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lundi 2 août 2021

Les notes de Sang, Corinne de Vailly

 J'ai ce roman numérique depuis un moment dans ma PAL depuis un petit moment. Ne sachant pas quoi lire après ma grosse période SF et ne voulant pas en relire de suite (mais j'avoue, je suis repartie dedans depuis hier), je me suis dit qu'il était temps de le sortir.

Les notes de Sang, Corinne de Vailly

Editeur : Edition du 38
Collection : du fou
Année de parution : 2019
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez du steampunk

A ne pas lire si : 
- Vous aimez quand il y a beaucoup de dialogue

Présentation de l'éditeur : 

À Londres, en 1850, meurt un légendaire violoniste tsigane. Peu après, par une froide journée pluvieuse, la communauté des «Fils du vent» se retrouve au cimetière. Après l'enterrement, on abandonne un violon sur la tombe du défunt, et un jeune homme s'en empare. Selon une légende tsigane, cet instrument de musique aurait été fabriqué avec des ossements humains. Hawthorne Lambton, maître horloger, convoite ce violon qui, il en est convaincu, a le pouvoir de lever la malédiction qui pèse sur sa famille de génération en génération. Et l'on s'enfonce peu à peu dans les bas-fonds de la capitale anglaise, où machines à vapeur et êtres surnaturels font la loi.

Mon avis

Ca faisait longtemps que je n'avais pas lu de Steampunk (en mars avec La Mécanique du Diable, il me semble) et le genre me manquait pas mal. Alors, forcément, un livre qui me promet fog, machinerie en tout genre et musique tsigane, ça me faisait un peu de l'œil. Je me suis donc lancée dans ma lecture quasiment les yeux fermés, sûre que ça allait me plaire.

On commence donc le roman par un enterrement. La communauté des "Fils du vent" vient de perdre l'un de ses membres, un violoniste légendaire. Le jeune Mirko assiste à la cérémonie. A la fin de celle-ci, il découvre l'instrument du défunt sur la tombe et le prend avec lui. A partir de là, on va faire un petit retour dans le passé de quelques jours pour comprendre pourquoi nous en sommes arrivés là puis pour savoir ce qu'il se passe par la suite. Car le violon est magique. D'après une vieille légende tsigane, il fut fabriqué à base d'ossements humains et sa musique permettrait de tout soigner, même les malédictions. C'est d'ailleurs pour cette raison que Hawthorne Lambton, chef de la confrérie des Freux et maître horloger, le cherche à tout prix. Et pour y mettre la main dessus, il est prêt à tout, même au pire.

L'ambiance du roman est juste géniale. On retrouve parfaitement les bas-fond londoniens comme on peut les imaginer, froid, humide, dangereux. Ici, il n'est clairement pas question de découvrir les beaux quartiers de la capitale. C'est plutôt agréable, surtout que lors de mes dernières incursions dans un Londres Steampunk, on était plutôt du côté des nobles et bourgeois de la ville (je pense à la Machine de Lord Kelvin ou encore à l'Homme Mécanique). On sent presque le fog nous entourer en lisant. J'aime beaucoup ces paysages sombres et humides, que se soit donc le quartier de St Giles par exemple ou les bords de la seine. Les dorures sont absentes, ne laissant place qu'à ce que l'humain peut supporter de pire. 

Une ambiance qui sert parfaitement le personnages de Lambton. Chose assez étrange, le "méchant" du roman est surement celui que nous voyons le plus. Et je dois dire que j'ai beaucoup apprécié ce changement de point de vue. Mais il faut dire que Lambton est un personnage des plus intéressants : maitre horloger, inventeur de génie (automate, téléphone etc...), chef de bande organisé etc... C'est le genre de type à qui tout réussi. Ou presque. Parce que derrière tout ça, il y a surtout un homme désespéré qui cherche à briser la malédiction qui pèse sur sa famille et à sauver son fils. Du coup, malgré les horreurs qu'il est capable de perpétrer, il reste, jusqu'à un certain point, un personnage particulièrement humain (bon, il va sombrer dans la folie à partir d'un certain moment, du coup, cette humanité disparait quelque peu). C'est d'ailleurs un point intéressant dans ce roman, les méchants sont finalement les protagonistes les plus présents. Cela ne leur enlève pas leur méchanceté, mais j'ai beaucoup apprécié ce petit changement. 

A côté de Lambton, les autres personnages sont du coup un peu blafard. Mirko manque un peu de profondeur alors qu'il est le gentil et le héros de l'histoire. Il en va de même pour Toksana, qui aurait mérité deux trois chapitres de plus, surtout vu ce qu'il lui arrive (après la mort de son père, sa "protectrice" en fait une prostituée dans un établissement de bord de mer, dont elle n'est sauvée que grâce à fils de la dite protectrice et de Mirko). D'ailleurs, la pauvre est une véritable damzel in detress tout le long du roman, dommage pour le seul personnage féminin de celui-ci(je compte pas Lady Clare, la protectrice qui apparait encore moins). C'est un peu dommage que les deux personnages tsiganes du lot soit si effacés. Je ne parlerais même pas du policier qui mène l'enquête sur la mort du violoniste, il est là seulement pour faire un peu bouger un Lambton qui n'en n'a finalement pas tant besoin que ça.

Au final, j'ai aimé le roman malgré quelques personnages faiblards. Faut dire que j'ai tellement apprécié Lambton et son rôle que ça ne m'a pas beaucoup dérangé. L'ambiance est top, surtout si on aime le bon vieux steampunk avec des automates, du fog et un long sanglot de violon dans le fond. J'ai, personnellement, apprécié ma petite balade et il est fort possible que je retente le coup avec cette autrice et le second tome de la série (qui semble se passer avant et ne pas avoir les même personnages d'ailleurs).




dimanche 22 novembre 2020

Rue Farfadet, Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, Détective privé, tome 1, Raphael Albert

IL y a des livres qui ont beaucoup de mal à quitter les Wishlist. J'avais dans le viseur ce premier tome depuis sa sortie ou presque. Il date de 2010. Autant vous dire qu'il a su se faire attendre. Peut-être un peu trop d'ailleurs...

Rue Farfadet, Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, Détective privé, tome 1, Raphael Albert

Editeur : Mnenos
Collection : Hélios
Année de parution : 2010
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez le narrateur très bavard
- Vous voulez un protagoniste qui n'est pas un super héros
- Vous aimez quand le fantastique s'en mêle

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas d'un protagoniste trop parleur
- Vous aimez quand tout roule.

Présentation de l'éditeur :

Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères, des maris jaloux, des épouses trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux... Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames... Jusqu'au jour où lors d'un banale enquête de routine il se trouve mêlé à une machination dépassant l'entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l'affaire par l'un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Mon avis

Comme je le disais, j'avais envie de lire ce bouquin depuis sa sortie. Et puis, on sait tous comment ça se passe, plein de sortie, plein d'envie et certaines qui, sans passer à la trappe, passe surtout dans les "si l'occasion se présente". Rue Farfadet fait parti de ceux-là. J'étais super contente de le récupérer. Bon après, il est encore resté six mois dans ma PAL numérique. Et étrangement, quand je me suis enfin décidée à le lire, ben, je me suis demandée si c'était une si bonne idée. Un bouquin qui attend autant de temps, n'était-ce pas une mauvaise idée ? Je suis passée outre cette impression et je me suis lancée. Et j'ai eu un peu de mal à m'y mettre. 

Les deux premiers chapitres ont été compliqués, je dirais. En fait, j'ai eu du mal à me plonger dans le roman et ce n'était pas sa faute à lui. Je lis en numérique souvent entre midi et deux, lorsque mon cerveau à besoin de détente mais parfois, il est encore dans le boulot. C'est ce qui m'est arrivé. Entre ce qui tournait dans ma tête et notre narrateur, Sylvo, nous racontant la vie ultra pas passionnante de son nouveau contrat, un nain, j'ai bien cru que j'allais refermer le livre et abandonner. Ca aurait quand même été bien dommage après une si longue attente pour le lire, non ? Alors, j'ai tenu bon, et surtout, j'ai lu le troisième chapitre au calme, le soir. C'était déjà beaucoup mieux, même si pas tout à fait ça.

En fait, Rue Farfadet est lent à se mettre en place. Son narrateur, Sylvo Sylvain, elfe de son état, est un baratineur de première, un beau parleur doublé d'un alcoolique notoire. Il prend son temps, tout comme son auteur. L'univers se pose petit à petit, prenant parfois un peu trop le pas sur ce qu'il se passe. Ces disgressions peuvent être interessantes mais, personnellement, pour beaucoup, elles n'ont fait que me perdre un peu plus, surtout au début du livre. Autant dire que quand je veux pas, je veux pas et que là, ça m'ennuyait quand même un peu. Mais dès que l'action se met en place, Sylvo oublie ce côté et nous entraine avec lui dans cette première enquête, pleine de rebondissement.

Notre elfe reste l'atout de son roman. J'ai beaucoup aimé sa personnalité, assez proche du détective de roman noir comme on se l'imagine, baratineur, alcoolique, déprimé, mais avec une petite touche en plus. En fait, ce qui m'a légèrement perturbée au départ, à savoir sa manière de digresser à mort et de baratiner, est finalement ce que j'ai pu aimé chez lui. Ca, est le fait qu'il soit un petit coeur sensible sous sa couche de ouisk et d'ironie. C'est un personnage extrêmement vivant à lire en fait. Par contre, il prend forcément le pas sur tous les autres, éclipsant les secondaires dont Pixel, son acolyte. D'ailleurs, en parlant des secondaires, la galerie est plutôt sympathique, entre gens du commun, petites frappes, nobliaux et syndicalistes, le tout mélangeant gentiment humains et créatures fantastiques tel les ondines, les trolls, les nains ou les gobelins. Il y a un petit côté Pratchett là-dedans qui n'est pas pour me déplaire. Coté que l'on retrouve avec Panam, capitale du Royaume, qui pourrait presque rappelé Ankh-Morpock (en moins sale peut-être). 

Et puis, il y a l'enquête, qui même si elle met un petit moment à se mettre en place, est fort sympathique à suivre. On part quand même d'une simple filature pour prouver un adultère à un attentat contre au moins l'un des trois Ducs qui gouvernent le pays. Le pauvre Sylvo est embarqué là-dedans sans trop comprendre ce qui lui arrive. Il n'empêche que malgré ses défauts, il va aller au bout des choses et cela, même s'il va en souffrir d'une manière ou d'une autre.

Au final, j'ai donc eu du mal à m'y mettre, mais passer le quatrième chapitre à peu près, j'ai eu du mal à décrocher de ma lecture. J'ai beaucoup aimé Sylvo, le Panam de Raphaël Albert et cette premier enquête qui pose les précises d'un univers qui me semble finalement plus complexe qu'on ne voudrait le croire de prime abord. J'ai adoré l'ambiance subtilement steampunk, le mélange fantasy et polar qui fonctionne à merveille et surtout ce cher Sylvo. Il est plus que probablement que je me penche sur les trois tomes suivants dans quelques temps.

dimanche 16 août 2020

Rouille, Floriane Soulas

 J'ai énormément entendu parler de Rouille à sa sortie. J'ai longtemps hésité à le prendre et puis, je suis tombée dessus par hasard à la librairie. Du coup, ne résistant que peu à une couverture d'Aurélien Police puis à un résumé promettant du Steampunk à foison, j'ai fini par craquer.

Rouille, Floriane Soulas

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 432

A lire si 
- Vous aimez le Steampunk
- Vous voulez une enquête dans les bas-fond parisien

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la romance
- Vous ne voulez pas de lecture un peu sombre

Présentation de l'éditeur : 

1897, Paris. Violante est amnésique. Elle ne sait plus qui elle est ni d'où elle vient. Ses uniques indices sont son pendentifs, fait d'une étrange gemme, et son prénom. Placée dans une maison close, les Jardins Mécaniques, elle devient Duchesse, la plus courue des prostituées, dont s'entiche le comte de Vaulnay, énigmatique promoteur ayant fait fortune sur la lune. Lors d'une escapade pour percer le secret de son identité, elle retrouve sa seule amie morte, atrocement mutilée. Violante s'aperçoit vite qu'elle est la dernière d'une série de prostitutée ou d'enfants des rues dont les cadavres n'intéressent personne. La police ne semble pas même se préoccuper de cette nouvelle drogue, la rouille, qui fait rage dans les bas-fond de la capitale. Il ne reste à Violante qu'à mener sa propre enquête.

Mon avis

En tapant la quatrième de mon édition ici, je me suis dit qu'on ne pouvait pas faire plus simpliste comme résumé. On y trouve presque tous les éléments principaux du roman, Violante et son amnésie, le comte de Vaulnay, les meurtres, la rouille... Mais par contre, il manque énormément de chose. Bon, en même temps, soyons d'accord, c'est un résumé qui est là pour donner envie de lire le bouquin et il y arrive plutôt pas mal. Et en plus de ça, il me permet de ne pas en faire un vu qu'il est assez explicite. On va pouvoir entrer dans le vif du sujet.

Rouille et moi, c'est quelque chose d'assez étrange. Dans le peu de story insta que j'ai fait sur lui (je l'ai lu en une journée), j'ai mis en avant le coup de coeur que j'avais eu pour son ambiance Steampunk (qui n'est peut-être pas ma préférée mais qui est parfaitement dosée à mon gout). Il m'a un peu fait pensé à celui de Confessions d'un automate mangeur d'Opium. Mais si j'ai aimé son univers, j'ai eu un peu plus de mal avec certaines petites choses dont on va parler plus tranquillement (idem pour l'univers d'ailleurs). Du coup, oui, j'ai apprécié ma lecture, elle était bienvenue après les quelques pavés de l'été, elle a été divertissante mais pas totalement intriguante. Ce n'a pas été un coup de coeur, mais ça aurait pu. Et je vous explique pourquoi.

Rouille est un premier roman publié. Je suis toujours assez indulgente sur les premiers romans publiés. Je ne sais pas pourquoi. J'ai tendance à moins y voir les défauts ou à les minimiser. Disons que souvent, je vois plutôt les qualités à la lecture. La plus grande des qualités de Rouille, clairement, c'est son ambiance, le côté Steampunk bien présent et ce côté un peu sale des bas-fond parisien. C'est une ambiance que j'apprécie beaucoup (mais ça vous le savez très bien) et qui sert le récit. On nous vend du Steampunk, on a du Steampunk. L'uchronie qui permet d'avoir cette ambiance est par contre peu développée. Ce n'est pas elle qui compte (on apprend au détour d'une phrase que nous sommes sous Napoléon IV par exemple) et ça ne me dérange pas tant que ça, personnellement. Par contre, j'ai été un peu plus déçue de ne pas voir le Paris du roman en mode plus "voyage touristique". A part la Ferraille, immense décharge où vivent les enfants perdus, on ne voit finalement que peu les trois autres quartiers, la Souricières où vit Violante, la Foire (qui apparait sur quelques pages mais pas assez à mon gout) et finalement le Dôme. Mais encore une fois, cela ne désert pas forcément l'intrigue. Disons que c'est mon côté touriste qui me fait dire ça. Bref, l'ambiance m'a énormément plu et j'étais prête à me jeter à la suite de Violante pour découvrir ce qu'il se passait réellement.

Et c'est là qu'entre le roman et moi, on a eu quelques problèmes. Pas insurmontable, vu que le tout fonctionne plutôt bien et que j'ai même eu du mal à lâcher le livre. Comme quoi, on peut ne pas être totalement d'accord avec ce qu'écrit un auteur et aimer quand même ce qu'il a fait. Mais allons-y. Premier point, les tropes utilisés. L'héroïne amnésique à la recherche de son identité avec pour seul indice un étrange médaillon, disons que c'est un peu vu et revu. Sur le coup, j'ai même pensé à un Princesse Sarah à la sauce Steampunk. On remplace le pensionnat par une maison close, et hop, on y est (d'ailleurs, la rivale de Violante se nomme Livia, pas très loin de cette chère Lavinia). Bon, j'exagère peut-être un petit peu mais j'y ai pensé. Ensuite, le fait qu'elle mène l'enquête après la mort de sa seule amie, c'est aussi un trope vu et revu (on revient d'ailleurs sur Confessions d'un automate mangeur d'opium). Mais ça fonctionne bien ici. Sauf que si ça fonctionne, c'est à cause d'un autre problème à mes yeux. Les personnages ne vont pas tout à fait avec ce qu'ils devraient être. 

Pour rappel, Violante est une prostituée vivant dans une maison close. Elle y a atterrit après avoir été trouvé par Léon, le grand manitou des bordels de la Souricières. Pour une habitante de maison close, une femme normalement en bas de l'échelle sociale de cette société là, elle a des libertés assez étranges. Violante se permet de tenir tête à Léon mais aussi à Madeleine, la mère maquerelle. Alors, qu'elle leur rapporte à mort et qu'ils la laissent peut-être un peu plus tranquille que les autres, pourquoi pas. Mais disons que c'est un peu trop gros. Et puis, franchement, un proxénète de la réputation de Léon qui en fait est un mec avec un coeur gros comme ça, c'est un peu étrange aussi. Surtout qu'on peut le voir comme le gros bourrin qu'il devrait être (sa manière de traiter certaines choses, dont la mort de Satine, ou un passage dans un certain cimetière par exemple) et après, il fait des minauderies avec Violante, presque comme un père ou un frère affectueux. Quant au dernier personnage principal, Jules, il est peut-être un peu trop tendre pour ce qu'il se passe (par contre, j'ai adoré qu'il soit inventeur de gadget pour Léon, il donne un côté un peu espionnage, style James Bond à l'histoire). Et pourtant, si on oublie un minimum ces incohérences, les personnages sont plutôt bien foutus. J'ai aimé Violante, sa forte tête, sa détermination. J'ai apprécié Jules et son côté protecteur. Quant aux antagonistes, j'ai eu un peu plus de mal avec l'idée d'une sorte de Jack l'Eventreur s'en prenant aux prostituées et certains ficelles sont trop faciles de leur côté. 

Enfin, passons à l'intrigue. Si elle m'a été souvent prévisible, elle est agréable à suivre. La recherche du meurtrier qui va se coupler à celle du créateur de la rouille est bien menée. On ne s'ennuie pas une seconde à suivre nos trois apprentis enquêteurs. C'est d'ailleurs plutôt sympathique d'avoir des intrigues qui se rejoignent rapidement et qui ne nous mène pas vers d'innombrables mauvaises pistes (par contre, j'avoue qu'en avoir au moins une, de fausse piste, ne m'aurait pas déplu). De plus, l'intrigue met en valeur l'ambiance et ça, j'adore. Quand je dis qu'on nous vend réellement du Steampunk et pas juste trois boulons et un peu de vapeur, je ne vous mens pas. 

Au final, oui, Rouille a des défauts. Floriane Soulas ne va pas toujours au fond des choses, elle a utilisé des tropes vus et revus mais elle a réussi à y mettre sa patte et une ambiance merveilleuse. Elle a un style clair, limpide et surtout qui va droit au but, sans trop de fioritures (et des descriptions passionnantes, ce qui n'est pas toujours le cas dans les premiers romans). Alors, du coup, je lui pardonne volontiers les défauts de Rouille, surtout qu'au final, le roman est assez addictif, j'ai eu du mal à le lacher. Alors, bon, ce n'est certes pas un coup de coeur mais ça reste un bon roman. Si vous voulez une bonne ambiance Steampunk avec une intrigue plutôt agréable à lire, lisez Rouille.

vendredi 19 juin 2020

De Mars à Paris, le Chateau des Etoiles, tome 5, Alex Alice

Vous le savez, je lis très peu de bande dessinée.S'il y en a une dont je ne rate pas la sortie d'un tome, c'est bien le Château des Etoiles que j'aime énormément. Le confinement avait retardé un peu la sortie du cinquième et son entrée dans ma bibliothèque, voilà chose réparée. Et bien sûr aussitôt acheté, aussitôt lu.

De Mars à Paris, le Château des Etoiles, tome 5, Alex Alice

Editeur : Rue de Sèvres
Collection : /
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 68

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez le steampunk et Jules Verne
- Vous voulez de beaux dessins accompagnent une bonne histoire

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de jeunes héros

Présentation de l'éditeur :

Planète Mars, 1873 : Séraphin et ses amis escortent la Princesse et son peuple à travers les hauts plateaux. La colonne de martiaux fuit l'invasion prussienne, et espère trouver refuge au-delà des terres interdites du pôle de Mars. Mais les phénomènes étranges se multiplient, et les aigles de guerre de Bismarck menacent... Poussés au bord du désespoir, leur salut viendra-t-il des reliques d'une antique civilisations martienne, ou d'une alliance plus pragmatique avec le tout nouvel empire interplanétaire de Napoléon III ?

Mon avis

J'avais très hâte de lire ce cinquième tome. Le quatrième m'avait beaucoup plus et franchement, j'adore la vision de Mars qu'a l'auteur. Sans parler que la magnifique couverture avec ce château bavarois entouré de planète a beaucoup fait fonctionner mon imagination fertile entre le moment où j'ai pris la BD à la librairie et celui où je l'ai lu (quelques heures quand même, fallait bien que je bosse).

Commençons par le plus simple, les illustrations. Je crois que je me répète vachement quand il s'agit des tomes du Château des Etoiles, mais il le faut bien. C'est toujours aussi beau. Je suis fan des aquarelles d'Alex Alice. C'est beau, tout simplement (et j'aimerai grave réussir à faire comme lui quand je touche à mes pinceaux, surtout pour les personnages et la lumière). Mieux encore, j'adore le contraste entre Mars et ses tons rouges et chaud et toute la partie plus terrienne avec des tons bien plus froids (parce que comme l'indique le titre mais aussi la couleur verte de la couverture, on retourne sur Terre dans ce tome).

En ce qui concerne l'histoire, nous continuons notre découverte de Mars. Et autant dire qu'après les événement de Un français sur Mars, rien n'est simple. Les Martiaux sont en exil après la destruction de leur cité. Avec Séraphin, Sophie et les autres, ils fuient vers le pole, dans l'espoir de retrouver le roi et un havre de paix. Mais Brismack est toujours là, pire, les officiers de l'Empire mettent en place un dispositif pour faire des martiaux leurs esclaves. Pour les contrer et sauver la population pacifique de Mars, la petite troupe, accompagnée de la Princesse martiale, retourne sur Terre, essayé de convaincre Napoléon III de les aider.

J'ai adoré le retour sur Terre. Si nos aventurier de l'Ether sont partis seulement un an, sur Terre, trois ans se sont réellement écoulés. Et en trois ans, il s'est passé énormément de chose, dont la conquête de Venus. En parlant de conquête de Venus, sachez (et je l'ai découvert avec ce tome donc) qu'il existe maintenant une série parallèle au Château des Etoiles, Les chimères de Venus d'Alain Ayroles et Etienne Jung(je pense d'ailleurs qu'il est possible que je m'offre le premier tome dans quelques temps). Mais surtout, Napoleon III possède le moyen d'utiliser Séraphin comme il le souhaite (ou presque, notre ami étant de plus en plus indépendant).

En parlant de Séraphin, je l'ai trouvé un peu effacé dans ce tome, tout comme Hans. L'auteur met beaucoup plus en avant Sophie (ce qui, personnellement ne me déranger pas du tout) et Loïc (arrivé durant le tome 3). J'aime toujours autant la jeune femme et découvrir Loïc est des plus intéressant. Surtout qu'ici, il n'est pas juste l’élément perturbateur enter Sophie et Séraphin.

Au final, j'ai apprécié, une fois encore. C'est vraiment une bande dessinée que je recommande, autant pour la beauté de ses planches que pour le côté très Jules Verne de son aventure (avec des femmes, et qui, en plus, ne se laisse pas marcher sur les chaussures). Maintenant, y a plus qu'à attendre avec impatience le sixième tome.

mardi 8 octobre 2019

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel

Je suis tombée un peu par hazard deux fois sur cette bande dessinée hier. La première fois, c'est sur l'instagram de Cécile Duquenne. La seconde, c'est à la librairie alors que j'allais récupèrer le tome des Légendaires pour Poupette. J'ai donc craqué, surtout qu'au feuilletage, ça avait l'air fort bien, et je l'ai lu tranquillement à la maison dans la soirée.

Darryl Ouvremonde, tome 1, Rémi Guérin et Krystel 

Editeur : Glenat 
Collection : log-in
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 80

A lire si : 
- Vous voulez du steampunk
- Vous voulez de beaux dessins
- Vous aimez les enquêtes

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça va un peu trop vite

Présentation de l'éditeur : 

« Une information doit être écrite et partagée ». Dans tout l'Ouvremonde, Darryl est une légende, le plus grand des journalystes du Veilleur. Ayant le pouvoir de traverser les réalités et de voyager dans le « monde gris », il est devenu célèbre pour les articles qui rendent compte de ses aventures. Mais Darryl n'est pas qu'un aventurier, il a aussi un devoir : informer. Et toutes ses certitudes sont sur le point d'être ébranlées le jour où il enquête sur la disparition d'un géant... La magie qui régule son monde serait utilisée à mauvais escient par un individu mystérieux et dont les intentions demeurent troubles. Le sujet du prochain article de Darryl est tout trouvé : découvrir qui se cache derrière tous ces mystères... Rémi Guérin et Krystel nous présentent un nouveau héros, aventurier reporter évoluant dans un monde empreint de magie. Une aventure merveilleuse portée par un héros charismatique en diable, quelque part entre À la Croisée des mondes et Harry Potter !

Mon avis

C'est ce matin, en cherchant la fiche de la bande dessinée sur Livraddict que je me suis rendue compte qu'elle faisait écho à un livre d'Olivier Peru (d'où l'apparition de son nom dans la BD, forcément). Je vous le dit de suite, je n'ai pas lu Darryl Ouvremonde sous sa forme de roman. Mais d'après ce que j'ai compris, il se passerait dix ans avant la BD et nous avons un infime aperçu de ce qu'il s'y passe dans le prologue de celle-ci (et ça donne très très envie de lire le roman, paru chez Michel Laffon). Mais passons à la bande dessinée elle-même.


Vous le savez, je craque rarement pour des bandes dessinées parce que j'ai toujours du mal à accrocher. Mais entre une couverture franchement belle, une promesse de steampunk et un avis plutôt bon de la part de Cécile Duquenne, ben j'ai craqué. Oui, parfois, il ne m'en faut pas beaucoup. 


Ce premier tome est là pour faire les présentations et il fait ça parfaitement. Il est toujours un peu compliqué de s'approprier l'univers d'un autre, je pense que Rémi Guérin et Krystel y sont arrivés avec ce premier tome. Nous entrons directement dans le vif du sujet, que se soit côté Kaelatt, la ville à l'ambiance Steampunk où évolue Darryl, ou à Salem, dans notre monde, où se trouve Julianne. Le lien entre les deux ? Les pouvoirs de Darryl, capable de passe d'un monde à l'autre mais aussi Dean, meilleur ami de Darryl et amoureux de Julianne. En suivant Darryl dans le début de son enquête sur la disparition d'un géant pour le Veilleur, on va découvrir petit à petit les mondes dans lequel il évolue mais aussi les relations entre les personnages. 

Des personnages auquel on s'attache déjà très vite d'ailleurs. Forcément, Darryl est celui que l'on suit le plus et étrangement, il semble aussi le plus mystérieux des trois. Journalyste (oui avec un y), il travaille pour que toutes informations soient transmises aux citoyens. Et dans ce domaine, grâce à son étrange pouvoir, il est sûrement le meilleur. Et autant dire qu'il profite de cette situation pour continuer à l'être. Pourtant, il cache sous cet aspect un peu crâneur de prime abord une certaine sensiblerie que l'on découvre lorsqu'il passe dans le monde gris. Un monde où il retrouve donc Julianne dont on ne sait pas grand chose pour le moment si ce n'est qu'elle semble mener une sorte de double jeu entre lui et Dean (ça sent le triangle amoureux d'ici peu). Quant à Dean, fantôme de son état, je dois dire que sa situation m'a émue (amoureux de Julianne sans vraiment savoir si c'est totalement réciproque, incapable de communiquer avec quiconque à part elle et Darryl au vu de sa condition de fantôme, éternellement bloqué dans la peau d'un adolescent... bref, la vie n'est pas rose pour lui) mais qu'il reste pourtant un peu en dessous des deux autres, sûrement parce que moins vue.

Si parfois la bande dessinée va un peu vite justement dans les relations entre personnages, je dois avouer que je me suis laissée prendre par l'histoire et ce que l'on commence à peine à découvrir. L'idée d'un "passeur de monde" n'est pas nouvelle mais j'aime beaucoup la manière dont elle est mise en oeuvre ici. J'apprécie surtout le changement d'ambiance entre les deux mondes, Kaelatt étant lumineux et Salem plus sombre, plus gris, allant parfaitement avec son appellation de monde gris d'ailleurs. L'ambiance est d'ailleurs particulièrement importante, d'un côté comme de l'autre. Et c'est là qu'entre en scène le talent de la dessinatrice, Krystel.

La bande dessinée est belle à voir. Mes deux photos ne lui rendent pas justice du tout (il fait sombre chez moi le matin) mais les dessins sont juste sublimes (et vous savez à quel point c'est important pour moi), que se soit au niveau des personnages, particulièrement expressifs ou pour les décors, particulièrement chargé et magnifique (sur la première photo par exemple, on peut voir une des illustrations sur laquelle j'ai passé un temps fou à chercher les références)(et il y en a beaucoup). Je ne connaissais pas du tout Krystel (bien que j'ai une autre BD d'elle dans ma wishlist depuis quelques années, à savoir ASH). Je pourrais vraiment passer des heures à regarder toutes les casses des 80 pages de cette bande dessinée. J'aime tout, que se soit le trait, les couleurs ou l'ambiance teinté de steampunk mais pas trop (ne vous attendez pas à des roues crantées partout ou de la vapeur, hein, c'est subtil et ça fait du bien).

Au final, je suis vraiment très contente d'avoir craqué pour ce premier tome et je sens que je vais avoir beaucoup de mal à patienter pour un tome deux (je rappelle que celui-ci vient juste de sortir hein). J'ai adoré son ambiance et la découverte de l'univers. J'espère que la suite serait tout aussi bonne. Et puis, je vais peut-être craqué pour le roman dans pas longtemps, pour avoir le début de l'histoire.


lundi 25 mars 2019

Club Vesuvius, Lucifer Box, tome 1, Mark Gatiss

Quand j'ai commencé ce livre, j'ai eu un doute. Sur un roman de la collection le Mois du Cuivre, ça m'a quand même fait un peu bizarre. C'est le premier sur lequel ça m'arrive (pas forcément le premier qui me laisse dubitative mais vraiment le premier dont le début ne me parle pas du tout). Bref, ça a donné quoi, cette histoire ?

Club Vesuvius, Lucifer Box, tome 1, Mark Gatiss

Editeur : Bragelonne
Collection : Le Mois du Cuivre
Année de parution : 2015
Titre en VO :  Lucifer Box, book 1: A Bit of Fluff / The Vesuvius Club
Année de parution en VO : 2004
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les ambiances Steampunk
- Vous voulez quelque chose qui se rapproche du pulp


A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez les personnages libertins
- VOus n'aimez pas les narrateurs égocentriques

Présentation de l'éditeur : 

Portraitiste de talent, dandy, bel esprit, mauvais garçon… et le plus irrésistible des agents secrets de Sa Majesté. Lorsque les meilleurs scientifiques du royaume sont mystérieusement assassinés, Lucifer se lance dans une enquête trépidante, des clubs de gentlemen londoniens aux bas-fonds volcaniques de Naples, tout en déterminant la façon la plus seyante de porter un œillet blanc à sa boutonnière. Une immersion étourdissante dans les arcanes d’un ordre occulte aux pratiques décadentes – et de ses secrets les plus sulfureux.

Mon avis

Comme je le disais en introduction, le début du roman ne m'a pas plus tant que ça. La découverte de Lucifer Box n'a pas été plaisante. Le personnage est imbu de sa personne, se pense le meilleur et j'en passe. Du coup, ses premiers actions sont quelque peu insupportables et j'ai bien failli m'arrêter là. Ce que je n'ai pas fait. J'ai voulu donné une chance à ce roman parce que quand même, sa quatrième de couverture me tentait toujours autant. Alors, au diable le caractère que nous laisse entrevoir monsieur Box sur ce premier chapitre et continuons. 

Je crois avoir eu raison de le faire. Même si j'ai continué à avoir beaucoup de mal avec le caractère un peu trop égocentriste de monsieur Box, je dois avouer que ses aventures m'ont plutôt plu. D'ailleurs, finalement, le dit caractère y est peut-être pour beaucoup. Car Monsieur Box a un certain don pour se faire des ennemis, sans parler de ceux de la couronne. Notre homme, en plus d'être peintre (très bon d'après lui-même), et aussi un agent secret de sa majesté (ici aussi, si on le croit, il est surement le meilleur). Autant dire que sa vie est pour le moins mouvementé. On lui demande d'enquête sur la mort de deux scientifiques. Ce qui aurait peut-être dû être une enquête de routine va un peu plus se compliquer lorsque l'un de ses amis va faire un séjour en prison pour un meurtre qu'il n'a pas commis mais qui semble avoir quelque chose à voir avec la mission de Lucifer. Il part finalement pour l'Italie et plus précisément Naples pour mettre un point final à tout ça. Et bien entendu, son voyage en terre italienne n'est pas de tout repos du tout.

Finalement, c'est vraiment ce que j'ai apprécié dans ce roman, le nombre de rebondissement assez impressionnant pour une telle histoire. On sent du coup la patte "scénariste pour la télévision" de son auteur (Mark Gatiss est scénariste pour Doctor Who par exemple ou Sherlock)(mais pas que). On ne s'ennuie pas le moins du monde en lisant ce Club Vesuvius. Mieux encore, tout ce qu'il se passe dans le roman a un réel intérêt et peu resservir à tout moment (toujours appréciable de voir qu'une simple scène qui semble juste comblée le récit est là pour bien plus). 

On ajoute à cette action de presque tous les moments la sexualité de monsieur Box. Non, pas de scène de cul à proprement parler (on imagine beaucoup mais on ne voit jamais), mais un Lucifer pansexuel (j'ai hésité à mettre bi mais il me semble qu'il soit pan, le seul problème c'est que j'ai du mal à voir la différence entre les deux)(du coup s'il y a des experts sur la question, je veux bien un éclaircissement entre bi et pan). Ça fait toujours plaisir d'avoir un personnage ouverte lgbtq+ (même s'il est insupportable), encore plus lorsque ses diverses aventures apportent leurs lots de personnages des plus intéressants et des rebondissements passionnants. 

Au final, je suis donc dubitative sur le roman. Il y a beaucoup de points positifs dans le roman, bien plus que de points négatifs d'ailleurs. Sauf que j'ai eu du mal tout le roman avec son narrateur. Lucifer est un personnage trop sûr de lui pour moi, même lorsqu'il ferait mieux de fermer sa bouche et de filer droit (en même temps, ses aventures n'auraient pas la même saveur). Du coup, je ne suis pas sûre de me prendre le second tome paru chez nous et au final, je trouve ça presque dommage.

lundi 24 décembre 2018

L'Empire Electrique, Victor Fleury

J'ai acquis cet opus du Mois du Cuivre il y a un moment déjà. Il fait parti des livres de la collection qui me tente le moins, juste parce que la quatrième de couverture ne me dit pas plus que ça. Mais comme j'adore le Steampunk et que je sais parfaitement qu'il ne faut pas se méfier aux quatrièmes, je me suis lancée dedans. Et j'ai eu raison.

L'Empire Electrique, Victor Fleury

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le steampunk ou plutot ici "le Voltapunk" (dixit l'auteur)
- Vous voulez plusieurs nouvelles et novellas liées entre elles.

A ne pas lire si :
- Vous voulez une seule et unique histoire

Présentation de l'éditeur : 

Dans un xixe siècle uchronique, la France domine le monde, les troupes napoléoniennes armées par la science voltaïque garantissant la paix de l’Empire. Dans cet hommage au roman populaire et à l’anticipation, des héros littéraires vivent des aventures bien différentes de celles qui les ont fait connaître.
Accompagnez Sherlock Holmes, le capitaine Nemo, Gavroche, Zorro, Watson ou encore Frankenstein dans leur lutte pour la liberté et la vérité. Et sur les pas de Jules Verne, de Conan Doyle ou encore de Victor Hugo, plongez dans les ombres de l’Empire Électrique !

Mon avis

Comme je le disais, je n'étais pas ultra emballée par cet Empire Electrique. La quatrième me donnait une impression flagrante de brouillon et, oui, je l'avoue, je n'aime pas non plus la couverture (il avait pas grand chose pour lui physiquement quoi, le petit). Et puis, je me suis dit que merde, c'était français, c'était dans le Mois du Cuivre, ça à l'air quand même bien Steampunk et puis y a des personnages que j'apprécie de base. Alors, j'ai tenté. Et comme je le disais, j'ai eu raison.

Je m'attendais à beaucoup de chose mais pas à ce que le roman soit en fait un recueil. Du coup, nous voilà avec six histoires ayant pour point commun l'uchronie de l'Empire Electrique. Napoléon a réussit sa conquête grâce à la science voltaïque découverte par Victor Frankenstein. Ainsi, la descendance de l'Empereur gouverne le monde d'une main de fer, et gare à ceux qui se dressent contre l'Empire Electrique. C'est donc dans ce monde-là qu'évoluent des personnages bien connus des lecteurs (et des non lecteurs d'ailleurs) dans des versions d'eux-même un peu "arrangés" au vu des événements.

Victor Fleury a pris ce qui faisait l'essence du Steampunk originel pour le transférer dans son propre univers. Et forcément, quand c'est bien foutu, je ne peux qu'adhérer. Or, ici, c'est très bien fait. Chaque nouvelle nous entraîne dans une nouvelle aventure, à la découverte d'un personnage de fiction reprit par l'auteur de manière à garder ce qu'il est tout en y ajoutant un petit plus. Par exemple, dans la première nouvelle, Le Gambit du Détective, Sherlock Holmes n'a jamais coopéré avec Watson et en plus de ça, il est un terroriste pour l'Empire. La rencontre entre Watson et Holmes se traduit par une sorte de sentiment de nostalgie bien pensé alors que le détective s'en va, laissant Watson en Ecosse (un Watson que nous retrouverons d'ailleurs dans l'avant dernière nouvelle). De même, des événements historiques sont repris mais transposé à l'univers de Fleury. Jack l'Eventreur par exemple, office aussi à Lyon, capitale de l'Empire (la fameuse nouvelle où l'on retrouve Watson, à savoir les Eventreurs). 

Ce que j'ai trouvé vraiment sympathique dans ces nouvelles, c'est le nombre de personnages que nous connaissons (ou pas vraiment) mais surtout la manière dont la plupart se croisent. Certains vont apparaître plus ou moins dans toutes les nouvelles, comme Fredéric Larsan (de Gaston Leroux) dont au moins le nom apparaît dans les cinq premières nouvelles (la sixième est finalement un peu à part à ce niveau-là). D'autres vont se rencontrer alors qu'ils ne l'auraient surement jamais du et pourtant, ça fonctionne très bien (la un peu longue mais passionnante finalement Comment je me suis évadé du Bagne). Et puis, on va même partir rencontrer des personnages outre-atlantique avec le Baron Samedi, Zorro ou encore Candyman (les masques du Bayou). Et enfin, on rencontrera Nemo et son Nautilus qui pour moi reste le clou du spectacle (A la poursuite du Nautilus)

Je ne saurais trop vous dire quelle nouvelle a eu ma préférence tant je les ai apprécié. Elles ne sont pas totalement différente les unes des autres par leur constructions mais les personnages qui les peuplent sont tous variés. De plus, Fleury respecte assez les dits personnages pour les intégrer parfaitement à son monde. Et finalement, c'est d'ailleurs le dit monde qui m'a le plus marqué là-dedans. Du moins, la manière dont nous découvrons celui-ci. Finalement, Sherlock, Larsan, les Napoléons, Frankenstein et les autres ne sont que des prétextes pour mettre en place l'uchronie et ses divers aspects (d'où le passage en Louisiane ou la fameuse dernière nouvelle).

Au final, j'ai donc apprécié ma lecture. Certaines nouvelles sont un peu trop longuettes (disons que parfois, certains passages n'apportent pas énorme à l'histoire en cours et la rallonge inutilement à mon gout) mais restent passionnantes. En plus  de ça, j'ai plutôt apprécié le style de Fleury, agréable à lire. Du coup, cet Empire Electrique est pas mal, surtout si l'on veut découvrir la facette uchronie du Steampunk.

mardi 13 novembre 2018

Un Français sur Mars, Le Chateau des Etoiles, tome 4, Alex Alice

Je suis fortement en retard sur mes avis. Je suis en retard sur pas mal de chose en fait. Avis, lecture et j'en passe. Comme je le disais déjà en septembre, j'ai du mal à venir par ici, à taper mes avis. Peut-être parce que mon rythme de lecture a grandement diminuer depuis cet été (4 livres en deux mois, seulement deux papiers, un bouquin que je traîne depuis septembre, du mal à trouver mes nouvelles lectures aussi). Mais je reviens quand même, espérant retrouver la flamme. On verra bien. 

Un Français sur Mars, Le Chateau des Etoiles, tome 4, Alex Alice

Editeur : Rue de Sèvre
Collection : /
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 68

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez le steampunk et Jules Verne
- Vous voulez de beaux dessins accompagnent une bonne histoire

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de jeunes héros

Présentation de l'éditeur : 


Séraphin et ses amis arrivent sur Mars à la recherche du Professeur Dulac et de l'expédition prussienne qui l'a enlevé. Quand ils retrouvent les restes abandonnés de l'expédition précédente, le traître Gudden dévoile son jeu : le père de Séraphin n'est pas sur Mars, il ne l'a jamais été ! Avide de pouvoir, Gudden les a manipulés pour rapporter le maximum d'etherite sur Terre. Une rixe éclate entre Gudden et Séraphin. Assommé, celui-ci se réveille seul sur Mars... abandonné de ses compagnons ?! Il ne reste pas seul longtemps et découvre que Mars est habitée : c est en l'occurrence une mystérieuse créature aux allures de princesse, blessée, qu'il rencontre. Séraphin décide de la ramener auprès des siens et retrouve ainsi la trace de ses compagnons, enlevés par un groupe de rebelles Martiaux. Trompés, isolés, prisonniers, nos héros sont en mauvaise posture... Mais le temps presse car un nouveau danger s'annonce : de belliqueux vaisseaux Prussiens obscurcissent le ciel martien...

Mon avis

Je vais avoir bien du mal à faire un avis original sur ce quatrième tome. Parce que j'ai déjà tout dit sur les trois premiers. J'aime tellement mais tellement cette série. Mais ce n'est pas grave, se répéter ne fait de mal à personne, surtout quand c'est pour dire du bien d'une oeuvre.

Dans le troisième tome, les Chevaliers de Mars, nos héros s'envolaient pour la planète rouge (d'où les couverture rouge du tome 3 et 4, forcément). Nous les trouvons donc sur Mars à la recherche de l'expédition prussienne qui les a devancé. Mais bien entendu, rien ne se passe comme prévu et la planète est remplie de danger et de surprise. Pour en savoir plus, le mieux est de lire la présentation de l'éditeur au dessus, elle est vachement bien foutu et raconte ça mieux que moi (même si elle spoile un peu quand même). 
Ce tome est juste magnifique au niveau des couleurs. Comme toujours, la mise en couleur est fait à l'aquarelle, sublimant les paysages martiens. C'est toujours aussi agréable à l’œil et ça ajoute toujours autant une émotion que je ne suis pas sûre de retrouver si la BD avait été colorisée en numérique par exemple.

Mais il n'est pas génial juste pour ça. J'ai adoré la manière dont l'auteur voit Mars, comment il a peuplé la planète rouge, passant allègrement du Steampunk des vaisseaux à éther à la SF façon pulp avec créatures visqueuses et bien méchante ou encore des créatures ailées. Ce passage permet aussi de faire partir Séraphin un peu plus à l'aventure. Un côté aventurier appréciable et qui finalement nous change un peu. Je dois bien dire qu'Alex Alice en joue beaucoup et s'amuse follement. Ce qui se ressent énormément à la lecture et fait du  bien.

Et puis, il y a toute une partie dont je ne vais pas pouvoir réellement parler sans spoiler la fin mais bon, je vais essayer. Séraphin se retrouve seul durant un moment et découvre que Mars est habitée. Or, la population martiale est coupée en deux, une partie du peuple asservissant la seconde. Si notre héros découvre un membre de la première caste, Hans et Sophie vont découvrir la seconde. Ce n'est que lorsqu'ils seront à nouveau réuni que les représentants des deux castes vont se découvrir. Et si le traitement de la fin reste rapide et peut-être un peu léger, j'apprécie la petite leçon de tolérance qu'il donne (et j'attends de voir ce qu'il va se passer par la suite). 

Pour finir, j'ai donc passé un agréablement moment avec les Chevaliers de Mars, même si, comme à chaque fois, je trouve ça bien trop court. Le Château des Etoiles est vraiment une série que j'apprécie et qui je l'espère durera encore quelques cycles (on a pas retrouvé Ludwig de Bavière, ni le père de Séraphin, donc au moins un cycle de plus, voire deux). Je la conseille vraiment à tout le monde, petit comme grand.

mardi 9 octobre 2018

La Machine de Lord Kelvin, James P. Blaylock

Vous le savez, je résiste très rarement à l'appel du Steampunk et des livres de la collection du mois du Cuivre de Bragelonne. Et pourtant, ça fait un petit moment que j'ai cette Machine dans ma PAL numérique et que j'hésitais un peu à le lire. Finalement, je me suis lancée, à ça a été un peu plus laborieux que ce que j'espérais.

La Machine de Lord Kelvin, James P. Blaylock

Editeur : Bragelonne
Collection : Le Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Titre en VO : Lord Kelvin's machine
Année de parution en VO : 1992
Format ; AWZ

A lire si : 
 Vous aimez les histoires qui semblent aller dans tous les sens
- Vous voulez du Steampunk victorien

A ne pas lires si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les billes de votre côté dès le départ.

Présentation de l'éditeur : 

Dans les rouages mystérieux de l’incroyable machine de Lord Kelvin réside le secret du temps lui-même. L’abject docteur Ignacio Narbondo serait capable de tuer pour mettre la main dessus, et le célèbre inventeur et explorateur Langdon St. Ives ferait n’importe quoi pour l’utiliser. Pour l’un, cela revient à dominer le monde, et pour l’autre, la fantastique machine représente le moyen de sauver sa bien-aimée des portes de la mort… Qui des deux hommes obtiendra gain de cause le premier ? Une trépidante course contre le temps commence dès maintenant !

Mon avis

J'avais déjà eu un peu de mal avec un autre roman de Blaylock, le seul que j'ai lu d'ailleurs jusque là, à savoir Homonculus. J'avais aimé le roman tout en lui trouvant quelques défauts assez particuliers, dont un gros problème de chronologie pour moi. On arrivait dans le bouquin sans trop savoir ni pourquoi ni comment et on prenait le tout en court de route. Et bien, c'est aussi le problème de ce roman-ci pour moi. On débarque en plein milieu d'une course poursuite mais heureusement, cette fois on connait les personnages puisqu'une bonne partie a déjà été rencontré dans Homonculus. Du coup, on se sent tout de même un tout petit peu moins perdu. Et encore.

La Machine de Lord Kelvin est un roman qui part un peu dans tous les sens. Non parce que ça commence par une course poursuite donc pour continuer sur un astéroïde qui vient à la rencontre de la terre, une machine censée le détourner mais qui en fait va devenir machine à remonter le temps et j'en passe. On se sent régulièrement perdu en lisant Blaylock, je me sens régulièrement perdue. Et si d'habitude me sentir perdue ne me dérange pas énormément, j'ai tendance à faire confiance à l'auteur (il est censé savoir où il va lui), j'ai eu plus de mal ici. Déjà parce que je lis le roman en alternance avec un autre livre (le Deuxième Sexe de Beauvoir) et que parfois, il se passe plusieurs jours avant que je ne retourne de l'un à l'autre (et si sur l'essai c'est moins gênant, ce n'est pas à faire avec Blaylock, faut bien l'avouer) et qu'ensuite, vraiment, le roman part dans tous les sens. Pourtant, il a de quoi me convaincre à la base.

L'histoire aurait pu être vraiment très sympathique parce qu'elle s'appuie sur des événements qui le sont. Je veux dire, à la base, le détournement d'un astéroïde par soit une machine à fort champs électrique, soit une éruption à la chaîne de volcans (farfelu mais pourquoi pas), puis des voyages dans le temps (et les paradoxes que cela entraîne) s'est cool non ? Oui, si ça ne part pas dans tous les sens. Non parce qu'à un moment donné, je dois avouer qu'à un moment, j'ai simplement arrêté de suivre plusieurs choses. Et là, d'un coup, déjà que c'était un peu obscur pour moi, ça l'est devenu un peu plus. Et puis, soudain, coup de grâce (si on veut), le narrateur change. 

Oui, coup de grâce. Parce qu'autant même si je comprenais pas grand chose à la chronologie de l'histoire (alors que si si, j'ai compris l'histoire en elle-même, hein, du moins ce que l'auteur semble vouloir dire), je me retrouve avec une bonne moitié du roman conté par un personnage secondaire sur comment on récupère la machine de Lord Kelvin et pourquoi Narbondo devient un autre type. Et si pour une fois la narration semble aller droit, je n'ai pas aimé ce passage à la première personne qui me semble presque trop simpliste dans son style. Vraiment, ça m'a foutu un coup dans ma lecture. Mais pourquoi Blaylock a-t-il fait ça ? Il n'avait pas de quoi finir son roman ? Il avait les deux idées en tête et ne voulait pas se débarrasser de l'une d'elle ? Je n'en ai pas la moindre idée. Le problème, c'est que pour moi, ça n'apporte pas grand chose ce changement de narration. Mais alors pas du tout. Heureusement qu'à partir du dernier quart, on retrouve la narration à la troisième personne et les voyages temporels et leurs paradoxes. D'ailleurs, perso, j'aurais enlever une bonne partie du livre pour n'avoir qu'une centaine de pages là-dessus. Bref, adieu parti où Jack raconte l'histoire à un collègue de comptoir, ne gardons que le reste.

Mais du coup, je n'ai parlé que de ça pour le moment, sans rien dire des personnages ou autre. Et c'est là que pour moi, le bat blesse un peu, j'ai aimé les personnages, que se soit St Ives qui tombe dans une dépression accentuée par les voyages, Narbondo, méchant tellement bien foutu qu'il en deviendrait presque héros de l'histoire si on le voyait plus, Hasbro, le majordome de St Ives, les personnages secondes qui sont parfois un peu trop caricaturaux mais qui fonctionnent fort bien au final. J'ai aimé l'ambiance très steampunk, très Jules Verne aussi. J'ai adoré les paradoxes des voyages dans le temps. Parce que ça fait partie des choses que j'adore lire et dont j'aime voir les multiples théories des auteurs. 

Au final, me voilà donc fort perplexe. J'ai aimé ma lecture sans l'aimer. En même temps, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé le livre en lui-même. Je n'en sais rien en fait. C'est compliqué quoi. Disons que si on enlevait une bonne moitié du livre, ça aurait été mieux pour moi, voilà. Parce qu'au final, me perdre dans les péripéties de St Ives n'est pas si déplaisant que ça. Le plus déplaisant, c'est vraiment d'en plus de ça je me suis perdue avec le second narrateur. Bref, c'est un roman particulier et étrangement, il me donne presque envie de lire encore du Blaylock alors que ça fait deux fois que je suis perplexe face à ma lecture. C'est vraiment étrange comme sensation quand même...

jeudi 19 juillet 2018

L'étrange cas de l'homme mécanique, Burton et Swinburne, Mark Hodder

La dernière grosse Op de Bragelonne n'aura pas été des plus fructueuses pour moi, beaucoup de livres déjà en ma possession et beaucoup qui ne me disait rien du tout (bref, en cinq jours, je n'ai pris que neuf livres, c'est pas énorme). Mais elle aura eu l'avantage d'augmenter ma collection des livres du mois du Cuivre et d'avoir la suite des aventures de Burton et Swinburne. Que demander de plus ? (si je sais, un peu plus de séries complètes durant le mois du cuivre par exemple, surtout dans les diptyques et triptyques).

L'étrange cas de l'homme mécanique, Burton et Swinburne, Mark Hodder

Editeur : Bragelonne
Collection : mois du cuivre
Année de parution : 2015
Titre en VO : Burton & Swinburne, book 2: The Curious Case of the Clockwork Man
Année de parution en VO : 2011
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous voulez des personnages ayant réellement existé
- Vous aimez les uchronies

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça va vite.

Présentation de l'éditeur :

Sir Roger Tichborne : perdu en mer. Le voici de retour pour revendiquer la fortune familiale. Mais est-ce bien lui ? Pour les classes supérieures, c’est de toute évidence un habile escroc ; pour les ouvriers de Londres, c’est le héros du peuple… Mais pour Burton, il est avant tout au centre d’un complot visant à escamoter de légendaires diamants connus sous le nom d’Yeux de Nga. L’enquête le mènera sur le domaine maudit des Tichborne… et à la rencontre du fantôme d’une sorcière !
Entre un manoir hanté et les rues de Londres secouées par des émeutes, de l’Amérique du Sud à l’Australie, d’un incroyable vol de bijoux à une possible révolution, Burton et Swinburne affrontent de terribles forces pour mettre un terme à une conspiration qui menace l’Empire britannique. Leur enquête aboutit sur un final étonnant qui les verra combattre les morts, un ennemi à naître, et entrevoir le passé préhistorique et le futur déchiré par la guerre !

Mon avis

Je ne sais pas si tu te rappelles, lecteur, mais j'avais plutôt apprécié le premier tome de Burton & Swinburne qui nous offrait une uchronie partant du postulat que Victoria était assassinée au début de son règne. Le premier tome nous présentait donc cet univers et ses personnages. Avec l'affaire de Spring Heeled Jack, on découvrait donc que le monde avait emprunté un chemin B dans sa destinée et que tout avait changé. Mais à quel point, me diras-tu ? Et bien, ça, on va commencer à le découvrir dans ce second tome.

Comme pour son prédécesseur, L'étrange cas (oui, je réduis, ça fait long comme titre tout de même) se sert autant de son uchronie que de ce qu'il a pu se passer dans notre ligne temporelle. C'est quelque chose que j'avais déjà beaucoup apprécié et que je continue à apprécier dans ce second tome, même si j'avoue que là, j'étais un peu moins au courant de la fameuse histoire Tichborne qui sert de point de départ à l'histoire. Il n'empêche que j'ai vite trouvé mes marques et que j'ai été ravie de retrouver un Sir Richard Burton égal à lui-même.

Il se passe pas mal de chose dans ce roman mais en même temps, j'ai eu l'impression qu'il était plutôt lent à se mettre en place. Ce n'est pas particulièrement gênant grâce aux personnages tous assez loufoques en leur genre (mention spéciale à Herbert Spencer). Ils sont le gros point fort de ce roman même si certains n'apparaissent pas assez à mon goût (j'ai trouvé Swinburne effacé dans ce tome par rapport au premier). Il est toujours aussi sympathique de se rendre compte qu'on garde une trace de véracité dans les caractères des personnages ayant réellement existé (et il y en a un bon paquet, à vous de tous les trouver)(pire que les pokemons).

Mais revenons peut-être à l'histoire un moment. Elle commence doucement cette histoire avec une histoire de noble disparu en mer et qui revient comme si de rien n'était. Or, personne ne veut croire que le Requérant est bien qui il dit être, encore moins le reste de la famille (histoire de pognon et tout ce qui va avec). Mais voilà que le type, qui  ne ressemble en rien au fameux disparu, réussit à se mettre tout le monde dans la poche. Comment, pourquoi ? Il s'avère que tout à rapport avec un cambriolage de diamant noir et le futur (il est toujours question de futur dans Burton & Swinburne j'ai l'impression). Et comme dans le premier tome, certains éléments ne seront compris que bien plus tard dans le livre (ce qui peut parfois être assez déroutant, il faut bien l'avouer)(mais quand on a l'habitude de la chose, on a surtout envie d'avancer pour savoir ce que l'auteur va faire de telle ou telle chose). Je trouve toujours génial de voir à quel point certain auteur arrive à mettre en place leur histoire en disséminant autant d'indice un peu partout.

Et j'en arrive malheureusement au petit point négatif pour moi de ce tome-ci, sa lenteur durant plus de la moitié du livre et sa fin trop mais vraiment trop rapide. Ce problème vient aussi de ce que je disais juste au dessus, il y a trop d'élément un peu partout dans le livre. Or, pour réussir à arriver à la fin, il faut bien tout mettre en place. Mais cette fois, il y a trop de chose et du coup, le rythme du récit en prend un coup. Même si on ne s'ennuie pas, c'est long à se mettre en place. Même parfois un peu trop. Oui, il y a pas mal de longueur, soit dans la présentation de certains personnages, soit dans celle de certains lieux. Et puis, d'un coup d'un seul, alors qu'il ne reste que deux bons gros chapitres (d'après monsieur Kindle, il faut bien une bonne demi-heure par chapitre) et tout s’enchaîne trop rapidement, jusqu'à finalement laisser le lecteur (moi du moins) sur sa faim. C'est que vu comme c'était parti, je me sentait bien de passer quelques heures de plus pour avoir le dénouement. 

Malgré ce petit défaut, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Burton et de tous les autres personnages gravitant autour de lui. Et je ne parle même pas de l'ambiance bien steampunk comme je l'aime (tiens, j'en ai pas parlé d'ailleurs) avec toutes ses machines, ses inventions (pas forcément toutes mécaniques d'ailleurs), cette vapeur et ces personnages ayant réellement existé. Bref, c'est peut-être un peu en dessous du premier tome pour moi, mais ça reste toujours aussi sympathique à lire.

vendredi 30 mars 2018

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Je dois bien avouer que n'étant pas une spécialiste (mais alors pas du tout) de l'univers de Sir Conan Doyle, j'ai pris ce roman pour la seule et bonne raison qu'il fait partie de la collection du mois du Cuivre de Bragelonne. Oui, pour moi, c'est suffisant. Mais que peut donc donner le grand frère de Sherlock dans une aventure rien qu'à lui ?

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2016
Titre en VO : Mycroft Holmes
Année de parution en VO : 2015
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous voulez une lecture facile
- Vous appréciez l'univers Holmesien

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les raccourcis

Présentation de l'éditeur : 

Tout juste sorti de Cambridge, Mycroft Holmes commence déjà à se faire un nom au sein du gouvernement. Ce diplomate des plus britanniques entretient des liens forts avec la lointaine île de Trinité, où est né son meilleur ami Cyrus Douglas et a grandi Georgiana Sutton, sa fiancée. Lorsque des rumeurs courent autour de mystérieuses disparitions à Trinité, d’étranges empreintes dans le sable et d’esprits attirant à la mort des enfants retrouvés vidés de leur sang, le trio se retrouve pris dans un tissu de sombres secrets qui se révèlent de plus en plus dangereux..

Mon avis

Comme je le disais, je connais fort peu l'univers de Sherlock Holmes. J'ai lu quelques nouvelles dont je ne me souviens pas vraiment été plus jeune, j'ai regardé la série animé de Myazaki, quelques adaptions ciné et pis c'est tout. Donc, pour moi, ce Mycroft Holmes était l'occasion de rentrer dans cet univers-là sans passer par son personnage principal. Un Sherlock qui pourtant reste toujours très présent dans mon esprit. Mais parlons un peu du livre.

Nous voici à suivre Mycroft Holmes, alors âgé de vingt trois ans. Le jeune homme commence à se faire un nom au sein du gouvernement britannique, est fiancé à Georgianna Sutton et a pour ami Cyrus Douglas, originaire de Trinidad. Sa vie semble aller pour le mieux si ce n'était le départ de sa fiancée pour Trinidad suite à d'étranges rumeurs corroborées par Douglas. Ni une, ni deux, Holmes décide de s'y rendre. Mais, on s'en doute, tout cela ne va pas être de tout repos pour lui et son ami Douglas. Ils vont mettre à jour une affaire qui les dépasse...

Ce roman se veut initiatique. Il nous fait passer du jeune Mycroft a qui tout souri et ce qu'il devient dans les aventures de son frère cadet. Si les aventures iniatiques ont tendance ces derniers temps à me saouler un peu (c'est quasi toujours la même chose, surtout en fantasy), j'avoue que celle-ci me change tout de même un peu. Pourquoi ? Parce que le personnage est connu et qu'il est agréable de voir comment il peut être imaginer plus jeune par quelqu'un d'autre que son auteur de base. J'aime beaucoup voir comment un auteur (bon deux ici en l’occurrence) arrive à s'approprier un personnage. Malheureusement, pour moi, c'est aussi sur ce point que le bât blesse.

Le jeune Mycroft m'a beaucoup, trop surement même, fait penser à son frère, Sherlock. Il semble que se soit logique, même dans l'univers de Doyle. Mais le côté jeune chien fou à l'intelligence hors du commun et qui fait que tout le monde ou presque se sent ridicule à côté de lui colle trop pour moi à l'image que je me fais de Sherlock la plupart du temps. Et je dois dire que chez Mycroft, cela me gêne un peu. Peut-être parce que je trouve que les auteur-rice-s en font trop par rapport à ses aptitudes. C'est à dire que plus on avance dans la lecture, plus on se doute qu'il va réussir parce qu'il est trop fort. Mycroft ne semble quasiment pas avoir de défauts, si ce n'est ses qualités (coucou la phrase qui semble ne rien vouloir dire). 

Malheureusement, ce n'est pas le seul point qui me turlupine dans ce roman. J'avoue l'avoir trouvé trop rapide. Beaucoup de raccourcis me semblent être pris. Et cela vient aussi du fait que Mycroft est trop intelligent (heu, franchement, le coup de "mais c'est tellement simple que je vais pas m'expliquer", ça va une fois, plus, ça devient saoulant). Et en même temps, alors que l'on passe trop rapidement sur des événements qui me semblent important à la compréhension de tout ce que soulève Holmes et Douglas, on perd un temps fou sur des trucs qui ont une moindre importance. Comme si les auteur-rice-s ne savaient pas trop quoi faire de leur histoire à cause du caractère de leur héros.

Mais ne vous inquiétez pas, il n'y a pas que du négatif dans le roman. J'ai apprécié Mycroft malgré ses gros défauts de fabrication. Du moins, je n'ai pas toujours eu envie de lui mettre des baffes pour qu'il se réveille un peu et devienne plus humain. Son comparse, Douglas, est bien foutu. Mais le plus intéressant, c'est leur amitié. Douglas est un homme noir. A l'époque (durant le règne de Victoria), si l'esclavage n'existe plus, les noirs ne sont toujours pas considérés comme des hommes à part entière par une grande partie de la population. Or, Holmes se fichent totalement de la couleur de Douglas. Ils sont amis parce qu'ils ont les mêmes valeurs, le même esprit. D'ailleurs, Holmes fait rarement cas de la couleur de peau ou des origines de ce qu'il croise. C'est appréciable, surtout comparé au racisme que peuvent montrer les adversaires des deux personnages ou même juste leurs contemporains. 

Ensuite, il y a tout l'ambiance du roman. Bien que je ne sois pas fan de base de colonialisme, j'avoue que ce qu'il se passe à Trinidad à l'époque du roman est intéressant à voir. Surement aussi parce que l'île est une sorte de melting pot de plusieurs nationalité et de croyance. Sans être dans le Steampunk pur et dur (puisqu'il fait parti de la collection du mois du Cuivre, il faut bien en parler), il en garde aussi une certaine ambiance bien que ce ne soit pas celle que je préfère personnellement (ça manque de brouillard et de mystère à mon gout).

Au final, Mycroft Holmes, le roman, et à l'image de son personnage, un peu trop jeune, un peu trop foufou et pas assez développé. Il se laisse lire mais laisse aussi le lecteur avec trop de question sur certaines choses, préférant croire que celui-ci est aussi doué que son héros (pour info, c'est pas le cas, nous n'avons pas toutes les billes en main pour l'être). Finalement, je pense qu'il ne convaincra pas toujours les pros de l'univers Holmesien mais que pour les gens comme moi, il reste une lecture agréable mais pas inoubliable. 

lundi 2 octobre 2017

La trilogie Steampunk, Paul Di Filippo

Je crois que vous êtes au courant, j'aime le Steampunk. Lors de l'opération de bragelonne de cet été, j'ai encore un peu complété ma collection numérique. Et dedans, on retrouve donc la Trilogie Steampunk qui regroupe trois histoires assez différentes les unes des autres.

La trilogie Steampunk, Paul Di Filippo

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Titre en VO : The steampunk trilogy
Année de parution en VO : 1995
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez découvrir quelques "sous-genre" du Steampunk
- Vous voulez des histoires qui ne se ressemblent pas.

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas le steampunk
- Vous voulez une seule histoire.

Présentation de l'éditeur :

À Londres, la jeune reine Victoria a disparu alors qu'elle s'apprêtait à monter sur le trône. Seule solution pour éviter le scandale : la remplacer provisoirement par une étrange créature mi-femme mi-salamandre qui lui ressemble étrangement, fruit des recherches biologiques de Cosmo Cowperwaith. Une créature aux formidables appétits sexuels, qui n'ont pourtant rien à envier à ceux de la vraie Victoria...
Ailleurs, dans le Massachusetts, le grand savant Agassiz compte bien prouver scientifiquement et définitivement la supériorité de la race blanche. Sa théorie fumeuse va pourtant être mise à mal par l'arrivée inopinée d'un marin et de sa compagne Hottentote (une aborigène d'Afrique du sud) qui ont besoin de lui pour retrouver les parties génitales de la mère de cette dernière, devenues depuis un dangereux talisman.
Quand à la poétesse Emily Dickinson, il fallait qu'elle tombe amoureuse de Walt Whitman pour oser s'aventurer dans le royaume des morts, où elle va rencontrer le jeune Allen Ginsberg.

Mon avis

La Trilogie Steampunk porte bien son nom puisque son auteur nous donne à lire trois novellas ayant pour le Steampunk pour genre commun. Avec ces trois histoires, il propose de faire découvrir le genre sous trois aspect différents, permettant peut-être de se familiariser avec la multitude de celui-ci. Car, et cela je ne cesse de le dire, le Steampunk n'est pas juste de la vapeur et des rouages, il peut être bien d'autre chose.

Forcément comme il y a trois novellas, je vais parler des trois une après l'autre puis surement du tout.

Victoria

La première novella nous entraîne à Londre alors que la jeune Victoria doit bientôt être couronnée. Or, la future reine fugue pour des raisons inconnue du lecteur. Son premier ministre, mais aussi amant, demande alors à Cosmo Cowperwaith de mettre à la place de Victoria l'une de ses créations, une femme-triton à l'appétit sexuel quelque peu développé. Ne supportant pas l'absence de sa création, Cosmo va partir à la recherche de la reine.

Cette novella entre dans le Steampunk "de base": inventeur, machine et vapeur. C'est une bonne entrée en matière, surtout qu'on y trouve pas mal de bonne chose. Déjà de l'humour, point que j'apprécie dans les récits surtout s'il n'en fait pas trop. Ensuite, un penchant de féminisme, ce qui n'est réellement pas pour me déplaire. C'est une novella que j'ai plutôt apprécié par son apparente simplicité et son Steampunk évident. Elle en revira surement plus d'un.

Des Hottentotes

La seconde novella nous entraine aux Etats-Unis, plus précisement à Boston, à la suite du savant Agassiz. L'homme, qui ne se prend pas pour une merde (pardonnez-moi l'expression mais j'ai eu vraiment du mal avec lui), est persuadé que la race blanche est supérieure en tout. Mais lorsque un marin afrikaners et sa compagne aborigène débarquent pour lui demander son aide, il va devoir se remettre en question... ou pas.

Je suis persuadée que la nouvelle en elle-même est bonne. Si, si, je vous jure. Surtout qu'on y retrouve un univers lovecraftiens, de l'humour, du féminisme naissant (réellement, je n'aurais pas cru trouver autant de féminisme dans ce recueil)(autant dire que je suis super contente du coup), de belles leçons d'humanité et une lutte contre le racisme. Tout était là pour me plaire. Tout... Sauf le personnage principal. Agassiz est raciste, mégalomane et j'en passe. Si on se rapporte à l'époque, c'est "compréhensible", Darwin n'était pas encore intervenu et beaucoup de personne penser réellement que les africains étaient des sous hommes. Mais franchement, à notre époque, lire les propos de ce genre de personne, ça le fait beaucoup moins. Mais vraiment. Du coup, ayant un mal fou à supporter Agassiz, j'ai clairement survolé une bonne partie de la nouvelle.

Walt et Emily

Dans cette novella, nous voilà à la suite d'Emily Dickinson et de Walt Whitman. Alors que le frère d'Emily pense pouvoir rejoindre le pays de l'éternel été et y retrouver ses enfants non nés, la jeune femme décide de le suivre pour être avec Whitman dont elle tombe petit à petit amoureuse. On découvre donc la partie préparation pour le voyage puis le voyage en lui-même.

Cette fois, l'auteur use de personnages ayant réellement existé en leur faisant vivre des aventures ésotérique. Cet aspect du Steampunk est peut-être l'un des plus connu avec celui machine et vapeur. C'est en tout cas généralement un aspect que j'aime beaucoup et ici, j'ai tout autant apprécié que d'habitude même si parfois j'ai eu du mal avec les vers des poèmes de nos deux héros dans les dialogues, je me suis bien amusée à lire cette novella. J'y ai trouvé un certain humour bien sympathique, surtout du au scepticisme d'Emily quant à l'entreprise de son frère. 


Pour finir, parlons un peu de tout le recueil. Comme je le disais, il permet de se familiariser avec le Steampunk. Enfin, en réalité pas tout à fait. Si la première novela se lit très bien, la seconde a un problème de narrateur et la dernière est un poil compliqué de par sa richesse littéraire. Du coup, un simple lecteur voulant découvrir le genre pourrait se sentir un peu perdu. Par contre, pour un lecteur plus "chevroné", c'est déjà bien plus intéressant (par exemple, j'ai tendance à apprécier le Steampunk mélangeant allègrement machine et ésotérisme moins celui plus "colonisateur" alors qu'on peut trouver des perles dedans(même Des Hottentotes ici alors que je n'ai pas aimé son perso principal)). Je trouve particulièrement intéressant ce genre de recueil et il est dommage qu'au final, il n'y ai que trois novellas tant j'aurais aimé voir le genre avec d'autres facettes (il y en a tellement).