lundi 21 octobre 2019

Le Vent d'ailleurs, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

J'arrive doucement à la fin de mon intégrale de Terremer (et autant je déprimais de ne pas me voir avancer dedans alors que j'en étais au troisième roman, autant là, je déprime de savoir que je vais quitter l'univers). J'ai fini le dernier roman. Il ne me manque que quatre nouvelles à lire avant de refermer mon gros pavé vert pour un temps.

Le Vent d'ailleurs, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : 2001 pour le Vent d'ailleurs
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Le Vent d'ailleurs est le dernier tome de Terremer. C'est avec une petite émotion que je l'ai lu, sachant à quel point j'ai aimé l'univers. Heureusement pour moi, l'intégrale comporte trois nouvelles de plus et quelques bonus. D'ailleurs, l'un de ceux-ci sera aussi présenté ici, à savoir la toute petite description de Terremer. Mais avant ça, parlons du roman.

Le sorcier Aulne débarque un jour sur Gont. Il se présente à Ged et lui raconte son étrange histoire. Toutes les nuits, il va jusqu'au mur qui délimite la Contrée Aride. Toutes les nuits, les morts l'appellent. Pourquoi ? Il ne sait pas. Mais Ged ne peut pas lui donner de réponse. Alors, il l'envoie à Havnor, où se trouve Tenar et Tehanu ainsi que Lebannen. Là, peut-être aurait-il ses réponses. Mais en Havnor, d'autres problèmes se posent. Déjà, Lebannen doit compenser avec la fille du Roi Kargue, ensuite, les dragons viennent de plus en plus vers l'ouest, causant pas mal de trouble. Et si l'étrange comportement des dragons et les rêves d'Aulne étaient en fait lié ? Si Terremer était en train de changer ?

Avec Tehanu, on l'avait senti venir, le changement. Un peu plus encore en lisant la nouvelle Libellule. La magie de Terremer changeait. Les morts revenaient de la Contrée Aride, les dragons vivaient parmi les hommes, en prenant même l'apparence. La magie n'est plus stable, et ça, les mages de Roke l'ont bien compris. Pourtant, ils ne font pas grand chose, encore perturbé par ce qu'il s'est passé durant Libellule (et c'est là qu'on comprend pourquoi les contes de Terremer sont réellement un quatrième tome et pas juste un recueil tout simple). C'est donc du côté de Tehanu, du roi et d'un simple Raccommodeur que l'on va se tourner.

Une nouvelle fois, le roman semble prendre son temps sans toutefois le faire. J'apprécie vraiment ces chapitres calmes, où l'on regarde la vie passée simplement. Les premiers chapitres, où l'on découvre Aulne à Gont sont particulièrement reposant. Et pourtant, il se passe peut-être autant de chose que dans le reste du roman. C'est dès ces chapitres que l'on se rend compte que quelque chose change en Terremer. Un changement qui se confirme à l'arrivée en Havnor. C'est d'abord juste une impression, qui se confirmera petit à petit, au grès des discutions entre personnages. Des personnages assez divers, d'ailleurs. Si on en connait déjà certains, comme Lebannen, Tenar et Tehanu, on en découvre d'autres, comme Aulne ou la princesse Kargue. En fait, pour ce dernier roman, l'autrice a décidé de rassembler tous les peuples de Terremer. Le choc des cultures a bien lieu, mais de manière douce, comme a pu l'être tout Terremer. Oui, il y a des incompréhension, la plus grosse étant entre Lebannen et la princesse, mais rien d'insurmontable lorsqu'on reçoit les bons conseils (Tenar se fait "mère" pour les deux, et, comme toujours, elle est formidable de par sa tolérance et sa bienveillance). Le changement se fait aussi par les personnages. Les Kargues vont se rapprocher des Hardiques, les mages vont prendre conseils auprès des dragons, des sorciers et des Pelniens. Cette entende a quelque chose de merveilleux (on pourrait pas avoir un truc vaguement ressemblant en ce moment ?). 

Comme je le disais, le roman prend son temps, une fois encore. Et une fois encore, on ne le voit pas passer. Il est prenant, ce Vent d'Ailleurs. Il est dense aussi, peut-être plus que les précédents. Il faut dire qu'il aborde un thème qui peut-être vu de bien des manières, à savoir la vie et la mort. Forcément, il est toujours question d'un certain équilibre, comme toujours dans les romans de Terremer. Après tout, l'équilibre est un des piliers de l'archipel. Or, depuis l'Ultime Rivage, on sait qu'il est en danger. Là où l'autrice fait fort, c'est d'inverser la donne. Alors que dans l'Ultime Rivage, on est sur un sorcier cherchant l'immortalité, ici, on va découvrir qu'en fait, Cygne, et les hardiques, l'avaient déjà, la dite immortalité (c'est un peu alambiqué, mais en lisant le Vent d'ailleurs, on comprend bien mieux). C'est en mettant en parallèle légendes et contes que l'on va comprendre ce qu'il se passe, pourquoi Aulne rêve des morts et du mur, pourquoi les dragons envahissent l'ouest et ce qu'il faut faire pour que cela cesse. C'est du passé que vienne les réponses, et j'aime particulièrement cette vision-là. Terremer et les personnages qui l'occupent, ont toujours eu un œil sur le passé pour mieux comprendre ce qui leur arrive. Je trouve que ça va aussi parfaitement avec cette idée de réincarnation qu'on retrouve souvent dans les autres romans (et surtout lorsque Tenar est présente dans les dits romans)

Le Vent d'ailleurs marque une fin. C'est marrant, je n'ai pas envie de dire la fin (alors qu'avec le décès de son autrice, Terremer n'aura jamais de suite). C'est la fin du monde tel qu'il était connu durant les précédents romans. On la sentait venir, cette fin, entre un Ged ayant perdu ses pouvoirs, une Irien ou une Tehanu parcourant le monde sous forme humaine et surtout un nouveau roi sur le trône d'Havnor. Le Vent d'ailleurs est une belle fin. 


Description de Terremer
Comme je le disais, l'intégrale ne finit pas avec le Vent d'Ailleurs. Si je compte chroniquer les trois nouvelles supplémentaires prochainement, j'ai lu la petite description de Terremer à la suite du Vent d'ailleurs. Ces quelques pages sont là pour remettre un peu tout en place, que se soit l'Histoire de Terremer, ses peuples ou encore son système de magie.

Je dois bien dire qu'on apprend finalement peu de chose dans cette description. Tout ce qui est dit dedans a déjà été dit, si ce n'est une petite partie sur le premier archimage (qui devait beaucoup en vouloir aux femmes vu qu'il les dégage complètement de l'école de Roke et en fait de viles sorcières). Pour moi, cette description de Terremer n'est finalement pas si interessante que ça (comme souvent avec certains bonus dans ce genre)(heureusement que c'est pas un lexique comme on peut en trouver souvent). Ça reste du bonus fort sympathique.


mercredi 16 octobre 2019

Nuit et Jour, Virginia Woolf

Je n'ai peut-être pas choisi le bon moment pour lire un Virginia Woolf, pas avec de la fièvre et une somnolence accrue dut à mes traitements. J'ai mis un moment à le lire, et je ne suis pas sûre d'avoir tout compris parfois mais ce n'est pas grave, j'ai tout de même l'essentiel.

Nuit et Jour, Virginia Woolf

Editeur : Folio
Collection : Classique
Année de parution : 2017 pour cette édition
Titre en VO : Night and Day
Année de parution en VO : 1919
Nombre de pages : 720

A lire si :
- Vous aimez Virginia Woolf
- Vous voulez une chronique des jeunes anglais du début du siècle

A ne pas lire si :
-Vous n'aimez pas prendre le thé.

Présentation de l'éditeur :

Mêlant comédie de moeurs et satire de la société anglaise à la vieille de la Grande Guerre, ce deuxième roman de Virginia Woolf raconte l'éducation sentimentale de jeunes gens confrontés au choix entre une existence confortablement ancrée dans le passé et l'aventure de l'inconnue. Hésitations devant l'amour et le mariage, rapports complexes au milieu familial et aux ainés... D'une surprenante drôlerie, entre ironie et nostalgie, il dépeint un monde, celui de  l'avant-guerre, qui paraissait déjà lointain en 1919.
A la violence et à la confusion du réel, Viriginia Woolf oppose la sécurité d'un univers fictif familier et la cohésion d'un récit bine agencé. Oeuvre dun sujet en miettes dans un monde en chaos, Nuit et Jour est la tentative, désespérée et superbe, de réconcilier "la part de soi qui agit à la lumière du jour, et la part contemplative et sombre de la nuit".

Mon avis

Avant de commencer, je n'avais pas lu la quatrième de couverture jusqu'à ce que je le tape ici. Et, heu, comme dire, j'ai ris pour la seconde partie de celle-ci. Je ne sais pas qui l'a écrit mais mettre de ce grand mot pour Nuit et Jour et son histoire me semble un peu trop ampoulé en fait. Et pourtant, sachant qu'elle écrivit le roman après une de ses nombreuses dépressions, qu'elle y a mit beaucoup d'elle dedans, ce n'est finalement pas si faux. Mais passons sur cela et parlons un peu du livre.

Le livre commence par la rencontre entre Katharine Hillbery, jeune femme issue d'une famille connue et reconnue dont le grand-père était un poète très connu, et Ralph Denham, jeune homme d'une famille modeste écrivant parfois pour la revue de Mr Hillbery. Une rencontre qui ne se passe pas forcément très bien entre les deux jeunes gens de prime abord mais qui portant va être le point de départ de tout le roman. Car les deux jeunes gens vont être nos guides dans ce Londre de 1919 et c'est à travers leurs yeux que nous allons suivre cette petite aventure. Viendront s'ajouter trois personnages de plus, Mary Datchet, jeune femme proche des suffragettes, William Rodney, fiancé de Katharine et poète ainsi que plus tard, Cassandra, la cousine de Katharine. 

 Je crois l'avoir déjà dit dans un de mes avis sur une des oeuvres de Virginia Woolf, mais j'adore particulièrement la manière dont elle dépeint les gens. C'est à souvent plein d'humour, assez critique et en même temps elle a une certaine bienveillance envers eux qui fait qu'on va de suite les apprécier à notre tour. C'est ce qu'il arrive avec Katharine, qui est basée sur bien des aspects sur la sœur de l'autrice Vanessa mais aussi sur elle-même. Alors qu'on peut la trouver froide et guindée au départ, on découvre petit à petit une femme sensible et voulant sortir de ce que sa condition (de femme et de membre de la haute société) lui impose. J'ai aimé voir la si parfaite Katharine se perdre dans le méandre de ses émotions. Il en va de même avec Ralph, qu'on pourrait trouver médisant, ingrat aussi un peu, au début du roman. Le personnage, basé sur Leonard Woolf, l'époux de Virginia, est bien plus que cela. Le voir évolué dans un monde qui n'est pas tout à fait le sien a quelque chose de rafraîchissant. Il est bien plus complexe par exemple que William Rodney (du moins pour moi), plus intéressant aussi par sa manière de voir les autres. Il en va de même pour Mary durant une partie du roman. Elle est tellement différente de Katharine et des gens qui l'entourent qu'elle offre une vrai bouffée d'air frais.

Mais Mary n'est pas que ça. Virginia Woolf était une féministe convaincue. Le personnage de Mary lui permet de passer du côté des femmes travaillant. Mary est dans une association proche du mouvement des suffragettes. Elle y écrit des tracts, y prépare des réunions, combat pour le droit de vote des femmes... Même si on est encore loin de la suffragette partant au combat (je rappelle que les suffragette n'étaient pas pacifistes, loin de là même) mais on commence à voir les luttes pour un égalité entre hommes et femmes dans les discutions qu'elle a avec les membres de son association ou dans la manière dont elle se compare parfois avec Katharine. Une Katharine qui n'est pas en reste non plus. La jeune femme est passionnée de mathématique, se pose des questions sur la vie maritale et sur sa place tout court. Elle est tout aussi passionnée par ses questions par Mary sans aller jusqu'à son engagement. Ce l'un des thèmes du roman qui forcement m'a parlé et que je trouve particulièrement bien traité par une Virginia Woolf assez critique. 

En parlant de critique, c'est une chose à retenir ici. L'autrice aime à pointer du doigt les problèmes de son époque avec un certain humour. C'est encore une fois ce qu'elle fait de manière truculente. J'aime sa manière d'analyser son époque mais surtout les gens qui évoluent autour d'elle. D'ailleurs, Nuit et Jour m'a souvent fait penser à du Jane Austen dans cette manière de parler de son époque (Austen le fait aussi très bien, se moquant beaucoup des travers de son temps tout en en jouant).

Enfin, concluons donc par l'approche classique du roman. Ici, nous ne sommes pas encore dans le courant de pensée qui caractérisera les œuvres suivantes de l'autrice (la Chambre de Jacob étant le roman suivant et le dernier à suivre une approche presque conventionnelle). On le découvre un peu mais nous suivons une histoire faite de chapitres classique à l'avancée qui l'est tout autant. Ce n'en est pas moins un très bon roman qui je pense, reste accessible à beaucoup (la preuve, je sais très bien que je n'aurais jamais réussi à lire les Vagues ou Vers le Phare avec quatre jours de fièvre alors que j'ai réussi à le faire avec Nuit et Jour)(du moins que je les aurai bien moins apprécié et compris). N'ayant pas encore lu son tout premier roman, je dirais que celui-ci est très bien pour avoir une bonne approche de l'autrice. C'est donc, comme toujours, ravie d'avoir pu retrouver Virginia Woolf que j'ai lu ce long roman. Il me conforte (mais le fait-il vraiment ?) dans mon admiration pour l'autrice qu'elle était. 

PS : par contre, quel dommage que cette collection Folio s'obstine à mettre les notes en fin de livre et pas en bas de pages...

mardi 15 octobre 2019

Lame Exilée, Assassini, tome 3, Jon Courtenay Grimwood

J'ai une angine pas possible. Depuis une semaine, c'est la catastrophe à la maison niveau maladie. Après un beau virus pour moi, ma fille a eu une angine qu'elle a fini par me filer. Forcément, comme j'étais déjà affaiblie, ça a empiré. Le plus amusant ? (si on veut), ma mère a aussi une angine pour avoir gardé la demoiselle mardi... Bref, j'ai pas pu lire pendant trois jours à cause de la fièvre et autant dire que reprendre mon Virginia Woolf en court n'était pas possible. J'ai donc fini la saga Assassini.

Lame Exilée, Assassini, tome 3, Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2015
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 2: The exiled blade 
Année de parution en VO : 2013
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

L’hiver recouvre Venise de ténèbres, la glace fige les canaux et un millier de fantômes errent à la lisière des ombres. L’attentat brutal qui frappe le fils de dame Giulietta replonge Tycho dans les dangereuses intrigues de cour. Pour Giulietta, il traquerait les responsables jusqu’au bout du monde. Alors que Venise se trouve à deux doigts de la guerre civile, les querelles intestines se multiplient et la lutte pour le pouvoir s’intensifie. Quelles sont les forces à l’oeuvre dans ce jeu de dupes ?

Mon avis

Rappelez-vous, j'avais eu de grand doute à la fin de ma lecture du premier tome qui avait été presque totalement balayé par celle du second tome. Je découvrais alors une saga qui était bien meilleure que ce que je n'aurais pensé une fois que son auteur avait pris ses aises. Quand est-il donc de ce troisième tome ?

Venise s'apprête à affronter le pire hiver qu'elle connaisse. Les eaux de la lagune commence à geler, à tel point que l'on peut y marcher dessus. Le duc Alonzo s'apprête à partir de la ville, bannie par sa belle-soeur, la duchesse Alexa. Mais l'homme ne compte pas se laisser faire. Le jour de son départ, il épouse Maria di Dolphini, l'une des plus riches héritières de la ville, qui semble être enceinte de lui. Mais surtout, il va kidnapper le prince Leo, l'échangeant contre un autre gamin qu'il fait assassiner. Guiletta sombre, droguée par sa tante qui tente de trouver une solution. Tycho part pour le Montenegro à la recherche d'Alonzo et de Leo en compagnie d'Amelia. Pendant ce temps, à Venise, le prince Frederick va petit à petit redonner espoir à Guiletta avec l'aide d'un duc Marco pas si Niais que cela. Dans l'ombre, Alexa continue de tirer les ficelles, espérant réussir à offrir un avenir à son fils et à sa nièce, quoiqu'il arrive.

Si le second tome m'avait plu pour les nombreux complots qu'ils s'y tramaient, ce troisième tome parait presque plus simple. Nous avons bien du complot, après tout, nous sommes toujours à Venise (ou presque, disons que nous restons en territoire vénitiens). Mais bien qu'important par rapport au déroulement de ce troisième tome, il est passe presque au second plan, que se soit côté Alonzo (qui kidnappe Leo pour le faire passer pour l'enfant qu'il aurait eu avec Maria) ou côté Alexa (plus compliqué celui-ci et spoilant un peu trop pour le sortir noir sur blanc ici), ils sont finalement bien terne par rapport à ce que nous avons déjà pu voir. Disons surtout qu'ils sont cousus de fils blanc ce qui est étonnant vu les précédents tomes. Est-ce si important ? Et bien, pour le coup, cela m'a un peu fait penser au premier tome et à ses ficelles un peu trop brouillonnes. Heureusement pour moi, il n'y a pas que ça.

Une fois encore, les personnages prennent une grande place dans le roman. C'était quelque chose que j'avais apprécié dans le second tome et que j'apprécie toujours autant. Bien que la série devrait s'intéresser à Tycho (je dis ça par rapport au nom de la série), j'ai eu l'impression que ce dernier tome était celui de Guiletta. Tout  ce qu'il va se passer dans ce tome va se passer pour et par elle. A tel point qu'elle va carrément éclipser ce cher Tycho pendant une bonne partie du roman. Ça n'aurait pas été pour me déplaire d'ailleurs si elle ne passait pas une bonne partie de son temps à se morfondre pour tel ou telle raison, celle revenant plus souvent étant son choix entre Tycho et le prince Frederick. Un Frederick que j'ai bien aimé découvrir mais qui reste tout de même assez lisse par rapport aux autres personnages. Peut-être parce qu'il est le plus candide de tous (pour un loup-garou, ça reste quand même étrange). Et puis, il y a Marco. Le jeune duc se révèle enfin comme nous l'avons toujours pensé, c'est à dire bien plus sain d'esprit que ce qu'il en donne l'air.  On finira par Tycho, toujours égal à lui-même et un peu plus torturé qu'à l'habitude. Mais, comme je le disais, il est moins présent et finalement a réussi à me manquer la plupart du temps. Quant aux autres, comme Amelia, Alexa ou même Alonzo, ils restent presque anecdotique dans ce tome-ci (et je ne parle pas de Rosalyn qui offre l'entrée en scène la plus deux ex machina du bouquin pour ne finalement pas servir à grand chose).

Je rapproche par contre au roman une fin assez tirée par les cheveux à mon avis. Grimwood a semblé vouloir se servir de toutes les idées lui passant par la tête sans jamais y aller à fond ou jusqu'au bout. Une remarque déjà faite dans le tome un d'ailleurs. Mais là, durant les deux batailles de fin, c'est encore plus énorme. Alors, je comprends qu'il faille remplir des pages et mettre du suspens mais là, c'est un peu trop. Du coup, j'avoue avoir été un peu lassé par la plupart des rebondissements durant le dernier tiers du livre (mention spéciale pour Rosalyn donc). Sans parler que les deux derniers chapitres sont tellement mais tellement prévisibles. 

Du coup, je finis quand même avec un petit gout d'inachevé pour Tycho et surtout un sentiment assez mitigé pour cette saga. Pourquoi ne pas avoir continué dans la même veine que le second tome, tellement mieux que le premier et celui-ci ? Mais surtout, pourquoi en avoir fait autant autour de Guiletta et de la dernière bataille, au point de revenir à cet aspect si brouillon et fourre-tout qui m'avait tant déplu dans le premier tome ? Assassini aurait vraiment pu être une très bonne saga, alliant vampirisme, gothique, Venise, complot et amour, son auteur en fait malheureusement parfois (souvent) un peu trop. 

mardi 8 octobre 2019

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel

Je suis tombée un peu par hazard deux fois sur cette bande dessinée hier. La première fois, c'est sur l'instagram de Cécile Duquenne. La seconde, c'est à la librairie alors que j'allais récupèrer le tome des Légendaires pour Poupette. J'ai donc craqué, surtout qu'au feuilletage, ça avait l'air fort bien, et je l'ai lu tranquillement à la maison dans la soirée.

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel 

Editeur : Glenat 
Collection : log-in
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 80

A lire si : 
- Vous voulez du steampunk
- Vous voulez de beaux dessins
- Vous aimez les enquêtes

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça va un peu trop vite

Présentation de l'éditeur : 

« Une information doit être écrite et partagée ». Dans tout l'Ouvremonde, Darryl est une légende, le plus grand des journalystes du Veilleur. Ayant le pouvoir de traverser les réalités et de voyager dans le « monde gris », il est devenu célèbre pour les articles qui rendent compte de ses aventures. Mais Darryl n'est pas qu'un aventurier, il a aussi un devoir : informer. Et toutes ses certitudes sont sur le point d'être ébranlées le jour où il enquête sur la disparition d'un géant... La magie qui régule son monde serait utilisée à mauvais escient par un individu mystérieux et dont les intentions demeurent troubles. Le sujet du prochain article de Darryl est tout trouvé : découvrir qui se cache derrière tous ces mystères... Rémi Guérin et Krystel nous présentent un nouveau héros, aventurier reporter évoluant dans un monde empreint de magie. Une aventure merveilleuse portée par un héros charismatique en diable, quelque part entre À la Croisée des mondes et Harry Potter !

Mon avis

C'est ce matin, en cherchant la fiche de la bande dessinée sur Livraddict que je me suis rendue compte qu'elle faisait écho à un livre d'Olivier Peru (d'où l'apparition de son nom dans la BD, forcément). Je vous le dit de suite, je n'ai pas lu Darryl Ouvremonde sous sa forme de roman. Mais d'après ce que j'ai compris, il se passerait dix ans avant la BD et nous avons un infime aperçu de ce qu'il s'y passe dans le prologue de celle-ci (et ça donne très très envie de lire le roman, paru chez Michel Laffon). Mais passons à la bande dessinée elle-même.


Vous le savez, je craque rarement pour des bandes dessinées parce que j'ai toujours du mal à accrocher. Mais entre une couverture franchement belle, une promesse de steampunk et un avis plutôt bon de la part de Cécile Duquenne, ben j'ai craqué. Oui, parfois, il ne m'en faut pas beaucoup. 


Ce premier tome est là pour faire les présentations et il fait ça parfaitement. Il est toujours un peu compliqué de s'approprier l'univers d'un autre, je pense que Rémi Guérin et Krystel y sont arrivés avec ce premier tome. Nous entrons directement dans le vif du sujet, que se soit côté Kaelatt, la ville à l'ambiance Steampunk où évolue Darryl, ou à Salem, dans notre monde, où se trouve Julianne. Le lien entre les deux ? Les pouvoirs de Darryl, capable de passe d'un monde à l'autre mais aussi Dean, meilleur ami de Darryl et amoureux de Julianne. En suivant Darryl dans le début de son enquête sur la disparition d'un géant pour le Veilleur, on va découvrir petit à petit les mondes dans lequel il évolue mais aussi les relations entre les personnages. 

Des personnages auquel on s'attache déjà très vite d'ailleurs. Forcément, Darryl est celui que l'on suit le plus et étrangement, il semble aussi le plus mystérieux des trois. Journalyste (oui avec un y), il travaille pour que toutes informations soient transmises aux citoyens. Et dans ce domaine, grâce à son étrange pouvoir, il est sûrement le meilleur. Et autant dire qu'il profite de cette situation pour continuer à l'être. Pourtant, il cache sous cet aspect un peu crâneur de prime abord une certaine sensiblerie que l'on découvre lorsqu'il passe dans le monde gris. Un monde où il retrouve donc Julianne dont on ne sait pas grand chose pour le moment si ce n'est qu'elle semble mener une sorte de double jeu entre lui et Dean (ça sent le triangle amoureux d'ici peu). Quant à Dean, fantôme de son état, je dois dire que sa situation m'a émue (amoureux de Julianne sans vraiment savoir si c'est totalement réciproque, incapable de communiquer avec quiconque à part elle et Darryl au vu de sa condition de fantôme, éternellement bloqué dans la peau d'un adolescent... bref, la vie n'est pas rose pour lui) mais qu'il reste pourtant un peu en dessous des deux autres, sûrement parce que moins vue.

Si parfois la bande dessinée va un peu vite justement dans les relations entre personnages, je dois avouer que je me suis laissée prendre par l'histoire et ce que l'on commence à peine à découvrir. L'idée d'un "passeur de monde" n'est pas nouvelle mais j'aime beaucoup la manière dont elle est mise en oeuvre ici. J'apprécie surtout le changement d'ambiance entre les deux mondes, Kaelatt étant lumineux et Salem plus sombre, plus gris, allant parfaitement avec son appellation de monde gris d'ailleurs. L'ambiance est d'ailleurs particulièrement importante, d'un côté comme de l'autre. Et c'est là qu'entre en scène le talent de la dessinatrice, Krystel.

La bande dessinée est belle à voir. Mes deux photos ne lui rendent pas justice du tout (il fait sombre chez moi le matin) mais les dessins sont juste sublimes (et vous savez à quel point c'est important pour moi), que se soit au niveau des personnages, particulièrement expressifs ou pour les décors, particulièrement chargé et magnifique (sur la première photo par exemple, on peut voir une des illustrations sur laquelle j'ai passé un temps fou à chercher les références)(et il y en a beaucoup). Je ne connaissais pas du tout Krystel (bien que j'ai une autre BD d'elle dans ma wishlist depuis quelques années, à savoir ASH). Je pourrais vraiment passer des heures à regarder toutes les casses des 80 pages de cette bande dessinée. J'aime tout, que se soit le trait, les couleurs ou l'ambiance teinté de steampunk mais pas trop (ne vous attendez pas à des roues crantées partout ou de la vapeur, hein, c'est subtil et ça fait du bien).

Au final, je suis vraiment très contente d'avoir craqué pour ce premier tome et je sens que je vais avoir beaucoup de mal à patienter pour un tome deux (je rappelle que celui-ci vient juste de sortir hein). J'ai adoré son ambiance et la découverte de l'univers. J'espère que la suite serait tout aussi bonne. Et puis, je vais peut-être craqué pour le roman dans pas longtemps, pour avoir le début de l'histoire.


lundi 30 septembre 2019

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Bon, étant donc malade ce weekend, j'ai lu. D'où deux livres chroniqués le même jour (c'est couillon, mais à part quand je rentre de vacances, j'aime pas faire ça). En même temps, ce second tome d'Eden, tout comme le premier, se lit tellement facilement qu'on ne voit pas le temps passé avec lui. 

Les Fantômes du Nord, Eden, Tome 2, Blandine P. Martin

Editeur : Milady
Collection : Emma 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez de la romance

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas du tout de romance

Présentation de l'éditeur : 

Pour Eden, c’est l’exil… Après sa trahison lors de l’attaque du GUN, Eden est bannie : de la bonne société de Gemma, mais aussi de la communauté de rebelles qu’elle avait infiltrée. Elle est obligée de fuir dans la partie à l’extrême nord de la planète, plongée dans l’ombre et la neige, sur laquelle règnent des animaux aussi étranges que dangereux… Heureusement, Eden n’est pas seule dans cette épreuve, mais accompagnée de son entraîneur Henri, et de Rudy, ancienne Alpha elle aussi. Sur ces terres inhospitalières ils n’ont pas que les bêtes sauvages à craindre – car tapis dans la neige les guettent les fameux Fantômes, pourchassés par le GUN jusqu’aux confins du monde connu. Comment ces rebelles d’une autre trempe vont-ils traiter trois de leurs anciens ennemis ? Eden reverra-t-elle un jour Drago, le chef rebelle qu’elle a trahi ? Saura-t-il alors lui pardonner ? L’ex-alpha parviendra-telle à accepter les sentiments interdits qu’il a éveillés en elle ?

Mon avis

Le fait que la série est changé d'éditeur (passant de Bragelonne à Milady) et de collection (Emma étant à Milady ce que Snark est à Bragelonne) donne une idée de l'évolution de la série. Je ne sais d'ailleurs pas vraiment quand le changement a eu lieu précisément (surement à la création d'Emma en fait) mais il est vrai que Eden semble avoir plus sa place dans ce catalogue-là. Nous quittons la SF dystopique du premier tome pour de la SF dystopique avec beaucoup de romance dans le second. Personnellement, ça ne me gêne pas, vu que je l'ai vu arrivé gros comme une maison. Mais un peu de romance n'a jamais fait de mal à personne, pas même à moi. Bref, passons au roman.

Eden a trahi. Elle part en exil vers les terres du nord, espérant réussir à échapper et au GUN et aux rebelles. Elle y est traînée par Henri, son entraîneur et rejointe par Rudy, elle aussi hors la loi. Complètement déboussolée par ce qu'elle a fait et découvert, Eden sombre petit à petit dans la dépression. Et ça ne va pas aller en s'arrangeant lorsque les rebelles cachés dans la partie inhabitée de Gemma vont leur mettre la main dessus. Voilà la jeune obligée de cohabiter avec celui qu'elle a trahi et de refaire ses preuves face à au nouveau groupe de rebelle.

Bon, commençons par les choses qui fâchent, au moins, ça sera fait. Je ne sais plus où j'ai lu un truc qui disaient qu'on se fiche des moyens, pourvu que la romance fonctionne. On peut caler une guerre, des complots, n'importe quoi, les lecteurs n'auront cure de la véracité des choses tant que la romance fonctionne. Ben, c'est un peu ce qu'il se passe ici. Rien ne m'a semblé cohérent avec le statut d'Eden, Henri et Rudy suite au premier tome. Je rappelle quand même qu'ils ont trahi et le GUN et les rebelles. A quel moment les dits rebelles pensent réellement leur faire confiance pour une nouvelle attaque ? Parce que oui, après un petit interrogatoire avec sérum de vérité (solution de facilité donc), les trois deviennent membres importants de la résistance. Heureusement, Drago est peut-être bien le seul à ne pas leur faire confiance. Et encore, c'est surtout parce que son ego a été bien endommagé par Eden. J'aurais tellement préféré des moments un peu plus compliqué à ce niveau-là. Mais bon, c'est le jeu, et finalement, le contexte n'est qu'un contexte pour faire avancer l'histoire entre Eden et Drago.

Parce que oui, l’élément central est bien là. On va se concentrer sur Eden et Drago. Et je dois avouer que je me suis bien laissée prendre au jeu. Si on manque de cohérence dans l'histoire, leur petite histoire fonctionne pas mal. Déjà parce que Eden est quand même bien malmené. Sa dépression n'est pas totalement feinte, ses questions de plus en plus nombreuses et son envie de s'en sortir plutôt présente. Mais elle doute beaucoup, sur tout. Dont sur ce qu'elle peut ressentir pour le Norvégien, ce qui donne des passages assez sympathique. Quant à lui, on se rend compte qu'il n'est pas mieux. Il tente de la détestait sans y arriver et en plus de ça, on lui refile une mission pas super géniale. J'ai adoré les voir se tourner autour en sachant très bien comment ça allait finir. Et effectivement, vu que la romance fonctionne, on se fiche un peu de l'invraisemblance de l'histoire (n'empêche que c'est trop facile).

Enfin les personnages secondaires ne sont pas totalement en reste. Pas totalement parce qu'on oublie un peu la présence de Rudy ou Samuel par exemple (moi qui apprécie beaucoup Samuel), ce que je trouve dommage. Par contre, on découvre un petit nouveau, Emeric, chef des Fantômes du Nord. Un personnage assez imbu de lui-même mais plutôt sympa à suivre. Et puis, il y a Henry qu'on apprend enfin à connaitre et dont la relation avec Eden aurait mérité d'être un peu plus approfondi (peut-être dans le tome 3). Par contre, côté "méchant", on va quand même avouer que Fénicia est transparente, tout comme Lady Bonnaire, ce qui est assez dommage. 

Au final, j'ai bien aimé découvrir la suite de cette trilogie. Ce second tome est plutôt sympa à lire et surtout sans grosse prise de tête (parfait quand on est malade quoi). Il est juste un peu dommage qu'on passe d'une romance pas trop marquée à une vraie romance éclipsant tout le reste. Mais c'est le jeu, et franchement, il fallait s'y attendre avec le tome 1. A voir maintenant si le tome 3 sera un mix des deux ou va tourner réellement à la romance.

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Les contes de Terremer sont un peu à part dans le cycle. Le livre est en fait un recueil de nouvelles sur l'univers. Il permet un nouvel éclairage sur l'univers en lui-même. J'ai profité d'être bien malade (oui, enfin, si on peut dire que je profite de ça hein...) pour le finir rapidement (en gros, j'ai pas mis un mois pour le lire quoi)

Les contes de Terremer, Terremer Intégrale, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément entre 1997 et 2001 pour les nouvelles
Nombre de pages : 1800

A lire si
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur :

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Comme toujours avec un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune des nouvelles, surtout qu'ici, elles permettent l'exploration de plusieurs thèmes bien différents dans l'univers de Terremer.

Le trouvier
Le trouvier est la première nouvelle par ordre chronologique de l'univers. C'est d'ailleurs plus une petite novella (ou longue nouvelle) qu'une nouvelle. On y découvre les début de l'école de Roke mais surtout l'histoire de celui qui aida à la fonder et qui en devient l'un des gardiens.
L'histoire est donc celle de Loutre, jeune sorcier, de son esclavage dans les mines d'Havnor à la découverte de l'île de Roke jusqu'à ce qu'il devienne un vieil homme. Il est intéressant de voir qu'à ce moment-là, la magie n'est pas une histoire d'homme mais que les femmes y ont aussi accès. Elles ont d'ailleurs des rôles importants, que se soit dans la nouvelle ou à la nouvelle école de Roke.
C'est une nouvelle agréable à lire qui nous en apprend un peu plus sur la magie de Terremer mais aussi sur le passé de l'univers. Forcément, j'adhère complètement à ce comte. Seul problème ? J'aimerai bien savoir ce qu'il a pu se passé entre le Trouvier et le début du Sorcier de Terremer pour que les femmes ne soient plus présente à Roke.

Rosenoire et Diamant
Cette nouvelle-ci m'a réellement fait l'effet d'un conte de part sa construction. On y découvre l'histoire de Diamant, un garçon vivant dans une famille riche de Wey. Depuis son enfance, son père le destine à de grandes choses, reprendre le domaine et pourquoi pas plus, lorsqu'il se rend compte qu'il pourrait être magicien. Mais Diamant, lui, n'a d'yeux que pour Rose. Alors, lorsque son maître veut l'envoyer à Roke, à l'âge de seize ans, Diamant s'enfuit pour retrouver sa belle. Sauf que la demoiselle n'a pas attendu, elle. Diamant va alors renoncer à la musique et à la sorcellerie pour reprendre le domaine de son père. Quelques années plus tard, il va avoir l'occasion de revoir Rosenoire. C'est un conte tout mignon qui nous apprend que le destin n'est pas tout tracé, que ce n'est pas parce qu'on a le pouvoir, ou la richesse, que l'on doit forcément vivre avec. Il faut savoir suivre ce que son coeur dit (oui, ça a l'air mièvre comme ça)

Les os de la terre
Vous vous êtes toujours demandé comment Ogion est devenu le grand mage qu'il est lorsqu'il prend sous son aile Epervier ? Et bien, lisez donc cette nouvelle. Elle explique ce qu'il s'est passé lors du fameux grand tremblement de terre qui faillit détruire Gont. Or, on découvre surtout que c'est Dulse, le maître du sorcier qui y est pour beaucoup. J'ai beaucoup apprécié le personnage de Dulse, qui ressemble fortement à celui de son élève comme on le découvre dans le Sorcier de Terremer

Dans les Grands Marais
Cette fois, c'est Irioth que nous suivons. Irioth est un mage qui ne sait plus trop qui il est. Il arrive aux Grands Marais un peu par hasard et c'est aussi par hasard qu'il va loger chez Présent et devenir soigneur pour les éleveurs. Mais lors d'une altercation avec un enchanteur sans scrupule, Irioth va montrer des pouvoirs extrêmement dangereux. Présent refuse pourtant de le chasser, comme le veulent les villageois. Quelques temps plus tard, arrive Epervier, qui va raconter l'histoire d'Irioth et le délivrer de ce qu'il était jusqu'à présent. Ce n'est pas ma nouvelle préférée du recueil mais j'ai aimé son message, celui que le pardon peut se trouver partout, et que l'on peut toujours changer.

Libellule
Libellule est la dernier nouvelle de ce recueil. Elle se déroule peu après les événements de l'ultime Rivage et de Tehanu. D'ailleurs, il vaut mieux lire les deux précédents pour la comprendre (ce qui n'est pas le cas des autres nouvelles). Libellule raconte l'histoire d'une jeune femme du même nom. La jeune femme, aidé par Ivoire, un magicien ancien élève de Roke, va se rendre à l'école des Sorciers pour découvrir qui elle est. Bien que femme, elle est prise en charge par Azver, l'un des neufs Maîtres. Mais sa présence divise et Thorion, le Maître Appeleur, mort à la fin de l'Ultime Rivage, la voit d'un très mauvais yeux. Sans trop raconté la fin (ça serait dommage), j'ai trouvé Libellule très proche de Tehanu. Le personnage est aussi étrange que celui de la fille de Tenar et sa destinée semble l'être tout autant. 


J'ai beaucoup apprécié le recueil. Il est appréciable de découvrir d'autres aspects de Terremer, dont une prequelle des plus intéressantes (même si j'aurais voulu peut-être un peu plus, comme savoir pourquoi et comment les femmes furent exclus de l'école de Roke). Je suis forcément fan de ces petits bouts d'histoire qui donnent une autre profondeur à tout Terremer, rendant l'univers encore plus vivants à mes yeux. C'est un recueil fort agréable à lire mais qui doit l'être impérative entre lu après Tehanu (à cause de Libellule surtout). Il montre encore et toujours, le talent de conteuse d'Ursula K. Le Guin.

mardi 24 septembre 2019

Lame Bannie, Assassini tome 2, Jon Courtenay Grimwood

Je fais une petite pause dans mes lecture de Terremer (j'attaque la partie nouvelle, entre Tehanu et le dernier tome, j'aime les nouvelles mais je prends toujours vingt ans à lire les recueils) et je m'occupe de ma PAL numérique. Après un mois d'abandon du Kindle, il est temps de réduire la dite PAL (que je ne compte plus depuis bien longtemps...) et de lire le second tome d'Assassini.


Lame Bannie, Assassini tome 2,  Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 2: The outcast blade 
Année de parution en VO : 2012
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

1408. Venise grouille de complots.
Les empereurs de Byzance et d’Allemagne sont sur le point de se déclarer la guerre, et chacun compte bien s’emparer de Venise en mariant son fils à dame Giulietta. À seize ans, à la fois vierge, mère et veuve, elle est la clé de quiconque voudrait réclamer le trône.
Tycho, ancien esclave, guerrier et monstre contre-nature, fait chevalier pour avoir détruit la flotte mamelouke, ne voit plus aucune raison de sauver Venise. À quoi bon, s’il ne peut conquérir la femme qu’il aime ?
Au cœur de la tourmente apparaît une jeune fille nue et couverte de boue. Elle s’est arrachée à sa tombe sur l’île cimetière du lagon pour assassiner ceux qui l’y ont enterrée.
Le sort de Venise repose entre les mains de ces trois êtres, torturés par leurs secrets, qui pourraient bien la laisser s’effondrer sans état d’âme…

Mon avis

Rappelez-vous, j'étais sortie assez peu confiante de ma lecture du tome 1. J'y avais trouvé beaucoup de bonnes choses mais tout autant de mauvaises. J'avais envie, tout de même, de laisser une chance à cette série, vu le potentiel qu'elle avait malgré les défauts. Est-ce que j'ai eu raison ? Je crois bien. J'ai eu du mal à lâcher le roman. Autant dire que j'ai été fort contente de ne pas lâcher ma lecture. 

On se retrouve avec un tome en deux parties bien distinctes. La première marque le retour de Tycho à Venise. Au lieu du triomphe auquel il pourrait avoir droit après la défaite de la flotte mamelouke (bon après, la flotte de Venise a quand même pris cher aussi...), il va avoir droit à plus de complots et ça, dès que lui et ses compagnons vont poser les pieds à Venise. Si le jeune homme se démerde plutôt bien avec ça, il n'en va pas de même avec ses relations. Entre une Desdaio de plus en plus délaissée par Atilo et qui passe de plus en plus de temps chez Tycho, une Giuletta qui  ne sait plus trop où elle en est et qui lui gueule dessus dès qu'elle peut, voilà que revient une vieille connaissance d'entre les morts. 

Les trois femmes vont être le fils rouge de la première partie. Ce qui reste dommage, c'est qu'elles n'ont pas de grands rôles. Grimwood a tendance à se servir de ses personnages féminins comme simple ressort et intérêt amoureux. Seule Alexa, et encore, semble ne pas subir ce sort. Et ça reste bien dommage car elles sont particulièrement présentes. Là où je râlais d'avoir des personnages un peu trop survolés dans le premier tome, je me trouve, enfin, des personnages que l'on prend plaisir à suivre. Et autant dire que c'est grandement appréciable et que cela a fait beaucoup dans ma lecture.

Enfin, Tycho n'est pas invisible et fade ! Il reste assez froid de prime abord mais on lui découvre aussi des sentiments (l'amour fou qu'il porte à Guiletta, l'amitié pour Desdaio ou le respect pour Atilo et j'en passe). Il est aussi appréciable de voir l'histoire se concentrait sur lui et non plus sur pleins de personnages. On garde tout de même plusieurs chapitres où il n'est pas le point de vue pour garder une certaine cohésion avec le tome un mais il y a en a beaucoup moins. Peut-être aussi parce qu'il n'est plus question à présent de présenter Venise et ses complots, mais bien de recentrer l'histoire sur Tycho et Guiletta. 

D'ailleurs, la seconde partie du roman, va encore plus mettre la lumière sur nos deux tourtereaux. Il y a bien entendu la romance entre les deux qui évoluent grandement (j'aimais bien quand ils se prenaient le choux, mais je dois dire que je l'ai trouvé bien mignon tous les deux). Mais ce n'est pas tout. Les complots sont de retour et j'apprécie de plus en plus la manière dont ils tournent. La guerre intestine entre Alonzo et Alexa est toujours bien présente et l'on découvre bientôt un troisième larron qui vient un peu mettre le bordel dans les plans de ces deux-là (je m'en doutais depuis un moment, il est agréable de voir que je ne me suis pas trompée). Comme d'habitude, on retrouve Tycho et Guiletta en plein milieu du bordel mais cette fois, ils sont plus que près à ne pas être que des pions.

Si j'avais trouvé la première partie un peu longue, la seconde commence tout pareil. C'est encore une fois un des défauts de la série. C'est long à se mettre en place, encore plus lorsqu'on peut vraiment partager le roman en deux comme c'est le cas ici. Mais au moins, à l'inverse de son premier tome, l'auteur est moins brouillon. Les complots se mettent bien mieux en place, que se soit ceux contre Tycho ou contre Venise elle-même. Je n'ai plus eu la sensation que tout part dans tous les sens sans comprendre précisément ce qu'il se passait.

Les deux défauts principaux du premier tome ont donc été gommés dans celui-ci. Ce n'est toujours pas parfait mais on se retrouve avec du beaucoup mais alors beaucoup mieux. Et je ne dis pas ça parce que le roman est plein de complot, bataille et trahison (peut-être un peu, je l'avoue). Les seules choses qui continue à me déranger, c'est l’appellation VO des romans, qui parle quand même de vampires et la manière dont sont traités les femmes. Pour l'appellation en VO, Tycho ne me semble pas tout à fait être un vampire. Enfin, c'est un peu compliqué et je trouve qu'on y perd un peu. Personnellement, je continue à le voir plus comme une sorte d'hybride, un démon ou quelque chose dans le genre qu'un vrai vampire. Je suppose que la présence de Rosalyn dans ce tome permet de remettre un peu les idées en place sur ce qu'est Tycho (et elle par la même occasion) et remettre un peu le terme de vampire en place. Heureusement qu'en VF, le terme a été oublié (il n'est jamais employé (je me demande si c'est aussi le cas en VO pour la peine)). Quant à la place des femmes, j'en ai un peu marre de les voir seulement en love interest (putain même Rosalyn en est un de manière un peu détournée) et incapable de se débrouiller seule (même Alexa a besoin d'aide extérieure alors qu'elle se démerde fort bien seule). Elles prennent une grande place dans les romans et finalement, elles ne sont que des objets. C'est rageant. 

 Au final, j'ai donc eu raison de continuer ma lecture. Je me trouve avec un roman intéressant, bourrés d'action, de bataille (duel ou plus) et de complots dans l'ambiance toujours aussi fascinante de cette Venise gothique et macabre. Il est clairement bien plus intéressant et plus agréable à lire que son prédécesseur. Plus qu'à espérer que le dernier tome soit tout aussi bon, voire meilleur. 

lundi 16 septembre 2019

Le Mirage de Gemma, Eden, tome 1, Blandine P. Martin

Je n'avais pas touché mon kindle depuis un petit moment. Faut dire que j'avais pas mal de fort bon livres papier à lire aussi en ce mois de septembre. Je reprends donc la liseuse avec une courte lecture (par rapport aux pavés papiers du moment) dans le domaine de la science-fiction avec une touche minuscule (pour l'instant) de romance.

Le Mirage de Gemma, Eden, tome 1, Blandine P. Martin

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez un peu de romance

A ne pas lire si : 
- Vous voulez un premier tome compliqué

Présentation de l'éditeur : 

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?
L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.
Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…

Mon avis

J'aime bien la collection Snark chez Bragelonne. On y trouve de très bonnes choses généralement, qui se lise assez vite aussi (les Foulards Rouges, les Pirates de l'Escroc-Griffe, Sainte-Marie des Ombres et j'en passe). Bref, pour moi, c'est souvent la collection dans laquelle je tape lorsque j'ai un petit trou de lecture numérique. Forcément, c'est donc ce que j'ai fait ce mois-ci avec ce premier tome d'une trilogie qui se trouve entièrement dans ma PAL (qui sera donc fini rapidement). Mais passons donc au roman en lui-même.

J'étais plutôt intriguée par sa quatrième. Une Terre dévastée, des humains partis pour une autre planète, un gouvernement se servant d'unité d'Elite pour faire régner la paix, des rebelles. Autant dire que je m'attendais à beaucoup de chose. Et le début du roman ne me déçoit pas beaucoup. On découvre Eden en plein boulot. La jeune femme est une alpha, une tueuse. Elle est là pour éliminer ceux qui dérange le gouvernement. C'est une machine, rien de plus. Et pourtant, lorsqu'on va lui demander d'infiltrer un groupe de rebelle préparant un coup d'état, elle va petit à petit se révéler bien plus humaine qu'on ne le pense. Surtout, en faisant la connaissance de Drago et en découvrant son histoire, elle va commencer à se poser pas mal de question sur l'endoctrinement dont elle a fait l'objet. 

L'idée de base était du coup quand même bien sympa. Je dois dire que j'ai assez apprécié l'univers quoique je l'ai trouvé un peu beaucoup manichéen dans son apparence. Gemma est divisée en deux, un côté ultra lumineux au sud et un côté plongé dans la nuit au nord. Forcément, la bonne société de la planète se trouve au sud, les rebelles à la limite du nord... C'est pas ce qu'il se fait de plus subtil, je dirais. Idem, que le GUN, le gouvernement de Gemma, soit ultra froid et le camps de rebelle bien plus sympathique n'est pas non plus très subtil. Mais bon, on va se dire que ce n'est pas bien grave (mais je me suis habituée à moins manichéen). Surtout que le reste est plutôt pas mal. Le système mis en place sur Gemma est digne de ceux qu'on retrouve dans les dystopie. Tout est fait pour que le peuple se sente libre sans l'être. Les alpha sont d'ailleurs là pour régler tout problème sans que cela ne perturbe le citoyen. Mais, il faut s'en douter, un groupe de personne est contre tout cela. C'est eux qu'Eden va infiltrer.

Or, à partir du moment où elle va entrer en contact avec les rebelles et plus particulièrement avec Drago Thorgard, tout va aller très, voire trop vite. C'est l'un des gros défauts du roman avec sa prévisibilité. C'est assez dommage en fait. J'aurais vraiment adoré que l'on passe par quelques chapitres où les rebelles ne font pas confiance à Eden, que la dite confiance s'installe petit à petit. Ce n'est pas le cas. Un seul personnage se méfie de la jeune femme et il disparaît assez vite. Dommage, on se retrouve sans véritable ennemi du côté des rebelles. Du coup, l'infiltration d'Eden est une véritable partie de plaisir. Pourtant, les idées qui vont suivre, et ça jusqu'à la fin sont assez sympathique à suivre. Ne manque pour moi qu'une vraie adversité et pas juste cette attaque du GUN en fond. 

Heureusement pour nous, les personnages sont là pour remonter un peu tout ça. Eden est le genre de personnage principal qu'on aime ou on déteste. Personnellement, j'ai apprécié son côté petit robot qui se rend enfin compte de ce qu'il se passe. Seul soucis, une fois qu'elle "s'humanise", elle devient un peu chiante quand même. Drago Thorgard est un peu plus subtil, peut-être parce qu'on le voit la plupart du temps par le prisme d'Eden. Leur relation est plutôt amusante à suivre, surtout avec les crises mister Hyde du jeune homme. J'aurais par contre apprécier voir un peu plus les autres personnages qui gravitent autour de Drago, comme Samuel (qui parle de lui à la troisième personne) ou Rita et Holly ainsi que l'autre alpha, Rudy. Peut-être dans les tomes suivants. 

Au final, même si je trouve le roman plein de défauts, je n'en ai pas moins passé un bon moment de lecture. Ce n'est pas parfait mais ça se lit très bien. Et puis, ça reste un premier tome plutôt agréable à lire. J'espère beaucoup que les deux autres tomes seront un peu moins rapides dans leur déroulement (et qu'ils ne vont pas se concentrer uniquement sur la romance à venir entre Drago et Eden). 

lundi 9 septembre 2019

Que le Diable l'emporte, Anonyme

Vous dire que je n'attendais absolument pas ce roman serait mentir. Tous les deux ans, je suis comme une enfant attendant le père noël à l'idée d'avoir ma nouvelle dose de Bourbon Kid. C'est mon petit Guilty pleasure, une série qui part dans tous les sens et qui me change beaucoup de ce que je lis d'habitude (enfin, beaucoup... pas tant que ça en vrai, mais disons que c'est la plus déjantée).

Que le Diable l'emporte, Anonyme

Editeur : Sonatine
Collection :
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 400

A lire si : 
- Vous aimez la saga
- Vous aimez le pulp
- Vous aimez quand ça part dans tous les sens

A ne pas lire si 
- Vous avez vraiment du mal avec l'humour pipi caca
- Vous n'aimez pas la violence gratuite

Présentation de l'éditeur : 

Tout le monde pensait que le tueur le plus impitoyable que la Terre ait jamais porté était mort. Et bien non. Le Bourbon Kid est bel et bien vivant.
Ce qui est une très mauvaise nouvelle.
Pour tout le monde, mais surtout pour lui.
Plutôt que de profiter d'une paisible retraite plus ou moins méritée, notre homme va en effet devoir régler quelques dettes.
Avec à ses trousses toutes les bonnes et les mauvaises âmes de ce monde, le Kid a la très mauvaise idée de se réfugier dans un monastère où sommeillent de sombres secrets. S'il a l'habitude d'affronter des vampires, des bikers, des ninjas, des policiers assermentés et autres créature de l'enfer, faire face à un moine fou et des nonnes psychotiques est une autre paire de manches.
Plus rock'n roll que jamais, l'auteur du Livre sans nom fait fi de toutes les convenances et nous donne ici son récit le plus furieux et le plus déjanté.

Mon avis

Comme je le disais, j'étais super impatiente de lire ce huitième tome (septième si on compte Psycho Killer comme un Hors Série vu que le Kid n'y apparaît pas). Encore plus parce qu'il a passé une semaine sur ma table de chevet sans être touché (fallait bien que je lise le Phare au Corbeau avant). Du coup, je me suis un peu jeté dessus. Et puis, le soufflet est un peu descendu pour remonter ce weekend. Oui, lecteur, tu as bien lu, je n'ai pas dévoré ce tome en moins de deux jours. Non, il m'a fallu presque une semaine pour le finir. Et je vais vous dire pourquoi.

Mais avant ça, je vais râler. Juste un peu et sur une question esthétique. Pourquoi la couverture du livre n'est pas celui-ci  ?
Je l'ai trouvé sur Livraddict et comment dire, je la préfère largement à l'officielle. J'ai même tendance à croire qu'elle va mieux avec les sept autres couvertures. Mais du coup, la question reste, elle est prévue pour quel support ? (me dite pas que c'était une couverture provisoire, style pour les SP, sinon, je râle encore plus fort). 
Bref, maintenant que ça c'est fait, passons au reste.

Dans le tome précédent, le Kid et Beth ont fait croire à leur mort (je spoile pas plus que la quatrième de ce tome, désolée). Tout le monde est tombé dans le panneaux, Scratch y compris. Le Diable n'a d'autre choix que de faire avec. Sauf qu'un beau jour, une nouvelle victime du Kid débarque en Enfer, et annonce que celui-ci est bien vivant. Le Diable n'apprécie pas trop et fomente un plan pour se débarrasser une bonne fois pour toute du tueur et de sa femme. Pendant ce temps, les Dead Hunter retourne à Santa Mondega pour y rouvrir le Tapioca. Mais alors que le Festival de la Lune bat son plein, on assassine à nouveau comme le faisait Archie Somers (voir les quatre premiers tomes de la série). Les Dead Hunter, du moins Elvis et Rex, vont enquêter sur ses meurtres tandis que les trois autres, Flake, Jaz et Sanchez partent faire la fête....

Commençons par les moins. Parce que, oui, il y a des moins (et je suis presque déçue d'avoir à le dire quand même). Et le premier et pas des moindres, c'est la prédominance des blagues pipi-caca dans les parties Sanchez et au Purgatoire. On le sait, Sanchez a un humour de merde (c'est le cas de le dire), c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'aime bien à la base. Mais quand il apparaît dans la moitié des pages du roman, si ce n'est plus et qu'en plus de ça, son humour semble déteindre sur d'autres personnages, ben je sature vite. En réalité, c'est vraiment l'un des gros problème de ce roman. Cher Anonyme, oui, beaucoup de lecteurs aiment Sanchez, j'en fais normalement partie, mais trop c'est un peu trop. Disons que s'il n'y avait eu que lui, ça serait bien mieux passé. 

L'autre problème vient lui aussi de la partie côté Santa Montega. Disons que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre précisément ce mini revival du Festival de la Lune et des meurtres qui vont avec. Oui, c'est toujours sympa de revenir un peu sur ce qui a fait le succès de la saga, mais il y avait peut-être moyen de le faire plus subtilement qu'avec cette sombre histoire de livre et de meurtre ? On se doute bien que ce n'est pas un retour de Sumers ni du Livre, pourquoi faire aussi lourd, du coup ? Bon après, avouons quand même qu'on voit bien plus souvent Jasmine, Flake et Sanchez qui ne sont pas vraiment le trio que je préfère (ça fonctionne mais c'est d'une lourdeur en fait, et super répétitif aussi). Quant à Rex et Elvis, ils ne sont pour moi pas assez présent pour moi, ce qui est bien dommage. 

Bon maintenant que j'ai parlé de ce que j'ai moins aimé (et qui fait la moitié du roman, pleure pleure), passons à ce que j'ai aimé, et ce pour quoi je ne pourrais pas m'empêcher de suivre la série, j'ai nommé le Bourbon Kid. J'ai toujours eu un grand faible pour le tueur et ce n'est pas près de passer. Bref, le Kid et Beth se cache du Diable. Ils ne mènent pas la vie tranquille qu'aimerait Beth mais n'en sont finalement pas trop trop loin, puisqu'ils sont ensembles. Seul problème, Scratch les retrouve et les voila qui partent se cacher dans une étrange abbaye ayant pour seuls habitants un vieux moine, le Père Loomis et son étrange gouvernante, Mavis. Malheureusement pour eux, le diable finit par les retrouver. 

Je ne suis pas objective sur les chapitres avec le Kid et Beth. Ce sont des personnages que j'apprécie beaucoup et dont l'histoire fonctionne toujours bien. Mieux encore, ce sont peut-être les seuls personnages à avoir une vraie évolution dans toute la série. Cette fois, ils coulent des jours presque heureux ensemble au départ. Si on oublie un peu qu'ils sont en cavale, ils forment un couple particulièrement mignon et aimant (et il était temps pour eux, quand on sait ce qu'ils ont traversé pour en arriver là). Forcément, que Scratch veuille leur mettre la main dessus et prendre sa revanche ne va pas du tout les aider. Et on va surtout découvrir un Bourbon Kid un peu plus humain. J'adore d'ailleurs le contraste entre ces deux facettes, celle du gros bourrin qui ne va pas chercher midi à quatorze heures et tirer dans le tas et celle de l'amoureux. 

Et puis, il y a l'histoire qui va avec tout ça. Et je dois dire que je ne m'y attendais pas totalement. On se demande bien ce qu'un certain chapitre fait là (je n'en dirais pas plus pour ne pas trop spoiler quand même) et en fait, c'est plutôt bien trouvé et bien mis en place (et c'est là que je me pose encore plus de question sur la partie Dead Hunter du coup qui semble tellement simple et pas travaillée du coup). 

On ajoute enfin au tout un humour décapant lorsqu'il ne fait pas dans le scato, des références à gogo (j'ai ri en voyant une référence à Y-a-t-il un flic pour sauver la reine ? alors que j'avais regardé le film le jour d'avant)(oui, quand j'ai des semaines bien merdiques, je me mets de vieux films des années 80's plus que douteux)(demain, on devrait sûrement regarder sa suite avec Chéri d'ailleurs)(mes semaines sont très très compliqué en ce moment), un style percutant. 

Il n'empêche que me voilà sorti de ma lecture un peu dubitative quant à l’intérêt de continuer la série. Parce que non, ce tome n'est surement pas le dernier, surtout pas vu sa fin. Il annoncerait même un certain renouveaux de celle-ci si certains personnages ne font pas juste une apparition. Or, si j'aime la série, j'ai du mal avec la partie assez pipi caca de certain. C'est malheureusement pour moi ce que j'ai le plus vu dans la moitié du roman qui ne concerne pas le Kid ou Elvis et Rex. Et oui, je sais que ce n'est pas absent des romans précédents. Disons que là, c'est un peu trop pour moi. Après, je dis ça mais dans deux ans, je vais me jeter sur le prochain (et je prévoie une relecture des précédents d'ici peu donc bon...).Au final, c'est donc une lecture en demie teinte. J'ai aimé même si pour moi ce n'est pas le meilleur de la série et qu'il manque quand même quelques personnages importants pour moi (Il n'y a pas Dante et Kacy, déjà qu'on les voyait presque pas dans le tome précédent)(pas de nouvelles non plus de l'Iroquois (moi qui avait espéré tout de même)). 

lundi 2 septembre 2019

Le Phare au Corbeau, Magie Grise, tome 1, Rozenn Illiano

Après plusieurs années à s'autopublier, Rozenn passe le cap de l’hybridité et sort un livre aux Editions Citric. C'est une grande nouvelle pour elle, le Phare au Corbeau devrait, je l'espère en tout cas, la faire connaitre un peu plus. Et franchement, il faut lire Rozenn et les livres de son grand projet.

Le Phare au Corbeau, Magie Grise, tome 1, Rozenn Illiano

Editeur : Citric
Collection : 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 350

A lire si : 
- Vous aimez les légendes bretonnes
- Vous aimez les histoires de fantômes

A ne pas lire si : 
- Vous vous attendez à avoir très peur

Présentation de l'éditeur : 

Agathe et Isaïah officient comme exorcistes. L’une a les pouvoirs, l’autre les connaissances ; tous deux forment un redoutable duo.
Une annonce sur le réseau social des sorciers retient leur attention. Un confrère retraité y affirme qu’un esprit nocturne hante le domaine d’une commune côtière de Bretagne et qu’il faut l’en déloger. Rien que de très banal. Tout laisse donc à penser que l’affaire sera vite expédiée.
Cependant, lorsque les deux exorcistes débarquent là-bas, le cas se révèle plus épineux que prévu. Une étrange malédiction, vieille de plusieurs générations, pèse sur le domaine de Ker ar Bran, son phare et son manoir.
Pour comprendre et conjurer les origines du Mal, il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui…

Mon avis

Commençons par le livre. C'est la première fois que j'ai un livre des Editions Citric dans les mains, et j'aime beaucoup. Le livre est beau, les pages sont épaisses et agréables au toucher (bon, faut dire qu'après les toutes fines de l'intégrale de Terremer, tout me parait épais). Et que dire de sa fabuleuse couverture, faite par Xavier Colette ? Je vous conseille d'aller faire un tour sur le tout nouveau site du monsieur pour la voir en entier (avec en prime un superbe portrait de l’héroïne). On ne change pas une équipe qui gagne, Xavier Collette illustre tous les livres de Rozenn et il la fait à la perfection (le fait qu'il connaisse très bien l'autrice n'y est pas pour rien). Bref, l'objet est beau, il va être du plus bel effet dans ma bibliothèque et je passerais des heures à regarder sa couverture. Mais quand est-il de l'intérieur ?

Le Phare au Corbeau fait parti du grand projet de Rozenn, mais ne vous inquiétez pas, pas la peine d'avoir lu les livres publiés par l'autrice avant pour lire celui-ci. Il fait parti d'une autre branche du grand projet, une branche que nous n'avons pas encore totalement vu. Nous allons y suivre Agathe et Isaïah, deux exorcistes. Les deux jeunes gens se complètent dans leur travail et ne peuvent d'ailleurs que le faire en binôme. Agathe voit les fantômes mais ne peut faire plus, Isaïah n'a pas de pouvoir mais pratique le Hoodoo. Leur duo fonctionne à merveille, même s'ils ne peuvent pas s'occuper de cas trop compliqué. Or, le cas de Ker ar Bran ne devrait pas l'être compliqué, à la base. Forcément, on se doute que ça ne sera pas le cas. L'endroit est hanté autant par des fantômes, une malédiction et les non-dits de tout un village. Autant dire que ce travail-là ne va pas être une partie de plaisir.

Le Phare au Corbeau a tout pour me plaire. Déjà, ça se passe en Bretagne, terre que je rêve de visiter depuis que je suis toute petite. Ensuite, il se sert des légendes bretonnes pour étayer celle, totalement imaginaire, de Ker ar Bran. Et puis, il est question de fantôme, de sorciers et d'exorcisme. Le tout sous la plume de Rozenn. Alors forcément, je me suis jeté sur le roman dès qu'il a passé les portes de la maison (en réalité, mais faut pas le dire, je l'ai commencé dès que j'ai été seule au bureau...) et je l'ai fini hier, tranquillement assise dans mon petit coin lecture face à ma bibliothèque, un plaid sur les jambes (je suis une grand mère, j'assume totalement). 

C'est donc à la suite d'Agathe que l'on découvre Ker ar Bran et son phare. Et là, personnellement, je suis tombée amoureuse du lieu. Oui, même avec sa malédiction que l'on va découvrir petit à petit, en même temps que ce qui hante les lieux. Je comprends du coup parfaitement Agathe et son ressenti face au Phare. J'apprécie aussi grandement que l'autrice nous explique un peu plus l'histoire du lieu sans toutefois nous donner les clefs de tout ça dès le départ. L'histoire du domaine est révélée petit à petit, passant sur plusieurs époques. Si l'on finira par s'apprendre une partie de son histoire, nous restons tout de même dans le flou pour une autre (peut-être dans le tome suivant)(au vu du titre de travail qu'on a pu voir, j'espère beaucoup, j'avoue). Si vous aimez les légendes bretonnes (et la série Dolmen aussi d'ailleurs), n'hésitez surtout pas, vous allez être servi.

J'ai apprécié aussi les personnages. J'ai adoré Agathe, son côté peu sûr d'elle, paumée et en même temps plutôt déterminée. Je crois bien qu'elle fait partie de mes personnages préférées chez son autrice (elle me semble plus humaine qu'Ana (qui s'avère parfois tête à claque) par exemple). On trouve à ses côtés Isaïah que j'ai un peu moins apprécié à cause de son côté un peu trop "monsieur parfait". Il reste un bon personnage, cela dit. Tout comme les secondaires qui entourent le duo d'ailleurs. Quant aux fantômes hantant les lieux, je les ai trouvé particulièrement bien foutu et presque aussi vivant que ceux qu'ils hantent. 

Que dire d'autre, en vrac, et sans spoiler. J'ai aimé les passages dans le passé, les personnages qu'on croisent, les décors, la Bretagne, voir Oxyde, découvrir Agathe (je l'adore, mais vraiment), en apprendre un peu plus sur la magie dans l'univers de l'autrice, le dénouement, pas forcément le plus prévisible (alors que comme Agathe, on avait toutes les pièces depuis un moment) mais qui fonctionne à merveille. Et puis, bien sûr le style de Rozenn Illiano, toujours aussi efficace. 

Au final, j'ai donc beaucoup mais alors beaucoup aimé ce roman (et je n'en doutais pas une seconde). C'est un véritable coup de cœur. Il me confirme dans l'idée que Rozenn Illiano est une autrice sur qui il faut compter, et cela quel que soit sa manière d'éditer ses titres. D'ailleurs, si vous aimez vous aussi le Phare au Corbeau, n'hésitez pas à lire ses autres romans (vous en trouverez certains sur Wattpad, certains en vente sur son site)

jeudi 29 août 2019

Tehanu, Intégrale de Terremer, Ursula K. LeGuin

Je me lance enfin dans la partie que je ne connais pas de Terremer avec Tehanu. Les trois prochains livres ont été écrit près de dix huit ans après l'Ultime Rivage. Si Tehanu reste dans la continuité des trois premiers tomes, on sent évidement l'évolution de l'autrice, que se soit dans son art de conteuse ou dans ses idéaux.

Tehanu, Intégrale de Terremer, Ursula K. LeGuin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément 1990 pour Tehanu
Nombre de pages : 1800

A lire si 
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur : 

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Suite à l'Ultime Rivage, Ursula K. LeGuin pensait déjà écrire un dernier tome pour Terremer. Elle voulait, déjà, revoir Tenar et lui offrir une histoire, une suite, savoir ce qu'elle devenait. Mais, elle n'a pu le faire de suite (c'est expliqué dans la postface de ce tome dans l'intégrale). Il faudra donc attendre dix-huit ans pour qu'elle réussisse enfin à écrire sur Tenar, à lui offrir une histoire rien qu'à elle. Pour le lecteur de notre époque, c'est assez transparent. Tehanu commence alors que Ged et Arren ne sont pas encore arrivés à Selidor. Cela fait vingt-cinq ans par contre que Tenar et Ged se sont enfuis des Tombeaux d'Atuan. Durant ces deux décennies, Tenar a été élève d'Ogion avant de se marier avec Silex, un fermier de Gont, d'avoir deux enfants et de devenir veuve. Elle a décidé de vivre une vie où la magie telle que la pratique Ged et les mages n'existent pas. 

Le roman commence un peu avant la fin de l'Ultime Rivage. Tenar, qui vit à présent à Gont et qui est devenue veuve, recueille Therru, une fillette mutilée et violée par ses parents. Peu après cela, elles vont toutes deux se rendre au chevet d'Ogion, mourant. Lorsque celui-ci disparaît, elles vont vivre un moment chez lui. Tenar a bien fait, elle retrouve ainsi Ged, bien fatigué suite à ses aventures. C'est marrant, en essayant de vous résumer le roman, j'ai envie de tout vous raconter et je me rends compte, surtout qu'il se passe beaucoup de chose sans même que l'on s'en rende compte. Là où je trouve cela amusant, c'est qu'il y a peu d'action comme on pourrait l'attendre d'un livre de fantasy. 

Tehanu est un roman du quotidien. Il semble ne pas s'y passer grand chose sur le coup. C'est une impression, juste une impression. Effectivement, on trouve moins d'action dans ce tome (déjà que dans les autres, c'était plutôt calme). Pourtant, on ne s'ennuie pas à lire Tehanu. Il y a bien sûr le talent de conteuse de madame Le Guin. Je n'en dirais jamais assez de bien. Il y a de la magie dans les mots de l'autrice. C'est tellement agréable à lire que je ne m'en lasse pas. Ici, cette magie est mise en oeuvre pour parler de chose simple, de la vie, de l'ordinaire et puis parfois, elle va nous entraîner loin, que se soit dans les joies ou les peines des personnages.

C'est aussi un roman d'apprentissage mais pas vraiment du genre initiatique comme on a pu déjà le voir dans les trois premier tomes. Tenar y apprend à être femme pour et par elle-même. Il n'y a plus d'homme autour d'elle au moment où commence l'histoire. Son mari est décédé, Ogion ne va pas tarder à passer le muret, Ged a disparu de sa vie depuis longtemps, son fils est parti. Seule, elle se redécouvre. Elle apprend aussi à découvrir Therru, à apprivoiser l'enfant. Celle-ci n'est pas en reste. Therru est le personnage central de l'histoire sans que l'on s'en rende réellement compte. On la voit grandir, apprendre à faire confiance, à se faire confiance aussi. Et puis, il y a Ged. Entouré de toutes les femmes du roman, on en viendrait presque à l'oublier. Mais lui aussi, doit apprendre. Il doit apprendre à vivre comme un homme ordinaire, sans pouvoir, sans magie. Bien que moins présent que d'habitude, lui aussi à son importance. D'ailleurs, c'est lui qui marque aussi d'une certaine manière le changement dans la série. Car changement il y a. Un changement amorcé par l'Ultime Rivage et les défauts dans la magie. Où cela va mener, nous le serrons surement plus tard. Pour l'instant, nous en voyons surtout les prémices dans Tehanu. 

Enfin, c'est un roman de femmes, écrit par une femme. Et ça, ça a son importance. Ursula K Le Guin avait déjà prouvé dans les années 70 qu'elle pouvait mettre à bas les stéréotypes de la fantasy (et de la littérature en général) avec des personnages de couleur en protagoniste. Je rappelle que Ged et les habitants de Terremer sont pour la plupart des gens de couleur. Seuls les Kargues (de ce que l'on voit comme peuple) sont blancs. Cette fois, au début des 90's, elle rebouscule tout ça avec des femmes comme protagonistes principales du roman. C'est encore rare à l'époque. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que le roman a pris rapidement l'étiquette de féministe (que je ne lui renie absolument pas). Or, ça fait du bien de lire ce genre de roman là dans la fantasy (qui est somme toute peu féminine, avouons-le). Les thèmes abordés, la manière de le faire, m'ont énormément parlé. Plusieurs passages m'ont touché, d'autres m'ont bien fait râler aussi, surtout vers la fin (le retour du fils de Tenar, l'opposition avec Tremble, le sorcier du seigneur de Ré Albi). Là dessus, le roman me parait clairement intemporel dans ce combat sur la place des femmes, et finalement, on se trouve avec un discours qui a totalement sa place dans notre propre quotidien. 

Au final, Tehanu m'a marqué. Je dis ça de presque tous les livres de Terremer, mais peut-être celui-ci un peu plus. Il est formidablement conté et terriblement intemporel. Je me suis tellement à Tenar et Therru que j'ai eu du mal à les quitter. Le roman est merveilleux en bien des sens. Il a ce côté conte de fée qui plait à beaucoup tout en gardant en tête que le monde n'est pas tout beau et plein de paillettes et qu'il peut être dangereux. Pour moi, c'est bien plus que de la fantasy féministe. C'est un roman précieux, à lire et à chérir, à garder à l'esprit, tout le temps.