lundi 11 septembre 2017

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Je ne me suis pas promenée dans le Vieux Royaume depuis novembre 2015 avec ma lecture de Janua Vera. Il était temps que j'y retourne, surtout que l'auteur y retourne quelques fois avec un certain nombre de nouvelles.

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Editeur : Folio
Collection : 2€
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les longues nouvelles
- Vous connaissez déjà le Vieux Royame

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur :

Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d’une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître?

Mon avis

Il ne faut jamais croire les titres et les quatrièmes de couverture. Ce bouquin ne contient pas juste l'histoire de Blandin. En réalité, il s'agit d'un petit recueil. Petit autant par la taille que par le nombre de nouvelles, puisqu'elles ne sont que deux. Elles ne sont pas petites, puisque la première fait presque 60 pages et la seconde une vingtaine de plus.

La première, Montefellóne  nous entraine à la frontière entre Leomance et le territoire de la toute jeune république de Ciudala. Nous voilà donc devant Montefellóne, ville assiégée par les armes du Duc D'Arches. Oui, nous allons assisté à un siège, donc, cela du côté du Duc D'Arches et donc de l'armée de Leomance.

Comme à son habitude, Jean-Philippe Jaworski nous entraîne avec lui dans un récit au vocabulaire parfaitement maîtrisé. Alors, ça peut faire peur à certain. Mais en réalité pas du tout. Jaworski est un maître des mots, des phrases mais ne va pas du tout nous prendre la tête avec des tournures trop complexes. Et grâce à cette maîtrise, on entre réellement dans le siège et dans la tête du duc.

L'action est assez réduite, dut au format mais aussi au fait que ce soit un siège et qu'il faut bien avouer que les sièges, ça peut être un peu barbant (même si c'est Gemmel qui l'écrit, c'est barbant un siège). Et pourtant, je me suis vraiment retrouvée là-dedans. Et ça, c'est quelque chose que j'adore avec Jaworski, c'est vraiment de pouvoir entrer dans l'action avec des descriptions ultra détaillées sans être ennuyantes (Tolkien pouvait être ennuyeux, mais vraiment quand il détaille les préparatifs de la fête d'anniversaire de Bilbo...). Et ici, vraiment, c'est parfait. On retrouve des descriptions géniales sans être ultra violente des batailles, des batailles sympathiques et un personnage principal qui est vraiment bien à suivre. Seul bémol, la fin ne m'a pas surprise, mais du tout.

La seconde nouvelle donne donc son nom au petit recueil. Elle est assez éloignée de la première puisqu'ici pas de bataille, pas de siège. Comment Blandin fut perdu ressemble à un conte. Alors qu'un groupe de voyageur fait halte, l'un d'eux va raconter l'histoire de son apprenti, le jeune Blandin. Je ne vous résumais pas l'histoire, sachant que finalement, la quatrième de couverture le fait très bien (et c'est assez rare pour être signaler).

J'ai beaucoup aimé ce conte et surtout son petit univers, celui des peintres itinérants. Il faut dire que Jaworski ne maîtrise pas que le vocabulaire guerrier mais aussi celui de cet ancien métier. Qu'il est agréable de découvrir des techniques que je ne connaissais pas du tout. Tout cela m'a semblé tellement mais tellement vivant. J'ai vraiment adoré me plonger dans la réalisation des fresques avec Albinello et Blandin. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire de fond. Ce jeune homme obsédé par son premier amour à tel point que, pour ne pas l'oublier, il va la peindre partout, tout le temps. Les affres de Blandin sont retranscrit d'une manière assez douce amère par son maitre, Albinello, qui a bien du mal à le comprendre. Et ici, la fin m'a surprise, pour de vrai. Je ne m'y attendais pas vraiment et je ressors de cette lecture encore plus intriguée que lorsque j'ai pu la commencer.

Au final, j'ai donc passé un très très bon moment avec ce petit recueil. Comme toujours, je suis admirative de l'écriture de Jaworski. Sa maîtrise du vocabulaire et ses histoires passionnantes font que je pourrais me plonger mainte et mainte fois dans ses romans et nouvelles. Elles ont un côté ultra vivant que j'apprécie beaucoup et cela même avec des descriptions parfois un peu longue des actions. Pour moi, c'est vraiment ce qui fait le charme des récits du Vieux Royaume, un côté un peu suranné contrebalancé par des histoires prenantes. 


dimanche 10 septembre 2017

L'Epée Enchantée, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Récemment, j'ai récupéré quelques tomes solo de la Romance de Ténébreuse. Adieu donc pour le moment les intégrales (ma bibliothèque n'est pas vraiment contente..., nous n'aimons pas quand je dépareilles les collections...). Je continue tout de même dans l'ordre des dites intégrales, histoire de ne pas trop me perdre.

L'Epée Enchantée, La Romance de Ténébreuse, Marion Zimmer Bradley

Editeur : Pocket
Collection : Science-fantasy
Année de parution : 1988
Titre en Vo :Darkover, Against the Terrans : The First Age, book 2 : The Spell Sword
Année de parution en VO : 1974
Nombre de pages : 217

A lire si :
- Vous voulez continuez la romance de Ténébreuse
- Vous aimez le mélange Sf/Fantasy

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les demoiselles en détresse
- Vous voulez des héroïnes

Présentation de l'éditeur :

Andrew Carr rêvait de trouver un monde où quelqu'un l'attendrait. C'est sur Ténébreuse qu'il entend l'appel, qu'il voit l'image de cette fille aux cheveux de feu : Callista. Elle-même est enfermée dans un lieu obscur. Où ? Elle n'en sait rien. Elle a lancé l'appel, et c'est Andrew qui l'a reçu. Leurs esprits s'unissent dans un déferlement d'intime tendresse. Alors il part en quête de la prisonnière -infiniment lointaine, infiniment proche de lui. Un jour, il retrouve ses parents : ils la cherchent à tous les niveaux de réalité, impuissants à rentrer en contact avec son esprit malgré leurs pouvoirs psi. Surpris qu'un Terrien ait reçu son appel ; ils choisissent de lui faire confiance. Ensemble, ils affronteront l'invasion des cruels hommes-chats, experts à lacérer les âmes. Mais qui trouvera l'abîme où est plongée Callista la très belle ?

Mon avis

L'épée Enchantée fait partie de ce qu'en France on a nommé l'Age de Damon Ridenow. Plus largement, comme l'intégrale trois, il fait partie de la Redécouverte. Les divers tomes de cet âge de Damon Ridenow semble se passer presque en même temps que les tomes des Renonçantes de la troisième intégrale. Voilà pour la situation temporelle de l'Epée Enchantée. Une situation qui n'est pas du tout pour l'aider, surtout en suivant l'ordre des intégrales. Je vais vous expliquer ça plus tard.

Andrew Carr est un terrien qui, suite à une entrevue avec une voyante Ténébrane, décide de rester sur la planète. Il fait partie d'une expédition cartographie lorsque son avion s'écrase. Seul survivant, blessé, il ne va pas tarder à suivre les autres membres dans les enfers de Zandru.  C'était du moins sans compter la présence d'une jeune femme fantomatique qui va le conduire jusqu'à Armida. Entre temps, nous suivons aussi Damon Ridenow, appelle par sa parente Ellemir à la rescousse après l'enlever de la jumelle de celle-ci, Callista. C'est donc le sauvetage de Callista que relate l'Epée Enchantée.

Un sauvetage qui ne m'a absolument pas enthousiasmé. Déjà parce qu'après le cycle des Renonçantes, je trouve ce tome-là particulièrement peu tourné vers les personnages féminins. Les hommes prennent une place particulièrement importante et voilà les deux jumelles reléguées à des rôles bien secondaire. Tout l'inverse en fait des Renonçantes. Je me demande ce qui fait cette différence ? Le fait que l'Epée Enchantée est été écrit avant les Renonçantes ? Je suppose que cela peut être un élément de réponse. Il n'empêche, que trop habituée à voir les femmes ne pas se laisser faire, Ellemir et Callista m'ont paru bien fades.

Elles n'ont d'ailleurs pas été les seules à être fades pour moi. Et c'est bien là le plus gros problème de ce premier tome de l'Âge de Damon Ridenow, aucun personnage n'a trouvé grâce à mes yeux. Mais vraiment aucun. Andrew aurait pu être sympa jusqu'à ce qu'il devienne crétin en découvrant qu'il a eu le coup de foudre pour Callista, Damon est lâche qui ne fait pas grand chose et il n'est intéressant qu'au moment où son esprit est occupé par son futur beau-père, Dom Esteban. Les filles sont effacées, ne servent pas à grand chose, Dom Esteban est le stéréotype du barbare guerrier. Bref, rien ne m'a plu. Et c'est bien la première fois que cela m'arrive avec un Zimmer Bradley.

Quant à l'histoire, ben, là aussi, j'ai connu bien mieux. Vraiment. C'est dommage parce qu'elle avait un fort potentiel cette histoire, surtout concernant l'apparition de pouvoirs psychique chez Andrew. Mais non, je n'ai pas réussi à m'y intéresser et cela à cause des personnages. Ils sont réellement le point faible de ce roman pour moi (et ils seront aussi dans le tome suivant... je crains le pire du coup).

Au final, pour moi, ce tome-là de Ténébreuse est le premier que je n'ai pas du tout apprécié. Je l'ai lu parce qu'il est court et que ça m'embête quand même un peu de rater un des tomes de la série. Surtout qu'il semble avoir une petite importance tout de même pour la suite. Mais voilà, il n'est pas du tout passé avec moi. J'espère que la suite sera bien mieux.


lundi 4 septembre 2017

Un pont sur la Brume, Kij Johnson

Parce que je suis fan des couvertures d'Aurélien Police et que ma première incursion dans la collection une heure lumière m'avait plu, je me suis lancée dans cette novella dont je ne connaissais pas l'autrice mais dont on m'avait dit que du bien. Alors, ça donne quoi ?

Un pont sur la Brume, Kij Johnson

Editeur : Le Bélial'
Collection : Une heure lumière
Année de parution : 2016
Titre en VO : The Man Who Bridged the Mist
Année de parution en VO : 2011
Nombre de pages : 138

A lire si : 
- Vous voulez une aventure humaine
- Vous aimez lorsque les personnages sont creusés
- Vous voulez une ambiance calme et sereine

A ne pas lire si : 
- Vous voulez de la baston
- Vous n'aimez pas le calme

Présentation de l'éditeur : 

Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité… Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce Pont sur la Brume. La quatrième de couverture était alléchante, la couverture aussi (mon amour pour les couvertures d'Aurelien Police me ferait faire n'importe quoi). Le format, un court roman me faisait dire que de toute façon, si je n'aimais pas, je ne perdrais pas non plus trop de temps avec. Bon, en réalité, j'ai râlé finalement qu'il ne fasse que 138 pages. 

Kit Meinem est architecte pour l'Empire. Il se voit confier la construction d'un pont sur le fleuve de brume, premier édifice qui permettra de relier les deux parties de l'Empire. Nous allons le suivre du moment où il pose le pieds sur le chantier jusqu'à celui où le pont sera inauguré. Soit cinq années. Or en cinq ans, il se passe beaucoup de chose, surtout sur le plan humain.

Ne vous attendez pas à de l'action, des accidents en voulez vous en voilà. Ici, l'autrice ne fait pas dans le gros sensationnel, ni dans les effets spéciaux. Non, elle se concentre sur son personnage, Kit Meinem et sur les personnes qu'il va rencontrer tout le long de son périple. Car oui, c'est un périple que de construire un pont. Un périple humain surtout. Et c'est là tout l'interet de ce court roman. Les rapports entre l'architecte et les gens dont il va d'une manière ou d'une autre changer la vie.

Les rapports entre Kit et les habitants de Proche et Loinville sont étudiés avec soin, sans en faire trop. Il est celui qui va leur apporter le changement. Il n'y aura plus à craindre de traverser le fleuve de brume avec les bacs. Les deux villages vont s'en trouver changer, d'une manière ou d'une autre. L'afflux de monde pour la construction puis pour le passage entre les deux rives après la construction. Si pour la plupart des habitants, tout cela semble fort bien, ce n'est pas le cas pour une famille de Loinville, les Bac, qui comme leur nom l'indique, pilote les bacs permettant le passage.

Ainsi les vies de Rasali et de son neveu Valo vont se trouver entremêler à celle de Kit. Et c'est particulièrement bien fait. D'ailleurs, ce sont ces amitiés qui vont ponctuer le roman. De biens belles amitiés d'ailleurs. Si avec Rasali, on sent très rapidement qu'il se passera surement quelque chose, la relation avec Valo m'a semblé un petit plus intéressante. Le jeune homme ne voit pas d'un bon oeil le pont au départ. Il changera au fur et à mesure. Il ne sera pas le seul à changer. Kit aussi. D'ailleurs, il est le seul dont on voit l'évolution depuis avant le pont. 

On s'attache réellement au personnage de Kit Meinem. J'ai aimé le suivre dans ses doutes, nombreux, ses peines, mais aussi ses joies et ses réussites. Kij Johnson a vraiment réussi à créer un personnage vivant, avec ses défauts et ses qualités sans en faire trop. D'ailleurs, il en va de même avec les autres personnages que nous découvrons. Et il n'y a pas que les personnages qui sont réussi. Toute l'histoire l'est. Bien que cinq années soient condensées en 138 pages, on ressent bien le passage du temps et les diverses avancées des travaux. Et puis, le texte est doux. Je ne sais comment le dire autrement. J'ai ressenti une certaine sérénité en le lissant. C'est assez compliqué à décrire en fait.

Au final, j'ai donc beaucoup apprécié ce texte qui parle de construction, à la fois matériel et humaine. Je l'ai trouvé frais dans une production littéraire SFFF qui essaie toujours de faire plus que l'autre. C'est doux, c'est beau, ça se lit non pas d'une traite mais en profitant de chaque pages. Je dois bien dire que j'aimerais tomber sur plus de romans comme celui-ci. Pas d'ennemis, pas de bataille, juste la vie. Bref, un coup de coeur.

dimanche 3 septembre 2017

Le Vol du Dragon, La Ballade de Pern, Tome 1, Anne McCaffrey

Je me lance enfin dans la Ballade de Pern, une saga qui je voulais depuis très longtemps. Il me semble que j'en ai entendu parlé en même temps que la Romance de Ténébreuse, lorsque j'avais une quinzaine d'année, peut-être moins. Il était plus que temps que je commence !

Le Vol du Dragon, La Ballade de Pern, Tome 1, Anne McCaffrey

Editeur : Pocket
Collection: Science-fantasy
Année de parution : 1989
Titre en VO :Dragonriders of Pern, book 01: Dragonflight
Année de parution en VO : 1968
Nombre de pages: 310

A lire si :
- Vous voulez une saga mais dont les tomes ne sont pas forcément des suites.
- Vous voulez de la SF et de la fantasy en même temps.
- Vous voulez des dragons

A ne pas lire si :
- Vous aimez les grandes et longues descriptions
- Vous n'aimez pas les têtes à claques

Présentation de l'éditeur :

Tout est calme en tous lieux sur la planète Pern.Les terrifiantes incursions des Fils argentés ont cessé depuis des temps immémoriaux. Les habitants ne savent plus pourquoi ils vivent dans des grottes et versent la dîme aux chevaliers-dragons. On ne croit plus les mythes relatifs à leurs folles chevauchées sur les grands dragons télépathes et à leur lutte d'éclat contre les redoutables Fils, qui anéantissaient toute vie organique. Les dragons deviennent rares dans le ciel de Pern.Mais le chevalier F'lar, maître du dragon Mnementh, se remet à étudier les vieilles légendes. L'Etoile Rouge se rapproche. Bientôt les Fils se remettront à tomber. Sur Pern il faut organiser la défense, et pour commencer rendre à la race des dragons son antique fécondité. Une nouvelle Reine va naître. Il faut une fille énergique pour la chevaucher. Où trouver celle en qui survit le don ancestral ?

Mon avis

Comme l'autre grande saga de Science Fantasy écrite par une femme, j'ai nommée la Romance de Ténébreuse connue de ceux qui viennent par ici (et dont je reparlerais bientôt puisque je me plonge à nouveau dans l'univers de Zimmer Bradley), La Ballade de Pern mêle sans vergogne SF et Fantasy. Et comme Ténébreuse, l'ordre de lecture peut être différent. J'en parle dès maintenant. Pour Ténébreuse, j'ai choisi l'ordre de l'histoire (et plus particulièrement celui des intégrales à la base). Pour Pern, et suivant les conseils de lecture de Vert et donc de suivre l'ordre de parution des tomes. Il parait que c'est mieux pour une première lecture et de toute façon, ayant récupérer pas mal de livres de Pern anciens (pas les intégrales donc, que j'achèterais pourtant surement pour compléter les livres que je n'ai pas...), je peux me permettre de les lire comme j'en ai envie. Bref, cela étant dit, je vais m'arrêter de comparer deux minutes Ténébreuse à Pern et à parler d'ordre de lecture pour entrer dans le vif du sujet, ce premier tome de la Ballade de Pern.

Ce premier tome nous entraine directement sur Pern, planète ressemblant à notre Terre mais dont les ressources sont bien moindres. Pern est un monde à l'aspect très médiéval, pastoral aussi. Ici, peu de technologie. Rapidement, le lecteur apprend que Pern est régulièrement menacé par la Chute des Fils, venant d'un planétoïde passant dans son orbite toutes les deux cents révolutions environs. Mais voilà, au moment où notre histoire commence, cela fait quatre cent révolution que la Chute n'a pas eu lieu. Depuis tout ce temps, beaucoup ont fini par croire que cela n'arriverait plus...

Ainsi dans les Forts, on ne fait plus attention aux vieilles traditions, on oublie volontairement la dîme envers les Chevaliers-Dragons, seuls à pouvoir contrer les Fils. D'ailleurs, sur six Weyrs (bastion où se vivent les Chevaliers-Dragons et leurs Dragons), il n'en existe plus qu'un. Or sa reine dragon vient de mourrir. Commence alors la Quête pour trouver la future Dame du Weyr qui sera associé à la nouvelle reine encore à naitre. Commence alors pour nous l'histoire de la Ballade de Pern.

Le Vol du Dragon est un tome d'introduction. Autant au monde de Pern lui-même qu'à l'un des plus importants cycles dans le cycle. Et je trouve qu'il est très bien pour se mettre en bouche. Est-ce parce que justement il a été le premier tome écrit par McCaffrey ? C'est plus que probable. Je me demande d'ailleurs comment les auteurs de ce genre de cycle où les tomes semblent ne pas réellement se suivre dans le temps font pour imaginer tout cela. Mais bref, passons à la suite.

Tout commence avec l'apparition dans le ciel de Ruatha de l'Etoile Rouge, annonciatrice du retour des Fils. Mais personne, si ce n'est la jeune Lessa, n'y prend garde. En même temps, commence pour le Weyr de Benden la Quête qui lui permettra de trouver sa nouvelle Dame du Weyr. Nous voilà donc à faire la connaissance de Lessa, héritière de Ruatha dont le Fort familial a été attaqué il y a une dizaine de révolution et dont toute la famille fut décimée, et de F'Lar, chevalier-dragon, seul à croire au retour de la Chute des Fils. Les deux seront le fils conducteur du Vol du Dragon. 

Anne McCaffrey commence sa Ballade de manière finalement assez classique côté fantasy. On trouve d'ailleurs peu de SF dans ce tome-ci, je pense que la dénomination de Science Fantasy est venu par la suite (j'en reviens à Ténébreuse qui dès le premier roman (projet Jason, pas encore lu) pouvait être classée comme telle). Une jeune femme qui se retrouve être élue sans le vouloir, un chevalier... Tout cela aurait pu être très mais alors très stéréotypé. Or, ce n'est pas le cas. Rapidement les enjeux dépassent largement ce qui aurait presque pu faire un conte de fée. Car le danger est bien présent. Et si on ne trouve pas de "vrais" méchant (si ce n'est les fils), l'histoire est remplie de tensions. De plus, l'autrice ne rendre pas dans les détails insignifiants. Elle va droit ) son but, parfois de manière un peu trop abrupte. Ce qui fait que malgré la densité de ce qu'il se passe, le livre en lui-même ne fait que 310 pages, chose qu'on aurait du mal à trouver de nos jours. Pour ma part, j'apprécie grandement cela. Des romans courts mais efficaces.

Efficaces, effectivement, mais pas sans défaut par contre. Le premier pour moi ce sont les personnages. Si Lessa et F'Lar sont fort sympathiques à suivre, ils sont peut-être les seuls à l'être. McCaffrey ne s'attardent pas vraiment sur les autres et réussit presque à les rendre tous semblables. Heureusement le caractère de son couple principal gomme ce défaut-là (faut pouvoir se les faire les deux...). Autre chose, le coté parfois un peu trop je m'attarde sur un truc qui semble ne pas du tout avoir d'importance et je passe en deux lignes même pas sur quelque chose qui en a réellement. Disons que parfois, l'autrice va bien trop vite pour moi. Je lui trouve aussi parfois des accents un peu trop "adolescent". Disons que la saga peut être lu par les plus jeunes mais que certains passages sont décidément sombre et bien plus adultes (l'accouplement des dragons par exemple... et ce qu'il en découle côté humain). 

Mais autant le dire, ce ne sont pas ces petits défauts qui m'ont empêcher d'adorer cette lecture. Parce que vraiment, l'univers de Pern, cette première vision de cet univers, m'a beaucoup plu. Je ne sais pas si c'est le côté médiéval, les dragons, Lessa et F'Lar ou alors le côté un peu trop utopiste du livre (tout le monde s'entraide sans se poser de questions, c'est assez rare dans un roman, voire même dans la vie), mais je veux vraiment en découvrir plus sur Pern. A tel point que j'ai failli enchainé direct avec la suite, La Quête du Dragon (finalement, j'ai préféré attendre un peu et me relancer dans Ténébreuse...).

En conclusion, voilà un début de cycle plaisant qui donne envie de lire la suite. J'ai adoré l'univers de Pern, son système, sa mythologie que nous ne faisons qu'effleurer pour l'instant, ses dragons et les personnages qui peuplent ce premier livre. J'ai hâte de voir où tout cela va me mener et de connaitre ce qu'il a pu se passer avant et après ce tome-là.