lundi 16 septembre 2019

Le Mirage de Gemma, Eden, tome 1, Blandine P. Martin

Je n'avais pas touché mon kindle depuis un petit moment. Faut dire que j'avais pas mal de fort bon livres papier à lire aussi en ce mois de septembre. Je reprends donc la liseuse avec une courte lecture (par rapport aux pavés papiers du moment) dans le domaine de la science-fiction avec une touche minuscule (pour l'instant) de romance.

Le Mirage de Gemma, Eden, tome 1, Blandine P. Martin

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans dans le style des Divergentes
- Vous voulez un peu de romance

A ne pas lire si : 
- Vous voulez un premier tome compliqué

Présentation de l'éditeur : 

Et si sa vie tout entière n’était qu’un mensonge ?
L’humanité a abandonné la Terre dévastée pour Gemma, véritable havre de paix. Mais cette tranquillité a un prix…
Entièrement dévouée au gouvernement, Eden est membre émérite du groupe de répression chargé de faire respecter la paix. Et pour faire régner l’ordre, elle n’hésite pas à faire usage de toute la violence nécessaire. Sa mission au service du peuple vaut tous les sacrifices.
Mais son infiltration dans les rangs d’un groupe de rebelles, et les rencontres qu’elle y fera, dont une en particulier, vont faire vaciller ses valeurs et bouleverser ses certitudes.
Pour les rebelles comme pour elle, tout pourrait bien changer…

Mon avis

J'aime bien la collection Snark chez Bragelonne. On y trouve de très bonnes choses généralement, qui se lise assez vite aussi (les Foulards Rouges, les Pirates de l'Escroc-Griffe, Sainte-Marie des Ombres et j'en passe). Bref, pour moi, c'est souvent la collection dans laquelle je tape lorsque j'ai un petit trou de lecture numérique. Forcément, c'est donc ce que j'ai fait ce mois-ci avec ce premier tome d'une trilogie qui se trouve entièrement dans ma PAL (qui sera donc fini rapidement). Mais passons donc au roman en lui-même.

J'étais plutôt intriguée par sa quatrième. Une Terre dévastée, des humains partis pour une autre planète, un gouvernement se servant d'unité d'Elite pour faire régner la paix, des rebelles. Autant dire que je m'attendais à beaucoup de chose. Et le début du roman ne me déçoit pas beaucoup. On découvre Eden en plein boulot. La jeune femme est une alpha, une tueuse. Elle est là pour éliminer ceux qui dérange le gouvernement. C'est une machine, rien de plus. Et pourtant, lorsqu'on va lui demander d'infiltrer un groupe de rebelle préparant un coup d'état, elle va petit à petit se révéler bien plus humaine qu'on ne le pense. Surtout, en faisant la connaissance de Drago et en découvrant son histoire, elle va commencer à se poser pas mal de question sur l'endoctrinement dont elle a fait l'objet. 

L'idée de base était du coup quand même bien sympa. Je dois dire que j'ai assez apprécié l'univers quoique je l'ai trouvé un peu beaucoup manichéen dans son apparence. Gemma est divisée en deux, un côté ultra lumineux au sud et un côté plongé dans la nuit au nord. Forcément, la bonne société de la planète se trouve au sud, les rebelles à la limite du nord... C'est pas ce qu'il se fait de plus subtil, je dirais. Idem, que le GUN, le gouvernement de Gemma, soit ultra froid et le camps de rebelle bien plus sympathique n'est pas non plus très subtil. Mais bon, on va se dire que ce n'est pas bien grave (mais je me suis habituée à moins manichéen). Surtout que le reste est plutôt pas mal. Le système mis en place sur Gemma est digne de ceux qu'on retrouve dans les dystopie. Tout est fait pour que le peuple se sente libre sans l'être. Les alpha sont d'ailleurs là pour régler tout problème sans que cela ne perturbe le citoyen. Mais, il faut s'en douter, un groupe de personne est contre tout cela. C'est eux qu'Eden va infiltrer.

Or, à partir du moment où elle va entrer en contact avec les rebelles et plus particulièrement avec Drago Thorgard, tout va aller très, voire trop vite. C'est l'un des gros défauts du roman avec sa prévisibilité. C'est assez dommage en fait. J'aurais vraiment adoré que l'on passe par quelques chapitres où les rebelles ne font pas confiance à Eden, que la dite confiance s'installe petit à petit. Ce n'est pas le cas. Un seul personnage se méfie de la jeune femme et il disparaît assez vite. Dommage, on se retrouve sans véritable ennemi du côté des rebelles. Du coup, l'infiltration d'Eden est une véritable partie de plaisir. Pourtant, les idées qui vont suivre, et ça jusqu'à la fin sont assez sympathique à suivre. Ne manque pour moi qu'une vraie adversité et pas juste cette attaque du GUN en fond. 

Heureusement pour nous, les personnages sont là pour remonter un peu tout ça. Eden est le genre de personnage principal qu'on aime ou on déteste. Personnellement, j'ai apprécié son côté petit robot qui se rend enfin compte de ce qu'il se passe. Seul soucis, une fois qu'elle "s'humanise", elle devient un peu chiante quand même. Drago Thorgard est un peu plus subtil, peut-être parce qu'on le voit la plupart du temps par le prisme d'Eden. Leur relation est plutôt amusante à suivre, surtout avec les crises mister Hyde du jeune homme. J'aurais par contre apprécier voir un peu plus les autres personnages qui gravitent autour de Drago, comme Samuel (qui parle de lui à la troisième personne) ou Rita et Holly ainsi que l'autre alpha, Rudy. Peut-être dans les tomes suivants. 

Au final, même si je trouve le roman plein de défauts, je n'en ai pas moins passé un bon moment de lecture. Ce n'est pas parfait mais ça se lit très bien. Et puis, ça reste un premier tome plutôt agréable à lire. J'espère beaucoup que les deux autres tomes seront un peu moins rapides dans leur déroulement (et qu'ils ne vont pas se concentrer uniquement sur la romance à venir entre Drago et Eden). 

lundi 9 septembre 2019

Que le Diable l'emporte, Anonyme

Vous dire que je n'attendais absolument pas ce roman serait mentir. Tous les deux ans, je suis comme une enfant attendant le père noël à l'idée d'avoir ma nouvelle dose de Bourbon Kid. C'est mon petit Guilty pleasure, une série qui part dans tous les sens et qui me change beaucoup de ce que je lis d'habitude (enfin, beaucoup... pas tant que ça en vrai, mais disons que c'est la plus déjantée).

Que le Diable l'emporte, Anonyme

Editeur : Sonatine
Collection :
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 400

A lire si : 
- Vous aimez la saga
- Vous aimez le pulp
- Vous aimez quand ça part dans tous les sens

A ne pas lire si 
- Vous avez vraiment du mal avec l'humour pipi caca
- Vous n'aimez pas la violence gratuite

Présentation de l'éditeur : 

Tout le monde pensait que le tueur le plus impitoyable que la Terre ait jamais porté était mort. Et bien non. Le Bourbon Kid est bel et bien vivant.
Ce qui est une très mauvaise nouvelle.
Pour tout le monde, mais surtout pour lui.
Plutôt que de profiter d'une paisible retraite plus ou moins méritée, notre homme va en effet devoir régler quelques dettes.
Avec à ses trousses toutes les bonnes et les mauvaises âmes de ce monde, le Kid a la très mauvaise idée de se réfugier dans un monastère où sommeillent de sombres secrets. S'il a l'habitude d'affronter des vampires, des bikers, des ninjas, des policiers assermentés et autres créature de l'enfer, faire face à un moine fou et des nonnes psychotiques est une autre paire de manches.
Plus rock'n roll que jamais, l'auteur du Livre sans nom fait fi de toutes les convenances et nous donne ici son récit le plus furieux et le plus déjanté.

Mon avis

Comme je le disais, j'étais super impatiente de lire ce huitième tome (septième si on compte Psycho Killer comme un Hors Série vu que le Kid n'y apparaît pas). Encore plus parce qu'il a passé une semaine sur ma table de chevet sans être touché (fallait bien que je lise le Phare au Corbeau avant). Du coup, je me suis un peu jeté dessus. Et puis, le soufflet est un peu descendu pour remonter ce weekend. Oui, lecteur, tu as bien lu, je n'ai pas dévoré ce tome en moins de deux jours. Non, il m'a fallu presque une semaine pour le finir. Et je vais vous dire pourquoi.

Mais avant ça, je vais râler. Juste un peu et sur une question esthétique. Pourquoi la couverture du livre n'est pas celui-ci  ?
Je l'ai trouvé sur Livraddict et comment dire, je la préfère largement à l'officielle. J'ai même tendance à croire qu'elle va mieux avec les sept autres couvertures. Mais du coup, la question reste, elle est prévue pour quel support ? (me dite pas que c'était une couverture provisoire, style pour les SP, sinon, je râle encore plus fort). 
Bref, maintenant que ça c'est fait, passons au reste.

Dans le tome précédent, le Kid et Beth ont fait croire à leur mort (je spoile pas plus que la quatrième de ce tome, désolée). Tout le monde est tombé dans le panneaux, Scratch y compris. Le Diable n'a d'autre choix que de faire avec. Sauf qu'un beau jour, une nouvelle victime du Kid débarque en Enfer, et annonce que celui-ci est bien vivant. Le Diable n'apprécie pas trop et fomente un plan pour se débarrasser une bonne fois pour toute du tueur et de sa femme. Pendant ce temps, les Dead Hunter retourne à Santa Mondega pour y rouvrir le Tapioca. Mais alors que le Festival de la Lune bat son plein, on assassine à nouveau comme le faisait Archie Somers (voir les quatre premiers tomes de la série). Les Dead Hunter, du moins Elvis et Rex, vont enquêter sur ses meurtres tandis que les trois autres, Flake, Jaz et Sanchez partent faire la fête....

Commençons par les moins. Parce que, oui, il y a des moins (et je suis presque déçue d'avoir à le dire quand même). Et le premier et pas des moindres, c'est la prédominance des blagues pipi-caca dans les parties Sanchez et au Purgatoire. On le sait, Sanchez a un humour de merde (c'est le cas de le dire), c'est d'ailleurs pour ça qu'on l'aime bien à la base. Mais quand il apparaît dans la moitié des pages du roman, si ce n'est plus et qu'en plus de ça, son humour semble déteindre sur d'autres personnages, ben je sature vite. En réalité, c'est vraiment l'un des gros problème de ce roman. Cher Anonyme, oui, beaucoup de lecteurs aiment Sanchez, j'en fais normalement partie, mais trop c'est un peu trop. Disons que s'il n'y avait eu que lui, ça serait bien mieux passé. 

L'autre problème vient lui aussi de la partie côté Santa Montega. Disons que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre précisément ce mini revival du Festival de la Lune et des meurtres qui vont avec. Oui, c'est toujours sympa de revenir un peu sur ce qui a fait le succès de la saga, mais il y avait peut-être moyen de le faire plus subtilement qu'avec cette sombre histoire de livre et de meurtre ? On se doute bien que ce n'est pas un retour de Sumers ni du Livre, pourquoi faire aussi lourd, du coup ? Bon après, avouons quand même qu'on voit bien plus souvent Jasmine, Flake et Sanchez qui ne sont pas vraiment le trio que je préfère (ça fonctionne mais c'est d'une lourdeur en fait, et super répétitif aussi). Quant à Rex et Elvis, ils ne sont pour moi pas assez présent pour moi, ce qui est bien dommage. 

Bon maintenant que j'ai parlé de ce que j'ai moins aimé (et qui fait la moitié du roman, pleure pleure), passons à ce que j'ai aimé, et ce pour quoi je ne pourrais pas m'empêcher de suivre la série, j'ai nommé le Bourbon Kid. J'ai toujours eu un grand faible pour le tueur et ce n'est pas près de passer. Bref, le Kid et Beth se cache du Diable. Ils ne mènent pas la vie tranquille qu'aimerait Beth mais n'en sont finalement pas trop trop loin, puisqu'ils sont ensembles. Seul problème, Scratch les retrouve et les voila qui partent se cacher dans une étrange abbaye ayant pour seuls habitants un vieux moine, le Père Loomis et son étrange gouvernante, Mavis. Malheureusement pour eux, le diable finit par les retrouver. 

Je ne suis pas objective sur les chapitres avec le Kid et Beth. Ce sont des personnages que j'apprécie beaucoup et dont l'histoire fonctionne toujours bien. Mieux encore, ce sont peut-être les seuls personnages à avoir une vraie évolution dans toute la série. Cette fois, ils coulent des jours presque heureux ensemble au départ. Si on oublie un peu qu'ils sont en cavale, ils forment un couple particulièrement mignon et aimant (et il était temps pour eux, quand on sait ce qu'ils ont traversé pour en arriver là). Forcément, que Scratch veuille leur mettre la main dessus et prendre sa revanche ne va pas du tout les aider. Et on va surtout découvrir un Bourbon Kid un peu plus humain. J'adore d'ailleurs le contraste entre ces deux facettes, celle du gros bourrin qui ne va pas chercher midi à quatorze heures et tirer dans le tas et celle de l'amoureux. 

Et puis, il y a l'histoire qui va avec tout ça. Et je dois dire que je ne m'y attendais pas totalement. On se demande bien ce qu'un certain chapitre fait là (je n'en dirais pas plus pour ne pas trop spoiler quand même) et en fait, c'est plutôt bien trouvé et bien mis en place (et c'est là que je me pose encore plus de question sur la partie Dead Hunter du coup qui semble tellement simple et pas travaillée du coup). 

On ajoute enfin au tout un humour décapant lorsqu'il ne fait pas dans le scato, des références à gogo (j'ai ri en voyant une référence à Y-a-t-il un flic pour sauver la reine ? alors que j'avais regardé le film le jour d'avant)(oui, quand j'ai des semaines bien merdiques, je me mets de vieux films des années 80's plus que douteux)(demain, on devrait sûrement regarder sa suite avec Chéri d'ailleurs)(mes semaines sont très très compliqué en ce moment), un style percutant. 

Il n'empêche que me voilà sorti de ma lecture un peu dubitative quant à l’intérêt de continuer la série. Parce que non, ce tome n'est surement pas le dernier, surtout pas vu sa fin. Il annoncerait même un certain renouveaux de celle-ci si certains personnages ne font pas juste une apparition. Or, si j'aime la série, j'ai du mal avec la partie assez pipi caca de certain. C'est malheureusement pour moi ce que j'ai le plus vu dans la moitié du roman qui ne concerne pas le Kid ou Elvis et Rex. Et oui, je sais que ce n'est pas absent des romans précédents. Disons que là, c'est un peu trop pour moi. Après, je dis ça mais dans deux ans, je vais me jeter sur le prochain (et je prévoie une relecture des précédents d'ici peu donc bon...).Au final, c'est donc une lecture en demie teinte. J'ai aimé même si pour moi ce n'est pas le meilleur de la série et qu'il manque quand même quelques personnages importants pour moi (Il n'y a pas Dante et Kacy, déjà qu'on les voyait presque pas dans le tome précédent)(pas de nouvelles non plus de l'Iroquois (moi qui avait espéré tout de même)). 

lundi 2 septembre 2019

Le Phare au Corbeau, Magie Grise, tome 1, Rozenn Illiano

Après plusieurs années à s'autopublier, Rozenn passe le cap de l’hybridité et sort un livre aux Editions Citric. C'est une grande nouvelle pour elle, le Phare au Corbeau devrait, je l'espère en tout cas, la faire connaitre un peu plus. Et franchement, il faut lire Rozenn et les livres de son grand projet.

Le Phare au Corbeau, Magie Grise, tome 1, Rozenn Illiano

Editeur : Citric
Collection : 
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 350

A lire si : 
- Vous aimez les légendes bretonnes
- Vous aimez les histoires de fantômes

A ne pas lire si : 
- Vous vous attendez à avoir très peur

Présentation de l'éditeur : 

Agathe et Isaïah officient comme exorcistes. L’une a les pouvoirs, l’autre les connaissances ; tous deux forment un redoutable duo.
Une annonce sur le réseau social des sorciers retient leur attention. Un confrère retraité y affirme qu’un esprit nocturne hante le domaine d’une commune côtière de Bretagne et qu’il faut l’en déloger. Rien que de très banal. Tout laisse donc à penser que l’affaire sera vite expédiée.
Cependant, lorsque les deux exorcistes débarquent là-bas, le cas se révèle plus épineux que prévu. Une étrange malédiction, vieille de plusieurs générations, pèse sur le domaine de Ker ar Bran, son phare et son manoir.
Pour comprendre et conjurer les origines du Mal, il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui…

Mon avis

Commençons par le livre. C'est la première fois que j'ai un livre des Editions Citric dans les mains, et j'aime beaucoup. Le livre est beau, les pages sont épaisses et agréables au toucher (bon, faut dire qu'après les toutes fines de l'intégrale de Terremer, tout me parait épais). Et que dire de sa fabuleuse couverture, faite par Xavier Colette ? Je vous conseille d'aller faire un tour sur le tout nouveau site du monsieur pour la voir en entier (avec en prime un superbe portrait de l’héroïne). On ne change pas une équipe qui gagne, Xavier Collette illustre tous les livres de Rozenn et il la fait à la perfection (le fait qu'il connaisse très bien l'autrice n'y est pas pour rien). Bref, l'objet est beau, il va être du plus bel effet dans ma bibliothèque et je passerais des heures à regarder sa couverture. Mais quand est-il de l'intérieur ?

Le Phare au Corbeau fait parti du grand projet de Rozenn, mais ne vous inquiétez pas, pas la peine d'avoir lu les livres publiés par l'autrice avant pour lire celui-ci. Il fait parti d'une autre branche du grand projet, une branche que nous n'avons pas encore totalement vu. Nous allons y suivre Agathe et Isaïah, deux exorcistes. Les deux jeunes gens se complètent dans leur travail et ne peuvent d'ailleurs que le faire en binôme. Agathe voit les fantômes mais ne peut faire plus, Isaïah n'a pas de pouvoir mais pratique le Hoodoo. Leur duo fonctionne à merveille, même s'ils ne peuvent pas s'occuper de cas trop compliqué. Or, le cas de Ker ar Bran ne devrait pas l'être compliqué, à la base. Forcément, on se doute que ça ne sera pas le cas. L'endroit est hanté autant par des fantômes, une malédiction et les non-dits de tout un village. Autant dire que ce travail-là ne va pas être une partie de plaisir.

Le Phare au Corbeau a tout pour me plaire. Déjà, ça se passe en Bretagne, terre que je rêve de visiter depuis que je suis toute petite. Ensuite, il se sert des légendes bretonnes pour étayer celle, totalement imaginaire, de Ker ar Bran. Et puis, il est question de fantôme, de sorciers et d'exorcisme. Le tout sous la plume de Rozenn. Alors forcément, je me suis jeté sur le roman dès qu'il a passé les portes de la maison (en réalité, mais faut pas le dire, je l'ai commencé dès que j'ai été seule au bureau...) et je l'ai fini hier, tranquillement assise dans mon petit coin lecture face à ma bibliothèque, un plaid sur les jambes (je suis une grand mère, j'assume totalement). 

C'est donc à la suite d'Agathe que l'on découvre Ker ar Bran et son phare. Et là, personnellement, je suis tombée amoureuse du lieu. Oui, même avec sa malédiction que l'on va découvrir petit à petit, en même temps que ce qui hante les lieux. Je comprends du coup parfaitement Agathe et son ressenti face au Phare. J'apprécie aussi grandement que l'autrice nous explique un peu plus l'histoire du lieu sans toutefois nous donner les clefs de tout ça dès le départ. L'histoire du domaine est révélée petit à petit, passant sur plusieurs époques. Si l'on finira par s'apprendre une partie de son histoire, nous restons tout de même dans le flou pour une autre (peut-être dans le tome suivant)(au vu du titre de travail qu'on a pu voir, j'espère beaucoup, j'avoue). Si vous aimez les légendes bretonnes (et la série Dolmen aussi d'ailleurs), n'hésitez surtout pas, vous allez être servi.

J'ai apprécié aussi les personnages. J'ai adoré Agathe, son côté peu sûr d'elle, paumée et en même temps plutôt déterminée. Je crois bien qu'elle fait partie de mes personnages préférées chez son autrice (elle me semble plus humaine qu'Ana (qui s'avère parfois tête à claque) par exemple). On trouve à ses côtés Isaïah que j'ai un peu moins apprécié à cause de son côté un peu trop "monsieur parfait". Il reste un bon personnage, cela dit. Tout comme les secondaires qui entourent le duo d'ailleurs. Quant aux fantômes hantant les lieux, je les ai trouvé particulièrement bien foutu et presque aussi vivant que ceux qu'ils hantent. 

Que dire d'autre, en vrac, et sans spoiler. J'ai aimé les passages dans le passé, les personnages qu'on croisent, les décors, la Bretagne, voir Oxyde, découvrir Agathe (je l'adore, mais vraiment), en apprendre un peu plus sur la magie dans l'univers de l'autrice, le dénouement, pas forcément le plus prévisible (alors que comme Agathe, on avait toutes les pièces depuis un moment) mais qui fonctionne à merveille. Et puis, bien sûr le style de Rozenn Illiano, toujours aussi efficace. 

Au final, j'ai donc beaucoup mais alors beaucoup aimé ce roman (et je n'en doutais pas une seconde). C'est un véritable coup de cœur. Il me confirme dans l'idée que Rozenn Illiano est une autrice sur qui il faut compter, et cela quel que soit sa manière d'éditer ses titres. D'ailleurs, si vous aimez vous aussi le Phare au Corbeau, n'hésitez pas à lire ses autres romans (vous en trouverez certains sur Wattpad, certains en vente sur son site)

jeudi 29 août 2019

Tehanu, Intégrale de Terremer, Ursula K. LeGuin

Je me lance enfin dans la partie que je ne connais pas de Terremer avec Tehanu. Les trois prochains livres ont été écrit près de dix huit ans après l'Ultime Rivage. Si Tehanu reste dans la continuité des trois premiers tomes, on sent évidement l'évolution de l'autrice, que se soit dans son art de conteuse ou dans ses idéaux.

Tehanu, Intégrale de Terremer, Ursula K. LeGuin

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2018
titre en VO : Earthsea
Année de parution en VO : entre 1964 et 2001, plus précisément 1990 pour Tehanu
Nombre de pages : 1800

A lire si 
- Vous aimez la fantasy avec magie et dragon
- Vous ne voulez pas de violence

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à quelque chose d'ultra violent
- Vous n'aimez pas les récits initiatiques

Présentation de l'éditeur : 

Terremer est un lieu magique et ensorcelé. Une mer immense recouverte d’un chapelet d’îles où les sorciers pratiquent la magie selon des règles très strictes. On y suit les aventures de Ged, un éleveur de chèvres qui, au terme d’une longue initiation, deviendra l’Archimage le plus puissant de Terremer, mais aussi celles de Tenar, haute prêtresse du temple des Innommables de l’île d'Atuan, de Tehanu, la fille-dragon, et de Aulne le sorcier qui refait chaque nuit le même rêve terrifiant. Autour de la grande histoire gravitent des contes qui enrichissent et explorent ce monde où enchanteurs et dragons se côtoient.

Mon avis

Suite à l'Ultime Rivage, Ursula K. LeGuin pensait déjà écrire un dernier tome pour Terremer. Elle voulait, déjà, revoir Tenar et lui offrir une histoire, une suite, savoir ce qu'elle devenait. Mais, elle n'a pu le faire de suite (c'est expliqué dans la postface de ce tome dans l'intégrale). Il faudra donc attendre dix-huit ans pour qu'elle réussisse enfin à écrire sur Tenar, à lui offrir une histoire rien qu'à elle. Pour le lecteur de notre époque, c'est assez transparent. Tehanu commence alors que Ged et Arren ne sont pas encore arrivés à Selidor. Cela fait vingt-cinq ans par contre que Tenar et Ged se sont enfuis des Tombeaux d'Atuan. Durant ces deux décennies, Tenar a été élève d'Ogion avant de se marier avec Silex, un fermier de Gont, d'avoir deux enfants et de devenir veuve. Elle a décidé de vivre une vie où la magie telle que la pratique Ged et les mages n'existent pas. 

Le roman commence un peu avant la fin de l'Ultime Rivage. Tenar, qui vit à présent à Gont et qui est devenue veuve, recueille Therru, une fillette mutilée et violée par ses parents. Peu après cela, elles vont toutes deux se rendre au chevet d'Ogion, mourant. Lorsque celui-ci disparaît, elles vont vivre un moment chez lui. Tenar a bien fait, elle retrouve ainsi Ged, bien fatigué suite à ses aventures. C'est marrant, en essayant de vous résumer le roman, j'ai envie de tout vous raconter et je me rends compte, surtout qu'il se passe beaucoup de chose sans même que l'on s'en rende compte. Là où je trouve cela amusant, c'est qu'il y a peu d'action comme on pourrait l'attendre d'un livre de fantasy. 

Tehanu est un roman du quotidien. Il semble ne pas s'y passer grand chose sur le coup. C'est une impression, juste une impression. Effectivement, on trouve moins d'action dans ce tome (déjà que dans les autres, c'était plutôt calme). Pourtant, on ne s'ennuie pas à lire Tehanu. Il y a bien sûr le talent de conteuse de madame Le Guin. Je n'en dirais jamais assez de bien. Il y a de la magie dans les mots de l'autrice. C'est tellement agréable à lire que je ne m'en lasse pas. Ici, cette magie est mise en oeuvre pour parler de chose simple, de la vie, de l'ordinaire et puis parfois, elle va nous entraîner loin, que se soit dans les joies ou les peines des personnages.

C'est aussi un roman d'apprentissage mais pas vraiment du genre initiatique comme on a pu déjà le voir dans les trois premier tomes. Tenar y apprend à être femme pour et par elle-même. Il n'y a plus d'homme autour d'elle au moment où commence l'histoire. Son mari est décédé, Ogion ne va pas tarder à passer le muret, Ged a disparu de sa vie depuis longtemps, son fils est parti. Seule, elle se redécouvre. Elle apprend aussi à découvrir Therru, à apprivoiser l'enfant. Celle-ci n'est pas en reste. Therru est le personnage central de l'histoire sans que l'on s'en rende réellement compte. On la voit grandir, apprendre à faire confiance, à se faire confiance aussi. Et puis, il y a Ged. Entouré de toutes les femmes du roman, on en viendrait presque à l'oublier. Mais lui aussi, doit apprendre. Il doit apprendre à vivre comme un homme ordinaire, sans pouvoir, sans magie. Bien que moins présent que d'habitude, lui aussi à son importance. D'ailleurs, c'est lui qui marque aussi d'une certaine manière le changement dans la série. Car changement il y a. Un changement amorcé par l'Ultime Rivage et les défauts dans la magie. Où cela va mener, nous le serrons surement plus tard. Pour l'instant, nous en voyons surtout les prémices dans Tehanu. 

Enfin, c'est un roman de femmes, écrit par une femme. Et ça, ça a son importance. Ursula K Le Guin avait déjà prouvé dans les années 70 qu'elle pouvait mettre à bas les stéréotypes de la fantasy (et de la littérature en général) avec des personnages de couleur en protagoniste. Je rappelle que Ged et les habitants de Terremer sont pour la plupart des gens de couleur. Seuls les Kargues (de ce que l'on voit comme peuple) sont blancs. Cette fois, au début des 90's, elle rebouscule tout ça avec des femmes comme protagonistes principales du roman. C'est encore rare à l'époque. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cela que le roman a pris rapidement l'étiquette de féministe (que je ne lui renie absolument pas). Or, ça fait du bien de lire ce genre de roman là dans la fantasy (qui est somme toute peu féminine, avouons-le). Les thèmes abordés, la manière de le faire, m'ont énormément parlé. Plusieurs passages m'ont touché, d'autres m'ont bien fait râler aussi, surtout vers la fin (le retour du fils de Tenar, l'opposition avec Tremble, le sorcier du seigneur de Ré Albi). Là dessus, le roman me parait clairement intemporel dans ce combat sur la place des femmes, et finalement, on se trouve avec un discours qui a totalement sa place dans notre propre quotidien. 

Au final, Tehanu m'a marqué. Je dis ça de presque tous les livres de Terremer, mais peut-être celui-ci un peu plus. Il est formidablement conté et terriblement intemporel. Je me suis tellement à Tenar et Therru que j'ai eu du mal à les quitter. Le roman est merveilleux en bien des sens. Il a ce côté conte de fée qui plait à beaucoup tout en gardant en tête que le monde n'est pas tout beau et plein de paillettes et qu'il peut être dangereux. Pour moi, c'est bien plus que de la fantasy féministe. C'est un roman précieux, à lire et à chérir, à garder à l'esprit, tout le temps. 

vendredi 23 août 2019

Les Murmureurs, Aude Réco

Je suis sur Twitter Aude Réco depuis un moment déjà. J'aime beaucoup son blog sur l'écriture aussi. Il était temps que je découvre réellement sa plume avec un roman après avoir lu l'une de ses nouvelles il y a quelques temps (les Hommes-Brouillards). C'est à présent chose faite avec ce roman publié sur Wattpad.

Les Murmureurs, Aude Réco

Editeur : Aude Réco
Collection : /
Année de parution : 2019
Format : Wattpad (il est aussi offert en cadeau suite à réponse d'un questionnaire sur le blog de l'autrice)

A lire si 
- Vous aimez les ambiances île isolé battue par les vents
- Vous voulez une légère romance MM

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand les événements vont un peu trop vite

Présentation de l'éditeur : 

Quand Edward Borrow se réfugie sur l'île de Taily Fair, au large de l'Écosse, pour échapper au Londres de l'entre-deux guerres, il ne s'attend pas à découvrir une communauté mystérieuse et en proie à diverses peurs.
De la vieille folle qui répand des rumeurs au photographe suicidaire, en passant par des habitants peu accueillants, Edward se lie pourtant avec Matthew, l'hôtelier timide qui l'héberge et victime de cauchemars récurrents qu'il met sur le compte de la fatigue.
Très vite, Edward réalise que le calme apparent de Taily Fair cache des disparitions d'enfants, des légendes locales et un corbeau qui prend plaisir à révéler les secrets des villageois.

Mon avis

Je crois ne pas l'avoir dit ici, mais j'ai un petit faible pour tout ce qui pourrait se passer sur une île, encore plus si celle-ci offre un panorama emplie de brume, de pluie et de falaise. Mon amour pour tout ce qui touche la mer n'y est surement pas pour rien. Et pour tout vous dire, j'ai choisi les Murmureurs comme premier livre d'Aude Réco parce que ça se passe sur une île écossaise. Parfois, il n'en faut pas plus. Le reste de la quatrième de couverture était aussi pas mal, surtout qu'elle n'en révèle pas trop sur l'histoire (je déteste cordialement les quatrièmes qui spoilent les bouquins). 

Nous commençons le livre en suivant Edward, instituteur de son état qui fuit Londres et le continent. Pour cela, quoi de mieux qu'une petite île écossaise où il n'y a qu'une petite communauté vivant un peu trop repliée sur elle-même ? Bon, en vrai, on se dit de suite que l'idée n'est pas très bonne. Mais ça, Edward n'en sait pas grand chose par rapport à nous autre, lecteur. Il ne va pas lui falloir longtemps pour découvrir toute l'étrangeté des habitants de l'île. Entre le photographe alcoolique, la vieille femme qui entend des voix, celle qui enferme son fils chez elle, les autres habitants semblent à peine plus calme. Lorsque disparaît une enfant, tous les regards se tournent, forcément, vers le nouvel arrivant. Et ce n'est que le début des ennuis pour lui.

Parmi les choses que j'ai adoré dans le roman, il y a l'ambiance, forcément. Aude Réco s'en donne à cœur joie entre pluie, orage, brouillard. J'aime beaucoup et surtout, on s'y croit vraiment. Il ressort de la lecture une belle ambiance fin d'automne, début hiver qui fait du bien par les températures estivales que nous avons en ce moment. Mais surtout, l'ambiance sert totalement le récit, le rendant plus mystérieux, plus dérangeant aussi. On y ajoute des personnages qui ne disent pas tout, des silences, des événements étranges et nous voilà dans une sorte de Dix petits nègres à la sauce fantastique. 

D'ailleurs, tout comme dans le roman d'Agatha Christie, je me suis plus attardée sur les personnages que réellement sur ce qu'il se passe (disons que j'ai rapidement eu ma petite idée sur ce qu'il se passe (qui n'était pas totalement fausse mais pas vraiment bonne non plus) et que du coup, j'ai préféré me pencher sur eux que sur le pourquoi). J'ai eu un petit faible pour Matthew, l’hôtelier pris entre deux feux, à savoir Edward et le reste du village. Tout le long du roman, on sent bien qu'il sait quelque chose mais que, comme beaucoup, il est incapable d'en parler. J'ai eu un peu plus de mal avec Edward qui apitoie un peu trop sur son sort pour moi. Par contre, leur duo fonctionne formidablement, surement parce que leurs caractères se complètent plutôt bien. Les autres personnages ne sont pas en reste non plus. Même si on les suit moins que Matthew et Edward, ils sont bien présents et parfaitement reconnaissables entre eux. On arrive même à s'attacher à des personnes pas franchement recommandables. Vraiment, la psychologie des personnages est super intéressantes même si on peut parfois la trouver un peu "cliché" sur ce genre d'histoire (dans le sens où on retrouve un peu le même genre de personnages (mais c'est un "problème" que l'on retrouve dans divers genres de la littérature)).

Mais si j'ai adoré les personnages et l'ambiance, j'aurais tout de même un tout petit bémol à donner sur les Murmureurs. L'autrice se concentre vraiment sur l'évolution des personnages, plus particulièrement donc de Matthew et Edward, et me semble parfois perdre un peu son lecteur dans le déroulement de l'histoire. Je m'explique. Il se passe beaucoup de chose sur Taily Fair mais nous n'avons pas beaucoup d'explication tout le long du roman. Tout semble lié mais on ne sait pas trop par quoi jusqu'à la toute fin. Une fin qui finalement est peut-être un peu trop rapide pour moi d'ailleurs, j'aurais voulu en savoir plus (mais ça, c'est aussi un défaut de ma part, je veux toujours tout savoir)  Après, personnellement, ça ne m'a pas dérangé tant que ça mais je préfère le signaler.

Au final, je suis ravie d'avoir enfin découvert la plume d'Aude Réco. J'ai beaucoup aimé la manière dont elle pose ses ambiances mais surtout les relations entre ses personnages. J'ai très envie maintenant de lire les romances qu'elle a écrit rien que pour ça. C'est une bien belle découverte que celle-ci.

vendredi 16 août 2019

Runaway Max, Stranger Things, Brenna Yovanoff

Je suis tombée sur ce livre au supermarché chez mes beaux-parents. Comme on a fini quelques temps plus tôt la troisième saison avec Chéri, j'ai eu envie de me replonger un peu dans Stranger Things (il fallait bien une excuse, celle de "mais j'ai fini mon livre" alors que je trimballe l'intégrale de Terremer ne fonctionnait pas vraiment). Bref, j'ai un peu craqué, la faute à la couverture et à la série qui est tellement bien.

Runaway Max, Stranger Things, Brenna Yovanoff

Editeur : Hachette
Collection :
Année de parution : 2019
Titre en VO : Stranger Things: Runaway Max
Année de parution en VO : 2019
Nombre de pages : 306

A lire si :
- Vous avez aimé la série
- Vous aimez Max et voulez savoir pourquoi elle se retrouve à Hawkings

A ne pas lire si :
- Vous voulez un livre "adulte"
- Vous n'aimez pas les flashback

Présentation de l'éditeur :

Qui est Max Mayfield ?
Quand on s'est installés à Hawkings, j'étais convaincue que c'était le genre d'endroit où rien n'arrivait jamais. Et pour moi, jusqu'ici les monstres étaient des hommes, comme mon demi-frère Billy...
Mais ce soir, la créature que j'essaie d'arrêter vient d'ailleurs, d'une autre dimension. Je suis bien décidée à en finir avec elle, et avec tous les autres monstres. 
Une bonne fois pour toutes...

Mon avis

Attention, je vais spoiler, le livre se passant en bonne partie durant toute la saison 2. C'est d'ailleurs quelque chose d'assez étrange puisqu'il est présenté la plupart du temps comme un prequel de l'histoire de Max. Or, si effectivement, il va nous en apprendre plus sur la demoiselle et son passé, il va aussi suivre la plupart des évènements de la saison deux. En soi, ce n'est pas plus mal, puisque la vie de Max avant Hawkings n'a rien de surnaturel. Si le roman ne se passait pas durant les évènements de la série, on perdrait tout de même ce qui fait le sel de celle-ci. Mais je m'égare un peu. 

Il est compliqué de ne pas spoiler la partie "présent" du roman. Ceux qui on vu la série savent forcément de quoi il retourne, bien que cette fois, c'est exclusivement le point de vue de Max que nous suivons. Ce point de vue n'ajoute d'ailleurs pas grand chose à l'histoire de la saison 2, d'ailleurs, si ce n'est qu'on découvre un peu mieux la demoiselle qui, bien que faisant partie des personnages principaux, restait assez mystérieuse par rapport aux autres. Et pour tout dire, s'il n'avait été que le récit de cette saison-là, je ne l'aurais peut-être pas pris, même si j'adore Stranger Things (que j'ai découvert cet été, vingt ans après tout le monde, comme toujours). Heureusement, la dite partie ne prend pas tant de place que ça dans les 300 et quelques pages du livre. Brenna Yovanoff se concentre un peu plus sur l'avant Hawkings de Max et nous permet ainsi d'en découvrir un peu plus sur elle mais aussi sur sa relation avec Billy (un personnage que j'ai adoré détesté, un peu comme Geoffrey dans le Trône de Fer).

Mais avant que l'on arrive à Hawkings, petit à petit, Max va nous apprendre pourquoi elle est là et ce qu'il a pu se passer. Avec des personnages comme Billy et son père dans sa vie, on va vite comprendre que rien n'a été simple pour la jeune fille depuis l'arrivée de Neil dans la vie de sa mère. Si vous comptiez seulement lire un roman sur votre série préférée, sachez que ce n'est pas tout à fait le cas. Brenna Yovanoff (au fait, si le nom vous dit quelque chose, c'est normal, elle a écrit l'Echange il y a quelques années, livre à la couverture des plus saisissantes (et malaisante aussi)) utilise le récit pour parler des violences faites aux enfants. Forcément, vu le personnage de Billy dans la série, c'était assez facile. Or le sujet n'est pas simple, et l'autrice s'en sort plutôt pas mal. On ne tombe jamais dans l'exagération, que se soit dans les réactions des uns ou des autres suite aux violences. On comprend alors pourquoi, pour Max, les pires monstres ne sont pas les demochiens venant de l'Upside Down mais bel et bien les hommes et plus particulièrement Billy. Du coup, ce qu'il se passe dans la série devient un peu plus compréhensible (j'ai enfin la réponse à pourquoi ils sont à Hawkings et pourquoi Billy dit à Max que c'est sa faute à elle)(ce qui n'est pas le cas d'ailleurs, mais ça, vous le découvrirez en lisant le roman).

Mon avis semble un peu décousue et ne parle pas beaucoup des personnages et de ce qu'il se passe. J'avoue que c'est un peu normal, vu que je ne veux pas spoiler (ni ceux qui n'ont pas encore vu la série, mais dans ce cas, évitez peut-être de lire le roman, ça serait un peu couillon, vous ne comprendrez pas grand chose), ni ceux qui l'on vu et qui veulent découvrir un peu plus Max. Mais savez que les personnages sont vraiment égaux à eux-même et, mieux, on découvre une Max encore plus combative que ce qu'elle est et en même temps, on la découvre aussi sous un autre jour, moins sûre d'elle. C'est assez agréable vu que c'est un des personnages que j'apprécie le plus dans la série (en même temps, les femmes/filles de la série sont toutes interessantes par leurs actions). De même, pour Billy (parce que finalement, ce roman n'est pas que le prequel du personnage de Max, mais aussi une bonne partie de celui de son demi-frère), si on continue à ne pas trop le comprendre, on en apprend un peu plus. Leur relation est plutôt bien foutu, entre "amour" et détestation (Max apprécie le Billy cool du début, avant qu'il ne devienne un vrai con avec elle).

Afin, parlons un peu de l'ambiance du roman. Brenna Yovanoff nous plonge dans le début des années 80 comme le veut la série. Ca passe plutôt bien, si on n'oublie qu'elle aime faire des listes de chansons. C'est un peu dommage parce qu'elle arrive tout de même à retranscrire pas mal de chose de ces années-là sans avoir besoin d'en faire des caisses. Heureusement qu'elle ne le fait pas tout le temps. Il en va de même pour l'ambiance de la partie "saison 2" que l'on retrouve plutôt bien retranscrite. 

Au final, c'est un roman que je conseille aux fans de la série. IL est parfait pour en découvrir un peu plus sur les deux nouveaux personnages de la saison 2 (alors forcément, maintenant que la trois est aussi sortie, ils ne sont plus si nouveaux que ça). C'est un bon roman pour ados avec un thème plutôt bien traité et un style agréable à lire.

Maintenant, j'irais bien découvrir les romans Stranger Things édités chez Lumen qui, eux, sont plus adultes (un sur le passé d'Hooper et l'autre sur celui de la mère de Eleven).

dimanche 11 août 2019

Lame Damnée, Assassini, tome 1, Jon Courtenay Grimwood

J'ai cette trilogie dans mon Kindle depuis un moment. Il était temps que je me lance, surtout qu'elle parle d'assassins, de Venice et du surnaturel. Elle a tout pour me plaire mais est-ce bien le cas ?

Lame Damnée, Assassini, tome 1, Jon Courtenay Grimwood

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2012
Titre en VO : Vampire assassin trilogy, book 1: The fallen blade
Année de parution en VO : 2011
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les histoires un brin sanglante
- vous aimez les complots et jeux de pouvoirs

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les histoires à ellipse
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

Venise est à l'apogée de sa puissance. En théorie le duc Marco commande. Mais son oncle et sa tante gouvernent. Ils craignent des assassins meilleurs que les leurs... 
Atilo est l'assassin en chef du duc. Il s'apprête à tuer lorsqu'il voit un garçon accroupi au-dessus d'un homme. La vitesse à laquelle le garçon esquive un poignard et escalade un mur stupéfie Atilo. L'assassin sait qu'il doit trouver le garçon... Non pas pour le tuer, mais parce qu'il a enfin trouvé quelqu'un digne d'être son apprenti..

Mon avis

Je commence à rédiger l'avis sans avoir rien mis dans la section " A lire si/A ne pas lire si". D'habitude, quand ça m'arrive, c'est que je n'ai pas la moindre idée de comment vais-je aborder la suite. Or, je sais à peu prés ce qu'il va se dire dans l'avis (disons que j'ai les grandes lignes, j'ai quand même lu le bouquin, quoi), je sais que ça ne va pas être dithyrambique pour le roman, mais je n'arrive pas à formuler clairement tout ça. C'est quand même couillon, je trouve. Bref, je verrais ça plus tard. Parlons un peu de ce premier tome qui avait l'air si prometteur d'après sa quatrième de couverture (et le fait que j'aime Venise, la fantasy, les assassins et les vampires).

Nous voici donc dans une Venise de fantasy, gouverné par le duc Marco IV (enfin gouverné, le pauvre semble souffrir d'une déficiance mentale lui donnant les mêmes capacités de réflexion que celles d'un enfant de cinq ans), hérité du grand Marco Polo. Le jeune homme n'est qu'un pantin à la merci de son oncle Alonzo et de sa mère Alexa. Les deux se tirent d'ailleurs dans les pattes régulièrement, lui espérant devenir duc, elle voulant garder son fils sur le trône de la Sérénissime. Entre deux querelles, ils doivent aussi faire face aux ennemis de Venise, et pour cela, quoi de mieux que les services des Assassini, assassins officiels des ducs ? Or ceux-ci ont été quasiment décimé par des monstres en une seule nuit, alors qu'Atilo, leur chef, ramenait la dame Guilietta, nièce d'Alonzo et Alexa au bercail.  Ça c'est pour le contexte (et les trois, quatre premiers chapitres du livre). On se retrouve quelques temps plus tard pour entrer dans le vif du sujet ou presque. Parce qu'il manque encore l'élément important du roman. Le capitaine des Douanes, à la recherche d'un fugitif, va faire une étrange découverte dans une cache sur un bateau Mamelouk. Un jeune homme à la peau blanche, aux cheveux argentés et se nourrissant de sang. Alors qu'il tente de le tuer, le garçon s'enfuit par la mer (et manque de se tuer par la même occasion) et atterrit à Venise. Commence alors réellement l'histoire de ce roman et surtout celle de Tycho.

Lame Damné a un gros défaut. Il est assez lent à se mettre en place. Voire même très lent. Et en même temps, l'auteur fait ça de manière quelque peu brouillonne, passant des jours ou même des mois sous silence, perdant ainsi un peu mieux son lecteur. C'est assez étrange comme impression. Encore plus lorsqu'on se rend compte rapidement qu'on va perdre le fils avec tout ça. C'est un peu ce qu'il s'est passé avec moi. J'ai perdu le fils plus d'une fois, me demandant réellement où l'auteur voulait en venir avec son histoire, quel étaient ses enjeux ? Tout cela est particulièrement flou. C'est vraiment le gros défaut du roman. Je ne suis pas arrivée à comprendre où j'allais réellement pendant une bonne partie du roman. Et c'est bien dommage.

C'est dommage parce que l'ambiance est plutôt sympathique avec cette Venise sale, dangereuse, sombre. On  se rapproche pas mal de quelque chose d'assez gothique, ce qui est en plus accentué par l'arrivée des Kriegshunds (les loups-garou) puis, de Tycho. Et je vous parle des complots à tout va ? Bon en fait, non, je n'en parle pas parce qu'on ne les voit pas (déçue, je suis, vous vous en doutez). Mais même là, il y a comme un gout d'inachevé. A croire que monsieur Grimwood voulait trop en dire en trop peu de temps et à préférer sauter à ce qu'il considère comme l'essentiel de son roman, les histoires de Giulietta, Tycho et Atilo (et encore, je crois qu'on peut l'enlever de la liste). Il utilisait pour ça une bonne dizaine de personnages qu'il va une nouvelle fois survolé. 

Et on tombe sur le second gros défaut du roman pour moi. Comment que je fais pour apprécier les personnages lorsqu'ils sont tous autant survolés ? Non parce que même Tycho, qui est quand même le personnage central du bordel, est carrément fade. Alors je comprends le coup de l'amnésie (qu'on nous explique quand même bien trop tard, style, à la fin), je comprends qu'il soit totalement paumé, mais pourquoi en faire un être quasiment muet et totalement invisible, même pour le lecteur. Il ne se réveille que lorsqu'il est en présence de Giulietta, soit trois fois dans le roman (dont un passage qui aurait pu être tellement mais tellement mieux)(leur première rencontre qui est inachevée à mon gout). En parlant de la demoiselle, il en va de même pour elle. Elle aurait pu être un super personnage sauf que vu qu'elle ne pige pas trop ce qu'il lui arrive et que l'auteur nous enlève une année entière de sa vie (alors qu'elle a été enlevée et qu'on ne sait pas trop ce qu'il se passe entre ce moment et la fin de l'entrainement de Tycho (passé sous silence lui aussi d'ailleurs)), le lecteur est aussi censé ne pas tout comprendre. Quant à Atilo, j'ai eu du mal avec lui parce que je n'arrive pas à le comprendre sur trop de point. Pour les autres personnages, si l'on n'inclue pas Alexa, on les voit finalement trop peu pour bien comprendre à quoi ils servent, si ce n'est à combler l'espace (et voilà qui est dommage, parce qu'une fois encore, ils sont tous survolés).

Et vous savez quoi ? Ces deux défauts me font grave chier (autant que la plupart des personnages se font sur eux dans le roman)(ça aussi, c'est légèrement ennuyeux, la moindre petite peur et pouf, un pipi voire un caca). Parce que ce premier tome a un potentiel génial. Mais vraiment. On y trouve tellement de bonne chose cachée par une intrigue à ellipse pas super bien maitrisée. Parce que si on oublie deux minutes que l'histoire est censée être celle de Tycho (qui reste insipide à souhait durant presque tout le bouquin sauf la fin où il se révèle enfin), on se trouve avec des complots, des luttes de pouvoirs et une ambiance sombre à souhait allant parfaitement avec. 

Je sais que Lame Damné est un premier tome et qu'il est là pour introduire l'univers et ses personnages. Il ne le fait pas vraiment de la meilleure manière qu'il soit à mon avis, mais il le fait. Il laisse aussi présager une suite qui pourrait être bien mieux (ou bien pire, mais laissez-moi avoir de l'espoir, j'ai la trilogie complète dans le kindle et j'aimerai bien ne pas trop le regretter). En tout cas, malgré les gros défauts assez ennuyeux de ce premier tome, je vais me lancer dans la lecture du second dans peu de temps. On verra bien par la suite (et pour info, voilà, je viens de trouver quoi mettre dans ma rubrique "a lire/a ne pas lire")...