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mercredi 24 mai 2023

Il est grand temps de rallumer les étoiles, Virginie Grimaldi

 J'avoue, j'ai besoin de feel-good en ce moment. Et Madame Grimaldi est bien connu pour ça. D'ailleurs, moi, j'avais bien aimé le Parfum du bonheur est plus fort sur la pluie. Et puis, il est grand temps( faisons court) a tout de même était nommé livre préféré des français par france 2. 

Il est grand temps de rallumer les étoiles, Virginie Grimaldi

Editeur : Fayard
Collection : 
Année de parution : 2018
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez une belle histoire familiale
- Vous aimez les road trip

A ne pas lire si : 
- Emotionnellement vous êtes quand même un peu fragile

Présentation de l'éditeur : 

Anna, 37 ans, croule sous le travail et les relances des huissiers. Ses filles, elle ne fait que les croiser au petit déjeuner. Sa vie défile, et elle l’observe depuis la bulle dans laquelle elle s’est enfermée. À 17 ans, Chloé a des rêves plein la tête mais a choisi d’y renoncer pour aider sa mère. Elle cherche de l’affection auprès des garçons, mais cela ne dure jamais. Comme le carrosse de Cendrillon, ils se transforment après l’amour. Lily, du haut de ses 12 ans, n’aime pas trop les gens. Elle préfère son rat, à qui elle a donné le nom de son père, parce qu’il a quitté le navire. Le jour où elle apprend que ses filles vont mal, Anna prend une décision folle : elle les embarque pour un périple en camping-car, direction la Scandinavie. Si on ne peut revenir en arrière, on peut choisir un autre chemin.

Mon avis

Je reste persuadée qu'il y a des moments dans notre vie ou un roman va plus nous parler qu'à un autre. C'est une des raisons que je lis finalement peu de roman de littérature blanche. Parce que ce n'est jamais vraiment le bon moment. ll est grand temps traine dans ma PAL depuis au moins deux bonnes années, si ce n'est plus. Il me faisait envie, à chaque fois que je le voyais dans le kindle. Mais je ne l'ai jamais ouvert jusque là. Ce n'était pas le moment. Qu'est-ce qui a fait que là, ça l'était ? Je ne sais pas trop. Mais il fallait que je le lise.

Anna à 37 ans. Epuisée par la vie, le boulot, et tout ce qui va autour, elle ne fait plus que croiser ses filles au petit déjeuner. Sa routine est bien forgée, tellement qu'elle ne voit pas ce qu'il se passe autour d'elle. Or, quand son patron la vire pour faire bosser sa maitresse, qu'elle se rend compte que son ainée, Chloé refuse de vivre ses rêves pour l'aider et que sa cadette est harcelée, rien ne va plus. Au bord du gouffre, autant psychologique que financier, elle prend une décision qui devrait changer leur vie, à toutes les trois. Elles partent en camping-car, direction la Scandinavie. De ce voyage, elle espère beaucoup et il va se révéler peut-être plus merveilleux que ce qu'elle ne le pensait, et cela malgré les disputes, les incidents et les surprises.

Je ne vais pas vous mentir, ceci est un coup de cœur. Un de ces livres que j'ai eu du mal à lâcher, qui m'a fait passer du rire aux larmes, qui m'a émerveillé. Il y a quelque chose dans les mots de l'autrice, dans la façon qu'elle a de voir le monde autour d'elle, de parler de la famille, qui me plait, beaucoup. C'était déjà le cas dans le Parfum de la pluie, d'ailleurs. Vous savez, il n'y a pas besoin d'écrire à la manière des auteurs que l'on dit "grands" ou "classiques" pour toucher les gens. Et ça, madame Grimaldi, elle l'a bien compris. Dans ce roman, elle use aussi bien de la voix d'Anna, que du blog de Chloé, sa fille ainée, ou du journal intime de Lily, la cadette. Les trois voix sont différentes, modernes et m'ont parlé, personnellement. Assez pour que je ressente ce que les trois ressentent. Et pour moi, c'est vraiment quelque chose d'important.

Il y a de très belles choses dans ce roman. Un road-trip qui ne me déplairait pas de faire (mais comme Anna, je suis sujette aux crises d'angoisses, et ça me stresse trop), l'amour entre la mère et ses filles, à la fois si simple et si compliqué, les histoires des autres camping caristes qu'elles rencontrent durant leur voyage. Il y a aussi des choses moins sympa ; le père qui monte les filles contre leur mère, la raison de leur séparation, les ennuis d'Anna, Chloé qui cherche à ce qu'on l'aime à tout prix, Lily qui préféré les cailloux plutôt que parler aux gens etc... En réalité, il y a beaucoup de point qui m'ont fait penser à ma propre vie, ou à celle d'un proche, par exemple. C'est pour moi, la grande magie de Virginie Grimaldi, ça.

Franchement, je ne saurais comment vous décrire parfaitement ce roman. Juste, sachez que je vais l'offrir à ma maman, parce que je crois vraiment qu'il lui parlera autant qu'à moi. Parce que c'est une histoire de mère et de fille. Je ne sais pas s'il aura vraiment réussi à rallumer les étoiles chez moi, mais en tout cas, il va faire parti de ces romans qui vont me rester. 

mercredi 10 mai 2023

Lettres de Sang, Rozenn Illiano

 Je ne résiste que rarement à un nouvel Illiano. Cette fois, elle me promet société secréte, mystère et vampire, puisque nous voilà de retour dans le Cercle, que nous avions déjà pu voir dans Elisabeta (qui était d'ailleurs mon premier roman de l'autrice). Et puis, franchement, rien que la couverture me faisait baver (elle est juste trop belle, non ?)

Lettres de Sang, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : 
Année de parution : juin 2023
Format : epub

A lire si 
- vous aimez les histoires de vampires qui changent de l'ordinaire
- Vous adorez les sociétés secrètes et leur mystère

A ne pas lire si :
- Y a pas de raison 

Présentation de l'éditrice

Première étape : obtenir la vie éternelle.
Deuxième étape : changer les lois des immortels.
Voilà le plan de Jez, conservatrice aux archives du Cercle, la société vampirique qui se cache dans toutes les strates de notre monde. Sarcastique et accro aux chaussures, elle travaille à la restauration de lettres anciennes – parfois écrites avec du sang – et s’efforce de se faire passer pour une employée obéissante et dévouée, ce qu’elle n’est pas vraiment.
En réalité, elle n’a qu’une seule idée en tête depuis la mort tragique de ses parents : obtenir réparation, pour eux mais aussi pour tous les humains que le Cercle a exploités au cours des siècles. Et pour cela, elle est prête à tout. Même à devenir un vampire à son tour.
Sauf qu’un jour, tout s’effondre. Des dissidents renversent les dirigeants du Cercle, bouleversant l’existence des mortels comme Jez. Elle risque de perdre son travail, son quotidien et, surtout, sa quête… Car sans coupables à punir, comment rendre justice à sa famille ?
C’est compter sans Virgile, le leader des dissidents, qui déboule aux archives avec son cynisme et son sans-gêne, et qui agace Jez au-delà du raisonnable. La mort dans l’âme, elle s’apprête donc à changer de vie – fuir les vampires pour toujours, prendre un autre nom, oublier ses fantômes.
Mais Virgile a accès aux dossiers classifiés du Cercle. Une occasion unique pour Jez de retrouver ceux qui ont fait du mal à ses parents. Jusqu’où ira-t-elle pour obtenir la vérité ?

Mon avis

Avant toute chose, sachez que vous n'êtes pas obligé d'avoir lu Elisabeta et sa suite Sinteval pour lire les Lettres de Sang, même si celui-ci en est un spin-off et qu'on retrouve des personnages rencontrés dans les deux autres. C'est un one-shot et il se lit parfaitement en tant que tel (non parce que bon, perso, j'ai oublié beaucoup de chose d'Elisabeta depuis ma lecture, et ça ne m'a clairement pas dérangé). Maintenant que c'est dit, passons à l'histoire.

Jez est conservatrice dans les Archives du Cercle, la société vampirique de l'univers de Rozenn. Elle y est petite main, pas une immortelle donc, mais une humaine travaillant pour eux. Si elle parait bien sous tout rapport, en réalité, elle mène sa petite enquête sur la mort de ses parents. Jez souhaite de tout coeur obtenir réparation, et elle est prête à beaucoup de chose pour ça. Mais quand les Dissidenti renversent les dirigeants du Cercle, tout change pour elle. Elle risque de tout perdre d'un coup. Heureusement (ou pas, c'est à voir) pour elle, Virgile, le chef des rebelles, a d'autres idées en tête. Peut-être qu'en l'aidant, elle va pouvoir aussi exercer sa vengeance…

Rozenn Illiano n'aime pas les histoires de vampires et c'est pour cela qu'elle a crée le Cercle, sa société vampirique. J'aime beaucoup la manière dont celui-ci fonctionne. Les vampires de Rozenn sont liés au Cercle, un sorte d'entité magique qui leur permet de rester planqués des êtres humains, mais en contrepartie d'être d'une certaine manière plus faible qu'eux et qui les garde aussi sous la coupe de ceux qui le supporte et du Vatican. Lors de la révolution des Dissenti, le Cercle flanche. Si les immortels veulent continuer à vivre en paix, ils leur faut trouver une solution pour le maintenir. Sauf que si les rebelles veulent continuer à vivre avec le Cercle, ce n'est pas le cas de tout le monde dans leur société. Comme partout, on a toujours plusieurs groupes, dont certains plus privilèges que d'autres sur bien des points. En fait, les vampires sont comme les humains, on se retrouve avec plusieurs classes sociales. 

Ce roman dénonce d'ailleurs, d'une certaine manière, ce problème là et surtout les castes dites privilégiées. Jez, notre héroïne à la langue bien pendue, est une petite main, presque une moins que rien pour beaucoup de vampires, surtout qu'en plus elle est humaine. Elle se retrouve aux prises des autres, des privilégiés, de ceux qui se foutent pas mal des petites mains et de ce qui peut leur arriver. Il en va finalement de même pour Virgile, qui, bien qu'immortel, doit faire avec un autre groupe, comportant beaucoup d'anciens et qui ne souhaite pas voir sa révolution réussir, ni le Cercle maintenu. En fait, tous les deux veulent bouger les choses, abolir les privilèges. 

Ce n'est pas le seul thème du roman. Il y a aussi celui de la vengeance. Jez veut découvrir pourquoi on a refusé à son père l'immortalité, et pour ça, elle pense être prête à tout. Or, ce n'est jamais si simple, n'est-ce pas ? Surtout que chez l'autrice, les personnages sont très nuancées et si la vengeance semble être la bonne chose à faire pour Jez, elle va vite se rendre compte que ce n'est pas si simple que ça à supporter par la suite. 

Et puis, il y a tout le côté mystérieux du Cercle et de son organisation. C'est un truc que j'adore, moi. Les secrets, les confréries, les guerres, les troubles, des archives qui recelent des réponses pour qui sait chercher dedans. Autant vous dire que moi, j'étais bien à mon aise (sauf sur un passage clef du roman, sur lequel on peut mettre un beau TW et qui finalement bien géré (ça ne tombe ni dans le trop gore ni dans le porno)). Avec ça, on ajoute Jez et Virgile, deux personnages qui se ressemblent, aussi grande gueule et sarcastique l'un que l'autre, des persos secondaires attachants (beaucoup aimé Gladys) et des méchants (parce que oui, ici on a de "vrais" méchants) qui font flipper.

Au final, j'ai adoré. Mais vraiment. C'était si bien à lire, si entrainant aussi. Ce roman a clairement tout pour lui (et pour moi surtout). Franchement, je ne peux que vous le conseiller (attention par contre, c'est, comme souvent pour moi un SP, il ne sort qu'en juin, dans trois éditions, la numérique, la de luxe et la normale, comme toujours avec Rozenn).

mardi 25 avril 2023

Des étoiles à l'infini, Blanche Morah

 Bon, on va pas se mentir, j'ai eu beaucoup de mal avec ce roman. J'ai même failli l'abandonner. Je n'ai tenu que parce qu'il me faisait rire en fait. C'était mon premier essai en romance new adult. Et je ne savais pas que le New Adult, ça voulait surtout dire romance érotique ici (oui, enfin, ça, on verra après). Bref, disons que j'ai même hésité à faire mon avis ici.

Des étoiles à l'infini, Blanche Morah

Editeur : autoedition (il me semble)
Collection : 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romances
- Vous n'avez pas peur des clichés

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les clichés.

Présentation de l'éditeur : 

Rachel est une élève brillante, avec des rêves plein la tête. Son ambition dans la vie : conquérir les étoiles. Et elle est bien décidée à tout mettre en œuvre pour y parvenir, à travailler un jour dans l’aérospatial. Dans ce but, elle intègre une classe prépa dans une Université toulousaine, prépa spécialisée pour les étudiants se destinant aux grandes écoles de l’Aerospace Valley. Au programme : du travail, du travail, et encore du travail. Cela ne la dérange pas. Toute sa vie est consacrée à la réalisation de son rêve ; pas de sortie, pas de distraction, pas de garçon. Elle ne vit et ne respire que pour l’Espace. Jusqu’à sa rencontre avec son nouveau tuteur, à l’Université. Il est beau, tatoué, piercé, et son allure de bad boy la fait totalement craquer. Mais pour Chris, Rachel n’est qu’une gentille gamine. Sauf que l’amitié peut se transformer en amour. Il n’y a pas qu’en fusée qu’on peut visiter les étoiles. Une romance sur un premier amour doux, tendre et passionné.

Mon avis

Je me suis largement faite avoir par la quatrième de couverture.  L'idée d'avoir des personnages évoluant dans le domaine universitaire de l'aérospatiale m'a plu, vu que j'aurais adoré faire ça. J'avais juste oublié une chose, on parle de romance ici. Et la romance, elle prend clairement le pas sur absolument tout, nous faisant rapidement oublier le décors dans lequel les personnages évoluent. A la base, je dois dire que ça ne m'aurait pas tant gêné que ça. J'aime bien les romances, moi, en fait, même si j'en lis rarement (enfin, plutôt si je lis rarement de la romance pure). J'aime bien aussi de temps en temps tomber sur de l'érotique. Ca non plus, ça ne me dérange pas outre mesure (du moins quand c'est bien dosé). 

Mais alors, c'est quoi mon problème avec des Etoiles à l'infini ? Tout simplement, les clichés. Ca commence par les personnages. Lui est beau, piercé, tatoué, bad boys en puissance, mais avec un coeur gros comme ça. Sauf qu'il a une réputation de baiser avec tout ce qui a des seins et que, même si c'est vrai, ça lui plait pas tant que ça. Elle, elle a pas encore dix-huit ans, elle ne vit que pour ses études, est vierge, n'a jamais eu de copain et ne veut surtout pas en avoir parce que les études. Mouais, vous le sentez venir, n'est-ce pas ? Ben ça ne rate pas. Ils sont attirés l'un par l'autre, malgré les différences. En même temps, je n'oublie que je lis de la romance.

Et ça aurait pu être sympa, hein. Si on avait oublié deux trois choses : les clichés. D'habitude, je m'y fais plutôt pas mal. Mais pas là. Déjà, je n'ai pas beaucoup apprécié la manière dont Rachel voit les deux autres filles de sa classe (l'une est taxée de pétasse, l'autre d'autisme, grande classe). Chris a les mêmes travers. A part Rachel, les filles sont juste là pour qu'il couche avec (exemple, il s'en tape une parce qu'il ne peut pas le faire avec Rachel, qui est toujours mineure)(bon, ils ne sont pas ensembles à ce moment-là)(n'empêche, on apprécie...). D'ailleurs, je trouve qu'on s'attarde beaucoup sur le sexe du monsieur (et pas seulement parce qu'il a un piercing là aussi). Le type pense beaucoup avec, un peu trop à mon gout. Et je vous parle de son passé malsain, là où elle est pure comme pas possible (ça aussi, ça revient souvent, il veut pas la toucher à cause de ça, il veut pas faire si à cause de ça, il veut pas faire ça parce qu'elle est innocente). 

Enfin, les voilà qu'ils arrêtent de se tourner autour et qu'ils passent à la vitesse supérieure. Et là, c'est festival de lever d'yeux vers le ciel. J'étais ravie de lire ces parties là à la maison et pas au café, comme d'habitude. Du moment où ils sortent ensemble, ils ne pensent plus qu'au dix-huit de la demoiselle, âge où il va enfin pouvoir l'honorer. Le truc, c'est que là, on tombe sur quelques bons points dans la romance : déjà, le sexe, ça peut être cool sans pénétration (mais le coup du "Oh, j'ai jouis" m'a achevé), ensuite, le sexe, c'est si elle veut (par contre, trois chapitres pour décrire la première fois, c'est un peu long). Mais à chaque bon point, on se retrouve avec un truc qui va pas : il est clean, elle a un implant, cool, faisons le sans le préservatif tout en lui promettant de ne pas éjaculer en elle, ce qu'il ne fera pas, dans le feu de l'action... C'est elle qui décide, mais quand elle commence à être un peu trop tendue par la peur, au lieu de voir si c'est ok, il la chauffe un peu plus sans rien lui demander (et comme c'est durant un chapitre où il est narrateur, pas moyen de savoir si elle va vraiment bien). Et puis, il y a les dialogues, où je me suis demandée si l'autrice faisait exprès de choisir les pires phrases à dire au lit juste pour me faire marrer.

Bon, vous aurez bien compris que ce n'est pas du tout passé pour moi. Malgré de bons points (le consentement par exemple, l'amour sans pénétration aussi), il y a trop de choses qui m'ont fait levé les yeux au ciel, ou rire, pour que je prenne le roman au sérieux. Il manque un véritable enjeux je trouve (parce que là, on a juste l'impression que c'est couché avec la fille dès qu'elle est majeure, l'enjeu), des personnages bien moins stéréotypés et de vrais situations conflictuelles pour que j'apprécie. De plus, les parties qui se voulaient érotiques étaient tellement bourrés de clichés que franchement, ça ne m'a rien fait du tout. Bref, un échec pour moi.

lundi 13 mars 2023

Night Travelers, Rozenn Illiano

 Night Travelers resort à la fin du mois. Il était temps pour moi de découvrir le suite de Midnight City que j'avais tant aimé.

Night Travelers, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : 
Année de parution : 2023 (pour le numérique)
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé Midnight City
- Vous voulez rêver

A ne pas lire si : 

Présentation de l'éditeur : 

Un an après sa rencontre avec Adam Remington, Samuel peine à retrouver sa quiétude d’autrefois. Tout a changé depuis, mais pas pour le meilleur : traumatisé par le Sidhe, il se sent dépossédé de son univers et ne parvient plus à écrire la moindre ligne. Syndrome de la page noire, cette fois, comme un barrage rompu dans son esprit, laissant son imagination sans contrôle. Il rêve, chaque nuit, de la Cité de Minuit. Le Temps y a repris son cours. Les Nocturnes se sont réveillés. Des rumeurs s’élèvent des entrailles de la ville, les tours menacent de reprendre vie. Et la grande Horloge pourrait s’arrêter pour toujours si le démiurge, perdu dans ses cauchemars, n’affrontait pas ces ombres venues du fond de l’Abyme. Night Travelers est la suite de Midnight City.

Mon avis

Bon, j'ai très envie de juste vous mettre que c'est un coup de cœur et qu'il faut le lire. Je pense même que ça suffira amplement. Mais ça serait dommage, n'est-ce pas. Le problème, c'est que parlé de Night Travelers, c'est aussi pas mal divulgacher Midnight City et pas que. Et pourtant, il peut se lire quasiment comme un one-shot, et ça même s'il est en plein centre du Grand Projet (oui, je sais, on en parle plus, mais c'est dur). C'est possible puisqu'à l'époque, MC devait en être un. Tout a été dit dans le roman, l'autrice n'avait pas laissé de piste pour une suite directe. Enfin, pas totalement. Après, on dira que ça vient aussi de moi qui voit parfois des liens où il n'en faut pas. Mais il y en avait eu qui m'intriguait beaucoup et il s'avère que ce fameux lien était existant (ou pas au moment de l'écriture de MC). Alors, du coup, je suis ravie que Rozenn est écrit cette suite, qu'elle nous permette de revenir dans la Citée de Minuit et revoir ses personnages.

Rha, je ne sais pas par où commencer, en réalité. C'est compliqué de chroniquer un second tome sans trop en dire. Sam n'arrive toujours pas à écrire. Il a trop d'idée, trop de rêves, trop de tout. Ce qu'Adam lui a fait le traumatise et il n'arrive pas à s'en sortir. Il tente, et s'en sort pas si mal jusqu'à cette nuit-là, où il entre dans la Cité de Minuit. Une ville qui a reprit sa marche normale, ou presque. Le temps est revenu. Mais les cauchemars sont toujours là, prêt à fondre sur les Nocturnes. Oyra, la régente de la ville, va devoir affronter tout cela, alors que, petit à petit, ses souvenirs lui reviennent. Il en va de même pour Cyan. Forcément, ce qu'il se passa dans le rêve et dans la réalité sont liés. Si Sam finit par perdre pieds, c'est toute la cité qui disparaitra…

Quand j'ai commencé le roman, une phrase m'a marqué, juste au début. Elle m'a marqué, parce que j'ai écris quasi la même, quelque jours plus tôt, dans mon journal. Cette phrase, la voici "Si je m’arrête, je m’éteins.". C'est pour moi que j'avais écris une version presque identique, alors autant vous dire que le roman, il m'a parlé et pas qu'un peu. C'est d'ailleurs un peu "énervant" de voir à quel point je suis touchée par les romans de l'autrice, comme si elle savait de suite quoi dire pour m'embarquer à sa suite (et parfois me mettre les larmes aux yeux, cf la Maison des Epines). Du coup, je me retrouve dans les personnages, ici Sam, mais aussi Oyra ou encore Cyan, et j'ai l'impression de ne pas être objective. Mais après tout, peut-on vraiment l'être dans la lecture ? N'est-ce pas en s'attachant, en se retrouvant dans les personnages ou situation qu'on apprécie ce qu'il se passe sous nos yeux ? C'est le cas pour moi, et c'est pour ça que j'aime tant les romans de l'autrice, parce qu'ils me parlent, parce que ses personnages me paraissent "vrais". Mais je crois que je disgresse un peu là, et que je m'en vais plus parler de moi que du roman, ce qui serait bête.

Et donc, les personnages. On retrouve bien entendu Sam, Roya et Cyan, les acteurs principaux de Midnigt City. Quelques temps ont passé, et ils tentent, tous autant qu'ils sont, de vivre après MC. Mais ça ne marche pas vraiment. Les angoisses et les peurs sont toujours là, même celles qui étaient si profondément enfouies. Sam est submergé par les idées, par sa propre création. Roya a à nouveau arrêté d''écrire, tente de reprendre le cours d'une vie normale jusqu'à ce que son ex fasse sa réapparition. Pour tous les deux, l'ombre de Remington plane toujours, d'une manière ou d'une autre. J'aime toujours autant les deux, leur interaction, la manière qu'ils ont de se protéger l'un l'autre, même quand parfois, ce n'est pas voulu. On retrouve aussi Xavier et Adam, bien sûr, mais pas dans un rôle où on aurait pu les imaginer. Je suis contente de voir la manière dont ils évoluent, comme quoi, rien n'est tout noir ou blanc dans la vie. Et puis, il y a les nouveaux, Dora et son frère, qui relient la série au reste du Grand Projet (oui, je sais, le Grand Projet n'existe plus tout à fait, mais ça reste quand même). J'espère en voir plus d'eux bientôt (et non, j'en dirais pas plus). Du côté des Nocturnes, c'est Cyan que l'on retrouve. Mal dans sa peau, hanté par ce qu'il s'est passé, je crois qu'il aimerait bien retourné dans l'Oubli, lui. Nous faisons aussi la connaissance d'Oyra, personnage important de ce tome. J'ai aimé la suivre, redécouvrir les secrets de la ville avec elle, me rapprochait du Marchand de Sable aussi et puis, comprendre ce qu'il se passe, vraiment.

Night Travelers, c'est l'histoire de ce qu'on a voulu enfouir. Des souvenirs disparus volontairement, de la dépression et des rêves brisés. C'est l'histoire des deuils, que ce soit d'une personne ou d'une envie, d'une passion. C'est aussi de l'espoir, de l'aide, et peut-être une sorte de rédemptions qu'on s'accorderait à soi-même. C'est beau et poétique. Même lorsque le tout se fait cauchemardesque, lorsque la peur prend le dessus, il y a toujours cette onirisme qui nous prend aux tripes et nous entraine dans l'univers de Rozenn.

Au final, c'est encore un coup de cœur pour moi. Le roman a su me parler, m'entrainer pour me garder là, avec les ombres de la Cité de Minuit. Il fait probablement parti des romans les plus aboutis de l'autrice pour moi, de ce qui ne sont pas prévu à la base, mais qui deviennent une évidence. Pour moi, ce tome-là en est une. 


mardi 21 février 2023

La théorie du bouclier, Le Prophétionnel, tome 1, Pierre Grimbert

 Vous avez déjà eu l'occasion de voir monsieur Grimbert dans ses pages pour sa géniale saga de Ji que j'aime beaucoup beaucoup. Dans le Prophétionnel, l'auteur reste sur de la fantasy, mais glisse du coté de l'humour et de la parodie. Un genre avec lequel j'ai souvent du mal, sauf lorsqu'on s'appelle Pratchett. Alors, est-ce que Pierre Grimbert aura réussi à me convaincre ? C'est ce que nous allons voir.

La théorie du bouclier, Le Prophétionnel, tome 1, Pierre Grimbert

Editeur : Octobre
Collection : 
Année de parution : 2006
Format : mobi

A lire si 
- Vous voulez une parodie de quête fantasy classique
- Vous voulez de l'humour parfois un peu potache mais pas lourd
- Vous voulez une vraie histoire

A ne pas lire si : 
- Vous n'avez pas d'humour
- La fantasy, pour vous, c'est du sérieux.

Présentation de l'éditeur : 

Le royaume connaît une paix et un bonheur inégalés depuis des siècles, et il semble que cela doive durer encore de nombreuses années... C'est une véritable catastrophe ! Pour le bon chevalier Ulser de BriseCamail, en tout cas. Sa seule chance d'épouser la belle Migrene est d'accomplir un exploit ; mais les grands de ce monde n'ont aucune quête à lui confier ! Depuis a mort du dernier nécromancien, même les dragons évitent de dire un mot plus haut que l'autre. Les Horckques regardent pousser les patates, et les dieux chaotiques-mauvais se tapent une sieste récupératrice... Malgré tout décidé à agir, Ulser va demander conseil à une sorcière aux pouvoirs aussi grands que ses appétits politiquement incorrects. Il y aurait bien quelque chose à faire, oui... Un exploit formidable, peut-être... mais peut-on vraiment sauver le monde, quand celui-ci n'est pas en danger ?

Mon avis

Comme je le disais, le genre parodie humoristique n'a pas toujours bonne presse chez moi. J'ai souvent du mal avec ceux qui veulent en faire trop, qui confondent humour et lourdeur. Les blagues "pipi-caca" ne me font pas rire, tout ce qui tourne autour des "malentendus" sexuels non plus. Du coup, je fais l'impasse sur ce genre, sauf quand il s'agit de Pratchett. Mais, bon, là c'était Pierre Grimbert, dont j'adore la saga de Ji. Je me suis dit que j'allais tout de même tenté, surtout que le roman traine dans ma liseuse depuis un moment. Bon, je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps, j'ai beaucoup aimé.

L'histoire commence tranquillement avec Ulser, paladin de son état, parti à la recherche d'une quête qui redorera son blason face à son futur beau-père. Il faut dire que son concurrent dans le coeur de la belle Migrene aurait réussi à bannir un dragon. Seul problème, le monde est en paix. Il se rend donc chez une sorcière pour essayer de trouver une quête. C'est à partir de là que tout s'embrouille. Déjà, il décide de faire une quête qui n'aura lieu que dans treize ans, ensuite, il libère les diablotins qui fournissent la magie aux sorcières et mages. Accompagné de la sorcière, son (ex)époux, puis d'un voleur (pas fameux du tout) et d'une amazone (aussi naive que lui), le voilà parti pour accomplir sa quête et peut-être sauver le monde avec un peu d'avance. On se doute bien que le chemin est plein d'embuches et que rien, mais alors rien, ne va se passer comme prévu.

J'aime beaucoup quand les auteurs jouent avec les quêtes et autres histoires d'élus. Imaginez, ici, on a un type, très mais alors très naïfs, pas vraiment ultra intelligent, mais extrêmement serviables (même quand il ne faut pas), qui se retrouve à être au centre de toutes les prophéties du monde, pire encore, sa seule présence change absolument tout. C'est vraiment très amusant à lire et à découvrir. Surtout quand le dit bonhomme est accompagné par une équipe pas toujours plus maline que lui. Si j'ai la naiveté d'Ulser, notre paladin, j'ai adoré le duo Mercedes/Roméo, les deux mages, cerveaux de l'équipe, toujours en train de se chamailler (il faut dire qu'elle a un sale caractère et que lui a tendance à vouloir la tromper (par vengeance, elle a fait de même) avec pas mal de personnes). Dommage par contre que Escar, le voleur pas du tout doué mais ultra chanceux et Maline, l'amazone, soient un peu plus transparent dans cette aventure. 

Ensuite, il y a l'humour, plutôt proche de ce que j'apprécie (pas lourd, en finesse, ironique souvent) et les multiples références à des œuvres dites classique de la fantasy. J'ai ricané quelque fois, et, vraiment, la lecture a illuminé mon café du matin. En plus de ça, Pierre Grimbert nous offre une vraie histoire avec une vraie quête. Sous couvert d'humour et de parodie, nous sommes sur de la fantasy presque pure et dure. Forcément, ça fonctionne à mort, sans temps mort et sans incohérence dans le texte. On est pas là juste pour rire, on est aussi là pour suivre l'histoire d'Ulser et de son équipe, comme on le ferait avec les personnages des autres cycles "sérieux" de l'auteur. C'est vraiment quelque chose que j'apprécie. Trop souvent, sous couvert d'humour et de parodies, les textes partent en tout sens sans vraiment nous offrir d'histoire.

Au final, je me suis éclatée (et j'en ai bien besoin en ce moment). C'était fun à lire, sans prise de tête et franchement agréable. J'ai beaucoup aimé ce côté très humoristique de l'auteur que je ne connaissais pas vraiment (il y a des touches d'humour dans ses autres textes, hein, mais forcément, c'est bien moins qu'ici). L'exercice est difficile et il s'en sort vraiment très bien pour moi.



lundi 16 janvier 2023

La Maison des Epines, Rozenn Illiano

 Bonne année !

Pour tout vous dire, la Maison des Epines n'est pas le premier roman que je lis cette année, mais je vous épargne un nouvel avis sur la Mer sans Etoiles d'Erin Morgenstern (tout comme j'ai arrêté de le faire pour le Cirque des Rêves). Il n'en reste pas moins que c'est la première lecture et que si je me fie à elle, mon année 2023 ne devrait pas être mauvaise niveau lecture.

La Maison des Epines, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : 
Année de parution : 2023
Format : mobi

A lire si : 
- Vous aimez les ambiances un brin gothique
- Vous n'avez pas peur de plonger dans les rêves (ou les cauchemars)
- Vous avez apprécié le mime d'Erèbe.

A ne pas lire si :
- Un jour, je trouverais peut-être une raison. Mais pas aujourd'hui.

Présentation de l'autrice

Ne réveillez pas ce qui dort sous la Maison des Épines…
Novembre 1900. Mime au cœur brisé, Sonho assiste à la fin du légendaire cirque Beaumont, qui ferme ses portes après des décennies à sillonner les routes d’Europe. Le cirque représentait tout pour lui – sa maison, sa famille, ses rêves. Sa mission, aussi, confiée à la troupe par sa fondatrice : le père de cette dernière avait prophétisé la venue d’un orphelin qui changerait le monde, un enfant que Sonho espérait plus que tout retrouver.
Résigné, perdu, le mime abandonne tout derrière lui. Il suit alors sa sœur Augusta, qui souhaite ouvrir un orphelinat afin de mettre les enfants du cirque à l’abri. Et quoi de mieux que la demeure dont elle a hérité de ses ancêtres pour y installer tout ce petit monde ? Situé au cœur d’une forêt non loin de Londres, le domaine de Blackthorn Hill ressemble à un paradis.
Mais comme dans toutes les vieilles bâtisses, l’on y croise des ombres et des rumeurs, des mystères insondables, des vérités qu’il ne faut surtout pas exhumer. Que cache la Maison des Épines ? Quels secrets renferme-t-elle, ainsi protégée par son armée de prunelliers ? Qu’y a-t-il derrière cette porte fermée à clef dans le sous-sol ?

Mon avis

Un jour, sur twitter, Rozenn a parlé du mime d'Erèbe (que je n'avais alors pas encore lu) et de ce que pourrait être son histoire. Elle disait qu'elle finirait par l'écrire, mais pas de suite. Alors, j'ai attendu, parce que je savais que cette histoire-là allait me plaire. L'année dernière, j'ai eu l'occasion de recroiser Blackthorn Hill aux grès des pages d'un roman qui ne sera peut-être pas publié et l'envie de lire cette histoire-là c'est faite plus forte. J'ai eu de la chance, Rozenn a finit par se pencher dessus et par écrire la Maison des Epines. 

Nous voici en 1900. Le cirque Beaumont (que nous avons donc déjà croisé dans Erèbe) est de retour en Angleterre après plusieurs années passées aux USA. Mais la joie n'est pas là. Endeuillé par la mort de plusieurs d'entres eux lors du voyage retour, rien ne va. Le cirque se brise, petit à petit. Lorsque Grace, sa directrice, meurt à son tour, les membres se séparent, pas toujours dans la bonne entende. Augusta et Sonho partent pour Blackthorn Hill, la résidence familiale. Isaac, leur frère, et d'autres, tentent de continuer à faire vivre le cirque. Mais que se soit d'un côté comme de l'autre, rien n'est simple. 
A Blackthorn Hill, demeure entouré de Prunellier, quelque chose s'éveille. La maison cache quelque chose et Augusta et Sonho vont avoir bien du mal à découvrir quoi. A Londres, Isaac va découvrir Mary, une marcheuse de rêve qui tente de fuir son père. Et si tout était lié, la maison, Mary et surtout cette étrange prophétie de l'enfant-clé qui a tant couté à la famille de Sonho ? 

Je crois vraiment que j'ai quelque chose avec les romans de la partie "Rêve" du Grand Projet. J'aime tous les romans que j'ai pu lire jusqu'à maintenant, hein, mais dès qu'on part sur le Rêve, il se passe forcément quelque chose. J'aime ces romans-là plus que tout et j'aurais bien du mal à expliquer pourquoi. Il y a l'ambiance, déjà. Il serait facile de dire qu'ils sont oniriques, et en plus, ça serait presque faux. Parce que le rêve de l'autrice, surtout ici, n'est pas forcément très sympathiques. On est plus proche du cauchemars la plupart du temps. Mais attention, pas d'horreur à proprement parler. Non, les cauchemars de la Maison des Epines explorent le rêveur, tirent leur puissance et leur substance de ce qu'il ressent. Il y a un certain côté introspectif, nostalgique et mélancolique dans les rêves du Grand Projet. Une ambiance qu'on retrouve déjà dans Erèbe et qui, ici, est plus développée. Or, vous le savez, je suis extrêmes attachée aux ambiances et ici, elle m'a beaucoup plus.

Tout comme les personnages. Je connaissais déjà Sonho (que j'avais retrouvé un peu avant le début de ma lecture, puisque j'ai relu Erèbe en fin d'année et que je ne l'avais pas encore fini en commençant la Maison des Epines) et je dois dire que le découvrir bien plus ici m'a plu. C'est un personnage comme l'autrice (et moi) l'aime, cassé, déboussolé souvent, mais qui essaie, malgré tout de vivre. Parfois, il m'a fait pensé à Oxyde pour tout vous dire. Et puis, il y a sa famille, Augusta, Isaac, les gens du cirque, Little Jack, Anabel, la petite Alma. Ils sont tous reliés entre eux, formant une véritable famille avec les bons et mauvais moment. l'alchimie entre eux est juste parfaite, sans en faire trop. J'ai eu un peu plus de mal par contre avec la jeune Mary, peut-être parce qu'elle est extérieure au cirque, je ne sais pas trop.

Mais si j'ai adoré la partie 1900, que dire de l'autre partie, celle qui se découvre entre les deux ? Celle qui relie le tout à Erèbe et aux autres marcheurs de rêve ? On se retrouve quelque décennies plus tôt, en compagnie d'Arthur, le grand-père d'Augusta. Lui et Oonagh, sa meilleure amie, cherchent à découvrir ce qui est enfouie sous la maison. J'aime beaucoup les retours dans le passé comme ça. Pas la première fois que l'autrice le fait et j'apprécie avoir plusieurs chronologies. Surtout, j'aime comme les deux se mélangent, l'un fournissant la matière à l'autre et inversement. C'est encore plus présent ici avec un joli hommage à la Mer sans Etoiles (amusant d'ailleurs de les avoir lu tous les deux quasi en même temps et d'être tombé sur cet hommage alors que j'étais dans le bon passage de la Mer)(c'est d'ailleurs pas la seule réf à l'oeuvre d'Erin Morgestern et j'adore, parce que j'aime énormément Erin Morgenstern). C'est aussi dans cette partie, plus précisément, qu'on découvre le lien entre Erèbe et la Maison des Epines, et donc entre les trois familles concernées. Mais, ne vous en faites pas, pas besoin d'avoir lu le premier pour comprendre le second.

Enfin, je dois vous avouer quelque chose. J'ai pleuré en lisant la Maison des Epines. La faute à l'un des thèmes du roman, que je connaissais. La faute à la période aussi (mes fins d'années sont marqués par le deuil et le souvenir). J'ai failli refermé le livre et me dire tant pis, Rozenn comprendra que je ne puisse le lire avant sa sortie. Et puis, en réalité, j'ai continué, et je crois qu'il s'est passé quelque chose. Une sorte de lueur dans la douleur que je partage avec les personnages. Je n'arrive pas à l'expliquer et je sais que ça a fait beaucoup dans ma perception du roman. Alors, oui, d'habitude j'essaie d'être la plus objective possible, mais pas ici. J'ai eu besoin d'en parler parce que ça fait aussi partie de ce que j'ai pu ressentir dans ma lecture, c'est aussi ça qui a fait que j'ai aimé. On le sait, il y a des livres qui font du bien. Je ne suis pas sûre que ce soit l'idée première de la Maison des Epines. On ne va pas se mentir, il n'est pas feel-good, ce roman à la base. Il est sombre, mélancolique, nostalgique, il fait parfois peur et moi, il m'a fait pleurer. Et il m'a fait du bien. 

La Maison des Epines fait parti de ces romans qui m'ont marqué. Il rejoint le mon panthéon personnel des romans de Rozenn Illiano avec Erèbe, Onirophrénie et Migdnight City (tiens, tous avec des rêveurs, y a un truc, je vous dit). C'est une merveille, autant dans l'intrigue, le style (oh, j'en ai pas parlé, mais j'ai adoré les passages à la seconde personne, rare mais très intense), les personnages que par ses thèmes. Il y a un truc assez lumineux finalement. En plus, comme toujours, il y a l'avantage d'être lu seul. 


mardi 27 décembre 2022

La geste du Sixième Royaume, Adrien Tomas

 Ce roman traine dans ma pal numérique depuis un bon moment. Je ne l'avais pas encore sorti juste parce que le kindle m'annonçait 15h de lecture au moins et que ces derniers temps, j'ai préféré des lectures plus rapide que ça. Mais il était temps de le faire sortir.

La geste du Sixième Royaume, Adrien Tomas

Editeur : Mnémos
Collection : Icares
Année de parution : 2013
Format : AZW

A lire si ; 
- Vous aimez la fantasy à l'ancienne
- Vous voulez une sorte de prophétie

A ne pas lire si : 
- Vous vous attendez à de grandes batailles
- Vous n'aimez pas la forêt

Présentation de l'éditeur : 

Les cinq royaumes : des nations turbulentes et ambitieuses souvent en guerre. Au coeur des terres, un sixième royaumes : La Grande forêt légendaire, impénétrable et hostile. Dans la maisonnée de Sélénir, dans les cases de Val ou dans les yourtes des nomades des steppes de Khara, le soir au coin du feu, on raconte aux enfants la légende suivante : tes rêves, tes cauchemars comme les créatures fantastiques des contes que tu aimes tant peuplent le sixième royaume...

Mon avis

Je vous avoue que je ne savais pas du tout sur quoi j'allais tomber quand j'ai ouvert le fichier. Je n'avais pas encore eu l'occasion de lire l'auteur (alors qu'il faut que je mette la main sur Notre Dame des Loups) et quand même, il me semblait bien long ce roman. Mais bon, y avait les vacances alors, je me suis lancée. Et, ok, le début est lent. Et en fait, lent, je crois que c'est un peu le mot que je retiendrais du roman. Attention, lent mais pas ennuyant par contre. Juste que ça prend bien bien son temps quoi et, en fait, il vaut peut-être mieux d'ailleurs. Car Adrien Tomas nous entraine dans un roman à plusieurs voix, dense et parfois un peu compliqué à suivre.

L'univers créé par l'auteur est plutôt simple : cinq royaumes humains (avec tout de même deux royaumes nains) entourent une forêt immense, nommée parfois le sixième royaume. Là se cache des créatures fantastiques telle que les Sylphides, les dragons ou encore les elfes et les Dryades. Régulièrement, les royaumes humains essayent de s'agrandir et quoi de mieux que de conquérir et raser la Grande Forêt ? Or, il existe une sorte de combat entre le Père et l'Autre, deux Aspects (l'un représentant la nature et la sauvagerie, l'autre la modernité et le changement)(en très gros). Tous les millénaires environ, ils font appel à six Hérauts chacun afin de mener une guerre sans merci. Nous allons suivre ces Hérauts depuis leur préparation jusqu'à la fin de la guerre.

Comme je le disais, le livre est parfois un peu compliqué à suivre. Il faut dire que l'auteur ne se contente pas de nous donner le point de vue d'un seul des deux camps. Non, nous avons là une multitudes de personnages, les Hérauts, mais aussi des chefs de guerres, de simples guerriers etc, qui vont nous documenter la guerre entre les deux Aspects. Surtout, il ne va pas se contenter d'une "simple" guerre, mais va aussi placer quelques complots et autres délicatesses. Je dois dire que j'en est été ravie, le roman gagne en profondeur et mérite ces 700 et quelques pages. Vraiment, j'ai beaucoup apprécié avoir les deux côtés, surtout qu'il faut bien le dire les Aspects ne peuvent pas être considéré comme bon ou mauvais, après tout, il n'y a jamais vraiment de gentils et de méchants dans une guerre, n'est-ce pas ?

On le remarque vraiment avec les personnages. Si certains sont clairement des protagonistes (je pense à Llir surtout) et d'autres clairement des antagonistes (coucou Irian), d'autres sont biens "gris". J'ai adoré ces nuances, surtout qu'on les trouve vraiment partout, autant chez les Héraults (coucou la Fille qui n'hésite pas à manipuler son monde pour avoir ce qu'elle veut) que chez les personnages plus secondaires. Malheureusement, vu leur nombre parfois un peu trop élevé, j'ai eu du mal à m'attacher plus à l'un ou à l'autre, surtout qu'on en survole certain, même parmi les Héraults. Pour moi, même si j'ai aimé avoir autant de point de vue, ça reste un petit défaut tout de même. J'aurais voulu en savoir plus sur certain. 

Enfin, et ça aussi, je le disais plus haut, il y a la lenteur du roman. L'introduction est vraiment lente pour moi, et longue aussi. Puis, on arrive enfin à la guerre et là, on se retrouve avec des passages qui peuvent être lent et puis, bof, d'un coup, une éclipse ou un moment important qui passe en quelques lignes, et puis, quelques chapitres plus tard, on a l'explication de ce qu'il a pu se passer. La fin en est d'ailleurs le parfait exemple. Vraiment pour moi, ça a posé problème. D'habitude, j'ai rien contre ça mais là, ça m'a dérange. De plus, le rythme du roman en a souffert, pour moi. Et c'est vraiment dommage parce que j'ai adoré l'histoire, moi.

Au final, je suis donc très mitigée sur cette geste. J'ai aimé l'histoire, le fait que l'on voit les deux camps, que ce ne soit pas trop manichéen. Mais ça a parfois été trop lent, parfois trop rapide et au final, je suis parfois restée sur ma faim. 

vendredi 18 novembre 2022

Midnight City, Rozenn Illiano

 Midnight City avait une sacré aura pour moi avant même de le lire. C'est peut-être l'un des romans les plus documentés de Rozenn Illiano puisque son univers lui a servi dans son activité de bijoutière, pour créer des énigmes et encore plein d'autres choses. C'est simple, j'avais l'impression de le connaitre avant même de l'avoir lu, chose assez étrange. Or, ce genre de chose, ça peut être à double tranchant, comme on s'en doute. Est-ce que ça a été le cas ici ? C'est ce qu'on va voir.

Midnight City, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : /
Année de parution : 2022 
Format : mobi

A lire si : 

- Vous voulez de l'onirisme 
- Vous voulez des héros qui n'en sont pas tout à fait.

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditrice 

Deux mondes, deux héros, deux rêves… Un seul cauchemar.
Écrivain inconnu, Samuel rencontre le succès par hasard, et son existence change du jour au lendemain – pas forcément pour le mieux, d’ailleurs. Introverti et grand timide, il se plie à sa nouvelle célébrité sans rechigner, rêvant pourtant de retrouver la quiétude de son anonymat, jusqu’à ce qu’il perde toute inspiration.
Dans la Cité de Minuit, ville plongée dans la nuit et le songe, Cyan se languit de son ancienne vie : magicien du rêve, il protégeait les siens et affrontait les cauchemars. Mais depuis un terrible accident qui lui a pris tout ce qu’il aimait, il a perdu son pouvoir, et s’avère désormais piégé dans un morne quotidien qu’il voudrait fuir plus que tout.
Un jour, tout change. Un énigmatique mécène vient à Samuel, lui offrant ressources et tranquillité afin de pouvoir écrire de nouveau ; le Temps s’arrête au cœur de la Cité de Minuit, plongeant ses habitants, les Nocturnes, dans un étrange sommeil de pierre, dont Cyan est mystérieusement épargné.
Les cauchemars se réveillent, les peines d’autrefois quittent l’Abyme dans lequel elles avaient été oubliées, et Samuel et Cyan, à un monde de distance, devront se mesurer à leurs ombres.

Mon avis

La première fois que j'ai eu envie d'avoir ce romand dans les mains, il voyageait. C'était en 2019 et il n'en existait qu'un seul exemplaire. Un seul livre, format papier, qui passait donc de lecteur en lecteur. J'aurais voulu avoir cet exemplaire entre les mains, le destin en a décidé autrement. L'expérience tourna court, malheureusement. L'autrice décida alors de l'éditer et de le faire connaitre par des voix plus "normale". Cette année, Midnight City ouvre une nouvelle page à son histoire, puisqu'il débarque en numérique et à droit à une seconde édition papier. Et franchement, un conseil, ne le ratez pas. C'est une pépite.

Bon, j'ai beaucoup de mal à organiser ce que je veux dire pour ce roman. C'est rare quand ça m'arrive, mais ça arrive. Le truc, c'est que Midnight City m'a parlé. Beaucoup, énormément. Il m'a fait me questionner sur certains points, m'a conforté sur d'autres. Il a réveillé de vieux rêves et aussi quelques cauchemars, il faut l'avouer. C'est un roman comme on n'en croise pas beaucoup, un de ceux qui va rester longtemps. Alors, oui, c'est compliqué d'en parler et de la faire comme je fais d'habitude. Parce que le truc, c'est que Midnight City interroge le métier d'auteurice, beaucoup, et que je suis moi-même autrice (même si j'en parle jamais ou presque ici). Ca a beaucoup d'importance ici. Je n'ai pas lu Midnigth City comme une simple lectrice. L'écrivaine en moi a beaucoup absorbé ce que j'ai lu. Je me suis émerveillée devant les descriptions de la Cité de Minuit, et je me suis perdue dans les méandres de mes propres pensées en suivant Sam. Vous la voyez du coup la difficulté ? Elle est là, et je ne sais toujours pas comment vous parlez du roman (j'avais cru qu'en écrivant ça, ça se débloquerait, mais non). Bref, du coup, on va y aller comme d'hab et puis on verra bien donc.

Samuel est auteur. Son premier roman publié, les Larmes D'Aquarius est un best-seller. Forcément, on lui demande toujours à quand le second. Sauf que le succès d'Aquarius semble avoir tari la source de l'inspiration. Sam n'y arrive plus. Il n'écrit plus, la page reste blanche, quoiqu'il fasse. Jusqu'à sa rencontre avec Adam Remington. L'homme lui propose de devenir son mécène. S'il hésite, Sam finit par accepter. Et à peine cela fait, il recommence à écrire. Mieux, il reprend enfin Midnight City, un roman qu'il pensait ne jamais écrire. Ailleurs, quelques parts dans les rêves peut-être, la Cité de Minuit s'arrête d'un coup. ses habitants figés. Seul Cyan, le pilote de l'Oniropostale semble ne pas être atteint par cette étrangeté. Il est peut-être le seul à pouvoir se confondre aux cauchemars qui se réveillent et à sauver la Cité. 

Le roman ne se divise pas totalement en deux. On va beaucoup plus suivre Samuel, dans la vie est basculé par l'arrivée d'Adam. Sam, c'est un presque monsieur tout  le monde. En fait, s'il n'y avait le succès de son roman, il continuerait tranquillement sa petite vie, allant sur son forum d'écriture où il est modo, bossant la journée dans un atelier de sérigraphie. Sam, c'est vous, c'est moi, un mec qui vit sa passion dans son coin ou presque et qui d'un coup se retrouve sur le devant de la scène. Et là, c'est la dégringolade. Alors qu'il pensait vivre son rêve, ça se transforme en fait en cauchemar. Il perd l'inspiration. Jusqu'à l'arrivée d'Adam donc. Or, si tout lui revient, les rêves, les cauchemars et l'envie d'écrire, cela ne se fait pas sans heurts. Sam se questionne beaucoup, un point qu'il a en commun avec beaucoup de personnages de son autrice, et par là même, il va questionner l'autrice en moi. Je me suis beaucoup reconnue dans les questionnements de Sam, et ceux de Roya, son amie, aussi. Les deux ont une certaine vision de l'écriture, pas toujours commune d'ailleurs. J'ai tellement aimé suivre leurs échanges, me voir dans l'un ou dans l'autre suivant les cas. Et puis, forcément, je les ai aimés, eux. Et Remington aussi. Parce qu'ils ne sont pas tout blanc, ou tout noir. Parce que même Remington n'est pas un "méchant" alors qu'il est l'antagoniste de Samuel. Même lui, je crois que je l'ai compris. D'ailleurs, il fait parti ces personnages que j'aime parce qu'ils sont presque normaux et qu'il n'y a qu'une chose, parfois infime, qui peut les faire basculer. Ce qu'il fait, il ne le fait pas par méchanceté. C'est un besoin qu'il a, quelque chose qui le fait vivre et que, peut-être des fois, il ne contrôle pas tout à fait.

Et pendant que Sam se bat contre ses démons, que Roya essaie de le maintenir à flot tout en faisant de même, on va découvrir Cyan, la Cité de Minuit et les Nocturnes. La Cité de Minuit et son ambiance onirique, m'a beaucoup fait penser à Erèbe (et vous savez à quel point j'aime le livre et le monde). Elle a un côté victorien qui n'est pas du tout pour me déplaire et elle éveille grandement l'imagination. Mais surtout j'aime beaucoup ce qu'elle représente (aussi bien en tant qu'autrice que lectrice d'ailleurs). Sur ce point, j'ai très envie d'en parler ici mais je pense que ce n'est pas l'endroit. Je crois que je préfére largement vous laisse découvrir ce qu'est la Cité de Minuit, et vous faire votre propre opinion dessus. Alors, oui, du coup, je ne vais pas en dire beaucoup, mais vraiment, découvrez Cyan, la Funambule et les autres Nocturnes, leurs rêves et leurs cauchemars par vous-même. Vous ne serez pas déçu de ce voyage-là. On y retrouve toute la magie de la plume de l'autrice, les descriptions magnifiques, l'onirisme aussi. Chose que l'on trouve aussi dans la partie "Samuel" mais en moins "beau" ou merveilleux. 

J'ai lu le roman lentement, prenant mon temps pour le faire. J'ai dû le poser parfois parce qu'il me parlait trop et que j'avais besoin de réfléchir à ce que j'ai lu. J'ai lâché le roman avec une méchante poussière dans l'œil. Oui, j'avoue, j'ai pleuré en le refermant. J'étais émue. J'étais émue parce que la fin est parfaite pour le roman et que j'étais heureuse pour les personnages. Ce n'était pas de la tristesse, mais de la joie. Bien entendu, Midnight City est un coup de cœur. 

Autre chose, je trouve que c'est le roman qui montre le plus ce que Rozenn fait, il parle aussi bien onirisme que "vie réelle". Il montre ces deux facettes importantes de son travail, le fait très bien et en plus de ça, même s'il a un tome deux, il se lit tel un one-shot. 







mardi 25 octobre 2022

L'heure du loup, Robert McCammon

 J'ai ce roman dans ma pal numérique depuis un bon moment. A vrai dire, je ne me souvenais plus du tout de son résumé ni même du pourquoi je l'avais récupéré. Il était donc temps qu'il sorte.

L'heure du loup, Robert McCammon

Editeur : Milady
Collection : terreur
Année de parution : 2011
Titre en VO : Wolf's hour
Année de parution en VO : 1989
Format : AZW

 A lire si : 
- Vous aimez les romans d'espionnage type James Bond
- Vous aimez les loups-garous

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas la violence

Présentation de l'éditeur : 

Michael Gallatin est un as de l’espionnage, un séducteur, mais surtout un loup-garou. Capable de se transformer à la vitesse de l’éclair, de tuer silencieusement et avec une incroyable férocité, il a déjà donné un aperçu de ses talents en Afrique contre Rommel. Il doit maintenant s’acquitter de la plus dangereuse et de la plus délicate des missions : découvrir qui se cache derrière l’opération « Poing d’Acier », le mieux gardé des plans secrets nazis.

Mon avis

Après avoir relu la quatrième de couverture (il fallait bien) et m'être dit que "super, ça passe pour amasser un peu plus de point sur le challengeSFFF2022", je me suis lancée dans l'Heure du loup. On commence avec un premier chapitre qui nous met direct dans l'ambiance, en pleine campagne d'Afrique du nord, non loin du Caire. On découvre rapidement Michael Gallatin (sous forme lupine, ce que j'apprécie assez), son métier et sa manière de vivre. Il faut quelques pages à l'auteur pour poser son personnage et quelques autres pour me faire lever les yeux au ciel. Ce qu'il y a de bien, c'est que du coup, il ne m'a pas fallu beaucoup de temps pour savoir à quoi m'en tenir lorsque notre personnage se retrouve en présence de dame. Mais revenons à notre histoire.

Mickael Gallatin est un homme loup (le terme loup garou n'est pour ainsi dire jamais utilisé, ce qui n'est pas plus mal, je pense). Il travaille comme espion pour le Royaume-Uni et se voit confier une mission des plus importants : empêcher les allemands de saboter le débarquement, prévu pour début juin. D'abord, réticent, il finit par se faire parachuter en France. La mission l'amènera de Paris à Berlin, à la recherche de "Poing d'Acier" quoique cela puisse être. Les diverses parties sont entrecoupés par la jeune de Michael, lorsqu'il s'appelait encore Mikhaïl. Fils d'un ami du tsar, il est mordu par un loup alors qu'il tente d'échapper aux assassins de ses parents. Commence alors pour lui une nouvelle vie au sein de la meute, où il a tout à apprendre.

Je dois avouer que j'ai parfois du mal avec deux récits qui s'entremêlent, surtout quand ce sont des récits passé/présent. J'ai failli avoir le problème ici, ne comprenant pas tout à fait pourquoi l'auteur nous entrainé dans le passé de son héros. J'ai toujours la méchante impression que les auteurs en ajoutent juste pour ajouter des pages en plus à un récit qui manque parfois d'enjeux ou même d'action. Or, ici, ce n'est pas le cas. La partie "présent" se suffit à elle-même, largement. Elle est rythmée, pleine de rebondissements et d'actions. Et vous savez quoi ? la partie "passé" aurait pu elle-aussi se suffire à elle-même. Elle aurait fait une parfaite novella à mon gout. Or, si au départ je me demandais pourquoi avoir mêlé les deux, j'ai fini par le comprendre petit à petit. La partie "passé" apporte beaucoup pour comprendre Michael. Et clairement, je pense que ça valait le coup de couper les deux récits ainsi. 

Parce que Michael, à première vue et si on oublie sa lycanthropie, ressemble à James Bond. C'est le type a faire tomber toutes les femmes qu'ils croisent (et qui le fait d'ailleurs…), qui se sort de toutes les situations, même les pires (et il va en connaitre des bien gratinées, des situations) et qui réussit tout ce qu'il entreprend. A vrai dire, si ce genre de récit ne me déplait pas, ce n'est pas non plus ce que j'aime le plus. L'ajout de la lycanthropie est plutôt bien foutu, Michael ne se transformant pas pour un oui ou un non (c'est même d'ailleurs l'inverse) et les transformations sont toujours utiles et pas juste là pour faire jolie. Or, en découvrant comment il a été transformé mais surtout les années qu'il a passé avec la meute et surtout l'enseignement que lui a dispensé Wiktor, l'alpha. Toute la profondeur du personnage se trouve dans ces passages. C'est ce qui le fait bouger, l'incite à agir alors qu'il pourrait être bien tranquillement dans sa maison du pays de Galles. C'est aussi, finalement, ce qui fait le plus ressortir le thème principal du roman. 

Mais si j'ai fini par apprécier Michael, je dois dire que j'ai été un peu déçue par les personnages qui gravitent autours de lui, surtout dans la partie "présent". Les femmes, toutes résistantes, s'effacent trop souvent pour devenir love-interest. Heureusement, Chesna, l'espionne qu'il rencontre à Berlin est un peu plus que la belle blonde juste bonne à être à son cou (même si elle n'en reste pas moins une damzel in destress alors qu'elle aurait pu être bien plus que ça, vraiment). Les hommes sont des faire valoir et rien de plus. Quant aux ennemis, ils sont dépend comme de pur produit du nazisme, sans la moindre nuance. Oui, ils sont méchants mais ils sont surtout ultra archétypaux. Je trouve ça dommage quand même. Côté "passé", on est pas forcément mieux mais l'aspect meute étant pris en compte, ça efface un peu les défauts côté homme. Côté femme, on se retrouve avec des personnages qui sont vu comme des reproductrices et puis c'est un peu tout… Bref, c'est pas la panacée de ce côté, ce que, de toute façon, j'avais bien compris dès le départ. N'empêche que j'aimerai bien lire ce genre de roman avec des femmes ayant un autre rôle.

Au final, ce fut une lecture sympathique. Le roman a assez de rebondissement pour que les pages se tournent sans problème et, bon, faut avouer que parfois, un roman d'espionnage à la James Bond, c'est plutôt sympa (même si c'est pas ce que je préfère). Par contre, âme sensible s'abstenir, parfois l'auteur apprécie aller dans ce que l'homme a fait de pire, surtout vu la période de son histoire (et les descriptions sont peu ragoutante)

mardi 11 octobre 2022

Les Nocturnes, Tess Corsac

 J'aime bien prendre des livres durant les OP en numérique. Je tombe toujours sur des bouquins qui je n'aurais pas forcément vu et pris en d'autres temps. C'est le cas pour ces Nocturnes qui pour le coup me semblaient assez classique.

Les Nocturnes, Tess Corsac

Editeur : Leha
Collection : 
Année de parution : 2021
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les huis-clos en YA
- Vous voulez plein de rebondissement
- Les questions sur le déterminisme

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages ultra développés

Présentation de l'éditeur : 

25 Rouges. 125 Verts. 250 amnésiques. Et combien de Nocturnes ?
Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su... Aurions-nous quand même été jusqu'au bout ?
Un nom, un bloc, une couleur d'uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent-cinquante pensionnaires de la Croix d'If, entrés dans l'institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir.
Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d'élèves... Qui sont ces " Nocturnes " qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l'institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d'If et échapper à l'administration. Y parviendront-ils en apprenant qu'ils sont prisonniers pour des motifs différents ?

Mon avis

Quand j'ai vu les Nocturnes lors d'une opé numérique, je me suis dit pourquoi pas. La couverture est sympa, la quatrième pas trop mal. Je me suis dit que ça serait sympa comme lecture dans les jours sans, vu qu'en plus c'est du Young-Adult (alors, attention quand je dis ça, c'est pas péjoratif pour deux sous hein, j'ai beaucoup de jours sans, où j'ai besoin de lecture qui ne m'en demande pas trop, style pas de la grosse fantasy avec un langage ultra travaillé par exemple)(et j'aime beaucoup le YA aussi). Il est resté un moment dans la PAL numérique avant que je ne le sorte et une fois que ça a été fait, il a été compliqué de le lâcher parce qu'il est pas mal addictif.

L'institut de la Croix d'If accueille 250 pensionnaires. Les jeunes gens sont tous amnésiques. Aucun ne se souvient de ce qui les a amené ici, ni même quand ils vont en partir. Coupés du monde par une administration qui ne leur dit rien mais semble tous les observer avec attention, ils vivent séparés en deux groupes, les verts et les rouges. Un matin, Natt sera le dernier à voir Laura. On annoncera plus tard aux pensionnaires son décès sans en dire plus. Cet évènement va tout changer pour Natt. Rapidement, comme il a été le dernier à voir Laura, il va être approcher par un groupe d'élèves qui se fait appeler les Nocturnes. Ils cherchent à comprendre pourquoi ils sont là et comment s'en sortir. Natt va entrer dans l'organisation. Ils vont mettre au point un plan pour récupérer les papiers qu'avait volé Laura. Mais ce simple geste va plonger toute la Croix d'If dans le chaos.

En commençant à lire les Nocturnes, je me suis demandée si je n'allais pas lire quelque chose ressemblant à la Maison des Morts de Sarah Pinborough. L'effet pensionnant et jeunes gens enfermés dedans en fait. A vrai dire, au départ, on est à pas si loin. Il faut attendre que Natt rejoigne les Nocturnes pour mieux comprendre ce qu'il se passe à la Croix d'If et pour voir l'histoire prendre toute son envergure. Jusqu'à la (environ le premier tiers du roman en fait), je n'étais pas tout à fait sûre de ce qui allait se passer. Mais dès qu'on apprend, tout comme les personnages, ce que contiennent les papiers et que les premiers secrets disparaissent, tout devient clair. Enfin, à peu prés. Parce que j'avoue que je me suis demandée jusqu'à environ la moitié du livre si tout ça n'allait pas partir en bataille royale. Pourquoi ? Parce que les deux groupes, les verts et les rouges, correspondent tout simplement à des jeunes ayant soit commis un crime, soit été victimes. Or, la révélation, sans savoir qui est qui va forcément tout chamboulé. Après tout, qui dit que les ex agresseurs ne vont le redevenir ? Ou que les victimes ne vont pas chercher à prendre l'ascendant ? Ou même que les uns et les autres ne vont pas chercher une forme de rédemption d'une manière ou d'une autre. J'ai beaucoup aimé suivre les raisonnement des uns et des autres à ces sujets. L'autrice s'autorise plusieurs pistes, même les pires.

Sur ce point, l'autrice s'en sort vraiment bien. Les réactions des personnages sont particulièrement bien faite, entre ceux qui ne savent plus trop quoi faire et penser, la paranoïa qui va monter petit à petit, alimenté par tout ce que la perte de mémoire engendre. Je trouve le suspens sur ces points vraiment très bien foutue. Mieux encore, ce sont vraiment les réactions aux diverses révélations que j'ai pas mal apprécié. Du moins, la plupart. Car, dans tout ça, je trouve que Natt, lui, est peut-être un peu fade. En réalité, malgré son statut de narrateur, il se laisse un peu porter par le courant. Ses camarades, et plus particulièrement La Chouette, sont finalement bien plus intéressant que lui. C'est là un défaut du roman, pour moi, Natt n'est peut-être pas le personnage le plus intéressant de la Croix d'If. Il manque de répondant. Heureusement, l'ambiance lourde et paranoïaque permet souvent d'oublier que Natt suit ce qu'on lui dit plus qu'il ne décide lui-même. 

Au final, j'ai vraiment apprécié ma lecture. Je suis ravie d'être tombée sur le roman. J'aime beaucoup la manière dont l'autrice s'est servie de cette histoire de perde de mémoire, des conséquences que cela peut avoir mais surtout de ce qu'il peut se passer si rien n'est réellement encadré et que l'homme joue avec le feu. D'ailleurs, je dois dire qu'elle gère parfaitement la fin de son roman, laissant planer un doute sur la meilleure solution. Bref, une très bonne lecture pour moi.
 

mardi 4 octobre 2022

Meute, Karine Rennberg

Je ne vais pas faire durer le plaisir, et je suis sûre que vous vous en doutez. Un bouquin qui parle de loups, ça fait toujours mouche chez moi. Et ici, c'est un immense coup de cœur. Surement celui de l'année en fait.

Meute, Karine Rennberg

Editeur : ActuSF
Collection : Bad Wolf 
Année de parution : 2022
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires de loups
- Vous voulez un récit sombre
- Vous voulez être bousculé dans vos habitudes

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez rien de violent.

Présentation de l'éditeur : 

Roman atypique lycantrope, Meute suit Nathanaël, Val et Calame. Si le premier est un loup-garou né de la violence et la solitude, le second est un humain à qui l'on a volé la voix alors que le troisième est un loupiot traumatisé, incapable d'accéder à la moindre autonomie. Ce récit fantastique est avant tout celui d'une tranche de vie, de ce moment où tout bascule entre le noir et la lumière. 

Mon avis : 

C'est marrant, mais j'ai tellement vu le roman à sa sortie que j'ai hésité à le lire. Je dis que c'est marrant parce que premièrement, il y a un loup sur la couverture, deuxièmement, ça parle de loups. Vous me connaissez pour savoir que rien que ça suffit à me faire prendre un bouquin. Mais j'ai hésité et je ne sais toujours pas pourquoi. Mais j'ai fini par le prendre, en numérique (et il y a donc de forte chance pour qu'il vienne rejoindre plus tard ma bibliothèque physique) et même là, je ne l'ai pas lu de suite. Mais c'est enfin chose faite et je regrette presque de ne pas l'avoir lu plus tôt. Parce qu'il n'a fallu que deux chapitres, même pas, pour que je sois happée dans le roman.

Il faut dire que l'autrice a trouvé le moyen de nous faire entrer dedans, brillant et à la fois très casse gueule si c'est mal fait : la narration à la seconde personne du singulier. Pour moi, à la base, cette narration, c'est celle des livres dont vous êtes le héros, que j'ai pratiqué étant jeune. Autant dire que je pars de loin et que ça faisait longtemps que j'étais pas tombée dessus. Parce qu'ils sont rares les auteurs qui osent faire ça. Mais imaginez donc le faire avec trois personnages et toujours ce "tu" pour chacun d'eux. Eh ben ça fonctionne à mort ici. Outre le fait que je me suis sentie de suite investi dans l'histoire, je n'ai ressenti aucun mal à savoir avec qui "j'étais" au moment de ma lecture entre Val, Nath ou Calame. C'est vraiment là que Karine Rennberg a été brillante : on reconnait les personnages sans le moindre problème. Ils sont tous les trois assez différents les uns des autres (bon pour Calame, c'était pas non plus compliqué) pour qu'on les différencie mais surtout pour qu'on arrive à s'attacher aux trois sans le moindre problème (du moins pour moi). 

D'ailleurs on en parle des personnages ? Comme je le disais donc, je me suis attachée aux trois, et pas forcément pour les mêmes raisons, ou alors peut-être bien que si. L'autrice a décidé de nous montrer des personnages complets, dans toutes leurs forces mais surtout leurs faiblesses. Nath et Val sont deux mercenaires. Le premier est un loup-garou, rattaché à peu prés à une meute au début du roman. Il finira par la quitter et va se retrouver bien malgré lui alpha pour le jeune Calame, un loupiot complètement traumatisé. Le second est un "simple" être humain, muet suite à une grave blessure. Il est le coéquipier de Nath depuis leur enfance et va tout faire pour le soutenir dans sa nouvelle vie. Les deux ont une relation basé sur la confiance et j'ai adoré les voir interagir ensemble. Le troisième, c'est donc Calame, gamin totalement traumatisé par Ceux en blanc (on finira par découvrir qui ils sont par la suite). Il ne supporte aucun contact, aucune nourriture salée non plus et semble ne réussir à s'épanouir qu'en peignant. C'est sa rencontre avec Nath, puis avec Val qui va l'aider, très lentement, à sortir de son trauma.

Et alors que l'autrice aurait pu nous dépeindre le monde violent dans lequel ils vivent tous les trois, les traques, les batailles, le sang et tout ce qui va avec, elle va surtout s'attacher à nous montrer la vie dans la maison blanche, tous les petits moments normaux, où les trois vont cohabiter, apprendre à mieux se connaitre (surtout pour Calame) et finalement, juste vivre. Et franchement, c'est juste génial. Parce que même si on a des passages ultra dur niveau violence (les combats d'arène, quelques raids, etc...) ce n'est pas l'important. Du tout. Non, l'important, c'est la formation de l'étrange meute qu'ils vont créer, tous les trois. Parce que la véritable histoire de Meute, elle est là, dans les relations qui vont se nouer entre les personnages. C'est ça qui m'a emporté, clairement. Les voir vivre, s'adapter, essayer, parfois échouer mais toujours le faire avec une certaine bienveillance qui tranche tellement avec le monde dans lequel ils évoluent. Il y a énormément de douceur dans ce roman, bien plus que ne le laisse penser son environnement en fait.

Voilà, pour toutes ses raisons, et d'autres encore (les personnages secondaires, les émotions partagées…) j'ai aimé ce roman. J'espère vraiment que vous l'apprécierez autant que moi. 

lundi 22 août 2022

Appartement 16, Adam Nevill

 Je voulais continuer dans ma lancée horrifique, après la lecture de Je suis ta nuit. J'aurais peut-être dû me douter que ce n'était pas une bonne idée. Je ne vais pas faire durer le suspens, je n'ai pas aimé. 

Appartement 16, Adam Nevill

Editeur : Bragelonne
Collection : Terreur
Année de parution : 2012
Titre en VO : Apartment 16
Année de parution en VO : 2010
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le gore
- Vous voulez quelque chose qui change un peu du manoir hanté

A ne pas lire si :
- Vous voulez un auteur qui sait où il va
- Vous ne voulez pas du gore pour du gore

Présentation de l'éditeur 

Certaines portes devraient toujours rester fermer...
A Barrington House, un immeuble de grand standing dans un quartier chic de Londres, un appartement est inoccupé. Personne n'y entre, personne n'en sort. Et c'est comme ça depuis cinquante ans.
Jusqu'au jour où April, une jeune Américaine, débarque à Barrington House pour visiter l'appartement que lui a légué une mystérieuse grand-tante. Cette dernière, morte dans d'étranges circonstances, a laissé un journal intime où elle révèle avoir été impliquée dans des événements atroces et inexplicables, plusieurs décennies auparavant.
Résolue à découvrir la vérité sur ce qui est arrivé à sa tante, April commence à reconstituer l'histoire secrète de Barrington House. Une force maléfique habite l'immeuble et l'entrée de l'appartement seize donne sur quelque chose de terrifiant et d'inimaginable...

Mon avis

J'étais plutôt emballée par ce roman en lisant sa quatrième. Je trouvais sympa d'avoir un appartement hanté, et non un vieux manoir comme on peut avoir l'habitude de lire et puis, ça avait quand même l'air bien sympa. C'est vrai, quoi, un appartement hanté (mais attention, ce n'est pas celui dont la protagoniste hérite), de vieux secrets et une entité maléfique, ça a tout pour plaire non ? C'était sans compté sur un récit qui tire sur le gore pour le plaisir et dont l'auteur m'a trop souvent perdu dans ses élucubrations. J'aurais dû le sentir dès les premières pages. 

Le prologue ne m'a pas plus. J'ai mis ça sur le compte de la fatigue, je l'ai lu vite fait avant de me coucher. Le lendemain, le premier chapitre est un peu mieux et me voilà à continuer. Sans être happée par l'histoire, je lis tranquillement. Puis, arrive à nouveau un chapitre avec Seth, protagoniste masculin qui partage le roman avec Apryl. Et là, je sais que je vais pas apprécié. Car, si tous les chapitres d'Apryl ont permis de relever à chaque fois le niveau, ceux de Seth l'enfonce méchamment. 

Apryl est américaine. Elle débarque à Londres suite au décès de sa grand tante Lilian. Sa mission : vendre rapidement l'appartement de celle-ci dans un quartier huppé. Mais quand elle découvre le bien et ce qu'il renferme, elle change d'avis. Elle veut d'abord savoir qu'elle a été la vie de cette femme qu'elle ne connait pas. C'est en trouvant les carnets de celle-ci qu'elle comprend que quelque chose ne va pas. Petit à petit, elle commence même à se sentir mal dans l'immeuble. D'après sa tante, tout ça viendrait d'un peintre fasciste ayant des accointances avec le diable, un certain Hessen. Apryl va mener sa petite enquête sur lui et ce qu'elle va découvrir est bien pire que ce qu'elle aurait pensé. En même temps, on suit aussi Seth, donc, gardien de nuit de l'immeuble. Parce qu'il s'est aventuré non loin de l'appartement 16, le voilà à faire des cauchemars et à être hanté par un étrange gamin. Petit à petit, il va sombrer dans la folie...

Comme je le disais, les parties avec Apryl ont été celles qui m'ont fait tenir, et encore. A vrai dire, tout aller bien jusqu'à ce qu'on commence à parler d'Hensen, le "méchant" de l'histoire. A partir de là, l'auteur part dans un délire que je n'ai que peu compris. On se retrouve avec un peintre maudit, fasciste, complétement obsédé par la mort et le mysticisme. Un bon gros fourre-tout de croyance qui finit par en faire une entité complétement hors sol. C'est trop, beaucoup trop. Et que dire des Amis de Hessen, qu'Apryl va rencontrer ? Je crois que ce chapitre-là a finit par m'achever tellement il est "trop" et cela même si j'avais décroché déjà avant. Car le problème du roman, c'est que comme son antagoniste, ça part un peu trop dans le trop, trop gore, trop malsain, trop de directions différentes aussi. Et on s'y perd sans prendre le moindre plaisir. 

On ajoute à ça du gore qui ne m'a pas plu. Bon d'habitude, je suis pas contre. J'aime bien même. Mais là, heu, non. Déjà parce que les descriptions sont pas oufs, mais alors pas du tout. C'est décousu, comme le reste du roman, en fait. Du coup, oui, y a du sang, des tripes et des boyaux (surtout dans les peintures) mais jamais rien qui finalement ne me fasse peur. Quant à l'intrigue, oui, elle est cousu de fils blanc et rien ne m'a étonné (à part que j'ai continué à lire en réalité).

Au final, je n'ai pas eu peur, je me suis même bien ennuyée. Le roman est aussi peu attrayant que mon avis dessus (je crois que je n'ai jamais fait aussi décousu, mais c'était tellement pas bon). Rien n'a sauvé ce roman du désastre, ni Apryl (et surtout pas son traitement par l'auteur)(oui, non, j'en ai pas parlé mais comment dire...), ni la conclusion. Bref, j'ai pas aimé du tout et je ne recommande pas.