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jeudi 28 avril 2022

L'espace d'un an, Les Voyageurs, tome 1, Becky Chambers

 Juste après avoir fini Apprendre, si par bonheur, je me suis lancée dans l'autre livre de Chambers qui trainait dans ma PAL numérique. J'espérais avoir le même coup de foudre, ou presque, que pour la novella. On va voir si ce fut le cas.
PS : encore une fois, je suis à la bourre dans mes avis (cette dixième année de blog ici est une catastrophe à ce niveau, je trouve)(j'ai trois avis en retard quand même). Du coup, ce ne sera pas parfait parfait...

L'espace d'un an, Les Voyageurs, tome 1,  Becky Chambers

Editeur : l'Atalante
Collection : la dentelle du cygne
Année de parution : 2016
Titre en VO : The long way to a small angry planet
Année de parution en VO : 2014
Format : AZW

A lire si 
- Vous n'aimez pas les gros conflit armés
- Vous voulez des personnages divers et variés (aussi bien en terme d'espèce que de culture)

A ne pas lire si :
- Vous souhaitez des péripéties violentes.

Présentation de l'éditeur :

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…

Mon avis

Lorsque Rosemary s'engage sur le Voyageur, un tunnelier, elle ne sait pas trop à quoi s'attendre. Elle quitte son petit cocon martien pour la première fois et elle fait ça en cachette et sous une fausse identité (on comprendra pourquoi par la suite). Elle va alors découvrir un tout autre univers, celui des voyages au long cour pour creuser les trous de vers permettant de voyager plus vite dans l'espace. Elle va aussi découvrir l'équipage, multi-espèce et avec eux, toute l'étendue de leur diverse culture. Elle a un an pour cela, le temps de rejoindre leur prochaine destination à côté d'un système où la guerre ne s'est pas tout à fait arrêter.

Becky Chambers m'avait déjà prouvé qu'elle était capable de créer de beaux personnages dans sa novella. Mais elle en était restée aux humains à ce moment, puissant dans la diversité de notre propre espèce pour que l'équipage. Là, elle passe à la vitesse supérieure. Elle va se servir de notre imaginaire, et du sien, pour créer de nouvelle espèce (rien de folichon en soit, on retrouve des reptiles, des aliens ressemblant à des humains, des amphibiens et autres) et les faire cohabiter. Car c'est bel et bien de cette cohabitation dans le tunnelier que l'histoire nous parle. Au fur et à mesure de l'avancée du Voyageur vers sa destination, nous allons découvrir ses membres, leur espèce et leur culture, les uns après les autres, et c'est particulièrement interessant à lire.

Une fois encore, Chambers parle de tolérance, de paix et d'amitié/amour profond. Encore une fois, elle fait ça de manière naturelle. Ses personnages sont parfait tel qu'ils sont et leurs interactions agréable à lire, même lorsqu'on tombe sur les plus grincheux. Les quelques arrêts du Voyageur pour ravitaillement permettent aussi de découvrir d'autres facettes de l'univers et de lancer telle ou telle discussion sur une espèce ou un pan culturel propre à celle-ci. Rien ne semble forcé et c'est agréable à lire. Sur ce point, Chambers a encore une fois fait fort pour moi. 

Surtout, elle a développé un véritable univers passionnant à découvrir que nous ne faisons finalement qu'effleurer avec nos personnages. Ça reste parfois assez simple, ce n'est pas toujours éloigné de ce qu'il se fait déjà en matière de space-opéra mais ça foisonne de détails intéressant à découvrir et qui pourrait, dans certain cas, se rapprocher un peu de ce que l'on voit déjà sur notre bonne vieille planète bleue.

Mais, parce que ça ne pouvait pas être complètement parfait, un point me dérange. S'il est agréable de suivre les membres de l'équipage du Voyageur et de découvrir l'univers qu'ils parcourent, il manque, pour moi, un fils conducteur. J'ai en fait eu l'impression de lire plusieurs nouvelles, regroupées dans le même ouvrage grâce à leurs personnages. Je crois surtout que le côté tranche de vie n'est pas tout à fait fait pour moi. J'aurais apprécié avoir un vrai fils rouge, pas juste l'idée d'une destination lointaine. J'aurais pu me douter que ça se passerait ainsi, surtout après ma lecture d'Apprendre, si par bonheur, qui fonctionne un peu de la même façon (mais qui garde un fils rouge, lui, dû à la manière dont il se présente). J'avoue que ça m'a un peu manqué.

Pourtant, cela ne m'a pas du tout empêché d'apprécie ma lecture. J'ai aimé suivre l'équipage du voyageur et, tout comme pour sa novella, je trouve que ça fait du bien un peu de SF positive comme ça (même si, ici, on se retrouve tout de même avec une guerre pas loin et quelques ennuis). Ce n'est malheureusement pas le coup de coeur que j'aurais voulu mais ça ne m'empêchera probablement pas de lire le second tome dans quelques temps.

vendredi 8 avril 2022

Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers

 Ca fait un moment que ce petit roman/novela traine dans ma PAL. Je cherchais le bon moment pour le sortir et voilà qui est fait. Bon, par contre, j'ai lu le livre il y a une semaine et je n'ai pas eu le temps de venir mettre mon avis ici. Je m'excuse par avancer s'il est un peu laconique.

Apprendre, si par bonheur, Becky Chambers

Editeur : L'Atalante
Collection : La dentelle du cygne
Année de parution : 2020
Titre en VO : To Be Taught, If Fortunate
Année de parution en VO : 2019
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez un format court
- Vous voulez quelque chose de doux
- Vous aimez suivre des scientifiques

A ne pas lire si :
- Vous voulez des affrontements

Présentation de l'éditeur

Quatre personnes, quatre planètes : un groupe d’astronautes part en mission pour explorer des planètes susceptibles d’abriter la vie.
Hommes et femmes, trans, asexuels, fragiles, déterminés, ouverts et humains, ils représentent la Terre dans sa complexité.
Au fil des ans et des atterrissages, ils découvrent des animaux étranges, de « simples » bactéries, et les dilemmes éthiques de l’explorateur bienveillant mais forcément intrusif.
Observer, c’est influencer. Exister, c’est agir.
Il faut savoir jusqu’où aller trop loin ; pour rencontrer l’Autre, il faut le mettre en danger.

Mon avis

Je ne le dirais jamais assez, je ne lis pas assez de science-fiction et, surtout, pas assez de SF positive. J'ai tendance à me tourner vers les oeuvres plus "négatives" de la SF, celles où l'humanité a pris cher, où la Terre a ou va disparaitre, où l'espoir n'est pas ultra présent de base et où il faut survivre face à l'adversité quoiqu'il se passe. Il est vrai qu'elles sont plus faciles à trouver, les auteurs ont été de grands pessimistes quant à l'avenir de notre planète (et ils n'ont pas eu totalement tord si on en croit les rapports de plus en plus alarmants du GIEC par exemple). Or, parfois, lire quelque chose de foncièrement positif, ça fait un bien fou. C'est le cas d'Apprendre, si par bonheur.

Nous découvrons le journal de bord d'Ariadne, technicienne pour la mission Lawki 6. Elle et ses trois compagnons ont été envoyé pour explorer un groupe de planète susceptibles d'accueillir la vie. Ce n'est pas leur première mission ensemble, ils se connaissent tous très bien et ils comptent bien remplir leur mission avec toute la rigueur scientifique dont ils sont capables et en étant le moins intrusifs possible pour les populations et écosystème qu'ils vont rencontrer.

Je dois avouer qu'au début, je me suis quand même demander comment Becky Chambers allait réussir à ne pas rendre ce journal de bord monotone. C'est vrai, quatre personnages, tout aussi sympathique les uns que les autres et qui vivent en bonne harmonie depuis ce qui semble être plusieurs missions, quatre planètes à explorer qui potentiellement pourraient nous valoir les mêmes gestes de la part de nos explorateurs… Ca aurait pu être ennuyeux. Ca ne l'est pas. Mais alors pas du tout. 

Déjà parce que les personnages sont complexes, comme peut l'être l'humanité. Leurs relations le sont tout autant. Amis, amants, collègues, ils sont tout ça à la fois. Leur petite communauté fonctionne sur un respect mutuel de l'autre, comme une vraie famille. J'ai aimé suivre leur interaction, que se soit lorsqu'ils sont tous en train de cogiter sur ce qu'ils ont découvert ou dans des moments plus intimes comme par exemple lorsqu'ils se réveillent suite au voyage. D'ailleurs, j'aime beaucoup les réveils, où Ariadne explique les modifications auxquelles ils ont droit, pourquoi et à quoi ça peut lui faire penser.  C'est un aspect que j'aime beaucoup, cette sorte de nostalgie bienveillante qu'Ariadne porte à ses expériences d'enfants et à la Terre. 

Ensuite, il y a les explorations. Chaque planètes est différente de la précédente. On y découvre des espèces quasi comme les nôtres ou pas du tout. J'ai aimé lire l'enthousiasme de l'équipage face à leur découverte. J'ai aussi apprécié toutes les considérations éthiques par rapport à leur présence et à ce qu'ils peuvent ou doivent faire aussi bien pour leur sécurité que pour celles des écosystème qui les entoure. Mais surtout, il y a quelques choses de particulièrement positif dans la manière dont les explorations sont menées. L'équipe est toujours enthousiaste, toujours ravie (enfin presque) de pouvoir faire leur métier. Y a un truc de génial à les suivre là-dedans mais vraiment.

Pour finir, ce fut donc un coup de cœur bienvenu. J'ai adoré, vraiment. C'était doux, poétique aussi, très humain. C'est le genre de roman que tu refermes avec un certain espoir, une impression que tout n'est pas perdu. Bref, lisez-le, c'est bien.

jeudi 7 mai 2020

Une histoire naturelle des Dragons, Mémoires de Lady Trent, tome 1, Marie Brennan

J'avais très envie de lire ce roman depuis sa parution mais ne le trouvant pas forcément dans ma librairie, je n'avais pas encore mis la main dessus. Le Confinement aidant, son éditeur le proposant gratuitement dans la box confinementlecture, j'ai enfin pu le lire.

Une histoire naturelle des Dragons, Mémoires de Lady Trent, tome 1, Marie Brennan

Editeur : l'Atalante
Collection : dentelle du Cygne
Année de parution: 2016
Titre en VO : A Memoir by Lady Trent, book 1: A Natural History of Dragons
Année de parution en VO : 2013
format : mobi

A lire si :
- Vous aimez les dragons
- Vous aimez les expéditions scientifiques

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les récits type mémoires


Présentation de l'éditeur :

« Soyez avertis, cher lecteur : les volumes de cette série contiendront des montagnes gelées, des marais fétides, des étrangers hostiles, des compatriotes hostiles et à l'occasion des membres de ma famille hostiles, de mauvaises décisions, des mésaventures géographiques, des maladies dépourvues d'attrait romantique et une abondance de boue. Vous poursuivrez votre lecture à vos risques et périls. » Les mémoires de lady Trent, mises en scène par Marie Brennan, racontent la vie et les recherches d'Isabelle Trent, naturaliste mondialement connue et désormais vieille dame, dont l'esprit et le style empreints d'humour s'avèrent sans pitié pour les imbéciles. Dans ce premier volume, Isabelle, petite fille puis jeune femme, brave les conventions de sa classe et de son temps pour satisfaire sa curiosité scientifique et accompagner son mari lors d'une expédition à la recherche des dragons de Vystranie...

Challenge Mois de la Fantasy

On s'en doute, ce roman était dans ma PAL du mois de la fantasy et il occupe plusieurs catégories : 
- La Fureur de Smaug puisqu'il parle tout de même de dragon
- Dame Arwen avec une autrice et une héroïne
- Du Hobbit au Seigneur des Anneaux vu qu'il s'agit d'un premier tome

Mon avis

Comme je le disais, j'avais très envie de lire ce roman depuis un moment. Etrangement, je n'avais pas la moindre idée de ce que je pourrais trouver à l 'intérieur réellement. Il fait partit de ces romans qui donnent envie rien qu'avec un titre et une couverture. Je n'ai lu la quatrième qu'une fois ou deux, surement à sa sortie et puis, j'avais un peu zappé tout ça. J'étais ravie de le voir dans la box confinement lecture. Le challenge du mois de la fantasy me l'aura fait sortir de la PAL un peu plus tôt que prévu (mais c'est pas grave du tout ça).

J'aime bien les romans dans le genre mémoires (j'aime bien les mémoires tout court d'ailleurs en fait). D'ailleurs, c'est le second que je lis en peu de temps (Un long Voyage de Claire Duvivier fait partie du même genre). Je ne saurais pas trop vous dire pourquoi, mais j'apprécie toujours avoir les commentaires du protagoniste une fois qu'il a bien vieilli. Je ne sais pas vous, mais ça me permet de mieux me faire une idée de la "personne" qui écrit. Et ici, j'ai beaucoup apprécié Lady Trent, que se soit par ses commentaires, justement, ou par son histoire de jeunesse. 

Dans le Scirland, pays imaginaire basé sur l'Angleterre victorienne, une femme comme Isabelle est une exception. Dès son plus jeune âge, elle s'intéresse à la naturalisation. Elle commence doucement, avec des Lucions, sorte de dragon-insectes, pour se retrouver face à un dragon-loup vers l'âge de quinze ans. Un évènement qui mettra fin, pour un temps, à sa passion. Mais, alors qu'elle entre dans le monde, elle fait la connaissance de Jacob Camherst, aussi passionné qu'elle. Les deux se marieront. Ce n'est que quelques temps plus tard, alors qu'elle sort d'une grave dépression, qu'elle va entendre parler de l'expédition de Lord Hilford. Elle réussira à convaincre noble et mari de partir avec eux, en tant que dessinatrice et secrétaire.  On devine déjà le caractère fort trempée de la dame, qui ne semble pas s'être amélioré avec le temps au vu des commentaires. 

Si le début du roman peut paraitre un peu longuet, je dois bien dire qu'à partir du moment où l'expédition commence, j'ai eu du mal à lâcher le roman. J'adore ce genre d'histoire, et je regrette de ne pas en lire plus souvent. Je crois que c'est mon esprit scientifique qui revient à la charge à chaque fois, même lorsque l'autrice ne parle pas vraiment science d'ailleurs. Mon côté aventurier aussi apprécie (j'aurais adoré ce genre de voyage). Il faut dire que Marie Brennan use d'un peu tout les éléments que l'on imagine parfaitement dans ce genre de mémoire : le pays au climat plutôt hostile (il y fait parfaitement froid), les habitants qui ne sont pas mieux, les légendes qui font peur, le folklore, les contrebandiers et puis les dragons. Avec tout ça, je me suis vu dans une sorte de Transylvanie imaginaire sans les vampires et c'était plutôt sympa, même si parfois, on tombe tout de même dans les poncifs du genre (le coup des ruines maudites, comment dire, on a déjà vu, non ?). Mais perso, comme j'adore tout ça, je me suis plongée à coeur joie dans le récit.

De plus, les personnages de cette partie sont bien plus interessant que ceux de l'enfance d'Isabelle. J'ai beaucoup apprécié Jacob, son époux, et le regard qu'ils posent l'un sur l'autre. Ils sont particulièrement adorables. J'ai un peu regretter par contre qu'elle est moins d'interaction avec les deux autres membres de l'expédition, Lord Hilford et monsieur Wilker. Je suis sûre que ça aurait pu donner de très bons dialogues. Par contre, j'ai apprécié la place des femmes dans le récit. Forcément, Isabelle est une femme moderne pour son époque, qui n'en fait un peu qu'à sa tête (et qui parfois se trompe lourdement), mais aussi Dagmira, sa dame de chambre un peu forcée. Leur relation est houleuse au départ, à cause de la barrière de la langue et de leur caractère respectif, pour devenir petit à petit une relation de confiance. C'est à l'aune de cette relation là que l'on remarque vraiment les changements qui s'opèrent petit à petit chez Isabelle, surement plus qu'avec les autres. 

Et puis, il y a les dragons. J'aime les dragons. Alors, un livre qui parle d'une expédition pour voir des dragons dans leur habitat naturel, imaginez. Malheureusement, je trouve qu'on ne les voit pas assez. Isabelle (du moins l'autrice) va bien nous en décrire un ou deux, on a même des attaques de créatures ailés mais c'est un peu tout. Heureusement par contre qu'on se retrouve avec quelques pages sur les moeurs des veurs des rochers (l'espèce qu'étudie notre expédition) et que l'on a un bon passage sur l'observation de l'un d'eux. C'est peut-être le petit défaut pour moi, trop d'humain, pas assez de dragons. Ils n'en restent pas moins le centre du roman et même si on ne les voit finalement pas beaucoup, ils habitent complètement le roman.

Pour finir, j'ai beaucoup aimé, malgré quelques défauts (la lenteur de la première partie et le manque de dragons à mon gout). Ça se lit parfaitement, avec des touches d'humour bienvenue de la part de la vieille Lady Trent et un style agréable. Je pense que je lirais les autres tomes de la série pour voir ce qu'il va se passer par la suite. Une bien sympathique découverte, donc.




samedi 16 janvier 2016

Le Guide de Madame Chaix, Terry Pratchett

Ce livre m'a fait de l'oeil à cause de sa jolie couverture imitant les vieux carnets mais surtout parce qu'il fait parti des ajouts au Disque Monde. Tout le monde le sait, j'adore, que dis-je, j'aime, le Disque Monde et je ne peux donc pas résister.

Le Guide de Madame Chaix, Terry Pratchett

Editeur : L'atalante
Collection : La Dentelle du Cygne
Année de parution : 2015
Titre en VO : Mrs Bradshaw’s Handbook
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages  : 144

Présentation de l'éditeur :

Publié avec l'approbation de M. Moite von Lipwig, directeur du Chemin de fer d'Ankh-Morpork et des plaines de Sto, voici le précieux.Guide illustré du chemin de fer de Mme Napoléonie Chaix. Au siècle de l'Anchois, avec le développement foudroyant du chemin de fer, il est désormais possible de voyager confortablement d'Ankh-Morpork à la cité de Quirm, à travers les plaines de Sto vers Gros-Chou et, au-delà, l'antique Zemphis, jusqu'à l'exotique Ohulan Cutash sur les contreforts des montagnes du Bélier. Au cours de vos périples, ce guide sera votre indispensable compagnon. Depuis les préparatifs du voyage et les informations pratiques quant aux usages du chemin de fer, il vous aidera à découvrir de nouvelles contrées, des paysages fascinants et des curiosités locales rarement dangereuses. Mœurs, traditions, artisanat, pratiques culinaires, spécialités pittoresques, tout au long d'itinéraires commentés et saupoudrés d'anecdotes, il vous conseillera aussi sur les commodités d'hébergement et de restauration pour toutes espèces de toutes tailles.

Mon avis

Il existe un certain nombre de livre hors roman qui traite du Disque Monde. L'univers de Sir Pratchett étant extrêmement large et surtout documenté dans les romans que l'auteur avec l'aide de quelques autres personnes, a écrit des encyclopédies, des livres de cuisines ou autres. Le Guide de Mme Chaix fait donc partie de cette collection d'ouvrage qui permet de s'aventurer un peu plus dans l'univers. Il vaut d'ailleurs mieux le lire en ayant au moins une petite connaissance du Disque Monde, ou mieux, en après avoir avoir lu Déraillé (Ce que je je n'ai pas encore fait, bien sur...). Ce n'est donc pas un bouquin à mettre entre les mains d'un novice. Attention aussi si vous voulez y retrouver l'humour des romans classiques du Disque Monde, il n'y est pas aussi présent.

Mme Chaix, veuve de son état, ancienne élève de l'école pour jeune fille de Quirm, s'est prise de passion pour le cheval de fer. Elle nous livre donc dans son guide, qui semble d'ailleurs être une commande de Chemin de Fer Hygiénique d'Ankh-Morpok et des plaines de Sto (le CFHAM-PS) pour voyager avec le train. Ainsi, elle va suivre les principaux trajets que celui-ci nous offre, allant d'Ankh-Morpok à Quirm puis à nouveau d'Ankh-Morpok aux montagnes du Bélier, en passant par les plaines de Sto. Elle va nous décrire alors les diverses gares, les villes traversées, le chemin pour y aller, le tout avec quelques conseils utiles pour ceux qui n'ont pas encore pris le train.

Forcément, le guide peut ne pas plaire. Il est assez répétitif, mais il faut dire que le décors pourrait l'être aussi avec ses champs de choux à perde de vue, où ces villages qui semblent tous être pareil. Oui, de temps en temps, on s'ennuie à la lecture de ce guide. Heureusement, il y a quelques moments bien sympathiques, comme les étranges fêtes qui peuvent être données dans les villages ou villes, ou encore des particularités des habitants ou même de certains voyageurs. Et puis les illustrations du guide sont pleines de détails amusants, tout comme les quelques affiches qu'ajoute Mme Chaix à ses propos. Il en va de même pour les noms des villes et villages, souvent à base de jeux de mots.

Pourtant, il manque quelque chose au Guide. Il lui manque vraiment l'humour Pratchett, celui auquel nous sommes habitués. Mme Chaix n'est pas forcément amusante, et même si les choux offrent des moments de sourire (non pas de rire) grâce à leur grande variété, je n'ai pas vraiment souris ou ris durant ma lecture, pourtant instructive sur le Disque Monde. C'est vraiment là un point qui me gêne un peu, parce que du coup, je reconnais moins la patte Pratchett. 

Au final, c'est un petit livre sur l'univers du Disque Monde qui peut être intéressant mais pour qui il manque trop de "Pratchett" dedans. Il n'en reste pas moins qu'il est intéressant pour les amateurs de l'univers qui veulent se plonger dedans. Bref, une lecture en demie-teinte pour moi.

jeudi 9 juillet 2015

La Longue Terre, Terry Pratchett et Stephen Baxter

J'avais acheté, il y a un petit moment déjà le second tome de cette série sans me rendre compte que justement, c'était un second tome (oui, pas maligne je suis). Alors, forcément quand j'ai trouvé le premier, hop, dans la bibliothèque. Et forcément avec Pratchett en auteur, il fallait que je le lise, rapidement. Sauf que...

La Longue Terre, Terry Pratchett et Stephen Baxter

Editeur ; L'atalante
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : The Long Earth
Année de parution en VO : 2012
Nombre de pages : 381

A lire si :
- Vous voulez du voyage qui ne soit pas vraiment du space opéra
- Vous aimez lorsqu'il y a peu de personnages
- Vous voulez découvrir d'autres Terres

A ne pas lire si :
- Vous voulez autant d'humour que dans les Annales du Disque Monde
- Vous n'aimez pas ce qui pourrait ressembler finalement à un huis-clos

Présentation de l'éditeur :

Dans les vestiges calcinés du domicile d’un scientifique discret, l’agent Monica Jansson découvre un curieux gadget : un boîtier abritant du fil de cuivre, un commutateur et… une pomme de terre. Ce « Passeur » est la porte d’entrée universelle que tout un chacun peut fabriquer pour accéder à une infinité de Terres parallèles sans présence humaine : il suffit d’un pas, un seul pas, vers l’est ou vers l’ouest. La découverte de cette « Longue Terre » sans limites va bouleverser à jamais l’humanité. Si une ère nouvelle s’ouvre aux pionniers, les gouvernements sont moins enthousiastes à la perspective de tous ces mondes incontrôlables. Et que de questions sans réponse ! Auxquelles certains vont s’atteler. La plus improbable des missions d’exploration se prépare. À bord d’un dirigeable prennent place Josué Valienté, un jeune homme doué du talent de passer d’un monde à l’autre sans assistance mécanique, et Lobsang, une intelligence artificielle extravagante qui fut un réparateur de motocyclettes tibétain dans une vie antérieure. Un voyage aux confins de la Longue Terre les attend…

Mon avis :


Si je n'ai jamais lu Baxter (il faudrait peut-être que je le lise un de ces jours), je reste une grande fan de Sir Pratchett. Peut-être mon erreur était-elle de croire que pour cette Longue Terre, il allait être l'auteur, non pas principal, mais du moins le plus reconnaissable pour moi. Peut-être à cause de De Mauvais Présages où j'avais été capable de reconnaître sa patte par rapport à celle de Gaiman. Bref, je m'attendais à autre chose pour ce livre. Peut-être aussi que ma fatigue le soir n'a pas du tout aidé à me faire apprécier ce roman à sa juste valeur.

Le pitch est carrément intéressant. Imagines donc que la Terre que nous connaissons tous est multipliés en des milliards d'exemplaires. Qu'un jour, un scientifique découvre le moyen d'aller d'une Terre à l'autre, grâce à un peu d'électronique et une pomme de terre. Et qu'à partir de ce jour-là, nommé Jour du Passage, l'humanité découvre donc tout cela et commence une nouvelle conquête de l'ouest. Mais comme pour tout territoire inconnue, la Longue Terre a ses dangers. Josué Valienté, lui n'a pas besoin de passeur pour voyager, et n'est pas victime de la maladie du passeur à chaque passage. Il est recruté par Lobsang, une intelligence artificielle pour l'accompagner à bord d'un dirigeable pour visiter la Longue Terre le plus possible. Nous embarquons avec eux à la découverte de la Longue Terre.

Comme je le disais, le pitch me plaisait vraiment beaucoup. Les personnages, Josué et Lobsang avait l'air très interessant et cette Longue Terre pleine de promesse. Et pourtant, j'ai mis bien longtemps à le lire (commencer le 19 juin quand même...). Bon, j'avoue avoir été pas mal fatiguée ces derniers temps et m'endormir aussitôt la tête sur l'oreiller. Mais tout de même. J'ai lu rapidement les 100 et quelques premières pages. On y trouve dedans un récit polyphonique intéressant sur les débuts de la Longue Terre, avec des personnages parfois haut en couleur. Et puis, Josué rencontre Lobsang et le voyage commence.

Et c'est là que j'ai commencé à avoir du mal. Pas que le récit soit inintéressant. Les récit de voyage en Terre inconnue me plaisent généralement. Pas que je n'ai pas aimé les personnages, même si j'avoue que souvent, j'ai eu du mal avec leur vision des choses. Pas que je n'ai pas aimé l'écriture, loin de là. Elle est fluide, agréable à lire avec parfois une touche d'humour qui fait du bien. Non, en fait, je ne sais même pas pourquoi j'ai eu du mal. Peut-être parce que la manière de raconter l'histoire de cette Longue Terre a changé. Du récit polyphonique, on se recentre sur Josué et Lobsang à bord de leur dirigeable. Le récit devient carnet de voyage, ce qui va tout aussi bien avec ce que vivent les deux personnages. Mais on en arrive à quelque chose d'assez répétitif. Il faut ajouter à cela un certain manque d'action, le voyage semble presque une partie de plaisir. Et cela dure un bon moment, celui où j'ai le plus décroché.

Et puis arrive enfin un nouveau personnage dans le dirigeable, avec un peu d'humour, une autre vision de la chose et hop, je suis de nouveau en selle. Il fallait cet élèment "perturbateur" pour reprendre la lecture comme il faut, alors qu'on se retrouve avec les mêmes "défauts" que la partie qui m'a posé problème. En fait, je crois vraiment qu'avoir deux personnages dont les idées finissent toujours par se rejoindre quoiqu'il arrive m'a légèrement embêté. Tout comme le fait de ne pas en savoir plus sur Lobsang. C'est vraiment un point qui m'a ennuyé car il se révèle un personnage interessant, qui sort pas mal de l'ordinaire mais qui finalement m'a semblé survolé. 

Du coup, j'ai carrément l'impression d'être passé à côté du livre alors que j'ai beaucoup apprécié les réflexions sur les mondes parallèles, celles sur une possible évolution ou encore "l'explication" des auteurs sur les mythes de notre monde comme celui des trolls et des elfes. Après, je me dis aussi qu'il s'agit d'un premier tome (deux sont déjà édités, dont un déjà sur mes étagères) et qu'il était là pour présenter le monde. Et une telle présentation n'était pas un mal en fait. En plus de ça, j'ai apprécié l'écriture du livre, que se soit les parties plus Baxter ou plus Pratchett et le déroulement de l'histoire va parfaitement avec le monde que l'on découvre (si Josué et Lobsang avaient eu plus de grandes discussions avec deux points de vue différent, ça aurait été vachement bien aussi).

Au final, je suis donc ultra mitigé sur cette lecture. Il y a du bon mais malheureusement, il se retrouve envahi par les défauts que j'ai pu trouvé dans ma lecture. Défaut totalement subjectif, puisqu'ils n'ont pas forcément à voir avec la manière dont tout cela est écrit. Je pense que je me ferais une meilleure opinion en lisant le tome 2 de la série, La Longue Guerre. A voir donc.

samedi 31 mars 2012

Nouvelles du Disque-Monde

Je continue ma visite du Disque monde avec un livre que je n'avais jusqu'alors pas trouvé.

Nouvelles du Disque-Monde, Terry Pratchett

A lire :
- Vous aimez Pratchett

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à de longues nouvelles
- Vous espérez tomber sur des nouvelles abouties

Présentation de l'Editeur
« Les nouvelles me coûtent sang et eau. J’envie ceux qui les écrivent avec facilité, du moins ce qui ressemble à de la facilité. Je serais étonné d’en avoir écrit plus de quinze dans ma vie. »
Voici le premier livre réunissant l’ensemble des nouvelles de Terry Pratchett qui appartiennent au corpus du Disquemonde. On y re trouve avec jubilation les mages de l’Université de l’Invisible, la Mort, les sommités d’Ankh-Morpork, les sorcières de Lancre, le Guet et même Cohen le Barbare. 

Mon avis
Pratchett a raison, il n'est pas un grand noveliste, loin de là même. Pratchett doit écrire des romans, c'est le format qui lui va le mieux. J'étais ravie de lire ce petit receuil, je le suis toujours d'ailleurs, mais ce n'est pas vraiment des histoires qui m'ont autant plus que les livres.
Pratchett ne va pas au bout des choses dans ses nouvelles, il semble préférer le format très court (sauf pour une des nouvelles) que de prendre le temps d'écrire son idée comme il faut. Du coup, on reste souvent sur sa faim à la fin des nouvelles. 
D'ailleurs, parlons donc des six nouvelles présentent ici :

Rejet par l'Université de procédés diaboliques :
Nous retrouvons les mages en pleine réunion.  Satire du monde universitaire, cette nouvelle nous laisse carrément sur notre faim. C'est bien dommage, elle commençait bien.

La Mort et tout ce qui s'ensuit
L'un de mes personnages préférés de Pratchett était à l'honneur ici, La Mort. Pratchett nous délivre ici une variation du Chat de Schrödinger bien trop courte à mon gout. 

Minutes de la réunion en vue de concrétiser le projet de fédération de scouts d'Ank-Morkpok
J'avoue avoir vraiment ri sur celle-ci. Présentée comme un compte rendu de réunion, c'est pour moi, la première qui m'aura vraiment plus. 

La mer et les petits poissons
La plus longue nouvelle, elle prend la moitié du livre, et aussi la seule écrite spontanément. Elle est aussi pour moi, la seule qui aille au bout de son idée. Elle met en scène les sorcières de Lancre et surtout une Esmé Ciredutemps pas dans son état habituel. 

La théâtre de la cruauté
Celle que j'ai le moins aimé, trop courte, pas assez devellopé et pourtant elle était bien partie (et puis on y voit un peu la Mort).

Drame de Troll
Nouvelle mettant en scène Cohen le barbare. J'ai beaucoup aimé cette vision du "avant c'était mieux". 

Voilà, donc une lecture, très rapide (une petite heure pour tout lire) qui reste tout de même plaisante bien que moins intéressante qu'un livre du Disque Monde. A lire lorsque l'on veut une lecture divertissante et rapide, style dans un moment où on ne se sent pas très jouasse par exemple.