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lundi 12 juillet 2021

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

 Je rattrape mon retard du Narnia Readathon. Le mois dernier, je n'ai eu ni le temps ni le courage de lire le tome prévu. Avant de commencer celui de ce-mois, je me suis remise à jour. L'avantage de Narnia, c'est que ça se lit vite, et qu'il m'a fallu une après-midi pour me remettre à jour.

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance

Présentation de l'editeur : 

Peter, Susan, Edmund et Lucy sont sur le point de se séparer pour entamer une nouvelle année scolaire. Ils attendent le train qui doit les conduire en pension quand, tout à coup, ils sont transportés dans le pays de Narnia où ils ont régné autrefois. Mais si, pour eux, une année seulement s'est écoulée, dans leur ancien royaume des siècles ont passé. Le palais royal est en ruines. Parviendront-ils à ramener la paix dans le monde magique de Narnia ?

Mon avis

Le Prince Caspian a toujours fait parti de mes tomes préférés de Narnia. Pourtant, je n'en garde qu'un très vague souvenir, la faute au film, qui en est tout de même assez différent. J'étais donc ravie de relire ce tome-ci et de retrouver enfin le plaisir de lire Narnia.

Le Prince Caspian se passe des années, des siècles même, après que les enfants Pevensie combattirent la sorcière blanche. Narnia est sur le déclin. Les Telmarin ont pris le pouvoir et, petit à petit, les animaux ont arrêté de parler, les humains ont pris toute la place et on en est même venu à oublier Aslan. C'est dans ce royaume qu'à grandit Caspian. Nourri des récits de l'ancien Narnia, c'est un garçon idéaliste. Lorsqu'il découvre que son oncle a tué son père, alors roi, et compte faire de même avec lui, il s'enfuit. Il monte une rebellion avec ce qu'il reste de l'ancien Narnia. Malheureusement, le peuple narnian est encore faible et ils perdent la guerre. Alors que tout semble perdu, Caspian souffle dans la trompe de la reine Suzanne.  Au même moment, les enfants Pevensie attendent sur le quai de la gare. Ils sont soudainement attiré à Narnia...

On suit d'abord les enfants Pevensie dans leur redécouverte de Narnia. Là où ils avaient laissé un monde prospère et chaleureux, ils ne trouvent qu'une île, paradisiaque mais une île quand même, des ruines et un verger. Il va leur falloir un moment avant de se rendre compte qu'il se trouve à Cair Paravel des siècles après leur règne. Un décalage qui ne leur fera pas que du bien d'ailleurs. S'ils se souviennent de leur Narnia, le paysage de celui-ci a changé, tout autant que les habitants. Le contraste entre les souvenirs et la réalité donne quelque chose de mélancolique à l'histoire, chose qu'on ne trouve pas forcément dans les tomes précédents. Il y a aussi cette impression de paradis perdu qui revient assez souvent de leur côté. Du moins, jusqu'à ce qu'Aslan refasse son apparition et qu'ils rencontrent Caspian.

Côté Caspian, on est sur une histoire de conte assez classique. Un enfant qui a grandit nourri par les histoires de sa nourrice et qui va finir par les vivre. Il reste un personnage assez candide, même lorsqu'il se veut héroique. Mais surtout, il est souvent particulièrement effacé face à Peter, Suzanne, Edmund et Lucy. A tel point qu'on oublie parfois que le roman se nomme Prince Caspian et pas "le retour des Pevensie". Je trouve dommage cette mise en arrière du personnage. Il a tellement plus à y gagner.

D'ailleurs, c'est là que le film dépasse le roman pour moi. Dans le film, Caspian a un vrai rôle. De plus, j'aime particulièrement l'opposition entre lui et Peter qui n'existe pas dans le roman. Le film se devait d'être plus spectaculaire, plus long aussi. Il réussit cela parfaitement et surtout, il ne dénature pas l'histoire (on y retrouve les points importants, tout en y ajoutant des scènes plutôt sympathiques (l'attaque du chateau de Caspian par exemple)).

Au final, c'est un tome qui reste assez classique dans sa construction mais que j'apprécie toujours autant. Et puis, j'aime toujours autant Caspian, même si on ne le voit pas assez à mon gout. 

mercredi 26 mai 2021

Le cheval et son écuyer, le Monde de Narnia, tome 3

 On continue tranquillement notre lecture commune de Narnia sur Instagram. Nous voilà déjà rendu au tome trois, qui est le cinquième à avoir été écrit par l'auteur. 

Le cheval et son écuyer, le Monde de Narnia, tome 3

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Challenge mois de l'imaginaire

Le cheval et l'écuyer a été choisi pour l'item "se laisser porter" puisqu'il s'agit d'une lecture commune.
Il peut aussi entrer dans les catégories suivantes : 
- Nous avons vécu de longues aventures : Narnia est une série
- Nous avons découvert que nous avons un destin : désolée, je spoile le roman rien qu'en disant ça.
- Et commençons le long périple : Shasta et Aravis voyagent ET nous découvrons une contrée d'inspiration arabique
- Pour y trouver un apprenti : c'est un roman jeunesse

Mon avis

Le cheval et son écuyer fait partie des tomes moins connus de Narnia puisqu'il ne fut pas adapté en film (sachant qu'à l'époque, les films suivaient l'ordre de publication des tomes et non l'ordre chronologique des histoires, on ne l'aurait surement pas eu de toute manière.) C'est aussi une de mes préférées de l'intégrale lors de ma première lecture. Un sentiment qui pour le moment n'a pas changé (mais j'attends avec impatience le mois prochain pour voir si j'aime toujours autant le Prince Caspian ou pas).

Le cheval et son écuyer a le gros avantage de ne pas se passer à Narnia même. Nous allons découvrir Calormen, empire d'inspiration arabique se trouvant au sud de Narnia. C'est là que nous faisons la connaissance du jeune Shasta, fils adoptif d'un pauvre pécheur. En début d'aventure, son père compte le vendre comme esclave à un  tarkhaan. Le garçon s'enfuit alors avec le cheval de celui qui aurait dû devenir son maitre. Or, Bree, est un cheval narnien parlant. Il réussit à convaincre son nouvel ami de partir pour son pays d'origine. En chemin, ils vont croiser Aravis et Hwin, qui fuit aussi Calormen pour Narnia. Décidant de faire route ensemble, tous les quatre vont vivre quelques aventures... 

Je dois avouer une chose, bien qu'il fasse parti de mes tomes préférés, je trouve quelques défauts à ce roman. Déjà, les longueurs. Oui, sur un roman tout de même assez court, l'auteur nous offre pas mal de longueur. C'est qu'il prend son temps C.S. Lewis dans ce tome. Certains passages sont clairement trop long pour moi (surtout quand les deux jeunes gens sont à Tashbaan, la partie où Aravis se retrouve chez son amie n'apporte pas grand chose et dure des plombes). L'autre défaut, ce sont les personnages des chevaux. En fait, qu'ils puissent parler n'apporte pas grand chose à part peut-être le coup de pouce pour le départ des deux enfants. Bree est pour moi carrément insupportable et Hwin complètement transparente.

Heureusement, il n'a pas que des défauts. J'aime beaucoup Shasta, même s'il est parfois un peu pleurnicheur. C'est quelque chose qu'il finit par dépasser sans forcément s'en rendre compte d'ailleurs. Il n'a pas grand chose d'un héros à la base et le devient un peu par hasard. Aravis est aussi intéressante quoique je la trouve parfois un peu trop hautaine (voire insupportable au départ). Il est appréciable qu'elle ait un vrai rôle même si celui-ci est un peu émoussé à la fin (elle ne participera pas à la bataille finale mais aura oeuvré pour éviter le pire, finalement bien plus que Shasta). Il est appréciable aussi de revoir Edmund et Susan dans ce roman. Ils n'ont pas un grand rôle mais ils permettent de situer l'histoire dans la chronologie narnienne. Et puis, j'aime beaucoup la ville de Tashbaan. Je ne saurais trop vous dire pourquoi, mais c'est un lieux fictif que j'apprécie. Surement à cause de ses tombeaux. D'ailleurs, elle me fait assez penser au Caire, une ville que je rêve de visiter depuis mon enfance. 

Au final, c'est un conte que j'ai beaucoup apprécié malgré ses longueurs et Bree. D'ailleurs, c'est, pour l'instant, le roman qui a le plus ce petit côté conte assez appréciable. Le style de l'auteur va parfaitement avec ce genre-là je trouve. Et pus, faut avouer que ça fait du bien d'avoir un roman où nous ne sommes pas "polluer" par la vision des films.

mercredi 14 avril 2021

Le Lion, la Sorcière Blanche et l'armoire magique, le Monde de Narnia, tome 2, C.S. Lewis

 Qui dit nouveau mois, dit nouveau tome de Narnia dans le cadre du Readathon. Pour avril, c'est donc le second tome, sûrement le plus connu grâce au film. C'est aussi le tout premier tome écrit par l'auteur, celui qui finalement, pose les bases du mythe de Narnia. 

Le Lion, la Sorcière Blanche et l'armoire magique, le Monde de Narnia, tome 2, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Mon avis

Je suis presque certaine que quasiment tout le monde connait plus ou moins l'histoire de ce second tome. Pour rappel, alors que la seconde guerre mondiale s'endurcit, les enfants londoniens sont envoyés dans les campagnes (dans des conditions plus ou moins bonnes d'ailleurs). C'est ainsi que les enfants Pevensie, Peter, Susan, Edmund et Lucy, arrivent dans le manoir d'un vieux professeur. Un jour de pluie, Lucy va entrer dans une armoire afin de se cacher durant un jeu. Elle va alors découvrir un monde sous la neige et sous un réverbère, un faune. A partir de cet instant va commencer la plus magique des aventures pour les quatre enfants.

Si je devais commencer par les défauts de ce tome (oui, pour une fois, faisons comme ça), je dirais qu'il a le malheur d'avoir une adaptation cinématographique de plutôt bonne qualité et qui en rajoute quand même un peu pour réussir à faire presque deux heures de spectacle. C'est un léger défaut mais il n'empêche qu'il est présent. Parce qu'on s'attend à certaines choses qui n'arrivent pas ou qui arrivent bel et bien me ne sont pas montré. IL ne faut pas oublier que le roman est un conte pour enfant, un livre jeunesse qui se doit d'être bienveillant. Or, de bienveillant, il passe souvent à trop de bon sentiments. Et personnellement, ça m'ennuie toujours un peu quand les héros sont justes gentils. Heureusement que nous avons Edmund dans le lot, seul personnage à avoir un mauvais côté (qui sera malheureusement vite effacé dans la fin du roman)(mais on va y revenir).  L'autre défaut, c'est que le livre est court. Il m'a fallut quelques deux heures pour le lire, or, je serais bien resté un peu plus longtemps dedans.

Passons maintenant à ses qualités. La première, c'est d'être un formidable premier point d'entrée à Narnia. Il est tellement plus interessant que le neveu du magicien. Attention, je ne dis pas que le neveu du magicien n'est pas interessant. Mais ici, on découvre vraiment Narnia. Alors, oui, il s'est passé quelques années (voir siècle) depuis la création du monde mais sa mythologie est bien présente. De plus, le découvrir en même temps que les enfants Pevensie apporte un certain charme qu'on a moins dans le tome précédent. Narnia est juste magique, que se soit sous la neige ou lorsque le printemps vient (et forcément, je ne peux m'empêcher de voir le décors des films, qui reste, somme toute, assez fidèle à ce que l'on peut lire). 

Ensuite, il y a l'histoire et ses références. La sorcière blanche m'a toujours fait penser à la Reine des Neiges (celle d'Anderson, pas celle de Disney, hein). Je reste persuadé que Lewis a utilisé le conte pour créer le sien. Du moins une partie. Il arrive à intégrer la dite partie à sa propre histoire et à ses propres idées. Comme pour le Neveu du Magicien, on trouve ici aussi pas mal de références à la bible (plus précisément au second testament alors que le neveu est plutôt côté premier) : la trahison d'Edmund (celle de Judas), le sacrifice d'Aslan (celui du christ), l'appellation fils d'Adam et fille d'Eve, le fait que Jadis soit fille de Lilith... C'est toujours aussi amusant pour moi de trouver ses références et de voir le message que tente de faire passer son auteur aux jeunes et aussi aux moins jeunes. Malheureusement, ça reste un peu trop simpliste pour moi et souvent trop plein de bons sentiments comme j'ai pu le dire plus haut. Surement parce que j'ai l'habitude de lire des romans plus adultes et plus sombres...

Enfin, il y a les personnages. Bon, je ne vais surement pas me faire des amis, mais j'ai du mal avec Peter et Lucy. Lui est trop tout, elle est trop gentille, trop naïve. Je ne dis pas qu'ils sont de mauvais personnages, juste que pour moi, ils manquent tous les deux cruellement de défauts (c'est un point qui est partiellement gommé pour Peter dans le film d'ailleurs). Susan pourrait être interessante mais elle est parfois trop maternelle avec les autres. Reste Edmund. Edmund, c'est mon petit chouchou parce que justement, il est nuancé. C'est un gentil garçon qui se donne des airs, un gamin finalement normal par rapport à ses trop parfaits frères et soeurs. C'est à lui qu'on va peut-être plus s'identifier. Et c'est interessant vu qu'il vit les choses différemment des autres. Sa trahison permet d'en voir plus du côté de Jadis (et j'aime toujours autant la sorcière Blanche). Enfin, parlons un peu d'Aslan. Le Lion n'arrive pas à me faire grande impression. Pour moi, il a le même défaut que les trois enfants Pevensie, il est trop parfait, trop "dieu". Il fait parti de ces personnages qui font avancer l'histoire en abolissant tous les obstacles d'un simple coup de baguette magique et je trouve ça parfois un peu ennuyeux. Forcément, là, c'est l'adulte qui parle, je suppose que pour un enfant, Aslan sera mieux vu. Il n'en reste pas moins un personnage majestueux, avec cette touche de magie si chère à mon coeur de fillette. 

Enfin, parlons en de la magie du roman. C'est vraiment ce qui en fait tout le charme et qui ravit petit et grand. Parce que j'ai beau dire, mais c'est quand même quelque chose qui fait rêver que d'entrer à Narnia.Tout le talent de conteur de l'auteur se fait ressentir dans ce tome. Le lecteur est immergé dans le monde, il veut savoir, connaitre, vivre les même aventures que les enfants Pevensie. Et on en arrive facilement à oublier les défauts du roman pour suivre Peter, Susan, Edmund et Lucy derrière Aslan.

Au final, j'ai passé deux heures agréable dans Narnia. Et pour tout dire, j'aurais bien continué un peu plus. C'est vraiment un roman que j'apprécie et qui m'entraine facilement ailleurs sans trop en faire. Il reste très jeunesse à mon gout (ce qui en soit est normal) mais tellement agréable à lire. Et puis, comme le dit la dédicace à la nièce de l'auteur : "un jour viendra où tu seras suffisamment âgée pour recommencer à lire des contes" et finalement, il n'y pas d'âge pour le faire.


vendredi 19 mars 2021

Le Neveu du Magicien, le Monde de Narnia, tome 1, C.S. Lewis

 Sur Bookstagram, je me suis inscritte au Readathon Narnia de @premiers_chapitres et @romy_read. Je n'ai pas lu la série depuis la sortie de l'intégrale en 2005 et j'avoue que je n'en garde pas forcément un super souvenir. Peut-être parce que j'avais lu les sept tomes les uns à la suite des autres. Je me suis dis que la relire en lecture commune, ça pouvait pas mal le faire (surtout que maintenant, j'ai quand même plus de bille pour l'analyser)

Le Neveu du Magicien, le Monde de Narnia, tome 1, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Mon avis

Comme lors de ma lecture de Terremer, je vais diviser mon intégrale par roman. Je trouve ça plus pratique, surtout que les collègues du readathon et moi-même lisons un livre par moi (on est donc partie pour sept mois sur Narnia). On commence avec le premier livre par ordre chronologique de l'histoire de Narnia, mais pas dans celui de parution par contre. Il a été le sixième livre, publié en 1955 (soit cinq ans après le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire magique que l'on lira le mois prochain). 

Le neveu du magicien se penche donc sur la création de Narnia. Tout commence avec l'arrivée de Digory dans le voisinage de la jeune Polly. Les deux enfants s'entendent rapidement et passent leurs vacances ensemble. En passant d'une maison à l'autre par un passage "secret" dans les combles, ils se retrouvent dans le laboratoire de l'oncle de Digory. Or, l'oncle Andrew est un sorcier, surement le dernier sur terre et il a trouvé un moyen d'envoyer des personnes dans un autre monde. Surtout, il a besoin de cobayes. Rien de mieux que deux enfants pour ça, non ? Usant de tromperie, il envoie d'abord Polly, puis Digory à sa suite. C'est ainsi que les deux enfants vont se retrouver dans le bois entre les mondes, puis à Charn, monde au soleil mourant. Là-bas, poussé par la curiosité (qui est un vilain défaut...), Digory va réveiller Jadis, la puissante sorcière...

Le neveu du magicien se présente comme un livre jeunesse fantasy somme toute assez classique. Deux jeunes héros, une méchante sorcière et un monde à sauver (bon, et à créer aussi ici). Sur ce point, rien de bien folichon, on reste dans le classique (ce qu'on fera d'ailleurs, si je ne me trompe pas, dans la plupart des tomes de Narnia). Forcément, ça fonctionne, surtout que Lewis a un style facile à lire, plein d'humour et entrainant. 

Côté personnage, même si on tombe parfois dans la facilité, ils sont plutôt sympathiques. J'ai adoré Polly et sa répartie. Elle fait partie de ses héroïnes qui n'ont pas froid aux yeux et pas la langue dans leur bouche surtout. Face à un Digory régulièrement crétin (surtout quand il se retrouve face à Jadis) et à un oncle Andrew pas mieux, elle fait vachement plaisir. De même, j'ai adoré Jadis. Elle est tellement méchante, sans le moindre sentiment, froide etc... C'est une méchante sans nuance (elle est méchante, point) mais avec une classe folle je trouve. D'ailleurs, le sans nuance est quelque chose que je regrette un peu dans ce tome-ci. Je veux dire que les personnages n'évoluent quasi pas, si ce n'est Digory (en même temps, c'est le héros de l'histoire, heureusement que lui évolue). 

Mais connaissant un peu mieux le monsieur que lorsque j'ai pu le lire la première fois, je me suis penchée un peu plus sur la signification de l'histoire. Pour la petite histoire, Lewis était un universitaire et surtout un apologète (en gros, un type qui cherche à fournir une justification rationnelle aux prétentions de véracité de la foi chrétienne). Narnia se base sur la religion chrétienne et quand on sait ça, il y a pas mal de chose qui nous saute aux yeux, surtout dans ce tome. Ainsi, Jadis est reine d'un monde qui se meurt à la lumière rouge et inquiétante (salut les Enfers...), Narnia est créé quasi à partir de rien par un magnifique lion qui donne la parole à des couples d'animaux (ça fait un peu arche de Noé cette histoire), mieux encore, un pommier y pousse dans les fruits sont d'une certaine manière interdite. Franchement, je me suis assez amusée à voir comment il utilise les mythes fondateurs du christianisme mais aussi ceux du folklore anglais (la marraine de l'oncle Andrew est une certaine madame Lefay qui n'est autre que l'un des noms de la fée Morgane). 

Au final, cette première relecture du cycle m'a un peu réconcilié avec le souvenir que j'en avais. Ca reste un livre jeunesse agréable et j'apprécie encore plus ma lecture en y cherchant les parallèles avec le christianisme et la double lecture qu'on peu du coup en faire (ce que les plus jeunes (et les moins jeunes, j'avais 19 ans lors de ma première lecture apparemment) ne voient pas forcément).