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lundi 9 décembre 2019

De Meute à Mort, tome II-1, Rois du Monde, Jean Philippe Jaworski

Dites bonjour à la sublime erreur de débutante en lecture de saga. J'ai oublié le plus gros de ce qu'il s'était passé dans le tome 1 de Rois du Monde et je ne l'ai pas relu avant de commencer la première partie du second tome (alors, oui, ça a l'air un peu compliqué la numérotation, sachant que Chasse Royale comporte pour l'instant 4 partie, soit quatre livres). Bref, j'ai un peu galéré au départ et puis, c'était parti pour une lecture des plus passionnantes

De Meute à Mort, tome II-1, Rois du Monde, Jean Philippe Jaworski

Editeur : Folio
Collection : SF
année de parution : 2018
Nombre de pages : 465

A lire si : 
- Vous aimez l'histoire Celte
- Vous aimez les batailles
- Vous 

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les histoires imbriquées.
- Vous n'aimez pas vous perdre avec trop de noms

Présentation de l'éditeur : 

Voici neuf ans que le haut roi Ambigat m’a admis à la cour du Gué d’Avara. Voici neuf ans que j’ai trouvé ma place parmi les héros bituriges.
Toutefois, quoiqu’il demeure redoutable, le souverain vieillit. Sa force vitale s’épuise et les royaumes de la Celtique déclinent. Nos troupeaux sont malades. Nos blés pourrissent sur pied. Les jeunes fils du souverain meurent… La disette et le mécontentement grondent au sein des tribus. Si les dieux se sont détournés du haut roi, que feront les chefs des nations clientes ? Certains ne rêvent-ils pas de renverser Ambigat, de s’emparer du pouvoir, de restaurer la prospérité ?
Et moi, Bellovèse ! Moi qu’Ambigat a jadis privé de son père et de son royaume ! Moi qu’Ambigat a naguère voué à la mort ! Moi qu’Ambigat a fini par admettre parmi les siens ! Quel parti épouserai-je ? Deviendrai-je un chasseur de roi ? Ou serai-je le jeune roi traqué par la meute ?

Mon avis

Comme je le disais, j'ai fait l'erreur de ne pas relire le premier tome de la série, à savoir Même pas Mort, que j'avais lu en 2015. Quatre ans, ça fait quand même beaucoup, surtout qu'entre temps, j'ai lu beaucoup beaucoup. C'était une erreur donc. Si je me suis souvenue des grandes lignes de l'histoire et de quelques personnages, j'ai quand même oublié beaucoup de celle-ci. Heureusement pour moi, ce n'a finalement pas grande influence sur ma lecture (je m'adapte facilement la plupart du temps à ce problème-là, je ne remercierai d'ailleurs jamais assez la Roue du Temps pour ça...).  Bref, ce fut une erreur mais elle n'a pas porté préjudice à ma lecture. Par contre, je m'en souviendrais pour les prochains tomes. Car, si entre Même pas mort et De Meute à Mort, cela dérange peu, d'après moi, ça ne sera pas le cas avec les suites. Bref, on va pouvoir commencer maintenant.

Depuis neuf ans, Bellovèse fait partie de la cour d'Ambigat, son oncle, mais aussi l'assassin de son père. Il a fait son trou, et devenu un héros biturige. Tout semble allait pour le mieux pour lui et pour son frère, Ségovèse. Pourtant, alors que les troupes du roi se rendent à Autricon pour fêter l'arrivée de l'été. Là sera rassemblé le gradin du monde Celte, les rois sous les ordres d'Ambigat et leurs héros. Mais en neuf ans, la Celtique a du supporter nombre famines et malheurs. Les rois n'ont plus confiances en leur chef et projettent de le destituer. Bellovèse se retrouve pris entre deux feux. De part sa lignée, il devrait être contre son oncle mais sa fidèlité va au Haut-Roi. Quel camps va-t-il choisir ?

Avec cette première partie, Jean-Philippe Jaworski promet du très très lourd. Alors que le premier tome prenait son temps, ici, nous ne l'avons plus. Et nous comprenons parfaitement pourquoi l'auteur a divisé son second tome en plusieurs livres. Seulement trois jours s'étalent dans ce roman mais quel trois jours. Le livre commence par une chasse, celle d'un magnifique dix cornes (un cerf donc), vu par Ségovèse. La jeune cour, fidèle au prince, part à sa poursuite, laissant la cour d'Ambigat en plan. Ce sont des prémices, une sorte de prophétie sur ce qu'il va se passer par la suite. Dès le départ, on voit donc le talent de l'auteur quant à la mise en place de son histoire. Un talent déjà aperçu dans ses autres livres. La chasse permet aussi de remettre un peu tout en place, notre ami Bellovèse étant bavard (heureusement, parce que sinon, j'aurais été bien perdue moi). Suite à cette chasse, on se retrouve à Autricon pour fêter le nouvel été. A partir de là, j'avoue avoir eu du mal à lâcher mon bouquin. 

Tout l'art de l'auteur se déploie. Imaginez donc quelques trois cents pages de batailles, de ruse, de combats, mais aussi de culture celte, de magie... Forcément, c'est tout ce que j'aime et j'ai pris grand plaisir à suivre tout ça. Mais surtout, je me suis sentie rapidement prise dans l'univers grace à l'écriture de monsieur Jaworski. C'est quelque chose dont je parle presque toujours dans mes avis sur ses livres mais il faut dire que c'est vraiment ce qui me marque chez lui, cette manière de faire parler ses personnages et, du coup, d'embarquer le lecteur avec lui. Dans les scènes d'actions, c'est encore plus vrai. Bellovèse (et son auteur donc) ne nous épargne pas grand chose (mais ne tombe jamais dans le gore, me faites pas dire ce que j'ai pas dit). Dans les scènes plus calmes, il prend le temps d'expliquer, de revenir sur certaines choses. On découvre alors un personnage rusé, pas forcément sûr de lui mais pas naïf non plus. Par rapport à ce que je me rappelle de lui, il y a une réelle évolution sur le personnage qui n'est pas pour me déplaire. 

Mais, il faut avouer que le roman a aussi quelques points faibles pour moi. Son début, bien que passionnant est un peu lent. Il faut remettre deux trois choses en place, pas mal de nom sont cités (gros défaut pour moi qui n'est pas la mémoire des noms, surtout quand en plus de ça, ils sont soit compliqué, soit ressemblant à d'autres (et quand on passe les généalogies, c'est pire). Arrivé à Autricon, ça va mieux, même si un passage, celui où Articnos raconte sa version de la guerre des Sangliers (passage ultra important dans le roman pourtant) m'a fait pas mal baillé (disons que j'ai moins acroché à sa façon de parler qu'à celle de Bellovèse). Pas grand chose au final, comme vous le voyez.

Au final, je me suis encore bien régalé avec ce roman. J'aime tellement la manière dont l'auteur met en place ses histoires, dont il fait parlé ses personnages. J'aime aussi me plonger dans la culture celtique que je ne connais pas tant que ça (pourtant c'est une mythologie que j'apprécie mais elle est particulièrement dense et d'ailleurs parler de culture celtique n'est pas tout à fait juste, tout dépendant de l'endroit où l'on se trouve dans la Celtique). J'ai très très envie de me lancer dans le troisième tome des Rois du Monde (si toi aussi tu as la chanson dans la tête, ne me remercie surtout pas)(compliqué de lire un roman dans ce genre avec la chanson titre de la comédie musicale Roméo et Juliette quand même). Une fois de plus Jaworski réussit à me tenir en haleine et j'en suis plus que ravie.  

lundi 11 septembre 2017

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Je ne me suis pas promenée dans le Vieux Royaume depuis novembre 2015 avec ma lecture de Janua Vera. Il était temps que j'y retourne, surtout que l'auteur y retourne quelques fois avec un certain nombre de nouvelles.

Comment Blandin fut perdu, Jean-Philippe Jaworsky

Editeur : Folio
Collection : 2€
Année de parution : 2016
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les longues nouvelles
- Vous connaissez déjà le Vieux Royame

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur :

Pour avoir dessiné encore et encore, avec un talent ensorcelant, le visage de madone d’une jeune moniale aux yeux verts, le novice Blandin est chassé du monastère de Havreval. Le jeune enlumineur entame alors sur les routes du Vieux Royaume son apprentissage auprès d’Albinello, talentueux peintre sur fresque itinérant. Blandin dépassera-t-il son obsession amoureuse? Et l’élève surpassera-t-il le maître?

Mon avis

Il ne faut jamais croire les titres et les quatrièmes de couverture. Ce bouquin ne contient pas juste l'histoire de Blandin. En réalité, il s'agit d'un petit recueil. Petit autant par la taille que par le nombre de nouvelles, puisqu'elles ne sont que deux. Elles ne sont pas petites, puisque la première fait presque 60 pages et la seconde une vingtaine de plus.

La première, Montefellóne  nous entraine à la frontière entre Leomance et le territoire de la toute jeune république de Ciudala. Nous voilà donc devant Montefellóne, ville assiégée par les armes du Duc D'Arches. Oui, nous allons assisté à un siège, donc, cela du côté du Duc D'Arches et donc de l'armée de Leomance.

Comme à son habitude, Jean-Philippe Jaworski nous entraîne avec lui dans un récit au vocabulaire parfaitement maîtrisé. Alors, ça peut faire peur à certain. Mais en réalité pas du tout. Jaworski est un maître des mots, des phrases mais ne va pas du tout nous prendre la tête avec des tournures trop complexes. Et grâce à cette maîtrise, on entre réellement dans le siège et dans la tête du duc.

L'action est assez réduite, dut au format mais aussi au fait que ce soit un siège et qu'il faut bien avouer que les sièges, ça peut être un peu barbant (même si c'est Gemmel qui l'écrit, c'est barbant un siège). Et pourtant, je me suis vraiment retrouvée là-dedans. Et ça, c'est quelque chose que j'adore avec Jaworski, c'est vraiment de pouvoir entrer dans l'action avec des descriptions ultra détaillées sans être ennuyantes (Tolkien pouvait être ennuyeux, mais vraiment quand il détaille les préparatifs de la fête d'anniversaire de Bilbo...). Et ici, vraiment, c'est parfait. On retrouve des descriptions géniales sans être ultra violente des batailles, des batailles sympathiques et un personnage principal qui est vraiment bien à suivre. Seul bémol, la fin ne m'a pas surprise, mais du tout.

La seconde nouvelle donne donc son nom au petit recueil. Elle est assez éloignée de la première puisqu'ici pas de bataille, pas de siège. Comment Blandin fut perdu ressemble à un conte. Alors qu'un groupe de voyageur fait halte, l'un d'eux va raconter l'histoire de son apprenti, le jeune Blandin. Je ne vous résumais pas l'histoire, sachant que finalement, la quatrième de couverture le fait très bien (et c'est assez rare pour être signaler).

J'ai beaucoup aimé ce conte et surtout son petit univers, celui des peintres itinérants. Il faut dire que Jaworski ne maîtrise pas que le vocabulaire guerrier mais aussi celui de cet ancien métier. Qu'il est agréable de découvrir des techniques que je ne connaissais pas du tout. Tout cela m'a semblé tellement mais tellement vivant. J'ai vraiment adoré me plonger dans la réalisation des fresques avec Albinello et Blandin. J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire de fond. Ce jeune homme obsédé par son premier amour à tel point que, pour ne pas l'oublier, il va la peindre partout, tout le temps. Les affres de Blandin sont retranscrit d'une manière assez douce amère par son maitre, Albinello, qui a bien du mal à le comprendre. Et ici, la fin m'a surprise, pour de vrai. Je ne m'y attendais pas vraiment et je ressors de cette lecture encore plus intriguée que lorsque j'ai pu la commencer.

Au final, j'ai donc passé un très très bon moment avec ce petit recueil. Comme toujours, je suis admirative de l'écriture de Jaworski. Sa maîtrise du vocabulaire et ses histoires passionnantes font que je pourrais me plonger mainte et mainte fois dans ses romans et nouvelles. Elles ont un côté ultra vivant que j'apprécie beaucoup et cela même avec des descriptions parfois un peu longue des actions. Pour moi, c'est vraiment ce qui fait le charme des récits du Vieux Royaume, un côté un peu suranné contrebalancé par des histoires prenantes. 


mardi 17 novembre 2015

Janua Vera, Récit du Vieux Royaume, tome 1, Jean-Phillipe Jaworski

J'ai eu un immense coup de coeur pour la plume de Jaworski lorsque j'ai lu son Gagner la Guerre. Coup de coeur confirmé avec la lecture, quelques temps plus tard de Même pas Mort. Il fallait donc que je sorte enfin de ma PAL son recueil de nouvelles Janua Vera, sorte de premier tome au Récit du Vieux Royaume.

Janua Vera, Récit du Vieux Royaume, tome 1, Jean-Phillipe Jaworski

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2015 pour cette édition
Nombre de pages : 488

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez la fantasy
- Vous avez lu et aimé Gagner la Guerre (mais c'est optionnel)


A ne pas lire si :
- Vous avez du mal avec l'écriture dense et parfaitement maîtrisé, peut-être trop parfois.


Présentation de l'éditeur :

Né du rêve d'un conquérant, le Vieux Royaume n'est plus que le souvenir de sa grandeur passée... Une poussière de fiefs, de bourgs et de cités a fleuri parmi ses ruines, une société féodale et chamarrée où des héros nobles ou humbles, brutaux ou érudits, se dressent contre leur destin. Ainsi Benvenuto l'assassin trempe dans un complot dont il risque d'être la première victime, Aedan le chevalier défend l'honneur des dames, Cecht le guerrier affronte ses fantômes au milieu des tueries... Ils plongent dans les intrigues, les cultes et les guerres du Vieux Royaume. Et dans ses mystères, dont les clefs se nichent au plus profond du cœur humain...

Mon avis

Janua Vera est présenté comme le "tome 1" de Gagner la Guerre. C'est surtout une manière de découvrir un peu plus le Vieux-Royaume dans son ensemble. Gagner la Guerre se concentre surtout sur Ciudala mais Jean-Philippe Jaworski a créé tout un univers autour. Ce recueil permet de le découvrir. En plus de cela, pas besoin d'avoir lu le roman pour se plonger dans l'univers de l'auteur.

Avant de faire un avis plus général, passons d'abord sur les nouvelles, huit en tout, et assez longues pour la plupart.

Janua Vera
La nouvelle qui commence le recueil et dont il porte le nom nous conte la déchéance d'un Roi-Dieu. L'homme élevé au rang de dieu a réussi par le sang et la force à unir toutes les contrées du vieux royaume. Mais il souffre d'un étrange mal. Il rêve, chose qui ne lui est plus arrivé depuis qu'il est un dieu.
Cette première nouvelle nous plonge directement dans l'écriture de Jaworski. Elle est dense, avec des descriptions détaillées et parfaitement écrite. La richesse de la nouvelle est incroyable. J'ai aimé le parallèle entre la chute du royaume de Leomance, qui commence à se disloquer après une grande gloire et les derniers moments de son Roi-Dieu.

Mauvaise Donne
La seconde nouvelle du recueil met en scène un personnage que les lecteurs de Gagner la Guerre connaisse bien, j'ai nommé Benvenuto Gesufal, l'assassin à la gouaille parfaite qui se met toujours dans un pétrin pas possible par la faute des grands de ce monde. Cette fois, il nous raconte comment il s'est retrouvé au service de Ducatore et aussi, finalement, comment la fameuse guerre gagner dans le roman a vu le jour.
Forcément avec Benvenuto, je ne peux qu'aimer la nouvelle, tant j'aime le personnage. En plus de cela, elle est particulièrement efficace, petit mélange de thriller et de fantasy.

Le service des Dames
Cette nouvelle se déroule à Bromael, duché voisin de Ciudala. On y fait la connaissance d'AEdan, un chevalier. Celui-ci, voulant passer un guet sans perdre trop de temps se retrouve au milieu d'une vengeance.
Ici, Jaworski se penche sur la chevalerie courtoise avec un chevalier qui serait prêt à tout pour faire plaisir à une dame. Mais la dite dame ne lui dit pas la vérité et le voilà prit dans un sacré bourbier.
Chose amusante, on retrouve dans la nouvelle un nom déjà vu dans Mauvaise Donne. Chose qui se reverra dans la nouvelle suivante.

Une Offrande très précieuse
Cette fois, nous voilà du côté des Ouromagne, voisin cette fois de Bromael, voisin et surtout ennemi. Cecht réussit à fuir un champ de bataille avec l'un de ses compatriotes. Sauf que celui-ci est sur le point de mourir. Alors qu'il finit par le laisser seul, il va rencontrer dans la foret une étrange vieille femme. Celle-ci lui affirme pouvoir soigner son compagnon, le seul à pouvoir les ramener chez eux, mais pour cela, il va devoir aller dans un vieux temple cherché une offrande.
Si la nouvelle est finalement très classique, elle n'en est pas moins efficace et pleine d'émotion. Niveau connexion avec Le Service des Dames et Mauvaise Donne, on retrouve le siège de Kaellsbruck (Benvenuto y était) mais aussi le chevalier aux épines qui semble être AEdan.

Le conte de Suzelle
Voilà une nouvelle faisant appel au conte de fées. Suzelle, petite fille plutôt remuante, rencontre par hasard ce qui semblerait être un elfe (dans le style Tolkien). Elle va passer sa vie à attendre le retour de celui-ci. Vie que nous allons découvrir, de son enfance, à son mariage forcé, la naissance de ses enfants, la mort de son fils cadet et puis, l'exil qu'elle s'impose jusqu'au dernier moment. La chute est prévisible, mais on se laisse prendre au jeu et dans la vie de Suzelle. C'est mignon et finalement, ça change un peu des premières nouvelles, plus sombres.

Jour de Guigne
Jour de Guigne est la nouvelle la plus légère du recueil. Maitre Calame, un copiste, ce voit atteint du Syndrôme de Palimpseste. Le pauvre homme, pour avoir copié un texte sur un parchemin "d'occasion", il écope d'une malédiction qui fait de lui l'homme le plus malchanceux de tout le Vieux-Royaume. C'est frais, c'est drôle, ça fait penser à du Pratchett. Et ça fait du bien.

Un Amour Dévorant
Nous revenons dans un registre plus sérieux. Un Amour Dévorant flirte avec le fantastique. A Noant-le-Vieux, les habitants vivent avec la peur des Appeleurs, des fantômes d'un temps lointain qui parcourent la forêt en quête d'une jeune femme. Un homme, serviteur du Desséché (l'un des dieux du Vieux-Royaume) va mener son enquête. C'est une nouvelle assez angoissante, plutôt noire, qui me fait un peu penser à du Lovecraft en terre fantasy. Même si elle est somme toute classique dans son thème, elle fonctionne parfaitement.

Le Confident
La dernière nouvelle du recueil nous plonge dans le noir. On y suit un membre du culte du Desséché qui s'est volontairement plongé dans le noir le plus total pour devenir un confident. C'est une histoire à nouveau angoissante, plus par son ambiance clause et obscure que par son thème (et encore). C'est aussi malheureusement, celle que j'ai le moins apprécié. J'ai eu beaucoup de mal à entrée dedans malgré une histoire qui me semble pourtant intéressante.


Le recueil en entier est un véritable petit bijou. Jaworski est un conteur fabuleux avec une maîtrise des mots qui me rend assez jalouse. Le travail effectué sur chaque nouvelle est assez dingue, que se soit dans le choix des phrases, des mots, des tournures, mais aussi dans la création des personnages ou des lieux. Tout est maitrisé chez Jaworski et cela donne vraiment quelque chose de passionnant. Je pense aussi que, malheureusement, cela peut en rebuter certain. Ce n'est pas mon cas, bien sûr, vu que j'adore ce genre de texte. Sans parler de la technique, j'ai vraiment aimé presque toutes les nouvelles. Le Vieux-Royaume est fait de divers pays ayant chacun sa culture bien définie mais communicant entre eux et finalement à la fois différent et semblable. J'ai aussi apprécié que certaines nouvelles soient connectées entre elles et qu'elles nous éclairent un peu plus ainsi sur quelques épisodes marquants pour le Sénateur Ducatore (le siège de Kaellsbruck).


Au final donc, c'est un excellent recueil, un complément ou une première approche parfaite pour Gagner la Guerre. La seule chose que je regrette, c'est que par rapport à l'édition original des Moutons Électriques, il manque deux nouvelles et l'introduction par Benvenuto dans l'édition Folio (une raison pour acheter la version des Moutons, pourquoi pas pour Noël...). 

jeudi 5 mars 2015

Même pas Mort, Rois du monde, tome 1, Jean-Phillipe Jaworski

Je voulais prendre ce livre dans son édition originale, celle du Mouton Electrique mais comble de malheur pour moi, alors qu'il est resté plus de six mois sans être pris dans ma librairie, voilà qu'il avait disparu. Heureusement, il venait de sortir en poche, donc bon, la version Mouton Electrique sera pour plus tard. Et oui, je sais, je ne devais pas non plus commencer une nouvelle série sans en avoir fini une... Mais c'est Jaworski, alors j'ai le droit !


Même pas Mort, Rois du monde, tome 1, Jean-Phillipe Jaworski

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 460

A lire si :
- Vous aimez les celtes
- Vous voulez de la magie
- Les parties iniatiques ne vous dérangent pas

A ne pas lire si :
- Vous voulez un récit chronologique
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne

Présentation de l'éditeur : 

Je m’appelle Bellovèse, fils de Sacrovèse, fils de Belinos. Pendant la Guerre des Sangliers, mon oncle Ambigat a tué mon père. Entre beaux-frères, ce sont des choses qui arrivent. Surtout quand il s’agit de rois de tribus rivales… Ma mère, mon frère et moi, nous avons été exilés au fond du royaume biturige. Parce que nous étions de son sang, parce qu’il n’est guère glorieux de tuer des enfants, Ambigat nous a épargnés.
Là-dessus, le temps a suivi son cours. Nous avons grandi. Alors mon oncle s’est souvenu de nous. Il a voulu régler ce vieux problème : mon frère et moi, il nous a envoyés guerroyer contre les Ambrones. Il misait sur notre témérité et notre inexpérience, ainsi que sur la vaillance des Ambrones. Il avait raison : dès le début des combats, nous nous sommes jetés au milieu du péril. Comme prévu, je suis tombé dans un fourré de lances. Mais il est arrivé un accident. Je ne suis pas mort.

Mon avis :

Après la lecture de Gagner la Guerre, je m'attendais déjà à un livre qui sorte un peu du commun, avec un héros original et surtout pas tout blanc. Je m'attendais à m'immerger directement dans l'histoire pour ne plus en sortir avant de refermer le livre. Je m'attendais à une écriture foisonnante et vivante. J'avais raison. Pour tout ces points.

L'histoire de Même pas mort est celle de Bellovèse. Nous le rencontrons d'abord dans le prologue, il est vieux et décide de raconter son histoire pour qu'elle traverse les temps, pour devenir une légende. Dès ce prologue, nous voilà plonger dans l'histoire et surtout dans l'écriture de Jaworski et dans son univers. La suite des évènements semble après partir à rebord, du moment où le jeune homme va entrer dans l'île des vieilles afin de briser l'interdit qui pèse sur lui à celui où il va faire sa première guerre pour revenir ensuite à son voyage du retour. Autant le dire, ce cheminement peut en surprendre plus d'un. Surtout que Bellovèse aime à nous dire qu'il racontera certains évènements plus tard. En même temps, à cause de ça, j'ai enchainé les pages à une vitesse folle pour savoir. Je trouve que ce cheminement est parfaitement adapté au récit du narrateur. Après tout, c'est un récit oral que Jaworski nous livre, il est donc normal que celui qui nous le raconte remonte dans ses souvenirs afin de nous faire comprendre ce qu'il se passe réellement. Ainsi, après être arrivé à l'île des Vieilles, il nous raconte pourquoi il va commettre en certain geste, ce qui l'a conduit jusque là, pourquoi il n'est même pas mort durant sa première bataille. Puis, parce que tout de même, il nous explique ce qu'il s'est passé bien plus tôt, alors qu'il était enfant. Parfois, le vieil homme semble s'embrouiller, comme si le récit devenait un rêve, au plutôt un cauchemar. 

L'auteur nous donne donc une histoire prenante dans un monde celte. Les légendes du petit peuple, les dieux celtes, les coutumes de l'époque, tout cela est plus que présent, rendant le récit encore plus vivant et authentique. Je peux te dire que j'ai particulièrement aimé. L'univers est cohérent, on sent les recherches approfondies sur le sujet. De plus, Bellovèse, comme beaucoup des personnages qui l'entourent font partis des légendes celtes qui sont venus jusqu'à nous, il fallait donc ne pas se tromper en écrivant son histoire, même si celle-ci est romancé (en même temps, il n'est toujours pas prouvé que Bellovèse ait réellement existé).

Parlons des personnages d'ailleurs. Ils sont tous très réussis et fascinants. Bellovèse nous apparait comme un futur grand guerrier, charismatique et fort mais en même temps, lorsqu'il nous raconte son enfance, le voilà pris dans la haine familiale et plutôt faible même si on devine déjà ce qu'il va devenir. Il en va de même pour son frère Segovèse. Quant à ceux qui gravitent autour de lui, ils sont tout aussi passionnants et surtout aucun n'est manichéen, pas même Ambigat, le haut-roi qui pourrait être le "méchant" de l'histoire. C'est quelque chose de déjà vu dans Gagner la Guerre et qui m'avait particulièrement plu, cela continue ici. J'aime les personnages pleins de contradictions, de profondeur et ici, je suis servie.

Au final, me voilà encore une fois ravie d'un livre de Jean Phillipe Jaworski. Même pas Mort est fascinant, parfois un peu lent dans son rythme (mais ce n'est pas du tout une critique ici, j'aime bien aussi les livres qui prennent leur temps afin de nous faire entrer dedans), emplie d'honneur, de prestige, de magie, de bataille, de récits, de héros et de légendes. J'ai hâte de pouvoir lire le second tome (qui sort il me semble cette année au Mouton Electrique) pour continuer cette aventure.



lundi 17 février 2014

Gagner la Guerre, Jean Phillipe Jaworski

Pour Noël, ma grand mère m'a dit, tu prends n'importe quel livre à la librairie. Je me suis dis super, je vais pouvoir m'offrir l'édition de Gagner la Guerre qui me fait rêver (tirée à 2000 exemplaires sans nouveau tirage, juste magnifique). Faut dire qu'elle semblait m'attendre cette édition, plus de trois mois qu'elle me faisait de l’œil et que personne ne l'avait acheté. Et franchement, je suis bien contente de l'avoir pris, pour l'objet mais aussi pour l'histoire.

Gagner la Guerre, Jean Phillipe Jaworski

Editeur : Les moutons Electriques
Collection :  Bibliothèque Voltaique
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 682 

A lire si : 
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous aimez les récits d'aventure
- Vous aimez aussi les intrigues

A ne pas lire si :
- Avoir un "héros" pas très gentil vous ennuie
- Les intrigues politiques vous dérangent

Présentation de l'éditeur :

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

Mon avis

Avant de parler du contenu, je veux parler du livre. Comme je le disais dans l'introduction de l'article, ma grand-mère m'a donc offert une superbe édition de Gagner la Guerre. Le truc que je mets en valeur dans ma bibliothèque et qui l'a met en valeur tellement elle est belle cette édition. Je n'ai appris qu'après avoir ouvert le livre que l'édition ne comptais que 2000 exemplaires et qu'elle ne serait tirée qu'une seule fois. C'est un livre beau. Mais très beau. Blanc, avec sa tranche vermillon, son titre embossé, son illustration qui ressort vraiment et son petit signet blanc, c'est vraiment l'objet de collection. Et que dire de l'intérieur ? C'est tout aussi beau. Les pages sont agréables (quoique peut-être un peu trop blanche), épaisse, à la police agréable. D'ailleurs, pour mieux s'en rendre compte, voici le lien vers la page du livre sur le site des Moutons Electriques.

A présent passons à l'histoire. Nous suivons Don Benvenuto Gesufal, assassin et membre de la Guilde des Chuchoteur après la bataille qui donna la victoire à l'armée de Cuidalia sur Ressine. Notre ami est mandaté par son patron, le Podestat Ducatore pour conclure quelques accords secret avant les accords plus officiels. Et cela n'est que le début de ce qui sera fait dans le secret (ou non) par les vainqueurs pour se partager le gâteau. Autant dire que pour moi, grande amatrice d'intrgues, ce roman est un vrai petit bijoux à lire.

Et pas seulement pour les intrigues d'ailleurs. Le personnage de Benvenuto dont nous lisons les mémoires, est un sacré bonhomme. L'homme n'est absolument pas blanc, c'est un assassin, un brigand, un manipulateur et même nous, lecteur, il nous manipule. Pourtant, on en vient à pas mal l'apprécié, faut dire qu'il a tout de même un certain panache et qu'on en vient à s'attacher à lui. Surtout qu'il ne nous cache pas grand chose de son état physique, ainsi dès le départ, il nous fait par de son mal de mer ou de ce que lui font ses blessures. Il garde par devers lui beaucoup d'autres choses, surement bien plus importante que nous viendrons à découvrir de nous même. Quant aux autres personnages, même si c'est lui qui nous les décrit, et pas forcément sous leur meilleur jour, ils sont tout aussi intéressants et plein de mystère. Mais là aussi, je soupçonne Benvenuto de ne pas nous en dire assez... Tout comme il ne nous raconte pas tout de Ciudalia.

La ville est elle-même un personnage du roman. Ciudalia ressemble à une ville italienne, et les descriptions que notre héros nous en fait sont justes magnifiques. J'ai même eu parfois l'impression d'y voir ma propre ville (un port dont la moitié si ce n'est plus des habitants ont des origines italiennes...) tellement l'ambiance portuaire et maritime y est parfaitement retranscris. La ville est importante dans le récit, c'est pour elle que tout est fait, que se soit de la part de Benvenuto ou de son patron et de ses ennemies. Elle tient un peu office de la maitresse à qui l'on offre ce qu'il y a de mieux, pour qui ont ferait toutes les concessions possibles.

Et tout cela, les personnages, les intrigues, les aventures, la ville sont écrit d'une manière des plus plaisantes par monsieur Jarowski. Il nous fait entrer dans l'univers de son héros sans fioriture, écrivant comme parlerait Benvenuto, ni trop recherché ni en même temps trop "populaire". Comme je le disais, ses descriptions sont vivantes, plaisantes à lire, les combats sont âpres et parfaitement "documentés" (oui, nous avons droit au sang et aux tripes, mais aussi à des descriptions des coups plutôt pas mal et très imagés). Sans parler de l'intrigue et des intrigues qui m'ont fait prendre quelques mauvaises pistes, même si à la longue le Benvenuto, on commence à le connaitre (ce qui n'est pas le cas des autres personnages qui nous reservent pas mal de surprise).

Au final, je n'est qu'une chose à dire, ce Gagner la Guerre a été un énorme mais alors énorme coup de cœur. J'y ai trouvé tout ce que j'apprécie dans un livre, de l'action, de l'humour, des intrigues, une ville magnifique et une histoire complexe qui ne laisse pas indifférent.