mardi 9 octobre 2018

La Machine de Lord Kelvin, James P. Blaylock

Vous le savez, je résiste très rarement à l'appel du Steampunk et des livres de la collection du mois du Cuivre de Bragelonne. Et pourtant, ça fait un petit moment que j'ai cette Machine dans ma PAL numérique et que j'hésitais un peu à le lire. Finalement, je me suis lancée, à ça a été un peu plus laborieux que ce que j'espérais.

La Machine de Lord Kelvin, James P. Blaylock

Editeur : Bragelonne
Collection : Le Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Titre en VO : Lord Kelvin's machine
Année de parution en VO : 1992
Format ; AWZ

A lire si : 
 Vous aimez les histoires qui semblent aller dans tous les sens
- Vous voulez du Steampunk victorien

A ne pas lires si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les billes de votre côté dès le départ.

Présentation de l'éditeur : 

Dans les rouages mystérieux de l’incroyable machine de Lord Kelvin réside le secret du temps lui-même. L’abject docteur Ignacio Narbondo serait capable de tuer pour mettre la main dessus, et le célèbre inventeur et explorateur Langdon St. Ives ferait n’importe quoi pour l’utiliser. Pour l’un, cela revient à dominer le monde, et pour l’autre, la fantastique machine représente le moyen de sauver sa bien-aimée des portes de la mort… Qui des deux hommes obtiendra gain de cause le premier ? Une trépidante course contre le temps commence dès maintenant !

Mon avis

J'avais déjà eu un peu de mal avec un autre roman de Blaylock, le seul que j'ai lu d'ailleurs jusque là, à savoir Homonculus. J'avais aimé le roman tout en lui trouvant quelques défauts assez particuliers, dont un gros problème de chronologie pour moi. On arrivait dans le bouquin sans trop savoir ni pourquoi ni comment et on prenait le tout en court de route. Et bien, c'est aussi le problème de ce roman-ci pour moi. On débarque en plein milieu d'une course poursuite mais heureusement, cette fois on connait les personnages puisqu'une bonne partie a déjà été rencontré dans Homonculus. Du coup, on se sent tout de même un tout petit peu moins perdu. Et encore.

La Machine de Lord Kelvin est un roman qui part un peu dans tous les sens. Non parce que ça commence par une course poursuite donc pour continuer sur un astéroïde qui vient à la rencontre de la terre, une machine censée le détourner mais qui en fait va devenir machine à remonter le temps et j'en passe. On se sent régulièrement perdu en lisant Blaylock, je me sens régulièrement perdue. Et si d'habitude me sentir perdue ne me dérange pas énormément, j'ai tendance à faire confiance à l'auteur (il est censé savoir où il va lui), j'ai eu plus de mal ici. Déjà parce que je lis le roman en alternance avec un autre livre (le Deuxième Sexe de Beauvoir) et que parfois, il se passe plusieurs jours avant que je ne retourne de l'un à l'autre (et si sur l'essai c'est moins gênant, ce n'est pas à faire avec Blaylock, faut bien l'avouer) et qu'ensuite, vraiment, le roman part dans tous les sens. Pourtant, il a de quoi me convaincre à la base.

L'histoire aurait pu être vraiment très sympathique parce qu'elle s'appuie sur des événements qui le sont. Je veux dire, à la base, le détournement d'un astéroïde par soit une machine à fort champs électrique, soit une éruption à la chaîne de volcans (farfelu mais pourquoi pas), puis des voyages dans le temps (et les paradoxes que cela entraîne) s'est cool non ? Oui, si ça ne part pas dans tous les sens. Non parce qu'à un moment donné, je dois avouer qu'à un moment, j'ai simplement arrêté de suivre plusieurs choses. Et là, d'un coup, déjà que c'était un peu obscur pour moi, ça l'est devenu un peu plus. Et puis, soudain, coup de grâce (si on veut), le narrateur change. 

Oui, coup de grâce. Parce qu'autant même si je comprenais pas grand chose à la chronologie de l'histoire (alors que si si, j'ai compris l'histoire en elle-même, hein, du moins ce que l'auteur semble vouloir dire), je me retrouve avec une bonne moitié du roman conté par un personnage secondaire sur comment on récupère la machine de Lord Kelvin et pourquoi Narbondo devient un autre type. Et si pour une fois la narration semble aller droit, je n'ai pas aimé ce passage à la première personne qui me semble presque trop simpliste dans son style. Vraiment, ça m'a foutu un coup dans ma lecture. Mais pourquoi Blaylock a-t-il fait ça ? Il n'avait pas de quoi finir son roman ? Il avait les deux idées en tête et ne voulait pas se débarrasser de l'une d'elle ? Je n'en ai pas la moindre idée. Le problème, c'est que pour moi, ça n'apporte pas grand chose ce changement de narration. Mais alors pas du tout. Heureusement qu'à partir du dernier quart, on retrouve la narration à la troisième personne et les voyages temporels et leurs paradoxes. D'ailleurs, perso, j'aurais enlever une bonne partie du livre pour n'avoir qu'une centaine de pages là-dessus. Bref, adieu parti où Jack raconte l'histoire à un collègue de comptoir, ne gardons que le reste.

Mais du coup, je n'ai parlé que de ça pour le moment, sans rien dire des personnages ou autre. Et c'est là que pour moi, le bat blesse un peu, j'ai aimé les personnages, que se soit St Ives qui tombe dans une dépression accentuée par les voyages, Narbondo, méchant tellement bien foutu qu'il en deviendrait presque héros de l'histoire si on le voyait plus, Hasbro, le majordome de St Ives, les personnages secondes qui sont parfois un peu trop caricaturaux mais qui fonctionnent fort bien au final. J'ai aimé l'ambiance très steampunk, très Jules Verne aussi. J'ai adoré les paradoxes des voyages dans le temps. Parce que ça fait partie des choses que j'adore lire et dont j'aime voir les multiples théories des auteurs. 

Au final, me voilà donc fort perplexe. J'ai aimé ma lecture sans l'aimer. En même temps, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé le livre en lui-même. Je n'en sais rien en fait. C'est compliqué quoi. Disons que si on enlevait une bonne moitié du livre, ça aurait été mieux pour moi, voilà. Parce qu'au final, me perdre dans les péripéties de St Ives n'est pas si déplaisant que ça. Le plus déplaisant, c'est vraiment d'en plus de ça je me suis perdue avec le second narrateur. Bref, c'est un roman particulier et étrangement, il me donne presque envie de lire encore du Blaylock alors que ça fait deux fois que je suis perplexe face à ma lecture. C'est vraiment étrange comme sensation quand même...

jeudi 4 octobre 2018

Jeux Interdits, François Boyer

J'avais envie d'une lecture courte. Parce qu'il faut bien dire qu'en ce moment, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir m'occupe depuis presque un mois déjà et qu'il est long à lire. Et dans les livres courts, j'avais celui-là qui traîné et qui m'inspirait bien (surtout que j'ai très envie de voir le film depuis très longtemps)(d'ailleurs, il parait qu'il est assez différent du livre). Bref, j'ai donc lu Jeux Interdits

Jeux Interdits, François Boyer

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 160

A lire si : 
- Vous voulez une lecture plutôt rapide.

A lire si : 
- Vous voulez quelque chose de léger

Présentation de l'éditeur : 

En sanglotant, Paulette s'agenouilla près de Michel. Michel n'avait pas une parole, pas un geste, pas un cri, la bouche entrouverte, les yeux clos, inerte. Paulette, le visage ruisselant de larmes, regarda autour d'elle. La croix était là tout près, tachée de sang. Et soudain, au pied du buisson, elle vit une boule hirsute, un hérisson. Paulette n'avait jamais vu un hérisson de sa vie. Ses sanglots redoublèrent, elle se pencha éperdue sur le visage de Michel, le caressant, l'embrassant, l'inondant de ses larmes qui se mêlaient au sang rouge, et de longues minutes le tint serré contre sa joue.

Mon avis

Bon, je ne connaissais pas grand chose du livre, sauf qu'on en a fait un film et que mes parents l'aiment bien, ce film. A si, je savais que ça se passait durant la seconde guerre mondiale. Et vu la quatrième de couverture, vous allez me dire que je ne savais pas grand chose de plus. Et ce n'est pas faux du tout. 

Jeux Interdits commence d'une manière assez violente en fait, avec un convoi de civil en plein exode qui se fait mitrailler une nouvelle fois. Dans ce convoi se trouve la petite Paulette qui suit son père comme elle peut. Mais voilà, la guerre étant ce qu'elle est, son père va mourir dans l'attaque et elle va se retrouver seule. Elle va fuir la route et se retrouver non loin du champs où Michel, dix ans, garde ses vaches. La famille de Michel va l'accueillir (juste pour ennuyer ses voisins d'ailleurs) et une étrange amitié va naître entre les deux enfants. Enfin, amitié, je vais un peu vite en disant ça. Disons que Paulette va savoir mener le garçon comme elle le veut et que cela risque d'avoir de tragique conséquence.

J'ai beaucoup de mal à parler de ce court roman. Je l'ai aimé, il n'y a pas de doute là-dessus. Je l'ai aimé parce qu'il est dur, violent, réaliste. Autant le dire, il n'y a rien de réellement joyeux ou heureux dans le livre. On ne va pas forcément rire aux éclats (quoique certains passages avec les adultes sont plutôt grotesque voire burlesque), on ne va pas forcément pleurer non plus d'ailleurs. Disons que le livre est cruel de vérité. Et personnellement, c'est quelque chose que j'ai tendance à apprécier même si en soit le livre se révèle du coup ultra triste.

J'ai aimé ce livre pour ses personnages, et cela même si j'ai eu du mal avec Paulette et Michel que l'on suit tout le temps. J'ai eu du mal avec eux parce qu'ils sont des enfants, qu'ils réagissent comme des enfants et que des fois, ben c'est quand même bien couillon les gamins. Surtout Michel qui n'a pas encore la gravité de Paulette dut à son expérience de la guerre et de la mort. Pour la petite, c'est plus compliquée, elle parait totalement déconnectée de la réalité (avec ce qu'il lui est arrivé, c'est un peu normal aussi). Sa façon de se foutre totalement de tout à part des animaux morts est assez étrange et particulièrement perturbante pour une enfant de six-sept ans. Par contre, les adultes sont un peu plus intéressant car complètement caricaturés. On se retrouve avec des gens de la campagne comme on peut se l'imaginer, grossiers, bêtes, et en même temps pas tant que ça. L'exagération des traits des adultes rend le roman moins dur à lire. Il y a un contraste étonnant entre les adultes, leur monde et ce qu'il se passe côté enfant mais aussi coté historique. Comme si le village était totalement déconnecté et que seule Paulette savait ce qu'il se passe dehors.

J'ai aimé ce livre pour le style d'écriture du l'auteur. Un style pas forcément particulier, pas forcément dur, pas violent non plus. Souvent, il use d'énumération assez longue pour décrire les sentiments de Paulette. Ça perturbe un peu parce qu'on entre ainsi dans l'esprit de la fillette et que les énumérations ne sont pas vraiment celles de choses agréables. En même temps, ça donne quelque chose de poétique en un sens. Et à côté de ça, le style est sans la moindre fioriture, à l'image de l'histoire et des personnages qui la peuplent. 

Bref, j'ai aimé le livre pour plein de raison différente et en même temps, ce n'est pas un coup de cœur (on aurait pu croire) à cause de ses deux personnages principaux. Je l'ai vraiment trouvé fort et je dois dire que même si je m'attendais beaucoup à sa fin, celle-ci m'a ému. Bref, un livre touchant qui se lit rapidement et qui risque de rester en tête un moment.

lundi 17 septembre 2018

Whitechapel, Sarah Pinborough

Bon, ma lecture matinale (pour rappel, Après Anna) ne m'avait pas vraiment emballé. Le soir, je jongle entre deux livres, le Deuxième Sexe, partie 2 (qui est très très long à lire mais on y reviendra quand j'aurais fini hein) et Whitechapel de Sarah Pinborough. Et autant dire que c'était un peu plus plaisant que la lecture matinale donc.

Whitechapel, Sarah Pinborough

Editeur : Bragelonne
Collection : horreur
Année de parution : 2014
Titre en VO : Mayhem
Année de parution en VO : 2013
FOrmat : AWZ

A lire si : 
- Vous aimez les vieilles légendes du vieux monde
- Vous voulez de l'horreur mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez exclusivement du Jack l'Eventreur
- Vous n'aimez pas les changements de point de vue

Présentation de l'éditeur :

Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu'un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l'Eventreur lui-même... Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d'opium. Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s'est emparé de la capitale ?

Mon avis

Quand j'ai pris ce roman lors d'une opération bragelonne, je n'avais qu'une vague idée de ce dont ça allait parler. Forcément, entre temps, plusieurs autres opérations sont passées, j'ai récupéré plein de bouquin et j'ai oublié celui-là. Jusqu'à la fin du mois d’août. Il faut dire qu'après un Chattam plutôt réussi, j'avais envie de rester dans le tueur en série et pour moi, Whitechapel, ça me crie très fort Jack l’Éventreur. Et pourtant, je n'ai presque pas croisé Jack dans ce roman. J'ai croisé celui qui pourrait être son créateur... Intriguant n'est-ce pas ?

Sarah Pinborough nous entraîne dans le Londres des années 1888-1889 alors même que sévit le célébre tueur en série. Le quartier de Whitechapel est en émois, les prostituées se font tuer de manière atroce et pourtant, on arrive à trouver pire. Un tronc de femme est découvert sous les fondations du futur Yard. Et ce corps-là, du moins ce qu'il en reste, n'est pas du fait de Jack. Le docteur Bond, légiste de son état, se trouve sur l'enquête et il va découvrir petit à petit ce que peut-être l'enfer. 

Je dois bien dire que ce petit roman m'a plutôt plu et ça, pour pleins de raisons. Déjà, parce que Londres et l'époque victorienne. Une époque qui m'enchantera toujours même lorsqu'on part dans les tréfonds de celle-ci, même quand parfois, on oublie qu'on s'y trouve. Il y a toujours une ambiance qui se détache des romans qui s'y inscrivent que je ne saurais réellement décrire mais qui me plait. Vous me direz, se baser juste sur ça, c'est un peu léger et je suis bien d'accord. Heureusement, il n'y a pas que ça. Il y a ensuite toute l'ambiance mise en oeuvre dans le roman suite aux meurtres, qu'ils soient l'oeuvre de Jack ou non. Coupure de journal, changement de point de vue et de narrateur... Tout est fait pour que le lecteur soit plongé dans l'Histoire. Rien que pour l'ambiance, le roman vaut le coup.

Mais il n'y a pas que ça qui m'a fait apprécié le roman. Il y a aussi Thomas Bond, son penchant pour l'opium et le laudanum, ses craintes, ses insomnies. C'est un personnage que j'ai beaucoup apprécié suivre parce qu'il n'a rien de parfait. D'ailleurs, les héros de ce roman n'ont rien de héros au sens propre du terme. Entre une espèce de prêtre qui ressemble plus à un Van Hellsing qu'à autre chose et un jeune juif victime de vision qui le rendent fou, autant dire que Bond est super bien entouré. Et les personnages secondaires ne sont pas en reste, même si un peu plus normal. Et puis, il y a le méchant de l'histoire, non pas Jack (que l'on ne croise pas ou presque) mais un monstre venu du Vieux Monde, une légende qui prend vie en s'accrochant à un hôte. Et la dualité hôte-parasite, même si un peu trop commune, et plutôt bien faite, encore plus lorsque Bond découvre qui est le dit hôte. Sans révolutionner la chose, c'est assez sympathique à lire (surtout qu'on apprend qui est l'hôte avant Bond et que pourtant, ça ne dérange pas du tout). Enfin, vient la fameuse légende de l'Upir (upir signifie vampire en slave) plutôt bien traitée (même si des libertés sont prises, forcément) et qu'elle va bien à Londres et à la Tamise. D'ailleurs, si le vampire n'avait pas été transylvanien, il aurait surement été londonien.

Et pour finir, il y a le style de l'autrice qui n'est pas pour me déplaire. Personnellement, j'ai apprécié les changements de narrateur et de point de vue qui éclaire parfois la situation. L'histoire qu'elle raconte n'est pas simple et plutôt sanglante et elle arrive à faire accrocher le lecteur sans plus d'horreur que ça (c'est moins sanglant que ce que j'aurais cru quoi)(c'est pas plus mal parfois n'empêche).

Au final, j'ai donc beaucoup aimé voir une histoire mettant en scène un autre tueur que monsieur Jack à la même période. D'ailleurs, j'ai apprécié les parallèles entre celui du livre et l’éventreur (la théorie comme quoi l'upir est à l'origine de Jack est plutôt sympa), le fait de se servir de l'Histoire pour faire une histoire un peu plus originale (bon par contre, le héros qui se drogue à l'opium on est bien d'accord que s'est pas si original que ça hein)(le coup du prêtre pas forcément très catholique non plus d'ailleurs). Ce fut donc une lecture des plus interessantes

Après Anna, Alex Lake

J'ai fini ce livre mercredi dernier et je ne fais sa chronique que maintenant... Et ce n'est pas par manque de temps. C'est plutôt un certain manque d'envie. Pas par rapport au livre lui-même (quoique), mais plutôt par rapport au blog en ce moment. Je ne sais pas, j'ai du mal à venir faire mes chroniques rapidement dessus et ça depuis un certain temps. Alors je sais que ça risque de passer, comme souvent, mais en ce moment, venir sur le blog, ben, ça me fait ni chaud ni froid... Bref, passons à ce Après Anna

Après Anna, Alex Lake

Editeur : Pygmalion
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : After Anne
Année de parution en VO : 2015
format : epub

A lire si :
- Vous voulez voir comment on peut tomber très bas dans l'opinion publique avec trois fois rien
- Vous voulez un enlèvement qui se finit bien

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça va vite
- Vous aimez ne pas avoir le fin mot de l'histoire rapidement

Présentation de l'éditeur :

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir.

Mon avis

Après Anna m'a été conseillée par ma collègue de travail qui avait beaucoup aimé. Comme nous avons à peu prés les mêmes goûts en matière de thriller et policier, je me suis dit qu'il allait aussi me plaire. Sauf que pas tout à fait.

Le roman commence pourtant plutôt bien, si on oublie le passage à la seconde personne "dans la tête du méchant". Ce sont des passages que j'apprécie d'habitude mais qui là me parait un peu trop surfait. Mais passons. Donc, la petite Anna est enlevée devant son école, alors que sa mère est en retard pour aller la récupérer. Une situation somme toute banale (le retard de maman) qui se transforme en enfer. Surtout si Julia, la mère, a prévu de divorcer et que la presse se mêle de tout ça... Mais voilà qu'au bout de six jours, la petite revient (je spoile pas, c'est écrit dans la quatrième). Et l'enfer continue pour Julia.

J'ai un peu de mal à commencer mon avis sur ce roman parce que je lui trouve quand même un certain nombre de défaut pour peu de qualité. Et je n'aime pas faire des avis négatifs sur des romans, surtout si en plus de ça, je les finis. Mais bon, va bien falloir... Alors commençons par ce qui m'a le plus "ennuyé" : la lenteur. Le roman est lent. Lent à se mettre en place, lent dans son déroulement, lent à peu près partout, même dans les scènes plus d'action. Bref, ça rame méchamment, un peu trop pour moi. Et ça se répète aussi pas mal, ce qui ralentit encore plus le rythme. Je veux dire que oui, on sait que Julia s'en veut d'avoir été en retard, mais faut-il réellement nous le redire toutes les deux pages ? C'est quelque chose d'ailleurs qui revient souvent ça, faire peser la moindre plus petite touche de culpabilité durant tout le roman. Comme si les femmes n'avaient pas le droit d'avoir une autre vie en dehors des enfants. Même si j'avoue que c'est justement ce qu'essaie aussi de faire passer le livre, qu'on peut très bien avoir une autre vie que celle de la maman et de la femme. Mais là aussi, c'est fait d'une manière qu'on pourrait presque en arriver presque à penser l'inverse.

Outre la lenteur et le message qui a un peu de mal à passer (ce n'est pas le seul message du roman, disons que l'autre sert l'intrigue, donc on va pas forcément en parler), on se retrouve avec un livre qui ne laisse finalement que peu de place à l'imagination. On sait dès le départ (sans même avoir ouvert le livre) qu'Anna va revenir vers ses parents. On se doute rapidement de qui a fait le coup et de pourquoi. Le pourquoi étant finalement vachement trial d'ailleurs (mais j'en dirais pas plus). Or, j'aime être surprise dans ce genre de livre et ce n'a pas été le cas ici. J'ai donc lu le bouquin en me doutant fortement de tout ce qui allait se passer. Disons qu'il est dommage d'avoir donner des billes trop rapidement dans l'histoire. Le suspect n'est plus au rendez-vous et si on y ajoute les longueurs, ben, on s'ennuie.

Vraiment, le sentiment d'ennuie m'a rarement quitté tout le long de ma lecture. Pourtant, savoir qu'Anna va revenir était un bon moyen de faire tourner les pages. Encore plus en se demandant ce qui allait se passer par la suite. Bref, c'est dommage et je reste malheureusement sur cette impression-là alors qu'il y avait pas mal de bonnes idées dans le roman (dans le désordre, des thèmes intéressants du point de vue féministes, une enfant qu'on ne retrouve pas morte, "la mère a toujours la garde", la folie...). Tout ça pour dire que finalement, le courant n'est pas ultra bien passé entre Après Anna et moi (et ce ne sont pas les personnages, trop caricaturés pour la plupart qui m'auront aidé non plus).

Au final, ce qui devait être un bon livre souffre un peu trop des ses idées et de ses lenteurs. Dommage parce que vraiment le traitement était finalement bien sympathique (je suis quand même allée jusqu'à la fin du roman hein, c'est qu'il a des qualités). Bref, il peut plaire à un certain nombre d'entre vous  (parce qu'il est tout de même bien écrit et pas trop mal foutu) mais je n'en fais pas parti. 

lundi 20 août 2018

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Je n'aurais finalement pas mis bien longtemps pour finir cette trilogie du mal (surtout au vue de ma PAL numérique qui semble ne vouloir faire que grossir). IL faut dire que les deux premiers tomes m'avaient plutôt plu et que je suis dans une période plutôt "horreur" en numérique en ce moment. Et donc, presque six mois après avoir lu le premier tome, je lis le dernier. C'est plutôt pas mal

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : trhiller
Année de parution : 2004
Format : AZW

A lire si : 
- Vous avez aimer les deux premiers tomes
- Vous n'avez pas peur des araignées
- Vous aimez les thrillers à l'américaine

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Une ombre inquiétante rôde dans les forêts de l'Oregon. C'est d'abord un employé de l'environnement qui est retrouvé mort, le visage horrifié. Aucune trace du criminel... Dans le même temps, des femmes disparaissent en pleine nuit, pendant le sommeil de leur époux. Pas de trace d'effraction dans les maisons... Et puis se répand une épidémie singulière : les foyers de Portland sont envahis par des araignées aux piqûres mortelles. Les victimes s'accumulent et la psychose s'intensifie. Et s'il n'y avait qu'une seule personne derrière tout cela ?
Un être pas comme les autres. On commence à murmurer le pire : et s'il n'était pas humain ? Joshua Brolin et Annabel O'Donnel vont mener l'enquête, entrer dans la toile et faire face à l'impensable.
Une nouvelle génération de tueur.

Mon avis

Et voilà, j'en ai fini avec la trilogie du Mal (enfin pas tout à fait, me manque le prologue sur le mari d'Annabel à lire)(ça risque de pas tarder). Et je dois bien dire que j'ai particulièrement apprécié lire cette fameuse trilogie. Mais passons donc à ce troisième et dernier tome, celui qui clôt donc le tout. Un tome qui, pour moi, est peut-être un peu en dessous des deux suivants mais qui reste un très bon divertissement.

Dans Maléfices, nous retrouvons donc Joshua Brolin chez lui à Portland. Adieu New York qui n'aura servi de toile de fond que pour un tome. Ça m'arrange un peu, j'aime bien Porland et ses étendues de forets non loin (dans l'idée, Chattam aura quand même réussi à me faire aimer une ville et ses alentours sans même en avoir rien vu). Alors qu'il compte bien passer quelques jours de vacances avec Annabel, le frère de son ami Larry Salhindro est retrouvé mort en pleine forêt, avec sur son visage la peur à l'état brut. Il n'en faut pas plus pour que Brolin annule ses vacances. Heureusement pour lui, Larry fera appel à Annabel pour qu'elle vienne changer un peu les idées du privé. Et les aider dans une enquête qui va bien plus loin que la mort du frère de Larry. Attention cher lecteur, si vous êtes arachnophobe, passez votre chemin (ou comme moi, flipper bien lorsque le rideaux de douche ou vos cheveux vont vous faire croire qu'une araignée et sur vous)(je suis très impressionnable, je l'avoue), parce que les petites bêtes sont là tout le long du livre. Et elles ne sont pas vraiment gentilles. Enfin, ce ne sont pas les pires monstres du livre. L'humain, comme souvent avec Chattam, n'est malheureusement pas en reste. Et le tueur de ce tome-ci n'a pas grand chose à envier à ses prédécesseurs sur la monstruosité.

D'ailleurs, tout le tome n'a rien à envier à ses prédécesseurs au niveau de l'enquête. Si j'avais compris facilement ce qu'il se passerait dans l'Ame du Mal, j'avais eu un peu plus de mal sur In ténébris et je me suis faite roulée sur toute la ligne avec ce Maléfices. En même temps même Brolin est assez perdu dans son enquête, ce qui ajoute à la confusion du lecteur et à l'envie de toujours lire un peu plus (monsieur Chattam, mes cernes ne vous disent pas merci, mon manque de sommeil non plus). J'ai clairement apprécié voir tout le monde (moi comprise) pataugeaient un long moment dans la semoule, ça fait du bien quand tout ne tombe pas tout cuit (même si une fois encore, je trouve la fin un peu trop rapide pour ça). Bref, une enquête fort sympathique qui ne m'aura pas filer de gros frissons mais que j'ai aimé suivre. Et que j'ai même bien plus apprécié que celle d'In Tenebris par exemple.

Mais alors, pourquoi ai-je trouvé ce tome un peu en déça des précédents ? A cause des personnages. Enfin, avouons-le, surtout à cause d'Annabel. Annabel, dans ce tome, quitte le personnage de flic mal dans sa peau ayant perdu son mari depuis peu et essayant de remonter la pente avec l'aide de son ami, Jack Thayer. Elle est devenue une sorte de Brolin au féminin mais pas totalement. Si jusque là, ça m'allait plutôt bien, j'ai trouvé que la voir soudain avoir des sentiments pour Joshua (et même si ça va en droite ligne de ce qu'il a pu et se passe) était peut-être un peu trop. Enfin, non, disons que ça la transforme un peu trop. J'aime toujours le personnage sauf lorsqu'elle se pose des questions sur sa relation avec Brolin. Pourquoi à ces moments-là passe-t-elle soudain de l'Annabel du tome précédent, forte, indépendante et en même fragile à simple potiche ? Heureusement que ça n'arrive pas à toutes les pages et que le plus souvent, elle reste l'Annabel que j'ai appris à apprécier. Quant à Brolin, il reste le même durant un petit moment pour petit à petit "redevenir" un peu plus humain, plus proche du Brolin de l'Âme du mal (sans toutefois y revenir totalement). Et puis, il est appréciable de retrouver l'équipe de flic de Portland.

Au final donc, j'ai aimé, un peu moins que les deux précédents (la faute à Annabel qui se potiche donc de temps à autre et aux araignées que je n'aime mais alors pas du tout). Il complète finalement très bien la trilogie, montrant encore un autre aspect de ce que l'humain peut faire de pire. Ces trois histoires sont assez perturbantes dans le fait qu'elles pourraient être réelles et c'est vraiment là que ça fonctionne avec moi (même si on avoue qu'on sent bien la fiction dans les personnages quand même). En tout cas, chose de sure, c'est que entre les livres de Chattam et moi, ce n'est pas fini, j'en ai encore qui traine par ci par là et je compte bien replonger dans cette folie qui les habite.

vendredi 10 août 2018

Les Tendres Plaintes, Yoko Ogawa

J'avais découvert Yoko Ogawa avec un recueil de nouvelle, la Mer, il y a quelques année de ça (2015 si j'en crois mon article dessus). J'avais depuis longtemps envie de la lire une nouvelle fois, mais sur quelque chose de plus long que des nouvelles. Il me semble que j'ai ce livre-là depuis 2016 dans la PAL mais, vous savez ce que c'est, j'ai trop de livres à lire. Et puis, je l'ai finalement sorti.

Les Tendres Plaintes, Yoko Ogawa

Editeur : Babel
Collection : /
Anné de parution : 2014
Titre en VO :Yasashii uttae
Année de parution en VO : 1996
Nombre de pages : 241

A lire si :
- vous aimez les romans lents
- vous aimez la poésie que l'on trouve dans la vie quotidienne

A ne pas lire si :
- Vous voulez du rapide
- Vous n'aimez pas les tranches de vie

Présentation de l'éditeur :

Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru.

Mon avis

S'il y a bien une chose qui m'avait touché dans la Mer, le recueil où j'ai découvert l'écriture de l'autrice, c'était la poésie insufflée dans les nouvelles. Elle était partout, même là où on ne s'y attendait pas. J'espère beaucoup retrouvé cette poésie-là dans ce roman et ce fut le cas.

Ruriko quitte Tokyo et son mari, infidèle et violent, pour le chalet de son enfance. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle est partie là, elle aurait très bien pu aller ailleurs. Mais c'était comme un appel. Là-bas, elle essaie de se reconstruire un peu. Elle va rencontrer Nitta, un facteur de clavecin et son aide, Kaoru. Petit à petit, elle va entrer dans leur monde, les découvrant et se découvrant elle-même. 

Je vous avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour parler du roman. Pendant une partie de celui-ci (avant mon départ en vacances en fait, je pense que j'avais besoin d'une coupure pour le reprendre comme il faut), je me suis demandée où l'autrice voulait en venir. J'aimais suivre Ruriko dans sa vie au chalet, sa découverte des deux facteurs de clavecins, voir les paysages qui l'entourent mais je n'arrivais pas à voir la finalité du roman. C'était assez étrange à lire. Beau, poétique à souhait, avec une narratrice qui n'en fait pas des tonnes, qui pose ses sentiments comme des notes sur une partition de musique dont elle ne sait trop quoi faire. J'aimais mais ce n'était pas tout à fait ça. Alors j'ai posé le livre et j'ai attendu une semaine pour le reprendre. Je crois que j'ai eu bien fait.

IL faut attendre presque la moitié du roman pour comprendre ce que l'autrice voulait dire. Pour comprendre les personnages, Ruriko la première. En fait, pendant la première partie, le lecteur se retrouve aussi perdue qu'elle. Que va-t-elle devenir, maintenant qu'elle a tout quitté ? Que va-t-il se passer pour elle ? Son cheminement n'est pas simple mais de la femme perdue du début, on commence à entrevoir une autre femme, qui s'exprime un peu plus. Il en va de même pour les deux autres personnages dont on connait le nom (à part Ruriko, Nitta et Kaoru, les autres n'ont jamais de noms)(c'est fait exprès, je pense, pour nous rapprocher d'eux, ne pas avoir de "parasites" autours, les couper du monde du roman en fait). Petit à petit, on découvre les blessures de ces trois-là, puis la manière qu'ils ont d'aller plus loin que ça, de se remettre en mouvement. Ce n'est pas parfait mais ça reste très humain. On peut être brisé, il y aura toujours une personne pour nous recoller, pour nous consoler, nous aider. Un beau message rempli d'optimisme que j'ai apprécié lire.

On ajoute à ses personnages des décors magnifiques, la forêt qui prend une place importante, la nature elle-même. Et puis, la poésie de l'autrice qui ne quitte pas les pages du livre. Certains passages sont particulièrement beaux, et ce ne sont pas forcément ceux que j'aurais cru (la construction des clavecins, leur description sont particulièrement belles par exemple). La musique, même si on ne l'attend pas, est bien présente dans tout le roman. Elle fait partie de lui, de la poésie qu'il dégage. Il en va de même pour la nature où des scènes importantes se passent. Tout cela fait partie du roman, y apporte une touche presque magique.

Et puis, il y a aussi le dépaysement. Tout est forcément très japonais dans le roman. Assez pour se sentir voyager en suivant les pas de Ruriko dans cette nouvelle vie. J'apprécie beaucoup quand ça arrive, quand je me sens un peu perdu dans un roman parce que la culture n'est pas la même que la notre. Ici, elle se ressent forcément par les attitudes des personnages, par les lieux, les décors. Que l'histoire ne se passe pas dans une grande ville japonaise y aide forcément beaucoup (moins occidentalisé, la campagne japonaise me semble plus encline à nous faire découvrir le japon comme on peut se l'imaginer)(ceci n'est que mon avis mais je n'ai pas retrouvé ça dans les livres que j'ai pu lire se passant à Tokyo par exemple).

J'avoue ne pas dire grand chose au final du roman en lui-même, des histoires qui se jouent dedans, mais même si effectivement elles sont importantes, si elles me parlent beaucoup, ce n'est pas ce que j'ai le plus retenu des Tendres Plaintes (qui porte définitivement bien son nom). En fait, tout est lié dedans, les histoires, la poésie, le décors, à tel point qu'on en ressort avec une impression d'un grand tout à la fois mélancolique et plein d'espoir. C'est juste beau. 

Pour finir, une petite vidéo avec la musique dont le livre tire son nom, les Tendres Plaintes de Rameau. Ca lui va terriblement bien.

Le secret de Crickley Hall, James Herbert

J'avais envie de frissonner un peu, surtout vu les chaleurs que nous avons eu ces derniers temps. Quoi de mieux qu'une histoire de maison hantée pour faire passer la canicule. Alors, j'ai sorti ce roman de la PAL numérique (et ça fait un moment qu'il s'y trouvait d'ailleurs).

Le secret de Crickley Hall, James Herbert

Editeur : Milady
Collection : Thriller
Année de parution : 2011
Titre en VO : The secret of Crickley Hall
Année de parution en VO : 2006
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les histoires de maisons hantées
- Vous aimez frissonner
- Vous aimez le mystère

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les explications d'un coup
- Vous voulez une histoire qui sorte de l'ordinaire

Présentation de l'éditeur :

Crickley Hall : une vieille demeure comme on n en trouve que dans les régions reculées de l Angleterre. Vaste et sinistre, elle a même l air un peu menaçant. Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s y installer avec leurs deux petites filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille.Mais quelque chose ne va pas... Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil. Les enfants sont les seuls témoins d étranges apparitions. Et, chaque matin, la porte de la cave est entrouverte alors qu on l avait fermée la veille.Cette maison est le dernier endroit que les Caleigh auraient dû choisir. L'horreur qui les y attend dépasse tout ce qu ils pouvaient imaginer.

Mon avis

Comme souvent avec ma PAL numérique, c'est plus pour le titre que pour le résumé du livre que j'en sors un livre. Parce que forcément, j'ai un peu moins accès à la quatrième. Et puis de toute façon, s'il a atterrit dedans, c'est bien qu'à un moment, elle m'a plu. Avec la quantité de bouquin dedans, je suis incapable de me souvenir la plupart du temps de quoi le livre va parler. Bon après, entre le titre et la couverture, il n'est pas totalement impossible de se douter de quoi ça va parler. Et là, j'avais le vague souvenir que c'était un truc normalement horrifique. Je me suis pas trompée et par vu la canicule qu'on se paie, c'est pas plus mal.

Alors que cela va faire un an que leur fils Cameron a disparu, les Caleigh s'éloignent de Londres pour le Devon où le père, Gabe, doit effectuer une mission. Il choisit d'amener sa femme et ses deux filles à Crickley Hall, vieille demeure à l'aspect plutôt austère. Dans sa tête, éloigner Eve, sa femme, de chez eux ne pourra lui faire que du bien... Il se trompe. Rapidement, elle se sent mal dans la vieille maison. Faut dire que celle-ci n'a rien de bien cosy et que de mystérieux bruits se font entendre toutes les nuits. Les Caleigh vont alors découvrir l'histoire de Crickley Hall, où en 1943, onze enfants et leur tuteur ont perdu la vie. 

Autant le dire de suite, l'histoire en elle--même est somme toute banale pour un roman de maison hantée. Une famille s'installe dans une vieille maison, il y a des évènements inexpliqués, des bruits, des apparitions d'ombre et j'en passe, puis on découvre la catastrophe du passé et ce qu'il s'y est réellement passé. Le tout est accompagné d'une pointe d'occultisme et de paranormal. Ca ferait un super bon film d'horreur, d'ailleurs. Et, vous savez quoi ? Ca fonctionne en fait pas mal. Parce que même si le lecteur se doute de ce qu'il suivre au fur et à mesure de l'avancement dans sa lecture, il n'en frisonne pas moins, je n'en frissonne pas moins. Et lire certain passage alors que je suis seule éveillée à la maison n'est pas une super bonne idée parfois (ma maison est vieille et vivante, elle fait des bruits, elle craque, ce qui en soit est normal mais qui devient un peu plus terrifiant suivi sa lecture, avouons). Là où par contre l'auteur fait bien les choses, c'est que les moments terrifiants où l'entité malfaisante de la maison joue à faire peur à tout le monde sont coupés par des moments où une autre entité vient contrebalancer tout ça, poussant Eve, la mère donc, à ne pas quitter Crickley Hall, persuadée que son fils veut lui passer un message. Ainsi, le lecteur ne baigne pas totalement dans l'angoisse et lui aussi veut avoir le fin mot de l'histoire.

D'ailleurs parlons un peu des personnages. Si j'ai eu un peu de mal avec Gabe, le père, que j'ai trouvé un peu trop dans le rationnel, un peu trop aveugle à ce qu'il se passe autour de lui, j'ai eu une faiblesse pour Eve. C'est le genre de personnage auquel on va s'attacher parce qu'on sent sa douleur. Elle a perdu un fils voilà presque un an, sans savoir s'il est mort ou vivant. Traumatisée par cet évènement, elle veut croire qu'il lui est apparu à Crikley Hall. C'est une femme touchante (quoique parfois un peu énervante), bien plus dans les émotions que son époux. Les autres personnages, même leurs filles dont l'ainée à un rôle à jouer plutôt essentiel, ne sont pas assez développés à mon gout. Et chose qui m'a un peu perturbé, c'est que tous ont eu un traumatisme. Ils sont construits sur ça et forcément la maison et les entités qui la hantent s'en servent. C'est peut-être un peu trop facile du coup.

Mais le vrai personnage du livre, c'est bien Crickley Hall, cette maison qui a vu la fin terrible des orphelins évacués de la seconde guerre mondial et de leur tuteur. Leur histoire est surement encore plus glaçante que celle que vivent les Caleigh. Seul bémol pour moi, on apprend la dite histoire presque d'un coup, vers la fin. Alors même si on se doute pas mal de ce qu'il a pu se passé depuis un moment, avoir à digérer le tout d'un coup, c'est un peu trop. J'aurais personnellement préféré avoir des bribes plus étendues dans le déroulement du roman. Surtout qu'il faut avouer que l'histoire des évacués va quand même couper le rythme de la fin du livre et de son dénouement. 

Cela n'en reste pas moins une très bonne histoire horrifique qui m'a fait tremblé plus d'une fois. Elle touche plus à la psychologie des personnages (enfin surtout d'Eve) qu'à l'ambiance effrayante sur deux bons tiers du livre pour plonger dans l'horreur absolue sur sa fin. C'est plutôt bien foutu même si j'aurais préféré avoir un peu plus de passage "à ambiance" (dans le genre, Sac d'Os lu il y a peu est un peu plus impressionnant pour moi). Et puis, je dois bien avouer que ça faisait un moment déjà que je n'avais pas frissonner comme ça, seule dans mon lit (j'ai failli mettre sous ma couette, mais je supporte même pas le drap vu comme il fait chaud...).