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lundi 4 juin 2018

Ecriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Voilà un bon moment que je voulais lire ce petit livre sur l'écriture par monsieur Stephen King. Mais en même temps, j'avoue que je ne le cherchais pas beaucoup. Jusqu'à ce que je tombe sur lui il y a deux semaines. Il m'aurait fallu un tout petit peu plus qu'une journée pour le lire.

Ecriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2011
Titre en VO : On Writing : A Memoir of the Craft
Année de parution en VO : 2000
nombre de pages : 350

A lire :
- Vous voulez des conseils pas de recette miracle
- Vous voulez comment Stephen King est devenu Stephen King l'auteur à succès

A ne pas lire si : 
- Vous voulez la recette miracle pour devenir un best-seller (spoiler alert : ça n'existe pas)

Présentation de l'éditeur : 

Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l'un et l'autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l'écriture et la vie. Résultat : ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu'est l'inspiration. Une fois encore Stephen King montre qu'il est bien plus qu'un maître du thriller : un immense écrivain. La vie n est pas faite pour soutenir l'art. C'est tout le contraire.

Mon avis

Ecriture est un livre un peu hybride, entre l'autobiographie et l'essai sur l'écriture. A vrai dire, les deux sont finalement extrêmement liés puisqu'au lieu de donner la recette miracle, Stephen King va plutôt expliquer comment lui (et le lui est important dans tout ça) est devenu le romancier qu'il est. Je vais tout de même séparer l'avis en deux, une par partie.

La première partie se nommes C.V.. Et comme son nom l'indique, c'est la partie la plus autobiographique des deux. Stephen King retourne dans le passé pour nous expliquer comment il est devenu écrivain. Alors, oui, à part vous dire qu'il faut persévérer, cette partie n'est pas pleine de conseil. Elle reste tout de même passionnante pour qui apprécie l'auteur et qui veut comprendre d'où lui vient son amour pour le genre horrifique/thriller. Je dois bien dire que pour moi, la partie est aussi importante. King a commencé à écrire très jeune, influencé par ses lectures et par les films qu'il allait voir au cinéma. Pour tout dire, la partie C.V. nous parle finalement plus de "tout a pu lui venir l'inspiration" que de "ma vie de l'enfance à l'âge adulte". On se rend vite compte que le jeune King, ben, c'est un apprenti auteur comme les autres, qu'il n'y est pas arrivé d'un coup et qu'il lui a fallu bien des années pour en arriver là ou il est. Une belle leçon pour tout ce qui pense qu'être écrivain c'est ultra simple, suffit d'aligner des mots les uns après les autres. 

La seconde partie, Ecriture, est celle qui intéressera sûrement le plus les auteurs en devenir, les jeunes écrivains. Mais attention, ici, pas de recette miracle. King le répétera régulièrement, cela n'existe pas (et si vous avez déjà écrit un peu, vous le savez déjà). Il va nous donner des conseils, un peu dans le style vieux roublards parlant aux jeunes. En tant que jeune autrice, je dois bien dire que j'ai dévoré cette partie en prenant des notes le plus souvent possible. Les conseils de monsieur King sont connus de beaucoup (de moi aussi, hein) mais il ne fait pas de mal de les relire. On retrouve en premier le fameux "écrire beaucoup, lire beaucoup" mais pas que. En prenant des exemples dans ses propres livres mais aussi sur d'autres, ses conseils sont particulièrement vivants et surtout parlant (pour les dialogues par exemple). Alors, je ne vais pas vous faire un inventaire des conseils de King ici, je vous laisse lire le livre pour cela. Il n'empêche que pas un seul n'est dispensable au final et que même s'ils ne feront pas de vous le super auteur de best-seller qu'est Stephen King, ils vaut mieux les garder en tête.

Outre les conseils et l'autobiographie de King, j'ai clairement apprécié retrouvé la même plume que dans les romans de l'auteur. King ne nous prend pas pour des buses et nous parle franchement. Tiens, d'ailleurs, c'est un de ses conseils, ça, être franc, sincère avec son lecteur. On est assez loin de ce qu'on peut voir dans ce genre d'essai, une liste de point et son explication presque sans vie. Non, ici, on se penserait presque dans un roman un peu plus particulier que les autres.

Au final, j'ai vraiment apprécié cette lecture, et cela pour les deux parties. La première est vraiment sympathique à la fois pour les fans de King que pour les apprentis auteurs. Quant à la seconde, on s'en doute, elle est des plus instructives et permet vraiment à l'apprenti de réfléchir sur les conseils donnés et non de les appliquer bêtement(enfin, pour certain, si, pour d'autre non). Je dois bien dire que je compte garder ce petit livre non loin de moi lorsque j'écris (et plus particulièrement lorsque je corrige)(à l'inverse de King, je n'aime pas la partie relecture/correction). En tout cas, je le recommande vraiment.

lundi 26 juin 2017

Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

A trente et un ans, je me lance enfin pour lire du Simone de Beauvoir. Je voulais découvrir la femme par ses écrits. Et quoi de mieux pour ce début de découverte que les mémoires de ses jeunes années ?

Mémoires d'une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2008
Nombre de pages : 473

A lire si :
- Vous voulez découvrir Simone de Beauvoir
- Vous aimez les autobiographies

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand il y a beaucoup de dialogue

Présentation de l'éditeur : 

Je rêvais d'être ma propre cause et ma propre fin ; je pensais à présent que la littérature me permettrait de réaliser ce vœu. Elle m'assurerait une immortalité qui compenserait l'éternité perdue ; il n'y avait plus de Dieu pour m'aimer, mais je brûlerais dans des millions de cœurs. En écrivant une œuvre nourrrie de mon histoire, je me créerais moi-même à neuf et je justifierais mon existence. En même temps, je servirais l'humanité : quel plus beau cadeau lui faire que des livres ? Je m'intéressais à la fois à moi et aux autres ; j'acceptais mon "incarnation" mais je ne voulais pas renoncer à l'universel : ce projet conciliait tout ; il flattait toutes les aspirations qui s'étaient développées en moi au cours de ces quinze années.

Mon avis

Simone de Beauvoir est particulièrement connue pour son engagement féministe, sa vie avec Sartre et bien sûr son oeuvre littéraire et philosophique. Mais si je connais tout cela (enfin pas vraiment son oeuvre puisque je n'avais pour l'instant rien lu d'elle), elle restait pour moi un mystère. Alors pour la connaitre, j'ai voulu commencé non par un de ses romans mais par ses premières mémoires. Parce qu'elle en a écrit d'autres. Mémoires d'une jeune fille rangée relate sa vie de sa naissance à la fin de ses études, soit jusqu'à ses vingt et un ans.

Il est souvent compliqué de donner son avis sur des mémoires. Soit on apprécie le personnage soit pas du tout. L'auteur se livre,  livre ses souvenirs, parfois les enjolive, parfois pas. C'est un exercice difficile pour lui mais aussi finalement pour le lecteur. On se demande ce qui est vrai, ce qui a pu être ajouté par la suite, si les souvenirs sont exacts. On cherche l'auteur au moment de l'écriture avec ses idées plus mûres, avec le contexte de l'époque d'écriture. J'aime les autobiographie personnellement pour tout cela. Non pour découvrir la vérité sur certaines années de l'auteur, mais pour voir comment il se souvient de tout cela, comment plus tard, il se voit.

Il y a dans ce livre beaucoup de la Simone de Beauvoir plus âgée, dans la manière dont elle écrit, dont elle voit les choses, dont elle se revoit. Au lieu d'une succession de faits et gestes, marquant ou non, elle part d'une chose, parfois anodine, pour développer sa pensée. Ici, nous ne connaîtrons pas complètement son enfance, son adolescence. Nous ne suivrons pas ses pas, du moins pas tous. Et c'est assez appréciable de la voir porter son jugement d'adulte sur l'enfant qu'elle a été. Sans parler du fait que je préfère largement lire ses interrogations que ce qu'elle a pu faire.

Surtout que de part sa formation de philosophe, elle s'interroge beaucoup sur pas mal d’événements de sa vie. Sans parler du fait qu'elle a toujours cherché sa vérité sur la vie. La jeune Simone, ses interrogations, la manière dont elle voit le monde, tout cela est vraiment passionnant. J'ai aimé voir comment elle a construit sa pensée, au fur et à mesure des années, des rencontres aussi. J'ai adoré son amitié avec Zaza, la distance et en même temps le rapprochement suivant les époques de leur vie. J'ai aimé voir la jeune Simone un peu trop élitiste quant à ses amitiés, voire juste quant aux gens qu'elle croise. Elle m'a souvent rappelé une autre personne (moi-même en fait) qui se jugeait supérieure aux autres parce qu'elle se passionnait pour la littérature et des questionnements plus métaphysiques que les jeunes de son âge. Je crois d'ailleurs que c'est cela que j'ai le plus aimé en cette Simone de Beauvoir jeune. Une certaine ressemblance avec celle que j'ai été, sans aller dire en même temps que je suis comme elle. J'ai aimé retrouvé les mêmes problèmes chez elle que chez moi à l'adolescence, cette quête d'une vie qui mérite d'être vécu et n'ont pas subie. Et c'est amusant de se dire que quelques 80 ans plus tôt, les préoccupations de la jeunesse n'était pas si loin des nôtres.

Pour finir, parlons un peu de la Simone de Beauvoir féministe qui commence à voir le jour dans ses lignes. Elle, fille de la bourgeoisie dont le seul rôle semble être de faire un bon mariage (arrangé de préférence), se révolte contre tout cela. Elle veut être l'égale des hommes. A une époque où cela n'est pas si simple, elle va pourtant essayer et même parfois y arriver. Et même si elle ne met alors pas le mot, on sent la féministe en elle. Son féminisme se construit petit à petit parfois par à coup. Elle le voit alors comme une lutte contre ses parents, contre sa classe sociale, contre une vie qui ne lui rapporte rien. En fait rien ne la prédestiné à être la féministe que l'on connait. Des parents bourgeois, une mère pratiquante et parfaitement soumise à son mari, qui inculque à ses filles la même éducation qu'elle a pu avoir, une famille où l'homme est toujours vu comme le supérieur. Ce sera surement les paroles de son père, qui lui disait qu'elle avait un cerveau d'homme, qui la menera dans cette quête de l'égalité hommes-femmes.

Au final, je sors de ma lecture avec une grande opinion de la jeune Simone de Beauvoir et de l'autrice qu'elle est devenue. J'ai adoré son écriture, sa manière de voir les choses, de se revoir aussi, sans en faire forcément trop. Elle livre son enfance sans trop l'enjoliver, voire même en étant très critique sur elle-même. Cette première approche de Beauvoir a été un plaisir et je compte bien la lire encore et encore (j'ai le choix, des romans, d'autres mémoires...). 




vendredi 19 février 2016

Journal d'un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

Il faut absolument que j'arrête de me dire que je vais acheter les livres qui me plaisent que lorsqu'ils sortiront en poche. Encore une fois, je n'ai pas tenu. Mais c'est un Malzieu et j'aime sa façon de raconter des histoires. En plus de ça, Journal d'un vampire en pyjama n'est pas un roman, mais un témoignage. Bon d'accord, je suis faible. Mais ça en vaut la peine.

Journal d'un vampire en pyjama, Mathias Malzieu

Editeur : Albin Michel
Collection :
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 240

A lire si :
- Vous voulez retrouver l'écriture poétique de Malzieu 
- Vous voulez un témoignage sur la maladie qui ne tombe pas dans le pathos

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à un roman
- Vous voulez juste un témoignage non romancé

Présentation de l'éditeur : 

Me faire sauver la vie est l’aventure la plus extraordinaire que j’aie jamais vécue.

Mon avis 

Commençons par le livre objet. Il est beau, tout de noir vêtu avec ce petit bonhomme tout mignon (qui a fleuri dans les rue de Paris si j'en crois Instagram) avec le nom de l'auteur et le titre en surimpression. C'est très classe, sans en faire trop. Le genre de couverture qui n'attire peut-être pas le regard dans la librairie parmi les autres mais qui fait son petit effet lorsqu'on tient le livre entre les mains. J'aime beaucoup et je me doute qu'on ne retrouve pas le même effet lorsqu'il sera en poche (Oriane qui se trouve des excuses pour l'achat du GF...). Ce que je trouve amusant, c'est que forcément, ça fait roman pour moi. Et ce n'est pas vraiment le cas.

Mathias Malzieu a déjà écrit des livres très autobiographique (le magnifique Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi (que j'ai en poche et en GF, le seul livre que j'ai en double(et dont je ne me séparerais ni de l'un ni de l'autre)) écrit après le décès de sa mère ou encore le Plus petit baiser jamais recensé où il raconte le début de son histoire d'amour avec Rosy), mais chaque fois, il a romancé tout cela, donnant un air de fantastique à une vie ordinaire. Il s'est souvent caché derrière ses narrateurs même si nous savions, nous lecteur, qu'il en était le héros. Cette fois, adieu narrateur, adieu roman, bonjour journal. Malzieu se livre, livre ce qu'il a pu vivre pendant un an suite à la découverte d'une maladie auto-immune qui aurait pu le terrasser. 

Alors que Jack et la Mécanique du cœur est sur le point de sortir, Mathias Malzieu découvre qu'il est atteint d'une aplasie médullaire, une maladie rare et auto-immune qui s'attaque à sa moelle. Seuls moyens de le sauver, des transfusion sanguine, de la chimiothérapie et surtout une greffe de moelle osseuse. Commence alors une course contre la montre et la maladie, jusqu'à la greffe de moelle grace à un don de cordon ombilical. Il sera soigné, renaître d'une nouvelle mère biologique avec un nouveau groupe sanguin après deux séjours en chambre stérile (non ce n'est pas un spoil, après tout, s'il ne l'avait pas été, il ne sera plus là et son témoignage non plus). Journal d'un vampire en pyjama couvre donc cette période où avec la poésie qu'on lui connait, Mathias se transforme en vampire obligé d'avoir le sang d'un autre pour continuer à vivre. 

Même si c'est un journal, Malzieu romance un peu l'histoire. Il y introduit le personnage de Dame Oclés, celle qui personnifie ses doutes, ses moments de faiblesses face à la maladie. C'est le seul personnage inventé, les autres sont de vraies personnes, des proches de l'auteur. Il rend aussi hommage aux docteurs, infirmiers et aide-soignant, ces personnes de l'ombre, ces donneurs d'espoir quand tout semble aller mal.  Il nous raconte les petits et grands moments, les doutes, les joies et lorsque le moral est au plus bas, les amis qui disparaissent à l'annonce de la maladie, ceux qui restent. Malzieu a affronté le tout porté par l'amour de Rosy, de sa famille, par un personnel soignant qui semble vraiment génial et il nous le fait bien ressentir. C'est assez étrange d'entrer comme ça dans sa vie alors qu'il l'a toujours fait en sorte de romancer celle-ci, de nous faire croire que ce n'était pas la sienne propre. Le seul lien entre les précédents livres et celui-ci reste l'amour des mots de l'auteur, les mots valises à la mode Vian et cette manière de raconter quelque chose de grave sans tomber dans le pathos.


De cette "aventure" n'est pas né que lui et ce journal. Avec Dionysos (qui lui aussi est né deux fois), il a composé le disque de ce combat (que l'on peut retrouver en CD, vinyle ou sur Deezer pour ceux qui veulent se faire une petite idée) qui se laisse fort bien écouter et qui complète le livre (on y découvre Blues Hospital écrite lors du second séjour en chambre stérile, Dame Oclés ou encore I follows River qu'il jouait aux nymphirmières). 


C'est donc un très beau livre, un joli combat gagné et une belle leçon d'espoir (et à présent je sais plus précisément à quoi pourra servir le cordon ombilical dont j'ai fait don à la naissance de ma fille). C'est un livre très intime, sur un héros ordinaire qui retour à la vie (extra)ordinaire. C'est beau et souvent triste, c'est dur et en même temps plein d'espoir. 

samedi 2 janvier 2016

A ton nom, Damien Saez

Le premier livre de l'année, et mon âme de fangirl crie tout ce qu'elle sait. Je suis tombée sur le livre, trop court, à la librairie la semaine dernière, je n'ai pas pu m'empêcher de le prendre (depuis le temps que je le cherchais). Je suis retombée en adolescence à sa lecture. 

A ton nom, Damien Saez

Editeur : Actes Sud
Collection : le souffle de l'esprit
Année de parution : 2001
Nombre de pages : 53

A lire si : 
- Vous aimez Saez

A ne pas lire si :
- Vous ne l'aimez pas

Présentation de l'éditeur : 

En moins d'un an, avec un seul et premier album vendu à plus de deux millions d'exemplaires, Damien Saez - vingt-quatre ans, auteur, compositeur, chanteur du groupe Saez - est devenu l'une des voix les plus écoutés des adolescents. Ses textes se font écho de la solitude et de la révolte de toute une génération privée d'idéologie et de rêves.
Ce livre de Damien Saez contient les paroles inédites de quelqu'unes des chansons de son prochain album (note de moi : il s'agit des textes de God Bless, son second album sorti en 2002).

Mon avis

Comme je le disais en introduction, ce n'est pas l'auteure impartiale du blog qui va parler aujourd'hui, mais l'adolescente et l'adulte qu'elle est devenue et qui connait par coeur les textes de Saez. En 1999, à la sortie de Jeune et Con, son premier album, j'avais treize ans, mal dans ma peau, mal dans ma tête.  Forcément, il m'a parlé. J'ai depuis, continué à suivre ce qu'il a pu écrire, chanter, je suis allée le voir en concert, je suis capable de chanter ses quatre premiers albums sans le moindre problème... S'il reste un chanteur de ma jeunesse, c'est bien lui. Je continue encore à l'écouter, au moins un album par semaine. C'est marrant parce que de mes chanteurs de jeunesse, ne reste finalement que lui. Vous comprendrez donc que je ne vais pas être objective.

Le petit recueil se compose d'une partie de ses premières chansons. Elles n'y sont pas toutes, et ce sont les plus engagées. Forcément, il en manque que j'adore plus que tout. L'autre partie, fort courte au final, est une espèce d'autobiographie/pensée sur ce qu'il pensait en 2001, sur le monde qui nous entourait et nous entoure encore d'ailleurs. C'est assez noir, il n'a jamais eu une vision agréable de ce qui nous entoure. Cela pourrait déplaire, tout comme ses textes. Mais personne n'est parfait.

La partie chanson regroupe donc douze textes. En 2001, année de la sortie du recueil, quatre d'entre elles étaient déjà sorties dans Jeune et Con (d'ailleurs, Jeune et Con n'est pas entière dans le recueil), les huit autres étaient donc inédites. C'est marrant, certaines n'avaient pas le même nom que dans God Bless (Solutions était entre l'Union par exemple). J'ai lu toutes les chansons avec les airs dans la tête, en fredonnant d'ailleurs certaines (ce qui a le don d'agacer Chéri, pourtant aussi fan que moi). Comme je le disais, ce sont les textes engagés que l'on retrouve. Je regrette forcément la non apparition d'autres (Jours Etranges, Montée la-haut, Allélujah, No place for us, Je veux qu'on baise sur ma tombe, St Petersbourg) mais je comprends aussi le choix éditorial et surtout la place de celle-ci par rapport aux petits textes autobiographiques/pensées qu'elles entourent. Je pense aussi qu'elles font parties de ces chansons qui permettent de comprendre Saez, le jeune Damien Saez. Forcément, en vieillissant, et même si le combat est le sensiblement le même, son engagement à légèrement changer.  

Pour la partie Autobiographie/pensée, je suis restée un peu bête en la lisant, pas que ce qu'il dit ne me plait pas, juste que 15 ans plus tard, je ressens les mêmes choses que lui en 2001 et que finalement, rien n'a vraiment changé. C'est aussi la partie que certain ne verront pas du même yeux, forcément. Il ne mâche pas ses mots, écrit comme il pense et s'en prend régulièrement à tout notre système. Le tout est écrit dans un style proche de ce qu'il peut faire pour ses chansons, liant parfaitement le tout.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé ma courte lecture. L'aurais-je apprécié si Damien Saez avait eu une autre place dans ma vie ? Je ne serais le dire. Peut-être pas. Il me semble que c'est vraiment un recueil pour les fans, ceux qui ont connus les premiers albums, le personnage tel qu'il l'était à ce moment-là. 

Maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver/acheter sa biographie, Damien Saez à corps et à cris de Romain Lejeune aux éditions Braquage pour finir de combler mon petit coeur de fan. 

lundi 15 septembre 2014

Merci pour ce moment, Valérie Trierweiler

Le livre de Valérie Trierweiler est arrivé sur mon bureau grâce à un collègue de travail. Je dois avouer que si on ne me l'avait pas prêter, je ne l'aurais pas lu. Pourtant, après avoir lu quelques passages pris au hasard, je me suis mise à le lire en entier.

Merci pour ce moment, Valérie Trierweiler

Editeur : Les Arènes
Collection :
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous avez vous aussi une dent contre Monsieur Hollande
- Vous voulez en savoir plus sur le rôle de la première dame
- Vous éprouvez de la sympathie pour l'auteure

A ne pas lire si ;
- Vous n'avez rien à faire des histoires de cœurs du président
- Vous voulez de la révélation choc

Présentation de l'éditeur :

Un jour, un amour violent a incendié ma vie. Il avait quatre enfants. J’en avais trois. Nous avons décidé de vivre ensemble. Mais la politique est une passion dévorante. Parti de très loin, François Hollande a été élu président de la République. J’ai été aspirée dans son sillage.
Le pouvoir est une épreuve pour celui qui l’exerce, mais aussi pour les siens. À l’Élysée, je me sentais souvent illégitime. La petite fille de la ZUP en première dame : il y avait quelque chose qui clochait.
J’ai appris l’infidélité du Président par la presse, comme chacun.
Les photos ont fait le tour du monde alors que j’étais à l’hôpital, sous tranquillisants. Et l’homme que j’aimais a rompu avec moi par un communiqué de dix-huit mots qu’il a dicté lui-même à l’AFP, comme s’il traitait une affaire d’État.
Tout ce que j’écris dans ce livre est vrai. Journaliste, je me sentais parfois à l’Élysée comme en reportage. Et j’ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour. 


Mon avis :

Je ne sais trop comment parler de ce livre. Je ne sais si je dois parler de son contenu, des personnes qui se trouvent dedans, faire un peu de politique (ce qui n'a jamais été le rôle de La Pile à Lire) ou simplement laisser cette lecture de côté et ne pas écrire dessus. Or, à l'ouverture du blog, je me suis promis de parler de toutes mes lectures. Alors, je crois que je vais parler de ce que j'ai pu ressentir en lisant le livre et de la manière dont je l'ai finalement abordé.

Parce qu'un livre comme celui-ci ne se lit pas comme un roman. Autant lire une autobiographie ou une biographie d'une personne morte depuis un moment ne me gêne pas, autant là, je lis quelque chose au cœur de l'actualité. Après tout, Valérie Trierweiler fut notre première dame et son ex compagnon est toujours notre chef d'état. Je n'ai pourtant pas voulu voir cet aspect là du livre. Parce que cela me gênait un peu. J'ai préféré les voir comme un PDG et son ex compagne, non comme ce qui fut le premier couple de France pendant quelques deux ans. De plus, cette vision-là peut être juste, Madame Trierweiler ne nous offrant pas vraiment de politique dans le livre, juste quelques bribes perdus dans son histoire et rien de bien croustillant. Ce qui n'est pas plus mal.

Ce n'est pas plus mal puisque Madame Trierweiler est une femme blessée, surement en colère et aigrie. Comme beaucoup de femme qui ont été trompée, il faut le reconnaitre. De part sa représentation médiatique, elle peut se permettre d'écrire un livre, là où les femmes "normales" se verraient rapidement mise en touche. Malheureusement, sa colère, sa rancœur, lui font aussi du tord. Elle parle beaucoup, elle regrette, elle dresse de l'homme qu'elle a aimé envers et contre tout un portrait fort peu flatteur. Et je me demande si cela est bien la réalité, ou si sa colère ne la pousse pas à exagérer. Elle n'est pas tendre avec François Hollande, qui semble ne pas l'avoir été non plus avec elle. Déjà qu'il n'avait pas une bonne image, je crois que là, il est carrément fichu.

Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de compassion pour V. Trierweiler. Peut-être parce que dans mon entourage proche, une femme, et pas n'importe laquelle pour moi a vécu une situation qui aurait pu être celle-ci. Une femme trompée, bafouée dont l'époux a cherché à revenir de multiples fois. Je n'ai par contre pas réussi à en avoir pour notre président, surement parce que de base, je ne l'aime pas vraiment. Mais je trouve aussi que l'auteure en fait bien trop et avec le buzz que le livre a fait à sa sortie, j'ai eu l'impression que ce n'était que cela, du buzz.

Et puis, je trouve que le livre souffre beaucoup de son écriture. Je m'attendais peut-être à mieux, à plus "journalistique" vu le métier de V. Trierweiler. J'ai trouvé l'écriture plate, fonctionnant trop à coup de flashback, me perdant régulièrement. Je trouve aussi que sortir ce livre-là, à ce moment-là, est étrange. L'auteure parle souvent de la notoriété et de la popularité de François Hollande, elle y faissait semble-t-il très attention. Alors est-ce la colère ou autres choses, mais là, le livre ne va pas aider le président à remonter dans les sondages. Et ce n'est qu'une contradiction parmi tant d'autres.

Au final, le livre peut être intéressant si l'on se penche plus sur le côté humain de l'affaire ou si on veut découvrir quelques fonctionnements de l'Elysée et encore. Après, oui, il se vend parce que les gens sont en mal de ragots et qu'ils pensent trouver de multiples secrets. Or, autant le dire, les phrases "chocs" sont toutes trouvables dans la presse. Bref, moi, j'ai assouvi ma curiosité. Je ne relirais surement pas le livre et ne le classerais pas dans les grands livres du moment. Je suis sure qu'il aura son petit succès mais qu'il ne restera pas dans les annales.

jeudi 16 janvier 2014

Jours sans faim, Delphine de Vigan

J'ai lu ce livre en une soirée, en début de semaine. Je n'avais pas encore pris le temps de venir donner mon avis par ici. Disons qu'il m'a fallu le digérer, parce que ce n'est pas forcément un livre simple sur un sujet qui ne l'est pas non plus.

Jours sans faim, Delphine de Vigan

Editeur : J'ai lu
Collection : /
Année de parution : 2009
Nombre de pages : 125

A lire si :
- Vous voulez vous plonger dans le quotidien d'une anorexie durant ses soins.
- Vous ne voulez pas du pathos

A ne pas lire si :
- Vous voulez voir une descente aux Enfers
- Vous voulez du pathos

 Présentation de l'éditeur : 

C’était quelque chose en dehors d’elle qu’elle ne savait pas nommer. Une énergie silencieuse qui l’aveuglait et régissait ses journées. Une forme de défonce aussi, de destruction.
Cela s’était fait progressivement. Pour en arriver là. Sans qu’elle s’en rende vraiment compte. Sans qu’elle puisse aller contre. Elle se souvient du regard des gens, de la peur dans leurs yeux. Elle se souvient de ce sentiment de puissance, qui repoussait toujours plus loin les limites du jeûne et de la souffrance. Les genoux qui se cognent, des journées entières sans s’asseoir. En manque, le corps vole au-dessus des trottoirs. Plus tard, les chutes dans la rue, dans le métro, et l’insomnie qui accompagne la faim qu’on ne sait plus reconnaître.
Et puis le froid est entré en elle, inimaginable. Ce froid qui lui disait qu’elle était arrivée au bout et qu’il fallait choisir entre vivre ou mourir.
 
Mon avis

J'avais aimé lire No et moi et Rien ne s'oppose à la nuit de l'auteure. Dans rien ne s'oppose, j'avais eu un aperçu de ce que pouvait être Jours sans faim. Cet aperçu m'avait donné envie de lire le bouquin. Alors quand il m'a fallut choisir entre lui ou Les Heures Souterraines dans ma PAL, c'est donc lui que j'ai pris.

Je m'attendais un peu à tout et n'importe quoi. Je pensais bêtement que nous aurions une belle partie sur le pourquoi du comment, sur la descente aux Enfers de l'anorexie, comment ça s'est passé, comment. En fait, j'avais tout faux, ou presque, puisque je savais que l'auteure nous parlerait aussi guérison. Elle nous parle surtout du parcours, long et dur pour sortir de la maladie. 

Et elle fait ça avec talent. Déjà parce que son écriture reste poétique, bien qu'ici, les phrases sont plus rudes, plus courtes. D'ailleurs, le texte est dur en lui-même. L'anorexie n'est pas une chose à prendre à la légère, je rappelle que c'est une vraie maladie, pas juste un effet de mode comme les médias voudraient bien nous le faire croire. Mais c'est aussi un texte d'espoir, puisqu'il parle de rémission. Tout cela est raconté sans tomber dans le pathos, sans en faire des caisses.Que se soit l'histoire de Laure (et donc celle de l'auteure) ou celle des patients du service, elles sont racontées sans fioriture, sans excès, même dans les moments durs.

J'ai vraiment aimé voir tous les sentiments que Laure pouvait ressentir face à sa guérison et face à sa maladie. Ce n'est pas un chemin droit, sans problème. Nous passons de l'envie de guérir au désespoir de perdre le contrôle, de l'envie de faire plaisir à tout le monde à celle de maigrir à nouveau... Et puis, il y a aussi les autres histoires, toutes aussi touchantes, même celle de la bleue à qui j'ai eu envie de mettre une baffe à sa première intervention. J'ai découvert un autre monde avec ce livre, celui de la maladie, de l’hôpital. C'est écrit de mettre juste. Surement parce que Delphine de Vigan a vécu tout cela (ce que j'ai donc appris en lisant Rien ne s'oppose à la nuit).

Je ne sais quoi dire de plus sur le roman. J'ai été touché par celui-ci, très. Trop pour bien en parler peut-être, pour donner un avis plus détaillé. De plus, il est court. Je vous conseille donc de le lire. Je pense que sur ce genre de bouquin il vaut mieux se faire son avis soi-même.

mardi 12 novembre 2013

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

Depuis que j'ai lu No et Moi, j'avais envie d'en découvrir plus sur son auteure. J'avais hésité entre Rien ne s'oppose à la nuit et les Heures Souterraines pour finalement prendre le plus récent des deux, dont l'histoire sur la quatrième de couverture me plaisait un peu plus.

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2013 pour mon édition, 2011 pour l'originale
Nombre de pages : 408  

A lire si :
- Vous aimez les biographies/autobiographies
- Vous aimez pouvoir lire les réfléxions de l'auteur

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la pure fiction

Présentation de l'éditeur :

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire. La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du Verbe, et celui du silence. Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. » Dans cette enquête éblouissante au cœur de la mémoire familiale, où les souvenirs les plus lumineux côtoient les secrets les plus enfouis, ce sont toutes nos vies, nos failles et nos propres blessures que Delphine de Vigan déroule avec force.

Mon avis :

Je lis rarement de biographie, encore moins d'autobiographie. A la base, c'est un genre que je n'aime pas beaucoup. Mais ici, c'était autre chose. Oui il y a l'aspect biographie, l'aspect autobiographie mais pas que. Ici, Delphine de Vigan nous offre aussi sa vision de ce qu'elle écrit, ses doutes, ses peurs, le pourquoi elle fait ça.

Passons d'abord sur l'aspect biographique, que se soit lorsqu'elle nous conte l'histoire de Lucile, sa mère, à la troisième personne ou qu'elle passe à la première, une fois qu'elle est née. J'ai apprécié ces parties pour leur histoire. Car l'histoire de Lucille n'est pas simple. La famille de Lucile vit dans la souffrance, celle de la mort d'un enfant, de l'autorité du père, de la vie en générale. Outre cela, on découvre aussi une époque, une ambiance, que Delphine de Vigan a su rentrer sans tomber dans le patho, et cela aurait été très facile pour elle. J'ai aimé découvrir les personnages, voir comment toute la famille évolue à partir d'un évènement qui chamboulera à tous leur vie. J'ai apprécié suivre Lucile, ses frères et sœurs dans leur vie grâce à toutes les anecdotes que nous livre Delphine de Vigan. J'ai eu l'impression de lire un vrai roman, non pas une biographie (le fait que la mère de Delphine de Vigan ne soit pas une personne connue y joue aussi).

Mais ce que j'ai vraiment le plus aimé dans le livre, ce sont toutes les parties entre l'histoire, celle où l'auteure nous livre le pourquoi. Pourquoi elle écrit ça, pourquoi l'histoire de Lucile l'a hante, pourquoi il lui fallait écrire, pourquoi au final, elle comprendra les gestes de sa mère ou pas. J'ai aimé lire son cheminement. On découvre plus que la femme Lucile, on découvre aussi comment elle était vu par sa fille, comment elle a été mère, malgré sa maladie. C'est un témoignage fort que nous livre l'auteure dans cette partie qui s'entremêle avec l'histoire de sa mère. Mais c'est aussi une leçon sur l'écriture. Ce qu'elle apporte, ce qu'elle fait ressortir. C'est vraiment une partie particulièrement intéressante par son contenu mais aussi par son placement dans le texte. En effet, elle coupe le texte, le structure. Elle nous donne des indications que Delphine de Vigan ne donne pas dans l'histoire, les réactions de ses proches face à son initiative, ce qu'elle pense de toute ça.

Au final, j'ai aimé lire le livre, autant pour la partie "histoire biographique" que pour celle "pourquoi ?". La vie de Lucille et de sa famille n'étant pas faite que de petits bonheurs, mais de beaucoup de petits et grands malheurs qui la rendront comme elle est et qui lui feront faire son dernier geste. Et puis, toute la partie du pourquoi, qui documente parfaitement tout ça, qui donne sa dimension à ce livre.

lundi 21 octobre 2013

King Kong Theorie, Virginie Despentes

Je lis rarement d'essai, mais celui-ci étant d'une auteur que j'adore, je ne pouvais pas ne pas le lire (ma mission avec Despentes : avoir tous ses bouquins, j'y suis presque, plus que deux).  Et je peux juste dire que ce n'est vraiment pas simple de donner un avis sur un livre comme celui-ci.

King Kong Theorie, Virginie Despentes

Editeur : Le Livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2007 pour mon édition, 2006 pour l'originale
Nombre de pages : 151

A lire si :
- Vous aimez Despentes
- Vous ne voulez un livre à la limite de l'autobiographie

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une vision universelle
- Vous n'aimez pas les essais écrits comme si l'auteur parler
- Vous n'aimez pas le personnage de Despentes

Présentation de l'éditeur :

J'écris de chez les moches, pour les moches, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf, aussi bien que pour les hommes qui n'ont pas envie d'être protecteurs, ceux qui voudraient l'être mais ne savent pas s'y prendre, ceux qui sont pas ambitieux, ni compétitifs, ni bien membrés. Parce que l'idéal de la femme blanche séduisante qu'on nous brandit tout le temps sous le nez, je crois bien qu'il n'existe pas.
En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de Baise-moi conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

Mon avis

Comme dit dans l'introduction de cet article, j'aime beaucoup Despentes. J'ai déjà lu trois de ses livres (m'en manque deux plus un recueil de nouvelles) et j'apprécie lire quelqu'un avec une vision assez différentes de celle de la société. J'aime Virginie Despentes pour ses mots, ses histoires, ses personnages. Bon autant dire que j'ai apprécié lire cet essai, j'y est retrouvé beaucoup de chose qu'elle a pu dire dans ses livres mais je n'adhère pas à toute Sa vision du féminisme.

Car, oui c'est Sa vision à elle, rien qu'à elle finalement. Elle s'appuie beaucoup sur sa propre expérience et autant dire qu'elle n'a pas été joyeuse cette expérience. S'il n'était pas arrivé à Virginie Despentes ce qui lui est arrivé, si elle n'avait pas été violé, n'avait pas fait le tapin et autres, d'après moi, elle n'aurait pas forcément eu cette vision là. Mais c'est aussi ce qui fait la partie intéressante du livre. Elle ne part pas d'expérience vécu par d'autres, elle part des siennes et elle réfléchit à ce qu'il s'est passé pour en arriver à quelque chose de plus générale, et de pas forcément faux.

Despentes commence son livre en expliquant qu'elle l'écrit pour toutes celles qui ne sont pas normées par la société mais aussi pour les hommes qui ne se sentent pas forcément à leur place dans notre société. Puis, elle nous parle de ce qu'il reste de la révolution sexuelle des 70's (pas grand chose finalement), du viol (dont le sien), de la prostitution, du porno... Tout cela pour faire comprendre aux femmes et aux hommes, que la place que les hommes nous réservent dans la société n'est pas super folichonne.

Bon, je dois bien dire que sur ce point, je suis d'accord avec elle. Sur d'autres beaucoup moins. Mais je n'ai pas eu les mêmes expériences qu'elle, ça y fait beaucoup. D'ailleurs, je crois vraiment qu'il faut comprendre cela pour comprendre le livre, ne pas le jeter violemment contre le mur parce que Despentes ne pense pas comme nous. Moi, c'est ce que j'ai fait. Et j'ai apprécié ma lecture. Déjà parce que Despentes reste Despentes, que son écriture me ravit, m'offre une bouffée d'air frais et que je me fiche qu'elle soit vulgaire et mal polie. Ensuite, parce que, franchement, avec ce qu'il lui est arrivé, elle ne semble pas baisser les bras, pour rien au monde. Et puis parce qu'elle a une capacité d'analyser tout cela vraiment bonne.

Au final, cette lecture m'aura appris pas mal de chose sur le féminisme vu par Despentes, m'aura aussi un peu ouvert les yeux sur certaines choses et j'en sors, non pas changée, mais avec une vision plus élaborée, moins archaïque de celle que j'avais.

lundi 19 novembre 2012

Tim Burton, entretien avec Mark Salisbury

Il est rare que je lise ce genre de livre. Je ne suis pas très biographie de gens de cinéma. Pourtant, la simple vue du nom de Burton m'a fait prendre ce livre et à vrai dire, je l'ai lu assez rapidement, trouvant pas mal de chose bien sympa que je ne connaissais pas sur Burton, même si j'aurais peut-être préféré en savoir plus sur sa "vie privée".

Tim Burton, entretien avec Mark Salisbury

Editeur : Points
Collection : /
Année de parution : 2012 chez Points, 2009 chez Somatime
Titre en VO : Burton on Burton
Année de parution en VO : 2006
Nombre de pages : 400

 A lire si :
- Vous voulez en apprendre un peu plus sur Tim Burton
- Vous avez envie de connaitre un peu le processus créatif de Burton

A ne pas lire si
- vous voulez des détails sur sa vie privée


Présentation de l'éditeur

D'Edward aux mains d'argent à Sweeney Todd, en passant par L'Étrange noël de Mr Jack ou encore Big Fish : Tim Burton fait partie de ces quelques visionnaires du septième art qui ont réussi à créer à l'écran un véritable univers, à la fois novateur et complètement original.
D'ordinaire avare d'entretiens, Tim Burton parle ici pour la première fois à coeur ouvert. La complicité qui le lie à Mark Salisbury nous permet d'entrer avec ces conversations dans l'intimité du créateur, et de découvrir son jardin secret, peuplé de rêves et de cauchemars.
Il revient ainsi avec une rare sincérité sur son enfance, ses débuts chez Disney, sur les films qu'il a fait, ou qu'il n'a pas fait, sur ses relations difficiles avec les studios ; il évoque ses influences, son travail de dessinateur, d'illustrateur, et lève le voile sur ses obsessions et ses angoisses, sur ses zones d'ombre aussi. Enfin, il nous confie dans cet ouvrage exceptionnel illustré bon nombre d'anecdotes de tournage jusqu'ici totalement inédites.
Bien plus qu'un simple ouvrage d'entretiens, c'est un voyage au cœur même du cinéma de Tim Burton que nous vous proposons ici.

Mon avis

Il est assez dur de donner un avis pour moi sur un livre qui n'a pas vraiment de héros, d'histoire. Ici, tout tourne autour de Tim Burton et de ses films. Nous ne connaitrons pas par exemple l'année de sa naissance, ce qu'il a fait ado... Nous nous concentrons vraiment sur les films qu'il a pu réalisé ou produire.

Nous commençons cette édition-ci par deux préfaces de Johnny Depp et un de l'auteur. Les préfaces de Depp sont interessants dans le sens où il parle beaucoup de lui, un peu de Tim Burton... J'ai été un peu déçu d'ailleurs sur cela. J'aime bien l'acteur Depp, mais pas au point de lire sa vie personnelle comme ça. Le dernier préface est plus simple, retrançant un peu plus la vie de Burton.

Ensuite, nous suivons l'entretien, divisé en chapitres constitués par les films de Burton. Tout commence donc par un petit passage par l'enfance de Burton puis par la période Disney et le court métrage Vincent pour finir par Sweeney Todd. J'ai beaucoup aimé ce découpage, assez parlant. Je me suis aussi rendu compte que je ne connaissait pas toute la filmographie de Burton (et j'ai donc une nouvelle liste de film à trouver...). J'ai donc beaucoup apprécié le découpage fait dans cet entretien.

Parlons des remarques de Salisbury. Il est là pour donner le ton à Burton dans ses confidences. Il ne pose pas de question directe. En fait, il révèle beaucoup d’anecdote et laisse parler Burton. Ce qui j'avoue donne parfois des réponses assez étranges de la part du cinéaste. J'ai beaucoup aimé ces interventations qui nous en raconte parfois plus sur le film dont il est question que Burton lui-même.

Mais parlons de Tim Burton. Tout au long de l'entretien, on découvre un homme qui bien qu'il dise le contraire à garder une âme d'enfant. Il a surtout gardé des images très fortes des films qu'il a pu voir enfin, surtout ceux de la Hammer (compagnie faisant surtout des films dit d'horreur comme Frankenstein par exemple). Ce sont ces images parfois totalement différentes de la réalité qui ont nourri ces films.

On découvre aussi à travers cet entretien le fonctionnement des grandes compagnies de cinéma dont Disney ou Warner Bros. Burton et Salisbury explique assez bien le processus pour faire un film, de l'idée à sa conception. On se rend vraiment compte à quel point un cinéaste est dépendant de la compagnie qui produira son film. On se rend compte aussi à quel point compte les diverses associations entre le réalisateur, le musicien, le scripts... C'est vraiment une partie du livre que j'ai trouvé très interessante.

On découvre aussi au fils du livre, une petite centaine d'illustration faite par Burton lui-même pour la préparation de ses films. Elles sont égrainées au fils des pages, en ayant toujours un rapport avec ce que Burton raconte.

Mais il y a aussi quelques bémols dans cette lecture. J'ai trouvé que Burton parle trop souvent de certaines choses, comme la pression des compagnies de cinéma, ou encore le fait qu'il recherche le regard chez un acteur, que Depp n'a jamais été le choix premier des compagnies... J'avoue que parfois cela a été assez lassant. Le dernier bémol sera pour le mot de la fin. Il n'y en a pas vraiment. L'interview est coupée, sans un au revoir où une petite conclusion. C'est assez dérangeant pour moi.

Bon finalement, c'est un avis un peu déconstruit que voilà. J'ai aimé lire cet entretien mais j'avoue être bien incapable de donner un avis construit. C'est toujours assez compliqué lorsqu'il s'agit de ce genre de lecture.