lundi 23 avril 2018

Le Deuxième Sexe, tome 1, Simone de Beauvoir

J'ai l'impression que cette année se place sous le signe du féminisme par ici côté essai. Il faut dire que c'est un domaine qui m’intéresse beaucoup (forcément) et sur lequel j'apprécie me documenter. Cette fois, je m'attaque à un des piliers du féminisme dit moderne, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir.

Le Deuxième Sexe, tome 1, Simone de Beauvoir

Editeur : Folio
Collection : Essais
Année de parution : 1986 pour cette édition (elle a mon âge, c'est marrant) 1949 pour l'original
Nombre de pages : 408

A lire si :
- Vous vous intéressez au féminisme
- Vous appréciez les longs essais

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de plutôt court et condensé.

Présentation de l'éditeur : 

 Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain.

Mon avis

Voilà un petit moment que je voulais lire le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Il y a plusieurs raisons à cela. La première c'est bien entendu pour son caractère de texte fondateur du féminisme dit moderne. La seconde, c'est pour ma culture générale. La troisième, parce que j'avais apprécié l'écriture de de Beauvoir sur Mémoire d'une jeune fille rangée. Bref, j'ai commencé le livre en début de mois et j'ai pris mon temps pour le finir. Parce que pour une première partie, il est vachement dense.

Sous titré Les Faits et Mythes, ce premier tome essaie de définir la femme de manière plutôt empirique, je dirais. De Beauvoir tente de répondre à la question "qu'est-ce que la femme". Pour cela, elle va analyser les faits et les mythes qui la définisse depuis le début de l'humanité. Elle va le faire de diverses manières. En premier, elle passera par la biologie, la psychanalitique et le matérialisme historique sans vraiment donner de réponses concrètes. Puis, se sera au tour de l'Histoire elle-même et de la place des femmes à travers les siècles et enfin des mythes, qu'ils soient littéraires ou plus quotidien.

Le Deuxième Sexe est souvent nommé "la bible du féminisme" est à la lecture de cette première partie, on comprend facilement pourquoi. S'il semble que de Beauvoir use de son expérience en tant que femme dans le second tome (qu'il faut que je m'achète...), dans celui-ci, elle redresse le parcours de la femme à travers les temps. Elle met aussi à mal le mythe de "l'éternel féminin" et celui d'une défaite face au patriarcat (puisqu'au final, il n'y a quasi pas eu de matriarcat dans l'histoire). Plus particulièrement, elle va mettre en évidence le fait que l'histoire de la femme ne s'est faite que par l'homme et que c'est pour cette raison qu'elle est ce qu'elle est en 1949 (et de nos jours, parce que cela n'a pas beaucoup changé à vrai dire). 

La première partie (biologie, psychanalyse et matériaslisme) a été un peu compliqué à lire, je dois l'avouer. Manquant de plusieurs points de référence et surtout ne connaissant pas forcément les auteurs, scientifiques et philosophe cités par de Beauvoir. Elle m'a aussi semblé pour le coup un peu trop pleine de généralité, style on enfance des portes ouvertes. Je suppose que c'est surement parce que je ne découvre pas le féminisme et que forcément ce qu'elle énonce, je le connais. Elle reste tout de même particulièrement intéressante surtout lorsqu'on découvre que finalement, l'image de la femme n'a été traité quasiment que par des hommes. S'appuyant sur les dires des dits hommes, de Beauvoir tente de les contredire et y arrive bien souvent. Il n'empêche que rien que dans cette partie, elle a tout dit de la place de la femme dans le monde humain. C'est celle que l'homme veut bien lui faire prendre.

La seconde partie est intéressante aussi puisqu'elle définit la place de la femme dans le monde par rapport à l'histoire. C'est là qu'on se rend compte à quel point les évolutions technologiques et matérielles ont façonnés l'humanité et l'image qu'elle se fait de ses membres. Et déjà dans cette partie historique, on commence à entrevoir les mythes de la femme. A chaque évolution (la cueillette, l’acquisition de la propriété...), le rôle de la femme perd de sa nature presque divine (dans le sens où elle est la terre elle-même, où elle personnifie celle-ci) pour en arriver à la place qu'elle tient au moment de l'écriture de l'essai.

Enfin, la dernière partie est intéressante puisqu'elle parle du mythe même de la femme. Si on peut trouver longue toute la partie sur comment elle est vu par les écrivains, elle n'en reste pas moins la partie qui prouve que l'image de la femme se construit aussi par les arts et par les hommes. Elle choisir des auteurs de son époque (ou du siècle précédent), plutôt connus et surtout lus par pas mal de monde. Elle montre par rapport à leurs œuvres de quelle manière la femme est vue (et à part pour Stendhal, ce n'est pas joli-joli) et comment cela peut donc être vu pour le commun des mortels. On découvre alors qu'il n'y a pas une vision de la femme mais plusieurs et que peu sont bénéfique pour la femme elle-même. Puis, dans un court chapitre, elle passe au mythe plus quotidien. Un chapitre que j'aurais voulu un peu plus long mais qui présage surement de ce que sera la seconde partie.

IL y a beaucoup de chose intéressante dans ce premier tome et d'autre qui le sont un peu moins. Je déplore qu'elle ne parle que de l'occidentale, de la femme française (un peu de l'américaine aussi). Le peu de fois où la femme orientale apparaît, elle est fort peu traitée ou alors pour dire que les orientaux sont pires que les occidentaux (une pointe de racisme chez de Beauvoir ?). Mais même s'il manque la femme orientale ou la femme africaine, ce que de Beauvoir énonce n'en reste pas plus vraie. La Femme est l'Autre, un être dont l'homme a besoin pour se définir mais qu'il ne peut considérer comme son égale jusque là. Il existe bien une séparation entre les deux sexes, dut aux mythes qui les entourent tous deux. D'ailleurs, il est appréciable de voir que dans les derniers chapitres du livre, de Beauvoir annonce bien qu'il en va de même pour l'homme par rapport à la femme. Les deux sont des étrangers qui permettent de se définir entre eux. Il n'en reste pas moins qu'à cause de la vision patriarcale du monde, et cela depuis quasiment le début de l'histoire de l'humanité, la femme semble être en dessous de lui dans la hiérarchie qu'il a lui-même construit. Pourtant, ce n'est au final pas le cas. Mais pour le moment, de Beauvoir ne propose pas vraiment de solution. Elle pose surtout les bases. Des bases que tout le monde devrait connaitre pour un peu mieux comprendre ce qu'il se passe à notre époque, car ce qui était vrai en 1949 l'est toujours en 2018 (malheureusement).

Au final, ce premier tome est un très bon début pour comprendre pourquoi le féminisme existe et pourquoi la femme est oppressée par l'homme depuis des millénaires. Il n'accuse pas vraiment (si ce n'est dans la partie Mythe), il dresse seulement un constat. Un constat que tous devrait lire et sur lequel tous, homme et femme, devraient réfléchir. Rien qu'avec ça, je pense qu'on pourrait pas mal avancer. C'est un essai à lire, que l'on soit femme ou homme, qui fait réfléchir et surtout (et malheureusement dirais-je) qui reste encore d'actualité. 

J'ai hâte de me plonger dans le second tome, même si cela ne sera pas pour de suite. Il faut le temps de digérer la tonne d'information que l'on trouve dans ces 408 pages.

vendredi 13 avril 2018

Dix petits nègres, Agatha Christie

J'ai récupéré il y a quelques temps quelques livres de madame Christie. Je ne l'ai pas lu depuis mon adolescence et j'avoue ne garder que de très très vague souvenir de ses lectures. D'ailleurs, je commence avec un des livres que j'ai lu mais dont je ne me souvenais absolument pas, les Dix petits nègres (qui en plus de ça doit être un des plus connus...).

Dix petits nègres, Agatha Christie

Editeur : Edition du Masque
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : Ten Little Niggers
Année de parution en VO  : 1939
Format :epub

A lire si :
- Vous aimez le mystère
- Vous aimez chercher pendant un long moment qui peut être le tueur

A ne pas lire si :
- Vous voulez des réponses rapides
- Vous n'aimez pas les huis-clos

Présentation de l'éditeur : 

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?

Mon avis

Je sais avoir lu une première fois Dix petits nègres lorsque je devais avoir dix ou douze ans. Malheureusement pour moi, je ne garde aucun souvenir de cette première lecture. Enfin malheureusement, pas tant que ça, puisque je peux le relire à présent sans savoir qui est le meurtrier, ce qui n'est pas plus mal. En même temps, peut-être que si je m'en souvenais, j'aurais lu le roman d'une autre manière, cherchant les indices pour retrouver sa culpabilité. Bref, je préfère tout de même redécouvrir le roman sans me prendre la tête "comment j'ai pas vu ça la première fois". Mais revenons à nos moutons, où plutôt à nos dix petits nègres.

Huit personnes sont invités à venir passer des vacances sur l'île du Nègre. Elles ne se connaissent pas le moins du monde, ne savent pas réellement qui les a invités. Pire encore, en arrivant sur l'île, leur hôte n'est pas là, seuls s'y trouvent le couple de domestique. Mais dès la première soirée, les vacances tournent court. Un étrange enregistrement leur reproche des crimes. Et tout aussi rapidement, la première des dix personnes sur les lieux meurt dans d'étranges circonstances. Très vite, elle est suivie par d'autres. Pour ne rien arranger, une tempête éclate. La suspicion est à son comble, tout le monde pourrait être le meurtrier. 

Si les Dis petits nègres est un roman hyper connu, je pense vraiment que c'est pour tout l'aspect psychologique de la chose. Autant j'adore chercher des indices sur qui tue qui, autant, ici, j'ai surtout apprécié voir comment les divers personnages se rendent tous complètement parano les uns et les autres. C'est drôlement bien fait, la tension monte à chaque chapitre, chaque nouvel événement. La psychologie des personnages nous est révélée petit à petit de la même manière. On découvre alors ce que la nature humaine peut faire de pire dans ce genre de cas et on se retrouve plutôt proche des archétypes qu'on pourrait trouver dans les récits apocalyptiques de maintenant (la vieille bigote, celui qui veut tout diriger, celui qui vire complètement barge et j'en passe...)(sauf que là, pas d'apocalypse à proprement parler, et ça fonctionne super bien). Mais, en même temps, cela pose le problème du stéréotypes des personnages. Ils sont tous ce qu'ils devraient être sans la moindre petite déviation. C'est un peu dommage, puisque du coup, nous n'avons pas la moindre surprise sur ce qu'ils vont faire. Heureusement que le meurtrier reste secret jusqu'à la fin du roman.

Il est aussi intéressant de voir et de savoir surtout, que madame Christie, bien souvent, ne savait pas qui précisément qui serait le meurtrier au moment où elle commençait son livre (elle devait bien en avoir une idée mais pas complètement en fait). Pourtant, dans ce roman-là, je suppose qu'elle le savait dès le début, voir très rapidement pour pouvoir suivre à la lettre la comptine des dix petits nègres qui rythme les meurtres dans l'île. Au du moins qu'elle devait avoir une petite idée entre certains personnages. Ce qui fait, pour moi du moins, que tout son développement, sa façon de faire avancer son histoire est presque extraordinaire. Pourtant, connaissant la fin, je me rends compte qu'au final, il était plutôt facile de trouver le meurtrier. Les indices étaient bien là, mais tellement absorbé par le mystère et les personnages, je n'ai pas su les voir de suite (et pourtant, sont gros, les indices justement). 

Au final, j'ai pris plaisir à redécouvrir ce roman et à suivre le mystère de l'île au Nègre. Le livre comporte quelques défauts pour moi, les personnages trop stéréotypés et du coup un peu léger, une fin qui enlève tout le mystère (même si j'avoue que j'ai adoré savoir qui est le meurtrier au final) ou encore des passages un peu trop rapide. Il n'en reste pas moins un classique dans le roman policier et un divertissement appréciable. 

mardi 3 avril 2018

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

J'avais envie ce week-end d'une lecture rapide. Comme j'ai quelques nouvelles dans le kindle, je me suis lancée avec celle-ci, récupérée en octobre. 

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

Editeur : Autoédité
Collection : /
Année de parution  2017
Format : AZW

A lire si :
- Vous avez une vingtaine de minutes devant vous
- Vous voulez de la SF douce

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une nouvelle qui fait peur

Présentation de l'auteure : 

Une frégate organique volante, une ville désertée et une brume qui empeste l’œuf pourri.
Dans une cité autrefois vivante, le capitaine d’un navire marchand et son lieutenant partent en quête d’une lumière capable d’alimenter une étrange cargaison.

Mon avis

Aude Reco est une auteure hybride, aussi bien édité par voix "classique" qu'autoédité. Si je n'ai pour le moment pas lu un seul de ses textes, je dois bien avouer que ces divers univers m'inspirent assez. Alors, pourquoi ne pas commencer par une nouvelle, histoire de voir si j'accroche avec son écriture.

Les Hommes-Brouillard est une nouvelle de science-fiction plutôt soft. Je veux dire par là que le côté SF est bien présent mais qu'il n'est pas forcément l’élément le plus remarquable de la nouvelle ni le plus envahissant. Il permet de mettre en place l'univers et puis, on pourrait presque l'oublier. C'est quelque chose que j'apprécie, que le genre ne prenne pas toute la place dans la nouvelle, qu'il se fasse un peu oublier pour en venir à l'histoire elle-même. 

Ici, nous suivons Aram, capitaine d'une frégate organique (que j'aurais peut-être voulu voir un peu plus mais format court oblige, l'auteure devait se concentrer sur autre chose) et son lieutenant Nazani. Alors qu'ils arrivent près d'une cité normalement bien vivante, ils découvrent une ville endormie et un étrange brouillard qui pue l’œuf pourri. Tout cela ne dit rien qui vaille au capitaine, surtout qu'il n'est pas là juste pour son bon plaisir. Il a besoin de rencontrer quelqu'un devant lui fournir de quoi alimenter sa cargaison.

Il y a deux choses qui m'ont marqué dans cette nouvelle. La première, c'est la facilité qu'à le lecteur a entré dans l'univers. L'auteure ne perd pas de temps à nous faire une description de celui-ci. On entre directement dans l'action tout en découvrant petit à petit ce qui le compose. Et ce n'est absolument pas déroutant puisque particulièrement bien foutu. Un seul bémol à cela, un paragraphe que j'aurais peut-être voulu un peu plus développé sur la compagne du capitaine et ce qu'elle fait. Mais en même temps, cela fait partie du mystère de la cargaison du navire et puis, comme je le disais, le format court ne permet pas toujours de faire plaisir à tous les lecteurs. La seconde, ce sont les descriptions dans la nouvelle. On se croit vraiment à la suite d'Aram dans cette ville endormie. Elles sont particulièrement vivantes et servent à merveilles le côté très mystère de la nouvelle. 

Mais si j'ai beaucoup aimé, certaines choses m'ont moins plus. Le côté ultra mystérieux de la marchandise, de la mission même d'Aram est mis en avant et pourtant, ce n'est pas l'important dans la nouvelle. Pourquoi le mettre en avant de cette manière si c'est au final pour ne pas en parler ? J'avoue que cela m'a un peu perturbé. Ensuite, il y a la fin de la nouvelle. Je ne saurais trop dire pourquoi mais elle m'a semblé un peu trop facile. Enfin, cela n'enlève rien au fait que j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu.

Pour finir, j'ai apprécié cette petite lecture. J'ai découvert une auteure avec un style plaisant qui n'hésite pas à nous donner de supers descriptions sans en faire trop (sans vouloir m'avancer, je pense que le fait qu'elle écrive aussi du gothique y fait beaucoup). La nouvelle m'a plu, elle est pleine de qualité et j'avoue qu'elle me donne bien envie de m'offrir le recueil dont elle est tirée. Bref, une bonne découverte.

vendredi 30 mars 2018

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Je dois bien avouer que n'étant pas une spécialiste (mais alors pas du tout) de l'univers de Sir Conan Doyle, j'ai pris ce roman pour la seule et bonne raison qu'il fait partie de la collection du mois du Cuivre de Bragelonne. Oui, pour moi, c'est suffisant. Mais que peut donc donner le grand frère de Sherlock dans une aventure rien qu'à lui ?

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2016
Titre en VO : Mycroft Holmes
Année de parution en VO : 2015
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous voulez une lecture facile
- Vous appréciez l'univers Holmesien

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les raccourcis

Présentation de l'éditeur : 

Tout juste sorti de Cambridge, Mycroft Holmes commence déjà à se faire un nom au sein du gouvernement. Ce diplomate des plus britanniques entretient des liens forts avec la lointaine île de Trinité, où est né son meilleur ami Cyrus Douglas et a grandi Georgiana Sutton, sa fiancée. Lorsque des rumeurs courent autour de mystérieuses disparitions à Trinité, d’étranges empreintes dans le sable et d’esprits attirant à la mort des enfants retrouvés vidés de leur sang, le trio se retrouve pris dans un tissu de sombres secrets qui se révèlent de plus en plus dangereux..

Mon avis

Comme je le disais, je connais fort peu l'univers de Sherlock Holmes. J'ai lu quelques nouvelles dont je ne me souviens pas vraiment été plus jeune, j'ai regardé la série animé de Myazaki, quelques adaptions ciné et pis c'est tout. Donc, pour moi, ce Mycroft Holmes était l'occasion de rentrer dans cet univers-là sans passer par son personnage principal. Un Sherlock qui pourtant reste toujours très présent dans mon esprit. Mais parlons un peu du livre.

Nous voici à suivre Mycroft Holmes, alors âgé de vingt trois ans. Le jeune homme commence à se faire un nom au sein du gouvernement britannique, est fiancé à Georgianna Sutton et a pour ami Cyrus Douglas, originaire de Trinidad. Sa vie semble aller pour le mieux si ce n'était le départ de sa fiancée pour Trinidad suite à d'étranges rumeurs corroborées par Douglas. Ni une, ni deux, Holmes décide de s'y rendre. Mais, on s'en doute, tout cela ne va pas être de tout repos pour lui et son ami Douglas. Ils vont mettre à jour une affaire qui les dépasse...

Ce roman se veut initiatique. Il nous fait passer du jeune Mycroft a qui tout souri et ce qu'il devient dans les aventures de son frère cadet. Si les aventures iniatiques ont tendance ces derniers temps à me saouler un peu (c'est quasi toujours la même chose, surtout en fantasy), j'avoue que celle-ci me change tout de même un peu. Pourquoi ? Parce que le personnage est connu et qu'il est agréable de voir comment il peut être imaginer plus jeune par quelqu'un d'autre que son auteur de base. J'aime beaucoup voir comment un auteur (bon deux ici en l’occurrence) arrive à s'approprier un personnage. Malheureusement, pour moi, c'est aussi sur ce point que le bât blesse.

Le jeune Mycroft m'a beaucoup, trop surement même, fait penser à son frère, Sherlock. Il semble que se soit logique, même dans l'univers de Doyle. Mais le côté jeune chien fou à l'intelligence hors du commun et qui fait que tout le monde ou presque se sent ridicule à côté de lui colle trop pour moi à l'image que je me fais de Sherlock la plupart du temps. Et je dois dire que chez Mycroft, cela me gêne un peu. Peut-être parce que je trouve que les auteur-rice-s en font trop par rapport à ses aptitudes. C'est à dire que plus on avance dans la lecture, plus on se doute qu'il va réussir parce qu'il est trop fort. Mycroft ne semble quasiment pas avoir de défauts, si ce n'est ses qualités (coucou la phrase qui semble ne rien vouloir dire). 

Malheureusement, ce n'est pas le seul point qui me turlupine dans ce roman. J'avoue l'avoir trouvé trop rapide. Beaucoup de raccourcis me semblent être pris. Et cela vient aussi du fait que Mycroft est trop intelligent (heu, franchement, le coup de "mais c'est tellement simple que je vais pas m'expliquer", ça va une fois, plus, ça devient saoulant). Et en même temps, alors que l'on passe trop rapidement sur des événements qui me semblent important à la compréhension de tout ce que soulève Holmes et Douglas, on perd un temps fou sur des trucs qui ont une moindre importance. Comme si les auteur-rice-s ne savaient pas trop quoi faire de leur histoire à cause du caractère de leur héros.

Mais ne vous inquiétez pas, il n'y a pas que du négatif dans le roman. J'ai apprécié Mycroft malgré ses gros défauts de fabrication. Du moins, je n'ai pas toujours eu envie de lui mettre des baffes pour qu'il se réveille un peu et devienne plus humain. Son comparse, Douglas, est bien foutu. Mais le plus intéressant, c'est leur amitié. Douglas est un homme noir. A l'époque (durant le règne de Victoria), si l'esclavage n'existe plus, les noirs ne sont toujours pas considérés comme des hommes à part entière par une grande partie de la population. Or, Holmes se fichent totalement de la couleur de Douglas. Ils sont amis parce qu'ils ont les mêmes valeurs, le même esprit. D'ailleurs, Holmes fait rarement cas de la couleur de peau ou des origines de ce qu'il croise. C'est appréciable, surtout comparé au racisme que peuvent montrer les adversaires des deux personnages ou même juste leurs contemporains. 

Ensuite, il y a tout l'ambiance du roman. Bien que je ne sois pas fan de base de colonialisme, j'avoue que ce qu'il se passe à Trinidad à l'époque du roman est intéressant à voir. Surement aussi parce que l'île est une sorte de melting pot de plusieurs nationalité et de croyance. Sans être dans le Steampunk pur et dur (puisqu'il fait parti de la collection du mois du Cuivre, il faut bien en parler), il en garde aussi une certaine ambiance bien que ce ne soit pas celle que je préfère personnellement (ça manque de brouillard et de mystère à mon gout).

Au final, Mycroft Holmes, le roman, et à l'image de son personnage, un peu trop jeune, un peu trop foufou et pas assez développé. Il se laisse lire mais laisse aussi le lecteur avec trop de question sur certaines choses, préférant croire que celui-ci est aussi doué que son héros (pour info, c'est pas le cas, nous n'avons pas toutes les billes en main pour l'être). Finalement, je pense qu'il ne convaincra pas toujours les pros de l'univers Holmesien mais que pour les gens comme moi, il reste une lecture agréable mais pas inoubliable. 

mardi 20 mars 2018

L'Ame du mal, la Trilogie du Mal, tome 1, Maxime Chattam

Parce que ma mère avait oublié son livre à la maison et que je lui ai fait prendre un Chattam, je me suis dit qu'il était temps de lire ceux qui traînent dans ma liseuse. Et pourquoi ne pas commencer avec la Trilogie du Mal dont j'ai toujours entendu du bien.

L'Ame du mal, la Trilogie du Mal, tome 1, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : Thriller
Année de parution : 2003
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur : 

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

Mon avis

J'apprécie toujours les thrillers mais je n'en lis pas beaucoup (j'ai du en chroniquer ici une dizaine en 6 ans de blog)(putain, j'ai oublié l'anniversaire du blog le 28 février :( ). Mon plus gros problème, c'est que je vois un peu trop rapidement ce qu'il va se passer. Et ça me bloque un peu. Mais je sais que souvent, avec mes compatriotes, je peux être surprise. Et pour cette Ame du mal, si je n'ai pas été surprise par le dénouement, je l'ai été par la violence de l'histoire en elle-même.

Dans les trois premiers chapitres, nous découvrons le Bourreau de Portland, un serial killer qui prélèvent les avant-bras de ses victimes et leur brûle le front à l'acide. Alors qu'il va faire une nouvelle victime, Juliette Lafayette, il est abattu par l'inspecteur Joshua Brolin. Tout finit bien donc pour Juliette, sauvée in-extremis des griffes du mal. Mais voilà qu'un an après, une nouvelle femme est assassinée. Le nouveau meurtre porte la signature du Bourreau, même la brûlure à l'acide du front qui  n'a jamais été divulguée par la police. Qui peut bien être le copycat ? Joshua Brolin va se retrouver sur l'enquête, aidé par Juliette. 

Comme je le disais, je n'ai pas vraiment été surprise par le dénouement. Cela à cause de ce que je nomme la "Règle Agatha Christie", à savoir que le coupable doit apparaître dès le début et ne pas sortir du chapeau de l'auteur à trois chapitres de la fin (en réalité, c'est Jorge Luis Borges qui "édita" les règles, mais pour moi, je ne sais plus trop pourquoi, ça a pris le nom de Christie)(surement parce qu'elle, je l'ai lu et pas lui)(enfin bref, là n'est pas la question) mais aussi à cause des séries policières que j'ai pu dévoré depuis mon adolescence. Du coup, effectivement, j'avais vite compris et le dernier maillon m'est apparu tout aussi rapidement. Il n'empêche que si je râlais parfois de la "lenteur" de Brolin à découvrir tous les maillons le menant au coupable, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en lisant le roman, qui est d'ailleurs un très bon page-turner.

Si le déroulement de l'enquête est passionnant, c'est grâce à deux choses. La première, les personnages. Qu'ils soient principaux (Brolin, Juliette) ou secondaires (Larry, les autres policiers, Camelia), ils sont bien définis et tous plutôt sympathiques. Alors, je n'ai pas apprécié tout le monde, Juliette par exemple m'a un peu énervé par moment, mais c'est aussi ça que j'apprécie dans les romans, avoir mes petits chouchous et ceux à qui je filerais bien des baffes (comme dans la vraie vie quoi). La seconde, c'est le fait que Maxime Chattam sait de quoi il parle lorsqu'il décrit les procédures policières (il a suivi une formation d'un an en criminologie, je rappelle). Ça rend de suite le roman plus "vivant". Lorsqu'il parle des indices, de leur viabilité, des procédures, ça sonne vrai. Et qu'est-ce que c'est agréable (même si parfois, j'y comprends pas grand chose). 

Puis, une chose que j'ai bien aimé aussi, ce sont toutes les petites références que l'auteur glisse dans son roman. Son tueur en série apprécie la littérature, il se sert de la Divine Comédie et a un joli Necronomicon chez lui. D'ailleurs, il y est fait référence au moins deux fois à ce petit grimoire fort sympathique en peau humaine (ça me fait penser qu'il faudrait que je finisse de le lire moi, le Necronomicon). Bon il n'y a pas que ça, mais comme je suis dans la lecture du Necro, ça m'a bien fait rire sur le coup.

Au final, j'ai adoré ma lecture, bien qu'un peu trop rapide peut-être (en même temps, quand tu es en vacances, que tu n'es pas obligée de te coucher tôt ni de te lever tôt, tu m'étonnes que je le finisse en un jour et demi). J'ai apprécié pouvoir me plonger dans l'enquête, surtout que Brolin est un personnage fort sympathique et attachant. Une enquête somme toute assez violente et qui n'épargne pas grand chose à ses personnages ni à ses lecteurs. Bref, c'était bien sympa à lire, et il me tarde de continuer la trilogie.

L'Oeil Brisé, le Porteur de Lumière, tome 3, Brent Weeks

Continuons les livres lus la semaine dernière durant mes congés avec ce troisième tome de la série le Porteur de Lumière. J'espèrai beaucoup qu'il rattrape le niveau après un second tome en demi-teinte. Est-ce le cas ? Nous allons voir ça.

L'Oeil Brisé, le Porteur de Lumière, tome 3, Brent Weeks

Editeur : Milady
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : Lightbringer, book 3: The Broken Eye
Année de parution en VO : 2014
format : AZW

A lire si :
- Vous voulez une magie un peu différente de ce qu'on peut voir
- Vous voulez des héros qui ne sont pas tout blanc

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand c'est long à démarrer
- Vous n'avez pas peur de vous perdre un peu dans les intrigues secondaires

Présentation de l'éditeur :

Alors que les dieux s'éveillent, la Chromerie s'efforce de retrouver son Prisme, le seul homme capable d'enrayer le chaos. Mais Gavin Guile a été capturé par des pirates. Pire encore, il a perdu le pouvoir qui le définissait : celui de créer. Privé de la protection de son père, Kip Guile va devoir faire montre de toute son ingéniosité pour survivre à une guerre secrète entre les nobles, les factions religieuses, les rebelles...
et un ordre de mystérieux assassins de plus en plus puissant, l'OEil brisé. Chaque lumière crée une ombre. Chaque ombre dissimule un secret. Chaque secret détient une vérité.

Mon avis

L'Oeil Brisé aurait du être le tome qui me réconcilie avec la série. Je l'espérai vraiment. Je sais de quoi est capable Brent Weeks lorsqu'il est au meilleur de son écriture. Je ne sais pas s'il a vu trop ambitieux ou je ne sais trop quoi, mais le Porteur de Lumière se perdait pas mal dans le tome 2. Entre la sortie du 2 et du 3 en france, il annonçait ne pas faire de trilogie comme initialement prévu mais au moins une série sur cinq tomes. Et je crois que c'est là qu'il a finit par se perdre lui-même dans son écriture.

Je ne dirais pas que l'Oeil Brisé est mauvais. Ce n'est pas le cas. On reprend là où l'on avait laissé les divers personnages, c'est à dire dans la merde pour beaucoup d'entre eux. Mais rapidement, le schéma classique revient. Kip retourne à la Chromerie quasi comme si de rien n'était et se remet à jouer contre son grand-père. Gavin est un peu plus maltraité puisqu'à présent sans pouvoir, il est esclave sur une galère. Je ne parlerais pas de Liv qui apparaît dans trois chapitres à peine (pire que dans le tome deux donc). Karris, elle, se voit entraîner dans les complots du Blanc sans se rendre compte de grand chose. Bref, on prend les mêmes et on recommence. Et c'est là que ça pèche un peu pour moi.

Je me suis ennuyée sur pas mal de pages. Le problème étant qu'il y a trop de chose en jeux et que Weeks n'avance que peu. La version papier fait presque 900 pages et j'ai eu l'impression de faire du sur place la plupart du temps. Pourtant, on a plein de complot, quelques scènes de baston, des moments plus calmes, tout pour enchaîner la lecture sans problème. Mais ça ne passe pas. Je me doute que chaque élément a son importance, que même le plus petit détail dans une phrase peut mener à la solution des problèmes, mais non. Soit je fais un blocage sur les personnages (Kip me semble de plus en plus pleurnichard alors que lui se sent plus fort, Teia me fait l'impression de la parfaite Mary-sue...), soit je n'y arrive vraiment pas.

Je pense réellement que le problème pour moi ne vient pas tant des personnages que de l'auteur lui-même. Il me semble qu'il a du mal à tenir le rythme et surtout à créer des intrigues politiques multiples. Il en fait du coup un peu trop. Ainsi personne à la chromerie, si ce n'est Kip, ne semble surpris de tout ce qu'il s'y passe grâce aux supers espions qui découvrent tout. Andross Guile, le Blanc, tous ceux qui complotent ont toujours un coup d'avance. C'est sympa un moment, mais à chaque fois, ça devient lassant. Aucun des personnages tirant les ficelles n'a de réelles surprises. Le lecteur non plus. Reste Kip, Teia et Karris qui tombent à chaque fois comme des rond de flans là où même le lecteur sait ce qu'il se passe. De plus, certains personnages (Gavin par exemple) prennent trop d'importance alors qu'il ne se passe rien de leur côté, tandis que d'autres (Liv) n'apparaissent presque pas à tel point qu'on se demande ce qu'ils foutent là réellement. Et du coup, on tourne en rond avec certains, on attend une évolution qui ne vient pas (ou pas dans le sens qu'on le voudrait), ou alors on ne comprend pas tout (le prince des couleurs, perso central du tome 2 n’apparaît pas du tout alors que quand même c'est lui qui est à la tête de l'autre armée).

On en vient du coup à oublier beaucoup de chose. La guerre ? Elle est là en fond et c'est tout. Elle ne sert à rien si ce n'est à placer ses pions sur l’échiquier. Je trouve ça bien dommage vu qu'elle a été le décors des deux premiers tomes. Le prince des couleurs ? Plus là du tout. L'utilité de Gavin ? On se pose la question. Celle de Liv ? tout pareil. L'avancement de l'intrigue ? Elle a avancé ?  Ne reste que les complots entre Andross et le Blanc. C'est tout ce qu'on retiendra du livre. Et vu la grosseur du bouquin, c'est petit quoi. D'ailleurs, pour moi, une bonne moitié du livre n'aurait pas forcément dut y être. 

Mais je vous parler des points négatifs en oubliant tout de même les quelques points positifs. Non parce que cela ne se dirait pas comme ça à me lire, mais il y en a. Déjà, il y a Brent Weeks et son style, toujours percutant, toujours aussi vivant. Il a beau se perdre dans ses intrigues, il n'en reste pas moins un auteur fantasy efficace. Même si je déplore une évolution des personnages ultra lente voire inexistante, certain d'entre eux relève le niveau. Et malgré ce que j'ai pu dire jusque là de Gavin, la fin de ce tome se relève intéressante pour lui, de même pour Karris (pour les autres, ils restent les mêmes, sans la moindre évolution, ce qui est gênant).

Au final, vous l'aurez compris, je sors une nouvelle fois déçue par cette série. J'en veux un peu à Weeks d'être trop ambitieux, de vouloir augmenter le nombre de livres de la série et du coup de se perdre pas mal dans ce qu'il écrit. Cette sensation n'avait pas du tout été là sur L'Ange de la Nuit, sa première trilogie. Je ne sais pas du tout si je continuerais. J'ai  bien peur de continuer à m'ennuyer et à tourner en rond. Du coup, pour le moment, je la laisse en suspens. Dommage mais je ne vais pas me forcer à lire la fin de la série vu que j'ai eu du mal avec deux tomes sur trois pour l'instant.

lundi 19 mars 2018

Un Eclat de Givre, Estelle Faye

Je suis partie en vacances à la neige la semaine dernière. J'ai pas beaucoup beaucoup lu : juste trois roman et un quatrième à 30% :). Le premier des romans terminés, c'est donc un Eclat de Givre. J'avais envie de découvrir Estelle Faye autrement que par les nouvelles (dans l'anthologie Antiqu'idées). Et c'est une belle découverte que j'ai faite.

Un Eclat de Givre, Estelle Faye

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 352

A lire si : 
- Vous aimez les livres à ambiance
- Vous voulez du post-apo soft
- Vous voulez un héro bi

A ne pas lire si :
- Vous lisez plus pour l'histoire que pour l'ambiance

Présentation de l'éditeur : 

Un siècle après l’Apocalypse. La Terre est un désert stérile, où seules quelques capitales ont survécu. Dont Paris.
Paris devenue ville-monstre, surpeuplée, foisonnante, étouffante, étrange et fantasmagorique. Ville-labyrinthe où de nouvelles Cours des Miracles côtoient les immeubles de l’Ancien Monde. Ville-sortilège où des hybrides sirènes nagent dans la piscine Molitor, où les jardins dénaturés dévorent parfois le promeneur imprudent et où, par les étés de canicule, résonne le chant des grillons morts. Là vit Chet, vingt-trois ans. Chet chante du jazz dans les caves, enquille les histoires d’amour foireuses, et les jobs plus ou moins légaux, pour boucler des fins de mois difficiles.
Aussi, quand un beau gosse aux yeux fauves lui propose une mission bien payée, il accepte sans trop de difficultés. Sans se douter que cette quête va l’entraîner plus loin qu’il n’est jamais allé, et lier son sort à celui de la ville, bien plus qu’il ne l’aurait cru.

Mon avis

J'espère que je ne vais pas rater deux trois trucs vu que j'ai fini le livre lundi dernier. Mais j'avais ni mon portable, ni tout le temps internet et que j'aime pas faire mes avis depuis la tablette. Bref, vous m'excuserez donc si jamais je survole un peu mon avis. 

Comme je le disais, j'ai découvert Estelle Faye au détour d'une nouvelle que j'avais plutôt apprécié. J'y avais trouvé des choses que j'apprécie beaucoup, dont une ambiance travaillée. Chose que l'on retrouve particulièrement dans ce livre-ci. Il faut dire qu'Un eclat de Givre a attiré mon oeil par sa couverture (je la trouve vraiment bien faite) et surtout par sa quatrième qui déjà me mettait dans l'ambiance. Et dès les premières pages, j'ai été happée.

Un éclat de Givre (référence à la Reine des Neiges)(non pas celle de Disney, la vraie) nous entraîne dans un monde d'après la fin du monde. Un siècle plus tard plus précisément. Une fin du monde qu'on ne voit pas directement et qui nous apparaît petit à petit alors que l'on suit Chet dans son périple. Pourtant, dès le premier chapitre, voir même le premier paragraphe, on sent une certaine nostalgie d'un monde que le héros n'a pas connu. Ce premier chapitre, où Chet se prépare pour son tour de chant, où il se lance dans l'arène, a quelque chose de presque magique. Et surtout, il m'a accroché rapidement, ne me laissant plus quitter les pages du livre qu'à regret.

Assez étonnement, ce n'est pas l'histoire en elle-même (Chet se retrouve embarquer dans une sombre histoire pour sauver le monde)(rien que ça oui), qui m'a le plus attiré dans le roman. J'ai apprécié le déroulement de celle-ci, je ne dis pas le contraire, mais il m'a semblé qu'elle n'était finalement là que pour mettre en évidence le Paris qu'à mis en place l'autrice. Et pour tout vous dire, j'ai grandement apprécié ça. Parce que le dit Paris a quelque chose d'à la fois moyen-âgeux (ruelles, maisons sur les ponts, plus de tout à l'égout et j'en passe), de contemporain (on retrouve bien entendu certains endroits existant à notre époque pour ne pas se perdre mais avec quelques modifications) et futuristes (surtout sur la fin avec le quartier de la Défense). Du coup, il devient à la fois inconnu et connu. Il en va de même pour ceux qui l'habitent, les humains "normaux" et les hybrides, dont on ne sait pas trop comment ils sont nés mais qui présente un panel assez sympathique de créatures mythologiques (en parlant de ça, la mythologie tient d'ailleurs une place à part dans le roman, elle gère un quartier entier).

On trouve aussi beaucoup d'écologisme dans le roman. Déjà parce que la fin du monde a eu lieux à cause des humains et du gaz de schiste (en gros, en en voulant toujours plus, ils ont fini par tuer la Terre qui s'est fissuré en de nombreux endroits. Pas d'apocalypse nucléaires ou à grosses explosion, ça c'est fait petit à petit, sans qu'on s'en rende compte. Quelque chose d'assez probable en fait). La nature est complètement modifié de par le changement de climat mais aussi à cause de la main humaine et des modifications génétiques. Des changements qui finalement n'auront rien eu de bon. Et ça parait possible comme fin du monde. Tout comme ce qu'il se passe durant le roman. C'est quelque chose d'appréciable, d'avoir une partie un peu SF qui se base sur quelque chose de possible et dont les explications semblent elles-aussi possibles (non parce que la SF se base toujours sur quelque chose de possible mais parfois ça part un peu trop loin).

Enfin, passons aux personnages. On a d'abord et surtout Chet, narrateur de l'histoire. Chet est assez particulier dans le sens où j'ai pu le trouver carrément insupportable par moment et carrément génial à d'autre. Du coup, j'ai régulièrement eu envie de le baffer et régulièrement envie de le prendre dans mes bras. Son plus gros problème ? Il nous laisse, nous lecteur, parfois au bord de la route sans trop d'explication. C'est parfois très très énervant. Mais ça fait parti du personnage. Comme sa bisexualité,d'ailleurs. Oui, c'est important de le dire parce que un, c'est assez rare, deux, même si ça ne le définit pas entièrement, ça fait tellement parti de lui que je n'arrive pas du tout à imaginer qu'il serait autre chose (et puis, c'est sa sexualité qui va nous faire découvrir une partie des autres personnages de près ou de loin). Pour les autres personnages, c'est un peu plus vague. Chet n'entre jamais vraiment dans les détails. Galaad, qui va l'accompagner un bon moment, va paraître souvent très froid, distant. Il en va de même pour la plupart des personnes que nous allons croiser. Cela est surtout du à Chet lui-même, qui ne s'attache pas vraiment à cause d'une vieille histoire. Mais je trouve ça un peu dommage.

Et pour finir, parlons jazz un peu. La quatrième en parle, alors pourquoi pas moi ? Le jazz est partout puisque Chet en est chanteur. S'il teinte le récit, il n'est pas si présent que ça. On le trouve surtout au début du roman (toujours ce premier chapitre) et à la fin. Pourtant, il est dans presque toutes les pages, d'une manière ou d'une autre. Dans les souvenirs de Chet, dans les descriptions des sentiments, en Chet (d'ailleurs son prénom vient de Chet Baker, un jazzman). Il aide à l'atmosphère, la rendant un peu plus poétique, un peu plus nostalgique aussi. Et puis, ça m'a aussi permet de rechanter régulièrement Feeling Good que j'adore (d'ailleurs, si vous connaissez pas, la version d'Ester Rada est vraiment sympathique à écouter)(Je vous ai mis la version studio mais en concert c'est encore mieux)(bon Estelle Faye était dans la classique de Nina Simone, j'ai pas pu m'empêcher de parler d'Ester Rada que j'adore, c'est tout).

Concluons enfin cet avis. Je suis passée à côté du coup de cœur complet pour ce roman à cause du caractère un peu trop froid de son personnage principal. J'en retiens surtout cette ambiance si particulière, cette poésie dans chaque mot, chaque description. Je suis plus que ravie d'avoir enfin découvert Estelle Faye autrement que par un format court.