Affichage des articles dont le libellé est Gallimard. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gallimard. Afficher tous les articles

vendredi 22 avril 2022

La Muse des Cauchemars, Laini Taylor

 En début d'année, j'ai lu le Faiseur de Rêves, le premier tome de la duologie de Laini Taylor. J'avais vraiment hâte de lire sa suite tellement j'ai amé le premier. J'ai finalement réussi à mettre la main dessus avant la fermeture pour travaux de ma librairie (allez c'est bientôt fini, je vais pouvoir y retourner dans pas longtemps). Et puis, j'ai attendu un peu pour le lire.

La Muse des Cauchemars, Laini Taylor

/!\ Je n'ai pas d'autre choix que de spoiler, un évènement de la fin du premier tome sert de point de départ pour celui-ci et à une certaine importance

Editeur : Gallimard Jeunesse
Collection : pole fiction
Année de parution 2021
titre en vo : Strange the Dreamer, book 2: Muse of Nightmares
Année de parution en VO : 2018
nombre de pages : 704

A lire si : 
- Vous aimez les livres oniriques
- Vous avez aimé le premier tome

A ne pas lire si 
- Vous ne voulez pas d'un texte trop contemplatif

Présentation de l'éditeur 

Le rêve comme seul rempart contre la violence du monde
Il est un monde où hommes et femmes naissent avec un don précieux, dont seuls les plus puissants gagnent le droit de se servir en temps utile, mais toujours au nom de l'Empire. À respectivement seize et dix-sept ans, Nova et Kora rêvent du jour tant attendu où des envoyés à la peau bleue viendront enfin les enlever. Alors, seulement, elles pourront accomplir leur véritable destin.
Très loin de là, à travers l'espace et le temps, dans la mythique Cité oubliée – qu'après tant d'années, Lazlo Lestrange peut désormais contempler de ses yeux –, retentit une explosion qui fait basculer son monde et celui de Sarai. Leur avenir ne tient désormais plus qu'à un fil, celui que manipule par la seule force de son esprit une enfant cruelle et meurtrie. À la fois plus puissant et plus vulnérable que jamais, le jeune homme va devoir choisir : sauver celle qu'il aime ou bien tous les habitants de la ville interdite jusqu'au dernier.
Sans compter qu'un danger plus grave encore menace... Car l'oiseau blanc qui surveille la citadelle depuis toujours veille, et il est grand temps pour lui de passer enfin à l'action. Dieux, monstres, fantômes, mondes étranges et guerre totale, La Muse des cauchemars clôt avec maestria une série aussi poétique que haletante. Qu'on se le tienne pour dit : l'univers de Laini Taylor n'a pas fini de hanter nos rêves...

Mon avis

Je suis contente de ne pas avoir attendu trop longtemps après ma lecture du tome un pour me lancer dans ce second. Il faut dire que l'on reprend pile à la fin du premier, alors que Minya menace tout le monde sur le Séraphin. Tenant la non-vie de Sarai dans sa main, elle y voir enfin l'occasion de pouvoir descendre à Désolation pour se venger. Lazlo, nouvellement rejeton des dieux au pouvoir de forgeron, n'a pas beaucoup de choix devant lui. Ou il perd Sarai pour de bon, ou il obéit à Minya. Heureusement pour le couple, les autres rejetons trouvent un moyen de mettre l'enfant hors d'état de nuire pour un temps. Sauf que Minya n'est pas le seul danger… Alors que Lazlo découvre un peu plus ses pouvoirs, il ouvre un passage entre son monde et un autre et laisse l'entrée libre à une dangereuse pirate qui semble avoir une dent contre les enfants...

Comme vous le savez, j'ai adoré le premier tome. Il était poétique, onirique etc... J'ai aimé suivre Lazlo, découvrir Désolation. Et puis, il y a eu cette fin, et l'envie de découvrir le reste. Le reste, c'est un roman de rédemption et pas seulement pour les Rejetons des Dieux ou pour le Tueur de Dieux. Et franchement, réussir  mettre trois arc de rédemption dans un même roman, c'était pas mal, même si, au final, je me suis moins régalée à le lire que le premier tome. Pourtant, il avait tout pour me plaire, et il m'a plut, hein. Pour tout vous dire, le problème, c'est l'arc de Nova et Kora et tout ce qui s'en suit.

L'histoire de Nova et Kora, clairement, c'est l'histoire fondatrice du séraphin au dessus de Désolation. On découvre les origines des Dieux avec elle, ce qu'il s'est passé des siècles plus tôt et pourquoi et comment le séraphin s'est retrouvé au dessus de Désolation. En fait, j'ai aimé découvrir la genèse des dieux et la partie un peu SF de la chose (on retrouve des trous de vers par exemple). Là où j'ai moins aimé, c'est quand les deux lignes de temps se rejoignent. J'ai eu l'impression que c'était un peu forcé. Alors, oui, ça permet de mieux comprendre ce qu'il est arrivé à Minya, pourquoi certains évènements ont eu lieu mais ça me semble un peu tiré par les cheveux. Je ne serais pas l'expliquer.  Alors que, franchement, l'arc de Minya, lui, m'a vraiment plu et j'ai été déçue qu'il soit finalement trop court pour moi. Surtout que les deux sont géré de la même manière. Sarai entre dans leurs rêves (enfin cauchemars) pour mieux les comprendre puis grâce à ce qu'elle découvre tout le monde s'y met. Le truc, c'est que ça fonctionne bien avec Minya puisque Sarai la connait depuis toujours. Que sa sœur vienne mettre son nez dans ses rêves pour l'aider n'a rien d'étonnant. Ca l'est beaucoup plus lorsque Sarai entre dans l'esprit de Nova qu'elle ne connait pas. De même, j'ai aimé l'arc de Eril-Fane, qui, enfin, va pouvoir découvrir sa fille mais aussi, peut-être se libérer d'Isagol et de son passé. 

Je crois vraiment que ce que j'ai le plus apprécié, ce sont les évolutions des personnages. De tous. Parce que l'autrice n'en oublie pas un seul. Elle finit parfaitement son cycle, de manière finalement très positive pour tout le monde. Pour moi, c'est clairement une des forces du roman, et même de la duologie, l'évolution constante des personnages. Sans parler des arcs de rédemption, on trouve quand même un filleul d'or qui change complétement de point de vue sur ce qu'il est et ce qu'il pourrait être au contact des autres. En fait, le seul qui semble un peu perdu, c'est Lazlo. Il passe un peu au second plan dans ce tome, laissant la place à Sarai. Une Sarai qui, tout comme lui, doit réapprendre à se connaitre. On la découvre autrement. Forcément, vu son état, ses pouvoirs changent un peu, tout comme ceux de Lazlo. Mais, l'un comme l'autre, s'adaptent et continuent à se soutenir. 

Et puis, faut bien le dire, malgré le problème que je peux avoir avec l'arc de Nova, l'histoire est vraiment passionnante. Le livre, comme son prédécesseur est un vrai page-turners. Bon forcément, il continue à regrouper que des choses que j'apprécie mais dans une autre ambiance, je dirais. On est plus vraiment dans l'onirisme du premier mais en même temps, on ne s'en éloigne pas tant que ça. Bref, j'ai adoré (même si ce fut moins le coup de coeur que pour le Faiseur de Rêves).

PS : je m'excuse si l'avis semble un peu flou, ou pas complet ou autre. J'ai lu le livre il y a presque 20 jours et je n'ai pas écrit l'avis de suite. Du coup, c'est plus tout frais dans mon esprit...



lundi 7 février 2022

La Mémoire de Babel, La Passe-Miroir, tome 3, Christelle Dabos

 L'avantage du challenge SFFF de cette année, ce sont les recommandations. Ca me permet de sortir certains tomes de ma PAL alors qu'ils y végétent depuis quelque temps déjà. C'est le cas de ce tome trois qui aurait dût être sorti en mai dernier pour le challenge fantasy mais que je n'avais pas eu le temps de lire. Et puis, on sait tous comment ça se passe, il repart dans la PAL et y descend très très vite alors que si, si, on a envie de le lire. Enfin, bref, il est enfin là (et je devrais pas tarder à aller acheter le 4 que je n'ai toujours pas).

La Mémoire de Babel, La Passe-Miroir, tome 3, Christelle Dabos

Editeur : Gallimard
Collection : pole fiction 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 564

A lire si :
- Vous avez aimé les deux premiers tomes

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand Ophelie se laisse faire

Présentation de l'éditeur :

Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.

Mon avis

A quelques mois près, j'aurais mis autant de temps à me décider à lire ce tome qu'Ophélie à partir à la recherche de Thorn. Voilà deux ans que j'ai lu les Disparus du Clair de Lune et autant vous dire que dès les premières pages, je me suis rendue compte qu'ils m'avaient tous les deux manquaient. Ils font parties de ces personnages que je retrouve avec grand plaisir même si ma mémoire me fait un peu défaut quant à ce qu'il a pu se passer dans les tomes précédents. Mais, je crois que l'autrice a voulu pallié ce petit problème en installant ce troisième tome plus de deux ans après la fin du second.

Ophélie est rentrée sur Anima où les Doyennes la surveillent. Elle s'y ennuie et se désespère de ne pas avoir une seule nouvelle de Thorn ou de Berenilde. Heureusement pour elle, la tante Roseline et le grand-oncle sont toujours là pour l'aider. C'est d'ailleurs grâce à lui qu'elle commence à avoir un début de piste sur l'endroit où pourrait se trouver Thorn. Il lui faut l'intervention d'Archibald pour se mettre enfin en route, et c'est seule, qu'elle quitte Anima pour Babel. Pendant ce temps, Roseline, elle, va rejoindre Berenilde au Pole qui a bien besoin d'aide pour protéger sa fille, la petite Victoire. 

Nous découvrons enfin une nouvelle arche après Anima et le Pole. Bienvenu à Babel où les mots comme "guerre" ou "homicide" sont interdits, où il n'y a jamais de crime et où l'honnêteté est une vertu. Dans l'arche des jumeaux Pollux et Hélène, l'information est presque reine et la mémoire une obligation. Enfin, si elle ne fait pas référence à ce qu'il a pu se passer avant la Déchirure. C'est là qu'Ophélie atterrit et par à la recherche de Thorn mais aussi d'un livre qui pourrait l'aider contre Dieu. Or, pour aboutir dans ses recherches, elle va devoir devenir une Avant-Coureuse. L'apprentissage est dur, surtout qu'elle ne se fait pas que des amis... 

Ophélie est un personnage que j'ai appris à apprécier avec le temps. C'est aussi quelqu'un qui me ressemble beaucoup et je crois que c'est pour ça que je l'aime autant. Elle en fait à nouveau la démonstration dans ce tome. C'est une personne timide, qui se laisse parfois un peu trop faire mais qui a une forte volonté, surtout quand il s'agit de protéger ceux qu'elle aime. Elle le démontre une fois de plus dans ce tome. Alors qu'elle galère bien comme il faut, elle continue, persuadée d'être sur la bonne voie et de pouvoir retrouver Thorn. Un Thorn dont je ne dirais qu'une chose, je l'aime toujours autant et peut-être encore plus maintenant (et je n'en dirais pas plus parce que sinon, je vais spoiler). Mais je crois que le personnage qui m'a pour l'instant le plus étonné dans ce troisième tome, c'est Victoire. La fille de Berenilde et Farouk n'apparait pas beaucoup. Elle a tout de même droit à quelques chapitres rien que pour elle qui permette de mieux la connaitre mais aussi de faire avancer l'histoire côté Pole. Les pouvoirs de la demoiselle sont des plus intéressants et je sens qu'elle va avoir un grand rôle dans le dernier tome. Par contre, j'ai un bémol à faire concernant les personnages secondaires qui m'ont paru moins intéressants et moins développés surtout que dans les deux premiers tomes. Or, les dits personnages sont ici complétement nouveaux et pour certains promettaient des choses intéressantes qui finalement ne sont pas venues.

C'est en écrivant ces lignes que je commence à comprendre ce qui m'a un peu ennuyé dans ce tome et qui fait que je l'ai moins apprécié que les deux précédents. Il me manquait quelque chose. Alors, oui, il est moins page-turner à mon gout, déjà. Il se lit toujours aussi bien mais j'ai été un peu moins enthousiaste. Mais surtout, il m'a manqué la galerie de personnage dont j'avais l'habitude. Sur Anima ou le Pole, il y a toujours des gens qui tournent autour d'Ophélie pour une raison ou une autre. A Babel, elle est seule malgré Octavio, Elisabeth ou même Mediana. Or, pour moi, Ophélie n'est jamais mieux que lorsqu'elle gaffe et qu'elle interagie avec les autres. Ca m'a vraiment manqué sur une bonne moitié du roman (jusqu'à ce que Thorn arrive en fait).

Au final, j'ai apprécié le troisième tome des aventures d'Ophélie mais pas autant que les deux précédents. C'est un tome de transition en fait, plutôt agréable et qui permet de renouveler un peu la série en proposant une nouvelle arche et de nouveaux pouvoirs. En tout cas, il m'a donné envie de recupérer le dernier tome pour enfin savoir qui est Dieu et pourquoi il surveille Ophélie comme il le fait (ce à quoi nous avons eu un début de réponse d'ailleurs)

vendredi 7 janvier 2022

Le Faiseur de Rêves, Laini Taylor

 J'ai ce roman dans ma PAL depuis un petit moment, comme beaucoup d'ailleurs. J'étais intriguée par sa belle couverture et son résumé mais je ne trouvais pas forcément le moment de le lire. Bref, je me suis forcée à le mettre dans ma PAL de décembre (dont je n'ai finalement lu qu'un livre en décembre... mais passons).

Le Faiseur de Rêves, Laini Taylor

Editeur : Gallimard jeunesse
Collection : Pole fiction
Année de parution : 2020
Titre en VO : Strange the Dreamer
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 736

A lire si : 
- Vous aimez les livres oniriques
- Vous aimez les papillons de nuit

A ne pas lire si 
- Vous ne voulez pas d'un texte trop contemplatif

Présentation de l'éditeur 

C'est le rêve qui choisit le rêveur, et non l'inverse...
Il est une ville, au centre du désert, où nul n'a le droit de se rendre sous peine de mort. De ses entrailles sortaient autrefois d'interminables caravanes chargées de trésors mais, depuis deux cents ans, la cité est coupée du reste du monde... Pire encore, un soir d'hiver, le nom de ce lieu de légende s'évanouit en un clin d'œil de la mémoire de tous – Lazlo Lestrange, orphelin de cinq ans à peine, ne fait pas exception à la règle. Frappé au cœur, le petit garçon restera irrémédiablement fasciné par cette énigme.

Mon avis

J'ai une passion dévorante pour tout ce qui touche aux Rêves. C'est quelque chose de tellement surprenant, mystique, aléatoire etc que ça m'intrigue toujours énormément. J'aime voir comment les divers auteurs s'en servent. Alors, oui, forcément, entre le titre et la première phrase de la quatrième de couverture, je ne pouvais que plonger dans le Faiseur de Rêves.

Après un prologue très poétique mais qui aurait mérité un petit trigger warning pour moi, nous entrons dans l'histoire de Lazlo Lestrange, jeune orphelin recueillit dans une abbaye. Le garçon grandit avec une véritable obsession pour une cité éloignée. Lorsqu'un soir le nom de la cité disparait de tous livres et mémoires, le garçon se trouve complétement dépourvu. Son obsession grandit alors, aidant en cela par son apprentissage à la bibliothèque de Zosma. Lorsque une délégation de la Citée perdue se présente à Zosma pour y recruter plusieurs scientifiques, Lazlo réussit, grâce à ses connaissances et beaucoup de chance aussi, à partir avec eux. Ce qu'il va découvrir là-bas va changer toute sa vision du monde et de sa propre vie...

Laini Taylor part d'un schéma plutôt classique en fantasy (pas que jeunesse), à savoir le jeune orphelin qui va partir en quête et découvrir sa véritable identité. Elle y ajoute une cité maudite, des dieux assassinés, des enfants reniés et cachés, pas mal de secret et des rêves donc. Elle a mélangé le tout avec habilité pour en faire ce roman. Ainsi, on ne suit pas uniquement Lazlo mais aussi la jeune Sarai, rejeton des Dieux de la Cité perdue. Et pour tout vous dire, c'est cette partie-là qui m'a, personnellement plus intéressé. Lazlo est sur une quête identitaire et iniatique. Il cherche à comprendre ce qu'il se passe dans la Cité mais aussi pour lui. C'est intéressant pour son parcours et pour comprendre qui il est, à savoir un rêveur. Mais là où nous lecteur, en apprenons vraiment le plus, c'est dès que l'autrice se penche sur les rejetons des Dieux, cinq jeunes gens habitant dans la citadelle qui surplombe la ville. En suivant, Sarai, la Muse des Cauchemars, on va découvrir ce qu'il s'est passé quinze ans plus tôt et les conséquences que cela a sur elle, ses compagnons et aussi sur la ville. Or, c'est réellement une partie qui m'a interessé. Déjà parce que ça fait parti du mystère que Lazlo tente de percer depuis qu'il est enfant, ensuite parce que c'est vu du côté des survivants.

Sarai, Mésange, Rubis, Fauve et Minya auraient dû mourir quinze ans plus tôt. Cachée par Minya à cette époque, ils ont survécu sans jamais se faire voir des habitants de la Cité. Habitants tout prêt à les tuer comme cela a été fait pour les Dieux et leurs autres rejetons. Ils ont une vision faussée de ce qu'il peut se passer en bas. Tout comme d'ailleurs Lazlo aura aussi une visio faussée de la citadelle (qu'il pense vide à la base). Minya voue une haine sans limite aux habitants de la cité, ce qui se comprend d'ailleurs. Sarai, elle, capable de descendre dans la ville sous forme de papillon de nuit et d'entrer dans les rêves des gens (pour en faire des cauchemars sur les ordres de Minya). Elle commence à se rebeller contre sa sœur, comprenant de moins en moins pourquoi elle doit tourmenter les hommes. L'arrivée de Lazlo et des autres émissaires va changer beaucoup de chose pour elle, surtout quand elle va découvrir que Lazlo est capable de la voir. A partir de ce moment, les deux jeunes gens vont pouvoir mettre en commun ce qu'ils savent de leur monde respectif. On découvre alors réellement toute l'étendu de l'univers du Faiseur de Rêves que j'ai grandement apprécié.

Avec des thèmes comme le rêve, la recherche d'identité, la rancœur, la vengeance et une infime partie de religion, le roman a donc, de base, tout pour me plaire. On peut y ajouter une certaine poésie dans son déroulé (surtout quand on se retrouve dans les rêves de Sarai ou Lazlo) et pas mal de nostalgie aussi. Laini Taylor est une conteuse et on le ressent ben ici. Dans mon édition, au niveau de sa présentation, elle est comparée à Neil Gaiman. J'avoue que je suis assez d'accord pour le côté conteur justement. Par contre, j'aurais tendance à la voir dans la même "catégorie" qu'Erin Morgenstern sur ce roman. Lui et le Cirque des Rêves ont pas mal en commun, je trouve. 

Au final, j'ai beaucoup aimé. Je me suis rapidement laissé embarqué dans cette histoire, suivant les papillons de Sarai (d'ailleurs, j'ai pas arrêté de dessiner des Sphynx tête de mort depuis le début de ma lecture)(j'aime bien dessiner les insectes en fait, j'ai fait pareil l'année dernière avec les abeilles après ma lecture de la Mer sans Etoile). J'ai très envie de connaitre la suite de l'histoire, et cela même si je trouve que le Faiseur de Rêves pourrait faire un très bon one-shot. 

lundi 12 juillet 2021

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

 Je rattrape mon retard du Narnia Readathon. Le mois dernier, je n'ai eu ni le temps ni le courage de lire le tome prévu. Avant de commencer celui de ce-mois, je me suis remise à jour. L'avantage de Narnia, c'est que ça se lit vite, et qu'il m'a fallu une après-midi pour me remettre à jour.

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance

Présentation de l'editeur : 

Peter, Susan, Edmund et Lucy sont sur le point de se séparer pour entamer une nouvelle année scolaire. Ils attendent le train qui doit les conduire en pension quand, tout à coup, ils sont transportés dans le pays de Narnia où ils ont régné autrefois. Mais si, pour eux, une année seulement s'est écoulée, dans leur ancien royaume des siècles ont passé. Le palais royal est en ruines. Parviendront-ils à ramener la paix dans le monde magique de Narnia ?

Mon avis

Le Prince Caspian a toujours fait parti de mes tomes préférés de Narnia. Pourtant, je n'en garde qu'un très vague souvenir, la faute au film, qui en est tout de même assez différent. J'étais donc ravie de relire ce tome-ci et de retrouver enfin le plaisir de lire Narnia.

Le Prince Caspian se passe des années, des siècles même, après que les enfants Pevensie combattirent la sorcière blanche. Narnia est sur le déclin. Les Telmarin ont pris le pouvoir et, petit à petit, les animaux ont arrêté de parler, les humains ont pris toute la place et on en est même venu à oublier Aslan. C'est dans ce royaume qu'à grandit Caspian. Nourri des récits de l'ancien Narnia, c'est un garçon idéaliste. Lorsqu'il découvre que son oncle a tué son père, alors roi, et compte faire de même avec lui, il s'enfuit. Il monte une rebellion avec ce qu'il reste de l'ancien Narnia. Malheureusement, le peuple narnian est encore faible et ils perdent la guerre. Alors que tout semble perdu, Caspian souffle dans la trompe de la reine Suzanne.  Au même moment, les enfants Pevensie attendent sur le quai de la gare. Ils sont soudainement attiré à Narnia...

On suit d'abord les enfants Pevensie dans leur redécouverte de Narnia. Là où ils avaient laissé un monde prospère et chaleureux, ils ne trouvent qu'une île, paradisiaque mais une île quand même, des ruines et un verger. Il va leur falloir un moment avant de se rendre compte qu'il se trouve à Cair Paravel des siècles après leur règne. Un décalage qui ne leur fera pas que du bien d'ailleurs. S'ils se souviennent de leur Narnia, le paysage de celui-ci a changé, tout autant que les habitants. Le contraste entre les souvenirs et la réalité donne quelque chose de mélancolique à l'histoire, chose qu'on ne trouve pas forcément dans les tomes précédents. Il y a aussi cette impression de paradis perdu qui revient assez souvent de leur côté. Du moins, jusqu'à ce qu'Aslan refasse son apparition et qu'ils rencontrent Caspian.

Côté Caspian, on est sur une histoire de conte assez classique. Un enfant qui a grandit nourri par les histoires de sa nourrice et qui va finir par les vivre. Il reste un personnage assez candide, même lorsqu'il se veut héroique. Mais surtout, il est souvent particulièrement effacé face à Peter, Suzanne, Edmund et Lucy. A tel point qu'on oublie parfois que le roman se nomme Prince Caspian et pas "le retour des Pevensie". Je trouve dommage cette mise en arrière du personnage. Il a tellement plus à y gagner.

D'ailleurs, c'est là que le film dépasse le roman pour moi. Dans le film, Caspian a un vrai rôle. De plus, j'aime particulièrement l'opposition entre lui et Peter qui n'existe pas dans le roman. Le film se devait d'être plus spectaculaire, plus long aussi. Il réussit cela parfaitement et surtout, il ne dénature pas l'histoire (on y retrouve les points importants, tout en y ajoutant des scènes plutôt sympathiques (l'attaque du chateau de Caspian par exemple)).

Au final, c'est un tome qui reste assez classique dans sa construction mais que j'apprécie toujours autant. Et puis, j'aime toujours autant Caspian, même si on ne le voit pas assez à mon gout. 

mercredi 14 avril 2021

Le Lion, la Sorcière Blanche et l'armoire magique, le Monde de Narnia, tome 2, C.S. Lewis

 Qui dit nouveau mois, dit nouveau tome de Narnia dans le cadre du Readathon. Pour avril, c'est donc le second tome, sûrement le plus connu grâce au film. C'est aussi le tout premier tome écrit par l'auteur, celui qui finalement, pose les bases du mythe de Narnia. 

Le Lion, la Sorcière Blanche et l'armoire magique, le Monde de Narnia, tome 2, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Mon avis

Je suis presque certaine que quasiment tout le monde connait plus ou moins l'histoire de ce second tome. Pour rappel, alors que la seconde guerre mondiale s'endurcit, les enfants londoniens sont envoyés dans les campagnes (dans des conditions plus ou moins bonnes d'ailleurs). C'est ainsi que les enfants Pevensie, Peter, Susan, Edmund et Lucy, arrivent dans le manoir d'un vieux professeur. Un jour de pluie, Lucy va entrer dans une armoire afin de se cacher durant un jeu. Elle va alors découvrir un monde sous la neige et sous un réverbère, un faune. A partir de cet instant va commencer la plus magique des aventures pour les quatre enfants.

Si je devais commencer par les défauts de ce tome (oui, pour une fois, faisons comme ça), je dirais qu'il a le malheur d'avoir une adaptation cinématographique de plutôt bonne qualité et qui en rajoute quand même un peu pour réussir à faire presque deux heures de spectacle. C'est un léger défaut mais il n'empêche qu'il est présent. Parce qu'on s'attend à certaines choses qui n'arrivent pas ou qui arrivent bel et bien me ne sont pas montré. IL ne faut pas oublier que le roman est un conte pour enfant, un livre jeunesse qui se doit d'être bienveillant. Or, de bienveillant, il passe souvent à trop de bon sentiments. Et personnellement, ça m'ennuie toujours un peu quand les héros sont justes gentils. Heureusement que nous avons Edmund dans le lot, seul personnage à avoir un mauvais côté (qui sera malheureusement vite effacé dans la fin du roman)(mais on va y revenir).  L'autre défaut, c'est que le livre est court. Il m'a fallut quelques deux heures pour le lire, or, je serais bien resté un peu plus longtemps dedans.

Passons maintenant à ses qualités. La première, c'est d'être un formidable premier point d'entrée à Narnia. Il est tellement plus interessant que le neveu du magicien. Attention, je ne dis pas que le neveu du magicien n'est pas interessant. Mais ici, on découvre vraiment Narnia. Alors, oui, il s'est passé quelques années (voir siècle) depuis la création du monde mais sa mythologie est bien présente. De plus, le découvrir en même temps que les enfants Pevensie apporte un certain charme qu'on a moins dans le tome précédent. Narnia est juste magique, que se soit sous la neige ou lorsque le printemps vient (et forcément, je ne peux m'empêcher de voir le décors des films, qui reste, somme toute, assez fidèle à ce que l'on peut lire). 

Ensuite, il y a l'histoire et ses références. La sorcière blanche m'a toujours fait penser à la Reine des Neiges (celle d'Anderson, pas celle de Disney, hein). Je reste persuadé que Lewis a utilisé le conte pour créer le sien. Du moins une partie. Il arrive à intégrer la dite partie à sa propre histoire et à ses propres idées. Comme pour le Neveu du Magicien, on trouve ici aussi pas mal de références à la bible (plus précisément au second testament alors que le neveu est plutôt côté premier) : la trahison d'Edmund (celle de Judas), le sacrifice d'Aslan (celui du christ), l'appellation fils d'Adam et fille d'Eve, le fait que Jadis soit fille de Lilith... C'est toujours aussi amusant pour moi de trouver ses références et de voir le message que tente de faire passer son auteur aux jeunes et aussi aux moins jeunes. Malheureusement, ça reste un peu trop simpliste pour moi et souvent trop plein de bons sentiments comme j'ai pu le dire plus haut. Surement parce que j'ai l'habitude de lire des romans plus adultes et plus sombres...

Enfin, il y a les personnages. Bon, je ne vais surement pas me faire des amis, mais j'ai du mal avec Peter et Lucy. Lui est trop tout, elle est trop gentille, trop naïve. Je ne dis pas qu'ils sont de mauvais personnages, juste que pour moi, ils manquent tous les deux cruellement de défauts (c'est un point qui est partiellement gommé pour Peter dans le film d'ailleurs). Susan pourrait être interessante mais elle est parfois trop maternelle avec les autres. Reste Edmund. Edmund, c'est mon petit chouchou parce que justement, il est nuancé. C'est un gentil garçon qui se donne des airs, un gamin finalement normal par rapport à ses trop parfaits frères et soeurs. C'est à lui qu'on va peut-être plus s'identifier. Et c'est interessant vu qu'il vit les choses différemment des autres. Sa trahison permet d'en voir plus du côté de Jadis (et j'aime toujours autant la sorcière Blanche). Enfin, parlons un peu d'Aslan. Le Lion n'arrive pas à me faire grande impression. Pour moi, il a le même défaut que les trois enfants Pevensie, il est trop parfait, trop "dieu". Il fait parti de ces personnages qui font avancer l'histoire en abolissant tous les obstacles d'un simple coup de baguette magique et je trouve ça parfois un peu ennuyeux. Forcément, là, c'est l'adulte qui parle, je suppose que pour un enfant, Aslan sera mieux vu. Il n'en reste pas moins un personnage majestueux, avec cette touche de magie si chère à mon coeur de fillette. 

Enfin, parlons en de la magie du roman. C'est vraiment ce qui en fait tout le charme et qui ravit petit et grand. Parce que j'ai beau dire, mais c'est quand même quelque chose qui fait rêver que d'entrer à Narnia.Tout le talent de conteur de l'auteur se fait ressentir dans ce tome. Le lecteur est immergé dans le monde, il veut savoir, connaitre, vivre les même aventures que les enfants Pevensie. Et on en arrive facilement à oublier les défauts du roman pour suivre Peter, Susan, Edmund et Lucy derrière Aslan.

Au final, j'ai passé deux heures agréable dans Narnia. Et pour tout dire, j'aurais bien continué un peu plus. C'est vraiment un roman que j'apprécie et qui m'entraine facilement ailleurs sans trop en faire. Il reste très jeunesse à mon gout (ce qui en soit est normal) mais tellement agréable à lire. Et puis, comme le dit la dédicace à la nièce de l'auteur : "un jour viendra où tu seras suffisamment âgée pour recommencer à lire des contes" et finalement, il n'y pas d'âge pour le faire.


vendredi 19 mars 2021

Le Neveu du Magicien, le Monde de Narnia, tome 1, C.S. Lewis

 Sur Bookstagram, je me suis inscritte au Readathon Narnia de @premiers_chapitres et @romy_read. Je n'ai pas lu la série depuis la sortie de l'intégrale en 2005 et j'avoue que je n'en garde pas forcément un super souvenir. Peut-être parce que j'avais lu les sept tomes les uns à la suite des autres. Je me suis dis que la relire en lecture commune, ça pouvait pas mal le faire (surtout que maintenant, j'ai quand même plus de bille pour l'analyser)

Le Neveu du Magicien, le Monde de Narnia, tome 1, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Mon avis

Comme lors de ma lecture de Terremer, je vais diviser mon intégrale par roman. Je trouve ça plus pratique, surtout que les collègues du readathon et moi-même lisons un livre par moi (on est donc partie pour sept mois sur Narnia). On commence avec le premier livre par ordre chronologique de l'histoire de Narnia, mais pas dans celui de parution par contre. Il a été le sixième livre, publié en 1955 (soit cinq ans après le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire magique que l'on lira le mois prochain). 

Le neveu du magicien se penche donc sur la création de Narnia. Tout commence avec l'arrivée de Digory dans le voisinage de la jeune Polly. Les deux enfants s'entendent rapidement et passent leurs vacances ensemble. En passant d'une maison à l'autre par un passage "secret" dans les combles, ils se retrouvent dans le laboratoire de l'oncle de Digory. Or, l'oncle Andrew est un sorcier, surement le dernier sur terre et il a trouvé un moyen d'envoyer des personnes dans un autre monde. Surtout, il a besoin de cobayes. Rien de mieux que deux enfants pour ça, non ? Usant de tromperie, il envoie d'abord Polly, puis Digory à sa suite. C'est ainsi que les deux enfants vont se retrouver dans le bois entre les mondes, puis à Charn, monde au soleil mourant. Là-bas, poussé par la curiosité (qui est un vilain défaut...), Digory va réveiller Jadis, la puissante sorcière...

Le neveu du magicien se présente comme un livre jeunesse fantasy somme toute assez classique. Deux jeunes héros, une méchante sorcière et un monde à sauver (bon, et à créer aussi ici). Sur ce point, rien de bien folichon, on reste dans le classique (ce qu'on fera d'ailleurs, si je ne me trompe pas, dans la plupart des tomes de Narnia). Forcément, ça fonctionne, surtout que Lewis a un style facile à lire, plein d'humour et entrainant. 

Côté personnage, même si on tombe parfois dans la facilité, ils sont plutôt sympathiques. J'ai adoré Polly et sa répartie. Elle fait partie de ses héroïnes qui n'ont pas froid aux yeux et pas la langue dans leur bouche surtout. Face à un Digory régulièrement crétin (surtout quand il se retrouve face à Jadis) et à un oncle Andrew pas mieux, elle fait vachement plaisir. De même, j'ai adoré Jadis. Elle est tellement méchante, sans le moindre sentiment, froide etc... C'est une méchante sans nuance (elle est méchante, point) mais avec une classe folle je trouve. D'ailleurs, le sans nuance est quelque chose que je regrette un peu dans ce tome-ci. Je veux dire que les personnages n'évoluent quasi pas, si ce n'est Digory (en même temps, c'est le héros de l'histoire, heureusement que lui évolue). 

Mais connaissant un peu mieux le monsieur que lorsque j'ai pu le lire la première fois, je me suis penchée un peu plus sur la signification de l'histoire. Pour la petite histoire, Lewis était un universitaire et surtout un apologète (en gros, un type qui cherche à fournir une justification rationnelle aux prétentions de véracité de la foi chrétienne). Narnia se base sur la religion chrétienne et quand on sait ça, il y a pas mal de chose qui nous saute aux yeux, surtout dans ce tome. Ainsi, Jadis est reine d'un monde qui se meurt à la lumière rouge et inquiétante (salut les Enfers...), Narnia est créé quasi à partir de rien par un magnifique lion qui donne la parole à des couples d'animaux (ça fait un peu arche de Noé cette histoire), mieux encore, un pommier y pousse dans les fruits sont d'une certaine manière interdite. Franchement, je me suis assez amusée à voir comment il utilise les mythes fondateurs du christianisme mais aussi ceux du folklore anglais (la marraine de l'oncle Andrew est une certaine madame Lefay qui n'est autre que l'un des noms de la fée Morgane). 

Au final, cette première relecture du cycle m'a un peu réconcilié avec le souvenir que j'en avais. Ca reste un livre jeunesse agréable et j'apprécie encore plus ma lecture en y cherchant les parallèles avec le christianisme et la double lecture qu'on peu du coup en faire (ce que les plus jeunes (et les moins jeunes, j'avais 19 ans lors de ma première lecture apparemment) ne voient pas forcément).

vendredi 10 janvier 2020

Les Disparus du Clairdelune, la Passe-Miroir, tome 2, Christelle Dabos

Je continue doucement ma lecture de la Passe-Miroir. En fait, j'espère que le format poche sortira vers la fin de l'année 2020 début année 2021 pour ne pas avoir à trop attendre (je compte lire la Mémoire de Babel, déjà sur mes étagères vers le mois d’Août si tout va bien). Enfin, bref, tout ça pour dire que j'ai enfin lu le second tome et que j'ai pas forcément ultra envie d'attendre août pour le troisième.

Les Disparus du Clairdelune, la Passe-Miroir, tome 2, Christelle Dabos

Editeur : Gallimard
Collection : Pôle fiction
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 667 

A lire si : 
- Vous voulez une bonne saga fantasy
-Vous voulez une saga jeunesse mais pas trop non plus

A ne pas lire si :
- je sais pas...

Présentation de l'éditeur

Fraîchement promue vice-conteuse, Ophélie découvre à ses dépens les haines et les complots qui couvent sous les plafonds dorés de la Citacielle. Dans cette situation toujours plus périlleuse, peut-elle seulement compter sur Thorn, son énigmatique fiancé ? Et que signifient les mystérieuses disparitions de personnalités influentes à la cour ? Ophélie se retrouve impliquée malgré elle dans une enquête qui l’entraînera au-delà des illusions du Pôle, au cœur d’une redoutable vérité.

Mon avis

Ma lecture du premier tome, Les Fiancés de l'Hiver, date du moins de juin 2019. C'est à la fois peu et trop je trouve. J'avais beaucoup aimé ce tome 1 et j'avais hâte retrouver Ophélie, le Pôle, Thorn et tous les autres. On reprend d'ailleurs quasiment là où nous nous en étions arrêté (d'où ne pas laisser passer deux ans entre deux tomes étaient donc une fort bonne idée, hein). Ophélie rencontre enfin Farouk, l'esprit de famille du Pôle. Mais ça ne se passe pas tout à fait comme prévue pour elle. La voilà propulsée Vice-Conteuse du Pôle pour son plus grand malheur. Et si ce n'était que ça. Thorn et elle se font proprement la gueule, elle reçoit des menaces de mort d'un certain Dieu (rien que ça, oui) et des gens disparaissent dans l'endroit le plus sécurisé de toute l'arche.Vous pensiez que c'était tout ? N'oubliez pas qu'Ophélie a la poisse. Sa famille presque en entier compte bien débarquer pour la voir. Autant dire que nous, lecteur, nous n'allons pas nous ennuyer.

Et effectivement, il n'y a pas un seul moment où cela va arriver. J'ai dévoré le roman (dans la limite du raisonnable pour les heures de coucher, j'ai besoin de mes huit heures de dodo si je veux être opérationnelle le lendemain)(je ne suis pas opérationnelle depuis deux jours à cause du roman). Comme son prédécesseur, je me suis retrouvée avec un page-turner des plus efficaces dans les mains. L'écriture de Christelle Dabos est ici des plus efficaces. C'est frais, tantôt amusant, tantôt bien plus sérieux, parfaitement équilibré, en fait. Il faut aussi dire qu'au vu de tous les rebondissements  qu'il peut y avoir, on ne peut que tourner les pages pour savoir ce qu'il va se passer.

D'ailleurs parlons-en de l'histoire. Si dans le tome un, on pouvait voir des complots se mettre en place, ici, on est en plein dedans. Je suis ravie de voir les illusions, faux-semblant et complot revenir sur le devant de la scène. Encore plus si on y ajoute une enquête qui n'est pas de tout repos, une mère animiste pas vraiment contente du traitement qu'on inflige à sa fille et des personnages qui ont bien du mal à se dire ce qu'ils ont sur le cœur. On quitte aussi un peu la Citacielle pour découvrir les Sables-d'Opale, charmante petite station balnéaire. Encore une fois, l'univers de Christelle Dabos est foisonnant de détails, comme son histoire. Faites attention, lecteur, rien n'est laissé au hasard, ni élément de l'histoire, ni détails dans le décors. 

Et enfin, il y a les personnages. Ophélie reste plutôt égale à elle-même. Il faut atteindre un peu pour qu'elle se fasse entendre et surtout pour que ses envies et décisions soient prises en compte, même par elle. C'est plutôt Thorn ici qui va prendre un peu plus d'importance. J'aime beaucoup ce personnage et son apparente froideur. Je l'ai trouvé touchant ici. Pas forcément moins sûr de lui (tout dépend pour quoi en fait), mais surtout touchant dans sa détermination. Sans parler qu'on va découvrir deux trois choses sur pourquoi il est comme Ophélie le voit qui ajoute vraiment au personnage. Il est par contre dommage qu'on ne voit pas plus Berenilde et Roseline, tout comme Archibald. Mais la présence des parents d'Ophélie me fait oublier ce petit désagrément (la mère d'Ophélie prend beaucoup de place même si elle n'a pas forcément tant de ligne que ça de présence). 

Et puis, il y a toute la partie du roman qui tourne autour de la mémoire. On la trouvait déjà un peu dans le premier tome avec les pouvoirs d'Ophélie. Ici, elle devient bien plus centrale et prend beaucoup d'importance. Que se soit la mémoire perdue de Farouk, celle de Thorn ou bien celle des objets, elle rythme l'histoire. C'est un thème intéressant et plutôt bien traité ici (rappelons que nous sommes sur un livre dit jeunesse) que se soit pour la mémoire d'un seul individu ( Farouk souffre quand même d'un sérieux Alzeihmer qui lui fait tout oublier et l'oblige à tout marquer sur un carnet) ou celle plus collective (personne ne se souvient de ce qu'il a pu se passé pour que le monde soit comme il est).

Au final, ce fut une très très bonne lecture qui a prit fin trop vite. Cette série me plait de plus en plus et j'ai hâte de pouvoir la continuer (vivement la sortie du dernier tome en poche quand même)(non, je ne dépareillerais pas ma collection). 

mardi 4 juin 2019

Les Fiancés de l'Hiver, La Passe-Miroir, tome 1, Christelle Dabos

J'arrive après la bataille, comme toujours. Je découvre enfin la saga de la Passe-Miroir, vingt ans après tout le monde et alors que le quatrième tome est annoncé pour novembre (le 28, plus précisément). Mais vaut mieux tard que jamais non ? 

Les Fiancés de l'Hiver, La Passe-Miroir, tome 1, Christelle Dabos

Editeur : Gallimard
Collection : Pôle fiction
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 608

A lire si : 
- Vous voulez une bonne saga fantasy
-Vous voulez une saga jeunesse mais pas trop non plus

A ne pas lire si :
- je sais pas...

Présentation de l'éditeur : 

Sous son écharpe élimée et ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Elle vit paisiblement sur l'Arche d'Anima quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons. La jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. À quelle fin a-t-elle été choisie ? Pourquoi doit-elle dissimuler sa véritable identité ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d'un complot mortel.

Mon avis

Comme je le disais, c'est vingt ans après tout le monde que je me lance enfin dans la Passe-Miroir. Et je me demande bien pourquoi j'ai attendu aussi longtemps. Ma mère m'a offert les livres pour mon anniversaire en mars (disons que j'ai choisi surtout). Et puis, le tome (et son successeur, vu que j'ai eu les deux) ont traîné dans les étagères de ma bibliothèque. Sauf que la dite bibliothèque est en ce moment même complètement vide vu que je ne peux pas la bouger pleine (elle pèse bien trois tonnes) et qu'on fait des travaux de peintures à la maison (oui, je raconte ma vie, et alors ?). Mes bouquins sont entreposés dans le bureau de mon chéri et je pioche parmi ceux que je peux facilement attraper depuis déjà un mois. Et donc, les Fiancés de l'Hiver était en haut d'un des piles (oui bon, je l'ai un peu fait exprès aussi hein). Bref, je me suis enfin lancée (et je regrette d'avoir pris la version poche parce que je vais devoir attendre longtemps avant de pouvoir lire le tome 4...).

J'ai toujours un peu peur des sagas qui ont remporté un franc succès, surtout quand c'est des sagas dites jeunesse. J'ai mis par exemple beaucoup de temps à apprécier Harry Potter (dont je n'avais pas aimé le premier tome à ma première lecture(ni à la seconde d'ailleurs, heureusement, les autres tomes sont mieux))(Il en faut bien des gens comme moi, hein). Du coup, je me demandais si j'allais vraiment aimé cette saga et si j'avais pas fait une bêtise de prendre les deux premiers tomes. Bon, vu que j'ai râlé sur mon choix du format, vous vous doutez bien que ce n'est pas le cas. Et il y a plusieurs raisons à ça. On y va ?

La première, c'est l'histoire. Nous suivons Ophélie, jeune animiste pouvant lire les objets mais aussi passer à travers les miroirs, alors qu'on vient de la fiancer à un homme qu'elle ne connait pas et qu'elle doit suivre à la Citacielle, loin de chez elle. Arrivée au pôle, elle va découvrir un monde froid, âpre et dangereux. Dans la Citacielle, tout est illusion, faux-semblant et complot (vous le sentez venir, hein) et la jeune femme va avoir bien du mal à se faire une place. Pour un roman dit jeunesse (spoiler alert ou pas d'ailleurs, il n'est pas totalement jeunesse), je trouve que les Fiancés de l'Hiver ont tout pour me plaire. Il est rare de trouver un tel niveau de maîtrise dans les jeux politiques dans ce genre de saga, mais comme je le disais, le roman n'est pas totalement jeunesse. C'est bien foutu, intriguant à soi et le fait que comme Ophélie on ne sache pas vraiment à qui se fier à la Citacielle ajoute beaucoup à une ambiance vraiment particulière. Rien que pour ça, j'ai aimé.

Or, ce n'est pas tout, Christelle Dabos a crée un univers fort sympathique, même si pour l'instant, nous n'avons vu que peu de celui-ci, les Fiancés de l'Hiver se passant presque totalement à la Citacielle et plus particulièrement dans le Manoir de Berenilde puis au Clairdelune, deux endroits où règnent l'illusion. Bref, même si nous en voyons peu, on sent l'univers ultra fouillé, que ce soit par la diversité des arches mais surtout sa mythologie. Bon, le tome étant le premier, nous n'avons pour l'instant qu'un aperçu, mais cet aperçu est déjà très bien. J'ai hâte de lire la suite pour tout l'univers, pour découvrir les pouvoirs des autres arches par exemple (dites-moi qu'on va en voir d'autres, s'il vous plait) mais aussi pour en découvrir plus sur les habitants du Pôle, de leur esprit de famille et tout ce qui va avec.

Enfin, vous l'aurez deviner, après l'histoire et l'univers, c'est aux personnages que je me suis attachée. Ophélie est particulièrement agréable à suivre et j'ai adoré découvrir cette jeune femme maladroite qui va se tailler son propre chemin dans un monde où on aimerait bien qu'elle reste à la place qu'on a défini pour elle. Thorn, son fiancé, est tout aussi plaisant. C'est un personnage qui nous reste assez mystérieux, on ne sait que peu de chose finalement sur lui, tout comme Ophélie. Petit à petit, on va découvrir un homme complexe, bien plus que ce que l'on pense. Et puis, il y a ceux qui gravitent autour d'eux. J'ai aimé Berenilde, beaucoup. La tante de Thorn a un côté fragile qui m'a beaucoup plus sous ses abords de féroce courtisane. J'ai apprécié la tante Roseline pour son franc-parler, Archibald pour sa désinvolture. Ils ont tous, même les petits rôles, un petit quelque chose qui fait qu'on va se rappeler d'eux. 

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ma lecture. Ça faisait un moment que j'avais pas été aussi enthousiaste sur ce genre de saga-là et ça fait du bien (surtout quand on sait que récemment la fantasy francophone a pris quelques balles perdues par certains qui pensent qu'elle ne vaut pas l'anglophone)(ce qui est complètement con vu qu'elles n'ont rien à voir)(mais je pourrais parler longtemps des problèmes que rencontrent la fantasy francophone et qui n'a finalement rien à voir avec sa qualité (pas vraiment comparable en fait) par rapport à l'anglophone). Les Fiancés de l'Hiver est un bon gros coup de coeur qui j'espère continuera avec sa suite (que je lirais bien de suite, mais que non, on va au moins intercaler un livre entre les deux). 


mercredi 13 juin 2018

Tortues à l'infini, John Green

Le dernier Green ne me laissait pas totalement indifférente sans pour autant m'attirer. Disons que si j'ai adoré Nos étoiles contraires (dont finalement, je préfére l'adaption)(chose tellement rare chez moi que ça mérite d'être dit), la Face cachée de Margo m'avait plus mais finalement pas tant que ça (avec le recul, je m'en rends un peu plus compte que lorsque j'ai écrit l'avis). Et puis, il a attéri dans ma PAL, alors autant le lire.

Tortues à l'infini, John Green

Editeur : Gallimard
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : Turtles All The Way Down
Année de parution en VO : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le Young-Adult
- Vous voulez une histoire finalement assez mignonne

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête

Présentation de l'éditeur : 

Aza, seize ans, n'avait pas l'intention de tenter de résoudre l'énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l'enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis.
Aza essaye d'être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles.
Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

Mon avis

J'avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour cet avis. J'ai plein de choses qui me viennent en tête. Le livre est mignon, l'héroïne plutôt sympathique dans son genre mais je m'attendais à mieux, à autre chose, je dirais. En fait, je ne sais pas trop. Tortues à l'infini n'est pas un mauvais livre, mais il n'est pas bon non plus. En fait, plus je lis de Young-Adult (et plus particulièrement les recommandations de Cindy Van Wilder sur Twitter et les auteurs français), plus je trouve que les "stars" de ce genre ne me font pas rêver avec leurs romans. Disons aussi qu'à mon âge, je ne cherche pas forcément ce qui va faire rêver la midinette de quinze-seize ans, mais un vrai discours derrière l'histoire.

Tortues à l'infini a un vrai discours, je ne dis pas le contraire. Il nous parle des TOCs (trouble obsessionnel convulsif), de la manière dont il affecte la vie d'Aza, l'héroïne du roman, de la perte d'un être cher (ici, le père), de l'amitié aussi. Il le fait à la manière de John Green, sans trop en faire mais sans non plus entrer dans les détails. Mais avant de parler de ce que j'aurais voulu voir et qui finalement me chiffonne un peu, parlons du roman.

Aza Holmes a seize ans, vit avec sa mère, souffre de pensées intrusives. Sans ses problèmes de santé, elle serait presque une jeune fille normale. Elle a son tout petit groupe d'amis, dont Daisy, autrice de fan-fiction sur Star Wars et Mychal, futur artiste. Jusque là, si on omet qu'elle se perd souvent dans des pensées dévastatrices pour elle, tout va bien. Jusqu'au jour où un homme d'affaire milliardaire disparaît. Daisy se met en tête de récupérer la récompense pour quiconque aura des infos et envoie Aza, sa meilleure amie, renouer avec Davis, le fils du milliardaire. Aza se fait un peu prier et puis finalement, elle va se laisser convaincre, et va commencer sa relation avec Davis. Oui, parce que c'est un peu le fond du sujet, bien plus que l'enquête pour retrouver le père du jeune homme (on n'y reviendra qu'à la fin). En fait, le fond du sujet, ce sont bien les relations qu'Aza a avec elle-même et les autres. On plonge dans les affres de l'adolescence avec les premiers amours, les premières grosses disputes entre amis et j'en passe. Et puis, dans tout ça, il y a la maladie d'Aza qui vient encore un peu tout compliqué.

Alors, oui, c'est toujours mignon les premiers amours. Oui, les héroïnes comme Aza ne sont pas très fréquentes et pour les personnes ayant des troubles comme elle, c'est plutôt cool de pouvoir lire son point de vue (même si je le trouve trop peu explicite, enfin, je sais pas trop comme dire ça, disons que Green a voulu la rentre toujours plus sympathique là où il aurait pu nous montrer un peu plus ce qu'elle ressent). Mais il manque deux trois choses pour moi. On y va ?

Déjà, on nous vent une enquête qui n'est pas là, ne sert que de prétexte pour mettre Aza en relation avec Davis. En fait, ça m'a un peu chiffonner de passer la première partie du roman à chercher ce qu'il a pu arriver à Pickett puis de l'oublier complètement parce qu'Aza se met en "couple" avec Davis. Ensuite, Aza a une maladie mentale (qui n'est jamais nommé d'ailleurs) mais elle ne sert finalement là aussi que de prétexte pour mettre en scène les personnages. Comme je le disais, c'est cool d'avoir ce genre de personnage-là mais j'aurais aimé qu'on entre plus dans le vif de ce sujet-là. Et enfin, il y a aussi les discours que tiennent tous ces jeunes de seize ans qui semblent en avoir souvent vingt de plus. Je veux bien qu'on puisse être mature, mais là, c'est un peu trop. Du coup, on perd tout de même pas mal de fraîcheur. Enfin, un dernier défaut pour moi, qui vient, il faut le dire, de mes précédentes lectures. Où est la diversité ? Green évolue dans un monde entière blanc et hétéros. Je n'ai rien contre mais ça m'a fait un peu étrange. C'est qu'on s'habitue vite à avoir des personnages plus diversifiés. J'ai eu l'impression de revoir les mêmes personnages que dans la Face cachée ou Nos étoiles contraires. A vrai dire, j'ai presque eu l'impression de lire la même histoire que dans les deux autres et ça, ça fait un peu mal. 

Au final, je ne me suis pas ennuyée en lisant le livre mais je n'ai pas non plus était emportée comme j'avais pu l'être par Nos étoiles contraires. Je n'ai pas vraiment ressenti d'émotion à ma lecture. J'ai bien aimé Aza, Daisy (quel dommage finalement qu'on ne la voit pas plus que ça, elle est pétillante à souhait) et Davis mais sans m'y accrocher plus que ça. Du coup, pour moi, c'est une petite déception alors qu'à vrai dire, je m'y attendais un peu (même problème de manque de profondeur que pour Margo et forcément ne sera jamais aussi  bien que nos étoiles). Ça se laisse lire mais ça ne reste pas. 

mercredi 15 avril 2015

La Face Cachée de Margo, John Green

J'avais adoré Nos Etoiles Contraires et j'avoue que je voulais voir ce qu'avait pu écrire son auteur avant ça. J'ai jeté mon dévolu sur la Face Cachée de Margo, l'un des seuls dont la quatrième me parlait.

La Face Cachée de Margo, John Green

Editeur : Gallimard
Collection : Scripto
Année de parution : 2009
Titre en VO : Paper Towns
Année de parution en VO : 2008
Nombre de pages : 388

A lire  si :
- Vous aimez les histoires d'adolescents
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous voulez une histoire en jeu de piste

A ne pas lire si :
- Vous voulez un roman qui ne soit pas iniatique

Présentation de l'éditeur : 
Margo Roth Spiegelman, le nom aux six syllabes qui fait fantasmer Quentin depuis toujours. Alors forcément, quand elle s'introduit dans sa chambre, une nuit, par la fenêtre ouverte, pour l'entrainer dans une expédition vengeresse, il la suit. Mais au lendemain de leur folle nuit blanche, Margo ne se présente pas au lycée, elle a disparu. Quentin saura-t-il décrypter les indices qu'elle lui a laissé pour la retrouver ? Plus  il s'en approche, plus Margo semble lui échapper...

Mon avis :

Parler de l'adolescence, et plus particulièrement du passage à l'âge adulte, n'est jamais très simple. C'est un moment qui différe d'une personne à l'autre, que chacun vit à sa manière. John Green a essayé de le faire ici et il ne s'en sort pas si mal au final. Quentin a toujours été amoureux de Margo, depuis leur enfance. Si enfants, la jeune fille jouer avec lui, elle ne le fait plus depuis des années et un évènement particulier. Alors, il la regarde de loin, espérant que leur amitié et même plus revienne. Voilà qu'une nuit, elle va l'entrainer avec lui dans une expédition vengeresse. Il commence à croire que son rêve va se réaliser. Sauf qu'elle fugue, une nouvelle fois, le lendemain. Il se décide à partir à sa recherche grace aux indices qu'elle lui laisse. 

Notre "héros" est un garçon de dix-huit tout ce qu'il y a de plus basique. Ni  populaire, ni impopulaire, juste normal. Il est ami avec Ben, un garçon plutôt looser et Radar, accro à Omnictionary (sorte de Wikipédia). Dans leur lycée, il passe finalement assez innaperçu. Ce n'est pas le cas de Margo, fille populaire et mystérieuse. Les personnages sont, malheureusement pour moi, un peu trop stéréotypés comédie lycéenne américaine. Pourtant, surement parce que j'aime tout de même un peu ce genre là, cela ne me dérange pas trop. IL faut dire que si l'on gratte un peu leur carapace de stéréotype, on découvre des personages un peu plus profond. Pas trop tout de même, si ce n'est pour Margo. 

Si Margo n'apprait réellement que dans la première partie du livre et un peu sur la fin, elle reste le personnage principal de ce livre. Du moins, le personnage central. C'est à cause d'elle que Quentin va partie à se racherche mais aussi, finalement, à la recherche de qui il est réellement. Car le livre tourne sur cette idée. Nous ne sommes pas ce que les gens voient de nous. Si Margo parait comme une espèce de Déesse du lycée, celle que tout le monde écoute, celle qui commande, ce n'est pas forcément le cas. De plus, personne autour d'elle ne la voit comme elle se voit. Chaque Margo est différente et c'est à partir des visions que les autres ont d'elle qu'elle va se forger une personnalité publique bien loin de ce qu'elle est en réalité. Il en va de même pour Quentin, Ben, Radar ou encore Lacey, la meilleure amie de Margo.

c'est vraiment sur cette partie, mise en relation avec les villes de papier de Margo, que se trouve la réflexion du roman. Qui sont les gens que l'ont croisent, à qui l'ont parle, qui sont-ils réellement ? John Green ne donne pas vraiment sa réponse, il laisse le loisir aux lecteurs de le faire pour lui. C'est un parti pris vraiment interessant, surtout sur un livre YA. Avec les indices que Margo va laisser pour Quentin, le jeune homme va finir par se faire une autre idée d'elle,, peut-être plus proche de ce qu'elle est réellement. 

D'ailleurs, la partie jeu de piste de son enquête pour retrouver la jeune fille est particulièrement interessante. J'ai adoré comment Margo brouille les pistes, comment elle le mène où elle veut. Finalement, si la jeune femme ne se comprend pas vraiment elle-même, elle ne comprend pas plus Quentin et les autres. Un peu comme pas mal d'adolescent dans la "vraie vie". C'est là que l'auteur a réussit son pari. IL donne vraiment vie à ses personnages, en faissant plus que de simples garçons et filles de papier.

Finalement, je dois bien dire que le livre se lit vite, mais qu'il reste longtemps en tête. Malgré beaucoup de stéréoype américains (le bal de fin d'année, la brute, le joueur vedette, la remise des diplomes...), on trouve un discours vraiment bien foutu qui parlera à beaucoup. Par contre, je dois avouer que même si le titre en VF est assez explicite, je lui préfére celui en VO, Paper Towns, plus poétique...