vendredi 5 avril 2019

Elisabeta, Rozenn Illiano

Cela faisait très longtemps que j'avais envie de lire la plume de Rozenn Iliano (depuis que je la "connais" sur un forum de BJD)(plus d'une dizaine d'année du coup, il me semble, ou pas loin en tout cas)(tout cela ne me rajeunit pas donc). Et puis, ben, le temps, la vie, tout ça. Je me suis inscrite récemment sur Wattpad (et j'y poste un petit truc aussi, à retrouver par ici) et je me suis dit que c'était enfin l'occasion de la lire. Je commence donc avec Elisabeta, son roman vampirique.

Elisabeta, Rozenn Illiano

Editeur : Onirography
Collection : /
Année de parution : 2017
Format : Wattpad (trouvable en livre sur le site de l'autrice)

A lire si :
- Vous aimez les histoires de vampires


A ne pas lire si :
- Je trouve pas

Présentation de l'éditeur : 

« ‘Le Cercle’ désigne une société secrète cachée dans les ombres de l’Histoire depuis ses balbutiements, et fédère le peuple immortel que les humains nomment ‘vampires‘. »
En France, Saraï est une jeune immortelle assignée à résidence depuis toujours ou presque. Elle a été jugée pour avoir manifesté un pouvoir parapsychique interdit, un don qu’on lui a retiré avant de la marier de force et de la contraindre à ne jamais quitter sa maison.
En Italie, Giovanna est une mortelle qui vit en compagnie d’un vampire, et dont elle est la seule source de sang. Elle non plus n’a pas eu le choix : née dans une famille proche du Cercle, elle a dû se soumettre à leur autorité et quitter sa petite vie toute tracée.
Jusqu’à ce jour de novembre 2014, quand une éclipse solaire se produit. Le phénomène réveille le don endormi de Saraï. Giovanna, quant à elle, est agressée dans sa propre maison par un immortel, qui lui donne de force la vie éternelle. Depuis, le Cercle les menace de mort, car il ne tolère pas les écarts de ce genre.
Grâce à son don, Saraï entend l’esprit d’une ancienne Reine immortelle, Elisabeta, dont l’âme est piégée à l’intérieur d’une poupée de porcelaine. Elisabeta a tout perdu : son pouvoir, son règne, son enfant et son amant. Réduite aujourd’hui à l’état de fantôme, elle accepte de venir en aide à Saraï qui veut se confronter au Cercle, quitte à le détruire.

Mon avis

Rozenn Illiano a un Grand Projet dont elle parle sur son blog. Un Grand Projet qui m'a toujours attiré mais qui m'impressionnait quand même. Je ne savais pas par quel bout le prendre. Et puis, finalement, je me suis dit qu'un one-shot serait mieux pour découvrir le style de l'autrice. Sans parler du fait que ça fait longtemps que je ne me suis pas frottée à une histoire vampirique (la dernière en date étant L'Ile aux démons de Cécile Duquenne en aout 2018). Mon choix c'est donc porté sur Elisabeta et sa magnifique couverture (crée par Xavier Colette, illustrateur que j'apprécie). 

Elisabeta est donc une histoire de vampire. Nous allons y suivre deux femmes, Saraï et Giovanna. La première est une scribe pour le Cercle, la société vampirique de l'univers créée par l'autrice. Elle est assignée à résidence pour avoir manifesté des pouvoir interdit. La seconde est mortelle, gemella d'un vampire dont elle est, du coup, la seule source de sang. Alors que leurs vies semblent réglées comme du papier à musique, une éclipse va venir tout chambouler. Le don de Saraï revient, lui permettant de communiquer avec l'esprit d'une reine vampire enfermée dans une poupée. En Italie, Giovanna est agressée et transformée contre son grès en Immortelle. Ces événements ne sont pourtant que le début. Les deux femmes se retrouvent au coeur d'une révolution devant renverser le pouvoir des Maîtres du Cercle et surtout celui de l'Eglise sur les vampires.

Il y a pas mal de chose à dire sur ce roman. Déjà, parlons personnages. L'autrice se concentre sur les femmes de son roman. Elle partage les chapitres entre Saraï et Giovianna tout en laissant quelques intermèdes à Elisabeta, la reine. Chose intéressante, elles ont toutes les trois leur propre voix et il n'est du coup pas compliqué de savoir qui parle (j'ai la fâcheuse tendance à ne pas lire qui parle en début de chapitre). Les trois femmes se différencient vraiment très bien. J'ai eu une petite préférence pour Giovanna, plus rebelle en apparence que Saraï. Mais à vrai dire, j'ai aimé les deux. J'ai aimé leur quête de liberté, leur ténacité. Quant à Elisabeta qui reste le fil rouge, j'aurais voulu en découvrir plus sur elle mais c'est aussi le jeu, elle n'est finalement pas tout à fait le personnage principal du roman. Autour des deux femmes gravitent aussi pas mal de monde et là aussi, les personnages sont plutôt bien caractérisés. Du coup, on s'attache tout autant à Carmine, Luciano, Dante ou Virgile qu'à Saraï et Gia. Je sais très bien que les personnages ne font pas tout, mais ici, les avoir apprécié (que je les ai aimé ou détesté) a fait beaucoup. Ils sont l'essence du livre.

Mais il n'y pas qu'eux que j'ai apprécié. Il y a toute l'histoire. Le roman se déroule sur une courte période mais l'histoire qu'il raconte se passe finalement sur plusieurs siècles. Et franchement, je dis chapeau à l'autrice pour sa chronologie (celle de ce qu'il se passe et du pourquoi ça se passe du roman mais aussi toute celle du grand projet). Même si parfois le coup de "tout était prévu depuis longtemps" est un peu rabâché (les sagas à Elu coucou), je trouve toujours ça intéressant. Ici, ça l'est encore plus pour moi parce qu'on découvre le tout en même temps que Saraï et Giovanna. Du coup, on n'a pas cet effet de "toute façon, on savait très bien que ça se passerait comme ça". On est aussi surpris qu'elles. Et puis, le déroulement se fait sans accro. Il n'y a pas eu un moment où je me suis ennuyée, où j'ai trouvé que ça n'allait pas assez vite ou je ne sais trop quoi. Toute la préparation afin de détruire des années d'oppression et la possible réussite du plan m'ont tenu en haleine jusqu'au bout.

D'ailleurs, en parlant d'oppression, le roman se veut féministe et ça pour plusieurs raisons et pas seulement parce que les narratrices sont des femmes (bien que ça aide sur certains points). Il n'y a qu'à voir la manière dont va être traité Elisabeta alors qu'elle est la dernière reine immortelle. La lutte pour la libération de l'emprise de l'église sur le Cercle est aussi une lutte contre une société patriarcale qui écrase ceux qui sont différents (ici, les Immortels). Les femmes sont particulièrement touchées 
on leur enlève toute véritable liberté. Elles sont touchées dans leur chair en bien des points. Et elles ne sont pas les seules puisqu'ici, les vampires sont particulièrement bridés par l'église (pas possible de vivre seul, obligation d'avoir une source unique de sang et j'en passe (les diverses lois sont énoncés dans le livre). Mais elles ne vont pas se laisser faire. Ce ne sont pas juste les vampires qui vont se libérer ici, ce sont aussi les femmes, Saraï, Gia et Elisabeta. Mais s'il n'y avait que ça. Le livre prône aussi la tolérance. C'est assez amusant d'ailleurs de voir que ce ne sont pas les vampires les personnes les plus monstrueuses (beaucoup aimé d'ailleurs ce traitement-là qui fait que l'humain a une certaine ascendance sur l'être surnaturel là où l'on pense de suite à l'inverse).

Je pense que j'aurais encore des choses à dire mais peut-être un peu plus en détail (et en spoiler), du coup, je vais m'arrêter là. Je n'ai pas eu de coup de cœur total mais alors je n'en suis vraiment pas loin. L'histoire est très bien, les personnages aussi, j'aime la manière dont Rozenn Iliano pose le tout, prend son temps. J'ai beaucoup aimé, donc. Et je compte bien continué à découvrir le Grand Projet de l'autrice

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