mercredi 13 juin 2018

Tortues à l'infini, John Green

Le dernier Green ne me laissait pas totalement indifférente sans pour autant m'attirer. Disons que si j'ai adoré Nos étoiles contraires (dont finalement, je préfére l'adaption)(chose tellement rare chez moi que ça mérite d'être dit), la Face cachée de Margo m'avait plus mais finalement pas tant que ça (avec le recul, je m'en rends un peu plus compte que lorsque j'ai écrit l'avis). Et puis, il a attéri dans ma PAL, alors autant le lire.

Tortues à l'infini, John Green

Editeur : Gallimard
Collection : /
Année de parution : 2017
Titre en VO : Turtles All The Way Down
Année de parution en VO : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez le Young-Adult
- Vous voulez une histoire finalement assez mignonne

A ne pas lire si :
- Vous voulez une vraie enquête

Présentation de l'éditeur : 

Aza, seize ans, n'avait pas l'intention de tenter de résoudre l'énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l'enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis.
Aza essaye d'être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles.
Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d'autres mystères et d'autres vérités, celles de la résilience, de l'amour et de l'amitié indéfectible.

Mon avis

J'avoue ne pas trop savoir par quoi commencer pour cet avis. J'ai plein de choses qui me viennent en tête. Le livre est mignon, l'héroïne plutôt sympathique dans son genre mais je m'attendais à mieux, à autre chose, je dirais. En fait, je ne sais pas trop. Tortues à l'infini n'est pas un mauvais livre, mais il n'est pas bon non plus. En fait, plus je lis de Young-Adult (et plus particulièrement les recommandations de Cindy Van Wilder sur Twitter et les auteurs français), plus je trouve que les "stars" de ce genre ne me font pas rêver avec leurs romans. Disons aussi qu'à mon âge, je ne cherche pas forcément ce qui va faire rêver la midinette de quinze-seize ans, mais un vrai discours derrière l'histoire.

Tortues à l'infini a un vrai discours, je ne dis pas le contraire. Il nous parle des TOCs (trouble obsessionnel convulsif), de la manière dont il affecte la vie d'Aza, l'héroïne du roman, de la perte d'un être cher (ici, le père), de l'amitié aussi. Il le fait à la manière de John Green, sans trop en faire mais sans non plus entrer dans les détails. Mais avant de parler de ce que j'aurais voulu voir et qui finalement me chiffonne un peu, parlons du roman.

Aza Holmes a seize ans, vit avec sa mère, souffre de pensées intrusives. Sans ses problèmes de santé, elle serait presque une jeune fille normale. Elle a son tout petit groupe d'amis, dont Daisy, autrice de fan-fiction sur Star Wars et Mychal, futur artiste. Jusque là, si on omet qu'elle se perd souvent dans des pensées dévastatrices pour elle, tout va bien. Jusqu'au jour où un homme d'affaire milliardaire disparaît. Daisy se met en tête de récupérer la récompense pour quiconque aura des infos et envoie Aza, sa meilleure amie, renouer avec Davis, le fils du milliardaire. Aza se fait un peu prier et puis finalement, elle va se laisser convaincre, et va commencer sa relation avec Davis. Oui, parce que c'est un peu le fond du sujet, bien plus que l'enquête pour retrouver le père du jeune homme (on n'y reviendra qu'à la fin). En fait, le fond du sujet, ce sont bien les relations qu'Aza a avec elle-même et les autres. On plonge dans les affres de l'adolescence avec les premiers amours, les premières grosses disputes entre amis et j'en passe. Et puis, dans tout ça, il y a la maladie d'Aza qui vient encore un peu tout compliqué.

Alors, oui, c'est toujours mignon les premiers amours. Oui, les héroïnes comme Aza ne sont pas très fréquentes et pour les personnes ayant des troubles comme elle, c'est plutôt cool de pouvoir lire son point de vue (même si je le trouve trop peu explicite, enfin, je sais pas trop comme dire ça, disons que Green a voulu la rentre toujours plus sympathique là où il aurait pu nous montrer un peu plus ce qu'elle ressent). Mais il manque deux trois choses pour moi. On y va ?

Déjà, on nous vent une enquête qui n'est pas là, ne sert que de prétexte pour mettre Aza en relation avec Davis. En fait, ça m'a un peu chiffonner de passer la première partie du roman à chercher ce qu'il a pu arriver à Pickett puis de l'oublier complètement parce qu'Aza se met en "couple" avec Davis. Ensuite, Aza a une maladie mentale (qui n'est jamais nommé d'ailleurs) mais elle ne sert finalement là aussi que de prétexte pour mettre en scène les personnages. Comme je le disais, c'est cool d'avoir ce genre de personnage-là mais j'aurais aimé qu'on entre plus dans le vif de ce sujet-là. Et enfin, il y a aussi les discours que tiennent tous ces jeunes de seize ans qui semblent en avoir souvent vingt de plus. Je veux bien qu'on puisse être mature, mais là, c'est un peu trop. Du coup, on perd tout de même pas mal de fraîcheur. Enfin, un dernier défaut pour moi, qui vient, il faut le dire, de mes précédentes lectures. Où est la diversité ? Green évolue dans un monde entière blanc et hétéros. Je n'ai rien contre mais ça m'a fait un peu étrange. C'est qu'on s'habitue vite à avoir des personnages plus diversifiés. J'ai eu l'impression de revoir les mêmes personnages que dans la Face cachée ou Nos étoiles contraires. A vrai dire, j'ai presque eu l'impression de lire la même histoire que dans les deux autres et ça, ça fait un peu mal. 

Au final, je ne me suis pas ennuyée en lisant le livre mais je n'ai pas non plus était emportée comme j'avais pu l'être par Nos étoiles contraires. Je n'ai pas vraiment ressenti d'émotion à ma lecture. J'ai bien aimé Aza, Daisy (quel dommage finalement qu'on ne la voit pas plus que ça, elle est pétillante à souhait) et Davis mais sans m'y accrocher plus que ça. Du coup, pour moi, c'est une petite déception alors qu'à vrai dire, je m'y attendais un peu (même problème de manque de profondeur que pour Margo et forcément ne sera jamais aussi  bien que nos étoiles). Ça se laisse lire mais ça ne reste pas. 

lundi 11 juin 2018

Salut, et encore merci pour le poisson, H2G2, tome 4, Douglas Adams

Il y a des séries, tu penses que tu les as arrêté depuis un moment et puis, elle te tombe dessus sans crier gare. H2G2 en fait partie. Trois ans après avoir lu le tome 3, me voilà à lire le 4 sans passer par la case relecture (ce qui n'est finalement pas bien grave d'ailleurs)(et en plus, je change de format, passant du papier à la liseuse, tout est permis maintenant).

Salut, et encore merci pour le poisson, H2G2, tome 4, Douglas Adams

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2010
Titre en VO : The Hitchhiker's Guide to the Galaxy, book 4 : So long, and thank for the fish
Année de parution en VO : 1994
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez l'humour et le nonsense
- Vous aimez Pratchett et que vous voulez lire un truc qui y ressemble mais en SF

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup d'action qui saigne

Présentation de l'éditeur : 

Plus bas que Terre ! Ayant - plus ou moins - survécu à son édifiante promenade cosmico-temporelle, le pauvre Arthur Accroc savoure l'indicible plaisir de fouler à nouveau le sol de sa planète natale. Une planète jadis détruite par les terribles Vogons, sous le prétexte fallacieux de laisser passer une autoroute intergalactique... Pas de panique ! Car l'universellement exhaustif Guide galactique saura sans doute répondre à cet étrange paradoxe. Et peut-être élucidera-t-il un mystère plus angoissant encore : pourquoi les dauphins ont-ils disparu, laissant pour ultime message un laconique Salut, et encore merci pour le poisson ?

Mon avis

Comme je le disais, voilà trois ans que je n'avais pas mis le nez dans le Guide du Voyageur Galactique. Ce n'était pas tant que ça me manquait, je m'étais même mis en tête de ne pas forcément finir la saga (qui est toujours un peu en dent de scie avec moi, je n'apprécie pas tous les tomes et même dans ceux que j'ai apprécié, je trouve des défauts). Et puis, il a fait partie du petit lot d'epub qu'on se prête entre collègue de travail alors, bon, autant le lire, hein.

Salut et encore merci pour le poisson me semble un peu à part par rapport au trois tomes précédents. Déjà parce qu'Arthur en est presque le seul personnage de ceux que nous connaissons jusqu'à maintenant. Zaphod et Trillian n'apparaissent pas du tout, Ford a un ou deux chapitres pour lui et Marvin n'est là qu'à la fin. Si Marvin me manque toujours autant, pour les deux premiers, ce n'était pas un mal (Zaphod n'est pas un personnage que j'adore et Trillian m'exaspère souvent). Quant à Ford, ces apparitions sont tellement étranges que je ne sais qu'en dire. Mais revenons à Arthur, puisqu'il est le héros incontestable (enfin, héros...) de cette aventure.

Arthur revient sur Terre. Une Terre qui a bien explosé à un moment donné mais qui pourtant est toujours là. Du coup, il reprend sa petite vie tranquille, ou du moins essaie. Et finalement, il y arrive pas trop mal jusqu'à ce qu'il rencontre Fenchurch, charmante jeune femme dont il tombe amoureux. La jeune femme ne se sent pas à sa place depuis un bon moment, sans trop savoir pourquoi. Tandis que leur histoire d'amour se développe, ils partent à la recherche de ce qu'il est arrivé aux dauphins, disparus depuis le jour de l'explosion de la Terre (qui du coup n'a pas eu lieu).

Le livre se démarque des trois autres par son histoire d'amour. C'est marrant d'ailleurs, je ne voyais pas ce genre de romance dans un tome de H2G2, du moins pas un truc aussi mignon. Oui, c'est mignon parce qu'Arthur reste Arthur, toujours aussi maladroit et typiquement anglais et que Fenchurch est un personnage rafraîchissant qui va parfaitement avec l'univers mis en place par Douglas Adams. Un univers qu'on oublie parfois un peu mais qui vient toujours se rappeler à nous de manière parfois un peu violente (les premiers passage de Ford par exemple). Le seul problème c'est que justement, on en oublie un peu le fils conducteur de l'histoire. Du coup, sans forcément être perdu, parfois, on se demande ce qu'on fait là. L'histoire est lente à se mettre en place (ce qui n'est pas le cas de la romance) et il faut attendre les derniers chapitres pour se souvenir de ce qu'on cherche vraiment (enfin, disons pour retrouver le lien avec le bocal à poisson et son message). 

Malgré sa lenteur, je me suis pourtant bien amusée à lire ce tome quatre. L'humour de Douglas Adams est toujours bien là. Il est peut-être un peu moins marrant mais reste tout aussi barré que les trois précédents. En tout cas, il a sa place dans la série malgré le changement de "style" et le fait que finalement, on n'avance pas vraiment dans le truc (mais finalement, avance-t-on réellement à chaque tome ?)(non parce que en vrai, comme ça fait quand même un moment que j'ai lu le premier tome, je me sens un peu perdue). Bref, tout ça pour dire que j'ai pris plaisir à me replonger dans le Guide (ce qui n'était pas gagné, on va bien le dire, trois ans plus tard) et qu'il est de plus en plus probablement que je finisse enfin la saga (mes avis sur les tomes H2G2 me semblent de plus en plus déconstruit, c'est moi ou bien ?)

lundi 4 juin 2018

Ecriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Voilà un bon moment que je voulais lire ce petit livre sur l'écriture par monsieur Stephen King. Mais en même temps, j'avoue que je ne le cherchais pas beaucoup. Jusqu'à ce que je tombe sur lui il y a deux semaines. Il m'aurait fallu un tout petit peu plus qu'une journée pour le lire.

Ecriture, Mémoires d'un métier, Stephen King

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2011
Titre en VO : On Writing : A Memoir of the Craft
Année de parution en VO : 2000
nombre de pages : 350

A lire :
- Vous voulez des conseils pas de recette miracle
- Vous voulez comment Stephen King est devenu Stephen King l'auteur à succès

A ne pas lire si : 
- Vous voulez la recette miracle pour devenir un best-seller (spoiler alert : ça n'existe pas)

Présentation de l'éditeur : 

Quand Stephen King se décide à écrire sur son métier et sur sa vie, un brutal accident de la route met en péril l'un et l'autre. Durant sa convalescence, le romancier découvre les liens toujours plus forts entre l'écriture et la vie. Résultat : ce livre hors norme et génial, tout à la fois essai sur la création littéraire et récit autobiographique. Mais plus encore révélation de cette alchimie qu'est l'inspiration. Une fois encore Stephen King montre qu'il est bien plus qu'un maître du thriller : un immense écrivain. La vie n est pas faite pour soutenir l'art. C'est tout le contraire.

Mon avis

Ecriture est un livre un peu hybride, entre l'autobiographie et l'essai sur l'écriture. A vrai dire, les deux sont finalement extrêmement liés puisqu'au lieu de donner la recette miracle, Stephen King va plutôt expliquer comment lui (et le lui est important dans tout ça) est devenu le romancier qu'il est. Je vais tout de même séparer l'avis en deux, une par partie.

La première partie se nommes C.V.. Et comme son nom l'indique, c'est la partie la plus autobiographique des deux. Stephen King retourne dans le passé pour nous expliquer comment il est devenu écrivain. Alors, oui, à part vous dire qu'il faut persévérer, cette partie n'est pas pleine de conseil. Elle reste tout de même passionnante pour qui apprécie l'auteur et qui veut comprendre d'où lui vient son amour pour le genre horrifique/thriller. Je dois bien dire que pour moi, la partie est aussi importante. King a commencé à écrire très jeune, influencé par ses lectures et par les films qu'il allait voir au cinéma. Pour tout dire, la partie C.V. nous parle finalement plus de "tout a pu lui venir l'inspiration" que de "ma vie de l'enfance à l'âge adulte". On se rend vite compte que le jeune King, ben, c'est un apprenti auteur comme les autres, qu'il n'y est pas arrivé d'un coup et qu'il lui a fallu bien des années pour en arriver là ou il est. Une belle leçon pour tout ce qui pense qu'être écrivain c'est ultra simple, suffit d'aligner des mots les uns après les autres. 

La seconde partie, Ecriture, est celle qui intéressera sûrement le plus les auteurs en devenir, les jeunes écrivains. Mais attention, ici, pas de recette miracle. King le répétera régulièrement, cela n'existe pas (et si vous avez déjà écrit un peu, vous le savez déjà). Il va nous donner des conseils, un peu dans le style vieux roublards parlant aux jeunes. En tant que jeune autrice, je dois bien dire que j'ai dévoré cette partie en prenant des notes le plus souvent possible. Les conseils de monsieur King sont connus de beaucoup (de moi aussi, hein) mais il ne fait pas de mal de les relire. On retrouve en premier le fameux "écrire beaucoup, lire beaucoup" mais pas que. En prenant des exemples dans ses propres livres mais aussi sur d'autres, ses conseils sont particulièrement vivants et surtout parlant (pour les dialogues par exemple). Alors, je ne vais pas vous faire un inventaire des conseils de King ici, je vous laisse lire le livre pour cela. Il n'empêche que pas un seul n'est dispensable au final et que même s'ils ne feront pas de vous le super auteur de best-seller qu'est Stephen King, ils vaut mieux les garder en tête.

Outre les conseils et l'autobiographie de King, j'ai clairement apprécié retrouvé la même plume que dans les romans de l'auteur. King ne nous prend pas pour des buses et nous parle franchement. Tiens, d'ailleurs, c'est un de ses conseils, ça, être franc, sincère avec son lecteur. On est assez loin de ce qu'on peut voir dans ce genre d'essai, une liste de point et son explication presque sans vie. Non, ici, on se penserait presque dans un roman un peu plus particulier que les autres.

Au final, j'ai vraiment apprécié cette lecture, et cela pour les deux parties. La première est vraiment sympathique à la fois pour les fans de King que pour les apprentis auteurs. Quant à la seconde, on s'en doute, elle est des plus instructives et permet vraiment à l'apprenti de réfléchir sur les conseils donnés et non de les appliquer bêtement(enfin, pour certain, si, pour d'autre non). Je dois bien dire que je compte garder ce petit livre non loin de moi lorsque j'écris (et plus particulièrement lorsque je corrige)(à l'inverse de King, je n'aime pas la partie relecture/correction). En tout cas, je le recommande vraiment.

vendredi 1 juin 2018

Le Dernier Continent, les Annales du Disque-Monde, tome 22, Terry Pratchett

Je n'ai pas lu de Pratchett depuis un bon moment (deux ans quand même). Et autant vous dire que l'humour de Sir Terry me manquait terriblement surtout qu'en ce moment, dans la vie, c'est pas tant la joie que ça. Alors, rien de mieux qu'une aventure de Rincevent et des mages pour éclairer un peu mon morne quotidien.

Le Dernier Continent, les Annales du Disque-Monde, tome 22, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2011
Titre en VO :  The Last Continent
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 397

A lire si :
- Vous aimez le personnage de Rincevent et les mages
- Vous voulez du dépaysement
- Vous aimez l'humour à l'anglaise

A ne pas lire si :
- Vous voulez qu'il arrive plein de malheur à Rincevent.
- Vous n'aimez pas les je-sais-tout

Présentation de l'éditeur :

Rincevent a trouvé le moyen de se perdre au milieu d'un désert, sur le Dernier continent du Disque-Monde... Il fait chaud, pas une goutte de pluie à l'horizon et la nature est hostile. Et puis, que lui veut ce kangourou bizarre qui parle ? Rincevent, pro de la fuite en toute circonstance est bien coincé. Et il ne sait pas encore que l'Université de l'Invisible le recherche d'urgence car la panique y est à son comble : le bibliothécaire est atteint d'une maladie étrange et ne peut plus assurer la garde des ouvrages de magie...

Mon avis

Il me semble que c'est le second tome que je critique ici avec pour héros (si on peut appeler ça un héros, nous sommes d'accord), Rincevent (le premier étant donc Tribulation d'un mage en Aurient). Rincevent, du moins les annales où il apparaît, ont toujours pour moi un petit gout d'appréhension. Disons que j'adore Rincevent en lui-même et que généralement, je n'aime pas ses aventures. C'est assez paradoxal, surtout que généralement dans les annales, lorsque je n'aime pas un personnage, je n'aime pas non plus ses aventures. Enfin bref, je commence déjà à m'égarer. Revenons à Rincevent.

Bon, ça fait un petit moment que j'ai lu les Tribulations, du coup, je ne me souviens plus trop de comment Rincevent est arrivé sur le dernier continent, XXXX (aussi nommé Quatrixs (mais pas ici, dans l'Atlas du Disque-monde, j'ai nommé Tout le Disque-Monde, dont il faudra que je vous parle un de ces jours quand je l'aurais fini) ou encore Iksiksiksiks). N'empêche que ça fait un moment qu'il y est et que rien ne va pour lui, comme d'habitude. Il passe son temps à fuir et à essayer de ne pas mourir, deux choses qu'il fait particulièrement bien (surement les seules d'ailleurs). Durant l'une des ses fuites, il va rencontrer un kangourou qui parle et qui lui annonce qu'il est une espèce de sauveur capable de faire tomber la pluie et donc de remettre de l'eau dans ce continent. Pendant ce temps, à l'Université de l'Invisble, les mages cherchent comment soigner le bibliothécaire avant que la Mort ne vienne le chercher et donc que l'un d'eux se voit dans l'obligation de prendre sa place parmi les livres. Pour eux, une seule solution, retrouvé Rincevent, capable de leur donner le vrai nom du Bibliothécaire. Après quelques péripéties, les voilà bloqués sur une petite île (Madame Panari ayant sans le faire exprès fermé la fenêtre permettant le passage entre l'UI et l'île) des milliards d'années avant leur naissance. Et là, ils vont avoir quelques ennuis. Le premier, la plupart d'entre eux semblent un peu trop attiré par une madame Panaris qui ne semble pas s'en rendre compte, le second, un dieu de l'évolution habite ici et fait quelques expériences.

Commençons par l'arc Rincevent. Si le mage le plus malchanceux de son temps, passe sa vie à fuir, c'est bien parce qu'il lui arrive cent problèmes à la minute. Autant dire qu'on n'a pas vraiment le temps de s'ennuyer avec lui. Ni avec toutes les personnages qu'il va rencontrer dans son périple. Dans ce tome, il est donc sur un continent ressemblant à s'y méprendre à l'Australie. Du coup, on ne s'étonne pas de retrouver une sorte de Mad Max en charrette, un patron de bar du nom de Crocodile, ou encore des travestis faisant pensant à ceux du film Priscilla, folle du désert. L'entourage du mage est donc haut en couleur et en verve pour le plus grand plaisir des lecteurs, surtout que Rincevent étant ce qu'il est, il lui arrive souvent d'être à côté de la plaque quant à ceux qu'il a en face de lui. Et je dois bien avouer que c'est finalement sa partie à lui qui m'aura le plus fait rire.

Côté mages de l'UI, s'ils restent toujours aussi rigolos pour moi, je les ai trouvé un peu en dessous par rapport à d'habitude. Il faut dire que les voir se crêper le chapeau pour madame Panari n'est pas quelque chose de franchement folichon. Heureusement, reste Cogite Stibon et l'économe. Pour Cogite, c'est le fait que lui soit jeune et pas encore totalement "mage" qui permet d'en fait une sorte de contraire aux autres et l'un des personnages les plus intéressants du groupe. Pour l'économe, j'ai toujours eu un faible pour lui et je l'ai trouvé ici encore plus ailleurs que d'habitude. IL n'en reste pas moins qu'on s'amuse bien tout de même avec eux, surtout lorsqu'ils essayent d'expliquer les relations sexuelles au dieu de l'évolution (un grand moment). Il n'empêche qu'ils vont finir par quitter l'île à bord d'un bateau-fruit. Mais celui-ci va mûrir et se décomposer un peu avant le continent XXXX (ce qui va donner l'occasion à l'économe d'inventer le surf d'ailleurs). Après avoir rencontré le créateur du dernier continent, ils finiront par rejoindre Rincevent qui lui réussira à sauver le pays.

Comme je le disais, j'ai adoré la partie Rincevent pleine de rebondissement et de références géniales à la pop culture des années 80-90. Pourtant, la partie Mages de l'UI est super sympathique vu qu'elle porte sur la théorie de l'évolution et que cette théorie vu par les mages est assez amusante à lire. A vrai dire, je pense que même si j'adore les mages, ils se prennent un peu trop la tête entre eux cette fois pour que j'accroche autant que d'habitude. En fait, pour moi, ils doivent forcément interagir avec un non-mage (et un non dieu aussi, tout comme pas une femme sinon on a droit aux mages modes idiots de base) pour que ça fonctionne vraiment.

Après, j'ai l'impression que tout dépend de mon état d'esprit lorsqu'il s'agit des personnages du Disque-Monde. Par exemple, j'ai toujours eu du mal avec Rincevent, du moins avec ce qui lui arrivait alors que j'adore normalement les mages. Pourtant, cette fois, c'est l'inverse. J'ai comme l'impression que plus je vieillis plus j'apprécie les histoires un peu plus sombres de Pratchett (d'ailleurs, plus il avançait dans l'écriture des annales plus il traitait de thèmes d'actualité et surtout de thèmes un peu plus sombre que ce qu'il avait pu faire au tout début) et du coup, les personnages qui je n'apprécient pas forcément revienne sur le devant de la scène qu'est mon petit cœur de lectrice. D'ailleurs, un de ces jours, faudra que je parle de la façon dont évolue mon avis sur tel ou tel livre ou tel ou tel personnage (alors oui, j'envisage un petit changement sur le blog depuis un moment, parler d'un peu plus de chose que simplement mes avis, je travaille sur ça en ce moment).

Au final, j'ai adoré ma lecture. Elle m'a fait un bien fou alors que j'avais un peu peur de le refermer en étant un peu déçu (comme pour Eric par exemple que je n'avais pas réussi à finir). Je regrette même qu'elle soit aussi courte (enfin, elle fait quand même presque 400 pages et je trouve ça court...). C'est un très bon Pratchett.

vendredi 18 mai 2018

Le Joueur, Fedor Dostoïevski

Voilà un petit moment que j'avais envie de me frotter à la littérature russe classique. Je sais que je ne m'attaque pas au plus simple avec Dostoïevski (en même temps, il semble que la plupart des auteurs russes classique ne sont pas simples, alors bon), mais j'avais entendu pas mal de bien de ce roman. Alors, je me suis lancée.

Le Joueur, Fedor Dostoïevski

Edition : Edition Libre de droit (oui, c'est pas la bonne couverture, mais je l'ai pas trouvé)
Collection : /
Année de parution : 2008
Titre en VO : Igrok
Année de parution en VO : 1866
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez la littérature classique russe
- Vous aimez les livres à la première personne
- Vous avez l'âme d'un joueur

A ne pas lire si : 
- Vous appréciez avoir un background détaillé dès le départ

Présentation de l'éditeur : 

Alexis Ivanovitch joue d’abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n’a pas misé seulement de l’argent mais sa vie elle-même. Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c’est tenter le diable, c’est aussi tenter Dieu. Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-sœur du général qu’il sert comme précepteur. C’est, dans la vie de l’auteur, Apollinaria, que Dostoïevski aima d’un amour douloureux. Autour d’eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain. Ce court roman, plein de brio, annonce toute l’œuvre de Dostoïevski. « Demain, demain tout cela finira », dit le joueur qui recommence à jouer éternellement.

Mon avis

Si je me suis attaquée au Joueur, c'est parce que je compte bien un de ces jours me lancer dans Crime et Châtiment. Avant d'être sûre de le faire, je voulais lire quelque chose de moins long et moins compliqué. Je ne suis pas sûre que moins compliqué soit réellement à mettre sur le compte de ce Joueur. 

Nous prenons l'histoire en chemin, si je puis dire. Alexei Ivanovitch débarque à Roulettenbourg pour retrouver son employeur, le Général, et sa famille. Du coup, le premier chapitre, bien que présentant les personnages, peut être un peu compliqué à appréhender. Alexeï ne prend pas la peine de nous dire qui est qui, on le découvre petit à petit, tout comme ce qui relie qui à quoi. Et s'il n'y a pas tant de personnages que cela qui gravitent autour du général, il est vrai que les diverses relations entre eux sont assez obscures au départ. Pourtant, ce sont bien elles qui portent le roman, tout autant que l'addiction au jeux de la roulette que va développer petit à petit notre narrateur.

Commençons donc par les personnages, d'ailleurs. Nous avons le narrateur, Alexeï, un jeune précepteur employé par le Général. C'est un homme vif, plutôt cynique et surtout éperdument amoureux. C'est cet amour, tout autant que le jeu qui finira par le perdre. J'ai beaucoup apprécié Alexeï même si parfois, j'avais bien envie de lui filer des baffes. C'est un personnage assez complexe en fait qui évolue rapidement pour tomber plus que bas. A ses côtés, on trouve l'objet de son désir, Paulina, jeune femme russe qui semble ne rien à voir à faire de lui et qui se moque régulièrement de son amour. Bon, elle est vu essentiellement par le prisme d'Alexeï et du coup, elle m'a un peu énervée, je dois bien le dire. Pour les autres, à part la Baboushka (court passage mais divertissant), ils m'ont paru assez fade et juste là pour montrer la grande gueule d'Alexeï. Pourtant, les interactions les plus pertinentes du narrateur ne sont pas avec Paulina mais bien avec les autres et plus particulièrement avec le petit français ou Mr Astley, l'anglais. L'auteur utilise ces deux personnages pour nous donner son opinion sur les mentalités des diverses nationalités et autant dire qu'il a un avis assez tranché sur les autres.

Ensuite, il y a l'histoire, et donc la descente aux enfers d'Alexeï. Je dois dire que si j'ai été un peu déroutée au départ, puisqu'on arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, passé le premier chapitre, tout va bien mieux. C'est finalement d'ailleurs une histoire assez classique. Le narrateur commence par ne pas comprendre la roulette puis doit y jouer pour une raison X ou Y (ici, il commence par jouer pour la Baboushcka puis pour Paulina et enfin juste pour lui) et enfin, fini par tomber dans l'engrenage infernal qu'est l'addiction aux jeux. J'ai apprécie de voir Alexeï essayait de ne pas succomber et puis tout doucement, sans même s'en rendre compte finir par se laisser aller. D'ailleurs, le moment où la folie du jeu s'empare de lui est assez génial à lire tant on a vraiment l'impression d'y être.

Enfin, DostoÏevski a un style plutôt agréable à lire, s'attardant peut-être parfois un peu trop sur les sentiments de son narrateur mais ce n'est pas si dérangeant que ça (enfin, si, une fois au moins lorsqu'il nous parle de son amour pour Paulina)(là oui, c'est un peu lourd on va dire, mais en même temps, il sait pas ce qu'il veut)(parfois, Alexeï m'a fait penser à une midinette, c'est pour dire...). En tout cas, c'est très sympathique à lire, que se soit pour les personnages et leurs interactions plutôt mouvementés ou pour l'histoire qui n'est finalement pas si simple que cela. Bref, une bonne découverte.

mardi 15 mai 2018

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

J'ai quelques livres de Vian dans ma PAL depuis un petit moment. Il est temps d'écluser un peu de ce côté, surtout que je n'avais pas envie de rester sur un échec après ma lecture de J'irais cracher sur vos tombes en 2015 (ça remonte quand même). Cette fois, c'est avec du théatre et de l'opéra que je retourne à Vian, sur un thème que je connais très bien, les légendes arthuriennes.

Le Chevalier de Neige suivi de Opéras, Boris Vian

Editeur : Le livre de Poche
Collection :
Année de parution : 1995
Nombre de pages : 476

A lire si :
- Vous aimez les pièces de théatres et les opéras
- Vous appréciez l'histoire de Guenièvre et Lancelot

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Vian à la sauce Ecumes des jours
- Vous préférez voir en live les pièces et opéras

Présentation de l'éditeur :

« Il va de soi que tout ceci ne peut finir que par la mort, et la beauté des romans vient aussi de ce que cette mort n'apparaît qu'au terme d'une très longue vie d'amour. »Ainsi Boris Vian, deux ans avant sa propre disparition, commente-t-il l'histoire des amours de Lancelot et de la reine Guenièvre, que nous conte cet étonnant Chevalier de neige. C'est en 1952 que les organisateurs du Festival dramatique de Normandie lui proposent d'écrire cette oeuvre, représentée l'année suivante devant dix mille spectateurs, pendant sept soirées consécutives. Une expérience que l'auteur de L'Écume des jours tente avec enthousiasme. Dans le respect de la légende arthurienne, qui voit le jeune Lancelot toucher à la sainteté après avoir traversé toutes les épreuves de la vie chevaleresque et de la passion amoureuse, il crée une forme théâtrale moderne, au rythme proche de celui du cinéma. En 1957 à Nancy, Vian eut l'occasion de transformer son texte en livret d'opéra : un genre nouveau pour lui, dont il va entreprendre d'explorer les possibilités à travers cinq autres livrets, d'inspiration très différente, réunis dans ce volume.

Mon avis

Quand j'ai commencé à lire ce livre, je me suis dit que j'allais avoir deux solutions pour lui : soit je m'ennuyais ferme à lire deux versions de la même histoire mais pour deux supports différents soit ça finissait par me plaire et Vian aurait réussi son pari de faire deux versions à la fois identique et différente de la même histoire. Bon, je ne vais pas vous faire patienter, j'ai coupé un peu ma lecture avec un autre livre pour ne pas avoir droit à la première solution. Et je pense vraiment que cela a été utile. Mais commençons par le commencement.

La première partie du livre nous explique pourquoi une pièce de théâtre et pourquoi un opéra tout en nous parlant de l'amour de Vian, arrivé tardivement, pour l'opéra. C'est intéressant si on se passionne pour l'auteur. Personnellement, ça ne m'a pas apporté grand chose de plus. D'ailleurs, toutes les parties entre les textes de Vian ne m'ont pas apporté grand chose de plus, elles sont sympathiques pour savoir comment l'idée a pu venir, comment tout fut mis en oeuvre et pourquoi on n'a pas la totalité de l'opéra version audio et puis c'est un peu tout. Avantage par contre, ça coupe plutôt bien entre les divers écrits de Vian.

Le Chevalier de Neige est donc tout d'abord une pièce de théâtre qui fut jouer au Festival de dramatique de Caen en 1953. Il la transforma par la suite pour en faire un Opéra pour l'opéras de Nancy en 1957 . Vian doit écrire l'histoire de Lancelot, il se lance donc dans celle de ces amours avec Guenièvre. Bon, le thème n'est pas follement original et d'ailleurs au final, Vian ne se veut pas des plus original dans son traitement et cela dans les deux versions (forcément, l'une découlant de l'autre). Je ne m'attarderais donc pas forcément sur l'histoire elle-même (il arrive à Camelot, il tombe amoureux, elle aussi, ils se cachent, sont découverts... bref, l'histoire classique).

A vrai dire, je ne sais pas trop à quoi j'aurais pu m'attendre. Le fait que je connaisse l'histoire et que j'ai eu l'impression qu'il allait un peu vite en besogne (mais en même temps, vu le format et le fait que l'histoire de Lancelot et Guenièvre durent quand mêmes des années et des années, c'est un peu logique). J'ai surtout été un peu déçu de pas retrouver la poésie des textes de Vian comme dans l'Ecume des Jours ou même l'Arrache-coeur. Étrangement, le texte ici m'a semblé plat. Alors, je suppose que pour les deux versions, manquant la musique, ça a une influence certaine (surtout pour l'opéra), mais tout de même. Après, j'avoue avoir une préférence pour le texte de l'opéra (plus musical du coup, ce qui est normal) qui condense celui de la pièce de théâtre, enlevant des parties qui ne servent pas forcément beaucoup dans la première et en remaniant d'autres de manière plus subtile.

Quant aux textes suivant, il s'agit soit des livrets des opéras, soit des textes pour certains. Pour les livrets, descriptifs de ce qu'il se passe de manière succinctes, c'est ennuyeux à lire. On perd vraiment beaucoup à ne pas voir l'oeuvre. Pour Fiesta, opéra en un acte, c'est déjà un peu plus sympa, même si j'avoue que les chants en canon sont quelque peu compliqué à lire. Fiesta est d'ailleurs marquant du fait de la violence qu'on retrouve dedans et qui semble presque "banale" (même soucis sur l'Arrache-Coeur en fait). Pour Lily Strada, opéra inachevé, je ne dirais pas grand chose (j'ai pas beaucoup aimé en fait, mais on a qu'une partie de l'acte un, donc il est dur de juger).

Au final, c'était intéressant à lire pour découvrir une nouvelle facette de Vian (il en avait pas mal en fait, ce monsieur un peu touche à tout). Mais, je suppose qu'il aurait été préférable d'avoir tout le contenu de la pièce et des opéras, c'est à dire, la musique, les décors et tout ce qui allait avec. Parce que là, parfois, c'était un peu plat quand même. Je regrette ne pas y avoir retrouvé la poésie du Vian que j'apprécie. Bref, c'était une lecture sympathique mais qui ne me marquera pas plus que ça.

lundi 7 mai 2018

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

J'ai beaucoup apprécié l’Âme du Mal, lu en mars. Du coup, je me suis jeté rapidement sur le tome deux de la trilogie de Chattam, In Tenebris. J'ai mis un peu plus de temps pour le lire (faute à mon kindle déchargé et mon câble introuvable pendant trois jours...)(on se refait pas), mais en même temps, c'était pas plus mal, j'ai pu l'apprécié plus longtemps.

In tenebris, La trilogie du mal, tome 2, Maxime Chattam

Editeur: Pocket
Collection : thriller
Année de parution : 2011
Format : AWZ

A lire si :
- Vous avez aimé le premier tome 
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur :

Chaque année, des dizaines de personnes disparaissent à New York dans des circonstances étranges. La plupart d'entre elles ne sont jamais retrouvées. Julia, elle, est découverte vivante, scalpée, et prétend s'être enfuie de l'Enfer. On pourrait croire à un acte isolé s'il n'y avait ces photos, toutes ces photos...
Annabel O'Donnel, jeune détective à Brooklyn, prend l'enquête en main, aidée par Joshua Brolin, jeune spécialiste des tueurs en série. Quel monstre se cache dans les rues enneigées de la ville? Et si Julia avait raison, si c'était le diable lui-même? Ce mystère, ce rituel... Dans une atmosphère apocalyptique, Joshua et Annabel vont bientôt découvrir une porte, un passage... dans les ténèbres.

Mon avis

In Tenebris commence à New York. Nous laissons donc Portland dans le retroviseur et traversons les USA pour la grosse pomme. Là, nous faisons connaissance avec Annabel O'Donnel, détective au sein du NYPD. La jeune femme et son équipe vont se retrouver confronter à une série d’enlèvement et de meurtre des plus ardus et des plus macabres. Dans le même temps, Joshua Brolin débarque lui-aussi à New York. Devenu privé suite à l'Âme du Mal, il enquête sur l'enlevement d'une jeune femme. Forcément, tout ce regroupe et Brolin et O'Donnel vont faire équipe pour trouver qui est derrière Caliban et les multiples disparitions.

Pour ce second tome, Maxime Chattam a décidé de changer pas mal de chose. Premièrement, la ville. Si j'ai apprécié Portland (qu'on ne voit que trop peu en littérature), le passage à New York ne m'a pas trop dérangée. La grosse pomme se prête plutôt bien au jeu, surtout pour l'une de ses légendes urbaines. Puis, NY sous la neige, c'est quand même bien sympathique. L'autre changement un peu perturbant, c'est celui de personnage principal. Bien que présent, Brolin n'est pas vraiment le héros du livre. Il a même tendance à passer en arrière plan sur une bonne partie du roman. A la place, c'est donc Annabel que nous allons suivre. Or, même si j'ai beaucoup aimé le personnage avec ses faiblesses et ses qualités, je l'ai trouvé un chouia en dessous de Brolin. Ou alors, tout comme elle, je me retrouve prise dans les flux charismatiques du privé.

D'ailleurs, parlons un peu personnage avant de parler de l'enquête elle-même. Comme je le disais, j'ai apprécié Annabel, la petite nouvelle. Elle n'est pas parfaite, elle souffre même pas mal. Faut dire qu'elle n'a pas une histoire facile puisque son mari a disparu peu après leur mariage sans laisser de trace. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle va se spécialiser sur les enlèvements. C'est un personnage que j'ai apprécié suivre mais qui en même temps m'a parfois un peu ennuyée. Je ne saurais trop expliqué pourquoi d'ailleurs. Avec elle arrive aussi toute une nouvelle équipe. Malheureusement, la mayonnaise a un peu moins pris de ce côté. Pas que les personnages ne soient pas bien, mais je m'étais fortement habituée à l'équipe de Portland. Et puis, enfin, il y a Brolin. J'avais aimé le personnage dans le premier tome, je l'aime encore plus maintenant. Parce que Maxime Chattam a su le faire évoluer sans tomber dans le pathétique. Et j'apprécie beaucoup la dite évolution. Brolin est le même tout en étant forcément différent. Il a resuccombé à la clope, à l'alcool aussi mais sans trop en faire (bref, c'est pas le flic bourrin qui se défonce tout le temps pour avoir la minime impression de vivre), il combat ses démons comme il peut, comme le ferait monsieur et madame tout le monde (enfin presque). Et puis, il y a tous les personnages secondaires qui sont là, présents sans trop l'être mais qui donne de la vie au récit.

Et enfin, l'enquête. L'Âme du mal annonçait le décors, les enquêtes de cette trilogie ne font pas dans la dentelle. Celle-ci m'a donné du fils à retordre. Vraiment. Si j'avais compris pas mal de chose très rapidement dans le premier tome, là, Chattam m'a prise au dépourvu dans ce second. Déjà, il faut vraiment attendre la fin pour comprendre le prologue (alors que dans le tome 1, il m'avait mise sur la voie très rapidement). Ensuite, je ne sais si c'est parce que l'histoire est bien tordue ou que c'est tellement macabre et flippant (enfin flippant n'est pas le mot, j'ai pas eu peur, disons plutôt perturbant), mais j'ai eu du mal à comprendre tous les indices (mais moi, je savais qui était Caliban dès le départ, pas le cas des flics)(par contre, j'avais pas compris de suite l'autre particularité du mot). IL n'empêche que petit à petit, nous plongeons dans l'horreur. Et que certains passages m'ont paru de trop (le coup de "l'église", toujours pas compris si ce n'est pour trouver le chien)(qui n'a pas grand interêt pour l'instant d'ailleurs). C'est un des défauts que je trouve au livre. Des passages trop longs, trop descriptifs et qui semblent ne pas servir à grand chose sur le coup. En même temps, ça donne l'impression de "piétinement" de l'enquête (on peut pas non plus tout résoudre d'un coup hein). N'en reste pas moins qu'elle était passionnante à suivre cette enquête et qu'en terme de mal, on se pose quand même bien là (d'ailleurs, je me demande jusqu'où va aller l'auteur pour le tome trois tant on est bien haut là quand même).

Au final, vous l'aurez compris, j'ai aimé, beaucoup. Il y a encore quelques défauts (je rappelle que la Trilogie du Mal fait partie des premiers livres de Chattam et qu'il faisait ses armes dessus)(et qu'il était alors déjà très bon, il n'y a pas à dire) mais franchement, je ne me suis pas du tout ennuyée avec cette lecture. Entre de bons personnages, une énigme des plus perturbantes, un New York qui change de la carte postale et un style efficace, je ne pouvais de toute façon qu'apprécier. Bref, vivement la suite.

vendredi 27 avril 2018

Comment dresser votre dragon, Harold et les dragons, tome 1, Cressida Cowell

Lundi 30, c'est l'anniversaire de ma fille. Elle va avoir 7 ans et j'avais envie de lui offrir un livre qu'on pourrait lire toutes les deux. Elle est en CP et commence à bien lire, seul problème, mademoiselle n'aime pas ça. Il fallait donc un bouquin qui pourrait l’intéresser. Et quoi de mieux que le livre qui a inspiré l'un des univers dont elle est le plus fan ? (dans l'idée, Dragons, ça fait trois ans que ça dure, et à la maison, ça va des séries aux films en passant par les peluches, les figurines et les tout nouveau playmobil). Mais avant de le lui offrir, fallait bien que maman le lise, non ? (l'excuse totalement bidon, nous sommes d'accord)(oui, le cadeau n'est pas du tout désintéressé, c'est pas la seule fan de la maison)

Comment dresser votre dragon, Harold et les dragons, tome 1, Cressida Cowell

Editeur : Hachette
Collection : /
Année de parution : 2018
Titre en VO : How to train yours dragons
Année de parution en VO : 2003
Nombre de pages : 2010

A lire si :
- Vous voulez un livre jeunesse fantasy qui ne se prend pas la tête
- Vous aimez les dragons et les viking
- Vous voulez rire

A ne pas lire si :
- Vous voulez un copier-coller du film (et un furie nocturne surtout)

Présentation de l'éditeur :

Harold fut sans doute le plus grand Viking que la terre ait jamais porté. Chef de guerre, combattant invincible et expert en sciences naturelles, il était célèbre aux quatre coins du monde barbare. Nul n'ignorait sa capacité extraordinaire à contrôler les reptiles les plus terrifiants. On l'appelait avec respect "celui qui murmure à l'oreille des dragons". Mais, dans son enfance, Harold n'avait pas toujours été aussi doué...

Mon avis

Donc, comme je le disais en introduction, nous sommes, ma fille et moi, de grandes fans de la saga Dragons chez Dreamworks. Mais comme je suis aussi une grande fan de livre, je ne pouvais pas ne pas lire les romans qui ont permis de donner naissance à l'univers des films. Et pour tout vous dire, ça fait parti des romans que j'aurais adoré lire lorsque j'étais enfant.

Dans ce premier tome, nous faisons la connaissance d'Harold, fils du chef viking de la tribu des Hooligans, un petit garçon de dix ans et demi qui n'a pas grand chose à voir avec ce qu'on imagine d'un viking. Le voilà dès le départ qui doit récupérer avec dix autres gamins du village de Beurk son dragon. Or, Harold va récupérer le plus petit dragon possible, un dragon qui n'a même pas de dent. Déjà qu'il est vu comme un incapable par les autres, tout cela ne va pas arranger ses affaires. Surtout qu'attraper le dragon n'était que la première partie de son rite de passage pour devenir un vrai héro viking. Maintenant, va falloir le dresser. Krokmou ne va pas vraiment se laisser faire et surtout, deux énormes dragons vont venir un peu tout gâcher.

J'ai beaucoup mais alors beaucoup aimé découvrir ce Beurk-là. Cressida Cowell réinvente le monde viking pour en faire quelque chose d'un peu absurde (il neige ou il pleut sur Beurk, fait jamais beau par exemple) et en même temps d'assez "vivant" pour qu'on y croit réellement. D'ailleurs, l'absurde et l'humour sont particulièrement présent dans ce roman avec quelques moments un peu plus dramatiques. J'ai régulièrement souris durant ma lecture. Ce qui est généralement un très bon point avec moi. Il faut dire qu'entre les vikings pas toujours très finauds et les frasques de Krokmou, il y a vraiment de quoi passer un très bon moment.

En parlant de Krokmou, j'ai adoré le personnage. Bon, j'ai adoré tous les personnages du roman en fait pour tout dire. Mais alors, le petit dragon est juste trop. C'est une véritable peste qui n'en fait qu'à sa tête avec un caractère de cochon. C'est le genre d’élément perturbateur que j'apprécie beaucoup, assez espiègle tout en étant adorable. Et puis la mise en place de sa relation avec Harold gagne beaucoup grâce au caractère du dragonnet. Un Harold que j'ai particulièrement apprécié du fait qu'il ne soit pas du tout un héros (comme pour le film, vous me direz, mais là, c'est encore plus flagrant je trouve). C'est un garçon banal qui n'a pas vraiment confiance en lui, qui préfère lire et apprendre que crier comme un idiot sur les dragons et les gens. C'est le genre de personnage qui plait beaucoup (et je sais qu'il plaira à ma fille, tout comme Krokmou).

Autre chose de vachement sympa, ce sont les illustrations qui parsèment le livre. Elles sont d'un style assez enfantin et plutôt rigolotes (et surtout, elles ont servi de modèles pour le film, Harold est particulièrement reconnaissable, tout comme le casque de Rustik ou les Terreurs Terribles). On ajoute à ça quelques fiches sur les dragons, une carte de l'archipel et le livre "comment dresser son dragon". 

Au final, j'ai beaucoup aimé. D'accord, si comme moi, on découvre bien après les films (et les deux séries), la différence est assez flagrante et étrange. Les deux ont beaucoup en commun et en même temps très peu (Krokmou est à l'origine un Terreur Terribles quoi). Mais le livre est un très bon roman jeunesse qui devrait plaire à tout le monde. J'espère réellement que ma fille va aimer (parce que je désespère de lui trouver des livres qui lui donnent envie de lire en ce moment). 

lundi 23 avril 2018

Le Deuxième Sexe, tome 1, Simone de Beauvoir

J'ai l'impression que cette année se place sous le signe du féminisme par ici côté essai. Il faut dire que c'est un domaine qui m’intéresse beaucoup (forcément) et sur lequel j'apprécie me documenter. Cette fois, je m'attaque à un des piliers du féminisme dit moderne, le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir.

Le Deuxième Sexe, tome 1, Simone de Beauvoir

Editeur : Folio
Collection : Essais
Année de parution : 1986 pour cette édition (elle a mon âge, c'est marrant) 1949 pour l'original
Nombre de pages : 408

A lire si :
- Vous vous intéressez au féminisme
- Vous appréciez les longs essais

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de plutôt court et condensé.

Présentation de l'éditeur : 

 Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la "réalité féminine" s'est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l'Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu'il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s'évader de la sphère qui leur a été jusqu'à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain.

Mon avis

Voilà un petit moment que je voulais lire le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Il y a plusieurs raisons à cela. La première c'est bien entendu pour son caractère de texte fondateur du féminisme dit moderne. La seconde, c'est pour ma culture générale. La troisième, parce que j'avais apprécié l'écriture de de Beauvoir sur Mémoire d'une jeune fille rangée. Bref, j'ai commencé le livre en début de mois et j'ai pris mon temps pour le finir. Parce que pour une première partie, il est vachement dense.

Sous titré Les Faits et Mythes, ce premier tome essaie de définir la femme de manière plutôt empirique, je dirais. De Beauvoir tente de répondre à la question "qu'est-ce que la femme". Pour cela, elle va analyser les faits et les mythes qui la définisse depuis le début de l'humanité. Elle va le faire de diverses manières. En premier, elle passera par la biologie, la psychanalitique et le matérialisme historique sans vraiment donner de réponses concrètes. Puis, se sera au tour de l'Histoire elle-même et de la place des femmes à travers les siècles et enfin des mythes, qu'ils soient littéraires ou plus quotidien.

Le Deuxième Sexe est souvent nommé "la bible du féminisme" est à la lecture de cette première partie, on comprend facilement pourquoi. S'il semble que de Beauvoir use de son expérience en tant que femme dans le second tome (qu'il faut que je m'achète...), dans celui-ci, elle redresse le parcours de la femme à travers les temps. Elle met aussi à mal le mythe de "l'éternel féminin" et celui d'une défaite face au patriarcat (puisqu'au final, il n'y a quasi pas eu de matriarcat dans l'histoire). Plus particulièrement, elle va mettre en évidence le fait que l'histoire de la femme ne s'est faite que par l'homme et que c'est pour cette raison qu'elle est ce qu'elle est en 1949 (et de nos jours, parce que cela n'a pas beaucoup changé à vrai dire). 

La première partie (biologie, psychanalyse et matériaslisme) a été un peu compliqué à lire, je dois l'avouer. Manquant de plusieurs points de référence et surtout ne connaissant pas forcément les auteurs, scientifiques et philosophe cités par de Beauvoir. Elle m'a aussi semblé pour le coup un peu trop pleine de généralité, style on enfance des portes ouvertes. Je suppose que c'est surement parce que je ne découvre pas le féminisme et que forcément ce qu'elle énonce, je le connais. Elle reste tout de même particulièrement intéressante surtout lorsqu'on découvre que finalement, l'image de la femme n'a été traité quasiment que par des hommes. S'appuyant sur les dires des dits hommes, de Beauvoir tente de les contredire et y arrive bien souvent. Il n'empêche que rien que dans cette partie, elle a tout dit de la place de la femme dans le monde humain. C'est celle que l'homme veut bien lui faire prendre.

La seconde partie est intéressante aussi puisqu'elle définit la place de la femme dans le monde par rapport à l'histoire. C'est là qu'on se rend compte à quel point les évolutions technologiques et matérielles ont façonnés l'humanité et l'image qu'elle se fait de ses membres. Et déjà dans cette partie historique, on commence à entrevoir les mythes de la femme. A chaque évolution (la cueillette, l’acquisition de la propriété...), le rôle de la femme perd de sa nature presque divine (dans le sens où elle est la terre elle-même, où elle personnifie celle-ci) pour en arriver à la place qu'elle tient au moment de l'écriture de l'essai.

Enfin, la dernière partie est intéressante puisqu'elle parle du mythe même de la femme. Si on peut trouver longue toute la partie sur comment elle est vu par les écrivains, elle n'en reste pas moins la partie qui prouve que l'image de la femme se construit aussi par les arts et par les hommes. Elle choisir des auteurs de son époque (ou du siècle précédent), plutôt connus et surtout lus par pas mal de monde. Elle montre par rapport à leurs œuvres de quelle manière la femme est vue (et à part pour Stendhal, ce n'est pas joli-joli) et comment cela peut donc être vu pour le commun des mortels. On découvre alors qu'il n'y a pas une vision de la femme mais plusieurs et que peu sont bénéfique pour la femme elle-même. Puis, dans un court chapitre, elle passe au mythe plus quotidien. Un chapitre que j'aurais voulu un peu plus long mais qui présage surement de ce que sera la seconde partie.

IL y a beaucoup de chose intéressante dans ce premier tome et d'autre qui le sont un peu moins. Je déplore qu'elle ne parle que de l'occidentale, de la femme française (un peu de l'américaine aussi). Le peu de fois où la femme orientale apparaît, elle est fort peu traitée ou alors pour dire que les orientaux sont pires que les occidentaux (une pointe de racisme chez de Beauvoir ?). Mais même s'il manque la femme orientale ou la femme africaine, ce que de Beauvoir énonce n'en reste pas plus vraie. La Femme est l'Autre, un être dont l'homme a besoin pour se définir mais qu'il ne peut considérer comme son égale jusque là. Il existe bien une séparation entre les deux sexes, dut aux mythes qui les entourent tous deux. D'ailleurs, il est appréciable de voir que dans les derniers chapitres du livre, de Beauvoir annonce bien qu'il en va de même pour l'homme par rapport à la femme. Les deux sont des étrangers qui permettent de se définir entre eux. Il n'en reste pas moins qu'à cause de la vision patriarcale du monde, et cela depuis quasiment le début de l'histoire de l'humanité, la femme semble être en dessous de lui dans la hiérarchie qu'il a lui-même construit. Pourtant, ce n'est au final pas le cas. Mais pour le moment, de Beauvoir ne propose pas vraiment de solution. Elle pose surtout les bases. Des bases que tout le monde devrait connaitre pour un peu mieux comprendre ce qu'il se passe à notre époque, car ce qui était vrai en 1949 l'est toujours en 2018 (malheureusement).

Au final, ce premier tome est un très bon début pour comprendre pourquoi le féminisme existe et pourquoi la femme est oppressée par l'homme depuis des millénaires. Il n'accuse pas vraiment (si ce n'est dans la partie Mythe), il dresse seulement un constat. Un constat que tous devrait lire et sur lequel tous, homme et femme, devraient réfléchir. Rien qu'avec ça, je pense qu'on pourrait pas mal avancer. C'est un essai à lire, que l'on soit femme ou homme, qui fait réfléchir et surtout (et malheureusement dirais-je) qui reste encore d'actualité. 

J'ai hâte de me plonger dans le second tome, même si cela ne sera pas pour de suite. Il faut le temps de digérer la tonne d'information que l'on trouve dans ces 408 pages.

vendredi 13 avril 2018

Dix petits nègres, Agatha Christie

J'ai récupéré il y a quelques temps quelques livres de madame Christie. Je ne l'ai pas lu depuis mon adolescence et j'avoue ne garder que de très très vague souvenir de ses lectures. D'ailleurs, je commence avec un des livres que j'ai lu mais dont je ne me souvenais absolument pas, les Dix petits nègres (qui en plus de ça doit être un des plus connus...).

Dix petits nègres, Agatha Christie

Editeur : Edition du Masque
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : Ten Little Niggers
Année de parution en VO  : 1939
Format :epub

A lire si :
- Vous aimez le mystère
- Vous aimez chercher pendant un long moment qui peut être le tueur

A ne pas lire si :
- Vous voulez des réponses rapides
- Vous n'aimez pas les huis-clos

Présentation de l'éditeur : 

Dix personnes apparemment sans point commun se retrouvent sur l'île du Nègre, invités par un mystérieux M. Owen, malheureusement absent. Un couple de domestiques, récemment engagé, veille au confort des invités. Sur une table du salon, dix statuettes de nègres. Dans les chambres, une comptine racontant l'élimination minutieuse de dix petits nègres. Après le premier repas, une voix mystérieuse s'élève dans la maison, reprochant à chacun un ou plusieurs crimes. Un des convives s'étrangle et meurt, comme la première victime de la comptine. Une statuette disparaît. Et les morts se succèdent, suivant le texte à la lettre. La psychose monte. Le coupable se cache-t-il dans l'île, parmi les convives ?

Mon avis

Je sais avoir lu une première fois Dix petits nègres lorsque je devais avoir dix ou douze ans. Malheureusement pour moi, je ne garde aucun souvenir de cette première lecture. Enfin malheureusement, pas tant que ça, puisque je peux le relire à présent sans savoir qui est le meurtrier, ce qui n'est pas plus mal. En même temps, peut-être que si je m'en souvenais, j'aurais lu le roman d'une autre manière, cherchant les indices pour retrouver sa culpabilité. Bref, je préfère tout de même redécouvrir le roman sans me prendre la tête "comment j'ai pas vu ça la première fois". Mais revenons à nos moutons, où plutôt à nos dix petits nègres.

Huit personnes sont invités à venir passer des vacances sur l'île du Nègre. Elles ne se connaissent pas le moins du monde, ne savent pas réellement qui les a invités. Pire encore, en arrivant sur l'île, leur hôte n'est pas là, seuls s'y trouvent le couple de domestique. Mais dès la première soirée, les vacances tournent court. Un étrange enregistrement leur reproche des crimes. Et tout aussi rapidement, la première des dix personnes sur les lieux meurt dans d'étranges circonstances. Très vite, elle est suivie par d'autres. Pour ne rien arranger, une tempête éclate. La suspicion est à son comble, tout le monde pourrait être le meurtrier. 

Si les Dis petits nègres est un roman hyper connu, je pense vraiment que c'est pour tout l'aspect psychologique de la chose. Autant j'adore chercher des indices sur qui tue qui, autant, ici, j'ai surtout apprécié voir comment les divers personnages se rendent tous complètement parano les uns et les autres. C'est drôlement bien fait, la tension monte à chaque chapitre, chaque nouvel événement. La psychologie des personnages nous est révélée petit à petit de la même manière. On découvre alors ce que la nature humaine peut faire de pire dans ce genre de cas et on se retrouve plutôt proche des archétypes qu'on pourrait trouver dans les récits apocalyptiques de maintenant (la vieille bigote, celui qui veut tout diriger, celui qui vire complètement barge et j'en passe...)(sauf que là, pas d'apocalypse à proprement parler, et ça fonctionne super bien). Mais, en même temps, cela pose le problème du stéréotypes des personnages. Ils sont tous ce qu'ils devraient être sans la moindre petite déviation. C'est un peu dommage, puisque du coup, nous n'avons pas la moindre surprise sur ce qu'ils vont faire. Heureusement que le meurtrier reste secret jusqu'à la fin du roman.

Il est aussi intéressant de voir et de savoir surtout, que madame Christie, bien souvent, ne savait pas qui précisément qui serait le meurtrier au moment où elle commençait son livre (elle devait bien en avoir une idée mais pas complètement en fait). Pourtant, dans ce roman-là, je suppose qu'elle le savait dès le début, voir très rapidement pour pouvoir suivre à la lettre la comptine des dix petits nègres qui rythme les meurtres dans l'île. Au du moins qu'elle devait avoir une petite idée entre certains personnages. Ce qui fait, pour moi du moins, que tout son développement, sa façon de faire avancer son histoire est presque extraordinaire. Pourtant, connaissant la fin, je me rends compte qu'au final, il était plutôt facile de trouver le meurtrier. Les indices étaient bien là, mais tellement absorbé par le mystère et les personnages, je n'ai pas su les voir de suite (et pourtant, sont gros, les indices justement). 

Au final, j'ai pris plaisir à redécouvrir ce roman et à suivre le mystère de l'île au Nègre. Le livre comporte quelques défauts pour moi, les personnages trop stéréotypés et du coup un peu léger, une fin qui enlève tout le mystère (même si j'avoue que j'ai adoré savoir qui est le meurtrier au final) ou encore des passages un peu trop rapide. Il n'en reste pas moins un classique dans le roman policier et un divertissement appréciable. 

mardi 3 avril 2018

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

J'avais envie ce week-end d'une lecture rapide. Comme j'ai quelques nouvelles dans le kindle, je me suis lancée avec celle-ci, récupérée en octobre. 

Les Hommes-Brouillard, Aude Reco

Editeur : Autoédité
Collection : /
Année de parution  2017
Format : AZW

A lire si :
- Vous avez une vingtaine de minutes devant vous
- Vous voulez de la SF douce

A ne pas lire si : 
- Vous voulez une nouvelle qui fait peur

Présentation de l'auteure : 

Une frégate organique volante, une ville désertée et une brume qui empeste l’œuf pourri.
Dans une cité autrefois vivante, le capitaine d’un navire marchand et son lieutenant partent en quête d’une lumière capable d’alimenter une étrange cargaison.

Mon avis

Aude Reco est une auteure hybride, aussi bien édité par voix "classique" qu'autoédité. Si je n'ai pour le moment pas lu un seul de ses textes, je dois bien avouer que ces divers univers m'inspirent assez. Alors, pourquoi ne pas commencer par une nouvelle, histoire de voir si j'accroche avec son écriture.

Les Hommes-Brouillard est une nouvelle de science-fiction plutôt soft. Je veux dire par là que le côté SF est bien présent mais qu'il n'est pas forcément l’élément le plus remarquable de la nouvelle ni le plus envahissant. Il permet de mettre en place l'univers et puis, on pourrait presque l'oublier. C'est quelque chose que j'apprécie, que le genre ne prenne pas toute la place dans la nouvelle, qu'il se fasse un peu oublier pour en venir à l'histoire elle-même. 

Ici, nous suivons Aram, capitaine d'une frégate organique (que j'aurais peut-être voulu voir un peu plus mais format court oblige, l'auteure devait se concentrer sur autre chose) et son lieutenant Nazani. Alors qu'ils arrivent près d'une cité normalement bien vivante, ils découvrent une ville endormie et un étrange brouillard qui pue l’œuf pourri. Tout cela ne dit rien qui vaille au capitaine, surtout qu'il n'est pas là juste pour son bon plaisir. Il a besoin de rencontrer quelqu'un devant lui fournir de quoi alimenter sa cargaison.

Il y a deux choses qui m'ont marqué dans cette nouvelle. La première, c'est la facilité qu'à le lecteur a entré dans l'univers. L'auteure ne perd pas de temps à nous faire une description de celui-ci. On entre directement dans l'action tout en découvrant petit à petit ce qui le compose. Et ce n'est absolument pas déroutant puisque particulièrement bien foutu. Un seul bémol à cela, un paragraphe que j'aurais peut-être voulu un peu plus développé sur la compagne du capitaine et ce qu'elle fait. Mais en même temps, cela fait partie du mystère de la cargaison du navire et puis, comme je le disais, le format court ne permet pas toujours de faire plaisir à tous les lecteurs. La seconde, ce sont les descriptions dans la nouvelle. On se croit vraiment à la suite d'Aram dans cette ville endormie. Elles sont particulièrement vivantes et servent à merveilles le côté très mystère de la nouvelle. 

Mais si j'ai beaucoup aimé, certaines choses m'ont moins plus. Le côté ultra mystérieux de la marchandise, de la mission même d'Aram est mis en avant et pourtant, ce n'est pas l'important dans la nouvelle. Pourquoi le mettre en avant de cette manière si c'est au final pour ne pas en parler ? J'avoue que cela m'a un peu perturbé. Ensuite, il y a la fin de la nouvelle. Je ne saurais trop dire pourquoi mais elle m'a semblé un peu trop facile. Enfin, cela n'enlève rien au fait que j'ai beaucoup aimé ce que j'ai lu.

Pour finir, j'ai apprécié cette petite lecture. J'ai découvert une auteure avec un style plaisant qui n'hésite pas à nous donner de supers descriptions sans en faire trop (sans vouloir m'avancer, je pense que le fait qu'elle écrive aussi du gothique y fait beaucoup). La nouvelle m'a plu, elle est pleine de qualité et j'avoue qu'elle me donne bien envie de m'offrir le recueil dont elle est tirée. Bref, une bonne découverte.

vendredi 30 mars 2018

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Je dois bien avouer que n'étant pas une spécialiste (mais alors pas du tout) de l'univers de Sir Conan Doyle, j'ai pris ce roman pour la seule et bonne raison qu'il fait partie de la collection du mois du Cuivre de Bragelonne. Oui, pour moi, c'est suffisant. Mais que peut donc donner le grand frère de Sherlock dans une aventure rien qu'à lui ?

Mycroft Holmes, Kareem Abdul-Jabbar et Anna Waterhouse

Editeur : Bragelonne
Collection : Mois du Cuivre
Année de parution : 2016
Titre en VO : Mycroft Holmes
Année de parution en VO : 2015
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous voulez une lecture facile
- Vous appréciez l'univers Holmesien

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les raccourcis

Présentation de l'éditeur : 

Tout juste sorti de Cambridge, Mycroft Holmes commence déjà à se faire un nom au sein du gouvernement. Ce diplomate des plus britanniques entretient des liens forts avec la lointaine île de Trinité, où est né son meilleur ami Cyrus Douglas et a grandi Georgiana Sutton, sa fiancée. Lorsque des rumeurs courent autour de mystérieuses disparitions à Trinité, d’étranges empreintes dans le sable et d’esprits attirant à la mort des enfants retrouvés vidés de leur sang, le trio se retrouve pris dans un tissu de sombres secrets qui se révèlent de plus en plus dangereux..

Mon avis

Comme je le disais, je connais fort peu l'univers de Sherlock Holmes. J'ai lu quelques nouvelles dont je ne me souviens pas vraiment été plus jeune, j'ai regardé la série animé de Myazaki, quelques adaptions ciné et pis c'est tout. Donc, pour moi, ce Mycroft Holmes était l'occasion de rentrer dans cet univers-là sans passer par son personnage principal. Un Sherlock qui pourtant reste toujours très présent dans mon esprit. Mais parlons un peu du livre.

Nous voici à suivre Mycroft Holmes, alors âgé de vingt trois ans. Le jeune homme commence à se faire un nom au sein du gouvernement britannique, est fiancé à Georgianna Sutton et a pour ami Cyrus Douglas, originaire de Trinidad. Sa vie semble aller pour le mieux si ce n'était le départ de sa fiancée pour Trinidad suite à d'étranges rumeurs corroborées par Douglas. Ni une, ni deux, Holmes décide de s'y rendre. Mais, on s'en doute, tout cela ne va pas être de tout repos pour lui et son ami Douglas. Ils vont mettre à jour une affaire qui les dépasse...

Ce roman se veut initiatique. Il nous fait passer du jeune Mycroft a qui tout souri et ce qu'il devient dans les aventures de son frère cadet. Si les aventures iniatiques ont tendance ces derniers temps à me saouler un peu (c'est quasi toujours la même chose, surtout en fantasy), j'avoue que celle-ci me change tout de même un peu. Pourquoi ? Parce que le personnage est connu et qu'il est agréable de voir comment il peut être imaginer plus jeune par quelqu'un d'autre que son auteur de base. J'aime beaucoup voir comment un auteur (bon deux ici en l’occurrence) arrive à s'approprier un personnage. Malheureusement, pour moi, c'est aussi sur ce point que le bât blesse.

Le jeune Mycroft m'a beaucoup, trop surement même, fait penser à son frère, Sherlock. Il semble que se soit logique, même dans l'univers de Doyle. Mais le côté jeune chien fou à l'intelligence hors du commun et qui fait que tout le monde ou presque se sent ridicule à côté de lui colle trop pour moi à l'image que je me fais de Sherlock la plupart du temps. Et je dois dire que chez Mycroft, cela me gêne un peu. Peut-être parce que je trouve que les auteur-rice-s en font trop par rapport à ses aptitudes. C'est à dire que plus on avance dans la lecture, plus on se doute qu'il va réussir parce qu'il est trop fort. Mycroft ne semble quasiment pas avoir de défauts, si ce n'est ses qualités (coucou la phrase qui semble ne rien vouloir dire). 

Malheureusement, ce n'est pas le seul point qui me turlupine dans ce roman. J'avoue l'avoir trouvé trop rapide. Beaucoup de raccourcis me semblent être pris. Et cela vient aussi du fait que Mycroft est trop intelligent (heu, franchement, le coup de "mais c'est tellement simple que je vais pas m'expliquer", ça va une fois, plus, ça devient saoulant). Et en même temps, alors que l'on passe trop rapidement sur des événements qui me semblent important à la compréhension de tout ce que soulève Holmes et Douglas, on perd un temps fou sur des trucs qui ont une moindre importance. Comme si les auteur-rice-s ne savaient pas trop quoi faire de leur histoire à cause du caractère de leur héros.

Mais ne vous inquiétez pas, il n'y a pas que du négatif dans le roman. J'ai apprécié Mycroft malgré ses gros défauts de fabrication. Du moins, je n'ai pas toujours eu envie de lui mettre des baffes pour qu'il se réveille un peu et devienne plus humain. Son comparse, Douglas, est bien foutu. Mais le plus intéressant, c'est leur amitié. Douglas est un homme noir. A l'époque (durant le règne de Victoria), si l'esclavage n'existe plus, les noirs ne sont toujours pas considérés comme des hommes à part entière par une grande partie de la population. Or, Holmes se fichent totalement de la couleur de Douglas. Ils sont amis parce qu'ils ont les mêmes valeurs, le même esprit. D'ailleurs, Holmes fait rarement cas de la couleur de peau ou des origines de ce qu'il croise. C'est appréciable, surtout comparé au racisme que peuvent montrer les adversaires des deux personnages ou même juste leurs contemporains. 

Ensuite, il y a tout l'ambiance du roman. Bien que je ne sois pas fan de base de colonialisme, j'avoue que ce qu'il se passe à Trinidad à l'époque du roman est intéressant à voir. Surement aussi parce que l'île est une sorte de melting pot de plusieurs nationalité et de croyance. Sans être dans le Steampunk pur et dur (puisqu'il fait parti de la collection du mois du Cuivre, il faut bien en parler), il en garde aussi une certaine ambiance bien que ce ne soit pas celle que je préfère personnellement (ça manque de brouillard et de mystère à mon gout).

Au final, Mycroft Holmes, le roman, et à l'image de son personnage, un peu trop jeune, un peu trop foufou et pas assez développé. Il se laisse lire mais laisse aussi le lecteur avec trop de question sur certaines choses, préférant croire que celui-ci est aussi doué que son héros (pour info, c'est pas le cas, nous n'avons pas toutes les billes en main pour l'être). Finalement, je pense qu'il ne convaincra pas toujours les pros de l'univers Holmesien mais que pour les gens comme moi, il reste une lecture agréable mais pas inoubliable. 

mardi 20 mars 2018

L'Ame du mal, la Trilogie du Mal, tome 1, Maxime Chattam

Parce que ma mère avait oublié son livre à la maison et que je lui ai fait prendre un Chattam, je me suis dit qu'il était temps de lire ceux qui traînent dans ma liseuse. Et pourquoi ne pas commencer avec la Trilogie du Mal dont j'ai toujours entendu du bien.

L'Ame du mal, la Trilogie du Mal, tome 1, Maxime Chattam

Editeur : Pocket
Collection : Thriller
Année de parution : 2003
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les thrillers à l'américaine
- Vous appréciez les séries comme les experts ou Esprits Criminels

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas quand ça parait trop réaliste.

Présentation de l'éditeur : 

Pas plus que sa jeune acolyte, le profileur Brolin ne pense que les serial killers reviennent d'outre-tombe. Fût-il le bourreau de Portland qui étouffait et vitriolait ses victimes avant de les découper. Mais le bourreau est mort et le carnage se poursuit. Le nouveau tueur agit-il seul ou fait-il partie d'une secte? Pure sauvagerie ou magie noire?
Brolin a peur. Cette affaire dépasse tout ce qu'on lui a enseigné. S'immerger complètement dans la psychologie d'un monstre, le comprendre afin de prévoir ses crimes, devenir son double, tels sont les moindres risques de son métier. Peut-on impunément prêter son âme au mal?

Mon avis

J'apprécie toujours les thrillers mais je n'en lis pas beaucoup (j'ai du en chroniquer ici une dizaine en 6 ans de blog)(putain, j'ai oublié l'anniversaire du blog le 28 février :( ). Mon plus gros problème, c'est que je vois un peu trop rapidement ce qu'il va se passer. Et ça me bloque un peu. Mais je sais que souvent, avec mes compatriotes, je peux être surprise. Et pour cette Ame du mal, si je n'ai pas été surprise par le dénouement, je l'ai été par la violence de l'histoire en elle-même.

Dans les trois premiers chapitres, nous découvrons le Bourreau de Portland, un serial killer qui prélèvent les avant-bras de ses victimes et leur brûle le front à l'acide. Alors qu'il va faire une nouvelle victime, Juliette Lafayette, il est abattu par l'inspecteur Joshua Brolin. Tout finit bien donc pour Juliette, sauvée in-extremis des griffes du mal. Mais voilà qu'un an après, une nouvelle femme est assassinée. Le nouveau meurtre porte la signature du Bourreau, même la brûlure à l'acide du front qui  n'a jamais été divulguée par la police. Qui peut bien être le copycat ? Joshua Brolin va se retrouver sur l'enquête, aidé par Juliette. 

Comme je le disais, je n'ai pas vraiment été surprise par le dénouement. Cela à cause de ce que je nomme la "Règle Agatha Christie", à savoir que le coupable doit apparaître dès le début et ne pas sortir du chapeau de l'auteur à trois chapitres de la fin (en réalité, c'est Jorge Luis Borges qui "édita" les règles, mais pour moi, je ne sais plus trop pourquoi, ça a pris le nom de Christie)(surement parce qu'elle, je l'ai lu et pas lui)(enfin bref, là n'est pas la question) mais aussi à cause des séries policières que j'ai pu dévoré depuis mon adolescence. Du coup, effectivement, j'avais vite compris et le dernier maillon m'est apparu tout aussi rapidement. Il n'empêche que si je râlais parfois de la "lenteur" de Brolin à découvrir tous les maillons le menant au coupable, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde en lisant le roman, qui est d'ailleurs un très bon page-turner.

Si le déroulement de l'enquête est passionnant, c'est grâce à deux choses. La première, les personnages. Qu'ils soient principaux (Brolin, Juliette) ou secondaires (Larry, les autres policiers, Camelia), ils sont bien définis et tous plutôt sympathiques. Alors, je n'ai pas apprécié tout le monde, Juliette par exemple m'a un peu énervé par moment, mais c'est aussi ça que j'apprécie dans les romans, avoir mes petits chouchous et ceux à qui je filerais bien des baffes (comme dans la vraie vie quoi). La seconde, c'est le fait que Maxime Chattam sait de quoi il parle lorsqu'il décrit les procédures policières (il a suivi une formation d'un an en criminologie, je rappelle). Ça rend de suite le roman plus "vivant". Lorsqu'il parle des indices, de leur viabilité, des procédures, ça sonne vrai. Et qu'est-ce que c'est agréable (même si parfois, j'y comprends pas grand chose). 

Puis, une chose que j'ai bien aimé aussi, ce sont toutes les petites références que l'auteur glisse dans son roman. Son tueur en série apprécie la littérature, il se sert de la Divine Comédie et a un joli Necronomicon chez lui. D'ailleurs, il y est fait référence au moins deux fois à ce petit grimoire fort sympathique en peau humaine (ça me fait penser qu'il faudrait que je finisse de le lire moi, le Necronomicon). Bon il n'y a pas que ça, mais comme je suis dans la lecture du Necro, ça m'a bien fait rire sur le coup.

Au final, j'ai adoré ma lecture, bien qu'un peu trop rapide peut-être (en même temps, quand tu es en vacances, que tu n'es pas obligée de te coucher tôt ni de te lever tôt, tu m'étonnes que je le finisse en un jour et demi). J'ai apprécié pouvoir me plonger dans l'enquête, surtout que Brolin est un personnage fort sympathique et attachant. Une enquête somme toute assez violente et qui n'épargne pas grand chose à ses personnages ni à ses lecteurs. Bref, c'était bien sympa à lire, et il me tarde de continuer la trilogie.