mercredi 16 octobre 2019

Nuit et Jour, Virginia Woolf

Je n'ai peut-être pas choisi le bon moment pour lire un Virginia Woolf, pas avec de la fièvre et une somnolence accrue dut à mes traitements. J'ai mis un moment à le lire, et je ne suis pas sûre d'avoir tout compris parfois mais ce n'est pas grave, j'ai tout de même l'essentiel.

Nuit et Jour, Virginia Woolf

Editeur : Folio
Collection : Classique
Année de parution : 2017 pour cette édition
Titre en VO : Night and Day
Année de parution en VO : 1919
Nombre de pages : 720

A lire si :
- Vous aimez Virginia Woolf
- Vous voulez une chronique des jeunes anglais du début du siècle

A ne pas lire si :
-Vous n'aimez pas prendre le thé.

Présentation de l'éditeur :

Mêlant comédie de moeurs et satire de la société anglaise à la vieille de la Grande Guerre, ce deuxième roman de Virginia Woolf raconte l'éducation sentimentale de jeunes gens confrontés au choix entre une existence confortablement ancrée dans le passé et l'aventure de l'inconnue. Hésitations devant l'amour et le mariage, rapports complexes au milieu familial et aux ainés... D'une surprenante drôlerie, entre ironie et nostalgie, il dépeint un monde, celui de  l'avant-guerre, qui paraissait déjà lointain en 1919.
A la violence et à la confusion du réel, Viriginia Woolf oppose la sécurité d'un univers fictif familier et la cohésion d'un récit bine agencé. Oeuvre dun sujet en miettes dans un monde en chaos, Nuit et Jour est la tentative, désespérée et superbe, de réconcilier "la part de soi qui agit à la lumière du jour, et la part contemplative et sombre de la nuit".

Mon avis

Avant de commencer, je n'avais pas lu la quatrième de couverture jusqu'à ce que je le tape ici. Et, heu, comme dire, j'ai ris pour la seconde partie de celle-ci. Je ne sais pas qui l'a écrit mais mettre de ce grand mot pour Nuit et Jour et son histoire me semble un peu trop ampoulé en fait. Et pourtant, sachant qu'elle écrivit le roman après une de ses nombreuses dépressions, qu'elle y a mit beaucoup d'elle dedans, ce n'est finalement pas si faux. Mais passons sur cela et parlons un peu du livre.

Le livre commence par la rencontre entre Katharine Hillbery, jeune femme issue d'une famille connue et reconnue dont le grand-père était un poète très connu, et Ralph Denham, jeune homme d'une famille modeste écrivant parfois pour la revue de Mr Hillbery. Une rencontre qui ne se passe pas forcément très bien entre les deux jeunes gens de prime abord mais qui portant va être le point de départ de tout le roman. Car les deux jeunes gens vont être nos guides dans ce Londre de 1919 et c'est à travers leurs yeux que nous allons suivre cette petite aventure. Viendront s'ajouter trois personnages de plus, Mary Datchet, jeune femme proche des suffragettes, William Rodney, fiancé de Katharine et poète ainsi que plus tard, Cassandra, la cousine de Katharine. 

 Je crois l'avoir déjà dit dans un de mes avis sur une des oeuvres de Virginia Woolf, mais j'adore particulièrement la manière dont elle dépeint les gens. C'est à souvent plein d'humour, assez critique et en même temps elle a une certaine bienveillance envers eux qui fait qu'on va de suite les apprécier à notre tour. C'est ce qu'il arrive avec Katharine, qui est basée sur bien des aspects sur la sœur de l'autrice Vanessa mais aussi sur elle-même. Alors qu'on peut la trouver froide et guindée au départ, on découvre petit à petit une femme sensible et voulant sortir de ce que sa condition (de femme et de membre de la haute société) lui impose. J'ai aimé voir la si parfaite Katharine se perdre dans le méandre de ses émotions. Il en va de même avec Ralph, qu'on pourrait trouver médisant, ingrat aussi un peu, au début du roman. Le personnage, basé sur Leonard Woolf, l'époux de Virginia, est bien plus que cela. Le voir évolué dans un monde qui n'est pas tout à fait le sien a quelque chose de rafraîchissant. Il est bien plus complexe par exemple que William Rodney (du moins pour moi), plus intéressant aussi par sa manière de voir les autres. Il en va de même pour Mary durant une partie du roman. Elle est tellement différente de Katharine et des gens qui l'entourent qu'elle offre une vrai bouffée d'air frais.

Mais Mary n'est pas que ça. Virginia Woolf était une féministe convaincue. Le personnage de Mary lui permet de passer du côté des femmes travaillant. Mary est dans une association proche du mouvement des suffragettes. Elle y écrit des tracts, y prépare des réunions, combat pour le droit de vote des femmes... Même si on est encore loin de la suffragette partant au combat (je rappelle que les suffragette n'étaient pas pacifistes, loin de là même) mais on commence à voir les luttes pour un égalité entre hommes et femmes dans les discutions qu'elle a avec les membres de son association ou dans la manière dont elle se compare parfois avec Katharine. Une Katharine qui n'est pas en reste non plus. La jeune femme est passionnée de mathématique, se pose des questions sur la vie maritale et sur sa place tout court. Elle est tout aussi passionnée par ses questions par Mary sans aller jusqu'à son engagement. Ce l'un des thèmes du roman qui forcement m'a parlé et que je trouve particulièrement bien traité par une Virginia Woolf assez critique. 

En parlant de critique, c'est une chose à retenir ici. L'autrice aime à pointer du doigt les problèmes de son époque avec un certain humour. C'est encore une fois ce qu'elle fait de manière truculente. J'aime sa manière d'analyser son époque mais surtout les gens qui évoluent autour d'elle. D'ailleurs, Nuit et Jour m'a souvent fait penser à du Jane Austen dans cette manière de parler de son époque (Austen le fait aussi très bien, se moquant beaucoup des travers de son temps tout en en jouant).

Enfin, concluons donc par l'approche classique du roman. Ici, nous ne sommes pas encore dans le courant de pensée qui caractérisera les œuvres suivantes de l'autrice (la Chambre de Jacob étant le roman suivant et le dernier à suivre une approche presque conventionnelle). On le découvre un peu mais nous suivons une histoire faite de chapitres classique à l'avancée qui l'est tout autant. Ce n'en est pas moins un très bon roman qui je pense, reste accessible à beaucoup (la preuve, je sais très bien que je n'aurais jamais réussi à lire les Vagues ou Vers le Phare avec quatre jours de fièvre alors que j'ai réussi à le faire avec Nuit et Jour)(du moins que je les aurai bien moins apprécié et compris). N'ayant pas encore lu son tout premier roman, je dirais que celui-ci est très bien pour avoir une bonne approche de l'autrice. C'est donc, comme toujours, ravie d'avoir pu retrouver Virginia Woolf que j'ai lu ce long roman. Il me conforte (mais le fait-il vraiment ?) dans mon admiration pour l'autrice qu'elle était. 

PS : par contre, quel dommage que cette collection Folio s'obstine à mettre les notes en fin de livre et pas en bas de pages...

mardi 15 octobre 2019

Lame Exilée, Assassini, tome 3, Jon Courtenay Grimwood

J'ai une angine pas possible. Depuis une semaine, c'est la catastrophe à la maison niveau maladie. Après un beau virus pour moi, ma fille a eu une angine qu'elle a fini par me filer. Forcément, comme j'étais déjà affaiblie, ça a empiré. Le plus amusant ? (si on veut), ma mère a aussi une angine pour avoir gardé la demoiselle mardi... Bref, j'ai pas pu lire pendant trois jours à cause de la fièvre et autant dire que reprendre mon Virginia Woolf en court n'était pas possible. J'ai donc fini la saga Assassini.

Lame Exilée, Assassini, tome 3, Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2015
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 2: The exiled blade 
Année de parution en VO : 2013
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

L’hiver recouvre Venise de ténèbres, la glace fige les canaux et un millier de fantômes errent à la lisière des ombres. L’attentat brutal qui frappe le fils de dame Giulietta replonge Tycho dans les dangereuses intrigues de cour. Pour Giulietta, il traquerait les responsables jusqu’au bout du monde. Alors que Venise se trouve à deux doigts de la guerre civile, les querelles intestines se multiplient et la lutte pour le pouvoir s’intensifie. Quelles sont les forces à l’oeuvre dans ce jeu de dupes ?

Mon avis

Rappelez-vous, j'avais eu de grand doute à la fin de ma lecture du premier tome qui avait été presque totalement balayé par celle du second tome. Je découvrais alors une saga qui était bien meilleure que ce que je n'aurais pensé une fois que son auteur avait pris ses aises. Quand est-il donc de ce troisième tome ?

Venise s'apprête à affronter le pire hiver qu'elle connaisse. Les eaux de la lagune commence à geler, à tel point que l'on peut y marcher dessus. Le duc Alonzo s'apprête à partir de la ville, bannie par sa belle-soeur, la duchesse Alexa. Mais l'homme ne compte pas se laisser faire. Le jour de son départ, il épouse Maria di Dolphini, l'une des plus riches héritières de la ville, qui semble être enceinte de lui. Mais surtout, il va kidnapper le prince Leo, l'échangeant contre un autre gamin qu'il fait assassiner. Guiletta sombre, droguée par sa tante qui tente de trouver une solution. Tycho part pour le Montenegro à la recherche d'Alonzo et de Leo en compagnie d'Amelia. Pendant ce temps, à Venise, le prince Frederick va petit à petit redonner espoir à Guiletta avec l'aide d'un duc Marco pas si Niais que cela. Dans l'ombre, Alexa continue de tirer les ficelles, espérant réussir à offrir un avenir à son fils et à sa nièce, quoiqu'il arrive.

Si le second tome m'avait plu pour les nombreux complots qu'ils s'y tramaient, ce troisième tome parait presque plus simple. Nous avons bien du complot, après tout, nous sommes toujours à Venise (ou presque, disons que nous restons en territoire vénitiens). Mais bien qu'important par rapport au déroulement de ce troisième tome, il est passe presque au second plan, que se soit côté Alonzo (qui kidnappe Leo pour le faire passer pour l'enfant qu'il aurait eu avec Maria) ou côté Alexa (plus compliqué celui-ci et spoilant un peu trop pour le sortir noir sur blanc ici), ils sont finalement bien terne par rapport à ce que nous avons déjà pu voir. Disons surtout qu'ils sont cousus de fils blanc ce qui est étonnant vu les précédents tomes. Est-ce si important ? Et bien, pour le coup, cela m'a un peu fait penser au premier tome et à ses ficelles un peu trop brouillonnes. Heureusement pour moi, il n'y a pas que ça.

Une fois encore, les personnages prennent une grande place dans le roman. C'était quelque chose que j'avais apprécié dans le second tome et que j'apprécie toujours autant. Bien que la série devrait s'intéresser à Tycho (je dis ça par rapport au nom de la série), j'ai eu l'impression que ce dernier tome était celui de Guiletta. Tout  ce qu'il va se passer dans ce tome va se passer pour et par elle. A tel point qu'elle va carrément éclipser ce cher Tycho pendant une bonne partie du roman. Ça n'aurait pas été pour me déplaire d'ailleurs si elle ne passait pas une bonne partie de son temps à se morfondre pour tel ou telle raison, celle revenant plus souvent étant son choix entre Tycho et le prince Frederick. Un Frederick que j'ai bien aimé découvrir mais qui reste tout de même assez lisse par rapport aux autres personnages. Peut-être parce qu'il est le plus candide de tous (pour un loup-garou, ça reste quand même étrange). Et puis, il y a Marco. Le jeune duc se révèle enfin comme nous l'avons toujours pensé, c'est à dire bien plus sain d'esprit que ce qu'il en donne l'air.  On finira par Tycho, toujours égal à lui-même et un peu plus torturé qu'à l'habitude. Mais, comme je le disais, il est moins présent et finalement a réussi à me manquer la plupart du temps. Quant aux autres, comme Amelia, Alexa ou même Alonzo, ils restent presque anecdotique dans ce tome-ci (et je ne parle pas de Rosalyn qui offre l'entrée en scène la plus deux ex machina du bouquin pour ne finalement pas servir à grand chose).

Je rapproche par contre au roman une fin assez tirée par les cheveux à mon avis. Grimwood a semblé vouloir se servir de toutes les idées lui passant par la tête sans jamais y aller à fond ou jusqu'au bout. Une remarque déjà faite dans le tome un d'ailleurs. Mais là, durant les deux batailles de fin, c'est encore plus énorme. Alors, je comprends qu'il faille remplir des pages et mettre du suspens mais là, c'est un peu trop. Du coup, j'avoue avoir été un peu lassé par la plupart des rebondissements durant le dernier tiers du livre (mention spéciale pour Rosalyn donc). Sans parler que les deux derniers chapitres sont tellement mais tellement prévisibles. 

Du coup, je finis quand même avec un petit gout d'inachevé pour Tycho et surtout un sentiment assez mitigé pour cette saga. Pourquoi ne pas avoir continué dans la même veine que le second tome, tellement mieux que le premier et celui-ci ? Mais surtout, pourquoi en avoir fait autant autour de Guiletta et de la dernière bataille, au point de revenir à cet aspect si brouillon et fourre-tout qui m'avait tant déplu dans le premier tome ? Assassini aurait vraiment pu être une très bonne saga, alliant vampirisme, gothique, Venise, complot et amour, son auteur en fait malheureusement parfois (souvent) un peu trop. 

mardi 8 octobre 2019

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel

Je suis tombée un peu par hazard deux fois sur cette bande dessinée hier. La première fois, c'est sur l'instagram de Cécile Duquenne. La seconde, c'est à la librairie alors que j'allais récupèrer le tome des Légendaires pour Poupette. J'ai donc craqué, surtout qu'au feuilletage, ça avait l'air fort bien, et je l'ai lu tranquillement à la maison dans la soirée.

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel 

Editeur : Glenat 
Collection : log-in
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 80

A lire si : 
- Vous voulez du steampunk
- Vous voulez de beaux dessins
- Vous aimez les enquêtes

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça va un peu trop vite

Présentation de l'éditeur : 

« Une information doit être écrite et partagée ». Dans tout l'Ouvremonde, Darryl est une légende, le plus grand des journalystes du Veilleur. Ayant le pouvoir de traverser les réalités et de voyager dans le « monde gris », il est devenu célèbre pour les articles qui rendent compte de ses aventures. Mais Darryl n'est pas qu'un aventurier, il a aussi un devoir : informer. Et toutes ses certitudes sont sur le point d'être ébranlées le jour où il enquête sur la disparition d'un géant... La magie qui régule son monde serait utilisée à mauvais escient par un individu mystérieux et dont les intentions demeurent troubles. Le sujet du prochain article de Darryl est tout trouvé : découvrir qui se cache derrière tous ces mystères... Rémi Guérin et Krystel nous présentent un nouveau héros, aventurier reporter évoluant dans un monde empreint de magie. Une aventure merveilleuse portée par un héros charismatique en diable, quelque part entre À la Croisée des mondes et Harry Potter !

Mon avis

C'est ce matin, en cherchant la fiche de la bande dessinée sur Livraddict que je me suis rendue compte qu'elle faisait écho à un livre d'Olivier Peru (d'où l'apparition de son nom dans la BD, forcément). Je vous le dit de suite, je n'ai pas lu Darryl Ouvremonde sous sa forme de roman. Mais d'après ce que j'ai compris, il se passerait dix ans avant la BD et nous avons un infime aperçu de ce qu'il s'y passe dans le prologue de celle-ci (et ça donne très très envie de lire le roman, paru chez Michel Laffon). Mais passons à la bande dessinée elle-même.


Vous le savez, je craque rarement pour des bandes dessinées parce que j'ai toujours du mal à accrocher. Mais entre une couverture franchement belle, une promesse de steampunk et un avis plutôt bon de la part de Cécile Duquenne, ben j'ai craqué. Oui, parfois, il ne m'en faut pas beaucoup. 


Ce premier tome est là pour faire les présentations et il fait ça parfaitement. Il est toujours un peu compliqué de s'approprier l'univers d'un autre, je pense que Rémi Guérin et Krystel y sont arrivés avec ce premier tome. Nous entrons directement dans le vif du sujet, que se soit côté Kaelatt, la ville à l'ambiance Steampunk où évolue Darryl, ou à Salem, dans notre monde, où se trouve Julianne. Le lien entre les deux ? Les pouvoirs de Darryl, capable de passe d'un monde à l'autre mais aussi Dean, meilleur ami de Darryl et amoureux de Julianne. En suivant Darryl dans le début de son enquête sur la disparition d'un géant pour le Veilleur, on va découvrir petit à petit les mondes dans lequel il évolue mais aussi les relations entre les personnages. 

Des personnages auquel on s'attache déjà très vite d'ailleurs. Forcément, Darryl est celui que l'on suit le plus et étrangement, il semble aussi le plus mystérieux des trois. Journalyste (oui avec un y), il travaille pour que toutes informations soient transmises aux citoyens. Et dans ce domaine, grâce à son étrange pouvoir, il est sûrement le meilleur. Et autant dire qu'il profite de cette situation pour continuer à l'être. Pourtant, il cache sous cet aspect un peu crâneur de prime abord une certaine sensiblerie que l'on découvre lorsqu'il passe dans le monde gris. Un monde où il retrouve donc Julianne dont on ne sait pas grand chose pour le moment si ce n'est qu'elle semble mener une sorte de double jeu entre lui et Dean (ça sent le triangle amoureux d'ici peu). Quant à Dean, fantôme de son état, je dois dire que sa situation m'a émue (amoureux de Julianne sans vraiment savoir si c'est totalement réciproque, incapable de communiquer avec quiconque à part elle et Darryl au vu de sa condition de fantôme, éternellement bloqué dans la peau d'un adolescent... bref, la vie n'est pas rose pour lui) mais qu'il reste pourtant un peu en dessous des deux autres, sûrement parce que moins vue.

Si parfois la bande dessinée va un peu vite justement dans les relations entre personnages, je dois avouer que je me suis laissée prendre par l'histoire et ce que l'on commence à peine à découvrir. L'idée d'un "passeur de monde" n'est pas nouvelle mais j'aime beaucoup la manière dont elle est mise en oeuvre ici. J'apprécie surtout le changement d'ambiance entre les deux mondes, Kaelatt étant lumineux et Salem plus sombre, plus gris, allant parfaitement avec son appellation de monde gris d'ailleurs. L'ambiance est d'ailleurs particulièrement importante, d'un côté comme de l'autre. Et c'est là qu'entre en scène le talent de la dessinatrice, Krystel.

La bande dessinée est belle à voir. Mes deux photos ne lui rendent pas justice du tout (il fait sombre chez moi le matin) mais les dessins sont juste sublimes (et vous savez à quel point c'est important pour moi), que se soit au niveau des personnages, particulièrement expressifs ou pour les décors, particulièrement chargé et magnifique (sur la première photo par exemple, on peut voir une des illustrations sur laquelle j'ai passé un temps fou à chercher les références)(et il y en a beaucoup). Je ne connaissais pas du tout Krystel (bien que j'ai une autre BD d'elle dans ma wishlist depuis quelques années, à savoir ASH). Je pourrais vraiment passer des heures à regarder toutes les casses des 80 pages de cette bande dessinée. J'aime tout, que se soit le trait, les couleurs ou l'ambiance teinté de steampunk mais pas trop (ne vous attendez pas à des roues crantées partout ou de la vapeur, hein, c'est subtil et ça fait du bien).

Au final, je suis vraiment très contente d'avoir craqué pour ce premier tome et je sens que je vais avoir beaucoup de mal à patienter pour un tome deux (je rappelle que celui-ci vient juste de sortir hein). J'ai adoré son ambiance et la découverte de l'univers. J'espère que la suite serait tout aussi bonne. Et puis, je vais peut-être craqué pour le roman dans pas longtemps, pour avoir le début de l'histoire.


lundi 30 septembre 2019

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Bon, étant donc malade ce weekend, j'ai lu. D'où deux livres chroniqués le même jour (c'est couillon, mais à part quand je rentre de vacances, j'aime pas faire ça). En même temps, ce second tome d'Eden, tout comme le premier, se lit tellement facilement qu'on ne voit pas le temps passé avec lui. 

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

Pour Eden, c’est l’exil… Après sa trahison lors de l’attaque du GUN, Eden est bannie : de la bonne société de Gemma, mais aussi de la communauté de rebelles qu’elle avait infiltrée. Elle est obligée de fuir dans la partie à l’extrême nord de la planète, plongée dans l’ombre et la neige, sur laquelle règnent des animaux aussi étranges que dangereux… Heureusement, Eden n’est pas seule dans cette épreuve, mais accompagnée de son entraîneur Henri, et de Rudy, ancienne Alpha elle aussi. Sur ces terres inhospitalières ils n’ont pas que les bêtes sauvages à craindre – car tapis dans la neige les guettent les fameux Fantômes, pourchassés par le GUN jusqu’aux confins du monde connu. Comment ces rebelles d’une autre trempe vont-ils traiter trois de leurs anciens ennemis ? Eden reverra-t-elle un jour Drago, le chef rebelle qu’elle a trahi ? Saura-t-il alors lui pardonner ? L’ex-alpha parviendra-telle à accepter les sentiments interdits qu’il a éveillés en elle ?

Mon avis

Le fait que la série est changé d'éditeur (passant de Bragelonne à Milady) et de collection (Emma étant à Milady ce que Snark est à Bragelonne) donne une idée de l'évolution de la série. Je ne sais d'ailleurs pas vraiment quand le changement a eu lieu précisément (surement à la création d'Emma en fait) mais il est vrai que Eden semble avoir plus sa place dans ce catalogue-là. Nous quittons la SF dystopique du premier tome pour de la SF dystopique avec beaucoup de romance dans le second. Personnellement, ça ne me gêne pas, vu que je l'ai vu arrivé gros comme une maison. Mais un peu de romance n'a jamais fait de mal à personne, pas même à moi. Bref, passons au roman.

Eden a trahi. Elle part en exil vers les terres du nord, espérant réussir à échapper et au GUN et aux rebelles. Elle y est traînée par Henri, son entraîneur et rejointe par Rudy, elle aussi hors la loi. Complètement déboussolée par ce qu'elle a fait et découvert, Eden sombre petit à petit dans la dépression. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant lorsque les rebelles cachés dans la partie inhabitée de Gemma vont leur mettre la main dessus. Voilà la jeune obligée de cohabiter avec celui qu'elle a trahi et de refaire ses preuves face à au nouveau groupe de rebelle.

Bon, commençons par les choses qui fâchent, au moins, ça sera fait. Je ne sais plus où j'ai lu un truc qui disaient qu'on se fiche des moyens, pourvu que la romance fonctionne. On peut caler une guerre, des complots, n'importe quoi, les lecteurs n'auront cure de la véracité des choses tant que la romance fonctionne. Ben, c'est un peu ce qu'il se passe ici. Rien ne m'a semblé cohérent avec le statut d'Eden, Henri et Rudy suite au premier tome. Je rappelle quand même qu'ils ont trahi et le GUN et les rebelles. A quel moment les dits rebelles pensent réellement leur faire confiance pour une nouvelle attaque ? Parce que oui, après un petit interrogatoire avec sérum de vérité (solution de facilité donc), les trois deviennent membres importants de la résistance. Heureusement, Drago est peut-être bien le seul à ne pas leur faire confiance. Et encore, c'est surtout parce que son ego a été bien endommagé par Eden. J'aurais tellement préféré des moments un peu plus compliqué à ce niveau-là. Mais bon, c'est le jeu, et finalement, le contexte n'est qu'un contexte pour faire avancer l'histoire entre Eden et Drago.

Parce que oui, l’élément central est bien là. On va se concentrer sur Eden et Drago. Et je dois avouer que je me suis bien laissée prendre au jeu. Si on manque de cohérence dans l'histoire, leur petite histoire fonctionne pas mal. Déjà parce que Eden est quand même bien malmené. Sa dépression n'est pas totalement feinte, ses questions de plus en plus nombreuses et son envie de s'en sortir plutôt présente. Mais elle doute beaucoup, sur tout. Dont sur ce qu'elle peut ressentir pour le Norvégien, ce qui donne des passages assez sympathique. Quant à lui, on se rend compte qu'il n'est pas mieux. Il tente de la détestait sans y arriver et en plus de ça, on lui refile une mission pas super géniale. J'ai adoré les voir se tourner autour en sachant très bien comment ça allait finir. Et effectivement, vu que la romance fonctionne, on se fiche un peu de l'invraisemblance de l'histoire (n'empêche que c'est trop facile).

Enfin les personnages secondaires ne sont pas totalement en reste. Pas totalement parce qu'on oublie un peu la présence de Rudy ou Samuel par exemple (moi qui apprécie beaucoup Samuel), ce que je trouve dommage. Par contre, on découvre un petit nouveau, Emeric, chef des Fantômes du Nord. Un personnage assez imbu de lui-même mais plutôt sympa à suivre. Et puis, il y a Henry qu'on apprend enfin à connaitre et dont la relation avec Eden aurait mérité d'être un peu plus approfondi (peut-être dans le tome 3). Par contre, côté "méchant", on va quand même avouer que Fénicia est transparente, tout comme Lady Bonnaire, ce qui est assez dommage. 

Au final, j'ai bien aimé découvrir la suite de cette trilogie. Ce second tome est plutôt sympa à lire et surtout sans grosse prise de tête (parfait quand on est malade quoi). Il est juste un peu dommage qu'on passe d'une romance pas trop marquée à une vraie romance éclipsant tout le reste. Mais c'est le jeu, et franchement, il fallait s'y attendre avec le tome 1. A voir maintenant si le tome 3 sera un mix des deux ou va tourner réellement à la romance.

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Les contes de Terremer sont un peu à part dans le cycle. Le livre est en fait un recueil de nouvelles sur l'univers. Il permet un nouvel éclairage sur l'univers en lui-même. J'ai profité d'être bien malade (oui, enfin, si on peut dire que je profite de ça hein...) pour le finir rapidement (en gros, j'ai pas mis un mois pour le lire quoi)

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément entre 1997 et 2001 pour les nouvelles
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Comme toujours avec un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune des nouvelles, surtout qu'ici, elles permettent l'exploration de plusieurs thèmes bien différents dans l'univers de Terremer.

Le trouvier
Le trouvier est la première nouvelle par ordre chronologique de l'univers. C'est d'ailleurs plus une petite novella (ou longue nouvelle) qu'une nouvelle. On y découvre les début de l'école de Roke mais surtout l'histoire de celui qui aida à la fonder et qui en devient l'un des gardiens.
L'histoire est donc celle de Loutre, jeune sorcier, de son esclavage dans les mines d'Havnor à la découverte de l'île de Roke jusqu'à ce qu'il devienne un vieil homme. Il est intéressant de voir qu'à ce moment-là, la magie n'est pas une histoire d'homme mais que les femmes y ont aussi accès. Elles ont d'ailleurs des rôles importants, que se soit dans la nouvelle ou à la nouvelle école de Roke.
C'est une nouvelle agréable à lire qui nous en apprend un peu plus sur la magie de Terremer mais aussi sur le passé de l'univers. Forcément, j'adhère complètement à ce comte. Seul problème ? J'aimerai bien savoir ce qu'il a pu se passé entre le Trouvier et le début du Sorcier de Terremer pour que les femmes ne soient plus présente à Roke.

Rosenoire et Diamant
Cette nouvelle-ci m'a réellement fait l'effet d'un conte de part sa construction. On y découvre l'histoire de Diamant, un garçon vivant dans une famille riche de Wey. Depuis son enfance, son père le destine à de grandes choses, reprendre le domaine et pourquoi pas plus, lorsqu'il se rend compte qu'il pourrait être magicien. Mais Diamant, lui, n'a d'yeux que pour Rose. Alors, lorsque son maître veut l'envoyer à Roke, à l'âge de seize ans, Diamant s'enfuit pour retrouver sa belle. Sauf que la demoiselle n'a pas attendu, elle. Diamant va alors renoncer à la musique et à la sorcellerie pour reprendre le domaine de son père. Quelques années plus tard, il va avoir l'occasion de revoir Rosenoire. C'est un conte tout mignon qui nous apprend que le destin n'est pas tout tracé, que ce n'est pas parce qu'on a le pouvoir, ou la richesse, que l'on doit forcément vivre avec. Il faut savoir suivre ce que son coeur dit (oui, ça a l'air mièvre comme ça)

Les os de la terre
Vous vous êtes toujours demandé comment Ogion est devenu le grand mage qu'il est lorsqu'il prend sous son aile Epervier ? Et bien, lisez donc cette nouvelle. Elle explique ce qu'il s'est passé lors du fameux grand tremblement de terre qui faillit détruire Gont. Or, on découvre surtout que c'est Dulse, le maître du sorcier qui y est pour beaucoup. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Dulse, qui ressemble fortement à celui de son élève comme on le découvre dans le Sorcier de Terremer

Dans les Grands Marais
Cette fois, c'est Irioth que nous suivons. Irioth est un mage qui ne sait plus trop qui il est. Il arrive aux Grands Marais un peu par hasard et c'est aussi par hasard qu'il va loger chez Présent et devenir soigneur pour les éleveurs. Mais lors d'une altercation avec un enchanteur sans scrupule, Irioth va montrer des pouvoirs extrêmement dangereux. Présent refuse pourtant de le chasser, comme le veulent les villageois. Quelques temps plus tard, arrive Epervier, qui va raconter l'histoire d'Irioth et le délivrer de ce qu'il était jusqu'à présent. Ce n'est pas ma nouvelle préférée du recueil mais j'ai aimé son message, celui que le pardon peut se trouver partout, et que l'on peut toujours changer.

Libellule
Libellule est la dernier nouvelle de ce recueil. Elle se déroule peu après les événements de l'ultime Rivage et de Tehanu. D'ailleurs, il vaut mieux lire les deux précédents pour la comprendre (ce qui n'est pas le cas des autres nouvelles). Libellule raconte l'histoire d'une jeune femme du même nom. La jeune femme, aidé par Ivoire, un magicien ancien élève de Roke, va se rendre à l'école des Sorciers pour découvrir qui elle est. Bien que femme, elle est prise en charge par Azver, l'un des neufs Maîtres. Mais sa présence divise et Thorion, le Maître Appeleur, mort à la fin de l'Ultime Rivage, la voit d'un très mauvais yeux. Sans trop raconté la fin (ça serait dommage), j'ai trouvé Libellule très proche de Tehanu. Le personnage est aussi étrange que celui de la fille de Tenar et sa destinée semble l'être tout autant. 


J'ai beaucoup apprécié le recueil. Il est appréciable de découvrir d'autres aspects de Terremer, dont une prequelle des plus intéressantes (même si j'aurais voulu peut-être un peu plus, comme savoir pourquoi et comment les femmes furent exclus de l'école de Roke). Je suis forcément fan de ces petits bouts d'histoire qui donnent une autre profondeur à tout Terremer, rendant l'univers encore plus vivants à mes yeux. C'est un recueil fort agréable à lire mais qui doit l'être impérative entre lu après Tehanu (à cause de Libellule surtout). Il montre encore et toujours, le talent de conteuse d'Ursula K. Le Guin.

mardi 24 septembre 2019

Lame Bannie, Assassini tome 2, Jon Courtenay Grimwood

Je fais une petite pause dans mes lecture de Terremer (j'attaque la partie nouvelle, entre Tehanu et le dernier tome, j'aime les nouvelles mais je prends toujours vingt ans à lire les recueils) et je m'occupe de ma PAL numérique. Après un mois d'abandon du Kindle, il est temps de réduire la dite PAL (que je ne compte plus depuis bien longtemps...) et de lire le second tome d'Assassini.


Lame Bannie, Assassini tome 2,  Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 2: The outcast blade 
Année de parution en VO : 2012
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

1408. Venise grouille de complots.
Les empereurs de Byzance et d’Allemagne sont sur le point de se déclarer la guerre, et chacun compte bien s’emparer de Venise en mariant son fils à dame Giulietta. À seize ans, à la fois vierge, mère et veuve, elle est la clé de quiconque voudrait réclamer le trône.
Tycho, ancien esclave, guerrier et monstre contre-nature, fait chevalier pour avoir détruit la flotte mamelouke, ne voit plus aucune raison de sauver Venise. À quoi bon, s’il ne peut conquérir la femme qu’il aime ?
Au cœur de la tourmente apparaît une jeune fille nue et couverte de boue. Elle s’est arrachée à sa tombe sur l’île cimetière du lagon pour assassiner ceux qui l’y ont enterrée.
Le sort de Venise repose entre les mains de ces trois êtres, torturés par leurs secrets, qui pourraient bien la laisser s’effondrer sans état d’âme…

Mon avis

Rappelez-vous, j'étais sortie assez peu confiante de ma lecture du tome 1. J'y avais trouvé beaucoup de bonnes choses mais tout autant de mauvaises. J'avais envie, tout de même, de laisser une chance à cette série, vu le potentiel qu'elle avait malgré les défauts. Est-ce que j'ai eu raison ? Je crois bien. J'ai eu du mal à lâcher le roman. Autant dire que j'ai été fort contente de ne pas lâcher ma lecture. 

On se retrouve avec un tome en deux parties bien distinctes. La première marque le retour de Tycho à Venise. Au lieu du triomphe auquel il pourrait avoir droit après la défaite de la flotte mamelouke (bon après, la flotte de Venise a quand même pris cher aussi...), il va avoir droit à plus de complots et ça, dès que lui et ses compagnons vont poser les pieds à Venise. Si le jeune homme se démerde plutôt bien avec ça, il n'en va pas de même avec ses relations. Entre une Desdaio de plus en plus délaissée par Atilo et qui passe de plus en plus de temps chez Tycho, une Giuletta qui  ne sait plus trop où elle en est et qui lui gueule dessus dès qu'elle peut, voilà que revient une vieille connaissance d'entre les morts. 

Les trois femmes vont être le fils rouge de la première partie. Ce qui reste dommage, c'est qu'elles n'ont pas de grands rôles. Grimwood a tendance à se servir de ses personnages féminins comme simple ressort et intérêt amoureux. Seule Alexa, et encore, semble ne pas subir ce sort. Et ça reste bien dommage car elles sont particulièrement présentes. Là où je râlais d'avoir des personnages un peu trop survolés dans le premier tome, je me trouve, enfin, des personnages que l'on prend plaisir à suivre. Et autant dire que c'est grandement appréciable et que cela a fait beaucoup dans ma lecture.

Enfin, Tycho n'est pas invisible et fade ! Il reste assez froid de prime abord mais on lui découvre aussi des sentiments (l'amour fou qu'il porte à Guiletta, l'amitié pour Desdaio ou le respect pour Atilo et j'en passe). Il est aussi appréciable de voir l'histoire se concentrait sur lui et non plus sur pleins de personnages. On garde tout de même plusieurs chapitres où il n'est pas le point de vue pour garder une certaine cohésion avec le tome un mais il y a en a beaucoup moins. Peut-être aussi parce qu'il n'est plus question à présent de présenter Venise et ses complots, mais bien de recentrer l'histoire sur Tycho et Guiletta. 

D'ailleurs, la seconde partie du roman, va encore plus mettre la lumière sur nos deux tourtereaux. Il y a bien entendu la romance entre les deux qui évoluent grandement (j'aimais bien quand ils se prenaient le choux, mais je dois dire que je l'ai trouvé bien mignon tous les deux). Mais ce n'est pas tout. Les complots sont de retour et j'apprécie de plus en plus la manière dont ils tournent. La guerre intestine entre Alonzo et Alexa est toujours bien présente et l'on découvre bientôt un troisième larron qui vient un peu mettre le bordel dans les plans de ces deux-là (je m'en doutais depuis un moment, il est agréable de voir que je ne me suis pas trompée). Comme d'habitude, on retrouve Tycho et Guiletta en plein milieu du bordel mais cette fois, ils sont plus que près à ne pas être que des pions.

Si j'avais trouvé la première partie un peu longue, la seconde commence tout pareil. C'est encore une fois un des défauts de la série. C'est long à se mettre en place, encore plus lorsqu'on peut vraiment partager le roman en deux comme c'est le cas ici. Mais au moins, à l'inverse de son premier tome, l'auteur est moins brouillon. Les complots se mettent bien mieux en place, que se soit ceux contre Tycho ou contre Venise elle-même. Je n'ai plus eu la sensation que tout part dans tous les sens sans comprendre précisément ce qu'il se passait.

Les deux défauts principaux du premier tome ont donc été gommés dans celui-ci. Ce n'est toujours pas parfait mais on se retrouve avec du beaucoup mais alors beaucoup mieux. Et je ne dis pas ça parce que le roman est plein de complot, bataille et trahison (peut-être un peu, je l'avoue). Les seules choses qui continue à me déranger, c'est l’appellation VO des romans, qui parle quand même de vampires et la manière dont sont traités les femmes. Pour l'appellation en VO, Tycho ne me semble pas tout à fait être un vampire. Enfin, c'est un peu compliqué et je trouve qu'on y perd un peu. Personnellement, je continue à le voir plus comme une sorte d'hybride, un démon ou quelque chose dans le genre qu'un vrai vampire. Je suppose que la présence de Rosalyn dans ce tome permet de remettre un peu les idées en place sur ce qu'est Tycho (et elle par la même occasion) et remettre un peu le terme de vampire en place. Heureusement qu'en VF, le terme a été oublié (il n'est jamais employé (je me demande si c'est aussi le cas en VO pour la peine)). Quant à la place des femmes, j'en ai un peu marre de les voir seulement en love interest (putain même Rosalyn en est un de manière un peu détournée) et incapable de se débrouiller seule (même Alexa a besoin d'aide extérieure alors qu'elle se démerde fort bien seule). Elles prennent une grande place dans les romans et finalement, elles ne sont que des objets. C'est rageant. 

 Au final, j'ai donc eu raison de continuer ma lecture. Je me trouve avec un roman intéressant, bourrés d'action, de bataille (duel ou plus) et de complots dans l'ambiance toujours aussi fascinante de cette Venise gothique et macabre. Il est clairement bien plus intéressant et plus agréable à lire que son prédécesseur. Plus qu'à espérer que le dernier tome soit tout aussi bon, voire meilleur. 

lundi 16 septembre 2019

Le Mirage de Gemma, Eden, tome 1, Blandine P. Martin

Je n'avais pas touché mon kindle depuis un petit moment. Faut dire que j'avais pas mal de fort bon livres papier à lire aussi en ce mois de septembre. Je reprends donc la liseuse avec une courte lecture (par rapport aux pavés papiers du moment) dans le domaine de la science-fiction avec une touche minuscule (pour l'instant) de romance.

Le Mirage de Gemma, Eden, tome 1, Blandine P. Martin

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez un peu de romance

A ne pas lire si : 
- Vous voulez un premier tome compliqué

Présentation de l'éditeur : 

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?
L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.
Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…

Mon avis

J'aime bien la collection Snark chez Bragelonne. On y trouve de très bonnes choses généralement, qui se lise assez vite aussi (les Foulards Rouges, les Pirates de l'Escroc-Griffe, Sainte-Marie des Ombres et j'en passe). Bref, pour moi, c'est souvent la collection dans laquelle je tape lorsque j'ai un petit trou de lecture numérique. Forcément, c'est donc ce que j'ai fait ce mois-ci avec ce premier tome d'une trilogie qui se trouve entièrement dans ma PAL (qui sera donc fini rapidement). Mais passons donc au roman en lui-même.

J'étais plutôt intriguée par sa quatrième. Une Terre dévastée, des humains partis pour une autre planète, un gouvernement se servant d'unité d'Elite pour faire régner la paix, des rebelles. Autant dire que je m'attendais à beaucoup de chose. Et le début du roman ne me déçoit pas beaucoup. On découvre Eden en plein boulot. La jeune femme est une alpha, une tueuse. Elle est là pour éliminer ceux qui dérange le gouvernement. C'est une machine, rien de plus. Et pourtant, lorsqu'on va lui demander d'infiltrer un groupe de rebelle préparant un coup d'état, elle va petit à petit se révéler bien plus humaine qu'on ne le pense. Surtout, en faisant la connaissance de Drago et en découvrant son histoire, elle va commencer à se poser pas mal de question sur l'endoctrinement dont elle a fait l'objet. 

L'idée de base était du coup quand même bien sympa. Je dois dire que j'ai assez apprécié l'univers quoique je l'ai trouvé un peu beaucoup manichéen dans son apparence. Gemma est divisée en deux, un côté ultra lumineux au sud et un côté plongé dans la nuit au nord. Forcément, la bonne société de la planète se trouve au sud, les rebelles à la limite du nord... C'est pas ce qu'il se fait de plus subtil, je dirais. Idem, que le GUN, le gouvernement de Gemma, soit ultra froid et le camps de rebelle bien plus sympathique n'est pas non plus très subtil. Mais bon, on va se dire que ce n'est pas bien grave (mais je me suis habituée à moins manichéen). Surtout que le reste est plutôt pas mal. Le système mis en place sur Gemma est digne de ceux qu'on retrouve dans les dystopie. Tout est fait pour que le peuple se sente libre sans l'être. Les alpha sont d'ailleurs là pour régler tout problème sans que cela ne perturbe le citoyen. Mais, il faut s'en douter, un groupe de personne est contre tout cela. C'est eux qu'Eden va infiltrer.

Or, à partir du moment où elle va entrer en contact avec les rebelles et plus particulièrement avec Drago Thorgard, tout va aller très, voire trop vite. C'est l'un des gros défauts du roman avec sa prévisibilité. C'est assez dommage en fait. J'aurais vraiment adoré que l'on passe par quelques chapitres où les rebelles ne font pas confiance à Eden, que la dite confiance s'installe petit à petit. Ce n'est pas le cas. Un seul personnage se méfie de la jeune femme et il disparaît assez vite. Dommage, on se retrouve sans véritable ennemi du côté des rebelles. Du coup, l'infiltration d'Eden est une véritable partie de plaisir. Pourtant, les idées qui vont suivre, et ça jusqu'à la fin sont assez sympathique à suivre. Ne manque pour moi qu'une vraie adversité et pas juste cette attaque du GUN en fond. 

Heureusement pour nous, les personnages sont là pour remonter un peu tout ça. Eden est le genre de personnage principal qu'on aime ou on déteste. Personnellement, j'ai apprécié son côté petit robot qui se rend enfin compte de ce qu'il se passe. Seul soucis, une fois qu'elle "s'humanise", elle devient un peu chiante quand même. Drago Thorgard est un peu plus subtil, peut-être parce qu'on le voit la plupart du temps par le prisme d'Eden. Leur relation est plutôt amusante à suivre, surtout avec les crises mister Hyde du jeune homme. J'aurais par contre apprécier voir un peu plus les autres personnages qui gravitent autour de Drago, comme Samuel (qui parle de lui à la troisième personne) ou Rita et Holly ainsi que l'autre alpha, Rudy. Peut-être dans les tomes suivants. 

Au final, même si je trouve le roman plein de défauts, je n'en ai pas moins passé un bon moment de lecture. Ce n'est pas parfait mais ça se lit très bien. Et puis, ça reste un premier tome plutôt agréable à lire. J'espère beaucoup que les deux autres tomes seront un peu moins rapides dans leur déroulement (et qu'ils ne vont pas se concentrer uniquement sur la romance à venir entre Drago et Eden).