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lundi 19 septembre 2022

Le sort du titan, Percy Jackson, tome 3, Rick Riordan

Me revoilà du côté des Olympiens avec ce troisième tome de Percy Jackson. Ca tombe bien, j'avais besoin d'une lecture légère et facile (quoique pour le léger, on repassera peut-être).

Le sort du titan, Percy Jackson, tome 3, Rick Riordan

Editeur : Albin Michel
Collection : Wiz
Année de parution : 2008
Titre en VO : Percy Jackson and the Olympians, book 3: The Titan's Curse
Année de parution en VO : 2007
Nombre de pages : 357

A lire : 
- Vous aimez la mythologie grecque (mais que vous n'êtes pas ultra exigeant)
- Vous voulez un héros souffrant de trouble de l'attention avec hyperactivité

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne

Présentation de l'éditeur : 

Les monstres sont toujours décidés à tuer les demi-dieux. Percy et ses amis Annabeth, Grover et Thalia se retrouvent face à un horrible manticore. Ils n'ont la vie sauve que grâce à l'intervention de la déesse Artémis et de ses Chasseresses. Mais, lorsque Annabeth puis Artémis disparaissent, une nouvelle quête semée d'embûches s'annonce : Percy devra plus que jamais se méfier des manipulations et des pièges de Cronos, le. Seigneur des Titans.

Mon avis

Attention, je vais un peu spoiler le tome précédent puisqu'à la fin de celui-ci, Thalia, la fille de Zeus, revenait à la vie grâce à la toison d'or. La jeune fille, quinze ans, bientôt seize, reprend ses activités de héros des Dieux aux côté de Percy, Annabeth et Grover. C'est ainsi que tous les quatre s'en vont récupérer deux nouveaux demi-dieux, Bianca et Nico Di Angelo. Mais durant leur mission de sauvetage, et alors qu'Artémis et sa troupe de Chasseresses viennent les aider, Annabeth disparait, au grand dam de Percy qui n'a rien pu faire. Puis, Artémis part seule, à la recherche d'un monstre qui pourrait tout changer dans la guerre opposant Cronos aux Dieux. Mais de retour à la colonie, rien ne va vraiment. Les Chasseresses s'installent dans le bungalow d'Artémis avec Bianca qui a décidé de faire parti du groupe. Son frère se retrouve chez les Hermes le temps que son parent divin se déclare. Mais surtout, Monsieur D et Chiron interdise à Percy de partir à la recherche de son amie. Il va falloir une nouvelle quête où il n'est pas convié à la base, pour enfin pouvoir partir à la recherche de la déesse et d'Annabeth.

Ce troisième tome commence vraiment sur des chapeaux de roues et permet de présenter rapidement Thalia dont on avait beaucoup entendu parler mais peu vu. Mais surtout, il voit la disparition d'Annabeth dès le début. Un évènement loin d'être anodin. Il permet d'abord de mettre en avant Thalia auprès de Percy. Si la fille de Zeus n'a pas un rôle aussi important qu'a pu avoir celle d'Athéna durant les tomes précédents, il est agréable de la découvrir un peu plus. Ensuite, cette disparition semble mettre en place la romance entre Annabeth et Percy (même si ce n'est pas vraiment dit et que le passage d'Aphrodite me semble trop gros, les sentiments du jeune homme évolue beaucoup envers elle). Il permet aussi de nous faire un peu quitter le trio pour se pencher vers d'autres personnages, comme les Chasseresses d'Artémis, et plus particulièrement sa lieutenante, Zoé, ou encore la jeune Bianca Di Angelo. Alors, oui, Annabeth m'a manqué mais j'ai apprécié voir Thalia et Zoé. 

Ensuite, il y a l'histoire de ce tome. Si on reste sur le schéma habituel, prophétie => voyage =>résolution, on part avec un inconnu. On n'a pas la moindre idée de qui est parti chasser Artémis avant de disparaitre à son tour, ni même de qui est réellement l'ennemi du tome (et même si on voit rapidement Luke, ce n'est pas tout à fait lui). Ce petit suspens est appréciable. On reste dans le flou un bon moment. On commence à entrevoir ce qu'il va se passer petit à petit, en même temps que les révélations sur certains personnages. Et puis, comme toujours, il y a les mythes grecs revisités, on retrouve ainsi Talos, le chien de bronze créé par Héphaistos, quelques adversaires d'Hérakles (le lion de Némée ou encore sanglier d'Érymanthe) mais aussi celui d'un Titan que je ne nommerais pas ici pour ne pas spoiler (et qui n'est pas Cronos).

Au final, ce fut une chouette lecture. Le tome est plus mature que les deux précédents, surtout qu'il aborde des thèmes un peu plus dur, comme la mort, le deuil et une partie de repentance aussi. Il fait pour l'instant parti de mes préférés malgré l'absence d'Annabeth. J'attends avec une certaine impatience de lire le quatrième tome, surtout vu ce qu'il a pu se passé à la fin de celui-ci.


vendredi 13 novembre 2020

L'Illusion, Maxime Chattam

Et voilà, le Chattam de l'année est déjà lu. Après un thriller bien à l'américaine, nous revoilà en France, plus précisément dans les Alpes avec un roman qui fait un petit peu froid dans le dos tout de même.

L'Illusion, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 464

A lire si :
- Vous aimez les huis-clos
- Vous appréciez les tours de magie
- Vous aimez bien vous faire un peu peur

A ne pas lire si :
- C'est le soir, il est tard et vous êtes seul (et peureux)
- Vous n'aimez pas avoir trop peur

Présentation de l'éditeur : 

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l'été.
Ne reste qu'une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d'arriver, mais déjà, quelque chose l'inquiète. Ce sentiment d'être épié, ces "visions" qui le hantent, cette disparition soudaine...
Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs?
Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu'à douter de sa raison...
Bienvenue à Val Quarios, une "jolie petite station familiale" ou la mort rôde avec la gourmandise d'une tempête d'été.

Mon avis

En prenant en main le roman, je me suis presque de suite dit que la couverture faisait quand même très Shinning. Or, j'ai adoré le roman de King, son sentiment d'isolement, son fantastique distillé petit à petit et les frisons qu'il m'a causé. Je me suis demandée si Maxime Chattam allait être à la hauteur de ce que je voyais avec cette couverture. Savoir que sans même l'avoir ouvert, je commençais déjà à le comparer à un des romans du Maître de l'Horreur, c'était déjà quelque chose. Arrive le premier chapitre et cette impression qui reste. Je vais lire un Shinning-Like, mais dans les Alpes, en été et avec un peu plus de personnages. Même le personnage principal a des relents de Jack Torrance, l'alcool en moins. Autant dire que j'ai été assez surprise. Je compare souvent les deux auteurs parce qu'ils ont le même style d'histoire, surtout lorsque Chattam s'aventure comme cela dans l'horreur, mais jusque là, il n'y avait pas autant de chose en commun dès le départ. J'ai eu un peu peur d'un manque d'inspiration ou quelque chose comme ça. Et puis, j'ai continué ma lecture, et j'ai trouvé la patte de Maxime Chattam, et finalement, le coup du Shinning-Like, c'est surtout pour l'hommage (et heureusement). Il n'empêche qu'on ne se mentira pas, c'est un hommage quand même et il est plutôt bien fait.

Mais revenons à l'Illusion. Hugo est acteur-auteur, il s'est séparé de sa compagne trois mois plus tôt après sept ans de vie commune, n'a pas ou plus d'amis, déprime comme pas possible et se replie sur lui-même. Alors, la petite annonce pour aller bosser dans une station de ski durant l'été, loin de tout, ça avait grave l'air fait pour lui. C'est comme ça qu'il se retrouve à Val Quarios, avec une douzaine de personnes pour cinq mois. Parfait pour se ressourcer, se retrouver. Mais dès sa première semaine, l'une des saisonnières disparait de manière pour le moins étrange. Hugo a des visions, son imagination prend régulièrement le dessus, lui montrant des choses terrifiantes. Et il y a les guirlandes d'os dans la sapinière aussi.  Sans parler de l'étrange propriétaire de la station, Lucien Strafa, un prestidigitateur de génie ayant disparu de la scène voilà plus de 40 ans. Et si tout était de sa faute ? Et si le vieux magicien vivant dans le manoir à côté avait vendu son âme au diable ?

Tout est fait pour que l'angoisse monte petit à petit. J'ai dévoré le livre, tournant les pages sans m'arrêter. J'ai eu envie de savoir qui était Strafa, ce qu'il se passait, comment ça se passait. Je voulais découvrir le secret de cette Illusion, et ça, même si parfois Hugo m'agaçait, même si j'ai eu l'impression de redite, souvent. Même si les personnages ne m'ont pas tant touché que ça. Ils sont d'ailleurs à peu prés inexistant tant on suit Hugo et que pour lui, seule compte Lilly, et peut-être un peu Jina, les deux seules à partager son avis. En fait, je me suis concentrée sur les illusions du roman. Sur la partie fantastique qui s'écoule petit à petit, sur l'avancée de l'intrigue (même si c'est parfois un peu laborieux tant Hugo m'a parut parano)(en même temps, il a de quoi). Et là, ça fonctionne pour moi. 

Il faut dire que l'auteur la distille goutte par goutte, de manière à nous demander si c'est la réalité ou non. Tout comme son personnage, nous finissons par tomber dans une sorte de paranoïa intense, suspectant tout et tout le monde. L'illusion devient parfaite. Et elle aurait pu le rester. Parce qu'on entre dans le gros bémol du roman pour moi, sa fin. Sans la dévoiler, elle dévoile tout. Le pourquoi mais encore plus le comment. Et ça m'ennuie un peu. Le roman est conçu comme un tour de magie. Or un magicien ne révèle jamais ses tours et secrets. Du coup, le dernier chapitre (pas l'épilogue par contre), m'a semblé de trop. Et il a fait retomber le soufflet chez moi. Dommage parce que j'avais quand même un presque sans faute (et ça malgré le caractère d'Hugo et la non existence des autres).

Au final, c'est donc un roman qui se laisse lire plutôt bien, pas forcément flippant à sa lecture mais qui laisse une bonne impression, surtout dès qu'il fait noir (je suis quelqu'un qui cogite beaucoup la nuit, ça aide). Je trouve sa fin trop prévisible, et franchement, je me serais arrêtée un chapitre plus tôt si j'avais su. Ce n'est pas le meilleur Chattam que j'ai lu pour le moment (Le Signal est drôlement plus intéressant si on veut rester dans l'horrifique) mais ça se laisse bien lire. 

jeudi 7 novembre 2019

Un(e)secte, Maxime Chattam

J'avais très hâte de lire le nouveau Chattam après le Signal qui avait été le premier coup de cœur de l'année. Et c'était sans parler des retours de ceux qui l'ont lu un peu avant. Je l'ai acheté dès sa sortie et lu dans la foulée. 

Un(e)secte, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 454

A lire si :
- Vous n'avez pas peur des insectes
- Vous aimez les enquêtes policières

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez vraiment pas les insectes
- Vous vous attendez à avoir tout le long

Présentation de l'éditeur : 

Et si tous les insectes du monde se mettaient soudainement à communiquer entre eux ? À s'organiser ? Nous ne survivrions pas plus de quelques jours.
Entre un crime spectaculaire et la disparition inexpliquée d'une jeune femme, les chemins du détective Atticus Gore et de la privée Kat Kordell vont s'entremêler. Et les confronter à une vérité effrayante.
Des montagnes de Los Angeles aux bas-fonds de New York, un thriller implacable et documenté qui va vous démanger.

Mon avis

Comme je le disais, j'avais très très hâte de lire ce nouveau Chattam. J'aime beaucoup ce que fait le monsieur, et je ne résiste pas à l'idée de me faire un peu peur en lisant, surtout en cette période. Alors, je me suis un tout petit peu jeté sur le livre que j'aurais fini plus tôt si mon weekend n'avait pas été aussi occupé. En parlant de me faire peur, le prologue est assez anxiogène pour moi qui déteste les araignées et les petites bêtes (je ne leur ferais pas de mal, mais si elles pouvaient rester loin de moi, ça serait cool, hein). Il est aussi particulièrement efficace, nous faisant entrer directement dans l'histoire. Sauf que si le prologue est ultra efficace, il faut attendre un petit peu pour retrouver son ambiance. Car Un(e)secte n'est pas tout à fait un livre d'horreur. C'est surtout deux enquêtes particulièrement intéressantes à lire qui finiront pas se regrouper (je ne spoile absolument pas, on s'en doute quand même pas mal). 

La première est menée par un inspecteur du LAPD (la police de Los Angeles, donc), Atticus Gore, suite à la découverte d'un squelette sur une scène de crime remplie de cadavres d'insecte. Si déjà, la présence d'insectes est étrange que le squelette soit celui d'un homme encore vivant la veille l'est encore plus. L'enquête d'Atticus va le mener jusqu'au bas-fond de Los Angeles où ce qu'il va découvrir est bien plus gros que ce qu'il ne pense. L'autre enquête est mené par Kat Kordell, détective privée de New York, missionnée pour retrouver une jeune femme disparue. Là aussi, la privée ira jusqu'au pire endroit de sa ville afin de découvrir la vérité.

J'ai apprécié les deux enquêtes dans le sens où elles sont complémentaires mais bien différentes. On se doute d'ailleurs tout le long que les deux protagonistes vont finir par se rencontrer sans trop savoir comment. L'un enquête sur un meurtre mettant en scène des insectes, l'autre sur ce qui semblerait bien ressembler à un enrôlement dans une secte. Le rapport ? C'est le titre du roman qui nous le donne et je n'en dirais pas forcément plus pour ne pas trop spoiler. Il n'empêche que j'ai adoré voir les éléments se mettrent ne place de chaque côté, bien que j'ai eu une petite préférence pour la partie Atticus (lié au personnage, je pense, on y reviendra après). Peut-être le fait que je n'avais pas exploré Los Angeles version Chattam, ce qui n'est pas le cas de New York (où je me suis souvent demandé si Annabel ou Brady n'allaient pas faire une infime apparition)(plus Brady qu'Annabel d'ailleurs). Il n'empêche que comme toujours, l'auteur arrive à distiller ses informations sans qu'on ne s'en rende tout à fait compte (quoique j'avais deviné pour une personne). 

Mais, ce que j'ai particulièrement apprécié, c'est toute la partie un peu plus psychologique du roman (et je ne parle pas du fait que j'ai eu l'impression d'avoir des insectes sur moi au prologue et à certains moment dans le roman)(quoique). Un roman sur les sectes va forcément parler de fragilité psychologique, d'isolement ou encore d'influence. Il le fait de manière intelligente et surtout il finit par englober les protagonistes principaux. Ainsi, on a un Atticus Gore déjà marginalisé dans son travail et même dans sa vie. Le flic est gay, n'a pas de vie de famille, préférant payer ses amants d'un soir ou plus, n'a pas d'amis non plus. Il n'est pas apprécié, souvent raillé par ses confrères à cause de son orientation sexuelle. Il ne faudrait pas grand chose pour qu'il bascule dans la solitude la plus complète, voire qu'il perde son boulot. C'est un personnage qui n'en ai pas moins attachant dans ses faiblesses et qui en tire parfois une force incroyable. Surtout, ce n'est pas un super enquêteur à qui rien ne fait peur. Même son goût pour le Metal a quelque chose à voir avec ça et renforce sa personnalité. IL en va de même pour Kat. Elle vit seule, ne s'attache pas à son mec avec qui elle est depuis six ans, a peur de vieillir. Elle aussi, d'une certaine manière, s'isole du monde. Mais ils sont assez forts tous les deux pour ne pas tomber dans le pire. Ca ne tient pas à grand chose souvent. Ca les rend particulièrement humains.

Le seul petit défaut que je trouve au roman, du coup, c'est que je n'ai pas vraiment flippé. Je m'attendais, pas forcément à avoir peur, mais disons à frisonner quand même un peu plus. Or, ce n'a pas tout à fait été le cas. Les enquêtes sont efficaces, la dernière moitié du roman (dont je ne parle pas vraiment pour ne pas trop en dire) aborde des thèmes que j'apprécie assez lire mais je n'ai pas eu ce petit frisson que j'ai apprécié sur le Signal par exemple ou sur l'Âme du mal par exemple. 

Ça ne veut pas dire que je n'ai pas apprécié, loin de là. Disons juste que j'ai trouvé Un(e)secte de facture plus "banale". C'est un bon Chattam, voilà. Il est plus que sympathique à lire, il fonctionne parfaitement bien mais il lui manque un petit plus pour être parfait à mes yeux. Par contre, très hâte de revoir Atticus Gore au vu des remerciements de l'auteur à la fin.


vendredi 22 février 2019

Une sirène à Paris, Mathias Malzieu

Il y a des auteurs dont on attend toujours avec impatience les nouvelles sorties. Malzieu fait parti de ceux-là pour moi. Alors que j'adore les livres qui font peurs, qui saignent et j'en passe, il fait partie des petits rayons de soleil de ma bibliothèque. Du coup, savoir qu'il revenait en plus avec du fantastique, me remplissait de joie. 

Une sirène à Paris, Mathias Malzieu

Editeur : Albin Michel
Collection : /
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 250

A lire si : 
- Vous aimez le merveilleux.
- Vous aimez lorsqu'il se mélange à notre quotidien
- Vous aimez les écrits de Malzieu

A ne pas lire si :
-Vous avez du mal avec les figures de styles diverses et variées.

Présentation de l'editeur : 

Juin 2016, la Seine est en crue et Gaspard Neige trouve sur les quais une sirène blessée qu'il ramène chez lui. Elle lui explique que tous les hommes qui entendent sa voix tombent amoureux d'elle et en meurent, mais, convaincu que son cœur est immunisé depuis sa rupture, Gaspard décide de la garder jusqu'au lendemain dans sa baignoire.

Mon avis

Après Journal d'un vampire en pyjama, texte autobiographique sur la maladie qui aurait pu le tuer, Malzieu revient au fantastique. Si j'ai aimé son témoignage, je dois bien dire que j'aime surtout quand il s'amuse à mettre du merveilleux dans le quotidien, comme il a pu le faire avec Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Métamorphose en bord de ciel ou encore le Plus Petit Baiser Jamais Recensé. Du coup, j'étais ravie de pouvoir lire cette sirène à Paris.

Dans ce nouveau roman, Malzieu nous raconte l'histoire de Gaspard, l'un des derniers Surprisiers. Suite au décès de sa grand-mère et à une rupture, l'homme n'est plus tout à fait le même. Et cela ne s'arrange pas lorsque son père décide de vendre le Flowerburger, la péniche-cabaret de sa grand-mère. Lorsque la Seine inonde Paris, il découvre une sirène blessée sous un pont. Ni une ni deux, il va l'embarquer avec lui pour la soigner. Va commencer une étrange aventure entre les deux.

J'ai aimé pas mal de chose dans ce roman, et j'en ai moins aimé d'autre. Alors, on va commencer par ce que j'ai le moins apprécié. Étrangement, c'est d'ailleurs ce que normalement j'aime dans les livres de Malzieu, sa manière de jouer avec les mots et les images. J'aime toujours, là n'est pas le problème, c'est juste que j'ai trouvé qu'il en faisait des caisses par rapport à d'habitude. Du coup, j'ai perdu la spontanéité de la lecture. Je savais que j'allais tomber sur ça, et je n'ai vu que ça au départ. Ca a duré deux ou trois chapitres, pas plus, mais c'était assez pour me déranger. A moins que vraiment, au départ, l'auteur abuse un peu trop d'image ? Je ne saurais trop le dire.

C'est par contre vraiment la seule chose que je n'ai pas apprécié dans le roman. Parce qu'il est bien ce petit conte contemporain. On y retrouve beaucoup de poésie, des choses un peu plus farfelues, l'univers de Malzieu qu'on commence à bien connaitre maintenant (après tout, il a commencé sa carrière d'homme poétique en 1993) et toujours cette touche de féerie qui fait du bien. Alors, oui, on peut se dire qu'il revient souvent sur les mêmes thèmes, l'amour, le bonheur, l'envie de faire partager tout ça avec les autres. Et ce ne serait pas totalement faux. N'empêche, ça fait aussi du bien de voir ces thèmes revenir. Surtout s'ils sont servis par une jolie histoire, ce qui est le cas ici.

L'histoire de l'homme qui tombe amoureux d'une sirène (et réciproquement) n'est pas toute nouvelle, ni même le déroulement de la dite histoire. Cela reste tout de même fort sympathique de suivre Gaspard Snow et de découvrir comment il va se débrouiller avec la malédiction que la sirène lui a lancé tout en essayant de garder le Flowerburger et de succomber à l'amour. Surtout que Mathias Malzieu aime surprendre son lecteur autant que ses personnages. 

En parlant de personnages, la brochette que nous trouvons ici est fort agréable. Il y a bien sur Gaspard, le dernier des Surprisiers, notre héros. Il ressemble assez à la plupart des héros de Malzieu, naïf mais pas trop, toujours à chercher la beauté du monde. A côté de lui, on trouve la belle Lula, la sirène, créature étrange qui va découvrir le monde des hommes et la bonté dont certains peuvent faire preuve. Il y a aussi Camille, le père de Gaspard, ou Henry, le cuistôt du Flowerburger. Et puis, il y a Rossy, la voisine de palier de Gaspard. C'est le personnage le plus haut en couleur du roman et je trouve personnellement dommage de ne pas la voir plus. Enfin, il y a Milena, l'antagoniste du roman, un personnage qui aurait peut-être mérité aussi plus de place dans le roman (et moins d'hystérie aussi).

J'ai donc aimé ma lecture, malgré le petit problème du début et des métaphores/images un peu trop présentes. J'aime toujours autant la poésie qui se dégage des œuvres, la mélancolie aussi (il y est encore une fois question de souvenirs, de deuils aussi). Ce n'est peut-être pas mon histoire préférée de l'auteur mais ça reste une très bonne lecture.

Pour aller un peu plus loin : Malzieu a, une fois encore, écrit un album avec Dionysos se basant sur le livre. Il n'est pas encore disponible, ce qui n'est pas le cas du premier single que l'on peut découvrir sur Youtube par exemple. Il semblerait aussi d'après l'un des rabats du livre qu'un film serait en préparation.

mardi 5 février 2019

Le Signal, Maxime Chattam

Deux Chattam en même pas deux mois, oui, je crois que je deviens accros. Surtout que celui-ci n'est pas à moi. J'ai lancé un appel pour savoir qui avait le dernier Chattam au travail la semaine dernière. Il a atterri sur mon bureau mercredi. Je ne pouvais pas ne pas le lire de suite. 

Le Signal, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 740

A lire si :
- Vous aimez frisonner
- Vous aimez quand c'est un peu sanglant mais pas trop non plus

A ne pas lire si :
- C'est le soir, il est tard et vous êtes seul (et peureux)
- Vous n'aimez pas avoir peur

Présentation de l'éditeur : 

La famille Spencer emménage dans la petite ville perdue de Mahingan Falls. Pourtant les nouveaux venus n'y trouvent pas la tranquillité espérée : suicides mystérieux, disparitions de jeunes filles et autres accidents peu naturels s'enchaînent, semant l'angoisse chez les enfants Spencer. Ethan Cobb se doit d'enquêter.

Mon avis

Avant de commencer à parler de l'intérieur du livre, parlons de l'extérieur. Le Signal, l'objet, est beau. Tout de noir vêtu, avec le titre, l'illustration et le résumé ainsi que la photo de l'auteur d'un beau argenté, il attire rapidement l’œil. Quand on le tourne, on voit une tranche tout aussi noire (enfin comme il a été utilisé, elle me parait grise à moi). C'est un livre noir et il s'annonce par sa couleur. Perso, j'adore et j'adhère totalement. Et quand on l'ouvre, c'est tout aussi sympa. Déjà, il y a une carte, et elle est magnifique (signée Olivier Sanfilippo). Ensuite, les pages sont toutes entourées de noir (le fameux de la tranche en fait. Pour que ce soit plus parlant, j'ai fait une photo de la carte et du bord noir donc (nouvelle résolution : faire plus souvent des photos)(d'ailleurs, je vous rappelle que j'ai un compte instagram pour le blog).

C'est donc dans un écrin que je trouve presque parfait (parce qu'en fait, le bord noir, il déteint un peu sur les côtés sur certaines pages)(du moins sur l'exemplaire que j'ai), que se cache l'histoire du Signal. 

Si jusque là, je n'ai lu que la partie "policier" de Chattam, je me plonge enfin dans sa partie 'horreur" (me manque donc le fantastique, mais j'ai quelques tomes d'Autre Monde a disposition). Je sais de quoi est capable monsieur Chattam concernant l'horreur mais je ne m'attendais pas à cette plongée-là. 

Il est assez compliqué de parler du livre sans trop spoiler, je vais tenter. Je promets rien. 

Le Signal, c'est l'histoire de la petite ville de Mahingan Falls. Une bourgade de la Nouvelle-Angleterre tranquille, encaissée entre l'océan et des collines, un coin paumé qui ressemble presque à un paradis, non loin de Salem. C'est là que viennent s'installer les Spencers et leurs enfants. Le père est dramaturge mais n'arrive plus à se renouveler, la mère est une vedette du petit écran qui a besoin de revenir à l'essentiel. Ils pensent pouvoir reprendre leur vie en main dans cette charmante petite ville. Sauf que... Mahingan Falls va subir d'étranges phénomènes et surtout une série de morts inexpliquée. Et la famille Spencer ne va pas être épargnée.

J'ai apprécié beaucoup de chose dans le Signal. En premier lieu, les personnages. On suit la famille Spencer mais aussi Ethan Cobb, flic de son état, et quelques citoyens par ci par là de Mahingan Falls. Les personnages sont tous bien foutus, très humains aussi. Forcément, on va pas mal s'attacher aux Spencern et, pour ma part, ce sont surtout aux garçons de la famille, Chad et Owen, et à Olivia, la mère. J'ai trouvé Tom, le père, parfois un peu trop effacé, surtout face à l'aura de sa femme. Quant à Cobb, c'est un flic comme sait les écrire Chattam, ni bon, ni mauvais, un peu taciturne, solitaire mais efficace. Les personnages secondaires offrent une belle palette, eux aussi, allant du gentils voisin aux commères/compères du village. Bref, on ne s’ennuie avec aucun d'eux et l'on retrouve ce qu'on peut imaginer être les habitants d'une petite ville américaine (ou même française en fait).

Ensuite, il y a bien sur l'histoire. Alors, non, je n'ai pas eu peur en lisant. Par contre, je n'ai pas été tout à fait sereine pendant quelques nuits après (pas de cauchemars mais ça a pas mal fait chauffer l'imagination tout ça). En fait, ce n'est pas tant les parties parfois un peu sanglante du roman qui m'ont perturbé mais plus ce qu'on ne voit pas et le fait que Maxime Chattam utilise comme conducteur un élément de la vie de tous les jours (à la manière de Lovecraft)(qui amenait souvent l'horreur à partir d'un élément quotidien et surtout réaliste). En fait, ça m'a fait le même effet que lorsque j'ai regardé le film The Mist (tiré de la nouvelle de Stephen King), pas eu peur sur le coup, mais beaucoup réfléchi après. En parlant de ça, Le Signal m'a fait pensé à du King sur bien des aspects. Ce n'est pas une copie du maître de l'horreur, loin de là, mais disons un bel hommage (surtout qu'on retrouve quelques allusions à King)(et à Lovecraft aussi). Mais pour en revenir à l'histoire, elle est fort bien amenée et la tension monte petit à petit. Un seul bémol, c'est parfois un peu trop sanglant là où peut-être juste des évocations auraient eu plus d'effet (j'aime quand on me donne le "pouvoir" d'imaginer même le pire). 

Enfin, il y a le style Chattam. Alors forcément, j'apprécie ce que fait l'auteur. J'aime la manière dont il amène ses éléments, j'apprécie retrouver des références et des hommages que je comprends facilement (monsieur Chattam et moi semblons avoir des goûts en commun sur pas mal de chose)(je vous ai dit que je voulais emménager chez lui ?)(ou du moins lui piquer sa déco ?).

Au final, je crois bien tenir mon premier coup de cœur 2019 pour ce livre. Je le trouve génial, que se soit physiquement (j'espère que la version poche sera tout aussi belle, parce que ça ajoute pas mal je trouve, ces bordures noires), que par son histoire. C'est un bon livre d'horreur qui fait frisonner (je n'arrive pas à dire qu'il fait peur, ça n'a pas été mon cas) et qui se laisse bien lire. Bref, jetez-vous dessus, il vaut le coup.

lundi 14 janvier 2019

La Promesse des Ténèbres, Maxime Chattam

J'ai enfin fini toute la partie "Trilogie du Mal" de Maxime Chattam avec ce prequel à la série. Un roman que j'avais hâte de lire pour comprendre un peu plus Annabel et savoir ce qu'il a pu arrivé à son mari. Bon, du coup, je risque donc de spoiler un peu (mais je ne pense pas spoiler la Trilogie en elle-même).

La Promesse des Ténèbres, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel 
Collection :/
Année de parution : 2009
Format : AZW

A lire si : 
- Vous avez aimé la trilogie
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous voulez plonger dans les ténèbres New Yorkaise

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur : 

New York Mégapole de tous les possibles.
De tous les excès. Où la verticalité des buildings s'oppose à celle des souterrains, toujours plus profonds, peuplés de SDF. Où des hommes se déguisent en vampires pour se repaître de la vie de leur partenaire. Où l'industrie pornographique underground se développe à une inquiétante vitesse. Où l'on vend la mort filmée en direct. Au coeur de ce maelström, le journaliste Brady O'Donnel, dans le sillage de Rubis, femme envoûtante, plonge dans l'enfer.

Celui de la Promesse des Ténèbres.

Mon avis

J'avais hâte de me replonger dans l'univers de la Trilogie du Mal et d'enfin connaitre non pas la réponse à une des interrogations des romans, mais à l'un des mystères non résolu de ceux-ci, à savoir ce qu'il a pu arrivé à Brady O'Donnel, le mari d'Annabel. Parce qu'on apprend dès le second tome qu'il a disparu comme ça du jour au lendemain mais sans trop savoir ce qu'il a pu réellement arrivé. Or, la dite disparition est un élément clef du personnage d'Annabel dans les tomes précédents (ou suivants, suivant comment on se place hein). Et puis, bon, j'avais envie de savoir, parce que je suis curieuse. Et que je voulais savoir vers quel Mal allait nous entraîner Chattam dans ce tome.

Il y a beaucoup de chose qui m'ont plu dans ce roman, d'autre un peu moins. On va commencer par le moins, à savoir le personnage principal. Oui, carrément. J'ai eu du mal avec Brady. Je crois que j'ai un peu trop idéalisé le bonhomme durant mes lectures des deux tomes de la Trilogie avec Annabel. Du coup, il m'a semblé quand même être un peu con, le Brady, voire même un sacré connard parfois. J'ai eu beaucoup de mal à le suivre. Heureusement, il n'est pas le seul personnage principal et Annabel est aussi bien présente. Et même si j'ai eu du mal avec Brady, je dois avouer que leur couple fonctionne pas trop mal dans le roman. Brady est à une période de sa vie où il s'interroge, où une certaine routine a pris le pas sur le reste mais il tente tout de même de sauver son couple d'un désastre qu'il est le seul à voir (et à créer au final). De son côté Annabel ne se rend compte de pas grand chose, mais cela semble presque normal tant elle est obsédée par son boulot et la nouvelle enquête qui lui est tombée dessus.

Une enquête qui a tout à voir avec ce qu'il arrive à Brady dès le début du roman. Mais d'ailleurs, il lui arrive quoi (non parce que j'ai même pas commencé par ça quoi...)(2019, l'année où mes avis partent en tout sens...). Et bien, alors qu'il vient de boucler son dernier sujet et qu'il se fait chier à ne pas en trouver un autre, il va être le témoin du suicide d'une actrice de porno. Un suicide violent qui va le marquer. IL va tout faire pour découvrir ce qu'il est arrivé à cette femme, même le pire. Or, c'est Annabel et Jack qui récupère l'enquête sur le suicide. Va commencer pour les deux époux un jeu du chat et de la souris pour qu'elle ne découvre pas l'implication de son mari dans tout ça.

Autant le dire, j'ai été happé par cette nouvelle plongée dans le mal. Cette fois, nous allons découvrir le porno underground et plus précisément les dérives de celui-ci, lorsqu'il n'est plus question de jouer mais bel et bien de la réalité la plus cruelle qu'il puisse y avoir (je sais que ça a un nom, mais j'arrive pas à mettre le doigt dessus)(si vous l'avez, je veux bien que l'on éclaire ma lanterne), lorsque nous compte que la jouissance, même si cela doit tuer celui qui subit. Mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi la plongée dans les bas-fond de New-York, vers ses égouts et le peuple qui y vit. Cette plongée-là m'a pas mal marqué. Parce que ce qu'on y découvre est un reflet de ce qu'il se passe en haut en plus exacerbé, je dirais. Elle m'a aussi rappelé celle de Brolin dans In Tenebris. Sans parler du fait que les personnages les plus intéressants du roman apparaissent à ce moment-là. 

Enfin, il y a les autres personnages donc. Annabel est finalement presque la même que dans les autres tomes. J'aurais cru voir un vrai changement mais en fait pas tant que ça. Par contre, ce n'est pas le cas avec Jack Thayer. Déjà, j'ai été ravie de le revoir, ensuite, je dois bien dire que son personnage a évolué entre cette Promesse des Ténèbres et In Tenebris. Ici, il est moins cynique, mais aussi bien plus protecteur envers Annabel. La réponse a ses changements vient bien plus tard (à la toute fin quoi) et je dois bien dire que je ne m'y attendais pas vraiment et que ça me plait beaucoup. IL y a aussi toute la cohorte de perso secondaires tous aussi passionnants les uns que les autres, surtout du côté de Brady et de Oz (je vous laisse découvrir ce que s'est). 

Au final, j'ai eu du mal avec l'un des personnages principaux mais par contre je me suis régalée avec tout le reste. Le livre est assez dérangeant pour me donner envie de savoir ce qu'il va se passer et j'ai eu beaucoup de mal à le lâcher ce weekend (j'ai même dépassé mon heure pour éteindre la lumière le soir hier pour le finir)(oui, je suis une vieille qui dort tôt en plus). Bref, j'ai passé un très bon moment de lecture.

Par contre, je me pose une question, les gens qui l'ont lu autour de moi ont apparemment pas mal flippé en le lisant. Moi, ça m'a juste ultra intriguée. J'ai pas eu peur une seule fois. Alors je me demandais si c'était moi qui n'arrivait plus à m'émouvoir de quoique se soit en lecture ou juste qu'en fait, il n'est pas si flippant que ça ?



vendredi 19 février 2016

Journal d'un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

Il faut absolument que j'arrête de me dire que je vais acheter les livres qui me plaisent que lorsqu'ils sortiront en poche. Encore une fois, je n'ai pas tenu. Mais c'est un Malzieu et j'aime sa façon de raconter des histoires. En plus de ça, Journal d'un vampire en pyjama n'est pas un roman, mais un témoignage. Bon d'accord, je suis faible. Mais ça en vaut la peine.

Journal d'un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

Editeur : Albin Michel
Collection :
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 240

A lire si :
- Vous voulez retrouver l'écriture poétique de Malzieu 
- Vous voulez un témoignage sur la maladie qui ne tombe pas dans le pathos

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à un roman
- Vous voulez juste un témoignage non romancé

Présentation de l'éditeur : 

Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue.

Mon avis 

Commençons par le livre objet. Il est beau, tout de noir vêtu avec ce petit bonhomme tout mignon (qui a fleuri dans les rue de Paris si j'en crois Instagram) avec le nom de l'auteur et le titre en surimpression. C'est très classe, sans en faire trop. Le genre de couverture qui n'attire peut-être pas le regard dans la librairie parmi les autres mais qui fait son petit effet lorsqu'on tient le livre entre les mains. J'aime beaucoup et je me doute qu'on ne retrouve pas le même effet lorsqu'il sera en poche (Oriane qui se trouve des excuses pour l'achat du GF...). Ce que je trouve amusant, c'est que forcément, ça fait roman pour moi. Et ce n'est pas vraiment le cas.

Mathias Malzieu a déjà écrit des livres très autobiographique (le magnifique Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi (que j'ai en poche et en GF, le seul livre que j'ai en double(et dont je ne me séparerais ni de l'un ni de l'autre)) écrit après le décès de sa mère ou encore le Plus petit baiser jamais recensé où il raconte le début de son histoire d'amour avec Rosy), mais chaque fois, il a romancé tout cela, donnant un air de fantastique à une vie ordinaire. Il s'est souvent caché derrière ses narrateurs même si nous savions, nous lecteur, qu'il en était le héros. Cette fois, adieu narrateur, adieu roman, bonjour journal. Malzieu se livre, livre ce qu'il a pu vivre pendant un an suite à la découverte d'une maladie auto-immune qui aurait pu le terrasser. 

Alors que Jack et la Mécanique du cœur est sur le point de sortir, Mathias Malzieu découvre qu'il est atteint d'une aplasie médullaire, une maladie rare et auto-immune qui s'attaque à sa moelle. Seuls moyens de le sauver, des transfusion sanguine, de la chimiothérapie et surtout une greffe de moelle osseuse. Commence alors une course contre la montre et la maladie, jusqu'à la greffe de moelle grace à un don de cordon ombilical. Il sera soigné, renaître d'une nouvelle mère biologique avec un nouveau groupe sanguin après deux séjours en chambre stérile (non ce n'est pas un spoil, après tout, s'il ne l'avait pas été, il ne sera plus là et son témoignage non plus). Journal d'un vampire en pyjama couvre donc cette période où avec la poésie qu'on lui connait, Mathias se transforme en vampire obligé d'avoir le sang d'un autre pour continuer à vivre. 

Même si c'est un journal, Malzieu romance un peu l'histoire. Il y introduit le personnage de Dame Oclés, celle qui personnifie ses doutes, ses moments de faiblesses face à la maladie. C'est le seul personnage inventé, les autres sont de vraies personnes, des proches de l'auteur. Il rend aussi hommage aux docteurs, infirmiers et aide-soignant, ces personnes de l'ombre, ces donneurs d'espoir quand tout semble aller mal.  Il nous raconte les petits et grands moments, les doutes, les joies et lorsque le moral est au plus bas, les amis qui disparaissent à l'annonce de la maladie, ceux qui restent. Malzieu a affronté le tout porté par l'amour de Rosy, de sa famille, par un personnel soignant qui semble vraiment génial et il nous le fait bien ressentir. C'est assez étrange d'entrer comme ça dans sa vie alors qu'il l'a toujours fait en sorte de romancer celle-ci, de nous faire croire que ce n'était pas la sienne propre. Le seul lien entre les précédents livres et celui-ci reste l'amour des mots de l'auteur, les mots valises à la mode Vian et cette manière de raconter quelque chose de grave sans tomber dans le pathos.


De cette "aventure" n'est pas né que lui et ce journal. Avec Dionysos (qui lui aussi est né deux fois), il a composé le disque de ce combat (que l'on peut retrouver en CD, vinyle ou sur Deezer pour ceux qui veulent se faire une petite idée) qui se laisse fort bien écouter et qui complète le livre (on y découvre Blues Hospital écrite lors du second séjour en chambre stérile, Dame Oclés ou encore I follows River qu'il jouait aux nymphirmières). 


C'est donc un très beau livre, un joli combat gagné et une belle leçon d'espoir (et à présent je sais plus précisément à quoi pourra servir le cordon ombilical dont j'ai fait don à la naissance de ma fille). C'est un livre très intime, sur un héros ordinaire qui retour à la vie (extra)ordinaire. C'est beau et souvent triste, c'est dur et en même temps plein d'espoir. 

samedi 14 novembre 2015

La Belle et le Fuseau, Neil Gaiman et Chris Riddell

Avant de parler du livre qui nous intéresse aujourd'hui, une pensée immense pour Paris, les victimes, leurs familles. J'ai été dans un état d'apathie complète aujourd'hui, incapable de faire quoi que se soit, si ce n'est m'occupé de ma fille. Vendredi a été terrible, le réveil ce matin encore plus. Mais la vie continue et pour nos jeunes, nos enfants, nous devons continuer. Les terroristes veulent nous mettre à terre, continuons à vivre pour leur montrer qu'ils ont tord. Nous sommes vivants, battons-nous avec nos armes à nous. Sans violence, mais avec amour. Montrons leur que nous sommes forts, que nous ne nous laisserons pas faire.


Après cet aparté nécessaire, passons au livre.

La Belle et le Fuseau, Neil Gaiman et Chris Riddell

(la couverture de Bloomsbury étant la même que celle d'Albin Michel, j'ai mis celle en anglais)

Editeur : Albin Michel
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : The Sleeper and the Spindle
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 69

A lire si :
- Vous voulez un mélange de plusieurs contes
- Vous voulez de belles illustrations
- Vous voulez des reines qui ne se laissent pas faire et des princesses qui n'ont pas besoin de princes pour être sauvées.

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose des très classiques

Présentation de l'éditeur :

À la veille de son mariage, une jeune reine décide de quitter son palais pour aller délivrer une princesse prisonnière d’un sortilège de sommeil. Elle laisse sa robe de mariée, revêt sa cotte de maille, se pare de son épée et enfourche son cheval. Entourée des nains qui l’accompagnent et la protègent, la reine traverse un tunnel sous la montagne et avance vers le royaume endormi. Bientôt, un château apparaît dans le lointain. Ses murs sont recouverts de ronces et de toiles d’araignées et, dans le donjon, repose la princesse aux lèvres rouges comme les roses. Mais qui sait, peut-être que dans ce conte-là, la princesse n’est pas celle qu’on croit, et qu’une reine donnera un baiser à une belle endormie…

Mon avis

Neil Gaiman a déjà prouvé qu'il savait écrire des contes, que se soit pour enfant ou adulte. Cette fois, il s'attaque surtout à deux contes bien connus pour en créer un nouveau et bouleversé un peu ce que l'on connait de ceux-ci. Tout commence avec une princesse victime d'un sort qui l'a plonge dans le sommeil. Quelques quatre vingt ans plus tard, le sort s'étend de manière dangereuse vers le royaume voisin. La reine de celui-ci va tout faire pour réveiller l'endormie et sauver les deux royaumes par la même occasion. 

On commence l'histoire en sorte de pays conquis. Nous connaissons les contes, celui de la Belle aux bois Dormant, celui de Blanche Neige aussi. Du coup, nous entrons rapidement dans l'histoire, connaissant presque ce qu'il va se passer. Presque, c'est le mot. Parce que Neil Gaiman va tout mettre sans dessous dessus. Blanche Neige va partir sauver les deux royaumes en réveillant une Belle aux bois dormant qui n'est pas celle que l'on penser. Il nous offre un conte que l'on pourrait nommer féministe. Parce qu'ici, point de prince, point de guerre ou de mort non plus. La reine se bat avec ses armes, la détermination, les souvenirs de ses propres mésaventures et les leçons qu'elle en a tiré. Elle use aussi de ce qui la fait femme, la douceur, l'intuition. Elle a beau porté armure et épée, elle n'en a pas besoin. Il nous offre une autre vision du conte, avec une sorcière qui cache bien son jeu (chose rare dans les contes) et qui n'est finalement pas celle que l'on croit. Oui, dans la Belle et le Fuseau, les apparences sont trompeuses, très, et c'est cela qui fait le piquant du conte.

Le tout est parfaitement illustré par Chris Riddell. Dessinés en noir et blanc avec une pointe de doré par endroit, les illustrations sont vraiment très belles. Elles sont vraiment très agréables à regarder, dans un style un peu gothique et surtout avec des détails un peu partout. Sans les illustrations, je pense que le conte peut perdre un peu de sa saveur si particulière (bien qu'il existe dans l'un des recueils Gaiman, il me semble, sans elles).

Au final, c'est un conte qui se lit très bien, qui nous montre une autre manière de faire les choses. Il montre que l'on peut être femme et forte, mais surtout qu'elles peuvent prendre les décisions par elle-même (ce que la plupart des contes classiques réprouvent, dut à l'époque, dût aux moeurs d'alors). C'est un joli conte, très joliment illustré et avec un message qui diffère vraiment de ceux qu'on aurait pu lire jusqu'à maintenant.