dimanche 13 août 2017

Labyrinthe, Kate Mosse

Ce livre appartient à ma maman et cela faisait un moment que j'avais envie de le lire. Faut dire que rien que de lire dans la même phrase Carcassonne, le Graal et les Cathares, il avait de quoi me plaire. Et puis, je trouve que l'été est toujours une bonne période pour un roman mélange historique et enquête.

Labyrinthe, Kate Mosse

Editeur: JC Lattès
Collection : /
Année de parution : 2006
Titre en VO : Labyrinth
Année de parution en VO : 2005
Nombre de pages : 592

A lire si :
- Vous aimez les romans historiques
- Vous aimez aussi lorsque l'historique et le contemporain se mélangent
- Vous voulez découvrir un bout de l'histoire Cathare

A ne pas lire si :
- Vous voulez que ça aille vite
- Vous vous attendez à un thriller bien angoissant.

Présentation de l'éditeur :

Juillet 1209 : Dans la cité de Carcassonne, Alaïs, jeune fille de 17 ans reçoit de son père un manuscrit qui, prétend-il, recèle le secret du véritable Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection. Elle doit, au prix d’une foi inébranlable et de grands sacrifices, préserver le secret du labyrinthe, secret issu des sables de l’ancienne Egypte voilà plusieurs milliers d’années. 
Juillet 2005 : Lors de fouilles archéologiques aux environs de Carcassonne, Alice Tanner, trébuche sur deux squelettes. Dans la grotte où gisent ces ossements, elle découvre un langage ancien, mais qu’il lui semble possible de déchiffrer, gravé dans la roche. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’événements terrifiants. Son destin est désormais lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant.

Mon avis

J'adore la ville de Carcassonne qui se trouve à quelques une heure et demie de route de chez moi. C'est un endroit où j'aime me promener, que je redécouvre à chaque fois. Je garde encore un très bon souvenir de ma visite du château comtal d'ailleurs. il faudrait que j'y retourne pour la faire découvrir à mon mari et à ma fille. Et puis, ça fait un moment que je n'y suis pas allée. Alors, pour me permettre de patienter avant septembre (la meilleure saison pour y aller pour moi, moins de monde mais aussi moins de chaleur), je me suis plongée dans ce livre.

Le roman commence en 2005, lors de fouille archéologique. Alice découvre par hasard une grotte mystérieuse où est gravé un labyrinthe. Sans le savoir, elle vient de poser l'une des dernières pièces d'un mystère vieux de plusieurs millénaires. Car cette grotte et ce qui s'y cache sont l'objet de toutes les convoitises. Mais pour mieux comprendre ce qu'il s'y cache, l'auteure nous embarque en 1209, à peine un peu avant les croisades menées en pays d'Oc. Là, nous allons suivre Alaïs, fille de l'intendant de la cité de Carcassonne. A dix-sept, la jeune femme va découvrir elle aussi le secret qui sera plus tard cachée dans la fameuse grotte. 

J'apprécie généralement les doubles lignes temporelles. J'aime d'ailleurs lorsqu'elles se mêlent de manière intelligente. Ici, l'auteure a choisi une sorte de "réincarnation", du moins de lien entre les deux héroïnes (je n'en dirais pas plus pour ne pas trop spoiler)(même si on comprend la chose assez rapidement). Un choix pas forcément inédit, mais plutôt intéressant quand bien foutu. Est-ce le cas ? Oui et non. Disons que je m'attendais à un peu mieux, pas juste de simple réminiscence ou rêves de la part d'Alice. Surtout qu'elle ne se pose pas trop de question sur le pourquoi du comment (jamais vu une héroïne qui se laisse porter par les évènements à ce point, fonçant tête basse sans réfléchir la moindre seconde).

Si la double ligne temporelle est bien sympa (mais n'importe au final pas grand chose de plus, la seule ligne moyen-âge aurait très bien pu être la seule à mon avis), il y a eu certaines choses qui m'ont un peu découragé au début du roman (et pas seulement le binge-watching de Sense 8...). D'abord la lenteur de la mise en place. Kate Mosse est amoureuse de la cité de Carcassonne, elle y a d'ailleurs une maison. Et autant le dire que cela se sent. Les descriptions de la cité sont bien là et bien longues aussi. Alors, oui, c'est intéressant, oui, ça nous plonge dans l'ambiance moyenâgeuse mais que c'est long. Personnellement, cela a même failli me faire abandonner le livre. Arrivée au tiers de celui-ci, l'histoire n'avait toujours pas réellement avancée. Finalement, j'ai tenu le coup, et ça a commencé à aller un peu mieux vers la moitié du livre (le dernier quart allant du coup on peu trop rapidement par contre).

Autre chose qui m'a un peu dérangé, les personnages. Les deux héroïnes, Alaïs et Alice sont très semblables et finalement assez plates toutes les deux. Comme je le disais, elles se laissent un peu trop porter par les évènements. Si Alaïs est un peu plus combative, elle n'en reste pas moins un personnage assez ennuyeux à suivre. Quant à Alice, elle aurait pu être tellement mieux... Heureusement, les secondaires sont là pour mettre un peu de piment dans tout cela. Mais ils manquent de profondeur eux-aussi. Sur un roman aussi long, je me serais attendue à mieux. Par contre, un personnage que j'ai presque apprécié (et pas seulement pour son prénom), c'est Oriane, la méchante de la partie moyen-âge. Bien qu'ultra stéréotypée, elle a ce petit plus qui fait que chaque apparition est presque palpitante. 

Reste enfin l'histoire en elle-même. Mélangé quête du Graal et Cathare était une bonne idée, je trouve. Les deux sont aussi mystérieux l'un que l'autre. Il est dommage que le roman soit finalement trop linéaire et surtout trop prévisible (et cette fin est trop conventionnelle et happy end à mon goût). Par contre, j'ai appris certaines choses sur les cathares et les croisades que je trouvent particulièrement passionnantes. Sur les recherches historique, l'auteure ne sait pas foutue de son lecteur. 

Au final, je suis assez déçue de cette enquête historico-ésotérique. Ce qui aurait pu être un très bon roman pèche par sa lenteur et ses personnages peu dévellopés. C'est bien dommage car il aurait pu être bien plus passionnant que ce qu'il l'est. Il avait de très bonnes idées mais elles sont un peu gâchés par le reste. Bref, une lecture en demie-teinte, vu que je ne peux pas dire que je n'ai pas tout aimé. 

mercredi 9 août 2017

Un cheval dans la salle de bain, Dirck Gently, Détective Holistique tome 1, Douglas Adams

J'ai découvert il y a peu la série Dirk Gently produite par BBC America et disponible chez nous sur Netflix. C'est en voyant le "d'après Douglas Adams" que j'ai fait le rapprochement avec l'auteur du Guide du Voyageur Galactique. Comme j'ai bien aimé la série TV, et qu'un ami m'a filé le premier tome de la série littéraire, je me suis dis pourquoi pas.

Un cheval dans la salle de bain, Dirk Gently, Détective Holistique tome 1, Douglas Adams

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2003
Titre en Vo : Dirk Gently's Holistic Detective Agency
Année de parution en VO : 1987
Nombre de pages: 375

A lire si :
- Vous aimez le non-sens
- Vous n'avez pas peur d'être perdu entre personnages et lieux
- Vous voulez une enquête qui n'en est pas vraiment une du moins par sa forme.

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la cohérence partout

Présentation de l'éditeur :

De Sherlock Holmes à Philip Marlowe, il existe une longue tradition de détectives privés brillants, astucieux, à qui on ne la fait pas. Malheureusement, Dirk Gently n'en fait pas partie. Plus intéressé par la télékinésie, la physique quantique et les pizzas froides que par la chasse minutieuse aux indices, Dirk Gently emploie pour ses enquêtes des méthodes, disons... particulières, avec des résultats, disons... inattendus. Dirk Gently est un détective holistique. Chargé - sans fierté excessive - de retrouver un chat disparu, Gently va être confronté à un fantôme ahuri, un voyageur temporel, un secret dévastateur plus ancien que l'humanité et qui menace de la mener à une fin prématurée... et à un cheval, qui trône nonchalamment dans une salle de bains. En plus, le petit chat est mort.

Mon avis

Douglas Adams est un auteur dont je ne sais généralement que penser. Il est l'un de ces auteurs anglais qui manie à la perfection l'humour et le non-sens mais dont les histoires ont parfois du mal à me toucher (et cela même si je n'ai lu que les 3 premiers tomes de H2G2, qui m'ont semblé parfaitement inégal à cause de cela). Mais comme je le disais, un copain m'a refilé ce livre (et la suite de H2G2 aussi d'ailleurs) et j'ai vraiment adoré la série de 2016. Alors je me suis dit pourquoi pas. Surtout que j'avais bien besoin d'une lecture fraiche comme ça ces derniers temps.

J'aurais bien du mal à vous parler de l'histoire en elle-même tant elle part dans tous les sens. Je crois qu'Adams avait juste envie de se faire bien plaisir en y mettant un peu tout et n'importe quoi. Un tout et n'importe quoi qui pourtant ne l'est pas tant que ça. Douglas Adams a mélangé un certain nombre de genre pour réussir à créer une presque parfaite enquête policière. Et pourtant, cela ne semblait pas gagner du tout au départ.

L'interêt du roman, outre son humour, ce sont ses personnages. Et malheureusement, j'ai eu un peu de mal avec certain. Comme Richard, héros sans le savoir de ce premier tome. Enfin, héros... Disons que je n'apprécie que peu les personnages qui se laissent porter par les évènements, ce qui est son cas. Heureusement, Dirk Gently, qui n'apparait que plus tard, a eu toute mon attention. J'ai tout simplement adoré ce personnage qui semble tellement mais tellement à côté de la réalité. Là où Richard est pragmatique, lui est complètement hors réalité. Ses conversations sont juste énormes tant elle semble surréaliste. Il en va de même avec le professeur Reg Chronotis, vieil homme qui ne se souvient pas de tout et qui se répète bien souvent. J'ai vraiment aimé les personnages un peu loufoques de l'histoire, bien moins les plus pragmatiques. 

Et malheureusement il en va de même sur tout le livre. A chaque fois qu'on perd l'aspect humoristique, j'ai décroché du livre. Parce que ces moments-là sont particulièrement lent. Du moins, c'est l'impression que j'ai eu. De même, toute l'histoire du moine électrique, bien qu'amusante, m'a presque semblé de trop. Et c'est là quelque chose qui m'arrive souvent avec Douglas Adams, il en fait parfois trop (une impression que j'ai d'ailleurs retrouvé dans la série TV). Du coup, l'histoire en souffre pour moi. 

Il est amusant de lire les lignes d'Adams. J'ai passé un bon moment avec ce premier tome des aventures de Dirk Gently. Mais j'aurais aimé moins de longueur, plus de Dirk aussi. J'ai apprécié les réflexion sur l'absurdité du domaine informatique, celles sur la mort (qui se rapprocheraient presque  de Pratchett) ou encore l'importance de la musique. J'ai moins aimé pas mal de passage trop "sérieux" par rapport au reste, tout comme les longueurs (le monologue de Gordon au répondeur de sa soeur est parfaitement soporifique...). Finalement, c'est donc une lecture un peu en demie teinte, agréable à lire la plupart du temps mais parfois trop longue.

Pour finir, un petit mot sur la série ? Elle ressemble au livre tout en étant bien différente. Je l'ai trouvé bien plus déjantée, plus drôle aussi. La personnalité de Dirk est bien la même mais tout le reste est différent. L'histoire de Dirk a été entièrement revu, je suppose pour plaire un peu plus à un public plus jeune. Malgré les différences, l'esprit du roman est tout de même bien là. On retrouve Dirk, un compagnon qui se laisse un peu porter par ce qui lui arrive, du voyage dans le temps et ce côté un peu absurde du nonsense anglais. Après, est-ce que j'ai préféré le livre à la série ? Et bien, disons que j'ai trouvé dans les deux de quoi me plaire. Je ne saurais les départager.

lundi 24 juillet 2017

Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes

Et voilà, j'entame la trilogie de Virginie Despentes qui fait tant parler d'elle. C'est appréciable d'ailleurs parce que du coup, on entend plus souvent madame Despentes et que j'apprécie ce qu'elle a à dire la plupart du temps. Et puis, ce Vernon Subutex, autant dire qu'il m'intriguait beaucoup, comme un peu tout les livres de l'autrice.

Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 432

A lire si : 
- Vous voulez une sorte de cartographie des parisiens
- Vous aimez les romans à plusieurs voix

A ne pas lire si : 
- Vous cherchez le trash des premiers romans de Despentes

Présentation de l'éditeur : 

QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de resurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Mon avis

Virginie Despentes est connue pour un côté trash qui tend non pas à disparaître, mais plutôt à être plus maîtrisé. Disons que la colère de l'autrice me semble plus contenue, toujours là, mais contenue. On appelle ça la maturité chez certain, et j'aurais presque tendance à dire que pour Virginie Despentes, c'est bien cela, du moins dans sa manière d'écrire.Vernon Subutex n'est pas un livre à part dans son oeuvre. Apocalypse Bébé en été même, pour moi, une sorte de précurseur. C'est dans ce roman-là qu'elle a commencé à utiliser plusieurs voix pour parfaire son récit. Surement pas pour rien d'ailleurs que l'on retrouve dans Vernon l'un des personnages d'Apocalypse Bébé. Mais revenons au roman.

Alex Bleach, chanteur de rock, s'est suicidé. Avec lui part le loyer qu'il payait par amitié à Vernon Subutex, le disquaire qui lui a permis de découvrir la musique. Un Vernon qui a dut fermer boutique depuis un moment, qui n'a pas retrouvé de boulot et qui soudain, se retrouve à la rue, dans l'incapacité de payer son loyer. Vernon décide alors de squatter les lits et canapés de ses amis (anciens comme nouveaux), en inventa comme prétexte de revenir sur Paris après un passage à Québec. Tandis qu'il va de copains en copains, nous allons découvrir les portraits de ses parisiens qui ont pour point commun soit Vernon soit Alex Bleach.

Virginie Despentes essaie de "cartographier" la population parisienne et je suppose qu'elle y arrive pas mal (je ne suis pas parisienne, il y a des choses dans son roman qui me semble parfois carrément surréaliste pour la provenciale que je suis). Elle s'attaque, si je puis dite, à tous les niveaux, toutes les classes sociales. Et elle fait ça plutôt pas mal. Si j'avais trouvé dans Apocalypse Bébé (oui on y revient souvent à celui-ci, mais faut dire qu'ils se ressemblent assez dans la bibliographie de l'autrice) qu'il y avait trop de stéréotypes, je les trouve bien mieux gérés ici. Oui, nous en trouvons toujours (la bourgeoise qui pète littéralement son câble après s'être fait des films et s'être fait largué, le traders qui vit à cent à l'heure entre bonne affaire, drogue et baise...) mais par contre, on trouve aussi pas mal de personnages qu'on n'a pas l'habitude de voir et qui même si parfois, ils sont un peu clichés, ils permettent d'offrir de la visibilité.

Sur la dizaine si ce n'est plus de personnages que l'on va découvrir au fur et à mesure de l'avancée de la nouvelle vie de Vernon, il y a vraiment des personnages géniaux. On retrouve quelques LGBT, plus particulièrement lesbienne et trans. Et elle les traite parfaitement ces personnages-là, elle ne va pas dans le bon vieux cliché (même la Hyène est plus en nuance par rapport à Apocalypse Bébé). On sent l'authenticité dans ces personnages-là. Et ça fait du bien. Et ils ne sont pas les seuls comme ça.  

Et ce que j'ai particulièrement apprécié c'est vraiment le mélange de personnalités, les riches, les pauvres, les gens "normaux", les ex stars du X, les de gauche, les de droites, les des extrêmes et j'en passe. Vraiment, on croise de tout dans ce Vernon. Surtout qu'il est agréable de voir qu'elle les traite tous de manière presque égale. C'est à dire que même ceux qu'elle ne doit sûrement pas supporter, elle arrive à les rendre moins nauséabond que ce qu'ils sont. On sent bien l'ironie sous les descriptions, mais en même temps, on s'y attacherait presque.

Virginie Despentes a donc réussi avec ce premier tome une belle fresque de ce qu'on peut retrouver comme parisiens à notre époque. Elle le fait d'ailleurs avec une certaine douceur, loin de la colère de ses débuts. Une colère qui revient pourtant au fur et à mesure des pages mais qui n'explose pas autant. On retrouve aussi des moments un peu plus "trash" même si justement trash n'est pas le mot. Disons que lorsque ça parle sexe, l'autrice ne fait pas toujours dans la dentelle. 

Au final, c'est une fresque vraiment intéressante que nous lisons avec ce premier tome. Intéressante par son côté très humain et réaliste.  Et puis, il y a cette écriture, vive, colèrique et en même temps douce, bienveillante même parfois. Bref, une réussite qui je l'espère continuera avec les deux tomes suivants.

vendredi 21 juillet 2017

C'est pour ton bien, Cindy Costes

Je ne sais plus trop comment cette nouvelle est arrivée dans ma PAL numérique (tellement de bouquin là-dedans que si je devais me souvenir du pourquoi pour tous...). N'empêche, elle a dut me tilter à un moment donné. Et du coup, comme j'avais envie d'une lecture rapide, c'est tombé sur elle. Puis j'aime bien la couverture

C'est pour ton bien, Cindy Costes

Editeur : Autoédition
Collection : /
Année de parution : 2016
Format : epub

 A lire si :
- Vous voulez une lecture rapide (une vingtaine de page en gros)
- Vous aimez les moments de vie

A ne pas lire si :
- Vous voulez du long
- Vous aimez avoir un background.

Présentation de l'auteur :

Laetitia est une jeune femme d'aujourd'hui, une battante. Bien entourée par ses collègues, sa meilleure amie et sa mère....
Bien entourée ? Oui... effectivement, tous sont là pour la conseiller, la pousser à prendre les bonnes décisions que ce soit dans la vie amoureuse ou professionnelle.
Mais finalement, qui sont-ils pour juger et dire « ce qui est bon » ?
Avec une écriture mature, pleine de tendresse pour son personnage principale, Cindy Costes nous offre une tranche de vie, parfois douloureuse mais belle et lucide....

Mon avis

Imaginez-vous mère célibataire, travailleuse un peu trop acharnée, ayant à peine rompue avec son copain, lui-même dépressif. C'est ce qu'il se passe dans la vie de Laeti en ce moment. Or, si elle arrive à tout mener de front, il semble que cela ne soit pas l'avis de sa meilleure amie, Gaby et de sa mère. Les deux femmes veulent à tout prix chapeauter sa vie, l'incitant à changer de boulot par exemple. Le tout pour son propre bien. Et elle laisse faire, parce qu'elle n'a pas envie de se prendre la tête, parce que peut-être aussi que ça lui va pas trop mal comme situation. Situation qu'on est beaucoup à avoir connu, je suppose. Mais voilà, elle découvre qu'elle est enceinte. Et là, pas mal de chose vont changer pour elle. Parce que Gaby ne lui donne pas le choix. C'est pour son bien, elle travaille dur, elle n'a pas de mec, alors, elle va avorter. Point. D'ailleurs, elle lui prend même un rendez-vous pour ça. J'ai envie de dire "super la copine quand même...".

La nouvelle est courte, pas forcément sans défaut mais elle tape plutôt bien. On se reconnait pas mal en Laeti qui a somme toute une vie normale. Les amis trop envahissants, les mères qui continuent à diriger notre vie... C'est l'une des forces de la nouvelle d'ailleurs, ce personnage de "madame tout le monde" qui soudain va se rebeller. Pour elle, se sera parce qu'elle est enceinte et que non, elle n'a pas envie de suivre le choix que l'on veut faire pour elle. J'ai apprécié d'ailleurs qu'elle ne parte pas bille en tête juste pour être en rébellion. Une petite discussion avec la gynécologue sur le choix qui est intéressante bien que courte et hop, voilà notre Laetitia qui prend sa décision pour son bien à elle en son âme et conscience.

La nouvelle est agréable à lire, surtout qu'on arrive facilement à s'identifier à la jeune femme. Le style est fluide, n'en fait pas trop. On s'immerge rapidement et si la nouvelle est sans surprise, elle permet de passer un moment sympathique. Après, n'attendez rien de foufou ou de vraiment surprenant hein, ce n'est pas vraiment le but, il me semble. 


jeudi 20 juillet 2017

Scumland, Absinthe Pandemos

Vous allez finir par croire que je suis payée par Walrus pour faire des avis sur leurs livres. Et bien pas du tout, juste que quand on aime, on ne compte pas, surtout avec une OPMORSE qui m'a permis de me plonger dans les pulps qui m’intéressaient depuis un moment. Bref, depuis que j'ai découvert la maison d'édition numérique (en 2013), je n'ai jamais été déçue par mes lectures. Eux et moi, on se comprend parfaitement. Et ce n'est pas ce Scumland qui va me faire changer d'avis !

Scumland, Absinthe Pandemos

Editeur : Walrus
Collection : Pulp
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez du saignant
- Vous voulez de la misandrie

A ne pas lire si :
- Vous êtes un gros macho qui ne comprend pas toujours le second degrés et qui se prend la tête pour un rien
- Vous voulez une petite histoire mêmère

Présentation de l'éditeur :

La nature est hostile en dehors des cités, mais la société se porte mieux depuis la révolution misandre : désormais, devenir un esclave castré est ce qui peut arriver de mieux à un « chamallo » (Cisgenre Hetero Male Low Life). Traqués dans les jungles qui bordent les villes, les mâles sont ramenés à leur condition de matière première et servent de cobayes à des expériences souvent sanglantes et rarement pratiquées sous anesthésie. Ainsi exploités, ils contribuent à la survie de l’espèce… et grâce à la technomagie, on n’en perd plus une goutte !
Flora et Maddy sont deux traqueuses bien décidées à aider le SCUM — l’élite des tueuses professionnelles — à mettre la main sur un chamallo errant repéré aux abords de la cité. Armées de leurs machettes et d’une bonne dose de rage, elles enfourchent leurs motos et partent en chasse dans les ruines du vieux monde.

Mon avis

Au fur et à mesure de mes lectures, je me rends compte que je porte un intérêt grandissant pour les thèmes féministes et pour les personnages féminins qui ne sont pas de potentielles "princesse à sauver par un chevalier blanc alors qu'elles auraient pu être bien plus badass que ça".  Alors lorsque je vois un livre comme Scumland, autant le dire, je me jette dessus. Rien que la quatrième de couverture me donnait l'eau à la bouche et cela s'en parler de cette magnifique couverture (comme toutes celles de la collection pulp d'ailleurs). Je le savais Scumland et moi, on était fait pour bien s'entendre. Mon côté féministe parle beaucoup et comme je l'écoute beaucoup, je n'allais pas faire une impasse sur le roman.

Scumland nous plonge dans un monde misandre. Pour les personnes dans le fond qui ne savent pas voici une définition de misandre : Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour le sexe masculin ; qui témoigne de ce mépris (merci Larousse). La société créée après une apocalypse (laquelle, on ne sait pas) est une société féministe et féminine qui se base pas mal sur le SCUM Manifesto de Valérie Solanas (oui, j'ai fait des recherches et on peut le trouver ). Alors du coup, vu le dit manifeste, le roman allait être bien violent, surtout pour les hommes. Et je n'avais pas tord du tout.

Parce que de la violence, il y a en et pas qu'un peu. Rien que les premières pages risquent de faire mal à ces messieurs et réjouir toutes les femmes qui ont pu ou se sentent encore opprimées. Vient ensuite une partie plus calme, où l'on découvre le traitement réservé aux chamallos (aux hommes (enfin aux cisgenre male quoi)) grâce à la technomagie mais aussi le fonctionnement de la société misandre. Une société qui a banni tous ce qui pouvait être masculin (le travail, l'argent par exemple) et qui surtout oppressé les femmes à notre époque. Alors, ça risque pour certain d'avoir l'air totalement surréaliste, malheureusement, ce n'est pas tant le cas que ça. Disons que la plupart des femmes vont parfaitement comprendre le discours de cette société et qu'un certain nombre d'autres personnes vont crier à la misandrie et se plaindre. Bref, les bons machos vont nous lâcher de belles male tears.  Après la dite partie calme, on passe à la chasse aux chamallos et au retour de la violence. Et là aussi, nous allons avoir des male tears. 

Mais la violence n'est pas le point central du roman, juste ce qui le place finalement dans la collection pulp de Walrus. On y trouve plein de chose qui font réfléchir la bébé féministe que je suis. Et c'est là que personnellement j'ai trouvé tout l'interet du bouquin. Oui, le féminisme sur lequel il s’appuie est clairement anti-hommes, mais il me semble que l'auteure joue justement sur cela pour ouvrir un peu les consciences. Du coup, on se divertit beaucoup et en plus de ça, on réfléchit aussi. 

Au final, je l'ai bien aimé ce Scumland. Les personnages sont pas forcément ultra développés mais elles sont plaisantes à suivre, l'univers m'a fait bien plaisir et ça se lit facilement (à condition par contre de connaitre deux trois trucs sur le genre, le féminisme mais franchement, suffit de traîner un peu sur twitter ou pas loin de féministes pour les comprendre et sinon y a google au pire). Un livre bien sympathique et qui donne à la femme un rôle à sa hauteur (celle de personne qui n'a pas besoin d'un mec pour déboîter grave)(je raconte pas comme ça fait du bien ce genre de personnage hein). Bref, c'est du pulp, c'est du Walrus, c'est du bon. Et je m'en vais voir si je peux pas trouver d'autres livres (roman ou nouvelles) d'Absinthe Pandemos de ce pas.

lundi 17 juillet 2017

Le démon dans l'escalier, Julien Noel

Je continue avec l'OPMORSE (d'ailleurs, cette semaine, ce sont les romans qui sont en promos)(désolée cher porte-monnaie...) et cette fois, c'est le seul livre dont vous êtes le héros que j'ai pris durant la promo la semaine passée. Oui, il n'y en avait qu'un qui m’intéressait (chose rare quand même chez Walrus). 

Le démon dans l'escalier, Julien Noel

Editeur : Walrus
Collection : Rendez-vous au 14
Année de parution : 2017
Format : epub

A lire si : 
- Vous aimez jouer
- Vous voulez une aventure un peu barré

A ne pas lire si :
- Vous aimez le compliqué
- Vous n'aimez pas les livres dont vous êtes le héros

Présentation de l'éditeur : 

Pas simple de gagner honnêtement sa vie de sorcier lorsque l’on est inconnu et qu’on n’a aucune relation dans le milieu. Pourtant on dirait que c’est votre jour de chance : on vous propose un job. Certes, on est venu vous pêcher dans un bar miteux et ces gens ont l’air d’être dotés de pouvoirs bien supérieurs aux vôtres. Mais soyez lucide : c’est sans doute votre seule chance de percer dans ce métier et de vous faire une réputation. A priori, il s’agit juste de rendre un petit service — un mage, un esprit, une invocation, un enchantement, un démon peut-être. Dans tous les cas, pas de quoi fouetter un chat. Mais pourquoi faire appel à vous si la mission est si facile ?
Vous vous sentez à la hauteur ? Tant mieux, car c’est vous qui serez aux commandes de cette courte aventure dont vous êtes le héros. À vous de faire les bons choix pour ne pas ruiner définitivement vos espoirs de devenir un sorcier reconnu.

Mon avis

J'en avais déjà parlé sur Plongée sur R'Lyeh de Loic Richard, les livres dont vous êtes le héro sont pour moi une sorte de madeleine de Proust. J'ai passé une bonne partie de mes vacances d'été entre 8 et 15 ans à dévorer ce genre de bouquin que je piquais allègrement à mon frère. Alors, de temps en temps, j'aime bien me replonger dans l'ambiance de l'adolescence. Et chez Walrus, les livres dont vous êtes le héros sont de qualité.

Ce Démon dans l'escalier vous fait devenir un sorcier de bas étage à qui l'on confie enfin une mission qui devrait redoré son blason. Dès le début, on sent l'aventure un peu barrée, à l'image des pulps chers à la maison d'édition du morse. Parce que le dit Démon dans l'escalier est du genre particulier et que vous êtes du genre pas forcément très aidé, je dirais. L'aventure n'en est pas moins savoureuse et je me suis prise au jeu avec facilité.

L'aventure est assez courte (bien plus que celle de Plongée sur R'Lyeh) et parfaite pour les débutants. Attention toutefois à prendre deux-trois notes car le héros va se voir douter de certaines armes ou compétences au cours de l'aventure. Or si comme moi, vous ne la faites pas en une seule journée (ce qui est plus que faisable d'ailleurs), vous risquez de ne plus savoir ce que vous avez ou non. Une aventure courte mais qui possède quelques embûches bien sympathiques (je suis du genre à chercher d'abord à perdre en répondant le plus crétinement possible rien que pour rire des morts ou défaites parfois bien stupide des personnages)(d'ailleurs pas de mort ici mais un contrat qui prend fin tout simplement). Ainsi votre serviteuse n'a pas terminé cinq fois son aventure en le faisant exprès pour quatre d'entre elles. Autant dire qu'il vous faut tout de même réfléchir un minimum avant de choisir le prochain chemin.

Au final, je me suis drôlement bien amusé avec ce Démon dans l'escalier. Les personnages secondaires sont sympathiques, le héros bien looser et le démon amusant (je ne veux pas en dire plus pour ne pas spoiler). Son seul point négatif, il est peut-être un peu trop court. J'aurais bien fait quelques heures de plus avec lui.

jeudi 13 juillet 2017

Proie Dunoir, Gaelle K. Kempeneers

Second acquisition de l'OPMORSE (vous avez encore trois jours d'ailleurs pour profiter des promos sur les livres de monsieur Desienne)(si je ne les avais pas tous déjà,  mon compte en banque aurait pas apprécier...), je ne savais pas trop que penser de ce Proie Dunoir qui me faisait envie depuis un bon moment déjà (mes journées étant trop courtes, comme mon compte en banque soit dit en passant, j'ai attendu bien longtemps avant de me l'offrir)(trop même). 

Proie Dunoir, Gaelle K. Kempeneers

Editeur : Walrus
Collection : pulp
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez le pulp à la sauce Walrus
- Vous voulez une héroine d'urban fantasy qui change 
- Vous voulez de l'action, de l'humour et que ça envoie du steack

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les pulps

Présentation de l'éditeur : 

My name is Dunoir. Proie Dunoir. Laissez tomber : private joke.
Qui je suis ? La nouvelle recrue du B.A.S., la banshee de service. On m’a engagée pour botter les culs des méchants qui hantent les rues de Rédemption. Sauf qu’entre les monstres mythiques, les divinités en goguette, les vampires crétins et les Puissances qui se bousculent au portillon, je ne sais plus où donner de la tête. Alors, quand en plus la Famille (la mienne, sinon ce ne serait pas drôle) s’en mêle, j’ai bien besoin de mes collègues Lucrèce et Leyhan pour y mettre un peu d’ordre. Sans oublier Jack, le loup. Mon âme-sœur, parait-il.
Je vous ai déjà parlé de mon âme ? Y a moyen d’écrire tout un roman sur le sujet. Ah ! Mais attendez… Bref, y a des jours comme ça où on se dit qu’on aurait mieux fait de se casser la jambe au saut du lit !

Mon avis

Les Pulps chez Walrus se suivent mais ne se ressemblent pas. Si l'on retrouve toujours la petite touche de l'éditeur, une certaine folie douce qui fait du bien, il faut bien avouer que les histoires vont d'un thème à l'autre sans le moindre problème. Depuis la création de la collection, j'ai lu  des filles qui font du roller derby (Roller Derby X de Michael Roch), une histoire de zombie (Zoulag de monsieur Desienne), le premier épisode d'une détective dans l'univers de Lovecraft (Premier épisode d'A gauche après l'asile de Jessie) et à présent, la première saison des aventures d'une Banshee. Et je prends toujours le même plaisir à lire cette mauvaise littérature, ce petit plaisir coupable qui me fait autant de bien que de la dark romance aux amatrices de romance érotique. Mais passons à ce Proie Dunoir, petit bijoux dans le domaine de l'urban fantasy qui envoie du lourd.

Il faut dire que Proie, l'héroïne, fait partie de ces personnages que j'adore suivre. Charmante punk de vingt quatre ans, elle n'a pas la langue dans sa poche, fait la forte devant les autres sans l'être toutefois trop et possède un sens de l'humour plus que plaisant. Autant le dire, ce n'est pas l'une de ses héroïnes trop parfaite, trop fade que voilà. Elle me rappelle un peu Marie dans Sainte Marie des Ombres ou encore Maeve Regan de Marika Gallman. Bref, un personnage "à la française", loin du stéréotype américain trop lisse. Et j'aime les personnages qui ne sont pas lisses justement. 

D'ailleurs, aucun ne l'est dans Proie Dunoir. Ils ont tous ce petit grain de folie qui les rend assez unique en leur genre malgré une approche à première vue un peu stéréotypée. Mais juste à première vue, vu que Gaelle K. Kempeneers s'amuse régulièrement à les prendre à contre emploi. Et j'adore ça. Surtout qu'elle a réussi à créer une belle osmose entre les personnages. J'ai particulièrement apprécié Lucrèce, sorcière blanche de son état, légèrement guindée, un peu "prout-prout" et qui pourtant est juste super géniale et sort parfois des vannes assez bien sentie. J'ai été par contre un peu déçue que l'on voit moins Leyhan, la sirène, qui entretient avec Proie une sorte de je t'aime, moi non plus à base de piques bien senties. Et puis, il y a Jack. Jack c'est le genre de personnage qui risquait de me prendre la tête. L'homme du groupe, fort, beau, ténébreux et lié à Proie par un lien d'âme (je n'ai pas pu m'empêcher d'y voir une sorte de "parodie" du lien entre Jacob et Renesmee dans Twilight de Meyer)(oui, il m'arrive de lire des livres un peu plus niais)(même pas honte). Or, j'ai adoré Jack, justement parce que ce qui aurait pu être bien chiant (le lien, l'amour fou, la niaiserie du truc) est complètement retourné pour en faire quelque chose de génial. 

Mais il n'y a pas que les personnages de géniaux dans ce roman. L'univers est agréable. De l'Urban Fantasy à la française qui se passe donc non loin des Rocheuses. On se trouve avec un mélange de légende européenne (la Banshee, la sirène, les cours des fées) et amérindienne (les porteurs de peau, les wendigos). Du coup, on ne s'étonne pas de retrouver Nimué (pour ceux qui ne savent pas, il s'agit de la Dame du Lac) dans les Rocheuses par exemple. Un mélange qui n'est pas pour me déplaire. Surtout que j'adore la mythologie féerique européenne. Et chose sympathique, il ne faut pas être un expert en féérie pour tout comprendre. 

Et on ajoute donc à tout cela, le style de l'autrice, percutant, plein d'humour et fort agréable à lire. Je ne raconte pas combien de fois j'ai pu sourire, rire, pousser des petits cris de fangirl ou faire la moue en lisant le roman (Chéri me prend parfois pour une folle lorsque je lis, je devrais me filmer tiens pour rire). Un style qui irait parfaitement bien pour une série. Ce qui est d'ailleurs le cas. En lisant les premiers chapitres, on se rend bien compte qu'au départ, Proie Dunoir devait être une série (qui rend très bien en roman). Aurais-je préféré que ce format-là soit choisi au final ? J'avoue que oui (mais c'est parce que j'adore réellement les séries dans ce genre, courte sans trop l'être avec des cliffhangers qui me font râler à mort et l'attende qui va avec). J'espère grandement d'ailleurs qu'on puisse avoir une saison deux. 

Et enfin, conclusion pour la Banshee Punk ? Gros mais alors gros coup de cœur pour ce roman. Je l'ai fini ce matin et j'en veux encore. Je veux (j'exige serait plus vrai, mais je ne suis qu'une simple lectrice hein) une suite. Je veux savoir ce qu'il va se passer ensuite, je veux plus de Proie et de Jack et des autres. 






vendredi 7 juillet 2017

Les Chiens et les Loups, Irène Némirovsky

Je mettais dis que cette année, j'allais découvrir la littérature slave. Et puis, les mois ont passé et rien du tout. Il était temps que je m'y mette. C'est donc avec une autrice d'origine ukrainienne exilée en France que je commence ma découverte slave.


Les Chiens et les Loups, Irène Némirovsky

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2010
Nombre de pages :  250

A lire si :
- Vous voulez une histoire d'amour compliquée
- Vous aimez les histoires qui ne sont pas simples
- Vous voulez du sentiment d'exil

A ne pas lire si :
- Vous voulez juste de la romance

Présentation de l'éditeur :


Témoin des bouleversements de son siècle, Irène Némirovsky, morte à Auschwitz en 1942, est l'auteur d'une oeuvre étonnante qui fait d'elle un des plus grands écrivains de l'entre-deux-guerres. À la croisée des cultures juive, française et slave, cette romancière ne cesse de surprendre par sa modernité. Comme la plupart des romans d'Irène Némirovsky, Les Chiens et les Loups (1940) n'est pas étranger au destin personnel de son auteur. Le sentiment d'un inconsolable exil (issue de la
haute bourgeoisie, Irène Némirovsky fuit Kiev et la Révolution d'Octobre avec sa famille avant de trouver refuge en France), le poids de la société et la fatalité du destin sont au centre de ce roman qui évoque l'amour insensé de deux jeunes Juifs unis par un lointain souvenir. Ada, une artiste révoltée, et Harry, un riche banquier, sont les deux facettes d'une même personne. Tragiquement attirés l'un vers l'autre, rien ne peut les réunir, si ce n'est le sentiment de leur propre perte. Bercé de mélancolie, ce bouleversant roman sur l'enfance et l'innocence perdues est un chef-d'oeuvre de la littérature, à découvrir, ou à redécouvrir.

Mon avis

La quatrième de couverture étant assez intriguante au niveau de la vie de l'autrice de ce roman, je suis allée un peu fouiller sur wikipédia pour en savoir plus. Cette femme, née en Ukraine, de confession juive, a dut fuir son pays plusieurs fois pour échapper aux pogroms (attaque ultra violente contre les juifs) puis la révolution d'Octobre. Elle se réfugiera en France avec sa famille. Malheureusement, la seconde guerre mondiale passera par là et elle mourra à Auschwitz comme bien d'autres. Les Chiens et les Loups est le dernier roman publié de son vivant. Elle fut une autrice prolifique se basant pas mal sur sa vie et sur son exil. Les Chiens et les Loups en est un bel exemple. 

Ada Sinner est une enfant juive née dans la basse ville. Orpheline de mère, elle vit avec son père et son grand-père jusqu'à l'arrivée de sa tante Rhaïssa et de ses enfants après la mort de son époux. Si son enfance se passe dans la pauvreté, elle n'en est pas moins tout à fait malheureuse. Elle accepte sa condition, se rebelle contre une tante qui n'en a rien à faire d'elle, vit comme la plupart des enfants. Jusqu'à ce qu'elle aperçoive Harry Sinner, un cousin éloigné, petit fils du Sinner de la ville haute, un parent riche. A partir de cet aperçu, la vie d'Ada va se voir modifier. Elle voue un amour fou à Harry qu'elle ne connait même pas. Mais la vie est souvent injuste et suite aux pogroms, elle part avec sa tant Rhaïssa, Lilla et Ben, ses cousins, ainsi que Madame Mimi, une française pour Paris. Commence alors l'exil pour elle, dans une ville et un pays étranger où elle n'est pas forcément bien vu. Là, elle doit commencer une nouvelle vie et pourquoi pas, un jour se rapprochait d'Harry, lui aussi venu à Paris.

Si le roman se présente comme une sorte de Roméo et Juliette à la sauce juive, il est bien plus que cela. Irène Némirovsky a surement dut se servir de sa propre expérience tant les sentiments sur l'exil sont forts. Car c'est bien de cela que le roman parle. Enfin, pas que, mais nous le verrons après. Les deux personnages principaux du roman, Ada et Harry, vivent l'exil à leur façon. Elle restant slave, sauvage par rapport aux français, lui se mêlant sans vraiment le faire. Finalement, malgré la différence de leur statut sociaux (elle pauvre, lui héritier d'un empire banquier), ils restent pareil face au déracinement. D'ailleurs, ce sont les peintures d'Ada qui le feront comprendre à Harry. Leur attachement, leur histoire d'amour semble découler plus de cet exil que de vrais sentiments amoureux. Les deux sont particulièrement semblables, deux faces d'une même personne au final. Ils ne sont pas les seuls. Ben, le fils de tante Rhaïssa et mari d'Ada, vit aussi son exil d'une autre manière. En réalité, qu'il soit en France ou en Ukraine, il vivrait de la même manière, essayant à tout prix de s'élever de sa condition. Il en va de même pour Lilla, sa sœur, qui aurait pu avoir un avenir brillant et qui finalement, tombera dans l'oubli, comme bien d'autre.

Le fait que les personnages principaux soient juifs apporte aussi beaucoup au roman. Ils ne sont pas juste étranger, ils sont juifs. Or, à l'époque de l'écriture du roman (il est publié pour la première fois en 1940), les juifs ne sont pas vraiment les gens les plus en vu. Trop riches pour certains, trop "étrangers" pour d'autre, leur population restent mystérieuses pour beaucoup. Les personnages sentent tous cela. Ils sont tous semblables entre eux avec pourtant cette différence des liens sociaux. Cela se voit beaucoup avec Ben, jaloux de Harry, qui ne cesse de répéter à Ada qu'ils sont presque comme des frères, que seule la naissance et l'éducation ont séparé, qu'ils sont comme les chiens et les loups (d'où le titre, ben oui).

On ajoute à cela une écriture simple, agréable et finalement belle, une vision de la société d'alors assez critique, encore plus concernant les juifs. D'ailleurs, d'après wikipédia, Irène Némirovsky aurait eu à une époque une réputation d'antisémiste. Réputation qui lui venait semble-t-il plus de l'envie de plaire aux français à travers ses livres qu'autres choses. Il me faut trouver une biographie de cette autrice. Elle m'intrigue autant que ses personnages et ses histoires.

Pour finir, Les chiens et les loups est un très bon livre. Il se cache sous des abords un peu "simple" de la romance pour parler de tout à fait autre chose. Je l'ai lu lentement pour en profiter (il est tout de même assez court). Il est certain que je lirais d'autres roman de madame Némirosky. 

lundi 3 juillet 2017

Les Blaireaux se cachent pour Mourir, A gauche après l'asile, Saison 1, épisode 1, Jessie

Premier achat de l'OPMORSE (d'ailleurs, cette semaine, ce sont les livres dont vous êtes le héros qui sont en promos)(j'ai chroniqué il y a un moment Plongée sur R'Lyeh y a un moment de ça)(toute mon enfance les LDVELH), cet épisode d'une série qui se veut loufoque aura fait mon week-end.

Les Blaireaux se cachent pour Mourir, A gauche après l'asile, Saison 1, épisode 1, Jessie

Editeur : Walrus
Collection : Pulp
Année de parution : 2016
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez du déjanté
- Vous voulez une enquête
- Vous voulez une héroine qui n'a pas la langue dans sa poche

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas Lovecraft
- Vous voulez du calme et de la sérénité.

Présentation de l'éditeur : 

Comment décrire l’indescriptible ? Il se passe beaucoup de choses à Arkham, ce qui n’est pas pour déplaire à Casey Bolton, détective privée de l’occulte à la tête d’une agence qui se voit confier d’étranges enquêtes. Entourée de curieux spécimens plus ou moins aptes à mener à bien les noirs desseins des Grands Anciens, la jeune femme doit démêler d’extravagantes affaires... s ans jamais perdre son style (tout le reste pourra être négocié).
À ceux qui ont toujours su qu’HPL n’était pas devenu fou pour rien, ce livre va vous donner raison : aucune chance que vous sortiez indemne de la lecture des aventures de Casey Bolton. Les éditeurs et surveillants du Walrus Institute déclinent quant à eux toute responsabilité concernant la perte de vos points de santé mentale, mais s’engagent à prodiguer les meilleurs soins à Jessie, l’auteure de cette truculente fresque haute en couleur.

Mon avis

Qu'il va être compliqué de donner mon avis sur ce premier épisode d'une série qui je l'espère va continuer. Mais on va essayer, hein. Après tout, je suis là pour ça, hein. Donc allons-y.

Prenez un peu beaucoup de Lovecraft, son univers, ses dieux emblématiques..., prenez ensuite une détective qui n'a pas réellement de chance et qui ouvre parfois un peu trop sa gueule, une étudiante trop parfaite, un footballeur américain coqueluche de son équipe qui broute méchamment le gazon, un humeur parfois douteux, de l'action, de l'occulte et vous obtiendrez "A gauche après l'asile", un bon pulp comme Walrus aime publier, comme j'aime les lire. Barré complet et tellement addictif. 

Jessie c'est inspiré du jeu de rôle "L’appel de Cthulhu" et des divers écrits de Lovecraft pour nous pondre sa série. Mais si on ne connait pas l'oeuvre de Lovecraft (ou comme moi, le jeu de rôle), ce n'est pas bien grave. Bon, on va rater deux trois références surement, mais on va quand même bien profiter de l'épisode. Ce qui est agréable. Pas besoin de connaitre par cœur la bibliographique horrifique de Lovecraft pour lire A Gauche après l'Asile. Et ça c'est bien. 

D'ailleurs, on finit rapidement par oublier le monsieur pour Casey Bolton. Casey, c'est tout une histoire. Un personnage comme je les apprécie. Forte en bouche, quelque peu barrée, la réplique facile, tout comme la critique et par qu'envers les autres (même si), la courtoisie en berne. Et elle n'a pas la seule à m'avoir plu. Son équipe est loin d'être ennuyante, entre une tueuse à gage androgyne, une étudiante blonde bien trop parfaite et son garde du corps à la poitrine imposante et j'en passe vu que pour l'instant, nous ne les avons pas tous rencontrer. Ben oui, c'est un épisode d'introduction, faut laisser quelques surprises pour les autres. D'ailleurs, si l'équipe semble déjà bien particulière, elle n'est pas seule. Les personnages secondaires sont tous aussi succulents. Mention spéciale d'ailleurs à Soeur Marie que j'espère découvrir un peu plus dans les autres épisodes (pis je veux le reste de l'équipe aussi)

On ajoute donc à des références fort sympathiques (d'ailleurs, même si l'action se déroule dans les années 1920 et quelques les références à notre culture sont trouvables)(style vampire qui clignote et scintille par exemple), des personnages déjantés, une écriture rapide et non dépourvue d'humour. Un combo gagnant avec moi et qui fait de cette série un vrai petit plaisir pour amateur de pulp walrusien.
Et en plus de ça, si jamais vous n'en avez pas eu assez, on peut retrouver tous les jours des textes d'environ 100 mots sur le blog de l'auteure qui tournent autour de la série (même si parfois l'autrice fait référénce à une saison future, me semble pas qu'il y ait de gros spoiler) : le névronomicon.

Les Faucheurs sont les Anges, Alden Bell

Cela faisait un petit moment que je voulais le lire celui-là. Surtout à cause de son titre, pour tout dire. J'ai finalement franchi le pas.

Les Faucheurs sont les Anges, Alden Bell

Editeur : Bragelonne
Collection : Terreur
Année de parution : 2012
Titre en VO : The reapers are angels 
Année de parution en VO : 2010
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez de l'apocalypse déjà bien présente sur Terre
- Vous voulez du road-trip

A ne pas lire si :
- Vous voulez du zombie-apocalypse qui crachent beaucoup la violence et le sang

Présentation de l'éditeur : 

Depuis vingt-cinq ans, la civilisation se réduit à de pauvres enclaves qui s’efforcent d’endiguer des flots de morts-vivants. Une jeune fille nommée Temple sillonne ces paysages d’une Amérique dévastée lors d’une errance solitaire qui lui permet de faire taire ses démons intérieurs. Elle n’a pas souvenir du monde avant l’arrivée des zombies, mais se rappelle le vieil homme qui les avait recueillis, son jeune frère et elle ; un cadet dont elle a eu la charge jusqu’à la tragédie qui l’a poussée à aller de l’avant, en quête de rédemption. Un voyage initiatique d’îlot préservé en îlot préservé, à travers un Sud ravagé en proie à la sauvagerie, au cours duquel Temple devra décider où fonder un foyer et trouver le salut qu’elle cherche désespérément.

Mon avis

Comme je le disais, cela faisait un bail que je voulais lire ce roman. Du mort-vivants, du road-trip, un titre accrocheur... J'étais sûre que le livre allait me plaire. D'ailleurs, c'est le cas. Mais pas forcément pour ce que j'espérais.

L'auteur nous entraîne dans un monde où les mort se sont relevés depuis déjà vingt cinq ans. L'invasion est bien là et les humains encore en vie font ce qu'ils peuvent pour le rester. Ainsi naissent des enclaves où la vie semble reprendre un peu son court malgré la menace qui rode. Ainsi certains vont sur les routes pour échapper à tout cela. Temple, quinze ans, a trouvé refuge dans un phare. Un moment agréable mais court puisqu'elle est retrouvé par les morts-vivants (j'ai failli écrire m-v, Toxic n'est jamais bien loin de moi lorsque je chronique du zombies...). Elle repart sur les routes, trouve une des enclaves. Pense même si installer. Sauf que... Sauf qu'elle tue un homme en se défendant et que le frère de celui-ci veut sa vengeance. Alors, elle repart, rencontre sur sa route Maury, un homme déficient mental qu'elle va prendre sous son aile. 

Si vous vous attendez à de la grosse baston, à du zombies très très méchant, vous pouvez passer votre chemin. Les Faucheurs sont les Anges n'est pas une histoire de zombies. Ils ne sont là que pour le décors ou presque. Parce que le roman, c'est l'histoire de Temple, de sa recherche de rédemption. C'est clairement pas un roman qui fait peur, qui file les jetons. C'est un roman qui se veut humaniste, presque contemplatif aussi. L'auteur a choisi de situer son récit bien après la catastrophe pour parler de l'humanité qui reste, qui essaie de se redresser. Le choix n'est pas anodin dans son discours en fait. Il évite ainsi toute la partie "On va tous crevé, faisons n'importe quoi" pour se concentrer sur autre chose.

Avec le road-trip de Temple, il dépeint un monde qui pourrait être beau, qui l'est d'ailleurs en un sens. Il se penche sur l'humain. D'ailleurs, les personnages sont souvent bien faits. Temple est particulièrement intéressante à lire. Quinze ans, une vie déjà pleine d'horreur et pourtant, elle continue, va de l'avant, s’intéresse aux autres. Elle aimerait bien se pauser un moment mais n'y arrive pas. Alors, elle va de rencontre en rencontre. Des rencontres qui la font grandir, souvent, qui lui prouve que l'humanité à encore de belles choses devant elle. Maury, qu'elle appelle l'Idiot, en est un exemple. C'est un personnage attachant, qui voit le monde d'une manière très naïve, qui aide aussi Temple à ne pas tout voir en noir. Les rencontres qu'elle fait sont importantes et j'ai apprécie la diversité des gens qu'elles voient. Les "enclavés", les chasseurs de morts-vivants, cette famille de riches enfermés dans sa propriété... Bon, il est vrai que cela sonne peut-être un peu stéréotypé (la famille de riche par exemple, avec le paternel m-v dans sa cave) mais ce n'est finalement pas bien grave.

Et puis, il y a l'écriture d'Alden Bell. Elle reste assez simple, un peu à l'image de son héroïne. Je ne sais pas si c'est le traducteur ou l'auteur qui a voulu ça, mais du coup, on se retrouve bien dans la tête de Temple. Et puis, sans trop de fioriture, on apprécie aussi les paysages, les pensées, tout ça. Ce n'est pas de la grande littérature du coup, du moins dans la forme. Le fond est plus intéressant au final.

Pour finir, j'ai donc aimé le livre. Je m'attendais à du plus horrifique, du plus "sanguin" et finalement, c'est toute la partie introspection qui m'a plu. Il n'est pas fréquent de lire des romans zombies sur l'après et l'approche de Bell est appréciable. Même si l'on retrouve les stéréotypes du roman zombiesque, l'auteur arrive à sortir autre chose dans ce roman qui finalement semble être plus qu'un simple bout de vie dans celle de Temple et des personnages qu'elle croise. 

mercredi 28 juin 2017

Novecento : pianiste, Alessandro Baricco

Je ne pouvais pas rester avec un sentiment désagréable pour Baricco. J'aime trop son écriture. Alors, je me suis lancée rapidement dans ce monologue musical. Et j'ai eu raison. Si je n'oublie pas le fameux paragraphe de Mr Gwyn, je reste une inconditionnelle de cette écriture-là.

Novecento : pianiste, Alessandro Baricco

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 1997
Titre en Vo : Novecento : un monologo
Année de parution en VO : 1994
Nombre de pages : 87

a lire si :
- Vous aimez les monologues
- Vous voulez une histoire courte

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de linéaire
- Vous n'aimez pas le théatre

Présentation de l'éditeur : 

Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.
Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

Mon avis

Novecento est une oeuvre à part dans la création littéraire de Baricco. Effectivement, c'est sa seule incursion dans le monde du théâtre. Ce n'est pas une pièce à plusieurs personnages, c'est un monologue. D'ailleurs, je conseille vivement de le lire à haute voix pour apprécier encore plus le travail de Baricco dessus.

Novecento, c'est l'histoire d'un homme né sur un bateau et qui ne le quittera jamais. Trouvé sur le piano de la salle du bal du Virginian, il deviendra pianiste, ayant un réel don pour cet instrument. Nous allons le découvrir par l’intermédiaire du trompettiste de navire, Tim Tooney. L'histoire qu'il nous raconte semble un peu décousu, disons qu'il suit sa pensée et que parfois, elle peut amener un peu loin. Mais petit à petit, le portrait de Novecento se forme devant nous. Un portrait parfois loufoque, parfois tendre, d'un homme étrange et surtout de sa musique. Il ne faut pas oublier que Baricco est avant tout un musicologue.

Comme toujours, je me suis retrouvée embarquer par la poésie et la musique des mots. C'est vraiment une chose que j'aime chez Baricco, cette utilisation des mots. Et je dois bien dire que son traducteur est tout aussi bon pour que l'on retrouve en français la musicalité de l'italien (pour tout vous dire, j'ai même bien envie d'apprendre l'italien pour lire Baricco en VO)(et pour me rapprocher de mes racines aussi un peu). On en oublie parfois l'histoire que Tooney nous raconte pour ne se concentrer que sur la musicalité des mots. C'est un défaut du livre d'ailleurs parce que l'histoire mérite quand même qu'on s'y attarde dessus un peu plus. Et finalement, on ressort de la lecture avec du jazz dans la tête, des mots merveilleux mais sans réellement se souvenir de tout. Novecento est une musique avant d'être une histoire. C'est surement l'effet recherché par l'auteur mais je trouve cela un peu dommage. En fait, je l'ai trouvé un peu moins "philosophique" que les autres romans que j'ai pu lire de Baricco.

Au final, j'ai beaucoup aimé, ce qui n'a rien d'étonnant avec un Baricco. Je trouve un peu dommage par contre que ce que j'aime justement chez lui prenne parfois un peu trop le pas sur ce qu'il raconte. Mais franchement, qu'est-ce que c'est bien à lire à haute voix. Un monologue interessant, musical mais peut-être pas inoubliable. 

mardi 27 juin 2017

A l'abordage, Toxic, saison 2, épisode 6, Stéphane Desienne

Et voilà, finie, enfin, la saison deux de Toxic. Et suite à cette fin, je n'ai qu'une chose à dire, c'est quand la suite ? 

Et je profite de ce petit avis lecture pour vous annoncer que Walrus lance son OPMORSE ce mois-ci. Un mois avec des réductions (cette semaine, c'est la collection pulp qui est à 0.99€), des surprises et tout ce qui va avec ce genre d'opération. Si vous voulez découvrir la maison d'édition, n'hésitez pas !

A l'abordage, Toxic, saison 2, épisode 6, Stéphane Desienne

Editeur : Walrus
Colleciton : série
Année de parution : 2016
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé la saison 1
- Vous voulez un joyeux mélange Zombies/alien
- Vous voulez passer un bon moment

A ne pas lire si :
- Vous avez peur d'être perdu entre les divers personnages
- Vous n'aimez pas penser que vous pouvez être de la marchandise

Présentation de l'éditeur :

Avec ce double épisode, la saison 02 de Toxic tire sa révérence. Que ce soit à bord du cargo GénéSaran ou sur Corrudeeen, la survie des groupes humains est liée au sort des Aliens. Que ceux-ci cherchent à les sauver ou à les exploiter importe peu : le risque de perdre le peu qui a été gagné est grand. Elaine, Masters, Alva, Jon, Alison, le Révérend, Larson, Pedro, Michelle. Autant de personnes dont la vie ne tient qu’à un fil ! La donne est identique pour Jave, Naakrit et Twirl : chacun doit affronter les conséquences des choix qui ont été faits. Reste à savoir qui reverra le jour se lever sur une planète ou une autre…

Mon avis

Je l'avais dit dans l'avis de l'épisode cinq, ce sixième épisode est en fait un double épisode. Presque un mini-roman, une novella. Et une novella qui nous tient en haleine tout le long de son texte. Un texte qui ne déroge pas vraiment à la règle que c'est fixé l'auteur pour les autres épisodes, on commence avec la ferme de Twirl et les humains qui y sont enfermés puis on passe dans l'espace. Juste que les passages sont plus long.

Donc, commençons par la ferme. Rien ne va plus. Michelle se méfit de Larson. Il faut dire que l'homme se fait la malle et revient avec un équipement antigrav qu'il planque. Puis avec sept autres. Pendant ce temps, Twirl se fait enlever par des rivaux. Et quand la docteuresse essaie un des harnais antigrav, elle se retrouve avec le virus m-v. Quand je disais que rien n'allait plus. Alors qu'une nouvelle invasion zombie se prépare dans la ferme, celle-ci est envahi par la Sécurité. Que va-t-il donc advenir des quelques rescapés ? Et bien, nous ne le saurons pas de suite (premier cliffhanger du lot quoi, et déjà, on a envie d'avoir la suite). 

Dans l'espace, ça devient la aussi de pire en pire. La Sécurité Commerciale arrive sur les lieux, poussant tout le monde a agir. Pour le meilleur et pour le pire. Dans le désordre, Naakrit et Jave retrouve les survivants et s'allient avec eux, Alva continue sa vengeance, Khrow accélère le mouvement pour trouver l’antidote et sauver son potentiel pactole. Des alliances se font et se défont. Je n'ose pas dire grand chose sur cette partie-là, la plus longue de l'épisode de peur de spoiler. Et je dois bien dire qu'il y a de quoi spoiler (d'ailleurs, je me demande comment je vais réussir à faire l'avis du premier épisode de la saison trois sans spoiler)(oui, je m'avance beaucoup)(oui, je recommence avec mes parenthèses à tout va, ça m'avait manqué).

Autant vous le dire, j'ai été prise dans l'aventure de ce double épisode très rapidement. Il faut clôturer la saison, le faire comme il faut et donner aux lecteurs l'envie de patienter jusqu'à la saison suivante (ou pas, d'ailleurs, parce que j'aimerais bien l'avoir de suite la dite saison trois). Et Stephane Desienne sait gérer ce genre d'épisode. Pas ou peu de temps mort, des révélations et des moments qui te mettent les nerfs en pelote. Il n'y a pas à dire, c'est un très bon saison final que ce A l'abordage. Encore plus prenant, je trouve, que celui de la saison un.

Voilà, j'ai donc fini la saison deux de Toxic et je peux même répéter ce que j'avais dis à la fin de la un :  "Toxic est une putain de bonne série".  Je le repette encore une fois, parce que je le pense vraiment. Desienne a une écriture très "série télévision" (je sais pas comment dire autrement mais comme je verrais trop Toxic en série TV, je le dis comme ça), très vivante. Et même si pour cette saison, j'ai un peu regretté l'abscence de m-v (enfin, absence, disons qu'on les voit moins), je me suis tout simplement régalée à la lire (oui malgré le hiatus qui était pas totalement ma faute hein). Franchement, si vous ne connaissez pas la série, n'hésitez pas (en plus, je suis presque sure que pendant l'OPMORSE il y a aura des promos sur les intégrales)(parce que j'attends les dites promos en fait, pour le Masque et la Poudre)

lundi 26 juin 2017

Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

A trente et un ans, je me lance enfin pour lire du Simone de Beauvoir. Je voulais découvrir la femme par ses écrits. Et quoi de mieux pour ce début de découverte que les mémoires de ses jeunes années ?

Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2008
Nombre de pages : 473

A lire si :
- Vous voulez découvrir Simone de Beauvoir
- Vous aimez les autobiographies

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand il y a beaucoup de dialogue

Présentation de l'éditeur : 

Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon "incarnation" mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années.

Mon avis

Simone de Beauvoir est particulièrement connue pour son engagement féministe, sa vie avec Sartre et bien sûr son oeuvre littéraire et philosophique. Mais si je connais tout cela (enfin pas vraiment son oeuvre puisque je n'avais pour l'instant rien lu d'elle), elle restait pour moi un mystère. Alors pour la connaitre, j'ai voulu commencé non par un de ses romans mais par ses premières mémoires. Parce qu'elle en a écrit d'autres. Mémoires d'une jeune fille rangée relate sa vie de sa naissance à la fin de ses études, soit jusqu'à ses vingt et un ans.

Il est souvent compliqué de donner son avis sur des mémoires. Soit on apprécie le personnage soit pas du tout. L'auteur se livre,  livre ses souvenirs, parfois les enjolive, parfois pas. C'est un exercice difficile pour lui mais aussi finalement pour le lecteur. On se demande ce qui est vrai, ce qui a pu être ajouté par la suite, si les souvenirs sont exacts. On cherche l'auteur au moment de l'écriture avec ses idées plus mûres, avec le contexte de l'époque d'écriture. J'aime les autobiographie personnellement pour tout cela. Non pour découvrir la vérité sur certaines années de l'auteur, mais pour voir comment il se souvient de tout cela, comment plus tard, il se voit.

Il y a dans ce livre beaucoup de la Simone de Beauvoir plus âgée, dans la manière dont elle écrit, dont elle voit les choses, dont elle se revoit. Au lieu d'une succession de faits et gestes, marquant ou non, elle part d'une chose, parfois anodine, pour développer sa pensée. Ici, nous ne connaîtrons pas complètement son enfance, son adolescence. Nous ne suivrons pas ses pas, du moins pas tous. Et c'est assez appréciable de la voir porter son jugement d'adulte sur l'enfant qu'elle a été. Sans parler du fait que je préfère largement lire ses interrogations que ce qu'elle a pu faire.

Surtout que de part sa formation de philosophe, elle s'interroge beaucoup sur pas mal d’événements de sa vie. Sans parler du fait qu'elle a toujours cherché sa vérité sur la vie. La jeune Simone, ses interrogations, la manière dont elle voit le monde, tout cela est vraiment passionnant. J'ai aimé voir comment elle a construit sa pensée, au fur et à mesure des années, des rencontres aussi. J'ai adoré son amitié avec Zaza, la distance et en même temps le rapprochement suivant les époques de leur vie. J'ai aimé voir la jeune Simone un peu trop élitiste quant à ses amitiés, voire juste quant aux gens qu'elle croise. Elle m'a souvent rappelé une autre personne (moi-même en fait) qui se jugeait supérieure aux autres parce qu'elle se passionnait pour la littérature et des questionnements plus métaphysiques que les jeunes de son âge. Je crois d'ailleurs que c'est cela que j'ai le plus aimé en cette Simone de Beauvoir jeune. Une certaine ressemblance avec celle que j'ai été, sans aller dire en même temps que je suis comme elle. J'ai aimé retrouvé les mêmes problèmes chez elle que chez moi à l'adolescence, cette quête d'une vie qui mérite d'être vécu et n'ont pas subie. Et c'est amusant de se dire que quelques 80 ans plus tôt, les préoccupations de la jeunesse n'était pas si loin des nôtres.

Pour finir, parlons un peu de la Simone de Beauvoir féministe qui commence à voir le jour dans ses lignes. Elle, fille de la bourgeoisie dont le seul rôle semble être de faire un bon mariage (arrangé de préférence), se révolte contre tout cela. Elle veut être l'égale des hommes. A une époque où cela n'est pas si simple, elle va pourtant essayer et même parfois y arriver. Et même si elle ne met alors pas le mot, on sent la féministe en elle. Son féminisme se construit petit à petit parfois par à coup. Elle le voit alors comme une lutte contre ses parents, contre sa classe sociale, contre une vie qui ne lui rapporte rien. En fait rien ne la prédestiné à être la féministe que l'on connait. Des parents bourgeois, une mère pratiquante et parfaitement soumise à son mari, qui inculque à ses filles la même éducation qu'elle a pu avoir, une famille où l'homme est toujours vu comme le supérieur. Ce sera surement les paroles de son père, qui lui disait qu'elle avait un cerveau d'homme, qui la menera dans cette quête de l'égalité hommes-femmes.

Au final, je sors de ma lecture avec une grande opinion de la jeune Simone de Beauvoir et de l'autrice qu'elle est devenue. J'ai adoré son écriture, sa manière de voir les choses, de se revoir aussi, sans en faire forcément trop. Elle livre son enfance sans trop l'enjoliver, voire même en étant très critique sur elle-même. Cette première approche de Beauvoir a été un plaisir et je compte bien la lire encore et encore (j'ai le choix, des romans, d'autres mémoires...). 




vendredi 23 juin 2017

Thé entre amies, Gourmandises, épisode 1, Jessy K. Hyde

Vous le savez, je lis peu de romance. Mais celle-ci avec son format sériel, son univers victorien, sa jolie couverture m'attirait quand même. De la romance F/F (première fois d'ailleurs pour moi), du thé, du victorien et même une petite touche de steampunk, ça pouvait me plaire, nous sommes d'accord. Est-ce que c'est le cas ? C'est ce que nous allons voir.

Thé entre amies, Gourmandises, épisode 1, Jessy K. Hyde

Editeur : Pandorica
Collection : /
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez de la romance F/F victorienne
- Vous aimez le thé !
- Vous voulez une romance qui ne fait pas de la romance pour de la romance

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le format sériel

Présentation de l'éditeur :

Depuis son mariage, Émilie Tréval est une épouse modèle et une femme aimante, soucieuse de plaire à son mari et le satisfaire... mais cela ne suffit pas, il ne lui témoigne aucune passion.
Elle va faire la connaissance de la sulfureuse Alba, qui va rapidement combler le vide affectif d’Émilie et lui faire découvrir amour et plaisir inédits. Dans un Londres alternatif, industriel et victorien, l’heure du thé se fait gourmande et sensuelle.

Mon avis

Je l'avoue, jusque là, je ne voulais pas lire de romance homosexuelle. Pas parce que justement elles le sont, mais plutôt à cause du bon gros stéréotype. Je suis plus que pour les romances F/F ou M/M mais il faut que ce soit bien fait et pas que ça tombe comme un gros cheveux sur la soupe. Alors forcément, je vais souvent à reculons dans ce genre de lecture. Et même si de prime abord, celle-ci devait me plaire, ben, je suis partie à reculons quand même. On ne se refait pas. Et puis en fait, j'ai vite faire demi-tour pour me plonger dedans.

Pourtant, dès le premier paragraphe, je fut conquise. L'écriture est pleine de détails, agréable. On découvre notre héroïne, Emilie Tréval, vingt quatre ans, quelques soucis dut à son mariage et son envie de le faire repartir du bon pied et si possible dans le lit conjugal. Une héroïne qui ressemble assez aux autres héroïnes de romance finalement, douce, peu sûre d'elle quand à ses sentiments (enfin pas tous). Alors qu'elle veut faire une surprise à son époux en l'attendant sur le quai de la gare, elle va rencontrer Alba de Guise, duchesse de son état, qui lui fait grande impression. Lorsque la duchesse l'invite à venir boire le thé chez elle, Emilie accepte, sans se douter qu'elle va en apprendre bien plus sur être femme que ce qu'elle ne pense. La duchesse de Guise s'est mise en tête d'aider Emilie après avoir vu sur le visage de celle-ci la tristesse que lui confère son statut d'épouse délaissée. Elle décide donc de faire l'éducation sexuelle de la jeune fille, du moins si celle-ci accepte. Une proposition qui ne déplaît pas à Emilie malgré de nombreux doutes. C'est ainsi que la jeune femme va découvrir le plaisir qu'elle peut avoir sans forcément passer par un homme.

Les deux personnages principaux sont intéressants bien que pour l'instant nous n'en savons pas grand chose sur la duchesse de Guise (si ce n'est qu'elle est remariée et que sa réputation est apparemment sulfureuse). Nous nous concentrons plus sur Emilie et sa découverte du plaisir. Quant aux maris, de l'une et de l'autre, nous ne les voyons que fort peu. Nous restons vraiment sur les deux femmes. Après, je trouve que leur relation va un peu vite. Mais le format sériel de quatre épisodes se lisant en à peine plus d'une heure y est pour beaucoup. Et étrangement, moins qui apprécie la lenteur dans les relations, je dois bien avouer que là, cette rapidité ne me gêne pas (justement parce que c'est un format sériel court). Et puis, malgré la rapidité, c'est bien fait.

J'ai parlé déjà de l'écriture de l'autrice, je vais en reparler. L'environnement victorien de la série empêche certaines choses que l'on peut retrouver dans la romance plus contemporaine et ici il se retrouve parfaitement respecté. Pas de vulgarité mal placé, pas de descriptions crue. Tout est dans le détail, la retenue aussi. Les descriptions, nombreuses, sont agréables à lire (le parc à côté de la gare par exemple). Tous les sens sont à l'appel, rendant le tout très vivant. De plus, les scènes plus érotiques du livre sont plus dans la suggestion, dans le ressenti une fois de plus. Ce n'est pas crue, ce n'est pas ultra imagée. Non, il y a beaucoup de place pour l'imagination de lecteur. C'est vachement agréable, je dois dire.

Autre chose d'agréable dans ce premier épisode et qui je suppose restera dans les trois autres, ce sont les thèmes assez féministes. Alba ne va pas apprendre à Emilie le plaisir sans son consentement. Elle le répétera d'ailleurs souvent, elle dirige mais c'est Emilie qui commande. Un non est un non, pas un oui déguisé. Quelque chose que certain auteur de romance (pas que d'ailleurs) devrait prendre en compte, pas mal d'homme aussi d'ailleurs... Si c'est le principal thème sur lequel je m'attarderais, sachez qu'il y en a d'autre, tout aussi intéressant. Mais je vous laisse les découvrir.

Pour finir, ce premier épisode m'a donc beaucoup plu. Il est agréable à lire, explicite sans trop l'être non plus, avec une touche féministe qui me plait beaucoup. Je vais lire les trois autres épisodes durant l'été (petit plaisir estival donc) du coup (oui, le premier date d'avril et les autres sont déjà sortis, je suis donc en retard). Bref, de la romance érotique agréable et pas niaise, dans un beau décors, que demander de plus ?