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mardi 30 mai 2023

Une colonne de feu, Ken Follet

 Hum... Ce livre est un de mes cadeaux d'anniversaire d'il y a quoi, trois ans ? Un truc comme ça. Il m'impressionnait un peu, avec ces quelques milles pages (pas tout à fait en fait) écrit en tout petit. C'est marrant, parce que d'habitude, ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Mais là, oui, peut-être parce que c'est de l'historique aussi. Bref, j'ai fini par enfin le sortir et le lire.

Une colonne de feu, Ken Follet

Editeur : Le livre de poche
Collection : 
Année de parution : 2019
Titre en VO : A Column of Fire 
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 992

A lire si :
- Vous appréciez la période des guerres de religion
- Vous voulez un roman d'espionnage, mais pas que.
- Vous voulez un one-shot qui n'en est pas tout à fait un

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les romans multichoraux.

Présentation de l'éditeur : 

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu'il connaissait va changer à tout jamais... Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu'il voulait épouser, Margery Fitzgerald.
L'accession d'Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l'Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l'héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l'un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent...
Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu'à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n'importe quel prix.

Mon avis

Il a toujours des périodes historiques qui nous intéressent plus que d'autre. Personnellement, la période que couvre le roman, à savoir de 1558 à environ 1605 (un peu plus en réalité, mais c'est le dernier évènement important) n'est pas celle que je préfére, ni celle que je connais le mieux, surtout pas côté anglais. Mais j'aime beaucoup les romans d'espionnages et j'ai adoré les Pilliers de la Terre, dont il est une suite (enfin, si on veut, ça se lit ultra bien en indépendant et il n'y a des références qu'à certains personnages, vite fait, d'un Monde sans Fin que je n'ai pas lu). Donc c'est parti.

Nous allons suivre la vie de plusieurs personnages pendant plus d'un demi-siècle à peu prés. Tous auront plus ou moins un rôle important dans les guerres de religions qui vont éclater un peu partout. Parce que n'oublions que nous sommes dans une période fort peu incline à la paix. Calvin prône le protestantisme partout en Europe, alors que la plupart des rois et reines sont bien bien catholiques. Les protestants sont alors vu comme des hérétiques, et qui dit hérétiques, dit forcément massacres et buchés. Or, en Angleterre, tandis que Marie Tudor, fervente catholique n'a pas d'héritier et surtout, ne va pas tarder à mourir. Pour la remplacer, deux femmes sont pressenties :  Marie Stuart, reine d'Écosse et future reine de France, et Elisabeth Tudor, sœur (pas tout  fait légitime aux yeux de beaucoup). C'est à travers le destin de ces deux femmes (enfin pas que), que nous allons découvrir ce qu'il se passe. Et pour cela, rien de mieux qu'une galerie de personnages mêlant perso fictifs et réels.

Je ne pas vais pas vous faire un inventaire complet des personnages tant il y en a. Parmi les principaux, nous suivons surtout Ned. Ned est un jeune homme plutôt protestant au départ qui va par la force des choses entré au service de la reine Elisabeth. Mieux, au fur et à mesure des années, il va cotoyer les grands de ce monde et devenir maitre espion. Ainsi, il vivra les grands évènements de cette époque, dont, probablement le pire de tous, la nuit de la Saint Barthélemy (il sera en France à ce moment-là). On a aussi Margery Fitzgerald, son amour de jeunesse, qui elle est catholique. Mariée au comte de Shiring, elle va traverser beaucoup d'épreuve et finira par être à la tête d'un réseau clandestin de moine catholique. Il y a aussi Sylvie, française protestante, qui se donne pour mission de réprendre la vraie foi. Côté plus "méchant", on aura le frère de Margery, qui passera sa vie à comploter contre la reine, Pierre Aumande, âme damnée de la famille de Guise. Mais ce sont surtout les personnages historiques (légèrement revu par l'auteur pour coller, tout comme il l'a fait avec les évènements) que j'ai aimé suivre, dont Marie Stuart et son destin.

Et puis, il y a les évènements. Grace à ses personnages, nous découvrons aussi bien ce qu'il se passe en Angleterre, qu'en France ou en Espagne ou Pays-bas ou encore même en nouvelle-Espagne. Et il faut dire que l'époque fut passionnante pour qui aime la politique (et malheureusement les guerres). Forcément, ça m'intéresse, même si je n'aime pas les guerres de religion de base. Mais, Follet réussit le pari de ne pas rendre ça aussi ignoble que ça a pu l'être (et pourtant, quelques scènes sont franchement pas géniale à lire)(celle de la nuit de la Saint Barthélemy par exemple) et surtout, il dresse un portrait de l'Europe de cette époque plutôt juste.

Au final, c'est le genre de livre que je dévore. D'ailleurs, j'ai mis un peu moins de trois semaines pour le lire celui-ci alors qu'il y a le nouveau Zelda qui occupe bien ma vie. Ce n'est pas un coup de coeur à cause de quelques longueurs et du fait que les personnages sont parfois trop manicheens pour moi (un problème déjà rencontré avec les Piliers de la Terre d'ailleurs). Hâte de lire Un monde sans fin maintenant (que j'ai, il me semble dans mon kindle)

samedi 2 janvier 2021

Le cartographe des Indes Boréales, Olivier Truc

Avant tout, Bonne Année à vous. Tous mes voeux de bonheurs, qu'ils soient littéraire ou non.

Ce titre me faisait envie depuis un moment. J'adore sa couverture et son résumé me semblait fort prometteur. J'ai pourtant mis un moment à me plonger dedans et un encore plus grand pour y entrer. Autant dire que mon dernier livre de 2020, premier de 2021 n'aura pas été un franc succès. Mais pas un échec non plus.

Le cartographe des Indes Boréales, Olivier Truc

Editeur : Points
Collection :
Année de parution :2020
Nombre de pages : 744

A lire si :
- Vous aimez les grandes fresques se passant sur plusieurs années
- Vous aimez les grands espaces

A ne pas lire si :
- Vous voulez un récit qui se met en place rapidement.

Présentation de l'éditeur : 

A l'image de son père, Izko rêve de chasser la baleine dans les eaux glacées des confins du monde. Pourtant, un autre destin l'attend : il devient l'espion de Richelieu. Du pays Basque à la mystérieuse Laponie, d la bouillonnante Amsterdam à la cité maudite de Pitea, le jeune homme affronte les rivalités politiques et économiques de son siècles. Il va se frôler à la mort, endurer le cachot et la torture, pour découvrir le secret de ses parents, sonder sa propre culpabilité et enfin choisir son camps.

Mon avis

Je me suis lancée plutôt contente dans ma lecture, commençant le récit en 1628 avec un jeune Izko de treize ans sur les quais de Stockholm, attendant que le Vasa prenne la mer. Or, le dit Vasa ne la prendra jamais. Il coulera avant cela (et j'ai eu la chance de pouvoir le voir lors de mon séjour d'une semaine dans la capitale suédoise alors que j'avais 17 ans)(une ville que je rêve depuis de retrouver ne serait-ce que quelques jours). Une jeune femme réussira à se sortir de la catastrophe et donnera naissance à son fils sur les quais avec l'aide d'Izko avant de s'enfuir. Cette femme, une lapone, va devenir l'obsession du garçon, persuadé qu'elle lui a lancé un mauvais sort. A partir de ce jour, la vie du jeune basque va changer à jamais. De retour dans son pays, il deviendra un des hommes de main de Pierre de Lancre, juges au parlement à Bordeaux. Celui-ci en fera un cartographe de renom (après l'avoir envoyé au Portugal où Izko connaitra son premier cachot et pas le dernier) mais surtout son espion auprès de la Suède, menaçant les parents du jeune homme s'il n'obéit pas. C'est ainsi qu'il finit par repartir en Suède, profitant de l'occasion pour rechercher la Vierge Verte du Vasa et partir en Laponie. 

C'est énervant quand même. Ce roman avait beaucoup de chose pour lui. Les grandes étendues de Laponie, des intrigues à la fois politique, religieuse et économique, de la "magie", un héros malgré lui... Autant dire qu'il aurait du me plaire. Mais, si j'ai été happé par les deux premiers chapitres, je me suis ensuite retrouvé à ramer méchamment jusqu'à arrivé vers les années 1641 et presque le second tiers du roman. Autant dire que ça fait quand même beaucoup. Olivier Truc prend son temps durant le premier tiers. Et en même temps, il va trop vite. Je ne sais pas comment expliquer ça. Disons que les chapitres s'enchainent sans avoir toujours un lien entre eux, nous brinquebalant dans l'histoire de son protagoniste sans nous donner plus d'explication que ça. J'ai été un peu perdue durant un moment, ne sachant pas vraiment où je me trouvais ni où j'allais. De plus, faut bien avouer qu'avant qu'il ne débarque en Laponie, la vie d'Izko n'est pas des plus passionnantes (enfin, si on veut, il lui arrive tout de même deux trois trucs assez particulier). Mais surtout, je ne voyais pas où l'auteur me menait. Et ça, ça m'a encore plus perturbé. Je n'aime pas ça, ne pas comprendre rapidement le coeur d'une histoire. Heureusement pour moi, une fois arrivée en Laponie, j'ai fini par comprendre et par accrocher. Peut-être aussi parce que les personnages prennent plus d'importance, qu'on comprend mieux les enjeux de la conquête lapone par les suédois. Qu'enfin deux civilisations tellement différentes entre en collision, que la religion fait réellement sa grande entrée et ne se résume plus à catholique contre protestant (bien que finalement, ça reste un peu ça jusqu'à la fin). A partir de là, j'ai vraiment pris plaisir à lire le roman même si j'ai eu encore du mal avec le découpage de l'auteur (non vraiment, ces hiatus dans le temps et l'espace ne m'ont pas aidé du tout).

Mais il n'y a pas eu que ça qui m'a dérangé. J'ai eu du mal avec Izko, souvent trop froid, trop lointain. Les personnages secondaires m'ont parfois parut totalement transparent tant il est obsédé par les lapons, Darja, la femme du Vasa, puis son fils et sa descendance. C'est assez dommage, surtout qu'on va rencontrer beaucoup de monde. Même l'antagoniste principal perd de sa saveur dans tout cela (alors qu'on avait un pasteur totalement dévoué à sa cause qu'elle finit par le rendre lui aussi totalement obsédé et en fait un inquisiteur qui n'aurait pas dépareillé avec ceux d'Espagne tel qu'on nous les dépeint). Pourtant, il y avait à faire d'après moi. Disons qu'à vouloir peintre l'Histoire de la Laponie et de l'époque elle-même, on a perdu un peu de l'humanité des personnages. 

Par contre, autant le dire, j'ai adoré l'aspect religieux/spirituel du roman. Il faut dire que la Vierge Marie a une place prépondérante dans le roman, étant la "source de discorde" entre luthérien et catholique (pour faire simple, pour les protestants, l'Immaculée conception n'existe pas, tout comme Marie ne serait pas directement monté au ciel. Pour eux, elle ne devrait pas être élevé au rang d'idole comme l'on fait les catholiques)(en gros, donc, je ne me suis jamais vraiment penchée sur ça). Or, la Laponie aurait été d'abord visité par les catholiques et certains rites des chamans lapons pourraient ressembler à un culte à Marie. Même si je trouve parfois le parallèle un peu trop utile pour l'auteur (et que je doute du dit parallèle comme il est présenté)(après, c'est une question de croyance, et je ne vais pas m'attarder la-dessus), c'est plutôt bien utilisé et c'est vraiment la partie qui m'a le plus intéressé dans ma lecture. 

Au final, j'ai été assez déçu par ma lecture qui n'a pas été à la hauteur de ce à quoi je m'attendais. C'est une fresque historique plutôt sympathique, qui se base sur des faits et des personnages réels. Mais le style de l'auteur ne m'a pas convaincu. Le roman est un peu trop long pour moi, parfois trop brouillon aussi. Dommage parce que j'ai tout de même fort apprécié une bonne moitié de celui-ci et que la découverte de la Laponie du 17° siècle fut bien sympathique.

mardi 28 avril 2020

La Troisième Balle, Leo Perutz

Cela faisait longtemps que je n'ai pas lu de livre provenant du catalogue de Zulma ni un Perutz. Or, j'avais la Troisième Balle depuis pas mal de temps dans la PAL. Il était temps de le sortir de là.

La Troisième Balle, Leo Perutz

Editeur : Zulma
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2015
Titre en VO : Die dritte Kugel
Année de parution en VO : 1925
Nombre de pages : 336

A lire si :
- Vous voulez un livre se basant sur un fait historique
- Vous aimez les aventures
- Vous n'avez pas peur de vous perdre dans la chronologie

A ne pas lire si :
- Vous voulez un texte parfaitement clair
- Vous aimez vous attacher aux personnages

Présentation de l'éditeur :

À la conquête du trésor des Aztèques, Cortez œuvre sans relâche pour la gloire de Charles Quint. Franz Grumbach, lui, voue une haine féroce aux conquistadors et à leurs inquisiteurs. Il choisit son camp : ce sera celui de Grand Roi Montezuma. Seul ou presque, rebelle sans arme, Grumbach s’en remet au Diable, qui le dote d’une arquebuse et de trois balles… Premier roman de Leo Perutz, la Troisième Balle est une œuvre baroque, savamment construite, où ne cessent de se télescoper le réel et l’imaginaire fantastique en un labyrinthe haletant, irrésistible.

Mon avis

Lire un Perutz est toujours un peu compliqué. Je trouve ses livres particulièrement exigeant. Pas forcément compliqué (et encore), mais exigeant parce qu'un peu complexe. Ce premier roman de l'auteur ne fait pas exception à la règle, je l'ai trouvé même plus exigeant que les deux autres que j'ai pu lire de l'auteur. Peut-être parce qu'il se situe dans une époque qui n'est ni celle de l'auteur ni celle du lecteur. Nous voici durant la conquête d'une partie de l'Amérique du Sud par les espagnols, plus précisément à la suite de l'Armada de Cortez. Ensuite, parce que le narrateur n'est pas clairement présenté et qu'il n'est pas le même au premier et dernier chapitre par rapport à tout le reste. 

C'est d'ailleurs une chose qui m'a un peu perturbé au départ. Le narrateur principal semble être un espagnol de l'armada de Cortez. Mais bien qu'il existe et que parfois, nous tombons sur ses pensées (c'est ultra rare tout de même), sur un "je" de narration ou un "nous" qui l'englobe, il est plus souvent un narrateur omniscient qui voit et sait tout. C'est assez perturbant en réalité, surtout dans les passages où il fait quelque chose tout en parlant des pensées d'un autre personnage. Quand à celui du premier et dernier chapitre, il est tellement perturbé par ce qu'il se passe durant l'histoire de notre narrateur qu'il est parfois un peu compliqué à suivre. Mais, on s'y fait, autant à l'un qu'à l'autre (j'ai fini par oublier que nous avions un conteur en fait, c'était plus simple).

Le roman nous raconte l'histoire de Grumbach, un ancien rhingrave (une sorte de prince) allemand, exilé dans le nouveau monde. L'homme et ses proches ont liés des amitiés avec les aztèques et jouissent d'une vie plutôt bonne jusqu'à l'arrivée des espagnols, auxquels Grumbach voue une sérieuse haine. Par un étrange concours de circonstance, il va se retrouver dans le camp de Cortez à faire ami-ami avec les espagnols pour mieux les tromper. N'arrivant pas à grand chose, il va faire un pacte avec le diable. Mais en tentant de l'abuser, il fait tomber le malheur sur lui. L'arquebuse et les trois balles que le diable lui a promis vont devenir sa perte.

Si le Diable est bien de la partie, ce n'est pas lui l'ennemi, ni l'être diabolique. Perutz profite de son récit pour montrer les horreurs dont sont capables les hommes en tant de guerre, d'occupation de territoire et de recherche de trésors légendaires. La folie, que ce soit celle de Grumbach, de Cortez ou de leurs hommes, est extrêmement présente dans tout le roman. Elle peut être mise en parallèle avec ce qu'il se passa durant la première guerre mondiale (l'auteur y était participé en tant que soldat, il "profita" d'une blessure pour écrire le présent roman). C'est vraiment quelque chose de présent, qui marque. Cette folie, les diableries des hommes et des religions aussi. Car la religion est particulièrement présente dans le roman. On y retrouve les querelles des luthériens et des catholiques jusqu'au Nouveau Monde.

La guerre, la religion, la folie font du roman quelque chose de dense et fort. C'est le point fort du roman avec l'ajout du fantastique et la partie historique. Malheureusement, si tout cela m'a passionné, j'ai eu beaucoup plus de mal avec les personnages. Ils n'ont rien, mais alors rien, d'attachant. Rien que fait que l'on va s'attacher un peu plus à l'un ou l'autre. Ils sont là parce qu'il faut des personnages et puis voilà. En fait, c'est un peu comme si on lisait un compte-rendu. Je crois que c'était l'effet que cherchait l'auteur, ne pas mettre les personnages eux-même en avant mais bien son discours. C'est aussi pour cela qu'il va utiliser des scènettes de la vie du camps de Cortez et non un roman totalement linéaire.

J'avoue que je ne sais pas trop si j'ai vraiment aimé ou pas. Je suis assez mitigée sur cette lecture, là où j'ai bien plus aimé la Neiges de Saint-Pierre ou le Maître du Jugement Dernier. C'est un bon roman qui demande d'être concentré dessus. Il n'est pas fait pour que l'on s'attache à ses personnages mais pour que l'on comprenne le discours de l'auteur derrière. Je ne suis pas sûre d'y être parfaitement arrivé, je dois l'avouer.

jeudi 6 février 2020

Je suis fille de Rage, Jean-Laurent del Socorro

J'avais beaucoup aimé Royaume de Vent et de Colère, paru il y a quelques temps déjà. Si je n'ai pas encore mis la main sur Boudicca, je n'ai pas hésité à prendre ce Je suis fille de Rage lorsque je l'ai croisé à la librairie. Faut dire que l'objet est beau et qu'il donne bien envie d'être lu.

Je suis fille de Rage, Jean-Laurent del Socorro

Editeur : ActuSF
Collection : Les trois souhaits
Année de parution : 2019
Nombre de pages : 519

A lire si :
- Vous aimez les romans historiques romancés
- Vous voulez en savoir plus sur la guerre de Sécessions

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les romans multichoraux.

Présentation de l'éditeur

1861 : la guerre de Sécession vient de commencer. Du général Grant à la simple soldate, de la forceuse de blocus à l'esclave affranchie… Autant de personnages pour décrire tous les visages de cette Amérique ensanglantée pendant quatre années de conflit.
La mort se réincarne pour arpenter ce Nord et ce Sud qui se déchirent. Elle va faire face à celui qui la convoque, le président Abraham Lincoln, pour lui faire comprendre que cette guerre doit désormais épouser une cause plus grande : celle de l’abolition de l’esclavage.

Mon avis

Avant de parler de ce qui se cache dans le livre, parlons un peu de l'objet. J'aime les beaux livres et là, je suis quelque peu servi. Nous voici avec une belle couverture bien épaisse, avec une illustration en médaillon. Les rubans du titre et de l'auteur sautent clairement aux yeux. Il y a un signet de la même couleur que la couverture pour marquer la page. Le tout fait très livre ancien, ce qui va parfaitement avec le texte à l'intérieur. Il est aussi plutôt léger (ce qui est agréable vu qu'il est tout de même volumineux). Bref, je suis plus que ravie de l'avoir dans ma bibliothèque où il trône fièrement à coté de Gagner la Guerre, de l'intégrale des Lames du Cardinal et de mes vieux Jules Verne.

L'intérieur est tout aussi intéressant que son extérieur. Je ne suis pas une pro de la guerre de Sécession. Pour tout dire, ce n'est pas la période qu'y m’intéresse le plus de base et le peu que j'en sais me vient plus des Tuniques Bleues (la bande dessinée) que des livres d'histoires. Heureusement pour moi, ce n'est pas gênant. Jean-Laurent Del Socorro est un très bon conteur, la mise en page du livre permet où et dans quel camps nous sommes et le livre est assez romancé pour ne pas être un simple court d'histoire.

L'auteur nous entraîne donc dans la guerre, et pour cela, il va utiliser de nombreux profils, que se soit côté Nord ou côté Sud. Le changement de point de vue est fréquent, tout comme celui de camps ou de lieux. Mais, le lecteur ne s'y perd pas trop (sauf pour les noms, j'avoue que j'ai eu du mal à me rappeler qui était qui et à ne me servir au final que des titres que leur donne l'auteur). Il faut dire qu'avec sa dizaine de personnages, del Socorro nous offre autant de voix bien précise. C'est toujours quelque chose que j'admire dans ce genre de roman, la capacité des auteurs a trouvé des voix bien distinctes, assez en tout cas pour savoir qui parle en seulement une ou deux phrases. Il y a forcément des personnages qu'on appréciera plus que d'autres. Personnellement, j'ai adoré Minuit, Sherman et Caroline. Pour d'autres personnages, nous ne les découvrirons qu'à partir de documents véridiques traduit par l'auteur (le Général Grant pour le Nord, le Général Lee pour le sud par exemple). Cette approche est intéressante et remet le texte dans son contexte historique. Et puis, on retrouve la Mort (qui parle en italique)(j'ai personnellement râlé parce que pour moi il parle en petite capitale, non mais). C'est la partie fantastique du récit, celle qui relie un peu le tout. Son dialogue avec le président Lincoln donne le ton du roman et nous quitte tout le long de notre lecture.

Comme je le disais, on passe de partie romancée à des textes historiques (lettres la plupart du temps). C'est quelque chose que j'ai apprécié. C'est forcément la féru d'Histoire qui parle là, mais la lectrice aime aussi. C'est agréable de savoir sur quoi a pu se baser l'auteur. Pas que je doute de ce qu'il a pu écrire (l'auteur est connu pour ces récits historico-fantastique, ce n'est pas pour rien), juste que j'aime ce genre de documentation. Je trouve, en plus, que ça s'intégre parfaitement au texte (vous me direz, c'est normal). La partie romancée est elle aussi passionnante. J'ai apprécié la présence de femmes en tant que femmes dans l'armée (à savoir que oui, il y en a eu mais souvent déguisée en homme ou infirmière, pas soldates). Jean-Laurent del Socorro avait déjà mis des femmes en avant dans ces récits (Axelle dans Royaume de Vent et de Colère, Boudicca dans le livre du même nom), je suis ravie qu'il continue sur cette lancée. Surtout que ses femmes font partis des personnages les plus marquant pour moi (et pas seulement parce qu'elles sont femmes justement). J'ai surtout aimé l'humanité que l'on retrouve dans tous les personnages, cette manière qu'ils ont de voir la guerre et ce qui l'entoure, un mélange de rage et de résignation. Il en va de même pour toute la notion de liberté qui plane sur le livre. Celle des esclaves, bien sûr, mais pas que.

Ce qui aurait pu être un banal livre sur la guerre de Sécession (je ne sais toujours pas écrire ce mot du premier coup...) se révèle être un roman passionnant que se laisse tranquillement dévoré. J'en ai appris un peu plus sur la fameuse guerre et sur l'abolition de l'esclavage qui en découla. J'ai adoré le mélange des diverses voix, vraiment bien maîtrisé. Ce n'est pas tout à fait un coup de cœur mais on y est presque. Bref, c'est un roman fantastico-historique que je recommande vraiment.

mardi 28 janvier 2020

L'ange de Nyckos, Eve Terrellon

J'ai quelques lectures bien entamées sur Wattpad mais beaucoup sont des textes en cours ou alors non fini et qui semble un peu abandonné par leur auteur (triste absolument pour certains). Par contre, j'ai fini l'ange de Nyckos, une novella fort sympathique. 

L'ange de Nyckos, Eve Terrellon

Editeur : Eve Terrellon
Collection : /
Année de parution : /
Format : Wattpad 

A lire si :
- Vous voulez un texte court
- Vous aimez l'ambiance des ateliers de peintre du quatrocento
- Vous voulez de la romance M/M

A ne pas lire si : 
- Vous voulez des scènes explicites

Présentation de l'autrice

Salvatore Gecatti, peintre renommé de la Florence du Quattrocento, est fasciné par son dernier modèle. La beauté du jeune homme n'a pourtant d'égale que sa froideur à son égard. Ainsi est-il stupéfait de découvrir la nature du pari engagé par celui-ci, auprès d'un de ses pires concurrents.

Mon avis

Si j'ai mis ce texte-là dans ma liste à lire sur Wattpad, c'est à grâce à Cindy Van Wilder qui en a parlé il y a quelques temps (et qui l'a aussi dans sa liste de lecture). Je sais que si elle a apprécié, il devrait en être à peu près de même pour moi (j'avoue suivre ses recommandations surtout en matière de lecture LGBT, elle tape souvent fort juste). Je suis ravie de l'avoir fait. 

L'histoire se déroule durant le Quattrocento, ce siècle qui a vu naître les grands peintres de la Renaissance italienne. C'est d'ailleurs l'un d'eux (fictif) que l'on va suivre durant cette novella. Salvatore Gecatti est donc peintre. Son travail est apprécié de tous, et plus particulièrement de Laurent de Médicis. Nous le découvrons dans son atelier, finissant sa dernière toile d'après modèle. Un modèle qui ne le laisse pas indifférent. Mais Sandro ne semble en avoir que faire de lui, et bien pire, il se retrouve au milieu d'un pari engageant les pires concurrents de Salvatore. 

J'ai apprécié beaucoup de chose dans cette novella. Déjà, l'ambiance. Même si j'aurais voulu peut-être un peu plus voir l'ambiance des ateliers de peinture (nous y passons beaucoup de temps), j'ai aimé celle de cette Renaissance Italienne où tout n'est que beauté et volupté (du moins dans cette sphère-là). Le style de l'autrice y est pour beaucoup, je trouve. Elle décrit son texte comme s'il s'agissait d'une peinture ou d'une sculpture. C'est fort agréable à lire.

Les personnages ne sont pas en reste non plus. J'ai beaucoup apprécié Salvatore, notre ami peintre. Il a une sensibilité, que se soit artistique ou humaine, qui m'a touché. Sandro est un peu plus froid, mais il n'est pas en reste non plus, surtout vers la fin de la nouvelle.J'aurais aimé qu'il soit moins effacé pendant un bon moment mais en même temps, si ce n'était pas le cas, la nouvelle ne fonctionnerait pas aussi bien. J'ai aimé lire la manière dont Salvatore le voit, comme il reste à l'écart alors qu'il meurt d'envie de faire plus que le peintre. Leur relation se battit petit à petit, et s'il faut le pari que contracte Sandro pour vraiment les voir se rapprocher, c'est fait de manière subtile, sans à coup. Je veux dire, ça ne tombe pas d'un coup comme ça (ce qui aurait pu vu le court format). 

Reste un petit défaut pour moi, une fin un peu trop prévisible et conventionnelle. Un peu trop rapide aussi. En quelques pages, je me suis prise d'affection pour Salvatore et Sandro et je l'ai aurai bien suivi encore un peu. 

Au final, j'ai donc beaucoup apprécié cette novella et j'en redemande encore. J'ai vu que l'autrice a publié d'autres textes sur Wattpad, il est donc possible que j'aille y faire un petit tour. 

jeudi 31 janvier 2019

Le Cercle du Phénix, Carolyn Grey

Encore un livre que l'on m'a prêté et que j'ai beaucoup aimé. Cette année, je réduis un petit peu le nombre de bouquin qui attérissent dans ma bibliothèque. J'ai déjà enlevé les séries que j'avais en double, en physique et en numérique, de mes étagères et je tente de me faire prêter plus souvent des livres (en fait, on échange avec ma collègue surtout), histoire de garder la place faite récemment et de ne pas trop réduire mon budget. 'Fin bref. Cette fois, c'est donc du fantastique à l'époque victorienne et j'ai plutôt apprécié.

Le Cercle du Phénix, Carolyn Grey

Editeur : Flammarion
Collection : 
Année de parution : 2008
Nombre de pages :443

A lire si : 
- Vous aimez les intrigues ésotériques
- Vous aimez le victorien

A ne pas lire si : 
- Vous voulez juste du policier
-Vous n'aimez pas les longues explications

Présentation de l'éditeur : 

Angleterre, 1860. Dans son manoir reculé du Surrey, Cassandra Jamiston reçoit un jour une nouvelle dramatique : Thomas Fergusson a été assassiné à Paris. Mais, avant de mourir, il a eu le temps de lui transmettre un objet mystérieux : le Triangle de la Terre. A en croire l'ultime courrier de cette vieille connaissance, en y ajoutant trois autres pièces disséminées aux quatre coins de l'Europe, on peut obtenir... la Pierre philosophale ! Que recouvre vraiment cette énigme ésotérique ? Qui se cache derrière le Cercle du Phénix, société secrète dont les malversations et les assassinats terrorisent Londres, secte elle aussi en quête de cette création alchimique majeure que la légende prétend capable de transformer le plomb en or et de donner la vie éternelle ? Cassandra va-t-elle parvenir, avec ses proches, à résoudre ce mystère aussi fascinant que périlleux ? Magie, trahisons, alliances inattendues et rebondissements, suspense et surprises se succèdent dans ce roman envoûtant où chacun doit faire preuve de courage tout en affrontant ses démons.

Mon avis

Il suffisait de me parler de quête ésotérique à l'époque victorienne pour que je me jette sur un roman. Je suis clairement influençable quand il s'agit de certains thèmes, ce n'est pas ma faute. Bref, une enquête, du victorien, de l'alchimie, je ne pouvais que lire ce roman (et il est probablement que je me laisser tenter par les deux suivants dans l'avenir). Et si la couverture laisse un peu à désirer (mais je crois que c'était l'époque qui voulait ça)(il a dix ans le livre quand même), l'intérieur est plutôt sympathique à lire.

Cassandra Jamiston tente de mener une vie normale. Sauf que la jeune femme est une ancienne voleuse et que la vie normale l'ennuie. Alors, lorsqu'elle apprend qu'un vieil ami a été assassiné et qu'il lui confie une mission de la plus haute importance, elle va se jeter dans l'action. La voilà qui doit retrouver quatre triangles, un par élément, afin de pouvoir mettre la main sur la pierre philosophale, avant le mystérieux Cercle du Phénix.

J'ai aimé beaucoup de chose dans ce roman, à commencer par tout ce qui concerne la partie alchimiste. Bon, c'est un sujet que je trouve passionnant et que je connais un peu (mais vraiment un peu, parce que c'est un truc vachement complexe en fait). Du coup, forcément, trouver un roman qui en parle et tente de donner des explications pas trop compliqué, moi, ça me branche. Encore plus quand cette partie se mêle étroitement avec une enquête (pas policière, mais enquête quand même) plutôt pas mal foutu ou l'on retrouve cryptage, labyrinthes, secrets, mensonges et trahisons. Bref, tout ce que j'aime. 

Le roman gagne beaucoup par son histoire, du moins pour moi. Entre un thème qu'on ne rencontre finalement pas tant que ça (enfin que je n'ai pas rencontré souvent du moins) et des intrigues secondaires qui ne laissent pas de marbres non plus, il avait vraiment tout pour lui. Sauf que ce ne fut pas totalement le cas. S'il y a de l'action, on se retrouve souvent avec beaucoup de temps morts. Ça pourrait ne pas être gênant puisque l'autrice se sert de ces temps morts pour rendre ses personnages plus "humains", je dirais. Seul problème, c'est que les dits personnages ont une fâcheuse tendance à s’apitoyer sur eux-même. Exemple, Cassandra est un personnage passionnant, une aventurière comme on en voit peu à son époque, mais elle est tellement si peu sûre d'elle qu'elle passe une bonne partie de son temps à se demander si elle fait bien. Une fois, deux fois, ça passe, mais à chaque fois, ça devient un peu lourd. Le pire étant Julian Ashcorft. Le lord anglais est un super personnage pour plein de chose. Il est intelligent, plutôt débrouillard, ami fidèle et gay. Et il passe son temps à se lamenter, encore plus à partir du moment où commence sa liaison (une liaison gay donc qui passe comme lettre à la poste vu qu'elle n'a rien des vieux clichés)(et ça fait plaisir autant le dire).

Au final, malgré les lenteurs et les pleurnichements de certains, j'ai vraiment aimé. Parce que l'histoire restant prenante, qu'on a envie de savoir comment la pierre philosophale va être découverte (étrangement, je me fichais totalement de ce qu'elle allait devenir, je voulais juste savoir par quel mécanisme elle était cachée) et que faut bien le dire, Cassandra est un personnage vraiment sympa à suivre. Bref, un bon petit roman historique/ésotérique qui m'a bien plus.

lundi 19 février 2018

Le secret des Tombes, Ariana Franklin

J'ai pris ce roman parce que la couverture me plaisait beaucoup beaucoup et que la quatrième parlait de légende arthurienne. Bon, par contre c'est un tome trois. Faudrait voir à l'annoncer de manière un peu plus claire hein. Mais en même temps, ce n'est pas grave du tout puisqu'il se lit de manière totalement indépendante des autres de ce que j'ai pu voir.

 Le secret des Tombes, Ariana Franklin

Editeur : 10/18
Collection : Grands Détectives
Année de parution : 2017
Titre en VO : Relics of the Dead
Année de parution en VO : 2009
Nombre de pages : 402

A lire si :
- Vous aimez les enquêtes historiques
- Vous appréciez les héroines qui ne se laissent pas vraiment marcher sur les pieds.
- Vous aimez le douzième siècle anglais

A ne pas lire si : 
- Vous ne voulez pas de temps mort
- Vous voulez que l'Histoire soit totalement respectée.

Présentation de l'éditeur : 

Au XIIe siècle, les moines de Glastonbury ont découvert deux étranges squelettes enterrés dans leur cimetière – l’un est grand, comme celui d’un guerrier, l’autre est petit avec de longs cheveux blonds. L’île d’Avalon se situant à Glastonbury, il pourrait s’agir des restes du roi Arthur et de la reine Guenièvre. Les moines l’espèrent. Un incendie vient tout juste de détruire leur abbaye et ils ont désespérément besoin de reliques pour attirer les pèlerins, leur source de revenu. Le roi Henry II a également besoin de la preuve de la mort du légendaire Arthur. Il veut empêcher ses sujets gallois réfractaires de croire qu’Arthur pourrait revenir et prendre la tête d’une révolte contre lui. Mais Henry doit en avoir la certitude, il fait donc appel à la Confidente des Morts, l’anatomiste Adelia Aguilar, pour qu’elle examine les os. Quelqu’un s’oppose pourtant à l’identification de ces squelettes et est prêt à tuer pour arriver à ses fins.

Mon avis

S'il y a bien une chose qui va me faire prendre un roman plus qu'un autre c'est bien l'évocation des légendes arthurienne. Depuis que je suis enfant, je suis fascinée par Arthur et ses chevaliers, encore plus si l'histoire se place dans un environ historique un peu plus "vrai" que ce qu'on peut retrouver dans les écrits de Chretien de Troyes (qui a largement déplacé l'époque supposée du Roi Arthur pour que ça colle avec l'idée de romantisme qu'on connait tous du coup)(alors que celui qui semble le plus proche d'être Arthur aurait plutôt vécu vers le 5° siècle ou pire le 6°). Alors forcément, Le Secret des Tombes a atterri dans mes mains même si Arthur n'en est pas le personnage principal mais un simple ressort dans une enquête. C'est aussi comme ça que je me suis fait avoir sur le fait que ce soit un troisième tome. Trop contente de retrouver Arthur, je n'ai pas fait attention. Mais comme je le disais en introduction, ce n'est pas grave du tout. Les enquêtes d'Adelia Aguilar peuvent parfaitement se lire dans le désordre, du moins celle-ci. Bon j'ai trouvé quelques références aux deux précédents tomes mais c'est franchement pas gênant du tout.

Adélia Aguillar est médecin. Forcément, nous sommes au 12° siècle, ce n'est pas vraiment une profession pour une femme. Pourtant, Henri Plantagenet va faire une nouvelle fois appel à elle pour résoudre une énigme et pas des moindres. Alors que l'abbaye de Glastonbury est détruite par le feu, on y découvre un cercueil qui pourrait bien contenir les corps d'Arthur et Guenièvre. Pour Henri, c'est l'occasion de mettre fin à une vieille légende et en même temps à la rébellion des Gallois. Encore faut-il prouver que les corps appartiennent bien au Grand Roi et à son épouse. Mais ce n'est pas la seule énigme que va rencontrer Adélia durant son périple. L'une de ses amies va disparaître sans laisser la moindre trace et il lui faudra aussi trouver qui a incendié l'abbaye. 

J'avoue que je ne m'attendais pas à grand chose du roman, si ce n'était une enquête intéressante sur Arthur et en apprendre un peu plus sur Glastonbury (j'apprécie les romans historiques pour ça, j'en apprends toujours un peu plus). Je suis tombée sur un roman vraiment mais alors vraiment passionnant pour beaucoup plus de chose. 

On commence avec son héroïne, Adélia Aguillar. Déjà choisir pour personnage principal une femme, qui plus est médecin (alors qu'à cette époque-là, elle est plus facilement taxée de sorcière que de femme savante, faut bien le dire), au 12° siècle est un gros pari. Parce qu'il faut réussir à la rentre réaliste par rapport au siècle où se déroule l'histoire et qu'il faut l'intégrer dedans tout en restant un temps soit peu moderne (en gros pas en faire une héroïne trop trop forte et pas du tout emmerder par son métier). Et Ariana Franklin y arrive plutôt pas mal. Elle en profite même pour placer deux trois réflexions féministes sur la place des femmes et pas qu'au 12° siècles. Ensuite, on trouve en bonne place Mansur, seigneur Maure de son état qui se fait passer pour le médecin du groupe. Bien que je l'ai trouvé parfois un peu trop effacé, j'ai apprécié sa présence. Par contre, pourquoi faut-il dans ces histoires que le Maure soit toujours effacé, ultra gentil et grand sage ? (je veux dire que franchement, ils n'étaient pas tous comme ça, pourquoi toujours utilisé ce poncif-là et ne pas faire des personnages plus ambigus comme cela peut-être fait avec d'autres ?). Les autres personnages ne sont pas en reste et surtout, surtout, ils permettent de traiter tout plein de thèmes vachement sympathiques.

Et dans ces thèmes, on retrouve la place de la religion, de la science, celle des femmes, celle de la justice et le tout pas seulement au 12° siècle. Mais pas que, puisqu'il sera aussi question de tolérance. J'ai vraiment apprécié que l'auteure ne se borne pas à l'époque de son histoire, qu'elle y place aussi des réflexions bien plus moderne. Et même si parfois elle semble un peu timide sur certaines choses, il lui arrive de ne pas y aller par le dos de la cuillère. En même temps, je suis en train de me demander depuis un moment si cela ne vient pas tout simplement du fait que se soit une femme qui écrit. Je trouve que beaucoup de thème abordait par les femmes le sont de manière un peu plus virulente que si c'était un homme qui le faisait. 

Au final, j'ai clairement adoré ce roman, même s'il souffre parfois de quelques temps morts. J'ai adoré les trois (oui trois et non pas une seule, ce qui est plutôt sympathique, surtout qu'elles sont finalement imbriquées les unes aux autres de manière fort intelligente) enquêtes, les personnages (même ceux un peu plus effacés) et surtout les réflexions qu'on retrouve dedans. J'ai passé un très agréable moment avec Adelia Aguilar et sa troupe et je vais plus que surement me trouver les deux premiers tomes. Pas tout à fait un coup de cœur mais presque. Ça faisait longtemps.

dimanche 13 août 2017

Labyrinthe, Kate Mosse

Ce livre appartient à ma maman et cela faisait un moment que j'avais envie de le lire. Faut dire que rien que de lire dans la même phrase Carcassonne, le Graal et les Cathares, il avait de quoi me plaire. Et puis, je trouve que l'été est toujours une bonne période pour un roman mélange historique et enquête.

Labyrinthe, Kate Mosse

Editeur: JC Lattès
Collection : /
Année de parution : 2006
Titre en VO : Labyrinth
Année de parution en VO : 2005
Nombre de pages : 592

A lire si :
- Vous aimez les romans historiques
- Vous aimez aussi lorsque l'historique et le contemporain se mélangent
- Vous voulez découvrir un bout de l'histoire Cathare

A ne pas lire si :
- Vous voulez que ça aille vite
- Vous vous attendez à un thriller bien angoissant.

Présentation de l'éditeur :

Juillet 1209 : Dans la cité de Carcassonne, Alaïs, jeune fille de 17 ans reçoit de son père un manuscrit qui, prétend-il, recèle le secret du véritable Graal. Bien qu’elle n’en comprenne ni les symboles ni les mots, elle sait que son destin est d’en assurer la protection. Elle doit, au prix d’une foi inébranlable et de grands sacrifices, préserver le secret du labyrinthe, secret issu des sables de l’ancienne Egypte voilà plusieurs milliers d’années. 
Juillet 2005 : Lors de fouilles archéologiques aux environs de Carcassonne, Alice Tanner, trébuche sur deux squelettes. Dans la grotte où gisent ces ossements, elle découvre un langage ancien, mais qu’il lui semble possible de déchiffrer, gravé dans la roche. Elle finit par comprendre, mais trop tard, qu’elle vient de déclencher une succession d’événements terrifiants. Son destin est désormais lié à celui que connurent les Cathares, huit siècles auparavant.

Mon avis

J'adore la ville de Carcassonne qui se trouve à quelques une heure et demie de route de chez moi. C'est un endroit où j'aime me promener, que je redécouvre à chaque fois. Je garde encore un très bon souvenir de ma visite du château comtal d'ailleurs. il faudrait que j'y retourne pour la faire découvrir à mon mari et à ma fille. Et puis, ça fait un moment que je n'y suis pas allée. Alors, pour me permettre de patienter avant septembre (la meilleure saison pour y aller pour moi, moins de monde mais aussi moins de chaleur), je me suis plongée dans ce livre.

Le roman commence en 2005, lors de fouille archéologique. Alice découvre par hasard une grotte mystérieuse où est gravé un labyrinthe. Sans le savoir, elle vient de poser l'une des dernières pièces d'un mystère vieux de plusieurs millénaires. Car cette grotte et ce qui s'y cache sont l'objet de toutes les convoitises. Mais pour mieux comprendre ce qu'il s'y cache, l'auteure nous embarque en 1209, à peine un peu avant les croisades menées en pays d'Oc. Là, nous allons suivre Alaïs, fille de l'intendant de la cité de Carcassonne. A dix-sept, la jeune femme va découvrir elle aussi le secret qui sera plus tard cachée dans la fameuse grotte. 

J'apprécie généralement les doubles lignes temporelles. J'aime d'ailleurs lorsqu'elles se mêlent de manière intelligente. Ici, l'auteure a choisi une sorte de "réincarnation", du moins de lien entre les deux héroïnes (je n'en dirais pas plus pour ne pas trop spoiler)(même si on comprend la chose assez rapidement). Un choix pas forcément inédit, mais plutôt intéressant quand bien foutu. Est-ce le cas ? Oui et non. Disons que je m'attendais à un peu mieux, pas juste de simple réminiscence ou rêves de la part d'Alice. Surtout qu'elle ne se pose pas trop de question sur le pourquoi du comment (jamais vu une héroïne qui se laisse porter par les évènements à ce point, fonçant tête basse sans réfléchir la moindre seconde).

Si la double ligne temporelle est bien sympa (mais n'importe au final pas grand chose de plus, la seule ligne moyen-âge aurait très bien pu être la seule à mon avis), il y a eu certaines choses qui m'ont un peu découragé au début du roman (et pas seulement le binge-watching de Sense 8...). D'abord la lenteur de la mise en place. Kate Mosse est amoureuse de la cité de Carcassonne, elle y a d'ailleurs une maison. Et autant le dire que cela se sent. Les descriptions de la cité sont bien là et bien longues aussi. Alors, oui, c'est intéressant, oui, ça nous plonge dans l'ambiance moyenâgeuse mais que c'est long. Personnellement, cela a même failli me faire abandonner le livre. Arrivée au tiers de celui-ci, l'histoire n'avait toujours pas réellement avancée. Finalement, j'ai tenu le coup, et ça a commencé à aller un peu mieux vers la moitié du livre (le dernier quart allant du coup on peu trop rapidement par contre).

Autre chose qui m'a un peu dérangé, les personnages. Les deux héroïnes, Alaïs et Alice sont très semblables et finalement assez plates toutes les deux. Comme je le disais, elles se laissent un peu trop porter par les évènements. Si Alaïs est un peu plus combative, elle n'en reste pas moins un personnage assez ennuyeux à suivre. Quant à Alice, elle aurait pu être tellement mieux... Heureusement, les secondaires sont là pour mettre un peu de piment dans tout cela. Mais ils manquent de profondeur eux-aussi. Sur un roman aussi long, je me serais attendue à mieux. Par contre, un personnage que j'ai presque apprécié (et pas seulement pour son prénom), c'est Oriane, la méchante de la partie moyen-âge. Bien qu'ultra stéréotypée, elle a ce petit plus qui fait que chaque apparition est presque palpitante. 

Reste enfin l'histoire en elle-même. Mélangé quête du Graal et Cathare était une bonne idée, je trouve. Les deux sont aussi mystérieux l'un que l'autre. Il est dommage que le roman soit finalement trop linéaire et surtout trop prévisible (et cette fin est trop conventionnelle et happy end à mon goût). Par contre, j'ai appris certaines choses sur les cathares et les croisades que je trouvent particulièrement passionnantes. Sur les recherches historique, l'auteure ne sait pas foutue de son lecteur. 

Au final, je suis assez déçue de cette enquête historico-ésotérique. Ce qui aurait pu être un très bon roman pèche par sa lenteur et ses personnages peu dévellopés. C'est bien dommage car il aurait pu être bien plus passionnant que ce qu'il l'est. Il avait de très bonnes idées mais elles sont un peu gâchés par le reste. Bref, une lecture en demie-teinte, vu que je ne peux pas dire que je n'ai pas tout aimé. 

mardi 19 juillet 2016

Le Marteau de Thor, Origines tome 2, Stephane Przybylski

Alors que le troisième tome d'Origines est sorti en juin, je lis enfin le second acheté pourtant fin novembre. Ma PAL est bien trop grande pour que j'arrive à tenir le rythme des séries en ce moment, il faut bien que je me l'avoue (quelques 66 livres papiers et numériques en tout, ça commence à faire, va falloir faire baisser tout ça avant cet automne).

/!\ spoiler sur le tome 1 /!\

Le Marteau de Thor, Origines tome 2, Stephane Przybylski

Editeur : Le Belial'
Collection : /
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 480

A lire si
- Vous voulez vous plonger dans une aventure que n'aurez pas forcément renier Indiana Jones
- Vous voulez voir ce qu'il a pu se passer (un peu) au début de la seconde guerre mondiale côté allemand
- Vous voulez une histoire prenante

A ne pas lire si 
- Vous voulez juste un roman, rien de plus
- Vous voulez voir souvent Saxhäuser 

Présentation de l'éditeur 

Fin 1939. La mission archéologique de l’Ahnenerbe est un échec : l’extraordinaire découverte faite dans la vallée du Nahr al-Zab-al-Saghir semble aux mains de l’ennemi anglais, et Friedrich Saxhäuser est porté disparu au large de Madère... Heinrich Himmler ne peut tolérer pareil camouflet, d’autant que ce qui a été mis au jour dans le Kurdistan irakien se révèle à ce point stupéfiant, impensable, que l’ensemble des forces en présence, à l’aube du plus grand conflit que l’humanité ait jamais connu, pourrait s’en trouver balayé... Aussi, alors que la Wehrmacht écrase la Pologne et que les Einsatzgruppen de Heydrich déchaînent l’enfer dans les rues de Varsovie, le regard des chefs nazis se tourne-t-il vers l’Ouest. Retrouver la cargaison du Siegfried est désormais crucial : l’Allemagne hitlérienne s’apprête à abattre le Marteau de Thor sur l’Angleterre...

Mon avis

J'avais beaucoup aimé le Chateau des Millions d'Années, premier tome d'Origines. J'avais hâte de lire la suite mais comme d'habitude, ma PAL étant ce qu'elle est et n'arrêtant pas de trouver d'autres lire que j'avais plus que hâte de lire, je ne l'ai finalement fait que maintenant (c'est fou comme certains livres prennent le dessus par rapport à d'autres...)(ou comme j'ai pas de volonté en fait). Je me suis tout de même replonger avec bonheur dans cette saga se situant à l'époque de la seconde guerre mondiale mêlant l'historique à la SF comploteuse à petit alien vert (enfin pas vraiment vert).

La fin du premier tome n'annonçait rien de bon pour Friedrich Saxhäuser, l'équipage du Siegfried et surtout sa cargaison. On reprend quasiment au même moment mais on quitte aussi le fil rouge du premier tome pour découvrir de nouveaux personnages mais aussi une intrigue qui semble presque secondaire (mais qui ne l'est surement pas). Pour rappel, Saxhäuser était donc porté disparu, voire même mort en mer au large de Madère, les anglais avaient mis la main sur le Siegfried. Forcément, Hitler, du moins Himmler, ne va pas laisser faire. Il va envoyer l'un de ses agents, Ziegler récupérer la cargaison. Sauf qu'il va aussi devoir faire équipe avec l'Ahbwer, les service secrets allemands (grande différence avec les services secrets SS) et que Ziegler sera accompagné d'Erchingen, ancien compagnon d'arme de Saxhäuser. Les deux hommes vont donc en Angleterre retrouver un agent dormant là-bas, la belle Maud. A eux trois, ils vont donc tenter de ramener la cargaison en Allemagne. Et pendant ce temps Saxhäuser semble être presque aux abonnés absents, chose que j'ai un peu déploré quand même.

L'intrigue est, comme pour le premier tome, coupé par un certain nombre de flashback donnant plus de consistance à l'action et surtout nous en apprenant plus sur les personnages mais aussi sur la partie Histoire. C'est une chose que j'avais vraiment beaucoup apprécié dans le tome 1, je continue à le faire dans le deux. J'apprécie aussi voir ce début de seconde guerre mondiale côté allemand. L'auteur ne fait toujours pas de propagande nazi, il use même de personnages qui sont bien loin finalement de l’idéologie de Hitler ou même, ils réfléchissent à celle-ci pour s'en éloigner doucement. Il use aussi de personnage à l'idéologie nazi bien ancré sans toutefois en faire de bons gros fanatiques comme on peut parfois le voir. Oui, l'être humain n'est pas que noir ou que blanc, il est bourré de nuance. Il n'en reste pas moins que l'on commence à apercevoir les crimes du régime nazi (l'euthanasie des plus faibles et des handicapés, la haine des juifs et des non aryens, l'invasion de la Pologne...). 

Même si on se prend d'affection pour Ziegler, Maud et d'Erchingen, qui sont les personnages centraux de ce second tome, on en oublie pas que deux d'entre eux sont des fanatiques capables du pire pour Hitler et ses idées. Sur Maud cela se voit énormément. C'est un personnage complexe et vraiment super bien foutu qui nous permet de voir comment certaines personnes se sont fait endoctrinés et ce qu'elles sont capables de faire. A l'inverse, Ziegler, pur produit nazi depuis son enfance ne nous montre pas grand chose sur ce point. Quant à Erchingen, j'ai apprécié le voir douter, comme à pu le faire Saxhäuser dans le tome 1. Ce sont d'ailleurs des personnages assez complémentaires je trouve. Du côté anglais et américain, on trouve aussi des personnages peu manichéens. Le lieutenant Rourke est un sacré connard, monsieur Lee l'homme mystérieux qu'il était déjà. Les politiques, de tous les pays concernés ne sont pas vraiment mieux. Quand je disais que l'être humain est bourré de nuances, j'avoue que là parfois, on part quand même souvent dans le foncé. Peut-être à cause de la période historique et de tout ce qu'elle implique et impliquait à l'époque.

A côté de ça, le fil rouge avance un peu et se mêle donc les extra-terrestres à l'Histoire. Si pour le moment ils ne sont pas si présent que ça, j'ai l'impression que ça va pas mal changé. Entre leur prise de contact avec Saxhäuser mais aussi les révélations qu'ils lui donnent, on se doute bien qu'ils vont finir par mettre leur nez dans les affaires humaines. Les complotistes s'en donneraient à cœur joie en lisant les quelques passages avec eux (et les quelques passages avec les américains aussi tiens). Ce qui est fort sympathique par contre, c'est que la partie SF se mêle vraiment bien aux parties Histoire et histoire (celle du roman quoi). Parce que pour le moment, elle n'est pas ultra invasive que ça et qu'elle matche fort bien avec tout le reste. 

Et pour ne pas gâcher le tout, Przybylski nous offre pas mal d'action, de l'espionnage, une superbe poursuite dans les landes de Cornouailles et pas mal d'explication de ce qu'il a pu réellement se passer en 1939 (et avant et même après) tout en restant dans le roman. on tourne les pages sans s'en rendre compte tellement tout est bien mis à sa place, tout semble clair et la tension bien présente. C'est un vrai régal à lire, que se soit sur l'aspect fiction ou historique. Sans parler du petit lexique à la fin qui fait du bien (surtout avec les termes bien allemands dont, pour ma part, je ne comprends pas la moitié).

Au final, ce second tome est tout aussi bon que le premier même si personnellement je regrette de ne pas avoir vu un peu plus mon agent SS préféré (qui aurait cru que je dirais ça un jour ?). J'ai hâte de mettre la main sur le troisième tome en librairie (et de le lire une fois acheté et pas six mois plus tard).

mercredi 4 mai 2016

Nom de code : Verity, Elizabeth Wein

Ce qu'il y a de bien avec les opérations Bragelonne, c'est que j'ai toujours un livre à lire même des mois plus tard. Celui-ci, j'ai mis un moment à le sortir de la PAL et à le lire aussi. Disons qu'il ne me disait pas grand chose, par peur de tomber sur un genre que je n'apprécie pas des masses, ou dans le pathos le plus insupportable. Qu'en est-il réellement ?

Nom de code : Verity, Elizabeth Wein




Editeur : Castelmore
Collection : /
Année de parution : 2014
Titre en VO : Code Name Verity,
Année de parution en VO : 2012
Format : epub

A lire si : 
- Vous voulez une histoire d'espionnage et de résistance
- Vous voulez une belle amitié
- Vous voulez voir la seconde guerre mondiale autrement que par les militaires

A ne pas lire si :
- Vous voulez un documentaire sur la seconde guerre mondiale
- Vous voulez beaucoup d'action

Présentation de l'éditeur : 


Il me reste deux semaines à vivre. Ensuite, je sais que vous me tuerez. C'est le sort que vous réservez à tous les espions que vous coincez, non ? Alors autant coopérer, si ça peut m'éviter les interrogatoires brutaux du capitaine SS von Linden. Je vais vous livrer tout ce que je sais de l'effort de guerre britannique : les codes, les lieux, les modèles d'avion... Tout a commencé le jour où j'ai rencontré Maddie.
Le pilote qui m'a conduite jusqu'en France, c'était elle. Nous avons tenté une invasion en tandem. Nous formions une équipe du tonnerre.


Mon avis

Nom de code : Verity m'avait plu au moment de son acquisition grâce à la période de son histoire. La seconde guerre mondiale est tout de même fort proche de nous et elle reste pour beaucoup la pire chose qui est pu arriver dans toute l'Histoire (et on comprend parfaitement pourquoi). J'ai d'ailleurs dans ma famille un grand oncle qui fut envoyé dans les camps de concentration (il en a fait trois au total). C'est une période encore très fraîche dans nos mémoires et qu'il faut malheureusement pourtant rappeler à certain. Et pourtant, malgré cela, j'ai mis des mois et des mois à le sortir de la PAL. Et j'ai mis longtemps avant de réussir à dépasser la première partie, à tel point que j'ai carrément failli l'abandonner. La faute à la fin de la quatrième de couverture qui m'annoncer une sorte de sismance voire carrement de la romance. Et ça, ça a tendance à me faire un peu peur, surtout que j'ai toujours l'impression que l'on va tomber dans le mièvre. Vive les préjugés, je suis d'accord, mais bon.

Le roman se découpe en deux parties, et la première a été très longue à lire. Nous y découvrons une jeune femme anglaise, récemment arrêtée par la gestapo et qui, suite à torture, à passer un marché avec les officiers de celle-ci. Elle va leur livrer tout ce qu'ils demandent. Commence alors pour elle des jours et des jours à écrire tout ce qu'elle sait sur les avions et les bases anglaises. Pour cela, elle va remonter assez loin, raconter l'histoire de Maddie, son amie, la pilote qui l'a mené en France, et comment, elle en est arrivée à son arrestation. 

Et là où cela à pécher pour moi, c'est clairement dans la narration. Parce qu'il faut avouer que ce qu'elle nous raconte est particulièrement intéressant et que l'autrice a essayé le plus possible de coller avec la réalité historique. Ainsi, nous découvrons grâce à cette jeune femme, toutes ces personnes dans qui ont œuvré pour l'effort de guerre derrière les armées, que se soient les opératrices radios, les pilote de l'ATA (air transport auxiliary) ou encore la WAAF (woman's auxiliary Air Force). Malheureusment, le tout est écrit de manière à mettre la larme à l'oeil du lecteur la plupart du temps et se transforme en machin un peu trop mièvre à mon gout. Sans parler du fait que le tout est assez impersonnel et qu'on ne peut avoir le temps de s'attacher à Maddie, ou même à la narratrice durant les passages où elle nous parle du traitement que lui font subir les nazis. Alors, souvent, j'ai eu envie de refermer le roman et de laisser tomber. Et cela jusqu'à bien 40% de celui-ci. Et puis, d'un coup, tout va soudainement plus vite et notre narratrice devient enfin un peu plus intéressante. Et à partir de là, alors que j'avais mis presque deux semaines pour lire ces 40%, j'ai mis deux jours pour finir le bouquin.

Pourquoi ? parce que la narratrice et le style change. Bienvenue à Maddy et à la Résistance. Au niveau historique, c'est toujours particulièrement intéressant. Maddy se retrouve en France, doit en sortir et pour cela, elle doit compter sur l'un des réseaux sur place. C'est encore un autre aspect de ces hommes et femmes de l'ombre que l'autrice nous présente ici. Avec les résistants, nous avons forcément un peu plus d'action et des scènes bien moins mièvres mais tout aussi triste que dans la première partie. Mais surtout, cette seconde partie permet d'apprécier un peu plus la première. Parce que Julie, la narratrice, l'espionne anglaise prise par les allemands, se révèle réellement. Alors qu'on aurait pu avoir tendance à la détester pour lâcher autant d'information, on comprend petit à petit son véritable but. Sans parler que la vision de la sismance entre elle et Maddie, vu par cette dernière, est bien plus forte. Ou que les personnages étoffent un peu plus (forcément, ce n'est plus un rapport mais le récit de Maddie). 

Au final, je suis donc fort mitigée sur ce livre. J'ai aimé toute la partie historique, malgré les approximations et les erreurs, j'ai aimé la seconde partie, la manière dont le tout s'emboite au final. J'ai moins apprécié la première partie et là est le problème. J'ai failli tout lâcher parce que je n'y arrivais pas avec le style du récit. C'est bien dommage, vu que je pense ne pas être la seule que cela peut déranger. A cause de cette première partie, j'ai donc failli passer à côté du livre.


mardi 5 avril 2016

La Saga des Favorites, Jean des Cars

Après avoir lu l'histoire des Romanov, je me relance dans l'une des sagas historiques de Jean des Cars. Cette fois, je m'attaque aux favorites, qu'elles soient de France ou d'ailleurs.

La Saga des Favorites, Jean des Cars

Editeur : Pocket
Collection : /
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 380

A lire si :
- Vous vous interessez à l'Histoire
- Vous voulez en savoir plus sur ces femmes qui ont fait l'Histoire dans l'ombre

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de vulgarisation

Présentation de l'éditeur : 

Après le succès de La Saga des reines, Jean des Cars signe les étincelants portraits des favorites les plus célèbres. Proches du pouvoir, et l'exerçant parfois d'une manière clandestine, elles forment un galant cortège de femmes à qui de grands hommes doivent beaucoup.
Qu’est-ce qu’une favorite ? Le mot, sans doute d’origine italienne, signifie qu’une femme « a les faveurs » d’une personne de haut rang. Elle ne se contente pas d’être une maîtresse, elle dispose de moyens, a une influence politique, économique ou artistique ; elle obtient des résultats, heureux ou calamiteux. Rien ne se fait ou se défait sans elle.
Les égéries retenues par l'auteur ont toute joué un rôle en raison de leur emprise sur un monarque, prince-président, roi, empereur, qu'il soit marié, veuf ou célibataire : Agnès Sorel, Diane de Poitiers, Gabrielle d'Estrées, Louis de la Vallière, la marquise de Montespan, Mme de Maintenon, les soeurs de Nesle, la marquise de Pompadour, Mme du Barry, Zoé du Cayla, Lola Montez, Miss Howard, Katia Dolgorouki, Blanche Delacroix, Magda Lupescu et Wallis Simpson.
Une quinzaine de portraits de femmes qui ont bousculé l'Histoire du monde. Pour le meilleur et pour le pire.

Mon avis

Je ne me lasserais jamais des livres comme celui-ci. J'aime la vulgarisation de l'Histoire autant que j'aime l'Histoire en elle-même. Surtout lorsque cette vulgarisation-là porte sur des femmes dont on entend parler en cours d'Histoire mais sans plus alors qu'elles ont souvent une importance bien plus grande que ce que l'on pense. Les favorites des rois, nous en connaissons quelques unes, surtout les françaises, mais pas toutes. On ne sait pas forcément qu'elle fut leur vie, ni même comment elles sont devenues favorites. On sait ce qu'elles ont pu faire pendant qu'elles occupaient cette fonction, et encore. 

Jean des Cars en a choisi quelques unes, les plus connues, d'autres qui le furent un peu moins, des françaises et des étrangères. Un choix que je trouve intéressant et qui en plus de cela me permet de découvrir un peu d'autres monarchies. On commence avec les favorites des rois de France de la première connue (Agnès Sorel) à la dernière (Zoé du Cayla), puis aux étrangères avec la favorite que ce soit celle du roi de Bavière Ludwig I, de l'empereur Napoléon III, du tsar Alexandre II, du roi de Belgique Leopold II, du roi de Roumanie Carol II ou encore du roi d'Angleterre Edvouard VIII. 

Si l'on découvre toutes ces femmes, leurs vies avant et après avoir attiré la tête couronnée, j'ai eu parfois l'impression que l'on s'attardait bien plus sur leurs royaux amants. Et ce qui devrait être une saga des Favorites devient une saga des rois à maîtresses. Je suis bien d'accord qu'il faut pouvoir les comprendre eux pour comprendre comment elles ont pu devenir si importantes à leurs yeux, mais parfois, c'est trop. On s'éloigne de la favorite, on ne s'interesse plus qu'au roi. D'ailleurs, deux d'entre eux ayant eu plusieurs favorites (Louis XIV et Louis XV), nous avons un "chapitre" sur eux où elles se retrouvent donc mélangées aux autres. Ainsi pour ces deux rois, nous n'avons finalement que peu d'information sur celles qui partageront leurs vies, bien plus sur eux. Mais ce n'est qu'un petit détail.

Comme pour la Saga des Romanov, Jean des Cars fait de sa saga une sorte de petit roman. Il n'hésite pas, en se basant toujours sur divers livres et experts historiques, à romancer ce qu'il écrit. Ainsi, tout ce lit plutôt facilement sans toutefois en oublier l'aspect historique réel. Et il est assez impressionnant de voir que à quel point l'amour n'est pas forcément présent, que les convenances ont eu raison de certaines histoires ou encore que finalement, c'est plus le pouvoir qui intéressait que l'homme, du moins pour certaines. Plus intéressant encore, l'inversion des rôles pour certains où la favorite prend le pas sur son amant (Miss Howard en est le plus bel exemple). 

Au final, malgré le fait que l'auteur s'interesse finalement plus aux têtes couronnées qu'aux favorites sur une bonne partie de sa saga, j'ai aimé me plonger dans toutes ces époques et épopées. C'est définitivement trop court, surtout lorsque vienne s'y mêler guerres ou intrigues mais ça donne un très bel apperçu de toutes ces femmes. Bref, une bonne vulgarisation historique qui donne envie d'en savoir un peu plus sur certaines de ces femmes.

vendredi 5 février 2016

La Saga des Romanov, Jean des Cars

Je crois que cela c'est remarqué vu les derniers avis que j'ai posté, mais j'aime l'Histoire. Dans mes résolutions de l'année, il y avait lire un peu plus de non-fiction. Autant donc commencer avec un livre sur l'Histoire. Et comme la Russie et les Romanov m'ont toujours attiré, il ne fallait plus grand chose pour que je lise cette biographie de la Russie Impériale.

La Saga des Romanov, Jean des Cars

editeur : Perrin
Collection : Tempus
Année de parution : 2015
Nombre de pages :  413

A lire si :
- Vous voulez en connaitre plus sur tous les Romanov
- Vous voulez quelque chose d'assez romancé

A ne pas lire si :
- Vous voulez des dates à n'en plus finir

Présentation de l'éditeur : 

La Russie ne cesse de retrouver son passé impérial. Cette spectaculaire réconciliation a débuté en juillet 1998: lors de l'inhumation des restes de la fusille du dernier tsar, assassinée à Ekaterinbourg en 1918, Boris Eltsine demande publiquement pardon pour " les crimes du bolchevisme, du stalinisme et de leurs successeurs ". Jean des Cars, témoin privilégié de cette cérémonie, raconte coalisent la dynastie des Romanov, de 1613 à 1917, est à nouveau entrée dans l'Histoire. Si quelques hautes figures comme Pierre 1er le Grand ou Catherine II ont toujours été estimées, on assiste au retour dans la mémoire collective de Paul 1er Alexandre 1er ou encore Alexandre III. Le temps des tsars est reconsidéré après la désinformation imposée par la Révolution, la guerre civile et la dictature. Et la Russie d'aujourd'hui découvre enfin ses souverains, ceux qui ont bâti le plus vaste pays du monde. "La Russie vit à l'heure d'un grand pardon."

Mon avis

J'ai une passion pour les Romanov depuis, je l'avoue, que j'ai visionné Anastasia, le dessin animé de la Fox Animation Studio (et non pas de Disney, même si Don Bluth, l'un des réalisateurs sortait de chez eux)(ça c'est dit...). Alors que le dessin animé est totalement faux d'un point de vue historique (par exemple, les Romanov sont assassinés à St-Petersbourg dans le film, alors que dans la réalité, ils le sont à Ekaterinbourg, ou encore Raspoutine est toujours en vie, alors qu'il est mort en 1916, soit avant les Romanov), il m'a permis de faire une première fois connaissance avec cette famille si emblématique de la Russie. Il ne faut finalement pas grand-chose pour qu'une fillette de 11 s’intéresse à la fois au Pays et à la famille qui l'a gouverné durant tout de même trois siècles.

La sage des Romanov nous plonge dons à la découverte de ses hommes et femmes qui ont fait la Russie. Il commence par un avant-propos expliquant qu'en 2008 (année de parution du livre originale) les russes redécouvrent leur héritage et surtout réhabilite la mémoire des tsars. C'est fort intéressant, bien que très politique (forcément) pour ensuite partir sur les origines de la famille et des Stars Romanov. Ca va assez vite jusqu'à ce qu'on arrive à Pierre I, dit Pierre le Grand. A partir de là, et jusqu'à Nicolas II (qui n'est d'ailleurs pas le dernier Tsar, puisqu'il abdiqua en faveur de son frère qui régna une seule journée avant de faire de même) en passant par Catherine la Grande ou encore Alexandre I nous allons découvrir les différentes Tsars et Tsarines, certains plus rapidement que d'autres (la vie et surtout la Déchéance de Nicolas II et donc le déclin de la Russie Impériale prend une bonne place à la fin)

Ce que j'ai beaucoup apprécié c'est que nous n'avons pas seulement une longue suite de date d’événements importants (naissance, guerre, mort et j'en passe). Jean des Cars est un passionné (ça se sent vraiment), et il parle autant de guerre que de vie familiale et même de ceux qui ont entouré le Tsar. Il s'attarde sur des détails, passe rapidement sur d'autres choses, essai de nos offrir une vision intéressante et surtout pas ennuyeuse du personnages. Et il y arrive. Il faut dire aussi que les douze Romanov présentés offrent pas mal de personnalités différentes et avaient tous un petit quelque chose de différent des autres. Quelques exemples ? Pierre le Grand a fait exécuter son fils aîné (oui carrément, parce qu'il n'était pas d'accord avec lui)(en gros), Catherine II détrône son époux, son fils, Paul I, est connu pour être déséquilibré, il sera d'ailleurs assassiné avec la complicité, explicite du moins, de son fil Alexandre I (en fait, celui-ci ne fera rien pour sauver son père, alors qu'il se doute qu'il va être assassiné), Alexandre I dont la mort est plus que suspecte, puisque après celle-ci, un ermite sera considéré comme étant lui (et en plus, sa tombe est vide...). On ajoute à cela, les maîtresses, les amants, les complots et autant le dire, on ne s’ennuie pas une seconde et cela sans parler des petites guerres de maison, de vie politique extérieure ou des alliances/mésalliances qu'il y a pu avoir. Comme sa famille dirigeante, la Russie a plusieurs fois changé de visage et est riche d'un passé extrêmement mouvementée.

Mais Jean des Cars ne nous parle pas que des hommes et femmes, il parle aussi de la Russie elle-même, la personnifiant totalement, tout comme il va le faire de Saint-Petersbourg. Il est d'ailleurs fortement intéressant de voir comment et pourquoi la ville fut créée ainsi que la guerre entre elle et Moscou. Je connaissais la naissance de la capitale des Tsars, mais absolument pas l'importance de ce déplacement de capitale dans la vie russe (en fait, la ville représente la modernité voulue par Pierre le Grand, qui voulait se défaire des vieilles valeurs pour faire sortir la Russie du Moyen-âge). L'évolution du pays à partir du règne de Pierre I est incroyable par la vitesse qu'elle met à devenir moderne mais aussi par la lenteur dont elle s'est fait preuve régulièrement. Peu de Tsar et Tsarine auront finalement réussi à la faire évoluer réellement, mais lorsqu'ils y ont arrivé, ils l'ont plutôt bien fait. 

Au final, la saga des Romanov est dense, à l'image de ceux dont elle porte le nom mais absolument pas ennuyeuse. Elle est écrite pour être parlante aussi bien à des personnes qui connaissent le sujet qu'à des profanes. En plus de ça, la vie de ces hommes et femmes ainsi que de l'empire russe n'a rien à envier aux grandes sagas de fantasy (persuadée que le Trône de Fer, à côté, c'est rien quoi).




jeudi 28 janvier 2016

Noire Lagune, Charlotte Bousquet

Ayant particulièrement apprécié les livres déjà lus chez Gulf Stream, je voulais voir un peu ce que pouvait donner leur collection Courants Noirs. Connaissant un peu l'écriture de Charlotte Bousquet, c'est donc sur l'un de ses romans que mon choix s'est porté. Un choix aidé par le fait que le tout se passe à Venise, ville que j'aimerais tant découvrir.

Noire Lagune, Charlotte Bousquet

Editeur : Gulf Stream
Collection : Courants Noirs ou les Poches (le mien fait parti de la collection Poche, mais j'avoue préféré la couverture de celle Courants Noirs)
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 286

A lire si :
- Vous voulez un livre Young Adult
- Vous voulez que l'Histoire se mêle à l'histoire du roman
- Vous voulez une héroïne qui n'a pas froid aux yeux mais qui a des faiblesses

A ne pas lire si :
- Vous voulez garder une image de Venise propre sur elle
- Vous n'aimez pas les multi points de vue dans un même chapitre

Présentation de l'éditeur : 

Dans les brumes de décembre, les cloches de San Zanipolo chassent les âmes en peine. À l’aube du carnaval, la cité des Doges s’éveille sur des cris : tordu dans une affreuse posture, une salive noirâtre aux commissures des lèvres, le corps dans vie d’un imprimeur est découvert derrière un étal de marché. Ce n’est que le premier cadavre aux lèvres noircies, la peste est de retour en ville ! Peste… ou complot ? Seule Flora, une jeune courtisane, entrevoit la vérité. Mais qui la croira ? Veronica Franco, sa tutrice ? Galeazzo Foscarini, qu’elle aime sans espoir de retour ? Les jours passent, le fantôme de Dandolo, le doge sanguinaire, revient semer le trouble dans les esprits. Le mal se répand, apportant son lot de violences et d’injustices pour un cortège macabre. Et tandis que les Vénitiens, terrifiés, cherchent des boucs émissaires, les vrais coupables poursuivent leur oeuvre de mort.Risquant sa vie, Flora ne pourra compter que sur son sang-froid pour noyer dans les eaux sombres de la lagune les malédictions de Venise…

Mon avis

Il faut croire qu'en ce moment, j'aime beaucoup les romans qui mêlent imaginaire et Histoire. J'avoue être une passionnée d'Histoire, de quasiment toutes les époques d'ailleurs et j'adore pouvoir me documenter tout en prenant plaisir à lire. J'essaie donc de choisir des livres sur des périodes qui me sont moins connues ou même totalement inconnues. Oui, j'adorerais visiter Venise (et Florence et Rome aussi) mais je connais peu son histoire. C'était donc l'occasion de faire quelques découvertes sur la ville, les épidémies de pestes tout en redécouvrant le charme de l'écriture de Charlotte Bousquet.

Noire Lagune se déroule donc à Venise, durant le carnaval de l'année 1579. Un homme est retrouvé mort. Il a tous les symptômes de la peste. Les jours passent et d'autres meurent dans les mêmes circonstances. Flora, jeune fille de seize ans, apprentie courtisane et pupille de Veronica Franco (une courtisane qui exista donc réellement et qui fut d'ailleurs l'une des plus célèbres de Venise), se trouve être le témoin d'un de ses étranges crimes. Elle va mener l'enquête, aider par Galeazzo, un jeune spadassin dont elle est amoureuse. Tous les deux vont mettre à jour ce qui semble bien être un complot contre la Sérénissime.

L'histoire est particulièrement bien menée et surtout rythmée. Il y a très peu de temps mort, l'enquête avance tranquillement et même si Charlotte Bousquet nous annonce rapidement qui est l'adversaire de Flora, j'ai pris plaisir à voir comment elle allait pouvoir le confondre. D'ailleurs, si d'habitude, je râle un peu lorsqu'on me donne le "méchant" si rapidement, là, ça ne m'a pas dérangé, surement parce que nous avons plusieurs points de vue par chapitre et que le sien est agréable à avoir pour comprendre les motivations des autres ainsi que les siennes. De plus, c'est plutôt bien foutu jusqu'à la fin où l'on se demande ce qu'il va se passer et même comment Flora et Galeazzo vont découvrir son identité.

D'ailleurs, parlons un peu des personnages. Les deux jeunes héros, Flora et Galeazzo m'ont beaucoup plus dans le sens où ils ne sont pas des supers détectives et qu'on peut voir d'eux aussi bien les forces que les faiblesses. Leur histoire commune est aussi très bien mise en scène, et j'avoue que mon cœur de midinette souffrait en même temps qu'eux dans certaines situations. Les autres personnages sont eux aussi bien fait. Il me semble que les personnages réels (Veronica Franco, les Venier) sont plutôt fidèle à leur modèle. En tout cas, cela est sur pour la Franco. Quant aux personnages un peu plus secondaires, ils ne sont pas non plus laissé pour compte. Du coup, nous avons un agréable "bestiaire" de la population vénitienne qui nous permet aussi de voir à quel point tout n'est pas rose à Venise.

Il en va de même pour la ville d'ailleurs. Nous passons plus de temps dans les bas-fond et les quartiers populaires de Venise que dans les beaux quartiers. Du coup, on découvre forcément un autre visage de la ville, pas forcément plaisant mais terriblement instructif sur ce qu'elle a pu être à l'époque. Si j'avoue aimé les fastes des cours et autres, voir ce que pouvait être la vie des gens du peuple est tout aussi intéressant. Surtout qu'ici, Charlotte Bousquet n'oublie personne, nous parlant des juifs et de leur ghetto, des créateurs de masque, des prostituées ou autre. Mais cela ne s'arrête pas là, le roman est suivi par quelques annexes tout aussi passionnante sur le carnaval et plus particulièrement ses masques, la peste, les grandes familles présentées ou encore la guerre de Lépante et les chats, bref, beaucoup de chose qui peuvent aider à la bonne compréhension de l'histoire et qui nous permette d'en savoir plus sur l'Histoire de la ville.

Tout cela en fait un roman policier et historique qui se lit très bien et qui en plus est passionnant. J'ai vraiment aimé découvrir ce Venise-là et les personnages réels ou non qui peuvent la peupler. C'est vraiment un livre accessible pour les adolescents, comme pour les plus grands. Et puis, les petits bonus de la fin sont tout aussi sympa, et pour tout dire, j'aimerais bien en savoir plus sur Veronica Franco, qui me semble avoir été une féministe avant l'heure et une femme tout à fait passionnante.