mercredi 13 juin 2018

Tortues à l'infini, John Green

Le dernier Green ne me laissait pas totalement indifférente sans pour autant m'attirer. Disons que si j'ai adoré Nos étoiles contraires (dont finalement, je préfére l'adaption)(chose tellement rare chez moi que ça mérite d'être dit), la Face cachée de Margo m'avait plus mais finalement pas tant que ça (avec le recul, je m'en rends un peu plus compte que lorsque j'ai écrit l'avis). Et puis, il a attéri dans ma PAL, alors autant le lire.

Tortues à l'infini, John Green

Editeur : Gallimard
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : Turtles All The Way Down
Année de parution en VO : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le Young-Adult
- Vous voulez une histoire finalement assez mignonne

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête

Présentation de l'éditeur : 

Aza, seize ans, n'avait pas l'intention de tenter de résoudre l'énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l'enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis.
Aza essaye d'être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles.
Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

Mon avis

J'avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour cet avis. J'ai plein de choses qui me viennent en tête. Le livre est mignon, l'héroïne plutôt sympathique dans son genre mais je m'attendais à mieux, à autre chose, je dirais. En fait, je ne sais pas trop. Tortues à l'infini n'est pas un mauvais livre, mais il n'est pas bon non plus. En fait, plus je lis de Young-Adult (et plus particulièrement les recommandations de Cindy Van Wilder sur Twitter et les auteurs français), plus je trouve que les "stars" de ce genre ne me font pas rêver avec leurs romans. Disons aussi qu'à mon âge, je ne cherche pas forcément ce qui va faire rêver la midinette de quinze-seize ans, mais un vrai discours derrière l'histoire.

Tortues à l'infini a un vrai discours, je ne dis pas le contraire. Il nous parle des TOCs (trouble obsessionnel convulsif), de la manière dont il affecte la vie d'Aza, l'héroïne du roman, de la perte d'un être cher (ici, le père), de l'amitié aussi. Il le fait à la manière de John Green, sans trop en faire mais sans non plus entrer dans les détails. Mais avant de parler de ce que j'aurais voulu voir et qui finalement me chiffonne un peu, parlons du roman.

Aza Holmes a seize ans, vit avec sa mère, souffre de pensées intrusives. Sans ses problèmes de santé, elle serait presque une jeune fille normale. Elle a son tout petit groupe d'amis, dont Daisy, autrice de fan-fiction sur Star Wars et Mychal, futur artiste. Jusque là, si on omet qu'elle se perd souvent dans des pensées dévastatrices pour elle, tout va bien. Jusqu'au jour où un homme d'affaire milliardaire disparaît. Daisy se met en tête de récupérer la récompense pour quiconque aura des infos et envoie Aza, sa meilleure amie, renouer avec Davis, le fils du milliardaire. Aza se fait un peu prier et puis finalement, elle va se laisser convaincre, et va commencer sa relation avec Davis. Oui, parce que c'est un peu le fond du sujet, bien plus que l'enquête pour retrouver le père du jeune homme (on n'y reviendra qu'à la fin). En fait, le fond du sujet, ce sont bien les relations qu'Aza a avec elle-même et les autres. On plonge dans les affres de l'adolescence avec les premiers amours, les premières grosses disputes entre amis et j'en passe. Et puis, dans tout ça, il y a la maladie d'Aza qui vient encore un peu tout compliqué.

Alors, oui, c'est toujours mignon les premiers amours. Oui, les héroïnes comme Aza ne sont pas très fréquentes et pour les personnes ayant des troubles comme elle, c'est plutôt cool de pouvoir lire son point de vue (même si je le trouve trop peu explicite, enfin, je sais pas trop comme dire ça, disons que Green a voulu la rentre toujours plus sympathique là où il aurait pu nous montrer un peu plus ce qu'elle ressent). Mais il manque deux trois choses pour moi. On y va ?

Déjà, on nous vent une enquête qui n'est pas là, ne sert que de prétexte pour mettre Aza en relation avec Davis. En fait, ça m'a un peu chiffonner de passer la première partie du roman à chercher ce qu'il a pu arriver à Pickett puis de l'oublier complètement parce qu'Aza se met en "couple" avec Davis. Ensuite, Aza a une maladie mentale (qui n'est jamais nommé d'ailleurs) mais elle ne sert finalement là aussi que de prétexte pour mettre en scène les personnages. Comme je le disais, c'est cool d'avoir ce genre de personnage-là mais j'aurais aimé qu'on entre plus dans le vif de ce sujet-là. Et enfin, il y a aussi les discours que tiennent tous ces jeunes de seize ans qui semblent en avoir souvent vingt de plus. Je veux bien qu'on puisse être mature, mais là, c'est un peu trop. Du coup, on perd tout de même pas mal de fraîcheur. Enfin, un dernier défaut pour moi, qui vient, il faut le dire, de mes précédentes lectures. Où est la diversité ? Green évolue dans un monde entière blanc et hétéros. Je n'ai rien contre mais ça m'a fait un peu étrange. C'est qu'on s'habitue vite à avoir des personnages plus diversifiés. J'ai eu l'impression de revoir les mêmes personnages que dans la Face cachée ou Nos étoiles contraires. A vrai dire, j'ai presque eu l'impression de lire la même histoire que dans les deux autres et ça, ça fait un peu mal. 

Au final, je ne me suis pas ennuyée en lisant le livre mais je n'ai pas non plus était emportée comme j'avais pu l'être par Nos étoiles contraires. Je n'ai pas vraiment ressenti d'émotion à ma lecture. J'ai bien aimé Aza, Daisy (quel dommage finalement qu'on ne la voit pas plus que ça, elle est pétillante à souhait) et Davis mais sans m'y accrocher plus que ça. Du coup, pour moi, c'est une petite déception alors qu'à vrai dire, je m'y attendais un peu (même problème de manque de profondeur que pour Margo et forcément ne sera jamais aussi  bien que nos étoiles). Ça se laisse lire mais ça ne reste pas. 

lundi 11 juin 2018

Salut, et encore merci pour le poisson, H2G2, tome 4, Douglas Adams

Il y a des séries, tu penses que tu les as arrêté depuis un moment et puis, elle te tombe dessus sans crier gare. H2G2 en fait partie. Trois ans après avoir lu le tome 3, me voilà à lire le 4 sans passer par la case relecture (ce qui n'est finalement pas bien grave d'ailleurs)(et en plus, je change de format, passant du papier à la liseuse, tout est permis maintenant).

Salut, et encore merci pour le poisson, H2G2, tome 4, Douglas Adams

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2010
Titre en VO : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy, book 4 : So long, and thank for the fish
Année de parution en VO : 1994
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez l'humour et le nonsense
- Vous aimez Pratchett et que vous voulez lire un truc qui y ressemble mais en SF

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup d'action qui saigne

Présentation de l'éditeur : 

Plus bas que Terre ! Ayant - plus ou moins - survécu à son édifiante promenade cosmico-temporelle, le pauvre Arthur Accroc savoure l'indicible plaisir de fouler à nouveau le sol de sa planète natale. Une planète jadis détruite par les terribles Vogons, sous le prétexte fallacieux de laisser passer une autoroute intergalactique... Pas de panique ! Car l'universellement exhaustif Guide galactique saura sans doute répondre à cet étrange paradoxe. Et peut-être élucidera-t-il un mystère plus angoissant encore : pourquoi les dauphins ont-ils disparu, laissant pour ultime message un laconique Salut, et encore merci pour le poisson ?

Mon avis

Comme je le disais, voilà trois ans que je n'avais pas mis le nez dans le Guide du Voyageur Galactique. Ce n'était pas tant que ça me manquait, je m'étais même mis en tête de ne pas forcément finir la saga (qui est toujours un peu en dent de scie avec moi, je n'apprécie pas tous les tomes et même dans ceux que j'ai apprécié, je trouve des défauts). Et puis, il a fait partie du petit lot d'epub qu'on se prête entre collègue de travail alors, bon, autant le lire, hein.

Salut et encore merci pour le poisson me semble un peu à part par rapport au trois tomes précédents. Déjà parce qu'Arthur en est presque le seul personnage de ceux que nous connaissons jusqu'à maintenant. Zaphod et Trillian n'apparaissent pas du tout, Ford a un ou deux chapitres pour lui et Marvin n'est là qu'à la fin. Si Marvin me manque toujours autant, pour les deux premiers, ce n'était pas un mal (Zaphod n'est pas un personnage que j'adore et Trillian m'exaspère souvent). Quant à Ford, ces apparitions sont tellement étranges que je ne sais qu'en dire. Mais revenons à Arthur, puisqu'il est le héros incontestable (enfin, héros...) de cette aventure.

Arthur revient sur Terre. Une Terre qui a bien explosé à un moment donné mais qui pourtant est toujours là. Du coup, il reprend sa petite vie tranquille, ou du moins essaie. Et finalement, il y arrive pas trop mal jusqu'à ce qu'il rencontre Fenchurch, charmante jeune femme dont il tombe amoureux. La jeune femme ne se sent pas à sa place depuis un bon moment, sans trop savoir pourquoi. Tandis que leur histoire d'amour se développe, ils partent à la recherche de ce qu'il est arrivé aux dauphins, disparus depuis le jour de l'explosion de la Terre (qui du coup n'a pas eu lieu).

Le livre se démarque des trois autres par son histoire d'amour. C'est marrant d'ailleurs, je ne voyais pas ce genre de romance dans un tome de H2G2, du moins pas un truc aussi mignon. Oui, c'est mignon parce qu'Arthur reste Arthur, toujours aussi maladroit et typiquement anglais et que Fenchurch est un personnage rafraîchissant qui va parfaitement avec l'univers mis en place par Douglas Adams. Un univers qu'on oublie parfois un peu mais qui vient toujours se rappeler à nous de manière parfois un peu violente (les premiers passage de Ford par exemple). Le seul problème c'est que justement, on en oublie un peu le fils conducteur de l'histoire. Du coup, sans forcément être perdu, parfois, on se demande ce qu'on fait là. L'histoire est lente à se mettre en place (ce qui n'est pas le cas de la romance) et il faut attendre les derniers chapitres pour se souvenir de ce qu'on cherche vraiment (enfin, disons pour retrouver le lien avec le bocal à poisson et son message). 

Malgré sa lenteur, je me suis pourtant bien amusée à lire ce tome quatre. L'humour de Douglas Adams est toujours bien là. Il est peut-être un peu moins marrant mais reste tout aussi barré que les trois précédents. En tout cas, il a sa place dans la série malgré le changement de "style" et le fait que finalement, on n'avance pas vraiment dans le truc (mais finalement, avance-t-on réellement à chaque tome ?)(non parce que en vrai, comme ça fait quand même un moment que j'ai lu le premier tome, je me sens un peu perdue). Bref, tout ça pour dire que j'ai pris plaisir à me replonger dans le Guide (ce qui n'était pas gagné, on va bien le dire, trois ans plus tard) et qu'il est de plus en plus probablement que je finisse enfin la saga (mes avis sur les tomes H2G2 me semblent de plus en plus déconstruit, c'est moi ou bien ?)

lundi 4 juin 2018

Ecriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Voilà un bon moment que je voulais lire ce petit livre sur l'écriture par monsieur Stephen King. Mais en même temps, j'avoue que je ne le cherchais pas beaucoup. Jusqu'à ce que je tombe sur lui il y a deux semaines. Il m'aurait fallu un tout petit peu plus qu'une journée pour le lire.

Ecriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2011
Titre en VO : On Writing : A Memoir of the Craft
Année de parution en VO : 2000
nombre de pages : 350

A lire :
- Vous voulez des conseils pas de recette miracle
- Vous voulez comment Stephen King est devenu Stephen King l'auteur à succès

A ne pas lire si : 
- Vous voulez la recette miracle pour devenir un best-seller (spoiler alert : ça n'existe pas)

Présentation de l'éditeur : 

Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l'un et l'autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l'écriture et la vie. Résultat : ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu'est l'inspiration. Une fois encore Stephen King montre qu'il est bien plus qu'un maître du thriller : un immense écrivain. La vie n est pas faite pour soutenir l'art. C'est tout le contraire.

Mon avis

Ecriture est un livre un peu hybride, entre l'autobiographie et l'essai sur l'écriture. A vrai dire, les deux sont finalement extrêmement liés puisqu'au lieu de donner la recette miracle, Stephen King va plutôt expliquer comment lui (et le lui est important dans tout ça) est devenu le romancier qu'il est. Je vais tout de même séparer l'avis en deux, une par partie.

La première partie se nommes C.V.. Et comme son nom l'indique, c'est la partie la plus autobiographique des deux. Stephen King retourne dans le passé pour nous expliquer comment il est devenu écrivain. Alors, oui, à part vous dire qu'il faut persévérer, cette partie n'est pas pleine de conseil. Elle reste tout de même passionnante pour qui apprécie l'auteur et qui veut comprendre d'où lui vient son amour pour le genre horrifique/thriller. Je dois bien dire que pour moi, la partie est aussi importante. King a commencé à écrire très jeune, influencé par ses lectures et par les films qu'il allait voir au cinéma. Pour tout dire, la partie C.V. nous parle finalement plus de "tout a pu lui venir l'inspiration" que de "ma vie de l'enfance à l'âge adulte". On se rend vite compte que le jeune King, ben, c'est un apprenti auteur comme les autres, qu'il n'y est pas arrivé d'un coup et qu'il lui a fallu bien des années pour en arriver là ou il est. Une belle leçon pour tout ce qui pense qu'être écrivain c'est ultra simple, suffit d'aligner des mots les uns après les autres. 

La seconde partie, Ecriture, est celle qui intéressera sûrement le plus les auteurs en devenir, les jeunes écrivains. Mais attention, ici, pas de recette miracle. King le répétera régulièrement, cela n'existe pas (et si vous avez déjà écrit un peu, vous le savez déjà). Il va nous donner des conseils, un peu dans le style vieux roublards parlant aux jeunes. En tant que jeune autrice, je dois bien dire que j'ai dévoré cette partie en prenant des notes le plus souvent possible. Les conseils de monsieur King sont connus de beaucoup (de moi aussi, hein) mais il ne fait pas de mal de les relire. On retrouve en premier le fameux "écrire beaucoup, lire beaucoup" mais pas que. En prenant des exemples dans ses propres livres mais aussi sur d'autres, ses conseils sont particulièrement vivants et surtout parlant (pour les dialogues par exemple). Alors, je ne vais pas vous faire un inventaire des conseils de King ici, je vous laisse lire le livre pour cela. Il n'empêche que pas un seul n'est dispensable au final et que même s'ils ne feront pas de vous le super auteur de best-seller qu'est Stephen King, ils vaut mieux les garder en tête.

Outre les conseils et l'autobiographie de King, j'ai clairement apprécié retrouvé la même plume que dans les romans de l'auteur. King ne nous prend pas pour des buses et nous parle franchement. Tiens, d'ailleurs, c'est un de ses conseils, ça, être franc, sincère avec son lecteur. On est assez loin de ce qu'on peut voir dans ce genre d'essai, une liste de point et son explication presque sans vie. Non, ici, on se penserait presque dans un roman un peu plus particulier que les autres.

Au final, j'ai vraiment apprécié cette lecture, et cela pour les deux parties. La première est vraiment sympathique à la fois pour les fans de King que pour les apprentis auteurs. Quant à la seconde, on s'en doute, elle est des plus instructives et permet vraiment à l'apprenti de réfléchir sur les conseils donnés et non de les appliquer bêtement(enfin, pour certain, si, pour d'autre non). Je dois bien dire que je compte garder ce petit livre non loin de moi lorsque j'écris (et plus particulièrement lorsque je corrige)(à l'inverse de King, je n'aime pas la partie relecture/correction). En tout cas, je le recommande vraiment.

vendredi 1 juin 2018

Le Dernier Continent, les Annales du Disque-Monde, tome 22, Terry Pratchett

Je n'ai pas lu de Pratchett depuis un bon moment (deux ans quand même). Et autant vous dire que l'humour de Sir Terry me manquait terriblement surtout qu'en ce moment, dans la vie, c'est pas tant la joie que ça. Alors, rien de mieux qu'une aventure de Rincevent et des mages pour éclairer un peu mon morne quotidien.

Le Dernier Continent, les Annales du Disque-Monde, tome 22, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2011
Titre en VO :  The Last Continent
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 397

A lire si :
- Vous aimez le personnage de Rincevent et les mages
- Vous voulez du dépaysement
- Vous aimez l'humour à l'anglaise

A ne pas lire si :
- Vous voulez qu'il arrive plein de malheur à Rincevent.
- Vous n'aimez pas les je-sais-tout

Présentation de l'éditeur :

Rincevent a trouvé le moyen de se perdre au milieu d'un désert, sur le Dernier continent du Disque-Monde... Il fait chaud, pas une goutte de pluie à l'horizon et la nature est hostile. Et puis, que lui veut ce kangourou bizarre qui parle ? Rincevent, pro de la fuite en toute circonstance est bien coincé. Et il ne sait pas encore que l'Université de l'Invisible le recherche d'urgence car la panique y est à son comble : le bibliothécaire est atteint d'une maladie étrange et ne peut plus assurer la garde des ouvrages de magie...

Mon avis

Il me semble que c'est le second tome que je critique ici avec pour héros (si on peut appeler ça un héros, nous sommes d'accord), Rincevent (le premier étant donc Tribulation d'un mage en Aurient). Rincevent, du moins les annales où il apparaît, ont toujours pour moi un petit gout d'appréhension. Disons que j'adore Rincevent en lui-même et que généralement, je n'aime pas ses aventures. C'est assez paradoxal, surtout que généralement dans les annales, lorsque je n'aime pas un personnage, je n'aime pas non plus ses aventures. Enfin bref, je commence déjà à m'égarer. Revenons à Rincevent.

Bon, ça fait un petit moment que j'ai lu les Tribulations, du coup, je ne me souviens plus trop de comment Rincevent est arrivé sur le dernier continent, XXXX (aussi nommé Quatrixs (mais pas ici, dans l'Atlas du Disque-monde, j'ai nommé Tout le Disque-Monde, dont il faudra que je vous parle un de ces jours quand je l'aurais fini) ou encore Iksiksiksiks). N'empêche que ça fait un moment qu'il y est et que rien ne va pour lui, comme d'habitude. Il passe son temps à fuir et à essayer de ne pas mourir, deux choses qu'il fait particulièrement bien (surement les seules d'ailleurs). Durant l'une des ses fuites, il va rencontrer un kangourou qui parle et qui lui annonce qu'il est une espèce de sauveur capable de faire tomber la pluie et donc de remettre de l'eau dans ce continent. Pendant ce temps, à l'Université de l'Invisble, les mages cherchent comment soigner le bibliothécaire avant que la Mort ne vienne le chercher et donc que l'un d'eux se voit dans l'obligation de prendre sa place parmi les livres. Pour eux, une seule solution, retrouvé Rincevent, capable de leur donner le vrai nom du Bibliothécaire. Après quelques péripéties, les voilà bloqués sur une petite île (Madame Panari ayant sans le faire exprès fermé la fenêtre permettant le passage entre l'UI et l'île) des milliards d'années avant leur naissance. Et là, ils vont avoir quelques ennuis. Le premier, la plupart d'entre eux semblent un peu trop attiré par une madame Panaris qui ne semble pas s'en rendre compte, le second, un dieu de l'évolution habite ici et fait quelques expériences.

Commençons par l'arc Rincevent. Si le mage le plus malchanceux de son temps, passe sa vie à fuir, c'est bien parce qu'il lui arrive cent problèmes à la minute. Autant dire qu'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer avec lui. Ni avec toutes les personnages qu'il va rencontrer dans son périple. Dans ce tome, il est donc sur un continent ressemblant à s'y méprendre à l'Australie. Du coup, on ne s'étonne pas de retrouver une sorte de Mad Max en charrette, un patron de bar du nom de Crocodile, ou encore des travestis faisant pensant à ceux du film Priscilla, folle du désert. L'entourage du mage est donc haut en couleur et en verve pour le plus grand plaisir des lecteurs, surtout que Rincevent étant ce qu'il est, il lui arrive souvent d'être à côté de la plaque quant à ceux qu'il a en face de lui. Et je dois bien avouer que c'est finalement sa partie à lui qui m'aura le plus fait rire.

Côté mages de l'UI, s'ils restent toujours aussi rigolos pour moi, je les ai trouvé un peu en dessous par rapport à d'habitude. Il faut dire que les voir se crêper le chapeau pour madame Panari n'est pas quelque chose de franchement folichon. Heureusement, reste Cogite Stibon et l'économe. Pour Cogite, c'est le fait que lui soit jeune et pas encore totalement "mage" qui permet d'en fait une sorte de contraire aux autres et l'un des personnages les plus intéressants du groupe. Pour l'économe, j'ai toujours eu un faible pour lui et je l'ai trouvé ici encore plus ailleurs que d'habitude. IL n'en reste pas moins qu'on s'amuse bien tout de même avec eux, surtout lorsqu'ils essayent d'expliquer les relations sexuelles au dieu de l'évolution (un grand moment). Il n'empêche qu'ils vont finir par quitter l'île à bord d'un bateau-fruit. Mais celui-ci va mûrir et se décomposer un peu avant le continent XXXX (ce qui va donner l'occasion à l'économe d'inventer le surf d'ailleurs). Après avoir rencontré le créateur du dernier continent, ils finiront par rejoindre Rincevent qui lui réussira à sauver le pays.

Comme je le disais, j'ai adoré la partie Rincevent pleine de rebondissement et de références géniales à la pop culture des années 80-90. Pourtant, la partie Mages de l'UI est super sympathique vu qu'elle porte sur la théorie de l'évolution et que cette théorie vu par les mages est assez amusante à lire. A vrai dire, je pense que même si j'adore les mages, ils se prennent un peu trop la tête entre eux cette fois pour que j'accroche autant que d'habitude. En fait, pour moi, ils doivent forcément interagir avec un non-mage (et un non dieu aussi, tout comme pas une femme sinon on a droit aux mages modes idiots de base) pour que ça fonctionne vraiment.

Après, j'ai l'impression que tout dépend de mon état d'esprit lorsqu'il s'agit des personnages du Disque-Monde. Par exemple, j'ai toujours eu du mal avec Rincevent, du moins avec ce qui lui arrivait alors que j'adore normalement les mages. Pourtant, cette fois, c'est l'inverse. J'ai comme l'impression que plus je vieillis plus j'apprécie les histoires un peu plus sombres de Pratchett (d'ailleurs, plus il avançait dans l'écriture des annales plus il traitait de thèmes d'actualité et surtout de thèmes un peu plus sombre que ce qu'il avait pu faire au tout début) et du coup, les personnages qui je n'apprécient pas forcément revienne sur le devant de la scène qu'est mon petit cœur de lectrice. D'ailleurs, un de ces jours, faudra que je parle de la façon dont évolue mon avis sur tel ou tel livre ou tel ou tel personnage (alors oui, j'envisage un petit changement sur le blog depuis un moment, parler d'un peu plus de chose que simplement mes avis, je travaille sur ça en ce moment).

Au final, j'ai adoré ma lecture. Elle m'a fait un bien fou alors que j'avais un peu peur de le refermer en étant un peu déçu (comme pour Eric par exemple que je n'avais pas réussi à finir). Je regrette même qu'elle soit aussi courte (enfin, elle fait quand même presque 400 pages et je trouve ça court...). C'est un très bon Pratchett.

vendredi 18 mai 2018

Le Joueur, Fedor Dostoïevski

Voilà un petit moment que j'avais envie de me frotter à la littérature russe classique. Je sais que je ne m'attaque pas au plus simple avec Dostoïevski (en même temps, il semble que la plupart des auteurs russes classique ne sont pas simples, alors bon), mais j'avais entendu pas mal de bien de ce roman. Alors, je me suis lancée.

Le Joueur, Fedor Dostoïevski

Edition : Edition Libre de droit (oui, c'est pas la bonne couverture, mais je l'ai pas trouvé)
Collection : /
Année de parution : 2008
Titre en VO : Igrok
Année de parution en VO : 1866
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez la littérature classique russe
- Vous aimez les livres à la première personne
- Vous avez l'âme d'un joueur

A ne pas lire si : 
- Vous appréciez avoir un background détaillé dès le départ

Présentation de l'éditeur : 

Alexis Ivanovitch joue d’abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n’a pas misé seulement de l’argent mais sa vie elle-même. Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c’est tenter le diable, c’est aussi tenter Dieu. Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-sœur du général qu’il sert comme précepteur. C’est, dans la vie de l’auteur, Apollinaria, que Dostoïevski aima d’un amour douloureux. Autour d’eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain. Ce court roman, plein de brio, annonce toute l’œuvre de Dostoïevski. « Demain, demain tout cela finira », dit le joueur qui recommence à jouer éternellement.

Mon avis

Si je me suis attaquée au Joueur, c'est parce que je compte bien un de ces jours me lancer dans Crime et Châtiment. Avant d'être sûre de le faire, je voulais lire quelque chose de moins long et moins compliqué. Je ne suis pas sûre que moins compliqué soit réellement à mettre sur le compte de ce Joueur. 

Nous prenons l'histoire en chemin, si je puis dire. Alexei Ivanovitch débarque à Roulettenbourg pour retrouver son employeur, le Général, et sa famille. Du coup, le premier chapitre, bien que présentant les personnages, peut être un peu compliqué à appréhender. Alexeï ne prend pas la peine de nous dire qui est qui, on le découvre petit à petit, tout comme ce qui relie qui à quoi. Et s'il n'y a pas tant de personnages que cela qui gravitent autour du général, il est vrai que les diverses relations entre eux sont assez obscures au départ. Pourtant, ce sont bien elles qui portent le roman, tout autant que l'addiction au jeux de la roulette que va développer petit à petit notre narrateur.

Commençons donc par les personnages, d'ailleurs. Nous avons le narrateur, Alexeï, un jeune précepteur employé par le Général. C'est un homme vif, plutôt cynique et surtout éperdument amoureux. C'est cet amour, tout autant que le jeu qui finira par le perdre. J'ai beaucoup apprécié Alexeï même si parfois, j'avais bien envie de lui filer des baffes. C'est un personnage assez complexe en fait qui évolue rapidement pour tomber plus que bas. A ses côtés, on trouve l'objet de son désir, Paulina, jeune femme russe qui semble ne rien à voir à faire de lui et qui se moque régulièrement de son amour. Bon, elle est vu essentiellement par le prisme d'Alexeï et du coup, elle m'a un peu énervée, je dois bien le dire. Pour les autres, à part la Baboushka (court passage mais divertissant), ils m'ont paru assez fade et juste là pour montrer la grande gueule d'Alexeï. Pourtant, les interactions les plus pertinentes du narrateur ne sont pas avec Paulina mais bien avec les autres et plus particulièrement avec le petit français ou Mr Astley, l'anglais. L'auteur utilise ces deux personnages pour nous donner son opinion sur les mentalités des diverses nationalités et autant dire qu'il a un avis assez tranché sur les autres.

Ensuite, il y a l'histoire, et donc la descente aux enfers d'Alexeï. Je dois dire que si j'ai été un peu déroutée au départ, puisqu'on arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, passé le premier chapitre, tout va bien mieux. C'est finalement d'ailleurs une histoire assez classique. Le narrateur commence par ne pas comprendre la roulette puis doit y jouer pour une raison X ou Y (ici, il commence par jouer pour la Baboushcka puis pour Paulina et enfin juste pour lui) et enfin, fini par tomber dans l'engrenage infernal qu'est l'addiction aux jeux. J'ai apprécie de voir Alexeï essayait de ne pas succomber et puis tout doucement, sans même s'en rendre compte finir par se laisser aller. D'ailleurs, le moment où la folie du jeu s'empare de lui est assez génial à lire tant on a vraiment l'impression d'y être.

Enfin, DostoÏevski a un style plutôt agréable à lire, s'attardant peut-être parfois un peu trop sur les sentiments de son narrateur mais ce n'est pas si dérangeant que ça (enfin, si, une fois au moins lorsqu'il nous parle de son amour pour Paulina)(là oui, c'est un peu lourd on va dire, mais en même temps, il sait pas ce qu'il veut)(parfois, Alexeï m'a fait penser à une midinette, c'est pour dire...). En tout cas, c'est très sympathique à lire, que se soit pour les personnages et leurs interactions plutôt mouvementés ou pour l'histoire qui n'est finalement pas si simple que cela. Bref, une bonne découverte.

mardi 15 mai 2018

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

J'ai quelques livres de Vian dans ma PAL depuis un petit moment. Il est temps d'écluser un peu de ce côté, surtout que je n'avais pas envie de rester sur un échec après ma lecture de J'irais cracher sur vos tombes en 2015 (ça remonte quand même). Cette fois, c'est avec du théatre et de l'opéra que je retourne à Vian, sur un thème que je connais très bien, les légendes arthuriennes.

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

Editeur : Le livre de Poche
Collection :
Année de parution : 1995
Nombre de pages : 476

A lire si :
- Vous aimez les pièces de théatres et les opéras
- Vous appréciez l'histoire de Guenièvre et Lancelot

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Vian à la sauce Ecumes des jours
- Vous préférez voir en live les pièces et opéras

Présentation de l'éditeur :

« Il va de soi que tout ceci ne peut finir que par la mort, et la beauté des romans vient aussi de ce que cette mort n'apparaît qu'au terme d'une très longue vie d'amour. »Ainsi Boris Vian, deux ans avant sa propre disparition, commente-t-il l'histoire des amours de Lancelot et de la reine Guenièvre, que nous conte cet étonnant Chevalier de neige. C'est en 1952 que les organisateurs du Festival dramatique de Normandie lui proposent d'écrire cette oeuvre, représentée l'année suivante devant dix mille spectateurs, pendant sept soirées consécutives. Une expérience que l'auteur de L'Écume des jours tente avec enthousiasme. Dans le respect de la légende arthurienne, qui voit le jeune Lancelot toucher à la sainteté après avoir traversé toutes les épreuves de la vie chevaleresque et de la passion amoureuse, il crée une forme théâtrale moderne, au rythme proche de celui du cinéma. En 1957 à Nancy, Vian eut l'occasion de transformer son texte en livret d'opéra : un genre nouveau pour lui, dont il va entreprendre d'explorer les possibilités à travers cinq autres livrets, d'inspiration très différente, réunis dans ce volume.

Mon avis

Quand j'ai commencé à lire ce livre, je me suis dit que j'allais avoir deux solutions pour lui : soit je m'ennuyais ferme à lire deux versions de la même histoire mais pour deux supports différents soit ça finissait par me plaire et Vian aurait réussi son pari de faire deux versions à la fois identique et différente de la même histoire. Bon, je ne vais pas vous faire patienter, j'ai coupé un peu ma lecture avec un autre livre pour ne pas avoir droit à la première solution. Et je pense vraiment que cela a été utile. Mais commençons par le commencement.

La première partie du livre nous explique pourquoi une pièce de théâtre et pourquoi un opéra tout en nous parlant de l'amour de Vian, arrivé tardivement, pour l'opéra. C'est intéressant si on se passionne pour l'auteur. Personnellement, ça ne m'a pas apporté grand chose de plus. D'ailleurs, toutes les parties entre les textes de Vian ne m'ont pas apporté grand chose de plus, elles sont sympathiques pour savoir comment l'idée a pu venir, comment tout fut mis en oeuvre et pourquoi on n'a pas la totalité de l'opéra version audio et puis c'est un peu tout. Avantage par contre, ça coupe plutôt bien entre les divers écrits de Vian.

Le Chevalier de Neige est donc tout d'abord une pièce de théâtre qui fut jouer au Festival de dramatique de Caen en 1953. Il la transforma par la suite pour en faire un Opéra pour l'opéras de Nancy en 1957 . Vian doit écrire l'histoire de Lancelot, il se lance donc dans celle de ces amours avec Guenièvre. Bon, le thème n'est pas follement original et d'ailleurs au final, Vian ne se veut pas des plus original dans son traitement et cela dans les deux versions (forcément, l'une découlant de l'autre). Je ne m'attarderais donc pas forcément sur l'histoire elle-même (il arrive à Camelot, il tombe amoureux, elle aussi, ils se cachent, sont découverts... bref, l'histoire classique).

A vrai dire, je ne sais pas trop à quoi j'aurais pu m'attendre. Le fait que je connaisse l'histoire et que j'ai eu l'impression qu'il allait un peu vite en besogne (mais en même temps, vu le format et le fait que l'histoire de Lancelot et Guenièvre durent quand mêmes des années et des années, c'est un peu logique). J'ai surtout été un peu déçu de pas retrouver la poésie des textes de Vian comme dans l'Ecume des Jours ou même l'Arrache-coeur. Étrangement, le texte ici m'a semblé plat. Alors, je suppose que pour les deux versions, manquant la musique, ça a une influence certaine (surtout pour l'opéra), mais tout de même. Après, j'avoue avoir une préférence pour le texte de l'opéra (plus musical du coup, ce qui est normal) qui condense celui de la pièce de théâtre, enlevant des parties qui ne servent pas forcément beaucoup dans la première et en remaniant d'autres de manière plus subtile.

Quant aux textes suivant, il s'agit soit des livrets des opéras, soit des textes pour certains. Pour les livrets, descriptifs de ce qu'il se passe de manière succinctes, c'est ennuyeux à lire. On perd vraiment beaucoup à ne pas voir l'oeuvre. Pour Fiesta, opéra en un acte, c'est déjà un peu plus sympa, même si j'avoue que les chants en canon sont quelque peu compliqué à lire. Fiesta est d'ailleurs marquant du fait de la violence qu'on retrouve dedans et qui semble presque "banale" (même soucis sur l'Arrache-Coeur en fait). Pour Lily Strada, opéra inachevé, je ne dirais pas grand chose (j'ai pas beaucoup aimé en fait, mais on a qu'une partie de l'acte un, donc il est dur de juger).

Au final, c'était intéressant à lire pour découvrir une nouvelle facette de Vian (il en avait pas mal en fait, ce monsieur un peu touche à tout). Mais, je suppose qu'il aurait été préférable d'avoir tout le contenu de la pièce et des opéras, c'est à dire, la musique, les décors et tout ce qui allait avec. Parce que là, parfois, c'était un peu plat quand même. Je regrette ne pas y avoir retrouvé la poésie du Vian que j'apprécie. Bref, c'était une lecture sympathique mais qui ne me marquera pas plus que ça.

lundi 7 mai 2018

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

J'ai beaucoup apprécié l’Âme du Mal, lu en mars. Du coup, je me suis jeté rapidement sur le tome deux de la trilogie de Chattam, In Tenebris. J'ai mis un peu plus de temps pour le lire (faute à mon kindle déchargé et mon câble introuvable pendant trois jours...)(on se refait pas), mais en même temps, c'était pas plus mal, j'ai pu l'apprécié plus longtemps.

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

Editeur: Pocket
Collection : thriller
Année de parution : 2011
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome 
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, jeune spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.

Mon avis

In Tenebris commence à New York. Nous laissons donc Portland dans le retroviseur et traversons les USA pour la grosse pomme. Là, nous faisons connaissance avec Annabel O'Donnel, détective au sein du NYPD. La jeune femme et son équipe vont se retrouver confronter à une série d’enlèvement et de meurtre des plus ardus et des plus macabres. Dans le même temps, Joshua Brolin débarque lui-aussi à New York. Devenu privé suite à l'Âme du Mal, il enquête sur l'enlevement d'une jeune femme. Forcément, tout ce regroupe et Brolin et O'Donnel vont faire équipe pour trouver qui est derrière Caliban et les multiples disparitions.

Pour ce second tome, Maxime Chattam a décidé de changer pas mal de chose. Premièrement, la ville. Si j'ai apprécié Portland (qu'on ne voit que trop peu en littérature), le passage à New York ne m'a pas trop dérangée. La grosse pomme se prête plutôt bien au jeu, surtout pour l'une de ses légendes urbaines. Puis, NY sous la neige, c'est quand même bien sympathique. L'autre changement un peu perturbant, c'est celui de personnage principal. Bien que présent, Brolin n'est pas vraiment le héros du livre. Il a même tendance à passer en arrière plan sur une bonne partie du roman. A la place, c'est donc Annabel que nous allons suivre. Or, même si j'ai beaucoup aimé le personnage avec ses faiblesses et ses qualités, je l'ai trouvé un chouia en dessous de Brolin. Ou alors, tout comme elle, je me retrouve prise dans les flux charismatiques du privé.

D'ailleurs, parlons un peu personnage avant de parler de l'enquête elle-même. Comme je le disais, j'ai apprécié Annabel, la petite nouvelle. Elle n'est pas parfaite, elle souffre même pas mal. Faut dire qu'elle n'a pas une histoire facile puisque son mari a disparu peu après leur mariage sans laisser de trace. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle va se spécialiser sur les enlèvements. C'est un personnage que j'ai apprécié suivre mais qui en même temps m'a parfois un peu ennuyée. Je ne saurais trop expliqué pourquoi d'ailleurs. Avec elle arrive aussi toute une nouvelle équipe. Malheureusement, la mayonnaise a un peu moins pris de ce côté. Pas que les personnages ne soient pas bien, mais je m'étais fortement habituée à l'équipe de Portland. Et puis, enfin, il y a Brolin. J'avais aimé le personnage dans le premier tome, je l'aime encore plus maintenant. Parce que Maxime Chattam a su le faire évoluer sans tomber dans le pathétique. Et j'apprécie beaucoup la dite évolution. Brolin est le même tout en étant forcément différent. Il a resuccombé à la clope, à l'alcool aussi mais sans trop en faire (bref, c'est pas le flic bourrin qui se défonce tout le temps pour avoir la minime impression de vivre), il combat ses démons comme il peut, comme le ferait monsieur et madame tout le monde (enfin presque). Et puis, il y a tous les personnages secondaires qui sont là, présents sans trop l'être mais qui donne de la vie au récit.

Et enfin, l'enquête. L'Âme du mal annonçait le décors, les enquêtes de cette trilogie ne font pas dans la dentelle. Celle-ci m'a donné du fils à retordre. Vraiment. Si j'avais compris pas mal de chose très rapidement dans le premier tome, là, Chattam m'a prise au dépourvu dans ce second. Déjà, il faut vraiment attendre la fin pour comprendre le prologue (alors que dans le tome 1, il m'avait mise sur la voie très rapidement). Ensuite, je ne sais si c'est parce que l'histoire est bien tordue ou que c'est tellement macabre et flippant (enfin flippant n'est pas le mot, j'ai pas eu peur, disons plutôt perturbant), mais j'ai eu du mal à comprendre tous les indices (mais moi, je savais qui était Caliban dès le départ, pas le cas des flics)(par contre, j'avais pas compris de suite l'autre particularité du mot). IL n'empêche que petit à petit, nous plongeons dans l'horreur. Et que certains passages m'ont paru de trop (le coup de "l'église", toujours pas compris si ce n'est pour trouver le chien)(qui n'a pas grand interêt pour l'instant d'ailleurs). C'est un des défauts que je trouve au livre. Des passages trop longs, trop descriptifs et qui semblent ne pas servir à grand chose sur le coup. En même temps, ça donne l'impression de "piétinement" de l'enquête (on peut pas non plus tout résoudre d'un coup hein). N'en reste pas moins qu'elle était passionnante à suivre cette enquête et qu'en terme de mal, on se pose quand même bien là (d'ailleurs, je me demande jusqu'où va aller l'auteur pour le tome trois tant on est bien haut là quand même).

Au final, vous l'aurez compris, j'ai aimé, beaucoup. Il y a encore quelques défauts (je rappelle que la Trilogie du Mal fait partie des premiers livres de Chattam et qu'il faisait ses armes dessus)(et qu'il était alors déjà très bon, il n'y a pas à dire) mais franchement, je ne me suis pas du tout ennuyée avec cette lecture. Entre de bons personnages, une énigme des plus perturbantes, un New York qui change de la carte postale et un style efficace, je ne pouvais de toute façon qu'apprécier. Bref, vivement la suite.