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mardi 25 août 2020

Le Navigateur sur les Mers du Destin, Elric, tome 3, Michael Moorcock

 J'ai beaucoup de mal en ce moment à lire sur le Kindle. Déjà parce que les pavés de l'été me prennent pas mal de temps et qu'ils sont tous super prenant, ensuite, parce qu'il est de plus en plus mal en point (et qu'il faudrait vraiment que je le change mais j'ai toujours d'autres dépenses qui passent avant). Le fait que son écran soit de plus en plus clair sur le bas me dérange de plus en plus. Et malheureusement, mes lectures en pâtissent. C'est le cas de ce troisième tome d'Elric, que j'ai fait traîner plus que de raison.

Le Navigateur sur les Mers du Destin, Elric, tome 3, Michael Moorcock

Editeur : 12 21
Année de parution : 2014
Titre en VO : Elric, book 3: The Sailor on the Seas of Fate 
Année de parution en VO : 1974
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez le format nouvelle
- Vous voulez plein de combat
- Vous voulez voir Stormbringer à l'oeuvre

A ne pas lire si :
- Vous voulez des textes longs
- Vous voulez autre chose que des combats à tout va

Présentation de l'éditeur :

Recruté par un mystérieux capitaine aveugle, le prince albinos s'embarque sur un navire nimbé d'une étrange brume... Aux côtés de nombreux guerriers, il devra affronter deux redoutables sorciers venus d'une autre dimension qui dévoraient l'énergie de son univers

Mon avis

Me voilà donc arriver à la fin des aventures du jeune Elric. Le prochain tome concernera donc la saga principale des aventures du prince albinos. Autant dire que j'ai un peu hâte. En attendant, que nous réservé donc ce troisième tome ? Déjà, il s'agit non pas d'un roman mais de trois nouvelles. Elles sont bien entendu reliées entre elles, déjà par le côté voyage en mer mais aussi par des fils fort tenus. Et malheureusement, elles n'ont pas la même qualité.

On commence avec Cap sur le futur, la première nouvelle. Alors qu'Elric est acculé, un mystérieux navires lui apparaît dans la brume. Il grimpe à bord, vu qu'il y est attendu (j'adore comme Elric fait rapidement confiance à n'importe qui, ça finira par le perdre cette histoire). Lui et trois autres hommes, Erekosë, Corum et Hawkmoon, sont là pour défaire une fratrie de sorcier. Cette nouvelle est l’occasion de mettre en branle tout le multivers créé par Moorcock avec ses champions éternels. On y trouve tout ce qui fait la bonne vieille high fantasy façon donjon et dragon. Et on s'y ennuie pas mal en fait. A part la première partie, la découverte du navire et son étrange environnement, c'est fade et sans goût. Et malheureusement, ça n'a pas aidé le reste de ma lecture.

Dans Cap sur le présent, Elric quitte le navire du premier récit dans une autre dimension que la sienne. Il y fait la rencontre de Smiorgan, qui le suivra dans la dernière aventure. Les deux hommes vont prendre sous leur protection une jeune femme apeurée. Arrive alors le protagoniste de l'histoire, le comte Saxif d'Aan, un ancêtre d'Elric. L'homme est persuadé que la femme n'est autre que celle qu'il a aimé et tué voilà de cela bien longtemps. Commence alors un bras de fer entre Elric, qui a juré protection à Vassliss, et le comte, qui détient le moyen de faire sortir le prince de la dimension présente.
Nous sommes sur une sorte de conte (pas de fée, ne nous y trompons pas) ici et ça fonctionne plutôt pas mal. C'est le genre de récit qui va fort bien avec notre jeune Elric, un peu onirique avec un côté assez mélancolique. Il a l'avantage de relever le niveau par rapport au texte précédent (même s'il m'a fallu un moment pour m'y mettre vraiment)

Enfin, le troisième texte, Cap sur le passé, nous entraîne vers un continent perdu où se trouverait les racines des Menilbonéens. En compagnie de Smiorgan et du Duc d'Avan qui les a récupéré suite à Cap sur le présent, va donc partir à la recherche d'une mythique cité où les Dieux de la Loi et ceux du Chaos auraient eu conciliabule quelques 10 000 ans plus tôt. L’intérêt de la nouvelle, c'est clairement de voir Stormbringer faire ce qu'elle veut (ce qu'on avait pas vu jusque là). Sinon, ça reste, comme pour Cap sur le futur, un assemblage de péripéties sans grand intérêt. C'est dommage parce qu'on y perd les considération du prince albinos et ses introspections qui, elles, sont plutôt sympathiques à lire.

Au final, j'ai eu un peu de mal avec ce Navigateur sur les Mers du Destin. Il a de bonnes idées, deux nouvelles qui se lisent plutôt pas mal mais franchement, ce n'est pas, et de loin, le meilleur tome d'Elric. C'est assez dommage parce qu'il a un côté bien plus sombre que les deux précédents et qu'il aurait pu être, pour moi, bien meilleur. Il a un petit quelque chose qui m'a plu, plus particulièrement dans la seconde nouvelle. Malheureusement, ça ne fait pas tout et il pâtit réellement d'un premier texte ennuyeux et peu intéressant. 

mardi 9 juin 2020

La Forteresse de la Perle, Elric, tome 2, Mickael Moorcock

Lors du mois de la fantasy, j'avais eu envie d'enfin découvrir Elric de Menilboné. C'était une saga qui me faisait de l'oeil depuis très longtemps, un de ses classiques de la fantasy que je n'avais pas encore lu (il m'en manque encore tellement). J'ai aimé ma découverte (beaucoup beaucoup) et il était temps de voir (oui déjà) si c'était pareil avec le tome deux.

La Forteresse de la Perle, Elric, tome 2, Mickael Moorcock

Editeur : 12 21 (oui, j'ai encore pris la couv de chez pocket, mais on s'en fiche, c'est la même)
Collection : 
Année de parution : 2014
Titre en VO : Elric, book 2: The Fortress of the Pearl 
Année de parution à VO : 1989
Format : AZW

A lire si 
- Vous avez aimé le premier tome
- Vous voulez une sorte d'Alice aux pays des merveilles aillant rencontrer Lovecraft.

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas les divagations onirique
- Vous voulez du bon gros combat

Présentation de l'éditeur : 

Elric s'est perdu dans le Désert des Soupirs, le voici à Quarzhasaat, ville engloutie par la marée des dunes. Trop tard peut-être: Elric délire, Elric agonise. Où est l'élixir qui lui rendra ses forces ? Et s'il boit l'élixir, où trouver l'antidote? Finalement il accepte un pacte: il va quérir la Perle au cœur du Monde. Le voilà donc parti pour l'Oasis Fleur d'Argent, où Varadia, la Sainte Fille des nomades bauradim, dort d'un sommeil surnaturel. De là part le chemin vers les royaumes du Rêve, où se dresse, dit-on, la Forteresse de la Perle. Un voyage inouï attend le prince albinos: il explore des domaines où nul ne s'était risqué avant lui.

Mon avis

Première chose à savoir, ceci n'est le tome deux que par ordre chronologique de l'histoire (il en va de même d'ailleurs pour Elric des dragons, qui n'est le un que par cet ordre là). Si on suit l'ordre de publication, La Forteresse est le septième tome paru (et Elric des Dragons le cinquième). Ils font parti, avec Le Navigateur sur la mer des destins (qui est dans ma PAL et prêt à être lu), de la jeunesse d'Elric. On ne commencera le cycle principal qu'au quatrième tome, Elric le Nécromancien. Est-ce un problème ? Non, pas vraiment. Juste qu'il fallait le dire, ce que j'ai oublié de faire pour le tome un et que je trouve interessant de savoir ça. 

Passons à présent à cette Forteresse de la Perle.

Après avoir découvert Elric dans le premier tome, nous quittons Menilboné et Ymrrir pour les Jeunes Royaumes. On se souvient que notre Prince Albinos a laissé son royaume à son traitre de cousin afin de découvrir le monde. Or, le voyage n'est pas de tout repos pour Elric. A court des elixirs le maintenant en vie, il attérit mal en point dans la cités de Quarzhasaat. Faible, il n'a pas vraiment le choix lorsque un noble influant lui file un elixir capable de lui rendre sa force mais aussi de le tuer petit à petit. Pour survivre, il doit trouver la Forteresse de la Perle et en rapporter son trésor. Or, la Forteresse se trouve dans une étrange contrée, celle des Rêves. 

Autant le dire de suite, ce tome ne fait pas vraiment avancé l'histoire d'Elric, ni même sa psychologie. J'ai surtout eu l'impression qu'il était là juste pour le plaisir d'avoir un nouveau tome de l'Albinos (et ça, on s'en rend bien compte avec l'ordre de parution des tomes et surtout celui de l'écriture, dont je parle plus haut). C'est une aventure qui se veut classique par son déroulement. Elric doit trouver un fabuleux trésor. Une quête comme on en trouve souvent dans les sagas de Sword and Sorcery. Perso, ce n'est pas pour me déplaire, j'aime assez ça. Ajoutons-y la découverte des sept royaume du plan onirique et on devrait avoir quelque chose de pas trop mal.

 La première partie sur les trois que compte le roman, est, à mon gout, trop longue et avec trop de lenteur. Elric est affaibli, il divague pas mal (et c'est long). Il faut attendre qu'il quitte Quarzhasaat pour l'Oasis Fleur d'Argent pour que ça commence enfin à être un peu intéressant. Ça reste long et lent mais c'est mieux. Il faut réellement attendre la rencontre avec Oone, une Voleuse de Rêve, pour qu'enfin l'histoire avance réellement dans la second partie. Une partie qui m'a fait pensé à un Alice au Pays des Merveilles ayant rencontré Lovecraft et régit par le Chaos. Le plan onirique de Moorcock est particulièrement sympathique à visiter avec ses sept royaume tous plus déprimant les uns des autres. Chez l'auteur, pas de merveilles mais des ambitions et des désirs perdus. Les tentations sont partout et bien plus dangereuse que les ennemis que l'on peut y trouver. Et j'ai adoré cette vision du monde onirique. Malheureusement, l'auteur ne s'y attarde finalement que peu et de manière peut-être un peu trop brouillonne par moment. Je trouve ça un peu dommage, ça aurait permis de mieux comprendre notre albinos préféré. Surtout que le roman a été publié après le cycle principal. Moorcock savait donc ce qu'il allait advenir de son personnage. Je pense qu'il aurait pu s'en servir (mais sans trop en faire non plus) pour l'évolution d'Elric durant son voyage onirique. Je pense que c'était clairement faisable dans certains royaumes sans toutefois trop en dire. 

Après cette seconde partie, on passe au dénouement (et donc troisième partie) et là, c'est le drame. C'est expéditif (là où tout le roman fut long et parfois laborieux comme dans la première partie) et je ne suis pas sûre que finalement, ça amène vraiment quelque chose. Alors, oui, ça clôture l'histoire de manière presque satisfaisante (et je parle même pas des dernières lignes d'Oone qui annonce un truc qui pourrait être énorme mais je n'ai pas la moindre idée de si c'est exploité ou  non par la suite)(le problème donc de lire par ordre chronologique que par ordre de parution) mais pour moi, il manque un truc et je n'arrive pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, on peut remarquer une chose dans cette fin qui est importante. Tout le long du roman, Elric nous rappelle bien son attachement au Chaos. Or, à la fin, il semble qu'il commence à se poser des questions sur cela et surtout à pencher un peu vers l'Ordre. C'est subtil mais bien là. 

Au final, je dois dire que je reste perplexe face à cette Forteresse de la Perle. Il y a de très bonne choses dans ce roman. L'univers onirique en est une, les explications sur le Chaos, l'Ordre et surtout la Balance, des passages particulièrement sympathique à lire. Et en même temps, je l'ai trouvé brouillon et souvent laborieux (et je vous parle même pas de la traduction qui est extrêmement lourde (c'est surement l'une de celles que j'aurais le moins apprécié et je peux vous dire que j'en ai lu des pas mal depuis le temps)). Après, il faut voir avec les autres tomes s'il apporte vraiment quelque chose de plus qu'une simple aventure d'Elric.

mardi 2 juin 2020

La Chanteuse-Crystal, La transe du Crystal, tome 1, Anne McCaffrey

Cela faisait un petit moment que j'avais envie de lire cette petite série d'Anne McCaffrey. J'ai beaucoup aimé les premiers tomes de Pern (je prévoie d'ailleurs de revenir dans l'univers de Pern dans peu de temps) et j'avais entendu du bien de la Transe de Crystal. Comme les trois livres étaient dans ma PAL numérique depuis pas mal de temps, je me suis dit qu'il était temps de les sortir.

La Chanteuse-Crystal, La transe du Crystal, tome 1, Anne McCaffrey

Editeur : 12 21
Collection : /
Année de parution : 2014
Titre en VO : The Crystal Singer
Année de parution en VO : 1982
format : mobi

A lire si :
- Vous voulez un roman de science fiction calme
- Vous appréciez les "tranches de vies"
- Vous aimez les univers développés

A ne pas lire si
- Vous n'aimez pas les personnages égocentriques
- Vous voulez des combats

Présentation de l'éditeur :

Dans le crystal noir, tout est pur : les voix qui le font vibrer, les traces indélébiles qu'il laisse au cœur des chairs blessées. Voici l'histoire de Killashandra Ree, de sa voix et de ses blessures. D'emblée, son professeur de chant lui enlève tout espoir de devenir professionnelle : son défaut vocal a résisté à tous les traitements. première blessure. Alors elle part pour la planète Ballybran, où l'attend le spore qui va la contaminer. Elle y gagnera des siècles de jeunesse et y perdra la mémoire. deuxième blessure. Elle devra escalader des chaînes de montagnes, errer dans des déserts métamorphiques, affronter des ouragans. Troisième, quatrième, cinquième blessure. Elle trouvera le filon de crystal noir, qui ne se laissera tailler qu'au son de sa voix. Et qui assure la communication instantanée entre les mondes. La réussite, enfin. 
Mais les blessures ?

Mon avis

Avant de commencer autant vous dire que la quatrième de couverture n'est pas ce qui se fait de mieux (elle date de la première traduction en français). Disons que ce n'est pas elle qui va vous dire précisément ce que vous allez lire. Le coup des blessures, par exemple, est un peu de trop (la première, je suis bien d'accord, pour les autres, c'est plus compliqué que ça). Disons qu'il me semble qu'elle donne plutôt le ton de la trilogie elle-même que de ce premier tome.

Sur fuerte, Killashandra Ree vient d'être refoulée aux portes de la carrière qu'elle rêve de faire. Elle ne sera jamais chanteuse vedette d'opéra malgré des années et des années d'études et d'entraînement au conservatoire. Elle a un défaut, un vibrato trop marqué pour ça. Folle de rage de se voir orienter dans les chorales, elle décide de fuir. C'est ainsi qu'elle va rencontrer Carrick, un chanteur-crystal de la planète Ballybran. Une carrière qui semble attirer la jeune femme malgré les mises en garde de Carrick et de son maitre du conservatoire. La voilà partit pour Ballybran afin de devenir Chanteuse-crystal, coute que coute.

On va commencer par le point négatif de ce roman. Killashandra Ree. Oui, oui, le personnage principal de la série. Killashandra est un personnage quelque peu égocentrique (ironie inside hein, son égo est plus gros que notre système solaire). Soit on l'apprécie de suite, soit on la prend en grippe de suite. Je fais partie de ceux qui l'ont prise en grippe. Normalement, les problèmes d'égo des personnages ne me dérangent pas. Ici, outre le fait qu'elle se pense clairement supérieure à tous, elle a aussi tendance à s'apitoyer sur elle quand elle se rend compte que ce n'est pas toujours le cas. Ce sont des traits de caractères qui ont tendance à me déplaire dans un roman surtout quand les deux se retrouvent dans la même personne. Heureusement, Killa évolue quelque peu au fur et à mesure de l'avancée du roman, la rendant un peu moins énervante. Il n'empêche que cela a eu des répercussions sur ma lecture. J'ai failli arrêter le livre plusieurs fois tellement elle m'exaspérait. 

Mais heureusement que je en l'ai pas fait. Parce que l'univers mis en place ici par Anne McCaffrey est  des plus interessants à découvrir. C'est vraiment ce qui m'a retenu de refermer le Kindle à chaque fois. On est ici sur de la science fiction sans confrontation. Pas de méchant contre des gentils mais une planète entière à découvrir et un univers tournant autour de la ressource la plus importante de la dite planète. Oui, dit comme ça, on se penserait presque sur Arakis avec son épice (Dune, pour ceux qui connaissent pas). Mais ce n'est pas du tout le cas, puisqu'il n'y a pas de conflit tournant autour des cristaux de Ballybran. Les dits cristaux servent à beaucoup de chose. Certains sont utilisés comment moyen de propulsion sur les navettes, d'autres comme système de communication entre les divers systèmes planétaires, d'autres encore servent sur des instruments de musique... Tous ont la même particularité : ils chantent. Cette particularité est des plus importantes et elle conditionne tout ce qu'il se passe autour d'eux. Ainsi, il faut avoir l'oreille absolue pour pouvoir les tailler et entrer en résonance avec eux. Mais cela implique aussi que les chanteurs-crystal sont très sensibles aux cristaux et aux moindres variation autour d'eux. D'ailleurs, la planète semble elle-même les acclimater à tout cela en générant un spore qui viendra parasiter tous les organismes présents afin de les adapter aux cristaux. Le spore offre donc longue vie, amélioration de certaines capacités (la vue pour les trieurs, un peu tout pour les chanteurs...) mais tout cela vient avec des contreparties. Les chanteurs perdent petit à petit la mémoire, les autres ne peuvent pas partir de la planète... 

J'ai adoré lire tout ce système, découvrir en même temps que Killashandra ses particularités. C'est réellement passionnant. Moi qui adore les univers foisonnant, je dois dire que j'ai été servi ici. Tout le système de Ballybran et de la Ligue est super interessant à découvrir, même avec la mauvaise de Killashandra et le fait que forcément, elle est sensible au cristal noir, le cristal le plus important et rare de la planète. J'avais déjà pas mal apprécie l'univers de Pern, et je peux dire maintenant que c'est vraiment le fort de l'autrice, créé des mondes étonnants qui fonctionnent à merveille. On ajoute d'ailleurs à cela une dimension assez onirique dans cette Transe du Crystal dut, justement aux transes qui vont émailler les coupes de Killashandra et ses découvertes des cristaux. Le fait que la musique soit un élément essentiel de l'histoire y ajoute aussi sa touche d'onirisme. 

J'ai donc tenu bon malgré le caractère de Killashandra Ree et j'ai eu bien raison. J'ai beaucoup apprécié l'univers, donc, et les autres personnages aussi (même si certains sont assez proche de Killa, mais je crois que c'est aussi dut au fait d'être chanteurs-crystal, ça n'aide pas). Et même si elle m'insupporte la plupart du temps, j'ai envie de voir comment elle va évoluer dans les prochains tomes (parfois, je suis un peu maso, je dois bien l'avouer). De plus, il est agréable de lire de la SF qui se base plus sur l'univers que sur de potentiels conflits. 

lundi 11 mai 2020

Elric des Dragons, Elric, tome 1, Michael Moorcock


Tout le monde ou presque connait Elric (surtout les lecteurs de fantasy et les amateurs de Metal)(ça tombe bien, je suis les deux). Bien que je connaisse le personnage, je ne m'étais encore jamais plongé dans les romans qui lui sont consacrés. Il était temps de combler cette lacune.

Elric des Dragons, Elric, tome 1, Michael Moorcock

Editeur: 12-21 (oui, je sais, j'ai pris la couverture de chez Pocket)
Collection : fantasy
Année de parution : 2014 pour l'édition numérique
Titre en VO : Elric, book 1: Elric of Melniboné
Année de parution en VO : 1972
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez la High Fantasy à l'ancienne
- Vous aimez les personnages atypiques

A ne pas lire si :
- Vous voulez des combats de gros bourins

Présentation de l'éditeur :

Melniboné, l'île aux Dragons, régnait jadis sur le monde. Désormais les Dragons dorment et Melniboné dépérit. Sur le trône de Rubis siège Elric, le prince albinos, dernier de sa race, nourri de drogues et d'élixirs qui le maintiennent tout juste en vie. La menace plane ; alors il rend visite au Seigneur du Chaos, Arioch, et conclut un pacte avec lui. Il s'engage ainsi sur le chemin de l'éternelle aventure : le Navire des Terres et des Mers le porte à la cité pestilentielle de Dhozkam, et son destin le pousse à franchir la Porte des Ténèbres ; au-delà, deux épées noires attendent leur maître et leur victime...

Challenge mois de la fantasy

Comme tous les livres de ce mois de mai, Elric des Dragons fait parti de ma PAL du mois de la fantasy. Il entre dans les catégories suivantes :
- Tolkien, roi de la fantasy
- Du Hobbit au Seigneur des Anneaux
- Galadriel l'elfe aux immenses pouvoirs
- Peter Jackson (Elric fait l'objet d'une adaptation en BD)(qui m'intéresse fort fort beaucoup)(il aura du aussi être adapté en film au début des années 2000 mais le projet ne s'est finalement pas fait)(et je ne compte pas le nombre de chansons qui lui sont consacré)

Mon avis

Elric est un personnage un peu à part à l'époque de sa création. Nous sommes en pleine apogée de roman de l'Heroic-Fantasy dans le style de Conan le Cimmérien de Robert E. Howard. Il faut des héros forts, quasi invincibles et qui tapent fort sur l'adversaire. Et forcément, quand un style de héros prend le dessus sur les autres, il faut qu'un auteur aille en contresens total. C'est ce qu'il s'est passé pour Michael Moorcock. Il a créé Elric en opposition aux héros d'alors et c'est tant mieux.

Elric est l'empereur de Menilboné, l'île aux Dragons. Il est arrivé sur le trône suite à la mort de son père. Une ascension qui n'est pas du gout de tout le monde. Le jeune homme est de faible constitution et doit consommer potions et elixirs pour rester en vie. Son cousin Yyrkoon complote contre lui afin de prendre sa place. Il profite d'une attaque de pirate contre Imrryr, la capitale de Menilboné, pour mettre son plan à exécution. Mais malgré sa constitution, Elric n'est pas si simple à abattre.

Comme je le disais, Elric est un personnage à contrecourant de ce que l'on a pu voir jusque là en héroic-fantasy. Il est d'ailleurs aussi à contrecourant des gens qui peuplent son île. Faible physiquement, il a eu le temps de lire toute la bibliothèque de son père avant d'accéder à son trône. Il en conçoit un caractère assez lointain de ses contemporains, romantique et mélancolique. Il n'est pas forcément porté sur la guerre, ni sur les coutumes de son pays. Versé dans les arts de la magie, il est ami avec les Elementaires de l'eau et maitrise la magie du Chaos. C'est un personnage complexe, bien plus qu'on ne le pense de prime abords. Personnellement, je n'arrive pas à le voir comme un anti-héros comme on peut le voir décrit. Peut-être parce que pour l'instant, il n'a pas encore Stormbringer , l'épée noire, à ses côtés. J'aime énormément le personnage pour l'instant, et je pense que la suite devrait me confirmer cela. J'ai aussi apprécié ceux qui gravitent autour de lui. Ils ne sont pas aussi développé que lui mais leur interaction permet de mieux connaitre le jeune empereur.  J'ai d'ailleurs eu un petit faible pour Yyrkoon, méchant de service. Disons que l'on comprend bien pourquoi il en veut tant à son cousin et qu'on arriverait presque à être d'accord avec lui parfois. Il fait un très bon antagoniste. 

J'ai aussi apprécié l'univers. L'île de Menilboné a l'air merveilleuse avec ses cavernes remplies de Dragons (quel dommage qu'on ne les voit pas d'ailleurs)(ils dorment durant ce tome, peut-être une autre fois), son labyrinthe de falaise protégeant Imrryr et justement la Cité des Rêves et ses nombreuses tours. Mais il n'y a pas que ça. On commence un peu à découvrir les Jeunes Royaumes et la politique des divers lieux (sur ce point, j'ai hâte de lire les tomes suivants marquant le voyage d'Elric dans les Jeunes Royaumes). Même si on reste sur un univers fantasy classique, avec monstres, dragons, chevaliers et j'en passe, il reste interessant à découvrir. Encore plus grâce aux divers niveaux de celui-ci. Parce que oui, ce n'est pas vraiment un univers, mais un multivers que nous avons là (on n'en voit que quelques niveaux pour l'instant, celui de Menilboné et celui des démons, il en manque, que l'on peut découvrir dans la série Elric et dans les autres séries de l'auteur)(grave envie de voir ce que ça donne en vrai). Et puis, on ajoute à ça une magie qu'on voit peut-être moins de nos jours, celle du Chaos qui, je trouve, et particulièrement interessante avec ses démons et ses pactes.

On s'en doutera, j'ai beaucoup aimé et j'ai très très envie de lire déjà les deux tomes qui se trouvent dans ma PAL.  Je me demande clairement pourquoi j'ai mis autant de temps à lire pour commencer à lire ce classique de la fantasy. 

lundi 2 juillet 2018

Carry On, Rainbow Rowell

Carry On fait partie des romans numériques que ma collègue de bureau m'a prêté (donné serait du coup un peu plus juste, je ne vais pas rentre un fichier que j'ai copié)(enfin il me semble). Bref, voulant découvrir l'autrice et voulant surtout une lecture "facile", je me suis lancée dedans sans me rendre compte qu'il aurait pu être peut-être préférable de lire Fangirl avant (d'ailleurs, pour ceux qui l'ont lu, est-ce vraiment préférable ou pas du tout ?)

Carry On, Rainbow Rowell

Editeur : 12/21
Collection :
Année de parution : 2017
Titre en VO : Carry On
Année de parution en VO : 2015
Format : Epub

A lire si : 
- Vous voulez un hommage aux sagas à Elus
- Vous n'avez pas envie de vous prendre trop la tête avec une saga justement
- Vous voulez un peu de romande gay

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas les fanfictions
- Vous voulez un livre dense

Présentation de l'éditeur : 

Simon Snow déteste cette rentrée. Sa petite amie rompt avec lui ; son professeur préféré l'évite ; et Baz, son insupportable colocataire et ennemi juré, a disparu. Qu'il se trouve à l'école de magie de Watford ne change pas grand-chose. Simon n'a rien, mais vraiment rien de l'Élu. Et pourtant, il faut avancer, car la vie continue...

Mon avis

Bon, comme je suis toujours très au fait de ce que les gens écrivent, j'ai complètement zappé le fait que Carry On découlait de Fangirl. Je n'ai pas lu Fangirl (ben oui, Carry on est mon premier Rowell) et franchement, j'ai pas trouvé ça totalement gênant. Sauf qu'il me manquait du coup quelque chose en tout début, c'est à dire un minimum de contexte. Parce que Simon Snow n'est pas que le héros de Carry On, il est celui de toute une saga que l'on commence à découvrir dans Fangirl, puisque l'héroïne de ce livre-là est une fan de la saga de Simon Snow. Mais est-ce que ça m'a tant dérangé que ça ? Ben en fait non. Parce que même s'il manque un peu de contexte, on entre finalement pas trop mal dans cette histoire et on y reste jusqu'à la fin sans problème.

Pourtant, avouons-le, c'était pas gagné d'avance. On se retrouve sur un one-shot qui est fictivement un dernier tome, des personnages qui se connaissent, ont vécu pas mal de chose ensemble et une histoire déjà bien avancé. Parce que oui, Rowell nous écrit là un dernier tome. Sans qu'on sache réellement ce qu'il a pu se passer avant donc si ce n'est quelques détails de ci de là. Et pourtant, pourtant, ça fonctionne. Parce que j'ai l'habitude des sagas ? Peut-être bien. Parce qu'on ne va pas forcément se focaliser sur ce qu'il a pu se passer et aller de l'avant ? Peut-être bien aussi. Surement parce qu'il ne faut pas oublier que Carry On est un hommage aux sagas à Elus (et plus particulièrement à Harry Potter à qui on pensera quand même un peu) et qu'en tant que tel, il fonctionne très bien. Car, oui, il ne faut pas prendre Carry On pour autre chose. C'est une fanfiction/hommage. L'autrice le dit d'ailleurs elle-même dans le petit mot de l'auteur à la fin du livre (d'ailleurs, chères maisons d'éditions, soyez cool, ne mettez pas "auteur" quand c'est une femme qui écrit). Si on garde en tête cela, alors la lecture prend un tout autre sens. 

Rainbow Rowell a utilisé tous les codes ou presque de la "saga à Elus", la prophétie, l'Elu, le grand méchant bien mystérieux, la guerre qui se profile, les amis qui s'en vont et j'en passe. On retrouve facilement les grandes lignes de la plupart d'entre elles, et cela que se soit en fantasy ou en fantastique d'ailleurs. Du coup, on a souvent l'impression qu'elle en fait beaucoup mais alors beaucoup trop, surtout dans la caractérisation des personnages et certains passages "obligatoire" du livre. Mais en même temps, est-ce vraiment un mal ? A vrai dire, pas tant que ça, parce que si effectivement, elle s'en donne à cœur joie dans l'hommage un peu trop appuyé, elle arrive tout de même à mettre sa touche d'originalité. Et c'est cette touche d'originalité et de fraicheur que je retiens de cette lecture. Et plus particulièrement celle qu'amène les scènes entre Baz et Simon.

Oui, j'en arrive aux personnages. Si j'ai eu un peu de mal avec Penny qui ressemble trop à Hermione petite ou à d'autres personnages sidekick du héros, avec Agatha en petite amie (enfin ex petite amie) bien trop parfaite, j'ai clairement adoré Simon et Baz. Simon parce que malgré le fait qu'il soit l'Elu, il reste ultra rafraîchissant dans ce rôle. Le gars ne passe pas son temps à se dire "pourquoi moi" (bon ça lui arrive mais pas tout le temps tout le temps, puis je pense qu'il a eu le temps de s'y faire), ne cherche pas tant que ça a être ou ne pas être l'Elu (il l'est point, il fait avec) et surtout ne se sent pas tout puissant pour une raison ou une autre. Mieux, il doute, sait qu'il peut faire plus de dégâts que de bien. Bon par contre, c'est aussi souvent une belle tête à claque, mais j'aime bien les têtes à claque. Baz, lui, c'est le personnage un peu sombre, étrange, le gars bien mystérieux. Sauf qu'en fait, il est un peu plus que ça et c'est là que le personnage devient sympathique (et pas juste parce qu'en plus de ça, il est le love interest de Simon)(vu qu'il n'est pas juste un love interest). Je crois qu'il est le personnage qui m'a le plus touché là-dedans, parce qu'il est le plus "torturé" par l'histoire (on y va ? il est le méchant sans vouloir vraiment l'être, il est à l'écart des autres de par sa nature, ses parents voient très mal le fait qu'il soit gay, il est persuadé qu'il va mourir de la main de Simon et j'en passe). Et puis le duo qu'ils forment tous les deux est franchement sympathiques et pas si évident que ça au final.

Bon, finissons cet avis. J'ai donc apprécié Carry On qui finalement est un bon petit roman sans trop de prétention et plutôt réfléchi dans sa manière de rendre hommage aux sagas à Elu. Il a pas mal de défaut assez évident si on oublie que justement c'est un hommage (et c'est d'ailleurs sur ces points là que j'ai grave pensé à la Belgariade de Eddings). Mais en même temps, les dits défauts font tout son charme pour moi. Et puis, c'est sympa aussi d'avoir une romance MM qui même si elle fait parfois un peu cliché, reste plutôt pas trop mal écrite. Et donc, oui, j'ai aimé ma lecture parce qu'elle était comme je l'imaginais, fraîche, pas prise de tête et divertissante à souhait (et puis, elle m'a donné envie de relire de la fanfiction ce que je n'ai pas fait depuis des lustres).

lundi 19 juin 2017

Rêver, Franck Thilliez

Ce roman, ça fait un moment qu'il est dans ma PAL numérique. A tel point que j'ai interdit les collègues de travail d'en parler jusqu'à ce que je le lise, soit bien six mois si ce n'est plus après eux. Mais enfin, ils vont pouvoir le faire !

Rêver, Franck Thilliez

Editeur : 12/21
Collection : /
Année de parution : 2016
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous voulez une héroine atypique
- Vous aimez Thilliez
- Vous aimez les romans où la chronologie n'ait pas respecté

A ne pas lire si :
- Vous voulez du linéaire
- Vous voulez être très très surpris

Présentation de l'éditeur : 

Abigaël souffre d'une narcolepsie sévère qui lui fait parfois confondre la réalité avec ses reflets chimériques. De nombreux mystères planent autour de la jeune psychologue, notamment concernant un accident dont elle est miraculeusement sortie indemne.

Mon avis

De Franck Thilliez, je n'avais lu jusque là que deux romans, avec Sharko et Lucie. J'avais beaucoup aimé et le lire sans ses personnages fétiches me disait bien. Sans parler du fait que les collègues m'avaient parlé de la chronologie non linéaire et que le thème du rêve m'inspirait vachement. 

Et pour tout dire, il commence plutôt pas mal, ce Rêver. Une héroïne psychologue et narcoleptique, un kidnappeur d'enfants dont on ne sait rien, des gendarmes sur la brèche... On démarre en plus de cela sur les chapeaux de roue avec ce qui doit être un passage de la fin de l'aventure avant de revenir un peu plus tôt et enfin de lire le tout début. 

J'apprécie beaucoup les livres à la chronologie non linéaire parce que souvent, ils surprennent. J'aime avoir un élément sans trop comprendre d'où il sort sur le coup et puis le remettre à sa place. Une petite gymnastique de l'esprit super intéressante la plupart du temps. Et là, au début, du moins, c'est super motivant. On découvre Abigaël, sa maladie, l'enquête sans trop en savoir plus. On découvre le tout petit à petit. Sauf qu'on en découvre peut-être un peu trop dès le début. C'est comme ça qu'à moins d'un tiers du début, je comprenais rapidement ce qu'allait donné l'enquête personnelle d'Abigaël mais aussi l'enquête officielle, dites Merveille 51. C'est quelque chose d'un peu dommage que le livre soit du coup prévisible. Parce qu'en découvrant trop rapidement certains éléments de l'histoire, le lecteur devient un peu moins réceptif. Ce qui fut mon cas pour ce roman. Du moment où j'ai compris ce qui allait se passer, j'ai pris un certain recul avec le livre et un peu moins de plaisir. 

Sans parler du fait que je suis la seule sur les quatre collègues de boulot à l'avoir lu à avoir vu tout cela. Je pense que je suis déçue parce que justement, eux ont été surpris. Après, ma longue expérience livresque entre aussi en jeux. Je sais que la plupart du temps dans les thrillers et policiers l'antagoniste apparaît très rapidement (chez Agatha Christie par exemple, il est généralement là dès le premier chapitre). Ici, ça ne loupe pas, ils apparaissent très tôt et on les remarque très facilement. Et ça m'a beaucoup ennuyée donc. 

Pourtant, même si j'avais compris qui étaient les antagonistes et une bonne partie du déroulement de l'histoire, j'ai dévoré le livre grâce à une Abigaël qui sombre vers la folie doucement. Alors, ce n'est pas ultra original chez l'auteur (Sharko et Henebelle en sont le meilleur exemple) mais perso, j'aime bien ces personnages. Surtout que là, c'est plutôt bien foutue et qu'on comprend petit à petit pourquoi elle parait si désorientée au tout début (qui finalement est presque la fin). Un traitement intéressant mettant en scène la narcolepsie de manière à ce qu'elle explique une bonne partie des choses mais pas tout. La maladie de la psychologue est présente, devient même un personnage à part entière mais surtout n'est pas là gratuitement dans le roman. Elle entre réellement en compte dans les enquêtes, tout comme son traitement. Mais je n'en dirais pas plus, sinon je vais spoiler (bon par contre, on comprend assez rapidement que le Propydol va avoir une bonne place dans le roman). 

Et comme je parle des personnages, j'avais envie de râler un petit peu. Si Abigaël, en tant que personnage principal, est bien foutue, ce n'est pas le cas des autres personnages. Je suis assez déçue de voir que Frédéric, gendarme et compagnon de la jeune femme, n'est pas plus présent, idem pour Freddy, le kidnappeur qu'on ne verra que très peu sous ses traits là et qui en plus de ça fait tout cela pour des raisons quelque peu triviale (et surtout bien stéréotypées pour le coup). Aucun autre personnage n'a l'importance d'Abigaël alors qu'au final, même si elle est le PP, les autres ne sont pas là juste pour la déco non plus. C'est un défaut que je trouve souvent dans les thrillers et il est dommage que Thilliez soit tombé dedans.

Au final donc, une héroïne sympathique mais qui n'arrive pas à être mise en valeur par l'histoire. Pire, une histoire qui devait être mise en valeur par sa chronologie non linéaire et qui ne l'est pas tant le lecteur devine trop de chose dès le début (je suis persuadée qu'avec un déroulement linéaire, j'aurais été bien plus surprise). Bref, un roman qui avait tout pour plaire et qui retombe un peu comme un soufflé. C'est bien dommage, les thèmes étaient plus que sympathiques et les enquêtes interessantes. Bref, un rendez-vous pas tout à fait manquer tout de même avec Thilliez et ce Rêver.

mardi 7 octobre 2014

Les Morsures de l'Ombre, Karine Giebel

J'ai téléchargé Les Morsures de l'Ombre cet été pendant que l'ibook store faisait des promos sur certains bouquins. Je ne savais pas trop sur quoi j'allais tomber, mais la quatrième de couverture avait l'air sympa et puis ça faisait longtemps que je n'avais pas lu de thriller.

Les Morsures de l'Ombre, Karine Giebel

editeur : 12 21
Collection : thriller
Année de parution : 2012 pour l'édition numérique
Format : epub

A lire si:
- Vous voulez un huit-clos prenant
- Vous voulez de l'angoisse
- Vous voulez des personnages à la psychologie avancée

A ne pas lire si :
-  Vous voulez suivre de près l'enquête policière
- Vous aimez bien tout découvrir rapidement

Présentation de l'éditeur : 

Elle est belle, attirante, disponible. Il n'a pas hésité à la suivre pour prendre un dernier verre. A présent il est seul, dans une cave, enfermé dans une cage. Isolé. Sa seule compagnie ? Sa séductrice et son bourreau. Et elle a décidé de faire durer son plaisir très longtemps. De le faire souffrir lentement. Pourquoi lui ? Dans ce bras de fer rien n'est dû au hasard. Et la frontière entre tortionnaire et victime est bien mince.

Mon avis

J'aime bien faire des découvertes comme les Morsures de l'Ombre. Ce sont des livres dont je n'attends pas grand chose, parce que je découvre l'auteur, l'histoire et que rien ne me destinait pour le coup à le lire. Je n'avais pas spécialement envie de lire un thriller, ni de découvrir une nouvelle auteure. Et puis, en le voyant dans ma PAL (pris parce que gratuit, j'avoue), je me suis dis que tiens, ça me changerait un peu. 

L'histoire des Morsures de l'Ombre se déroule principalement en huit-clos, dans la cave où est retenu Benoit Lorand, commandant de police. L'homme ne sait pas ce qu'il fait, il ne sait pas au début comment il est arrivé là. Rapidement, son bourreau lui apparait, une femme, Lydia. Elle semble avoir une dent contre lui, vouloir sa mort. Elle va le torturer, pendant des jours et des jours, pour qu'il avoue un meurtre qu'il n'a pas commis. En parallèle, nous allons suivre les collègues de Benoit, à sa recherche, mais aussi un peu de la vie de Lydia. 

Je dois bien dire que cela faisait un moment que je n'avais pas lu de huit-clos (depuis Shinning) et cela m'avait un peu manquer. Surtout qu'ici, malgré parfois quelques longueurs, celui-ci nous tient vraiment en haleine. La psychologie des personnages, que se soit Benoit ou Lydia, est particulièrement travaillée. Surtout pour Lydia en fait, qui fait une formidable tortionnaire dans l'esprit vacille facilement vers la folie pure et dure. A eux deux, ils forment le ciment du huit-clos et le font parfaitement. D'ailleurs, j'ai beaucoup apprécié le fait que Benoit fasse tout son possible pour ne pas sombre dans la folie, pour garder le fil du temps, qu'il pense toujours à sa famille, que cette pensée là l'aide à surmonter l'épreuve, plus que sa fierté de mâle ou de flic. Il est humain, ce n'est pas un surhomme qui peut survivre à tout. Quant à Lydia, elle aussi est humaine, on pourrait la comprendre, au vue de ce qu'elle a traversé.  Les autres personnages ne sont pas en reste. C'est marrrant, j'aurais pensé que pour la plupart, nous ne ferrions que les survoler, mais en fait non. L'auteure a pris soin de leur offrir passé et présent, une vraie personnalité aussi, même ceux qu'on ne verra que sur quelques pages.

L'autre point fort, après les personnages, c'est bien l'histoire. Parce que nous allons de surprise en surprise. Nous découvrons les secrets des uns et des autres, petit à petit, nous forçant ainsi à tourner plus vite la page, pour savoir. Savoir pourquoi, savoir comment, savoir qui. Et je dois bien dire que je n'ai presque rien vu venir. Parce que les personnages des Morsures de l'Ombre ont tous quelque chose à cacher, un secret, plus ou moins grand, plus ou moins important dans l'histoire. Et petit à petit, les pièces du puzzle se mettent en place, jusqu'à la fin. 

En fait, les Morsures de l'Ombre est un vrai page-turner. Pas forcément grâce au style de l'auteure, qui manque d'originalité mais qui fonctionne très bien pour ce genre de roman. Non, c'est vraiment grâce aux personnages et à la manière dont tout s'imbrique, sans parfois qu'on s'en rende compte. On a envie de savoir, de comprendre. On a envie de voir la fin arrivée, on espère qu'elle sera heureuse pour Benoit, que les flics vont tout comprendre... Et puis, lorsqu'on arrive à la fin, on reste forcément sur le cul, pour une raison ou une autre, parce qu'au final, on a l'impression d'avoir été tourné en bourrique durant tout le livre et qu'on a rien vu venir du tout. 

Pour finir, j'ai aimé les Morsures de l'Ombre, j'ai aimé suivre cette histoire, les personnages, qu'ils soient du bon côté ou non, j'ai aimé cherché pourquoi, comment. J'ai aimé la fin, qui apparemment est sujette à débat parmi les amateurs de Giebel (et je comprends pourquoi, même si moi, je la trouve très bien, cette fin). Je pense que si je tombe à nouveau sur un livre de Karine Giebel, je le lirais aussi, parce que même si je n'ai pas trouvé son style d'écriture original, ces idées, elles, m'ont énormement plu.