'elle est probablement vierge. 

Chimamanda Ngozi Adachie utilise donc sa nouvelle pour critiquer les mariages arrangées, la place des femmes dans la société, les différences culturelles et ce qu'elles entraînent. Elle le fait de manière très simple dans l'écriture, ça se lit bien, c'est particulièrement efficace et vivant. Bref, ça ne me dérangerais pas du tout de lire 500 pages de son écriture (ça tombe bien, j'ai Americanah dans ma wishlist et en poche, il en fait plus de 600). 


Pour finir cet avis, je suis donc fort contente d'avoir lu cet essai et cette nouvelle. Ça me confirme fortement que je dois lire Americanah et que le féminisme, c'est pas gagné d'avance pour tout le monde. Sans parler du fait que s'éloigner un peu du "féminisme à la française" (enfin de celui que les médias divers et variés veulent nous faire avaler) est une bonne idée. Ce Nous sommes tous des féministes est réellement à mettre entre toutes les mains.

mercredi 7 février 2018

Le Vert est Eternel, Jean-Laurent Del Socorro

J'avais vraiment beaucoup apprécié Royaume de Vent et de Colère et j'avais bien envie de retourner dans son univers. C'est chose faite avec cette nouvelle qui se lit plutôt rapidement mais qui reste en tête un bon moment.

Le Vert est Eternel, Jean-Laurent Del Socorro

Editeur : ActuSF
Collection : nouvelle
Année de parution : 2017
parution originelle : 2015
Format : epub

A lire si : 
- Vous aimez les textes courts
- Vous avez apprécié Royame de Vent et de Colère (mais ce n'est pas une obligation de l'avoir lu)
- Vous voulez un beau texte

A ne pas lire si : 
- Vous voulez du long
- Vous aimez vous plonger dans la psychologie des personnages

Présentation de l'éditeur :

1597. La compagnie du Chariot a été embauchée pour participer au siège d'Amiens. Au milieu de la guerre et des combats éclot un amour fragile entre le capitaine N'a-qu'un-œil et Fatima, la chroniqueuse particulière d'Henri IV. Mais comment aimer quand la mort rôde ? "Le vert est éternel" se déroule dans l'univers de Royaume de vent et de colères de Jean-Laurent del Socorro.

Mon avis

Comme je le disais, le Vert est éternel fait partie du même univers que Royaume de Vent et de Colère. Mais il n'est pas du tout obligé d'avoir lu le roman pour suivre la nouvelle et vice-versa, même si l'on retrouve la Compagnie du Chariot dont Axelle, l'un des personnages principaux du roman, était la capitaine. C'est une chose des plus appréciables, puisque un lecteur voulant découvrir l'auteur peut donc commencer par cette nouvelle. Mais revenons à la nouvelle.

Deux ans après la reprise de Marseille par Henry IV, nous retrouvons la compagnie du Chariot face à Amiens, alors ville espagnole. Alors que le siège débute, elle va accueillir en son sein, Fatima, femme maure, astrologue et chroniqueuse particulière du roi. N'a-qu'un-oeil, capitaine de la compagnie, va tomber amoureux de Fatima. Voilà pour le départ de la nouvelle. Mais l'histoire d'amour n'est pas le sujet principal, ce qui va surement en rassurer beaucoup.

Cette nouvelle se passant en 1597 parait bien plus d'actualité que son époque historique. L'auteur ne se borne pas à une simple histoire de siège, ni même à l'Histoire. Non, il offre aussi une critique de ce qu'il a pu se passé ces dernières années, que se soit en France ou ailleurs. En première ligne, les attentats, et plus particulièrement ceux de Charlie Hebdo (mais pas que). "On ne tue pas pour des dessins", la phrase semble tellement d'actualité, même dite par la bouche d'un capitaine en 1957. Et puis, il y a la tolérance. Envers les religions, envers les peuples. A l'époque de la nouvelle, on est en plein dans les guerres de religions. Catholiques et protestants se tapent régulièrement sur la gueule, la Saint-Barthélémy est passé par là (1572). Mais ils ne sont pas les seuls à se battre. On retrouve par exemple en espagne, les Maures doivent soit quitter le pays soit se convertir de force au christianisme. La Compagnie du Chariot accueille en son sein des catholiques, des protestants et, avec Fatima, des maures, le tout dans une franche camaraderie (même si au départ, Fatima, en temps qu'espagnole n'est pas forcément ultra bien acceptée de tous). Elle prône du coup un vivre ensemble plutôt sympathique et une solidarité entre peuple (oui parce qu'il y a aussi plusieurs nationalité) qui est vraiment agréable. Je ne sais pas vraiment dans quelle condition a été écrite la nouvelle, mais il est sur que les attentats de Charlie avait déjà marqué les esprits (les utopiales sont en novembre) et qu'ils ont probablement servis pour au moins un aspect de la nouvelle. Je trouve vraiment intéressant le traitement de ce genre d'actualité, pour le moins marquante, dans un récit où elle semble ne pas avoir de prime abord sa place. 

On ajoute à cela la découverte de Fatima par N'a-qu'un-oeil. Le personnage, d'abord un peu cliché de ce qu'on peut imaginer des maures à l'époque gagne en profondeur et cela malgré le fait que le récit soit court (trop aurai-je presque tendance à dire). On découvre "l'étranger", on apprend à le connaitre et à l'aimer. L'histoire qui se noue entre les deux m'a beaucoup plus. De même que la relation entre le capitaine et les membres de sa compagnie. Tout est décrit de manière simple, sans fioriture, que se soit les sentiments ou les événements. C'est appréciable, surtout dans une nouvelle. Ça permet de se concentrer sur l'essentiel.

J'ai donc grandement apprécié ma lecture, pleine d'émotion sur un court format. J'aurais même voulu en avoir plus, histoire de connaitre un peu mieux Fatima et N'a-qu'un-oeil (que l'on retrouve dans Royaume de Vent et de Colère, mais ceci n'empêche pas cela, hein, vu que bon, deux ans se sont écoulés entre les deux, il a un peu changé). J'avoue que j'adore revenir dans des univers qui m'ont particulièrement plus et cette nouvelle ne fait pas exception à la règle. Et pour ceux qui ne connaissent pas le roman, elle fait une bonne entrée en matière.