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lundi 4 octobre 2021

La Tempête, William Shakespeare

 C'est en écoutant la fantaisie symphonique The Tempest de Tchaïkovski que je rédige cet article. Je suis tombée amoureusement de la musique en l'écoutant la semaine dernière pendant que je lisais la pièce. D'ailleurs, je dois vous avouer beaucoup plus apprécié la musique que l'oeuvre écrite...

La Tempête, William Shakespeare

Editeur : Domaine public
Collection : /
Année de parution :
Titre en VO : the tempest
Année de parution en VO : vers 1611
Format : AZW

A lire si 
- Vous aimez les pièces de théâtre
- Vous voulez du fantastique 

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur 

Au retour du mariage de la princesse Claribel avec le roi de Tunis, le vaisseau du roi de Naples, Alonso, qu'accompagne son fils Ferdinand, est pris dans une tempête et s'échoue sur une île habitée par un monstre, Caliban, et par un esprit aérien, Ariel. L'ancien duc de Milan, Prospéro, naguère évincé du trône par son frère Antonio, y vit depuis douze ans : or c'est lui qui a magiquement provoqué la tempête...

Mon avis

Je ne sais pas si vous vous souvenais, mais je mettais mise en tête il y a un bon moment (en 2014 je crois) de lire la plupart des grandes œuvres de Shakespeare. Ainis, j'ai lu cette année-là Hamlet, puis en 2018, je mettais pencher sur Macbeth. Roméo et Juliette, quant à lui, traine dans ma PAL papier depuis un moment. J'aurais voulu être un peu plus assidue dans ma résolution, mais que voulez-vous, j'ai trop de chose à lire. Mais depuis quelques temps, la Tempête vient me hanter. Il faut dire que le texte est souvent cité, que la pièce a inspiré beaucoup d'auteur. Que ça s'appelle la Tempête et que j'aime ce mot et ce qu'il peut représenter. Que la musique de Tchaïkovski est juste géniale. Bref, il fallait que je le lise. 

Il s'avère qu'à l'inverse de la plupart des autres œuvres fort connus du Shakespeare, je ne savais pas grand chose de celle-ci. C'est marrant, parce que c'est peut-être l'une des plus connues (si on enlève Roméo et Juliette, je pense) et que finalement, ben c'est pas celle dont on parle le plus il me semble. Elle comporte pourtant des thèmes des plus intéressants, la vengeance, la famille, l'amour, la rédemption et le pardon. Oui, ce sont des thèmes chers au Barde que l'on retrouve aussi dans d'autres de ses pièces. Personnellement, ce sont surtout des thèmes qui me parlent beaucoup et que j'aime énormément. On n'est que rarement déçu avec eux. Ils promettent généralement pas mal de rebondissements.

C'est le cas ici. On commence avec la fameuse tempête qui donne son nom à la pièce et qui entraine l'échouage du navire du Roi de Naples, Alonso, sur les côtés d'une île perdue en méditerranée. Or, ce n'est pas n'importe quelle île, ni même une tempête ordinaire. L'endroit est la demeure forcée de Prospero, l'ancien duc de Milan, et de sa fille Miranda. C'est lui qui a envoyé Ariel, l'esprit du Vent, détruire le vaisseau. Mais au lieu de tuer tout le monde (ça aurait trop rapide, vous me direz), Prospero et Ariel décident de disperser les occupants du navire aux quatre coins de l'île. Ainsi, Ferdinand, le fils d'Alonzo, va rencontrer Miranda dont il va tomber amoureux. Alonzo, qui croit son fils mort, se trouve avec Gonzalo (un courtisan), Sébastien (son frère) et Antonio (le frère de Prospero). Les deux derniers complotent d'ailleurs pour tuer Alonzo afin que Sébastien prenne sa place sur le trône napolitain. Et enfin, Stephano, l'intendant ivrogne et Trinculo, le bouffon, rencontrent Caliban, fils d'une sorcière et esclave de Prospero, qui tente sans y parvenir, à fomenter une rébellion contre Prospero. Le tout finit par une réunion de tout le monde et un Prospero finissant par pardonner les affronts qui lui ont été fait.

L'idée de partager en trois fils narratif cette histoire était particulièrement bonne. Cela permet rapidement de mettre en place le comique de la pièce (plus particulièrement sur le fil Stephano/Trinculo/Caliban je trouve) mais aussi de différencier les divers thèmes de la pièce. Pour Ferdinand et Miranda, parlons amour, pour Alonzo et ses courtisans, se sera donc la trahison en particulier. Ca permet aussi de rythmer la pièce et de ne pas ennuyer le lecteur. C'est vraiment un très bon point, surtout que, personnellement, je trouve que lire du théâtre peut vite devenir ennuyeux. Par contre, je trouve que nous avons un peu trop de personnages du coup. Je me suis un peu perdue, ne me souvenant plus de qui était qui (surtout dans le fils Alonzo, où en plus de lui, Gonzalo, Sébastien et Antonio, on ajoute deux autres courtisans). 

En parlant personnages, je dois bien dire que j'ai bien aimé les principaux. Prospero est un maitre d'œuvre qui n'est pas sans rappeler parfois un Pantalon de la commedia dell'arte lorsqu'il est avec Miranda et Isabelle (avec Miranda en Isabelle et Ferdinand en Léandre). C'est un personnage complexe qui apparait dans toutes les scènes ou presque, souvent accompagné d'Ariel, l'esprit du Vent qui apporte la touche fantastique à la pièce. Antonio est aussi plutôt sympathique à suivre (si on peut dire) dans sa manière de mener Sébastien sur le chemin de la trahison. Quant à Miranda et Ferdinand, ils sont tellement mignons qu'on ne peut que les apprécier. Par contre, j'ai eu une petite déception à cause de Caliban, que je voyais plus démoniaque que ça et qui finalement est juste dans un rôle de bouffon.

Finalement, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et je comprends pourquoi la Tempête fait partie des références de maints auteurs. C'est une pièce complexe, mêlant drame et humour. Je la trouve particulièrement efficace, même si pour moi, il lui manque peut-être le côté plus tragique d'un Romeo et Juliette ou d'un Hamlet (mais c'est quelque chose de voulu, vous me direz). Maintenant, j'ai juste très envie de voir une de ses adaptations (il n'en existe pas des masses en films d'ailleurs, mais on y trouve quand même un film de l'âge d'or de SF ultra connu, le Planète Interdite de 1956).

mardi 15 mai 2018

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

J'ai quelques livres de Vian dans ma PAL depuis un petit moment. Il est temps d'écluser un peu de ce côté, surtout que je n'avais pas envie de rester sur un échec après ma lecture de J'irais cracher sur vos tombes en 2015 (ça remonte quand même). Cette fois, c'est avec du théatre et de l'opéra que je retourne à Vian, sur un thème que je connais très bien, les légendes arthuriennes.

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

Editeur : Le livre de Poche
Collection :
Année de parution : 1995
Nombre de pages : 476

A lire si :
- Vous aimez les pièces de théatres et les opéras
- Vous appréciez l'histoire de Guenièvre et Lancelot

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Vian à la sauce Ecumes des jours
- Vous préférez voir en live les pièces et opéras

Présentation de l'éditeur :

« Il va de soi que tout ceci ne peut finir que par la mort, et la beauté des romans vient aussi de ce que cette mort n'apparaît qu'au terme d'une très longue vie d'amour. »Ainsi Boris Vian, deux ans avant sa propre disparition, commente-t-il l'histoire des amours de Lancelot et de la reine Guenièvre, que nous conte cet étonnant Chevalier de neige. C'est en 1952 que les organisateurs du Festival dramatique de Normandie lui proposent d'écrire cette oeuvre, représentée l'année suivante devant dix mille spectateurs, pendant sept soirées consécutives. Une expérience que l'auteur de L'Écume des jours tente avec enthousiasme. Dans le respect de la légende arthurienne, qui voit le jeune Lancelot toucher à la sainteté après avoir traversé toutes les épreuves de la vie chevaleresque et de la passion amoureuse, il crée une forme théâtrale moderne, au rythme proche de celui du cinéma. En 1957 à Nancy, Vian eut l'occasion de transformer son texte en livret d'opéra : un genre nouveau pour lui, dont il va entreprendre d'explorer les possibilités à travers cinq autres livrets, d'inspiration très différente, réunis dans ce volume.

Mon avis

Quand j'ai commencé à lire ce livre, je me suis dit que j'allais avoir deux solutions pour lui : soit je m'ennuyais ferme à lire deux versions de la même histoire mais pour deux supports différents soit ça finissait par me plaire et Vian aurait réussi son pari de faire deux versions à la fois identique et différente de la même histoire. Bon, je ne vais pas vous faire patienter, j'ai coupé un peu ma lecture avec un autre livre pour ne pas avoir droit à la première solution. Et je pense vraiment que cela a été utile. Mais commençons par le commencement.

La première partie du livre nous explique pourquoi une pièce de théâtre et pourquoi un opéra tout en nous parlant de l'amour de Vian, arrivé tardivement, pour l'opéra. C'est intéressant si on se passionne pour l'auteur. Personnellement, ça ne m'a pas apporté grand chose de plus. D'ailleurs, toutes les parties entre les textes de Vian ne m'ont pas apporté grand chose de plus, elles sont sympathiques pour savoir comment l'idée a pu venir, comment tout fut mis en oeuvre et pourquoi on n'a pas la totalité de l'opéra version audio et puis c'est un peu tout. Avantage par contre, ça coupe plutôt bien entre les divers écrits de Vian.

Le Chevalier de Neige est donc tout d'abord une pièce de théâtre qui fut jouer au Festival de dramatique de Caen en 1953. Il la transforma par la suite pour en faire un Opéra pour l'opéras de Nancy en 1957 . Vian doit écrire l'histoire de Lancelot, il se lance donc dans celle de ces amours avec Guenièvre. Bon, le thème n'est pas follement original et d'ailleurs au final, Vian ne se veut pas des plus original dans son traitement et cela dans les deux versions (forcément, l'une découlant de l'autre). Je ne m'attarderais donc pas forcément sur l'histoire elle-même (il arrive à Camelot, il tombe amoureux, elle aussi, ils se cachent, sont découverts... bref, l'histoire classique).

A vrai dire, je ne sais pas trop à quoi j'aurais pu m'attendre. Le fait que je connaisse l'histoire et que j'ai eu l'impression qu'il allait un peu vite en besogne (mais en même temps, vu le format et le fait que l'histoire de Lancelot et Guenièvre durent quand mêmes des années et des années, c'est un peu logique). J'ai surtout été un peu déçu de pas retrouver la poésie des textes de Vian comme dans l'Ecume des Jours ou même l'Arrache-coeur. Étrangement, le texte ici m'a semblé plat. Alors, je suppose que pour les deux versions, manquant la musique, ça a une influence certaine (surtout pour l'opéra), mais tout de même. Après, j'avoue avoir une préférence pour le texte de l'opéra (plus musical du coup, ce qui est normal) qui condense celui de la pièce de théâtre, enlevant des parties qui ne servent pas forcément beaucoup dans la première et en remaniant d'autres de manière plus subtile.

Quant aux textes suivant, il s'agit soit des livrets des opéras, soit des textes pour certains. Pour les livrets, descriptifs de ce qu'il se passe de manière succinctes, c'est ennuyeux à lire. On perd vraiment beaucoup à ne pas voir l'oeuvre. Pour Fiesta, opéra en un acte, c'est déjà un peu plus sympa, même si j'avoue que les chants en canon sont quelque peu compliqué à lire. Fiesta est d'ailleurs marquant du fait de la violence qu'on retrouve dedans et qui semble presque "banale" (même soucis sur l'Arrache-Coeur en fait). Pour Lily Strada, opéra inachevé, je ne dirais pas grand chose (j'ai pas beaucoup aimé en fait, mais on a qu'une partie de l'acte un, donc il est dur de juger).

Au final, c'était intéressant à lire pour découvrir une nouvelle facette de Vian (il en avait pas mal en fait, ce monsieur un peu touche à tout). Mais, je suppose qu'il aurait été préférable d'avoir tout le contenu de la pièce et des opéras, c'est à dire, la musique, les décors et tout ce qui allait avec. Parce que là, parfois, c'était un peu plat quand même. Je regrette ne pas y avoir retrouvé la poésie du Vian que j'apprécie. Bref, c'était une lecture sympathique mais qui ne me marquera pas plus que ça.

vendredi 9 mars 2018

Macbeth, William Shakespeare

Bon, je crois que ce livre-là était le plus vieux de ma PAL sur l'Iphone. Il y végétait depuis plus de quatre ans. Il était peut-être un peu temps que je le lise...

Macbeth, William Shakespeare

Editeur : Domaine public
Collection : /
Année de parution : 2010
Titre en VO : Macbeth
Année de parution en VO : vers 1623
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez une pièce assez courte
- Vous aimez les longs dialogues

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à du très sanglant.

Présenation de l'éditeur : 

Le général écossais Macbeth revient du combat où il a vaillamment défendu son seigneur Duncan quand, en pleine lande, trois sorcières apparaissent et lui annoncent qu'il deviendra roi. Lorsque Duncan lui rend visite pour le récompenser de sa bravoure, Macbeth, hanté par la prédiction des sorcières et poussé par sa femme, tue son hôte et s'empare du pouvoir. En proie au remords, le couple sombre peu à peu dans la folie...

Mon avis

J'ai enfin lu Macbeth, donc. Une pièce que je voulais lire depuis longtemps et que les aléas de la vie (ou plutôt trop de livres que je veux lire) ont fait qu'il a poireauté quatre ans dans ma PAL. L'avantage, c'est qu'il est assez court à lire, du coup, j'ai rattrapé son sommeil de quatre ans en peu de jours. Par contre, je dois avouer que sans être totalement déçue, je suis un peu désappointée par la pièce. Peut-être parce que j'en ai tellement entendu parler que je voyais autre chose. 

Pour cette pièce, Shakespeare va s'inspirer de l'histoire écossaise (en modifiant un peu pour des raisons politiques celle-ci) et s'attaque donc à Macbeth, qui prit le pouvoir par la force après avoir assassiner le roi. Dans sa pièce, il le fait donc après avoir entendu la prédiction de trois sorcières et poussé par sa femme, Lady Macbeth, avide de pouvoir.

Comme je le disais, la pièce est courte. Bien plus qu'Hamlet que j'ai pu lire en 2014. On y retrouve quelques thèmes en commun d'ailleurs, comme la folie, la mort, les fantômes. Mais qui dit plus court ne veut pas dire moins interessant. Loin de là. D'ailleurs, il est assez intense, le Macbeth. L'action se déroule rapidement mais avec des dialogues où chaque réplique est un véritable petit monologue. A tel point que parfois, c'est tout de même assez contraignant à lire (surtout quand le personnage parle à deux autres sans que ceux-ci ne répondent pendant trois pages). 

Mais à vrai dire, ce n'est pas sa longueur ou sa complexité à suivre qui m'a dérangé le plus. Comme souvent avec ce genre d'oeuvre, c'est l'image que j'avais pu m'en faire. J’espérais, en fait, trouver un Macbeth et une Lady Macbeth tombant dans la folie et que le lecteur verrait mieux cette folie-là. En fait, ça va très vite et c'est même presque anodin.Je trouve ça vraiment dommage, parce que je la voyait bien, la Lady Macbeth, ses mains sanglantes et sa folie. Sauf qu'on ne voit qu'un tout petit épisode de somnambulisme. De même, pour Macbeth, il ne verra qu'une fois le fantôme de Branquo avant de devenir fou. Mais après, je suppose que cela vient de la vision que j'avais de l'oeuvre et non de l'oeuvre en elle-même.

Macbeth reste passionnant à lire malgré cela. Shakespeare réussissait parfaitement à comprendre les moeurs de son époque, à critiquer pas mal mais aussi à flatter les politiques. C'est sur cette partie-là que je trouve toujours ses pièces passionnantes. Alors, effectivement, je ne suis pas une experte en histoire anglaise, mais ça me permet aussi de m'instruire un peu plus.

Au final, j'ai donc apprécié ma lecture même si je m'attendais à autre chose. Je regrette que la folie ne soit pas aussi présente que dans Hamlet (où elle est feinte le plus souvent d'ailleurs) mais j'ai adoré tout ce qu'il se passe autour, les intrigues, les scènes des sorcières... Peut-être attendrai-je un peu moins avant de lire un nouveau Shakespeare.

mercredi 28 juin 2017

Novecento : pianiste, Alessandro Baricco

Je ne pouvais pas rester avec un sentiment désagréable pour Baricco. J'aime trop son écriture. Alors, je me suis lancée rapidement dans ce monologue musical. Et j'ai eu raison. Si je n'oublie pas le fameux paragraphe de Mr Gwyn, je reste une inconditionnelle de cette écriture-là.

Novecento : pianiste, Alessandro Baricco

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 1997
Titre en Vo : Novecento : un monologo
Année de parution en VO : 1994
Nombre de pages : 87

a lire si :
- Vous aimez les monologues
- Vous voulez une histoire courte

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de linéaire
- Vous n'aimez pas le théatre

Présentation de l'éditeur : 

Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.
Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

Mon avis

Novecento est une oeuvre à part dans la création littéraire de Baricco. Effectivement, c'est sa seule incursion dans le monde du théâtre. Ce n'est pas une pièce à plusieurs personnages, c'est un monologue. D'ailleurs, je conseille vivement de le lire à haute voix pour apprécier encore plus le travail de Baricco dessus.

Novecento, c'est l'histoire d'un homme né sur un bateau et qui ne le quittera jamais. Trouvé sur le piano de la salle du bal du Virginian, il deviendra pianiste, ayant un réel don pour cet instrument. Nous allons le découvrir par l’intermédiaire du trompettiste de navire, Tim Tooney. L'histoire qu'il nous raconte semble un peu décousu, disons qu'il suit sa pensée et que parfois, elle peut amener un peu loin. Mais petit à petit, le portrait de Novecento se forme devant nous. Un portrait parfois loufoque, parfois tendre, d'un homme étrange et surtout de sa musique. Il ne faut pas oublier que Baricco est avant tout un musicologue.

Comme toujours, je me suis retrouvée embarquer par la poésie et la musique des mots. C'est vraiment une chose que j'aime chez Baricco, cette utilisation des mots. Et je dois bien dire que son traducteur est tout aussi bon pour que l'on retrouve en français la musicalité de l'italien (pour tout vous dire, j'ai même bien envie d'apprendre l'italien pour lire Baricco en VO)(et pour me rapprocher de mes racines aussi un peu). On en oublie parfois l'histoire que Tooney nous raconte pour ne se concentrer que sur la musicalité des mots. C'est un défaut du livre d'ailleurs parce que l'histoire mérite quand même qu'on s'y attarde dessus un peu plus. Et finalement, on ressort de la lecture avec du jazz dans la tête, des mots merveilleux mais sans réellement se souvenir de tout. Novecento est une musique avant d'être une histoire. C'est surement l'effet recherché par l'auteur mais je trouve cela un peu dommage. En fait, je l'ai trouvé un peu moins "philosophique" que les autres romans que j'ai pu lire de Baricco.

Au final, j'ai beaucoup aimé, ce qui n'a rien d'étonnant avec un Baricco. Je trouve un peu dommage par contre que ce que j'aime justement chez lui prenne parfois un peu trop le pas sur ce qu'il raconte. Mais franchement, qu'est-ce que c'est bien à lire à haute voix. Un monologue interessant, musical mais peut-être pas inoubliable. 

mercredi 9 décembre 2015

Faust, Johan Wolfgang von Goethe

Cela faisait un moment que j'avais envie de me plonger dans le mythe de Faust. Il faut dire que l'histoire est particulièrement présente dans beaucoup d'oeuvre et que je voulais enfin avoir ma propre opinion sur l'oeuvre. En plus de ça, ça fait un moment que je n'ai pas lu de théâtre (août 2014 quand même)

Faust, Johan Wolfgang von Goethe

Edition : Librio
Collection : Théâtre
Année de parution : 2004
Titre en VO : Faust
Année de parution en VO : 1808

A lire si :
- Vous aimez le théâtre
- Vous aimez les tragédies
- Vous n'avez pas peur de vous perdre entre les lieux et le temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vision parfaitement romantique du mythe

Présentation de l'éditeur : 

Plus rien n'intéresse le docteur Faust, il a tout lu, sait tout et s'ennuie. Profitant de la situation, Méphistophélès surgit pour lui proposer un pacte diabolique. Inspirée d'une vieille légende, la pièce de Goethe, chef-d'oeuvre de la littérature romantique, a élevé l'histoire de Faust au rang de mythe universel.

Mon avis

Qui n'a jamais entendu parler de Faust ? Même sans avoir vu ou lu la pièce, je crois que tout le monde a un jour entendu parler du Docteur Faust. Mais généralement, on se fait des idées sur le mythe en lui-même, pas forcément les bonnes d'ailleurs, et il n'est pas plu mal de se plonger dans l'une des oeuvres considérée comme l'original (parce qu'avant, il y a l'histoire vrai de Johann Faust, ou encore le Doctor Faustus de Marlowe). D'ailleurs, l'oeuvre de Goethe est considéré comme l'une des oeuvres la plus importante de la littérature allemande (rien que ça, oui). 

La pièce commence par une élégie de l'auteur puis  par un prologue sur le théâtre et son utilité vu par un directeur de théâtre, un poète et un comédien. Si il n'apporte pas grand chose à Faust en elle-même, si ce n'est un semblant de genèse dans l'esprit de ces trois hommes, il reste intéressant sur la vision du théâtre. Vient ensuite le "vrai" prologue de la pièce, où Dieu et Méphistophélès parient que le second peut réussir à détourner un homme du premier. Le choix se porte donc sur Henriech Faust, un vieillard érudit qui a passé sa vie à tout découvrir et qui à l'aube de sa mort prochaine s'ennuie fort à tel point qu'il envisage le suicide. Séduit par Méphistophélès qui lui propose de l'aider à retrouver le bonheur, il conclue un pacte avec lui. Rapidement, le diable rencontre quelques soucis, le vieil homme étant assez compliqué. Ce n'est que lorsqu'il le fait rajeunir et que celui-ci rencontre Marguerite que Méphisto va enfin réussir à mener sa barque comme il l'entend...

Je dois bien avouer que si j'ai parfois eu du mal à comprendre ce que je lisais (la traduction est bonne, c'est plutôt le langage de l'époque qui fit mal à ma lecture), j'ai pris plaisir à découvrir cette pièce et à plonger dans les méandres de l'âme de ce cher docteur Faust. Il faut dire que le personnage a de quoi plaire (ou non d'ailleurs). S'il pactise bien avec le diable, il ne se laisse pas vraiment tenter dès le départ par les appâts de celui-ci. Faust est vieux, il a tout vu, tout vécu, s'est déjà aventuré vers l'ésotérisme et l'alchimie, il n'a plus grand chose à découvrir. Alors, voir des beuveries et autres orgies, ça ne l’intéresse finalement pas plus que ça. Il faut attendre qu'il rajeunisse pour retrouver (ou simplement trouver) un esprit un peu plus libertin (tout le monde le sait, le jeune est un être de luxure, hein...)(ironie inside bien entendu). Sa rencontre avec la douce et pieuse Marguerite finira de l'achever, si je puis dire, puisque c'est vraiment à partir de là qu'il se laisse tenter par le diable et ses artifices. Pourtant, l'homme continue à se poser des questions, à vouloir en découvrir plus. Il garde son esprit critique, se questionne sur lui et sur son pacte. C'est un personnage complexe tiraillé par les sentiments. Face à lui, Méphistophélès parait presque trop simple. Le diable et ses tentations ont beaucoup de mal à faire en sorte que le pacte ne soit pas rompu durant une partie de la pièce puis, le voilà qui prend de l'ampleur, en même temps que la dépendance de Faust envers lui. Finalement, je m'attendais à un personnage un peu farceur, plutôt vil, je ne me suis pas trompée, mais il manque pour moi de profondeur. J'ai souvent eu l'impression qu'il était surtout là pour apporter du comique et non comme pièce importante. Quant à Marguerite, qui n’apparaît que vers la moitié du roman, elle est l'antithèse de Faust, celle par qui il va finalement succomber aux charmes de Méphistophélès. C'est un personnage tout aussi complexe que Faust, même si finalement elle ne devient vraiment intéressante que sur la fin de la pièce. Quant aux autres personnages, ils sont anecdotiques, même si Marthe m'a fait bien rire.

Et enfin, il y a les thèmes qu'abordent Goethe. Lui-même érudit, ayant de nombreuses passions (art, musique, mais aussi botanique, zoologie, optique et j'en passe), il ne se gêne pas pour critiquer l'université ou la passion débordante de Faust à vouloir tout savoir, tout connaitre. Il critique aussi la religion, surtout qu'elle se trouve finalement en plein centre de la pièce qui commence par un pari entre Dieu et le diable. Mais surtout, c'est la nature humaine qu'il critique, l'envie d'être "le plus beau, le plus fort" au détriment des autres. Le diable n'est qu'un prétexte pour que Faust se lance dans sa recherche de la "vérité absolue". S'il aiguillonne l'homme, ce n'est pas lui qui fait. C'est bien Faust qui librement va faire le pacte, va séduite Marguerite et tout ce qui découle de tout cela n'a finalement rien à voir avec Méphisto, même si celui-ci essaie (et arrive) par tout les moyens à le détourner. La fin de la pièce (mais pas des aventures de Faust et de son diable, puisque Goethe écrira un Faust II) laisse d'ailleurs comprendre que Faust est bien et bien coupable et non victime.

Au final, je suis vraiment contente d'avoir enfin lu Faust (j'aimerais bien le voir maintenant, en fait). Comprendre les origines du mythe est vraiment très plus intéressant, surtout sur une histoire comme celle-ci. Après, je regrette de ne surement pas avoir tout compris à cause du langage de l'époque surtout, mais aussi de la densité de l'oeuvre (puis, je reste une scientifique et non une littéraire, parfois, il y a des notions qui m'échappent). Mais Faust reste un classique agréable à lire.


mercredi 27 août 2014

Hamlet, William Shakespeare

Il y a quelques temps de ça, je téléchargeai sur ma liseuse deux pièces de Shakespeare, Hamlet et MacBeth avec la ferme intention de les lire rapidement. Comme rapidement semble ne pas faire parti de mon vocabulaire lorsqu'il s'agit de ma PAL, j'ai donc mis quelques deux ans avant de me lancer enfin dans Hamlet...

Hamlet, William Shakespeare

Editeur : Une Oeuvre du Domaine Public
Collection : /
Année de parution : 2010 pour cette édition numérique
Titre en VO : Hamlet
Année de parution : 1603

A lire si :
- Vous aimez le théatre
- Vous aimez les tragédies
- Le "français ancien" (tout comme l'anglais ancien) ne vous gène pas

A ne pas lire si :
- Vous voulez un amour pur

Présentation de l'éditeur : 

Pour mener à bien sa vengeance sans éveiller les soupçons, Hamlet feint la folie. Lorsque le fantôme de son père lui révèle que Claudius, souverain actuel et frère du défunt roi, est le meurtrier de celui-ci, on s'attend à une stratégie ingénieuse, d'autant que le prince semble plein de courage, d'insolence et d'esprit. Or, durant quatre actes, il ne commet qu'un seul meurtre, conséquence d'une erreur de perception. À la fin de la pièce, il venge son père, mais in extremis. Hamlet est une tragédie intérieure, presque intime, dont le rythme est motivé par les hésitations du héros qui donnent lieu à des scènes superbes de grandeur pathétique, car elles disent l'aspiration de l'homme à la liberté et au repos, malgré l'enfermement obsessionnel auquel l'existence le condamne. Tragédie du doute, voyage dans un esprit qui ne rêve que d'immatérialité mais ne parvient pas à prendre son envol, Hamlet, pièce mélancolique, nous invite à un saut existentiel.

Mon avis :

D'Hamlet, je garde un vague souvenir du film de Kenneth Branagh, mais vraiment très vague, puisque vu lorsque j'étais à peine ado. Bien sur, je connais les répliques, du moins les deux cultes, à savoir "être ou ne pas être" et "il y a quelque chose de pourri dans l'Empire du Danemark". Pas de quoi, donc, dire que je connaissais l'histoire, même si celle-ci me semble familière. D'ailleurs, j'en avais une vision un peu faussé quant à Hamlet et Ophélia, c'est pour dire.

Lire une pièce de théâtre est souvent bien moins interessant qu'en voir une, puisqu'il manque tout le jeux d'acteur, mais personnellement, cela ne me gène pas du tout. Au moins, je me concentre sur les paroles, et non sur les actes. Bon j'avoue que parfois, cela peut devenir ennuyeux. Surtout ici où le texte ressemble à de l'ancien français, avec parfois des tournures de phrase qui nous semble incohérente à nous, pauvre lecteur des années 2010. Pourtant, si on oublie ce détails, on se laisse rapidement embarqué dans l'histoire. 

Cela n'est pas vraiment compliqué tant Shakespeare réussit rapidement à parler complot, politique, folie, amour, honneur et mort. De quoi en faire une super production à l'époque mais aussi maintenant d'ailleurs. En moins d'un acte, on est embarqué là-dedans et bien que même sans l'avoir lu on connait forcément la fin, on a envie de savoir comment tout cela arrive. Et puis, à force, lecteur, tu le sais, moi dès qu'on parle complot et folie, je ne suis que joie. Surtout que de la folie, on en trouve pas mal, avec Hamlet d'abord, dont la folie est parfois feinte, avec Ophélia ensuite, qui va devenir folle. Les relations entre les personnages tourneront autours de ce thème plus celui de la vengeance, à croire que tout le monde veut se venger de tout le monde dans Hamlet.

Chose aussi fort intéressante dans cette pièce, ce sont toutes les critiques de l'auteur pour sa société et pour celle des théatres de l'époque. Alors, oui parfois, les allusions faites peuvent ne pas sauter de suite aux yeux. Heureusement (ou pas d'ailleurs des fois), les notes de bas de pages du traducteur aide vraiment à mieux comprendre. Tout comme j'ai apprécié que souvent, elles expliquent la traduction elle-même, ou donne une autre traduction tout à fait possible. Cela permet aussi de mieux comprendre le texte et les paroles et gestes de certains personnage ou de mettre en parallèle certains vers. Seul problème, comme les notes sur cette édition numérique se trouvent juste après les tirades qui les concernent, on perd parfois le fils. Ce qui fait que j'ai fini par abandonner leur lecture rapidement, dans après, j'avais du mal à me remettre dans le bain.

Au final, j'ai aimé Hamlet, histoire que je redécouvrais alors que je ne l'avais jamais lu (mais en même temps, Hamlet inspira tant de monde qu'entre les films, les musiques, les opéras, les pièces, les mangas et autre livres, on fini par connaitre l'histoire. J'ai été agréablement surprise de voir comme je me méprenais sur Ophélia (moi qui la voyait comme une autre Juliette, j'avais un peu tord quand même), mais surtout de voir qu'Hamlet était un personnage particulièrement complexe, comme je les aime.

jeudi 25 octobre 2012

Les combustibles, Amélie Nothomb

Les précommades de la Guerrière Fantôme étant partie hier, et espérant fort faire partie du premier envoi, il me fallait un livre à lire rapidement. J'avais ce Nothomb qui trainait par là. Il convenait parfaitement.

Les Combustibles, Amélie Nothomb

Editeur : Le livre de poche
Collection : \
Année de parution : 1994
Nombre de page : 89

A lire si :
- Vous aimez le théatre
- Vous aimez Nothomb

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas voir des livres brulés
- Vous n'aimez pas entendre parler de livres dont vous ne connaissez pas même l'auteur

Présentation de l'éditeur

C'est la guerre et c'est l'hiver.
Deux hommes et une femme sont terrés dans un appartement. Combien de jours leur reste-t-il à vivre ? En attendant, il n'est plus interdit de révéler ses vraies passions. L'amour, le désir, l'intelligence résistent-ils au froid ? A-t-on le droit de consumer ses dernières forces à lire de la mauvaise littérature ? Enfin, à l'heure du choix ultime, quel livre est assez important pour ne pas être mis à l'épreuve du feu ?

Mon avis

J'ai essayé une fois de lire un Nothomb, Tuer le père, acheté à la gare alors que je devais faire 4h de TGV. Je n'ai jamais fini ce livre. Du coup, je ne partais pas avec une bonne opinion sur ma lecture des combustibles. Mais comme j'aime bien laissé une chance à un auteur et qu'on m'a conseillé de lire les "vieux" romans de Nothomb, je me suis jetée à l'eau.

Première surprise, Les Combustibles est en fait une pièce de théâtre.  Comme j'en avais entendu parlé, je pensais plus à un roman d'introspection. Finalement, la forme théâtre n'est pas plus mal. J'ai trouvé du coup ma lecture moins lourde que pour Tuer le père.

Mais passons à l'histoire. La guerre a éclaté. Elle oppose les Barbares aux autres. Daniel, assistant du Professeur, va vivre chez lui parce que son quartier a été détruit. Marina, la copine de Daniel, viendra s'ajouter à eux suite à la destruction de la cité universitaire. Mais voilà, Marina a froid, l'hiver est là, et il n'y a plus rien à bruler dans la maison du Professeur. Enfin, si, il reste quelque chose. Les livres.

J'avais lu beaucoup de critique et d'avis mettant en avant le fait qu'il faille choisir le livre à garder. Celui qui ne brulera pas. J'ai eu l'impression que le roman allait tout de même un peu plus loin que cette question-là. Alors oui, elle est au cœur de l'histoire, mais finalement, elle ne m'a pas paru si importante que cela.

J'ai trouvé bien plus interessant de voir de quoi sont capables les trois personnages pour rester en vie. Ne serait-ce qu'un jour de plus. Marina a froid, tout le temps. Pour vaincre ce froid, avoir un peu de chaleur, elle est capable de détruite les livres si précieux de son Professeur, elle est aussi capable de coucher avec lui, juste pour se réchauffer (du moins c'est ce qu'elle dit au début). Daniel, lui veut continuer d'espérer, il continue à aller à l'université, à donner des cours, pensant ainsi pouvoir gagner une guerre qu'il ne mène pas avec des armes. Le Professeur pense que tant qu'on garde les livres, la guerre n'est pas perdue, que tant que Daniel continue à donner cours, la guerre n'est pas perdue. J'ai trouvé son personnage fort cynique.

En parlant des personnages, je n'ai accroché à aucun d'eux. Le Professeur a finit par me gonfler, Daniel m'a paru bien insignifiant et Marina m'a paru bien trop cliché. Autant dire qu'heureusement ce n'était qu'une pièce de théatre, j'aurais pu décrocher si ce n'avait pas été le cas.

A présent, passons à l'écriture d'Amélie Nothomb. Je n'ai toujours pas vraiment accroché, bien que ce soit mieux qu'avec Tuer le Père. Je trouve son écriture trop plate (je sens que je ne vais pas me faire d'amis sur ce coup-là). Je n'y ai pas trouvé de poésie, pas de grands moments. Elle nous donne ses avis sans vraiment y mettre de force. J'aurais aimé qu'elle en donne plus, de force, en défendant ses propres choix si elle avait été dans le cas de ses personnages. Après, je me dis aussi que c'est une pièce de théâtre, qu'il n'y a que du dialogue. Peut-être que si je lisais un autre de ces vieux livres, je trouverais ce qui fait que beaucoup d'amis sont en "adoration" devant ses livres.

En tout cas, ce n'est pas avec ce livre que je changerais d'avis pour l'instant sur l'écriture de Nothomb, bien qu'il me fasse dire que je pourrais peut-être aimé un livre ou deux d'elle, parce que certaines de ses histoires me semblent bien.