lundi 17 septembre 2018

Whitechapel, Sarah Pinborough

Bon, ma lecture matinale (pour rappel, Après Anna) ne m'avait pas vraiment emballé. Le soir, je jongle entre deux livres, le Deuxième Sexe, partie 2 (qui est très très long à lire mais on y reviendra quand j'aurais fini hein) et Whitechapel de Sarah Pinborough. Et autant dire que c'était un peu plus plaisant que la lecture matinale donc.

Whitechapel, Sarah Pinborough

Editeur : Bragelonne
Collection : horreur
Année de parution : 2014
Titre en VO : Mayhem
Année de parution en VO : 2013
FOrmat : AWZ

A lire si : 
- Vous aimez les vieilles légendes du vieux monde
- Vous voulez de l'horreur mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez exclusivement du Jack l'Eventreur
- Vous n'aimez pas les changements de point de vue

Présentation de l'éditeur :

Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu'un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l'Eventreur lui-même... Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d'opium. Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s'est emparé de la capitale ?

Mon avis

Quand j'ai pris ce roman lors d'une opération bragelonne, je n'avais qu'une vague idée de ce dont ça allait parler. Forcément, entre temps, plusieurs autres opérations sont passées, j'ai récupéré plein de bouquin et j'ai oublié celui-là. Jusqu'à la fin du mois d’août. Il faut dire qu'après un Chattam plutôt réussi, j'avais envie de rester dans le tueur en série et pour moi, Whitechapel, ça me crie très fort Jack l’Éventreur. Et pourtant, je n'ai presque pas croisé Jack dans ce roman. J'ai croisé celui qui pourrait être son créateur... Intriguant n'est-ce pas ?

Sarah Pinborough nous entraîne dans le Londres des années 1888-1889 alors même que sévit le célébre tueur en série. Le quartier de Whitechapel est en émois, les prostituées se font tuer de manière atroce et pourtant, on arrive à trouver pire. Un tronc de femme est découvert sous les fondations du futur Yard. Et ce corps-là, du moins ce qu'il en reste, n'est pas du fait de Jack. Le docteur Bond, légiste de son état, se trouve sur l'enquête et il va découvrir petit à petit ce que peut-être l'enfer. 

Je dois bien dire que ce petit roman m'a plutôt plu et ça, pour pleins de raisons. Déjà, parce que Londres et l'époque victorienne. Une époque qui m'enchantera toujours même lorsqu'on part dans les tréfonds de celle-ci, même quand parfois, on oublie qu'on s'y trouve. Il y a toujours une ambiance qui se détache des romans qui s'y inscrivent que je ne saurais réellement décrire mais qui me plait. Vous me direz, se baser juste sur ça, c'est un peu léger et je suis bien d'accord. Heureusement, il n'y a pas que ça. Il y a ensuite toute l'ambiance mise en oeuvre dans le roman suite aux meurtres, qu'ils soient l'oeuvre de Jack ou non. Coupure de journal, changement de point de vue et de narrateur... Tout est fait pour que le lecteur soit plongé dans l'Histoire. Rien que pour l'ambiance, le roman vaut le coup.

Mais il n'y a pas que ça qui m'a fait apprécié le roman. Il y a aussi Thomas Bond, son penchant pour l'opium et le laudanum, ses craintes, ses insomnies. C'est un personnage que j'ai beaucoup apprécié suivre parce qu'il n'a rien de parfait. D'ailleurs, les héros de ce roman n'ont rien de héros au sens propre du terme. Entre une espèce de prêtre qui ressemble plus à un Van Hellsing qu'à autre chose et un jeune juif victime de vision qui le rendent fou, autant dire que Bond est super bien entouré. Et les personnages secondaires ne sont pas en reste, même si un peu plus normal. Et puis, il y a le méchant de l'histoire, non pas Jack (que l'on ne croise pas ou presque) mais un monstre venu du Vieux Monde, une légende qui prend vie en s'accrochant à un hôte. Et la dualité hôte-parasite, même si un peu trop commune, et plutôt bien faite, encore plus lorsque Bond découvre qui est le dit hôte. Sans révolutionner la chose, c'est assez sympathique à lire (surtout qu'on apprend qui est l'hôte avant Bond et que pourtant, ça ne dérange pas du tout). Enfin, vient la fameuse légende de l'Upir (upir signifie vampire en slave) plutôt bien traitée (même si des libertés sont prises, forcément) et qu'elle va bien à Londres et à la Tamise. D'ailleurs, si le vampire n'avait pas été transylvanien, il aurait surement été londonien.

Et pour finir, il y a le style de l'autrice qui n'est pas pour me déplaire. Personnellement, j'ai apprécié les changements de narrateur et de point de vue qui éclaire parfois la situation. L'histoire qu'elle raconte n'est pas simple et plutôt sanglante et elle arrive à faire accrocher le lecteur sans plus d'horreur que ça (c'est moins sanglant que ce que j'aurais cru quoi)(c'est pas plus mal parfois n'empêche).

Au final, j'ai donc beaucoup aimé voir une histoire mettant en scène un autre tueur que monsieur Jack à la même période. D'ailleurs, j'ai apprécié les parallèles entre celui du livre et l’éventreur (la théorie comme quoi l'upir est à l'origine de Jack est plutôt sympa), le fait de se servir de l'Histoire pour faire une histoire un peu plus originale (bon par contre, le héros qui se drogue à l'opium on est bien d'accord que s'est pas si original que ça hein)(le coup du prêtre pas forcément très catholique non plus d'ailleurs). Ce fut donc une lecture des plus interessantes

Après Anna, Alex Lake

J'ai fini ce livre mercredi dernier et je ne fais sa chronique que maintenant... Et ce n'est pas par manque de temps. C'est plutôt un certain manque d'envie. Pas par rapport au livre lui-même (quoique), mais plutôt par rapport au blog en ce moment. Je ne sais pas, j'ai du mal à venir faire mes chroniques rapidement dessus et ça depuis un certain temps. Alors je sais que ça risque de passer, comme souvent, mais en ce moment, venir sur le blog, ben, ça me fait ni chaud ni froid... Bref, passons à ce Après Anna

Après Anna, Alex Lake

Editeur : Pygmalion
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : After Anne
Année de parution en VO : 2015
format : epub

A lire si :
- Vous voulez voir comment on peut tomber très bas dans l'opinion publique avec trois fois rien
- Vous voulez un enlèvement qui se finit bien

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça va vite
- Vous aimez ne pas avoir le fin mot de l'histoire rapidement

Présentation de l'éditeur :

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir.

Mon avis

Après Anna m'a été conseillée par ma collègue de travail qui avait beaucoup aimé. Comme nous avons à peu prés les mêmes goûts en matière de thriller et policier, je me suis dit qu'il allait aussi me plaire. Sauf que pas tout à fait.

Le roman commence pourtant plutôt bien, si on oublie le passage à la seconde personne "dans la tête du méchant". Ce sont des passages que j'apprécie d'habitude mais qui là me parait un peu trop surfait. Mais passons. Donc, la petite Anna est enlevée devant son école, alors que sa mère est en retard pour aller la récupérer. Une situation somme toute banale (le retard de maman) qui se transforme en enfer. Surtout si Julia, la mère, a prévu de divorcer et que la presse se mêle de tout ça... Mais voilà qu'au bout de six jours, la petite revient (je spoile pas, c'est écrit dans la quatrième). Et l'enfer continue pour Julia.

J'ai un peu de mal à commencer mon avis sur ce roman parce que je lui trouve quand même un certain nombre de défaut pour peu de qualité. Et je n'aime pas faire des avis négatifs sur des romans, surtout si en plus de ça, je les finis. Mais bon, va bien falloir... Alors commençons par ce qui m'a le plus "ennuyé" : la lenteur. Le roman est lent. Lent à se mettre en place, lent dans son déroulement, lent à peu près partout, même dans les scènes plus d'action. Bref, ça rame méchamment, un peu trop pour moi. Et ça se répète aussi pas mal, ce qui ralentit encore plus le rythme. Je veux dire que oui, on sait que Julia s'en veut d'avoir été en retard, mais faut-il réellement nous le redire toutes les deux pages ? C'est quelque chose d'ailleurs qui revient souvent ça, faire peser la moindre plus petite touche de culpabilité durant tout le roman. Comme si les femmes n'avaient pas le droit d'avoir une autre vie en dehors des enfants. Même si j'avoue que c'est justement ce qu'essaie aussi de faire passer le livre, qu'on peut très bien avoir une autre vie que celle de la maman et de la femme. Mais là aussi, c'est fait d'une manière qu'on pourrait presque en arriver presque à penser l'inverse.

Outre la lenteur et le message qui a un peu de mal à passer (ce n'est pas le seul message du roman, disons que l'autre sert l'intrigue, donc on va pas forcément en parler), on se retrouve avec un livre qui ne laisse finalement que peu de place à l'imagination. On sait dès le départ (sans même avoir ouvert le livre) qu'Anna va revenir vers ses parents. On se doute rapidement de qui a fait le coup et de pourquoi. Le pourquoi étant finalement vachement trial d'ailleurs (mais j'en dirais pas plus). Or, j'aime être surprise dans ce genre de livre et ce n'a pas été le cas ici. J'ai donc lu le bouquin en me doutant fortement de tout ce qui allait se passer. Disons qu'il est dommage d'avoir donner des billes trop rapidement dans l'histoire. Le suspect n'est plus au rendez-vous et si on y ajoute les longueurs, ben, on s'ennuie.

Vraiment, le sentiment d'ennuie m'a rarement quitté tout le long de ma lecture. Pourtant, savoir qu'Anna va revenir était un bon moyen de faire tourner les pages. Encore plus en se demandant ce qui allait se passer par la suite. Bref, c'est dommage et je reste malheureusement sur cette impression-là alors qu'il y avait pas mal de bonnes idées dans le roman (dans le désordre, des thèmes intéressants du point de vue féministes, une enfant qu'on ne retrouve pas morte, "la mère a toujours la garde", la folie...). Tout ça pour dire que finalement, le courant n'est pas ultra bien passé entre Après Anna et moi (et ce ne sont pas les personnages, trop caricaturés pour la plupart qui m'auront aidé non plus).

Au final, ce qui devait être un bon livre souffre un peu trop des ses idées et de ses lenteurs. Dommage parce que vraiment le traitement était finalement bien sympathique (je suis quand même allée jusqu'à la fin du roman hein, c'est qu'il a des qualités). Bref, il peut plaire à un certain nombre d'entre vous  (parce qu'il est tout de même bien écrit et pas trop mal foutu) mais je n'en fais pas parti. 

lundi 20 août 2018

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Je n'aurais finalement pas mis bien longtemps pour finir cette trilogie du mal (surtout au vue de ma PAL numérique qui semble ne vouloir faire que grossir). IL faut dire que les deux premiers tomes m'avaient plutôt plu et que je suis dans une période plutôt "horreur" en numérique en ce moment. Et donc, presque six mois après avoir lu le premier tome, je lis le dernier. C'est plutôt pas mal

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : trhiller
Année de parution : 2004
Format : AZW

A lire si : 
- Vous avez aimer les deux premiers tomes
- Vous n'avez pas peur des araignées
- Vous aimez les thrillers à l'américaine

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Une ombre inquiétante rôde dans les forêts de l'Oregon. C'est d'abord un employé de l'environnement qui est retrouvé mort, le visage horrifié. Aucune trace du criminel... Dans le même temps, des femmes disparaissent en pleine nuit, pendant le sommeil de leur époux. Pas de trace d'effraction dans les maisons... Et puis se répand une épidémie singulière : les foyers de Portland sont envahis par des araignées aux piqûres mortelles. Les victimes s'accumulent et la psychose s'intensifie. Et s'il n'y avait qu'une seule personne derrière tout cela ?
Un être pas comme les autres. On commence à murmurer le pire : et s'il n'était pas humain ? Joshua Brolin et Annabel O'Donnel vont mener l'enquête, entrer dans la toile et faire face à l'impensable.
Une nouvelle génération de tueur.

Mon avis

Et voilà, j'en ai fini avec la trilogie du Mal (enfin pas tout à fait, me manque le prologue sur le mari d'Annabel à lire)(ça risque de pas tarder). Et je dois bien dire que j'ai particulièrement apprécié lire cette fameuse trilogie. Mais passons donc à ce troisième et dernier tome, celui qui clôt donc le tout. Un tome qui, pour moi, est peut-être un peu en dessous des deux suivants mais qui reste un très bon divertissement.

Dans Maléfices, nous retrouvons donc Joshua Brolin chez lui à Portland. Adieu New York qui n'aura servi de toile de fond que pour un tome. Ça m'arrange un peu, j'aime bien Porland et ses étendues de forets non loin (dans l'idée, Chattam aura quand même réussi à me faire aimer une ville et ses alentours sans même en avoir rien vu). Alors qu'il compte bien passer quelques jours de vacances avec Annabel, le frère de son ami Larry Salhindro est retrouvé mort en pleine forêt, avec sur son visage la peur à l'état brut. Il n'en faut pas plus pour que Brolin annule ses vacances. Heureusement pour lui, Larry fera appel à Annabel pour qu'elle vienne changer un peu les idées du privé. Et les aider dans une enquête qui va bien plus loin que la mort du frère de Larry. Attention cher lecteur, si vous êtes arachnophobe, passez votre chemin (ou comme moi, flipper bien lorsque le rideaux de douche ou vos cheveux vont vous faire croire qu'une araignée et sur vous)(je suis très impressionnable, je l'avoue), parce que les petites bêtes sont là tout le long du livre. Et elles ne sont pas vraiment gentilles. Enfin, ce ne sont pas les pires monstres du livre. L'humain, comme souvent avec Chattam, n'est malheureusement pas en reste. Et le tueur de ce tome-ci n'a pas grand chose à envier à ses prédécesseurs sur la monstruosité.

D'ailleurs, tout le tome n'a rien à envier à ses prédécesseurs au niveau de l'enquête. Si j'avais compris facilement ce qu'il se passerait dans l'Ame du Mal, j'avais eu un peu plus de mal sur In ténébris et je me suis faite roulée sur toute la ligne avec ce Maléfices. En même temps même Brolin est assez perdu dans son enquête, ce qui ajoute à la confusion du lecteur et à l'envie de toujours lire un peu plus (monsieur Chattam, mes cernes ne vous disent pas merci, mon manque de sommeil non plus). J'ai clairement apprécié voir tout le monde (moi comprise) pataugeaient un long moment dans la semoule, ça fait du bien quand tout ne tombe pas tout cuit (même si une fois encore, je trouve la fin un peu trop rapide pour ça). Bref, une enquête fort sympathique qui ne m'aura pas filer de gros frissons mais que j'ai aimé suivre. Et que j'ai même bien plus apprécié que celle d'In Tenebris par exemple.

Mais alors, pourquoi ai-je trouvé ce tome un peu en déça des précédents ? A cause des personnages. Enfin, avouons-le, surtout à cause d'Annabel. Annabel, dans ce tome, quitte le personnage de flic mal dans sa peau ayant perdu son mari depuis peu et essayant de remonter la pente avec l'aide de son ami, Jack Thayer. Elle est devenue une sorte de Brolin au féminin mais pas totalement. Si jusque là, ça m'allait plutôt bien, j'ai trouvé que la voir soudain avoir des sentiments pour Joshua (et même si ça va en droite ligne de ce qu'il a pu et se passe) était peut-être un peu trop. Enfin, non, disons que ça la transforme un peu trop. J'aime toujours le personnage sauf lorsqu'elle se pose des questions sur sa relation avec Brolin. Pourquoi à ces moments-là passe-t-elle soudain de l'Annabel du tome précédent, forte, indépendante et en même fragile à simple potiche ? Heureusement que ça n'arrive pas à toutes les pages et que le plus souvent, elle reste l'Annabel que j'ai appris à apprécier. Quant à Brolin, il reste le même durant un petit moment pour petit à petit "redevenir" un peu plus humain, plus proche du Brolin de l'Âme du mal (sans toutefois y revenir totalement). Et puis, il est appréciable de retrouver l'équipe de flic de Portland.

Au final donc, j'ai aimé, un peu moins que les deux précédents (la faute à Annabel qui se potiche donc de temps à autre et aux araignées que je n'aime mais alors pas du tout). Il complète finalement très bien la trilogie, montrant encore un autre aspect de ce que l'humain peut faire de pire. Ces trois histoires sont assez perturbantes dans le fait qu'elles pourraient être réelles et c'est vraiment là que ça fonctionne avec moi (même si on avoue qu'on sent bien la fiction dans les personnages quand même). En tout cas, chose de sure, c'est que entre les livres de Chattam et moi, ce n'est pas fini, j'en ai encore qui traine par ci par là et je compte bien replonger dans cette folie qui les habite.

vendredi 10 août 2018

Les Tendres Plaintes, Yoko Ogawa

J'avais découvert Yoko Ogawa avec un recueil de nouvelle, la Mer, il y a quelques année de ça (2015 si j'en crois mon article dessus). J'avais depuis longtemps envie de la lire une nouvelle fois, mais sur quelque chose de plus long que des nouvelles. Il me semble que j'ai ce livre-là depuis 2016 dans la PAL mais, vous savez ce que c'est, j'ai trop de livres à lire. Et puis, je l'ai finalement sorti.

Les Tendres Plaintes, Yoko Ogawa

Editeur : Babel
Collection : /
Anné de parution : 2014
Titre en VO :Yasashii uttae
Année de parution en VO : 1996
Nombre de pages : 241

A lire si :
- vous aimez les romans lents
- vous aimez la poésie que l'on trouve dans la vie quotidienne

A ne pas lire si :
- Vous voulez du rapide
- Vous n'aimez pas les tranches de vie

Présentation de l'éditeur :

Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru.

Mon avis

S'il y a bien une chose qui m'avait touché dans la Mer, le recueil où j'ai découvert l'écriture de l'autrice, c'était la poésie insufflée dans les nouvelles. Elle était partout, même là où on ne s'y attendait pas. J'espère beaucoup retrouvé cette poésie-là dans ce roman et ce fut le cas.

Ruriko quitte Tokyo et son mari, infidèle et violent, pour le chalet de son enfance. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle est partie là, elle aurait très bien pu aller ailleurs. Mais c'était comme un appel. Là-bas, elle essaie de se reconstruire un peu. Elle va rencontrer Nitta, un facteur de clavecin et son aide, Kaoru. Petit à petit, elle va entrer dans leur monde, les découvrant et se découvrant elle-même. 

Je vous avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour parler du roman. Pendant une partie de celui-ci (avant mon départ en vacances en fait, je pense que j'avais besoin d'une coupure pour le reprendre comme il faut), je me suis demandée où l'autrice voulait en venir. J'aimais suivre Ruriko dans sa vie au chalet, sa découverte des deux facteurs de clavecins, voir les paysages qui l'entourent mais je n'arrivais pas à voir la finalité du roman. C'était assez étrange à lire. Beau, poétique à souhait, avec une narratrice qui n'en fait pas des tonnes, qui pose ses sentiments comme des notes sur une partition de musique dont elle ne sait trop quoi faire. J'aimais mais ce n'était pas tout à fait ça. Alors j'ai posé le livre et j'ai attendu une semaine pour le reprendre. Je crois que j'ai eu bien fait.

IL faut attendre presque la moitié du roman pour comprendre ce que l'autrice voulait dire. Pour comprendre les personnages, Ruriko la première. En fait, pendant la première partie, le lecteur se retrouve aussi perdue qu'elle. Que va-t-elle devenir, maintenant qu'elle a tout quitté ? Que va-t-il se passer pour elle ? Son cheminement n'est pas simple mais de la femme perdue du début, on commence à entrevoir une autre femme, qui s'exprime un peu plus. Il en va de même pour les deux autres personnages dont on connait le nom (à part Ruriko, Nitta et Kaoru, les autres n'ont jamais de noms)(c'est fait exprès, je pense, pour nous rapprocher d'eux, ne pas avoir de "parasites" autours, les couper du monde du roman en fait). Petit à petit, on découvre les blessures de ces trois-là, puis la manière qu'ils ont d'aller plus loin que ça, de se remettre en mouvement. Ce n'est pas parfait mais ça reste très humain. On peut être brisé, il y aura toujours une personne pour nous recoller, pour nous consoler, nous aider. Un beau message rempli d'optimisme que j'ai apprécié lire.

On ajoute à ses personnages des décors magnifiques, la forêt qui prend une place importante, la nature elle-même. Et puis, la poésie de l'autrice qui ne quitte pas les pages du livre. Certains passages sont particulièrement beaux, et ce ne sont pas forcément ceux que j'aurais cru (la construction des clavecins, leur description sont particulièrement belles par exemple). La musique, même si on ne l'attend pas, est bien présente dans tout le roman. Elle fait partie de lui, de la poésie qu'il dégage. Il en va de même pour la nature où des scènes importantes se passent. Tout cela fait partie du roman, y apporte une touche presque magique.

Et puis, il y a aussi le dépaysement. Tout est forcément très japonais dans le roman. Assez pour se sentir voyager en suivant les pas de Ruriko dans cette nouvelle vie. J'apprécie beaucoup quand ça arrive, quand je me sens un peu perdu dans un roman parce que la culture n'est pas la même que la notre. Ici, elle se ressent forcément par les attitudes des personnages, par les lieux, les décors. Que l'histoire ne se passe pas dans une grande ville japonaise y aide forcément beaucoup (moins occidentalisé, la campagne japonaise me semble plus encline à nous faire découvrir le japon comme on peut se l'imaginer)(ceci n'est que mon avis mais je n'ai pas retrouvé ça dans les livres que j'ai pu lire se passant à Tokyo par exemple).

J'avoue ne pas dire grand chose au final du roman en lui-même, des histoires qui se jouent dedans, mais même si effectivement elles sont importantes, si elles me parlent beaucoup, ce n'est pas ce que j'ai le plus retenu des Tendres Plaintes (qui porte définitivement bien son nom). En fait, tout est lié dedans, les histoires, la poésie, le décors, à tel point qu'on en ressort avec une impression d'un grand tout à la fois mélancolique et plein d'espoir. C'est juste beau. 

Pour finir, une petite vidéo avec la musique dont le livre tire son nom, les Tendres Plaintes de Rameau. Ca lui va terriblement bien.

Le secret de Crickley Hall, James Herbert

J'avais envie de frissonner un peu, surtout vu les chaleurs que nous avons eu ces derniers temps. Quoi de mieux qu'une histoire de maison hantée pour faire passer la canicule. Alors, j'ai sorti ce roman de la PAL numérique (et ça fait un moment qu'il s'y trouvait d'ailleurs).

Le secret de Crickley Hall, James Herbert

Editeur : Milady
Collection : Thriller
Année de parution : 2011
Titre en VO : The secret of Crickley Hall
Année de parution en VO : 2006
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les histoires de maisons hantées
- Vous aimez frissonner
- Vous aimez le mystère

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les explications d'un coup
- Vous voulez une histoire qui sorte de l'ordinaire

Présentation de l'éditeur :

Crickley Hall : une vieille demeure comme on n en trouve que dans les régions reculées de l Angleterre. Vaste et sinistre, elle a même l air un peu menaçant. Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s y installer avec leurs deux petites filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille.Mais quelque chose ne va pas... Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil. Les enfants sont les seuls témoins d étranges apparitions. Et, chaque matin, la porte de la cave est entrouverte alors qu on l avait fermée la veille.Cette maison est le dernier endroit que les Caleigh auraient dû choisir. L'horreur qui les y attend dépasse tout ce qu ils pouvaient imaginer.

Mon avis

Comme souvent avec ma PAL numérique, c'est plus pour le titre que pour le résumé du livre que j'en sors un livre. Parce que forcément, j'ai un peu moins accès à la quatrième. Et puis de toute façon, s'il a atterrit dedans, c'est bien qu'à un moment, elle m'a plu. Avec la quantité de bouquin dedans, je suis incapable de me souvenir la plupart du temps de quoi le livre va parler. Bon après, entre le titre et la couverture, il n'est pas totalement impossible de se douter de quoi ça va parler. Et là, j'avais le vague souvenir que c'était un truc normalement horrifique. Je me suis pas trompée et par vu la canicule qu'on se paie, c'est pas plus mal.

Alors que cela va faire un an que leur fils Cameron a disparu, les Caleigh s'éloignent de Londres pour le Devon où le père, Gabe, doit effectuer une mission. Il choisit d'amener sa femme et ses deux filles à Crickley Hall, vieille demeure à l'aspect plutôt austère. Dans sa tête, éloigner Eve, sa femme, de chez eux ne pourra lui faire que du bien... Il se trompe. Rapidement, elle se sent mal dans la vieille maison. Faut dire que celle-ci n'a rien de bien cosy et que de mystérieux bruits se font entendre toutes les nuits. Les Caleigh vont alors découvrir l'histoire de Crickley Hall, où en 1943, onze enfants et leur tuteur ont perdu la vie. 

Autant le dire de suite, l'histoire en elle--même est somme toute banale pour un roman de maison hantée. Une famille s'installe dans une vieille maison, il y a des évènements inexpliqués, des bruits, des apparitions d'ombre et j'en passe, puis on découvre la catastrophe du passé et ce qu'il s'y est réellement passé. Le tout est accompagné d'une pointe d'occultisme et de paranormal. Ca ferait un super bon film d'horreur, d'ailleurs. Et, vous savez quoi ? Ca fonctionne en fait pas mal. Parce que même si le lecteur se doute de ce qu'il suivre au fur et à mesure de l'avancement dans sa lecture, il n'en frisonne pas moins, je n'en frissonne pas moins. Et lire certain passage alors que je suis seule éveillée à la maison n'est pas une super bonne idée parfois (ma maison est vieille et vivante, elle fait des bruits, elle craque, ce qui en soit est normal mais qui devient un peu plus terrifiant suivi sa lecture, avouons). Là où par contre l'auteur fait bien les choses, c'est que les moments terrifiants où l'entité malfaisante de la maison joue à faire peur à tout le monde sont coupés par des moments où une autre entité vient contrebalancer tout ça, poussant Eve, la mère donc, à ne pas quitter Crickley Hall, persuadée que son fils veut lui passer un message. Ainsi, le lecteur ne baigne pas totalement dans l'angoisse et lui aussi veut avoir le fin mot de l'histoire.

D'ailleurs parlons un peu des personnages. Si j'ai eu un peu de mal avec Gabe, le père, que j'ai trouvé un peu trop dans le rationnel, un peu trop aveugle à ce qu'il se passe autour de lui, j'ai eu une faiblesse pour Eve. C'est le genre de personnage auquel on va s'attacher parce qu'on sent sa douleur. Elle a perdu un fils voilà presque un an, sans savoir s'il est mort ou vivant. Traumatisée par cet évènement, elle veut croire qu'il lui est apparu à Crikley Hall. C'est une femme touchante (quoique parfois un peu énervante), bien plus dans les émotions que son époux. Les autres personnages, même leurs filles dont l'ainée à un rôle à jouer plutôt essentiel, ne sont pas assez développés à mon gout. Et chose qui m'a un peu perturbé, c'est que tous ont eu un traumatisme. Ils sont construits sur ça et forcément la maison et les entités qui la hantent s'en servent. C'est peut-être un peu trop facile du coup.

Mais le vrai personnage du livre, c'est bien Crickley Hall, cette maison qui a vu la fin terrible des orphelins évacués de la seconde guerre mondial et de leur tuteur. Leur histoire est surement encore plus glaçante que celle que vivent les Caleigh. Seul bémol pour moi, on apprend la dite histoire presque d'un coup, vers la fin. Alors même si on se doute pas mal de ce qu'il a pu se passé depuis un moment, avoir à digérer le tout d'un coup, c'est un peu trop. J'aurais personnellement préféré avoir des bribes plus étendues dans le déroulement du roman. Surtout qu'il faut avouer que l'histoire des évacués va quand même couper le rythme de la fin du livre et de son dénouement. 

Cela n'en reste pas moins une très bonne histoire horrifique qui m'a fait tremblé plus d'une fois. Elle touche plus à la psychologie des personnages (enfin surtout d'Eve) qu'à l'ambiance effrayante sur deux bons tiers du livre pour plonger dans l'horreur absolue sur sa fin. C'est plutôt bien foutu même si j'aurais préféré avoir un peu plus de passage "à ambiance" (dans le genre, Sac d'Os lu il y a peu est un peu plus impressionnant pour moi). Et puis, je dois bien avouer que ça faisait un moment déjà que je n'avais pas frissonner comme ça, seule dans mon lit (j'ai failli mettre sous ma couette, mais je supporte même pas le drap vu comme il fait chaud...).

vendredi 3 août 2018

L'Ile aux Démons, Les Nécrophiles Anonymes, tome 4, Cécile Duquenne

J'ai longtemps hésité. Hésité à prendre ce quatrième tome en numérique, chez Bragelonne. Et puis, j'ai voulu resté fidèle à Voy'el pour cette série. Parce que la petite maison d'édition en a besoin, parce que je ne voulais pas dépareiller ma collection, parce que pleins de raison. Alors, j'ai attendu et me voilà avec un objet livre à la merveilleuse couverture.

L'Ile aux Démons, Les Nécrophiles Anonymes, tome 4, Cécile Duquenne

Editeur : Voy'el
Collection : Fantastique
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 272

A lire si : 
- Vous avez aimé les précédents tomes
- Vous voulez un livre qui dépote tout
- Vous voulez de l'urban fantasy qui ressemble à de la bit-lit mais qui n'en est pas (et que c'est drôlement meilleur)

A ne pas lire si : 
- Vous n'avez pas aimé les premiers tomes ou pas lus  

 Présentation de l'éditeur : 

Depuis quatre ans, Népomucène est à la recherche de Bob, enlevé par le Roi William. L’ancien employé de la morgue a bien changé. Il travaille désormais pour la Police des Affaires Surnaturelles dont il est devenu un des agents les plus efficaces. Mais sa vie est en danger. En l’absence de Bob, la folie et la mort le guettent. Sa quête semble sans espoir, jusqu’au jour où une nouvelle piste le conduit vers un lieu étrange : l’Île aux démons, où pourrait se trouver son ami. Mais aussi son plus redoutable ennemi.

Mon avis

Je préfère prévenir avant, je vais surement spoiler, vu qu'il est un peu compliqué de parler de ce quatrième tome sans parler de ce qu'il s'est passé dans les précédents. 

Quatre ans après la fin de Dernier des Nephelims, Népomucène a bien changé. Toujours à la recherche de son ami vampire Bob, il a emménagé à bord du Vagabond des Etoiles avec Gabrielle Van Helsing, a étudié l'alchimie et travaille pour la Police des Affaires Surnaturelles. Lui, Gabrielle et Nicolas ont vu les pires atrocités commises par les Supérieurs, les vampires transformés par le Roi William. Ils se sont encore un peu plus endurci, surtout Népo. Mais alors qu'il n'a plus une goutte de sang de Bob à boire, le voilà condamné à dépérir. C'est à ce moment-là, qu'enfin une nouvelle piste dans la recherche de son ami apparait. Lui, Gabrielle, Nicolas et Basil vont se rendre sur l'île aux démons.

Cécile Duquenne a dit un jour que les Nécrophiles Anonymes étaient en fait deux triptyques et non une série de six livres. Elle le prouve effectivement avec ce quatrième tome qui annonce, non pas une nouvelle histoire (nous sommes bien dans la suite des tomes précédents) mais disons, une nouvelle époque pour ses personnages. Et cela se ressent énormément avec les changements qui se sont opérés en quatre ans sur Népomucène, le héros et narrateur de ce tome-là. Devenir le calice de Bob (voir épisodes précédents) l'a transformé, que se soit physiquement ou psychologiquement. Il n'en reste pas moins le Népo que nous connaissions, toujours aussi gentil, prêt à tout pour ses amis. J'ai beaucoup apprécié son évolution. A l'inverse, j'ai trouvé que Gabrielle est plutôt restée la même, mais comme j'adore son personnage, ce n'est pas si gênant que ça. Quant à Bob, je vous laisse le découvrir par vous-même. Sachez juste que oui, il a beaucoup changé et pas forcément de la meilleure manière qui soit pour lui.

Passons à l'histoire en elle-même. Cette fois, le titre vient de l'île au trésor, le fameux roman de Stevenson. Mais ne vous attendez pas à une histoire de pirate, nous sommes dans le fantastique et presque le roman d'espionnage et policier pour une bonne partie (bon, Cécile Duquenne n'a jamais apprécié les étiquettes, elle aime mélanger les genres pour mon plus grand plaisir)(et pourtant, on retrouve beaucoup d'allusion au roman de Stevenson entre la localisation de l'île mais aussi le personnage de Basil). Comme d'habitude, Cécile apprécie mener ses personnages (et ses lecteurs) vers les plus grosses catastrophes possibles, surtout lorsqu'ils ont un plan bien défini (elle s'en amuse d'ailleurs avec une petite phrase qui m'a bien fait marrer à ce sujet)(oui, bon, Népo et Lara des Foulards Rouges ont plus en commun qu'on ne voudrait bien le voir au premier abord). Mais si les divers rebondissements dans la quête de Bob m'ont beaucoup plus, je dois avouer que c'est aussi la relation Népo-Bob qui m'aura le plus marqué. Mais je ne vais pas trop en dire, vu que je spoilerai un peu trop le roman pour le coup. D'ailleurs, les relations entre personnages sont toujours un régal à lire sur un Duquenne, elle ne fait jamais dans le simple et explore beaucoup de possibilité avec eux.

Et enfin, passons au style de Cécile Duquenne, qui fait toujours mouche avec moi. Elle est capable de traiter des thèmes graves, parfois d'actualité, tout en gardant ce petit ton un peu impertinent qui arrive du coup à mettre l'accent sur ce qu'elle veut dire. Je ne parlerais pas forcément des thèmes pour ne pas spoiler une nouvelle fois (c'est embêtant ça, de vouloir faire des avis sans spoils quand je pourrais en faire toutes les deux lignes quand même) mais sachez qu'on en trouve des thèmes qui me tiennent à coeurs. Enfin, nous avons l'humour et les expressions très imagées de Cécile Duquenne. C'est là qu'on voit la fille du sud (franchement, je crois bien qu'il n'y a que elle pour écrire comme ça et je trouve dommage qu'elle ne puisse pas forcément utiliser des expressions bien de chez nous (Aix, Sète, c'est pas si loin que ça) dans la plupart de ses romans (à part dans les Penny Cambriole qui sont accès jeunesse). Bref, comme toujours, j'aime énormément.

Au final, l'attente fut longue mais elle en valait carrément le coup. Pour ne pas changer, ce quatrième tome fait partie de mes coups de coeur. J'ai tout aimé et bien sur, j'en redemande encore (surtout que le prochain tome devrait être narré par Bob et que j'ai hâte de savoir ce que lui a à dire sur tout ça). Il me semble l'avoir déjà dit, les Nécrophiles est une série que j'apprécie pour beaucoup de chose et qui se bonifie avec le temps. On y sent vraiment l'évolution de Cécile Duquenne ( le premier date maintenant d'il y a 6 ans maintenant)(putain déjà !) et de son histoire. Bref, lisez les Nécrophiles Anonymes, qui si elle n'est pas la série la plus connue de l'autrice (les Foulards Rouges passent avant), est surement la plus révélatrice de son talent. 

mercredi 1 août 2018

L'Abbaye Blanche, Laurent Malot

Fraichement arrivé dans ma PAL numérique, je sors déjà ce petit thriller. La raison en est simple, me voilà en vacances chez mes beaux-parents à Oyonnax et l'action du livre se déroule à Nantua, juste à côté. Pour une fois, j'allie donc mon lieux de villégiature à ma lecture. Et c'est plutôt sympathique à faire.

L'Abbaye Blanche, Laurent Malot

Editeur : Bragelonne
Collection : Thriller
Année de parution : 2016
format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez les complots
- Vous aimez les flics à fleur de peau

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les personnages un peu caricaturaux.
- Vous voulez une enquête rapide

Présentation de l'éditeur :

Meurtres, amour et conspiration : une recette de la manipulation. À Nantua, dans le Jura, Mathieu Gange élève seul sa fille de six ans. Sa femme a disparu depuis plusieurs mois sans donner d’explication. Flic intègre, il fait ce qu’il peut pour assurer sa mission, quand soudain la violence s’abat sur ce coin du monde où il ne se passe presque jamais rien.Deux hommes sans lien apparent sont assassinés coup sur coup, puis on retrouve un cadavre mutilé dans la forêt. À mesure qu’il démêle les fils, Gange est entraîné dans une enquête dont les enjeux le dépassent. Notables véreux, secte, affaire d’État : le cocktail est explosif. Mais Gange ne peut pas renoncer. La disparition de sa femme n’est peut-être pas innocente...

Mon avis

Comme je le disais, si j'ai lu ce livre c'est pour l'endroit où se déroule l'action. C'est d'ailleurs aussi pour ça que je l'ai pris durant la dernière OP Bragelonne. Je ne savais pas à quoi m'attendre, si ce n'est à avoir quelques beaux paysages, le lac de Nantua et les montagnes qui l'entourent. Mais alors ça donne quoi ?

Nous voilà à la suite de Gange, lieutenant de police dont la femme vient de disparaitre soudainement, prétextant un besoin de se retrouver. Seul avec sa fille, il tente d'allier vie de famille et travail. Or, le travail lui prend beaucoup de temps, encore plus lorsqu'un puis deux meurtres sont découverts à Nantua, pourtant ville tranquille de l'Ain. Rapidement, et cela grâce aussi à Helena Medj, journaliste de son état, Gange et son équipe vont lier les deux meurtres entre eux mais aussi à une étrange organisation sectaire installée dans une vieille abbaye. Petit à petit, alors que le danger guette l'équipe de Gange, ils vont mettre le nez dans ce qui semble être une affaire d'Etat que tout le monde souhaite voir enfouie très profondément. Mais Gange ne compte pas en rester là, il va tout faire pour que les coupables soient punis.

Je dois bien dire que j'ai été prise dans le roman dès le départ. Pourtant, ce n'était pas tout à fait gagner d'avance. Déjà, j'ai trouvé les personnages un peu trop caricaturaux. Gange est le genre de flic capable de passer la ligne jaune dès qu'il a un peu les nerfs (voir beaucoup à certains moment, faut bien l'avouer). Il a aussi tout du héros torturé, entre sa femme qui est partie sans rien dire, sa fille qui vit ça très mal et le reste de ses états d'esprit. C'est un peu dommage parce que j'ai bien aimé Gange mais il en fait parfois un peu trop. Même remarque en fait pour la plupart des personnages, Helena Medj a tout de la journaliste fouineuse, Michelet du flic bourru au grand coeur et j'en passe. Pourtant, malgré ce défaut très apparent, on s'attache plutôt bien aux divers personnages (même si je n'ai pas tant que ça trembler pour eux la plupart du temps). 

Mais les personnages un peu trop caricaturaux ne sont pas le seul défaut du livre. Le second va un peu avec : l'enquête semble trop "facile". Alors, non, pour Gange, elle ne l'est pas, loin de là. Elle possède de multiples rebondissements, des fausses pistes, des difficultés. Mais pour le lecteurs, tout cela semble un peu trop simple. On s'attend un peu à tout ce qui se passe. Pourtant, l'Abbaye Blanche est un véritable page-turner. J'ai eu beaucoup de mal à m'en détacher alors que je me doutais de ce qui allait se passer. Du coup, j'ai beau dire que c'est un défaut, je n'en suis pas si sûre que ça. En fait, l'auteur a su parfaitement rythmer son histoire, ne laissant que peu de répit aux lecteurs, les obligeant à toujours vouloir aller de l'avant pour en apprendre plus et cela malgré les grosses ficelles qu'il utilise. 

Et j'en arrive donc au style de l'auteur, plutôt efficace même si parfois un peu lourd. Ça reste fluide la plupart du temps malgré quelques répétitions. Et en plus de ça, il ne manque pas d'humour, ce qui est plutôt sympathique vu certains évènements de l'histoire. Il allie d'ailleurs moment intense à moment bien plus léger et j'ai adoré la plupart de ses dialogues, qui rendent particulièrement vivants. Ce qui me semble logique lorsqu'on découvre dans les remerciements que l'Abbaye Blanche était à la base un scénario de film. 

Au final, même si je lui trouve des défauts, j'ai beaucoup apprécié le roman et pas seulement pour la région. J'ai apprécié Gange et les personnages qui gravitent autours de lui même si j'aurais voulu en connaitre d'autres un peu plus. J'ai encore plus apprécié l'enquête et tous les complots qu'elle va révéler. Ce n'est pas forcément du grand thriller mais c'est aussi le premier de l'auteur et je trouve qu'il s'en sort plus qu'honorablement. J'ai adoré suivre Gange et j'espère bien pouvoir le faire encore avec Sème la Mort, sa seconde aventure. Bref, à suivre.

mardi 24 juillet 2018

La main de l'empereur, tome 1,Olivier Gay

J'ai ce roman depuis l'avant dernière op de Bragelonne dans ma PAL numérique et il était plus que temps de le sortir. Surtout que j'avais comme une envie de fantasy rapide et sans trop de prise de tête. Je me suis dit qu'il serait pas mal pour combler la dite envie. 

La main de l'empereur, tome 1,Olivier Gay

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2016
Format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez la fantasy un tantinet violente
- Vous aimez les héros torturés et légèrement naïf
- Vous voulez de la guerre

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose d'ultra long
- Vous n'aimez pas la violence

Présentation de l'éditeur 

Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ? DANS LA MAIN D'UN EMPEREUR, LES MORTELS NE SONT QUE DES PIONS.

Mon avis

Bon, j'avoue, je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais lire si ce n'est ce que nous raconte la quatrième de couverture. Mais en même temps, un roman fantasy avec une couverture aussi belle ne pouvait pas me décevoir, n'est-ce pas ? Oui, j'en suis encore à penser que les belles couvertures font les bons livres. En même temps, il est rare que je sois déçue par un livre à belle couverture. Et cette main de l'empereur ne déroge pas à la règle.

Olivier Gay nous entraîne à la suite de Rekk, fils illégitime du gladiateur Shar-tan et de la femme d'un riche marchand, cela de la rencontre de ses parents à ses vingt-trois ans, moment où il semble être au plus haut de sa gloire (oui enfin, disons pour ce tome là, parce qu'il y a un second tome et même un second diptyque sur lui)(que de lectures en perspective donc :) ). L'auteur va rapidement donner le ton de son roman, il sera sanglant et sans pitié, un peu à l'image de son héros. Un héros qui va connaitre bien des choses très rapidement, en commençant par la trahison, la tristesse, le désespoir puis la haine. Autant le dire, l'auteur ne lui fait aucun cadeaux et si jamais il lui arrive de lui en faire un, il le reprend très rapidement. Oui, nous avons un auteur plutôt sadique avec ses personnages et c'est plutôt sympathique (je suis aussi une lectrice sadique qui apprécie quand les personnages sont ballottés en tout sens sans trop rien y comprendre). Mais revenons donc à Rekk, personnage principal de ce roman et principal intérêt de celui-ci.

Car oui, Rekk est bel et bien le principal intérêt du roman. Et cela pour plein de chose. Déjà parce que Rekk. Oui, je sais, mais comment dire, j'ai tout simplement adoré le personnage du début à la fin. Il faut dire que c'est aussi un personnage qui évolue pas mal, surtout niveaux sentiment. Rekk va commencer sa vie d'adulte en découvrant sa mère puis en la perdant et juste après en devant combattre son père dans l'arène et en le voyant mourir sous ses yeux. Ça a de quoi forger un homme et plus particulièrement une carapace. Malheureusement pour Rekk, la carapace va devoir rester en place pendant un long moment, allant jusqu'à lui faire oublier beaucoup de chose, dont une partie de son humanité. Il lui faudra l'aide de deux femmes importantes dans sa vie pour la retrouver, Dareen et Bishia. Parce qu'il faut bien dire que Rekk n'est pas le seul personnage intéressant à découvrir. Il y a les deux femmes, l'une est contrebandière, l'autre courtisane. Dareen est peut-être celle qui m'a le plus émue dans tout cela. Trop fière pour avouer ses sentiments, toujours à côté de Rekk quand il en a besoin. Elle est l'amie idéale pour lui et pourrait bien être plus s'il ouvrait les yeux. Pour Bishia, c'est un peu plus compliqué et j'attends de lire le tome deux pour mieux la cerner (parce que pour le moment, c'est pas jolie jolie). Autre personnage intéressant, c'est Bel Ier, l'empereur, la caution politique du roman. Un empereur comme je l'ai apprécié, capable d'utiliser tous les pions possible et inimaginable pour arriver à ses fins sans prendre en considération les dits pions. Un salaud comme je les aime, sans cœur ou presque et capable de tout.

Si les personnages sont bien écrits, l'histoire l'est tout autant. Sans trop en faire, on va découvrir une partie de l'enfance de Rekk (à peine quelques chapitres), son premier combat, les incidences de celui-ci et son départ de l'arène pour l'armée. Ça parait presque trop court et en même temps c'est juste la dose qu'il fallait pour ne pas alourdir le roman afin de se concentrer sur le Rekk adulte et la campagne de Koush. Une campagne qui se fait donc dans la violence (en même temps, c'est la guerre, pas un jardin d'enfant, tu me diras). Et là, Olivier Gay ne fait pas dans la dentelle. Bon, on le découvre rapidement que le livre est sanglant mais le sang n'est pas versé juste pour le plaisir des lecteurs. On découvre les rouages de la guerre et les complots derrières, son horreur (des deux côtés d'ailleurs) mais aussi les petits moment de grâce, voire de délicatesse. Et puis, parfois, ça vous tombe comme ça, on a l'impression de se retrouver dans un Gemmel version Drenaï. Et franchement, c'est vachement classe (parce que Gemmel est pour moi un maitre en la matière de guerre et de siège). 

Forcément, une histoire qui ne souffre que de peu de défaut (parfois un peu trop rapide peut-être), des personnages qu'on apprécie suivre et qui sont bien en nuance de gris, et me voilà réellement emballée par ce premier tome. Je dois bien dire que je suis des plus enthousiastes. Je découvre un auteur au style des plus plaisants avec une histoire fantasy comme je peux les apprécier (sans magie, avec des guerres, de la politique qui fait mal et des personnages géniaux). Et ça se ressent avec le temps de lecture, puisque j'ai avalé les pas tout à fait 400 pages en deux jours (alors que je traîne en ce moment sur la plupart de mes bouquins)(et que pour info, j'ai récupéré Link's Awakening sur la DS, ce qui a annoncé la fin de ma vie sociale et de toutes autres activités alors que commençais à peine le roman)(mais au moins, Rekk m'a permis de ne pas me coucher à toutes les heures durant le weekend). Bref, c'est un coup de cœur et ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivée sur de la fantasy (pour rappel, le dernier, c'est l'année dernière avec les Illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton, rien ne vaut la fantasy française)

Une bobine de fil bleu, Anne Tyler

Les prêts de livres entre collègues ont un effet étrange sur moi. Voilà que je me mets à lire des romans auxquels je n'aurais peut-être même pas jeté un coup d'oeil. Une bobine de fil bleu fait parti de ces romans-là. Je ne lis pour ainsi dire jamais d'histoire familiale, sauf peut-être si elles sont historiques. Or, ce n'est pas le cas ici. Mais ma collègue a su me vendre le bouquin alors bon, autant le lire.

Une bobine de fil bleu, Anne Tyler

Editeur : Phébus (oui, je sais, j'ai mis la couverture de 10/18)
Collection : /
Année de parution : 2016
titre en VO : A Spool of Blue Thread
Année de parution en VO : 2015
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez les sagas familiales
- Les flashbacks ne vous dérangent pas

A ne pas lire si :
- Vous voulez du bon gros secret familial
- Vous n'aimez pas les flashbacks

Présentation de l'éditeur :

Ils se croyaient uniques : c’était peut-être la preuve supplémentaire que les Whitshank étaient une famille comme les autres. Portrait des Whitshank, et de leur si jolie maison de Baltimore, Une bobine de fil bleu détricote sur plusieurs générations l’histoire d’une famille bien trop heureuse pour être vraie. Et qu’il s’agisse de débusquer les politesses, de chasser les faux-semblants ou de dire l’amour, la plume drôle et méticuleuse d’Anne Tyler ne laisse rien au hasard.

Mon avis

Comme je le disais, les sagas familiales sont loin d'être mon truc niveau lecture sauf si c'est de l'historique ou qu'on y trouve une part de SFFF. Or, il n'y a rien de tout cela (enfin, si, si on veut, sur une toute petite partie qui se passe entre les deux guerres) dans ce livre. Alors pourquoi je me suis lancée là-dedans ? Pas la moindre idée. Pourquoi j'ai continué à le lire après quelques chapitres ? Parce que j'ai plutôt accroché au style de l'autrice.

Une bobine de fil bleu nous raconte l'histoire de la famille Whitshank et de leur maison à Baltimore. A moins que ce ne soit finalement juste l'histoire de la maison ? Parce que la dite maison est au centre de tout, bien plus que ses occupants. Ce sont pourtant eux que nous allons suivre. Les Whitshank sont une famille comme les autres. Ils n'ont pas de gros secret de famille (enfin presque pas). Seul problème chez eux ? La mère Abby commence à souffrir d'absence et disparaît de temps à autre. C'est assez pour que toute la famille vienne autour d'elle afin d'aider les parents. Et forcément, les tensions entre membres prennent un peu plus d'ampleur.

Des tensions qui ressemblent somme toutes à celles que toutes familles pourraient avoir. La jalousie, l'envie mais aussi la détresse face à des situations qu'on n'arrive pas à surmonter. C'est une des forces de ce roman, être à l'image de la vie réelle, sans trop en faire. Les personnages pourraient être les membres de votre famille, de celle de n'importe qui. Malheureusement, cela a aussi un petit revers de médaille, on finit par avoir du mal à reconnaître qui est qui. Si les deux garçons Whitshank sont assez différents l'un de l'autre niveau caractères pour ne pas être confondus, il n'en va pas de même avec les deux filles (qui en plus ont un mari avec le même prénom, ça aide encore moins). . Du coup, ce qui fait la force du roman peut aussi s'apparenter à une faiblesse. Je me suis souvent perdue dans les personnages lorsque les filles Whitshank étaient présentes.

Une autre faiblesse, tant qu'à être dedans, ce sont les longueurs présentes par ci par là. Pour faire plus naturel, plus vrai, l'autrice se perd parfois un peu trop dans des détails, des descriptions un peu trop longues. Alors, oui, ça ajoute à la vraisemblance du roman mais parfois, c'est un peu trop. Heureusement, souvent, ces détails et ces longueurs nous entraînent vers des flashbacks plutôt bien foutus qui permettent d'entrer un peu plus dans la famille et la maison qu'ils occupent. Personnellement, j'aime beaucoup ces retours en arrière et ils ne me gênent absolument pas. Par contre, je sais que certains apprécient beaucoup moins et vu que le livre en comporte vraiment beaucoup, ça risque de déranger pas. En même temps, sans eux, l'histoire n'aurait pas fait une centaine de pages, il me semble et le lecteur ne s'accrocherait pas autant à cette famille somme toute assez banale.

Reste enfin le style de l'autrice, simple et plutôt efficace. Anne Tyler ne s'encombre pas de fioritures, de grandes phrases ultra travaillées. Elle écrit simplement, presque comme on parle, ce qui forcément ajoute de l'authenticité à la chose.  

Au final, je lui ai trouvé des défauts à cette Bobine de fil bleu mais aussi de belles qualités qui ont fait que j'ai continué ma lecture en me demandant ce qui allait se passer pour cette famille d'américains  "de base". Ce n'est pas forcément une saga familiale qui restera longtemps en mémoire mais elle est plutôt rafraîchissante. Bref, une lecture agréable, parfaite pour l'été (enfin, je trouve) et plutôt divertissante.

jeudi 19 juillet 2018

L'étrange cas de l'homme mécanique, Burton et Swinburne, Mark Hodder

La dernière grosse Op de Bragelonne n'aura pas été des plus fructueuses pour moi, beaucoup de livres déjà en ma possession et beaucoup qui ne me disait rien du tout (bref, en cinq jours, je n'ai pris que neuf livres, c'est pas énorme). Mais elle aura eu l'avantage d'augmenter ma collection des livres du mois du Cuivre et d'avoir la suite des aventures de Burton et Swinburne. Que demander de plus ? (si je sais, un peu plus de séries complètes durant le mois du cuivre par exemple, surtout dans les diptyques et triptyques).

L'étrange cas de l'homme mécanique, Burton et Swinburne, Mark Hodder

Editeur : Bragelonne
Collection : mois du cuivre
Année de parution : 2015
Titre en VO : Burton & Swinburne, book 2: The Curious Case of the Clockwork Man
Année de parution en VO : 2011
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous voulez des personnages ayant réellement existé
- Vous aimez les uchronies

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça va vite.

Présentation de l'éditeur :

Sir Roger Tichborne : perdu en mer. Le voici de retour pour revendiquer la fortune familiale. Mais est-ce bien lui ? Pour les classes supérieures, c’est de toute évidence un habile escroc ; pour les ouvriers de Londres, c’est le héros du peuple… Mais pour Burton, il est avant tout au centre d’un complot visant à escamoter de légendaires diamants connus sous le nom d’Yeux de Nga. L’enquête le mènera sur le domaine maudit des Tichborne… et à la rencontre du fantôme d’une sorcière !
Entre un manoir hanté et les rues de Londres secouées par des émeutes, de l’Amérique du Sud à l’Australie, d’un incroyable vol de bijoux à une possible révolution, Burton et Swinburne affrontent de terribles forces pour mettre un terme à une conspiration qui menace l’Empire britannique. Leur enquête aboutit sur un final étonnant qui les verra combattre les morts, un ennemi à naître, et entrevoir le passé préhistorique et le futur déchiré par la guerre !

Mon avis

Je ne sais pas si tu te rappelles, lecteur, mais j'avais plutôt apprécié le premier tome de Burton & Swinburne qui nous offrait une uchronie partant du postulat que Victoria était assassinée au début de son règne. Le premier tome nous présentait donc cet univers et ses personnages. Avec l'affaire de Spring Heeled Jack, on découvrait donc que le monde avait emprunté un chemin B dans sa destinée et que tout avait changé. Mais à quel point, me diras-tu ? Et bien, ça, on va commencer à le découvrir dans ce second tome.

Comme pour son prédécesseur, L'étrange cas (oui, je réduis, ça fait long comme titre tout de même) se sert autant de son uchronie que de ce qu'il a pu se passer dans notre ligne temporelle. C'est quelque chose que j'avais déjà beaucoup apprécié et que je continue à apprécier dans ce second tome, même si j'avoue que là, j'étais un peu moins au courant de la fameuse histoire Tichborne qui sert de point de départ à l'histoire. Il n'empêche que j'ai vite trouvé mes marques et que j'ai été ravie de retrouver un Sir Richard Burton égal à lui-même.

Il se passe pas mal de chose dans ce roman mais en même temps, j'ai eu l'impression qu'il était plutôt lent à se mettre en place. Ce n'est pas particulièrement gênant grâce aux personnages tous assez loufoques en leur genre (mention spéciale à Herbert Spencer). Ils sont le gros point fort de ce roman même si certains n'apparaissent pas assez à mon goût (j'ai trouvé Swinburne effacé dans ce tome par rapport au premier). Il est toujours aussi sympathique de se rendre compte qu'on garde une trace de véracité dans les caractères des personnages ayant réellement existé (et il y en a un bon paquet, à vous de tous les trouver)(pire que les pokemons).

Mais revenons peut-être à l'histoire un moment. Elle commence doucement cette histoire avec une histoire de noble disparu en mer et qui revient comme si de rien n'était. Or, personne ne veut croire que le Requérant est bien qui il dit être, encore moins le reste de la famille (histoire de pognon et tout ce qui va avec). Mais voilà que le type, qui  ne ressemble en rien au fameux disparu, réussit à se mettre tout le monde dans la poche. Comment, pourquoi ? Il s'avère que tout à rapport avec un cambriolage de diamant noir et le futur (il est toujours question de futur dans Burton & Swinburne j'ai l'impression). Et comme dans le premier tome, certains éléments ne seront compris que bien plus tard dans le livre (ce qui peut parfois être assez déroutant, il faut bien l'avouer)(mais quand on a l'habitude de la chose, on a surtout envie d'avancer pour savoir ce que l'auteur va faire de telle ou telle chose). Je trouve toujours génial de voir à quel point certain auteur arrive à mettre en place leur histoire en disséminant autant d'indice un peu partout.

Et j'en arrive malheureusement au petit point négatif pour moi de ce tome-ci, sa lenteur durant plus de la moitié du livre et sa fin trop mais vraiment trop rapide. Ce problème vient aussi de ce que je disais juste au dessus, il y a trop d'élément un peu partout dans le livre. Or, pour réussir à arriver à la fin, il faut bien tout mettre en place. Mais cette fois, il y a trop de chose et du coup, le rythme du récit en prend un coup. Même si on ne s'ennuie pas, c'est long à se mettre en place. Même parfois un peu trop. Oui, il y a pas mal de longueur, soit dans la présentation de certains personnages, soit dans celle de certains lieux. Et puis, d'un coup d'un seul, alors qu'il ne reste que deux bons gros chapitres (d'après monsieur Kindle, il faut bien une bonne demi-heure par chapitre) et tout s’enchaîne trop rapidement, jusqu'à finalement laisser le lecteur (moi du moins) sur sa faim. C'est que vu comme c'était parti, je me sentait bien de passer quelques heures de plus pour avoir le dénouement. 

Malgré ce petit défaut, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Burton et de tous les autres personnages gravitant autour de lui. Et je ne parle même pas de l'ambiance bien steampunk comme je l'aime (tiens, j'en ai pas parlé d'ailleurs) avec toutes ses machines, ses inventions (pas forcément toutes mécaniques d'ailleurs), cette vapeur et ces personnages ayant réellement existé. Bref, c'est peut-être un peu en dessous du premier tome pour moi, mais ça reste toujours aussi sympathique à lire.

mardi 10 juillet 2018

Mythologie Viking, Neil Gaiman

Si je fus incollable sur les mythologies grecques, romaine (oui bon, à part les noms, c'est quasi les mêmes) ou égyptiennes, je ne me suis jamais réellement penché sur les mythes nordiques. Je les connais, je connais les principaux dieux mais pas forcément leurs histoires. Alors quand monsieur Gaiman propose de les faire découvrir, je dis pas non.

Mythologie Viking, Neil Gaiman

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2018
Titre en VO : Norse mythology
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 288

A lire si :
- Vous voulez une première approche de la mythologie viking
- Vous appréciez les talents de conteurs de Neil Gaiman

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Gaiman pur et dur
- Vous pensez que les dieux nordiques sont comme dans les Marvels

Présentation de l'éditeur :

L’univers de Neil Gaiman est nourri par les légendes nordiques. Il revient à ses sources et nous raconte enfin la grande saga des dieux scandinaves qui l’ont inspiré pour son chef d’oeuvre American Gods. De la genèse des neuf mondes au crépuscule des dieux et l’ère des hommes, ils reprennent vie : Odin, le plus puissant des dieux, sage, courageux et rusé ; Thor, son fils, incroyablement fort mais tumultueux ; Loki fils d’un géant et frère d’Odin, escroc et manipulateur inégalable… Fières, impulsives et passionnées, ces divinités mythiques nous livrent enfin ici leur passionnante – et très humaine – histoire

Mon avis

Comme je le disais, plus jeune, je me suis penchée sur un certain nombre de mythologie, disons les plus proches de chez nous, la gréco-romaine (plus particulièrement la branche grecque pour tous dire) et l'égyptienne (période je veux, j'exige ma croisière au bord du Nil en relisant les Ramses de Jacq)(j'avais une douzaine d'année donc environ)(et si je n'exige plus, je rêve tout de même encore de faire cette croisière)(mais ce n'est pas le sujet). Je me suis vaguement penché sur les celtes peu après et puis plus rien. Les dieux, les mythes, tout ça, à vrai dire j'en avais peut-être un peu assez. Ça a duré un petit moment comme ça et puis, on n'oublie pas vraiment ces premiers amours, je me suis replongée un peu dans tout ça. C'est à ce moment que je me suis dis qu'il me manquait une "grande" mythologie européenne à mon arc, celle des vikings, des gens du nord. Je connais un peu, mais pas trop. Ca tombe donc bien. Et pour commencer cet apprentissage, rien de mieux que de la vulgarisation (plus longue introduction à un livre que j'ai écrite là).

Gaiman n'est pas un novice dans la mythologie nordique. Il s'en est déjà inspiré pour American Gods par exemple ou encore il me semble pour Sandman (qu'il faut réellement que je lise)(des années que je me dis ça et toujours pas sauter le pas). De plus, le monsieur apprécie la série Thor de Marvel, celle-là même qui lui a fait connaitre les dieux vikings. Il avoue dans la préface avoir lu les Eddas. Cela fait de lui non pas forcément un spécialiste mais un homme qui sait tout de même de quoi il parle et cela est appréciable. Tout comme est appréciable le fait qu'il aime ce qu'il raconte. Il a décidé de ne pas tout raconter mais de ce que "contenter" des histoires majeures. En 288 pages sur l'édition de poche, il va de la naissance des dieux à Rakgnarok et on ne s'ennuie pas une seconde.

Pour ce livre (je ne dirais pas roman, ce n'en est pas vraiment un), Gaiman oublie un peu son propre style. Il devient conteur, mais un conteur assez neutre, je dirais. Il perd un peu de sa patte si spéciale pour que le lecteur ne retienne finalement que les histoires des Ases (les dieux nordiques donc). Ce n'est pas réellement un problème. Disons que du coup, pour ceux qui veulent du pur Gaiman, il y aura un peu de déception. Pourtant, malgré cette neutralité, on arrive à retrouver l'auteur dans certains passages. Et puis, je ne le dirais jamais assez, Neil Gaiman est un véritable conteur d'histoire, il passe parfaitement bien en Skald (poète nordique).

Si le style Gaiman est là sans l'être, les histoires de cette mythologie viking sont des plus sympathiques à lire, surtout qu'elles sont assez différentes au final des autres mythologies. Ici, pas de héros humains, nous restons entre Dieux, plus particulièrement entre Ases (il existe deux races de dieux, les Ases et les Vanes). On découvre Odin, Thor, Loki et les autres grâce à leur aventures. Des aventures choisies avec soin dans toutes celles connues de nos jours puisque petit à petit, elles vont nous permettre de comprendre comment arrive Ragnarok, l'apocalypse viking. On découvre alors des dieux pas forcément très malin (Thor est un crétin en puissance la plupart du temps), sages mais pouvant se montrer cruel (hello Odin) ou encore malin, vicieux mais pas si mauvais que ça (Loki est sûrement, toutes mythologies confondues, le dieu le plus complexe et intéressant que j'ai rencontré). Ne manque que les déesses, pas assez représentées pour moi (on ne voit Sif que lorsqu'elle perd ses cheveux, Freya lorsqu'un Géant veut l'épouser (deux fois en plus de ça), ou Frigg pour sauver son fils (ce qu'elle n'arrive pas à faire)). Tout cela est fort bien écrit, avec une touche d'humour appréciable quand il y en a besoin (c'est là qu'on retrouve la patte Gaiman en fait).

Au final, cette mythologie Viking est un bon point de départ pour qui veut en découvrir un peu sur ce panthéon-là. Ce n'est bien sur pas l'Edda mais on en apprend déjà pas mal (la création des mondes, la naissance des dieux et des hommes aussi, le Ragnarok). J'avoue que j'en aurais forcément voulu un peu plus, mais c'est déjà une bonne chose. Après, ce n'est pas tout à fait du Gaiman, ce qui pourrait en déranger certains. Personnellement, j'ai apprécié qu'il écrive sur ce panthéon, ça m'a permis de m'y plonger de manière peut-être un peu plus amusante que l'Edda (ok, j'ai prévu de lire l'Edda mais je voulais effectivement passer par du plus moderne avant)

mardi 3 juillet 2018

La vie parfaite, Silvia Avallone

Depuis ma découverte de l'autrice avec D'Acier, je suis son actualité. Comment j'ai pu raté la sortie de son dernier roman en avril ? Je n'en ai pas la moindre idée (enfin, si, le changement de rayon de ma libraire et le fait que je puisse m'y rendre bien moins souvent qu'avant n'aide pas). IL a fallu qu'elle aime une de mes photos de Marina Bellezza sur instagram pour que je m'en rende compte. Bref, retard rattrapé puisqu'il ne m'a fallu que deux petits jours pour lire cette vie parfaite.

La vie parfaite, Silvia Avallone

Editeur ; Liana Levi
Collection : /
Année de parution : 2018
Titre en VO : Da dove la vita è perfetta
Année de parution en VO : 2017
nombre de pages : 400

A lire si :
- Vous voulez de belles histoires
- Vous ne voulez pas que de bons sentiments
- Vous voulez de la poésie

A ne pas lire si :
- Lisez, point.

Présentation de l'éditeur

Adele monte dans le bus qui relie la cité des Lombriconi au centre de Bologne. Elle vient d'avoir 18 ans et part accoucher, seule. Parce que le père est un voyou égoïste, parce que là où elle vit tout le monde semble " né pour perdre ", parce qu'elle veut donner à son enfant la chance d'une vie meilleure, Adele est sur le point de l'abandonner. Dans son grand appartement du centre-ville, Dora, elle, n'est pas seule. Mais après des années de FIV ratées, son désir de maternité s'est transformé en obsession et mine son mariage. Entre ces deux femmes au seuil de choix cruciaux, il y a Zeno : le voisin d'Adele qui tous les soirs l'espionne depuis son balcon ; l'élève appliqué de Dora, qui connaît les frontières invisibles qui séparent la ville et les êtres. Et tous au fond cherchent la même chose. Un refuge, un lieu tranquille d'où l'on pourrait apercevoir, au loin, la vie parfaite.

Mon avis

Saches, lecteur, que je commence mon avis sans avoir encore rempli le A lire/A ne pas lire. Et quand ça arrive, c'est que j'ai beaucoup de chose à dire et que j'ai du mal à organiser ma pensée. Cela pour une bonne raison. J'ai aimé le livre, comme les précédents de l'autrice, je lui trouve quelques défauts, mais surtout j'ai du mal à en sortir. Il n'est peut-être pas aussi poignant pour moi que Marina Bellezza (qui me reste dans la tête deux ans après sa lecture quand même)(oui, ce roman-là fut une véritable claque) mais comme pour les autres, il marque et pas qu'un peu.

Silvia Avallone nous entraîne cette fois à Bologne (pour info, Marina se déroule à Biella où elle est née, D'acier à Piombino où elle a grandi et la vie parfaite à Bologne où elle vit), à la fois dans sa banlieue et dans les quartiers un peu plus chic de la ville. Elle va nous faire suivre deux femmes et leur entourage. La première, c'est Adele, 17 ans, qui vit aux Lombriconi, quartier style barre HLM, dans un petit appartement avec sa mère et sa sœur Jessica. Elle est pauvre, pense être née pour perdre. Suite à un rapport sans protection, elle tombe enceinte et ce fait larguer par son copain, petit caid qui se voit avec un avenir prodigieux dans la vente de drogue. La seconde, c'est Dora, la trentaine, handicapée, professeure et stérile. Son besoin d'enfant l'a fait plonger dans une terrible obsession qui pourrait lui coûter bien plus que son couple. Elles sont reliées toutes les deux par Zeno, le voisin d'Adele et l'élève de Dora. Un garçon solitaire, qui peu à peu va prendre de l'importance dans la vie de ces deux femmes.

Par où commencer ? IL est difficile de choisir. Disons par le thème général, celui qui se dégage le plus du livre, celui de l'exclusion. Un thème que l'autrice avait un peu abordé avec D'Acier et qu'elle va mettre en avant ici. IL y a celle des Lombriconi, des gens qui y habitent, des banlieusards. Adele et sa famille, Manuel, Zeno, Jessica ils sont tous des exclus. Pas seulement parce qu'ils vivent dans une banlieue sordide, mais parce que la vie n'est pas tendre avec eux, parce que, quoiqu'ils fassent, ils seront toujours des banlieusards, des moins que rien (du moins, c'est ce qu'ils pensent)(et qu'on veut bien leur faire penser aussi...). Il y a aussi les exclusions plus personnelles, comme pour Dora, à cause de son handicap ou Fabio son époux, qui adolescent était obèse. On se rend compte, au fur et à mesure de l'avancée du livre que ce thème-là a tellement de facette, de façon de se présenter, que presque personne n'y échappe réellement. Et pourtant. Pourtant, alors qu'on pourrait tomber dans le misérabilisme, dans la noirceur la plus totale, Silvia Avallone réussit, comme dans D'Acier, a donner des touches d'espoir à tous. C'est un des points forts de l'écriture de la jeune italienne, une des raisons qui fait que j'aime ses romans et ici, je la retrouve encore une fois.

Ensuite, il y a celui de la maternité, vu par les deux femmes et leur entourage. Du côté d'Adele, elle est non voulue, arrive trop vite, trop tôt. La jeune fille est complètement désespérée face à ce qui lui arrive. Le père s'en va, ne faisant rien d'autre que reproduire ce qu'elle a vécu avec son propre père (les pères d'Avallone sont souvent absents ou violents, j'ai remarqué), la laissant seule avec son gros ventre et ses incertitudes. A tel point qu'elle décidera de ne pas reconnaître l'enfant, de lui donner une vie meilleure que la sienne, une vie parfaite peut-être. Du côté de Dora, c'est une grossesse qui ne veut pas venir, c'est les FIV pendant cinq ans qui se soldent par un gros rien, le désespoir, la folie qui s'en suit. Et puis, ce petit espoir, celui de l'adoption et toutes les questions qui vont avec. Ici encore, l'autrice parle juste, ne cherche pas le beau ou l'incroyable. Non, elle va à l'essentiel, à ce que peut être la réalité de ces femmes, leurs doutes, leurs moment de joie, ceux de pleurs. 

Tout cela est porté par l'écriture (et la super traduction de Françoise Brun)(qui connait bien le style de l'autrice, puisqu'elle a traduit les précédents aussi) de Silvia Avallone. Un style entre le vulgaire, le "parler banlieue" et la poésie. C'est assez fort, surtout que ça porte des messages qui le sont tout autant. Mieux encore, ce mélange permet de ne pas se retrouver hors de la réalité de l'histoire. Il va tellement bien avec les personnages, avec leurs situations. C'est toujours un vrai plaisir de la lire.

Au final, oui, lecteur, j'ai eu un coup de coeur. Moins imposant que pour Marina Bellezza, je dois bien le dire, mais il est bien là. Ce troisième roman confirme le talent de l'autrice (fallait-il vraiment le confirmer ? je ne le pense pas et cela depuis D'Acier). C'est un roman génial sur la jeunesse des banlieues, sur les difficultés de la maternité (et de la paternité aussi avec le personnage de Fabio et les pères absents d'Adele, Manuel et Zeno), sur l'espoir aussi, celui qui découle d'un peu tout ça. Bref, lisez-le, lisez Silvia Avallone.