vendredi 16 août 2019

Runaway Max, Stranger Things, Brenna Yovanoff

Je suis tombée sur ce livre au supermarché chez mes beaux-parents. Comme on a fini quelques temps plus tôt la troisième saison avec Chéri, j'ai eu envie de me replonger un peu dans Stranger Things (il fallait bien une excuse, celle de "mais j'ai fini mon livre" alors que je trimballe l'intégrale de Terremer ne fonctionnait pas vraiment). Bref, j'ai un peu craqué, la faute à la couverture et à la série qui est tellement bien.

Runaway Max, Stranger Things, Brenna Yovanoff

Editeur : Hachette
Collection :
Année de parution : 2019
Titre en VO : Stranger Things: Runaway Max
Année de parution en VO : 2019
Nombre de pages : 306

A lire si :
- Vous avez aimé la série
- Vous aimez Max et voulez savoir pourquoi elle se retrouve à Hawkings

A ne pas lire si :
- Vous voulez un livre "adulte"
- Vous n'aimez pas les flashback

Présentation de l'éditeur :

Qui est Max Mayfield ?
Quand on s'est installés à Hawkings, j'étais convaincue que c'était le genre d'endroit où rien n'arrivait jamais. Et pour moi, jusqu'ici les monstres étaient des hommes, comme mon demi-frère Billy...
Mais ce soir, la créature que j'essaie d'arrêter vient d'ailleurs, d'une autre dimension. Je suis bien décidée à en finir avec elle, et avec tous les autres monstres. 
Une bonne fois pour toutes...

Mon avis

Attention, je vais spoiler, le livre se passant en bonne partie durant toute la saison 2. C'est d'ailleurs quelque chose d'assez étrange puisqu'il est présenté la plupart du temps comme un prequel de l'histoire de Max. Or, si effectivement, il va nous en apprendre plus sur la demoiselle et son passé, il va aussi suivre la plupart des évènements de la saison deux. En soi, ce n'est pas plus mal, puisque la vie de Max avant Hawkings n'a rien de surnaturel. Si le roman ne se passait pas durant les évènements de la série, on perdrait tout de même ce qui fait le sel de celle-ci. Mais je m'égare un peu. 

Il est compliqué de ne pas spoiler la partie "présent" du roman. Ceux qui on vu la série savent forcément de quoi il retourne, bien que cette fois, c'est exclusivement le point de vue de Max que nous suivons. Ce point de vue n'ajoute d'ailleurs pas grand chose à l'histoire de la saison 2, d'ailleurs, si ce n'est qu'on découvre un peu mieux la demoiselle qui, bien que faisant partie des personnages principaux, restait assez mystérieuse par rapport aux autres. Et pour tout dire, s'il n'avait été que le récit de cette saison-là, je ne l'aurais peut-être pas pris, même si j'adore Stranger Things (que j'ai découvert cet été, vingt ans après tout le monde, comme toujours). Heureusement, la dite partie ne prend pas tant de place que ça dans les 300 et quelques pages du livre. Brenna Yovanoff se concentre un peu plus sur l'avant Hawkings de Max et nous permet ainsi d'en découvrir un peu plus sur elle mais aussi sur sa relation avec Billy (un personnage que j'ai adoré détesté, un peu comme Geoffrey dans le Trône de Fer).

Mais avant que l'on arrive à Hawkings, petit à petit, Max va nous apprendre pourquoi elle est là et ce qu'il a pu se passer. Avec des personnages comme Billy et son père dans sa vie, on va vite comprendre que rien n'a été simple pour la jeune fille depuis l'arrivée de Neil dans la vie de sa mère. Si vous comptiez seulement lire un roman sur votre série préférée, sachez que ce n'est pas tout à fait le cas. Brenna Yovanoff (au fait, si le nom vous dit quelque chose, c'est normal, elle a écrit l'Echange il y a quelques années, livre à la couverture des plus saisissantes (et malaisante aussi)) utilise le récit pour parler des violences faites aux enfants. Forcément, vu le personnage de Billy dans la série, c'était assez facile. Or le sujet n'est pas simple, et l'autrice s'en sort plutôt pas mal. On ne tombe jamais dans l'exagération, que se soit dans les réactions des uns ou des autres suite aux violences. On comprend alors pourquoi, pour Max, les pires monstres ne sont pas les demochiens venant de l'Upside Down mais bel et bien les hommes et plus particulièrement Billy. Du coup, ce qu'il se passe dans la série devient un peu plus compréhensible (j'ai enfin la réponse à pourquoi ils sont à Hawkings et pourquoi Billy dit à Max que c'est sa faute à elle)(ce qui n'est pas le cas d'ailleurs, mais ça, vous le découvrirez en lisant le roman).

Mon avis semble un peu décousue et ne parle pas beaucoup des personnages et de ce qu'il se passe. J'avoue que c'est un peu normal, vu que je ne veux pas spoiler (ni ceux qui n'ont pas encore vu la série, mais dans ce cas, évitez peut-être de lire le roman, ça serait un peu couillon, vous ne comprendrez pas grand chose), ni ceux qui l'on vu et qui veulent découvrir un peu plus Max. Mais savez que les personnages sont vraiment égaux à eux-même et, mieux, on découvre une Max encore plus combative que ce qu'elle est et en même temps, on la découvre aussi sous un autre jour, moins sûre d'elle. C'est assez agréable vu que c'est un des personnages que j'apprécie le plus dans la série (en même temps, les femmes/filles de la série sont toutes interessantes par leurs actions). De même, pour Billy (parce que finalement, ce roman n'est pas que le prequel du personnage de Max, mais aussi une bonne partie de celui de son demi-frère), si on continue à ne pas trop le comprendre, on en apprend un peu plus. Leur relation est plutôt bien foutu, entre "amour" et détestation (Max apprécie le Billy cool du début, avant qu'il ne devienne un vrai con avec elle).

Afin, parlons un peu de l'ambiance du roman. Brenna Yovanoff nous plonge dans le début des années 80 comme le veut la série. Ca passe plutôt bien, si on n'oublie qu'elle aime faire des listes de chansons. C'est un peu dommage parce qu'elle arrive tout de même à retranscrire pas mal de chose de ces années-là sans avoir besoin d'en faire des caisses. Heureusement qu'elle ne le fait pas tout le temps. Il en va de même pour l'ambiance de la partie "saison 2" que l'on retrouve plutôt bien retranscrite. 

Au final, c'est un roman que je conseille aux fans de la série. IL est parfait pour en découvrir un peu plus sur les deux nouveaux personnages de la saison 2 (alors forcément, maintenant que la trois est aussi sortie, ils ne sont plus si nouveaux que ça). C'est un bon roman pour ados avec un thème plutôt bien traité et un style agréable à lire.

Maintenant, j'irais bien découvrir les romans Stranger Things édités chez Lumen qui, eux, sont plus adultes (un sur le passé d'Hooper et l'autre sur celui de la mère de Eleven).

dimanche 11 août 2019

Lame Damnée, Assassini, tome 1, Jon Courtenay Grimwood

J'ai cette trilogie dans mon Kindle depuis un moment. Il était temps que je me lance, surtout qu'elle parle d'assassins, de Venice et du surnaturel. Elle a tout pour me plaire mais est-ce bien le cas ?

Lame Damnée, Assassini, tome 1, Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 1: The fallen blade
Année de parution en VO : 2011
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

Venise est à l'apogée de sa puissance. En théorie le duc Marco commande. Mais son oncle et sa tante gouvernent. Ils craignent des assassins meilleurs que les leurs... 
Atilo est l'assassin en chef du duc. Il s'apprête à tuer lorsqu'il voit un garçon accroupi au-dessus d'un homme. La vitesse à laquelle le garçon esquive un poignard et escalade un mur stupéfie Atilo. L'assassin sait qu'il doit trouver le garçon... Non pas pour le tuer, mais parce qu'il a enfin trouvé quelqu'un digne d'être son apprenti..

Mon avis

Je commence à rédiger l'avis sans avoir rien mis dans la section " A lire si/A ne pas lire si". D'habitude, quand ça m'arrive, c'est que je n'ai pas la moindre idée de comment vais-je aborder la suite. Or, je sais à peu prés ce qu'il va se dire dans l'avis (disons que j'ai les grandes lignes, j'ai quand même lu le bouquin, quoi), je sais que ça ne va pas être dithyrambique pour le roman, mais je n'arrive pas à formuler clairement tout ça. C'est quand même couillon, je trouve. Bref, je verrais ça plus tard. Parlons un peu de ce premier tome qui avait l'air si prometteur d'après sa quatrième de couverture (et le fait que j'aime Venise, la fantasy, les assassins et les vampires).

Nous voici donc dans une Venise de fantasy, gouverné par le duc Marco IV (enfin gouverné, le pauvre semble souffrir d'une déficiance mentale lui donnant les mêmes capacités de réflexion que celles d'un enfant de cinq ans), hérité du grand Marco Polo. Le jeune homme n'est qu'un pantin à la merci de son oncle Alonzo et de sa mère Alexa. Les deux se tirent d'ailleurs dans les pattes régulièrement, lui espérant devenir duc, elle voulant garder son fils sur le trône de la Sérénissime. Entre deux querelles, ils doivent aussi faire face aux ennemis de Venise, et pour cela, quoi de mieux que les services des Assassini, assassins officiels des ducs ? Or ceux-ci ont été quasiment décimé par des monstres en une seule nuit, alors qu'Atilo, leur chef, ramenait la dame Guilietta, nièce d'Alonzo et Alexa au bercail.  Ça c'est pour le contexte (et les trois, quatre premiers chapitres du livre). On se retrouve quelques temps plus tard pour entrer dans le vif du sujet ou presque. Parce qu'il manque encore l'élément important du roman. Le capitaine des Douanes, à la recherche d'un fugitif, va faire une étrange découverte dans une cache sur un bateau Mamelouk. Un jeune homme à la peau blanche, aux cheveux argentés et se nourrissant de sang. Alors qu'il tente de le tuer, le garçon s'enfuit par la mer (et manque de se tuer par la même occasion) et atterrit à Venise. Commence alors réellement l'histoire de ce roman et surtout celle de Tycho.

Lame Damné a un gros défaut. Il est assez lent à se mettre en place. Voire même très lent. Et en même temps, l'auteur fait ça de manière quelque peu brouillonne, passant des jours ou même des mois sous silence, perdant ainsi un peu mieux son lecteur. C'est assez étrange comme impression. Encore plus lorsqu'on se rend compte rapidement qu'on va perdre le fils avec tout ça. C'est un peu ce qu'il s'est passé avec moi. J'ai perdu le fils plus d'une fois, me demandant réellement où l'auteur voulait en venir avec son histoire, quel étaient ses enjeux ? Tout cela est particulièrement flou. C'est vraiment le gros défaut du roman. Je ne suis pas arrivée à comprendre où j'allais réellement pendant une bonne partie du roman. Et c'est bien dommage.

C'est dommage parce que l'ambiance est plutôt sympathique avec cette Venise sale, dangereuse, sombre. On  se rapproche pas mal de quelque chose d'assez gothique, ce qui est en plus accentué par l'arrivée des Kriegshunds (les loups-garou) puis, de Tycho. Et je vous parle des complots à tout va ? Bon en fait, non, je n'en parle pas parce qu'on ne les voit pas (déçue, je suis, vous vous en doutez). Mais même là, il y a comme un gout d'inachevé. A croire que monsieur Grimwood voulait trop en dire en trop peu de temps et à préférer sauter à ce qu'il considère comme l'essentiel de son roman, les histoires de Giulietta, Tycho et Atilo (et encore, je crois qu'on peut l'enlever de la liste). Il utilisait pour ça une bonne dizaine de personnages qu'il va une nouvelle fois survolé. 

Et on tombe sur le second gros défaut du roman pour moi. Comment que je fais pour apprécier les personnages lorsqu'ils sont tous autant survolés ? Non parce que même Tycho, qui est quand même le personnage central du bordel, est carrément fade. Alors je comprends le coup de l'amnésie (qu'on nous explique quand même bien trop tard, style, à la fin), je comprends qu'il soit totalement paumé, mais pourquoi en faire un être quasiment muet et totalement invisible, même pour le lecteur. Il ne se réveille que lorsqu'il est en présence de Giulietta, soit trois fois dans le roman (dont un passage qui aurait pu être tellement mais tellement mieux)(leur première rencontre qui est inachevée à mon gout). En parlant de la demoiselle, il en va de même pour elle. Elle aurait pu être un super personnage sauf que vu qu'elle ne pige pas trop ce qu'il lui arrive et que l'auteur nous enlève une année entière de sa vie (alors qu'elle a été enlevée et qu'on ne sait pas trop ce qu'il se passe entre ce moment et la fin de l'entrainement de Tycho (passé sous silence lui aussi d'ailleurs)), le lecteur est aussi censé ne pas tout comprendre. Quant à Atilo, j'ai eu du mal avec lui parce que je n'arrive pas à le comprendre sur trop de point. Pour les autres personnages, si l'on n'inclue pas Alexa, on les voit finalement trop peu pour bien comprendre à quoi ils servent, si ce n'est à combler l'espace (et voilà qui est dommage, parce qu'une fois encore, ils sont tous survolés).

Et vous savez quoi ? Ces deux défauts me font grave chier (autant que la plupart des personnages se font sur eux dans le roman)(ça aussi, c'est légèrement ennuyeux, la moindre petite peur et pouf, un pipi voire un caca). Parce que ce premier tome a un potentiel génial. Mais vraiment. On y trouve tellement de bonne chose cachée par une intrigue à ellipse pas super bien maitrisée. Parce que si on oublie deux minutes que l'histoire est censée être celle de Tycho (qui reste insipide à souhait durant presque tout le bouquin sauf la fin où il se révèle enfin), on se trouve avec des complots, des luttes de pouvoirs et une ambiance sombre à souhait allant parfaitement avec. 

Je sais que Lame Damné est un premier tome et qu'il est là pour introduire l'univers et ses personnages. Il ne le fait pas vraiment de la meilleure manière qu'il soit à mon avis, mais il le fait. Il laisse aussi présager une suite qui pourrait être bien mieux (ou bien pire, mais laissez-moi avoir de l'espoir, j'ai la trilogie complète dans le kindle et j'aimerai bien ne pas trop le regretter). En tout cas, malgré les gros défauts assez ennuyeux de ce premier tome, je vais me lancer dans la lecture du second dans peu de temps. On verra bien par la suite (et pour info, voilà, je viens de trouver quoi mettre dans ma rubrique "a lire/a ne pas lire")...

L'Ultime rivage, Intégrale de Terremer, Ursula K. Le Guin

Je finis la partie relecture de Terremer avec cet Ultime Rivage. A partir de maintenant, je vais plonger dans l'inconnu concernant la série. J'ai hâte de découvrir la seconde partie de Terremer, mais en attendant, parlons un peu de ce troisième tome.

L'Ultime rivage, Intégrale de Terremer, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément 1972 pour l'Ultime Rivage
Nombre de pages : 1800

A lire si 
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous aimez la mer
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les voyages initiatique

Présentation de l'éditeur : 

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Nous avons connu Ged enfant, puis adulte. Il manquait la partie où Ged était vieux et archimage. Lorsque Ursula K. Le Guin commença Terremer, elle pensait n'en écrire qu'un tome. Finalement, elle en écrira d'abord trois, et l'Ultime Rivage est le dernier de cette  "trilogie". Il n'est donc pas étonnant, si l'on se souvient de la fin du Sorcier de Terremer, que l'on retrouve Ged en archimage. Mais tout comme pour les Tombeaux d'Atuan, il n'est pas le héros de ce roman. Pas complètement du moins, puisqu'il apparait tout de même un peu plus ici. Non, l'histoire est celle du jeune Arren, prince d'Enlade, venu à Roke afin de trouver ce qui empêche la magie d'avoir lieux depuis quelques temps. Arren embarque avec Epervier afin de comprendre ce qu'il se passe et si possible, afin de guérir cet étrange mal qui s'étend de plus en plus. Ils iront d'îles en îles enfin d'en apprendre plus.

A ma première lecture, l'Ultime Rivage ne m'avait pas tant marqué que ça. J'avais un seul épisode en tête, et il se passe vers les deux tiers du livre environ, autant dire que ce n'était vraiment pas grand chose. A ma seconde lecture, il m'a un peu plus marqué. Je crois l'avoir déjà dit mais relire maintenant Terremer, avec le bagage que je me suis créée entre temps dans la vie est fort bénéfique pour moi. Ainsi, je sais à présent que l'Ultime Rivage aura plus de répercussions qu'il n'en a eu, et surtout, qu'il m'a beaucoup plus parlé. 

Ici, Ged tient une nouvelle fois le rôle du mentor, mais de manière bien plus active que dans les Tombeaux. Et encore, peut-on réellement parler de mentor quand on parle de Ged ? Le sorcier reste souvent égal à lui-même, il aiguille mais ne guide pas vraiment. Il n'a pas ce petit truc qui ferait de lui un professeur ou un vrai guide spirituel. J'aime beaucoup son rôle pour cette raison. Malgré son pouvoir (qu'il n'utilise guère au final la plupart du temps), malgré son rang, il reste humble. Il ne va jamais rien faire qui puisse perturber, même de peu, l'Equilibre. Ainsi, s'il prend Arren avec lui, c'est bien parce qu'il a une petite idée en tête et qu'il sait qu'il a besoin de lui pour garder l'Equilibre sur l'archipel. On se doute d'ailleurs rapidement de l'idée. Or l'autrice lâche l'information une fois et puis fait en sorte que nous l'oublions quelque peu. Et du coup, on se doute qu'Arren a un destin plus grand qu'il ne le pense mais on se pose quand même deux trois questions. Surtout qu'autant le dire, j'ai un peu de mal avec le jeune homme. Oh, il n'est pas inintéressant, il a même de bons côtés, mais parfois, je l'ai trouvé agaçant. Après, face à un Ged qui ne dit pas grand chose, semble ne pas faire plus parfois, je pense que je comprends aussi Arren.

Mais je pardonnerai Arren au vue de son histoire. Parce que j'ai adoré suivre les deux hommes jusqu'à l'Ultime Rivage. J'ai adoré cette quête pour la vie et tout ce qui tourne autour. L'Ultime Rivage a quelque chose de très spirituel, peut-être même plus que les Tombeaux D'Atuan. Il parle de vie, de mort, d'immortalité, d'Equilibre. L'Ultime Rivage n'est d'ailleurs pas sur Terremer, c'est une métaphore pour ce qu'il se passe juste entre vie et mort (d'ailleurs, e suis persuadée que le mythe du dernier rivage existe bel et bien dans au moins une culture mais je n'en suis pas du tout sûre, ça dit quelque chose à quelqu'un ?)(ou alors, c'est carrément moi qui me fait des films ?). On comprend d'ailleurs pourquoi Ursula K LeGuin pensait arrêter là les aventures sur Terremer. Ce livre parle d'accepter la fin, que ce soit celle de la vie ou celle de certaine chose. Il le fait de manière douce et avec beaucoup d'émotion aussi. L'ambiance de l'Ultime Rivage est tout particulièrement pour cela. Si on pouvait se sentir parfois oppressé dans les Tombeaux, ici, on se sent souvent mélancolique et en même temps heureux. C'est étrange mais terriblement bien fait et prenant. 

J'aimerai beaucoup en dire plus sur l'Ultime Rivage mais je trouve que je divulgâche déjà pas mal et c'est plus particulièrement sur sa seconde moitié, voir juste le dernier tiers que j'aurais envie de discourir. Je ne le ferais pas, pour ne pas gâcher la lecture (ce qui est un peu dommage pour moi, vu que j'ai envie de parler, mais je vais me retenir un peu). Je vais donc finir ici mon avis sur l'Ultime Rivage. Il fait partie des livres de fantasy à lire, de ceux qui ne sont pas là pour montrer de la grosse bastonnade, mais plutôt pour mettre une ambiance en place, pour éblouir son lecteur. Il n'y a pas de guerre ici (pas plus que dans les précédents tomes) mais il y a des dragons, de la magie et un ennemi bien réel et surtout humain. C'est aussi l'une des forces d'Ursula K Le Guin dans ce cycle. L'ennemi n'est pas une force venue dont ne sait trop où pour faire régner le mal. Non, c'est un ennemi humain avec des ambitions nobles qui s'est finalement pas mal fourvoyé.

Je ne cesserai pas de conseiller de lire Terremer, que l'on soit adolescent (je pense qu'à partir d'une douzaine d'année, il est possible de le lire et surtout de comprendre) ou même adulte. Je regrette toujours de l'avoir découvert sur le tard. J'aime tellement l'ambiance et l'univers qu'à créer Ursula K. Le Guin sur cette série. J'ai hâte de pouvoir continuer ma découverte avec Tehanu et la seconde partie de Terremer.

mercredi 7 août 2019

Les Jours Meilleurs, Cecelia Ahern

J'avais envie d'un petit roman feel good pour les vacances. C'est le genre de roman qui passe bien à la plage ou alors un jour de pluie. D'ailleurs, je l'ai lu hier, alors qu'il pleuvait toute la journée.

Les Jours Meilleurs, Cecelia Ahern

Editeur : Milady
Collection : littérature
Année de parution : 2017
Titre en Vo : One hundred names
Année de parution en VO : 2012
Format : AZW

A lire si ;
- Vous aimez les romans feel-good
- Vous voulez une héroïne un peu à la ramasse

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les bons sentiments.

Présentation de l'éditeur :

À force de traquer le scoop et de dévoiler la vie privée des gens dans les colonnes de la presse à scandale, Kitty est dans l'impasse. Sa carrière de journaliste piétine, et ses frasques lui valent une réputation désastreuse. Tout s'effondre quand elle apprend que Constance, la femme qui lui a tout appris, vit ses derniers instants. Elle se rend à son chevet et lui demande quelle histoire elle a toujours rêvé d'écrire. Mais la réponse arrive trop tard, sous la forme d'une liste de cent noms, sans aucune explication. Bien décidée à percer le mystère, Kitty tente de comprendre ce qui relie entre eux ces inconnus. En allant à leur rencontre, elle va découvrir des aspects pour le moins inattendus de la vie de Constance et peut-être même trouver un sens à la sienne.

Mon avis

J'ai pris ce livre lors de l'opération Coquillages et Crustacés de l'équipe Bragelonne sans trop savoir à quoi m'attendre avec lui. D'ailleurs, durant cette opération, j'ai pris pas mal de bouquin de chez Milady, que je lis moins que Bragelonne (parce que j'ai toujours ce méchant apriori sur les romances, on ne va pas se mentir)(alors que généralement, j'aime bien lire ça, ce qui est assez paradoxal, on va bien le dire). Bref, je me doutais que ce serait un peu à l'eau de rose mais comme en ce moment, je lis pas mal de fantasy, je me suis dit que ça changerait pas mal. Et j'ai eu bien raison. 

Kitty s'est mise dans la merde en accusant un professeur de viol à la télévision. Elle pensait avoir le reportage de sa vie, elle s'est juste faite avoir par des femmes en mal de reconnaissance, comme elle. Mais pour elle, les conséquences sont désastreuses. Elle est virée de sa chaine, voit son boulot de journaliste au magazine Etcetera réduit à peau de chagrin et pour bien enfoncer le clou, Constance, son amie et mentor (et accessoirement patronne d'Etcetera) est en phase terminale. Lorsque celle-ci meurt, Kitty est totalement au désespoir. Pourtnat, Constance lui laisse un dernier projet, son grand article, celui qu'elle aurait toujours voulu écrire. Afin de lui rendre hommage, Kitty veut le reprendre. Mais Constance n'a laissé qu'une liste de cent noms pour tout indice. Commence alors pour la jeune journaliste l'aventure qui va la remettre dans le "droit" chemin du journalisme, mais aussi, lui faire comprendre que la vie n'est pas si pourrie que ça.

J'ai aimé beaucoup de chose dans le roman. Déjà, j'ai adoré Kitty. Kitty, c'est la femme qui a fait une erreur, qui le sait mais qui ne l'admet pas encore. C'est la femme qui s'est vu mangé par le prestige et le travail et qui en a oublié la passion du début. C'est la femme qui ne voit plus que par elle et qui oublie qu'elle n'est pas seule au monde. Et pourtant, petit à petit, elle va se réveiller, grâce au projet de Constance. Elle va se retrouver, retrouver ce qui faisait d'elle une bonne journaliste. Cela ne se fait pas simplement, elle va traverser pas mal d'épreuve avant d'ouvrir les yeux, mais elle va y arriver grâce à six personnes et les gens qui gravitent autours de ces six là. 

Les six, se sont des personnes se trouvant dans la liste de Constance. Ce sont surtout les seules qu'elle a réussi à joindre avant le délai impartie. On retrouve une vieille dame en maison de retraite, une personal shopper, une jeune coiffeuse en hôpital, un homme au chômage, un autre qui a fait de la prison et une passionnée de papillon. Chacun d'eux à une vie ordinaire ou presque. Parce que chacun d'eux à une histoire à raconter, un truc parfois banal, parfois pas, mais qui n'en fait pas des héros au sens où on l'entend en général. Et pourtant, petit à petit, on va découvrir ce qui les lie entre eux (si vous êtes un peu plus malin et moins aveugle que Kitty, vous le découvrirez rapidement) et ce qui fait qu'ils sont si particuliers dans leur normalité. Ils sont tous touchant et on s'attache autant à eux qu'à Kitty.

Le ton du roman est très léger, avec de l'humour quand il faut et beaucoup d'amour qui en dégouline. Bon, pas que de l'amour quand même, la porte de Kitty étant régulièrement recouverte de peinture, de papier toilette voir de merde et de fumier par les amis de l'homme qu'elle a accusé de viol. C'est d'ailleurs cette histoire, et la rédemption de la jeune femme qui sert de fils rouge pour elle. Elle se jette à coeur perdu dans l'article sur les 100 noms pour oublier tout ça. Kitty ne gère pas vraiment bien d'ailleurs tout ce qui lui arrive. Elle tombe dans le panneau plus d'une fois, se fait avoir comme une débutante, autant en amour qu'au travail. Elle n'a rien d'une héroïne, elle non plus. Elle s'accorde en ce sens parfaitement avec ceux qu'elle rencontre. 

J'ai pris vraiment plaisir à lire ce roman, parce que je n'en attendais pas grand chose et que j'ai été agréablement surprise. C'est frais, léger et en même temps, ça rappelle pendant un moment que ce n'est pas parce que nos vies nous semblent plates et insipides que c'est forcément le cas. Et puis, j'ai plutôt apprécié la plume de Cecelia Ahern, qui est à l'image de son roman, légère, pas prise de tête et agréable à lire. Ce n'est pas un coup de coeur pour moi mais on en est pas trop loin, je dois dire. Après, c'est peut-être un peu trop sentimental pour moi pour que j'adhère totalement (petit spoil, mais le fait que tout le monde ou presque trouve chaussure à son pied à la fin, c'est peut-être un peu trop je trouve). Ce qui est sur, c'est que j'ai passé un bon moment en compagnie de Kitty, Steve, Mary-Rose, Birdy, Eva et les autres.

L'attaque des Titans, édition Colossale 8, Hajime Isayama

Un nouveau mois commence et avec lui vient un nouveau tome de l'édition colossale de l'Attaque des Titans. J'attaque ce qui fait figure pour moi la seconde partie de la série. Le mur Maria a été reconquis et pourtant, la menace est toujours bien présente.

L'attaque des Titans, édition Colossale 8, Hajime Isayama

Editeur : Pika
Collection : 
Année de parution : 2017
Titre en VO : Shingeki no kyojin 
Année de parution en VO : 2015
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez une bonne histoire où l'humanité est bien dans la moïse.
- Vous ne voulez pas de supers héros

A ne pas lire si : 
- Vous êtes de nature sensible 

Présentation de l'éditeur : 

Après avoir vaincu le Titan bestial, Eren et les survivants du Bataillon d’exploration découvrent enfin les fameux carnets de Grisha Jäger et les secrets qu’ils renferment. L’accès aux souvenirs de ce dernier leur permet de comprendre que le monde réel est bien différent de ce qu’ils croyaient jusque-là et que les ennemis sont loin de se cantonner à l’île du Paradis. À présent qu’ils ont réalisé que ce n’est pas la liberté qui les attend au-delà des Murs, quelles options leur reste-t-il ? La suite de la série phénomène telle que vous ne l’avez jamais vue, dans une édition grand format inédite.
Regroupe les volumes 22 à 24 de l'édition standard

Mon avis

Avec les éditions colossales, je n'ai pas l'impression d'avancer tant que ça. Et pourtant, je viens de joyeusement passer la vingtaine de tome et je ne me lasse toujours pas de cette série. Bon par contre, je me rends compte que je ne suis plus très loin d'arriver au même point que la traduction chez Pika et du coup, ben d'ici un mois, je devrais passer à au mieux, un tome par mois (et encore, je ne tiendrais pas jusqu'à la fin de l'année)(mais je sais déjà quel manga va remplacer l'Attaque des Titans sur le Kindle)(Gumnn, il est temps de te relire). Mai voilà que je m'égare déjà. Revenons à nos Titans.

Dans le tome précédent, le mur Maria était repris au prix d'immenses sacrifice. On apprenait que l'ennemi n'était pas forcément les Titans mais ceux qui les avaient envoyé sur l'île du Paradis, le peuple Marh. Un peuple dont on ne sait rien, si ce n'est qu'il règne en maître sur le continent. Les tomes de cette huitième édition colossale vont nous en apprendre un peu plus et surtout, vont déplacer l'action autant temporellement que géographiquement (d'où le fait que pour moi, on commence la seconde partie de l'histoire)(j'ai par contre arrêté de compter les arcs de celle-ci)(jamais aimé cette histoire d'arc, moi). 

Nous voilà donc en premier quelques temps après la reconquête du mur, et du côté d'Eren et de ses amis. Eren revit la vie de son père avec qui il partage à présent les souvenirs. On commence à en découvrir un peu plus sur l'arrivée de Grisha sur l'île mais aussi sur l'empire Marh d'où il vient. On apprend aussi le nom du Titan d'Eren et on découvre les huit autres primordiaux, dont la plupart se trouve sous les ordres de Marh. Puis, on passe quatre ans plus tard, avec pour héros des tomes, les futurs Titans Primordiaux, de jeune Eldiens. 

J'ai assez apprécié ces tomes qui font plutôt bien la transition entre passé et futur. Même si je suis un peu déçue de ne pas avoir beaucoup vu mes Eldiens préférés, je dois bien dire que remonter dans les souvenirs de Grisha mais aussi de Reiner (que l'on retrouve avec son cuirassé) est assez interessant pour comprendre la motivation des Eldiens vivants à Marh. Il devient alors interessant de voir que ce ne sont pas forcément les méchants de l'histoire. J'aime quand tout n'est pas aussi manichéen qu'on aimerait presque le vouloir. Par contre, j'espère ne pas trop m'accrocher à ces jeunes gens vu qu'ils vont plus que surement se battre contre Eren et son équipe. 

En tout cas, tout cela ne présage que du bon. J'ai hâte de savoir ce qu'il va se passer par la suite et comment tout cela va se goupiller. Il me semble que l'histoire prend soudain un peu plus de profondeur, avec l'apparition de Marh. Nous n'avons plus simplement l'humanité contre les Titans mais bien un peuple contre un autre (voire plusieurs) et une quête de liberté qui prend tout son sens, d'un côté comme de l'autre. Bref, vivement début septembre que j'en découvre un peu plus !

dimanche 28 juillet 2019

La Jeune Epouse, Alessandro Baricco

Vous le savez, j'apprécie Baricco. J'aime la poésie de ses mots, celle des thèmes qu'il choisit. Et même si parfois, il me déçoit (Mr Gwyn), je ne peux m'empêcher de le lire. C'est ainsi que la Jeune Epouse s'est retrouvé sur ma table de chevet.

La Jeune Epouse, Alessandro Baricco

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : La Sposa Giovane
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 256

A lire si ; 
- Vous voulez quelque chose d'assez érotique
- Vous aimez les histoires un peu décousues

A ne pas lire si :
-Vous n'aimez pas les changements de narrateur intempestif

Présentation de l'éditeur : 

'Là où elle avait imaginé entrer comme une épouse, elle se retrouva soeur, fille, invitée, présence appréciée et objet décoratif.
Y a-t-il des règles qui m'on échappé ? demanda la Jeune Epouse.
Si vous m'y autorisez, je n'en mentionnerai que quatre, histoire de ne pas courir trop de lièvre à la fois.
Soit."
Italie, début du XXe siècle. La Jeune Epouse doit se marier avec le Fils. En attendant qu'il rentre d'Angleterre, elle va faire la connaissance de la Famille et de ses secrets bien gardés.

Mon avis

La Jeune Epouse débarque un beau matin dans la Famille. Elle doit épouser le Fils, qui est absent. La Famille, le Père, la Mère, la Soeur et l'Oncle, l'accueillent comme si de rien n'était et attendent le Fils avec elle. Elle va alors découvrir leurs secrets les plus intimes et s'ouvrir par la même occasion à ses propres désirs. Et toujours, ils vont attendre un Fils qui ne vient pas. 

Je m'attendais à deux trois choses dans ce roman mais peut-être pas à tout ce que j'ai pu lire dedans. Comme toujours avec Baricco, je sais que les apparences peuvent être trompeuses et que la poésie sera présente. Je me doutais que j'aurais une approche du métier d'écrivain dans l'histoire, parce qu'il en va ainsi depuis un moment avec Alessandro Baricco. Ses romans sont là pour parler de son travail peut-être finalement plus que du reste, ce qui en soi, n'est peut-être pas si dérangeant que ça. Ici, le plus dérangeant pour le lecteur, c'est que tout se mêle. L'histoire de la Jeune Epouse, celle de l'écrivain, presque celle du lecteur aussi. Parfois, celui-ci se perd, souvent même. Qui parle ? Bonne question souvent. Il m'a fallut revenir sur mes pas pour comprendre. 

La Jeune Epouse est un labyrinthe qui se joue dans un temps qui n'en est pas un. L'auteur pose une époque qui pourrait presque être maintenant. Il joue sur l'intemporalité, sur la longueur d'une minute qui dure des siècles, sur l'attente qui efface le temps. Cette intemporalité, il l'a crée d'abord en ne donnant pas de nom à ses personnages mais des fonctions : la Jeune Epouse, la Mère, la Soeur, le Père... Ils pourraient être n'importe quel père, n'importe quelle soeur, n'importe quelle jeune épouse (qui d'ailleurs n'en est pas une du coup). Il l'a crée aussi par l'absence du Fils et l'attente. Celles des jours qui passent et se ressemblent, celle de la Jeune Epouse qui attend son Epoux. C'est doux, agréable. On se perd dans cette temporalité et on apprécie finalement de suivre cette jeune femme dans ses découvertes d'elle et de ses désirs.

Parlons-en d'ailleurs, des désirs. Ils sont le coeur du roman. Désirs érotiques d'abord, qui émaillent le récit tout du long, désirs de se connaitre aussi, et puis les autres, ceux dont on ne parlent pas forcément mais qui sont bien là. Le désir de l'écrivain aussi, de raconter le plus justement possible son histoire. Je ne pensais pas du tout tomber sur autant de scène érotique dans le livre. Je ne pensais pas non plus y trouver un parallèle avec les désirs des écrivains. Mais Baricco y arrive et il fait ça de manière presque naturelle (bien que je trouve les scènes érotiques un peu trop forcées pour ma part)(et pas si réaliste que ça pour certaines). Je trouve personnellement ce parallèle un peu exagéré mais pas tant que ça au final. 

Pourtant, il manque pour moi quelque chose au livre. Il est sympa à lire, on s'y perd sans le moindre problème mais il ne reste pas. Du tout. A l'inverse d'un Ocean Mer ou d'un Novecento, on oublie rapidement ce qu'on a lu. Ça ne reste pas, pas même une toute petite sensation. C'est assez dommage, puisque finalement, j'aurais aimé en gardé quelque chose de ce roman. Mais non. Il se lit vite et s'oublie tout aussi facilement. Je me demande si ce n'est pas un de ces livres qui doivent souvent être relu pour en extraire vraiment quelque chose. Cela ne m'étonnerait presque pas de l'auteur.

Au final, c'est donc un livre interessant mais qui ne reste pas. C'est un peu dommage au vu de la poésie qui le peuple mais aussi des personnages dont on aimerait en savoir un peu plus. Il reste au final, pour moi, dans la même lignée des deux derniers livres de Baricco (Trois fois dès l'Aube et Mr Gwyn), bon mais sans ce petit truc qui fait que j'ai tant aimé Ocean Mer. 

lundi 22 juillet 2019

Fog, James Herbert

J'ai mis un petit bout de temps à lire ce roman. Il faut dire qu'entre la non envie de bouquiner en numérique, le visionnage (bien après tout le monde, j'avoue) des deux premières saisons de Stranger Things (très très bon d'ailleurs, on commence la trois mardi)(parce que ce soir, j'amère ma fille voir les Kids United)(ce qu'on ferait pas pour sa marmaille hein...) et puis le fait que j'ai eu un mal fou à entrer dedans, j'ai mis trois weekend pour le lire. Mais j'y suis arrivée et voilà ce que j'en pense (c'est moins catastrophique que ce que mon intro présage).

Fog, James Herbert

Editeur : Bragelonne
Collection : Terreur
Année de parution : 2011
Titre en VO : Fog
Année de parution en VO : 1975 
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans catastrophes
- Vous voulez un ennemi non humain

A ne pas lire si :
- Vous voulez frisonner

Présentation de l'éditeur : 

Cela commença par un tremblement de terre. Dans la confusion, au milieu des cris des victimes, personne ne prêta vraiment attention à ce brouillard jaunâtre qui s’échappait de la terre éventrée et que le vent eut tôt fait d’emporter vers la campagne anglaise. Puis des massacres inexplicables, déments, furent signalés sur le passage de la nappe de brouillard. Elle se mit à croître, progressant inexorablement vers les zones les plus peuplées d’Angleterre…

Mon avis

J'étais ultra motivée pour lire ce bouquin. J'avais plutôt apprécié Le Secret de Crickley Hall l'année dernière et je me faisais un plaisir de me replonger dans la plume de James Herbert. Je m'attendais à frisonner, à presque faire des cauchemars la nuit, bref, je voulais avoir peur. Et autant vous le dire direct, ce point là est un peu raté. Je n'ai pas eu peur. Est-ce ça qui a fait que j'ai mis autant de temps à lire le bouquin ? Pas totalement, même si ça y a joué. 

L'histoire commence dans une petite bourgade comme on peut en trouver un peu partout en Angleterre. Alors que tout semble calme, un terrible tremblement de terre détruit le village mais surtout libère un étrange brouillard, à la substance proche de celle du fameux fog londonien. Le dit brouillard n'a rien de naturel, il contient même un agent bactériologique des plus dangereux qui mène ceux qui le respire à la folie puis à la mort. John Holman, premier à avoir été infesté mais aussi traité, va devenir le fer de lance des autorités anglaises pour détruire le brouillard avant que le pire n'arrive.

Il y a certaines choses que j'ai apprécié dans le roman. L'idée de base, déjà. Même si elle n'a plus rien d'original à notre époque, j'aime toujours autant voir comment un auteur se débrouille avec ça. Ici, Herbert s'en sort bien. Il y arrive en ne se focalisant pas uniquement que sur son héros, mais en écrivant plusieurs scènes sur des gens ordinaires pris dans les affres du brouillard. Et en fait, pour moi, heureusement qu'il fait ça. J'ai eu du mal avec Holman (mais on y reviendra après). D'ailleurs, ce sont dans les parties où il raconte comment le brouillard avance et les effets de celui-ci que j'ai le plus vite avancée. A croire que voir les pires pulsions humaines réussi à attiser un peu mon intérêt (et finalement, c'est un des points qui fait peur dans le roman, savoir que j'aurais plus apprécié les passages où l'homme devient fou et ne résiste plus devant ses pires pulsions que le fait que tout cela mettent le héros en danger).

Ensuite, il faut avouer que l'écriture de James Herbert a quand même quelque chose d'assez addictif. Même si je n'ai pas accroché à Halmon, je voulais savoir ce qu'il allait se passer (et ça, même si je me suis doutée de la fin depuis le début du roman ou presque). On est happé dans le roman qu'on le veuille ou non, on veut savoir jusqu’où ça va aller. Et pourtant, j'ai mis longtemps pour le finir. J'ai même vu le moment où j'allais tout simplement le mettre de côté et puis tant pis, je ne le finirais pas. 

La faute à Halmon et à presque tous les personnages avec un nom et ayant plus de deux pages d'apparitions (ça n'en fait finalement pas tant que ça). Halmon m'a rapidement saoulé. Présenté comme un homme de terrain, capable d'espionner son propre pays (enfin, plutôt d'espionner un ministère pour le compte d'un autre), il est finalement trimbaler par les événements sans y faire grand chose. Il aurait presque la mauvaise habitude de se transformer en geignard régulièrement. Il en va de même avec les autres. Prometteurs mais ça tombe rapidement à l'eau. C'est là que je me dis qu'heureusement, je n'ai pas lu le bouquin pour ses personnages mais pour son histoire. Vraiment, j'ai rarement aussi peu accroché aux personnages que dans Fog.

Au final, j'aurais pu aimé un peu plus ma lecture. Je suis un peu déçue. Ce roman avait un super potentiel avec moi, une histoire plutôt sympa qui aurait pu me faire frisonner un moment. Et puis, pouf, le soufflet n'a pas pris sur une bonne partie de ma lecture. Je sais que je peux trouver mieux chez Herbert (j'ai lu mieux avec Crickley Hall) et ce n'est pas ce qui va me faire arrêter de le lire. N'empêche que... Ça aurait pu être un si bon libre.

vendredi 12 juillet 2019

Les Tombeaux d'Atuan, Intégrale de Terremer, Ursula K. Le Guin

Je continue ma redécouverte du monde d'Ursula K. Le Guin. Après le Sorcier de Terremer, me voilà dans le pays Kargue, plus précisément dans les Tombeaux d'Atuan. Une relecture dont je ne me souvenais que du labyrinthe, autant dire de pas grand chose et en même temps, peut-être du plus important pour ce que tout cela représente. Bref, ça a donné quoi, cette relecture ?

/!\ Je Divulgache un peu, beaucoup /!\

Les Tombeaux d'Atuan, Intégrale de Terremer, Ursula K. Le Guin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément 1971 pour les Tombeaux d'Atuan
Nombre de pages : 1800

A lire si 
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous aimez la mer
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les voyages initiatique

Présentation de l'éditeur : 

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Après le Sorcier de Terremer, qui nous contait les début du jeune Ged, Ursula K. Le Guin décide de mettre en scène une jeune héroïne dans les îles Kargues qu'elle n'avait fait qu’effleurer durant le voyage du sorcier. C'est en partant donc d'une phrase presque anodine de la fin du premier tome qu'elle va lancer les Tombeaux d'Atuan. Ce que je trouve marrant, c'est qu'elle explique dans la post-face des Tombeaux (un truc vraiment sympa de cette intégrale, il y a une explication par l'autrice à chaque fin de tome), qu'elle n'avait jamais prévue de faire une suite à l'histoire de Ged. C'est surement pour cela qu'elle a pu se permettre de ne pas choisir le sorcier comme personnage principal même s'il finit par apparaître. Mais passons à l'histoire en elle-même et à son héroïne, la jeune Tenar.

La Première Prêtresse, seule prêtresse des Innommables, est immortelle. Elle se réincarne toujours. La nouvelle incarnation naît le jour de la mort de l'ancienne. A ses cinq ans, si tout va bien, elle est amené aux Tombeaux d'Atuan pour devenir Arha, la Dévorée. Nous suivons une nouvelle Arha dans son apprentissage (oui, c'est aussi un texte initiatique, mais ici le voyage n'est pas vraiment physique). Avec elle, nous allons découvrir le fonctionnement du Lieu. Si tout se passe pas trop mal pour elle, l'arrivée dans le Labyrinthe d'un sorcier va tout changer. Arha va se questionner sur ce qu'elle est, mais aussi sur les Innommables et ce qu'il se passe dans le Lieu. 

Comme je le disais en parenthèse, nous avons avons un récit initiatique. Celui d'une enfant qui se retrouve dès le départ avec du pouvoir. Un pouvoir sur les choses dont elle ne sait trop quoi faire. Bien qu'elle soit guidée au début de son histoire, personne ne sait réellement ce qu'est être Première Prêtresse. Elle le découvre souvent de manière brutale, sans avoir réellement le temps d'analyser ce qu'elle fait ou doit faire. Pourtant, la vie se déroule presque paisiblement dans le Lieu pour la jeune Arha. Elle n'aura à commander qu'une seule fois la mort de prisonniers du Dieu-Roi. Enfin, jusqu'à la mort de Thar, une prêtresse qui l'avait prise sous son aile, l'ascension à un pouvoir plus grand pour Kossil, l'autre prêtresse et surtout, l'arrivée d'un sorcier dans l'En dessous des Tombeaux. Ces trois événements vont amener Arha à réfléchir sur ce qu'elle est et surtout à comprendre quel est le pouvoir dont elle dispose vraiment. L'évolution de la jeune fille ne se fait pas d'un coup. Il lui faut du temps pour comprendre qu'elle peut tenir tête à son aînée, qu'elle peut décider par elle-même aussi. 

J'ai aimé le personnage d'Arha/Tenar pour son parcours. Elle qui semble si sûre de ses croyances, de son pouvoir, voit son univers perturber par l'arrivée d'une seule personne. Il lui faut du temps avant de remettre de l'ordre dans son esprit, avant même pouvoir ne serait-ce que faire confiance à Ged (oui, parce que c'est bien lui le sorcier qui débarque dans son univers). Tout ne se fait pas d'un claquement de doigts. Elle doit mettre de côté tout ce qu'elle sait ou pense savoir depuis sa naissance. J'aime voir le doute s'insinuait et puis la manière dont Ged arrive à la convaincre que ce qu'elle croit n'est pas faux, mais pas vraiment vrai non plus. D'ailleurs, j'apprécie assez le début de rôle de mentor du sorcier.

Mais surtout j'ai aimé qu'il n'y est pas qu'elle qui est besoin de lui pour s'en sortir. Ged a tout autant besoin de Tenar pour rester en vie qu'elle a besoin de lui. Il y a un équilibre appréciable qui se joue entre les deux. Aucun n'est plus fort que l'autre, aucun n'a le dessus. On ne retrouve aucun rapport de force entre eux, pas même, finalement, lorsqu'elle le tient presque à sa merci. C'est quelque chose d'assez rare pour être signalé. Ce n'est pas à proprement parlé une partie féministe du texte (tout comme pour le premier tome, Ursula K. Le Guin n'a pas écrit un texte à vocation féministe à la base) mais on sent un petit quelque chose qui fait bien plaisir quand même (parce qu'avouons que finalement, un roman où le protagoniste a besoin de la protagoniste pour ne survivre et où l'inverse est aussi vrai n'est pas fréquent (on retrouve quand même bien souvent le prota qui sauve la prota, rarement l'inverse, encore moins les deux se sauvant mutuellement).

Et je me rends soudain compte que j'ai failli ne pas parler des Labyrinthes (plus ça va, plus il me faut du temps pour écrire mes avis et du coup, j'oublie des choses)(en vrai, je fais vingt choses en même temps et du coup, ben, il me faut une journée entière pour écrire tout ça). Bref, le Labyrinthe, c'était la seule chose dont je me souvenais vraiment parfaitement dans le livre. En fait, pour moi (c'est important, le pour moi ici, je le rappelle), il représente un peu les méandres de l'esprit de Tenar. Tant qu'elle y va, qu'elle les découvre, elle est perdue. Elle ne sait pas totalement qui elle est, ni même finalement ce qu'elle doit faire. Les Innommables font en sorte qu'elle se perde dans son propre esprit plutôt que physiquement (elle est capable d'aller d'une pièce à 'autre sans problème). C'est une allégorie de ce qu'elle ressent. D'ailleurs, sa fuite du Lieu et du Labyrinthe coïncide avec le moment où elle décide d'être Tenar et non la Dévorée et où elle voit plus clair. Elle est encore un peu perdue mais un chemin se profile devant elle, un chemin qui semble plus lumineux que ce qu'elle a vécu jusque là (oui, alors, les livres de Terremer ont une légère tendance à me faire partir sur des réflexions quelque peu philosophique, j'ai l'impression).

Au final, j'ai aimé ce roman, peut-être même un peu plus que son prédécesseur. Disons qu'il me parle un peu plus que le Sorcier. L'univers est toujours aussi fascinant pour moi et j'espère que lorsqu'elle aimera un peu plus lire, je pourrais laisser cette intégrale à mini-moi (mais ça devrait surement attendre encore deux ou trois ans quand même). D'ailleurs, en parlant d'intégrale, si j'adore lire et relire Terremer, je dois avouer que parfois, c'est un peu déprimant de ne pas avoir l'impression d'avancer dedans (là par exemple, d'après Livraddict, je ne suis même pas à 25% du livre). Mais heureusement que la sensation passe vite tant il est agréable de bouquiner dedans.

lundi 8 juillet 2019

L'attaque des Titans, Edition Colossale 7, Hajime Isayama

Bon, j'ai de plus en plus de mal à trouver comment introduire ma lecture mensuelle de l'Attaque des Titans. Du coup, pas d'intro pour cette fois.

L'attaque des Titans, Edition Colossale 7, Hajime Isayama

Editeur : Pika
Collection : 
Année de parution : 2017
Titre en VO : Shingeki no kyojin 
Année de parution en VO : 2015
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez une bonne histoire où l'humanité est bien dans la moïse.
- Vous ne voulez pas de supers héros

A ne pas lire si : 
- Vous êtes de nature sensible 

Présentation de l'éditeur : 

Bien décidé à découvrir le secret sommeillant dans le sous-sol de la maison Jäger, le Bataillon d’exploration doit avant tout reprendre le mur Maria. Il livre pour cela une lutte acharnée contre Reiner, Bertolt et le Titan bestial qui leur ont tendu un énième piège à Shiganshina.
Après avoir réussi à reboucher le Mur grâce à sa faculté de durcissement, Eren et les siens parviendront-ils à vaincre cet infernal trio pour enfin accéder à de nouvelles révélations ?!
Cette édition contient les volumes 19 à 21 de l’édition standard.

Mon avis

Le dernier tome lu de l'Attaque des Titans m'avait mené jusqu'au mur Maria. La bataillon d'exploration était prêt à se rendre dans la cave de la maison Jaeger. Mais c'était peut-être aller un peu trop vite en besogne. Le Titan Bestial, accompagné de Reiner et Bertol, sont toujours là pour mettre des bâtons dans les roues d'Erwin Smith et surtout pour réussir à chopper Eren. Forcément, cette bataille-là est peut-être la plus importante que va avoir à livrer le bataillon pour découvrir la vérité et permettre par la même occasion à l'humanité de reprendre le territoire perdu dix ans plus tôt.

Les tomes 19 et 20 ne font pas dans la dentelle. Du tout. Ce sont deux tomes remplis d'action, avec un combat pour le moins épique entre l'équipe de Livaï et Reiner puis Bertolt. Le bataillon est équipé de nouvelles armes créées par Hanzi qui font pas mal de dégât. Mais si le combat est juste génial à suivre, je dois bien avouer que j'ai eu pas mal de petit coup à cœur en voyant l'équipe se battre contre leurs anciens camarades (même si, oui, je sais, sont méchants). Il n'empêche que pour qui aime les beaux combats, absolument pas gagné d'avance, il est quasi parfait.Quasi parce que quand même, il reste tout de même un combat assez facile (la partie contre Reiner est finalement assez simple, elle gagne en mordant avec l'arrivée de Bertolt). Par contre, j'ai beaucoup aimé qu'enfin Armin ne soit pas encore une fois le grand stratège qui règle tout. Non, à l'instar de Sacha et Conny, il éprouve de la faiblesse quant aux faits de devoir tuer les deux insurgés. Pire, face à Bertolt, il est d'abord dans l'incapacité la plus totalement de comprendre ce qu'il va se passer (et ça fait du bien, putain. Armin est bien gentil mais je commençais grave à en avoir marre de le voir toujours trouver une solution).Du côté d'Erwin et de Livaï, rien n'est gagné d'avance non plus. Et tout comme avec Armin, on se trouve avec un Erwin qui doute pas mal (mais qui sait quoi faire par contre, même si ça implique de sacrifier tout le monde à coup de grand discours de motivation).

Le tome 21 va voir la fin de ce combat et surtout le choix terrible à faire entre Armin et Erwin, tous deux aux portes de la mort. Un seul pourra être sauvé. Après un choix cornélien, c'est donc Armin qui va bouffer Bertolt et donc survivre (et là, oui, j'ai été un peu triste, parce que j'ai un faible pour Bertolt et que j'aurais préféré voir Reiner mourir (Reiner qui a finalement pas servi à grand chose hein)). Mais surtout, nous allons enfin savoir ce qu'il se cache dans la cave des Jaeger. Et autant dire que la série va prendre un nouveau tournant à partir de maintenant vu qu'on sait (enfin qu'ils comprennent enfin, plutôt) qu'il y a bien autre chose que la vie entre les murs. Et cet autre chose, nous commençons à le découvrir grace aux carnets de Grisha, le père d'Eren. Et autant dire que la vie sur l'île du Paradis (le nom qui semble tellement bien choisi...) parait presque paisible par rapport à ce que lui a connu enfant. cela annonce un beau tournant dans l'histoire et surtout pas mal de réponses aux premières questions que l'on a pu se poser.

Pour finir, je suis toujours super contente de lire l'Attaque des Titans. La saga s'étoffe, offre de beaux moments et reste agréable à lire. Je suis toujours aussi impatiente d'arriver au mois d'après pour pouvoir lire à nouveau (non parce que franchement, je m'écouterai, je lirai tout de suite). 

jeudi 4 juillet 2019

La Servante Ecarlate, Margaret Atwood

Je me suis enfin lancée dans cette dystopie dont tout le monde parle (surtout en ce moment où il semble que la nouvelle saison du show TV ne remporte pas tous les suffrages)(vous ne serez pas étonné si je vous dis que je n'ai pas vu un seul épisode de celui-ci). Et franchement, je suis presque déçue de ne pas l'avoir connue plus tôt (mais dans ce cas, est-ce que je l'aurais autant aimé ?).


La Servante Ecarlate, Margaret Atwood

Editeur : Robert Laffont
Collection : Pavillons poche
Année de parution : 2017
Titre en VO : The Handmaid's tales
Année de parution en VO : 1985
Nombre de pages : 521

A lire si 
- Vous aimez les dystopies
- Vous ne voulez pas de personnages ultra badass

A ne pas lire si 
- Vous voulez quelque chose avec beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur : 

Dans un futur peut-être proche, dans des lieux qui semblent familiers, l'Ordre a été restauré. L'Etat, avec le soutien de sa milice d'Anges noirs, applique à la lettre les préceptes d'un Evangile revisité. Dans cette société régie par l'oppression, sous couvert de protéger les femmes, la maternité est réservée à la caste des Servantes, tout de rouge vêtues. L'une d'elle raconte son quotidien de douleur, d'angoisse et de soumission. Son seul refuge, ce sont les souvenirs d'une vie révolue, d'un temps où elle était libre, où elle avait encore un nom. Une œuvre d'une grande force, qui se fait tour à tour pamphlet contre les fanatismes, apologie des droits de la femme et éloge du bonheur présent.

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, j'ai eu un coup de cœur pour la Servante Écarlate. En fait, c'était même couru d'avance, je crois. Si j'aime beaucoup les dystopies Young-Adult qui se lisent vite et bien, j'ai un faible évident pour les romans plus "adultes" qui apportent une vision peut-être un peu plus mûre, en tout cas, différente. Ici, pas de personnages ultra badass qui vont se battre physiquement pour leur liberté, pas de combat. Non, la Servante Écarlate joue sur un autre terrain et il le fait terriblement bien.

Dans ce qui semble être un futur plutôt proche, le pays de Gilead (une bonne partie des USA apparemment, mais impossible d'en être sûre) a installé une dictature basée sur les Évangiles revisités (coucou le viol ritualisé à cause d'un passage de la bible mal interprété). On y trouve tout ce qu'y peut définir une dictature, de la position des hommes et des femmes dans la société à la maîtrise de la propagande en passant par une justice expéditive et cruelle. Bien que tout cela soit assez jeune, finalement, la dictature est bien présente et les habitants de Gilead soumis à elle sans trop de problème. C'est dans ce monde-là que nous faisons la connaissance de Defred, une Servante, l'une des rares femmes capables de procréer et dont c'est devenu la fonction première. A travers ses yeux, nous allons découvrir ce qu'était la vie avant et puis maintenant à Gilead. 

Il y a quelque chose qui m'a frappé dans la Servante Ecarlate. Plus que le fait que ça semble si possible, c'est la personnalité de Defred. L’héroïne du roman a totalement abandonné. Elle ne se bat plus. Elle suit le mouvement. De temps en temps, elle a un sursaut de rébellion. C'est souvent quelque chose de minime, presque de puérils (elle montre sa cheville aux gardes de la ville par exemple) et ça reste rare. En fait, Defred, ça pourrait être n'importe qui. Ne nous mentons pas, nous serions beaucoup à finir par accepter notre sort comme elle, à avoir perdu sans même nous battre. Je crois vraiment que c'est une des premières choses qui m'a touché en lisant le début du roman. Pourtant, Defred est aussi une héroïne en soi. Par ses petits actes de rébellions, par son histoire aussi. Et c'est quelque chose que j'ai aimé, qu'elle soit finalement une femme normale qui se battent avec les tous petits moyens qu'elle a en sa possession.

Ce trait de construction se retrouve en fait un peu partout dans le roman, pas seulement en Defred. Les autres personnages sont assez similaires à elle. Que se soit le Commandant qui profite de sa situation pour transgresser les règles mises en place en ayant par exemple des livres ou même en allant dans une maison close (maison close qui d'ailleurs n'aurait même pas du exister pour le coups, mais faut bien satisfaire les partenaires commerciaux et les Commandants)(l’hypocrisie de ceux qui se trouvent au sommet de la pyramide quoi), son Epouse, Serena Joy, qui fut l'une des égéries du régime et qui se retrouve finalement prise au piège par ce qu'elle vantait, Moira qui après s'être rebellée à finalement perdue espoir. Aucun n'est parfait, aucun n'est un guerrier et pourtant, à eux tous, ils offrent le meilleur panel pour présenter ce qu'est Gilead et sa dictature.

Une dictature qui parait tellement réelle, elle aussi. L'autrice a utilisé des choses qui sont réellement arrivés. Pas forcément toute en même temps, ni même à la même époque, mais c'est déjà arrivé. Et c'est la grande force du livre, cet aspect "d'authenticité" ajouté au fait que toute la partie avant que nous raconte Defred nous rappelle fortement les années 80 ou même les nôtres. Je crois vraiment que c'est pour cela que le roman nous touche tant. Parce qu'il parait vrai, parce qu'il pourrait être vrai. L’Amérique que souhaite Trump par exemple n'est finalement pas si loin de ce qu'est Gilead (avortement interdit, une seule religion, des murs un peu partout, les droits bafoués, etc...). Ainsi, le lecteur n'a pas le moindre mal à imaginer Gilead et ce qu'il s'y passe. Le roman n'en devient que plus perturbant, plus "horrifique". Oui, tout cela peut arriver même dans un pays comme les USA ou la France où l'on se tarque d'avoir de nombreuses libertés. Pire encore, une dictature peut arriver en douceur, sans que personne ne dise rien ou presque, tout étant parfaitement mis en place pour que le citoyen de base laisse faire.

Enfin, j'aimerais dire un mot sur la partie féministe du livre. Oui, le livre est féministe, je ne dirais pas le contraire. Il l'est grâce aux discours de Defred, celui de Moira aussi, celui des autres femmes. Il l'est puisque le livre montre ce qu'il pourrait se passer pour les femmes dans une dictature. Mais attention, la Servante Écarlate n'est pas uniquement féministe. Il ne faudrait pas la réduire à cela. C'est une partie importante, oui. C'est une partie qui nous touche aussi, qui tend presque à malheureusement devenir réalité (je rappelle qu'en Alabama, 25 hommes ont voté la loi la plus restrictive sur l'IVG des USA, qu'en France même le droit à l'IVG bien qu'accordé se trouve régulièrement en danger...). Si cette partie est importante, elle n'est pas la seule. A la base d'ailleurs, Margaret Atwood n'a pas écrit une dystopie féministe (elle le dit elle-même dans la post-face de mon édition). C'était normalement une dystopie faisant écho à 1984 d'Orwell, quelque chose dénonçant la mise en place de dictature et le fonctionnement de celle-ci (ça se remarque avec le rôle du Commandant par exemple), la Servante Écarlate dénonce les institutions, critique les extrêmes religieux, le totalitarisme. Les deux causes sont importantes. Et si je ne renierais sûrement pas la part féministe du livre, je n'oublie pas non plus les autres messages qu'il fait passer. En fait, finalement, elles sont très liées. Comme le disait si bien Simone de Beauvoir : ""N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant." Le roman illustre parfaitement ces propos pour moi.

Pour finir, j'ai donc beaucoup aimé le roman. Je l'ai aimé pour ses personnages qui n'ont rien de héros, pour son aspect très "réel", pour sa vision, son féminisme, ses dénonciations. Je l'ai aimé pour tout ça et plus. C'est un livre que je recommande vraiment. Lisez la Servante Écarlate, ouvrez les yeux.

vendredi 21 juin 2019

Tueurs d'Anges, Town tome 1, Rozenn Illiano

Je continue gentiment ma découverte du Grand Projet de Rozenn Illiano sur Wattpad. Je pense que je ne tarderais plus à m'offrir les versions papiers de certains de ses livres (Elisabeta, 600 jours d'Apocalypse et puis Midnight City quand il sortira et le prochain chez Citric, le Phare aux Corbeaux)(pas tout en même temps, mais petit à petit, je devrais pouvoir y arriver). Bref, aujourd'hui, nous parlons du début de Town et d'apocalypse.

Tueurs d'Anges, Town tome 1, Rozenn Illiano

Editeur : Onirography
Collection : /
Année de parution : 2017
Format : Wattpad 

A lire si :
- Vous voulez une histoire qui prend son temps
- Vous voulez voir les anges dans le "mauvais rôle"

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand il y a beaucoup d'action.

Présentation de l'éditeur : 

Un jour de janvier, un cataclysme sans précédent décime la quasi-totalité de l'humanité en quelques secondes. Les survivants doivent affronter par la suite toute l'hostilité de la planète ravagée, les fous dangereux sillonnant les routes... et les hordes d'anges descendus du Ciel pour les exterminer. Le tout sous des coups lancinants frappés à la Grande Horloge de l'Apocalypse. Douze coups, six cents jours, à la fin desquels la réalité telle que nous la connaissons disparaîtra.
À travers le chaos, Ana part à la recherche d'un refuge où se terrer quand la fin viendra. Elle rencontre alors Élias, un clairvoyant qui s'est donné une mission : tuer un maximum d'anges, pour sa propre survie et celle de ses compagnons d'infortune.

Mon avis

Après un roman vampirique qui m'avait bien plu, Elisabeta, je me lance enfin dans l'apocalypse vu par Rozenn Illiano avec le début de sa série Town. Dans ce premier tome, l'apocalypse a commencé. Chez l'autrice, elle dure 600 jours avant que tout explose (ou implose plutôt, j'ai l'impression). Tueurs d'anges se déroulent durant ses 600 jours, alors que l'horloge de l'apocalypse sonne tranquillement ses douze coups (alors pour ceux qui connaissent pas, il existe réellement une horloge de l'apocalypse, qui pointe en ce moment sur 11h58. Pour découvrir ce que c'est précisément, allez faire un petit tour sur la page wikipédia qui lui est dédié)(j'ai une certaine fascination pour cette horloge, je dois bien le dire, mais faut dire qu'elle alimente méchamment mon imagination aussi). Alors qu'il ne reste déjà plus grand chose de l'humanité, les anges sont descendus des Cieux pour venir finir le travail. Les survivants tentent d'arriver jusqu'au douzième coup et pour cela, beaucoup se rassemble. C'est ainsi qu'Ana, jeune femme capable de "sentir" les anges va rencontrer la communauté menée par Elias, un Clairvoyant, puis que Chester, que les anges ne voient pas, va les rejoindre. Nous allons suivre les trois durant les 600 jours de l'apocalypse et alors qu'ils fondent (enfin, pas tout à fait), la Ville, dernier refuge de l'humanité, prise dans une bulle de la réalité. 

Il y a quelque chose qui m'a beaucoup marqué dans Tueurs d'Anges, sa lenteur. Pour un roman sur l'apocalypse (on est quand même en plein dedans), il prend son temps, mais vraiment. Personnellement, je ne considère pas ça comme un défaut du roman. Je trouve même que cette approche est vraiment intéressante. On apprend à connaitre les personnages, à faire connaissance avec l'univers de l'autrice, à découvrir Town aussi. Ça change énormément des romans apocalyptiques que l'on peut lire. Ici, on s'attarde sur les personnages. Des personnages qui souffrent pour diverses raisons mais, qui d'une manière ou d'une autre, continuent pourtant d'avancer vers l'inéluctable. J'ai, du coup, apprécié cette lenteur qui cache parfois une certaine violence et finalement, une certaine urgence. J'ai apprécié pouvoir prendre le temps de connaitre les personnages, leurs aspirations, leurs sentiments. Cela se ressent encore plus que le roman est divisé en trois partie, chacune narrée par un des trois protagoniste principal. 

L'autre chose de marquante, c'est le "manque" d'action. J'ai mis manque entre guillemet parce que, tout de même, il y en a. Disons juste que ce n'est pas celle à laquelle on pourrait s'attendre au vu de la quatrième de couverture (et du nom du roman). Tueurs d'Anges ne va pas offrir de grandes scènes de batailles entre humains et anges. Ni même entre humains et humains d'ailleurs. Non, sa violence est moins voyante, on va dire. Elle est pourtant bien là, dans les jours qui passent, dans l'attende, la peur... Elle s'insinue un peu partout dans les comportements des personnages. C'est quelque chose que je trouve génial, de réussir à mettre de la violence sans que celle-ci ne soit sanglante (même si on en trouve). Ça va vraiment avec le fait que le roman soit lent, qu'il y ait peu d'action, que tout se passe par les personnages. Après, je me doute que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Et j'avoue même que parfois, j'ai pu un peu m'ennuyer (juste un ou deux chapitres, pas grand chose mais autant le dire). Il n'empêche que le livre est bon pour moi, et c'est ça l'essentiel.

Pou finir, j'ai donc apprécié ma lecture de ce Tueurs d'Anges. Je me suis trouvée avec un roman complètement différent de ce que j'avais pu imaginé à cause de sa quatrième de couverture (et en même temps pas si différent que ça, je crois aussi que le lecteur et ses expériences de lecture font beaucoup sur la manière de "voir" l'histoire à partir de la quatrième). C'est un roman qui fonctionne plus sur la psychologie des personnages que sur les combats. C'est le genre de roman qui te fait te demander ce que toi tu ferais si l'apocalypse venait. Est-ce que t'attendrais le douzième coup ou pas du tout ? Forcément, c'est un genre de roman qui ne peut que me plaire. Surtout qu'il est porté par la plume de Rozenn Illiano qui a quelque chose de très poétique je trouve. Le tout donne donc un texte qui me plait beaucoup et une grande envie de lire la suite.

lundi 17 juin 2019

Le Roi, Haut-Royaume, tome 3, Pierre Pevel

Il y a quand même une sorte de satisfaction évidente au fait de finir une série, surtout quand elle a été commencé il y  deux ans et demi. Il est dommage par contre que ce troisième tome soit, pour moi en tout cas, un peu en dessous des deux précédents (mais il reste très bon quand même)

Le Roi, Haut-Royaume, tome 3, Pierre Pevel

Editeur : Bragelonne
Collection : /
Année de parution : 2018
format : AZW

A lire si
- Vous voulez de la fantasy médiévale
- Vous voulez un héros pour le moins torturé

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de très original

Présentation de l'éditeur : 

Après la mort du Haut-Roi, s’ensuit une période de deuil pour le Haut-Royaume – période durant laquelle les complots se trament et les dagues s’aiguisent avant l’ouverture du testament royal. Le prince Yrdel, héritier légitime, et le prince Alan, soutenu par la reine et son frère le prince-cardinal Jall, se disputent déjà le trône en coulisses. Comme ils se disputent les faveurs de Lorn, capitaine d’une Garde d’Onyx de plus en plus puissante et influente…
De son côté, Lorn poursuit comme toujours ses propres objectifs tout en semblant servir le Haut-Royaume. Et quand la Guerre des Trois Princes éclate, il pourrait bien être celui qui apportera la victoire…

Mon avis

Si vous avez lu l'introduction, vous aurez compris que oui, j'ai aimé ce dernier tome mais que j'ai quand même était un peu déçue. Ce troisième tome avait tout pour finir la série superbement, surtout après un second tome qui avait mis en place tant de chose. Et pourtant, je l'ai trouvé soit trop court, soit trop ouvert, j'arrive pas encore à savoir. 

Nous voilà juste après les événements de la fin du second tome (et du coup, je divulgâche, hein). Le Haut-Roi est mort, son trône est laissé vacant jusqu'à la fin du deuil national. Yrdel croit toujours dur comme fer qu'il sera le prochain Haut-Roi. Mais que nenni, Celyane a tout prévu et voilà qu'Alan devient Aldéran Ier. La guerre entre les deux princes est inévitable. Lorn, en tant que commandant de la garde d'Onyx reste au service du Haut-Royaume et donc d'Alan. Mais les victoires de la garde d'Onyx nuisent à la popularité du nouveau Haut-Roi. Mais s'il n'y avait que ça... 

Ce troisième tome se concentre sur la guerre entre Yrdel et Aldéran, une guerre que l'on savait devoir arriver depuis un bon moment. Autant dire que pour ceux qui n'aiment ni les batailles, ni les sièges, vous n'êtes pas les bienvenus par ici (en même temps, je pense que vous l'avez compris depuis le premier tome). Bon, vu que j'apprécie assez de bonnes batailles bien foutues (avec de vrais plans de batailles par exemple), je suis plutôt contente sur ce point. Parce que des batailles, il y en a deux grosses, et si niveaux combats, elles sont tout de même assez soft (c'est pas hyper sanglant quoi), niveau stratégie, elles sont plutôt sympa (surtout la première d'ailleurs, la seconde étant plus désespérée, je dirais). Mais la guerre n'est pas l'unique sujet de ce troisième tome. 

A la fin du second tome, on apprend que Lorn est père, d'une petite fille avec Alicia de Laurens et d'un garçon avec Mairenn. Si on oublie totalement Alicia et la fille (chose que j'ai du mal à comprendre pour le coup, c'est carrément comme si elles n'avaient jamais existé), le fils de Mairenn prend beaucoup plus de place. C'est "à cause" de lui que Lorn va encore plus se brouiller avec Alan mais surtout que le dragon de la destruction va prendre l'ascendant sur le chevalier. Car tout est là, et cela, nous le savons depuis un bon moment (on dit merci les chroniques au début de chaque chapitre pour ça). Et c'est là que, personnellement, j'ai été un peu déçue. Jusque là, Lorn était un personnage qui n'en faisait qu'à sa tête mais surtout qui était totalement gris. Rien ne permettait de dire s'il était méchant ou bon, il était un guerrier, point. A partir du moment où il va retrouver Mairenn et par la suite son fils, il devient un peu trop "guimauve". Alors, oui, c'est mignon, mais non, ça ne sert pas à grand chose. Sauf à servir les intérêts du Dragon de la destruction. C'est couillon, il avait réussi jusque là à garder un semblant de libre-arbitre qu'il perd totalement d'un coup. Je trouve ça assez étrange ce revirement dans le caractère de Lorn. Même si on se doute du pourquoi du comment, ça lui ressemble si peu. Heureusement, Lorn finit par rester Lorn et on retrouve tout de même rapidement notre héros.

Mais il m'a quand même manqué pas mal de chose sur ce troisième tome. Il va trop vite à mon gout, là où le second posait quand même pas mal de chose. Je n'ai pas eu toutes mes réponses, et ça, ça me gène un peu. Alors, je ne sais pas vous, mais je sens une autre trilogie derrière tout ça (il devient quoi le fils de Lorn ? Et sa fille ? Et puis, elle va finir comment la guerre ? et surtout, par rapport à ce que lisent les gardiens, ça va donner quoi tout ça ?)(oui, vous avez compris, j'ai encore plein de questions sans réponse moi et j'aime bien avoir mes réponses). Du coup, j'ai cette impression de pas fini qui reste et j'aime pas ça. Autant une fin ouverte ne me dérange pas mais il faut que j'ai un certain nombre de réponse quand même. Et c'est pas le cas ici. Alors même que j'ai aimé le roman, je reste déçue par la fin. Enfin, non, pas par la fin elle-même qui est bien trouvée mais par le fait qu'on ne saurait peut-être pas la suite. Alors, oui, je sais que Pierre Pevel sait  mieux que moi ce qu'il fait (c'est lui l'auteur, je rappelle, pas moi) et je n'irais pas lui dire qu'il doit réécrire sa fin (et puis quoi encore ?) mais qu'est-ce que j'aimerais avoir un tome ou deux de plus pour avoir les réponses que j'attendais.

Et malgré mon haut de taux de ralage par ici, j'ai beaucoup aimé toute la série, n'allez surtout pas croire le contraire. Pierre Pevel est un auteur que j'apprécie toujours autant et qui n'a de cesse de m'émerveiller (même quand il y a du sang un peu partout). J'aime sa manière d'écrire, de créer une ambiance et des personnages qui lui sont propres. Haut-Royaume est une très bonne série (qui a un "spin-off" en plus) de fantasy qui mérite d'être lu, ne serait-ce que pour Lorn, personnage principal qui n'est pas un gentil, sa prophétie qui n'en est pas tout à fait une non plus et ses batailles bien menées.