lundi 26 septembre 2022

La Fée, la pie et le printemps, Elisabeth Ebory

 J'ai ce roman dans ma wishlist sur Livraddict depuis au moins sa sortie (ça date oui). Il était donc temps que je le lise.

La Fée, la pie et le printemps, Elisabeth Ebory

Editeur : ActuSF
Collection : Bad Wolf
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 405

A lire si : 
- Vous aimez les histoires de Fées
- Vous aimez les changements de narration

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à beaucoup de magie.


Présentation de l'éditeur :

En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l'humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine...
Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d'or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre... Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le secret le plus précieux du royaume.

Mon avis : 

Bon commençons par un truc purement esthétique, avez-vous vu cette couverture ? Je la trouve personnellement magnifique. J'adore cette pie et son air revêche. Et puis les couleurs automnales aussi. Bref, des fois, il ne faut pas grand chose pour prendre un roman. C'est vraiment cette couverture qui m'a plu au départ. Et puis la quatrième était bien sympa. Mais qu'en est-il finalement du texte en lui-même ? Eh ben, c'est ce que nous allons voir.

Nous voilà donc en Angleterre quelques part dans les années 1830... L'ère victorienne n'a pas encore commencé, et pour cause. Persuadée que sa fille n'est pas sa fille, la régente n'a rien trouvé de mieux que de se prendre pour la belle mère de Cendrillon. Alors que la princesse n'avait que douze ans, sa mère ordonna son meurtre. Or, cela ne se fit pas. Mais cette disparition ne fait pas le bonheur de tout le monde. La fée Rêvage comptait sur l'enfant pour prendre le pouvoir, aussi bien dans le monde des hommes que dans le sien. Ainsi, elle pouvait régner sur les deux mondes et libérer celui des fées de la prison dans laquelle il survit. Sans elle, tout tombe à l'eau. Alors, Rêvage va partir à sa recherche et faire en sorte que la future reine lui obéisse. Pendant ce temps, la demoiselle, elle vit sa meilleure vie avec celui qui aurait du l'assassiner, Clemente de la Rochelle, un étrange cuisinier, Od, et un jeune étudiant S. La petite troupe va croiser le chemin de Philomène, une fée voleuse qui va les suivre sans trop savoir pourquoi (le sourire de Clem n'étant pas étranger à sa démarche). Il se dirigent tous vers Londres où un destin prodigieux semble les attendre.

J'aime les histoires de fée et ça faisait un moment que je n'en avais pas lu. Celle-ci m'inspirait d'autant plus qu'il y avait une histoire de changeling dedans. Mais à part ça, je ne savais trop à quoi m'attendre, la quatrième de couverture restant tout de même bien évasive à ce sujet. L'entrée dans le roman le reste aussi, d'ailleurs. On arrive presque en pleine action avec un premier chapitre suivant Rêvage lors de son arrivée à Londres. Puis, nous passons à Philomène, fée pie voleuse, qui elle nous conte son récit. Cette alternance de point de vue n'est pas des plus dérangeants même si j'avoue que le choix m'a paru un peu étrange, tout aurait certainement pu se faire à la troisième personne. Mais si ça avait été le cas, nous aurions perdu les traits d'humour de Philomène et tout ce qui peut lui passer par la cervelle. De plus, j'avoue que ce changement à chaque chapitre apporte aussi une vision différente de ce qu'il se passe et nous permet de suivre Rêvage ou d'autres. Du coup, moi qui apprécie quasi tout savoir, je suis servie. Mais il y a aussi un revers à cela, et ça vient de Philomène elle-même. J'ai eu du mal avec notre petite pie durant une bonne partie du roman. En fait, je n'arrivais pas tout à fait à comprendre pourquoi elle se greffait au groupe de Clem et les autres ni quelles étaient réellement ses motivations. Pourtant, le personnage est sympathique comme tout mais parfois, elle m'a semblé bien trop spectatrice.

D'ailleurs ceci est un des défauts du livre. Les personnages semblent parfois un peu trop portés par les évènements. Ce qui en plus, n'est pas tout à fait vrai, comme on le découvre en lisant. Sauf que c'est parfois l'impression que j'ai eu, la faute en partie à notre chez Philomène. Mais on pardonne, parce que je les ai apprécié. Surtout Rêvage, cette fée qui veut sortir son royaume du pétrin où elle l'a un peu mis quand même et qui est prête à tout pour ça. Une fée parfois bien humaine et finalement peut-être pas si cruelle qu'elle le parait. Ou encore Vik qui finit par prendre sa vie en main et qui le fait de belle manière. Et même Od, mystérieux fée (amusant d'ailleurs de ce voir connaitre son identité rapidement alors que Philomène rame à mort pour ça). 

Et puis, il y a l'humour, le côté un peu vaudeville de l'histoire, ses multiples rebondissements qui parfois nous perde un peu et son humour qui cache souvent quelque chose d'un peu plus sombre et mélancolique aussi. Je dois bien dire que j'ai beaucoup apprécié le style de l'autrice, ça manière de présenter tout ça. On ne s'ennuie pas en lisant. Bon, parfois, ça part un peu trop en tout sens mais ça a aussi son charme je trouve. En fait, parfois, je me dis même que c'est un peu fait exprès, de nous perdre comme les personnages le font dans les raccourcis entre les deux mondes. 

Pour finir, j'ai apprécié ma lecture. Il y a quelques défauts pour moi mais globalement, j'ai apprécié l'histoire. J'ai passé un agréable moment en compagnie de Philomène et des autres personnages. J'ai encore dans ma PAL (côté numérique), une nouvelle dans le même univers, fichu chaudron, que je compte lire prochainement. 

lundi 19 septembre 2022

Le sort du titan, Percy Jackson, tome 3, Rick Riordan

Me revoilà du côté des Olympiens avec ce troisième tome de Percy Jackson. Ca tombe bien, j'avais besoin d'une lecture légère et facile (quoique pour le léger, on repassera peut-être).

Le sort du titan, Percy Jackson, tome 3, Rick Riordan

Editeur : Albin Michel
Collection : Wiz
Année de parution : 2008
Titre en VO : Percy Jackson and the Olympians, book 3: The Titan's Curse
Année de parution en VO : 2007
Nombre de pages : 357

A lire : 
- Vous aimez la mythologie grecque (mais que vous n'êtes pas ultra exigeant)
- Vous voulez un héros souffrant de trouble de l'attention avec hyperactivité

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne

Présentation de l'éditeur : 

Les monstres sont toujours décidés à tuer les demi-dieux. Percy et ses amis Annabeth, Grover et Thalia se retrouvent face à un horrible manticore. Ils n'ont la vie sauve que grâce à l'intervention de la déesse Artémis et de ses Chasseresses. Mais, lorsque Annabeth puis Artémis disparaissent, une nouvelle quête semée d'embûches s'annonce : Percy devra plus que jamais se méfier des manipulations et des pièges de Cronos, le. Seigneur des Titans.

Mon avis

Attention, je vais un peu spoiler le tome précédent puisqu'à la fin de celui-ci, Thalia, la fille de Zeus, revenait à la vie grâce à la toison d'or. La jeune fille, quinze ans, bientôt seize, reprend ses activités de héros des Dieux aux côté de Percy, Annabeth et Grover. C'est ainsi que tous les quatre s'en vont récupérer deux nouveaux demi-dieux, Bianca et Nico Di Angelo. Mais durant leur mission de sauvetage, et alors qu'Artémis et sa troupe de Chasseresses viennent les aider, Annabeth disparait, au grand dam de Percy qui n'a rien pu faire. Puis, Artémis part seule, à la recherche d'un monstre qui pourrait tout changer dans la guerre opposant Cronos aux Dieux. Mais de retour à la colonie, rien ne va vraiment. Les Chasseresses s'installent dans le bungalow d'Artémis avec Bianca qui a décidé de faire parti du groupe. Son frère se retrouve chez les Hermes le temps que son parent divin se déclare. Mais surtout, Monsieur D et Chiron interdise à Percy de partir à la recherche de son amie. Il va falloir une nouvelle quête où il n'est pas convié à la base, pour enfin pouvoir partir à la recherche de la déesse et d'Annabeth.

Ce troisième tome commence vraiment sur des chapeaux de roues et permet de présenter rapidement Thalia dont on avait beaucoup entendu parler mais peu vu. Mais surtout, il voit la disparition d'Annabeth dès le début. Un évènement loin d'être anodin. Il permet d'abord de mettre en avant Thalia auprès de Percy. Si la fille de Zeus n'a pas un rôle aussi important qu'a pu avoir celle d'Athéna durant les tomes précédents, il est agréable de la découvrir un peu plus. Ensuite, cette disparition semble mettre en place la romance entre Annabeth et Percy (même si ce n'est pas vraiment dit et que le passage d'Aphrodite me semble trop gros, les sentiments du jeune homme évolue beaucoup envers elle). Il permet aussi de nous faire un peu quitter le trio pour se pencher vers d'autres personnages, comme les Chasseresses d'Artémis, et plus particulièrement sa lieutenante, Zoé, ou encore la jeune Bianca Di Angelo. Alors, oui, Annabeth m'a manqué mais j'ai apprécié voir Thalia et Zoé. 

Ensuite, il y a l'histoire de ce tome. Si on reste sur le schéma habituel, prophétie => voyage =>résolution, on part avec un inconnu. On n'a pas la moindre idée de qui est parti chasser Artémis avant de disparaitre à son tour, ni même de qui est réellement l'ennemi du tome (et même si on voit rapidement Luke, ce n'est pas tout à fait lui). Ce petit suspens est appréciable. On reste dans le flou un bon moment. On commence à entrevoir ce qu'il va se passer petit à petit, en même temps que les révélations sur certains personnages. Et puis, comme toujours, il y a les mythes grecs revisités, on retrouve ainsi Talos, le chien de bronze créé par Héphaistos, quelques adversaires d'Hérakles (le lion de Némée ou encore sanglier d'Érymanthe) mais aussi celui d'un Titan que je ne nommerais pas ici pour ne pas spoiler (et qui n'est pas Cronos).

Au final, ce fut une chouette lecture. Le tome est plus mature que les deux précédents, surtout qu'il aborde des thèmes un peu plus dur, comme la mort, le deuil et une partie de repentance aussi. Il fait pour l'instant parti de mes préférés malgré l'absence d'Annabeth. J'attends avec une certaine impatience de lire le quatrième tome, surtout vu ce qu'il a pu se passé à la fin de celui-ci.


lundi 12 septembre 2022

Le règne des loups, King of Scars, tome 2, Leigh Bardugo

 Le retour des horaires normales de la médiathèque fait beaucoup de bien à ma pile à lire (ou de mal, c'est au choix). Surtout, j'ai pu enfin récupéré tranquillement le tome deux de King of Scars pour finir cette duologie dans le Grishaverse.

Le règne des loups, King of Scars, tome 2, Leigh Bardugo

Editeur : Milan
Collection 
Année de parution : 2021
Titre en VO : Rule of Wolves
Année de parution en VO : 2021
Nombre de pages: 581

A lire si :
- Vous avez lu Grisha et Six of Crows (et c'est pas négociable, ça)
- Vous voulez retrouver les personnages de Grisha 
- Vous aimez suivre plusieurs intrigues en même temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose d'aussi complexe que Six of Crow

Présentation de l'éditeur : 

Le roi démon.
En voulant se débarrasser du démon qui sommeillait en lui, Nikolai a réveillé un mal plus terrible encore : un ennemi que tous pensaient mort, une menace pour le royaume de Ravka. Alors que son pays est encerclé par les armées de Fjerda, le jeune monarque sait qu'il devra faire appel aux ténèbres en lui s'il veut à nouveau réaliser l'impossible et sauver Ravka.
La fille des éclairs et du tonnerre.
Zoya Nazyalensky, générale de la Seconde Armée, connaît trop bien les ravages provoqués par la guerre. Détentrice de nouveaux pouvoirs extraordinaires, la jeune femme est prête à devenir l'arme dont son pays a besoin. Quel que soit le prix à payer.
La reine des sanglots.
Chargée d'une mission d'espionnage en plein territoire fjerdan, Nina pense pouvoir déstabiliser l'ennemi en s'infiltrant au plus près du pouvoir. Les motivations de l'espionne semblent cependant aller bien au-delà du simple patriotisme...
Un roi. Une générale. Une espionne. Trois destins capables de façonner l'avenir d'un pays. Ou d'en provoquer la chute. 

Mon avis

Le premier tome de la duologie centrée sur Nikolai, Zoya et Nina m'avait plut mais sans plus. Pour rappel, je l'avais trouvé légèrement long et même lent sur certains passages. J'avais un peu peur pour ce tome, du coup, et ça malgré l'apparition d'un certain personnage que j'avais beaucoup apprécié dans Grisha (bon, on va la faire courte sur lui, je suis déçue. Il aurait pas été là que ça aurait quasi été pareil, il ne sert qu'à la fin alors qu'il apparait tout le long du bouquin et franchement, ce n'est pas rendre justice au personnage). Mais Bardugo a su reprendre les reines de son histoire, et si, parfois, ce fut encore un peu long à mon gout (certains passages avec Nina, alors même qu'ils permettent de faire avancer l'histoire), on  se retrouve avec un tome pas très loin de ce qu'elle a pu faire avec Six of Crows (qui pour moi reste la meilleure duologie du Grishaverse), avec des rebondissements (qui n'en sont pas toujours) et une fin de duologie prenante. 

On commence le roman peu après le retour de Zoya et Nikolai du Fold. Rien ne va. Ils ont libéré un vieil ennemi dont ils ne savent que faire, la reine Shu est sur le point de lui déclarer la guerre en complotant contre sa sœur, la future épouse du roi, et enfin Fjerda est à la frontière de Ravka, prête à détruire le royaume. La situation est désespérée et ils vont tout mettre en oeuvre pour sauver le pays. Du côté de Nina, ce n'est pas mieux. Installée chez les Brum, elle va tout faire pour mettre à mal le plan Fjerda mais aussi, enfin assouvir sa vengeance. Et pour cela, elle et Hanne vont se rapprocher du prince Fjerdan. Et pendant ce temps, on va aussi un peu suivre Tamar du côté des Shu, faire un tour à Ketterdam et suivre un certain moine noir.

Comme vous le voyez, le Règne des Loups semble aller un peu dans tous les sens. A vrai dire, ce n'est pas tout à fait vrai puisque toutes les intrigues finiront par se rejoindre, un peu avant la fin. Mais grace à ces différents fils, Bardugo arrive à relancer une histoire qui semblait un peu mal parti pour moi à la vue de la fin du premier tome. Mais fallait-il vraiment qu'elle déploie autant de fils ? Comme je le disais, celui du moine noir n'est pas forcément utile sauf sur la fin, le passage chez les Shu est fort sympa et permet de comprendre tout ce qu'il se passe autour des Khergud mais sans lui, on aurait peut-être eu un peu plus de suspense. 

Reste que j'ai adoré les arcs de Zoya et Nikolai. Zoya fait parti de ces personnages que j'aime beaucoup, et ça depuis le début. La voir enfin s'accomplir est un véritable bonheur même si elle fait ça plutôt dans la souffrance, elle. Côté Nikolai, c'est découvrir une autre facette du roi et le voir comprendre pourquoi il fait tout ça. Je trouve qu'il évolue bien plus dans ce tome que dans tous ceux où il apparait jusque là. Et puis, ok, j'avoue que mon petit cœur de midinette adore la relation entre Zoya et Nikolai. Tout comme j'ai bien aimé celle de Nina et Hanne. Les deux romances évoluent vraiment très lentement et sans prendre le pas sur ce qu'il se passe (enfin, on ne peut pas trop dire ça pour Zoya et Nikolai quand même). 

Au final, j'ai apprécié ma lecture. Je suis passée par plein d'émotion (et comme j'étais bien fatiguée ce week-end, j'ai même versé une petite larme à un certain moment) et c'est souvent à ça que je vois qu'un bouquin fonctionne bien avec moi. Ici, et comme souvent avec Bardugo, c'est le cas. King of Scars n'est peut-être pas ma duologie préférée du Grishaverse (pour le moment, ça reste Six of Crows) mais elle fait parfaitement le boulot (et puis sa fin annonce une nouvelle incursion dans le Grishaverse qui devrait me plaire)

lundi 5 septembre 2022

Par dela le mur du sommeil, H.P.Lovecraft

 Ca fait un petit moment que je n'ai pas lu Lovecraft. J'ai ce recueil qui traine non loin de ma table de chevet depuis quelques mois et il est temps de le sortir de la PAL.

Par delà le mur du sommeil, H.P.Lovecraft

Editeur : Folio SF
Collection : SF
Année de parution du recueil : 2002
Titre en VO : /
Année de parution en VO : /
Nombre de pages : 333

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez les ambiances bien sombres

A ne pas lire si :
- Vous aimez les dialogues

Présentation de l'éditeur : 

" Je t'en dirai davantage plus tard - à présent j'ai besoin d'un long repos. Je te parlerai des horreurs interdites qu'elle m'a fait pénétrer - des horreurs séculaires qui suppurent encore aujourd'hui dans des coins perdus, entretenues par quelques prêtres monstrueux. Il y a des gens qui savent sur l'univers des secrets que nul ne devrait connaître, et qui sont capables de choses que nul ne devrait pouvoir faire. J'y étais plongé jusqu'au cou, mais c'est fini. A présent, je brûlerais ce maudit Necronomicon et tout le reste... "

Mon avis

Bon, premier point, j'ai regardé la liste des nouvelles avant de lire le recueil et j'ai été déçue de me rentre compte que je ne serais pas complétement dans la Contrée du Rêve malgré le nom de la première nouvelle. Le recueil reprend donc une seule nouvelle de cette période, une des "histoires macabres" et le reste du mythe de Cthulhu. 

Passons à présent aux nouvelles. Sur les cinq présentes, je n'en ai lu que quatre puisque j'ai déjà lu Le monstre sur le seuil (qui a été traduit par la Chose sur le seuil dans le recueil du lien). Comme toujours, on va les passer une par une.

On commence donc avec la nouvelle éponyme du recueil, Par-delà le mur du sommeil. On y découvre l'histoire de Slater, un montagnard simple d'esprit qui, durant son sommeil, a de violente crise. L'une d'elles où il va tuer ses voisins, le conduira dans un asile. Un des interne qui le suit va essayer de percer le mystére qui entoure Slater, ses crises et l'étrange créature qui le possède. Autant le dire, heureusement qu'elle est courte, cette nouvelle. Je n'ai pas du tout accroché. A vrai dire, je m'y suis même ennuyée et je l'ai trouvé plate.

Heureusement, elle est suivie par les rats dans les murs que j'ai aimé découvrir. Dans une ambiance très gothique, nous suivons l'histoire d'un homme aux prises avec la mémoire de ses ancêtres alors qu'il restaure la vieille demeure familiale. La nouvelle, bien que classique dans son ensemble m'a filé parfois un peu froid dans le dos. Elle est sombre, assez angoissante et sa fin, même si attendu, m'a bien plut.

Elle est suivie par le Monstre sur le seuil que je n'ai donc pas relu. Je vous laisse cliquer sur le lien plus haut si vous voulez voir mon avis dessus.

On continue avec Celui qui hantait les ténèbres. Dans celle-ci, nous allons suivre Robert Drake, écrivain de son état et surtout fasciné par une église ayant abritait un sombre culte. Forcément, le gars va aller l'explorer et sa visite va libérer celui qui hante les ténèbres. Tout comme pour les rats dans les murs, j'ai adoré l'ambiance qui se dégage de la nouvelle. Il faut dire que les descriptions des lieux y sont pour beaucoup. Ca reste là aussi classique, mais avec Lovecraft, c'est normal (après tout, les nouvelles ont été écrite entre 1919 et 1940).

On finit donc avec l'Affaire Charles Dexter Ward qui est plus une novella qu'une nouvelle d'ailleurs. L'affaire fait partie des plus longs récits de l'auteur et j'avais un peu peur de m'y ennuyer au vu du style de Lovecraft. Eh ben, pas du tout. La novella nous explique comment le pauvre Charles Ward a petit à petit sombré dans la folie. Pour cela, il faut remonter 157 ans en arrière, lorsque son ancêtre, Jospeh Curwen tenta d'appeler d'étranges forces sur Terre. Franchement, c'est prenant du début à la fin. Je n'ai pas vu les pages passées. Toujours d'une mouture très classique, la novella fonctionne parfaitement avec une fin qui n'étonne personne (on la vu venir de loin) et une partie un peu plus horrifique que le reste.

Voilà donc pour les nouvelles. Au final, j'ai plutôt apprécié le recueil dans son ensemble. J'ai adoré la novella, que je souhaitais lire depuis longtemps et qui était même mieux que ce que je pensais. Je n'ai pas tout aimé, je fais toujours un énorme tri dans ce que je lis de lui (on oublie pas que c'était pas l'auteur le plus cool du monde, c'est un raciste notoire (et ça se sent bien bien, comme dans Par delà le mur du sommeil) qui se rapprochait de l'idéologie fasciste) mais il reste un maitre dans le genre et ces quelques nouvelles nous le prouvent encore. Après, on peut lui reprocher un certain manque de modernité du au fait que les nouvelles ont maintenant une centaine d'années mais quand on s'attaque à Lovecraft, on se doute un peu de la chose. Personnellement, j'aime beaucoup ses textes et sa manière de décrire ce qu'il s'y passe et je ne suis pas encore prête à m'arrêter de le lire (mais que ça aurait été mieux si l'auteur lui-même avait été moins lui…)



mardi 30 août 2022

Taliesin, Le cycle de Pendragon, tome 1, Stephen Lawhead

 La première fois que j'ai lu le cycle de Pendagron, c'était il y a vingt ans à peu prés. Ce fut un vrai coup de cœur, surtout qu'à l'époque je vouais une véritable passion aux mythes arthuriens (c'est toujours le cas d'ailleurs, hein). Je me suis demandée ce que ça donnerait, donc vingt ans plus tard avec mon bagage actuel.

Taliesin, Le cycle de Pendragon, tome 1, Stephen Lawhead

Editeur : Le livre de poche
Collection : 
Année de parution : 2002
Titre en VO : The Pendragon Cycle, book 1 : Taliesin
Année de parution en VO : 1987
Nombre de pages : 668

A lire si : 
- Vous aimez les romans contemplatifs
- Les mélanges de mythologies ne vous font pas peur

A ne pas lire si :
- Vous voulez voir Arthur dès le départ (spoiler : il n'apparait réellement qu'à partir du troisième tome)

Présentation de l'éditeur : 

Fuyant l'engloutissement de l'Atlantide, trois navires désemparés emportent le roi Avallach et sa fille vers Ynys Prydein, une île noyée dans les brumes. Dans ce nouveau monde, où les guerriers celtes luttent pour leur survie dans les derniers soubresauts d'un Empire romain agonisant, ils essaient tant bien que mal de refaire leur vie. De la rencontre de ces deux civilisations, et de l'union de la jeune princesse atlante avec le barde Taliesin, naîtra celui que chacun connaît désormais sous le nom de Merlin...

Mon avis

Il y a quelque chose d'étrange à relire un bouquin vingt ans plus tard. Bon déjà, parce que ça met un sacré coup de vieux. Je lisais Taliesin quand j'avais quinze/seize ans et à l'époque, je me cachais pour bouquiner en paix dès que je le pouvais. Mais surtout, ma mémoire a éclipsé une bonne partie du roman, à savoir la première. Dans ma tête, ça commençait avec Charis dans l'arène, une scène que je revois parfaitement depuis le temps (dans l'idée, sur les tomes suivants, il y a l'arrivée de Guenhwyvar que j'ai parfaitement en tête). Il faut dire que la dite scène est assez marquante. Du coup, qu'elle ne fut pas ma surprise de découvrir qu'il y avait une première partie avant d'arriver à cette fameuse arène. Mais revenons à nos moutons, à savoir de quoi parle donc ce premier tome ?

J'ai toujours trouvé le nom du cycle pas totalement approprié à celui-ci. Pourtant, les Pendragon feront prochainement leur apparition. Mais pas ici. Ici, on va assister à la rencontre entre des parents de Merlin, à savoir la princesse atlante Charis et le barde celte Taliesin. Le roman va alternativement nous conter leur vie, l'auteur cherchant à expliquer sa mythologie tout en se basant sur des faits historiques avérés ou non. Ainsi, Charis est la fille du roi Avallach, l'un des rois d'Atlantide. Elle mène une vie paisible jusqu'à la mort du Grand Roi Atlante et surtout, celle de sa mère, Briseis. Tenue pour responsable par son père, elle quittera sa patrie pour les arènes sacrées ou elle dansera durant sept ans. Puis, viendra la destruction de son royaume et l'arrivée en Grande Bretagne où son père s'instellera à Caer Avallach (que l'on peut considérait comme était Avalon). Du côté de Taliesin, on commence d'abord par l'histoire de son père Elphin, sa découverte dans le combre à saumon puis sa vie en temps qu'apprenti barde. Forcément, quand les deux vont finir par se rencontrer, ils tomberont amoureux l'un de l'autre et la dernière partie du roman nous raconte tout cela. 

Dans la fin des années 80, l'idée de relier légendes arthurienne et mythe de l'atlantide a fait quelques émules. On peut citer Marion Zimmer Bradley (oui, elle reste problématique au vu des accusations qui planent sur elle et son époux) et son cycle  d'Avallon (il faut savoir qu'après la trilogie des Dames d'Avallon, elle a publié quatre romans se passant bien avant la trilogie) et bien sûr Stephen Lawhead. A vrai dire, les légendes arthuriennes semblent assez se prêter à ce mélange, du moins la partie concernant Avalon et le peuple qui l'habite. La grosse différence entre Lawhead et Zimmer Bradley viendra de l'époque où ils situent tous deux les légendes arthuriennes. Si elle décida de les placer quelque part dans un moyen-âge courtois, lui décide de le faire durant le Vième siècle, essayant de coller à une certaine réalité historique (tout comme le fera, bien plus tard, Alexandre Astier avec Kaamelot). Personnellement, j'apprécie beaucoup qu'il ait essayé de coller à cela, surtout que, concernant la partie Taliesin, ça colle à peu prés (à un siècle prés en fait) à la réalité historique. Après, il ne faut surtout pas oublier que le tout est un roman et qu'à part les lieux et certains évènements, rien n'est réellement arrivé. Il n'empêche que le mélange reste donc plausible et que, de mon côté, ça fonctionne pas mal.

Ici, si ça fonctionne, c'est aussi grâce aux personnages. On va forcément s'attacher à Charis, la protagoniste féminine. C'est elle que l'on voit le plus et qui aura un rôle durant presque tout le cycle. Car Charis est bien plus qu'une princesse Atlante. Elle est la future Dame du Lac (oui, non, je spoile pas, c'est comme ça que Taliesin l'a rêve la première fois). Surtout, dans ce tome, c'est une jeune fille rebelle, qui a beaucoup de mal à trouver sa place. Je trouve juste dommage par contre que la troisième partie finisse par faire disparaitre la colère du personnage pour n'en faire plus que la future mère de Merlin et surtout l'épouse de Taliesin. Taliesin, lui, apparait un peu moins. Il reste aussi plutôt mystérieux. C'est un barde, un héraut et c'est ce rôle-là qu'il joue, plus que celui de héros du roman (il ne l'est pas) ou même de père de Merlin. Et puis, on commence à apercevoir Morgian qui, dans mes souvenirs, est un personnage complexe comme peut l'être Morgane le Fay (malheureusement, on l'a voit trop peu ici pour s'en rendre compte). D'ailleurs, j'aime assez les personnages plus secondaires, ceux qui sont à l'arrière et qui font avancer l'histoire (Dafyd, Avallach, Lile etc...). La seule chose que je trouve dommage dans tout cela, c'est forcément la place des femmes, trop souvent derrière les hommes alors que l'on sait très bien qu'elles ont toutes leur importance dans les mythes Arthuriens.

Mais si j'aime beaucoup cette vision de la mythologie arthurienne de l'auteur, si j'apprécie particulièrement ses personnages, je trouve tout de même un défaut au roman : son côté trop contemplatif et ses descriptions parfois trop ampoulées. Pour les descriptions, j'avoue me poser la question de la traduction. Il est possible que Luc Carissimo en ait rajouté pour faire plus "médiéval", comme le fit Hillings sur la Roue du Temps. N'ayant jamais eu la version originale sous les yeux, je ne pourrais le dire (Carissimo semble habitué à la traduction de roman Fantasy)(vous me direz Hillings aussi, c'est pour autant qu'elle a pas foiré des trads...). Pour le côté contemplatif, ce n'est pas que je n'aime pas, mais je trouve que Lawhead a parfois tendance à toujours revenir sur les mêmes choses. Surtout, cela rend certains passages légèrement trop long, cassant le rythme de lecture. 

Au final, je m'attendais à un nouveau coup de cœur et en fait, ce n'est pas vraiment le cas. J'ai grandi, j'ai pris un peu de bouteille et mes goûts littéraires se sont affinés. J'aime toujours autant l'histoire en elle-même mais je ne la vois pas comme il y a vingt ans. Je n'y vois plus le côté romantique que j'avais pu lui voir. Ce n'est pas pour autant que ce premier tome n'est pas bon. Juste que ce n'est plus tout à fait ce que j'aime lire maintenant. Pour autant, sans être un coup de cœur, j'aime toujours et, comme je surkiffe les légendes arthuriennes, je vais continuer le cycle.

mercredi 24 août 2022

Une amitié, Silvia Avallone

 Je n'ai pas lu de roman hors SFFF depuis au moins un an (le dernier ouvrage qui n'en soit pas a été le journal d'écriture de Virginia Woolf, en aout de l'année dernière)(en roman pur, il faut remonter à janvier 2021). J'ai eu un peu peur de retourner à la littérature blanche et cela s'est vu au temps qu'une Amitié est restée dans ma PAL (je l'avais acheté le jour de sa sortie, en janvier de cette année) alors que j'adore l'autrice et ses précédents romans. Peut-être aussi parce que j'avais eu un peu plus de mal avec la Vie Parfaite, le roman précédent, que j'avais aimé mais qui n'avait pas eu le même impact que le si génial Marina Bellezza

Une amitié, Silvia Avallone

Edition : Liana Levi
Collection : Piccolo
Année de parution : 2022
Titre en VO :  un'amicizia
Année de parution en VO : 2021
Nombre de pages : 528

A lire si : 
- Vous voulez un roman sur les amitiés adolescentes
- Vous ne voulez pas forcément de quelque chose de beau

A ne pas lire si 
- Vous ne voulez pas d'un roman à la première personne

Présentation de l'éditeur : 

Les amitiés de l’adolescence sont les plus fortes. On échange expériences, secrets et vêtements, tout en se projetant dans un futur rempli d’espoirs. Elisa et Beatrice, les deux héroïnes de ce roman, n’y font pas exception. Bien que leurs histoires familiales diffèrent totalement – la première a été élevée par une mère aimante mais fantasque et indifférente aux apparences, la seconde par une mère qui surinvestit le paraître et transforme sa fille en poupée Barbie –, elles ont noué un lien fusionnel. Et cela jusqu’au jour où un changement planétaire, Internet, fait irruption dans leur vie. Elisa continuera à faire partie du «monde d’hier», celui qui valorise les livres et la culture, tandis que Beatrice se lancera tête baissée dans l’aventure du «monde nouveau», celui qui pousse sur le devant de la scène influenceurs et réseaux. Et ces courants contraires les entraîneront vers des destins opposés.

Mon avis

S'il y a une chose qui me marque toujours dans les romans de Silvia Avallone, ce sont les débuts. L'incipit de Marina Bellezza me hante toujours et je pense que celui de une amitié restera tout aussi longtemps. L'autrice m'a happé alors même que je n'avais lu que deux phrases. Et elle ne m'a lâché que lorsque j'ai refermé le roman, à la fin de la page 528. Mais il faut dire que ce roman a quelque chose de particulier. Des relents de vécu, quelque chose que j'aurais bien mis de côté encore quelques années. Je crois d'ailleurs qu'on a toutes (et peut-être tous) vécu ça, ce genre d'amitié, à l'adolescence. Vous savez, une amitié qui prend le pas sur tout, qui éclipse tout et puis qui disparait, souvent brisé par l'une des deux parties pour une raison que personne ou presque ne comprends vraiment. Et bien, c'est cela que va raconter l'autrice dans ce roman. Il rejoint en cela son premier roman, d'Acier, qui avait pour fils rouge une amitié adolescente déjà. Mais d'Acier ne faisait que l'effleurer, parlant plus de la jeunesse de Piombino que juste des deux filles. Ici, Avallone va plus loin et raconte les années lycéennes de Béa et Elisa, de la naissance de leur amitié à sa fin et même un peu plus. 

Pour cela, elle nous place direct dans la peau d'Elisa. Elisa a quatorze ans lorsque sa mère la laisse chez son père, dans la ville cotière de T (alors, j'ai cherché, j'ai pas trouvé, mais elle se situe probablement non loin de Piombino puisque, comme elle, T a pour voisine l'île d'Elbe et la méditerranée). La séparation est déchirante. Elisa ne connait pas son père et elle doit faire face à l'abandon de sa mère et de son frère. C'est là qu'entre en scène Beatrice. Bea, c'est la fille pas populaire mais presque. C'est la belle, celle qui veut conquérir le monde et qui sait qu'elle peut y arriver. Elevée par une mère ancienne reine de beauté, elle ressemble à une poupée Barbie. Mais, à l'intérieur, Bea est bien plus que l'écervelée que les gens voient. Tous ou presque opposent les deux jeunes filles, et pourtant, suite au vol d'une paire de jean's, elles vont devenir amies. La vie, comme on l'apprend très tôt, finira tout de même par les séparer, Bea devenant la Rosetti, influenceuse avant l'heure et star des réseaux tandis qu'Elisa verra ses rêves de devenir écrivaine partir en fumée et deviendra prof à Bologne.

Comme je le disais, le roman me parle beaucoup. Parce que j'ai le même âge qu'Elisa (nous sommes née en 1986), parce qu'on parle de l'adolescence durant le début des années 2000 (sur ce point, j'ai parfois ris d'ailleurs, la mode italienne et française n'était pas si éloignée que ça et j'ai retrouvé quelques référence musicale)(faut dire qu'Elisa écoute the Offsprings ou Blink-182, comme j'ai pu le faire à l'époque). Mais surtout, je me suis identifiée à Elisa. Et là se pose un problème, comment vous parlez du roman sans parler de ça ? Oui, c'est compliqué. Mais Elisa, c'est la fille un peu à l'écart qui rêve d'écrire, celle qui reste dans l'ombre de son amie, qui quoiqu'elle fasse, n'en sort pas. C'est la "moche", la pas intéressante. Eblouie par l'autre, on ne la remarque pas, ou presque. Et elle, elle se complait dans ce rôle, ne se rend pas toujours compte de ce qu'il se passe. Bea, à ses côtés, c'est le soleil, celle sur qui on va se retourner. Alors, moi, ça m'a parlé, parce que j'ai été Elisa, en bien des sens. Pas pour tout, non plus. Mais, je l'ai comprise. Tout comme j'ai pu comprendre Bea sur la fin aussi. Parce qu'il ne faut pas croire, mais ces amitiés-là, elles deviennent toxiques pour les deux côtés, pas juste pour une des personnes. 

Et si nous suivons Elisa, si c'est pour elle que nous avons le plus d'empathie, elle n'en oublie pas non plus Bea. Parce que sous les apparences, Bea est aussi sensible que son amie. Elle a tout autant besoin d'elle qu'Elisa de Bea. C'est à travers les deux que nous allons expérimenter l'abandon, par la mère, d'abord, celle d'Elisa la laissant à T pour repartir à Biella, celle de Bea, qui semble ne voir que la "poupée" en sa fille et qui sera emportée par un cancer. Puis ceux des rêves et des aspirations mais aussi des illusions. Pour les deux jeunes femmes, ça se fait de manière souvent différentes, mais ça se fait. Et on a mal pour les deux tout le long du roman. Ce thème, celui de l'abandon et de sa perte va nous conduite des années 2000 à 2019. Et ça résonne forcément.

On ajoute enfin à tout cela l'écriture de Silvia Avallone et la traduction de Françoise Brun (qui la traduit depuis le début). Depuis d'Acier et ses premières armes, Avallone a fait évoluer son écriture tout en gardant ce que j'aime chez elle, cette modernité de ton avec cette jolie touche de poésie qui rend même les pires moments beaux. Cette vision sans fioriture de la jeunesse et des désillusions. 

Au final, c'est donc un nouveau coup de cœur. Presque à la hauteur de celui que j'ai pu avoir pour Marina Bellezza (déjà six ans que j'ai pu le lire et franchement, et je ne me le suis toujours pas sorti de la tête). Il a su me prendre aux tripes, me parler comme pas possible. Franchement, si vous ne connaissez pas Avallone, n'hésitez pas à le lire.


lundi 22 août 2022

Appartement 16, Adam Nevill

 Je voulais continuer dans ma lancée horrifique, après la lecture de Je suis ta nuit. J'aurais peut-être dû me douter que ce n'était pas une bonne idée. Je ne vais pas faire durer le suspens, je n'ai pas aimé. 

Appartement 16, Adam Nevill

Editeur : Bragelonne
Collection : Terreur
Année de parution : 2012
Titre en VO : Apartment 16
Année de parution en VO : 2010
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le gore
- Vous voulez quelque chose qui change un peu du manoir hanté

A ne pas lire si :
- Vous voulez un auteur qui sait où il va
- Vous ne voulez pas du gore pour du gore

Présentation de l'éditeur 

Certaines portes devraient toujours rester fermer...
A Barrington House, un immeuble de grand standing dans un quartier chic de Londres, un appartement est inoccupé. Personne n'y entre, personne n'en sort. Et c'est comme ça depuis cinquante ans.
Jusqu'au jour où April, une jeune Américaine, débarque à Barrington House pour visiter l'appartement que lui a légué une mystérieuse grand-tante. Cette dernière, morte dans d'étranges circonstances, a laissé un journal intime où elle révèle avoir été impliquée dans des événements atroces et inexplicables, plusieurs décennies auparavant.
Résolue à découvrir la vérité sur ce qui est arrivé à sa tante, April commence à reconstituer l'histoire secrète de Barrington House. Une force maléfique habite l'immeuble et l'entrée de l'appartement seize donne sur quelque chose de terrifiant et d'inimaginable...

Mon avis

J'étais plutôt emballée par ce roman en lisant sa quatrième. Je trouvais sympa d'avoir un appartement hanté, et non un vieux manoir comme on peut avoir l'habitude de lire et puis, ça avait quand même l'air bien sympa. C'est vrai, quoi, un appartement hanté (mais attention, ce n'est pas celui dont la protagoniste hérite), de vieux secrets et une entité maléfique, ça a tout pour plaire non ? C'était sans compté sur un récit qui tire sur le gore pour le plaisir et dont l'auteur m'a trop souvent perdu dans ses élucubrations. J'aurais dû le sentir dès les premières pages. 

Le prologue ne m'a pas plus. J'ai mis ça sur le compte de la fatigue, je l'ai lu vite fait avant de me coucher. Le lendemain, le premier chapitre est un peu mieux et me voilà à continuer. Sans être happée par l'histoire, je lis tranquillement. Puis, arrive à nouveau un chapitre avec Seth, protagoniste masculin qui partage le roman avec Apryl. Et là, je sais que je vais pas apprécié. Car, si tous les chapitres d'Apryl ont permis de relever à chaque fois le niveau, ceux de Seth l'enfonce méchamment. 

Apryl est américaine. Elle débarque à Londres suite au décès de sa grand tante Lilian. Sa mission : vendre rapidement l'appartement de celle-ci dans un quartier huppé. Mais quand elle découvre le bien et ce qu'il renferme, elle change d'avis. Elle veut d'abord savoir qu'elle a été la vie de cette femme qu'elle ne connait pas. C'est en trouvant les carnets de celle-ci qu'elle comprend que quelque chose ne va pas. Petit à petit, elle commence même à se sentir mal dans l'immeuble. D'après sa tante, tout ça viendrait d'un peintre fasciste ayant des accointances avec le diable, un certain Hessen. Apryl va mener sa petite enquête sur lui et ce qu'elle va découvrir est bien pire que ce qu'elle aurait pensé. En même temps, on suit aussi Seth, donc, gardien de nuit de l'immeuble. Parce qu'il s'est aventuré non loin de l'appartement 16, le voilà à faire des cauchemars et à être hanté par un étrange gamin. Petit à petit, il va sombrer dans la folie...

Comme je le disais, les parties avec Apryl ont été celles qui m'ont fait tenir, et encore. A vrai dire, tout aller bien jusqu'à ce qu'on commence à parler d'Hensen, le "méchant" de l'histoire. A partir de là, l'auteur part dans un délire que je n'ai que peu compris. On se retrouve avec un peintre maudit, fasciste, complétement obsédé par la mort et le mysticisme. Un bon gros fourre-tout de croyance qui finit par en faire une entité complétement hors sol. C'est trop, beaucoup trop. Et que dire des Amis de Hessen, qu'Apryl va rencontrer ? Je crois que ce chapitre-là a finit par m'achever tellement il est "trop" et cela même si j'avais décroché déjà avant. Car le problème du roman, c'est que comme son antagoniste, ça part un peu trop dans le trop, trop gore, trop malsain, trop de directions différentes aussi. Et on s'y perd sans prendre le moindre plaisir. 

On ajoute à ça du gore qui ne m'a pas plu. Bon d'habitude, je suis pas contre. J'aime bien même. Mais là, heu, non. Déjà parce que les descriptions sont pas oufs, mais alors pas du tout. C'est décousu, comme le reste du roman, en fait. Du coup, oui, y a du sang, des tripes et des boyaux (surtout dans les peintures) mais jamais rien qui finalement ne me fasse peur. Quant à l'intrigue, oui, elle est cousu de fils blanc et rien ne m'a étonné (à part que j'ai continué à lire en réalité).

Au final, je n'ai pas eu peur, je me suis même bien ennuyée. Le roman est aussi peu attrayant que mon avis dessus (je crois que je n'ai jamais fait aussi décousu, mais c'était tellement pas bon). Rien n'a sauvé ce roman du désastre, ni Apryl (et surtout pas son traitement par l'auteur)(oui, non, j'en ai pas parlé mais comment dire...), ni la conclusion. Bref, j'ai pas aimé du tout et je ne recommande pas.