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mardi 25 avril 2023

Des étoiles à l'infini, Blanche Morah

 Bon, on va pas se mentir, j'ai eu beaucoup de mal avec ce roman. J'ai même failli l'abandonner. Je n'ai tenu que parce qu'il me faisait rire en fait. C'était mon premier essai en romance new adult. Et je ne savais pas que le New Adult, ça voulait surtout dire romance érotique ici (oui, enfin, ça, on verra après). Bref, disons que j'ai même hésité à faire mon avis ici.

Des étoiles à l'infini, Blanche Morah

Editeur : autoedition (il me semble)
Collection : 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romances
- Vous n'avez pas peur des clichés

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les clichés.

Présentation de l'éditeur : 

Rachel est une élève brillante, avec des rêves plein la tête. Son ambition dans la vie : conquérir les étoiles. Et elle est bien décidée à tout mettre en œuvre pour y parvenir, à travailler un jour dans l’aérospatial. Dans ce but, elle intègre une classe prépa dans une Université toulousaine, prépa spécialisée pour les étudiants se destinant aux grandes écoles de l’Aerospace Valley. Au programme : du travail, du travail, et encore du travail. Cela ne la dérange pas. Toute sa vie est consacrée à la réalisation de son rêve ; pas de sortie, pas de distraction, pas de garçon. Elle ne vit et ne respire que pour l’Espace. Jusqu’à sa rencontre avec son nouveau tuteur, à l’Université. Il est beau, tatoué, piercé, et son allure de bad boy la fait totalement craquer. Mais pour Chris, Rachel n’est qu’une gentille gamine. Sauf que l’amitié peut se transformer en amour. Il n’y a pas qu’en fusée qu’on peut visiter les étoiles. Une romance sur un premier amour doux, tendre et passionné.

Mon avis

Je me suis largement faite avoir par la quatrième de couverture.  L'idée d'avoir des personnages évoluant dans le domaine universitaire de l'aérospatiale m'a plu, vu que j'aurais adoré faire ça. J'avais juste oublié une chose, on parle de romance ici. Et la romance, elle prend clairement le pas sur absolument tout, nous faisant rapidement oublier le décors dans lequel les personnages évoluent. A la base, je dois dire que ça ne m'aurait pas tant gêné que ça. J'aime bien les romances, moi, en fait, même si j'en lis rarement (enfin, plutôt si je lis rarement de la romance pure). J'aime bien aussi de temps en temps tomber sur de l'érotique. Ca non plus, ça ne me dérange pas outre mesure (du moins quand c'est bien dosé). 

Mais alors, c'est quoi mon problème avec des Etoiles à l'infini ? Tout simplement, les clichés. Ca commence par les personnages. Lui est beau, piercé, tatoué, bad boys en puissance, mais avec un coeur gros comme ça. Sauf qu'il a une réputation de baiser avec tout ce qui a des seins et que, même si c'est vrai, ça lui plait pas tant que ça. Elle, elle a pas encore dix-huit ans, elle ne vit que pour ses études, est vierge, n'a jamais eu de copain et ne veut surtout pas en avoir parce que les études. Mouais, vous le sentez venir, n'est-ce pas ? Ben ça ne rate pas. Ils sont attirés l'un par l'autre, malgré les différences. En même temps, je n'oublie que je lis de la romance.

Et ça aurait pu être sympa, hein. Si on avait oublié deux trois choses : les clichés. D'habitude, je m'y fais plutôt pas mal. Mais pas là. Déjà, je n'ai pas beaucoup apprécié la manière dont Rachel voit les deux autres filles de sa classe (l'une est taxée de pétasse, l'autre d'autisme, grande classe). Chris a les mêmes travers. A part Rachel, les filles sont juste là pour qu'il couche avec (exemple, il s'en tape une parce qu'il ne peut pas le faire avec Rachel, qui est toujours mineure)(bon, ils ne sont pas ensembles à ce moment-là)(n'empêche, on apprécie...). D'ailleurs, je trouve qu'on s'attarde beaucoup sur le sexe du monsieur (et pas seulement parce qu'il a un piercing là aussi). Le type pense beaucoup avec, un peu trop à mon gout. Et je vous parle de son passé malsain, là où elle est pure comme pas possible (ça aussi, ça revient souvent, il veut pas la toucher à cause de ça, il veut pas faire si à cause de ça, il veut pas faire ça parce qu'elle est innocente). 

Enfin, les voilà qu'ils arrêtent de se tourner autour et qu'ils passent à la vitesse supérieure. Et là, c'est festival de lever d'yeux vers le ciel. J'étais ravie de lire ces parties là à la maison et pas au café, comme d'habitude. Du moment où ils sortent ensemble, ils ne pensent plus qu'au dix-huit de la demoiselle, âge où il va enfin pouvoir l'honorer. Le truc, c'est que là, on tombe sur quelques bons points dans la romance : déjà, le sexe, ça peut être cool sans pénétration (mais le coup du "Oh, j'ai jouis" m'a achevé), ensuite, le sexe, c'est si elle veut (par contre, trois chapitres pour décrire la première fois, c'est un peu long). Mais à chaque bon point, on se retrouve avec un truc qui va pas : il est clean, elle a un implant, cool, faisons le sans le préservatif tout en lui promettant de ne pas éjaculer en elle, ce qu'il ne fera pas, dans le feu de l'action... C'est elle qui décide, mais quand elle commence à être un peu trop tendue par la peur, au lieu de voir si c'est ok, il la chauffe un peu plus sans rien lui demander (et comme c'est durant un chapitre où il est narrateur, pas moyen de savoir si elle va vraiment bien). Et puis, il y a les dialogues, où je me suis demandée si l'autrice faisait exprès de choisir les pires phrases à dire au lit juste pour me faire marrer.

Bon, vous aurez bien compris que ce n'est pas du tout passé pour moi. Malgré de bons points (le consentement par exemple, l'amour sans pénétration aussi), il y a trop de choses qui m'ont fait levé les yeux au ciel, ou rire, pour que je prenne le roman au sérieux. Il manque un véritable enjeux je trouve (parce que là, on a juste l'impression que c'est couché avec la fille dès qu'elle est majeure, l'enjeu), des personnages bien moins stéréotypés et de vrais situations conflictuelles pour que j'apprécie. De plus, les parties qui se voulaient érotiques étaient tellement bourrés de clichés que franchement, ça ne m'a rien fait du tout. Bref, un échec pour moi.

lundi 12 décembre 2022

Les Hurlements Noyés, Stanley n'est pas mort, tome 1, Malone Silence

 Je suis Malone Silence depuis un bon moment sur tweeter et j'ai enfin pu m'offrir son tout premier roman, Les Hurlements Noyés il y a peu. J'ai mis un certain temps à le lire, parce qu'il le demande vraiment ce temps, et j'ai clairement beaucoup aimé. 

Les Hurlements Noyés, Stanley n'est pas mort, tome 1, Malone Silence


Editeur : Malone Silence
Collection : 
Année de parution : 2022
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous voulez un roman inclusif
- Vous voulez un roman très axé sur la psychologie de ses personnages

A ne pas lire : 
- Vous n'aimez pas la violences sous ses diverses formes

Présentation de l'éditeur : 

Le monde rend malade. A vingt-huit ans, Stanley Ellington se débat dans un océan de traumatismes. Il sort le nez de l’hôpital psychiatrique sans savoir s’il est prêt à affronter la vie, telle qu’elle l’attend. Au fond de son cerveau se tapissent toujours ses pires ennemies : sa dépression, et ses capacités médiumniques. Ce don qui n’en est pas un, cette malédiction qui suscite fascination, terreur ou envie.
Pour Allison Griggs, cette envie a depuis longtemps tourné à la convoitise. Elle aussi attend Stanley, affûtant ses couteaux dans le secret d’une forêt qui change sans cesse de visage. Et les enjeux du vol des dons de Stanley dépassent largement ces deux âmes, les dernières dont le monde souhaite la rencontre.
C’est l’histoire de gorges qui ont trop crié, de cœurs broyés, de hurlements assourdis et de solitudes qui se fracassent les unes contre les autres. Parfois, de l’espoir qui subsiste, naît une relation bancale embellie par la sincérité. Parfois, il semble que l’empathie et l’humanité aient une chance de l’emporter. Mais au-dehors, l’Apocalypse menace d’éclater, et les chiens ne cessent de hurler.

Mon avis 

Les hurlements noyés n'est pas un roman à prendre à la légère. Du tout. Je préfère le dire dès maintenant, Stanley, le héros souffre de dépression et l'auteurice ne nous épargne pas grand chose à ce sujet. D'ailleurs, iel ne nous épargne pas grand chose sur d'autres sujets qui peuvent être autant de Trigger Warning (dans l'idée, il est sujet ou l'on retrouve mention de violence, violence conjugale, viol, mutilation et d'autres, mais il y a aussi des scènes assez graphiques de violence). Même si d'habitude, ça ne me dérange pas vraiment de lire ce genre de sujet, j'avoue qu'ici, j'ai parfois été mal à l'aise devant ce que j'ai pu lire, parce que ça fait vraiment "vrai".  Il y a une raison à ça, le vécu de son auteurice et la manière dont iel raconte son histoire.

Comment vous décrire les hurlements noyés ? C'est un premier roman qui tape fort, dans l'horrifique, dans le psychologique et dans l'imaginaire de sae lecteurice. C'est un roman qui reste après lecture, parce qu'il est perturbant sur bien des points, parce qu'il a aussi un côté étrangement lumineux sur d'autre. Les personnages qui le peuplent sont fascinants à suivre, nous entrons directement dans leur psyché, nous apprenons à les aimer, à les détester, à avoir peur pour eux etc... Malone Silence use du flux de pensée à la manière d'une Virginia Woolf et iel fait ça parfaitement. C'est un des points que j'ai beaucoup aimé. Déjà parce que j'aime ce genre, mais surtout parce qu'ici il est parfaitement utilisé, je trouve. Je veux dire, nous voilà directement dans l'esprit, les pensées des personnages. Ils ont tous leur voix, leur manière de vivre, de penser et il n'est quasiment pas possible de se tromper sur celui que nous suivons au moment de la lecture. Ce n'est pas toujours facile à mettre en place, ça. Là, c'est bien géré et ça nous immerge toujours plus.

Autre chose de marquant, ensuite, ce sont les thèmes abordés dans le roman. Nous en avons quelques uns, pas des plus simples, comme la dépression, le deuil, la mort, le suicide, l'emprise physique et mentale etc... Tout cela pourrait donner un roman très sombre, et il l'est. Oh, oui, les Hurlements Noyés est sombre. Et dur. Or, étrangement, et même si nous sommes forcément pris par tout ça, même si nous tremblons pour qu'Allison ne trouve pas les membres de la Famille enfuis ou Stanley, même si nous tremblons à l'idée que Stanley ne finisse par tout laisser tomber, nous gardons espoir. Pour moi, un personnage y est pour beaucoup là-dedans, à savoir Vicky. Ne pensez pas qu'elle respire la joie de vivre, ce n'est pas le cas. Elle aussi à ses démons. Mais c'est pour moi le personnage le plus lumineux du bouquin, celle qui finalement comprend peut-être le mieux Stanley, la moins intéressée par ses pouvoirs et ce qu'il peut offrir. 

Un autre personnage que j'ai beaucoup aimé, c'est Allison, qui est l'antagoniste. Allison, c'est un peu la somme de tout les maux que l'on peut trouver. La Lumière de la Famille (la Famille, j'ai oublié de le préciser, étant une secte) apparait comme une femme au-dessus de tout, les sentiments, les autres êtres humains, elle-même. Et pourtant, pourtant Allison a une certaine fragilité. Bon, il faut creuser très profond pour la voir. En fait, Allison n'est pas le seul personnage comme ça, dans un sens, ielles le sont tous-tes, mais chez elle, ça ressort encore plus je trouve. Et puis, bien sûr, il y a Stanley, a qui j'ai eu envie de faire des câlins (de loin par contre) presque tout le roman. Il a ses traumatismes, son pouvoir, son empathie, sa gentillesse. Sous la dépression qui prend beaucoup de place, on y trouve un personnage qui ne se définie que par ça. Autant dire qu'il est rare de tomber sur ce genre de personnage là. D'habitude, comme pour Allison d'ailleurs, on tombe plus sur un bon vieux cliché (le dépressif qui n'a de goût pour rien ni personne, qui se fiche du monde autour de lui parce que La Dépression, ou l'antagoniste qui n'a pas le moindre sentiment et qui se fiche de tout et tout le monde), ici, rien de tout cela donc, et des personnages finalement plus vrais que nature (le fait l'auteurice connaisse la dépression n'y est pas pour rien, soyons bien d'accord). 

Je pense que je vais finir là mon avis, parce que sinon, je vais spoiler (il y a des passages dont j'aimerai bien parlé un peu plus, l'interlude entre Stan et Vicky sur le toit ou la première confrontation entre Stanley et Allison, mais ça pourrait spoiler je crois). Je finirais donc en vous disant que clairement, j'ai aimé. Le roman est prenant, exigeant aussi. Il n'est pas à mettre entre toutes les mains, ça je l'accorde. Mais si vous pouvez le lire, lisez-le (d'ailleurs, la liste des TW se trouve sur le site de l'auteurice).

vendredi 5 août 2022

L'Ombre dans la pluie, Rozenn Illiano

 Oui, encore un livre de Rozenn ! Quand on aime on ne compte pas, et ce n'est donc pas avec celui-ci que je vais arrêter. L'Ombre de la pluie fait partie de ces romans qui m'attirent direct avec un combo couverture-titre impeccable. De la pluie, un corbeau/corneille, du sombre. Tout pour me plaire. Et l'intérieur est à l'image de tout cela.

L'Ombre dans la pluie, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : 
Année de parution : 2021
Format : mobi

A lire si : 
-Vous aimez les ambiances sombres et la pluie.
- Vous n'avez pas peur de vous frottez aux fantomes et autres esprits.
- Vous aimez Oxyde

A ne pas lire si : 
-

Présentation de l'éditrice :

Parfois, les regrets nous hantent aussi sûrement que les fantômes…
Oxyde est un clairvoyant, un sorcier aux multiples pouvoirs qui s’avère aussi puissant que paumé. Il vit à Paris et bosse pour un patron de boîte de nuit mafieux à qui il rend de nombreux services ésotériques – et pas toujours légaux.
Un jour de novembre, son ami Edgar, prêtre et exorciste, lui parle d’une vieille affaire, celle d’une jeune religieuse possédée morte dix ans plus tôt. Ils ont échoué à la sauver et ne se sont jamais pardonné cet échec. Oxyde surtout, qui n’en a gardé aucun souvenir.
Aujourd’hui, Edgar y voit une occasion unique de réparer leurs erreurs. Mais l’esprit ne se laisse pas chasser ; pire, il réveille des blessures oubliées et des démons qu’Oxyde avait réussi à endormir au prix d’innombrables sacrifices. Cette enquête surnaturelle au cœur de Rome parviendra-t-elle à éteindre ses regrets, ou au contraire attisera-t-elle la magie incontrôlable qu’il possède et qui l’a toujours effrayé ?
Fantômes, secrets ancestraux et sœurs exorcistes, suivez l’Ombre dans la pluie !

Mon avis

Vous voulez un roman pour commencer dans le Grand Projet de l'autrice où l'on voit directement ce cher Oxyde ? Le voici. L'ombre dans la pluie est clairement une entrée pour ça. Parfaite ? Je ne saurais dire. Je trouve que le Phare aux Corbeaux remplit un peu mieux cette place parce qu'Oxyde n'en est pas le personnage principal et qu'Agathe et Isaah sont moins présent que lui par la suite (du moins pour l'instant, j'espère toujours les revoir un peu plus que sur quelques lignes)(d'ailleurs Agathe fait une infime apparition ici, sachant que le Phare et l'Ombre se passe presque au même moment de ce que j'ai compris). Mais ceci n'est que ce que j'en pense, vu que j'ai quand même eu l'occasion de lire plusieurs livres du Grand Projet. D'ailleurs, L'Ombre dans la pluie se place dans la partie très urban fantasy du projet, avec le Phare, mais aussi Town (qui devrait être réécrit) ou encore Onirophrénie (qui se trouve aussi dans ce que j'appelle moi la partie Rêve du Grand Projet). Bref, passons au roman.

Le Père Aidan a été appelé pour vérifier un cas de possession. Lorsqu'il se rend sur les lieux, il découvre une femme possédée par un esprit déclamant plusieurs noms, dont celui du père Auguste et de ses apprentis, Joseph (qui est l'un des noms d'Oxyde) et Edgar. Connaissant un peu le cas, il va demander conseil à l'un des concernés, Edgar, pour mener l'exorcisme. Le jeune homme, devenu prêtre y voit l'occasion de réparer les erreurs que lui et Oxyde,  ont pu commettre dix ans plus tôt. Mais la nouvelle tentative tourne court elle aussi. Pire, le collège des Exorciste s'en mêle et amène Angela, la possédée à Rome. Mais surtout, tout cela a réveillé chez Oxyde pas mal de blessures. Pour aider Angela et tenter d'avoir des réponses sur un passé qui lui échappe encore et toujours, il va partir avec Edgar pour Rome.

Autant vous le dire de suite, j'aime énormément Oxyde et ça depuis la première fois où j'ai croisé sa route. C'est un personnage complexe, clairvoyant de son état (sorcier presque tout puissant dans l'univers de Rozenn), il a eu une enfance apparemment pas simple, a vécu pas mal de merde, a vendu son âme (avec son nom et ses souvenirs) et puis, il a eu la chance de rencontrer le père Auguste, le premier à avoir enfin cru en lui en plus de son jumeaux astral, Elias. Oxyde prend d'ailleurs ce nom juste après la rencontre avec Auguste lorsque celui-ci décide de le prendre comme apprenti. C'est aussi à ce moment qu'il va faire la connaissance d'Edgar, un sorcier lui aussi. S'il commence à rééquilibrer son Karman, il n'en reste pas moins violent et complètement perdu. Dix ans plus tard, il est plus calme mais reste tout aussi paumé. Sans souvenir, sans identité première (parce qu'il a lui-même forgé Oxyde mais qu'il ne sait toujours pas qui il est réellement), il reste un danger, du moins, c'est ce qu'il pense et qu'on lui répète souvent. Alors, oui, pour lui, comprendre l'esprit qui hante Angela et qui le hante aussi d'une certaine manière, ce serait un grand pas. 

L'ombre dans la pluie, c'est donc avant tout une histoire de mémoire. Celle qu'a perdu Oxyde, celle qui se cache dans les souvenirs de l'entité qui a prit possession d'Angela. Ce sont ces recherches qui vont nous conduire à Rome, et puis à l'exorcisme final. Rozenn Illiano va, petit à petit, faire resurgir les mystères et les indices. Elle fait ça d'une main de maitre. D'ailleurs, si j'ai vu deux trois choses avant qu'elles ne se passent, d'autres me sont un peu passé sous le nez, comme la révélation finale sur l'entité (je m'y attendais pas complètement en fait, alors que les indices étaient pourtant bien là). Le roman est aussi une histoire de rédemption, je trouve, pour certains personnages. Mais je crois que le tout va avec la mémoire et la perte. Que se soit Oxyde, Edgar ou Aidan, ou même certaines Soeurs (j'ai beaucoup apprécié les soeurs et leur rôle ici), tous sont à la recherche d'un pardon qu'eux seuls peuvent se donner. Comment souvent, il faut passer par certaines épreuves et ici, elle est de taille. Mais surtout, les personnages n'affrontent pas tout ça seul, même si parfois, ils tentent de n'en faire qu'à leurs idées. Ils s'entraident, quoiqu'il arrive. On en a un bel exemple avec la bromance entre Oxyde et Edgar. C'est deux là vont si bien ensemble, perturbés par leur pouvoir, s'aimant comment des frères et surtout, toujours là l'un pour l'autre. Aidan aussi comprendra que seul il ne peut rien, ni contre l'esprit, ni contre le vatican qui se place sur son chemin. 

Le tout est porté par une ambiance qui colle parfaitement au thème pour moi. Chez l'autrice, c'est toujours quelque chose qui m'émerveille, les ambiances. Il n'y a qu'à voir celle d'Erèbe par exemple, ou d'Onirophrénie. Ici, c'est froid, pluvieux, sombre. Il y a un côté très cinéma et film d'exorcisme quand on lit l'Ombre dans la Pluie. Ça m'a assez rappelé l'ambiance de l'Exorciste, pas la partie horrifique avec la petite fille possédée, mais les autres plans, comme celui de l'affiche. D'ailleurs, en parlant de partie horrifique, ici, il n'y a rien de gore dans les rites d'exorcisme. Je veux dire, on ne va pas voir de tête qui tourne ou autre jet de vomi et insanités. Ça reste violent, les esprits ne se laissant pas faire (ce qui peut se comprendre) et il y a du sang et des blessures, voire pire, ça peut être spectaculaire mais ce n'est jamais gore et le roman n'est pas un roman horrifique. Ce point, pour moi, c'est un gros plus. Même si j'apprécie l'horreur et qu'on pense souvent à ce thème avec des exorcistes, j'apprécie en fait que ce ne soit pas ici ce qui donne le ton du roman. C'est du fantastique qui donne une grande place à l'être humain, au regret et aux souvenirs. 

Une fois encore, je suis sous le charme des écrits de Rozenn Illiano (et j'ai enchaine ces derniers mois, puisqu'il y a aussi eu un roman dont je ne vous ai pas encore parlé). Sa plume a vraiment quelque chose de particulier. Un je ne sais quoi qui fait que je plonge toujours direct dans ses histoires avec un bonheur immense. Son Grand Projet (tiens au fait, je sais pas si je l'ai déjà dit, mais c'est le titre de sa saga, pas juste un moyen de la définir) s'étoffe et me plait de plus en plus. J'aime trouver les liens et connexions (on en voit quelqu'unes ici mais ça reste soft et vraiment, vous pouvez lire l'Ombre dans la Pluie sans le moindre problème si vous ne l'avez pas encore lu). L'Ombre prend une belle place dans mon petit palmarès des romans de Rozenn (pas très loin d'Erèbe et Onirophrénie, je pense). 

En conclusion : n'hésitez pas à le lire. Il sort le 30 Aout en trois formats, le classique, l'édition de luxe et la numérique (qui a Oxyde (coeur sur lui, vraiment) sur sa couverture, tandis que les deux papiers ont la couverture avec la corneille)(je précise quand même, on ne sait jamais)


mardi 7 juin 2022

Onirophrénie, Rozenn Illiano

 Avant toute chose, merci à l'autrice pour le service presse. Je n'en demande presque jamais voire, jamais, mais là, j'ai pas pu résister. Il faut dire que déjà, j'adore les romans de Rozenn et qu'Onirophrénie me fait de l'œil depuis très longtemps. Et puis, cela permet, à mon humble niveau, de la faire connaitre un peu plus. Alors, je joins l'utile (la faire connaitre un peu plus) à l'agréable (pouvoir la lire et avoir un nouveau coup de coeur). C'est parti.

Onirophrénie, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : /
Année de parution : 2018
Nombre de pages : 352

A lire si :
-Vous avez déjà lu Tueurs d'Ange de l'autrice (enfin, c'est pas obligatoire, mais disons que ça vous permettra de un, pas vous le spoiler, deux, mieux comprendre certains points)
- Vous aimez les romans en pleine apocalypse

A ne pas lire si : 

Présentation de l'éditeur :

Un jour de janvier, une tempête cataclysmique s’abat sur le monde. La lumière descendue du ciel ravage la Terre et lance un funeste compte à rebours, à la fin duquel il ne restera plus rien. Par chance, les marcheurs de rêves l’avaient prédit grâce à leur pouvoir si particulier, et la plupart d’entre eux ont pu se mettre à l’abri.
Comme eux, Lili survit à la catastrophe. Mais pour un temps seulement : son don ne lui obéit plus depuis longtemps. Démunie et tourmentée, elle rencontre alors Fañch, un adolescent jeté à la rue en raison de son homosexualité. Ensemble, ils errent au hasard, à la recherche d’une destination peut-être, d’un but, au gré de leurs failles et de leurs blessures?; des douleurs qui, tour à tour, font avancer ou reculer, paralysent, donnent de l’espoir ou découragent. Qu’espérer, en réalité, quand il n’y a que la fin au bout de la route ?

Mon avis

Onirophrénie : “Syndrome caractérisé par la présence d’un état confusionnel avec cauchemars, impression d’irréalité, désorientation, associé à des troubles sensoriels et à des troubles métaboliques (Méd. Biol. t.3 1972)”.

Comme je le disais, Onirophrénie me faisait de l'œil depuis un moment. Déjà parce qu'il a une couverture de fou, signée, comme toujours par Xavier Collette. C'est une de mes préférées du Grand Projet (avec celle d'Erèbe et d'Hiver et d'Ombres). Ensuite, parce que j'avais beaucoup aimé Tueurs d'Ange (et Oracles aussi, ensuite, je n'ai pas pu finir de lire la série, mais c'est pas grave parce qu'elle va être réécrite cette année) et que le roman en est une sorte de spin-off. Mais surtout, il y a Lili, son pouvoir déréglé et tout le mystère qui l'entoure pour moi. Lili, je sais que c'est l'un des perso préféré de l'autrice, je sais qu'elle est importante et elle m'intrigue. Mais vraiment. Alors, je me suis jetée dans le roman, et je n'en suis ressortie que quelques jours plus tard, avec une sensation étrange, du vide mais pas que. Je ne pourrais pas vraiment vous expliquer, mais effectivement, connexion il y a eu entre Lili et moi, entre Fañch et moi aussi. Et finalement, ça donne que je vais en chier pour donner mon avis. Parce que je m'arrêterais bien à un simple : ceci est un énorme coup de coeur, mais je sens que vous en voulez quand même un peu plus.

Lili se réveille en pleine nuit, le 18 janvier 2016, suite à un rêve où une voix lui crie de faire attention. Juste à temps pour éviter de se faire écraser par les débris du mur de sa résidence. Cette nuit-là, une tempête sans précédent détruit tout. Et pour cause, le 18 janvier 2016 sonne le début de l'apocalypse. L'humanité n'en a plus que pour 600 jours avant que les anges ne la détruise complètement. Or, Lili le sait, ça, car elle est une Marcheuse de Rêves, elle est capable de voyager dans les rêves mais aussi d'y voir passé et futur. Alors qu'elle ne semble pas vraiment savoir ce qu'elle va faire de ces derniers jours, elle va rencontrer Fañch, un ado de dix sept ans. Les deux décident de rejoindre Paris, pour retrouver la mère du gamin et peut-être d'autres marcheurs de rêves. Commencent alors pour eux le voyage qui les mènera au bout de ces 600 jours. 

Comme je le disais, j'ai beaucoup aimé Lili. Lili, elle est pleine de faille : dépressive, absolument pas optimiste, solitaire... C'est un peu le personnage type de Rozenn (elle m'a fait pensé à Ana, mais aussi (vous ne la connaissez pas encore) à Isabelle (dans Inéluctable qui sort en aout)), ceux que j'aime beaucoup chez elle. Elle ne fait que très peu confiance aux autres, elle s'enferme en elle-même, parle peu, encore moins de ses pouvoirs et passe pas mal de temps à se dénigrer, surtout en ce qui concerne son oniromancie. Mais  côté de ça, quand elle finit par accorder sa confiance, elle le fait pleinement, sans rien attendre en retour. Fañch, lui, est un gamin solaire, presque toujours de bonne humeur, optimiste comme pas possible malgré ce qu'il a pu vivre jusqu'à la. Leur duo fonctionne tellement mais tellement bien. J'ai aimé voir leur amitié naitre, grandir. Petit à petit, la relation semble devenir quelque chose de très proche d'une relation de fratrie et c'est juste beau. Parce qu'ils ont leur failles, parce qu'ils font avec, qu'ils se protègent et s'épaulent quoi qu'il arrive. Parce qu'il ait bien question d'amour entre eux, de celui qui pourrait presque tout renversé et surtout qui pourrait bien les aider à guérir, l'un comme l'autre. Onirophrénie, c'est aussi ça comme histoire, plus que celle de la fin du monde annoncée. C'est une histoire d'êtres humain. On le voit très bien avec le duo principal mais pas que. Lili et Fañch vont croiser plusieurs groupes, des personnes qui tentent d'aller de l'avant aux premiers jours de l'apocalypse, encore plein d'espoir quant à la suite, des fanatiques religieux doublés de militaires qui n'en ont que le nom, des personnages qui vont chercher à les aider, d'autres à les détruire à cause des pouvoirs de Lili. On finit par retrouver tout le microcosme qu'on attend dans le genre apocalypse/postapo mais avec la sensibilité de son autrice. Ainsi, on s'attache à beaucoup de monde, alors même que l'on se doute que leur futur va s'éteindre très rapidement, d'une manière ou d'une autre. 

D'ailleurs, cette sensibilité, on la ressent beaucoup dans les divers évènements. Rozenn ne s'attarde jamais sur l'action elle-même mais plus sur ses conséquences. Le plus intéressant, reste la psyché des personnes, ceux qu'ils ressentent. Onirophréhie est un texte à la première personne, nous entrons directement dans les doutes de Lili. Personnellement, j'adore ça, quand on entre vraiment dans la tête du personnage. Après, ça peut paraitre des fois répétitifs (Lili peut parfois tourner en boucle sur certaines choses) et lents pour des lecteurs qui n'ont pas l'habitude. Lili et Fañch vivent pourtant beaucoup de péripétie et le roman est loin d'être lent ou sans "action" (dans le sens truc qui fout l'adrénaline parce qu'il faut courir). Alors, oui, on voit très peu les Anges (qui restent les ennemis) et quand ça arrive, ça ne dure pas des plombes. Non, comme dans Tueurs d'anges, d'ailleurs, la violence n'est pas forcément spectaculaire ou fantastique. Elle est bien plus humaine. Elle se cristallise dans le beau-père de Fañch qui l'a foutu à la rue parce que le garçon est homosexuel, dans les militaires qui vont s'en prendre à lui pour les mêmes raisons, dans la dépression de Lili et sa propre manière de se voir durant des années, 

Enfin, j'ai adoré pouvoir relier le roman à d'autres. C'est quelque chose que je n'aurais pas pu faire il y a quelques années, à la sortie du roman, parce que je n'aurais pas eu le bagage pour. Mais franchement, c'est toujours génial de voir les liens. Alors, forcément, il y a ceux avec Tueurs d'Anges et Town, puisque le roman en est un spin-off (mais franchement, j'aime pas le mot, pour moi, Onirophrénie est bien plus que ça) mais il y a aussi des liens avec d'autres romans, dont d'Hiver et d'Ombres (et j'ai eu une réponse à une de mes questions sur la fin du roman, ce qui du coup, me convient parfaitement. De même, j'ai eu un éclairage différent sur un personnage de Town que je n'avais pas du tout imaginer comme un marcheur de rêve du passé (et ça change un peu tout ce que j'ai pu croire sur lui en fait, ce qui en soit est génial, mais me déroute un peu).

Au final, c'est donc un gros coup de coeur. Pour Lili et Fañch que j'ai hâte de retrouver (watch me lire les nouvelles sur Lili dispo sur le site de Rozenn), pour ce moyen-là de tenter de vivre jusqu'à la fin. Et comme il faut en finir avec cet article, je n'aurais plus qu'une dernière chose à dire, la même qu'à chaque fois, lisez Rozenn Illiano.

lundi 16 mai 2022

D'Hiver et D'Ombres, Rozenn Illiano

 Un nouveau Rozenn, ça ne se refuse pas vraiment, surtout après le coup de cœur que j'ai eu pour Erèbe. Surtout quand ce nouveau roman se déroule du côté des Reveurs, et plus particulièrement ici de la guilde des Voyageurs dont j'ai déjà entendu parlé et que j'ai à peine croisé.

D'Hiver et D'Ombres, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection :/
Année de parution : 2022
Format : AZW

A lire si :
- Vous connaissez un peu le Grand Projet de l'autrice (mais c'est pas une obligation du tout)
- Vous voulez de l'oniro-fantasy

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de très linéaire.

Présentation de l'éditeur 

Loin, très loin, un monde solitaire plongé dans les ténèbres s’efface peu à peu, dévoré par un arbre couvert d’épines, ne laissant aucune trace derrière lui.
Ailleurs, une rêveuse perd le contact avec son dieu qu’elle entend pleurer chaque nuit, hantée par un hiver éternel qui menace de fondre sur son royaume.
À Mahéra, Filius, un éminent scientifique, construit un instrument lui permettant de se rendre en chair et en os dans les mondes qu’il voit dans ses rêves, et réunit une compagnie autour de lui afin d’explorer ces univers.
Partout, de tout temps, des Oniromanciennes édictent une prophétie depuis des milliards d’années, un message perdu puis retrouvé qu’elles se transmettent entre elles, annonçant la plus grande des menaces : le Rêve se meurt, et il entraînera avec lui la fin de tous les mondes.

Mon avis

L'histoire que conte Rozenn Illiano avec son Grand Projet devait bien avoir une sorte de début. D'Hiver et D'Ombres semblent en être un. Peut-être pas le début début, mais un début en tout cas. Celui de la guilde des Voyageurs. Une guilde dont j'ai entendu parlé, déjà dans certains romans. Parfois à demi-mot, parfois pas. Avec d'Hiver et d'Ombres, l'autrice nous raconte donc la création de la guide et aussi autre chose. Un autre chose qui risque de spoiler un peu donc, désolée.

Je vous ferais bien un résumé, j'ai commencé d'ailleurs, et puis j'ai tout effacé. Je crois que, premièrement, la quatrième de couverture suffit pas mal pour comprendre ce que nous allons lire sans trop en dire, deuxièmement, que je vais en parler par la suite de manière à ne pas faire de redite, troisièmement, que ça sera un peu bête de résumer le roman tant il est vaste et plein de surprises. Nous y suivons bien entendu Filius et la guilde des Voyageurs, mais aussi un certain nombre d'Oniromanciennes, certaines plus que d'autres. Tous les personnages, toutes les histoires sont liées entre elles d'une manière ou d'une autre et ce sont ses liens qui font avancé le lecteur. 

Autant le dire, le roman est dense. Sûrement le plus dense pour le moment de l'autrice, du moins dans ceux que j'ai déjà lu. C'est aussi le plus compliqué à suivre si on a du mal avec une narration non linéaire dans le temps (et aussi l'espace). Personnellement, c'est quelque chose qui ne me dérange pas des masses. J'aime me perdre dans les récits et ici, je suis servie. Si l'histoire de Filius et de ses compagnons est bien raconté de manière chronologique, ce n'est pas le cas des histoires des Sœurs du Silence, les Oniromanciennes qui prophétisent dans leurs rêves la fin des mondes. On ajoute à ça des univers à foison (certains provenant d'autre œuvres mais parfaitement intégré à l'histoire de Rozenn Illiano)(dois-je dire que j'ai sauté de joie en découvrant les cavernes de la Mer sans Etoiles ?)(nous partageons une même passion pour les œuvres d'Erin Morgenstern, ça aide), avec leur propre histoire (je vous raconte pas le boulot de dingue qu'il doit y avoir derrière tout ça), celles des Voyageurs et celles des Sœurs du Silence et la recherche d'une cohérence certaine entre les diverses parties du roman mais aussi une partie du Grand Projet et nous avons là un roman des plus ambitieux et passablement casse-gueule. 

Or, l'autrice réussit le pari d'avoir quelque chose de cohérent, passionnant, contemplatif et parfaitement onirique. Et franchement, moi, sur ça, je lui tire clairement mon chapeau. Surtout qu'en plus, si elle s'était déjà attaqué à la littérature vampirique, fantastique ou encore apocalyptique (voire les trois en même temps), elle n'avait encore jamais la fantasy. Enfin, de la fantasy... Disons que oui et non. D'hiver et d'Ombres en suit les contours de ce genre-là. Mais on le sait, la fantasy c'est vaste, ça le devient de plus en plus et franchement, j'aurais du mal à classer le roman dans un des sous-genres. Tout comme j'ai toujours du mal à vraiment qualifier le Grand Projet. Laird Fumble, sur son blog, a décidé d'appeler le travail de l'autrice "Oniro-fiction", je pense qu'il a trouvé le bon mot. Parce que vraiment, outre le fait que le Rêve soit au centre d'une bonne partie des ouvrages du Grand Projet, il a à effectivement quelque chose de très onirique à les lire. Cela se voit encore plus ici, où les Voyageurs ne rêvent plus pour aller de monde en monde mais le fond de manière physique. Parce que l'on perd tout ce que nous pouvons imaginer d'un rêve (les incohérences, les "pouvoirs" que le rêveur peut avoir etc...) mais pas la magie qui en découle.

Les personnages ne sont pas en reste non plus dans tout ça. J'ai beaucoup apprécié Filius, qui doute, qui ne sait pas toujours si ce qu'il fait est bien ou pas, qui n'a rien d'un véritable héros mais qui tente, tant bien que mal, de réaliser son rêve et de peut-être sauver le Rêve sans trop savoir comment faire. J'ai aimé ces compagnons même si je trouve dommage que parfois, ils s'effacent un peu trop pour lui laisser la place à lui.  J'ai aimé Layelis qui sait ce qui l'attend et qui y va quand même, comme la plupart des Soeurs du Silence.  Et que dire des trois personnages que nous découvrons réellement à la fin du roman (je peux pas en parler mais franchement, eux, je les ai vraiment adoré pour tout ce qu'ils représentent) ? 

Enfin, je parlerai un peu de l'ambiance et du style du roman. Vous vous souvenez peut-être quand je disais qu'Erèbe a la même aura que les romans d'Erin Morgenstern ? Ben voilà. Une fois encore, on est à ce niveau-là. Franchement, l'ambiance est juste folle. Le style de Rozenn Illiano s'affine encore un peu plus sur ce roman. Elle nous embarque à sa suite en quelques mots, nous faisant rêver en quelques lignes sur les divers univers que nous rencontrons. C'est beau, voilà. Même dans les pires moments du roman, ceux où tu sais que la catastrophe arrive, c'est beau. 

Alors oui, j'ai encore eu un coup de cœur pour un roman de Rozenn. Encore une fois, il m'a parlé, très fort. Ca a résonné en moi, un peu moins fortement que pour Erèbe, j'avoue, mais ça résonne. Franchement, je ne peux que vous conseiller de la lire. D'ailleurs, même s'il est dense, qu'on y trouve pas mal d'échos à d'autres romans, et qu'il peut paraitre je pense qu'il fait une bonne entrée en matière dans le Grand Projet. Il en est un début. En plus de ça, il peut tout aussi bien se lire seul (comme tous les romans de Rozenn d'ailleurs). 

lundi 7 mars 2022

Ceux qui restent, Sophie Castillo

 J'ai découvert Sophia Castillo avec sa trilogie de novella sur Wattpad (à savoir, sur le bitume, sous la cendre et tant que nous sommes vivants)(je n'arrive pas à me rappeler si j'ai écrits leur avis ici et surtout je ne trouve pas)(ce qui voudrait dire que je ne l'ai pas fait alors que je suis presque sûre que oui et ça m'énerve un peu). Elle a publié il y a peu Ceux qui restent qui n'est pas resté très longtemps ni dans ma Wishlist ni même dans ma PAL.

Ceux qui restent, Sophie Castillo

Editeur : Sophie Castillo
Collection : /
Année de parution : 2021
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les ambiances pesantes
- Vous voulez une protagoniste qui n'a rien de badass

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne
-Vous n'aimez pas les histoires de fantômes
- Vous possédez un ciré jaune 

Présentation de l'éditeur  

Et si le plus grand danger venait de l’intérieur ?
Après un road-trip à travers les États-Unis, Noah et Ava Seydi sont sur le point de regagner la France.
Mais quelques heures avant le départ prévu de La Nouvelle-Orléans, de violentes intempéries clouent soudain tous les avions au sol et les poussent à changer leurs plans.
Les jumeaux se rabattent alors sur le seul logement encore disponible en cette période d’Halloween : une vieille maison isolée qui fait froid dans le dos.
Ils n’ont pas le choix et font contre mauvaise fortune bon cœur.
IIs vont vite s’apercevoir qu’ils n’en sont pas les seuls locataires.

Mon avis

Sophie Castillo et moi avons quelques points commun : nous habitons dans le sud (à une cinquantaine de kilomètres environ d'ailleurs), nous aimons la SFFF et en écrivons (même si je suis plus branchée fantasy pour ma part) et puis sûrement bien d'autres je suppose (vu les références qu'on trouve dans le roman, je n'en doute même pas). Ava, sa protagoniste et moi, avons aussi des points communs dont un très gros : les troubles de l'anxiété généralisée. Alors forcément, il risquait d'y avoir une connexion entre le roman et moi. On ajoute à ça qu'il se passe en Louisiane, état qui me fait rêver depuis des années, qu'on a un huis-clos qui s'annonce passionnant et je me suis rapidement embarquée à la suite d'Ava et de son frère jumeau, Noah.

Nous les découvrons alors qu'ils doivent rentrer en France suite à un voyage à la Nouvelle-Orléans. Mais Gordon, un imposant cyclone va perturber leur plan. Obligés de trouver un abri, ils vont se retrouver dans une vieille maison coloniale, isolée de tout. Mais ce qui aurait pu être l'abri parfait pour se protéger de Gordon va devenir un véritable cauchemar... 

La première chose qui m'a marqué, forcément, c'est Ava. Déjà parce qu'elle est la narratrice et que ce sont ses mots que nous allons suivre. Ensuite, parce que dès le départ, je me suis reconnue en elle. Comme je le disais, nous avons quelques points communs elle et moi. Ses réactions, ce sont clairement les mêmes que les miennes à deux trois choses prêt. Ava a peur, pour beaucoup de chose. L'angoisse est toujours là, quoiqu'on fasse. Le moindre petit incident va la perturber. La foule ? idem. Alors imaginez-vous dès le début du roman dans un aéroport où l'on parle une langue que vous ne comprenez pas avec des gens qui commencent à s'exciter autour de vous. Perso, j'ai même trouvé Ava ultra courageuse là. Moi, à sa place, je serais déjà en train de faire une crise (mais il faut ajouter que je suis claustro et agoraphobe). Ce que j'ai apprécié, outre le fait qu'on se ressemble donc, c'est que rarement un auteur va mettre ce genre de personnage en avant comme ça. Je ne dis pas que ça n'existe pas, mais bien que je suis rarement tombée dessus. Ca peut d'ailleurs se comprendre, on peut vite tomber dans le perso super chiant qui se plaint et pleurniche tout le temps. Ici, Sophie Castillo évite cet écueil avec une Ava très anxieuse mais qui tente d'aller de l'avant. Elle est aussi épaulé par son frère jumeau, Noah. Bien moins angoissé qu'elle, plus pragmatique aussi, il sert de contrepoids par rapport à sa soeur. Il est la partie "normale" du duo, celui sur qui l'on peut se reposer. Noah, c'est le pilier d'Ava, celui qui sait comment la calmer, qui est toujours là.

Et autant dire qu'elle va en avoir besoin de son frère, notre Ava. Parce que la maison où ils se sont réfugiés est clairement angoissante. L'ambiance que met en place l'autrice petit à petit est prenante. Oh, vous n'allez pas avoir peur de suite, ne vous inquiétez pas. Mais tandis que Gordon fait son petit bout de chemin, vous allez sentir l'angoisse monter. Vous voyez un peu les romans de Stephen King, comme Sac d'os (qui fait une apparition d'ailleurs) ou Salem ou même Shining ? Ben voilà, Ceux qui restent, c'est un peu la même chose. Ca monte petit à petit sans jamais être gore ou complétement horrifique (même si ça arrive pour l'horreur). La maison joue un rôle important là-dedans (et elle existe en vrai)(et en moins hantée aussi), elle est elle-même un personnage de l'histoire, au même titre que les jumeaux et que les autres. J'apprécie beaucoup beaucoup quand les lieux ne sont pas juste là pour faire décoration et ici, dans ce huis-clos si oppressant, je suis ravie que ce soit le cas.

Mais il y a aussi autre chose qui m'a beaucoup marqué. Ceux qui restent ne raconte pas que cette histoire de maison hantée. C'est aussi une histoire de deuil. Là, ça devient compliqué d'en parler sans spoiler par contre. Comme son titre l'indique clairement, ceux qui restent parle, ben, de ce qui sont toujours là après un drame. Ca raconte comment on peut passer cette épreuve-là, de la difficulté de le faire. Ca raconte aussi la culpabilité que l'on peut éprouver et comment on finit parfois par s'y enfermer. Alors, oui, j'en ai déjà un peu trop dit mais c'est vraiment l'un des axes qui m'a profondément touché dans ce roman.

Je crois qu'on va pouvoir arrêter là pour l'article (mais j'ai pas parlé du ciré jaune, ni des références qui m'ont fait rire (la mite en pull over)). J'ai peur de trop en dire et de gâcher le plaisir à la lecture (et franchement, la fin est juste wahoo, j'ai rien vu venir alors que d'habitude, je vois ce genre de chose à vingt lieux). Ce fut un vrai coup de coeur, pour Ava, pour Noah, pour l'univers et tout le reste. J'espère pouvoir revenir dans l'univers de Sophie Castillo rapidement (et il y a de quoi faire sur Wattpad ou sur son site). 

Un dernier mot : lisez Ceux qui restent. Vous allez voir, c'est bien.

mercredi 10 novembre 2021

Erèbe, Rozenn Illiano

 Rozenn Illiano, que certains connaissent peut-être plus sous le nom d'Onirography, est une de ces personnes que j'admire beaucoup, pour plein de raison. C'est aussi une autrice dont je suis le travail depuis bien longtemps, lorsqu'elle et moi étions sur le même forum de ball jointed dolls. Déjà, à cette époque, son univers me parlait énormément. La réédition d'Erèbe, en version longue, et son arrivée prochainement en numérique, était une occasion pour me plonger dans le récit qui m'intriguait le plus (et regretter, je l'avoue, de ne pas l'avoir acheté en format papier, chose qui devrait être réparer d'ici peu, il me le faut dans la bibliothèque).
Oh, au fait, la version numérique d'Erèbe sort en décembre. Il est disponible pour ceux qui sont inscrit sur Netgalley (c'est ainsi que j'ai pu le récupérer). La version papier, elle, est disponible en deux éditions, la normale et la de luxe.

Erèbe, Rozenn Illiano

Editeur : Rozenn Illiano
Collection : /
Année de parution : 2021
Format : AZW

A lire si 
- Vous aimez la neige et les ambiances victorienne
- Vous aimez rêver

A ne pas lire si :
- Il n'y a pas la moindre raison de ne pas le lire

Présentation de l'éditrice :

 Paris, 1888. Jeune fille de bonne famille, avide de liberté, Lisbeth se sent piégée dans une vie dont elle ne veut pas. Sa mère est morte quand elle était enfant, son père est froid et autoritaire, une étrange malédiction accable sa famille depuis toujours… Alors que l’automne s’installe, des songes enchanteurs troublent son morne quotidien : elle entre dans un monde envahi par l’hiver éternel, un ailleurs où trône un splendide château blanc peuplé d’un unique habitant, Elliot, qui lui en apprend plus sur son pouvoir naissant, celui des rêves. Ainsi, chaque nuit, ils explorent Érèbe et ses merveilles, comme dans un conte de fées. Mais les contes de fées, tout comme les rêves, peuvent vite tourner au cauchemar, et les malédictions rattrapent toujours ceux qui cherchent à les fuir…

Mon avis

Sur instagram, je disais qu'il était étrange que mes séries préférées soient toujours de la bonne grosse fantasy avec guerre, complot, meurtre et grosse bataille alors que lorsqu'on parle de mes one-shot préférés, c'est toujours des romans où l'atmosphère fait tout. Ce n'est pas pour rien que j'aime par dessus le Cirque des Rêves (allez plus qu'un mois et demi et c'est la relecture) ou encore la Mer sans Etoiles (je ne sais toujours pas quand le relire, lui, c'est énervant, je n'arrive pas à trouver le moment idéal dans l'année). Et qu'Erèbe est devenu un énorme coup de cœur. Parce qu'Erèbe a la même aura qu'eux pour moi. C'est un roman intemporel, poétique, onirique et tellement prenant. Bref, c'est The coup de Cœur de l'année pour moi.

Et comme c'est un coup de cœur, c'est toujours compliqué d'en parler. Parce que je ne sais jamais par où commencer, ni comment vous faire comprendre à quel point le livre m'a touché d'une manière ou d'une autre. D'ailleurs, pour tout vous dire, j'ai commencé à écrire cet avis il y a quatre jours. je ne trouve pas mes mots, c'est un peu casse-bonbons. 

Erèbe nous entraine en 1888. De part sa date, le roman est chronologiquement le premier du Grand Projet (il est même peut-être celui, pour le moment, qui relate les plus vieux évènements de celui-ci). Il sort aussi un peu du dit GP pour la même raison. Erèbe, on peut dire que c'est une romance victorienne, ça change de la branche vampirique du GP ou de celle plus post-apo. En même temps, c'est un truc que j'aime beaucoup dans le dit GP de l'autrice, pouvoir lire des genres différents tout en restant dans le même univers, ultra vaste et des plus passionnants. Mais je vais peut-être éviter de trop parler du Grand Projet surtout si je ne veux pas spoiler certaines choses (il y a des liens évidant forcément avec certains des ouvrages que j'ai déjà lu). Revenons à Erèbe.

Erèbe fait parti de la branche du rêve (branche que je n'avais pas encore vraiment exploré sauf avec Quand le soleil s'éteint qui en parle un peu). Nous y suivons Lisbeth St John et Elliot Valentine. Au début du roman, la première découvre qu'elle est une marcheuse de rêve et qu'elle peut rejoindre un monde où tout ou presque est en blanc et noir. Ce monde, c'est Erèbe, le monde du Vide. Elliot, lui, s'y trouve depuis plus longtemps qu'elle. Il a façonne cet univers en grande partie, y construisant un magnifique château (inspiré du Château de la Mothe-Chandenier, dont l'autrice fait partie des co-propriétaire)(c'est marrant parce que le dit château est dans mes épingles Pinterest depuis très longtemps pour un projet de roman). Là, dans ce monde dont ils sont les gardiens, les deux jeunes gens vont se rapprocher. Mais c'est sans compter les animosités entre leurs deux familles et les secrets qui les rongent.

Comme je le disais, la première chose de marquante dans le roman, clairement, c'est son ambiance. Dès le départ, j'ai été happé dedans. Il y a dans le roman quelque chose d'onirique, forcément, mais surtout un mélange de nostalgie et de mélancolie assez prenant. C'est beau aussi beau que le monde du Vide tel que les deux jeunes gens le façonnent. Forcément le style de Rozenn Illiano aide beaucoup. Il a quelque chose de très poétique dans sa manière d'écrire. Cela rend le roman plus prenant encore. Surtout que tout repose vraiment sur la partie onirique du roman. Parce qu'il faut avouer que si vous vous attendez à beaucoup d'action, ce n'est pas le cas (comme avec une grande partie des romans du GP d'ailleurs). Sur ça, les non-dits entre les deux familles et les visions du passé et du futur qui parsèment le roman. Il est souvent compliqué de bien placé des visions du futur, surtout quand celui-ci est proche de l'action en cours (et que le roman les englobe plusieurs chapitres plus tard dans son présent). Ici, l'autrice y arrive fort bien, augmentant la tension petit à petit. Les visions d'Elliot n'ont rien de paradisiaque et franchement, j'ai pas mal stressé avec lui.

D'ailleurs, je n'ai encore rien dit des personnages (j'en suis à me demander si je ne vais pas vous garder ça pour une prochaine relecture (Erèbe, je me vois bien le relire tous les mois de novembre) mais non. J'ai adoré Lisbeth, sa force face à tout ce qui lui tombe sur le coin du nez mais aussi sa naïveté lorsqu'elle découvre tout ce qu'elle peut faire en tant que marcheuse et surtout lorsqu'elle découvre Erèbe. Lisbeth accompagne si bien le lecteur dans cette découverte là. J'ai encore plus aimé Elliot parce qu'il est tourmenté. Lui sait beaucoup de chose, sur le passé mais surtout sur l'avenir. Il n'a pas la moindre idée de comment arranger les choses alors qu'il le souhaite plus que tout. Forcément, c'est le genre de personnage que j'aime, tiraillé entre ce qu'il ressent et ce qu'il doit faire. Quant aux personnages secondaires, ils sont tous aussi intéressant les uns que les autres, amenant à l'histoire encore plus de profondeur. Et quel plaisir de découvrir un peu plus Victoria St John que j'ai rencontré la première fois sur le blog de sa créatrice.

J'ai encore du mal à tout vous dire, mais là, une semaine après ma lecture, je suis toujours dedans. Erèbe, j'ai eu de suite envie d'y replonger. Le seul roman qui m'a fait ça jusque là, c'est le Cirque des Rêves. Je crois que ça vous donne un indice sur combien le livre a pu me marquer. Je n'ai qu'une hâte, me replonger dans Erèbe, rapidement (et pour ça, je compte bien me payer prochainement une de ses version papier). Franchement, je n'ai qu'une chose à vous dire, lisez Erèbe. 

lundi 19 juillet 2021

Le Fardeau d'un Marches-Mondes, partie un : le Miroir, La Légende des Ombres, tome 1, M.A.D.

Je suis toujours très étonnée lorsqu'on me propose de lire un roman. Malgré mes quelques années de blogging et de bookstagram, j'ai du mal à me voir comme une influenceuse (ce que je ne suis pas) à qui l'on propose des produits. Et je suis surtout toujours ravie que l'on puisse me faire confiance. Je remercie donc M.A.D. pour la dite confiance.

Le Fardeau d'un Marches-Mondes, partie un : le Miroir, La Légende des Ombres, tome 1, M.A.D.

Editeur : M.A.D.
Collection : /
Année de parution : 2018
Format : PDF 

A lire si : 
- Vous voulez une histoire jeunesse
- Vous aimez bien quand des élèments du réel se mêlent à la fantasy

A ne pas lire si : 
- Vous voulez avoir toutes les réponses

Présentation de l'éditeur  

Tout commence par la mort du Héros.
Après sa chute d’un immeuble, Matt se réveille dans Le Miroir, monde dans lequel les Humains se réincarnent sous la forme d’enfants de 4 ou 5 ans. Seulement voilà, Matt, lui, n’a pas changé d’apparence et a conservé sa mémoire… Plongé dans un univers qui s’apparente à celui décrit dans ses anciens romans de fantasy, Matt va devoir suivre une formation ardue pour maîtriser les runes et l’art du combat afin de devenir un Ombre d’Elite et faire face aux Démons.
La menace est réelle et plane aussi bien sur le Monde des Humains que sur celui des Ombres et des autres peuples du Miroir.

Mon avis

Je ne vais pas vous mentir, bien qu'intriguée par ce que M.A.D. m'avait dit de son roman, je partais avec un méchant apriori. L'auteur m'a présenté le livre comme un roman proche de ce que peuvent être Harry Potter et Eragorn. Or, si les aventures du sorcier à lunettes me plaisent, ce ne fut pas du tout le cas pour Eragorn dont je n'ai jamais dépassé le premier tiers du premier roman. On le sait, en lecture, comme ailleurs, les aprioris, c'est pas super. Et c'est pour ça que j'ai décidé de lire le roman (parce que, de toute façon, selon moi, on peut pas faire pire qu'Eragorn).

Matt est un jeune homme comme la plupart d'entre eux. Si ce n'est qu'il a été adopté et que ses cheveux sont naturellement blancs alors qu'il n'a que 16 ans. Sa vie aurait pu être somme toute plutôt normale. Sauf qu'il va croiser des petits frappes et que, voulant les fuir, il va tomber d'un immeuble, entrainant sa mort. Et son réveil dans le Miroir, un monde plutôt étrange où les humains se réincarnent après leur mort. Mais, là encore, rien ne se passe comme prévu pour Matt, au lieu de renaitre sous l'apparence d'un enfant sans mémoire, il reste le même. Une anomalie qui ne passe pas totalement inaperçue. Aidé par Dijhnai, un Ombre (un des habitants du Miroir), il va devoir comprendre ce qu'il se passe dans ce nouveau monde. Et pour ça, rien de mieux que d'intégrer la plus prestigieuse école formant les Ombres.

Le Miroir est un roman jeunesse d'apprentissage qui nous entraine dans un univers assez complexe. On est dans un monde clairement fantasy, avec des elfes, des nains, des démons etc... tout en gardant pas mal d'élèment plus commun (nos héros portent des jean's par exemple en plus de leur armure). Le mélange est pour le moins audacieux (on est pas dans un Harry Potter où Poudlard se situe toujours dans notre monde, mais bien dans un autre monde) et fonctionne plutôt pas mal. Il y a un côté très "conte" dans ce monde du Miroir et j'apprécie particulièrement l'explication à cela. Pourtant, je trouve que parfois, l'auteur en fait trop. Il y a parfois trop de chose, trop d'informations. Cette première partie est une introduction et parfois, elle se veut plus que ça. Et j'avoue que je m'y suis parfois un peu perdue dans le trop plein de nouveauté (l'école et son fonctionnement, le train runique, la magie, les diverses population, les légendes émaillant ce monde (fort interessantes d'ailleurs)). Mais ce défaut est rapidement rattrapé par l'énergie qu'insuffle l'auteur dans son roman.

Une énergie que l'on ressent énormément grâce aux personnages. Plus particulièrement à l'un d'eux. On part ici sur le trio de base pour ce genre de roman. Nous avons Matt, le jeune homme qui découvre, Elyana, la fille du groupe et Djihnai, le bout en train (on va dire ça comme ça). Oui, c'est assez classique comme construction, surtout qu'on y ajoute un mentor pour le moins mystérieux. Mais comme on dit, c'est dans le vieux pot qu'on fait la meilleure confiture. Le trio fonctionne bien et est entrainé par un Djihnai des plus amusant. Le jeune homme a été le petit plus du roman pour moi. Sous des abords de je m'en foutiste et de fainéant, il cache bien plus que ça (d'ailleurs, l'auteur nous en dit juste pas assez à son sujet je trouve). Ce garçon illumine le roman. Bon, faut dire aussi que par son caractère et son rôle, il prend quand même pas mal de place. Assez pour éclipser le héros du roman, Matt. Enfin, éclipser, pas tout à fait non plus. Matt reste le personnage important du roman. Petit bémol par contre pour le rôle d'Elyana qui pour l'instant, n'est pas beaucoup présente.

Enfin, reste l'intrigue qui semble de prime abord bien compliquée. Pour tout dire, je pense personnellement que le fait que ce premier tome soit publié en deux parties n'aide pas tout à fait (mon aversion pour ce genre de pratique n'aide pas non plus, on est bien d'accord). On aurait pu espérer une simple intrigue à base de prophétie, de gentils contre méchants et puis basta. Il n'en est rien. On a l'intrigue principale qui commence à se dévoiler, qui est Matt, ce qu'il va devoir entreprendre et puis, il y a les secondaires qui vont avec, pourquoi leur mentor est si mystérieux et en quoi la guerre qui a eu lieu si longtemps avant est si importante pour la suite, qui est Djihnai ? Le fait de n'avoir qu'une partie du premier tome, même s'il a sa propre intrigue, ne permet pas de voir la totalité de celle du tome en entier. C'est bien dommage parce que, franchement, ce que l'on découvre donne vraiment envie. C'est intriguant et mystérieux. On se trouve à tourner les pages et à toujours en vouloir/savoir plus. Le tout est en plus entrainer par un style prenant, au ton moderne et des dialogues parfois fort amusant.

J'ai l'impression de mettre beaucoup attardé sur les défauts du roman alors que je l'ai beaucoup aimé. C'est un roman jeunesse de fantasy prenant, avec de bons personnages et une intrigue qui donne vraiment envie. J'avoue être très curieuse et vouloir connaitre la suite. C'est une découverte fort sympathique et je remercie encore son auteur de m'avoir fait confiance et de me l'avoir confié.

vendredi 5 mars 2021

La Singularité Pandore, Essentia Hominis, tome 3, Benedict Taffin

J'avais beaucoup aimé les deux premiers tome d'Essentia Hominis, publié ici lorsque la série s'appelait encore Dimitri Hennessy. Il était temps que je retrouve ce cher baron dans une nouvelle aventure.

La Singularité Pandore, Essentia Hominis, tome 3, Benedict Taffin


Editeur : Benedict Taffin
Collection : 
Année de parution : 2018
Format : mobi

A lire si 
- Vous voulez un page-turner
- Vous voulez quelque chose qui pourrait être du James Bond mais en vachement mieux
- Vous voulez des personnages qui cachent bien leur jeu

A ne pas lire si :
- Vous n'avez pas quelques heures devant vous.

Présentation de l'éditeur : 

Une Intelligence Artificielle est née !
Mais l’un de ses composants est dans la nature.
Il est l’enjeu de sa liberté.
Une petite fille appelle à l’aide. Sa vie est liée à celle de l’IA.
Dimitri promet de venir à leur rescousse, mais a-t-il raison ? Ne risque-t-il pas de mettre en péril l’humanité ?
Après le code Minotaure et le génome Walkyrie, retrouvez le baron écossais dans de nouvelles aventures.
Un thriller de pure action ! Palpitant !

Mon avis

Alors que les deux premiers tomes avaient tendance à se baser surtout sur Dimitri et son passé, nous voilà dans la mère patrie de Roxane, l'Australie. Dimitri s'y est rendu pour retrouver l'une des opales de son grand-père. Suite à quelques péripéties, il reste encore un peu pour profiter de son voyage (tant qu'à faire). C'est alors que son ami Sam lui demande de lui rendre un service, ramener un étrange cube à la compagnie qui le fabrique. Là, il découvre que le dit cube est un Neuro, une sorte de cerveau informatique, et qu'il fait parti d'un ensemble permettant de faire vivre une IA. Et pas n'importe laquelle. Pandore, récemment libérée par un groupe de hacker, est une IA sentiente. Pas un programme expert, non, une vrai IA capable de penser et agir par elle-même. Il découvre en allant rendre le cube à son propriétaire que Pandore protège une petite fille, Kathy et que les deux sont en danger. Au même moment, Roxane entre en contact avec un vieil ami, chef du groupe de hackers ayant libérer Pandore. Il a besoin de son aide pour retrouver l'IA avant que celle-ci ne devienne incontrôlable. Forcément, les deux vont se retrouver et tout faire pour retrouver Pandore.

Peut-on parler du thème ? Si j'avais apprécié les deux premiers, la dépendance a toute forme d'informatique et la fin de celle-ci, puis le clonage. Le premier me parle forcément beaucoup de part mon métier, le second parce que je suis ultra curieuse. Mais là, comme vous dire, les IA sont quelque chose que j'adore dans la pop culture. Alors, j'avais très hâte de voir ce qu'allait en faire Benedict Taffin et comment elle allait tourner tout ça. Je n'ai pas été déçue. Pandore est une sorte de paradoxe. Le lecteur ne sait pas si elle finira comme Skynet (l'IA qui déclenche l'apocalypse dans Terminator)(d'ailleurs, je suppose grandement que Connor n'a pas été nommé comme ça pour rien) ou si elle aidera l'humanité d'une manière ou d'une autre. Ce doute plane tout le long du roman et est alimenté par les divers personnages. Dimitri voit forcément Kathy en elle, Roxane veut savoir si elle est vraiment sentiente et capable d'empathie, Kyle veut la voir comme gentille alors que son second l'imagine à la manière d'un Skynet. Quant à son créateur, Chris, il veut en faire une machine sous sa domination personnelle capable de faire ce que lui veut. Forcément, tous ses points de vue font augmenter la tension. En plus de ça, le roman se déroule quasiment sur une seule journée, et je peux vous dire qu'il s'en passe beaucoup.

Et puis, l'histoire permet de nous faire découvrir un peu plus Roxane. Elle qui était toujours un peu dans l'ombre prend beaucoup plus d'importance ici. Il faut dire que comme pour le Code Minotaure pour Dimitri, l'histoire de la Singularité Pandore se mêle étroitement avec le passé de notre chère hackeuse. Voir le passé et le présent de la jeune femme se télescopait comme il le fait ici est intéressant. Surtout quand elle essaie de démêler ce qu'elle peut ressentir, aussi bien pour Kyle, son amour de jeunesse, que pour Dimitri. Parce que oui, après le flirt poussé de Génome Walkyrie, nos deux protagonistes se rapprochent encore un peu plus (et franchement, j'aime beaucoup comment ça évolue entre les deux). D'ailleurs, en parlant de Dimitri, je l'ai trouvé plus sensible dans ce tome, un peu moins "james bondien" je dirais. Il reste toujours égal à lui-même mais il gagne un je ne sais quoi qui fait que je l'aime encore plus. J'ai aussi pas mal apprécié les personnages secondaires, avec une mention spéciale pour Lachlan et Becky. Je crois que le fait que le roman se penche beaucoup sur les relations, que se soit entre être humain ou entre humain et machine y est aussi pour beaucoup.

Au final, ce fut encore une très très bonne lecture, comme d'habitude avec Dimitri et Roxane, et surtout avec leur autrice. Je vous dirais bien que c'est mon tome préféré mais je dis ça pour tous lol. Il n'empêche que son thème est surement celui qui m'a pour l'instant le plus plu. Vivement le quatrième tome (et la nouvelle, n'oubions pas la nouvelle). 


lundi 26 octobre 2020

One dark and stormy Knight, the Avalon Café, tome 1, Hermione Moon

Je ne sais plus trop comment ce roman a atterri dans ma PAL numérique. Je crois que j'ai profité d'une promo ou quelque chose dans le genre. C'est assez rare que je prenne des livres en VO (je suis persuadée que mon niveau d'anglais est bien inférieur à ce qu'il est) mais là, ça a fait tilt. Du mystère, de la sorcellerie moderne, le Roi Arthur, il n'en fallait pas plus pour que je me lance. 

One dark and stormy Knight, the Avalon Café, tome 1, Hermione Moon

Editeur : Hermione Moon
Collection : /
Année de parution : 2020
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les cozy mystery
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez les sorcières

A ne pas lire si 
- Vous voulez une grande enquête
- Vous voulez plein "d'effet spéciaux"

Présentation de l'éditeur :

When kitchen witch Gwen Young discovers the spirit of King Arthur in the suit of armour that stands in her café only an hour after finding a dead body in the library, she knows it’s going to be a very strange day…

Mon avis

Lire en anglais n'est pas la chose la plus naturelle pour moi. Le dernier livre, c'était le Génialissime The Starless Sea d'Erin Morgenstern, et je ne suis pas sûre de l'avoir complètement compris. Mais je m'accroche et je compte bien lire plus souvent en VO, ne serait-ce que parce que j'ai des vus sur certains volumes de séries qui ne semblent pas vouloir être traduit en VF (coucou Bragelonne et le cycle de Miles Cameron dont il nous manque deux tomes en VF). Du coup, j'entame toujours les rares romans en VO avec un peu d'appréhension. Sur celui-ci, elle est vite passée. Comme je le disais en intro, soit je sous-estime mon niveau en anglais (ce qui est plus que possible), soit il faut avoir un niveau avec simple en anglais. 

La plupart des femmes ont toutes imaginés avoir un beau chevalier en armure pour les protéger. Gwen aussi. Par contre, elle ne s'attendait vraiment pas à découvrir un meurtre ni par être sauvé de l'assassin par l'armure qui décore son café à Glastonbury. Encore moins à ce que l'homme dans l'armure soit le Roi Arthur. Alors que son amie Imogen va mener l'enquête, Gwen va essayer de l'aider mais aussi de libérer Arthur de son armure.

ODASN est donc un cozy mystery où se mêle magie et fantastique mais aussi romance. La partie cozy mystery semble même être presque un prétexte pour les trois autres. J'ai eu tendance, parfois, à oublier que Liza avait été assassiné. La vie de Gwen se retrouve particulièrement chamboulée suite à ce tragique évènement mais surtout à l'apparition d'Arthur dans Sir Boss, l'armure de son café. C'est plutôt cette apparition qui est importante, plus que le meurtre, même si celui-ci et l'enquête pour le résoudre permet de faire plus ample connaissance avec notre héroïne. 

Une héroïne que j'ai assez apprécié, je dois bien le dire. Gwen est un personnage assez solaire, qui essaie, grâce à sa sorcellerie, de rentre le monde autour d'elle un peu meilleur, un peu plus joyeux. Elle a ses problèmes mais à tendance à s'occuper plus de ceux des autres que des siens. Pourtant la vie ne l'a pas forcément ultra gâtée. Elle a perdu sa mère récemment, le seul homme qu'elle ait aimé est marié avec la victime du meurtre (qui aime bien la narguer vu que Liza, elle, a l'homme mais aussi le job dont Gwen rêvait plus jeune)... Heureusement, elle a toujours sa meilleure amie, Imogen (l'inspectrice qui doit résoudre le meurtre) pour lui remonter le moral, son chien Merlin et sa tante. Finalement, Gwen, c'est la voisine d'à côté, la fille bien sous tout rapport à qui on ne va pas forcément chercher de noise. C'est aussi, semblerait-il, la réincarnation de la reine Guenièvre. C'est d'ailleurs pour cela qu'Arthur se pointe dans l'armure pour la sauver. Si lui est persuadé qu'elle est la femme de sa vie, ce n'est pas tout à fait le cas pour elle. 

J'ai beaucoup aimé la manière dont les différentes relations sont abordées dans ce roman. Gwen est un être sociable, gentils. Son amitié avec Imogen dure depuis des années et les deux femmes savent qu'elles peuvent s'appuyer l'une sur l'autre même en plein coup dur. D'ailleurs, Immi est la seule à savoir que son amie est une sorcière et elle l'accepte parfaitement. Tout aussi touchante dans un autre domaine, c'est la fin de sa relation avec Luke, son ex petit ami et mari de la victime. Les passages entre eux sont particulièrement bien foutus, sans faire dans le pathos alors que franchement, ça pouvait y aller très vite. Et puis, il y a Arhtur. J'ai aimé la manière dont les deux se découvrent (ou redécouvrent du côté d'Arthur, persuadé que Gwen est Guenièvre). C'est mignon tout plein mais sans trop faire dans la guimauve (après, ça reste de la romance, alors bon, on échappe pas toujours au côté guimauve). Et puis, il y a tous les personnages secondaires et ce qu'on va apprendre sur eux. Autant dire que finalement, Glastonbury n'est pas aussi calme qu'on le pense au début.

Le seul truc qui me dérange finalement un peu, c'est qu'on finit par oublier parfois qu'il y a eu un meurtre derrière tout ça. Les avancés de l'enquête m'ont trop souvent semblé être un prétexte pour mettre la romance, que se soit celle entrer Gwen et Arthur ou celle entre Imogen et Christian, en avant. C'est un peu dommage parce que du coup, j'ai raté des indices (mon niveau en anglais n'a peut-être pas aidé non plus)(mais franchement, il y en a au moins un que j'ai vu mais pas du tout considérer comme un indice à cause du fait qu'il se retrouve complétement perdue dans une scène). 

Au final, j'ai passé un très bon moment en compagnie de Gwen (sous mon plaid la plupart du temps, avec un bon thé à côté de moi, ne manquait que le feu de cheminé). Je pense que je continuerai la série (il y a quatre autres tomes) parce que j'ai très envie de voir ce que va donner Arthur de nos jours et comment va évoluer sa relation avec Gwen (et puis ça aide à progresser en anglais aussi). Bref, c'est un bon petit cozy mystery qui ne paie pas toujours de mine mais qui est agréable.

lundi 7 septembre 2020

La Traque, L'éveil de l'Ombre, tome 1, Tiphaine Levillain

J'ai récupéré cet ebook il y a quelques temps et j'étais pressée de le lire. Je suis l'autrice sur instagram et j'apprécie faire un tour sur son blog. Du coup, j'avais très envie de la découvrir.

La Traque, L'éveil de l'Ombre, tome 1, Tiphaine Levillain

Editeur : Tiphaine Levillain
Collection : /
Année de parution : 2020
Format : AZW

A lire si 
- Vous aimez les road-trip
- Vous voulez du mystère

A ne pas lire si :
- Vous aimez quand ça prend son temps

Présentation de l'éditeur 

 Jill est chasseuse d’Ombre : elle piste, traque et tue les démons qui parcourent le monde, en échange de quoi elle se trouve sous la protection de la Lumière. Sa vie suit une routine solitaire bien huilée et millimétrée dans laquelle elle se plaît… jusqu’à ce qu’elle capte la trace d’un nouvel ennemi. Ce dernier prend alors un malin plaisir à la mener par le bout du nez de ville en ville, du Canada au Montana. Jill doit désormais apprendre à travailler en équipe pendant que les sombres révélations s’enchaînent.

Betty est aux anges : elle a la chance de participer à un chantier archéologique non loin de Londres en compagnie d’Andrea, sa meilleure amie, et de Thomas, l’homme qu’elle aime secrètement depuis des années. Tout bascule quand elle déterre un coffre contenant une étrange sphère noire. Deux influences extérieures tentent de la manipuler et elle décide finalement de la ramener chez elle. Lorsque Thomas se fait posséder par un démon et dérobe la sphère noire, Betty plaque tout pour essayer de le retrouver et de le sauver à temps.

Deux chemins, deux routes, deux avenirs incertains. Les choix que feront Jill et Betty pourraient bien déterminer qui sortira vainqueur de cette guerre entre l’Ombre et la Lumière…

Mon avis

Je ne savais pas trop vers quoi j'allais en prenant ce roman. Je suis l'autrice depuis peu et elle avait déjà sorti le roman à ce moment-là. Mais, je pense qu'à force vous me connaissez, entre la couverture bien mystérieuse et des démons, je ne pouvais pas résister. Et j'ai eu bien fait. 

La traque nous entraîne à la suite de Betty et Jill, deux jeunes femmes que tout semble opposé. Betty est londonienne, étudiante en archéologie et amoureuse de son meilleur ami. Alors qu'elle, Thomas  et Andrea, une copine, participe à des fouilles, elle va trouver un coffre contenant une étrange sphère noire. Sans trop comprendre ni comment ni pourquoi, elle vole le coffret et le ramène chez elle. A partir de là, rien ne va plus. Thomas se fait posséder, elle découvre alors que les démons existent et qu'elle fait partie d'une ancienne famille de Chasseurs d'Ombre. Pour sauver Thomas, elle va devoir découvrir qui elle est et suivre la sphère. Or, la dite sphère, portée par le jeune homme, se barre au Canada où vit Jill Parker. Jill est une chasseuse d'Ombre, descendante d'une lignée importante et ultra connue. Elle aime la vie routinière et solitaire qu'elle mène. Jusqu'au mariage de sa meilleure amie. Outre sa rencontre avec Niklas, attirant chasseur dont elle ne sait finalement pas grand chose, elle va se lancer à la poursuite de la sphère dès que celle-ci va mettre un pied dans son territoire. Les trois chasseurs d'Ombre vont alors avoir fort à faire pour empêcher l'Ombre et ses démons de gagner la guerre.

Il y a beaucoup de chose que j'ai apprécié dans ce roman. Déjà, l'univers. L'Eveil de l'Ombre, c'est de l'Urban qui se déroule à notre époque. On s'y sent donc presque comme chez nous, si ce n'est la bataille qui se joue entre la Lumière et l'Ombre. Une bataille qui semble fort manichéenne et pas mal calqué sur la religion avec Dieu et ses anges, contre l'Ombre et ses démons. Or, ça, c'est en apparence. Un peu comme dans un Buffy contre les vampires où tout n'est pas blanc ou noir, la Traque présente un univers loin d'être binaire. Oui, nous avons des références presque biblique mais pas tout à fait. Personnellement, c'est le genre de chose que j'aime bien. Simple sans l'être. De quoi nous faire un peu réfléchir sans nous prendre la tête. Outre le fameux combat Lumière/Ombre, on retrouve aussi de la sorcellerie, offrant une sorte de troisième voix entre les deux (oui, enfin, pas tout à fait, mais presque).

Ensuite, il y a les personnages. Je m'attarde de plus en plus sur les faiblesses des personnages en ce moment. Je pourrais vous dire que Jill est une femme forte qui se bat dans un univers carrément monstrueux mais en fait, ben pas du tout. Oui, elle se démerde particulièrement bien une arme à la main, mais franchement ce n'est pas ce qui fait Jill. Moi, j'en ai surtout retenue ses faiblesses, sa solitude, son manque de confiance en soi et en les autres, sa fragilité. Et c'est ce que j'ai aimé chez elle, parce qu'elle est humaine avant tout (d'ailleurs, je parlais de Buffy un peu plus haut, mais c'est un peu la même chose, les deux personnages me plaisent justement parce qu'elles sont avant tout humaine et pas juste des badass girls). Il en va de même pour Betty. Pour Nicklas, c'est un peu plus compliqué. Déjà parce qu'à l'inverse de Jill et Betty, il n'est pas personnage point de vue. Cela l'entoure d'une certaine aura de mystère qu'il entretient plutôt bien. On ne le voit que par les yeux des deux jeunes femmes. Bon, j'avoue que ce qu'on en voit me plait beaucoup aussi. Mais je trouve que l'autrice en dit toujours ou trop ou pas assez sur lui et je ne sais trop sur quel pied danser.

Et puis, il y a l'histoire. En fait, la Traque est assez classique dans son genre. L'autrice n'invente rien, elle se sert de trope que tout le monde ou presque connait. Est-ce gênant ? Absolument pas. L'intrigue est agréable à suivre et pleine de surprise. J'ai apprécié le changement de point de vue entre Jill et Betty qui permettent de voir les choses de différentes manières, entre une Jill qui en sait trop (et finalement trop peu aussi) et une Betty qui découvre tout cet univers. Je regrette par contre que ça aille parfois un tout petit peu trop vite pour moi. Je pense surtout que pour ces points-là, j'aurais peut-être plus de réponse dans le second tome.

Au final, j'ai beaucoup aimé ce premier tome. Il est entraînant, surprenant, sombre, parfois amusant, souvent mystérieux. Il se lit particulièrement bien grâce à des personnages attachants. J'attends avec impatience le second tome à présent.