mardi 20 novembre 2018

Retour sur Titan, Stephen Baxter

Après un difficile mais instructif second tome du Deuxième Sexe, j'avais envie de lecture courte et peu prise de tête. Quoi de mieux qu'une novella de la géniale collection une Heure-Lumière pour ça ? Surtout quand la dite novella, tu ne l'a choisi que parce qu'elle fait partie de cette collection.

Retour sur Titan, Stephen Baxter

Editeur : Le Belial
Collection : Une Heure-Lumière
Année de parution : 2018
Titre en VO : REturn to Titan
Année de parution en VO : 2010
Nombre de pages : 157

A lire si : 
- Vous voulez de la SF qui se lit vite
- Vous avez envie d'un peu d'aventure mêlée à un peu de science aussi

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez que de l'aventure
- Vous aimez être particulièrement surpris
- VOus n'aimez pas la hard SF


Présentation de l'éditeur : 

Année 3685. L'humanité a essaimé à travers le Système solaire et un nouvel âge d'or s'offre à elle. Une renaissance qui doit beaucoup à un homme, Michael Poole, ingénieur brillant dont les inventions ont joué un rôle crucial dans l'expansion humaine. Mais Poole voit plus grand. Plus loin. Or pour cela il lui faut des ressources à la mesure de sa démesure - une manne qu'il pourrait bien dénicher sur Titan, l'un des derniers lieux encore inexplorés du Système.
Quitte à s'aventurer dans les entrailles glacées du satellite de Saturne... et y découvrir l'impensable.

Mon avis

Voici donc le troisième texte de la collection une Heure-Lumière que je lis et encore une fois, il m’entraîne dans un autre courant de la SF par rapport aux deux autres. C'est quelque chose que j'apprécie beaucoup dans cette collection, outre ses sublimes couvertures d'Aurelien Police, la diversité de ce qu'on y trouve. Cette fois, je me penche donc sur le cas Stephen Baxter. Je suis partie un peu à reculons vu que le seul livre que j'ai lu de lui a, 1° était écrit à deux avec Sir Pratchett, 2° m'avait laissé avec l'impression d'être passée totalement à côté. Du coup, j'avoue que je ne savais pas sur quoi j'allais tomber, si ce n'est de la SF. 

Il s'avère, si on regarde la page wikipedia et certaines avis sur ce Retour sur Titan, qu'il fasse parti d'un cycle que je n'ai absolument pas lu où Michael Poole, l'un des personnages de cette novella, tient un rôle important. Mais à vrai dire, cette appartenance-là n'est pas si importante que ça pour lire la novella. On peut très bien ne pas avoir lu le cycle (qui n'est pas encore traduit entièrement en français, pour info) pour lire Retour sur Titan. Et ça, c'est cool. Pas besoin d'avoir lu au moins un autre roman du cycle pour savoir où l'on va. 

Mais passons à la novella elle-même. Michael Poole, ingénieur de renom, a de grand projet pour l'humanité. Après avoir compris comment se servir des trous de ver, il a besoin de financement pour son nouveau projet. Or, pour ça, il compte bien utiliser Titan, la lune glaciale de Saturne. Mais voilà, la loi de la sentience le lui interdit. Que cela ne tienne, il va monter une expédition clandestine pour découvrir ce que le satellite à lui offrir. Pour mettre tous les atouts dans sa poche, il va contraindre Jovik Emrys, gardien de la sentience véreux, à venir avec lui et son équipe. Mais le voyage ne va pas être de tout repos. Du tout.

Le récit de la découverte de Titan oscille entre aventure et hard SF. Un mélange que j'apprécie personnellement. J'apprécie énormément le côté Hard SF, surtout que Baxter s'appuie sur des données scientifiques pour la plupart vérifiées (la composition de Titan par exemple, ou encore les trous de ver (bon, pour eux, c'est un peu plus compliqué, sachant qu'ils sont surtout des représentations mathématiques). C'est toujours super passionnant à lire pour moi. Encore plus lorsque cela sert un récit qui se tourne finalement aussi pas mal vers l'aventure à la Jules Verne. Parce que oui, Baxter semble vouloir rentre ici un petit hommage à ce genre de littérature que l'on ne trouve plus réellement de nos jours (ce que je déplore, sachez-le). La découverte de Titan me fait penser aux récits de Verne avec ces rebondissements et sa partie scientifique. 


Mais si j'ai aimé ces deux aspects de l'histoire, je dois bien dire que j'ai eu un peu plus de mal avec les personnages. Je les ai trouvé un peu trop caricaturaux. Jovik, le narrateur, est cynique à souhait. Poole et son collègue ne pensent qu'à la science, oubliant tout ce qu'il se passe autour d'eux. La seule femme de l'expédition aurait pu être un personnage sympa si elle n'était pas là pour n'être que la conscience de Poole et surtout si elle n'avait pas la subtilité d'un poids lourds quant à la fin du récit (dont je ne dirais rien pour ne pas spoiler).


Autre chose, si effectivement, j'ai adoré le côté aventure de l'histoire, je l'ai trouvé tout de même peu originale dans son déroulement. Les rebondissements sont sympas mais on s'y attend à trois lieux. Ça n'enlève pas grand chose à l'histoire pour moi, parce que ça reste tout de même super sympa à lire, surtout mêlé aux explications scientifiques. Par contre, ça peut en déranger certains. Tout comme le côté Hard SF.

Au final, cette courte lecture m'aura bien plus. Même si Baxter n'est pas un conteur hors pair, je dois bien dire que j'apprécie ce Retour sur Titan. Ça se lit vite, j'ai appris un ou deux trucs (et ça, ça n'a pas de prix pour moi) et j'ai très envie de lire le fameux cycle de Xeelees du coup. Je trouve juste dommage que le récit soit un peu trop téléphoné sur certains points (mais cette fin quoi, on aurait peut-être pu faire moins manichéen peut-être). 

mardi 13 novembre 2018

Le Deuxième Sexe, tome 2, Simone de Beauvoir

Deux mois plus tard, enfin, j'ai fini ce second tome du Deuxième Sexe. Pas trop tôt, j'ai envie de dire. Il a été long à lire pour plusieurs raisons et j'ai failli le laisser de côté bien des fois. Mais finalement, je l'ai terminé et il est temps d'en parler un peu.

Le Deuxième Sexe, tome 2, Simone de Beauvoir

Editeur : Folio
Collection : Essais
Année de parution : 1986 
Nombre de pages : 672 (trop peut-être)

A lire si :
- Vous vous intéressez au féminisme
- Vous appréciez les longs essais

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de plutôt court et condensé.

Présentation de l'éditeur : 

Comment la femme fait-elle l'apprentissage de sa condition, comment l'éprouve-t-elle, dans quel univers se trouve-t-elle enfermée, quelles évasions lui sont permises, voilà ce que je chercherai à décrire. Alors seulement nous pourrons comprendre quels problèmes se posent aux femmes qui, héritant d'un lourd passé, s'efforcent de forger un avenir nouveau. Quand j'emploie les mots "femme" ou "féminin" je ne me réfère évidemment à aucun archétype, à aucune immuable essence ; après la plupart de mes affirmations il faut sous-entendre "dans l'état actuel de l'éducation et des mœurs". Il ne s'agit pas ici d'énoncer des vérités éternelles mais de décrire le fond commun sur lequel s'enlève toute existence féminine singulière.

Mon avis

Après avoir lu le tome 1 et par là les Faits et les Mythes de la femme, passons au tome deux, l'Expérience vécue. J'avais été emballé par le premier tome que je trouvais toujours d'actualité plus d'un demi-siècle plus tard et qui posait, pour moi, parfaitement la "problématique" de la femme dans notre société. J'avais hâte de lire ce second tome, où Simone de Beauvoir passer enfin aux cas un peu plus concret. Pour cela, elle va décortiquer la vie de la femme, de l'enfance à la vieillesse, en passant par les divers stades de son évolution.

La première partie du livre concerne donc l'enfance et l'adolescence de la femme. Sur cette partie, l'autrice va expliquer comme on devient femme (la fameuse phrase "on ne naît pas femme, on le devient" est écrite dès le début de la partie enfance). Cette partie, et la partie qui suit, la jeune fille, m'ont finalement paru bien pessimiste même si pour beaucoup de chose particulièrement vraie. Ce sont les deux parties qui d'ailleurs m'ont finalement le plus parlé et qui m'ont semblé les plus intemporelles aussi. Malheureusement, ce sentiment-là est vite disparue et j'ai eu du mal avec les parties suivantes.

Je ne dis pas que de Beauvoir a tord dans les parties qui suivent. Parce que ce n'est pas le cas. Ou ça n'était pas le cas. Je pense surtout que le livre a plus d'un demi-siècle et que les temps et les mœurs ont changés. Certaines choses que l'autrice peut dire était ce qu'il se pensait en 1949 et avant et ce qu'il se faisait. Or, depuis, même si la femme reste opprimée par le patriarcat, certaines choses ont changés. 

J'ai eu, par exemple, beaucoup de mal avec des passages de la partie "la Lesbienne", surtout lorsqu'elle compare la lesbienne masculine de la lesbienne féminine, l'une n'étant pas une "vraie" lesbienne par exemple parce qu'elle cherche juste à imiter l'homme. En fait, j'ai eu beaucoup de mal à chaque fois qu'elle parle d'homosexualité que se soit féminine ou masculine, j'ai souvent eu l'impression qu'elle prenait ça pour une tare. Je ne m'attendais pas vraiment à ça venant d'elle, la figure du féminisme français. 

Mais il n'y a pas que ce chapitre qui m'a interloqué. Ceux de l'épouse et de la mère sont, pour moi qui suis à la fois épouse et mère, sortit d'un autre temps. Je ne me suis pas reconnue dans les exemples de l'autrice. Pourquoi prendre toujours des cas si désespérés ? Pourquoi toujours dressé un portrait défaitiste à ce point de la femme et de son rapport à l'homme ? Je veux dire, il n'y a à quasi aucun moment de cas pouvant contrebalancer tout ça. Pour l'autrice, la femme est forcément esclave et femme au foyer. Point. Sauf que ce statut-là a évolué. La femme travaille, n'est pas obligée de dépendre de son époux ou compagnon financièrement, n'est pas obligé d'avoir un homme d'ailleurs. Alors, oui, nous n'avons pas encore gagné notre réellement indépendance, le patriarcat est toujours là et nous le subissons de plein fouet quoiqu'on en dise mais la situation a bel et bien évolué.

J'ai souvent trouvé de Beauvoir dure avec la femme. Ok, il faut la secouer, il faut même peut-être faire un peu pleurer dans les chaumières pour que l'homme voit ce qu'il fait. Mais il n'y a presque pas d'exemple positif de la femme dans les deux parties. C'est dommage. Surtout qu'elle parle de beaucoup de chose fort positive pour la femme et les choix qu'elle peut faire. Il est intéressant de voir parler du birth-control, surtout qu'à l'époque (1949 donc), la France était dans une politique visant à accroître la natalité suite à la seconde guerre mondiale. Idem d'ailleurs pour l'avortement 

Au final, je trouve que ce second tome, bien qu’intéressant sur certain point, est trop daté. Les combats féministes de l'époque sont toujours d'actualité, cela je ne le nie absolument pas, mais ne parlent pas forcément à toutes les femmes maintenant. Je trouve que le premier tome était bien plus intéressant dans son approche. Enfin, il manque pour moi une vraie conclusion. Celle que l'on trouve ici est importante, tout à fait vraie mais manque encore une fois des nuances de notre époque. C'est donc fortement mitigé que je sors de ce second tome. Je comprends pourquoi il a fait parlé de lui, pourquoi il a été important et peut encore l'être. Je pense qu'il a besoin d'être actualisé avec d'autres lectures plus contemporaines (dans le style du Sorcière de Mona Chollet que je veux absolument lire). Et pour ceux qui veulent à tout prix lire de Beauvoir et les deux tomes du Deuxième Sexe, gardé à l'esprit que l'essais date de 1949 et que des évolutions ont eu lieu. 


Un Français sur Mars, Le Chateau des Etoiles, tome 4, Alex Alice

Je suis fortement en retard sur mes avis. Je suis en retard sur pas mal de chose en fait. Avis, lecture et j'en passe. Comme je le disais déjà en septembre, j'ai du mal à venir par ici, à taper mes avis. Peut-être parce que mon rythme de lecture a grandement diminuer depuis cet été (4 livres en deux mois, seulement deux papiers, un bouquin que je traîne depuis septembre, du mal à trouver mes nouvelles lectures aussi). Mais je reviens quand même, espérant retrouver la flamme. On verra bien. 

Un Français sur Mars, Le Chateau des Etoiles, tome 4, Alex Alice

Editeur : Rue de Sèvre
Collection : /
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 68

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez le steampunk et Jules Verne
- Vous voulez de beaux dessins accompagnent une bonne histoire

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de jeunes héros

Présentation de l'éditeur : 


Séraphin et ses amis arrivent sur Mars à la recherche du Professeur Dulac et de l'expédition prussienne qui l'a enlevé. Quand ils retrouvent les restes abandonnés de l'expédition précédente, le traître Gudden dévoile son jeu : le père de Séraphin n'est pas sur Mars, il ne l'a jamais été ! Avide de pouvoir, Gudden les a manipulés pour rapporter le maximum d'etherite sur Terre. Une rixe éclate entre Gudden et Séraphin. Assommé, celui-ci se réveille seul sur Mars... abandonné de ses compagnons ?! Il ne reste pas seul longtemps et découvre que Mars est habitée : c est en l'occurrence une mystérieuse créature aux allures de princesse, blessée, qu'il rencontre. Séraphin décide de la ramener auprès des siens et retrouve ainsi la trace de ses compagnons, enlevés par un groupe de rebelles Martiaux. Trompés, isolés, prisonniers, nos héros sont en mauvaise posture... Mais le temps presse car un nouveau danger s'annonce : de belliqueux vaisseaux Prussiens obscurcissent le ciel martien...

Mon avis

Je vais avoir bien du mal à faire un avis original sur ce quatrième tome. Parce que j'ai déjà tout dit sur les trois premiers. J'aime tellement mais tellement cette série. Mais ce n'est pas grave, se répéter ne fait de mal à personne, surtout quand c'est pour dire du bien d'une oeuvre.

Dans le troisième tome, les Chevaliers de Mars, nos héros s'envolaient pour la planète rouge (d'où les couverture rouge du tome 3 et 4, forcément). Nous les trouvons donc sur Mars à la recherche de l'expédition prussienne qui les a devancé. Mais bien entendu, rien ne se passe comme prévu et la planète est remplie de danger et de surprise. Pour en savoir plus, le mieux est de lire la présentation de l'éditeur au dessus, elle est vachement bien foutu et raconte ça mieux que moi (même si elle spoile un peu quand même). 
Ce tome est juste magnifique au niveau des couleurs. Comme toujours, la mise en couleur est fait à l'aquarelle, sublimant les paysages martiens. C'est toujours aussi agréable à l’œil et ça ajoute toujours autant une émotion que je ne suis pas sûre de retrouver si la BD avait été colorisée en numérique par exemple.

Mais il n'est pas génial juste pour ça. J'ai adoré la manière dont l'auteur voit Mars, comment il a peuplé la planète rouge, passant allègrement du Steampunk des vaisseaux à éther à la SF façon pulp avec créatures visqueuses et bien méchante ou encore des créatures ailées. Ce passage permet aussi de faire partir Séraphin un peu plus à l'aventure. Un côté aventurier appréciable et qui finalement nous change un peu. Je dois bien dire qu'Alex Alice en joue beaucoup et s'amuse follement. Ce qui se ressent énormément à la lecture et fait du  bien.

Et puis, il y a toute une partie dont je ne vais pas pouvoir réellement parler sans spoiler la fin mais bon, je vais essayer. Séraphin se retrouve seul durant un moment et découvre que Mars est habitée. Or, la population martiale est coupée en deux, une partie du peuple asservissant la seconde. Si notre héros découvre un membre de la première caste, Hans et Sophie vont découvrir la seconde. Ce n'est que lorsqu'ils seront à nouveau réuni que les représentants des deux castes vont se découvrir. Et si le traitement de la fin reste rapide et peut-être un peu léger, j'apprécie la petite leçon de tolérance qu'il donne (et j'attends de voir ce qu'il va se passer par la suite). 

Pour finir, j'ai donc passé un agréablement moment avec les Chevaliers de Mars, même si, comme à chaque fois, je trouve ça bien trop court. Le Château des Etoiles est vraiment une série que j'apprécie et qui je l'espère durera encore quelques cycles (on a pas retrouvé Ludwig de Bavière, ni le père de Séraphin, donc au moins un cycle de plus, voire deux). Je la conseille vraiment à tout le monde, petit comme grand.

mardi 9 octobre 2018

La Machine de Lord Kelvin, James P. Blaylock

Vous le savez, je résiste très rarement à l'appel du Steampunk et des livres de la collection du mois du Cuivre de Bragelonne. Et pourtant, ça fait un petit moment que j'ai cette Machine dans ma PAL numérique et que j'hésitais un peu à le lire. Finalement, je me suis lancée, à ça a été un peu plus laborieux que ce que j'espérais.

La Machine de Lord Kelvin, James P. Blaylock

Editeur : Bragelonne
Collection : Le Mois du Cuivre
Année de parution : 2017
Titre en VO : Lord Kelvin's machine
Année de parution en VO : 1992
Format ; AWZ

A lire si : 
 Vous aimez les histoires qui semblent aller dans tous les sens
- Vous voulez du Steampunk victorien

A ne pas lires si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les billes de votre côté dès le départ.

Présentation de l'éditeur : 

Dans les rouages mystérieux de l’incroyable machine de Lord Kelvin réside le secret du temps lui-même. L’abject docteur Ignacio Narbondo serait capable de tuer pour mettre la main dessus, et le célèbre inventeur et explorateur Langdon St. Ives ferait n’importe quoi pour l’utiliser. Pour l’un, cela revient à dominer le monde, et pour l’autre, la fantastique machine représente le moyen de sauver sa bien-aimée des portes de la mort… Qui des deux hommes obtiendra gain de cause le premier ? Une trépidante course contre le temps commence dès maintenant !

Mon avis

J'avais déjà eu un peu de mal avec un autre roman de Blaylock, le seul que j'ai lu d'ailleurs jusque là, à savoir Homonculus. J'avais aimé le roman tout en lui trouvant quelques défauts assez particuliers, dont un gros problème de chronologie pour moi. On arrivait dans le bouquin sans trop savoir ni pourquoi ni comment et on prenait le tout en court de route. Et bien, c'est aussi le problème de ce roman-ci pour moi. On débarque en plein milieu d'une course poursuite mais heureusement, cette fois on connait les personnages puisqu'une bonne partie a déjà été rencontré dans Homonculus. Du coup, on se sent tout de même un tout petit peu moins perdu. Et encore.

La Machine de Lord Kelvin est un roman qui part un peu dans tous les sens. Non parce que ça commence par une course poursuite donc pour continuer sur un astéroïde qui vient à la rencontre de la terre, une machine censée le détourner mais qui en fait va devenir machine à remonter le temps et j'en passe. On se sent régulièrement perdu en lisant Blaylock, je me sens régulièrement perdue. Et si d'habitude me sentir perdue ne me dérange pas énormément, j'ai tendance à faire confiance à l'auteur (il est censé savoir où il va lui), j'ai eu plus de mal ici. Déjà parce que je lis le roman en alternance avec un autre livre (le Deuxième Sexe de Beauvoir) et que parfois, il se passe plusieurs jours avant que je ne retourne de l'un à l'autre (et si sur l'essai c'est moins gênant, ce n'est pas à faire avec Blaylock, faut bien l'avouer) et qu'ensuite, vraiment, le roman part dans tous les sens. Pourtant, il a de quoi me convaincre à la base.

L'histoire aurait pu être vraiment très sympathique parce qu'elle s'appuie sur des événements qui le sont. Je veux dire, à la base, le détournement d'un astéroïde par soit une machine à fort champs électrique, soit une éruption à la chaîne de volcans (farfelu mais pourquoi pas), puis des voyages dans le temps (et les paradoxes que cela entraîne) s'est cool non ? Oui, si ça ne part pas dans tous les sens. Non parce qu'à un moment donné, je dois avouer qu'à un moment, j'ai simplement arrêté de suivre plusieurs choses. Et là, d'un coup, déjà que c'était un peu obscur pour moi, ça l'est devenu un peu plus. Et puis, soudain, coup de grâce (si on veut), le narrateur change. 

Oui, coup de grâce. Parce qu'autant même si je comprenais pas grand chose à la chronologie de l'histoire (alors que si si, j'ai compris l'histoire en elle-même, hein, du moins ce que l'auteur semble vouloir dire), je me retrouve avec une bonne moitié du roman conté par un personnage secondaire sur comment on récupère la machine de Lord Kelvin et pourquoi Narbondo devient un autre type. Et si pour une fois la narration semble aller droit, je n'ai pas aimé ce passage à la première personne qui me semble presque trop simpliste dans son style. Vraiment, ça m'a foutu un coup dans ma lecture. Mais pourquoi Blaylock a-t-il fait ça ? Il n'avait pas de quoi finir son roman ? Il avait les deux idées en tête et ne voulait pas se débarrasser de l'une d'elle ? Je n'en ai pas la moindre idée. Le problème, c'est que pour moi, ça n'apporte pas grand chose ce changement de narration. Mais alors pas du tout. Heureusement qu'à partir du dernier quart, on retrouve la narration à la troisième personne et les voyages temporels et leurs paradoxes. D'ailleurs, perso, j'aurais enlever une bonne partie du livre pour n'avoir qu'une centaine de pages là-dessus. Bref, adieu parti où Jack raconte l'histoire à un collègue de comptoir, ne gardons que le reste.

Mais du coup, je n'ai parlé que de ça pour le moment, sans rien dire des personnages ou autre. Et c'est là que pour moi, le bat blesse un peu, j'ai aimé les personnages, que se soit St Ives qui tombe dans une dépression accentuée par les voyages, Narbondo, méchant tellement bien foutu qu'il en deviendrait presque héros de l'histoire si on le voyait plus, Hasbro, le majordome de St Ives, les personnages secondes qui sont parfois un peu trop caricaturaux mais qui fonctionnent fort bien au final. J'ai aimé l'ambiance très steampunk, très Jules Verne aussi. J'ai adoré les paradoxes des voyages dans le temps. Parce que ça fait partie des choses que j'adore lire et dont j'aime voir les multiples théories des auteurs. 

Au final, me voilà donc fort perplexe. J'ai aimé ma lecture sans l'aimer. En même temps, je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé le livre en lui-même. Je n'en sais rien en fait. C'est compliqué quoi. Disons que si on enlevait une bonne moitié du livre, ça aurait été mieux pour moi, voilà. Parce qu'au final, me perdre dans les péripéties de St Ives n'est pas si déplaisant que ça. Le plus déplaisant, c'est vraiment d'en plus de ça je me suis perdue avec le second narrateur. Bref, c'est un roman particulier et étrangement, il me donne presque envie de lire encore du Blaylock alors que ça fait deux fois que je suis perplexe face à ma lecture. C'est vraiment étrange comme sensation quand même...

jeudi 4 octobre 2018

Jeux Interdits, François Boyer

J'avais envie d'une lecture courte. Parce qu'il faut bien dire qu'en ce moment, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir m'occupe depuis presque un mois déjà et qu'il est long à lire. Et dans les livres courts, j'avais celui-là qui traîné et qui m'inspirait bien (surtout que j'ai très envie de voir le film depuis très longtemps)(d'ailleurs, il parait qu'il est assez différent du livre). Bref, j'ai donc lu Jeux Interdits

Jeux Interdits, François Boyer

Editeur : Folio
Collection : /
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 160

A lire si : 
- Vous voulez une lecture plutôt rapide.

A lire si : 
- Vous voulez quelque chose de léger

Présentation de l'éditeur : 

En sanglotant, Paulette s'agenouilla près de Michel. Michel n'avait pas une parole, pas un geste, pas un cri, la bouche entrouverte, les yeux clos, inerte. Paulette, le visage ruisselant de larmes, regarda autour d'elle. La croix était là tout près, tachée de sang. Et soudain, au pied du buisson, elle vit une boule hirsute, un hérisson. Paulette n'avait jamais vu un hérisson de sa vie. Ses sanglots redoublèrent, elle se pencha éperdue sur le visage de Michel, le caressant, l'embrassant, l'inondant de ses larmes qui se mêlaient au sang rouge, et de longues minutes le tint serré contre sa joue.

Mon avis

Bon, je ne connaissais pas grand chose du livre, sauf qu'on en a fait un film et que mes parents l'aiment bien, ce film. A si, je savais que ça se passait durant la seconde guerre mondiale. Et vu la quatrième de couverture, vous allez me dire que je ne savais pas grand chose de plus. Et ce n'est pas faux du tout. 

Jeux Interdits commence d'une manière assez violente en fait, avec un convoi de civil en plein exode qui se fait mitrailler une nouvelle fois. Dans ce convoi se trouve la petite Paulette qui suit son père comme elle peut. Mais voilà, la guerre étant ce qu'elle est, son père va mourir dans l'attaque et elle va se retrouver seule. Elle va fuir la route et se retrouver non loin du champs où Michel, dix ans, garde ses vaches. La famille de Michel va l'accueillir (juste pour ennuyer ses voisins d'ailleurs) et une étrange amitié va naître entre les deux enfants. Enfin, amitié, je vais un peu vite en disant ça. Disons que Paulette va savoir mener le garçon comme elle le veut et que cela risque d'avoir de tragique conséquence.

J'ai beaucoup de mal à parler de ce court roman. Je l'ai aimé, il n'y a pas de doute là-dessus. Je l'ai aimé parce qu'il est dur, violent, réaliste. Autant le dire, il n'y a rien de réellement joyeux ou heureux dans le livre. On ne va pas forcément rire aux éclats (quoique certains passages avec les adultes sont plutôt grotesque voire burlesque), on ne va pas forcément pleurer non plus d'ailleurs. Disons que le livre est cruel de vérité. Et personnellement, c'est quelque chose que j'ai tendance à apprécier même si en soit le livre se révèle du coup ultra triste.

J'ai aimé ce livre pour ses personnages, et cela même si j'ai eu du mal avec Paulette et Michel que l'on suit tout le temps. J'ai eu du mal avec eux parce qu'ils sont des enfants, qu'ils réagissent comme des enfants et que des fois, ben c'est quand même bien couillon les gamins. Surtout Michel qui n'a pas encore la gravité de Paulette dut à son expérience de la guerre et de la mort. Pour la petite, c'est plus compliquée, elle parait totalement déconnectée de la réalité (avec ce qu'il lui est arrivé, c'est un peu normal aussi). Sa façon de se foutre totalement de tout à part des animaux morts est assez étrange et particulièrement perturbante pour une enfant de six-sept ans. Par contre, les adultes sont un peu plus intéressant car complètement caricaturés. On se retrouve avec des gens de la campagne comme on peut se l'imaginer, grossiers, bêtes, et en même temps pas tant que ça. L'exagération des traits des adultes rend le roman moins dur à lire. Il y a un contraste étonnant entre les adultes, leur monde et ce qu'il se passe côté enfant mais aussi coté historique. Comme si le village était totalement déconnecté et que seule Paulette savait ce qu'il se passe dehors.

J'ai aimé ce livre pour le style d'écriture du l'auteur. Un style pas forcément particulier, pas forcément dur, pas violent non plus. Souvent, il use d'énumération assez longue pour décrire les sentiments de Paulette. Ça perturbe un peu parce qu'on entre ainsi dans l'esprit de la fillette et que les énumérations ne sont pas vraiment celles de choses agréables. En même temps, ça donne quelque chose de poétique en un sens. Et à côté de ça, le style est sans la moindre fioriture, à l'image de l'histoire et des personnages qui la peuplent. 

Bref, j'ai aimé le livre pour plein de raison différente et en même temps, ce n'est pas un coup de cœur (on aurait pu croire) à cause de ses deux personnages principaux. Je l'ai vraiment trouvé fort et je dois dire que même si je m'attendais beaucoup à sa fin, celle-ci m'a ému. Bref, un livre touchant qui se lit rapidement et qui risque de rester en tête un moment.

lundi 17 septembre 2018

Whitechapel, Sarah Pinborough

Bon, ma lecture matinale (pour rappel, Après Anna) ne m'avait pas vraiment emballé. Le soir, je jongle entre deux livres, le Deuxième Sexe, partie 2 (qui est très très long à lire mais on y reviendra quand j'aurais fini hein) et Whitechapel de Sarah Pinborough. Et autant dire que c'était un peu plus plaisant que la lecture matinale donc.

Whitechapel, Sarah Pinborough

Editeur : Bragelonne
Collection : horreur
Année de parution : 2014
Titre en VO : Mayhem
Année de parution en VO : 2013
FOrmat : AWZ

A lire si : 
- Vous aimez les vieilles légendes du vieux monde
- Vous voulez de l'horreur mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez exclusivement du Jack l'Eventreur
- Vous n'aimez pas les changements de point de vue

Présentation de l'éditeur :

Londres, 1888. Lorsque des cadavres de femmes atrocement mutilées sont repêchés dans la Tamise, le médecin légiste Thomas Bond comprend qu'un second tueur sévit dans les rues de Whitechapel. Or cet assassin paraît plus inhumain que Jack l'Eventreur lui-même... Pour lutter contre ses insomnies, le docteur Bond passe ses nuits dans les fumeries d'opium. Chaque soir, un inconnu en noir vient examiner les rêveurs perdus dans les brumes opiacées. Pourrait-il être la clé du chaos qui s'est emparé de la capitale ?

Mon avis

Quand j'ai pris ce roman lors d'une opération bragelonne, je n'avais qu'une vague idée de ce dont ça allait parler. Forcément, entre temps, plusieurs autres opérations sont passées, j'ai récupéré plein de bouquin et j'ai oublié celui-là. Jusqu'à la fin du mois d’août. Il faut dire qu'après un Chattam plutôt réussi, j'avais envie de rester dans le tueur en série et pour moi, Whitechapel, ça me crie très fort Jack l’Éventreur. Et pourtant, je n'ai presque pas croisé Jack dans ce roman. J'ai croisé celui qui pourrait être son créateur... Intriguant n'est-ce pas ?

Sarah Pinborough nous entraîne dans le Londres des années 1888-1889 alors même que sévit le célébre tueur en série. Le quartier de Whitechapel est en émois, les prostituées se font tuer de manière atroce et pourtant, on arrive à trouver pire. Un tronc de femme est découvert sous les fondations du futur Yard. Et ce corps-là, du moins ce qu'il en reste, n'est pas du fait de Jack. Le docteur Bond, légiste de son état, se trouve sur l'enquête et il va découvrir petit à petit ce que peut-être l'enfer. 

Je dois bien dire que ce petit roman m'a plutôt plu et ça, pour pleins de raisons. Déjà, parce que Londres et l'époque victorienne. Une époque qui m'enchantera toujours même lorsqu'on part dans les tréfonds de celle-ci, même quand parfois, on oublie qu'on s'y trouve. Il y a toujours une ambiance qui se détache des romans qui s'y inscrivent que je ne saurais réellement décrire mais qui me plait. Vous me direz, se baser juste sur ça, c'est un peu léger et je suis bien d'accord. Heureusement, il n'y a pas que ça. Il y a ensuite toute l'ambiance mise en oeuvre dans le roman suite aux meurtres, qu'ils soient l'oeuvre de Jack ou non. Coupure de journal, changement de point de vue et de narrateur... Tout est fait pour que le lecteur soit plongé dans l'Histoire. Rien que pour l'ambiance, le roman vaut le coup.

Mais il n'y a pas que ça qui m'a fait apprécié le roman. Il y a aussi Thomas Bond, son penchant pour l'opium et le laudanum, ses craintes, ses insomnies. C'est un personnage que j'ai beaucoup apprécié suivre parce qu'il n'a rien de parfait. D'ailleurs, les héros de ce roman n'ont rien de héros au sens propre du terme. Entre une espèce de prêtre qui ressemble plus à un Van Hellsing qu'à autre chose et un jeune juif victime de vision qui le rendent fou, autant dire que Bond est super bien entouré. Et les personnages secondaires ne sont pas en reste, même si un peu plus normal. Et puis, il y a le méchant de l'histoire, non pas Jack (que l'on ne croise pas ou presque) mais un monstre venu du Vieux Monde, une légende qui prend vie en s'accrochant à un hôte. Et la dualité hôte-parasite, même si un peu trop commune, et plutôt bien faite, encore plus lorsque Bond découvre qui est le dit hôte. Sans révolutionner la chose, c'est assez sympathique à lire (surtout qu'on apprend qui est l'hôte avant Bond et que pourtant, ça ne dérange pas du tout). Enfin, vient la fameuse légende de l'Upir (upir signifie vampire en slave) plutôt bien traitée (même si des libertés sont prises, forcément) et qu'elle va bien à Londres et à la Tamise. D'ailleurs, si le vampire n'avait pas été transylvanien, il aurait surement été londonien.

Et pour finir, il y a le style de l'autrice qui n'est pas pour me déplaire. Personnellement, j'ai apprécié les changements de narrateur et de point de vue qui éclaire parfois la situation. L'histoire qu'elle raconte n'est pas simple et plutôt sanglante et elle arrive à faire accrocher le lecteur sans plus d'horreur que ça (c'est moins sanglant que ce que j'aurais cru quoi)(c'est pas plus mal parfois n'empêche).

Au final, j'ai donc beaucoup aimé voir une histoire mettant en scène un autre tueur que monsieur Jack à la même période. D'ailleurs, j'ai apprécié les parallèles entre celui du livre et l’éventreur (la théorie comme quoi l'upir est à l'origine de Jack est plutôt sympa), le fait de se servir de l'Histoire pour faire une histoire un peu plus originale (bon par contre, le héros qui se drogue à l'opium on est bien d'accord que s'est pas si original que ça hein)(le coup du prêtre pas forcément très catholique non plus d'ailleurs). Ce fut donc une lecture des plus interessantes

Après Anna, Alex Lake

J'ai fini ce livre mercredi dernier et je ne fais sa chronique que maintenant... Et ce n'est pas par manque de temps. C'est plutôt un certain manque d'envie. Pas par rapport au livre lui-même (quoique), mais plutôt par rapport au blog en ce moment. Je ne sais pas, j'ai du mal à venir faire mes chroniques rapidement dessus et ça depuis un certain temps. Alors je sais que ça risque de passer, comme souvent, mais en ce moment, venir sur le blog, ben, ça me fait ni chaud ni froid... Bref, passons à ce Après Anna

Après Anna, Alex Lake

Editeur : Pygmalion
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : After Anne
Année de parution en VO : 2015
format : epub

A lire si :
- Vous voulez voir comment on peut tomber très bas dans l'opinion publique avec trois fois rien
- Vous voulez un enlèvement qui se finit bien

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça va vite
- Vous aimez ne pas avoir le fin mot de l'histoire rapidement

Présentation de l'éditeur :

Une petite fille de cinq ans disparaît à la sortie de son école. La police n’a aucun indice. Pas la moindre piste sérieuse. La presse s’empare du fait divers et ne recule devant rien. Ses parents, Julia et Brian, vivent l’épreuve la plus effroyable qui soit. Pourtant, une semaine après l’enlèvement, Anna leur est rendue, indemne. Sans aucun souvenir de la semaine qui vient de s’écouler. Mais pour Julia, le pire reste à venir.

Mon avis

Après Anna m'a été conseillée par ma collègue de travail qui avait beaucoup aimé. Comme nous avons à peu prés les mêmes goûts en matière de thriller et policier, je me suis dit qu'il allait aussi me plaire. Sauf que pas tout à fait.

Le roman commence pourtant plutôt bien, si on oublie le passage à la seconde personne "dans la tête du méchant". Ce sont des passages que j'apprécie d'habitude mais qui là me parait un peu trop surfait. Mais passons. Donc, la petite Anna est enlevée devant son école, alors que sa mère est en retard pour aller la récupérer. Une situation somme toute banale (le retard de maman) qui se transforme en enfer. Surtout si Julia, la mère, a prévu de divorcer et que la presse se mêle de tout ça... Mais voilà qu'au bout de six jours, la petite revient (je spoile pas, c'est écrit dans la quatrième). Et l'enfer continue pour Julia.

J'ai un peu de mal à commencer mon avis sur ce roman parce que je lui trouve quand même un certain nombre de défaut pour peu de qualité. Et je n'aime pas faire des avis négatifs sur des romans, surtout si en plus de ça, je les finis. Mais bon, va bien falloir... Alors commençons par ce qui m'a le plus "ennuyé" : la lenteur. Le roman est lent. Lent à se mettre en place, lent dans son déroulement, lent à peu près partout, même dans les scènes plus d'action. Bref, ça rame méchamment, un peu trop pour moi. Et ça se répète aussi pas mal, ce qui ralentit encore plus le rythme. Je veux dire que oui, on sait que Julia s'en veut d'avoir été en retard, mais faut-il réellement nous le redire toutes les deux pages ? C'est quelque chose d'ailleurs qui revient souvent ça, faire peser la moindre plus petite touche de culpabilité durant tout le roman. Comme si les femmes n'avaient pas le droit d'avoir une autre vie en dehors des enfants. Même si j'avoue que c'est justement ce qu'essaie aussi de faire passer le livre, qu'on peut très bien avoir une autre vie que celle de la maman et de la femme. Mais là aussi, c'est fait d'une manière qu'on pourrait presque en arriver presque à penser l'inverse.

Outre la lenteur et le message qui a un peu de mal à passer (ce n'est pas le seul message du roman, disons que l'autre sert l'intrigue, donc on va pas forcément en parler), on se retrouve avec un livre qui ne laisse finalement que peu de place à l'imagination. On sait dès le départ (sans même avoir ouvert le livre) qu'Anna va revenir vers ses parents. On se doute rapidement de qui a fait le coup et de pourquoi. Le pourquoi étant finalement vachement trial d'ailleurs (mais j'en dirais pas plus). Or, j'aime être surprise dans ce genre de livre et ce n'a pas été le cas ici. J'ai donc lu le bouquin en me doutant fortement de tout ce qui allait se passer. Disons qu'il est dommage d'avoir donner des billes trop rapidement dans l'histoire. Le suspect n'est plus au rendez-vous et si on y ajoute les longueurs, ben, on s'ennuie.

Vraiment, le sentiment d'ennuie m'a rarement quitté tout le long de ma lecture. Pourtant, savoir qu'Anna va revenir était un bon moyen de faire tourner les pages. Encore plus en se demandant ce qui allait se passer par la suite. Bref, c'est dommage et je reste malheureusement sur cette impression-là alors qu'il y avait pas mal de bonnes idées dans le roman (dans le désordre, des thèmes intéressants du point de vue féministes, une enfant qu'on ne retrouve pas morte, "la mère a toujours la garde", la folie...). Tout ça pour dire que finalement, le courant n'est pas ultra bien passé entre Après Anna et moi (et ce ne sont pas les personnages, trop caricaturés pour la plupart qui m'auront aidé non plus).

Au final, ce qui devait être un bon livre souffre un peu trop des ses idées et de ses lenteurs. Dommage parce que vraiment le traitement était finalement bien sympathique (je suis quand même allée jusqu'à la fin du roman hein, c'est qu'il a des qualités). Bref, il peut plaire à un certain nombre d'entre vous  (parce qu'il est tout de même bien écrit et pas trop mal foutu) mais je n'en fais pas parti. 

lundi 20 août 2018

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Je n'aurais finalement pas mis bien longtemps pour finir cette trilogie du mal (surtout au vue de ma PAL numérique qui semble ne vouloir faire que grossir). IL faut dire que les deux premiers tomes m'avaient plutôt plu et que je suis dans une période plutôt "horreur" en numérique en ce moment. Et donc, presque six mois après avoir lu le premier tome, je lis le dernier. C'est plutôt pas mal

Maléfices, La Trilogie du Mal, tome 3, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : trhiller
Année de parution : 2004
Format : AZW

A lire si : 
- Vous avez aimer les deux premiers tomes
- Vous n'avez pas peur des araignées
- Vous aimez les thrillers à l'américaine

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Une ombre inquiétante rôde dans les forêts de l'Oregon. C'est d'abord un employé de l'environnement qui est retrouvé mort, le visage horrifié. Aucune trace du criminel... Dans le même temps, des femmes disparaissent en pleine nuit, pendant le sommeil de leur époux. Pas de trace d'effraction dans les maisons... Et puis se répand une épidémie singulière : les foyers de Portland sont envahis par des araignées aux piqûres mortelles. Les victimes s'accumulent et la psychose s'intensifie. Et s'il n'y avait qu'une seule personne derrière tout cela ?
Un être pas comme les autres. On commence à murmurer le pire : et s'il n'était pas humain ? Joshua Brolin et Annabel O'Donnel vont mener l'enquête, entrer dans la toile et faire face à l'impensable.
Une nouvelle génération de tueur.

Mon avis

Et voilà, j'en ai fini avec la trilogie du Mal (enfin pas tout à fait, me manque le prologue sur le mari d'Annabel à lire)(ça risque de pas tarder). Et je dois bien dire que j'ai particulièrement apprécié lire cette fameuse trilogie. Mais passons donc à ce troisième et dernier tome, celui qui clôt donc le tout. Un tome qui, pour moi, est peut-être un peu en dessous des deux suivants mais qui reste un très bon divertissement.

Dans Maléfices, nous retrouvons donc Joshua Brolin chez lui à Portland. Adieu New York qui n'aura servi de toile de fond que pour un tome. Ça m'arrange un peu, j'aime bien Porland et ses étendues de forets non loin (dans l'idée, Chattam aura quand même réussi à me faire aimer une ville et ses alentours sans même en avoir rien vu). Alors qu'il compte bien passer quelques jours de vacances avec Annabel, le frère de son ami Larry Salhindro est retrouvé mort en pleine forêt, avec sur son visage la peur à l'état brut. Il n'en faut pas plus pour que Brolin annule ses vacances. Heureusement pour lui, Larry fera appel à Annabel pour qu'elle vienne changer un peu les idées du privé. Et les aider dans une enquête qui va bien plus loin que la mort du frère de Larry. Attention cher lecteur, si vous êtes arachnophobe, passez votre chemin (ou comme moi, flipper bien lorsque le rideaux de douche ou vos cheveux vont vous faire croire qu'une araignée et sur vous)(je suis très impressionnable, je l'avoue), parce que les petites bêtes sont là tout le long du livre. Et elles ne sont pas vraiment gentilles. Enfin, ce ne sont pas les pires monstres du livre. L'humain, comme souvent avec Chattam, n'est malheureusement pas en reste. Et le tueur de ce tome-ci n'a pas grand chose à envier à ses prédécesseurs sur la monstruosité.

D'ailleurs, tout le tome n'a rien à envier à ses prédécesseurs au niveau de l'enquête. Si j'avais compris facilement ce qu'il se passerait dans l'Ame du Mal, j'avais eu un peu plus de mal sur In ténébris et je me suis faite roulée sur toute la ligne avec ce Maléfices. En même temps même Brolin est assez perdu dans son enquête, ce qui ajoute à la confusion du lecteur et à l'envie de toujours lire un peu plus (monsieur Chattam, mes cernes ne vous disent pas merci, mon manque de sommeil non plus). J'ai clairement apprécié voir tout le monde (moi comprise) pataugeaient un long moment dans la semoule, ça fait du bien quand tout ne tombe pas tout cuit (même si une fois encore, je trouve la fin un peu trop rapide pour ça). Bref, une enquête fort sympathique qui ne m'aura pas filer de gros frissons mais que j'ai aimé suivre. Et que j'ai même bien plus apprécié que celle d'In Tenebris par exemple.

Mais alors, pourquoi ai-je trouvé ce tome un peu en déça des précédents ? A cause des personnages. Enfin, avouons-le, surtout à cause d'Annabel. Annabel, dans ce tome, quitte le personnage de flic mal dans sa peau ayant perdu son mari depuis peu et essayant de remonter la pente avec l'aide de son ami, Jack Thayer. Elle est devenue une sorte de Brolin au féminin mais pas totalement. Si jusque là, ça m'allait plutôt bien, j'ai trouvé que la voir soudain avoir des sentiments pour Joshua (et même si ça va en droite ligne de ce qu'il a pu et se passe) était peut-être un peu trop. Enfin, non, disons que ça la transforme un peu trop. J'aime toujours le personnage sauf lorsqu'elle se pose des questions sur sa relation avec Brolin. Pourquoi à ces moments-là passe-t-elle soudain de l'Annabel du tome précédent, forte, indépendante et en même fragile à simple potiche ? Heureusement que ça n'arrive pas à toutes les pages et que le plus souvent, elle reste l'Annabel que j'ai appris à apprécier. Quant à Brolin, il reste le même durant un petit moment pour petit à petit "redevenir" un peu plus humain, plus proche du Brolin de l'Âme du mal (sans toutefois y revenir totalement). Et puis, il est appréciable de retrouver l'équipe de flic de Portland.

Au final donc, j'ai aimé, un peu moins que les deux précédents (la faute à Annabel qui se potiche donc de temps à autre et aux araignées que je n'aime mais alors pas du tout). Il complète finalement très bien la trilogie, montrant encore un autre aspect de ce que l'humain peut faire de pire. Ces trois histoires sont assez perturbantes dans le fait qu'elles pourraient être réelles et c'est vraiment là que ça fonctionne avec moi (même si on avoue qu'on sent bien la fiction dans les personnages quand même). En tout cas, chose de sure, c'est que entre les livres de Chattam et moi, ce n'est pas fini, j'en ai encore qui traine par ci par là et je compte bien replonger dans cette folie qui les habite.

vendredi 10 août 2018

Les Tendres Plaintes, Yoko Ogawa

J'avais découvert Yoko Ogawa avec un recueil de nouvelle, la Mer, il y a quelques année de ça (2015 si j'en crois mon article dessus). J'avais depuis longtemps envie de la lire une nouvelle fois, mais sur quelque chose de plus long que des nouvelles. Il me semble que j'ai ce livre-là depuis 2016 dans la PAL mais, vous savez ce que c'est, j'ai trop de livres à lire. Et puis, je l'ai finalement sorti.

Les Tendres Plaintes, Yoko Ogawa

Editeur : Babel
Collection : /
Anné de parution : 2014
Titre en VO :Yasashii uttae
Année de parution en VO : 1996
Nombre de pages : 241

A lire si :
- vous aimez les romans lents
- vous aimez la poésie que l'on trouve dans la vie quotidienne

A ne pas lire si :
- Vous voulez du rapide
- Vous n'aimez pas les tranches de vie

Présentation de l'éditeur :

Blessée par l'infidélité de son mari, Ruriko décide de disparaître. Elle quitte Tokyo et se réfugie dans un chalet en pleine forêt où elle tente de retrouver sa sérénité. Ruriko est calligraphe. Non loin, dans un autre chalet, s'est installé Nitta, un ancien pianiste de renom devenu facteur de clavecins, un homme habité par un calme particulier qui semble absorber les sons des instruments qu'il fabrique. Bien qu'assisté chaque jour dans son ouvrage minutieux par une jeune femme prénommée Kaoru, il vit seul avec un vieux chien aveugle et sourd. Invitée en ces lieux par Kaoru, la calligraphe observe et s'interroge sur la relation du facteur et de son aide. Ainsi elle apprend que Nitta ne peut plus jouer en présence d'autrui, que seule persiste en lui la capacité de vivre avec des sons invisibles. Mais, un matin, la calligraphe surprend Nitta installé au clavecin jouant "Les Tendres Plaintes" pour Kaoru.

Mon avis

S'il y a bien une chose qui m'avait touché dans la Mer, le recueil où j'ai découvert l'écriture de l'autrice, c'était la poésie insufflée dans les nouvelles. Elle était partout, même là où on ne s'y attendait pas. J'espère beaucoup retrouvé cette poésie-là dans ce roman et ce fut le cas.

Ruriko quitte Tokyo et son mari, infidèle et violent, pour le chalet de son enfance. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle est partie là, elle aurait très bien pu aller ailleurs. Mais c'était comme un appel. Là-bas, elle essaie de se reconstruire un peu. Elle va rencontrer Nitta, un facteur de clavecin et son aide, Kaoru. Petit à petit, elle va entrer dans leur monde, les découvrant et se découvrant elle-même. 

Je vous avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour parler du roman. Pendant une partie de celui-ci (avant mon départ en vacances en fait, je pense que j'avais besoin d'une coupure pour le reprendre comme il faut), je me suis demandée où l'autrice voulait en venir. J'aimais suivre Ruriko dans sa vie au chalet, sa découverte des deux facteurs de clavecins, voir les paysages qui l'entourent mais je n'arrivais pas à voir la finalité du roman. C'était assez étrange à lire. Beau, poétique à souhait, avec une narratrice qui n'en fait pas des tonnes, qui pose ses sentiments comme des notes sur une partition de musique dont elle ne sait trop quoi faire. J'aimais mais ce n'était pas tout à fait ça. Alors j'ai posé le livre et j'ai attendu une semaine pour le reprendre. Je crois que j'ai eu bien fait.

IL faut attendre presque la moitié du roman pour comprendre ce que l'autrice voulait dire. Pour comprendre les personnages, Ruriko la première. En fait, pendant la première partie, le lecteur se retrouve aussi perdue qu'elle. Que va-t-elle devenir, maintenant qu'elle a tout quitté ? Que va-t-il se passer pour elle ? Son cheminement n'est pas simple mais de la femme perdue du début, on commence à entrevoir une autre femme, qui s'exprime un peu plus. Il en va de même pour les deux autres personnages dont on connait le nom (à part Ruriko, Nitta et Kaoru, les autres n'ont jamais de noms)(c'est fait exprès, je pense, pour nous rapprocher d'eux, ne pas avoir de "parasites" autours, les couper du monde du roman en fait). Petit à petit, on découvre les blessures de ces trois-là, puis la manière qu'ils ont d'aller plus loin que ça, de se remettre en mouvement. Ce n'est pas parfait mais ça reste très humain. On peut être brisé, il y aura toujours une personne pour nous recoller, pour nous consoler, nous aider. Un beau message rempli d'optimisme que j'ai apprécié lire.

On ajoute à ses personnages des décors magnifiques, la forêt qui prend une place importante, la nature elle-même. Et puis, la poésie de l'autrice qui ne quitte pas les pages du livre. Certains passages sont particulièrement beaux, et ce ne sont pas forcément ceux que j'aurais cru (la construction des clavecins, leur description sont particulièrement belles par exemple). La musique, même si on ne l'attend pas, est bien présente dans tout le roman. Elle fait partie de lui, de la poésie qu'il dégage. Il en va de même pour la nature où des scènes importantes se passent. Tout cela fait partie du roman, y apporte une touche presque magique.

Et puis, il y a aussi le dépaysement. Tout est forcément très japonais dans le roman. Assez pour se sentir voyager en suivant les pas de Ruriko dans cette nouvelle vie. J'apprécie beaucoup quand ça arrive, quand je me sens un peu perdu dans un roman parce que la culture n'est pas la même que la notre. Ici, elle se ressent forcément par les attitudes des personnages, par les lieux, les décors. Que l'histoire ne se passe pas dans une grande ville japonaise y aide forcément beaucoup (moins occidentalisé, la campagne japonaise me semble plus encline à nous faire découvrir le japon comme on peut se l'imaginer)(ceci n'est que mon avis mais je n'ai pas retrouvé ça dans les livres que j'ai pu lire se passant à Tokyo par exemple).

J'avoue ne pas dire grand chose au final du roman en lui-même, des histoires qui se jouent dedans, mais même si effectivement elles sont importantes, si elles me parlent beaucoup, ce n'est pas ce que j'ai le plus retenu des Tendres Plaintes (qui porte définitivement bien son nom). En fait, tout est lié dedans, les histoires, la poésie, le décors, à tel point qu'on en ressort avec une impression d'un grand tout à la fois mélancolique et plein d'espoir. C'est juste beau. 

Pour finir, une petite vidéo avec la musique dont le livre tire son nom, les Tendres Plaintes de Rameau. Ca lui va terriblement bien.

Le secret de Crickley Hall, James Herbert

J'avais envie de frissonner un peu, surtout vu les chaleurs que nous avons eu ces derniers temps. Quoi de mieux qu'une histoire de maison hantée pour faire passer la canicule. Alors, j'ai sorti ce roman de la PAL numérique (et ça fait un moment qu'il s'y trouvait d'ailleurs).

Le secret de Crickley Hall, James Herbert

Editeur : Milady
Collection : Thriller
Année de parution : 2011
Titre en VO : The secret of Crickley Hall
Année de parution en VO : 2006
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les histoires de maisons hantées
- Vous aimez frissonner
- Vous aimez le mystère

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas avoir toutes les explications d'un coup
- Vous voulez une histoire qui sorte de l'ordinaire

Présentation de l'éditeur :

Crickley Hall : une vieille demeure comme on n en trouve que dans les régions reculées de l Angleterre. Vaste et sinistre, elle a même l air un peu menaçant. Lorsque Gabe et Eve Caleigh viennent s y installer avec leurs deux petites filles, ils espèrent y trouver la paix, et tourner la page sur le terrible malheur qui a frappé leur famille.Mais quelque chose ne va pas... Bientôt des bruits inexplicables les arrachent au sommeil. Les enfants sont les seuls témoins d étranges apparitions. Et, chaque matin, la porte de la cave est entrouverte alors qu on l avait fermée la veille.Cette maison est le dernier endroit que les Caleigh auraient dû choisir. L'horreur qui les y attend dépasse tout ce qu ils pouvaient imaginer.

Mon avis

Comme souvent avec ma PAL numérique, c'est plus pour le titre que pour le résumé du livre que j'en sors un livre. Parce que forcément, j'ai un peu moins accès à la quatrième. Et puis de toute façon, s'il a atterrit dedans, c'est bien qu'à un moment, elle m'a plu. Avec la quantité de bouquin dedans, je suis incapable de me souvenir la plupart du temps de quoi le livre va parler. Bon après, entre le titre et la couverture, il n'est pas totalement impossible de se douter de quoi ça va parler. Et là, j'avais le vague souvenir que c'était un truc normalement horrifique. Je me suis pas trompée et par vu la canicule qu'on se paie, c'est pas plus mal.

Alors que cela va faire un an que leur fils Cameron a disparu, les Caleigh s'éloignent de Londres pour le Devon où le père, Gabe, doit effectuer une mission. Il choisit d'amener sa femme et ses deux filles à Crickley Hall, vieille demeure à l'aspect plutôt austère. Dans sa tête, éloigner Eve, sa femme, de chez eux ne pourra lui faire que du bien... Il se trompe. Rapidement, elle se sent mal dans la vieille maison. Faut dire que celle-ci n'a rien de bien cosy et que de mystérieux bruits se font entendre toutes les nuits. Les Caleigh vont alors découvrir l'histoire de Crickley Hall, où en 1943, onze enfants et leur tuteur ont perdu la vie. 

Autant le dire de suite, l'histoire en elle--même est somme toute banale pour un roman de maison hantée. Une famille s'installe dans une vieille maison, il y a des évènements inexpliqués, des bruits, des apparitions d'ombre et j'en passe, puis on découvre la catastrophe du passé et ce qu'il s'y est réellement passé. Le tout est accompagné d'une pointe d'occultisme et de paranormal. Ca ferait un super bon film d'horreur, d'ailleurs. Et, vous savez quoi ? Ca fonctionne en fait pas mal. Parce que même si le lecteur se doute de ce qu'il suivre au fur et à mesure de l'avancement dans sa lecture, il n'en frisonne pas moins, je n'en frissonne pas moins. Et lire certain passage alors que je suis seule éveillée à la maison n'est pas une super bonne idée parfois (ma maison est vieille et vivante, elle fait des bruits, elle craque, ce qui en soit est normal mais qui devient un peu plus terrifiant suivi sa lecture, avouons). Là où par contre l'auteur fait bien les choses, c'est que les moments terrifiants où l'entité malfaisante de la maison joue à faire peur à tout le monde sont coupés par des moments où une autre entité vient contrebalancer tout ça, poussant Eve, la mère donc, à ne pas quitter Crickley Hall, persuadée que son fils veut lui passer un message. Ainsi, le lecteur ne baigne pas totalement dans l'angoisse et lui aussi veut avoir le fin mot de l'histoire.

D'ailleurs parlons un peu des personnages. Si j'ai eu un peu de mal avec Gabe, le père, que j'ai trouvé un peu trop dans le rationnel, un peu trop aveugle à ce qu'il se passe autour de lui, j'ai eu une faiblesse pour Eve. C'est le genre de personnage auquel on va s'attacher parce qu'on sent sa douleur. Elle a perdu un fils voilà presque un an, sans savoir s'il est mort ou vivant. Traumatisée par cet évènement, elle veut croire qu'il lui est apparu à Crikley Hall. C'est une femme touchante (quoique parfois un peu énervante), bien plus dans les émotions que son époux. Les autres personnages, même leurs filles dont l'ainée à un rôle à jouer plutôt essentiel, ne sont pas assez développés à mon gout. Et chose qui m'a un peu perturbé, c'est que tous ont eu un traumatisme. Ils sont construits sur ça et forcément la maison et les entités qui la hantent s'en servent. C'est peut-être un peu trop facile du coup.

Mais le vrai personnage du livre, c'est bien Crickley Hall, cette maison qui a vu la fin terrible des orphelins évacués de la seconde guerre mondial et de leur tuteur. Leur histoire est surement encore plus glaçante que celle que vivent les Caleigh. Seul bémol pour moi, on apprend la dite histoire presque d'un coup, vers la fin. Alors même si on se doute pas mal de ce qu'il a pu se passé depuis un moment, avoir à digérer le tout d'un coup, c'est un peu trop. J'aurais personnellement préféré avoir des bribes plus étendues dans le déroulement du roman. Surtout qu'il faut avouer que l'histoire des évacués va quand même couper le rythme de la fin du livre et de son dénouement. 

Cela n'en reste pas moins une très bonne histoire horrifique qui m'a fait tremblé plus d'une fois. Elle touche plus à la psychologie des personnages (enfin surtout d'Eve) qu'à l'ambiance effrayante sur deux bons tiers du livre pour plonger dans l'horreur absolue sur sa fin. C'est plutôt bien foutu même si j'aurais préféré avoir un peu plus de passage "à ambiance" (dans le genre, Sac d'Os lu il y a peu est un peu plus impressionnant pour moi). Et puis, je dois bien avouer que ça faisait un moment déjà que je n'avais pas frissonner comme ça, seule dans mon lit (j'ai failli mettre sous ma couette, mais je supporte même pas le drap vu comme il fait chaud...).

vendredi 3 août 2018

L'Ile aux Démons, Les Nécrophiles Anonymes, tome 4, Cécile Duquenne

J'ai longtemps hésité. Hésité à prendre ce quatrième tome en numérique, chez Bragelonne. Et puis, j'ai voulu resté fidèle à Voy'el pour cette série. Parce que la petite maison d'édition en a besoin, parce que je ne voulais pas dépareiller ma collection, parce que pleins de raison. Alors, j'ai attendu et me voilà avec un objet livre à la merveilleuse couverture.

L'Ile aux Démons, Les Nécrophiles Anonymes, tome 4, Cécile Duquenne

Editeur : Voy'el
Collection : Fantastique
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 272

A lire si : 
- Vous avez aimé les précédents tomes
- Vous voulez un livre qui dépote tout
- Vous voulez de l'urban fantasy qui ressemble à de la bit-lit mais qui n'en est pas (et que c'est drôlement meilleur)

A ne pas lire si : 
- Vous n'avez pas aimé les premiers tomes ou pas lus  

 Présentation de l'éditeur : 

Depuis quatre ans, Népomucène est à la recherche de Bob, enlevé par le Roi William. L’ancien employé de la morgue a bien changé. Il travaille désormais pour la Police des Affaires Surnaturelles dont il est devenu un des agents les plus efficaces. Mais sa vie est en danger. En l’absence de Bob, la folie et la mort le guettent. Sa quête semble sans espoir, jusqu’au jour où une nouvelle piste le conduit vers un lieu étrange : l’Île aux démons, où pourrait se trouver son ami. Mais aussi son plus redoutable ennemi.

Mon avis

Je préfère prévenir avant, je vais surement spoiler, vu qu'il est un peu compliqué de parler de ce quatrième tome sans parler de ce qu'il s'est passé dans les précédents. 

Quatre ans après la fin de Dernier des Nephelims, Népomucène a bien changé. Toujours à la recherche de son ami vampire Bob, il a emménagé à bord du Vagabond des Etoiles avec Gabrielle Van Helsing, a étudié l'alchimie et travaille pour la Police des Affaires Surnaturelles. Lui, Gabrielle et Nicolas ont vu les pires atrocités commises par les Supérieurs, les vampires transformés par le Roi William. Ils se sont encore un peu plus endurci, surtout Népo. Mais alors qu'il n'a plus une goutte de sang de Bob à boire, le voilà condamné à dépérir. C'est à ce moment-là, qu'enfin une nouvelle piste dans la recherche de son ami apparait. Lui, Gabrielle, Nicolas et Basil vont se rendre sur l'île aux démons.

Cécile Duquenne a dit un jour que les Nécrophiles Anonymes étaient en fait deux triptyques et non une série de six livres. Elle le prouve effectivement avec ce quatrième tome qui annonce, non pas une nouvelle histoire (nous sommes bien dans la suite des tomes précédents) mais disons, une nouvelle époque pour ses personnages. Et cela se ressent énormément avec les changements qui se sont opérés en quatre ans sur Népomucène, le héros et narrateur de ce tome-là. Devenir le calice de Bob (voir épisodes précédents) l'a transformé, que se soit physiquement ou psychologiquement. Il n'en reste pas moins le Népo que nous connaissions, toujours aussi gentil, prêt à tout pour ses amis. J'ai beaucoup apprécié son évolution. A l'inverse, j'ai trouvé que Gabrielle est plutôt restée la même, mais comme j'adore son personnage, ce n'est pas si gênant que ça. Quant à Bob, je vous laisse le découvrir par vous-même. Sachez juste que oui, il a beaucoup changé et pas forcément de la meilleure manière qui soit pour lui.

Passons à l'histoire en elle-même. Cette fois, le titre vient de l'île au trésor, le fameux roman de Stevenson. Mais ne vous attendez pas à une histoire de pirate, nous sommes dans le fantastique et presque le roman d'espionnage et policier pour une bonne partie (bon, Cécile Duquenne n'a jamais apprécié les étiquettes, elle aime mélanger les genres pour mon plus grand plaisir)(et pourtant, on retrouve beaucoup d'allusion au roman de Stevenson entre la localisation de l'île mais aussi le personnage de Basil). Comme d'habitude, Cécile apprécie mener ses personnages (et ses lecteurs) vers les plus grosses catastrophes possibles, surtout lorsqu'ils ont un plan bien défini (elle s'en amuse d'ailleurs avec une petite phrase qui m'a bien fait marrer à ce sujet)(oui, bon, Népo et Lara des Foulards Rouges ont plus en commun qu'on ne voudrait bien le voir au premier abord). Mais si les divers rebondissements dans la quête de Bob m'ont beaucoup plus, je dois avouer que c'est aussi la relation Népo-Bob qui m'aura le plus marqué. Mais je ne vais pas trop en dire, vu que je spoilerai un peu trop le roman pour le coup. D'ailleurs, les relations entre personnages sont toujours un régal à lire sur un Duquenne, elle ne fait jamais dans le simple et explore beaucoup de possibilité avec eux.

Et enfin, passons au style de Cécile Duquenne, qui fait toujours mouche avec moi. Elle est capable de traiter des thèmes graves, parfois d'actualité, tout en gardant ce petit ton un peu impertinent qui arrive du coup à mettre l'accent sur ce qu'elle veut dire. Je ne parlerais pas forcément des thèmes pour ne pas spoiler une nouvelle fois (c'est embêtant ça, de vouloir faire des avis sans spoils quand je pourrais en faire toutes les deux lignes quand même) mais sachez qu'on en trouve des thèmes qui me tiennent à coeurs. Enfin, nous avons l'humour et les expressions très imagées de Cécile Duquenne. C'est là qu'on voit la fille du sud (franchement, je crois bien qu'il n'y a que elle pour écrire comme ça et je trouve dommage qu'elle ne puisse pas forcément utiliser des expressions bien de chez nous (Aix, Sète, c'est pas si loin que ça) dans la plupart de ses romans (à part dans les Penny Cambriole qui sont accès jeunesse). Bref, comme toujours, j'aime énormément.

Au final, l'attente fut longue mais elle en valait carrément le coup. Pour ne pas changer, ce quatrième tome fait partie de mes coups de coeur. J'ai tout aimé et bien sur, j'en redemande encore (surtout que le prochain tome devrait être narré par Bob et que j'ai hâte de savoir ce que lui a à dire sur tout ça). Il me semble l'avoir déjà dit, les Nécrophiles est une série que j'apprécie pour beaucoup de chose et qui se bonifie avec le temps. On y sent vraiment l'évolution de Cécile Duquenne ( le premier date maintenant d'il y a 6 ans maintenant)(putain déjà !) et de son histoire. Bref, lisez les Nécrophiles Anonymes, qui si elle n'est pas la série la plus connue de l'autrice (les Foulards Rouges passent avant), est surement la plus révélatrice de son talent. 

mercredi 1 août 2018

L'Abbaye Blanche, Laurent Malot

Fraichement arrivé dans ma PAL numérique, je sors déjà ce petit thriller. La raison en est simple, me voilà en vacances chez mes beaux-parents à Oyonnax et l'action du livre se déroule à Nantua, juste à côté. Pour une fois, j'allie donc mon lieux de villégiature à ma lecture. Et c'est plutôt sympathique à faire.

L'Abbaye Blanche, Laurent Malot

Editeur : Bragelonne
Collection : Thriller
Année de parution : 2016
format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez les complots
- Vous aimez les flics à fleur de peau

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les personnages un peu caricaturaux.
- Vous voulez une enquête rapide

Présentation de l'éditeur :

Meurtres, amour et conspiration : une recette de la manipulation. À Nantua, dans le Jura, Mathieu Gange élève seul sa fille de six ans. Sa femme a disparu depuis plusieurs mois sans donner d’explication. Flic intègre, il fait ce qu’il peut pour assurer sa mission, quand soudain la violence s’abat sur ce coin du monde où il ne se passe presque jamais rien.Deux hommes sans lien apparent sont assassinés coup sur coup, puis on retrouve un cadavre mutilé dans la forêt. À mesure qu’il démêle les fils, Gange est entraîné dans une enquête dont les enjeux le dépassent. Notables véreux, secte, affaire d’État : le cocktail est explosif. Mais Gange ne peut pas renoncer. La disparition de sa femme n’est peut-être pas innocente...

Mon avis

Comme je le disais, si j'ai lu ce livre c'est pour l'endroit où se déroule l'action. C'est d'ailleurs aussi pour ça que je l'ai pris durant la dernière OP Bragelonne. Je ne savais pas à quoi m'attendre, si ce n'est à avoir quelques beaux paysages, le lac de Nantua et les montagnes qui l'entourent. Mais alors ça donne quoi ?

Nous voilà à la suite de Gange, lieutenant de police dont la femme vient de disparaitre soudainement, prétextant un besoin de se retrouver. Seul avec sa fille, il tente d'allier vie de famille et travail. Or, le travail lui prend beaucoup de temps, encore plus lorsqu'un puis deux meurtres sont découverts à Nantua, pourtant ville tranquille de l'Ain. Rapidement, et cela grâce aussi à Helena Medj, journaliste de son état, Gange et son équipe vont lier les deux meurtres entre eux mais aussi à une étrange organisation sectaire installée dans une vieille abbaye. Petit à petit, alors que le danger guette l'équipe de Gange, ils vont mettre le nez dans ce qui semble être une affaire d'Etat que tout le monde souhaite voir enfouie très profondément. Mais Gange ne compte pas en rester là, il va tout faire pour que les coupables soient punis.

Je dois bien dire que j'ai été prise dans le roman dès le départ. Pourtant, ce n'était pas tout à fait gagner d'avance. Déjà, j'ai trouvé les personnages un peu trop caricaturaux. Gange est le genre de flic capable de passer la ligne jaune dès qu'il a un peu les nerfs (voir beaucoup à certains moment, faut bien l'avouer). Il a aussi tout du héros torturé, entre sa femme qui est partie sans rien dire, sa fille qui vit ça très mal et le reste de ses états d'esprit. C'est un peu dommage parce que j'ai bien aimé Gange mais il en fait parfois un peu trop. Même remarque en fait pour la plupart des personnages, Helena Medj a tout de la journaliste fouineuse, Michelet du flic bourru au grand coeur et j'en passe. Pourtant, malgré ce défaut très apparent, on s'attache plutôt bien aux divers personnages (même si je n'ai pas tant que ça trembler pour eux la plupart du temps). 

Mais les personnages un peu trop caricaturaux ne sont pas le seul défaut du livre. Le second va un peu avec : l'enquête semble trop "facile". Alors, non, pour Gange, elle ne l'est pas, loin de là. Elle possède de multiples rebondissements, des fausses pistes, des difficultés. Mais pour le lecteurs, tout cela semble un peu trop simple. On s'attend un peu à tout ce qui se passe. Pourtant, l'Abbaye Blanche est un véritable page-turner. J'ai eu beaucoup de mal à m'en détacher alors que je me doutais de ce qui allait se passer. Du coup, j'ai beau dire que c'est un défaut, je n'en suis pas si sûre que ça. En fait, l'auteur a su parfaitement rythmer son histoire, ne laissant que peu de répit aux lecteurs, les obligeant à toujours vouloir aller de l'avant pour en apprendre plus et cela malgré les grosses ficelles qu'il utilise. 

Et j'en arrive donc au style de l'auteur, plutôt efficace même si parfois un peu lourd. Ça reste fluide la plupart du temps malgré quelques répétitions. Et en plus de ça, il ne manque pas d'humour, ce qui est plutôt sympathique vu certains évènements de l'histoire. Il allie d'ailleurs moment intense à moment bien plus léger et j'ai adoré la plupart de ses dialogues, qui rendent particulièrement vivants. Ce qui me semble logique lorsqu'on découvre dans les remerciements que l'Abbaye Blanche était à la base un scénario de film. 

Au final, même si je lui trouve des défauts, j'ai beaucoup apprécié le roman et pas seulement pour la région. J'ai apprécié Gange et les personnages qui gravitent autours de lui même si j'aurais voulu en connaitre d'autres un peu plus. J'ai encore plus apprécié l'enquête et tous les complots qu'elle va révéler. Ce n'est pas forcément du grand thriller mais c'est aussi le premier de l'auteur et je trouve qu'il s'en sort plus qu'honorablement. J'ai adoré suivre Gange et j'espère bien pouvoir le faire encore avec Sème la Mort, sa seconde aventure. Bref, à suivre.

mardi 24 juillet 2018

La main de l'empereur, tome 1,Olivier Gay

J'ai ce roman depuis l'avant dernière op de Bragelonne dans ma PAL numérique et il était plus que temps de le sortir. Surtout que j'avais comme une envie de fantasy rapide et sans trop de prise de tête. Je me suis dit qu'il serait pas mal pour combler la dite envie. 

La main de l'empereur, tome 1,Olivier Gay

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2016
Format : AWZ

A lire si :
- Vous aimez la fantasy un tantinet violente
- Vous aimez les héros torturés et légèrement naïf
- Vous voulez de la guerre

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose d'ultra long
- Vous n'aimez pas la violence

Présentation de l'éditeur 

Rekk n’a pas eu une enfance facile. Fils bâtard d’un gladiateur et d’une femme mariée, élevé par des prostituées, il est sauvé par son habileté à l’épée. Il se fait à son tour une place dans l’arène et en devient bientôt le champion. Mais Rekk doit poursuivre ailleurs un destin écrit en lettres de sang : l’Empereur en personne l’envoie rejoindre l’armée qui mène en son nom une guerre éprouvante contre les tribus koushites. En compagnie d’hommes démunis et amers, dans l’enfer de la jungle où le danger est partout, Rekk va devenir le bras armé de l’Empereur grâce à ses talents redoutables. Lorsque l’on suscite l’admiration autant que la crainte et la haine, savoir se battre ne suffit pas toujours, et la frontière est ténue entre le héros et le monstre. Qu’arrivera-t-il à Rekk quand sa légende lui échappera ? DANS LA MAIN D'UN EMPEREUR, LES MORTELS NE SONT QUE DES PIONS.

Mon avis

Bon, j'avoue, je n'avais pas la moindre idée de ce que j'allais lire si ce n'est ce que nous raconte la quatrième de couverture. Mais en même temps, un roman fantasy avec une couverture aussi belle ne pouvait pas me décevoir, n'est-ce pas ? Oui, j'en suis encore à penser que les belles couvertures font les bons livres. En même temps, il est rare que je sois déçue par un livre à belle couverture. Et cette main de l'empereur ne déroge pas à la règle.

Olivier Gay nous entraîne à la suite de Rekk, fils illégitime du gladiateur Shar-tan et de la femme d'un riche marchand, cela de la rencontre de ses parents à ses vingt-trois ans, moment où il semble être au plus haut de sa gloire (oui enfin, disons pour ce tome là, parce qu'il y a un second tome et même un second diptyque sur lui)(que de lectures en perspective donc :) ). L'auteur va rapidement donner le ton de son roman, il sera sanglant et sans pitié, un peu à l'image de son héros. Un héros qui va connaitre bien des choses très rapidement, en commençant par la trahison, la tristesse, le désespoir puis la haine. Autant le dire, l'auteur ne lui fait aucun cadeaux et si jamais il lui arrive de lui en faire un, il le reprend très rapidement. Oui, nous avons un auteur plutôt sadique avec ses personnages et c'est plutôt sympathique (je suis aussi une lectrice sadique qui apprécie quand les personnages sont ballottés en tout sens sans trop rien y comprendre). Mais revenons donc à Rekk, personnage principal de ce roman et principal intérêt de celui-ci.

Car oui, Rekk est bel et bien le principal intérêt du roman. Et cela pour plein de chose. Déjà parce que Rekk. Oui, je sais, mais comment dire, j'ai tout simplement adoré le personnage du début à la fin. Il faut dire que c'est aussi un personnage qui évolue pas mal, surtout niveaux sentiment. Rekk va commencer sa vie d'adulte en découvrant sa mère puis en la perdant et juste après en devant combattre son père dans l'arène et en le voyant mourir sous ses yeux. Ça a de quoi forger un homme et plus particulièrement une carapace. Malheureusement pour Rekk, la carapace va devoir rester en place pendant un long moment, allant jusqu'à lui faire oublier beaucoup de chose, dont une partie de son humanité. Il lui faudra l'aide de deux femmes importantes dans sa vie pour la retrouver, Dareen et Bishia. Parce qu'il faut bien dire que Rekk n'est pas le seul personnage intéressant à découvrir. Il y a les deux femmes, l'une est contrebandière, l'autre courtisane. Dareen est peut-être celle qui m'a le plus émue dans tout cela. Trop fière pour avouer ses sentiments, toujours à côté de Rekk quand il en a besoin. Elle est l'amie idéale pour lui et pourrait bien être plus s'il ouvrait les yeux. Pour Bishia, c'est un peu plus compliqué et j'attends de lire le tome deux pour mieux la cerner (parce que pour le moment, c'est pas jolie jolie). Autre personnage intéressant, c'est Bel Ier, l'empereur, la caution politique du roman. Un empereur comme je l'ai apprécié, capable d'utiliser tous les pions possible et inimaginable pour arriver à ses fins sans prendre en considération les dits pions. Un salaud comme je les aime, sans cœur ou presque et capable de tout.

Si les personnages sont bien écrits, l'histoire l'est tout autant. Sans trop en faire, on va découvrir une partie de l'enfance de Rekk (à peine quelques chapitres), son premier combat, les incidences de celui-ci et son départ de l'arène pour l'armée. Ça parait presque trop court et en même temps c'est juste la dose qu'il fallait pour ne pas alourdir le roman afin de se concentrer sur le Rekk adulte et la campagne de Koush. Une campagne qui se fait donc dans la violence (en même temps, c'est la guerre, pas un jardin d'enfant, tu me diras). Et là, Olivier Gay ne fait pas dans la dentelle. Bon, on le découvre rapidement que le livre est sanglant mais le sang n'est pas versé juste pour le plaisir des lecteurs. On découvre les rouages de la guerre et les complots derrières, son horreur (des deux côtés d'ailleurs) mais aussi les petits moment de grâce, voire de délicatesse. Et puis, parfois, ça vous tombe comme ça, on a l'impression de se retrouver dans un Gemmel version Drenaï. Et franchement, c'est vachement classe (parce que Gemmel est pour moi un maitre en la matière de guerre et de siège). 

Forcément, une histoire qui ne souffre que de peu de défaut (parfois un peu trop rapide peut-être), des personnages qu'on apprécie suivre et qui sont bien en nuance de gris, et me voilà réellement emballée par ce premier tome. Je dois bien dire que je suis des plus enthousiastes. Je découvre un auteur au style des plus plaisants avec une histoire fantasy comme je peux les apprécier (sans magie, avec des guerres, de la politique qui fait mal et des personnages géniaux). Et ça se ressent avec le temps de lecture, puisque j'ai avalé les pas tout à fait 400 pages en deux jours (alors que je traîne en ce moment sur la plupart de mes bouquins)(et que pour info, j'ai récupéré Link's Awakening sur la DS, ce qui a annoncé la fin de ma vie sociale et de toutes autres activités alors que commençais à peine le roman)(mais au moins, Rekk m'a permis de ne pas me coucher à toutes les heures durant le weekend). Bref, c'est un coup de cœur et ça faisait longtemps que ça n'était pas arrivée sur de la fantasy (pour rappel, le dernier, c'est l'année dernière avec les Illusions de Sav-Loar de Manon Fargetton, rien ne vaut la fantasy française)