lundi 26 octobre 2020

One dark and stormy Knight, the Avalon Café, tome 1, Hermione Moon

Je ne sais plus trop comment ce roman a atterri dans ma PAL numérique. Je crois que j'ai profité d'une promo ou quelque chose dans le genre. C'est assez rare que je prenne des livres en VO (je suis persuadée que mon niveau d'anglais est bien inférieur à ce qu'il est) mais là, ça a fait tilt. Du mystère, de la sorcellerie moderne, le Roi Arthur, il n'en fallait pas plus pour que je me lance. 

One dark and stormy Knight, the Avalon Café, tome 1, Hermione Moon

Editeur : Hermione Moon
Collection : /
Année de parution : 2020
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les cozy mystery
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez les sorcières

A ne pas lire si 
- Vous voulez une grande enquête
- Vous voulez plein "d'effet spéciaux"

Présentation de l'éditeur :

When kitchen witch Gwen Young discovers the spirit of King Arthur in the suit of armour that stands in her café only an hour after finding a dead body in the library, she knows it’s going to be a very strange day…

Mon avis

Lire en anglais n'est pas la chose la plus naturelle pour moi. Le dernier livre, c'était le Génialissime The Starless Sea d'Erin Morgenstern, et je ne suis pas sûre de l'avoir complètement compris. Mais je m'accroche et je compte bien lire plus souvent en VO, ne serait-ce que parce que j'ai des vus sur certains volumes de séries qui ne semblent pas vouloir être traduit en VF (coucou Bragelonne et le cycle de Miles Cameron dont il nous manque deux tomes en VF). Du coup, j'entame toujours les rares romans en VO avec un peu d'appréhension. Sur celui-ci, elle est vite passée. Comme je le disais en intro, soit je sous-estime mon niveau en anglais (ce qui est plus que possible), soit il faut avoir un niveau avec simple en anglais. 

La plupart des femmes ont toutes imaginés avoir un beau chevalier en armure pour les protéger. Gwen aussi. Par contre, elle ne s'attendait vraiment pas à découvrir un meurtre ni par être sauvé de l'assassin par l'armure qui décore son café à Glastonbury. Encore moins à ce que l'homme dans l'armure soit le Roi Arthur. Alors que son amie Imogen va mener l'enquête, Gwen va essayer de l'aider mais aussi de libérer Arthur de son armure.

ODASN est donc un cozy mystery où se mêle magie et fantastique mais aussi romance. La partie cozy mystery semble même être presque un prétexte pour les trois autres. J'ai eu tendance, parfois, à oublier que Liza avait été assassiné. La vie de Gwen se retrouve particulièrement chamboulée suite à ce tragique évènement mais surtout à l'apparition d'Arthur dans Sir Boss, l'armure de son café. C'est plutôt cette apparition qui est importante, plus que le meurtre, même si celui-ci et l'enquête pour le résoudre permet de faire plus ample connaissance avec notre héroïne. 

Une héroïne que j'ai assez apprécié, je dois bien le dire. Gwen est un personnage assez solaire, qui essaie, grâce à sa sorcellerie, de rentre le monde autour d'elle un peu meilleur, un peu plus joyeux. Elle a ses problèmes mais à tendance à s'occuper plus de ceux des autres que des siens. Pourtant la vie ne l'a pas forcément ultra gâtée. Elle a perdu sa mère récemment, le seul homme qu'elle ait aimé est marié avec la victime du meurtre (qui aime bien la narguer vu que Liza, elle, a l'homme mais aussi le job dont Gwen rêvait plus jeune)... Heureusement, elle a toujours sa meilleure amie, Imogen (l'inspectrice qui doit résoudre le meurtre) pour lui remonter le moral, son chien Merlin et sa tante. Finalement, Gwen, c'est la voisine d'à côté, la fille bien sous tout rapport à qui on ne va pas forcément chercher de noise. C'est aussi, semblerait-il, la réincarnation de la reine Guenièvre. C'est d'ailleurs pour cela qu'Arthur se pointe dans l'armure pour la sauver. Si lui est persuadé qu'elle est la femme de sa vie, ce n'est pas tout à fait le cas pour elle. 

J'ai beaucoup aimé la manière dont les différentes relations sont abordées dans ce roman. Gwen est un être sociable, gentils. Son amitié avec Imogen dure depuis des années et les deux femmes savent qu'elles peuvent s'appuyer l'une sur l'autre même en plein coup dur. D'ailleurs, Immi est la seule à savoir que son amie est une sorcière et elle l'accepte parfaitement. Tout aussi touchante dans un autre domaine, c'est la fin de sa relation avec Luke, son ex petit ami et mari de la victime. Les passages entre eux sont particulièrement bien foutus, sans faire dans le pathos alors que franchement, ça pouvait y aller très vite. Et puis, il y a Arhtur. J'ai aimé la manière dont les deux se découvrent (ou redécouvrent du côté d'Arthur, persuadé que Gwen est Guenièvre). C'est mignon tout plein mais sans trop faire dans la guimauve (après, ça reste de la romance, alors bon, on échappe pas toujours au côté guimauve). Et puis, il y a tous les personnages secondaires et ce qu'on va apprendre sur eux. Autant dire que finalement, Glastonbury n'est pas aussi calme qu'on le pense au début.

Le seul truc qui me dérange finalement un peu, c'est qu'on finit par oublier parfois qu'il y a eu un meurtre derrière tout ça. Les avancés de l'enquête m'ont trop souvent semblé être un prétexte pour mettre la romance, que se soit celle entrer Gwen et Arthur ou celle entre Imogen et Christian, en avant. C'est un peu dommage parce que du coup, j'ai raté des indices (mon niveau en anglais n'a peut-être pas aidé non plus)(mais franchement, il y en a au moins un que j'ai vu mais pas du tout considérer comme un indice à cause du fait qu'il se retrouve complétement perdue dans une scène). 

Au final, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Gwen (sous mon plaid la plupart du temps, avec un bon thé à côté de moi, ne manquait que le feu de cheminé). Je pense que je continuerai la série (il y a quatre autres tomes) parce que j'ai très envie de voir ce que va donner Arthur de nos jours et comment va évoluer sa relation avec Gwen (et puis ça aide à progresser en anglais aussi). Bref, c'est un bon petit cozy mystery qui ne paie pas toujours de mine mais qui est agréable.

lundi 19 octobre 2020

Les Abysses, Rivers Solomon

J'entends pas mal parler de ce roman dans ma tweet list, un peu sur Instagram. C'est amusant, j'ai l'impression d'en avoir beaucoup entendu parlé et en même temps très peu. C'est une sortie assez confidentielle au final, et c'est bien dommage.

Les Abysses, Rivers Solomon

Editeur : Les Forges de Vulcain
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en VO : the Deep
Année de parution en VO : 2019
Nombre de pages : 178

A lire si :

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur : 

Lors du commerce triangulaire, quand une femme tombait enceinte sur un vaisseau négrier, elle était jetée à l'eau. Mais en fait, toutes ces femmes ne sont pas mortes. Certaines ont survécu, se sont transformées en sirènes et ont oublié cette histoire traumatique. Un jour, l'une d'entre elles, Yetu, va leur rappeler.


Mon avis

Cela ne m'était pas arrivé depuis un moment. Je ne sais pas comment remplir le à lire\ à ne pas lire. C'est compliqué. Parce qu'il est compliqué, d'ailleurs, de résumer ce court roman, parce qu'il est dur, parce qu'il parle de pas mal de chose. Parce que je l'ai aimé et qu'il m'a pas mal marqué. Les Abysses, c'est le genre de roman qui ne vous laisse pas indifférent, et cela, je pense, que vous l'aimez ou non. Personnellement, il m'a parlé, beaucoup, il m'a ému, beaucoup aussi. 

Rivers Solomon est une personne noire non-binaire et il est important de le savoir avant de lire les Abysses. Important pour comprendre ce qu'iel a voulu mettre dans son roman (j'emploie iel pour parler de Rivers Solomon puisque le neutre existe en français. Il semble, d'après sa page wikipédia qu'iel accepterait le elle en français, je ne le fais pas, j'espère ne pas faire de connerie). Parce que les Abysses parlent d'esclavage, parce que les Wajinrus sont des êtres nés des femmes noires jetées des négriers parce qu'enceinte et peu rentable, parce qu'ils sont assez proche de la non binarité pour certains et des personnes intersexe pour beaucoup. Parce que le roman est profondément LGBTQI+ et aussi profondément ancré dans l'histoire des personnes racisées, plus particulièrement des descendants des esclaves. 

Les Wajinrus sont des sirènes. Iels sont nés des femmes esclaves enceintes que les négrier jetés à la mer car devenus non rentable. Nés dans la souffrance, iels ont préféré, petit à petit, oublier leur passé, le confier à une seule personne, l'Historien, et ne s'en souvenir qu'une fois par an, le jour du Don de Mémoire. Yetu est l'Historienne de sa génération. Fragile, elle ne supporte plus les souvenances qui l'assaillent régulièrement. Elle est la seule à connaitre la souffrance de son peuple, à se souvenir. Cela l'épuise. Alors, le jour du Don de Mémoires, elle fuit. Elle laisse son peuple se souvenir et elle fuit. Mais, elle va se blesser et atterrir dans un lagon où elle va être soigner par des deux-jambes, et plus particulièrement Oori, une jeune femme, dernière de sa tribu.

Comme je le disais, le roman parle de mémoire. C'est un des aspects qui m'a particulièrement marqué. Que serait un peuple sans sa mémoire ? Ou avec une mémoire défaillante, et mal "guidée"/'interprétée" ? Les Wajinrus, en attendant que Yetu leur face don de la mémoire collective de son peuple, se sentent vides. Ils se souviennent de très peu de chose, pas même leur propre vie. Or, ce vide ne peut pas être totalemen comblé en une journée. Malheureusement, en leur laissant les souvenirs sans les guider, Yetu crée une sorte de monstre. Les plus durs souvenirs reviennent et la haine des Wajinrus pour les deux-jambes, coupables de tellement de mal, risque de détruire les deux mondes. De son côté, Oori, seule survivante de son peuple, essaie tant bien que mal de garder leur mémoire vivante, de la protéger pour que l'on se souvienne de qui était son peuple. Elle va faire comprendre, d'une manière ou d'une autre, à Yetu, l'importance de la mémoire et de son partage. Or, on sait que pour beaucoup de minorité, la mémoire est particulièrement importante. On la vu récemment avec le déboulonnage des statues des négriers. On le voit aussi avec les archives LGBT qui devrait un jour existé (vaste sujet, que l'on peut retrouver ici sur Actualitté par exemple). La mort de la mémoire d'un peuple (ici au sens très large) amène petit à petit à la mort du dit peuple. Cela vaut encore plus pour les minorités. C'est ce thème-là qui ressort énormément des Abysses pour moi. Et c'est ce qui m'a particulièrement touché.

En commençant le roman, je pensais lire quelque chose de plus "terre à terre", l'histoire de ces femmes noyées. Or, je me suis trouvée devant bien plus que ça. C'est un récit terriblement poétique sur l'appartenance à un groupe et le besoin d'individualté que cela peut apporter. C'est un appel vibrant à l'envie de devenir soi sans oublier ce qu'on a été, que se soit en tant qu'individu mais aussi en tant que multitude. C'est une belle fable, qui ne se perd pas en mièvrerie, dure et nécessaire. 

Je ne sais pas si je peux dire que j'ai eu un coup de cœur pour les Abysses. Je crois qu'il faut d'abord que je le digère entièrement. Il a beau faire moins de 200 pages, il est assez dense finalement. En tout cas, il est sûr que ce n'est pas un roman qui laisse indifférent, et cela, que l'on soit concerné ou non (je suis blanche cis hétéro (loin de faire partie d'une minorité donc), et franchement, ce livre me parle énormément et encore mieux, me permet de m'interroger sur certains points). Je crois que le seul vrai bon conseil que j'aurais à vous donner sur les Abysses, clairement, c'est de le lire. 

mercredi 14 octobre 2020

Le livre des Radieux 1, les Archives de Roshar, tome 2, Brandon Sanderson

J'ai attendu deux mois avant de me lancer dans la suite des Archives de Roshar. Deux mois où, je l'avoue, je n'ai presque pensé qu'à ça (avec une interruption pour Six of Crow). C'est rare quand ça m'arrive avec une série, la dernière à m'avoir obsédé à ce point, ça devait l'Assassin Royal il y a une quinzaine d'année (du coup, je suis en train de me dire qu'attendre les prochains tomes pas encore écrits ou publiés va être une vraie torture pour moi) 

Le livre des Radieux 1, les Archives de Roshar, tome 2, Brandon Sanderson

Editeur : Le livre de poche
Collection : fantasy
Année de parution : 2019
Titre en VO : The Stormlight Archive, book 2: Words of Radiance, part 1 
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 1104 (et je trouve que c'est pas assez...)

A lire si :
- Vous aimez les grandes et longues saga
- Vous aimez quand ce sont les personnages qui portent l'histoire
- Vous voulez des personnages divers et variés

A ne pas lire si : 
- Vous voulez que ça aille vite 

Présentation de l'éditeur : 

Roshar, terre de pierres et de tempêtes. Des siècles ont passé depuis la chute des Chevaliers Radieux, mais leurs avatars, des épées et des armures mystiques qui transforment des hommes ordinaires en guerriers invincibles, sont toujours là.
Au cœur des Plaines Brisées, Kaladin lutte depuis dix ans dans une guerre insensée. Dalinar, le chef d’une des armées, est fasciné par un texte ancien, La Voie des rois. Au-delà de l'océan, la jeune Shallan apprend la magie et découvre certains secrets des Chevaliers Radieux...

Mon avis

Chroniquer un Sanderson pourrait se résumer à : coup de cœur, lisez-le, cherchez pas, faites-moi confiance. Mais je suis gentille et je vais faire un effort pour vous donner un avis un tout petit peu plus détaillé.

A la fin de la Voie des Rois, Kaladin sauvait Dalinar et Adolin du piège que leur avait tendu Sadaes. Dalinar intégrait les équipes de pont dans son camp, faisant du jeune homme le capitaine de la garde cobalt, sa garde personnelle. Shallan réussissait à convaincre Jasnah de la reprendre comme pupille et les deux se mettaient en route pour les Plaines Brisées. Nous retrouvons donc notre petit monde là où on les avait laissé, ou presque, puisque quelques temps sont tout de même passé (mais pas beaucoup).

Kaladin prend ses marques en tant que capitaine de la garde cobalt et protecteur des Khovin. Un boulot pas si simple que ça. Il doit gérer ses équipes, ses nouveaux pouvoirs, ses nouvelles responsabilités et le fait qu'il est surement un Radieux. Et comme si tout cela n'était pas déjà assez suffisant, Amaram, l'homme qui a fait de Kaladin un esclave et a brisé le jeune homme, arrive sur le camps de guerre et l'assassin en blanc refait son apparition. Autant dire que la vie du jeune homme n'a rien d'une promenade de santé en ce moment. Et pourtant, j'ai trouvé qu'on ramait un peu avec lui. Ses passages sont tous super intéressant sur bien des points, que se soit la vie du campement, la manière dont il évolue par rapport à la famille Kholin et à ses hommes ou encore ses réflexions sur ce qu'il est. On y trouve même de l'action, des piques (sa relation avec Adolin n'est pas des meilleures malgré le respect mutuel qu'ils ont l'un pour l'autre (et qu'ils cachent très fort) etc... Mais on n'avance pas beaucoup. Je trouve qu'il n'évolue pas énormément. Après, je sais que nous ne sommes que dans la première partie de ce second tome et franchement, j'attends la seconde avec impatience pour lui et pour Dalinar (qui n'est d'ailleurs plus personnage point de vue dans ce tome-ci)

A l'inverse, ça bouge beaucoup plus pour Shallan. Déjà, nous explorons son passé, comme nous avons pu le faire avec Kaladin dans la Voie des Rois. Ce sont des passages que j'apprécie puisqu'il apporte souvent des réponses sur la psychologie des personnages. Et pour la jeune clarissime, nous avons besoin de pas mal d'éclairage. Car la Shallan que nous suivons la plupart du temps évolue énormément durant cette première partie. Son navire est attaqué, Jasnah est assassinée sous ses yeux, et elle se trouve être la seule survivante de l'attaque. Perdue, elle réussit à intégrer une caravane d'esclave où elle se fait passer pour une clarissime importante afin de parvenir jusqu'aux Plaines. Un voyage pas de tout repos qui va lui en apprendre un peu plus sur ses pouvoirs mais aussi sur la nature humaine. Il va d'ailleurs en être de même pour son arrivée sur les Plaines, où elle va devoir convaincre les Kholin de ne pas annuler ses fiançailles avec Adolin malgré la disparition de Jasnah mais aussi continuer les travaux de son mentor tout en essayant de découvrir qui était les commanditaires de son assassinat. C'est avec elle, je trouve, que nous appréhendons le mieux la politique du royaume, surement parce qu'elle la découvre aussi. Mais surtout, elle évolue énormément, découvrant ce dont elle est capable et essayant de se montrer à la hauteur de Jasnah. Shallan est un personnage particulièrement complexe que l'on apprend à bien mieux connaitre et qui reste, encore une fois, ma préférée. Et en plus de ça, on commence à voir sa relation avec Adolin.

Un Adolin qui fait parti des personnages point de vue. Et déjà que j'aimais beaucoup le personnage lorsqu'on le voyait dans les chapitres de son père, je l'apprécie encore plus maintenant. Il est peut-être un peu moins complexe (pour l'instant) que Kaladin ou Shallan mais ce n'est pas grave. Avoir son point de vue, c'est voir à quel point il a confiance en son père, à quel point il veut bien faire pour Alekthar mais aussi à quel point il peut douter de lui-même, ce qu'on ne voit que rarement lorsque se sont les autres qui sont PdV. Et puis, avouons bien que le voir commencer à interagir avec Shallan dans le cadre de leur fiançailles, c'est quand même génial (leur premier rendez-vous est juste trop chou, il ne s'attendait sûrement pas à rencontrer quelqu'un avec la repartie de la jeune femme et ça à l'air de lui faire un bien fou). Une autre relation appréciable et qui, je suppose, va encore évoluer, c'est clairement entre lui et Kaladin. Après l'attaque de l'assassin blanc, il commence à se rendre compte qu'il s'est peut-être un peu trompé sur l'homme de pont. J'ai hâte de voir comment ça va se passer entre eux.

Outre les personnages, on continue à explorer la complexité de Roshar. Je suis de plus en plus fan de cet univers. Même si on ne bouge pas trop des Plaines Brisées pour le moment, on a tout de même un bien plus aperçu de ce qu'il se passe ailleurs grâce aux intermède entre les parties. Et ce qu'on découvre fait grave envie. En plus de ça, nous commençons enfin à en voir un peu plus sur les Parshemandis. Même si pour l'instant, leur peuple et leur us et coutumes nous restent un peu flous, on commence à entrevoir ce qu'ils sont et pourquoi ils se battent sur les Plaines. J'ai très très hâte de voir ce que ça va donner, surtout que nous quittons cette première partie sur un nouvel échec de paix entre les deux parties alors que tout semblait être bon pour que ça réussisse.

Au final, cette première partie est vraiment super. Je ne suis peut-être pas très objective, mais j'ai clairement adoré (surtout parce que Shallan et Adolin ont une grande place dedans et que je les adore tous les deux). Plus on avance, plus j'aime la complexité de cet univers. C'est un vrai coup de coeur pour la série, comme ce le fut il y a quelques années pour Fils-de-Brume. Vraiment, j'adore la manière dont Sanderson mène tout cela. C'est vraiment génial à lire (et à décortiquer aussi). 

Je ne le dirais jamais assez, mais si vous aimez la fantasy, il vous faut lire Sanderson


lundi 12 octobre 2020

Le Génome Walkyrie, Dimitri Hennessy, tome 2, Benedict Taffin

Une fois encore, Benedic Taffin m'a fait confiance (merci, merci, merci) et m'a confié son Génome Walkyrie, second tome des aventures du Baron Dimitri Hennessy. Et je suis super contente. J'ai adoré le premier tome, le Code Minotaure, j'ai encore plus aimé celui-ci.

Le Génome Walkyrie, Dimitri Hennessy, tome 2, Benedict Taffin

Editeur : Benedict Taffin
Collection : 
Année de parution : 2017
Format : mobi

A lire si 
- Vous voulez un page-turner
- Vous voulez quelque chose qui pourrait être du James Bond mais en vachement mieux
- Vous voulez des personnages qui cachent bien leur jeu

A ne pas lire si :
- Vous n'avez pas quelques heures devant vous.

Présentation de l'éditeur : 

Une découverte prodigieuse !
Le premier utérus artificiel humain a été créé !
Et volé…
Ici et là, des hommes et des femmes disparaissent.
La nation Walkyrie est en marche.
Une fois de plus, le futur de notre monde est entre les mains de Dimitri Hennessy.
Après le code Minotaure, retrouvez le baron écossais dans de nouvelles aventures.

Mon avis

Comme je le disais, j'ai adoré le premier tome des aventures de Dimitri Hennessy. D'ailleurs, je l'avais lu en très peu de temps, dévorant l'histoire comme si c'était des petits bonbons. Si j'ai lu ce second tome un peu moins vite c'est parce que je voulais en profiter (et que j'ai oublié mon kindle aussi et que du coup, j'ai pas pu lire entre midi et deux (shame on me, j'ai râlé toute la journée à cause de ça d'ailleurs)). Cela ne veut pas dire qu'il est moins bien, d'ailleurs, je crois même qu'il est meilleur. Meilleur parce qu'on connait les personnages, que l'autrice s'amuse fort beaucoup avec eux et que le thème du roman n'est pas si simple que ça à aborder. 

Dans ce tome, après un premier chapitre amenant notre baron préféré dans les eaux des Caraïbes à la recherche de l'une des pierres semi-précieuse de son grand-père, le revoilà à Londres, où il doit participer à une réception dans un laboratoire travaillant sur le génome humain. Le laboratoire Cybria est d'ailleurs à la pointe de la technologie, à tel point qu'ils ont conçu la Matrice, un utérus artificiel humain. Or, l'entreprise est attaqué en pleine réception, la Matrice volée, son créateur assassiné. Les Veilleurs confient l'enquête à Roxane, qui se trouvait déjà chez Cybria pour d'autres raisons. De son côté, Dimitri par à la recherche d'Allison, la fille de l'un des dirigeants de Cybria (et ami de la famille). Forcément, les deux affaires se rejoignent et ce qu'ils vont découvrir fait plutôt froid dans le dos...

Le fils conducteur de ce nouveau roman est particulièrement sensible. Le génome humain est une chose merveilleuse sauf quand on joue un peu trop avec. C'est sur ce constat que l'on part dans le Génome Walkyrie. Il y est question de manipulation génétique, de création de l'humain "parfait", d'eugénisme mais aussi, un peu, d'espoir (parce que les manipulations génétiques pourraient permettre d'enrayer certaines maladies). Or, comme souvent en science, le problème de l'éthique se pose, et pas qu'un peu ici. Je trouve que Benedict Taffin s'en sort brillamment là-dessus. Elle a su mettre l'accent sur cette éthique-là, sur les problèmes qu'un utérus artificiel mais surtout sur l'intervention humaine à ce niveau pourraient amener. J'ai particulièrement apprécié avoir plusieurs sons de cloche, celui des scientifiques qui voient l'avenir dans le projet, celui des fanatiques religieux (le PKO, ordre de "chevalerie" qui prône la suprématie masculine toxique) qui y voit une abomination totalement, celui des fanatiques de la race parfaite (les Walkyries, que je vous laisse découvrir) et puis, celui, beaucoup plus nuancé de personnes en dehors de tout ça, qui sont capables de voir le pour et le contre. Ca donne vraiment tout son charme au roman et surtout ça permet d'avoir une intrigue qui tient particulièrement bien la route et qui se complexifie au fur et à mesure. 

D'ailleurs, en parlant de l'intrigue, j'ai apprécié sa "complexe simplicité". Alors, oui, là, dit comme ça, ça à l'air bizarre comme concept. En fait, l'intrigue en elle-même est assez simple, un objet est volé, il faut le retrouver. Ca n'aurait pu être que ça sans le talent de l'autrice. Parce qu'elle nous lance plusieurs pistes, qu'on va les suivre toutes de près ou de loin (jusqu'à se poser parfois la question de "mais pourquoi elle nous parle de ça ???")(sachez que tout a une réponse, même quand on s'y attend le moins) jusqu'à la fin. Le tout fait du Génome Walkyrie un parfait page-turner, qui se laisse lire autant pour son intrigue, ses réflexions que ses personnages.

Venons-en d'ailleurs aux personnages. J'avais déjà beaucoup aimé Dimitri et Roxane dans le premier tome. Je les ai trouvais encore mieux dans ce second. Je les ai trouvé tous les deux bien plus "humain" que dans le premier tome. Peut-être parce que nous les connaissons et que Benedict Taffin peut se pencher un peu plus sur des détails et surtout sur la manière dont les deux interagissent entre eux. Je dois bien dire que j'ai adoré les voir flirter (c'était assez amusant à lire je trouve, surtout que finalement, ça va leur va assez bien cette tension entre les deux), mais j'ai surtout aimé voir la manière dont ils se soutiennent. Et puis, je dois bien avouer qu'ils m'ont émus tous les deux (mais je vous dirais pas pourquoi, parce que ça spoile la fin quand même). Les personnages secondaires ne sont pas non plus en reste. La nouvelle galerie est impressionnante, entre les Walkyries, si semblables et pourtant assez différentes, Cassandra et Lucifer (que je vous laisse découvrir et que j'ai beaucoup apprécié)(j'aimerai en dire plus mais je peux pas sinon ça va spoiler) mais aussi Mattéo, italien catholique coureur de jupon et millionnaire. Le rital va faire équipe avec Roxane, se qui va entrainer pas mal de moment assez amusant. D'ailleurs, son évolution à lui est assez particulière puisqu'elle soit grandement ce qu'il se passe dans le roman.

Je pense qu'il est temps de finir mon petit avis (pas si petit que ça en fait j'ai l'impression). J'ai vraiment aimé. On plonge dedans sans problème et on en sort difficilement tellement on a envie de rester avec Dimitri et Roxane. Le roman est clairement addictif et on ne peut qu'en redemander après l'avoir lu. J'apprécie voir les personnages évoluaient comme ils le font, devenant de vrais compagnons durant ma lecture. C'est donc un coup de cœur, et je dirais même que vu comme on est parti, c'est clairement toute la série qui en est un (même s'il m'en manque encore deux à lire)

jeudi 1 octobre 2020

La Maison des Morts, Sarah Pinborough

De Sarah Pinborough, j'ai déjà lu Whitechapel que j'avais apprécié. Du coup, je me suis lancée dans la Maison des Morts avec la certitude que je ne serais pas déçue. Et puis, il me semblait que septembre et l'automne était la parfaite saison pour le lire.

La Maison des Morts, Sarah Pinborough

Editeur : Milady 
Collection : /
Année de parution : 2016
Titre en VO : the Death House
Année de parution en VO : 2014
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les huis-clos
- Vous voulez un roman plutôt orienté ado

A ne pas lire si 
- Vous vous attendez à avoir peur
- Vous ne voulez pas de romance

Présentation de l'éditeur : 

La vie de Toby bascule suite à un simple test sanguin. Au beau milieu d’une île déserte, une poignée d’enfants mène une existence hors du temps, sous la surveillance impassible d’une équipe d’infirmières. Arrachés à leurs familles, les Déficients vivent dans la crainte du moindre symptôme indiquant qu’il est temps pour eux d’être conduits au sanatorium, là d’où personne ne revient. Loin des siens, replié sur lui-même, Toby attend la mort et lutte contre la peur et le désespoir. Mais l’arrivée d’une nouvelle patiente lui redonne brusquement une raison de vivre et d’espérer...

Mon avis

En mettant la présentation de l'éditeur ici, je me rends compte à quel point je me suis légèrement fourvoyée quand j'ai pris le bouquin. Je l'avais lu pourtant. Je savais donc à quoi m'attendre. Alors pourquoi m'étais-je mis en tête que j'aurais surement une ambiance noire, et même des frissons ? J'aurais dût voir ce qu'il allait se passer en lisant cette présentation. Et pourtant, ce ne fut pas tout à fait le cas. Peut-être à cause de l'autrice et du seul autre livre que j'avais lu ? A cause de la couverture ? Je ne sais pas trop. Il n'empêche que je n'ai pas eu ce que j'espérais mais que c'était bien quand même.

La Maison des Morts, nom que donnent les enfants Déficients qui y vivent, se situe sur une île loin de toute civilisation. On y exile les gamins malade, attendant que leur gène défaillant prenne le dessus. Surveillés par Matrone, des infirmières et quelques professeurs, coupés du monde, ils ne peuvent qu'attendre l'inéluctable. Toby n'arrive pourtant pas totalement à s'y résoudre. Alors, toutes les nuits, il ne prend pas les somnifères et se promènent dans la maison, comme un pied de nez à Matrone et à sa situation. Pourtant, rien n'y fait. La peur et le désespoir sont là. Un jour, se sera lui qu'on mènera au dernier étage de la maison, là où se trouve le Sanatorium. L'arrivée de Clara va tout changer pour lui.

Je dois avouer que j'avais un peu peur de l'aspect un peu trop adolescent du roman. Les personnages qui hantent le roman ont entre dix et seize ans pour la plupart, les adultes, Matrone, les infirmières ou les professeurs étant finalement assez absent, plus des ombres que de réel protagoniste ou antagonistes. Mais cette peur était non fondée, sauf au niveau d'une partie de la romance qui entre en jeu après l'arrivée de Clara. Il faut dire que l'ambiance mise en place par Sarah Pinborough est tellement immersive qu'on ne peut qu'être pris dans le roman. Et justement, l'ambiance est vraiment, pour moi, le gros point fort de cette Maison des Morts. 

Si le roman n'a rien d'horrifique, il a une ambiance très lourde, entre peur, désespoir mais aussi lueur d'espoir à certain moment. Sarah Pinborough réussit à nous faire entrer dans la peau de Toby et des autres enfants sans la moindre difficulté. Nous sommes vraiment avec eux dans la maison. Et du coup, sans avoir de gros frissons, on arrive tout de même à être parfois mal à l'aise face à ce qu'il se passe. Personnellement, j'ai été traversé par pas mal d'émotion en lisant la Maison des Morts et ça, grace à l'ambiance mise en place. Les relations entre les enfants aident aussi beaucoup. On y retrouve un peu les archétypes des huis-clos mais aussi des bandes d'enfants ; le chef de bande, le caïd, les meilleurs copains, les à l'écart, le fanatique religieux... Le tout forme un groupe assez sympathique à suivre, finalement assez proche de ce qu'on pourrait retrouver dans une cour d'école par exemple (si on oublie le fanatique religieux, et encore). J'ai beaucoup apprécié suivre Toby. Le jeune homme n'est pas un héros, juste un gamin perdu qui ne comprend pas tout ce qu'il se passe. J'aime la manière dont l'autrice se sert de lui pour raconter son histoire. 

Par contre, pour moi, le livre manque de plusieurs choses. L'ambiance est géniale, Toby agréable (même quand il devient un peu niais avec Carla) mais j'aurais voulu peut-être plus de tension par rapport aux adultes que je trouve trop effacé. Alors oui, je sais, l'histoire est raconté par le garçon et on ne sait que ce que lui connait. Et justement, il ne sait pas grand chose finalement, juste ce qu'il voit et ce qu'il arrive à glaner. Ca entretient le mystère autour de la maison et en même temps, ça empêche le lecteur de tout comprendre. J'ai eu l'impression d'ouvrir bien plus de portes que ce que j'ai fermé en finissant le bouquin. On ne sait rien des Déficients, de ce qu'il a pu se passer. Matrone apparait comme la méchante de la Maison des Morts mais elle reste finalement juste une ombre, sans confrontation avec les enfants. De plus, il est tout de même assez prévisible (Toby est seul, puis arrive Clara, ils tombent amoureux, y a la maladie, ils veulent fuir... jusqu'à la fin qui même si elle m'a émue était complètement prévisible).

Pourtant, ces défauts ne m'ont pas empêché d'apprécier ma lecture. Sarah Pinborough est une autrice dont j'apprécie le style, la manière de poser ses ambiances. C'était le cas sur Whitechapel, ça l'est aussi pour cette Maison des Morts. La Maison fonctionne bien, même si elle est un peu trop prévisible. C'est une lecture appréciable et qui matche bien avec la saison automnale je trouve.

lundi 28 septembre 2020

La Cité Corrompue, Six of Crows, tome 2, Leigh Bardugo

J'ai mis un moment à recevoir ma commande où se trouvait ce second tome (j'ai mis deux semaines pour recevoir le mail d'arriver de la commande à ma librairie alors qu'elle y était depuis déjà cinq jours)(mais c'est pas grave, j'ai quand même eu mes livres et c'est l'essentiel). Et dès que je l'ai eu, je me suis jetée sur ce second tome pour savoir comment ça se finit toute cette histoire.

La Cité Corrompue, Six of Crows, tome 2, Leigh Bardugo

/!\ Je vais spoiler /!\. 

Editeur : Le livre de poche
Collection 
Année de parution : 2018
Titre en VO : Six of Crows, book 2: Crooked Kingdom 
Année de parution en VO : 2016
nombre de pages : 650

A lire si : 

- Vous aimez quand on vous mène un peu en bateau
- Les flashback ne vous font pas peur
- Vous voulez plein de rebondissement

A ne pas lire si : 

- Vous n'aimez pas les flashback
- Vous voulez quelque chose de linéaire

Présentation de l'éditeur : 

Après avoir réussi à s’enfuir du Palais des Glaces, Kaz et ses compagnons se sentent invulnérables. Un revirement de situation va cependant changer la donne d’une partie mortelle que devront jouer les jeunes prodiges du crime. Alors que les grandes puissances Grisha s’organisent pour leur mettre la main dessus, Kaz imagine un plan, entre vengeance et arnaque, qui leur assurera la gloire éternelle en cas de réussite, et provoquera la ruine de leur monde s’ils échouent.

Mon avis

Après une fin des plus mouvementée dans le premier tome, il était temps de replonger dans l'univers de Six of Crows et de ses arnaqueurs. Surtout que cette fois, on ne va pas bouger de Ketterdam. Mais avant tout ça, on se rappelle un peu où en est (ce que le roman ne fait pas vraiment d'ailleurs, nous plongeant direct dans le vif du sujet). Kaz et les autres ont réussi leur coup, ils ont ramené Kuwei à Ketterdam comme on le leur a demandé. Mais Van Eck réussit l'exploit de doubler Kaz en kidnappant Inej. Un affront que Brekker ne peut pas supporter. Il lui faut reprendre le dessus et mener le mercurien à sa perte. 

Moi qui aime les intrigues politiques, les coups à l'envers et les retournements de situation, j'ai été clairement plus que servi avec cette Cité Corrompue (rien qu'avec le titre, c'était à prévoir, hein). Parce qu'outre la vengeance de Kaz Brekker, que se soit contre Van Eck ou Pekka Rollins (et finalement contre lui-même), on se retrouve aussi avec les Shus venus capturer les Grishas restant à Ketterdam pour en faire des armes et les dits Grisha prêts à pas mal de chose pour récupérer Kuwei, mort ou vif d'ailleurs. Tout ce petit monde va donc s'affronter d'une manière ou d'une autre dans Ketterdam, promettant ainsi au lecteur un certain nombre de rebondissements. Et je peux vous dire que pour certains, je n'ai pas tout vu venir (pour d'autres, j'ai compris comment fonctionne les plans de monsieur Brekker, alors du coup, c'est plus facile). 


Mais sur ce tome-ci, je crois vraiment que c'est l'évolution des personnages qui m'a le plus touché. Je m'étais déjà bien attaché à la plupart d'entre eux lors du premier tome. Je m'attendais donc à les aimer encore plus et, ce fut effectivement le cas. Mais surtout, j'ai trouvé que tous, mais vraiment tous, évoluait énormément dans ce tome. A commencer par Kaz. Le chef de gang gagne encore un peu plus en profondeur et, enfin, on se penche un peu plus sur ses relations avec les autres. Et j'ai aimé ce que j'ai vu de ce cher Kaz, mais vraiment. On le découvre soudain plus humain, avec ses doutes mais surtout ses phobies (et cette scène dans la salle de bain !). Vraiment, le personnage que l'on découvre dans ce second tome est des plus intéressant et je comprends pourquoi il est temps aimer. Quant à mes chouchous, à savoir Wylan, Mathias et Nina, je n'ai pas été en reste, surtout avec Wylan (je l'aime beaucoup ce petit en fait). Mais là où j'ai été plus surprise, c'est avec Jesper qui ne m'avait pas plus marqué que ça lors du premier tome. Là, j'ai découvert un autre Jesper qui m'a bien plus touché. Reste Inej. Pas que j'ai du mal avec elle. C'est autre chose. Je l'aime beaucoup mais je ne saurais vous dire pourquoi, je la trouve régulièrement trop effacée. En fait, j'apprécie les interactions qu'elle a avec les autres, sa fonction de "conscience" pour la plupart d'entre eux, mais je trouve qu'elle disparait trop facilement derrière cette fonction-là. Or, Inej, c'est plus que ça et c'est dommage qu'on ne s'en rende pas toujours compte. 

Et puis, il y a, enfin, Ketterdam. Vous savez à quel point j'aime les villes, surtout quand elles deviennent plus qu'un simple décors. Ketterdam, c'est l'âme de ce second tome. C'est la mère patrie pour Kaz, la terre d'exil de bien d'autres personnages, la ville du mal, celle de l'espoir aussi. J'ai été ravie de vraiment la découvrir cette fois, surtout avec les yeux de ceux qui la connaissaient. Je n'ai pas été déçue par son ambiance, la manière dont elle engloutit ses habitants. On comprend mieux en la découvrant comment on peut en arriver à devenir un Kaz Brekker ou un Jan Van Eck, comment deux hommes que tout opposent sont le miroir l'un de l'autre. C'est vraiment une ville qui m'a plu, pas forcément que j'aurais envie de découvrir (quoique), mais qui est complexe et parfaitement en accord avec le reste.

Bon, je pense que vous l'avez compris, j'ai beaucoup beaucoup aimé et ce second tome et la duologie en entier. Je m'y attendais un peu mais peut-être pas à ce point. Et comme dit lors de l'avis du premier tome, il est sûr que j'irais refaire un tour dans le Grishaverse (j'ai cru comprendre qu'il faudrait que je lise d'abord Grisha avant de lire King of Scar (ce qui m'ennuie, parce qu'il y a Nina dans le second)).

lundi 21 septembre 2020

Un manoir en Cornouailles, Eva Chase

Les Cornouailles font parties des endroits que je veux visiter un jour. Ma passion pour les légendes Arthuriennes n'y sont pas pour rien. Du coup, je suis littéralement attirée par le mot dès que je le vois. Et c'est comme ça que ce Manoir est arrivé dans ma PAL. Ca, et la mention de Daphné du Maurier aussi. Bon par contre, il a fallu attendre que ma mère le finisse avant de me plonger dedans.

Un manoir en Cornouailles, Eva Chase

Editeur : 10/18
Collection : /
Année de parution : 2019
Titre en VO : Black Rabbit Hall 
Année de parution en VO : 2015
Nombre de pages : 430

A lire si 
- Vous aimez les huis-clos
- Vous aimez les histoires et secret familiaux
- Vous n'êtes pas dérangés par deux lignes de temps

A ne pas lire si 

Présentation de l'éditeur : 

Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.
Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?
Eve Chase nous entraîne dans une passionnante spirale unissant deux femmes séparées par les années, mais que la force de l’amour et le poids des secrets réunissent en une seule voix, mélancolique et entêtante.

Mon avis

Comme je le disais, dès que ça parle Cornouailles, je me jette dessus. Mais si en plus de ça, ce roman-ci parle d'un manoir et d'un mystère. On comprend mieux du coup l'allusion à Du Maurier sur la quatrième de couverture de l'édition 10/18 même si, avouons-le, le lien ne se fait pas tout de suite (Nous vous attendez pas à un roman dans la lignée de Rebecca par exemple, même si, finalement, certain point paraissent identique). Ici, le mystère ne repose pas sur une première femme étrangement décédée, ni sur des apparitions tout aussi étrange. Non, c'est une histoire de famille avec tout ce que ça peut impliquer.

En 1968, première ligne temporelle du roman, nous découvrons la famille Alton par l'intermédiaire d'Amber, la fille ainée de la famille. Elle est la narratrice de cette ligne et c'est par ses yeux que nous découvrons la petite famille unie autour de la mère, Nancy et du manoir des Cornouailles, le Manoir des Lapins Noirs. Là-bas, la vie est calme, paisible, comme arrêté. Mais durant Pâques 1968, le drame arrive, Nancy décède suite à un accident de cheval alors qu'elle était partie à la recherche de Barney, le plus jeune des fils. Pour palier l'absence de la mère, et sous la pression de la société, le père finit par ramener à Noël celle qui deviendra la belle-mère des enfants, Caroline, ainsi que son fils, Lucian. Petit à petit, Caroline tente d'effacer le souvenir de Nancy du manoir et de la vie des Alton, se battant régulièrement contre Toby, le jumeau d'Amber. De son côté la jeune fille est partagée entre son frère et Lucian, dont elle tombe petit à petit amoureuse.

De nos jours, Lorna et Jon vont se marier. Ils cherchent la maison de leur rêve pour la cérémonie, ou plutôt celle de Lorna, qui veut à tout prix que cela se passe en Cornouailles. Lorsqu'elle tombe sur Pencraw, le manoir aux Lapins Noirs, elle sait que c'est là qu'elle veut se marier. Elle est attiré par la maison. Petit à petit, elle va découvrir que Pencraw et elle sont liés. Et que tout à à voir avec ce qu'il se passe en 1969 (alors non, je ne spoile pas, hein, on s'en doute depuis le début, sinon, il n'y aurait pas deux lignes temporelles).

J'ai adoré la ligne du passé pour plusieurs raisons. Déjà pour son ambiance. Elle a un côté doucereux, nostalgique, empreint de non-dits et de silence. Même si Amber est entourée de sa famille, elle reste seule, trop vieille pour rester avec Barney et Kitty, les deux plus jeunes Alton, s'éloignant de plus en plus de son jumeaux tandis que Caroline prend plus de place dans leur vie. Tout est raconté avec une certaine justesse, une écriture qui n'en fait jamais trop, jamais peu. On se voit dans la tête d'Amber, bien trop jeune pour supporter le poids que le décès de sa mère lui a collé sur les épaules. Et puis, soudain, il y a l'espoir, la lumière et avec elle les ombres. Parce qu'il n'y a pas d'ombre sans lumière et inversement. Lucian est les deux et leur histoire lui fait autant de bien que de mal, à cause de Toby. Toby est peut-être le personnage qui finalement me parle le plus dans ce roman. Le garçon totalement dépassé que personne n'écoute, que tout le monde craint. Il a un côté presque attendrissant que je ne saurais vraiment expliquer. Peut-être sa partie trop rebelle et tout le côté fragile que cela révèle en lui. 

Et puis, il y a Caroline, la belle-mère qui m'a aussi marqué. Caroline qui marque d'ailleurs quelle que soit l'époque, puisqu'elle est l'un des personnages a apparaitre dans les deux lignes temporelles. Caroline que l'on voit comme la méchante belle-mère en 1969 et dont on ne peut que se demander les vrais motivations de nos jours. C'est le genre de personnage ambigus que j'adore. Caroline, c'est la femme qui retrouve son premier amour mais qui doit composer avec la défunte femme de celui-ci. Or, elle ne sait pas comment s'y prendre. Elle est égoïste (ça se ressent beaucoup à la manière dont elle traite son propre fils), pourrie et en même temps, elle ressemble presque à une enfant qu'on a laissé de côté et qui se venge de ça. Vraiment les personnages de la ligne du passé ont tous cette subtilité, ce petit truc qui fait qu'ils sont intéressant à suivre, qu'on les plaindrait presque tous, même Caroline.

Or, ça, on ne le retrouve pas dans la ligne présent. Bien sûr, Lorna a une histoire pas forcément toute simple avec la disparition de sa mère, son adoption, les questions qu'elle se pose sur ses deux points. Mais elle n'a pas l'épaisseur d'Amber par exemple. Le fait qu'elle ne soit pas narratrice mais personnage point de vue n'y est peut-être pas pour rien. Son histoire à elle y perd beaucoup, je trouve. Sans parler du fait qu'il n'y a finalement que elle qui existe dans cette partie avec Caroline. Les autres personnages, Jon ou Endellion sont assez peu exploités au final. Et puis, forcément, on se doute rapidement du lien entre Lorna et les évènements de 1969. Et si finalement, cette ligne-là clôture d'une jolie manière l'histoire du Manoir aux Lapins Noirs (oui, j'ai eu les larmes aux yeux, à la fin, que se soit dans la partie passé ou dans la partie présent), elle reste pour moi peut-être un peu de trop (elle n'apporte de réponse que sur la fin)

Au final, ce n'est pas tout à fait un coup de cœur mais presque. J'ai adoré l'ambiance du roman, ce côté assez mystérieux que fait planer les révélations de la partie présent sur la partie passé, ce manoir hanté par Nancy Alton et les non-dits. Il y a effectivement un minuscule côté Rebecca dedans mais pas comme on le pense. C'est un livre passionnant, à lire avec un bon thé au coin du feu (je rêve d'avoir une cheminée) sous un plaid (et ça même s'il se passe en grande partie en été). Je recommande vraiment (et ma maman aussi d'ailleurs !)