Affichage des articles dont le libellé est wattpad. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est wattpad. Afficher tous les articles

mercredi 1 juillet 2020

Quand le soleil s'éteint, Rozenn Illiano

Durant le confinement, Rozenn Illiano a écrit une série se déroulant avant l'apocalypse de son grand projet. J'ai attendu que la période soit moins anxiogène pour moi pour le lire. Et j'ai clairement adoré.

Quand le soleil s'éteint, Rozenn Illiano

Editeur : Onyrographie
Collection /
Année de parution : 2020
Format : Wattpad

A lire si :
- Vous aimez les séries
- Vous aimez les road trips
- Vous connaissez une partie du Grand Projet de Rozenn 

A ne pas lire si :
- Vous n'avez jamais lu un livre du Grand Projet de Rozenn (d'après moi, il faudrait au moins avoir lu Oracle et le Phare au Corbeau pour comprendre une bonne partie des liens dans la série)

Présentation de l'éditeur : 

Mars 2015.
Le monde change peu à peu. Entre phénomènes inexpliqués et agressivité, apparitions fantomatiques et défiance, la société se replie sur elle-même, se méfie de son voisin, devient hostile. Les rumeurs courent ; les agressions se succèdent ; des attentats surviennent. Le soleil lui-même semble affecté : le voilà qui brille moins fort. Dans l'ombre, sorciers et clairvoyants s'activent afin de comprendre les raisons de ce changement, partis à la recherche de signes à venir et de légendes d'autrefois. Jusqu'à ce qu'une étrange maladie se déclare en France, une menace venue de nulle part qui ne laisse de chance à personne...
Au moment où le gouvernement décrète une quarantaine nationale, nombreux sont ceux qui parcourent les routes. Ils s'appellent Lyes, Samuel, Taly, Selim, Déborah, Kathia, ils cherchent à rentrer chez eux, ou à retrouver quelqu'un..

Mon avis

Comme je le disais en intro, j'ai attendu un petit moment avant de lire la série. La période de confinement a été anxiogène, trop pour me plonger dans la lecture d'un texte où l'on met en place une quarantaine. Mais je ne pouvais pas non plus résisté trop longtemps à un texte se déroulant dans le Grand Projet de l'autrice. Celui-ci prend place avant l'Apocalypse (mais après Oracle pour ceux qui lisent la série Town)(d'ailleurs, si le grand projet vous intéresse, je vous conseille cette page pour la chronologie). 

Dans cette série de neuf épisodes (je me suis d'ailleurs forcée à en lire un par jour et pas plus)(je ne recommencerai pas), nous voilà en mars 2015, le 30 plus précisément. Depuis quelques temps, un virus sévit en France, plongeant les malades dans un étrange sommeil dont ils ne se réveillent pas. Les autorités déclenchent alors une mise en quarantaine ainsi qu'un couvre-feu. Nous allons suivre plusieurs personnes durant cette étrange nuit du 30 mars. Le premier groupe est celui de Lyes, Kathia, Pierre et Julien. Les jeunes gens sont en pèlerinages suite au décès de leur meilleur ami. Alors qu'ils sont non loin de la dernière étape, celle qui permettra à Lyes de tenir une promesse, les voilà obligé de se re-router vers Rouen. Ensuite, on va suivre Selim, le frère de Lyes, resté à Paris. Avec la communauté de sorciers de la capitale, il tente tout pour enrailler la propagation du Somm. Enfin, on suivra aussi Déborah, bénévole dans un petit festival littéraire, ainsi que Samuel Hugo, l'auteur à succès de Midnight City. A part Lyes et ses potes, tous sont déjà apparu dans les textes de l'autrice au moins une fois (on retrouve la liste des textes en questions à la fin de la série pour ceux que ça intéresse). D'autres personnages font aussi leur apparition mais de manière moins importantes (on retrouve par exemple Fragmenta (qui n'est apparu pour le moment que dans un texte court), des mentions d'Elias, Alpha, Agathe et Is du Manoir aux Corbeau, Oxyde...). 

Je dois bien avouer que ce cross-over m'a beaucoup plu. Je ne connaissais pas tout le monde (je suis en retard dans mes lectures du Grand Projet et je ne me suis pas assez attardé sur les nouvelles) mais ça n'a pas été un problème majeur (par contre, il faut connaitre un peu le Grand Projet avant de se lancer je pense). J'ai aimé que les personnages principaux ne soient pas forcément les personnages emblématiques de l'autrice (à part Samuel, mais comme je n'ai pas encore lu Midnight City...). La galerie s’agrandit et devient de plus en plus passionnante. J'ai eu un petit faible pour Lyes, jeune totalement dépassé par ses sentiments et aussi par ses pouvoirs. J'ai très mais alors très envie de le revoir, lui. Il a ce petit truc qui m'a énormément touché, plus que les autres personnages dans la série. 

L'histoire aussi m'a touchée. Rozenn Illiano avait déjà eu envie d'écrire cette série. Le confinement l'a aidé, et pas seulement en lui donnant le temps de le faire. On sent bien toute l'angoisse qu'a pu généré l'annonce du COVID-19 et du confinement dans ce récit. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai lu le premier épisode une première fois durant le dit confinement avant de le relire et de continuer après celui-ci. La partie du road-trip avorté de Lyes, Kathia, Pierre et Julien est vraiment parfaite pour moi. C'est à ce moment que l'on ressent vraiment tout ce qu'implique le couvre-feu et la quarantaine dans la vie des concernés. Mais j'ai aussi beaucoup apprécié retrouver les sorciers parisiens, les voir se démené pour empêcher le Somm de gagner du terrain. Leur course contre la montre et la maladie rythme parfaitement toute la série, faisant monter petit à petit la pression. A l'inverse, la partie que j'ai le moins apprécié, celle de Déborah et Samuel (surement parce que je ne connais pas l'histoire de Samuel), permet de redescendre un peu, de calmer le jeu. Il faut dire que si Lyes est relié à Selim, le lien entre Samuel et les sorciers ou le jeune homme est bien plus tenu, du coup, lui et Déborah semblent un peu hors du temps, pas vraiment dans la même action que les autres. Mais une nouvelle fois, peut-être que cette impression vient du fait que je ne connaisse pas l'histoire de Midnight City.

Au final, j'ai vraiment beaucoup aimé. C'est bien écrit, agréable à lire (comme toujours avec l'autrice, hein) et comme souvent, ça résonne pas mal en moi par la suite. Par contre, il faut avoir une connaissance minime du Grand Projet pour le lire d'après moi. Une occassion de se lancer dans l'univers de Rozenn Illiano (faites le, vous verrez c'est bien)


mardi 9 juin 2020

Contes Imaginaires, Cindy Van Wilder

Il y a quelques temps, Cindy Van Wilder a proposé de poster les nouvelles qui dorment dans son disque dur sur Wattpad. Aimant beaucoup les romans de l'autrice, il était temps de lire les nouvelles.
Petite précision, j'ai lu le recueil petit à petit, sur une période plus ou moins longue, sachant que Cindy Van Wilder poste une nouvelle ou partie de nouvelle tous les vendredis ou presque.

Contes Imaginaires, Cindy Van Wilder

Editeur : Cindy Van Wilder
Collection : /
Année de parution : 2019
Format  : Wattpad

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez la SFFF

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les nouvelles

Présentation de l'éditeur :

Bienvenue dans mes Contes Imaginaires !
Ici, vous trouverez :
- Beaucoup d'imaginaire
- Des créatures fantastiques
- Des personnages ambigus, voire amoraux
- Pas mal d'action
...
- et peut-être quand même, bien caché entre les mots, un zeste de douceur !

Mon avis

Forcément, comme Contes Imaginaires est un recueil de nouvelles, je vais parler de chacune d'elles (ou presque, l'une a déjà été lue il y a quelques années).

Avis de Tempête
La première nouvelle du recueil est une nouvelle parlant de super-héros. Mais ici, pas de mégalopole, pas de super-méchant non plus. On se déplace à la campagne, dans une petite ville où Tara, la Tueuse de Tornade, doit affronter le divorce de ses parents sur médiatisés, le regard des autres sur elle et ses pouvoirs et une tornade destructrice. J'ai beaucoup apprécié le traitement de la nouvelle, qui ne s'attarde pas sur les pouvoirs de super-héroïne de Tara mais bien sur ce qu'elle peut ressentir, tiraillée de toutes parts par la manière dont les gens peuvent la voir (monstre pour certains, héroïnes pour d'autre, futur animal de labo pour d'autres...). C'est écrit avec beaucoup de sensibilité (venant de l'autrice, on ne s'attend pas forcément à moins) et je trouve vraiment que la manière d'aborder le thème du super-héros change beaucoup dans cette nouvelle de ce que l'on peut voir d'habitude. Bref, j'ai beaucoup aimé.

Un dîner entre gentlemen
Je ne vais pas trop en dire sur cette courte nouvelle pour ne pas la spoiler. Disons que c'est un hommage bien foutu à Lewis Caroll, Maurice Blanc et même Neil Gaiman. C'est fort agréable à lire et à la hauteur de l'hommage.

Au service des Insectes
Je n'ai pas relu la nouvelle, l'ayant déjà fait il y a quelques années. Vous pouvez retrouver l'avis par ici.

Le Chandelier
Cette nouvelle traite d'un sujet peu simple à la base et surtout se base sur un anti-héros. Lepelletier est hanté depuis des années. Il est temps pour lui d'expier ses fautes, et plus particulièrement une. L'autrice nous amène alors aux heures sombres de l'histoire, celles de la seconde guerre mondiale et de la dénonciation des juifs. Une fois encore, c'est la sensibilité de Cindy Van Wilder qui me touche ici. Elle ne tombe jamais dans la surenchère des sentiments, qu'ils soient bons ou mauvais. C'est toujours très juste. Cela rend le récit assez prenant ici, alors qu'il est tout de même court. Bref, ce Chandelier est une petite pépite.

IB-340-X-547
Cette petite nouvelle est plutôt agréable à lire bien qu'assez prévisible. On y découvre un androïde faisant face à des sentiments qu'il ne devrait pas ressentir dans une société où les machines ont pris la tête du pouvoir. Ça se laisse bien lire mais la nouvelle est peut-être bien, pour moi en tout cas, le moins marquant de l'autrice.

Dernier défi
Cette nouvelle est un peu plus dure que les précédentes. Il y est fait mention de scène de sexe (c'est pas énorme, hein non plus, mais ça mérite d'être dit)(et puis l'autrice prévient, alors je peux aussi) et de la violence (là non plus, ce n'est pas un texte ultra violent mais déjà plus que les autres). Je ne voudrais pas trop en dire pour ne pas trop spoiler, mais disons qu'on va découvrir un mythe grec d'une autre manière. La relecture est intéressante, elle transforme le mythe sans le dénaturer. Ce n'est peut-être pas ma préférée mais elle fait son petit effet.

Due Cadaveri
J'ai beaucoup aimé ce texte. Il est terriblement poétique et en même temps terriblement grave et triste. C'est aussi une nouvelle pleine d'espoir. L'histoire de cette petite Nora, dont la famille se retrouve en plein drame, est touchante. C'est merveilleusement écrit et prenant et elle est surement l'une des mes préférées du recueil pour l'instant.

Le chat de Jul
Cindy Van Wilder nous plonge cette fois dans les festivités de fin d'années et dans la mythologie scandinave. Appréciant grandement la dite mythologie, j'ai été ravie de voir le magnifique Jólakötturinn (dans l'idée, c'est donc un chat géant qui mange ceux qui n'ont pas reçu de nouveau vêtement lors de la fête de Yule). J'ai adoré l'ambiance du récit, la manière dont le tout est mené. Et puis, ça m'a un peu rappelé les Outrepasseurs, alors du coup, elle a tout bon cette nouvelle avec moi.

Joyeux Anniversaire !
J'ai pas mal apprécié cette nouvelle que j'ai trouvé amusante. Un homme vient dans le Dédale pour commander un monstre pour l'anniversaire de sa fille. Il faut dire qu'il a inventé une histoire de monstre pour qu'elle se calme mais que ça n'a pas beaucoup marché. Or, le monstre n'est peut-être pas celui qui vient du Dédale... 

Le secret de l'Ourthe
Cette nouvelle est la réécriture d'un conte assez connu, celui des Farfadets réparant les objets cassés. Je crois qu'il doit être connu dans une bonne partie du monde, du moins de l'Europe. D'ailleurs, en bonne autrice belge, Cindy Van Wilder le situe non loin du rocher Bayard et de l'Ourthe, rivière ardennaise. C'est un conte plutôt sympathique à lire sans toutefois être d'une grande originalité (après tout, c'est une réécriture)

Nous ne serons plus jamais seuls
Cette fois, nous embarquons pour Venise et malgré ce décors que j'apprécie toujours autant, la nouvelle ne fait pas partis de mes préférées. Je la trouve un peu trop rapide et surtout, je n'arrive pas, personnellement, a en voir la finalité. Pourtant, elle commence plutôt bien, avec un élément que j'apprécie assez.

Tryamour
La dernière nouvelle du recueil nous entraîne dans les légendes arthuriennes. Le jeune Lanval est amoureux de la reine Guenièvre. Un amour qu'il refuse, comme on peut le comprendre. Malheureusement pour lui, il ne peut s'y soustraire comme il le voudrait. Sa rencontre avec Tryamour, une Fay va changer bien des choses pour lui. Mon amour des légendes arthurienne et de tout ce qui tourne autour va forcément parler pour moi ici. J'ai beaucoup apprécié ma lecture.


Pour conclure l'avis sur ce petit recueil, j'ai apprécié quasiment toutes les nouvelles. Je trouve qu'il donne un très bon aperçu de ce que fait Cindy Van Wilder. J'ai plus particulier apprécié pour la suivre sur les réseaux, retrouver ses valeurs dans ses écrits. Si vous ne connaissez pas encore l'autrice, je pense vraiment que c'est une parfaite mise en bouche.

mercredi 22 avril 2020

Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours dans la bibliothèque, Susi-Petruchka

Ma dernière lecture Wattpad m'aura pris du temps. Elle a été mise en pause durant presque un mois, suite à mon opération, puis j'ai eu du mal à la reprendre avec le confinement. Ben oui, je lis sur Wattpad le matin au café avant de me rendre au boulot. Or, si je travaille toujours, c'est à la maison et je ne passe plus par mon café le matin. J'ai eu du mal à trouver un temps pour lire sur Wattpad. Une fois fait, j'ai pu finir le roman.

Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours dans la bibliothèque, Susi-Petruchka

Editeur : Suis-Petruchka
Collection :
Année de parution
Format : Wattpad

A lire si :
- Vous voulez une enquête pas si simple
- Vous aimez l'humour, même noir, même stupide, même exagéré

A ne pas lire si
- Vous voulez quelque chose qui ne soit pas tordu

Présentation de l'auteur :

« Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre, à ce jeune homme de bonne composition, pour venir mourir sur la somptueuse peau d'ours polaire de la bibliothèque ? » Au pensionnat de Touchet, une étrange apparition vient troubler la quiétude des demoiselles : rien de moins qu'un cadavre, en plein milieu de la bibliothèque. Et nu ! Quelle indécence ! L'une des pensionnaires doit cependant jouer un jeu moins innocent que ses jeunes amies. Car la police est formelle : personne n'a pu pénétrer dans l'internat pour commettre le meurtre. D'où vient donc le cadavre ? Et qui a eu l'impudence de faire disparaitre ses vêtements ?

Mon avis

Bon, ceci risque malheureusement d'être un avis un peu décousu. Avec un hiatus de plus d'un mois dans ma lecture, ça se comprend. Je n'avais pas non plus les mêmes dispositions lorsque j'ai commencé le texte que lorsque je l'ai fini (stress, confinement, tout ça tout ça). Est-ce que mes divers états d'esprit on jouait sur ma lecture ? Forcément. 

L'histoire de ce titre à la longueur fort Nanowrimoesque (c'était le Nano 2014 de son autre, rien qu'avec le titre, elle gagne 14 mots) et dont je parlerais en disant juste Le Cadavre Sexy, se déroule dans le pensionnat pour jeunes filles de bonne famille de Madame Touchet. Un samedi matin, l'une des filles découvre le cadavre de son petit copain disparu depuis quelques temps dans la bibliothèque (nu, donc, et sur la peau d'ours). Cette découverte amène la police, et plus particulièrement, le lieutenant Patrick Fondement à venir mettre le nez là-dedans. L'une des demoiselles est forcément la coupable, manque plus qu'à trouver laquelle. Mais, ce qui devrait être une enquête plutôt simple devient bien plus compliqué que prévue.

Je savais à peu prés à quoi m'en tenir avec le style de l'auteur. J'ai lu l'année dernière un autre de ses romans, Pétales de Rose et Rameaux d'Olivier, qui sous couvert de romance, nous proposer surtout une lecture des plus amusantes, où jeux de mots, humour noir et parfois absurdes se mêlaient. Je n'ai donc pas été étonnée de retrouver ces mêmes éléments ici (et un autre, que je ne révélerai pas pour ne spoiler ni l'un ni l'autre). Mais, si dans Rose et Oliver, j'avais apprécié, ici, c'est un peu moins le cas. Alors, attention, ça m'a fait rire (ou sourire) plus d'une fois. L'humour de l'actrice n'est pas loin de celui que je comprends et utilise parfois. j'apprécie assez sauf que je le trouve mal dosé ici. Pour moi, il y en a trop, beaucoup trop, à presque toutes les phrases. C'est trop, bien trop. Du coup, on en oublie parfois ce qu'on est en train de lire. Pire, j'ai sauté certains passages qui devenaient trop lourd. 

Or, c'est bien dommage. Mieux dosé, ça aurait beaucoup mieux donné, surtout que la plupart des personnages sont truculents. On commence avec les jumelles Valette, Calixte et Domitille. Dom' est la copine du cadavre, la parfaite blondinette de roman à l'eau de rose, sage et mignonne. Cal' est tout l'inverse, sportive, mordante. Les deux formes un duo soudé auquel on ajoute le grand frère, Louis-Auguste, avocat de son état. On retrouve aussi Edmondine, fan de livre à l'eau de rose, Georginna, anglaise plantureuse adepte de beaux sous-vêtements, Anne-Lucienne, la dévote et j'en passe. La plupart des jeunes filles du couvent ont des noms à coucher dehors et des caractères bien définis et souvent plutôt bien trempés aussi. Côté policier, nous avons donc Patrick Fondement (élu plus beau postérieur de la police locale), flic alcoolique et pas forcément très bon, Stephane, sa coéquipière (dont le frère cadet, Adelaid, était le meilleur ami de notre victime) et Ariane, la légiste qui veut devenir flic à la place du flic. Là encore, on a des personnages haut en couleur qu'on suit avec plaisir. 

Et si la galerie est plutôt sympa, l'histoire l'est aussi. Le meurtre de Valmon, découvert dans la bibliothèque, n'est que le début. Il pourrait même n'être qu'un prétexte durant un moment pour découvrir les travers de nos demoiselles. Mais pas du tout. Il est le début d'une enquête qui va remonter vingt ans plus tôt. Et même si parfois, on a l'impression que c'est un peu tiré par les cheveux, c'est plutôt bien fait. Mais surtout, on ne va pas comprendre de suite qui est l'auteur du crime. Toutes les demoiselles du pensionnat vont y passer, permettant à l'autrice et encore plus aux lecteurs, de se faire mille et un film sur ce qu'il a pu se passer. Malheureusement, le mauvais dosage de l'humour (et sa lourdeur évidente à partir de là) m'a un peu gâcher le plaisir, plus particulièrement sur la fin. Soit je n'étais plus dans l'ambiance après le mois sans lire le texte, soit ça ne collait vraiment plus.

Au final, c'est une lecture en demi-teinte pour moi. Ca commençait plutôt bien jusqu'à ce que l'autrice force un peu trop sur l'humour absurde. J'ai fini par trouver ça un peu trop lourd (et répétitif aussi, faut le dire). Pourtant, l'enquête et surtout la galerie de personnage m'ont bien plus. 

mardi 28 janvier 2020

L'ange de Nyckos, Eve Terrellon

J'ai quelques lectures bien entamées sur Wattpad mais beaucoup sont des textes en cours ou alors non fini et qui semble un peu abandonné par leur auteur (triste absolument pour certains). Par contre, j'ai fini l'ange de Nyckos, une novella fort sympathique. 

L'ange de Nyckos, Eve Terrellon

Editeur : Eve Terrellon
Collection : /
Année de parution : /
Format : Wattpad 

A lire si :
- Vous voulez un texte court
- Vous aimez l'ambiance des ateliers de peintre du quatrocento
- Vous voulez de la romance M/M

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des scènes explicites

Présentation de l'autrice

Salvatore Gecatti, peintre renommé de la Florence du Quattrocento, est fasciné par son dernier modèle. La beauté du jeune homme n'a pourtant d'égale que sa froideur à son égard. Ainsi est-il stupéfait de découvrir la nature du pari engagé par celui-ci, auprès d'un de ses pires concurrents.

Mon avis

Si j'ai mis ce texte-là dans ma liste à lire sur Wattpad, c'est à grâce à Cindy Van Wilder qui en a parlé il y a quelques temps (et qui l'a aussi dans sa liste de lecture). Je sais que si elle a apprécié, il devrait en être à peu près de même pour moi (j'avoue suivre ses recommandations surtout en matière de lecture LGBT, elle tape souvent fort juste). Je suis ravie de l'avoir fait. 

L'histoire se déroule durant le Quattrocento, ce siècle qui a vu naître les grands peintres de la Renaissance italienne. C'est d'ailleurs l'un d'eux (fictif) que l'on va suivre durant cette novella. Salvatore Gecatti est donc peintre. Son travail est apprécié de tous, et plus particulièrement de Laurent de Médicis. Nous le découvrons dans son atelier, finissant sa dernière toile d'après modèle. Un modèle qui ne le laisse pas indifférent. Mais Sandro ne semble en avoir que faire de lui, et bien pire, il se retrouve au milieu d'un pari engageant les pires concurrents de Salvatore. 

J'ai apprécié beaucoup de chose dans cette novella. Déjà, l'ambiance. Même si j'aurais voulu peut-être un peu plus voir l'ambiance des ateliers de peinture (nous y passons beaucoup de temps), j'ai aimé celle de cette Renaissance Italienne où tout n'est que beauté et volupté (du moins dans cette sphère-là). Le style de l'autrice y est pour beaucoup, je trouve. Elle décrit son texte comme s'il s'agissait d'une peinture ou d'une sculpture. C'est fort agréable à lire.

Les personnages ne sont pas en reste non plus. J'ai beaucoup apprécié Salvatore, notre ami peintre. Il a une sensibilité, que se soit artistique ou humaine, qui m'a touché. Sandro est un peu plus froid, mais il n'est pas en reste non plus, surtout vers la fin de la nouvelle.J'aurais aimé qu'il soit moins effacé pendant un bon moment mais en même temps, si ce n'était pas le cas, la nouvelle ne fonctionnerait pas aussi bien. J'ai aimé lire la manière dont Salvatore le voit, comme il reste à l'écart alors qu'il meurt d'envie de faire plus que le peintre. Leur relation se battit petit à petit, et s'il faut le pari que contracte Sandro pour vraiment les voir se rapprocher, c'est fait de manière subtile, sans à coup. Je veux dire, ça ne tombe pas d'un coup comme ça (ce qui aurait pu vu le court format). 

Reste un petit défaut pour moi, une fin un peu trop prévisible et conventionnelle. Un peu trop rapide aussi. En quelques pages, je me suis prise d'affection pour Salvatore et Sandro et je l'ai aurai bien suivi encore un peu. 

Au final, j'ai donc beaucoup apprécié cette novella et j'en redemande encore. J'ai vu que l'autrice a publié d'autres textes sur Wattpad, il est donc possible que j'aille y faire un petit tour. 

lundi 6 janvier 2020

Oracles, Town, tome 2, Rozenn Illiano

Après un Tueurs d'Ange qui m'avait beaucoup plu, je continue la série Town. Cette fois, c'est un prequel à Tueurs d'Ange et non une suite. Et surtout, c'est l'arrivé officielle d'Oxyde dans les romans de la série. 

Oracles, Town, tome 2, Rozenn Illiano

EEditeur : Onirography
Collection : /
Année de parution : 2018
Format : Wattpad 

A lire si : 
- Vous avez aimé Tueurs d'Ange
- Vous voulez découvrir Oxyde
- Ça ne vous dérange pas de faire un retour dans le passé

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand il y a beaucoup d'action.

Présentation de l'éditeur : 

Oxyde est le jumeau astral d'Élias : nés en même temps et au même endroit, ils forment une entité clairvoyante et puissante guidée par Dossou, un esprit venu du fond des âges. Mais alors qu'il n'est qu'un adolescent, Oxyde envoie tout voler en pactisant avec un ange : son nom et son âme contre plus de pouvoirs, et tous les dommages collatéraux qui vont avec.
De nos jours, sorciers et mages sentent flotter dans l'air les signes d'un changement profond qui affectera la société tout entière. Discriminations, obscurantisme, autoritarisme et, derrière le rideau, le monde ésotérique qui s'affole. La métamorphose annoncée risque de faire très mal. Alors Oxyde part en chasse de l'ange à qui il a vendu son existence, histoire de renégocier le contrat avant l'Apocalypse.

Mon avis

Je reviens dans l'univers de Town, la série de Rozenn Illiano avec un grand plaisir. Bien que dans le roman nous ne voyons pas la dite cité de Town (pas encore construite), ni même l'apocalypse (pas encore eu lieu), nous sommes bien dans la même série. Oracles est en fait le "prequel" de l'apocalypse. On va découvrir ce qu'il se passe avant. Et pour ça, quoi de mieux que de suivre le personnage préféré de l'autrice, celui qui apparaît partout sans toutefois faire parti des principaux jusque là ?

Oui, j'avoue, j'avais très hâte de lire Oracles pour Oxyde. Oxyde, c'est le personnage qui navigue pas mal dans les œuvres de l'autrice. On le retrouve dans Elisabeta, Le Phare aux Corbeaux, Tueurs d'Ange et d'autres (mais j'ai pas tout lu encore) dans des petits rôles ayant pourtant de l'importance par la suite. Il était temps d'avoir un roman rien que pour lui, et ce roman, c'est donc Oracles. Et comme il se passe avant Tueurs d'Ange, je vais spoiler un peu du coup.

On découvre d'abord Oxyde au moment où il va vendre son âme et par là-même perdre une bonne partie de ce qu'il est à l'époque. Ce petit prologue place direct le personnage. Oxyde n'est pas un gentil héros qui va attendre que ça passe. Il est dur, violent et quelque peu perdu aussi à ce moment. Ce prologue marque la naissance de celui qu'il va être et autant dire qu'il ne vaut mieux pas embêter le monsieur. On le retrouve quelques années plus tard, cherchant à récupérer ce qui lui appartient. Et pour cela, il va avoir besoin d'aider. Il va rencontrer la Magicienne, capable de retrouver la trace de l'ange qui lui a tout pris. Cette rencontre va changer son monde pour le meilleur et surtout pour le pire.

Ne vous attendez pas à avoir trois tonnes d'action dans le roman. Tout comme pour Tueurs d'Ange, ce n'est pas cela l'essentiel. Disons surtout que ce n'est pas sur ça que l'autrice base ses textes. Une nouvelle fois, le roman est assez lent dans sa narration. On prend notre temps de découvrir les personnages, que se soit Oxyde, Francesca ou Côme. Ils sont, comme toujours, particulièrement bien foutus et terriblement attachants. Forcément, j'ai adoré Oxyde (mais je le savais déjà). C'est un personnage qui marque. Il n'est pas forcément le héros auxquels on pense. Il est bourré de défauts, n'est pas vraiment super sociable, peut se montrer extrêmement violent et en même temps, ça reste un mec plutôt entier qui  n'a pas peur d'aller où il faut pour arriver à ses fins ou protéger ceux qu'il aime. On retrouve d'ailleurs là un trait de caractère d'Elias, son jumeaux astral que l'on rencontre dans Tueurs d'Ange (et un peu ici aussi). L'autre personnage qui m'a marqué, c'est Francesca, la Magicienne. C'est un personnage qui me parle énormément pour plusieurs raisons, sa fragilité, son histoire, mais surtout ce qu'elle est. En fait, j'ai eu un bon gros coup de cœur pour elle (et du coup, je ne tarderai pas à lire les nouvelles qui l'a concerne maintenant que j'ai lu Oracles, comme Burn the Witch). Mais tous sont vraiment intéressants et je regrette un peu pour le moment le fait qu'on ne voit pas des masses Jesse et Krysta (mais je suppose qu'ils vont revenir dans la suite, non ?).

Pour ce qui est de l'histoire, j'ai beaucoup aimé. L'autrice n'explique pas son apocalypse, elle nous montre ce qu'il se passe avant et comment certains ont commencé à en avoir vent. Du coup, elle nous fait un peu plus entrer dans sa mythologie et dans son univers magique. Francesca n'est pas une simple magicienne, elle est aussi une Prophétesse. Mais, là où elle aurait pu simplement dire, l'apocalypse arrive tel jour à telle heure et va se passer de telle manière, non, c'est beaucoup plus subtil et du coup bien plus sympathique à lire (et non, je n'en dirais pas plus sur ça). Quant à Oxyde, c'est un clairvoyant particulièrement fort puissant mais avec des failles. On découvre donc que c'est bien sympa d'être un sorcier, mais que ça ne sert pas forcément à grand chose dans pas mal de situation. C'est une chose agréable, qui nous rappelle à quel point nous pouvons être insignifiant face à certains événements, ici, l'approche de l'apocalypse. 

D'ailleurs, le lecteur découvre donc petit à petit l'ambiance pré-apo qui se met doucement en place. Et l'ambiance, dans les romans de Rozenn Illiano, c'est aussi important que les personnages. J'ai aimé voir tous ce qui mènent à l'apocalypse, découvrir comment elle a prit en compte ce qu'il a pu se passé IRL pour le mêler à son histoire (ça colle vraiment bien sans tomber comme un cheveu sur la soupe par rapport à ce qu'elle raconte). Et puis, on découvre quelques passages qui renvoient à d'autres textes, nous rappelant par là qu'Oracles fait bien partie du Grand Projet de l'autrice (par contre, attention, je me suis fais spoiler un des textes que je n'ai pas lu très bêtement)(je suis allée voir la chronologie sur le site de Rozenn). 

Au final, j'ai donc encore une fois beaucoup beaucoup aimé ce que j'ai lu. Bon, en même temps, je n'en doutais pas une seule seconde. J'aime beaucoup ce qu'écrit l'autrice et surtout, ça me parle pas mal. J'apprécie de plus en plus ses personnages et son Grand Projet. Et c'est sans parler sans sa plume, particulièrement agréable à lire. J'ai hâte de pouvoir découvrir la suite (mais d'abord, je pense lire quelques nouvelles avant)

Et sinon, vous avez vous la beauté de la couverture ? Je crois que c'est ma préférée de la série. Encore une fois, elle est signée par Xavier Colette.


lundi 28 octobre 2019

Pétales de Rose et rameau d'Olivier, Susi-Petruchka

J'ai, pour l'instant, toujours assez bien choisi mes lectures sur Wattpad. Celle-ci ne déroge pas à la règle. Mêlant romance, humour et fantastique, Pétales de Rose et rameau d'Olivier est une bien sympathique découverte.

Pétales de Rose et rameau d'Olivier, Susi-Petruchka

Editeur : Susi-Petruchka
Collection /
Année de parution : 
Format : Wattpad

A lire si 
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez l'humour 
- Vous voulez des licornes et des bulldozers

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une romance toute mignonne

Présentation de l'éditeur : 

« Jamais Rose Phorbe-Nascorie n'avait connu situation plus insolite que celle dans laquelle elle se retrouva piégée en ce soir de juillet : à califourchon sur un muret, quelques deux mètres au-dessus du sol. En robe de bal, évidemment. La situation aurait perdu de son mordant, sans la robe de bal. »
Lorsqu'elle rencontre plus ou moins par accident le bel Olivier, Rose tombe immédiatement sous le charme. N'incarne-t-il pas tout ce qu'une damoiselle à l'esprit romanesque puisse souhaiter ? Malheureusement pour elle, les obstacles sont nombreux sur la route qui mène à l'amour : alligators, bulldozers, petites sœurs, fin du monde, vernis à ongle qui s'écaille, et la liste est encore longue...

Mon avis

J'ai choisi ce livre-là totalement au hasard. Sa quatrième m'a fait rire en la voyant et je me suis dit pourquoi pas. J'avais envie d'une lecture sans prise de tête (je lis les textes sur Wattpad le matin, en buvant mon café juste avant d'aller travailler). Je suis tombée sur la bonne, je crois. 

Rose vit sur une île paradisiaque. Du moins jusqu'à ce que Donatien de Tantale décide d'y construire une mine à ciel ouvert afin de soit-disant assuré l'indépendance de l'endroit. Un projet qui ne plait pas beaucoup à Edelweiss, la demi-sœur de Rose. C'est en essayant de l'empêcher de faire un mauvais coup que Rose se retrouve embarquée dans une histoire qui la dépasse complètement. C'est aussi le moment que choisi l'amour pour frapper à sa porte. Rose va devoir tenter de concilier histoire d'amour naissante et fin du monde. Heureusement (ou pas, c'est suivant le point de vue), pour la seconde, elle va pouvoir compter sur sa sœur, sa cousine Chardon et Valerian.

Pétales de Rose et rameau d'Olivier se présente à la base comme une romance dans la pure tradition du conte de fée disney. Une jeune femme rencontre celui qui semble être l'homme de sa vie durant un bal. Tout devrait d'ailleurs se passait comme un disney, quelques péripéties sur fond d'écologisme et puis un grand et beau final où les gentils gagnent. Sauf que... Sauf que Susi-Petruchka a un humour bien à elle et que la romance, c'est finalement pas vraiment totalement son truc. 

La première chose qui m'a donc marqué dans ma lecture, c'est l'humour de son autrice. Un humour auquel j'adhère complètement, entre l'absurde et le second degrés (voire même troisième ou quatrième parfois). Je suis généralement peu sensible à ça, du coup, que je rigole en lisant est très rare. Or, c'est arrivé, et rien que pour ça, j'ai adoré le roman. Le style de l'autrice a quelque chose d'assez addictif qui fait que j'ai enchaîné les chapitres. Il faut dire qu'outre l'humour dévastateur du roman, on a aussi une histoire aux multiples rebondissements souvent assez improbables d'ailleurs. On va alors côtoyer des alligators, des licornes, des indiens et j'en passe. Autant dire que pour Rose, la vie n'est pas de tout repos et qu'elle va bien avoir du mal dans tout ça à vivre pleinement ce qu'elle ressent pour Olivier. Si l'histoire d'amour entre les deux jeunes gens est le point de départ du roman et qu'elle reste bien présente tout le long, ce n'est finalement pas elle qui marquera le plus (du moins pour moi).

La seconde chose que j'ai adoré, ce sont les personnages. Mais pas les principaux. J'ai aimé Rose et Olivier, je ne dis pas le contraire, juste qu'ils sont un peu lisses quand même par rapport aux autres. Bon il faut dire que face à une Edelweiss maniant la mauvaise foi comme personne et ayant des idées bien particulières sur la manière de stopper Donatien de Tantale, Rose parait presque insipide. Mais Edel n'est pas le seul personnage que j'ai aimé. Le duo Chardon/Valerian est délicieux aussi à suivre, et une fois de plus, relègue un peu le duo Rose/Olivier en arrière plan. Et je n'arrive pas à me dire que c'est dommage. Parce que les personnages secondaires sont tellement présents et vivants qu'on s'éclate à les suivre, parce que sans eux, l'histoire aurait été bien plate. 

Au final, j'ai pris grand plaisir à lire cette romance qui n'en est pas tout à fait une. Elle est parfois un peu trop prévisible mais on lui passera ce petit défaut. C'est une histoire qui se lit facilement et qui met de bonne humour. J'ai beaucoup aimé la plume de son autrice et je pense que me pencherais sur ses autres écrits wattpadiens (dont Le cadavre sexy du monsieur tout nu sur la peau d'ours de la bibliothèque)(ça c'est du titre NaNowrimesque ou je ne m'y connais pas)




vendredi 23 août 2019

Les Murmureurs, Aude Réco

Je suis sur Twitter Aude Réco depuis un moment déjà. J'aime beaucoup son blog sur l'écriture aussi. Il était temps que je découvre réellement sa plume avec un roman après avoir lu l'une de ses nouvelles il y a quelques temps (les Hommes-Brouillards). C'est à présent chose faite avec ce roman publié sur Wattpad.

Les Murmureurs, Aude Réco

Editeur : Aude Réco
Collection : /
Année de parution : 2019
Format : Wattpad (il est aussi offert en cadeau suite à réponse d'un questionnaire sur le blog de l'autrice)

A lire si 
- Vous aimez les ambiances île isolé battue par les vents
- Vous voulez une légère romance MM

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand les événements vont un peu trop vite

Présentation de l'éditeur : 

Quand Edward Borrow se réfugie sur l'île de Taily Fair, au large de l'Écosse, pour échapper au Londres de l'entre-deux guerres, il ne s'attend pas à découvrir une communauté mystérieuse et en proie à diverses peurs.
De la vieille folle qui répand des rumeurs au photographe suicidaire, en passant par des habitants peu accueillants, Edward se lie pourtant avec Matthew, l'hôtelier timide qui l'héberge et victime de cauchemars récurrents qu'il met sur le compte de la fatigue.
Très vite, Edward réalise que le calme apparent de Taily Fair cache des disparitions d'enfants, des légendes locales et un corbeau qui prend plaisir à révéler les secrets des villageois.

Mon avis

Je crois ne pas l'avoir dit ici, mais j'ai un petit faible pour tout ce qui pourrait se passer sur une île, encore plus si celle-ci offre un panorama emplie de brume, de pluie et de falaise. Mon amour pour tout ce qui touche la mer n'y est surement pas pour rien. Et pour tout vous dire, j'ai choisi les Murmureurs comme premier livre d'Aude Réco parce que ça se passe sur une île écossaise. Parfois, il n'en faut pas plus. Le reste de la quatrième de couverture était aussi pas mal, surtout qu'elle n'en révèle pas trop sur l'histoire (je déteste cordialement les quatrièmes qui spoilent les bouquins). 

Nous commençons le livre en suivant Edward, instituteur de son état qui fuit Londres et le continent. Pour cela, quoi de mieux qu'une petite île écossaise où il n'y a qu'une petite communauté vivant un peu trop repliée sur elle-même ? Bon, en vrai, on se dit de suite que l'idée n'est pas très bonne. Mais ça, Edward n'en sait pas grand chose par rapport à nous autre, lecteur. Il ne va pas lui falloir longtemps pour découvrir toute l'étrangeté des habitants de l'île. Entre le photographe alcoolique, la vieille femme qui entend des voix, celle qui enferme son fils chez elle, les autres habitants semblent à peine plus calme. Lorsque disparaît une enfant, tous les regards se tournent, forcément, vers le nouvel arrivant. Et ce n'est que le début des ennuis pour lui.

Parmi les choses que j'ai adoré dans le roman, il y a l'ambiance, forcément. Aude Réco s'en donne à cœur joie entre pluie, orage, brouillard. J'aime beaucoup et surtout, on s'y croit vraiment. Il ressort de la lecture une belle ambiance fin d'automne, début hiver qui fait du bien par les températures estivales que nous avons en ce moment. Mais surtout, l'ambiance sert totalement le récit, le rendant plus mystérieux, plus dérangeant aussi. On y ajoute des personnages qui ne disent pas tout, des silences, des événements étranges et nous voilà dans une sorte de Dix petits nègres à la sauce fantastique. 

D'ailleurs, tout comme dans le roman d'Agatha Christie, je me suis plus attardée sur les personnages que réellement sur ce qu'il se passe (disons que j'ai rapidement eu ma petite idée sur ce qu'il se passe (qui n'était pas totalement fausse mais pas vraiment bonne non plus) et que du coup, j'ai préféré me pencher sur eux que sur le pourquoi). J'ai eu un petit faible pour Matthew, l’hôtelier pris entre deux feux, à savoir Edward et le reste du village. Tout le long du roman, on sent bien qu'il sait quelque chose mais que, comme beaucoup, il est incapable d'en parler. J'ai eu un peu plus de mal avec Edward qui apitoie un peu trop sur son sort pour moi. Par contre, leur duo fonctionne formidablement, surement parce que leurs caractères se complètent plutôt bien. Les autres personnages ne sont pas en reste non plus. Même si on les suit moins que Matthew et Edward, ils sont bien présents et parfaitement reconnaissables entre eux. On arrive même à s'attacher à des personnes pas franchement recommandables. Vraiment, la psychologie des personnages est super intéressantes même si on peut parfois la trouver un peu "cliché" sur ce genre d'histoire (dans le sens où on retrouve un peu le même genre de personnages (mais c'est un "problème" que l'on retrouve dans divers genres de la littérature)).

Mais si j'ai adoré les personnages et l'ambiance, j'aurais tout de même un tout petit bémol à donner sur les Murmureurs. L'autrice se concentre vraiment sur l'évolution des personnages, plus particulièrement donc de Matthew et Edward, et me semble parfois perdre un peu son lecteur dans le déroulement de l'histoire. Je m'explique. Il se passe beaucoup de chose sur Taily Fair mais nous n'avons pas beaucoup d'explication tout le long du roman. Tout semble lié mais on ne sait pas trop par quoi jusqu'à la toute fin. Une fin qui finalement est peut-être un peu trop rapide pour moi d'ailleurs, j'aurais voulu en savoir plus (mais ça, c'est aussi un défaut de ma part, je veux toujours tout savoir)  Après, personnellement, ça ne m'a pas dérangé tant que ça mais je préfère le signaler.

Au final, je suis ravie d'avoir enfin découvert la plume d'Aude Réco. J'ai beaucoup aimé la manière dont elle pose ses ambiances mais surtout les relations entre ses personnages. J'ai très envie maintenant de lire les romances qu'elle a écrit rien que pour ça. C'est une bien belle découverte que celle-ci.

vendredi 21 juin 2019

Tueurs d'Anges, Town tome 1, Rozenn Illiano

Je continue gentiment ma découverte du Grand Projet de Rozenn Illiano sur Wattpad. Je pense que je ne tarderais plus à m'offrir les versions papiers de certains de ses livres (Elisabeta, 600 jours d'Apocalypse et puis Midnight City quand il sortira et le prochain chez Citric, le Phare aux Corbeaux)(pas tout en même temps, mais petit à petit, je devrais pouvoir y arriver). Bref, aujourd'hui, nous parlons du début de Town et d'apocalypse.

Tueurs d'Anges, Town tome 1, Rozenn Illiano

Editeur : Onirography
Collection : /
Année de parution : 2017
Format : Wattpad 

A lire si :
- Vous voulez une histoire qui prend son temps
- Vous voulez voir les anges dans le "mauvais rôle"

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand il y a beaucoup d'action.

Présentation de l'éditeur : 

Un jour de janvier, un cataclysme sans précédent décime la quasi-totalité de l'humanité en quelques secondes. Les survivants doivent affronter par la suite toute l'hostilité de la planète ravagée, les fous dangereux sillonnant les routes... et les hordes d'anges descendus du Ciel pour les exterminer. Le tout sous des coups lancinants frappés à la Grande Horloge de l'Apocalypse. Douze coups, six cents jours, à la fin desquels la réalité telle que nous la connaissons disparaîtra.
À travers le chaos, Ana part à la recherche d'un refuge où se terrer quand la fin viendra. Elle rencontre alors Élias, un clairvoyant qui s'est donné une mission : tuer un maximum d'anges, pour sa propre survie et celle de ses compagnons d'infortune.

Mon avis

Après un roman vampirique qui m'avait bien plu, Elisabeta, je me lance enfin dans l'apocalypse vu par Rozenn Illiano avec le début de sa série Town. Dans ce premier tome, l'apocalypse a commencé. Chez l'autrice, elle dure 600 jours avant que tout explose (ou implose plutôt, j'ai l'impression). Tueurs d'anges se déroulent durant ses 600 jours, alors que l'horloge de l'apocalypse sonne tranquillement ses douze coups (alors pour ceux qui connaissent pas, il existe réellement une horloge de l'apocalypse, qui pointe en ce moment sur 11h58. Pour découvrir ce que c'est précisément, allez faire un petit tour sur la page wikipédia qui lui est dédié)(j'ai une certaine fascination pour cette horloge, je dois bien le dire, mais faut dire qu'elle alimente méchamment mon imagination aussi). Alors qu'il ne reste déjà plus grand chose de l'humanité, les anges sont descendus des Cieux pour venir finir le travail. Les survivants tentent d'arriver jusqu'au douzième coup et pour cela, beaucoup se rassemble. C'est ainsi qu'Ana, jeune femme capable de "sentir" les anges va rencontrer la communauté menée par Elias, un Clairvoyant, puis que Chester, que les anges ne voient pas, va les rejoindre. Nous allons suivre les trois durant les 600 jours de l'apocalypse et alors qu'ils fondent (enfin, pas tout à fait), la Ville, dernier refuge de l'humanité, prise dans une bulle de la réalité. 

Il y a quelque chose qui m'a beaucoup marqué dans Tueurs d'Anges, sa lenteur. Pour un roman sur l'apocalypse (on est quand même en plein dedans), il prend son temps, mais vraiment. Personnellement, je ne considère pas ça comme un défaut du roman. Je trouve même que cette approche est vraiment intéressante. On apprend à connaitre les personnages, à faire connaissance avec l'univers de l'autrice, à découvrir Town aussi. Ça change énormément des romans apocalyptiques que l'on peut lire. Ici, on s'attarde sur les personnages. Des personnages qui souffrent pour diverses raisons mais, qui d'une manière ou d'une autre, continuent pourtant d'avancer vers l'inéluctable. J'ai, du coup, apprécié cette lenteur qui cache parfois une certaine violence et finalement, une certaine urgence. J'ai apprécié pouvoir prendre le temps de connaitre les personnages, leurs aspirations, leurs sentiments. Cela se ressent encore plus que le roman est divisé en trois partie, chacune narrée par un des trois protagoniste principal. 

L'autre chose de marquante, c'est le "manque" d'action. J'ai mis manque entre guillemet parce que, tout de même, il y en a. Disons juste que ce n'est pas celle à laquelle on pourrait s'attendre au vu de la quatrième de couverture (et du nom du roman). Tueurs d'Anges ne va pas offrir de grandes scènes de batailles entre humains et anges. Ni même entre humains et humains d'ailleurs. Non, sa violence est moins voyante, on va dire. Elle est pourtant bien là, dans les jours qui passent, dans l'attende, la peur... Elle s'insinue un peu partout dans les comportements des personnages. C'est quelque chose que je trouve génial, de réussir à mettre de la violence sans que celle-ci ne soit sanglante (même si on en trouve). Ça va vraiment avec le fait que le roman soit lent, qu'il y ait peu d'action, que tout se passe par les personnages. Après, je me doute que ça ne peut pas plaire à tout le monde. Et j'avoue même que parfois, j'ai pu un peu m'ennuyer (juste un ou deux chapitres, pas grand chose mais autant le dire). Il n'empêche que le livre est bon pour moi, et c'est ça l'essentiel.

Pou finir, j'ai donc apprécié ma lecture de ce Tueurs d'Anges. Je me suis trouvée avec un roman complètement différent de ce que j'avais pu imaginé à cause de sa quatrième de couverture (et en même temps pas si différent que ça, je crois aussi que le lecteur et ses expériences de lecture font beaucoup sur la manière de "voir" l'histoire à partir de la quatrième). C'est un roman qui fonctionne plus sur la psychologie des personnages que sur les combats. C'est le genre de roman qui te fait te demander ce que toi tu ferais si l'apocalypse venait. Est-ce que t'attendrais le douzième coup ou pas du tout ? Forcément, c'est un genre de roman qui ne peut que me plaire. Surtout qu'il est porté par la plume de Rozenn Illiano qui a quelque chose de très poétique je trouve. Le tout donne donc un texte qui me plait beaucoup et une grande envie de lire la suite.

mercredi 15 mai 2019

La Carte des Confins, Muffins and Books

Je continue mes incursions sur Wattpad. Cette fois, nous voilà avec un roman de pirate que j'avais envie de lire depuis un petit moment et dont je suis l'autrice sur instagram. C'est d'ailleurs une "collègue" puisqu'elle tient aussi un blog littéraire. Alors, ça donne quoi, cette envie de grand large ?

La Carte des Confins, Muffins and Book

Editeur : Muffins and Books
Collection : /
Année de parution : /
format : Wattpad

A lire si 
- Vous aimez les histoires de pirate
- Vous voulez de l'action et de la romance aussi

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose d'ultra imprévisible

Présentation de l'autrice : 

Les légendes parlent d'une carte. 
Une carte capable de vous guider jusqu'aux confins du monde ... et de les franchir. 
Une carte vers le plus beau des trésors : un nouveau monde. 
  
Blake Jackson est capitaine de l'Avalon, un des bateaux pirates les plus célèbres au monde. Il est réputé pour son adresse et son courage, mais aussi pour ses plans diaboliques et son désintérêt total pour autrui. Il s'est juré d'être le premier à naviguer sur les eaux de ce nouveau monde et il est prêt à tout pour cela. 
Callie fuit quelque chose, mais personne ne sait quoi. Elle possède surtout des objets magiques, dont un qui aiderait Blake à atteindre son objectif. Lorsque les deux se rencontrent, ils ne savent pas encore qu'ils vont se lancer dans la plus grande des aventures...

Mon avis

Ok, je vais avouer que j'ai hésité à parler de la Carte des Confins sur le blog. Pas parce que je n'ai pas aimé (vu que ça n'a pas était le cas, j'ai adoré le lire), mais plutôt parce qu'il vient de Wattpad. Et puis je me suis dit que c'était quand même bien con, vu que 1° c'est un roman et qu'il est bien, 2° j'utilise moi-même la plateforme pour mes textes; 3° j'ai parlé d'Elisabeta que j'ai lu sur Wattpad (mais qui existe en auto-édition). Bref, un peu moins d'une semaine après l'avoir fini et alors que je suis dans les bonus du roman, voilà ce que je peux dire de ce roman. 

L'autrice nous embarque à la suite du Capitaine Blake Jackson, capitaine de l'Avalon, à la recherche d'une Carte (oui, avec majuscule) qui permettrait de rejoindre les Confins, des mers jusque là inexplorées. Pour la trouver, il a besoin d'un objet magique, un compas. C'est un voulant mettre la main dessus qu'il va faire connaissance de Callie. Leur rencontre est quelque peu explosive et pas forcément amicale. Pourtant, elle va aussi marquer le début de leurs aventures.

La Carte des Confins est un roman mêlant piraterie, magie et romance. J'ai beaucoup aimé le lire, d'ailleurs, il faut bien le dire, l'autrice a un certain don pour faire en sorte que son lecteur veuille toujours en lire plus (ou alors j'ai été faible face à Blake, c'est aussi possible)(on va revenir sur les personnages, ne vous inquiétez pas). Même si certains éléments sont prévisibles (quelques batailles qu'on voit venir de lui, des éléments qui sont presque obligatoire dans ce genre de roman (et je parle pas de la romance), des choses comme ça), Marie nous pousse à découvrir ce qu'il va se passer. Il faut dire qu'elle a un style assez agréable, elle n'en fait pas trop et gère bien ses effets. Sans parler du fait qu'elle sait parfaitement où mettre du cliffhanger (même si on se dit que "oui, mais ensuite, va se passer ça ou ça", ben tu as envie de lire la suite, point). Et puis, l'histoire se tient très bien. Pas de moment "WTF", pas de trucs qui sortent comme par magie du chapeau de l'autrice. Tout est réfléchi, rien n'est laissé au hasard. L'action est parfaitement dosée, les scènes plus calmes aussi. On ne s’ennuie pas en lisant la Carte des Confins, mieux, on en redemande.

Et puis, il y a les personnages. Vous le savez, je suis capable de m'attacher à pas mal de personnages et pour moi, ça fait quand même beaucoup dans mon plaisir de lecture. Si j'accroche pas, j'ai du mal (sauf si c'est Esoterre qui est tellement bien foutu niveau histoire que même en aimant pas les perso, j'ai envie de connaitre la suite)(je suis un paradoxe ambulant, mais là n'est pas le sujet). Là, j'ai très mais alors très bien accroché. J'ai adoré Blake et Callie. J'ai surtout aimé voir leur relation grandir, murir, changer. Faut dire que les deux ont un sacré caractère. Lui est fonceur, passablement irritant, avec tous les défauts qu'on imagine à un jeune capitaine pirate. Derrière ça, il cache un personnage avec des failles, quelque chose d'assez "gris" en fait, plein de nuance. Callie fait partie de ses femmes qui se veulent et se pensent forte seule mais qui ne sont pas assez sûre d'elle finalement. La seule chose que je regrette chez eux, c'est leur capacité à s’apitoyer (plus Callie d'ailleurs, mais ça pourrait se comprendre) sur leur passé et sur leur sort. Niveaux personnages secondaires, c'est plutôt pas mal non plus, surtout avec Bold, le second de Blake, sorte de père de l'équipage et de voix de la sagesse, ou encore Glenn ou Doug (dommage qu'on ne les voit pas plus que ça finalement).

Au final, j'ai beaucoup aimé. J'ai même eu du mal à décrocher la plupart du temps (l'avantage étant que je lis sur le téléphone, du coup, je l'ai toujours avec moi)(j'aime pas lire sur l'ordi, je préfère sur l'app, c'est mieux). C'est vraiment le genre de roman que j'aime lire pour me détendre. Parce que ce n'est pas prise de tête, parce que c'est frais et surtout parce qu'il faut pas croire, mais je reste une midinette (dit donc la femme qui s'éclate dès qu'on lui propose un roman avec du sang, des tripes et des complots mais qui peut pas s'empêcher de trouver trop chou une romance comme celle-ci)(paradoxe, comme je le disais plus haut). Bref, si vous voulez une bonne histoire de pirate, avec de la magie et de l'amour, lisez la Carte des Confins (et les bonus aussi, parce qu'ils sont intéressants et que ça peut faire comme un tome 1.5 aussi). Vivement la suite.

Pour retrouver la Carte des Confins, c'est par là que ça se passe 

vendredi 5 avril 2019

Elisabeta, Rozenn Illiano

Cela faisait très longtemps que j'avais envie de lire la plume de Rozenn Iliano (depuis que je la "connais" sur un forum de BJD)(plus d'une dizaine d'année du coup, il me semble, ou pas loin en tout cas)(tout cela ne me rajeunit pas donc). Et puis, ben, le temps, la vie, tout ça. Je me suis inscrite récemment sur Wattpad (et j'y poste un petit truc aussi, à retrouver par ici) et je me suis dit que c'était enfin l'occasion de la lire. Je commence donc avec Elisabeta, son roman vampirique.

Elisabeta, Rozenn Illiano

Editeur : Onirography
Collection : /
Année de parution : 2017
Format : Wattpad (trouvable en livre sur le site de l'autrice)

A lire si :
- Vous aimez les histoires de vampires


A ne pas lire si :
- Je trouve pas

Présentation de l'éditeur : 

« ‘Le Cercle’ désigne une société secrète cachée dans les ombres de l’Histoire depuis ses balbutiements, et fédère le peuple immortel que les humains nomment ‘vampires‘. »
En France, Saraï est une jeune immortelle assignée à résidence depuis toujours ou presque. Elle a été jugée pour avoir manifesté un pouvoir parapsychique interdit, un don qu’on lui a retiré avant de la marier de force et de la contraindre à ne jamais quitter sa maison.
En Italie, Giovanna est une mortelle qui vit en compagnie d’un vampire, et dont elle est la seule source de sang. Elle non plus n’a pas eu le choix : née dans une famille proche du Cercle, elle a dû se soumettre à leur autorité et quitter sa petite vie toute tracée.
Jusqu’à ce jour de novembre 2014, quand une éclipse solaire se produit. Le phénomène réveille le don endormi de Saraï. Giovanna, quant à elle, est agressée dans sa propre maison par un immortel, qui lui donne de force la vie éternelle. Depuis, le Cercle les menace de mort, car il ne tolère pas les écarts de ce genre.
Grâce à son don, Saraï entend l’esprit d’une ancienne Reine immortelle, Elisabeta, dont l’âme est piégée à l’intérieur d’une poupée de porcelaine. Elisabeta a tout perdu : son pouvoir, son règne, son enfant et son amant. Réduite aujourd’hui à l’état de fantôme, elle accepte de venir en aide à Saraï qui veut se confronter au Cercle, quitte à le détruire.

Mon avis

Rozenn Illiano a un Grand Projet dont elle parle sur son blog. Un Grand Projet qui m'a toujours attiré mais qui m'impressionnait quand même. Je ne savais pas par quel bout le prendre. Et puis, finalement, je me suis dit qu'un one-shot serait mieux pour découvrir le style de l'autrice. Sans parler du fait que ça fait longtemps que je ne me suis pas frottée à une histoire vampirique (la dernière en date étant L'Ile aux démons de Cécile Duquenne en aout 2018). Mon choix c'est donc porté sur Elisabeta et sa magnifique couverture (crée par Xavier Colette, illustrateur que j'apprécie). 

Elisabeta est donc une histoire de vampire. Nous allons y suivre deux femmes, Saraï et Giovanna. La première est une scribe pour le Cercle, la société vampirique de l'univers créée par l'autrice. Elle est assignée à résidence pour avoir manifesté des pouvoir interdit. La seconde est mortelle, gemella d'un vampire dont elle est, du coup, la seule source de sang. Alors que leurs vies semblent réglées comme du papier à musique, une éclipse va venir tout chambouler. Le don de Saraï revient, lui permettant de communiquer avec l'esprit d'une reine vampire enfermée dans une poupée. En Italie, Giovanna est agressée et transformée contre son grès en Immortelle. Ces événements ne sont pourtant que le début. Les deux femmes se retrouvent au coeur d'une révolution devant renverser le pouvoir des Maîtres du Cercle et surtout celui de l'Eglise sur les vampires.

Il y a pas mal de chose à dire sur ce roman. Déjà, parlons personnages. L'autrice se concentre sur les femmes de son roman. Elle partage les chapitres entre Saraï et Giovianna tout en laissant quelques intermèdes à Elisabeta, la reine. Chose intéressante, elles ont toutes les trois leur propre voix et il n'est du coup pas compliqué de savoir qui parle (j'ai la fâcheuse tendance à ne pas lire qui parle en début de chapitre). Les trois femmes se différencient vraiment très bien. J'ai eu une petite préférence pour Giovanna, plus rebelle en apparence que Saraï. Mais à vrai dire, j'ai aimé les deux. J'ai aimé leur quête de liberté, leur ténacité. Quant à Elisabeta qui reste le fil rouge, j'aurais voulu en découvrir plus sur elle mais c'est aussi le jeu, elle n'est finalement pas tout à fait le personnage principal du roman. Autour des deux femmes gravitent aussi pas mal de monde et là aussi, les personnages sont plutôt bien caractérisés. Du coup, on s'attache tout autant à Carmine, Luciano, Dante ou Virgile qu'à Saraï et Gia. Je sais très bien que les personnages ne font pas tout, mais ici, les avoir apprécié (que je les ai aimé ou détesté) a fait beaucoup. Ils sont l'essence du livre.

Mais il n'y pas qu'eux que j'ai apprécié. Il y a toute l'histoire. Le roman se déroule sur une courte période mais l'histoire qu'il raconte se passe finalement sur plusieurs siècles. Et franchement, je dis chapeau à l'autrice pour sa chronologie (celle de ce qu'il se passe et du pourquoi ça se passe du roman mais aussi toute celle du grand projet). Même si parfois le coup de "tout était prévu depuis longtemps" est un peu rabâché (les sagas à Elu coucou), je trouve toujours ça intéressant. Ici, ça l'est encore plus pour moi parce qu'on découvre le tout en même temps que Saraï et Giovanna. Du coup, on n'a pas cet effet de "toute façon, on savait très bien que ça se passerait comme ça". On est aussi surpris qu'elles. Et puis, le déroulement se fait sans accro. Il n'y a pas eu un moment où je me suis ennuyée, où j'ai trouvé que ça n'allait pas assez vite ou je ne sais trop quoi. Toute la préparation afin de détruire des années d'oppression et la possible réussite du plan m'ont tenu en haleine jusqu'au bout.

D'ailleurs, en parlant d'oppression, le roman se veut féministe et ça pour plusieurs raisons et pas seulement parce que les narratrices sont des femmes (bien que ça aide sur certains points). Il n'y a qu'à voir la manière dont va être traité Elisabeta alors qu'elle est la dernière reine immortelle. La lutte pour la libération de l'emprise de l'église sur le Cercle est aussi une lutte contre une société patriarcale qui écrase ceux qui sont différents (ici, les Immortels). Les femmes sont particulièrement touchées 
on leur enlève toute véritable liberté. Elles sont touchées dans leur chair en bien des points. Et elles ne sont pas les seules puisqu'ici, les vampires sont particulièrement bridés par l'église (pas possible de vivre seul, obligation d'avoir une source unique de sang et j'en passe (les diverses lois sont énoncés dans le livre). Mais elles ne vont pas se laisser faire. Ce ne sont pas juste les vampires qui vont se libérer ici, ce sont aussi les femmes, Saraï, Gia et Elisabeta. Mais s'il n'y avait que ça. Le livre prône aussi la tolérance. C'est assez amusant d'ailleurs de voir que ce ne sont pas les vampires les personnes les plus monstrueuses (beaucoup aimé d'ailleurs ce traitement-là qui fait que l'humain a une certaine ascendance sur l'être surnaturel là où l'on pense de suite à l'inverse).

Je pense que j'aurais encore des choses à dire mais peut-être un peu plus en détail (et en spoiler), du coup, je vais m'arrêter là. Je n'ai pas eu de coup de cœur total mais alors je n'en suis vraiment pas loin. L'histoire est très bien, les personnages aussi, j'aime la manière dont Rozenn Iliano pose le tout, prend son temps. J'ai beaucoup aimé, donc. Et je compte bien continué à découvrir le Grand Projet de l'autrice