mardi 7 mars 2017

Homunculus, James P. Blaylock

Blaylock, comme Powers dont il est ami, est considéré comme l'un des pères du Steampunk. Il fallait donc que je lise au moins un de ses romans. Et quoi de mieux que le fameux Homunculus, sorti dans la collection du mois du Cuivre de Bragelonne ?

Homonculus, James P. Blaylock

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2016
Titre en VO : Homunculus
Année de parution en VO : 1986 (il a mon âge !)
Format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez les histoires qui semblent aller dans tous les sens
- Vous voulez du Steampunk victorien

A ne pas lires si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les billes de votre côté dès le départ.

Présentation de l'éditeur :

Sa taille, dit-on, n'excède pas vingt centimètres. Il serait omniscient et omnipotent, capable d'abolir les frontières de la vie, de la mort, du temps. Seuls quelques initiés, en cette fin de XIXe siècle, connaissent son existence. Seulement voilà : l'homuncule, cette prodigieuse créature, est pour l'heure prisonnier d'une mystérieuse cassette. Quiconque se l'appropriera héritera du même coup des clés de l'éternité. Hélas ! la fameuse boîte a disparu...
Commence alors, sur fond de fog londonien, une course-poursuite délirante entre les suppôts du Mal un acnéique paranoïaque, un milliardaire dépravé, un savant fou et bossu, une poignée de zombis — et les forces du Bien — un club de scientifiques très peu préparés à leur rôle de justiciers... Comparée à tous ces énergumènes, Pandore était une sainte !

Mon avis

Je ne vais pas refaire le petit topo sur la naissance du Steampunk moderne avec les trois potes qui se lancent le truc comme un défi. Il n'empêche que de ce fameux défi est sorti pas mal de chose, dont le renouveau du genre, alliant victorien, gothique et machine et quelques romans. J'en ai déjà lu quelques uns, ceux de Powers. Il fallait bien que je regarde du côté des deux autres copains, en commençant donc par Blaylock qui était dans ma PAL depuis un moment. Ne me manquera plus que K.W. Jeter a découvrir. Mais cela sera pour plus tard. Passons à cet Homunculus.

Le début est quelque peu déroutant. A tel point que je me suis demandée si ce n'était pas la suite d'un autre roman. Et je n'aurais pas forcément tord, puisque l'un des antagoniste a vu un roman sortir un peu plus tôt (en 1984) où il apparaît (The Digging Leviathan). Blaylock semble partir de l'hypothèse que l'on sait et qu'on n'a qu'à suivre. Si on ne sait pas, on peut suivre tout de même assez rapidement ce qu'il se passe.

Quelques seize ans avant notre histoire, un alchimiste recueillit un petit être de même pas vingt centimètres. Le dit être menant l'alchimiste à sa perte. Celui-ci, avant d'être assassiné, enferma l'homoncule dans une boite. Mais si elle avait été la seule boite, tout aurait peut-être était plus simple. Il en fit faire une autre, où il enferma une émeraude, héritage pour son fils. La soeur de l'alchimiste va garder l'une des boites et donner l'autre à Birdlip en partance pour l'éther à bord de son dirigeable à énergie perpétuelle. A partir de là, tout semble aller pour le mieux. Sauf que... Le moteur du dirigeable finit par lâcher petit à petit, ramenant celui-ci et son coffret vers la terre ferme. Pendant ce temps, Narbando, nain bossu machiavélique, s'associe à Willis Pule et à Shiloh, espèce de nouveau messie fou, pour réveiller les morts et créer une armée de zombie. Or pour que cela fonctionne réellement, ils leur faut l'homoncule. Ca aurait pu être tout, mais non. Drake, industriel richissime, veut le moteur à énergie continue et pour cela, il va tout faire pour que Keeble, créateur du moteur et des coffrets, lui donne son invention. Vous êtes perdu ? Ca tombe bien, je l'ai aussi été au départ. Parce que tout cela, on l'apprend en quelques chapitres, en suivant St Ives et son club de gentlemen. Heureusement, avant le premier tiers du livre, nous commençons à remettre tout en place. St Ives et ses amis vont se mettre à la poursuite des diverses boites et essayer de contrecarrer les plans de Narbando et de Drake.

L'histoire est donc dense. Blaylock suit plusieurs pistes qui semblent ne rien à voir à faire entre elles, ce qui est faux, bien sûr. Malheureusement, parfois, ça n'aide pas. Tout comme les changements de point de vue, qui nous font aller d'un personnage à un autre sans trop savoir ce qu'il se passe pour celui que l'on laisse. Homunculus est un livre exigeant pour son lecteur. Mais une fois compris les divers liens entre les personnages, ça va tout seul. Surtout que Blaylock finit toujours par nous donner des pistes. De plus, la plupart des personnages, bien que certain soit tout de même assez stéréotypé, sont intéressants et bien construits. On prend plaisir à suivre St Ives ou encore Willis Pule par exemple. Il est par contre dommage que certains, alors même qu'ils semblent importants, ne soient que des personnages secondaires et que d'autres ne servent qu'à rebondir d'un fil à l'autre.

Autre chose intéressant, l'ambiance du livre. Forcément, de Steampunk londonien, mélangé à du zombie et du fantastique, ça donne quelque chose de vraiment sympathique à lire. On ne découvre pas forcément Londres, pas contre, il y a toute cette ambiance de vapeur, de frog. Et ça, j'apprécie beaucoup. De plus, on entre directement dans ce Londres-là, sans passer par la case explication ou je ne sais quoi d'autre. Forcément, l'ambiance ajoute à l'histoire et l'auteur s'en sert carrément bien. On a pas justes des machines, de la pluie, des tempêtes, de la puanteur pour le plaisir d'en avoir. C'est là qu'on reconnait un bon roman steampunk d'ailleurs. 

Au final, j'ai eu un peu de mal à le commencer mais une fois les trois premiers chapitres passés, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire. Ca avance de manière régulière, avec de l'action mais pas que. Franchement, c'est un bon roman malgré l'exigence qu'il demande au départ pour bien mettre les liens entre les personnages et les histoires. 

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