jeudi 20 février 2020

Le Chevalier Rouge, Renégat tome 1, Miles Cameron

Oh, le premier livre numérique de l'année ! Et pas des moindres puisqu'il s'agit d'un bon gros pavé qui m'aura donc pris presque un mois et demi de lecture. Mais pas de regret du tout pour ma lecture, c'était vraiment super.

Le Chevalier Rouge, Renégat tome 1, Miles Cameron

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2013
Titre en VO : Traitor Son Cycle, book 1: The red knight
Année de parution en VO : 2012
Format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez la fantasy médiévale
- Vous aimez les romans choraux
- Vous voulez de belles batailles

A ne pas lire si : 
- Lire un pavé n'est pas ce que vous préférez (monsieur fait presque 900 pages en GF)
- Vous n'aimez pas vous perdre avec trop de personnages

Présentation de l'éditeur : 

Pour diriger une bande de mercenaires sans foi ni loi, mieux vaut réunir les atouts de la naissance, d'une adresse certaine à l'épée et d'une chance diabolique.
Le chevalier rouge a les trois, la jeunesse en plus, et il sait déjà en tirer profit. De retour en Alba après une campagne militaire lointaine, ses mercenaires sont recrutés pour défendre un couvent fortifié ayant fait l'objet de raids sanguinaires. Mais comme le Chevalier et ses hommes vont le découvrir sans tarder, ce contrat implique des pièges insoupçonnés, les entraînant de batailles en traquenards à l'orée d'une véritable guerre... dans laquelle le Chevalier lui-même a bien plus à perdre que prévu. Car celui qui envoie les créatures du Monde Sauvage décimer les humains pourrait bien connaître son secret le plus sombre...

Mon avis

Avant de commencer cet avis, sachez que mon cher Kindle Paperwhite est gentiment en train de me lâcher. Ça fait partie des raisons qui font que j'ai mis si longtemps à lire ce roman. Toute la partie basse de l'appareil est soit sombre, soit trop claire, comme si l'encre faisait des siennes. Du coup, l'expérience de lecture n'est plus aussi géniale que d'habitude (et suivant l'heure ou l'endroit, j'ai eu du mal à lire parfois). Je suis assez déçue de voir qu'il me lâche comme ça au bout de quatre ans (bon après, il a été trimbalé partout, sans couverture et je m'en suis servie quasiment tous les jours depuis le temps). Enfin, j'arrive toujours à lire dessus et c'est là l'essentiel.

Passons maintenant au roman, parce qu'on est quand même là pour ça.

Bienvenu dans un monde fantasy où les Hommes et le Monde Sauvage se livre une guerre sans merci depuis des années. En Alba, la dite guerre prend un nouveau tournant. Le Monde Sauvage, sous la houlette de Thorn, une entité magique gigantesque, a dépassé le Mur pour faire le siège de Lissen Carak, un couvent fortifié. Afin de se protéger, l’Abbesse fait appel à la compagnie de mercenaire du Chevalier Rouge. Un Chevalier Rouge qui va découvrir que ce qui n'aurait du être qu'un simple contrat et bien plus que cela. La guerre qui se profile à l'horizon est bien plus importante que le simple siège du couvent.

Quand je me suis lancée dans ma lecture, je n'avais pas la moindre idée de ce qui m'attendait si ce n'est une longue lecture (le Kindle m'annonçait quelque chose comme plus de dix heures de lecture) et de la fantasy sûrement un peu bourine. Vous me connaissez à force, ni l'un ni l'autre ne me fait peur, mieux, j'adore ça. Alors, je me suis lancée. Et j'ai vite été prise dans ma lecture. La seule chose qui a fait que j'ai mis autant de temps à lire finalement, c'est surtout que côté papier, j'avais la fin de l'Assassin Royal (et rien ne résiste à Fitz, je vous l'ai déjà dit). Parce que franchement, ce premier tome de la série Renégat est tout bonnement génial.

Déjà, il y a l'univers. Un mélange de l’Angleterre médiévale (le pays s'appelle l'Alba, on y trouve un Mur...) avec toutes ses légendes du Petit Peuple (pas si petit que ça, si vous voulez mon avis) où les hommes se battent pour leur survie face au Monde Sauvage. On y trouve donc des chevaliers en armures, des magiciens, des ordres religieux guerriers, des démons, des vouivres et j'en passe. Même si certaines choses ne nous sont pas expliqués d'emblée, on ne peut que se laisser emporter là-dedans. D'ailleurs, je dois avouer que j'ai justement apprécié ne pas tout savoir de suite. Ca ajoute tout de même pas mal de mystère à un livre qui l'est déjà.

Et puis, il y a les personnages. Si le Chevalier Rouge est le protagoniste principal du roman, il n'est pas le seul à être personnage point de vue. La panoplie est vaste, elle va du chevalier à la nonne, en passant par l'archer, la couturière, le maître de caravane ou encore la reine. Tout ce petit monde permet d'avoir une vision un peu plus globale de ce qu'il se passe en Alba. J'ai beaucoup aimé pouvoir ainsi passer de l'un à l'autre même si parfois, je me suis un peu perdue (surtout au début en fait). J'ai apprécié aussi que l'on s'attarde sur les gens du Monde Sauvage, que se soit Thorn ou Peter qui va passer d'esclave à membre des Sossags (une des tribus du Monde Sauvage). Dans cette multitude, il y a forcément des personnages qui ressortent plus que d'autres. Le Chevalier Rouge, forcément, qui est bien plus complexe que l'on peut l'imaginer au premier regard et dont les batailles ne sont pas que physiques, Amicia, la jeune novice dont il tombe amoureux, Harmodius, le mage royal qui se réveille après des années d’aveuglement ou encore Thorn qui se bat autant pour conquérir l'Alba que parce qu'il n'a finalement plus vraiment le choix. 

Enfin, il y a les batailles, dont le siège. Vous le savez, j'adore ça.? Ici, j'ai été servie. Le siège du couvent est éprouvant et on ressent bien tout ça. Les batailles sont âpres et sanglantes (mais pas trop  non plus). Les suivre a été un vrai régal, surtout que l'auteur reste clair et concis dans l'action. Pour ne rien gâcher, la stratégie militaire mise en place m'a l'air plutôt bonne et j'ai un gros faible pour les auteurs qui n'hésitent pas à nous donner des détails sur les armures (c'est lourd, c'est chiant à mettre et ça gène). 

Franchement, même si j'ai été très longue à lire le roman et que quelques passages auraient pu être évités, j'ai adoré ma lecture (ça vous étonne, hein ?)(oui, c'est le grand retour des parenthèses)(quoiqu'il n'y en a pas tant que ça). J'ai les deux tomes suivant dans la PAL du Kindle et je sens que je ne vais pas tarder à me jeter dessus (je crois vraiment que cette année sera une année Fantasy par ici, mon genre de prédilection m'a beaucoup manqué (alors que j'en lis toujours autant, il me semble))




mercredi 19 février 2020

Aurora Squad, Cycle Aurora, tome 1, Amie Kaufman et Jay Kristoff

J'ai répondu aux sirènes d'instabook en achetant ce livre. Faut dire qu'on en a entendu bien parler, que la couverture était sympa et que certaines le vendent fort bien. Et puis, comme je n'arrive pas à trouver Illuminae chez ma libraire (faudrait peut-être que je pense à le lui commander aussi...), je me suis dis pourquoi pas en tombant dessus. Oui, je suis assez faible face à un bouquin.

Aurora Squad, Cycle Aurora, tome 1, Amie Kaufman et Jay Kristoff

Editeur : Casterman
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en VO : Aurora Cycle, book 1: Aurora Rising
Année de parution en VO : 2019
Nombre de pages : 514

A lire si :
- Vous voulez de la SF Youg Adult
- Vous voulez de l'humour
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si : 
- Vous voulez quelque chose d'un peu plus "mature"

Présentation de l'éditeur : 

2380, quelque part dans la galaxie. Tyler, jeune pilote prometteur, est impatient de former l'escadron de ses rêves. Alors qu'il sort faire un tour dans l'espace pour se calmer les nerfs avant l'Affectation, il tombe nez à nez sur un vaisseau disparu depuis des années. A bord, Aurora, une jeune fille cryogénisée depuis 200 ans... Commence pour Tyler une odyssée dangereuse où il devra protéger Aurora de ceux qui la traquent pour une raison inconnue. Et diriger une bande d'anti-héros fantasques et courageux, insolents et sarcastiques... Et si le sort de l'humanité dépendait de sept têtes brûlées à l'humour ravageur ?

Mon avis

Comme je le disais, j'ai succombé à instabook pour le choix de ce roman. Il me fallait quelque chose d'un peu léger pour passer le cap de la fin du Fou et de l'Assassin, c'est tombé sur lui. Et pour ce qui est du léger, j'ai été pas mal servi. J'ai été aussi bien servi en space opera avec bataille, vol et découverte de planète étrange. Du coup, oui, je suis ravie d'avoir lu ce premier tome mais par contre, je lui ai trouvé un petit défaut (qui n'en ai finalement pas tout à fait un). On y va ?

Tyler Jones est le meilleur élève de sa promotion. Destiné à devenir Alpha, il attend avec impatience le jour de l'Affectation pour se choisir la meilleure équipe possible. Sauf qu'incapable de dormir la nuit avant, il va se défouler dans l'Ellipse (dans l'espace quoi). Un appel de détresse va alors changer toute sa vie. Il va découvrir un vaisseau qui a disparu depuis plus de deux siècles. A son bord, Aurora, seule survivante. Son sauvetage va faire rater l'Affectation à Tyler qui va se retrouver avec une équipe dont il n'a pas voulu la moitié. Mais pire que ça, leur première mission va se révéler bien pire que ce qu'il aurait pu le penser. Aurora est la cible d'une agence gouvernementale. Tyler et son équipe vont tout faire pour comprendre qui elle est et pourquoi on lui en veut.

Le roman commence sur les chapeaux de roue avec le sauvetage d'Aurora alors que Ty pense plus à son Affectation qu'à autre chose et qu'il est sur le point de se noyer. Ce premier chapitre donne directement le ton du roman et c'est à partir de lui que j'ai su, que 1, j'allais avoir du mal à le lâcher, 2, j'allais quand même le trouver un défaut, il est un peu trop "jeunesse" pour moi. Avantage, je savais donc à quoi m'en tenir. Inconvénient, je savais à quoi m'en tenir et j'ai été rarement vraiment surprise par les décisions des personnages. 

Parlons d'ailleurs des dits personnages. L'équipe 312 de la Légion Aurora est composé de six corps de métiers, l'Alpha, l'As, la Négociatrice, la Cellule Grise, le Mécanicien et le Gros Bras. Autant dire que ça influence du coup beaucoup les caractères des personnages. Ainsi, Tyler est le chef charismatique, sa jumelle Scarlett devient la Négociatrice Charmeuse (et collectionneuse de petit copain), Cat, l'As, est casse-cou et sûre d'elle (et amoureuse de son chef), Finn le mécano est un alien possède un exosquelette à tendance un peu geek, Zila, la Cellule Grise est une sociopathe à l'intelligence remarquable et enfin, Kal est violent mais pas que. Heureusement, sous leur dehors un peu trop stéréotypé, ils ont des nuances agréables mais un peu trop peu développé pour moi (sauf pour Kal, peut-être).  Pour Aurora, il en va de même sur une bonne partie du roman, elle est la fille paumée qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Je garde tout de même en tête qu'il s'agit d'un premier tome. Il y a bien une évolution des personnages, même si minime pour certains. Je suppose qu'on en verra un peu plus avec le tome suivant. Et puis, s'ils sont quelques peu stéréotypés, le groupe fonctionne plutôt bien. Les interactions entre eux sont régulièrement teintées d'humour et de sarcasmes. Ils n'hésitent pas à se moquer des uns des autres et même d'eux-même. La dynamique est bien présente et ça fait du  bien. Du coup, on s'attache à ce petit monde sans aucun problème et pas mal de monde pourra se reconnaître dans au moins un d'eux.

En ce qui concerne l'histoire, elle est finalement assez "banale" sur de la SFFF, un peu dans le style fantasy à prophétie mais dans l'espace. Cela ne l'empêche pas d'offrir des passages bien sympathiques, une bonne dose d'action et un peu de romance. C'est par contre vraiment à ce niveau que je trouve le roman un peu trop jeunesse pour moi. Là où il aurait pu avoir quelques surprises et des passages plus développés, les auteurs jouent plutôt sur les stéréotypes de leurs personnages (oui, Scarlett est une séductrice, mais faut-il vraiment que lorsqu'elle est en avant, il faut que ça tourne autour de ça la plupart du temps ? ). C'est un peu dommage, parce que du coup, je me doute de ce qu'il va se passer par la suite. Pourtant, ça reste addictif. Même en sachant qu'il allait se passer telle ou telle chose, je n'ai pas pu m'empêcher de tourner les pages. 

Au final, c'est donc une lecture agréable, avec de la bonne petite SF de base dedans. C'est agréable à lire, pas trop prise de tête et divertissant à souhait. Le genre de lecture que j'apprécie la plupart du temps en fait. Alors, oui, c'est un peu trop "jeunesse" pour moi, mais en même temps, ça fait aussi le charme de la lecture (pis on est jamais trop vieux pour lire du YA). Je me suis bien amusée à lire ce premier tome et je lirai le suivant sans problème (surtout que même si on va pas se mentir, c'est ultra prévisible, j'aime bien cette petite bande moi)


vendredi 14 février 2020

Le Destin de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, Tome 6, Robin Hobb

J'ai mis longtemps à me décider à lire les deux derniers tomes de la série. Je savais que les adieux seraient difficiles. Ils l'ont été, je ne vais pas mentir. On ne se sépare pas de personnages comme Fitz comme ça, en fermant juste le livre ou en tournant la page suivante. Ça a été éprouvant, compliqué, mais merveilleux.

Le Destin de l'Assassin, Le Fou et l'Assassin, Tome 6, Robin Hobb

/!\ JE SPOILE ET PAS QU'UN PEU /!\

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2019
Titre en VO : The Fitz and the fool, book 3 : Assassin's Fate
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 736

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...

Présentation de l'éditeur : 

Lorsque les Quatre se sont attaqués à Flétribois, ils ignoraient ce qu'il en coutait de s'en prendre aux Loinvoyant. Croyant Abeille perdue pour toujours, Fitz, accompagné du Fou, s'est lancé dans une vengeance sanglante que rien n'arrêtera. Sa fille est pourtant vivante, mais le sort qui l'attend est peut-être pire que la mort. La jeune femme est cependant bien décidée à anéantir ses ravisseurs jusqu'au dernier, même si elle doit pour cela y laisser sa vie... 

Mon avis

Cher lecteur du blog, tu le sais, je vais spoiler. Je ne m'en cache pas, ce n'est pas la peine. Alors, pour ceux qui ne veulent pas savoir, je n'ai qu'une chose à dire, n'allez pas plus loin. Je n'ai pas envie de mettre des blancs à surligner ou autre subterfuge. Sachez juste que c'était beau, merveilleux, éprouvant et triste à la fois. C'est une fin parfaite pour les personnages du roman, et de toute la saga.

Et maintenant, on y va.

On reprend forcément là où l'on avait laissé nos personnages. Le Destin de l'Assassin est la suite directe de son prédécesseur, puisqu'ils ne forment qu'un seul tome en VO (vraiment, j'apprécierais que les éditeur français arrêtent leur découpage à la con surtout quand c'est pour sortir juste après des "intégrales" qui sont en fait les tomes d'origine)(le fric corrompt l'édition française d'une manière assez inimaginable). Fitz, le Fou, Braise, Lant et Persévérance sont à bord de Parangon avec Brashen, Althéa, leur fils Gamin et Akennit, le fils de Kennit. Ils font voile vers Clerres, près à se venger. Mais leur plan change lorsque le Fou avoue à Fitz qu'il pense, ou plutôt qu'il est sûr qu'Abeille est vivante. Si notre assassin ne veut pas y croire, il va bien être obligé de le faire lorsqu'elle va réussir à l'artiser durant quelques secondes. Il est plus que temps d'aller la récupérer. Surtout que la pauvre petite est toujours autant maltraitée. Arrivée à Clerres, elle devient objet de discorde entre les Quatre qui veulent soit la tuer, soit se servir d'elle. Elle n'a d'autre choix que de se défendre, et cela quoiqu'il lui en coute. Sans savoir que son père est proche d'elle, elle cherche à s'évader du château.

J'ai fini le roman hier soir et j'avoue que j'ai encore beaucoup de mal à m'en remettre. Je suis passée par tout un tas d'émotion durant ma lecture. Robin Hobb donne une fin à ses personnages. Ceux qu'on ne voit pas beaucoup parce que toujours à Castelcerf, ceux qu'on suit depuis le tout début, et les nouveaux. Elle ne nous épargne pas grand chose et nous passons du bonheur à la tristesse en quelques lignes. C'est une conteuse merveilleuse capable de susciter rire et pleurs sans problème. Parce que oui, j'ai pleuré. J'ai d'abord eu quelques pincements au coeur pour certains passages. Et d'autres ont été un calvaire à lire. Si vous me suivez sur Twitter ou Instagram, vous devez savoir que j'ai arrêté de lire vers la moitié du roman parce que mes larmes m'en empêchaient. Ça ne m'était pas arrivée depuis la mort d'Oeil-de-Nuit. A croire que madame Hobb est l'une des rares autrices à réussir à me faire pleurer. 

Du coup, vous vous doutez que j'ai beaucoup de mal à faire un article subjectif sur ce roman. Il m'a bien trop touché pour ça. L'assassin Royal me suit depuis des années. J'ai commencé à le lire à une époque où j'avais besoin de m'évader de la réalité. J'ai tellement aimé Fitz, le Fou, Oeil-de-Nuit et les autres qu'ils sont devenus comme une partie de ma famille. Oui, je sais, c'est toujours étrange de dire ça pour des personnages de papier. Mais avec eux, c'est le cas. Même les personnages de la Roue du Temps n'ont pas eu autant d'impact que ceux de la série sur moi. Je voulais donc une fin parfaite pour eux. Et je l'ai eu. 

J'ai eu le coeur serré en découvrant Fitz contre Ambre, alors qu'il n'arrive pas à retrouver son ami en elle. J'ai eu le coeur serré lorsqu'il retrouve enfin Abeille grâce à l'art mais qu'il doit le rejeter à cause d'ombre qui sombre de plus en plus dans le courant d'Art. Ce fut pire lorsqu'Ortie lui annonce la mort du vieil assassin. Heureusement elle lui annonce aussi un peu avant d'arriver à Clerres qu'elle a donné naissance à une petite Espérance (un nom prémonitoire) et que la reine est elle aussi enceinte. J'ai beaucoup pleuré durant le passage à Clerres. Parce qu'Oeil-de-Nuit, parce que Fitz, parce que Parangon réussit à se transformer en dragon et devient enfin celui qu'il a toujours été, parce que rien ne se passe comme il l'aurait fallu. J'ai été ravie de voir que les Vivenefs auraient bien un avenir, qu'Althéa et Brashen comprennent et accompagne Parangon et Vivacia. Et puis, j'ai à nouveau eu le coeur serré. Parce qu'Abeille ne se sent pas bien à Castelcerf, parce qu'on ne la laisse pas libre de faire ce qu'elle veut. Parce que Fitz n'est pas avec elle. Et puis, d'un coup, on comprend ce qu'il va se passer. Une boucle est bouclée. Et les deux derniers chapitres sont tellement beaux, tellement prenant. Et cette fin. Oh, cette fin. Tellement parfaite par rapport à la série. 

Après, je ne dis pas. Il y a des défauts au roman. Quelques passages un peu trop long au retour à Castelcerf (mais qui préparait si bien la fin au final). D'autres sont un peu trop facile ou rapide. et Fitz se plaint toujours autant et déteint parfois un peu sur Abeille. Mais est-ce grave ? Non, du tout. Surtout que si vous êtes arrivés à ce tome, vous connaissez le tempérament de notre chez Assassin. C'est aussi ça qui fait que je l'aime tant.

Au final, j'ai dit au revoir à Fitz, à Oeil-de-nuit, au Fou et aux autres les larmes aux yeux. Mais pas des larmes de tristesse. Non. Si j'ai été triste durant ma lecture, ce n'a pas été le cas à la fin. C'était une autre émotion que je n'arrive pas beaucoup à définir. C'était beau, émouvant, presque joyeux en fait. Maintenant, il est peut-être temps de me lancer bientôt dans une relecture (la première dite donc) de toute la saga, de l'assassin Royal à Le fou et l'Assassin en passant par les Aventuriers de la mer et la Cité des Anciens (que je n'ai pas encore lu, honte à moi). 


jeudi 6 février 2020

Je suis fille de Rage, Jean-Laurent del Socorro

J'avais beaucoup aimé Royaume de Vent et de Colère, paru il y a quelques temps déjà. Si je n'ai pas encore mis la main sur Boudicca, je n'ai pas hésité à prendre ce Je suis fille de Rage lorsque je l'ai croisé à la librairie. Faut dire que l'objet est beau et qu'il donne bien envie d'être lu.

Je suis fille de Rage, Jean-Laurent del Socorro

Editeur : ActuSF
Collection : Les trois souhaits
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 519

A lire si :
- Vous aimez les romans historiques romancés
- Vous voulez en savoir plus sur la guerre de Sécessions

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les romans multichoraux.

Présentation de l'éditeur

1861 : la guerre de Sécession vient de commencer. Du général Grant à la simple soldate, de la forceuse de blocus à l'esclave affranchie… Autant de personnages pour décrire tous les visages de cette Amérique ensanglantée pendant quatre années de conflit.
La mort se réincarne pour arpenter ce Nord et ce Sud qui se déchirent. Elle va faire face à celui qui la convoque, le président Abraham Lincoln, pour lui faire comprendre que cette guerre doit désormais épouser une cause plus grande : celle de l’abolition de l’esclavage.

Mon avis

Avant de parler de ce qui se cache dans le livre, parlons un peu de l'objet. J'aime les beaux livres et là, je suis quelque peu servi. Nous voici avec une belle couverture bien épaisse, avec une illustration en médaillon. Les rubans du titre et de l'auteur sautent clairement aux yeux. Il y a un signet de la même couleur que la couverture pour marquer la page. Le tout fait très livre ancien, ce qui va parfaitement avec le texte à l'intérieur. Il est aussi plutôt léger (ce qui est agréable vu qu'il est tout de même volumineux). Bref, je suis plus que ravie de l'avoir dans ma bibliothèque où il trône fièrement à coté de Gagner la Guerre, de l'intégrale des Lames du Cardinal et de mes vieux Jules Verne.

L'intérieur est tout aussi intéressant que son extérieur. Je ne suis pas une pro de la guerre de Sécession. Pour tout dire, ce n'est pas la période qu'y m’intéresse le plus de base et le peu que j'en sais me vient plus des Tuniques Bleues (la bande dessinée) que des livres d'histoires. Heureusement pour moi, ce n'est pas gênant. Jean-Laurent Del Socorro est un très bon conteur, la mise en page du livre permet où et dans quel camps nous sommes et le livre est assez romancé pour ne pas être un simple court d'histoire.

L'auteur nous entraîne donc dans la guerre, et pour cela, il va utiliser de nombreux profils, que se soit côté Nord ou côté Sud. Le changement de point de vue est fréquent, tout comme celui de camps ou de lieux. Mais, le lecteur ne s'y perd pas trop (sauf pour les noms, j'avoue que j'ai eu du mal à me rappeler qui était qui et à ne me servir au final que des titres que leur donne l'auteur). Il faut dire qu'avec sa dizaine de personnages, del Socorro nous offre autant de voix bien précise. C'est toujours quelque chose que j'admire dans ce genre de roman, la capacité des auteurs a trouvé des voix bien distinctes, assez en tout cas pour savoir qui parle en seulement une ou deux phrases. Il y a forcément des personnages qu'on appréciera plus que d'autres. Personnellement, j'ai adoré Minuit, Sherman et Caroline. Pour d'autres personnages, nous ne les découvrirons qu'à partir de documents véridiques traduit par l'auteur (le Général Grant pour le Nord, le Général Lee pour le sud par exemple). Cette approche est intéressante et remet le texte dans son contexte historique. Et puis, on retrouve la Mort (qui parle en italique)(j'ai personnellement râlé parce que pour moi il parle en petite capitale, non mais). C'est la partie fantastique du récit, celle qui relie un peu le tout. Son dialogue avec le président Lincoln donne le ton du roman et nous quitte tout le long de notre lecture.

Comme je le disais, on passe de partie romancée à des textes historiques (lettres la plupart du temps). C'est quelque chose que j'ai apprécié. C'est forcément la féru d'Histoire qui parle là, mais la lectrice aime aussi. C'est agréable de savoir sur quoi a pu se baser l'auteur. Pas que je doute de ce qu'il a pu écrire (l'auteur est connu pour ces récits historico-fantastique, ce n'est pas pour rien), juste que j'aime ce genre de documentation. Je trouve, en plus, que ça s'intégre parfaitement au texte (vous me direz, c'est normal). La partie romancée est elle aussi passionnante. J'ai apprécié la présence de femmes en tant que femmes dans l'armée (à savoir que oui, il y en a eu mais souvent déguisée en homme ou infirmière, pas soldates). Jean-Laurent del Socorro avait déjà mis des femmes en avant dans ces récits (Axelle dans Royaume de Vent et de Colère, Boudicca dans le livre du même nom), je suis ravie qu'il continue sur cette lancée. Surtout que ses femmes font partis des personnages les plus marquant pour moi (et pas seulement parce qu'elles sont femmes justement). J'ai surtout aimé l'humanité que l'on retrouve dans tous les personnages, cette manière qu'ils ont de voir la guerre et ce qui l'entoure, un mélange de rage et de résignation. Il en va de même pour toute la notion de liberté qui plane sur le livre. Celle des esclaves, bien sûr, mais pas que.

Ce qui aurait pu être un banal livre sur la guerre de Sécession (je ne sais toujours pas écrire ce mot du premier coup...) se révèle être un roman passionnant que se laisse tranquillement dévoré. J'en ai appris un peu plus sur la fameuse guerre et sur l'abolition de l'esclavage qui en découla. J'ai adoré le mélange des diverses voix, vraiment bien maîtrisé. Ce n'est pas tout à fait un coup de cœur mais on y est presque. Bref, c'est un roman fantastico-historique que je recommande vraiment.

mardi 28 janvier 2020

L'ange de Nyckos, Eve Terrellon

J'ai quelques lectures bien entamées sur Wattpad mais beaucoup sont des textes en cours ou alors non fini et qui semble un peu abandonné par leur auteur (triste absolument pour certains). Par contre, j'ai fini l'ange de Nyckos, une novella fort sympathique. 

L'ange de Nyckos, Eve Terrellon

Editeur : Eve Terrellon
Collection : /
Année de parution : /
Format : Wattpad 

A lire si :
- Vous voulez un texte court
- Vous aimez l'ambiance des ateliers de peintre du quatrocento
- Vous voulez de la romance M/M

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des scènes explicites

Présentation de l'autrice

Salvatore Gecatti, peintre renommé de la Florence du Quattrocento, est fasciné par son dernier modèle. La beauté du jeune homme n'a pourtant d'égale que sa froideur à son égard. Ainsi est-il stupéfait de découvrir la nature du pari engagé par celui-ci, auprès d'un de ses pires concurrents.

Mon avis

Si j'ai mis ce texte-là dans ma liste à lire sur Wattpad, c'est à grâce à Cindy Van Wilder qui en a parlé il y a quelques temps (et qui l'a aussi dans sa liste de lecture). Je sais que si elle a apprécié, il devrait en être à peu près de même pour moi (j'avoue suivre ses recommandations surtout en matière de lecture LGBT, elle tape souvent fort juste). Je suis ravie de l'avoir fait. 

L'histoire se déroule durant le Quattrocento, ce siècle qui a vu naître les grands peintres de la Renaissance italienne. C'est d'ailleurs l'un d'eux (fictif) que l'on va suivre durant cette novella. Salvatore Gecatti est donc peintre. Son travail est apprécié de tous, et plus particulièrement de Laurent de Médicis. Nous le découvrons dans son atelier, finissant sa dernière toile d'après modèle. Un modèle qui ne le laisse pas indifférent. Mais Sandro ne semble en avoir que faire de lui, et bien pire, il se retrouve au milieu d'un pari engageant les pires concurrents de Salvatore. 

J'ai apprécié beaucoup de chose dans cette novella. Déjà, l'ambiance. Même si j'aurais voulu peut-être un peu plus voir l'ambiance des ateliers de peinture (nous y passons beaucoup de temps), j'ai aimé celle de cette Renaissance Italienne où tout n'est que beauté et volupté (du moins dans cette sphère-là). Le style de l'autrice y est pour beaucoup, je trouve. Elle décrit son texte comme s'il s'agissait d'une peinture ou d'une sculpture. C'est fort agréable à lire.

Les personnages ne sont pas en reste non plus. J'ai beaucoup apprécié Salvatore, notre ami peintre. Il a une sensibilité, que se soit artistique ou humaine, qui m'a touché. Sandro est un peu plus froid, mais il n'est pas en reste non plus, surtout vers la fin de la nouvelle.J'aurais aimé qu'il soit moins effacé pendant un bon moment mais en même temps, si ce n'était pas le cas, la nouvelle ne fonctionnerait pas aussi bien. J'ai aimé lire la manière dont Salvatore le voit, comme il reste à l'écart alors qu'il meurt d'envie de faire plus que le peintre. Leur relation se battit petit à petit, et s'il faut le pari que contracte Sandro pour vraiment les voir se rapprocher, c'est fait de manière subtile, sans à coup. Je veux dire, ça ne tombe pas d'un coup comme ça (ce qui aurait pu vu le court format). 

Reste un petit défaut pour moi, une fin un peu trop prévisible et conventionnelle. Un peu trop rapide aussi. En quelques pages, je me suis prise d'affection pour Salvatore et Sandro et je l'ai aurai bien suivi encore un peu. 

Au final, j'ai donc beaucoup apprécié cette novella et j'en redemande encore. J'ai vu que l'autrice a publié d'autres textes sur Wattpad, il est donc possible que j'aille y faire un petit tour. 

lundi 27 janvier 2020

Sur les Rives de l'Art, Le Fou et L'assassin, tome 5, Robin Hobb

Un an. J'ai mis un an pour me décider à lire ce tome. Parce que je n'ai pas envie de finir toute la saga concernant FitzChevalerie Loinvoyant. Mais promis, je ne me mettrais pas autant de temps pour lire le tout dernier (j'ai quand même prévu un autre roman entre les deux, histoire de pas défaillir de suite).

Sur les Rives de l'Art, Le Fou et L'assassin, tome 5, Robin Hobb

/!\ JE SPOILE ET PAS QU'UN PEU /!\

Editeur : J'ai lu
Collection : Fantasy
Année de parution : 2019
Titre en VO : Fitz and The Fool, book 3: Assassin's Fate
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 573

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les deux premiers cycles de l'Assassin Royal
- Vous voulez des mystères
- Vous aimez Fitz

A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec les héros qui s’apitoient  un peu trop sur leur sort...
- Vous voulez de grands voyages

Présentation de l'éditeur :

La fille de Fitz, Abeille, a été enlevée par les Servants, adeptes d'une société secrète qui usent de prophéties pour étendre leur influence et augmenter leur richesse.
Et Abeille joue un rôle crucial dans leurs manigances. Alors que la jeune fille est traînée par ses ravisseurs sadiques à travers la moitié du monde, Fitz et le Fou, la croyant morte, se lancent dans une mission de vengeance qui les conduit vers l'île lointaine où résident leurs ennemis.
C'est de cet enfer dont le Fou s'est échappé, mutilé et aveugle, jurant de ne jamais revenir. Aujourd'hui, il n'est plus aussi impuissant qu'il y parait. De même, si Fitz n'est plus l'assassin inégalé de sa jeunesse, il reste un redoutable adversaire. Leur but est simple : s'assurer qu'aucun Servant ne survive.

Mon avis

Avant de commencer, je préviens de suite, je vais SPOILER. Comme ça, vous êtes prévenu. Autre chose, je ne suis pas objective quand il s'agit de Fitz. Jamais. C'est le meilleur, point (même si c'est une vraie Marie-Sue quand il veut et qu'il passe une bonne partie de son temps à se demander pourquoi lui)(seul personnage qui fait ça et qui ne me dérange absolument pas). Sur ce, commençons donc.

Côté Fitz, nous sommes toujours à Kelsingra quand commence le roman. Notre assassin préféré a guéri une partie des enfants de la ville, ou du moins, leur a permis de vivre un peu plus longtemps. Un geste qui lui vaut de sombrer dans l'Art. Pour le sortir de là, Ambre a dut montré sa main couverte d'Art. S'ils arrivent à se sortir de cette mauvaise passe sans trop de mal, rien n'est terminé pour eux. Après encore une ou deux péripéties, il est temps de quitter la cité des Anciens pour aller rejoindre un bateau bien connu pour ceux qui ont lu les Aventuriers de la Mer. Et là, moi, je hurle ma joie. Parce que j'adore les personnages des ADLM, parce que merde, il y a les Vivenefs. Bref, je le sentais venir depuis qu'on était arrivé à Kelsingra et même si je suis ravie de retrouver tout ce petit monde, je dois bien dire que la découverte par Fitz de Parangon m'a mis les larmes aux yeux (parce que je reste persuadé d'une chose depuis le début et que plus on avance, plus j'ai l'impression qu'on y va méchamment). 

S'il ne semble pas se passer grand chose niveaux action durant les parties de Fitz, on ne s'ennuie pas. Entre l'arrivée des Vivenefs et de leurs marins, on passe aussi un certain temps à revoir un peu les motivations des personnages en dehors de notre cher ami Fitz. Le Fou, ou devrais-je dire, Ambre, lui échappe de plus en plus. S'il comprend les motivations de l'un, celles de l'autre lui semblent étranges et opaques. A tel point qu'ils vont se disputer plutôt régulièrement. La dynamique entre eux change et pas forcément en bien. Par contre, ce n'est pas le cas entre Fitz et Lant. J'ai l'impression qu'enfin Fitz voit Lant à sa juste valeur (et le lecteur aussi en même temps). Quant à ceux qui viennent des ADLM, il faut le temps à notre assassin préféré de les connaitre mais je suis ravie de les retrouver à peu prés comme j'ai pu les laisser.

Côté Abeille, rien ne va plus. Après la traversé du pillier d'Art, la jeune fille est complètement désespérée. Heureusement, Père Loup est avec elle et va l'aider à relever la tête malgré les épreuves. Autant le dire de suite, j'ai un amour énorme pour Père Loup. J'étais plus qu'heureuse de le retrouver dans ce tome. Mais surtout, j'ai bien plus apprécié les passages d'Abeille que dans les tomes précédents. Elle m'a particulièrement rappelé son père au début de l'Assassin Royal. Et puis, Abeille évolue et découvre aussi de quoi elle est capable. Cette évolution-là, je l'attendais depuis un moment et j'en suis ravie. Abeille quitte son rôle un peu trop passif pour enfin aller de l'avant. Et ça fait du bien de la voir comme ça. Alors, oui, elle s'en prend plein la tête, mais elle avance. 

Certains aspects du roman vont se retrouver dans les deux parties. Ainsi, le lecteur va commencer à entrevoir ce qu'est réellement Clerres et le mal qu'ont pu faire les Servants. Petit à petit, tout se met en place (il était temps, je rappelle quand même que ce tome est la moitié du dernier en VO). Et si Fitz ne voit pas plus loin que sa vengeance, c'est tout l'univers mis en place par l'autrice depuis des années qui va être chamboulés. L'autrice arrive à faire cohabiter toutes ses époques, ses personnages et ses univers pour arriver à ce qui devrait être une fin géniale (pas forcément parfaite, mais géniale, ça je le sens)(et triste aussi)(je prépare les paquets de mouchoirs dès maintenant).

Pour finir, j'ai lâché le roman hier avec un petit serrement à la poitrine. Parce que là, je ne vais pas pouvoir me dire qu'il me reste encore pleins de tomes à lire. La fin, je la sens arriver très fort et j'ai pas envie. Mais je me laisse déjà le temps de me remettre de mes émotions (Parangon <3) avec un autre roman avant de me lancer. Le mois de Février va être triste je sens.


mercredi 15 janvier 2020

Rêves de Femmes : six nouvelles, Virginia Woolf

Je n'ai encore jamais lu de nouvelles de cette chère Virginia Woolf. Lorsque j'ai trouvé ce petit recueil à la librairie, je me suis dis que c'était l'occasion ou jamais (en vrai, j'ai une de ses nouvelles dans un de ses essais à la maison, mais comme je n'ai pas encore lu les essais de Virginia Woolf...).

Rêves de Femmes : six nouvelles, Virginia Woolf

Editeur : Folio
Collection : Classique
Année de parution : 2018
Titre en VO : ?
Année de parution en VO
Nombre de pages : 144 (en vrai, 101 si on ne compte pas le dossier à la fin)(que l'on retrouve sur tout les Folio de l'autrice et que je ne lis plus depuis longtemps).

A lire si
- Vous aimez les nouvelles
- Vous comprenez facilement l'ironie
-Vous voulez du féminisme mais pas trop non plus

A ne pas lire si
- Vous voulez des textes longs


Présentation de l'éditeur :

Ces six courtes nouvelles, qui s’étendent sur toute la carrière de Virginia Woolf, condensent tout son génie littéraire. Avec une absolue liberté d’écrire, allant à l’essentiel, elle revendique l’autonomie morale, affective et sociale des femmes, et affirme leur droit à désirer. Pour elle le désir est un «moment d’être» : une expérience sensorielle totale, qu’elle saisit dans une écriture impressionniste. Il en résulte une atmosphère de rêverie langoureuse, de sensibilité érotique qui englobe tout, les êtres, les paysages et le temps. Woolf capture ici superbement l’intimité des femmes entre elles, qui s’affirment comme sujets pensants et désirant.

Mon avis

Ce court recueil comporte diverses nouvelles publiées de ci de là par l'autrice. Ce n'est pas un recueil "officiel" qu'elle a pu écrire (c'est pour ça qu'il n'a pas de titre en VO par exemple). Il comporte six nouvelles donc écrite à diverses périodes et une préface de l'autrice qui est en fait la retranscription de l'une de ses conférences.
Comme toujours avec ce genre de livre, je vais parler des nouvelles une par une.

Les femmes et le roman
La préface du roman est donc une retranscription. Virginia Woolf a fait beaucoup de conférence sur la place de la femme dans la société. Les femmes et le roman tente à expliquer la place des femmes dans la littérature et pourquoi elles ne semblent ne pouvoir écrire que des romans, et non de la poésie ou des essais. Plus que cela, elle va prouver que dans un futur proche, les femmes auront enfin la possibilité de faire autre chose et donc d'écrire moins de romans mais bien meilleurs. Elle prône déjà une émancipation de la femme autrice que personne ne voit forcément à cette époque. Et elle a bien raison, il n'y a qu'à voir son propre parcours. C'est un discours intéressant mais que j'ai trouvé malheureusement un peu trop court (il faut vraiment que lise une Chambre à soi qui regroupe toutes les conférences qu'elle a pu faire à ce sujet).

Un collège de jeunes filles vu de l'extérieur
La première nouvelle est assez courte et elle aurait du être incluse dans La Chambre de Jacob (apparemment au chapitre X). On retrouve d'ailleurs le style du roman, ce début de flux de pensée qui caractérise si bien la production de Woolf à partir de ce roman-là. On y suit une sorte de rêverie dans les dortoirs d'un collège de jeunes filles (plus précisément de Newnham College). Angela, la protagoniste de cette nouvelle, rêve encore du  baiser qu'une de ses camarades lui a donné. C'est doux et poétique, parfait pour introduire ce petit recueil.

Une société
Cette fois-ci, point de rêverie, plutôt une certaine désillusion. Dans une société, un groupe de jeunes femmes décident d'évaluer les hommes, leurs compétences et surtout leurs œuvres afin de se prouver que l'homme est bien supérieur à elles. C'est un texte purement ironique et terriblement féministe. La nouvelle renvoie beaucoup à "Les femmes et le roman" dont elle semble être le pendant romanesque. 

Dans le verger
Nous revenons à la rêverie cette fois. La jeune Miranda se trouve sous un pommier et rêve. C'est une nouvelle pleine de sons et de bruits. Cette nouvelle a un côté très Alice au Pays des Merveilles. Bien que bien écrite, j'avoue que je ne l'ai que peu apprécié.

Moments d'être : "les épingles de chez Slater ne piquent pas"
Cette nouvelle fut écrire durant (ou juste après) les correction de La promenade au Phare. Elle fait partie des "moments d'être", des textes en flux de conscience écrit en partant d'un souvenir, d'un objet... Ici, c'est à partir d'une épingle de chez Slater que l'on va découvrir la vie de Miss Craye, vieille fille qui vit hors de norme de la société contemporaine. J'aime particulièrement lorsque l'autrice utilise le flux de pensée et ici, sur un format aussi court, c'est particulièrement prenant. 

Lappin et Lapinova
Voici ce qui pourrait être un charmant conte sur le couple et ce qui peut unir deux personnes. Sauf qu'écrit par Virginia Woolf, le conte se transforme et devient un récit sur la désillusion qu'apporte le mariage. C'est mignon et cruel, comme peuvent l'être les contes. 

Le legs
La dernière nouvelle nous présente un homme ayant récemment perdu son épouse et découvrant enfin ses journaux intimes. Petit à petit, il va découvrir une autre facette de sa femme. Le legs se rapproche pas mal de Lappin et Lapinova pour son thème. Il y ajoute l'aveuglement que l'on peut avoir face aux autres et à soi-même. Bien que lisant les journaux de sa femme, notre homme continue penser qu'elle le voit comme lui se voit (forcément mieux en tout que ce qu'il peut l'être) et surtout, continue à la voir elle comme il le souhaite et non comme elle est réellement. La chute de la nouvelle reste prévisible mais ce n'est peut-être pas l'important ici. 

Ce petit recueil de nouvelles m'a bien plu. Il éclaire un peu sur le féminisme de son autrice mais aussi sur sa personnalité (on retrouve beaucoup d'elle dans ces quelques nouvelles je trouve). Il me parait être un bon point de départ pour qui veut la découvrir (il comprend des textes parut à diverses périodes de sa carrière, dont certains sont en flux de conscience et d'autres non). En tout cas, j'ai apprécié et je le recommande pour découvrir l'autrice.