mercredi 18 octobre 2017

Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos

Je me suis enfin lancé dans la lecture du classique de la littérature épistolaire qui me faisait grave envie depuis des années. Et j'ai beaucoup aimé (oui je mets fin direct au suspens).

Les Liaisons Dangereuses, Choderlos de Laclos

Editeur : Une oeuvre du Domaine Public
Collection : /
Année de parution : 2011
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez l'épistolaire
- Vous aimez les intrigues amoureuses

A ne pas lire si :
- Vous voulez du sexe
- Vous n'aimez pas les lettres

Présentation de l'éditeur :

La jeune Cécile Volanges quitte son couvent pour faire l’apprentissage du monde et épouser le comte de Gercourt, mais une de ses parentes, la marquise de Merteuil, entend profiter de ce projet de mariage pour se venger d’une infidélité que lui a faite autrefois Gercourt. Elle charge donc son complice, le vicomte de Valmont, de pervertir Cécile avant ses noces. Mais loin de Paris, dans le château de sa vieille tante, Valmont s’est de son côté mis en tête de séduire la dévote présidente de Tourvel, et une idylle bientôt se noue entre la « petite Volanges » et le jeune Danceny.

Mon avis

Les Liaisons Dangereuses c'est un peu Le grand Classique de la littérature épistolaire du 18° siècle. C'est un livre qui a beaucoup fait parler de lui et qui maintes fois fut adapté à la télévision ou au cinéma. Et je ne l'avais pas encore lu. Voilà qui est réparé.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Les Liaisons Dangereuses sont les jeux auxquels se livrent deux libertins, le Vicomte de Valmont et la Marquise de Merteuil pour passer le temps. Anciens amants devenus amis, ils se lancent de temps à autres quelques défis. C'est ainsi que commence d'ailleurs les Liaisons Dangereuses. Voulant se venger d'un ancien amant, la marquise va échaffauder tout un plan pour défleurer la future épouse, la jeune Cécile Volanges. Pour cela, Merteuil va demander de l'aide (si on peut dire) à Valmont. Mais celui-ci a d'autre préoccupation en la personne de la présidente de Tourvel.

J'aime beaucoup le genre épistolaire (même si j'en lis peu, je l'avoue). J'apprécie ne pas avoir de narrateur afin de me faire une opinion toute personnelle des personnages rien qu'à leur écrit. Seul problème, souvent, les voix se mélangent. Laclos réussit le tour de main d'avoir un certain nombre de correspondants (Valmon, Merteuil, Cécile, la Président de Tourvel, Danceny, la mère de Cécile, et quelques autres) dont les voix sont parfaitement reconnaissables. Sans lire qui écrit la lettre, j'étais capable de le deviner rapidement. Les caractères de chacun apparaissent dans leur écrit de manière subtiles et j'adore (forcément hein). D'ailleurs, je trouve assez sympathique de n'avoir pris aucun des personnages en grippe alors que j'aurais très bien pu (parce que par exemple Cécile et Danceny sont quand même bien niais la plupart du temps).

Outre les voix ultra reconnaissables et surtout tellement bien faite pour cerner les personnages, il y a aussi ce ballet entre les personnages. J'adore voir la mise en place du plan de Merteuil et Valmont et comment les autres le ressentent. Je dois être un tant soit peu sadique dans l'âme, je l'avoue. Mais franchement, les deux libertins sont terribles avec les autres et cela pour notre plus grand amusant au final. Par contre, même si j'adore les voir tournés en bourrique, j'aurais apprécié que certaines "victimes" se rendent compte qu'un truc ne va pas. Qu'elles soient moins naives. Par exemple que madame de Tourvel qui va pendant un bon moment resisté à Valmont se doute un peu de ce qu'il est ou que Danceny se doute bien qu'il y a un truc de bizarre sur certaines lettres de Cécile qui ont été en fait dicté par Valmont ou Merteuil.

Au final, j'ai donc vraiment beaucoup apprécié ce roman épistolaire. Je savais que j'apprécierais et ce fut réellement le cas. J'ai beaucoup aimé les plans tout de même assez délirants pour certains du Vicomte et de la Marquise, l'opposition bien réelle de la Présidente de Tourvel, la naïveté des deux jeunes amoureux et surtout, surtout la manière dont tout est parfaitement mis en place. Une dernière chose, le nombre de non-dit ou de manière de dire les choses sans les dire sont aussi particulièrement sympathiques. Et puis, juste un mot sur la fin, pourquoi faut-il toujours que les innocents gagnent ? (et que Merteuil se retrouve du coup représenter en vile sorcière et non en femme égale à l'homme sur pas mal de point ?)(pour le féminisme on repassera sur ce roman, vu que la seule femme qui prend son destin en main sans avoir besoin d'un homme pour lui tenir la dite main devient moche et s'exile...)

lundi 16 octobre 2017

Trois fois dès l'aube, Alessandro Baricco

Trois fois dès l'aube est à la base un roman imaginaire qui apparaît dans Mr Gwyn du même auteur. Baricco trouva amusant de l'écrire pour de vrai. Et il y a eu bien raison de le faire.

Trois fois dès l'aube, Alessandro Baricco

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : Tre volte all'alba
Année de parution en VO : 2011
Nombre de pages : 128

A lire si : 
- Vous aimez les histoires courtes
- Vous n'avez pas peur des dialogues sans tiret
- Vous voulez de belles rencontres

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une seule et même histoire
- Vous voulez du long

Présentation de l'éditeur : 

Deux personnages se rencontrent à trois reprises. Un homme commence à parler avec une femme dans le hall de son hôtel et, quand celle-ci a un malaise, il l'héberge dans sa chambre. Leur conversation se poursuit, l'homme s'ouvre à elle mais mal lui en prend. Un portier d'hôtel aide une jeune cliente à s'enfuir afin d'échapper à son compagnon, un individu violent et dangereux. Plus âgé qu'elle, il lui révèle qu'il a passé treize ans en prison à la suite d'un meurtre. Malcolm, le personnage de la première rencontre, est encore enfant quand ses parents meurent dans l'incendie de leur maison. Pour le soustraire aux suites de ce drame et l'emmener dans un endroit sûr, une inspectrice de police le conduit chez un de ses amis. 
Trois histoires nocturnes qui se concluent à l'aube et qui marquent, chacune à sa façon, un nouveau départ. Trois facettes qu'Alessandro Baricco rassemble en un récit hypnotique et puissant, non dépourvu d'élégance et même de sensualité.

Mon avis

Pour tout vous dire, je ne me souviens pas vraiment de ce qu'il est dit sur Trois fois dès l'aube dans Mr Gwyn. Il me semble qu'il y a une histoire d’hôtel et de rencontre à l'aube. De toute façon, cela n'a aucune importance. Si vous n'avez pas lu Mr Gwyn, vous pouvez très bien lire Trois fois dès l'aube. Ils n'ont, narrativement parlant, aucun lien. Baricco a juste voulu donner vie à un roman imaginaire, une idée plutôt sympathique d'ailleurs. 

Trois fois dès l'aube est en fait une sorte de recueil sans en être un. On y trouve trois textes, qui de premier abord semble indépendants les uns des autres malgré des faits similaires dans les trois. Et pourtant, ils sont tous les trois liés entre eux. Parce que les deux personnages principaux, la femme et l'homme sont toujours les mêmes à des moments différents de leur vie et surtout des âges qui ne correspondent pas vraiment à chaque fois. Mais cela est voulu, comme l'explique Baricco dans la préface du roman.

Chaque histoire commence de la même manière, un hôtel, de nuit, presque à l'aube. Un homme rencontre une femme. Alors commence un dialogue entre les deux où ils vont petit à petit se dévoiler à l'autre et aux lecteurs. Nous allons découvrir des personnages tout en nuance, des personnages qui ne sont pas épargnés par la vie. Pour cela, Baricco usera surtout de dialogue à courtes répliques souvent. Quelques descriptions vont parsemer le récit, mais quasi jamais des personnages. Et les trois histoires fonctionnent de la même manière.

Le premier, la première rencontre des deux personnages, la dernière aussi peut-être, nous présente les personnages adultes. Une rencontre où ils livrent une bonne partie de leur histoire. Dans la seconde, on comprend que le vieil homme est l'homme de la première et la jeune fille la femme. On découvre du coup le passé de la femme et le futur de l'homme. Et ça fonctionne. Tout comme dans la troisième histoire c'est le passé de l'homme et le futur de la femme. Alors oui, ça peut paraître étrange. Mais en même temps, les trois histoires peuvent se lire de manière totalement indépendante. Et franchement, je trouve ça vraiment sympathique. C'es lié, réellement, et en même temps pas du tout. Je ne sais pas trop comment dire ça.

Et puis, bien sur, il y a l'écriture du Baricco. Elle semble simple et en même temps complexe. Comme toujours, on ressent la poésie dans les situations banales. On ressent aussi dans certains passages, surtout dans la première histoire, de la sensualité, voire même une certaine tension sexuelle. Mais surtout, au final, la presque banalité des histoires (presque parce que bon faut pas non plus abusé vu ce qu'il arrive aux deux personnages) devient quelque chose bien plus beau. 

Au final, j'ai donc adoré ce roman/recueil. J'ai aimé le temps qui n'est pas linéaire, les histoires, les mots choisis, la poésie de ces trois histoires. J'ai apprécié aussi le fait que le roman soit court et qu'il se suffit parfaitement comme cela. 

lundi 9 octobre 2017

World War Z, Max Brooks

J'ai vaincu ! J'ai enfin lu en entier World War Z. Et autant dire que je suis contente de l'avoir lu, presque cinq ans après l'avoir abandonner. Et alors, qu'est-ce que ça donne ?

World War Z, Max Brooks

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2010
Titre en VO : World War Z
Année de parution en VO : 2006
Nombre de pages : 535

A lire si : 
- Vous aimez les romans style témoignages
- Vous aimez voir comment peut se mettre en place une guerre

A ne pas lire si : 
- Vous voulez beaucoup de zombie

Présentation de l'éditeur : 

La guerre des Zombies a eu lieu, et elle a failli éradiquer l'ensemble de l'humanité. L'auteur, en mission pour l'ONU - ou ce qu'il en reste - et poussé par l'urgence de préserver les témoignages directs des survivants de ces années apocalyptiques, a voyagé dans le monde entier pour les rencontrer, des cités en ruine qui jadis abritaient des millions d'âmes jusqu'aux coins les plus inhospitaliers de la planète. Il a recueilli les paroles d'hommes, de femmes, parfois d'enfants, ayant dû faire face à l'horreur ultime. Jamais auparavant nous n'avions eu accès à un document de première main aussi saisissant sur la réalité de l'existence - de la survivance - humaine au cours de ces années maudites. Depuis le désormais tristement célèbre village de Nouveau-Dachang, en Chine, là où l'épidémie a débuté avec un patient zéro de douze ans, jusqu'aux forêts du Nord dans lesquelles - à quel prix ! - nombre d'entre nous ont trouvé refuge, en passant par les Etats-Unis d'Afrique du Sud où a été élaboré l'odieux plan Redecker qui finirait pourtant par sauver l'humanité, cette chronique des années de guerre reflète sans faux-semblants la réalité de l'épidémie. Prendre connaissance de ces comptes-rendus parfois à la limite du supportable demandera un certain courage au lecteur. Mais l'effort en vaut la peine, car rien ne dit que la Ze Guerre mondiale sera la dernière. 

Mon avis

Je ne vais pas faire une redite de mon article de 2012 que vous pouvez trouver ici. Déjà parce qu'à l'époque je n'avais pas fini le livre, et puis parce que j'ai un peu changé. déjà en 2012 j'avais du mal avec les histoires de zombies. Oui, j'ai bien changé depuis le temps et surtout après ma rencontre avec les zombies de Stephane Desienne (pour ne citer qu'eux). Ensuite, prenant le temps de reprendre depuis le début, quelques points de ma réflexion ont changé. Je laisse tout de même sur le blog le premier article.

Bref, allons-y. 

World War Z est une sorte de recueil de témoignages fait bien après la fin de la Ze Guerre Mondial, une guerre qui va voir s'affronter l'humanité contre les morts-vivants. Forcément, la donne n'a rien d'équilibrer de base. Le journaliste a qui nous devons ces récits va essayer de ne pas oublier un seul point de cette guerre, commençant les témoignages par "l'invasion" pour finir par la fin de la guerre. Il va pour cela interviewer aussi bien des militaires, des civils ou des grands de ce monde afin de donner aux générations futures les clefs de ce conflit.

Max Brooks s'attaque à un gros morceau avec ce World War Z surtout en ce qui concerne les personnages. Si le journaliste n'est que peu présent, les protagonistes sont nombreux. Or, premier écueil de la part de l'auteur, il n'arrive pas toujours à donner une voix propre à ceux-ci. Et là où cela pose vraiment problème c'est que du coup, je n'ai presque jamais eu l'impression de changer de point de vue. C'est assez dommage parce que cette pluralité des personnages était plus que bien trouvé et apporte un vrai plus à tout cela. Le lecteur est confronté à plusieurs point de vus de la guerre et c'est toujours quelque chose de sympathique à lire (qui était pour telle attaque, telle arme, qui était contre, comment, pourquoi et j'en passe). Second écueil du coup qui découle aussi des divers point de vue, pourquoi alors qu'il s'agit d'une guerre mondiale, nous n'avons quasiment que le point de vue des américains ? Bon d'accord, il y a quelques chinois, quelques russes, des japonais aussi et pis c'est un peu tout. Et les autres ? On les évoque à peine, dans une phrase ou deux. Je trouve ça tellement dommage (et pas juste parce que les Français sont pas vraiment évoqués)(je mentirais, un chapitre pour eux). Malgré ses problèmes sur les diverses voix, je trouve tout de même l'idée plus que sympathique, comme j'ai déjà pu le dire. En fait, je me rends compte que j'apprécie plutôt ce genre de récit, où nous ne savons pas forcément tout (la Z guerre aura duré un long moment) mais où l'essentiel peut être là avec les bons et les mauvais côtés. 

Malheureusement pour moi, ce ne furent pas les seuls écueils à ma lecture. Trop habituée à lire du zombies pulp, je suis restée sur ma faim par rapport aux morts-vivants. Qu'on ne sache pas comment ils ont été crée, passe, on le sait rarement en fait. Par contre qu'on ne les voit que peu alors qu'ils sont l'ennemis... Oui je sais, le livre est là pour raconter la survie de l'espèce humaine, mais j'aurais bien voulu voir un peu plus de zombies et de moment un peu gore. Nous n'avons que des comptes rendus de bataille, pas grand chose de plus. Et pour tout vous dire, je pense que c'est cela qui m'a tant fait peiné à lire World War Z, le manque évident de zombies. Même si j'adore voir la politique se mêler aux romans, dans un livre de zombies, j'apprécie aussi voir des zombies (et des fanatiques, ça manque grave de fanatiques aussi).

Au final, j'ai tout de même réussi, avec presque un mois entier de lecture (entrecoupé deux fois, l'une par le Bourbon Kid, l'autre par La Lune nous appartient), à finir ce roman. Voilà, c'est fait. Et si j'ai parfois aimé certains passages, je suis trop souvent restée sur ma fin. Un livre intéressant, mais peut-être trop long (plus de 500 pages quand même, perso, j'en aurais enlever plus d'une centaine) et trop sage. 

lundi 2 octobre 2017

La trilogie Steampunk, Paul Di Filippo

Je crois que vous êtes au courant, j'aime le Steampunk. Lors de l'opération de bragelonne de cet été, j'ai encore un peu complété ma collection numérique. Et dedans, on retrouve donc la Trilogie Steampunk qui regroupe trois histoires assez différentes les unes des autres.

La trilogie Steampunk, Paul Di Filippo

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Titre en VO : The steampunk trilogy
Année de parution en VO : 1995
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez découvrir quelques "sous-genre" du Steampunk
- Vous voulez des histoires qui ne se ressemblent pas.

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le steampunk
- Vous voulez une seule histoire.

Présentation de l'éditeur :

À Londres, la jeune reine Victoria a disparu alors qu'elle s'apprêtait à monter sur le trône. Seule solution pour éviter le scandale : la remplacer provisoirement par une étrange créature mi-femme mi-salamandre qui lui ressemble étrangement, fruit des recherches biologiques de Cosmo Cowperwaith. Une créature aux formidables appétits sexuels, qui n'ont pourtant rien à envier à ceux de la vraie Victoria...
Ailleurs, dans le Massachusetts, le grand savant Agassiz compte bien prouver scientifiquement et définitivement la supériorité de la race blanche. Sa théorie fumeuse va pourtant être mise à mal par l'arrivée inopinée d'un marin et de sa compagne Hottentote (une aborigène d'Afrique du sud) qui ont besoin de lui pour retrouver les parties génitales de la mère de cette dernière, devenues depuis un dangereux talisman.
Quand à la poétesse Emily Dickinson, il fallait qu'elle tombe amoureuse de Walt Whitman pour oser s'aventurer dans le royaume des morts, où elle va rencontrer le jeune Allen Ginsberg.

Mon avis

La Trilogie Steampunk porte bien son nom puisque son auteur nous donne à lire trois novellas ayant pour le Steampunk pour genre commun. Avec ces trois histoires, il propose de faire découvrir le genre sous trois aspect différents, permettant peut-être de se familiariser avec la multitude de celui-ci. Car, et cela je ne cesse de le dire, le Steampunk n'est pas juste de la vapeur et des rouages, il peut être bien d'autre chose.

Forcément comme il y a trois novellas, je vais parler des trois une après l'autre puis surement du tout.

Victoria

La première novella nous entraîne à Londre alors que la jeune Victoria doit bientôt être couronnée. Or, la future reine fugue pour des raisons inconnue du lecteur. Son premier ministre, mais aussi amant, demande alors à Cosmo Cowperwaith de mettre à la place de Victoria l'une de ses créations, une femme-triton à l'appétit sexuel quelque peu développé. Ne supportant pas l'absence de sa création, Cosmo va partir à la recherche de la reine.

Cette novella entre dans le Steampunk "de base": inventeur, machine et vapeur. C'est une bonne entrée en matière, surtout qu'on y trouve pas mal de bonne chose. Déjà de l'humour, point que j'apprécie dans les récits surtout s'il n'en fait pas trop. Ensuite, un penchant de féminisme, ce qui n'est réellement pas pour me déplaire. C'est une novella que j'ai plutôt apprécié par son apparente simplicité et son Steampunk évident. Elle en revira surement plus d'un.

Des Hottentotes

La seconde novella nous entraine aux Etats-Unis, plus précisement à Boston, à la suite du savant Agassiz. L'homme, qui ne se prend pas pour une merde (pardonnez-moi l'expression mais j'ai eu vraiment du mal avec lui), est persuadé que la race blanche est supérieure en tout. Mais lorsque un marin afrikaners et sa compagne aborigène débarquent pour lui demander son aide, il va devoir se remettre en question... ou pas.

Je suis persuadée que la nouvelle en elle-même est bonne. Si, si, je vous jure. Surtout qu'on y retrouve un univers lovecraftiens, de l'humour, du féminisme naissant (réellement, je n'aurais pas cru trouver autant de féminisme dans ce recueil)(autant dire que je suis super contente du coup), de belles leçons d'humanité et une lutte contre le racisme. Tout était là pour me plaire. Tout... Sauf le personnage principal. Agassiz est raciste, mégalomane et j'en passe. Si on se rapporte à l'époque, c'est "compréhensible", Darwin n'était pas encore intervenu et beaucoup de personne penser réellement que les africains étaient des sous hommes. Mais franchement, à notre époque, lire les propos de ce genre de personne, ça le fait beaucoup moins. Mais vraiment. Du coup, ayant un mal fou à supporter Agassiz, j'ai clairement survolé une bonne partie de la nouvelle.

Walt et Emily

Dans cette novella, nous voilà à la suite d'Emily Dickinson et de Walt Whitman. Alors que le frère d'Emily pense pouvoir rejoindre le pays de l'éternel été et y retrouver ses enfants non nés, la jeune femme décide de le suivre pour être avec Whitman dont elle tombe petit à petit amoureuse. On découvre donc la partie préparation pour le voyage puis le voyage en lui-même.

Cette fois, l'auteur use de personnages ayant réellement existé en leur faisant vivre des aventures ésotérique. Cet aspect du Steampunk est peut-être l'un des plus connu avec celui machine et vapeur. C'est en tout cas généralement un aspect que j'aime beaucoup et ici, j'ai tout autant apprécié que d'habitude même si parfois j'ai eu du mal avec les vers des poèmes de nos deux héros dans les dialogues, je me suis bien amusée à lire cette novella. J'y ai trouvé un certain humour bien sympathique, surtout du au scepticisme d'Emily quant à l'entreprise de son frère. 


Pour finir, parlons un peu de tout le recueil. Comme je le disais, il permet de se familiariser avec le Steampunk. Enfin, en réalité pas tout à fait. Si la première novela se lit très bien, la seconde a un problème de narrateur et la dernière est un poil compliqué de par sa richesse littéraire. Du coup, un simple lecteur voulant découvrir le genre pourrait se sentir un peu perdu. Par contre, pour un lecteur plus "chevroné", c'est déjà bien plus intéressant (par exemple, j'ai tendance à apprécier le Steampunk mélangeant allègrement machine et ésotérisme moins celui plus "colonisateur" alors qu'on peut trouver des perles dedans(même Des Hottentotes ici alors que je n'ai pas aimé son perso principal)). Je trouve particulièrement intéressant ce genre de recueil et il est dommage qu'au final, il n'y ai que trois novellas tant j'aurais aimé voir le genre avec d'autres facettes (il y en a tellement). 










jeudi 28 septembre 2017

La Lune est à Nous, Cindy Van Wilder

Mon autrice belge préférée a encore frappé. A peine quelques mois après la sortie du quatrième tome des Outrepasseurs, elle revient avec un nouveau roman YA. Un roman qui comme vous allez le découvrir par la suite ne m'a pas du tout laissé indifférente.

La Lune est à Nous, Cindy Van Wilder

Editeur : Scrineo
Collection : /
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 377

A lire si : 
- Vous voulez des héros hors-normes
- Vous en avez marre de ne jamais réussir à vous identifier réellement aux personnages

A ne pas lire si : 
- Aucune raison de ne pas le lire.

Présentation de l'éditeur : 

Max et Olivia n’ont pas grand-chose en commun. Max, solitaire et complexé, peine à s’intégrer dans son nouveau lycée. Olivia, sociable et hyperactive, vient d’être recrutée par la très populaire chaîne YouTube « Les Trois Grâces » et s’investit dans le milieu associatif. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est qu’ils sont en surpoids, et que le monde le leur fait bien payer. Lorsqu’ils se rencontrent, ils se comprennent instantanément. Et décident de réagir – chacun à sa manière. L’habit ne fait pas le moine, dit-on… Ni Max ni Olivia ne s’attend aux défis qu’ils vont rencontrer. Et si l’aiguille de la balance n’était pas le seul challenge ? Et s’il était possible de décrocher la lune, même après être tombé à terre… ?

Mon avis

Je tiens à vous avertir avant de commencer. Cet avis risque d'être décousu et surement un peu long. J'ai énormément de chose à dire sur ce livre. De très bonnes choses d'ailleurs. La Lune est à nous est un coup de cœur. Un de ces livres qui se lit en passant par trop d'émotion pour en sortir indemne. Je vais surement beaucoup parlé de moi, de mon ressenti ici. Parce qu'il faut bien le dire, Olivia et Max ont fait plus que me toucher. Ils m'ont rappelé beaucoup de chose. Trop parfois. 

Olivia est une étoile montante d'Instagram. Elle vient même d'être recruté par une chaine Youtube, les Trois Graces afin de remplacer l'une des membres. Dis comme cela, la vie semble lui sourire. Sauf qu'Olivia est noire, et grosse. Et ça, pour beaucoup ça ne passe pas. Son succès lui vaut toutes les jalousies, allant jusqu'au pire. Dès le début du roman, elle se voit confronter au harcèlement, que se soit sur les réseaux sociaux ou IRL. Max, lui, vient d'arriver en Belgique suite au divorce de ses parents. Mal dans sa peau, gros et homosexuel, il se replie sur lui-même. Jusqu'à ce qu'il rencontre Olive et se porte à son secours. Tous les deux vont affronter le monde et leur peur.

Cindy Van Wilder se penche dans ce roman sur un thème important, celui de la différence. Un thème qui me touche d'autant plus que ses deux personnages principaux sont gros. Comme moi. Qu'ils subissent leur corps et les injonctions de la norme, comme moi. Si à présent que je suis bien adulte, j'ai réussi à aimer la plupart du temps mon corps, à l'adolescence, c'était bien moins le cas (une série d'article sur mon blog perso explique un peu tout le chemin vers l'acceptation et l'amour de mon corps, elle se trouve là si ça intéresse). Et dès le début du roman, une boule s'est formée dans ma gorge, dans mon ventre aussi, à lire ce qui avait pu m'arriver, ce qui m'arrive encore. Autant dire que j'ai passé une bonne partie de ma lecture en apnée, les souvenirs resurgissant et les larmes aux yeux durant un bon moment. J'ai trouvé très dur de me retrouver confronter à ça. Dur mais tellement vrai en fait. Ce que subisse Olive et Max, à cause de leur poids, c'est ce que j'ai pu subir. Leurs réactions, en grande partie, ont été les miennes. Et rien que pour ça, le roman est génial, en fait. Ok, ce qui est remonté dans mon esprit ne l'était pas mais pouvoir enfin le lire, avoir des personnages qui me ressemblent, que c'est bon.

Et ce qui est encore mieux, c'est qu'il n'y a pas que les gros qui peuvent enfin s'identifier à un personnage. L'autrice a pris pour partie d'intégrer une bonne partie de la population non normée, soit non blanche, non hétéro et j'en passe. Max est homosexuel, tout comme Seb, Olivia est racisée tout comme Imane, sa meilleure amie mulsumane et portant le hijab, ou Joy, asiatique. Certains "cumulent", d'autres non. Mais tous sont particulièrement bien décrit, surtout au niveau "mental". Tous ont une situation compliquée par rapport à leur différence qu'ils gèrent plus ou moins bien. Il y a des discours que j'ai adoré sur cela (le meilleur c'est celui d'Imane sur son hijab et sa foi pour moi). J'ai réellement apprécié ce mélange qui reflète tant la société de maintenant. Mais surtout la solidarité qui se dégage du groupe d'amis. Une solidarité qui va les aider à un moment ou un autre à affronter ce qui leur tombe dessus. La Lune est à Nous, c'est une leçon de vie pour beaucoup. Une leçon de solidarité, de tolérance. 

Parce que si durant un bon moment, j'ai eu envie (ok, j'ai même pleuré pour de vrai) de pleurer à cause de mes souvenirs et de ce qu'il arrivait aux personnages, il y a ce message d'espoir qui resurgit de tout cela. Celui que j'aurais voulu entendre à l'époque de mon adolescence. Que j'existe, que j'en ai le droit, que personne n'a le droit de me dire qui je suis, ce que je dois faire. Que ma voix est aussi importante que celle des autres. Et putain, c'est beau.

Je sais pour la suivre sur Twitter que Cindy Van Wilder est très accrochée aux valeurs qu'elle partage dans ce roman, qu'elle s'y intéresse vraiment. Et cela se ressent du coup énormément. Comme se ressente ses lectures (elle parle d'Americanah (qu'il faut vraiment que je lise) ou encore de King Kong Theory dont le début va si bien à Olivia et ses amis). On retrouve aussi l'écriture inclusive qu'elle avait déjà expérimenté dans le quatrième tome des Outrepasseurs. Van Wilder est une autrice engagée et féministe qui n'hésite pas à faire passer ses idées par ses livres. Et qui le fait très bien. 

Sur Twitter et instagram, je l'ai déjà dit mais je le refais ici parce que pour moi, c'est important. Merci Cindy pour ce livre. Merci de l'avoir écrit, de redonner un peu de courage à toutes les personnes qui ne sont pas normés, de nous permettre enfin de nous identifier à des personnages, de voir que le monde n'est pas tout noir pour nous, que d'autres sont là pour nous soutenir. Merci d'avoir écrit ce livre. J'aurais voulu le lire quinze ans plus tôt, lorsqu'adolescente, je n'ai pas su répondre à ceux qui me brimaient, que se soit mes parents, les médecins, les autres adolescentes, les injonctions aux régimes, les "t'as pas ta place ici", "grosse vache" et j'en passe. Je sais que ce n'est pas juste un seul roman qui pourra changer notre société mais il peut y aider. Parce que notre voix compte, et parce qu'il est bon de le dire, de le faire comprendre, de se le rappeler. 

Les gens, lisez ce roman. Il le faut. Vraiment.

mardi 26 septembre 2017

Bourbon Kid, Anonyme

Il y a des livres comme ça, tu sais qu'ils vont sortir, tu sais qu'ils ne vont pas faire long feu dans la PAL. Et effectivement, il n'a pas fait long feu. Reçu vendredi, fini samedi. J'ai même arrêté la lecture de World War Z (que je retente, avec un peu plus de chance cette fois) pour me plonger dans les aventures du Kid et de sa petite bande de psychopathe.

Bourbon Kid, Anonyme

Editeur : Sonatine
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : The Day it Rained Blood
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 456

A lire si :
- Vous avez aimez le Pape, le Kid et l'Iroquois et tous les livres avant.
- Vous voulez du pulp

A ne pas lire si :
- La violence c'est pas votre truc
- Ni les situations qui semblent totalement absurdes
- Vous n'avez pas le moindre sens de l'humour

Présentation de l'éditeur : 

Les Dead Hunters ont une morale très personnelle. C’est la moindre des choses pour une confrérie de tueurs sanguinaires. Ils ont aussi quelques menus défauts, se croire invincibles, par exemple. Un démon va néanmoins vite les détromper. Malin, fort et intelligent comme seuls les démons savent parfois l’être, il va tranquillement les décimer les uns après les autres. À une exception près. Un des membres des Hunters reste en effet introuvable, et non des moindres : le Bourbon Kid.
Notre démon va alors jeter toutes ses forces dans la bataille, depuis les quatre cavaliers de l’Apocalypse jusqu’à une armée de morts vivants, pour retrouver et anéantir définitivement notre tueur bien-aimé.
Après Le pape, le Kid et l’Iroquois, l’auteur toujours aussi anonyme du Livre sans nom se déchaîne littéralement dans cette nouvelle aventure du Bourbon Kid. Et il fait souffler toutes les forces maléfiques imaginables et inimaginables pour éprouver la capacité de résistance d’un héros que les feux de l’enfer chatouillent à peine.

Mon avis

Nous voilà au septième tome dans l'univers d'Anonyme, le sixième avec le Bourbon Kid. Déjà sept tome, ça parait beaucoup et en même temps pas assez. C'est marrant comme le temps passe vite. Depuis 2010 (2007 en fait lorsque les premiers chapitres du Livre sans nom furent auto-édité), le Kid distribue des baffes et des balles. Pour ma part, cela fait 5 ans que je me réjoui de lire ses aventures. Alors oui, quand j'ai vu que le nouveau tome sortait le jeudi, je suis allée réserver mon exemplaire le mercredi à la librairie. Je savais qu'il serait lu dans le weekend. J'avais d'ailleurs prévu mon programme. Samedi serait lecture, point (dimanche a été jeu vidéo avec la petite, autant vous dire que j'ai pas fait grand chose d'ultra productif d'après Chéri).

Mais revenons à notre livre.

Un livre qui commence par un mariage, celui de Dante et Kacy (deux chapitres sur ce mariage, le premier et l'un vers la fin, seul moment où l'on voit les deux amoureux)(oui, cela me rend triste, j'adore Dante et Kacy). Un prologue tout mignon où il ne semble pas se passer grand chose. Et puis, on attaque enfin le roman lui-même. Et j'avoue que je ne sais pas par quoi commencer sans risque de spoiler à mort.

Bref, les Dead Hunters sont au service de Scratch, l'Homme en rouge. Leur mission est simple, tuer tout ce qui est maléfique sur Terre. Autant dire qu'ils ont pas mal de boulot. Mais voilà, Caïn (oui, le fils d'Adam et Eve) vient metter son grain de sel dans une mécanique bien huilée. Le monsieur débarque avec la ferme intention de trouver la porte des Enfers et de déclencher l'apocalypse. Et il va trouver sur son passage les Dead Hunters et plus particulièrement le Bourbon Kid. Plutôt malin, Caïn va se débarrasser des Dead Hunters les uns après les autres... Du moins, c'est ce qu'il pense...

Ce septième roman va tambour battant, offrant à son lecteur une sacrée dose d'action et de frissons. Franchement, je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Par expérience, je sais qu'Anonyme est capable de me surprendre mais là, il a vraiment réussi son coup. Et me voilà à me demander ce qu'il va se passer, s'il ne me mène pas en bateau et j'en passe. D'habitude, je lis ses romans en me doutant un peu de la fin. Ben là, je m'en doutais un peu mais pas tant que ça en fait. J'ai réellement été surprise sur pas mal de chose. Comme le sort de certains personnages par exemple... 

Tiens d'ailleurs, en parlant personnage, il faut noter le retour de Sanchez. J'adore ce personnage parce qu'il est le bouffon de la farce, l’élément qui fait rire quand ça devient un peu trop sérieux. Je le trouve parfois très lourd, avec un humour volant très bas mais le comique qui en découle arrive à me faire sourire la plupart du temps. On retrouve aussi toute la bande des Dead Hunters avec une Jasmine qui prend de plus en plus de place. Bon elle n'est pas mon personnage préféré mais ça fait du bien de voir une femme prendre le pas sur ces messieurs. Et puis, bien sûr, on retrouve le Kid et j'aime la façon dont il apparaît, jamais en tant que personnage point de vue de l'histoire, toujours vu par les autres. Un Kid que j'ai trouvé tout de même un peu effacé sur une bonne partie du roman. J'apprécie voir les autres mais sachant qu'il est mon personnage préféré, je suis toujours un peu déçu quand il n'est pas assez présent.

Pour finir, je parlerais de la pop culture qui suinte à presque chaque paragraphe. J'ai relevé pas mal de références, d'autres m'ont surement échappé mais en tout cas, elles sont bien là. Je m'amuse toujours autant à les repérer surtout quand elles ne sont pas forcément évidentes. J'apprécie aussi de voir qu'elle change d'un bouquin à l'autre, de trouver pas mal de références à des films ou autres qui sont sortis depuis peu tout en gardant celle pour de vieux classiques.

J'ai donc, vous l'aurez compris, adoré ma lecture. Mais vraiment. Il n'y a rien de mieux pour se remettre d'une semaine un peu éprouvante (ou pas du tout d'ailleurs, mais la mienne, comme toutes celles de septembre l'a été) qu'un livre de Bourbon Kid. C'est du pulp bien foutu qui donne le sourire. Tout ce que j'apprécie. Pas un coup de coeur comme on pu l'être certains des tomes précédents, mais une réellement très chouette lecture qui m'a bien donné envie de relire tous les autres... Et vivement le prochain !


lundi 11 septembre 2017

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Je ne me suis pas promenée dans le Vieux Royaume depuis novembre 2015 avec ma lecture de Janua Vera. Il était temps que j'y retourne, surtout que l'auteur y retourne quelques fois avec un certain nombre de nouvelles.

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Editeur : Folio
Collection : 2€
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les longues nouvelles
- Vous connaissez déjà le Vieux Royame

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur :

Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d’une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître?

Mon avis

Il ne faut jamais croire les titres et les quatrièmes de couverture. Ce bouquin ne contient pas juste l'histoire de Blandin. En réalité, il s'agit d'un petit recueil. Petit autant par la taille que par le nombre de nouvelles, puisqu'elles ne sont que deux. Elles ne sont pas petites, puisque la première fait presque 60 pages et la seconde une vingtaine de plus.

La première, Montefellóne  nous entraine à la frontière entre Leomance et le territoire de la toute jeune république de Ciudala. Nous voilà donc devant Montefellóne, ville assiégée par les armes du Duc D'Arches. Oui, nous allons assisté à un siège, donc, cela du côté du Duc D'Arches et donc de l'armée de Leomance.

Comme à son habitude, Jean-Philippe Jaworski nous entraîne avec lui dans un récit au vocabulaire parfaitement maîtrisé. Alors, ça peut faire peur à certain. Mais en réalité pas du tout. Jaworski est un maître des mots, des phrases mais ne va pas du tout nous prendre la tête avec des tournures trop complexes. Et grâce à cette maîtrise, on entre réellement dans le siège et dans la tête du duc.

L'action est assez réduite, dut au format mais aussi au fait que ce soit un siège et qu'il faut bien avouer que les sièges, ça peut être un peu barbant (même si c'est Gemmel qui l'écrit, c'est barbant un siège). Et pourtant, je me suis vraiment retrouvée là-dedans. Et ça, c'est quelque chose que j'adore avec Jaworski, c'est vraiment de pouvoir entrer dans l'action avec des descriptions ultra détaillées sans être ennuyantes (Tolkien pouvait être ennuyeux, mais vraiment quand il détaille les préparatifs de la fête d'anniversaire de Bilbo...). Et ici, vraiment, c'est parfait. On retrouve des descriptions géniales sans être ultra violente des batailles, des batailles sympathiques et un personnage principal qui est vraiment bien à suivre. Seul bémol, la fin ne m'a pas surprise, mais du tout.

La seconde nouvelle donne donc son nom au petit recueil. Elle est assez éloignée de la première puisqu'ici pas de bataille, pas de siège. Comment Blandin fut perdu ressemble à un conte. Alors qu'un groupe de voyageur fait halte, l'un d'eux va raconter l'histoire de son apprenti, le jeune Blandin. Je ne vous résumais pas l'histoire, sachant que finalement, la quatrième de couverture le fait très bien (et c'est assez rare pour être signaler).

J'ai beaucoup aimé ce conte et surtout son petit univers, celui des peintres itinérants. Il faut dire que Jaworski ne maîtrise pas que le vocabulaire guerrier mais aussi celui de cet ancien métier. Qu'il est agréable de découvrir des techniques que je ne connaissais pas du tout. Tout cela m'a semblé tellement mais tellement vivant. J'ai vraiment adoré me plonger dans la réalisation des fresques avec Albinello et Blandin. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire de fond. Ce jeune homme obsédé par son premier amour à tel point que, pour ne pas l'oublier, il va la peindre partout, tout le temps. Les affres de Blandin sont retranscrit d'une manière assez douce amère par son maitre, Albinello, qui a bien du mal à le comprendre. Et ici, la fin m'a surprise, pour de vrai. Je ne m'y attendais pas vraiment et je ressors de cette lecture encore plus intriguée que lorsque j'ai pu la commencer.

Au final, j'ai donc passé un très très bon moment avec ce petit recueil. Comme toujours, je suis admirative de l'écriture de Jaworski. Sa maîtrise du vocabulaire et ses histoires passionnantes font que je pourrais me plonger mainte et mainte fois dans ses romans et nouvelles. Elles ont un côté ultra vivant que j'apprécie beaucoup et cela même avec des descriptions parfois un peu longue des actions. Pour moi, c'est vraiment ce qui fait le charme des récits du Vieux Royaume, un côté un peu suranné contrebalancé par des histoires prenantes. 


dimanche 10 septembre 2017

L'Epée Enchantée, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Récemment, j'ai récupéré quelques tomes solo de la Romance de Ténébreuse. Adieu donc pour le moment les intégrales (ma bibliothèque n'est pas vraiment contente..., nous n'aimons pas quand je dépareilles les collections...). Je continue tout de même dans l'ordre des dites intégrales, histoire de ne pas trop me perdre.

L'Epée Enchantée, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Editeur : Pocket
Collection : Science-fantasy
Année de parution : 1988
Titre en Vo :Darkover, Against the Terrans : The First Age, book 2 : The Spell Sword
Année de parution en VO : 1974
Nombre de pages : 217

A lire si :
- Vous voulez continuez la romance de Ténébreuse
- Vous aimez le mélange Sf/Fantasy

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les demoiselles en détresse
- Vous voulez des héroïnes

Présentation de l'éditeur :

Andrew Carr rêvait de trouver un monde où quelqu'un l'attendrait. C'est sur Ténébreuse qu'il entend l'appel, qu'il voit l'image de cette fille aux cheveux de feu : Callista. Elle-même est enfermée dans un lieu obscur. Où ? Elle n'en sait rien. Elle a lancé l'appel, et c'est Andrew qui l'a reçu. Leurs esprits s'unissent dans un déferlement d'intime tendresse. Alors il part en quête de la prisonnière -infiniment lointaine, infiniment proche de lui. Un jour, il retrouve ses parents : ils la cherchent à tous les niveaux de réalité, impuissants à rentrer en contact avec son esprit malgré leurs pouvoirs psi. Surpris qu'un Terrien ait reçu son appel ; ils choisissent de lui faire confiance. Ensemble, ils affronteront l'invasion des cruels hommes-chats, experts à lacérer les âmes. Mais qui trouvera l'abîme où est plongée Callista la très belle ?

Mon avis

L'épée Enchantée fait partie de ce qu'en France on a nommé l'Age de Damon Ridenow. Plus largement, comme l'intégrale trois, il fait partie de la Redécouverte. Les divers tomes de cet âge de Damon Ridenow semble se passer presque en même temps que les tomes des Renonçantes de la troisième intégrale. Voilà pour la situation temporelle de l'Epée Enchantée. Une situation qui n'est pas du tout pour l'aider, surtout en suivant l'ordre des intégrales. Je vais vous expliquer ça plus tard.

Andrew Carr est un terrien qui, suite à une entrevue avec une voyante Ténébrane, décide de rester sur la planète. Il fait partie d'une expédition cartographie lorsque son avion s'écrase. Seul survivant, blessé, il ne va pas tarder à suivre les autres membres dans les enfers de Zandru.  C'était du moins sans compter la présence d'une jeune femme fantomatique qui va le conduire jusqu'à Armida. Entre temps, nous suivons aussi Damon Ridenow, appelle par sa parente Ellemir à la rescousse après l'enlever de la jumelle de celle-ci, Callista. C'est donc le sauvetage de Callista que relate l'Epée Enchantée.

Un sauvetage qui ne m'a absolument pas enthousiasmé. Déjà parce qu'après le cycle des Renonçantes, je trouve ce tome-là particulièrement peu tourné vers les personnages féminins. Les hommes prennent une place particulièrement importante et voilà les deux jumelles reléguées à des rôles bien secondaire. Tout l'inverse en fait des Renonçantes. Je me demande ce qui fait cette différence ? Le fait que l'Epée Enchantée est été écrit avant les Renonçantes ? Je suppose que cela peut être un élément de réponse. Il n'empêche, que trop habituée à voir les femmes ne pas se laisser faire, Ellemir et Callista m'ont paru bien fades.

Elles n'ont d'ailleurs pas été les seules à être fades pour moi. Et c'est bien là le plus gros problème de ce premier tome de l'Âge de Damon Ridenow, aucun personnage n'a trouvé grâce à mes yeux. Mais vraiment aucun. Andrew aurait pu être sympa jusqu'à ce qu'il devienne crétin en découvrant qu'il a eu le coup de foudre pour Callista, Damon est lâche qui ne fait pas grand chose et il n'est intéressant qu'au moment où son esprit est occupé par son futur beau-père, Dom Esteban. Les filles sont effacées, ne servent pas à grand chose, Dom Esteban est le stéréotype du barbare guerrier. Bref, rien ne m'a plu. Et c'est bien la première fois que cela m'arrive avec un Zimmer Bradley.

Quant à l'histoire, ben, là aussi, j'ai connu bien mieux. Vraiment. C'est dommage parce qu'elle avait un fort potentiel cette histoire, surtout concernant l'apparition de pouvoirs psychique chez Andrew. Mais non, je n'ai pas réussi à m'y intéresser et cela à cause des personnages. Ils sont réellement le point faible de ce roman pour moi (et ils seront aussi dans le tome suivant... je crains le pire du coup).

Au final, pour moi, ce tome-là de Ténébreuse est le premier que je n'ai pas du tout apprécié. Je l'ai lu parce qu'il est court et que ça m'embête quand même un peu de rater un des tomes de la série. Surtout qu'il semble avoir une petite importance tout de même pour la suite. Mais voilà, il n'est pas du tout passé avec moi. J'espère que la suite sera bien mieux.


lundi 4 septembre 2017

Un pont sur la Brume, Kij Johnson

Parce que je suis fan des couvertures d'Aurélien Police et que ma première incursion dans la collection une heure lumière m'avait plu, je me suis lancée dans cette novella dont je ne connaissais pas l'autrice mais dont on m'avait dit que du bien. Alors, ça donne quoi ?

Un pont sur la Brume, Kij Johnson

Editeur : Le Bélial'
Collection : Une heure lumière
Année de parution : 2016
Titre en VO : The Man Who Bridged the Mist
Année de parution en VO : 2011
Nombre de pages : 138

A lire si : 
- Vous voulez une aventure humaine
- Vous aimez lorsque les personnages sont creusés
- Vous voulez une ambiance calme et sereine

A ne pas lire si : 
- Vous voulez de la baston
- Vous n'aimez pas le calme

Présentation de l'éditeur : 

Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité… Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce Pont sur la Brume. La quatrième de couverture était alléchante, la couverture aussi (mon amour pour les couvertures d'Aurelien Police me ferait faire n'importe quoi). Le format, un court roman me faisait dire que de toute façon, si je n'aimais pas, je ne perdrais pas non plus trop de temps avec. Bon, en réalité, j'ai râlé finalement qu'il ne fasse que 138 pages. 

Kit Meinem est architecte pour l'Empire. Il se voit confier la construction d'un pont sur le fleuve de brume, premier édifice qui permettra de relier les deux parties de l'Empire. Nous allons le suivre du moment où il pose le pieds sur le chantier jusqu'à celui où le pont sera inauguré. Soit cinq années. Or en cinq ans, il se passe beaucoup de chose, surtout sur le plan humain.

Ne vous attendez pas à de l'action, des accidents en voulez vous en voilà. Ici, l'autrice ne fait pas dans le gros sensationnel, ni dans les effets spéciaux. Non, elle se concentre sur son personnage, Kit Meinem et sur les personnes qu'il va rencontrer tout le long de son périple. Car oui, c'est un périple que de construire un pont. Un périple humain surtout. Et c'est là tout l'interet de ce court roman. Les rapports entre l'architecte et les gens dont il va d'une manière ou d'une autre changer la vie.

Les rapports entre Kit et les habitants de Proche et Loinville sont étudiés avec soin, sans en faire trop. Il est celui qui va leur apporter le changement. Il n'y aura plus à craindre de traverser le fleuve de brume avec les bacs. Les deux villages vont s'en trouver changer, d'une manière ou d'une autre. L'afflux de monde pour la construction puis pour le passage entre les deux rives après la construction. Si pour la plupart des habitants, tout cela semble fort bien, ce n'est pas le cas pour une famille de Loinville, les Bac, qui comme leur nom l'indique, pilote les bacs permettant le passage.

Ainsi les vies de Rasali et de son neveu Valo vont se trouver entremêler à celle de Kit. Et c'est particulièrement bien fait. D'ailleurs, ce sont ces amitiés qui vont ponctuer le roman. De biens belles amitiés d'ailleurs. Si avec Rasali, on sent très rapidement qu'il se passera surement quelque chose, la relation avec Valo m'a semblé un petit plus intéressante. Le jeune homme ne voit pas d'un bon oeil le pont au départ. Il changera au fur et à mesure. Il ne sera pas le seul à changer. Kit aussi. D'ailleurs, il est le seul dont on voit l'évolution depuis avant le pont. 

On s'attache réellement au personnage de Kit Meinem. J'ai aimé le suivre dans ses doutes, nombreux, ses peines, mais aussi ses joies et ses réussites. Kij Johnson a vraiment réussi à créer un personnage vivant, avec ses défauts et ses qualités sans en faire trop. D'ailleurs, il en va de même avec les autres personnages que nous découvrons. Et il n'y a pas que les personnages qui sont réussi. Toute l'histoire l'est. Bien que cinq années soient condensées en 138 pages, on ressent bien le passage du temps et les diverses avancées des travaux. Et puis, le texte est doux. Je ne sais comment le dire autrement. J'ai ressenti une certaine sérénité en le lissant. C'est assez compliqué à décrire en fait.

Au final, j'ai donc beaucoup apprécié ce texte qui parle de construction, à la fois matériel et humaine. Je l'ai trouvé frais dans une production littéraire SFFF qui essaie toujours de faire plus que l'autre. C'est doux, c'est beau, ça se lit non pas d'une traite mais en profitant de chaque pages. Je dois bien dire que j'aimerais tomber sur plus de romans comme celui-ci. Pas d'ennemis, pas de bataille, juste la vie. Bref, un coup de coeur.

dimanche 3 septembre 2017

Le Vol du Dragon, La Ballade de Pern, Tome 1, Anne McCaffrey

Je me lance enfin dans la Ballade de Pern, une saga qui je voulais depuis très longtemps. Il me semble que j'en ai entendu parlé en même temps que la Romance de Ténébreuse, lorsque j'avais une quinzaine d'année, peut-être moins. Il était plus que temps que je commence !

Le Vol du Dragon, La Ballade de Pern, Tome 1, Anne McCaffrey

Editeur : Pocket
Collection: Science-fantasy
Année de parution : 1989
Titre en VO :Dragonriders of Pern, book 01: Dragonflight
Année de parution en VO : 1968
Nombre de pages: 310

A lire si :
- Vous voulez une saga mais dont les tomes ne sont pas forcément des suites.
- Vous voulez de la SF et de la fantasy en même temps.
- Vous voulez des dragons

A ne pas lire si :
- Vous aimez les grandes et longues descriptions
- Vous n'aimez pas les têtes à claques

Présentation de l'éditeur :

Tout est calme en tous lieux sur la planète Pern.Les terrifiantes incursions des Fils argentés ont cessé depuis des temps immémoriaux. Les habitants ne savent plus pourquoi ils vivent dans des grottes et versent la dîme aux chevaliers-dragons. On ne croit plus les mythes relatifs à leurs folles chevauchées sur les grands dragons télépathes et à leur lutte d'éclat contre les redoutables Fils, qui anéantissaient toute vie organique. Les dragons deviennent rares dans le ciel de Pern.Mais le chevalier F'lar, maître du dragon Mnementh, se remet à étudier les vieilles légendes. L'Etoile Rouge se rapproche. Bientôt les Fils se remettront à tomber. Sur Pern il faut organiser la défense, et pour commencer rendre à la race des dragons son antique fécondité. Une nouvelle Reine va naître. Il faut une fille énergique pour la chevaucher. Où trouver celle en qui survit le don ancestral ?

Mon avis

Comme l'autre grande saga de Science Fantasy écrite par une femme, j'ai nommée la Romance de Ténébreuse connue de ceux qui viennent par ici (et dont je reparlerais bientôt puisque je me plonge à nouveau dans l'univers de Zimmer Bradley), La Ballade de Pern mêle sans vergogne SF et Fantasy. Et comme Ténébreuse, l'ordre de lecture peut être différent. J'en parle dès maintenant. Pour Ténébreuse, j'ai choisi l'ordre de l'histoire (et plus particulièrement celui des intégrales à la base). Pour Pern, et suivant les conseils de lecture de Vert et donc de suivre l'ordre de parution des tomes. Il parait que c'est mieux pour une première lecture et de toute façon, ayant récupérer pas mal de livres de Pern anciens (pas les intégrales donc, que j'achèterais pourtant surement pour compléter les livres que je n'ai pas...), je peux me permettre de les lire comme j'en ai envie. Bref, cela étant dit, je vais m'arrêter de comparer deux minutes Ténébreuse à Pern et à parler d'ordre de lecture pour entrer dans le vif du sujet, ce premier tome de la Ballade de Pern.

Ce premier tome nous entraine directement sur Pern, planète ressemblant à notre Terre mais dont les ressources sont bien moindres. Pern est un monde à l'aspect très médiéval, pastoral aussi. Ici, peu de technologie. Rapidement, le lecteur apprend que Pern est régulièrement menacé par la Chute des Fils, venant d'un planétoïde passant dans son orbite toutes les deux cents révolutions environs. Mais voilà, au moment où notre histoire commence, cela fait quatre cent révolution que la Chute n'a pas eu lieu. Depuis tout ce temps, beaucoup ont fini par croire que cela n'arriverait plus...

Ainsi dans les Forts, on ne fait plus attention aux vieilles traditions, on oublie volontairement la dîme envers les Chevaliers-Dragons, seuls à pouvoir contrer les Fils. D'ailleurs, sur six Weyrs (bastion où se vivent les Chevaliers-Dragons et leurs Dragons), il n'en existe plus qu'un. Or sa reine dragon vient de mourrir. Commence alors la Quête pour trouver la future Dame du Weyr qui sera associé à la nouvelle reine encore à naitre. Commence alors pour nous l'histoire de la Ballade de Pern.

Le Vol du Dragon est un tome d'introduction. Autant au monde de Pern lui-même qu'à l'un des plus importants cycles dans le cycle. Et je trouve qu'il est très bien pour se mettre en bouche. Est-ce parce que justement il a été le premier tome écrit par McCaffrey ? C'est plus que probable. Je me demande d'ailleurs comment les auteurs de ce genre de cycle où les tomes semblent ne pas réellement se suivre dans le temps font pour imaginer tout cela. Mais bref, passons à la suite.

Tout commence avec l'apparition dans le ciel de Ruatha de l'Etoile Rouge, annonciatrice du retour des Fils. Mais personne, si ce n'est la jeune Lessa, n'y prend garde. En même temps, commence pour le Weyr de Benden la Quête qui lui permettra de trouver sa nouvelle Dame du Weyr. Nous voilà donc à faire la connaissance de Lessa, héritière de Ruatha dont le Fort familial a été attaqué il y a une dizaine de révolution et dont toute la famille fut décimée, et de F'Lar, chevalier-dragon, seul à croire au retour de la Chute des Fils. Les deux seront le fils conducteur du Vol du Dragon. 

Anne McCaffrey commence sa Ballade de manière finalement assez classique côté fantasy. On trouve d'ailleurs peu de SF dans ce tome-ci, je pense que la dénomination de Science Fantasy est venu par la suite (j'en reviens à Ténébreuse qui dès le premier roman (projet Jason, pas encore lu) pouvait être classée comme telle). Une jeune femme qui se retrouve être élue sans le vouloir, un chevalier... Tout cela aurait pu être très mais alors très stéréotypé. Or, ce n'est pas le cas. Rapidement les enjeux dépassent largement ce qui aurait presque pu faire un conte de fée. Car le danger est bien présent. Et si on ne trouve pas de "vrais" méchant (si ce n'est les fils), l'histoire est remplie de tensions. De plus, l'autrice ne rendre pas dans les détails insignifiants. Elle va droit ) son but, parfois de manière un peu trop abrupte. Ce qui fait que malgré la densité de ce qu'il se passe, le livre en lui-même ne fait que 310 pages, chose qu'on aurait du mal à trouver de nos jours. Pour ma part, j'apprécie grandement cela. Des romans courts mais efficaces.

Efficaces, effectivement, mais pas sans défaut par contre. Le premier pour moi ce sont les personnages. Si Lessa et F'Lar sont fort sympathiques à suivre, ils sont peut-être les seuls à l'être. McCaffrey ne s'attardent pas vraiment sur les autres et réussit presque à les rendre tous semblables. Heureusement le caractère de son couple principal gomme ce défaut-là (faut pouvoir se les faire les deux...). Autre chose, le coté parfois un peu trop je m'attarde sur un truc qui semble ne pas du tout avoir d'importance et je passe en deux lignes même pas sur quelque chose qui en a réellement. Disons que parfois, l'autrice va bien trop vite pour moi. Je lui trouve aussi parfois des accents un peu trop "adolescent". Disons que la saga peut être lu par les plus jeunes mais que certains passages sont décidément sombre et bien plus adultes (l'accouplement des dragons par exemple... et ce qu'il en découle côté humain). 

Mais autant le dire, ce ne sont pas ces petits défauts qui m'ont empêcher d'adorer cette lecture. Parce que vraiment, l'univers de Pern, cette première vision de cet univers, m'a beaucoup plu. Je ne sais pas si c'est le côté médiéval, les dragons, Lessa et F'Lar ou alors le côté un peu trop utopiste du livre (tout le monde s'entraide sans se poser de questions, c'est assez rare dans un roman, voire même dans la vie), mais je veux vraiment en découvrir plus sur Pern. A tel point que j'ai failli enchainé direct avec la suite, La Quête du Dragon (finalement, j'ai préféré attendre un peu et me relancer dans Ténébreuse...).

En conclusion, voilà un début de cycle plaisant qui donne envie de lire la suite. J'ai adoré l'univers de Pern, son système, sa mythologie que nous ne faisons qu'effleurer pour l'instant, ses dragons et les personnages qui peuplent ce premier livre. J'ai hâte de voir où tout cela va me mener et de connaitre ce qu'il a pu se passer avant et après ce tome-là. 

mardi 29 août 2017

A gauche après l'Asile, intégrale saison 1, Jessie

Le premier épisode d'A gauche après l'asile m'avait fait forte impression. Alors quand Walrus a aussi mis l'intégrale dans son OPMORSE, je l'ai récupéré. Et je l'ai rapidement lu aussi d'ailleurs.

A gauche après l'Asile, intégrale saison 1, Jessie

Editeur : Walrus
Collection : pulp
Année de parution : 2017
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez du déjanté
- Vous voulez une enquête
- Vous voulez une héroine qui n'a pas la langue dans sa poche

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas Lovecraft
- Vous voulez du calme et de la sérénité.

Présentation de l'éditeur : 

 Comment décrire l’indescriptible ? Il se passe beaucoup de choses à Arkham, ce qui n’est pas pour déplaire à Casey Bolton, détective privée de l’occulte à la tête d’une agence qui se voit confier d’étranges enquêtes. Entourée de curieux spécimens plus ou moins aptes à mener à bien les noirs desseins des Grands Anciens, la jeune femme doit démêler d’extravagantes affaires... sans jamais perdre son style (tout le reste pourra être négocié).
À ceux qui ont toujours su que Lovecraft n’était pas devenu fou pour rien, ce livre va vous donner raison : aucune chance que vous sortiez indemne de la lecture des aventures de Casey Bolton. Les éditeurs et surveillants du Walrus Institute déclinent quant à eux toute responsabilité concernant la perte de vos points de santé mentale, mais s’engagent à prodiguer les meilleurs soins à Jessie, l’auteure de cette truculente fresque haute en couleur.

Mon avis

J'avais eu une très bonne première impression que A gauche après l'asile. Une série qui prend racine dans l'univers Lovecraftien tout en le faisant oublié par moment pour faire sa propre vie. L'intégrale regroupe donc tous les épisodes, aux nombres de cinq. Ayant déjà lu quelques temps plus tôt le premier, j'ai fait l'impasse sur celui-ci. Je me suis donc lancée direct sur l'épisode deux et les autres.

Et autant le dire, il y a une différence entre ce premier épisode, qui introduit Casey, sa joyeuse bande et les grandes lignes de la série, et les autres. Déjà parce que comme on connait déjà Casey et les autres, il n'y a plus rien pour nous les situer les uns par rapport aux autres. Ensuite, parce qu'on passe d'un tout et n'importe quoi maîtrisé à un énorme tout et n'importe quoi pas forcément toujours maîtrisé. Et en même temps, malgré cette impression, tout cela semble ultra logique vis à vis de l'esprit de Casey, notre narratrice.

En réalité, on se retrouve souvent un peu perdu dans les épisodes. Parce que Casey ne détaille pas grand chose, si ce n'est ses états d'âmes ou l'horreur de certains monstres de manière vraiment amusantes, par contre, elle rapporte toutes les conversations. Parfois un peu trop. Certains épisodes semblent n'être qu'une succession de dialogue, rendant parfois compliqué la vision du lecteur sur l'enquête. Mais en même temps, l'enquête est-elle la chose la plus importante des épisodes, sachant que bien souvent, elles sont résolue de manière totalement improvisée, voire parfois surréalistes. En même temps, c'est aussi ça qu'il y a de génial dans A gauche après l'Asile. Franchement, j'apprécie cet étrange bordel que sont les divers épisodes. Parce qu'il donne la part belle aux personnages.

Déjà lors de ma lecture du premier tome, j'avais mis en avant les personnages, et plus particulièrement Casey Bolton. J'aime toujours autant la narratrice de la série, sa grande gueule qu'elle ferait mieux parfois de fermer, son auto-dérision aussi. J'apprécie tout autant les dialogues entre elle et Xavier, pleins de vacheries, ou ceux avec Shaliyr. Étrangement, j'apprécie moins Amanda, parfois un peu trop parfaite. Quant aux hommes de la troupe, ils se font tout de même assez discrets. Faut dire qu'avec ces dames, il en faut pour réussir à se faire une place. Et puis, elles sont plus souvent en vadrouille qu'eux. Tout ce petit monde me fait finalement penser à un peu tous les gens qu'on peut côtoyer dans la vraie vie. En fait, on se retrouve finalement avec une bande de potes qu'on a pas vraiment envie de laisser. Et ça, ça fait vraiment une différence dans le bouquin. Ce ne sont pas de supers héros à qui tout réussi. Ce sont des gens presque normaux et ça fait du bien.

On retrouve aussi toutes les références à Lovecraft mais pas que. Forcément, quand des œuvres fort connues sont tournées en dérision, j'apprécie beaucoup. Il n'y a pas Casey qui aime la dérision, surtout quand elle est bien amenée. Et comme dans l'épisode un, une écriture rapide, efficace et pleine d'humour. Bref, malgré un aspect qui pourrait sembler un peu brouillon, c'est avec une grande joie que j'ai donc lu l'intégrale de cette saison 1. C'est pas de la grande littérature au sens premier du terme mais qu'est-ce que c'est bon de lire des choses comme ça.



lundi 28 août 2017

Sagesse Geek : les enseignements sacrés, Stephen Segal

Les Opérations Bragelonne me permettent souvent de prendre des livres que je n'aurais pas pris s'il n'était pas autant en promo. Celui-ci en fait parti. Un titre qui pouvait me divertir un moment sans toutefois m’intéressait assez pour le prendre à son prix normal. 

Sagesse Geek : les enseignements sacrés, Stephen Segal

Editeur : Bragelonne
Collection : Geekmemore
Année de parution : 2014
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous êtes un geek
- Vous aimez bien quand la philo s'invite dans un autre domaine
- Vous êtes un mâle

A ne pas lire si : 
- Vous voulez quelque chose d'ultra sérieux
- Vous n'avez pas de sens de l'humour

Présentation de l'éditeur : 

Pas de panique ! La peur tue l’esprit. Tout ce qui est or ne brille pas, tous ceux qui errent ne sont pas perdus. La vérité est ailleurs. La première règle du Fight Club est : il est interdit de parler du Fight Club. N’essaie pas. Fais-le. Ou ne le fais pas. Il n’y a pas d’essai. J’adore qu’un pl an se déroule sans accroc. Le gâteau est un mensonge. La cuillère n’existe pas. Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. La route ? là où on va, on n’a pas besoin de route. Ne Jamais croiser les effluves. Longue vie et prospérité.
Les geeks savent des choses sur la vie, l’univers et le reste que le commun des mortels ignore. Sagesse geek est un recueil de citations extraites de films, séries TV, romans, jeux, Internet… et de bien d’autres sources. Une équipe de nerds purs et durs, venus d’horizons variés, s’est livrée à une exégèse de ces perles de la culture populaire, en poussant à fond les curseurs de leur imagination. Rédigé par des geeks, le présent ouvrage traite des geeks et s’adresse à eux, mais les pensées et paroles qu’il recèle sont d’une profondeur si stupéfiante que le reste du monde serait bien crétin de ne pas le lire. « So say we all. »

Mon avis

Sagesse Geek est un livre qui ne se veut pas vraiment philosophique. L'auteur en a eu l'idée alors qu'on lui demandait qu'elle était sa religion. Il a alors répondu la science-fiction, pour rire. Sauf que l'idée a fait son bout de chemin et qu'il s'est avéré qu'il n'avait pas forcément tord pour pas mal de personnes. Oui, être geek peut être une sorte de religion avec ses textes sacrés. C'est donc sur cette idée qu'est conçu le livre (et ce n'est pas moi qui le dit, c'est l'auteur lui-même dans la préface).

Mais qu'y trouve-t-on ? Et bien l'analyse de certaines phrases cultes pour les geeks de manière qui se veut un peu philosophique et cela dans des parties comme le "moi", "moi et les autres" ou encore "le futur". Ainsi, l'auteur et ses coauteurs cartographie la psyché geek. Du moins, ils essayent. Pour cela, ils prennent donc une phrase culte, la remette dans le contexte de son oeuvre puis l'analyse dans la vie réelle.

Cela donne parfois de bonne surprise. Parfois moins. Je ne suis pas tout à fait sûre que beaucoup d'auteur (de livre ou de script) avait en tête d'aider le geek à faire face à la vie avec certaines punchline. C'était surement plus fait dans l'idée de plaire, de faire rire ou autre. Mais pourquoi pas après tout. On philosophe bien sur Buffy (mais là, il y a du contenu pour). Ici, l’intérêt me parait disons moins intéressant. Je crois surtout que nous avons tous notre manière de voir ces phrases cultes et que se voir "imposer' un modèle m'a moins plus. Je n'ai pas trouvé à réfléchir en lisant Sagesse Geek. Pire, si j'ai parfois un peu souris ou hocher la tête, je me suis globalement ennuyée en lisant le texte.

Est-ce parce qu'il faut moins d'une minute pour lire l'analyse de chaque phrase ? Peut-être. Parce que parfois, l'analyse aurait pu, aurait du, être plus longue. Est-ce parce que le livre s'adresse plus particulièrement au geek mâle ? Surement. Parce qu'étant une femme, je me suis trop souvent retrouvé de l'autre côté de la barrière, vu juste comme l'être qui donne envie mais qu'on n'ose pas aborder. Rien ou presque (une seule phrase pour les geeks femme dans tout le livre) n'est fait dans ce livre pour parler à tous les geeks du monde. Parce que oui, les femmes peuvent aussi l'être et ça, l'auteur (alors qu'il a une coautrice tout de même) semble l'avoir oublier. De même, la définition du geek dans le livre me semble réductrice et pas seulement en terme de sexe. Tous les geeks du monde ne sont pas des accros aux Jeux-Vidéos, au GN ou que sais-je encore. Parfois, le geek du livre devient un nerd voire un nolife. Ce que je trouve du coup dommage, c'est que j'ai eu l'impression d'avoir plus droit à tous les stéréotypes du geek qu'à autre chose. Après, cela a peut-être avoir avec le fait que l'auteur soit américain et que le geek n'est pas le même que chez nous ?

Au final, conceptualiser des phrases que je connais pour certaines par coeur, d'oeuvre que j'aime pour leur ensemble, ne m'a pas tant plus que ça. J'ai trop souvent eu l'impression de ne pas être la cible visée (alors que je peux me considérer comme geek) et d'avoir un livre qui ne va pas au bout des choses. Je suis sûre qu'il devrait plaire à certains, surtout si pris de manière humoristique (ce que j'ai fait pour ma part). Mais ne vous attendez pas à voir votre vision du geek ou du monde geek chamboulé par ce qu'écrit Stephen Segal. C'est amusant, sans plus. 

dimanche 27 août 2017

Les Illusions de Sav-Loar, Manon Fargetton

J'avais vraiment beaucoup aimé l'Héritage des Rois-Passeurs et du coup lorsque j'ai vu que Bragelonne avait inclus les Illusions de Sav-Loar dans sa dernière opération, je l'ai acquis. Et il me confirme que j'adore cet univers !

Les Illusions de Sav-Loar, Manon Fargetton

Editeur : Bragelonne
Collection :  fantasy
Année de parution : 2016
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy féministe
- Vous voulez de la magie
- Vous du voyage

A ne pas lire si :
- Vous n'avez pas encore lu les Rois-Passeurs (spoiler sur celui-ci dans le livre)

Présentation de l'éditeur :

Plusieurs versions de la naissance de Sav-Loar circulent dans le royaume. Toutes racontent comme de jeunes magiciennes poursuivies par les capes d’or se réfugièrent dans la forêt des Songes et y érigèrent une ville secrète. Sans être entièrement fausses, ces légendes sont approximatives, car les fondatrices de cette ville n’avaient rien des adolescentes terrifiées et à peine pubères qu’elles décrivent. Elles étaient des femmes dans la fleur de leur féminité, à l’apogée de leur art, au zénith de leur colère. Elles étaient d’anciens membres du Clos traquées par leurs pairs, ayant assisté au massacre de deux centres d’entre elles par la peur de la différence et la soif de domination. Sav-Loar, le lever de lune, devint le pendant clandestin d’Astria l’éclatante. Ainsi débuta la nuit des magiciens.

Mon avis

Comme je le disais en introduction, j'avais beaucoup aimé l'Héritage des Rois-Passeurs qui, pour pas mal de raisons, changeait de ce que l'on a l'habitude de lire en Fantasy. Parce qu'il faut bien le dire de la fantasy qui se veut féministe on en trouve pas vraiment (je ne compte pas le Guin ou Zimmer Bradley dedans)(j'ai mes raisons, je pourrais un jour vous l'expliquer, mais pas maintenant). Me fait penser que ma question sur twitter à ce sujet est restée lettre morte. Donc qui connait de la fantasy féministe ? Et je peux en trouver où ? (parce que la SF pas de soucis, le fantastique, on en trouve déjà un peu plus mais la fantasy, niet). Et donc je voulais absolument lire les Illusions de Sav-Loar pour retourner dans l'univers d'Ombre mais aussi pour retrouver ce féminisme qui manque tant à la fantasy.

Avant toute chose, je préfère prévenir. Les Illusions spoile la fin de l'Héritage des Rois-Passeurs. Pas sur tout, mais il le fait quand même. Les Illusions n'est pas un tome deux. Ni un tome un à vrai dire. Disons que les deux livres sont complémentaires. Et si on peut très bien lire les deux dans n'importe quel ordre finalement, il vaut tout de même mieux commencer par l'Héritage (déjà il est plus court, ce qui permet d'être sûr d'apprécier le livre ou pas sans trop perdre de temps (et d'argent)). Bref, sur ce, passons à ce qui nous intéresse.

Les Illusions nous raconte l'histoire de Bleue, déjà croisée donc dans l'Héritage. Et tout commence dans l'Empire donc, avec un groupe d'esclave dont elle fait partie. Amenée dans le palais du Sker, un fils du Dieu Aa, ses pouvoirs magique vont naitre au moment où celui-ci la violera. Commencera alors pour elle et un petit groupe d'esclave, la fuite vers Sav-Loar. 

Le roman se divise en plusieurs parties où l'on va alterner entre Bleue et Fél, sa compagne d'évasion. Bien que différentes, les deux jeunes femmes ont le même objectif, survivre dans un monde qui ne veut pas forcément d'elles. En tant que femmes, elles vont devoir apprendre à s'affirmer face à un monde patriarcal qui voit en Bleue un monstre à détruire à tout prix et en Fél une esclave. Ce sont deux parcours qui seront bien différent de part les caractères des deux femmes et la manière dont elles appréhendent le monde et pourtant, ils sont tout de même assez égaux. Car la lutte pour une égalité entre la femme et l'homme a beaucoup de visage pour finalement n'être qu'une seule et même chose. 

L'aspect féministe du roman m'a beaucoup marqué. Parce qu'il ne se contente pas de dire "nous sommes femmes, donc vos égales, et tant pis si vous pensez le contraire". Et c'est quelque chose que j'ai beaucoup apprécié ici. Outre les destins de Bleue et Fél, il y a celui de toutes les magiciennes de Sav-Loar, pourchassée et tuée depuis des millénaires par les magiciens du Clos. Il y a aussi celui des dits magiciens, dont certains s'interrogent beaucoup sur ce qu'ils font. Et puis, il y a le troisième élément de ce combat dont je ne parlerais pas vraiment sous peine de spoiler une grande partie de l'intrigue.  Je trouve particulièrement intéressant de mettre au gout fantasy certains combats d'aujourd'hui (je pense à la liberté d'avorter ou non, à l'égalité entre femme et homme passant parfois par des combats qui semblent bien petits mais qui font grands bruits au final). Les solutions ne sont pas toujours les plus évidentes, ni les plus contemporaines (nous sommes en fantasy ne l'oublions pas). Et qu'est-ce que ça fait du bien de se retrouver avec un livre qui arrête de prendre les femmes pour des nunuches et qui posent de vrais questions (et posent des réponses intéressantes aussi). Le roman fait réfléchir en plus de divertir et ça, c'est vraiment cool.

Bien entendu, même si pour moi ce féminisme fait déjà beaucoup pour le roman, il n'est pas seul à me l'avoir fait adoré. Manon Fargetton m'a prouvé une fois de plus qu'elle savait écrire des personnages denses, non manichéens et particulièrement plaisant à suivre. Si nous restons dans les pas de Bleue et Fél, celles et ceux qui les entourent ne restent pas à la traine. J'ai adoré tous les personnages, ce qui assez rare chez moi. Et j'ai apprécié de ne pas avoir finalement de gros méchants (même si il y en a bien, ils sont fait de manière à ce que le lecteur comprenne leurs motivations et finalement, on arrive presque à les comprendre)(seul le Sker finalement fait méchant très méchant qu'on a envie de voir mourir très vite). Je me suis tout de même prise d'affection pour certains, comme Enarion (oui, nous l'avons déjà vu) qui va voir sa vie changée du tout au tout en présence de Bleue, Manala dont l'idéal est peut-être trop idéal justement, Ashar, jeune magicien qui ne trouve pas sa place à Sav-Loar, Oreb, prêtre guérisseur ou encore Guilhem qui parle bien trop pour son bien.

Et puis, il y a l'écriture de l'autrice qui fait que nous ne voyons pas passer les quelques 665 pages en version papier. Tout est fluide, que se soit les dialogues, les scènes d'actions, les sentiments. On ne s'ennuie pas une seconde en lisant ce livre. Une sensation que j'avais déjà trouvé dans l'Héritage et qui me fait vraiment dire que Manon Fargetton est une autrice à suivre. 

En conclusion, je recommande vraiment mais vraiment ce roman ainsi que l'Héritage des Rois-Passeurs à toutes et tous. Surtout à celles et ceux qui en ont un peu marre de voir de gros bourrins taper dans tout ce qui bouge et des femmes juste là pour faire décoration. Il nous faudrait bien plus de romans comme celui-ci en fantasy !