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mardi 30 mai 2017

Ferenusia, Les Outrepasseurs tome 4, Cindy Van Wilder

L'annonce de Ferenusia sur twitter il y a déjà quelques temps m'avait plus qu'émoustillait. Il faut dire que les Outrepasseurs, la série dont il est quatrième tome et spin-off, m'avait fait forte impression en 2015 (déjà ?). J'avais hâte de le lire.

Ferenusia, Les Outrepasseurs tome 4, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : /
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 382

A lire si :
- Vous voulez le fin mot de l'histoire des Outrepasseurs
 Vous ne voulez pas de fés à la Disney
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des gros monstres
 - Vous voulez de la fée gentille
- Vous n'avez pas lu la trilogie d'origine.

Présentation de l'éditeur : 

" Qui étaient ces êtres, si semblables et pourtant si différents des hommes ? On ne pouvait pas nier leur peau grise, qui se détachait délicatement de la structure de fer à laquelle ils s'accrochaient avec toute l'aisance d'alpinistes chevronnés. Soudain, la caméra bascula sur le buste de la statue de la Liberté. En lettre majuscules, vert sombre, s'étalait le mot : "FERENUSIA" " 
Privé de la magie presque disparue, l'empire des Outrepasseurs se disloque de toutes parts. Seul survivants dans cette débâcle, les Ferreux, des fés réduits à l'esclavage, s'échappent de leurs prisons. Soutenus par Ferenusia, un réseau clandestin, ils n'ont qu'un seul objectif : obtenir les mêmes droits que les humains, dans un monde qui ignore tout de leur existence. Mais leurs anciens maîtres sont prêts à tout pour protéger leurs secrets, quitte à éliminer le moindre témoin de leurs forfaits passés...

Mon avis

Ferenusia est un tome à part des Outrepasseurs. S'il est présenté comme un quatrième tome et une fin définitive de la série, il en est aussi un spin-off. Pas tout à fait hors série donc, mais pas non plus totalement dedans. Du coup, je préfére avertir dès le début, sans avoir lu la dite-série, il vaut mieux ne pas le lire sous peine de ne pas tout comprendre, voire même de se sentir totalement perdu dans l'histoire et avec les personnages. Pourquoi ? Parce qu'il commence quelques semaines après la fin du Libérateur et que l'autrice a décidé que nous avons déjà lu la trilogie et donc qu'il n'est pas totalement nécessaire de nous rappeler qui est qui. Une décision que j'apprécie puisque nous plongeons ainsi dans le vif du sujet mais que d'autres peuvent peut-être voir comme un inconvénient. 

Mais passons à l'histoire. Celle des Ferreux. Car ce tome se concentre sur ce peuple que nous avons pu découvrir dans les tomes précédents. Un peuple de fés qui bien que touché par la disparition de la magie continue de vivre, ou plutôt de survivre. Libérés des Outrepasseurs, les voilà qui plongent dans le monde des humains, un monde qu'ils ne connaissent pas et qui ne les connait pas. Passés du statut d'esclave à celui de Ferreuses et Ferreux libres n'a rien de simple. Encore moins lorsque les Outrepasseurs restant, bien que privés de la malédiction, décident de les poursuivre pour les faire taire, et cela de manière définitive. 

Cindy Van Wilder nous entraîne donc à la suite des Ferreuses et des Ferreux dans leur quête de liberté. Pour cela, elle a choisit de nous faire suivre Red Wing et Smokey, que nous connaissions déjà mais aussi Kalinda, Elween et Owen, qui eux se trouvent en Australie. Des personnages vraiment intéressants et surtout assez différents les uns des autres pour en apprendre plus sur leur peuple. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié les passages australiens, la quête de liberté de ces personnes qui ne comprennent pas ce qu'il se passe. Une opposition assez forte avec Red Wing et les londoniens qui eux ont déjà vu le monde et sont un peu plus apte, grâce à Smokey, a le comprendre. 

Ce qu'il y a de fortement intéressant à prendre les Ferreux comme héros, c'est de pouvoir voir tout ce que peut offrir ce peuple en terme de tolérance mais aussi la manière dont leur nouvelle liberté peut-être vu. Les voilà avec un statut de réfugiés et avec tout ce que cela implique. Si vous avez en tête ce qu'il se passe avec les réfugiés syriens, vous n'êtes finalement pas très loin. Heureusement, l'autrice leur offre une fin qui semble bien plus sympathique que pour les syriens et que personnellement, j'aimerais voir pour ces gens. Même si l'intégration ne se fait pas dans la douceur, après tout les Outrepasseurs essayent toujours de les faire disparaître, les gens "normaux" ont peur de ces êtres différents, elle se fait. Et cela grâce à des personnes qui croient en la différence, en la diversité. C'est un beau message que transmet Cindy Van Wilder dans ce roman.

Et ce n'est pas le seul. L'un des personnage, S., est genderfluid. Je ne sais pas très doué en explication mais en gros, c'est un personnage qui ne se sent ni homme ni femme mais de genre neutre. J'ai apprécié que l'autrice utilise la langue neutre (pronom iel par exemple, conjugaison des adjectif au pluriels pour ne pas mégenrer le personnage). Ce genre de personnage est encore rare et il est appréciable d'en trouver, surtout uns comme S., qui doit faire face à ce qu'iel est mais aussi aux regards des autres et au sien. D'ailleurs, la communauté LGBT+ est plutôt bien représenté avec des personnages bi et homosexuels. Ce qui est encore mieux, c'est que les personnages ne sont pas des représentations stéréotypés de la communauté et que leur orientation sexuelle et leur genre ne fait pas tout le personnage. Ainsi, je ne définis pas S que comme genderfluid, mais comme la personne qui remonte le réseau Ferenusia, qui a une dent contre les Outrepasseurs et une envie immense que tout le monde puisse être libre et égaux. Cindy Van Wilder approfondit plus les relations entre personnages, qu'elles soient amicales ou non, que les relations amoureuses (même si nous en trouvons une dans le lot).

Qu'ajouter de plus pour finir cet avis ? Je suis contente de voir que je n'avais pas "fabulé" une certaine relation qui vient tout en douceur au cours du Libérateur et de ce tome. J'ai encore une fois beaucoup apprécié l'écriture de Cindy Van Wilder, toujours aussi poétique et en même temps percutant. Ce dernier tome est riche, en personnage, en représentativité et en action. J'ai apprécié retrouvé d'anciens compagnons, d'en redécouvrir certains et de découvrir d'autres membres des Ferreux. Au final, le roman aura été un nouveau coup de coeur, comme les autres tomes de la série.

Et je finirais réellement sur un petit avis sur la nouvelle qui accompagne parfaitement le roman, Tsimoka, paru dans l'anthologie Fées et Automates des Imaginales 2016. Une nouvelle qui permet de mettre en lumière une partie du texte du roman, puisqu'elle raconte un événement important de l'histoire des Ferreux. Je les beaucoup apprécié même si elle manque d'un petit quelque chose en plus. Disons que je l'aurais peut-être moins apprécié si je l'avais lu avant Ferenusia.

lundi 9 mai 2016

Memorex, Cindy Van Wilder

Memorex, c'est un peu le roman dont j'attendais avec impatience la sortie. Cindy Van Wilder est très forte pour faire sa propre pub sur twitter (et celle des autres aussi, voir I.R.L. d'Agnès Marot). Mais surtout, parce que j'ai beaucoup beaucoup beaucoup aimé les Outrepasseurs et je voulais voir ce qu'elle était capable de faire avec un sujet anticipation et sans surnaturel.

Memorex, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 403

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous voulez du huis-clos
- Vous voulez une héroine géniale

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les flashback

Présentation de l'éditeur 

2022. Cela fait un an que la vie de Réha a basculé. Un an que sa mère est morte dans un attentat contre sa fondation, Breathe, qui promeut un art contemporain et engagé. Un an que son père, un scientifique de génie, ne quitte plus Star Island, l'île familiale. Un an qu'Aïki, son frère jumeau, son complice de toujours, s'est muré dans une indifférence qui la fait souffrir. Le jour de ce sinistre anniversaire, la famille est réunie sur l'île : c'est le moment de lever les mystères, les tabous, les rancoeurs que Réha ressasse depuis un an. Au cœur de l'énigme : Memorex, la multinationale pharmaceutique de son père, ainsi que ses expérimentations sur la mémoire. Des expérimentations qui attisent les convoitises de personnages puissants et sans scrupules, prêts à tout pour accomplir leurs rêves les plus fous.

Mon avis

Comme je le disais, Memorex fait parti de ces livres qui ne sont pas encore écrit (ou fini d'écrire) et qu'on veut déjà lire. Cindy Van Wilder en a beaucoup parlé, et moi, j'ai adoré le pitch et les extraits qu'elle a pu nous fournir (alors que je n'aimais pas du tout le titre provisoire). Et puis, on a eu la couverture, et elle m'a donné encore plus envie. Et enfin, jour de la sortie, il était là, chez ma libraire, bien en vu et surtout ultra attirant. Bref, il a fini dans mon panier et je l'ai ouvert dès le soir. Je l'ai fini dimanche dans la journée.

Je ne parlerais pas trop de l'histoire pour ne pas trop spoiler. Je trouve la quatrième de couverture très bien pour ça, elle n'en dit pas des masses, poussant le lecteur à lire le bouquin. Dans les grandes lignes, nous avons donc Réha, dix-sept ans, qui un an plus tôt a perdu sa mère lors d'un attentat contre la fondation de celle-ci. Depuis, sa vie a changé. Réha s'est repliée sur elle-même, même si elle veut donner le change, son jumeau a fait de même et son père s'enferme dans son île privée. Île où ils vont se retrouver pour le premier anniversaire de la mort de leur mère. Mais rien ne se passe comme prévu... Alors que le danger est bien présent, Réha va petit à petit apprendre ce qu'il a pu se passer un an auparavant.

J'ai envie de commencer par Réha. Réha, dix-sept, des rêves détruits, que nous allons suivre durant une bonne partie du livre. Première chose à dire sur elle, elle est métisse. Alors, ça n'apporte pas forcément plus au livre en lui-même (une scène surtout où il est question de racisme). Par contre, personnellement, ça m'a apporté un petit vent de fraîcheur. Parce que le white washing, c'est sympa un moment mais avoir de beaux personnages qui ne sont pas blancs, c'est cool aussi. Et Réha est un beau personnage. Un bon aussi. Ce bout de femme a vécu l'un des événements les plus traumatisants qu'il puisse exister (perdre sa mère, morte dans ses bras) et essaie tant bien que mal de reprendre le dessus. Elle se révèle être un personnage avec beaucoup de faiblesse, beaucoup de noirceur aussi en elle. J'aime ce genre de personnage qui essaie sans y arriver réellement. J'aime ce genre de personnage a qui l'on peut facilement s'identifier même s'il lui arrive des choses qui n'arriveront pas à tout le monde (l'attentat, la prise d'otage, le reste...). Et puis, j'ai beaucoup apprécié son évolution. 

Elle n'est pas le seul personnage intéressant. Pour qu'un Young-adult fonctionne, il ne faut pas juste un bon personnage principal. Il faut que les autres suivent. Et c'est bien le cas ici. La famille de Réha, son père et son jumeaux, sont très bien foutus eux-aussi. Surtout que ces deux-là ont droit à des flashbacks et deviennent des personnages de premier plan. Le père, bien qu'il puisse paraître assez inhumain sur le coup, est un personnage complexe comme je l'ai apprécie, ni blanc ni noir, tout en nuance et avec des motivations que je peux parfaitement comprendre. Aïki, le jumeaux de Réha, est, pour moi en tout cas, le personnage le plus intéressant, plus particulièrement dès qu'on a accès à ses flashback. Malheureusement, vous expliquez pourquoi serait spoilé, alors je vous laisse le découvrir. Autour d'eux, il y a aussi Holly, petite amie d'Aïki, que Réha nomme Petite Miss Parfaite durant un long moment. Bien que vu uniquement par Réha, son évolution, et celle de la vision qu'à Réha d'elle, est vraiment sympathique à suivre. Comme quoi, les miss parfaites ne sont pas forcément si parfaites que ça (ou encore plus qu'on ne le pense). 

Enfin parlons un peu de l'histoire. Parce que même si les personnages sont importants, même si tout se base ou presque sur leur évolution face aux événements, il faut bien que les dits événements soient à la hauteur. Et ils le sont. J'ai beaucoup apprécié le départ, très ordinaire et puis petit à petit la montée en puissance de la tension. Tout s’enchaîne rapidement dans le huis-clos qu'est Star Island. On passe les pages les unes après les autres, avec une certaine difficulté à lâcher le livre (personnellement, si le vendredi, fatiguée, je n'ai lu qu'une cinquantaine de page, le lendemain, j'ai lu plus de la moitié du bouquin sans m'en rendre compte). Les flashback présents, point de vue d'autres personnes que Réha, sont tout autant addictifs. Sans parler des divers thèmes abordés. Celui du deuil d'abord, que Réha a tant de mal à supporter et qu'elle vit différemment des autres membres de sa famille (chaque deuil est unique), le traitement de la mémoire après un traumatisme et puis l'autre, dont je ne parlerais pas forcément et qui révèle assez de la SF (spoiler (merci de surligner pour lire) le combat que mène le père de Réha contre la mort et qui va le pousser à "recréer" son fils grace à un corps cybernitique et surtout le transfert de sa mémoire dans le dit corps) fin du spoiler). Sans parler de l'amour toujours présent, qu'il soit amical ou familial.

Le tout donne donc un super roman Young-adult à la fin plutôt ouverte. J'ai aimé tellement de chose dessus, les thèmes, les personnages, le tout (la référence à IRL aussi tiens). J'avoue avoir du mal à lui trouver des défauts, peut-être des explications parfois un peu trop rapide sur certain point, ou le fait que je trouve le roman trop court (question de goût ça, mais je serais bien restée plus longtemps en compagnie de Réha). Pour conclure, je dirais juste que c'est un nouveau coup de cœur.

mardi 26 avril 2016

I.R.L., Agnès Marot

Cela faisait un moment que je voulais découvrir Agnès Marot, la faute à Cindy Van Wilder qui n'hésite pas à en faire la promo sur twitter. Il faut dire qu'elles sont amies dans la vraie vie et que des amies comme ça, c'est juste génial. Bref IRL sortant ce mois-ci, le thème étant plus que sympathique, j'ai décidé de me lancer afin. 

I.R.L., Agnès Marot

Editeur : Gulf Stream
Collection : Electrogène
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 442

A lire si : 
- Vous voulez de l'anticipation
- Vous aimez jouer au Sim's
- Vous voulez une héroine attachante

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas naviguer dans la ligne temporelle
- Vous voulez de la romance pure et dure

Présentation de l'éditeur : 

Chloé Blanche a grandi à Life City. Comme tous ses habitants, elle ignore qu'ils sont filmés en permanence. Elle ignore qu'ils sont un divertissement pour des milliers et des milliers de foyers. Elle ignore qu'ils sont les personnages de Play Your Life, l'émission qui fait fureur hors de Life City, IRL. Elle ignore surtout à quel point ils sont manipulés. Lorsqu'elle rencontre Hilmi, le nouveau à la peau caramel, elle tombe immédiatement amoureuse. Mais ceux qui tirent les ficelles ne le lui destinent pas. C'est ainsi qu'elle découvre la nature de tous ceux qui vivent à Life City : les personnages d'un immense jeu vidéo

Mon avis

Avant de commencer l'avis sur le livre lui-même, parlons un peu de l'objet. Déjà, j'adore la couverture. On ne le voit pas ici, mais elle est recouverte en vernis selectif de colonne de 0 et 1 (pour les non informaticiens ou les non-geek, il s'agit donc du code binaire, comme on peut le voir dans Matrix en vert sur fond noir). C'est super sympathique. Après la tranche est de couleur un peu rose (comme les rectangles qui entourent le nom du livre et de l'auteure), donnant un petit côté girly qui suite à la lecture va parfaitement à Chloé, je trouve. L'objet est donc beau et agréable au touché. Je parle rarement de tout cela alors que c'est tout de même important dans un livre, je trouve. Je devrais le faire plus souvent. En tout cas, Gulf Stream fait de beaux objets livres (les Outrepasseurs de Cindy Van Wilder sont magnifiques). 

I.R.L est un roman d'anticipation à tendance Young-Adult. Chloé, l’héroïne, vit à Life City. Adolescente banale, rien ne semble la prédestinée à quelque chose de grand. Et puis, elle rencontre Hilmi, jeune homme qui l'a fait vite craquer. En même temps, elle reçoit d'étrange mail et découvre qu'elle est filmée H24. Elle va vite découvrir qu'elle et les habitants de Life City sont en fait des IA, des personnages de Play Your Life, une émission qui fait fureur IRL. A partir de là, commence l'aventure pour Chloé, celle qui devrait la mener, et mener toutes les IA vers la liberté.

J'avoue avoir beaucoup de mal à choisir par quoi commencer. Il y a beaucoup de chose à dire sur ce roman-là. Ce n'est pas juste un roman Young-Adult d'anticipation. C'est un roman qui est même plutôt actuel, qui fait beaucoup réfléchir sur notre utilisation des nouvelles technologies, notre dépendance à tout cela et la liberté. Actuel donc par les questionnements sur la liberté informatique. En tant qu'informaticienne moi-même, ça me parle forcément. Nous sommes à l'époque du Big Data, des clouds, de la loi informatique permettant la collecte d'information sur les usagers. Toute notre vie ou presque, nos habitudes de consommation, des données plus personnelles, se trouvent sur internet, plus ou moins protégés (scandale des photos de charme de star ou autre). On ajoute à tout cela un jeu qui occupe tous le monde, une téléréalité en "mieux" où ce ne sont pas des personnes réelles que l'on observe mais des IA, jouées par de vrais personnes. Et on se demande jusqu'où peuvent aller ces personnes. Après tout, qui n'a pas tué pour s'amuser son sim's ? Et si les personnages du jeu étaient au final tout aussi humain voire même plus finalement que ceux qui les jouent ? Ce sont des questions que c'est posé Agnès Marot et qu'elle nous pose avec IRL. Elle le fait de manière intelligente, en essayant de faire réfléchir le lecteur, en le menant sur des pistes qu'il n'aurait peut-être pas suivi tout seul. Le cheminement de Chloé vers la liberté, cette envie qu'elle a de sauver les autres, de libérer son monde mais pas que du PDG de Play Your Life permet vraiment de se rendre compte à quel point les nouvelles technologie peuvent parfois être dangereuse. Je regrette d'ailleurs un peu qu'on ne voit presque que le mauvais côté de tout cela (coucou l'informaticienne spécialiste en base de données qui te parle là)(sur un thème pareil, faut dire que ma spécialité m'aide aussi beaucoup à prendre pas mal de recul)(le recul étant une chose importante sur ce genre de livre, ne pas tout prendre pour argent comptant, sortir les bonnes informations et réfléchir, surtout réfléchir). Mais je travaille là-dedans et Agnès Marot est autrice (je ne dis pas qu'elle ne s'y connait pas, loin de là, juste que c'est mon boulot et que je connais les risques mais aussi les avantages). Il est donc normal qu'elle n'est pas forcément pensé à tout et surtout qu'elle utilise seulement ce qu'il lui faut pour mettre en place ce qui est pour moi le thème principal de son roman, la recherche de la liberté et les dérives des réseaux.

Elle utilise d'autre thèmes, à l'importance un peu plus minimes dans son roman mais dont il faut parler aussi (quand je vous dis qu'il y a beaucoup de chose dans ce roman). Il y a celui de l'adolescence pas toujours facile, avec une Chloé un peu beaucoup perdue, pas vraiment gâté par la vie, comparée régulièrement à sa meilleure amie Elsa pour qui tout est simple. Tout cela fait très réel, même si Chloé n'est vraiment pas gâté par la vie (un peu trop même parfois, mais c'est le jeu). On retrouve le premier amour, les premiers déceptions lié à celui-ci. Et puis, dans la seconde partie du roman, c'est la célébrité soudaine, les paillettes et les belles robes et tout ce qui va autour. Si Chloé apprécie tout cela dans une certaine mesure, elle se rend aussi compte du caractère éphémère de tout cela et des dangers que cela peut entraîner et en même temps... En même temps Chloé est une jeune femme qui parfois se laisse abuser par les paillettes, par les gens aussi. C'est un personnage qui a ses failles, qui n'est pas toute puissante. 

D'ailleurs, passons aux personnages. Chloé, l’héroïne, est bien pensée, elle n'est pas parfaite (elle a même des poignets d'amour)(oui, je relève, parce que finalement, on a l'impression que ce genre de physique est rare en littérature alors que pas du tout), elle ne cherche pas à l'être non plus. Elle est mue par ses rêves, par son désir de liberté, par l'amour aussi (celui pour Hilmi, celui pour sa mère) comme beaucoup de jeunes de maintenant. Bref, c'est un personnage ordinaire à qui l'on peut facilement s'identifier. Autour d'elle, les autres personnages sont tout aussi intéressant. J'ai beaucoup apprécié l'évolution de Link, comprendre ce qu'il a pu se passer dans sa tête pour en arriver là (la jalousie, envers Hilmi, envers Play Your Life qui lui enlève son père...). J'ai moins accroché avec Whisper ou avec Hilmi par contre, parfois trop lisses à mon gout. Mention spéciale pour Cindy, personnage pas forcément plus développé que les autres mais qui apporte beaucoup de douceur à l'histoire. Des fois, des personnages comme ça, j'en voudrais plus souvent.

Et pour finir, on parle des références ? Parce qu'il y en a beaucoup et qu'elles sont fort bien choisies. Bien sur, il y a les Sim's (et j'ai envie d'y rejouer), mais aussi le Truman Show, un film que je recommande. On retrouve aussi Pygmalion et Galathée et dans la veine créateur\créature, Frankeinstein, ce qui résume plutôt pas mal la relation entre Chloé et Link (lui amoureux de sa création, elle qui se rebelle contre le tout). D'autres références sont présentes (certaines sont expliqués à la fin du livre), comme 1984 d'Orwell (forcément, vu le thème) ou les livres qu'a pu lire Chloé et qui détermine son caractère mais aussi quelques autres à la pop culture (le film Moulin Rouge par exemple). Le tout ancrant un peu plus le livre dans le présent malgré le côté anticipation.

Bon, je crois avoir presque tout dit. J'ai surement du oublier des choses, mais je crois qu'il veut mieux, ainsi le lecteur peut se faire son avis à la lecture. En tout cas, ce premier pas dans l'univers (les univers plutôt) d'Agnès Marot m'ont beaucoup mais alors beaucoup plut. Je dois avouer que je ne m'attendais pas forcément à un livre si bon. Un coup de cœur au final pour un livre qui me parle énormément.

jeudi 28 janvier 2016

Noire Lagune, Charlotte Bousquet

Ayant particulièrement apprécié les livres déjà lus chez Gulf Stream, je voulais voir un peu ce que pouvait donner leur collection Courants Noirs. Connaissant un peu l'écriture de Charlotte Bousquet, c'est donc sur l'un de ses romans que mon choix s'est porté. Un choix aidé par le fait que le tout se passe à Venise, ville que j'aimerais tant découvrir.

Noire Lagune, Charlotte Bousquet

Editeur : Gulf Stream
Collection : Courants Noirs ou les Poches (le mien fait parti de la collection Poche, mais j'avoue préféré la couverture de celle Courants Noirs)
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 286

A lire si :
- Vous voulez un livre Young Adult
- Vous voulez que l'Histoire se mêle à l'histoire du roman
- Vous voulez une héroïne qui n'a pas froid aux yeux mais qui a des faiblesses

A ne pas lire si :
- Vous voulez garder une image de Venise propre sur elle
- Vous n'aimez pas les multi points de vue dans un même chapitre

Présentation de l'éditeur : 

Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. À l’aube du carnaval, la cité des Doges s’éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps dans vie d’un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n’est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste… ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane, entrevoit la vérité. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu’elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantôme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d’injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitiens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort.Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise…

Mon avis

Il faut croire qu'en ce moment, j'aime beaucoup les romans qui mêlent imaginaire et Histoire. J'avoue être une passionnée d'Histoire, de quasiment toutes les époques d'ailleurs et j'adore pouvoir me documenter tout en prenant plaisir à lire. J'essaie donc de choisir des livres sur des périodes qui me sont moins connues ou même totalement inconnues. Oui, j'adorerais visiter Venise (et Florence et Rome aussi) mais je connais peu son histoire. C'était donc l'occasion de faire quelques découvertes sur la ville, les épidémies de pestes tout en redécouvrant le charme de l'écriture de Charlotte Bousquet.

Noire Lagune se déroule donc à Venise, durant le carnaval de l'année 1579. Un homme est retrouvé mort. Il a tous les symptômes de la peste. Les jours passent et d'autres meurent dans les mêmes circonstances. Flora, jeune fille de seize ans, apprentie courtisane et pupille de Veronica Franco (une courtisane qui exista donc réellement et qui fut d'ailleurs l'une des plus célèbres de Venise), se trouve être le témoin d'un de ses étranges crimes. Elle va mener l'enquête, aider par Galeazzo, un jeune spadassin dont elle est amoureuse. Tous les deux vont mettre à jour ce qui semble bien être un complot contre la Sérénissime.

L'histoire est particulièrement bien menée et surtout rythmée. Il y a très peu de temps mort, l'enquête avance tranquillement et même si Charlotte Bousquet nous annonce rapidement qui est l'adversaire de Flora, j'ai pris plaisir à voir comment elle allait pouvoir le confondre. D'ailleurs, si d'habitude, je râle un peu lorsqu'on me donne le "méchant" si rapidement, là, ça ne m'a pas dérangé, surement parce que nous avons plusieurs points de vue par chapitre et que le sien est agréable à avoir pour comprendre les motivations des autres ainsi que les siennes. De plus, c'est plutôt bien foutu jusqu'à la fin où l'on se demande ce qu'il va se passer et même comment Flora et Galeazzo vont découvrir son identité.

D'ailleurs, parlons un peu des personnages. Les deux jeunes héros, Flora et Galeazzo m'ont beaucoup plus dans le sens où ils ne sont pas des supers détectives et qu'on peut voir d'eux aussi bien les forces que les faiblesses. Leur histoire commune est aussi très bien mise en scène, et j'avoue que mon cœur de midinette souffrait en même temps qu'eux dans certaines situations. Les autres personnages sont eux aussi bien fait. Il me semble que les personnages réels (Veronica Franco, les Venier) sont plutôt fidèle à leur modèle. En tout cas, cela est sur pour la Franco. Quant aux personnages un peu plus secondaires, ils ne sont pas non plus laissé pour compte. Du coup, nous avons un agréable "bestiaire" de la population vénitienne qui nous permet aussi de voir à quel point tout n'est pas rose à Venise.

Il en va de même pour la ville d'ailleurs. Nous passons plus de temps dans les bas-fond et les quartiers populaires de Venise que dans les beaux quartiers. Du coup, on découvre forcément un autre visage de la ville, pas forcément plaisant mais terriblement instructif sur ce qu'elle a pu être à l'époque. Si j'avoue aimé les fastes des cours et autres, voir ce que pouvait être la vie des gens du peuple est tout aussi intéressant. Surtout qu'ici, Charlotte Bousquet n'oublie personne, nous parlant des juifs et de leur ghetto, des créateurs de masque, des prostituées ou autre. Mais cela ne s'arrête pas là, le roman est suivi par quelques annexes tout aussi passionnante sur le carnaval et plus particulièrement ses masques, la peste, les grandes familles présentées ou encore la guerre de Lépante et les chats, bref, beaucoup de chose qui peuvent aider à la bonne compréhension de l'histoire et qui nous permette d'en savoir plus sur l'Histoire de la ville.

Tout cela en fait un roman policier et historique qui se lit très bien et qui en plus est passionnant. J'ai vraiment aimé découvrir ce Venise-là et les personnages réels ou non qui peuvent la peupler. C'est vraiment un livre accessible pour les adolescents, comme pour les plus grands. Et puis, les petits bonus de la fin sont tout aussi sympa, et pour tout dire, j'aimerais bien en savoir plus sur Veronica Franco, qui me semble avoir été une féministe avant l'heure et une femme tout à fait passionnante.

mercredi 15 avril 2015

Le Libérateur, Les Outrepasseurs, tome 3, Cindy Van Wilder

J'ai adoré les deux premiers tomes de la série des Outrepasseurs, alors, forcément, jeudi dernier, je suis allée cherché le dernier le jour de sa sortie. Et dimanche soir, je l'avais fini. Etant en vacances, j'ai pris un peu mon temps pour écrire mon avis

Le Libérateur, Les Outrepasseurs, Tome 3, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf straem
Collection : / 
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 345

A lire si :
- Vous avez aimé les deux premiers tomes
- Vous voulez des fés qui n'ont rien à voir avec celle de Disney
- Vous voulez des personnages devellopés

A ne pas lire si :
-  Aucun raison de ne pas le lire

Présentation de l'éditeur : 

Un terrible hiver s'abat sur la Grande-Bretagne. Petter, qui a été sauvé par Arnaut, se retrouve seul, car le Chasseur et le lion d'Arnaut sont affectés par la disparition de la magie. Arnaut tombe dans un coma profond, auquel il semble n'y avoir aucune solution. Jusqu'à ce que Peter comprenne que le sous-sol de Lion House regorge de ressources cachées...

Mon avis

Après les évènements du second tome, Peter a réussi à fuir Lion House et surtout Noble grace à Arnaut. Celui-ci le soigne avec l'aide de sa fé Marraine et tous les deux trouvent réfuge parmi les Ferreux. Pendant ce temps, la Reine des Neiges décide de jouer le tout pour le tout et de plonger une dernière fois le monde dans un Hiver mortel. Mais à cause d'elle, la magie disparait, mettant à mal les fés comme les Outrepasseurs. Il est temps de mettre un terme à tout cela. Et c'est à Peter que la tache incombe puisqu'Arnaut tombe dans le coma. Heureusement pour lui, Shirley va finir par le rejoindre et ils vont pouvoir profiter des faiblesses de Noble et surtout du désaccord entre lui et les autres Outrepasseurs pour mener sa mission à bien.

Cindy Van Wilder nous offre une fin de série plutôt épique. Si la magie déserte de plus en plus le monde, la Reine des Neiges ne compte pas mourir comme ça. Tout comme Noble. C'est assez amusant de voir que finalement, la fé et l'Outrepasseur se ressemblent autant, eux qui se détestent tant. Même si la Reine des Neiges reste l'ennemie principale, les Outrepasseurs, vont surtout se retourner contre Noble, qui a été défait par Arnaut et son lion lors du tome deux. Heureusement pour l'humanité, Hersent, la louve, va se jeter à la poursuite de la fé. De leurs côtés, les autres Outrepasseurs découvrent ce que la perde de la magie signifie pour eux. Petit à petit, leur hôtes disparaissent, les laissant malade, quasi mort. Forcément, tous vont se retourner contre Noble, tout en voulant encore trouver Arnaut pour tuer le Chasseur. De son côté, Peter reste sur ses positions et veut toujours annuler la malédiction. Pour cela, il doit d'abord sauvé Arnaut et surtout le Chasseur. Rejoint par Shirley, dont il va se méfier un moment (et on le comprend), il va partir à la recherche des artefacts de la Trois Fois Née, Trois Fois Morte et surtout du Tombeaux. C'est autour de celui-ci que le destin des Outrepasseurs et du monde va être scellé. 

Le Libérateur est dans la droite ligne du second tome. Les personnages y sont toujours aussi bons et j'avoue mettre pris d'affection pour Hersent que je trouvais un peu trop froide dans les deux premiers. Autant dire que la louve est un personnage fort. Tout comme les renards, que se soit Peter, notre héros, Shirley ou Hermeline. Ils méritent leur animal totem, c'est trois là. Noble n'est pas en reste non plus. J'aime à détester ce personnage et dans ce tome, il est juste génial dans son genre. Il me semble qu'il est le personnage le plus complexe des Outrepasseurs, même s'il n'obéit qu'à une seule idée fixe au final. Les nuances des personnages sont toujours aussi présentes, ce qui l'est rend plus humains pour beaucoup (parce que parfois, Noble, on se demande s'il est vraiment humain). C'est vraiment un des aspects qui m'a le plus plut dans la série. Ca et l'utilisation des contes de fées aussi.

Au niveau de l'action, l'auteure met le paquet. Si le début du tome semble aller un peu lentement (il faut remettre les idées en place au lecteur mais aussi aux personnages), la suite va vite, très vite. La Reine des Neiges ni est pas pour rien. La fin qu'elle veut pour elle-même à tout d'héroïque. En parlant des fés, nous allons enfin savoir qui est réellement la TFN, TFM (et je l'avais pas vu venir, même si finalement c'est ultra logique) ainsi que le chasseur. Une revisite d'un conte qui change autant de son original que du Disney. D'ailleurs, ce conte-là à une grande importance dans le roman et j'ai beaucoup apprécié cela.  Autre chose de très plaisant, et cela avait commencé dès le début de la série dans les Héritiers, rien n'est joyeux dans le monde des Outrepasseurs et la mort est particulièrement présente, pas seulement en tant que personnage d'ailleurs. Mais surtout, aucune mort n'est gratuite, pas même chez les fés finalement (mais je pleure encore deux des morts parce que vraiment dans ce tome, les personnages ont pris beaucoup d'épaisseur et que je les apprécie beaucoup).

Au final, j'ai lu ce Libérateur très vite, ne pouvant pas lâcher le livre. J'ai eu un énorme coup de coeur pour toute la série et ce tome-là ne déroge pas à cela. Je suis plus que fan. La réécriture de certains contes, le déroulement de l'histoire (d'ailleurs, j'ai insité le stagiaire de la librairie à finir le tome 1 qu'il a du mal à lire parce que les chapitres sont un peu trop long pour lui, en lui vendant le tome 2 de manière géniale, je trouve), les personnages. Tout est parfait dans les Outrepasseurs. Le seul bémol ? J'aurais voulu que se soit plus long tant j'aime l'univers !



mardi 23 septembre 2014

La Reine des Neiges, Les Outrepasseurs, tome 2, Cindy Van Wilder

Je me suis replongée avec bonheur dans le monde des Outrepasseurs avec ce second tome. IL n'y a pas à dire, c'est l'une de mes séries "enfance/YA" préférée.

La Reine des Neiges, Les Outrepasseurs, tome 2, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulfstream
Collection : /
Année de parution : 2014
Nombres de pages : 368

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome
- Vous ne voulez pas de fés à la Disney
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des gros monstres
 - Vous voulez de la fée gentille
 
Présentation de l'éditeur : 
 
"Une main squelettique émergea de la manche de la Messagère et s'empara avec avidité de la perle.
- Tu n'ignores pas les conséquences de ton geste, souffla-t-elle. Me la confier équivaut à renoncer au don d'Eternité.
- Je viens de condamner Féérie tout entière, murmura Snezhkaïa. Désormais, ils seront soumis à la même loi que les mortels : tu détiendras le droit de prendre leur corps et d'emporter leur âmes.
- Et que ferai-je de leur magie ? Tu sais que je ne peux l'absorber.
- Alors, fais-la disparaitre ! cria la fée."
 
Les Outrepasseurs viennent enfin de capturer la dernière fée libre, Snezhkaïa la Reine des Neiges. Ils ignorent qu'ils viennent de déclencher une malédiction qui risque de les anéantir. Peter, qui supporte de moins en mois de se plier à la volonté de Noble, tente de retrouver le Chasseur pour mettre fin à cette lutte séculaire.
 
Mon avis :
 
Pour ce second tome des Outrepasseurs, Cindy Van Wilder a, je trouve, fait encore plus fort que pour le premier. Cette fois, pas de retour dans le passé, l'histoire se déroule à notre époque, soit celle de Peter. Pourtant, tout ce qu'il a pu se passer durant le tome 1 n'était pas vain et passé et présent se rejoigne sans le moindre accros, du moins littéraire.
 
Le tome commence sur le point de vue de Snezhkaïa, l'impitoyable Reine des Neiges, que nous avions entr'aperçu dans le tome 1. Des actions qu'elle va faire dans ce prologue va découler tout ce qu'il va se passer par la suite. Et autant dire que rien ne va être simple. En voulant supprimer la magie du monde, et par là-même, au final, les fés, elle va libérer Arnaut et le Chasseur. Or pendant ce temps, Peter, l'Héritier du goupil se rebelle contre les Outrepasseurs et plus particulièrement contre Noble. Forcément tout à un lien...
 
J'avoue que je me demandais si j'allais autant apprécié La Reine des Neiges que les Héritiers sans les retour dans le passé. Cette originalité du premier tome m'avait beaucoup plus, surtout qu'elle était particulièrement bien menée. Le fait que le second tome se déroule entièrement dans le présent ne m'a pourtant pas du dérangé, parce que l'histoire est prenante, parce que nous ne faisons pas que suivre Peter, parce que tout est bon dans le livre. Et surtout parce qu'il suit parfaitement le premier tome et que rien n'est écrit au hasard. 

Et surtout, il y a les personnages. D'abord Peter, que nous découvrons réellement. Bien que présent dans le tome 1, nous n'avions fait que l'effleurer. Ici, il prend beaucoup plus d'ampleur. Je dois bien dire que j'aime beaucoup beaucoup Peter, son esprit rebelle, sa volonté. Le personnage est vraiment très intéressant, ni tout blanc, ni tout noir. D'ailleurs aucun personnage n'est ni blanc ni noir. Chacun est plein de nuances. J'aime beaucoup ce traitement là. Même si les méchants restent des méchants, leurs actions leur sont dictées par leur émotions, leur ressentis et non parce qu'ils sont méchants. Cela les rend beaucoup plus "vrais". C'est vrai quoi, dans notre monde, personne n'est ni tout bon ni tout mauvais. Du coup, on en arrive surtout à mieux comprendre les personnages, même ceux que l'on peut détester (hello Noble !).

Je dois bien avouer qu'ayant tout aimer dans ce tome, j'ai un peu de mal à trouver ne serait-ce qu'un seul défaut. Ah si, un, c'est trop court ! Vraiment trop court (on peut aussi dire que les parutions sont trop espacé, c'est vrai quoi 6 mois, c'est long -dit celle qui attends la fin de la Roue du Temps en VF depuis bien dix ans...). Enfin, voilà, j'ai tout simplement aimé. Parce qu'on trouve vraiment de très bonne chose dans ce tome (comme dans le précédent d'ailleurs, et surement le suivant après), une histoire passionnante, des personnages nuancés, des tonnes de références aux contes originels (et pas à Disney, merci merci merci). 

Pour conclure, je ne dirais qu'une chose, foncez sur les Outrepasseurs si ce n'est pas déjà fait.
 
 

dimanche 10 août 2014

Fuir Malco, Lune et l'Ombre, tome 1, Charlotte Bousquet

Il y a des auteurs dont on entend parler pendant des années, dont on lit une ou deux nouvelles mais dont finalement, on ne lit pas forcément les romans. Charlotte Bousquet faisait partie de ces auteurs pour moi. Elle m'intriguait depuis que j'ai lu une nouvelle d'elle mais je n'avais pas encore osé lire un roman d'elle. Voilà à présent chose réparée, avec un premier tome d'une trilogie jeunesse.

Fuir Malco, Lune et l'Ombre, tome 1, Charlotte Bousquet

Editeur : Gulfstream
Collection:
Année de parution : 2014

A lire si :
- Vous aimez les livres jeunesse
- Vous aimez la peinture

A ne pas lire si :
- Vous voulez tout savoir de suite

Présentation de l'éditeur

Lune a treize ans.
Lune voit le monde en noir et blanc.
Lune souffre d’une maladie dont nul ne connaît l’origine...
Jusqu’au jour où, chez le médecin, l’affiche d’une exposition attire son attention. Pour la première fois depuis longtemps, Lune perçoit de nouveau les couleurs ! Convaincue que le remède à son mal se trouve au musée, la jeune fille décide d’y aller. Mais une ombre malveillante la suit, prête à tout pour l’arrêter. Commence alors pour Lune un voyage étrange. De tableau en tableau, l’adolescente découvrira ses pouvoirs et le secret de son passé...
Mon avis

Fuir Malco est un roman jeunesse qui peut être lu par des adultes. En même temps, je dois bien avouer que j'apprécie plus les romans jeunesse maintenant que j'ai 28 ans que lorsque j'avais vraiment l'âge de les lire. J'y trouve souvent la fraicheur qu'il manque aux livres plus adultes et puis souvent, on y trouve des thèmes qui me touchent beaucoup.

Fuir Malco nous parle de Lune, jeune fille de treize. Depuis l'arrivée de Malco, le nouveau copain de sa mère dans sa vie, plus rien ne va. Déjà, elle a perdu les couleurs. Elle qui ne semblait vivre que par la peinture ne voit plus qu'en noir et blanc, enfin, en gris surtout. Ensuite, sa mère s'éloigne d'elle, petit à petit. Puis, elle se rend compte que petit à petit se sont ses autres sens qui tentent à disparaitre. Mais le jour où elle voit un prospectus en couleur, celui pour une exposition, elle sait qu'elle doit aller voir l'exposition si elle veut retrouver les couleurs mais aussi au final, sa vie.

La grande force de ce livre, c'est vraiment l'écriture de Charlotte Bousquet. L'auteure a un style très vivant, très imagé aussi, le tout avec cette touche de poésie que j'avais apprécié dans la nouvelle que j'avais déjà lu d'elle. On se promène avec Lune dans le musée puis dans les tableaux en visualisant parfaitement ce que notre petite héroine voit. Je dois bien dire que c'est un grand plus avec un livre qui parle de tableaux. Et même lorsque Lune nous décrit son monde en noir et blanc, on y croit vraiment.

L'histoire en elle-même est plutôt simple en elle-même. Pourtant, dans ce premier tome qui est là pour poser les bases, rien n'est simple.Déjà parce que Lune est confrontée à des situations difficiles. Entre sa "maladie", les rapports qu'elle a avec les adultes, son enfance lui échappe, tout comme sa vie. Ensuite, pendant une bonne partie du livre, elle ne comprend pas ce qu'il lui arrive. Le seul bémol que je pourrais lui trouver, à cette histoire, c'est la répétition. Lune fuit, durant tout le livre et parfois, les situations se ressemblent un peu trop. Mais ce n'est qu'un léger bémol au final et l'histoire se lit vraiment bien.

Au final, Fuir Malco est un premier tome vraiment intéressant. J'ai beaucoup aimé, et je continuerais la série pour en découvrir plus sur Lune, ses étranges pouvoirs et sur Malco aussi, un méchant que j'ai apprécié même si un peu trop archétypé..



jeudi 27 février 2014

Les Héritiers, Les Outrepasseurs, Tome 1, Cindy Van Wilder

IL y a quelques années de ça, je tombais sur le blog d'une future auteure publiée. Je lisais ces posts et j'ai découvert un univers qui semblait vraiment prometteur. Il n'en était qu'à ses débuts. Je le trouvais déjà génial. Et puis, l'auteure a changé de blog, j'ai arrêté de la suivre parce que je ne trouvais pas le nouveau... Et voilà qu'un jour un titre me saute aux yeux. Elle avait réussi, elle publiait son roman. Ce roman, c'est le tome un des Outrepasseurs. 

Les Héritiers, Les Outrepasseurs, Tome 1, Cindy Van Wilder

Editeur : Gulf Stream
Collection : /
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 347

A lire si :
- Vous aimez la littérature Young Adult
- Vous aimez lire des histoires se passant sur deux époques différentes
- Vous en avez marre des fées de Disney

A ne pas lire si :
- Vous voulez des gros monstres
 - Vous voulez de la fée gentille

Présentation de l'éditeur :

-Jure-moi fidélité et je te protégerai. Nous le ferons tous.
- Nous ?
- Les Outrepasseurs. Tous ceux qui portent la Marque. Regarde ces jeunes gens. Voilà ta seule famille, à présent. Vous combattrez ensemble. (Il baissa le ton de sa voix.) Nos adversaires ne s’arrêteront jamais. Les fés nous pourchassent depuis huit siècles. Une éternité pour nous. Un instant pour eux. »

Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat et découvre que l’attaque le visait personnellement. Emmené à Lion House, la résidence d’un mystérieux Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis des siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Les révélations de ces derniers vont changer le cours de sa vie…

Mon avis :

IL existe des livres qui ne nous laisse pas un seul moment de répits, qui dès qu'on les tient en main ne veulent plus qu'on les lâche. Des livres comme ça, il y en a quelques uns qui sont vraiment bons. Les autres souvent ont un défaut, un truc qui fait que oui, on ne va pas le lâcher comme ça mais quand même temps, s'il n'était pas un page-turner, on le lâcherait bien finalement. Les Héritiers fait partie de ceux qui n'ont quasiment pas de défaut, qui nous entraine dans un monde qu'on a du mal à quitter, malgré la fatigue du à l'heure tardive. 

Cindy Van Wilder nous entraine à la suite de Peter, un jeune garçon anglais, passionné de football qui vit seul avec sa mère et sa nurse. Sa vie est des plus normale jusqu'à ce soir-là où il se fait attaquer par des créatures étranges. A partir de ce moment-là, il va devoir découvrir qui il est, et surtout pourquoi il est comme ça. Nous allons donc suivre son initiation dans ce premier tome, mais pas que. Comme lui, nous allons découvrir le secret des Outrepasseurs, ce qu'il a pu se passer 800 ans plus tôt...

L'auteure nous fait donc passer du présent au passé grâce à l'épreuve initiatique de quatorze jeunes gens (même si nous ne suivons finalement que Peter dans ce tome). La transition se fait donc de manière "douce" (pour le lecteur, pas vraiment pour les jeunes gens). Ainsi nous n'avons pas de coupure brutale entre les deux, le passé faisant finalement partie du présent. Elle est aussi la partie prenant le plus de place dans le livre, nous permettant d'en comprendre l'univers, la mythologie aussi.

Dans cette partie, nous suivons un petit groupe de villageois, dont Niels, dans un petit village français en 1200 et des poussières, se battant contre des fés pour sauver le fils de Niels ainsi que le village finalement. Nous découvrons alors la vie dans un petit village de cette époque, vraiment bien documentée d'ailleurs. Cindy Van Wilder sait de quoi elle parle, elle nous sort des mots qui maintenant ne veulent plus dire la même chose, nous l'explique. D'ailleurs, les notes de bas de page sont super intéressantes pour ça (et quand on sait qu'à la base, je ne lis que celles des livres de Pratchett parce que généralement ça m'agace...). Elle nous plonge direct dans l'ambiance du 13ième siècles, et dans ses superstitions aussi, puisque les ennemis de la troupe sont les fés. Pas les gentilles mignonnes, non celles de l'époque, celles du bon peuple. Et là, franchement, elle gère vraiment. Parce que pour moi, elle a su rendre ce peuple comme je l'imagine lorsqu'on me parle par exemple de la Chasse Sauvage, des êtres ni vraiment mauvais, ni vraiment bons, qui font juste ce qu'ils font parce que ça leur plait et puis c'est tout. 

La partie présent, bien que moins présente, à tout autant de charme. Déjà parce que la magie y est particulièrement présente. Ensuite, parce qu'il faut bien avouer que le jeune Peter ait attachant, avec ses doutes, ses envies. Et puis, franchement, j'ai eu envie de savoir comment il allait passer l'épreuve, ce qu'il allait apprendre de tout cela. Et ici aussi, le charme de l'écriture de Cindy Van Wilder a opéré. Elle écrit vraiment bien, de manière fluide, c'est très agréable.

Au final, ce premier tome, plein de mystère et d'Histoire m'a vraiment mais vraiment beaucoup plus. L'univers de Cindy Van Wilder est très riche, et je suppose que les deux autres tomes le seront tout autant. Elle nous entraine dans un monde sombre et en même temps merveilleux, à la recherche des fés. J'ai vraiment hâte d'être l'année prochaine pour pouvoir lire le second tome de cette histoire et savoir ce qu'il va arriver à Peter et aux autres Outrepasseurs. Et pour ceux qui ont peur du côté jeunesse du livre, franchement, on ne le sens pas du tout. Il peut être lu par des jeunes comme par des adultes.