mardi 22 août 2017

Joyland, Stephen King

Comme souvent, alors que les jours chauds sont bien là, j'apprécie avoir ma dose de frissons. Et quoi de mieux qu'un Stephen King pour cela. Sauf que j'aurais du un peu mieux choisir mon King pour frisonner, parce que clairement Joyland ne fait pas peur (mais il reste bon)

Joyland, Stephen King

Editeur : le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : Joyland
Année de parution en VO : 2013
Nombre de pages  : 400

A lire si : 
- Vous voulez quelque chose qui se lit vite (et bien)
- Vous aimez les ambiances fêtes foraines
- Vous voulez du fantastique à petite dose

A ne pas lire si : 
- Vous voulez de bons gros frissons
- Vous voulez du clown (surtout si comme moi vous avez l'édition de poche avec sa quatrième de couverture bien trompeuse)

Présentation de l'éditeur : 

Après une rupture sentimentale, Devin Jones, 21 ans, débarque l’été 1973 à Joyland, petit parc d’attraction sur le littoral de la Caroline du Nord. Il est embauché avec d’autres étudiants pour compléter l’équipe de forains, à la fois étrange et joyeuse. Sa rencontre avec un petit garçon doué de voyance, atteint d’une maladie grave, et surtout de sa mère, va changer la vie de Devin. Obsédé par le mystère du train fantôme soi-disant hanté par le spectre d’une femme égorgée 4 ans auparavant, le jeune homme se lance dans l’enquête. Un nouveau meurtre est-il possible ? Parviendra-t-il à l’éviter ? Une chose est sûre, l’aventure le changera à jamais...

Mon avis 

Bienvenu à Joyland, parc d'attraction de Caroline du Nord en 1973. Un parc tout ce qu'il peut y avoir de plus banal, avec ses attractions, sa grande roue et ses baraques à confiserie. C'est là que Devin Jones va travailler durant l'été. La quatrième de couverture, que se soit celle d'Albin Michel ou du livre de poche, est particulièrement trompeuse. Mais vraiment. Parce qu'il faut bien le dire, Joyland n'a rien mais alors rien à voir avec un roman horrifique comme King sait les écrire. Par contre, ne nous y méprenons pas, c'est bien un Stephen King par bien des abords. 

Joyland est donc un parc d'attraction qui ressemble tout de même à une grosse fête foraine comme on peut en voir un peu partout par chez nous. Rien de bien inquiétant au final si ce n'est la légende du fantôme dans le train fantôme. En fait, King ne va pas vraiment révolutionner la chose, ce genre de légende est courante. Et d'ailleurs, autant le dire direct, elle n'a finalement que peu d'importance dans le roman. Carrément oui. Tout comme le côté fantastique. 

Stephen King reste sur des thèmes qu'il apprécie, l'ambiance un peu étrange, une part de fantasy avec des médiums, un fantôme et la mort. Et pourtant, il arrive encore à surprendre. Pas au sens qu'il nous fait sursauter comme des malades sur le lit ou le canapé, plutôt dans la manière dont il traite tout cela. Parce que pour une fois, il ne cherche pas à nous faire peur. Mais alors pas du tout, et cela malgré le meurtre et une fin plus "suspense" que le reste. J'ai trouvé ce livre terriblement nostalgique en fait. Déjà parce que l'histoire est racontée par son héros plus de quarante ans après les faits. Et on sent vraiment que cette année 1973 l'a marqué de diverses façons. Déjà parce qu'il y a connu son premier chagrin d'amour et parce que ce qu'il vivre en tant que saisonnier de Joyland va le marquer à vie. J'ai apprécié que King ne tombe pas dans la mélancolie, il fait même de l'humour avec son personnage. Mais la nostalgie est bien là, caché dans des phrases un peu anodines souvent. Or, chez King, je n'ai pas vraiment l'habitude de lire ça. Pourtant, ça lui va tellement bien et l'ambiance de Joyland est pour moi vraiment bonne. 

Il faut dire que King nous immerge dans le monde forain avec talent, usant de Parlure (même si souvent, il a inventé des termes pour faire plus "forains"), de manies parfois un peu trop stéréotypées sur les forains et décrivant cet univers par les yeux d'un novice. Alors, il y a des moments assez caricaturaux (d'ailleurs il l'avoue lui-même dans la note à la fin du roman), mais dans l'ensemble, il ne tombe pas dans une critique satirique du milieu (ce qui est appréciable). Que se soit dans la maintenance des attractions, dans les attractions elles-même ou les gens qui travaillent (à l'année ou non), on s'immerge petit à petit en même temps que Devin. Enfin, on ajoute le petit soupçon de fantastique avec le fantôme et la médium et nous voilà embarqué.

Enfin, pas tout à fait. Parce que le livre est assez long à se mettre en place réellement. Et étrangement, on ne s'ennuie pas forcément de cette lenteur. Je pense qu'il fallait bien cela pour se mettre dans l'ambiance. Dès le début, nous savons grâce à Madame Fortuna qu'il va arriver à Devin. D'ailleurs lui-même nous le dit rapidement sans toutefois nous dire quoi (sinon plus de suspense). Et la première partie du roman nous montre que la femme a raison. La partie fantastique de cette première partie est peu présente mais reste à l'esprit, tout comme l'histoire du meutrre dans le train fantôme. C'est d'ailleurs à partir de la visite de celui-ci par Devin que le fantastique rentrer réellement dans l'esprit mais toujours pas petite touche. A vrai dire, la première partie ne semble n'être là que pour expliquer pourquoi Devin continue son job à Joyland durant l'automne, la partie la plus intéressante de l'histoire, qui commence vers le milieu du roman.

C'est vraiment à partir de là qu'on trouve la touche "King". Un enfant gravement malade mais avec des dons, un fantôme qui apparaît enfin et la possible résolution d'un meurtre. Le tout avec toujours cette nostalgie en fond. Mais en réalité, je me suis un peu fichu du dénouement de la légende tant j'étais avec les personnages, tant le côté très humain du livre m'a touché. J'en ai même trouvé la fin dans Joyland de trop pour vous dire (c'est bien foutu, mais en fait, j'en avais tellement oublié le meurtre que franchement, je me fichais bien de savoir qui en était l'auteur). 

Au final, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture de Joyland. Le livre n'a rien ou presque avoir avec elle (encore plus avec celle de l'édition de poche). C'est un Stephen King qui se penche plus sur l'humain, la nostalgie... Pas le moindre signe d'horreur et de frissons, pas de grandes envolées sanglantes, pas de méchants surnaturels ici. C'est un roman d'apprentissage de la vie fort agréable à lire (premier chagrin d'amour, premier job, première fois et j'en passe). Bref, un Stephen King un peu différent qui risque de ne pas plaire à tout le monde à cause de ça mais qui moi m'a beaucoup plu.

lundi 21 août 2017

Club Uranium, Origines, tome 3, Stéphane Przybylski

Je me suis enfin lancé dans le tome trois de la tétralogie Origines de Stéphante Przybylski qui est dans ma PAL depuis un petit moment déjà. Et il n'y a pas à dire, j'adore cette série.

Club Uranium, Origines, tome 3, Stéphane Przybylski

Editeur: Le Bélial'
Collection : /
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 624

A lire si
- Vous voulez vous plonger dans une aventure que n'aurez pas forcément renier Indiana Jones
- Vous voulez une histoire prenante

A ne pas lire si 

- Vous voulez juste un roman, rien de plus

Présentation de l'éditeur : 

Début 1940.
L’extraordinaire découverte faite par Friedrich Saxhäuser dans la vallée du Nahr al-Zab-al-Saghir est désormais aux mains d’un comité occulte basé en terres américaines. De Berlin à Washington D.C., tous s’accordent sur une chose : retourner au Kurdistan irakien est impératif. Qui se rendra maître du Château des millions d’années possèdera un avantage crucial dans le conflit en cours… De chaque côté de l’Atlantique, le comte Erchingen et l’énigmatique M. Lee montent des expéditions secrètes avec l’Irak en point de mire, une gageure quand la guerre étend son empire sur l’essentiel du globe… Reste Saxhäuser, soldat hors normes confronté à l’indicible et aux convictions balayées. Peut-être lui appartiendra-t-il de sauver l’humanité ? Mais envisager pareille entreprise est-il seulement possible quand votre propre humanité semble vous échapper ?

Mon avis

La tétralogie des Origines est, il me semble, l'une de mes meilleures découvertes en terme de SF et d'uchronie, de ces dernières années. Je crois que je ne me lasserais pas de cette série. D'ailleurs, le fait qu'il ne m'ait fallu que deux jours pour lire ce tome-là en est un parfait indicatif (le week-end à ne faire presque que lire, c'est juste génial).

Dans le premier tome, nous nous concentrions sur les allemands, le second se déroulait en grande partie en angleterre, et pour le troisième ? Et bien, la couverture magnifiquement illustrée par Aurélien Police nous donne un indice (tout comme elle le faisait pour les deux autres). Nous voilà côté américain ! Nous allons enfin en apprendre un peu plus sur le mystérieux Mr Lee (qui m'a fait plus d'une fois penser à l'homme à la cigarette de X-files). Un personnage que nous voyons depuis le début et qui semble avoir pas mal de cartes dans la main. J'ai beaucoup apprécié le suivre (surtout que Saxhäuser n'est pas loin). Mais avant de parler personnages, voyons un peu ce qu'il se passe. 

Parce que depuis 1939 et la découverte du Château des Millions d'Années, il s'en est passé des choses. Dans le Marteau de Thor, les nazi partaient à la recherche des artefacts trouvés en 39 par Saxhäuser et Schumndt. Malheureusement pour eux, ils n'y arrivent pas. Du coup, que se passe-t-il ? Les américains entrent en scène. Si pour l'instant le gouvernement américain n'est toujours pas en guerre, l'organisation dont fait partie mr Lee se met elle en marche. Et pour cela, rien de mieux que d'aller dans la vallée du petit Zab, là où tout a commencé. Or ils ne sont pas les seuls à s'y rendre. Une équipe composée par Saxhäuser y va aussi, tout comme une autre de l'Abhwer. Autant dire que tout ce petit monde ne va pas faire dans la dentelle pour parvenir à ses fins. Mais nous n'allons pas rester dans la vallée du petit Zab tout le long du roman, puisque nous ferons un détour par l'Allemagne, Prague, mais aussi l'Ecosse et le Nevada. 

Autant le dire, ce troisième tome est plein de rebondissement et de révélations. Les extraterrestres se montrent un petit peu plus en acceptant une sorte d'accord avec l'organisation dont fait parti Mr Lee. Mais on va rapidement comprendre que les envahisseurs ne sont pas si gentils que ça et qu'ils n'apprécient pas trop se faire berner par les colons, ceux qui sont arrivés bien avant eux et aident Saxhäuser, ou même par les humains. Je sens qu'ils ne vont pas en rester là... Côté humain, rien ne va plus non plus. La seconde guerre mondiale est bien entamée, Hitler se lance dans la conquête du monde, aidé en cela par Mussolini. L'afrique et l'Orient deviennent théâtre de guerre, tout comme l'Europe. Le côté historique est bien là et parfaitement traité par un auteur qui sait fort bien de quoi il parle (chose agréable que d'avoir un historien à la barre). 

Côté personnage (j'avais dis que j'y reviendrais), j'ai grandement apprécié revoir Saxhäuser sur le devant de la scène. Il m'avait quelque peu manqué dans le tome deux. J'apprécie toujours l'espion allemand malgré son caractère un peu trop james bondesque parfois. On retrouve aussi Erchingen et Rourke, ainsi que quelques secondaires comme Maud Alten (qui ne fait pas grand chose au final). Côté américain, on trouve des petits nouveaux qui je l'espère resteront encore un moment. D'ailleurs, j'ai bien aimé l'équipe américaine, mélange de scientifique ayant tous quelque chose à se reprocher (histoire de pouvoir les faire chanter un peu) et de divers membres des organisations spéciale (FBI, CIA et j'en passe) des USA. Un groupe hétéroclite qui fonctionne pas trop mal en soi et qui offre des moments de détente bien sympa aussi. Quant aux personnages historiques, nous voyons beaucoup les allemands et plus particulier Heydrich (et ce n'est pas pour rien...).

Finalement, comme pour les autres tomes des Origines, je me suis régalée à lire ce tome (le plus long des trois pour l'instant d'ailleurs). Je continue à m'extasier sur les connaissances historiques de l'auteur et la manière dont il réussit à les mettre en valeur sans jouer au prof d'histoire. J'apprécie toujours autant les flashbacks (quoique j'en ai trouvé de moins pertinents que d'habitude) et cette façon de sauter d'une date à l'autre sans pourtant perdre le lecteur. Et puis, l'histoire en elle-même m'a happé. Et même si j'aurait peut-être apprécié de voir ailleurs que dans la vallée du petit Zab (le guatemala aurait pu être sympa aussi peut-être ?), revenir un peu sur les origines de tout cela ne m'a pas fait de mal, surtout juste avant le dernier roman de la série. Bref, un bon tome pour une série qui l'est tout autant. Vivement la suite.

dimanche 13 août 2017

Labyrinthe, Kate Mosse

Ce livre appartient à ma maman et cela faisait un moment que j'avais envie de le lire. Faut dire que rien que de lire dans la même phrase Carcassonne, le Graal et les Cathares, il avait de quoi me plaire. Et puis, je trouve que l'été est toujours une bonne période pour un roman mélange historique et enquête.

Labyrinthe, Kate Mosse

Editeur: JC Lattès
Collection : /
Année de parution : 2006
Titre en VO : Labyrinth
Année de parution en VO : 2005
Nombre de pages : 592

A lire si :
- Vous aimez les romans historiques
- Vous aimez aussi lorsque l'historique et le contemporain se mélangent
- Vous voulez découvrir un bout de l'histoire Cathare

A ne pas lire si :
- Vous voulez que ça aille vite
- Vous vous attendez à un thriller bien angoissant.

Présentation de l'éditeur :

Juillet 1209 : Dans la cité de Carcassonne, Alaïs, jeune fille de 17 ans reçoit de son père un manuscrit qui, prétend-il, recèle le secret du véritable Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection. Elle doit, au prix d’une foi inébranlable et de grands sacrifices, préserver le secret du labyrinthe, secret issu des sables de l’ancienne Egypte voilà plusieurs milliers d’années. 
Juillet 2005 : Lors de fouilles archéologiques aux environs de Carcassonne, Alice Tanner, trébuche sur deux squelettes. Dans la grotte où gisent ces ossements, elle découvre un langage ancien, mais qu’il lui semble possible de déchiffrer, gravé dans la roche. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’événements terrifiants. Son destin est désormais lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant.

Mon avis

J'adore la ville de Carcassonne qui se trouve à quelques une heure et demie de route de chez moi. C'est un endroit où j'aime me promener, que je redécouvre à chaque fois. Je garde encore un très bon souvenir de ma visite du château comtal d'ailleurs. il faudrait que j'y retourne pour la faire découvrir à mon mari et à ma fille. Et puis, ça fait un moment que je n'y suis pas allée. Alors, pour me permettre de patienter avant septembre (la meilleure saison pour y aller pour moi, moins de monde mais aussi moins de chaleur), je me suis plongée dans ce livre.

Le roman commence en 2005, lors de fouille archéologique. Alice découvre par hasard une grotte mystérieuse où est gravé un labyrinthe. Sans le savoir, elle vient de poser l'une des dernières pièces d'un mystère vieux de plusieurs millénaires. Car cette grotte et ce qui s'y cache sont l'objet de toutes les convoitises. Mais pour mieux comprendre ce qu'il s'y cache, l'auteure nous embarque en 1209, à peine un peu avant les croisades menées en pays d'Oc. Là, nous allons suivre Alaïs, fille de l'intendant de la cité de Carcassonne. A dix-sept, la jeune femme va découvrir elle aussi le secret qui sera plus tard cachée dans la fameuse grotte. 

J'apprécie généralement les doubles lignes temporelles. J'aime d'ailleurs lorsqu'elles se mêlent de manière intelligente. Ici, l'auteure a choisi une sorte de "réincarnation", du moins de lien entre les deux héroïnes (je n'en dirais pas plus pour ne pas trop spoiler)(même si on comprend la chose assez rapidement). Un choix pas forcément inédit, mais plutôt intéressant quand bien foutu. Est-ce le cas ? Oui et non. Disons que je m'attendais à un peu mieux, pas juste de simple réminiscence ou rêves de la part d'Alice. Surtout qu'elle ne se pose pas trop de question sur le pourquoi du comment (jamais vu une héroïne qui se laisse porter par les évènements à ce point, fonçant tête basse sans réfléchir la moindre seconde).

Si la double ligne temporelle est bien sympa (mais n'importe au final pas grand chose de plus, la seule ligne moyen-âge aurait très bien pu être la seule à mon avis), il y a eu certaines choses qui m'ont un peu découragé au début du roman (et pas seulement le binge-watching de Sense 8...). D'abord la lenteur de la mise en place. Kate Mosse est amoureuse de la cité de Carcassonne, elle y a d'ailleurs une maison. Et autant le dire que cela se sent. Les descriptions de la cité sont bien là et bien longues aussi. Alors, oui, c'est intéressant, oui, ça nous plonge dans l'ambiance moyenâgeuse mais que c'est long. Personnellement, cela a même failli me faire abandonner le livre. Arrivée au tiers de celui-ci, l'histoire n'avait toujours pas réellement avancée. Finalement, j'ai tenu le coup, et ça a commencé à aller un peu mieux vers la moitié du livre (le dernier quart allant du coup on peu trop rapidement par contre).

Autre chose qui m'a un peu dérangé, les personnages. Les deux héroïnes, Alaïs et Alice sont très semblables et finalement assez plates toutes les deux. Comme je le disais, elles se laissent un peu trop porter par les évènements. Si Alaïs est un peu plus combative, elle n'en reste pas moins un personnage assez ennuyeux à suivre. Quant à Alice, elle aurait pu être tellement mieux... Heureusement, les secondaires sont là pour mettre un peu de piment dans tout cela. Mais ils manquent de profondeur eux-aussi. Sur un roman aussi long, je me serais attendue à mieux. Par contre, un personnage que j'ai presque apprécié (et pas seulement pour son prénom), c'est Oriane, la méchante de la partie moyen-âge. Bien qu'ultra stéréotypée, elle a ce petit plus qui fait que chaque apparition est presque palpitante. 

Reste enfin l'histoire en elle-même. Mélangé quête du Graal et Cathare était une bonne idée, je trouve. Les deux sont aussi mystérieux l'un que l'autre. Il est dommage que le roman soit finalement trop linéaire et surtout trop prévisible (et cette fin est trop conventionnelle et happy end à mon goût). Par contre, j'ai appris certaines choses sur les cathares et les croisades que je trouvent particulièrement passionnantes. Sur les recherches historique, l'auteure ne sait pas foutue de son lecteur. 

Au final, je suis assez déçue de cette enquête historico-ésotérique. Ce qui aurait pu être un très bon roman pèche par sa lenteur et ses personnages peu dévellopés. C'est bien dommage car il aurait pu être bien plus passionnant que ce qu'il l'est. Il avait de très bonnes idées mais elles sont un peu gâchés par le reste. Bref, une lecture en demie-teinte, vu que je ne peux pas dire que je n'ai pas tout aimé. 

mercredi 9 août 2017

Un cheval dans la salle de bain, Dirck Gently, Détective Holistique tome 1, Douglas Adams

J'ai découvert il y a peu la série Dirk Gently produite par BBC America et disponible chez nous sur Netflix. C'est en voyant le "d'après Douglas Adams" que j'ai fait le rapprochement avec l'auteur du Guide du Voyageur Galactique. Comme j'ai bien aimé la série TV, et qu'un ami m'a filé le premier tome de la série littéraire, je me suis dis pourquoi pas.

Un cheval dans la salle de bain, Dirk Gently, Détective Holistique tome 1, Douglas Adams

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2003
Titre en Vo : Dirk Gently's Holistic Detective Agency
Année de parution en VO : 1987
Nombre de pages: 375

A lire si :
- Vous aimez le non-sens
- Vous n'avez pas peur d'être perdu entre personnages et lieux
- Vous voulez une enquête qui n'en est pas vraiment une du moins par sa forme.

A ne pas lire si :
- Vous voulez de la cohérence partout

Présentation de l'éditeur :

De Sherlock Holmes à Philip Marlowe, il existe une longue tradition de détectives privés brillants, astucieux, à qui on ne la fait pas. Malheureusement, Dirk Gently n'en fait pas partie. Plus intéressé par la télékinésie, la physique quantique et les pizzas froides que par la chasse minutieuse aux indices, Dirk Gently emploie pour ses enquêtes des méthodes, disons... particulières, avec des résultats, disons... inattendus. Dirk Gently est un détective holistique. Chargé - sans fierté excessive - de retrouver un chat disparu, Gently va être confronté à un fantôme ahuri, un voyageur temporel, un secret dévastateur plus ancien que l'humanité et qui menace de la mener à une fin prématurée... et à un cheval, qui trône nonchalamment dans une salle de bains. En plus, le petit chat est mort.

Mon avis

Douglas Adams est un auteur dont je ne sais généralement que penser. Il est l'un de ces auteurs anglais qui manie à la perfection l'humour et le non-sens mais dont les histoires ont parfois du mal à me toucher (et cela même si je n'ai lu que les 3 premiers tomes de H2G2, qui m'ont semblé parfaitement inégal à cause de cela). Mais comme je le disais, un copain m'a refilé ce livre (et la suite de H2G2 aussi d'ailleurs) et j'ai vraiment adoré la série de 2016. Alors je me suis dit pourquoi pas. Surtout que j'avais bien besoin d'une lecture fraiche comme ça ces derniers temps.

J'aurais bien du mal à vous parler de l'histoire en elle-même tant elle part dans tous les sens. Je crois qu'Adams avait juste envie de se faire bien plaisir en y mettant un peu tout et n'importe quoi. Un tout et n'importe quoi qui pourtant ne l'est pas tant que ça. Douglas Adams a mélangé un certain nombre de genre pour réussir à créer une presque parfaite enquête policière. Et pourtant, cela ne semblait pas gagner du tout au départ.

L'interêt du roman, outre son humour, ce sont ses personnages. Et malheureusement, j'ai eu un peu de mal avec certain. Comme Richard, héros sans le savoir de ce premier tome. Enfin, héros... Disons que je n'apprécie que peu les personnages qui se laissent porter par les évènements, ce qui est son cas. Heureusement, Dirk Gently, qui n'apparait que plus tard, a eu toute mon attention. J'ai tout simplement adoré ce personnage qui semble tellement mais tellement à côté de la réalité. Là où Richard est pragmatique, lui est complètement hors réalité. Ses conversations sont juste énormes tant elle semble surréaliste. Il en va de même avec le professeur Reg Chronotis, vieil homme qui ne se souvient pas de tout et qui se répète bien souvent. J'ai vraiment aimé les personnages un peu loufoques de l'histoire, bien moins les plus pragmatiques. 

Et malheureusement il en va de même sur tout le livre. A chaque fois qu'on perd l'aspect humoristique, j'ai décroché du livre. Parce que ces moments-là sont particulièrement lent. Du moins, c'est l'impression que j'ai eu. De même, toute l'histoire du moine électrique, bien qu'amusante, m'a presque semblé de trop. Et c'est là quelque chose qui m'arrive souvent avec Douglas Adams, il en fait parfois trop (une impression que j'ai d'ailleurs retrouvé dans la série TV). Du coup, l'histoire en souffre pour moi. 

Il est amusant de lire les lignes d'Adams. J'ai passé un bon moment avec ce premier tome des aventures de Dirk Gently. Mais j'aurais aimé moins de longueur, plus de Dirk aussi. J'ai apprécié les réflexion sur l'absurdité du domaine informatique, celles sur la mort (qui se rapprocheraient presque  de Pratchett) ou encore l'importance de la musique. J'ai moins aimé pas mal de passage trop "sérieux" par rapport au reste, tout comme les longueurs (le monologue de Gordon au répondeur de sa soeur est parfaitement soporifique...). Finalement, c'est donc une lecture un peu en demie teinte, agréable à lire la plupart du temps mais parfois trop longue.

Pour finir, un petit mot sur la série ? Elle ressemble au livre tout en étant bien différente. Je l'ai trouvé bien plus déjantée, plus drôle aussi. La personnalité de Dirk est bien la même mais tout le reste est différent. L'histoire de Dirk a été entièrement revu, je suppose pour plaire un peu plus à un public plus jeune. Malgré les différences, l'esprit du roman est tout de même bien là. On retrouve Dirk, un compagnon qui se laisse un peu porter par ce qui lui arrive, du voyage dans le temps et ce côté un peu absurde du nonsense anglais. Après, est-ce que j'ai préféré le livre à la série ? Et bien, disons que j'ai trouvé dans les deux de quoi me plaire. Je ne saurais les départager.

lundi 24 juillet 2017

Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes

Et voilà, j'entame la trilogie de Virginie Despentes qui fait tant parler d'elle. C'est appréciable d'ailleurs parce que du coup, on entend plus souvent madame Despentes et que j'apprécie ce qu'elle a à dire la plupart du temps. Et puis, ce Vernon Subutex, autant dire qu'il m'intriguait beaucoup, comme un peu tout les livres de l'autrice.

Vernon Subutex, Tome 1, Virginie Despentes

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 432

A lire si : 
- Vous voulez une sorte de cartographie des parisiens
- Vous aimez les romans à plusieurs voix

A ne pas lire si : 
- Vous cherchez le trash des premiers romans de Despentes

Présentation de l'éditeur : 

QUI EST VERNON SUBUTEX ?
Une légende urbaine.
Un ange déchu.
Un disparu qui ne cesse de resurgir.
Le détenteur d’un secret.
Le dernier témoin d’un monde disparu.
L’ultime visage de notre comédie inhumaine.
Notre fantôme à tous.

Mon avis

Virginie Despentes est connue pour un côté trash qui tend non pas à disparaître, mais plutôt à être plus maîtrisé. Disons que la colère de l'autrice me semble plus contenue, toujours là, mais contenue. On appelle ça la maturité chez certain, et j'aurais presque tendance à dire que pour Virginie Despentes, c'est bien cela, du moins dans sa manière d'écrire.Vernon Subutex n'est pas un livre à part dans son oeuvre. Apocalypse Bébé en été même, pour moi, une sorte de précurseur. C'est dans ce roman-là qu'elle a commencé à utiliser plusieurs voix pour parfaire son récit. Surement pas pour rien d'ailleurs que l'on retrouve dans Vernon l'un des personnages d'Apocalypse Bébé. Mais revenons au roman.

Alex Bleach, chanteur de rock, s'est suicidé. Avec lui part le loyer qu'il payait par amitié à Vernon Subutex, le disquaire qui lui a permis de découvrir la musique. Un Vernon qui a dut fermer boutique depuis un moment, qui n'a pas retrouvé de boulot et qui soudain, se retrouve à la rue, dans l'incapacité de payer son loyer. Vernon décide alors de squatter les lits et canapés de ses amis (anciens comme nouveaux), en inventa comme prétexte de revenir sur Paris après un passage à Québec. Tandis qu'il va de copains en copains, nous allons découvrir les portraits de ses parisiens qui ont pour point commun soit Vernon soit Alex Bleach.

Virginie Despentes essaie de "cartographier" la population parisienne et je suppose qu'elle y arrive pas mal (je ne suis pas parisienne, il y a des choses dans son roman qui me semble parfois carrément surréaliste pour la provenciale que je suis). Elle s'attaque, si je puis dite, à tous les niveaux, toutes les classes sociales. Et elle fait ça plutôt pas mal. Si j'avais trouvé dans Apocalypse Bébé (oui on y revient souvent à celui-ci, mais faut dire qu'ils se ressemblent assez dans la bibliographie de l'autrice) qu'il y avait trop de stéréotypes, je les trouve bien mieux gérés ici. Oui, nous en trouvons toujours (la bourgeoise qui pète littéralement son câble après s'être fait des films et s'être fait largué, le traders qui vit à cent à l'heure entre bonne affaire, drogue et baise...) mais par contre, on trouve aussi pas mal de personnages qu'on n'a pas l'habitude de voir et qui même si parfois, ils sont un peu clichés, ils permettent d'offrir de la visibilité.

Sur la dizaine si ce n'est plus de personnages que l'on va découvrir au fur et à mesure de l'avancée de la nouvelle vie de Vernon, il y a vraiment des personnages géniaux. On retrouve quelques LGBT, plus particulièrement lesbienne et trans. Et elle les traite parfaitement ces personnages-là, elle ne va pas dans le bon vieux cliché (même la Hyène est plus en nuance par rapport à Apocalypse Bébé). On sent l'authenticité dans ces personnages-là. Et ça fait du bien. Et ils ne sont pas les seuls comme ça.  

Et ce que j'ai particulièrement apprécié c'est vraiment le mélange de personnalités, les riches, les pauvres, les gens "normaux", les ex stars du X, les de gauche, les de droites, les des extrêmes et j'en passe. Vraiment, on croise de tout dans ce Vernon. Surtout qu'il est agréable de voir qu'elle les traite tous de manière presque égale. C'est à dire que même ceux qu'elle ne doit sûrement pas supporter, elle arrive à les rendre moins nauséabond que ce qu'ils sont. On sent bien l'ironie sous les descriptions, mais en même temps, on s'y attacherait presque.

Virginie Despentes a donc réussi avec ce premier tome une belle fresque de ce qu'on peut retrouver comme parisiens à notre époque. Elle le fait d'ailleurs avec une certaine douceur, loin de la colère de ses débuts. Une colère qui revient pourtant au fur et à mesure des pages mais qui n'explose pas autant. On retrouve aussi des moments un peu plus "trash" même si justement trash n'est pas le mot. Disons que lorsque ça parle sexe, l'autrice ne fait pas toujours dans la dentelle. 

Au final, c'est une fresque vraiment intéressante que nous lisons avec ce premier tome. Intéressante par son côté très humain et réaliste.  Et puis, il y a cette écriture, vive, colèrique et en même temps douce, bienveillante même parfois. Bref, une réussite qui je l'espère continuera avec les deux tomes suivants.

vendredi 21 juillet 2017

C'est pour ton bien, Cindy Costes

Je ne sais plus trop comment cette nouvelle est arrivée dans ma PAL numérique (tellement de bouquin là-dedans que si je devais me souvenir du pourquoi pour tous...). N'empêche, elle a dut me tilter à un moment donné. Et du coup, comme j'avais envie d'une lecture rapide, c'est tombé sur elle. Puis j'aime bien la couverture

C'est pour ton bien, Cindy Costes

Editeur : Autoédition
Collection : /
Année de parution : 2016
Format : epub

 A lire si :
- Vous voulez une lecture rapide (une vingtaine de page en gros)
- Vous aimez les moments de vie

A ne pas lire si :
- Vous voulez du long
- Vous aimez avoir un background.

Présentation de l'auteur :

Laetitia est une jeune femme d'aujourd'hui, une battante. Bien entourée par ses collègues, sa meilleure amie et sa mère....
Bien entourée ? Oui... effectivement, tous sont là pour la conseiller, la pousser à prendre les bonnes décisions que ce soit dans la vie amoureuse ou professionnelle.
Mais finalement, qui sont-ils pour juger et dire « ce qui est bon » ?
Avec une écriture mature, pleine de tendresse pour son personnage principale, Cindy Costes nous offre une tranche de vie, parfois douloureuse mais belle et lucide....

Mon avis

Imaginez-vous mère célibataire, travailleuse un peu trop acharnée, ayant à peine rompue avec son copain, lui-même dépressif. C'est ce qu'il se passe dans la vie de Laeti en ce moment. Or, si elle arrive à tout mener de front, il semble que cela ne soit pas l'avis de sa meilleure amie, Gaby et de sa mère. Les deux femmes veulent à tout prix chapeauter sa vie, l'incitant à changer de boulot par exemple. Le tout pour son propre bien. Et elle laisse faire, parce qu'elle n'a pas envie de se prendre la tête, parce que peut-être aussi que ça lui va pas trop mal comme situation. Situation qu'on est beaucoup à avoir connu, je suppose. Mais voilà, elle découvre qu'elle est enceinte. Et là, pas mal de chose vont changer pour elle. Parce que Gaby ne lui donne pas le choix. C'est pour son bien, elle travaille dur, elle n'a pas de mec, alors, elle va avorter. Point. D'ailleurs, elle lui prend même un rendez-vous pour ça. J'ai envie de dire "super la copine quand même...".

La nouvelle est courte, pas forcément sans défaut mais elle tape plutôt bien. On se reconnait pas mal en Laeti qui a somme toute une vie normale. Les amis trop envahissants, les mères qui continuent à diriger notre vie... C'est l'une des forces de la nouvelle d'ailleurs, ce personnage de "madame tout le monde" qui soudain va se rebeller. Pour elle, se sera parce qu'elle est enceinte et que non, elle n'a pas envie de suivre le choix que l'on veut faire pour elle. J'ai apprécié d'ailleurs qu'elle ne parte pas bille en tête juste pour être en rébellion. Une petite discussion avec la gynécologue sur le choix qui est intéressante bien que courte et hop, voilà notre Laetitia qui prend sa décision pour son bien à elle en son âme et conscience.

La nouvelle est agréable à lire, surtout qu'on arrive facilement à s'identifier à la jeune femme. Le style est fluide, n'en fait pas trop. On s'immerge rapidement et si la nouvelle est sans surprise, elle permet de passer un moment sympathique. Après, n'attendez rien de foufou ou de vraiment surprenant hein, ce n'est pas vraiment le but, il me semble. 


jeudi 20 juillet 2017

Scumland, Absinthe Pandemos

Vous allez finir par croire que je suis payée par Walrus pour faire des avis sur leurs livres. Et bien pas du tout, juste que quand on aime, on ne compte pas, surtout avec une OPMORSE qui m'a permis de me plonger dans les pulps qui m’intéressaient depuis un moment. Bref, depuis que j'ai découvert la maison d'édition numérique (en 2013), je n'ai jamais été déçue par mes lectures. Eux et moi, on se comprend parfaitement. Et ce n'est pas ce Scumland qui va me faire changer d'avis !

Scumland, Absinthe Pandemos

Editeur : Walrus
Collection : Pulp
Année de parution : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez du saignant
- Vous voulez de la misandrie

A ne pas lire si :
- Vous êtes un gros macho qui ne comprend pas toujours le second degrés et qui se prend la tête pour un rien
- Vous voulez une petite histoire mêmère

Présentation de l'éditeur :

La nature est hostile en dehors des cités, mais la société se porte mieux depuis la révolution misandre : désormais, devenir un esclave castré est ce qui peut arriver de mieux à un « chamallo » (Cisgenre Hetero Male Low Life). Traqués dans les jungles qui bordent les villes, les mâles sont ramenés à leur condition de matière première et servent de cobayes à des expériences souvent sanglantes et rarement pratiquées sous anesthésie. Ainsi exploités, ils contribuent à la survie de l’espèce… et grâce à la technomagie, on n’en perd plus une goutte !
Flora et Maddy sont deux traqueuses bien décidées à aider le SCUM — l’élite des tueuses professionnelles — à mettre la main sur un chamallo errant repéré aux abords de la cité. Armées de leurs machettes et d’une bonne dose de rage, elles enfourchent leurs motos et partent en chasse dans les ruines du vieux monde.

Mon avis

Au fur et à mesure de mes lectures, je me rends compte que je porte un intérêt grandissant pour les thèmes féministes et pour les personnages féminins qui ne sont pas de potentielles "princesse à sauver par un chevalier blanc alors qu'elles auraient pu être bien plus badass que ça".  Alors lorsque je vois un livre comme Scumland, autant le dire, je me jette dessus. Rien que la quatrième de couverture me donnait l'eau à la bouche et cela s'en parler de cette magnifique couverture (comme toutes celles de la collection pulp d'ailleurs). Je le savais Scumland et moi, on était fait pour bien s'entendre. Mon côté féministe parle beaucoup et comme je l'écoute beaucoup, je n'allais pas faire une impasse sur le roman.

Scumland nous plonge dans un monde misandre. Pour les personnes dans le fond qui ne savent pas voici une définition de misandre : Qui éprouve du mépris, voire de la haine, pour le sexe masculin ; qui témoigne de ce mépris (merci Larousse). La société créée après une apocalypse (laquelle, on ne sait pas) est une société féministe et féminine qui se base pas mal sur le SCUM Manifesto de Valérie Solanas (oui, j'ai fait des recherches et on peut le trouver ). Alors du coup, vu le dit manifeste, le roman allait être bien violent, surtout pour les hommes. Et je n'avais pas tord du tout.

Parce que de la violence, il y a en et pas qu'un peu. Rien que les premières pages risquent de faire mal à ces messieurs et réjouir toutes les femmes qui ont pu ou se sentent encore opprimées. Vient ensuite une partie plus calme, où l'on découvre le traitement réservé aux chamallos (aux hommes (enfin aux cisgenre male quoi)) grâce à la technomagie mais aussi le fonctionnement de la société misandre. Une société qui a banni tous ce qui pouvait être masculin (le travail, l'argent par exemple) et qui surtout oppressé les femmes à notre époque. Alors, ça risque pour certain d'avoir l'air totalement surréaliste, malheureusement, ce n'est pas tant le cas que ça. Disons que la plupart des femmes vont parfaitement comprendre le discours de cette société et qu'un certain nombre d'autres personnes vont crier à la misandrie et se plaindre. Bref, les bons machos vont nous lâcher de belles male tears.  Après la dite partie calme, on passe à la chasse aux chamallos et au retour de la violence. Et là aussi, nous allons avoir des male tears. 

Mais la violence n'est pas le point central du roman, juste ce qui le place finalement dans la collection pulp de Walrus. On y trouve plein de chose qui font réfléchir la bébé féministe que je suis. Et c'est là que personnellement j'ai trouvé tout l'interet du bouquin. Oui, le féminisme sur lequel il s’appuie est clairement anti-hommes, mais il me semble que l'auteure joue justement sur cela pour ouvrir un peu les consciences. Du coup, on se divertit beaucoup et en plus de ça, on réfléchit aussi. 

Au final, je l'ai bien aimé ce Scumland. Les personnages sont pas forcément ultra développés mais elles sont plaisantes à suivre, l'univers m'a fait bien plaisir et ça se lit facilement (à condition par contre de connaitre deux trois trucs sur le genre, le féminisme mais franchement, suffit de traîner un peu sur twitter ou pas loin de féministes pour les comprendre et sinon y a google au pire). Un livre bien sympathique et qui donne à la femme un rôle à sa hauteur (celle de personne qui n'a pas besoin d'un mec pour déboîter grave)(je raconte pas comme ça fait du bien ce genre de personnage hein). Bref, c'est du pulp, c'est du Walrus, c'est du bon. Et je m'en vais voir si je peux pas trouver d'autres livres (roman ou nouvelles) d'Absinthe Pandemos de ce pas.