vendredi 8 décembre 2017

Des premières neiges aux Perséides, Les Carnets de Cerise, tome 5, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Nous voilà arrivé à la fin des aventures de Cerise. Une fin que je n'attendais pas tant j'aime la série complète. Quant avec ma fille nous avons vu ce tome 5, elle a à tout prix voulu que je le prenne. Même si elle ne sait pas encore bien lire, elle adore Cerise, sa première héroïne littéraire. Alors, forcément, j'ai craqué (m'en fallait pas beaucoup) et pris le temps de le lire avant de faire lecture commune avec elle.

Des premières neiges aux Perséides, Les Carnets de Cerise, tome 5, Joris Chamblain et Aurélie Neyret

Editeur : Soleil
Collection : Métamorphose
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 80

A lire si : 
- Vous voulez une belle histoire
- Vous aimez les héroïnes curieuses

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages principaux plus âgés
- Vous n'aimez pas pleurer

Présentation de l'éditeur : 

Cerise, onze ans, vit seule avec sa mère et rêve de devenir romancière. Elle a déjà commencé à écrire ses carnets ! Son sujet favori : les gens, et surtout les adultes. Elle les observe pour tenter de deviner leurs secrets les plus enfouis Au fil de ses enquêtes, elle a compris à quel point son passé lui manquait et faisait tout pour ressurgir. À travers une correspondance avec sa mère, Cerise va replonger dans ses souvenirs, dans son enfance des premières rencontres aux premiers mensonges... Ce voyage lui dévoilera le secret de ses carnets et on comprendra enfin pourquoi elle déteste tant que les adultes dissimulent quelque chose...

Mon avis

En achetant ce tome, je ne me suis pas de suite rendue compte qu'il s'agissait du dernier de la série. Je m'en suis un peu doutée en découvrant que cette fois, il n'y a pas de personnage mystère. L'enquête de Cerise va tourner autour d'elle-même et de son passé. Avec l'aide de sa mère, qui va même écrire dans le carnet de sa fille, elle va remonter dans son enfance jusqu'à l’événement qui l'a traumatisé, la mort de son père.

La relation entre Cerise et sa mère a toujours été le fils conducteur de la série, tout comme l'absence du père et surtout son manque. Il est donc normal que pour clôturer la série, le dernier tome se recentre sur tout cela. C'est d'ailleurs encore plus logique au vu des deux tomes précédents, Le dernier des cinq trésors et la Déesse sans visageDans ce tome, Cerise et sa mère vont percer le mystère de leur relation. Et pour cela, il faut remonter aux quatre ans de la jeune fille, juste après le décès de son père. On découvre alors la rencontre avec Line et Erica et celle avec Anabelle Desjardins. Et de suite après, on va enfin comprendre pourquoi Cerise et sa mère ont une relation si compliquée.

Je dois bien dire que j'ai été particulièrement émue durant toute ma lecture. Cerise, suite à la mort de son papa, va se replier sur elle-même. A tel point qu'elle va souffrir de dépression infantile. Une dépression qui va marquer l'enfant qu'elle était  et l'adolescente qu'elle devient. Ce tome éclaire beaucoup sur le comportant de Cerise dans les quatre précédents. Et si la première moitié est "compliquée" à lire tant elle nous prend à la gorge, elle est aussi  parfaitement retranscrite. Elle ne tombe jamais dans le bon gros pathos. Les cases sont belles (comme toujours), avec une touche de nostalgie accentuée par la neige des premières pages. L'histoire se déroule sans en faire trop, juste les souvenirs de la mère de Cerise et de la jeune fille.

La seconde partie est toujours un peu nostalgique, mais surtout pour le lecteur au final. Nous revenons au présent avec notre Cerise de onze ans qui va découvrir que la vie est pleine de rebondissement qui peuvent s’avérer heureux même pour elle. Je n'en dirais pas forcément plus sur cette partie pour ne pas trop spoiler mais c'est un bel au revoir que nous fait l’héroïne pour ce dernier tome. 

Comme je le disais, j'ai aimé enfin comprendre ce qui vaut à Cerise et sa mère d'avoir une relation si compliquée et en même temps si humaine. J'apprécie aussi d'enfin comprendre ce qu'il est arrivé au père de Cerise, dont la présence fantomatique ne nous a jamais quitté depuis le début de la série. Et puis, il y a tout les clins d'oeil aux autres personnages des tomes précédents. (certains apparaissent très vite dans les souvenirs de la jeune fille, d'autres feront des apparitions plus tard). 

Au final, ce dernier tome est surement le plus réussi de tous pour moi. Et quand on sait à quel point j'aime les quatre premiers, on se doute que celui-ci est magnifique. J'ai adoré son ambiance assez nostalgique, la découverte du passé de Cerise, de ce qui a pu détérioré sa relation avec sa mère, découvrir comment son amitié avec Line et Erica est née, mais aussi sa rencontre avec Annabelle Desjardin et pourquoi sa mère lui en veut... Les pièces du puzzle finissent de se mettre en place et nous quittons une Cerise enfin apaisée.  J'aurais bien voulu que ce ne soit pas le dernier tome de la série, mais toute chose a une fin. Et cette fin-là lui va très bien à notre petite aventurière.

lundi 4 décembre 2017

La Quête du Dragon, La Ballade de Pern, tome 2, Anne McCaffray

Je me suis replongée avec plaisir dans la Ballade de Pern la semaine dernière. C'est une saga que j'apprécie de plus en plus et j'espère vraiment que les autres tomes vont être aussi sympa. Mais passons à celui-ci, si tu le veux bien.

La Quête du Dragon, La Ballade de Pern, tome 2, Anne McCaffray

Editeur : Pocket
Collection : Science-Fantasy
Année de parution : 1989
Titre en VO : Dragonriders of Pern, book 02: Dragonquest
Année de parution en VO : 1971
Nombre de pages : 444

A lire si :
- Vous voulez une saga mais dont les tomes ne sont pas forcément des suites.
- Vous voulez de la SF et de la fantasy en même temps.
- Vous voulez des dragons

A ne pas lire si :
- Vous aimez les grandes et longues descriptions
- Vous n'aimez pas les têtes à claques

Présentation de l'éditeur : 

L'Étoile Rouge plane sur le ciel de Pern, les Fils mortels pleuvent périodiquement et les Chevaliers-Dragons affrontent le péril malgré les intrigues des Seigneurs et la malveillance des Anciens. Les chartes ne disent pas tout et les combattants opèrent à la limite de leurs forces. Pour relancer la guerre, il faudrait des armes nouvelles : les lézards de feu ? les larves ? la machine inconnue qui permettrait d'envahir l'Étoile Rouge ? F'nor cherche inlassablement. Il trouvera l'amour de la jolie Brekke, un amour qui n'a d'égal que celui qu'elle porte à Wirenth, sa reine-dragon ; un amour plus fort que la mort, la nuit de la folie et le vide interplanétaire. Un tel sentiment peut-il sauver ceux qui l'éprouvent ? Peut-il aider leur cause dans la situation critique où elle est tombée ?

Mon avis

La Quête du Dragon est donc le second tome de la Ballade de Pern par ordre de parution. Il fait directement suite au premier tome, le Vol du Dragon. On retrouve donc Lessa, F'lar et le reste de Pern quelques sept révolutions plus tard. Les Fils tombent toujours et les dragons les combattent, aider par les machines retrouvées grâce aux anciens Weyrs. Mais finalement ,sept révolutions plus tard, la situation n'est pas meilleure qu'au moment des premières chutes où Benden était le seul Weyr de Pern. Les Anciens Weyr, ramené par Lessa de quatre cent révolutions en arrière, ne se font pas aux nouvelles traditions et coutumes pernaises. Entre eux et les forts et les ateliers, rien ne va. F'lard a bien du mal à mettre tout le monde d'accord, surtout que lui aussi est plutôt mal vu finalement des Anciens. Pour ne rien arranger, les Chutes deviennent incohérentes, mettant encore plus à mal la confiance des seigneurs envers les Chevaliers-Dragons. 

Si le Vol du Dragon était une fort sympathique introduction au monde de Pern, la Quête du Dragon semble, lui, réellement commencer l'histoire. Nous connaissons la plupart des personnages, les enjeux pour eux, il est temps de s'y mettre pour de bon. Et c'est ce que McCaffrey fait en un peu plus de 400 pages. D'ailleurs, autant le dire, comme ici elle ne se concentre plus seulement sur Lessa et F'lar mais sur plusieurs personnages et du coup histoire, j'aurais voulu que le tome fasse au moins le double de ce qu'il fait. Nous suivons plus particulièrement F'nor, qui après avoir été blessé, se rend au Weyr Méridional pour sa convalescence. Je dois bien dire que j'aime beaucoup beaucoup F'nor et du coup, j'étais ravie qu'il fasse plus que de la figuration.  D'autres personnages prennent aussi leur importance, comme Brekke et sa reine Wirenth ou encore la détestable Kylara (l'aurais bien tué celle-là tiens). Il en va de même pour le Maitre Harpiste, toujours là lorsque le vin coule ou pour remettre en place les idées à tout le monde.

Si j'ai adoré voir des personnages mis en avant, j'ai aussi beaucoup aimé l'histoire en elle-même. Bien sûr, elle reste plutôt gentille. Il ne va pas y avoir de gros moments de violence (bien qu'on en trouve un ou deux, dont une bataille de dragons qui m'a bien mis les nerfs en pelote). On reste sur le combat contre les Fils, un combat qui ne se fera pas sans mal. J'aime voir comment les chevaliers-dragons se servent de ce qu'ils découvrent de leurs ancêtres pour combattre les fils, voir comment ils arrivent aussi à se défaire de certaines traditions pour réussir à maintenir une certaine cohésion entre eux et les Forts. Il est aussi appréciable de voir les changements de mentalité au fur et à mesure de l'avancé du roman. On se retrouve tout de même avec un F'nor bien combatif sur ce point-là (l'amour ferait faire n'importe quoi, je vous jure) et un F'lar bataillant tout autant avec les anciens. Je trouve vraiment qu'Anne McCaffray arrive particulièrement bien à rendre vivante toute son histoire, à lui donner une dimension à la fois épique et en même plus terre à terre. 

Au final, j'ai donc beaucoup aimé ma lecture de ce second tome de la Ballade de Pern. La saga est vraiment passionnante sur bien des aspects et j'ai hâte de continuer à la lire. J'ai surtout hâte de m'éloigner un peu du cycle principal pour découvrir un peu plus les divers aspects de la planète, surtout que cette Quête du Dragon nous en donne un petit aperçu des plus agréables. 


mardi 21 novembre 2017

Au Prix du Monde, Saving Paradise, tome 2, Lise Syven

Voilà un second et dernier tome que j'attendais avec une impatience non feinte. J'avais hâte de lire la fin de Saving Paradise, de retrouver des personnages que j'avais clairement aimé et un univers qui me parlait. Bref, j'ai du le commander à ma libraire et je ne l'ai eu que vendredi (je vais vraiment finir par lui faire une liste d'auteur-es à avoir à tout prix pour moi) et je l'ai fini hier soir. Et je suis triste de l'avoir fini.

Au Prix du Monde, Saving Paradise, tome 2, Lise Syven

Editeur : Castelmore
Collection : /
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 384

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous voulez une histoire entre fantastique et thriller
- Vous voulez des personnages sympathiques et diversifiés
- Vous voulez un bon roman

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça peut sembler aller trop vite

Présentation de l'éditeur : 

Le ciel est ouvert à ceux qui ont des ailes... Faustine se réveille à l'hôpital, certaine d'avoir entendu Chevalier l'appeler. La jeune femme est très inquiète de la disparition de l'ambassadrice de la Fondation du Griffon, d'autant qu'elle est la seule à la croire en danger. Pendant ce temps, le professeur Mésanger met tout en œuvre afin de rendre le Tumorex inoffensif, et Imago sème des cadavres sur son passage devant des autorités impuissantes face aux forces surnaturelles en présence. Seule Chevalier pourrait arrêter ce monstre, du moins s'il ne la tue pas avant... Faustine trouvera-t-elle la force de défendre le paradis promis ? Parviendra-t-elle à convaincre Nato de la suivre sur cette voie ? Ne risque-t-elle pas de se brûler les ailes ?

Mon avis

J'avais plus qu'aimé le premier tome de la série, En Proie au Rêve et comme je le disais en intro, j'avais hâte de pouvoir continuer le diptyque. Il est donc normal que je me suis jetée dessus à sa sortie. 

Au prix du monde commence quasiment là où se finit En proie au rêve. Après une fin de tome 1 mouvementé, ne vous attendez pas à un début de tome deux tranquille. Vous auriez tord. On est jamais tranquille avec Lise Syven, sachez-le. Mais reprenons. Blessée suite à la fin du tome 1 (je ne vais pas réussir à ne pas spoiler, je le sens bien), Faustine se retrouve à l’hôpital, toujours protégé par Nato et en compagnie de Vivianne, sa mère. Malheureusement, elle se retrouve confronter à quelques problèmes, le premier étant que Chevalier a disparu, le second qu'Imago est toujours à sa poursuite. Forcément, ça va aller très vite. Pas le temps de se reposer.

Comme pour le premier tome, l'histoire avance rapidement. Très même. Et ce n'est pas un problème du tout (enfin, sauf si comme moi vous auriez voulu rester plus longtemps avec tout ce petit monde). Tout s’enchaîne parfaitement. Le lecteur ne s'ennuie pas, entre scène d'action digne d'un film américain (la courte poursuite en voiture et sa fin, ou alors la fin du roman), révélation sur le fameux Paradis qui donne son titre à la série et moment un peu plus calme (et souvent tout mignon). L'écriture de Syven (alors oui, moi je l'ai connu lorsqu'elle signait juste Syven, j'ai toujours du mal à rajouter Lise devant) est toujours aussi agréable, même lorsqu'elle explique des trucs que je suis pas du tout sure de comprendre (sur des termes médicaux par exemple)(j'apprécie d'ailleurs qu'elle ne prenne pas le lecteur pour un "couillon" sans la moindre explication sur ce qu'elle écrit).

Forcément, je ne parle pas trop de l'histoire pour ne pas trop spoiler. Du coup, passons à une des choses que j'apprécie le plus dans ce diptyque, les personnages. Si certains personnages m'ont manqué (je spoile à peine là), je dois bien dire que les restant m'ont encore plus marqué que dans le premier tome. En particulier Alison. Alison, je l'adorais déjà. Hackeuse, noire, brillante, marrante, elle avait tout pour plaire sauf peut-être une ou deux faiblesses pas assez exploitée. Or, elle prend une importance assez flagrante dans ce tome et le lecteur la découvre un peu plus. C'est vraiment le genre de personnage qui me fait flashé. Ensuite, il y a Nato qui lui aussi prend un peu plus d'importance. J'aime la manière dont ses croyances se mêlent particulièrement bien à ce qu'il se passe, j'aime le voir s’inquiéter, douter et finalement avoir tant besoin de Faustine là où la plupart des auteurs (oui auteurs et pas autrices) auraient fait l'inverse. Il est beau ce personnage, et pas seulement physiquement. Faustine, si je l'aime toujours autant, m'a parfois paru un peu en dessous du tome 1. Je ne sais pas si c'est le fait qu'Alison me la soudainement éclipser (j'ai vraiment un gros gros faible pour elle, hein) ou si le fait qu'elle ne soit plus seule en première ligne, mais parfois, je l'ai trouvé un peu transparente. Il en va de même pour son père. Après, autant le dire, ça ne me gène pas. J'apprécie de pouvoir avoir des personnages qui prennent plus d'importance pour un peu délaisser les héros. Ca prouve que tous sont bien foutus. Enfin, il y a Chevalier dont je ne parlerais pas mais qui est fort fort badass (ne lisez pas les remerciements avant d'avoir fini le livre par contre, merci).

Les thèmes traités en plus du principal sont particulièrement intéressants aussi. Par exemple, le syndrome post-traumatique de Nato n'est pas là pour faire joli. Du tout. Ses plus grandes craintes viendront le hanter et il ne va pas s'en sortir d'un coup de baguette magique. Il en va de même pour les autres personnages. Je trouve que ça l'est rend encore plus vivant. Leur tristesse est palpable, leur espoir aussi. Comme dans la vraie vie. Alors oui, ce qu'ils vivent n'arrivera surement jamais à aucun de nous (va donc croiser un griffon dans ta vie, toi)(j'aimerais bien en tout cas, soit dit en passant) mais ça parait réel, parce qu'ils ne sont pas de simples archétypes. Ils sont plus fouillés que ça.  Enlevez la partie fantastique du roman et vous n’êtes surement pas loin de ce que peut ressentir un groupe devant faire face à un attentat et à ses conséquences. 

Pour finir, j'ai beaucoup apprécié la dimension fantastique du livre et toute la philosophie qui se cache derrière. Forcément, ça parle solidarité, entraide mais surtout acceptation de la différence, tolérance. Faut pas croire que tout est beau dans la vie, mais on peut réussir à faire que notre monde ne devienne pas un enfer. C'est un bien beau message que relaie le livre. Un message d'espoir. Il le fait autant par son histoire que par ses personnages (adieu suprématie blanche chez les héros). Et puis, j'apprécie énormément le fait que rien ne soit manichéen dans le livre. Il n'est pas tout noir ou tout blanc. Les nuances sont là et elles servent tellement bien toute l'histoire.

Au final, vous l'aurez surement compris c'est un coup de cœur. Pour ce tome et pour toute la série. J'aurais bien voulu qu'il y a d'autre tomes qui suivent mais que voulez-vous, c'est comme ça, il faut savoir dire au revoir aux bonnes choses (une aventure d'Alison dans son nouveau rôle peut-être ?)(je lance des idées comme ça, on ne sait jamais). 

lundi 13 novembre 2017

Les Oiseaux, Daphné du Maurier

J'avais beaucoup aimé ma lecture de Rebecca de l'autrice et envie d'en lire un peu plus. Je me jette donc sur les Oiseaux, recueil de nouvelles parfait pour Halloween.

Les Oiseaux, Daphné du Maurier

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : The Birds and other Stories
Année de parution en VO : 1952
Nombre de pages : 348

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous voulez frisonner

A ne pas lire si :
- Vous voulez être très effrayé
- Vous voulez être toujours surpris


Présentation de l'éditeur :

Au cœur de la nuit, le vent d'est cingle la falaise. Entre deux rafales, des nuées d'oiseaux cognent aux vitres. Mais ce n'est pas la peur qui les précipite avec une telle force vers le monde des hommes... On retrouvera ici - et pas moins terrifiant - le récit qui inspira son chef-d'oeuvre au maître de l'angoisse, Alfred Hitchcock. Dans les autres nouvelles de ce recueil, l'horreur se fait plus insidieuse, le fantastique à peine étranger au réel. Il suffit d'un pommier à forme étrangement humaine, ou d'une ouvreuse de cinéma qu'un jeune mécanicien a envie de suivre après la séance...

Mon avis

Comme toujours pour un recueil, je vais d'abord faire le tour des nouvelles puis on parlera de l'ensemble.

Les oiseaux : La première nouvelle est surement la plus connue grâce à son adaptation par Hitchcock (qui n'est pas vraiment fidèle mais au combien terrifiante en son genre). Imaginez-vous bien tranquille dans votre village, dans votre maison même et puis d'un coup, tous les oiseaux du pays viennent agresser les humains. Je vous dire, pas juste un mais des millions, pas juste par accident mais réellement consciemment. Et bien, c'est ce qui arrive dans cette nouvelle. L'épouvante est bel et bien là mais à petit dose. Daphné du Maurier place son univers tout doucement, parle de la vie de famille et puis, petit à petit, les oiseaux arrivent et la tension avec eux. Et franchement, sans avoir de gore, on flippe tout de même bien. C'est le genre de nouvelle que j'apprécie beaucoup ou le côté horreur est présent mais pas du tout invasif.

Le Pommier : la seconde nouvelle est effrayante sans l'être avec sa petite touche un peu fantastique mais pas trop et une fin malheureusement un peu trop convenu et prévisible. La nouvelle se concentre sur un homme veuf depuis peu qui profite bien de sa "nouvelle" vie. Et puis, un jour, il remarque un vieux pommier qui lui fait penser à sa défunte femme. Or ce pommier semble lui en vouloir. Comme pour les Oiseaux, j'ai adoré tout ce qui touche au réalisme de la vie de cet homme, comme la vengeance du pommier (et donc pour moi de sa femme) s’immisce dans tout ça sans que personne ne s'en rende compte. Par contre, je trouve la nouvelle un peu trop longue.

Un dernier baiser : Ici nous entrons dans la tête d'un jeune homme qui tombe sous le charme de l'ouvreuse de son cinéma. Il va sympathiser avec elle, espérant même devenir son régulier. Et ça à l'air de pas mal commencer pour lui d'ailleurs, la jeune femme semblant plutôt réceptive. Et pourtant, alors qu'ils sont ensembles, elle semble avoir un tout autre but. J'avoue avoir mis un moment avant de comprendre ce qu'il allait se passer sachant que je suis partie très loin dans les suppositions (un cimetière, une fille étrange, ça semblait presque aller de soi, mais avec du Maurier, j'aurais du savoir que non en fait). Une nouvelle que j'ai plutôt bien aimé et qui m'a un peu surprise.

Le vieux : J'ai beaucoup apprécié cette nouvelle-là, surtout pour sa chute. Un homme nous raconte l'histoire d'un couple de vieux et de leurs enfants, enfin plutôt celle du vieux en question. Une histoire qui se finit assez mal d'ailleurs pour l'un des enfants. Je dois bien dire que je ne m'attendais pas mais alors pas du tout à cette fin et que j'ai trouvé ça vraiment super bien amené et fait.

Mobile Inconnu : Lady Farren se suicide apparemment sans la moindre raison et alors que tout semble aller pour le mieux pour elle. Son époux demande à un détective privé de découvrir pourquoi elle a commit un tel acte. Nous suivons donc le détective à la recherche du passé de la femme. Cette fois, nous quittons les ambiances gothiques et les histoires qui peuvent faire peur. Et même si j'ai bien aimé suivre l'enquête, je me suis un peu ennuyée. Disons que je cherchais le petit événement un peu étrange et les fausses pistes qui n'existent pas. Et en fait, le mobile est tellement banal que même la fin ne m'a pas surprise.

Le petit photographe : Nous voici sur la côté, dans un charmant hôtel au bord de la plage. La Marquise y passe des vacances ennuyeuses, comme le reste de sa vie, en fait. La seule chose qui semble lui plaire, c'est l'admiration qu'ont les autres pour elle. Lorsqu'elle découvre que le photographe du village l'adule, elle compte bien en profiter. Une nouvelle qui n'est pas déplaisante mais qui traîne peut-être un peu trop en longueur, surtout pour la fin. L'ambiance se pose assez vite, comme le caractère de la marquise et rapidement, on se doute que ça va mal tourner pour l'un des deux personnages. Mais fallait-il vraiment que ça aille si loin par la suite ? Peut-être pas.

Un instant d'éternité : La dernière nouvelle est aussi celle que j'ai le moins apprécié. Pas apprécié le décors, madame Ellis et le déroulement. Il lui manque un petit je ne sais quoi qui a fait que, un, j'ai compris bien trop rapidement ce qui allait se passer, deux, je me suis ennuyée. Bref, madame Ellis part faire une promenade, manque (ou pas justement) de se faire renverser et découvre que des gens habitent chez elle. Elle va passer pour folle alors qu'elle a juste fait un bond dans le temps, on ne sait ni comment ni pourquoi. Dommage, ça ne fonctionne pas avec moi.

Voilà donc pour les nouvelles qui composent ce recueil. Si elles ne sont pas toutes angoissantes (la palme reviendra forcément aux oiseaux), elles n'en restent pas moins assez dérangeantes pour la plupart. Daphné du Maurier sait parfaitement créer une ambiance à la limite du gothique, du policier, de l'intriguant et de l'étrange. Je trouve par contre dommage que les fins soient souvent un peu trop prévisible (le pommiers, mobile inconnu, le petit photographe) ou trop conventionnelles au final. Il n'en reste pas moins que j'adore l'écriture de l'autrice et que je pourrais lire encore tout plein de ces écrits sans le moindre problème.

lundi 23 octobre 2017

Fées, Sorcières, Diablesses, Collectif

En cette période de presque Halloween, me voilà qui lit des histoires de sorcières. Tout à fait normal me direz-vous. La période y est tellement propice. C'est donc avec ce recueil que je commence mes lectures qui font peur (ou pas en fait). Et j'aurais peut-être du mieux choisir...

Fées, Sorcières, Diablesses, Collectif

Editeur : Librio
Collection : 2€ littérature
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 125

A lire si :
- Vous voulez des nouvelles fantastiques
- Vous voulez du plutôt soft
- Vous voulez du féérique

A ne pas lire si :
- vous voulez de la sorcière bien sorcière
- Vous aimez lorsque le titre ne ment pas

Présentation de l'éditeur :

Elles se sont éveillées à l'origine du monde, elles
ont inquiété les esprits pendant des siècles, elles
fascinent encore aujourd'hui. Issues d'un imaginaire immémorial - ou peut-être de la réalité -, elles sont entrées en littérature, muses privilégiées de tant d'écrivains. Faisant fi de la raison, balayant d'un seul geste les certitudes les plus inébranlables,
fées, sorcières et diablesses troublent nos paisibles existences depuis la nuit des temps. Elles se mêlent volontiers de notre quotidien, élisent domicile dans nos placards, séduisent par mille ruses... Ces Dames nous enchantent et nous terrorisent tour à tour. De Homère à Bradbury en passant par Clark Ashton Smith, Achim von Arnim, Pierre Gripari, Fredric Brown, George Sand, Robert Bloch, Virginie Greiner, Olivier Ka et les contes de notre enfance, Barbara Sadoul nous entraîne dans ce monde étrange et inquiétant, pour notre plus grand plaisir.

Mon avis

Lorsque j'ai croisé ce petit livre à la librairie, je me suis dis qu'il devait être fait pour moi et surtout pour la saison. Les anthologie sur les sorcières, fées et diablesses ne sont pas si monnaie courante que cela et je suis toujours ravie d'en trouver une. Donc, je l'ai prise et comme nous sommes en octobre et que les vacances de la Toussaint s'est maintenant (même si je ne suis pas en vacances moi...), je l'ai lu.

Cette anthologie comprend treize nouvelles, contes ou extrait d'ouvrage et va de la mythologie grecque (extrait de l'Odysée avec Circée) à nos jours. De quoi avoir de bien beaux textes sur les femmes, les fées, les sorcières et les diablesses. J'étais donc ultra confiante, surtout qu'on retrouve le conte de la Belle et la Bête, une nouvelles de Georges Sand et du Pierre Gripari. Et puis la préface a commencé à m'annoncer qu'on lira plus sur les fées que sur les sorcières. Et pas un mot sur les diablesses. Pas un mot non plus sur le fait que ces représentations des femmes n'avaient rien à voir avec le mysticsme et autres mais bien avec une représentation du féminin avec une grande touche de féminisme. Peut-être aurait-il fallu plus de quatre femmes autrices pour cet anthologie pour le voir ?

Oui, parce que c'est là que le bat blesse pour moi. Trop de fées, sorcières et autres vus par des hommes. Et donc trop de personnages fantasmées, finalement loin de ce que j'aurais aimé trouvé. Car si j'ai ris avec la Sorcière du Placard aux Balais de Gripardi, si j'ai apprécié Un bonbon pour une bonne fille de Bloch (pourtant fort prévisible), je suis souvent tombé sur des nouvelles trop prévisible, trop masculine, trop fantasmées, passablement ennuyeuse aussi. J'ai eu du mal à lire la plupart d'entre elles, mêmes les plus courtes. Et malheureusement, ce n'était pas forcément à cause des styles des auteurs. Réellement, le côté fantasmée de la fées (oui, j'oublie la sorcière et la diablesse parce qu'on vraiment nous les cherchons), le côté trop gentille, mignons et parfois un peu cruelle mais pas trop tout de même, ne m'a pas plu. Et je ne parle même pas du fait qu'à part une nouvelle, aucune ne soit réellement angoissante.

Alors même si j'ai bien été contente de relire la Belle et la Bête, du Georges Sand ou encore Pierre Gripari, la plupart des nouvelles et contes m'ont déçu. Je crois que je commence à en demander un peu trop sur l'image de la sorcière/fée. Disons que je cherche des textes avec une autre vision, plus féministe, ou tout simplement moins archéotypés "contes et légendes".

Au final, c'est une anthologie qui m'aura carrément laissé sur ma faim. Elle n'est pas mauvaise, juste qu'elle ne correspond pas à ce que je cherchais. De plus, je trouve que les textes choisis trop enfantins finalement.

mercredi 18 octobre 2017

Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos

Je me suis enfin lancé dans la lecture du classique de la littérature épistolaire qui me faisait grave envie depuis des années. Et j'ai beaucoup aimé (oui je mets fin direct au suspens).

Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos

Editeur : Une oeuvre du Domaine Public
Collection : /
Année de parution : 2011
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez l'épistolaire
- Vous aimez les intrigues amoureuses

A ne pas lire si :
- Vous voulez du sexe
- Vous n'aimez pas les lettres

Présentation de l'éditeur :

La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.

Mon avis

Les Liaisons Dangereuses c'est un peu Le grand Classique de la littérature épistolaire du 18° siècle. C'est un livre qui a beaucoup fait parler de lui et qui maintes fois fut adapté à la télévision ou au cinéma. Et je ne l'avais pas encore lu. Voilà qui est réparé.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les Liaisons Dangereuses sont les jeux auxquels se livrent deux libertins, le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil pour passer le temps. Anciens amants devenus amis, ils se lancent de temps à autres quelques défis. C'est ainsi que commence d'ailleurs les Liaisons Dangereuses. Voulant se venger d'un ancien amant, la marquise va échaffauder tout un plan pour défleurer la future épouse, la jeune Cécile Volanges. Pour cela, Merteuil va demander de l'aide (si on peut dire) à Valmont. Mais celui-ci a d'autre préoccupation en la personne de la présidente de Tourvel.

J'aime beaucoup le genre épistolaire (même si j'en lis peu, je l'avoue). J'apprécie ne pas avoir de narrateur afin de me faire une opinion toute personnelle des personnages rien qu'à leur écrit. Seul problème, souvent, les voix se mélangent. Laclos réussit le tour de main d'avoir un certain nombre de correspondants (Valmon, Merteuil, Cécile, la Président de Tourvel, Danceny, la mère de Cécile, et quelques autres) dont les voix sont parfaitement reconnaissables. Sans lire qui écrit la lettre, j'étais capable de le deviner rapidement. Les caractères de chacun apparaissent dans leur écrit de manière subtiles et j'adore (forcément hein). D'ailleurs, je trouve assez sympathique de n'avoir pris aucun des personnages en grippe alors que j'aurais très bien pu (parce que par exemple Cécile et Danceny sont quand même bien niais la plupart du temps).

Outre les voix ultra reconnaissables et surtout tellement bien faite pour cerner les personnages, il y a aussi ce ballet entre les personnages. J'adore voir la mise en place du plan de Merteuil et Valmont et comment les autres le ressentent. Je dois être un tant soit peu sadique dans l'âme, je l'avoue. Mais franchement, les deux libertins sont terribles avec les autres et cela pour notre plus grand amusant au final. Par contre, même si j'adore les voir tournés en bourrique, j'aurais apprécié que certaines "victimes" se rendent compte qu'un truc ne va pas. Qu'elles soient moins naives. Par exemple que madame de Tourvel qui va pendant un bon moment resisté à Valmont se doute un peu de ce qu'il est ou que Danceny se doute bien qu'il y a un truc de bizarre sur certaines lettres de Cécile qui ont été en fait dicté par Valmont ou Merteuil.

Au final, j'ai donc vraiment beaucoup apprécié ce roman épistolaire. Je savais que j'apprécierais et ce fut réellement le cas. J'ai beaucoup aimé les plans tout de même assez délirants pour certains du Vicomte et de la Marquise, l'opposition bien réelle de la Présidente de Tourvel, la naïveté des deux jeunes amoureux et surtout, surtout la manière dont tout est parfaitement mis en place. Une dernière chose, le nombre de non-dit ou de manière de dire les choses sans les dire sont aussi particulièrement sympathiques. Et puis, juste un mot sur la fin, pourquoi faut-il toujours que les innocents gagnent ? (et que Merteuil se retrouve du coup représenter en vile sorcière et non en femme égale à l'homme sur pas mal de point ?)(pour le féminisme on repassera sur ce roman, vu que la seule femme qui prend son destin en main sans avoir besoin d'un homme pour lui tenir la dite main devient moche et s'exile...)

lundi 16 octobre 2017

Trois fois dès l'aube, Alessandro Baricco

Trois fois dès l'aube est à la base un roman imaginaire qui apparaît dans Mr Gwyn du même auteur. Baricco trouva amusant de l'écrire pour de vrai. Et il y a eu bien raison de le faire.

Trois fois dès l'aube, Alessandro Baricco

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : Tre volte all'alba
Année de parution en VO : 2011
Nombre de pages : 128

A lire si : 
- Vous aimez les histoires courtes
- Vous n'avez pas peur des dialogues sans tiret
- Vous voulez de belles rencontres

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une seule et même histoire
- Vous voulez du long

Présentation de l'éditeur : 

Deux personnages se rencontrent à trois reprises. Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l'héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l'homme s'ouvre à elle mais mal lui en prend. Un portier d'hôtel aide une jeune cliente à s'enfuir afin d'échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu'elle, il lui révèle qu'il a passé treize ans en prison à la suite d'un meurtre. Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l'incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l'emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis. 
Trois histoires nocturnes qui se concluent à l'aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu'Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d'élégance et même de sensualité.

Mon avis

Pour tout vous dire, je ne me souviens pas vraiment de ce qu'il est dit sur Trois fois dès l'aube dans Mr Gwyn. Il me semble qu'il y a une histoire d’hôtel et de rencontre à l'aube. De toute façon, cela n'a aucune importance. Si vous n'avez pas lu Mr Gwyn, vous pouvez très bien lire Trois fois dès l'aube. Ils n'ont, narrativement parlant, aucun lien. Baricco a juste voulu donner vie à un roman imaginaire, une idée plutôt sympathique d'ailleurs. 

Trois fois dès l'aube est en fait une sorte de recueil sans en être un. On y trouve trois textes, qui de premier abord semble indépendants les uns des autres malgré des faits similaires dans les trois. Et pourtant, ils sont tous les trois liés entre eux. Parce que les deux personnages principaux, la femme et l'homme sont toujours les mêmes à des moments différents de leur vie et surtout des âges qui ne correspondent pas vraiment à chaque fois. Mais cela est voulu, comme l'explique Baricco dans la préface du roman.

Chaque histoire commence de la même manière, un hôtel, de nuit, presque à l'aube. Un homme rencontre une femme. Alors commence un dialogue entre les deux où ils vont petit à petit se dévoiler à l'autre et aux lecteurs. Nous allons découvrir des personnages tout en nuance, des personnages qui ne sont pas épargnés par la vie. Pour cela, Baricco usera surtout de dialogue à courtes répliques souvent. Quelques descriptions vont parsemer le récit, mais quasi jamais des personnages. Et les trois histoires fonctionnent de la même manière.

Le premier, la première rencontre des deux personnages, la dernière aussi peut-être, nous présente les personnages adultes. Une rencontre où ils livrent une bonne partie de leur histoire. Dans la seconde, on comprend que le vieil homme est l'homme de la première et la jeune fille la femme. On découvre du coup le passé de la femme et le futur de l'homme. Et ça fonctionne. Tout comme dans la troisième histoire c'est le passé de l'homme et le futur de la femme. Alors oui, ça peut paraître étrange. Mais en même temps, les trois histoires peuvent se lire de manière totalement indépendante. Et franchement, je trouve ça vraiment sympathique. C'es lié, réellement, et en même temps pas du tout. Je ne sais pas trop comment dire ça.

Et puis, bien sur, il y a l'écriture du Baricco. Elle semble simple et en même temps complexe. Comme toujours, on ressent la poésie dans les situations banales. On ressent aussi dans certains passages, surtout dans la première histoire, de la sensualité, voire même une certaine tension sexuelle. Mais surtout, au final, la presque banalité des histoires (presque parce que bon faut pas non plus abusé vu ce qu'il arrive aux deux personnages) devient quelque chose bien plus beau. 

Au final, j'ai donc adoré ce roman/recueil. J'ai aimé le temps qui n'est pas linéaire, les histoires, les mots choisis, la poésie de ces trois histoires. J'ai apprécié aussi le fait que le roman soit court et qu'il se suffit parfaitement comme cela. 

lundi 9 octobre 2017

World War Z, Max Brooks

J'ai vaincu ! J'ai enfin lu en entier World War Z. Et autant dire que je suis contente de l'avoir lu, presque cinq ans après l'avoir abandonner. Et alors, qu'est-ce que ça donne ?

World War Z, Max Brooks

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2010
Titre en VO : World War Z
Année de parution en VO : 2006
Nombre de pages : 535

A lire si : 
- Vous aimez les romans style témoignages
- Vous aimez voir comment peut se mettre en place une guerre

A ne pas lire si : 
- Vous voulez beaucoup de zombie

Présentation de l'éditeur : 

La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU - ou ce qu'il en reste - et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d'hommes, de femmes, parfois d'enfants, ayant dû faire face à l'horreur ultime. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l'épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu'aux forêts du Nord dans lesquelles - à quel prix ! - nombre d'entre nous ont trouvé refuge, en passant par les Etats-Unis d'Afrique du Sud où a été élaboré l'odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l'humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l'épidémie. Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Ze Guerre mondiale sera la dernière. 

Mon avis

Je ne vais pas faire une redite de mon article de 2012 que vous pouvez trouver ici. Déjà parce qu'à l'époque je n'avais pas fini le livre, et puis parce que j'ai un peu changé. déjà en 2012 j'avais du mal avec les histoires de zombies. Oui, j'ai bien changé depuis le temps et surtout après ma rencontre avec les zombies de Stephane Desienne (pour ne citer qu'eux). Ensuite, prenant le temps de reprendre depuis le début, quelques points de ma réflexion ont changé. Je laisse tout de même sur le blog le premier article.

Bref, allons-y. 

World War Z est une sorte de recueil de témoignages fait bien après la fin de la Ze Guerre Mondial, une guerre qui va voir s'affronter l'humanité contre les morts-vivants. Forcément, la donne n'a rien d'équilibrer de base. Le journaliste a qui nous devons ces récits va essayer de ne pas oublier un seul point de cette guerre, commençant les témoignages par "l'invasion" pour finir par la fin de la guerre. Il va pour cela interviewer aussi bien des militaires, des civils ou des grands de ce monde afin de donner aux générations futures les clefs de ce conflit.

Max Brooks s'attaque à un gros morceau avec ce World War Z surtout en ce qui concerne les personnages. Si le journaliste n'est que peu présent, les protagonistes sont nombreux. Or, premier écueil de la part de l'auteur, il n'arrive pas toujours à donner une voix propre à ceux-ci. Et là où cela pose vraiment problème c'est que du coup, je n'ai presque jamais eu l'impression de changer de point de vue. C'est assez dommage parce que cette pluralité des personnages était plus que bien trouvé et apporte un vrai plus à tout cela. Le lecteur est confronté à plusieurs point de vus de la guerre et c'est toujours quelque chose de sympathique à lire (qui était pour telle attaque, telle arme, qui était contre, comment, pourquoi et j'en passe). Second écueil du coup qui découle aussi des divers point de vue, pourquoi alors qu'il s'agit d'une guerre mondiale, nous n'avons quasiment que le point de vue des américains ? Bon d'accord, il y a quelques chinois, quelques russes, des japonais aussi et pis c'est un peu tout. Et les autres ? On les évoque à peine, dans une phrase ou deux. Je trouve ça tellement dommage (et pas juste parce que les Français sont pas vraiment évoqués)(je mentirais, un chapitre pour eux). Malgré ses problèmes sur les diverses voix, je trouve tout de même l'idée plus que sympathique, comme j'ai déjà pu le dire. En fait, je me rends compte que j'apprécie plutôt ce genre de récit, où nous ne savons pas forcément tout (la Z guerre aura duré un long moment) mais où l'essentiel peut être là avec les bons et les mauvais côtés. 

Malheureusement pour moi, ce ne furent pas les seuls écueils à ma lecture. Trop habituée à lire du zombies pulp, je suis restée sur ma faim par rapport aux morts-vivants. Qu'on ne sache pas comment ils ont été crée, passe, on le sait rarement en fait. Par contre qu'on ne les voit que peu alors qu'ils sont l'ennemis... Oui je sais, le livre est là pour raconter la survie de l'espèce humaine, mais j'aurais bien voulu voir un peu plus de zombies et de moment un peu gore. Nous n'avons que des comptes rendus de bataille, pas grand chose de plus. Et pour tout vous dire, je pense que c'est cela qui m'a tant fait peiné à lire World War Z, le manque évident de zombies. Même si j'adore voir la politique se mêler aux romans, dans un livre de zombies, j'apprécie aussi voir des zombies (et des fanatiques, ça manque grave de fanatiques aussi).

Au final, j'ai tout de même réussi, avec presque un mois entier de lecture (entrecoupé deux fois, l'une par le Bourbon Kid, l'autre par La Lune nous appartient), à finir ce roman. Voilà, c'est fait. Et si j'ai parfois aimé certains passages, je suis trop souvent restée sur ma fin. Un livre intéressant, mais peut-être trop long (plus de 500 pages quand même, perso, j'en aurais enlever plus d'une centaine) et trop sage. 

lundi 2 octobre 2017

La trilogie Steampunk, Paul Di Filippo

Je crois que vous êtes au courant, j'aime le Steampunk. Lors de l'opération de bragelonne de cet été, j'ai encore un peu complété ma collection numérique. Et dedans, on retrouve donc la Trilogie Steampunk qui regroupe trois histoires assez différentes les unes des autres.

La trilogie Steampunk, Paul Di Filippo

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Titre en VO : The steampunk trilogy
Année de parution en VO : 1995
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez découvrir quelques "sous-genre" du Steampunk
- Vous voulez des histoires qui ne se ressemblent pas.

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le steampunk
- Vous voulez une seule histoire.

Présentation de l'éditeur :

À Londres, la jeune reine Victoria a disparu alors qu'elle s'apprêtait à monter sur le trône. Seule solution pour éviter le scandale : la remplacer provisoirement par une étrange créature mi-femme mi-salamandre qui lui ressemble étrangement, fruit des recherches biologiques de Cosmo Cowperwaith. Une créature aux formidables appétits sexuels, qui n'ont pourtant rien à envier à ceux de la vraie Victoria...
Ailleurs, dans le Massachusetts, le grand savant Agassiz compte bien prouver scientifiquement et définitivement la supériorité de la race blanche. Sa théorie fumeuse va pourtant être mise à mal par l'arrivée inopinée d'un marin et de sa compagne Hottentote (une aborigène d'Afrique du sud) qui ont besoin de lui pour retrouver les parties génitales de la mère de cette dernière, devenues depuis un dangereux talisman.
Quand à la poétesse Emily Dickinson, il fallait qu'elle tombe amoureuse de Walt Whitman pour oser s'aventurer dans le royaume des morts, où elle va rencontrer le jeune Allen Ginsberg.

Mon avis

La Trilogie Steampunk porte bien son nom puisque son auteur nous donne à lire trois novellas ayant pour le Steampunk pour genre commun. Avec ces trois histoires, il propose de faire découvrir le genre sous trois aspect différents, permettant peut-être de se familiariser avec la multitude de celui-ci. Car, et cela je ne cesse de le dire, le Steampunk n'est pas juste de la vapeur et des rouages, il peut être bien d'autre chose.

Forcément comme il y a trois novellas, je vais parler des trois une après l'autre puis surement du tout.

Victoria

La première novella nous entraîne à Londre alors que la jeune Victoria doit bientôt être couronnée. Or, la future reine fugue pour des raisons inconnue du lecteur. Son premier ministre, mais aussi amant, demande alors à Cosmo Cowperwaith de mettre à la place de Victoria l'une de ses créations, une femme-triton à l'appétit sexuel quelque peu développé. Ne supportant pas l'absence de sa création, Cosmo va partir à la recherche de la reine.

Cette novella entre dans le Steampunk "de base": inventeur, machine et vapeur. C'est une bonne entrée en matière, surtout qu'on y trouve pas mal de bonne chose. Déjà de l'humour, point que j'apprécie dans les récits surtout s'il n'en fait pas trop. Ensuite, un penchant de féminisme, ce qui n'est réellement pas pour me déplaire. C'est une novella que j'ai plutôt apprécié par son apparente simplicité et son Steampunk évident. Elle en revira surement plus d'un.

Des Hottentotes

La seconde novella nous entraine aux Etats-Unis, plus précisement à Boston, à la suite du savant Agassiz. L'homme, qui ne se prend pas pour une merde (pardonnez-moi l'expression mais j'ai eu vraiment du mal avec lui), est persuadé que la race blanche est supérieure en tout. Mais lorsque un marin afrikaners et sa compagne aborigène débarquent pour lui demander son aide, il va devoir se remettre en question... ou pas.

Je suis persuadée que la nouvelle en elle-même est bonne. Si, si, je vous jure. Surtout qu'on y retrouve un univers lovecraftiens, de l'humour, du féminisme naissant (réellement, je n'aurais pas cru trouver autant de féminisme dans ce recueil)(autant dire que je suis super contente du coup), de belles leçons d'humanité et une lutte contre le racisme. Tout était là pour me plaire. Tout... Sauf le personnage principal. Agassiz est raciste, mégalomane et j'en passe. Si on se rapporte à l'époque, c'est "compréhensible", Darwin n'était pas encore intervenu et beaucoup de personne penser réellement que les africains étaient des sous hommes. Mais franchement, à notre époque, lire les propos de ce genre de personne, ça le fait beaucoup moins. Mais vraiment. Du coup, ayant un mal fou à supporter Agassiz, j'ai clairement survolé une bonne partie de la nouvelle.

Walt et Emily

Dans cette novella, nous voilà à la suite d'Emily Dickinson et de Walt Whitman. Alors que le frère d'Emily pense pouvoir rejoindre le pays de l'éternel été et y retrouver ses enfants non nés, la jeune femme décide de le suivre pour être avec Whitman dont elle tombe petit à petit amoureuse. On découvre donc la partie préparation pour le voyage puis le voyage en lui-même.

Cette fois, l'auteur use de personnages ayant réellement existé en leur faisant vivre des aventures ésotérique. Cet aspect du Steampunk est peut-être l'un des plus connu avec celui machine et vapeur. C'est en tout cas généralement un aspect que j'aime beaucoup et ici, j'ai tout autant apprécié que d'habitude même si parfois j'ai eu du mal avec les vers des poèmes de nos deux héros dans les dialogues, je me suis bien amusée à lire cette novella. J'y ai trouvé un certain humour bien sympathique, surtout du au scepticisme d'Emily quant à l'entreprise de son frère. 


Pour finir, parlons un peu de tout le recueil. Comme je le disais, il permet de se familiariser avec le Steampunk. Enfin, en réalité pas tout à fait. Si la première novela se lit très bien, la seconde a un problème de narrateur et la dernière est un poil compliqué de par sa richesse littéraire. Du coup, un simple lecteur voulant découvrir le genre pourrait se sentir un peu perdu. Par contre, pour un lecteur plus "chevroné", c'est déjà bien plus intéressant (par exemple, j'ai tendance à apprécier le Steampunk mélangeant allègrement machine et ésotérisme moins celui plus "colonisateur" alors qu'on peut trouver des perles dedans(même Des Hottentotes ici alors que je n'ai pas aimé son perso principal)). Je trouve particulièrement intéressant ce genre de recueil et il est dommage qu'au final, il n'y ai que trois novellas tant j'aurais aimé voir le genre avec d'autres facettes (il y en a tellement). 










jeudi 28 septembre 2017

La Lune est à Nous, Cindy Van Wilder

Mon autrice belge préférée a encore frappé. A peine quelques mois après la sortie du quatrième tome des Outrepasseurs, elle revient avec un nouveau roman YA. Un roman qui comme vous allez le découvrir par la suite ne m'a pas du tout laissé indifférente.

La Lune est à Nous, Cindy Van Wilder

Editeur : Scrineo
Collection : /
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 377

A lire si : 
- Vous voulez des héros hors-normes
- Vous en avez marre de ne jamais réussir à vous identifier réellement aux personnages

A ne pas lire si : 
- Aucune raison de ne pas le lire.

Présentation de l'éditeur : 

Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

Mon avis

Je tiens à vous avertir avant de commencer. Cet avis risque d'être décousu et surement un peu long. J'ai énormément de chose à dire sur ce livre. De très bonnes choses d'ailleurs. La Lune est à nous est un coup de cœur. Un de ces livres qui se lit en passant par trop d'émotion pour en sortir indemne. Je vais surement beaucoup parlé de moi, de mon ressenti ici. Parce qu'il faut bien le dire, Olivia et Max ont fait plus que me toucher. Ils m'ont rappelé beaucoup de chose. Trop parfois. 

Olivia est une étoile montante d'Instagram. Elle vient même d'être recruté par une chaine Youtube, les Trois Graces afin de remplacer l'une des membres. Dis comme cela, la vie semble lui sourire. Sauf qu'Olivia est noire, et grosse. Et ça, pour beaucoup ça ne passe pas. Son succès lui vaut toutes les jalousies, allant jusqu'au pire. Dès le début du roman, elle se voit confronter au harcèlement, que se soit sur les réseaux sociaux ou IRL. Max, lui, vient d'arriver en Belgique suite au divorce de ses parents. Mal dans sa peau, gros et homosexuel, il se replie sur lui-même. Jusqu'à ce qu'il rencontre Olive et se porte à son secours. Tous les deux vont affronter le monde et leur peur.

Cindy Van Wilder se penche dans ce roman sur un thème important, celui de la différence. Un thème qui me touche d'autant plus que ses deux personnages principaux sont gros. Comme moi. Qu'ils subissent leur corps et les injonctions de la norme, comme moi. Si à présent que je suis bien adulte, j'ai réussi à aimer la plupart du temps mon corps, à l'adolescence, c'était bien moins le cas (une série d'article sur mon blog perso explique un peu tout le chemin vers l'acceptation et l'amour de mon corps, elle se trouve là si ça intéresse). Et dès le début du roman, une boule s'est formée dans ma gorge, dans mon ventre aussi, à lire ce qui avait pu m'arriver, ce qui m'arrive encore. Autant dire que j'ai passé une bonne partie de ma lecture en apnée, les souvenirs resurgissant et les larmes aux yeux durant un bon moment. J'ai trouvé très dur de me retrouver confronter à ça. Dur mais tellement vrai en fait. Ce que subisse Olive et Max, à cause de leur poids, c'est ce que j'ai pu subir. Leurs réactions, en grande partie, ont été les miennes. Et rien que pour ça, le roman est génial, en fait. Ok, ce qui est remonté dans mon esprit ne l'était pas mais pouvoir enfin le lire, avoir des personnages qui me ressemblent, que c'est bon.

Et ce qui est encore mieux, c'est qu'il n'y a pas que les gros qui peuvent enfin s'identifier à un personnage. L'autrice a pris pour partie d'intégrer une bonne partie de la population non normée, soit non blanche, non hétéro et j'en passe. Max est homosexuel, tout comme Seb, Olivia est racisée tout comme Imane, sa meilleure amie mulsumane et portant le hijab, ou Joy, asiatique. Certains "cumulent", d'autres non. Mais tous sont particulièrement bien décrit, surtout au niveau "mental". Tous ont une situation compliquée par rapport à leur différence qu'ils gèrent plus ou moins bien. Il y a des discours que j'ai adoré sur cela (le meilleur c'est celui d'Imane sur son hijab et sa foi pour moi). J'ai réellement apprécié ce mélange qui reflète tant la société de maintenant. Mais surtout la solidarité qui se dégage du groupe d'amis. Une solidarité qui va les aider à un moment ou un autre à affronter ce qui leur tombe dessus. La Lune est à Nous, c'est une leçon de vie pour beaucoup. Une leçon de solidarité, de tolérance. 

Parce que si durant un bon moment, j'ai eu envie (ok, j'ai même pleuré pour de vrai) de pleurer à cause de mes souvenirs et de ce qu'il arrivait aux personnages, il y a ce message d'espoir qui resurgit de tout cela. Celui que j'aurais voulu entendre à l'époque de mon adolescence. Que j'existe, que j'en ai le droit, que personne n'a le droit de me dire qui je suis, ce que je dois faire. Que ma voix est aussi importante que celle des autres. Et putain, c'est beau.

Je sais pour la suivre sur Twitter que Cindy Van Wilder est très accrochée aux valeurs qu'elle partage dans ce roman, qu'elle s'y intéresse vraiment. Et cela se ressent du coup énormément. Comme se ressente ses lectures (elle parle d'Americanah (qu'il faut vraiment que je lise) ou encore de King Kong Theory dont le début va si bien à Olivia et ses amis). On retrouve aussi l'écriture inclusive qu'elle avait déjà expérimenté dans le quatrième tome des Outrepasseurs. Van Wilder est une autrice engagée et féministe qui n'hésite pas à faire passer ses idées par ses livres. Et qui le fait très bien. 

Sur Twitter et instagram, je l'ai déjà dit mais je le refais ici parce que pour moi, c'est important. Merci Cindy pour ce livre. Merci de l'avoir écrit, de redonner un peu de courage à toutes les personnes qui ne sont pas normés, de nous permettre enfin de nous identifier à des personnages, de voir que le monde n'est pas tout noir pour nous, que d'autres sont là pour nous soutenir. Merci d'avoir écrit ce livre. J'aurais voulu le lire quinze ans plus tôt, lorsqu'adolescente, je n'ai pas su répondre à ceux qui me brimaient, que se soit mes parents, les médecins, les autres adolescentes, les injonctions aux régimes, les "t'as pas ta place ici", "grosse vache" et j'en passe. Je sais que ce n'est pas juste un seul roman qui pourra changer notre société mais il peut y aider. Parce que notre voix compte, et parce qu'il est bon de le dire, de le faire comprendre, de se le rappeler. 

Les gens, lisez ce roman. Il le faut. Vraiment.

mardi 26 septembre 2017

Bourbon Kid, Anonyme

Il y a des livres comme ça, tu sais qu'ils vont sortir, tu sais qu'ils ne vont pas faire long feu dans la PAL. Et effectivement, il n'a pas fait long feu. Reçu vendredi, fini samedi. J'ai même arrêté la lecture de World War Z (que je retente, avec un peu plus de chance cette fois) pour me plonger dans les aventures du Kid et de sa petite bande de psychopathe.

Bourbon Kid, Anonyme

Editeur : Sonatine
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : The Day it Rained Blood
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 456

A lire si :
- Vous avez aimez le Pape, le Kid et l'Iroquois et tous les livres avant.
- Vous voulez du pulp

A ne pas lire si :
- La violence c'est pas votre truc
- Ni les situations qui semblent totalement absurdes
- Vous n'avez pas le moindre sens de l'humour

Présentation de l'éditeur : 

Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.
Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.
Après Le pape, le Kid et l’Iroquois, l’auteur toujours aussi anonyme du Livre sans nom se déchaîne littéralement dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et il fait souffler toutes les forces maléfiques imaginables et inimaginables pour éprouver la capacité de résistance d’un héros que les feux de l’enfer chatouillent à peine.

Mon avis

Nous voilà au septième tome dans l'univers d'Anonyme, le sixième avec le Bourbon Kid. Déjà sept tome, ça parait beaucoup et en même temps pas assez. C'est marrant comme le temps passe vite. Depuis 2010 (2007 en fait lorsque les premiers chapitres du Livre sans nom furent auto-édité), le Kid distribue des baffes et des balles. Pour ma part, cela fait 5 ans que je me réjoui de lire ses aventures. Alors oui, quand j'ai vu que le nouveau tome sortait le jeudi, je suis allée réserver mon exemplaire le mercredi à la librairie. Je savais qu'il serait lu dans le weekend. J'avais d'ailleurs prévu mon programme. Samedi serait lecture, point (dimanche a été jeu vidéo avec la petite, autant vous dire que j'ai pas fait grand chose d'ultra productif d'après Chéri).

Mais revenons à notre livre.

Un livre qui commence par un mariage, celui de Dante et Kacy (deux chapitres sur ce mariage, le premier et l'un vers la fin, seul moment où l'on voit les deux amoureux)(oui, cela me rend triste, j'adore Dante et Kacy). Un prologue tout mignon où il ne semble pas se passer grand chose. Et puis, on attaque enfin le roman lui-même. Et j'avoue que je ne sais pas par quoi commencer sans risque de spoiler à mort.

Bref, les Dead Hunters sont au service de Scratch, l'Homme en rouge. Leur mission est simple, tuer tout ce qui est maléfique sur Terre. Autant dire qu'ils ont pas mal de boulot. Mais voilà, Caïn (oui, le fils d'Adam et Eve) vient metter son grain de sel dans une mécanique bien huilée. Le monsieur débarque avec la ferme intention de trouver la porte des Enfers et de déclencher l'apocalypse. Et il va trouver sur son passage les Dead Hunters et plus particulièrement le Bourbon Kid. Plutôt malin, Caïn va se débarrasser des Dead Hunters les uns après les autres... Du moins, c'est ce qu'il pense...

Ce septième roman va tambour battant, offrant à son lecteur une sacrée dose d'action et de frissons. Franchement, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Par expérience, je sais qu'Anonyme est capable de me surprendre mais là, il a vraiment réussi son coup. Et me voilà à me demander ce qu'il va se passer, s'il ne me mène pas en bateau et j'en passe. D'habitude, je lis ses romans en me doutant un peu de la fin. Ben là, je m'en doutais un peu mais pas tant que ça en fait. J'ai réellement été surprise sur pas mal de chose. Comme le sort de certains personnages par exemple... 

Tiens d'ailleurs, en parlant personnage, il faut noter le retour de Sanchez. J'adore ce personnage parce qu'il est le bouffon de la farce, l’élément qui fait rire quand ça devient un peu trop sérieux. Je le trouve parfois très lourd, avec un humour volant très bas mais le comique qui en découle arrive à me faire sourire la plupart du temps. On retrouve aussi toute la bande des Dead Hunters avec une Jasmine qui prend de plus en plus de place. Bon elle n'est pas mon personnage préféré mais ça fait du bien de voir une femme prendre le pas sur ces messieurs. Et puis, bien sûr, on retrouve le Kid et j'aime la façon dont il apparaît, jamais en tant que personnage point de vue de l'histoire, toujours vu par les autres. Un Kid que j'ai trouvé tout de même un peu effacé sur une bonne partie du roman. J'apprécie voir les autres mais sachant qu'il est mon personnage préféré, je suis toujours un peu déçu quand il n'est pas assez présent.

Pour finir, je parlerais de la pop culture qui suinte à presque chaque paragraphe. J'ai relevé pas mal de références, d'autres m'ont surement échappé mais en tout cas, elles sont bien là. Je m'amuse toujours autant à les repérer surtout quand elles ne sont pas forcément évidentes. J'apprécie aussi de voir qu'elle change d'un bouquin à l'autre, de trouver pas mal de références à des films ou autres qui sont sortis depuis peu tout en gardant celle pour de vieux classiques.

J'ai donc, vous l'aurez compris, adoré ma lecture. Mais vraiment. Il n'y a rien de mieux pour se remettre d'une semaine un peu éprouvante (ou pas du tout d'ailleurs, mais la mienne, comme toutes celles de septembre l'a été) qu'un livre de Bourbon Kid. C'est du pulp bien foutu qui donne le sourire. Tout ce que j'apprécie. Pas un coup de coeur comme on pu l'être certains des tomes précédents, mais une réellement très chouette lecture qui m'a bien donné envie de relire tous les autres... Et vivement le prochain !


lundi 11 septembre 2017

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Je ne me suis pas promenée dans le Vieux Royaume depuis novembre 2015 avec ma lecture de Janua Vera. Il était temps que j'y retourne, surtout que l'auteur y retourne quelques fois avec un certain nombre de nouvelles.

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Editeur : Folio
Collection : 2€
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les longues nouvelles
- Vous connaissez déjà le Vieux Royame

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur :

Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d’une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître?

Mon avis

Il ne faut jamais croire les titres et les quatrièmes de couverture. Ce bouquin ne contient pas juste l'histoire de Blandin. En réalité, il s'agit d'un petit recueil. Petit autant par la taille que par le nombre de nouvelles, puisqu'elles ne sont que deux. Elles ne sont pas petites, puisque la première fait presque 60 pages et la seconde une vingtaine de plus.

La première, Montefellóne  nous entraine à la frontière entre Leomance et le territoire de la toute jeune république de Ciudala. Nous voilà donc devant Montefellóne, ville assiégée par les armes du Duc D'Arches. Oui, nous allons assisté à un siège, donc, cela du côté du Duc D'Arches et donc de l'armée de Leomance.

Comme à son habitude, Jean-Philippe Jaworski nous entraîne avec lui dans un récit au vocabulaire parfaitement maîtrisé. Alors, ça peut faire peur à certain. Mais en réalité pas du tout. Jaworski est un maître des mots, des phrases mais ne va pas du tout nous prendre la tête avec des tournures trop complexes. Et grâce à cette maîtrise, on entre réellement dans le siège et dans la tête du duc.

L'action est assez réduite, dut au format mais aussi au fait que ce soit un siège et qu'il faut bien avouer que les sièges, ça peut être un peu barbant (même si c'est Gemmel qui l'écrit, c'est barbant un siège). Et pourtant, je me suis vraiment retrouvée là-dedans. Et ça, c'est quelque chose que j'adore avec Jaworski, c'est vraiment de pouvoir entrer dans l'action avec des descriptions ultra détaillées sans être ennuyantes (Tolkien pouvait être ennuyeux, mais vraiment quand il détaille les préparatifs de la fête d'anniversaire de Bilbo...). Et ici, vraiment, c'est parfait. On retrouve des descriptions géniales sans être ultra violente des batailles, des batailles sympathiques et un personnage principal qui est vraiment bien à suivre. Seul bémol, la fin ne m'a pas surprise, mais du tout.

La seconde nouvelle donne donc son nom au petit recueil. Elle est assez éloignée de la première puisqu'ici pas de bataille, pas de siège. Comment Blandin fut perdu ressemble à un conte. Alors qu'un groupe de voyageur fait halte, l'un d'eux va raconter l'histoire de son apprenti, le jeune Blandin. Je ne vous résumais pas l'histoire, sachant que finalement, la quatrième de couverture le fait très bien (et c'est assez rare pour être signaler).

J'ai beaucoup aimé ce conte et surtout son petit univers, celui des peintres itinérants. Il faut dire que Jaworski ne maîtrise pas que le vocabulaire guerrier mais aussi celui de cet ancien métier. Qu'il est agréable de découvrir des techniques que je ne connaissais pas du tout. Tout cela m'a semblé tellement mais tellement vivant. J'ai vraiment adoré me plonger dans la réalisation des fresques avec Albinello et Blandin. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire de fond. Ce jeune homme obsédé par son premier amour à tel point que, pour ne pas l'oublier, il va la peindre partout, tout le temps. Les affres de Blandin sont retranscrit d'une manière assez douce amère par son maitre, Albinello, qui a bien du mal à le comprendre. Et ici, la fin m'a surprise, pour de vrai. Je ne m'y attendais pas vraiment et je ressors de cette lecture encore plus intriguée que lorsque j'ai pu la commencer.

Au final, j'ai donc passé un très très bon moment avec ce petit recueil. Comme toujours, je suis admirative de l'écriture de Jaworski. Sa maîtrise du vocabulaire et ses histoires passionnantes font que je pourrais me plonger mainte et mainte fois dans ses romans et nouvelles. Elles ont un côté ultra vivant que j'apprécie beaucoup et cela même avec des descriptions parfois un peu longue des actions. Pour moi, c'est vraiment ce qui fait le charme des récits du Vieux Royaume, un côté un peu suranné contrebalancé par des histoires prenantes.