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mardi 30 mai 2023

Une colonne de feu, Ken Follet

 Hum... Ce livre est un de mes cadeaux d'anniversaire d'il y a quoi, trois ans ? Un truc comme ça. Il m'impressionnait un peu, avec ces quelques milles pages (pas tout à fait en fait) écrit en tout petit. C'est marrant, parce que d'habitude, ce n'est pas quelque chose qui me dérange. Mais là, oui, peut-être parce que c'est de l'historique aussi. Bref, j'ai fini par enfin le sortir et le lire.

Une colonne de feu, Ken Follet

Editeur : Le livre de poche
Collection : 
Année de parution : 2019
Titre en VO : A Column of Fire 
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 992

A lire si :
- Vous appréciez la période des guerres de religion
- Vous voulez un roman d'espionnage, mais pas que.
- Vous voulez un one-shot qui n'en est pas tout à fait un

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les romans multichoraux.

Présentation de l'éditeur : 

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu'il connaissait va changer à tout jamais... Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu'il voulait épouser, Margery Fitzgerald.
L'accession d'Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l'Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l'héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l'un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent...
Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu'à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n'importe quel prix.

Mon avis

Il a toujours des périodes historiques qui nous intéressent plus que d'autre. Personnellement, la période que couvre le roman, à savoir de 1558 à environ 1605 (un peu plus en réalité, mais c'est le dernier évènement important) n'est pas celle que je préfére, ni celle que je connais le mieux, surtout pas côté anglais. Mais j'aime beaucoup les romans d'espionnages et j'ai adoré les Pilliers de la Terre, dont il est une suite (enfin, si on veut, ça se lit ultra bien en indépendant et il n'y a des références qu'à certains personnages, vite fait, d'un Monde sans Fin que je n'ai pas lu). Donc c'est parti.

Nous allons suivre la vie de plusieurs personnages pendant plus d'un demi-siècle à peu prés. Tous auront plus ou moins un rôle important dans les guerres de religions qui vont éclater un peu partout. Parce que n'oublions que nous sommes dans une période fort peu incline à la paix. Calvin prône le protestantisme partout en Europe, alors que la plupart des rois et reines sont bien bien catholiques. Les protestants sont alors vu comme des hérétiques, et qui dit hérétiques, dit forcément massacres et buchés. Or, en Angleterre, tandis que Marie Tudor, fervente catholique n'a pas d'héritier et surtout, ne va pas tarder à mourir. Pour la remplacer, deux femmes sont pressenties :  Marie Stuart, reine d'Écosse et future reine de France, et Elisabeth Tudor, sœur (pas tout  fait légitime aux yeux de beaucoup). C'est à travers le destin de ces deux femmes (enfin pas que), que nous allons découvrir ce qu'il se passe. Et pour cela, rien de mieux qu'une galerie de personnages mêlant perso fictifs et réels.

Je ne pas vais pas vous faire un inventaire complet des personnages tant il y en a. Parmi les principaux, nous suivons surtout Ned. Ned est un jeune homme plutôt protestant au départ qui va par la force des choses entré au service de la reine Elisabeth. Mieux, au fur et à mesure des années, il va cotoyer les grands de ce monde et devenir maitre espion. Ainsi, il vivra les grands évènements de cette époque, dont, probablement le pire de tous, la nuit de la Saint Barthélemy (il sera en France à ce moment-là). On a aussi Margery Fitzgerald, son amour de jeunesse, qui elle est catholique. Mariée au comte de Shiring, elle va traverser beaucoup d'épreuve et finira par être à la tête d'un réseau clandestin de moine catholique. Il y a aussi Sylvie, française protestante, qui se donne pour mission de réprendre la vraie foi. Côté plus "méchant", on aura le frère de Margery, qui passera sa vie à comploter contre la reine, Pierre Aumande, âme damnée de la famille de Guise. Mais ce sont surtout les personnages historiques (légèrement revu par l'auteur pour coller, tout comme il l'a fait avec les évènements) que j'ai aimé suivre, dont Marie Stuart et son destin.

Et puis, il y a les évènements. Grace à ses personnages, nous découvrons aussi bien ce qu'il se passe en Angleterre, qu'en France ou en Espagne ou Pays-bas ou encore même en nouvelle-Espagne. Et il faut dire que l'époque fut passionnante pour qui aime la politique (et malheureusement les guerres). Forcément, ça m'intéresse, même si je n'aime pas les guerres de religion de base. Mais, Follet réussit le pari de ne pas rendre ça aussi ignoble que ça a pu l'être (et pourtant, quelques scènes sont franchement pas géniale à lire)(celle de la nuit de la Saint Barthélemy par exemple) et surtout, il dresse un portrait de l'Europe de cette époque plutôt juste.

Au final, c'est le genre de livre que je dévore. D'ailleurs, j'ai mis un peu moins de trois semaines pour le lire celui-ci alors qu'il y a le nouveau Zelda qui occupe bien ma vie. Ce n'est pas un coup de coeur à cause de quelques longueurs et du fait que les personnages sont parfois trop manicheens pour moi (un problème déjà rencontré avec les Piliers de la Terre d'ailleurs). Hâte de lire Un monde sans fin maintenant (que j'ai, il me semble dans mon kindle)

lundi 10 octobre 2022

Santa Mondega, Anonyme

 Vous voulez savoir comment mon intérêt pour une saga que j'adorais il y a encore quelques temps baisse ? Quand j'achète le GF à sa sortie et que je le lis quand le format poche arrive en librairie... Ce n'est jamais bon, ça et ça se confirme à la lecture.

Santa Mondega, Anonyme

Editeur : Sonatine
Collection : 
Année de parution : 2021
Titre en VO : Showdown With the Devil
Année de parution en VO : 2021
Nombre de pages : 496

A lire si : 
- Vous aimez la saga
- Vous aimez le pulp
- Vous aimez quand ça part dans tous les sens

A ne pas lire si 
- Vous avez vraiment du mal avec l'humour pipi caca
- Vous n'aimez pas la violence gratuite

Présentation de l'éditeur : 

" Je suis la Mort, personne ne peut me tuer. "
L'heure est grave à Santa Mondega. Après avoir réglé son compte à Dracula, le Bourbon Kid est de retour, plus en colère que jamais. Sanchez, le patron du Tapioca, vient d'être nommé maire de la ville. Et une tempête de neige à l'intensité biblique s'apprête à s'abattre dans les rues. Simple coïncidence, ou ruse du diable ? Justement, celui-ci a réuni les meilleurs tueurs à gages qui existent pour éliminer le Kid. Parmi eux, un homme à la hache complètement cinglé, une sorcière, une tribu de cannibales et une armée de squelettes. Et pour couronner le tout, il a convoqué la Grande Faucheuse en personne...
Pour le Bourbon Kid et les Dead Hunters, l'heure de la traque a sonné.

Mon avis

Bon, on ne va pas se mentir longtemps. J'ai un problème avec la série depuis le tome précédent, peut-être même un peu avant. J'aime beaucoup le Bourbon Kid. J'aime de moins en moins les Dead Hunters. Voilà, mon problème vient des personnages qui gravitent autour de lui. Et pourtant, si on relit mes avis sur les tomes précédents, on peut voir que j'aimais toute la bande (ou presque). Mais je ne sais pas, quelque chose s'est passé et voilà que lire certain point de vue m'ennuie. 

En réalité, le gros problème, celui qui déjà était présent sur les derniers tomes, c'est l'humour du texte. On est sur quelque chose de très "pipi-caca-cul" et personnellement, c'est très loin d'être ma came. Alors, ça fait longtemps que j'ai lu les quatre premiers livres de la série, mais il me semble qu'il n'y en avait pas autant. Là, c'est à toutes les pages et, franchement, je ne trouve plus ça amusant (je n'ai jamais trouvé ça amusant d'ailleurs). Or, pour moi, la série, c'était surtout quelque chose qui me faisait bien trippée. Oui, il y avait des blagues qui ne me faisaient pas rire mais derrière, entre les références, l'ambiance et le Kid, ben ça m'allait parfaitement. Or, je me rends compte que depuis l'arrivée de Jasmine dans le groupe, ça va moins bien de mon côté. 

Parce que Jasmine cristallise pour moi tout ce que je n'aime pas dans la série depuis un moment. Enfin, non pas juste elle mais disons qu'elle ne fait partie. Et c'est dommage parce que le personnage peut être intéressant. Or, l'auteur s'en sert pour en faire une potiche pas très intelligente mais trop serviable qui lui permet, bien plus que Flake ou Beth, de sortir des trucs bien débiles et/ou répétitifs (sans déconner, le coup du téléphone, ça fait je ne sais combien de tomes qu'on y a droit et ça ne fait pas rire). C'est con parce qu'en plus, cette fois, elle a un rôle qui aurait pu être pas mal sur la fin. Dans le même genre, Sanchez me sort par le nez. Mais vraiment. Il n'apporte plus rien. Pour moi, son seul intérêt, c'est d'avoir Flake pas lui. Ils sont pour moi les personnages problématiques et malheureusement, ce sont aussi ceux qui apparaissent peut-être le plus. L'autre problème donc, c'est que clairement, les persos que j'apprécient le plus sont trop souvent mis à l'arrière plan. Rex est KO durant une bonne partie du roman, Elvis a quelques chapitres vraiment sympa mais c'est tout. Quant au Kid, il n'apparait lui aussi que peu. Et pourtant, il a tant à faire. Déjà, j'ai apprécié qu'on continue dans son humanisation. Il est affecté par ce qu'il se passe (et c'est passé) et certaines discussions (entre autre avec Flake ou Jasmine (comme quoi, Jas peut être plus utile que ce que l'on pense)) étaient plutôt pas mal. Par contre, côté tuerie, je l'ai trouvé un peu effacé en fait. Comme pour Elvis ou Rex, en fin de compte. L'auteur met le paquet côté Jas, Flake et Sanchez (et heureusement qu'il y a Flake) et laisse les trois autres un peu sur le bas de la route. 

Malgré ça, il y a un peu de bon tout de même dans le bouquin (sinon, je l'aurais pas fini, vous vous doutez). Déjà, je voulais voir comment le Kid allait réagir à tout ce qui se passe (bon par contre, je suis déçue sur un point, à savoir ce qu'il est arrivé à Beth ne semble plus l'affecter ou du moins, il n'en parle pas). Une fois encore, l'auteur a prit le pari de l'humaniser encore un peu plus et j'apprécie (mais je l'ai déjà dit). Ensuite, malgré les blagues pas drôle et l'humour d'un gamin de cinq ans, il y a assez de rebondissement pour que je tourne les pages. Oui, j'ai levé les yeux au ciel mainte fois mais oui, j'ai continué parce que, oui, je voulais savoir comment le Kid allait s'en sortir, et ça même si au bout de tant de tome, je sais à peu prés comme ça va se passer. 

Pour finir cet avis, je n'ai pas pris mon pieds autant que d'habitude. Je trouve que la saga n'arrive pas à se renouveler (et je prie presque pour qu'Arizona disparaisse rapidement histoire de ne pas avoir une Jas bis) Et vous savez ce qui est le pire dans tout ça ? Je sais que l'auteur prépare un nouveau tome et je sais aussi que je finirais par le lire (et peut-être même, comme celui-ci, à l'acheter dès sa sortie). Parce que j'aime énormément le personnage du Kid depuis le début (il y a quelque chose d'assez fascinant a apprécier un personnage comme lui, je trouve). Et du coup, ça m'énerve de voir la série devenir ce qu'elle est en ce moment. Bref, je crois que je vais relire les quatre premiers tomes bientôt, ça me fera du bien, tiens.

lundi 27 juin 2022

Sanctuaire, James Herbert

James Herbert n'est certes pas un de mes auteurs préférés mais j'avais tout de même apprécié (du moins dans mes souvenirs)(parce que quand je relis mes avis, c'est pas tout à fait le cas) les deux derniers bouquins que j'avais lu de lui. Je partais donc plutôt confiante avec Sanctuaire. Trop peut-être.

Sanctuaire, James Herbert

Editeur : Milady
Collection : Terreur
Année de parution : 2009
Titre en VO : Shrine
Année de parution en VO : 1983
Format : AZW

A lire si : 
- Vous voulez voir le pire de l'humanité
- Vous voulez avoir peur mais pas trop

A ne pas lire si :
- Vous voulez avoir peur

Présentation de l'éditeur : 

 Il fallait quelqu'un de totalement innocent pour entrouvrir les portes de l'enfer.
Alice, une petite fille sourde et muette, retrouve soudain la parole après être restée fascinée devant un chêne centenaire. Elle dit avoir été visitée par l'Immaculée Conception et se met à opérer des miracles. Très vite le chêne devient un lieu de pèlerinage pour des milliers d'incurables et Alice acquiert une réputation de sainteté? Néanmoins le mystère reste entier? Jusqu'au jour ou le prêtre du village est menacé dans sa propre église par une force inconnue. Le doute germe alors dans les esprits. D'ou provient réellement le pouvoir d'Alice.

Mon avis

Comme je le disais, je partais plutôt confiante avec ce roman. Je sentais venir l'histoire de très loin avec cette gamine qui, d'un coup, accompli des miracles et dit avoir été visité. Mieux, je voyais déjà le coup de la sorcière et de sa vengeance (oui, je spoile direct, mais en même temps, tout le monde sait que ça va parler de ça). Je m'attendais donc à quelque chose dans la veine Crickley Hall, le premier roman que j'ai lu de l'auteur. Bref, ça aurait du être sympa. Et ça ne l'a pas été tant que ça. En fait, j'aurais du me souvenir du gros point noir de Crickley Hall quand j'ai commencé Sanctuaire (et dont je me suis souvenue qu'à la fin du roman, bien entendu). Herbert est très bon pour faire ressortir le pire de ses personnages. Il capte rapidement leur psychologie et le lecteur aussi. Par contre, il a un gros problème pour distiller la partie horrifique/fantastique de son récit. Elle est quasi absente la plupart du temps et souvent, elle finit par arriver comme un cheveu sur la soupe. C'est clairement casse-bonbons, surtout que personnellement, c'était cette partie-là qui m'intéressait.

Non parce qu'imaginez donc, une petite fille sourde et muette suite à une maladie, semble être visitée par l'Immaculée Conception et recouvre ses sens perdue. Forcément, tout le monde va crier au miracle, et ça peut se comprendre. Mais quand même l'église semble vouloir prendre du recul devant ça, on se doute qu'il y a anguille sous roche. Alors quand, malgré d'autres guérisons, on assiste aussi à des évènement étranges et dangereux, on ne peut que se poser des questions. Enfin, le lecteur, parce que les personnages du roman ne voient pas grand chose et les seuls qui remarquent les incidents semblent particulièrement sceptique. Et perso, c'est là que ça a commencé à me déranger. Parce que finalement, tout l'aspect surnaturel/horrifique va passer à la trappe dans le roman. Même les miracles, c'est pour dire. 

Herbert va se pencher sur les personnages, sur l'humain. Il va prendre un certain nombre de personnage et nous montrer comment ils veulent, d'une manière ou d'une autre, se servir d'Alice et de ses miracles. J'ai parfois eu l'impression de me retrouver dans Fog (que j'avais moyennent apprécié d'ailleurs)(ça aurait du me mettre la puce à l'oreille ça). L'auteur use de l'élément étrange pour décrire le pire de l'humain. On se retrouve à suivre l'un des membres du conseil municipal, directeur d'un magasin, qui rêve déjà de s'agrandir par tous les moyens. On suit aussi sa maitresse qui, elle, rêve de s'élever dans le monde (et ça finit mal pour les deux). Le père d'Alice, non croyant, voit dans la vision de sa fille l'opportunité de se faire du fric (et ça finit mal aussi). Ils ne sont pas les seuls, bien entendu. Et ça finit toujours mal pour eux d'une manière ou d'une autre. Côté religieux, c'est plus sympathique (si on veut). Etrangement, c'est l'église qui est la plus sceptique (idée que j'ai beaucoup apprécié). Faut dire que le prêtre en fonction sent son église perdre de sa sainteté (mais ça finit mal lorsqu'il s'en ouvre aux autres) et que son remplaçant a la même impression que lui (et devenez quoi, ça va mal finir aussi). Il n'y a que du côté du "héros", le journaliste Fenn que ça va pas trop mal se passer, et encore. 

Si normalement, j'apprécie voir le pire de l'humain en roman, là, j'ai très peu accroché. Le problème, pour moi, c'est qu'ici, il n'y a rien de nouveau et que l'auteur arrive même à se répéter. Tous les hommes sont les mêmes, mauvais, cupides, égoïstes, sexistes. Pour les femmes, c'est plus simple, on a soit la putain soit la mère. Il n'y a pas de juste milieu. Alors, oui, ayant déjà lu Herbert, je savais que je tomberais sur ça. Mais là, j'aurais cru que vu le thème, il aurait fait un minimum d'effort. Ben, non, pas du tout. Il n'y a qu'à voir les deux femmes qui gravitent autour du héros. La première, Sue, est toujours montrée sous le prisme de la mère, celui de la gentille femme. Elle va même redécouvrir sa foi en Dieu et, encore mieux (oui je vais spoiler), c'est elle qui va d'une certaine manière sauvé Fenn quand la sorcière va se déchainer. La seconde, Nancy, journaliste, arrive alors que Fenn est brouillé avec Sue. Elle a droit à sa scène de sexe (ou c'est elle qui prend les devants en plus), se mêle de tout, fouille les affaires de son coup du soir et pour bien la punir de tout ça, elle va quasi devenir folle en découvrant celle qui a prit possession d'Alice (et bien sûr, ce ne sera pas vers elle que Fenn ira, hein). De même, la fameuse entité qui prend possession d'Alice est une nonne parjure, couchant avec le prêtre de l'époque et bien pire, avec une novice. Oui, l'auteur a décidé de ne pas faire dans la demi-mesure sur ce point. Et qu'on aille pas me dire que c'était l'époque qui voulait ça, hein (le livre date de 1983). 

Bref, du coup, j'en suis où dans le bouquin. Je l'ai fini sans même me souvenir comment ça finit… (Superstore étant plus sympa à regarder que Sanctuaire à finir). J'ai été déçue par le manque d'horrifique sur un sujet qui aurait pu être super dessus. J'ai encore moins supporté la place des femmes dans le roman alors qu'elles auraient pu être centrale et tellement moins patriarcale. Je n'ai pas aimé, même si je me suis forcée à le lire (j'espérais je ne sais quel revirement de situation). Il devient clair que je ne lirais plus de livres de James Herbert (et ça même si les Rats me faisaient grave envie). 

jeudi 28 avril 2022

Le temps Fut, Ian McDonald

 Dès que je vois un livre de la collection une heure lumière à la médiathèque, je me jette dessus. C'est donc ainsi que le Temps Fut a débarqué dans ma PAL alors même que je n'ai pas lu la quatrième de couverture. De toute façon, pour le moment, aucun livre de la collection ne m'a déplu. Je vois pas pourquoi ça arriverait.

Le temps Fut, Ian McDonald

Editeur : Le Bélial
Collection : Une heure Lumière
Année de parution : 2020
Titre en VO : Time Was
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 144

A lire si :
- Vous aimez les enquêtes (mais pas forcément policière)
- Vous aimez les voyages dans le temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose qui ne soit pas prévisible

Présentation de l'éditeur : 

Bouquiniste indépendant, Emmett Leigh déniche un jour un petit recueil de poèmes lors de la liquidation de la librairie d’un confrère. Un recueil, Le Temps fut, qui s’avère vite d’une qualité littéraire au mieux médiocre… En revanche, ce qui intéresse Emmett au plus haut point, c’est la lettre manuscrite qu’il découvre glissée entre les pages de l’ouvrage. Pour le bouquiniste, tout ce qui peut donner un cachet unique et personnel à un livre est bon à prendre. Il se trouve ici en présence d’une lettre d’amour qu’un certain Tom adresse à son amant, Ben, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale. Remuant ciel et terre – et vieux papiers – afin d’identifier les deux soldats, Emmett finit par les retrouver sur diverses photos, prises à différentes époques. Or, la date présumée des photos et l’âge des protagonistes qui y figurent ne correspondent pas… Du tout.

Mon avis : 

Vous le savez, j'aime la collection une heure lumière. J'aime les novellas, les formats courts mais pas trop non plus. J'aime aussi beaucoup les couvertures d'Aurélien Police. Bref, je regarde rarement les quatrième de couverture de cette collection, préférant avoir la surprise de ce que je lis. Cette fois, me voilà embarquer à la suite D'Emmett Leigh, bouquiniste, qui vient de dénicher un recueil de poèmes plutôt mauvais  mais où se cache une lettre manuscrite. Il va chercher qui sont les deux correspondants. Ce dont il ne se doute pas, c'est qu'il va bien retrouver leur trace mais à des dates qui ne semblent pas du tout correspondre à l'âge que devrait avoir Tom et Ben, les deux amants de la lettre... 

Vous voulez quel est le défaut de cette novella ? Son format. C'est couillon quand même. Mais pour moi, elle aurait peut-être mérité un peu plus de pages, et quelques explications moins abrupte, plus particulièrement du côté de Tom et Ben. Parce que, tout comme Emmett, je me suis un peu attaché à ce couple, que l'on découvre lors de rare chapitre narré par Tom. Or, de part le format, l'auteur va vite sur certain point que moi, lectrice, j'aurais voulu voir un peu plus développés. Mais c'est le jeu. Parce qu'à côté de ça, j'ai plutôt apprécié.

J'ai aimé suivre Emmett, suivre son enquête pour découvrir qui étaient Tom et Ben, puis juste qui ils sont et pourquoi on les retrouve dans divers conflits à des âges qui ne correspondent pas du tout. J'ai apprécie que cette quête se mêle aussi à sa vie privée, que l'on découvre un peu plus l'homme et pas juste le bouquiniste. En 150 pages, c'était pas donné. L'auteur a su faire ça avec brio, ne nous laissant pas juste avec une étrange enquête. Par contre, il a moins su le faire du côté de Tom, comme je le disais dans le paragraphe précédent, mais je pense que c'était aussi voulu, garder un certain mystère pour ne pas tout dévoiler. Or, il en devoile tout de même pas mal et j'ai su la fin après avoir lu une dizaine de pages. Ça, il me semble que finalement, c'est aussi fait exprès, en un sens. Ça ajoute un peu de piment à la nouvelle, puisqu'on se demande comment Emmett va comprendre, et quand aussi. Il est juste un peu plus long à la détente que son lecteur. 

J'ai apprécié le style, aussi. Bon, j'avoue que parfois, ça m'a semblé un peu déséquilibré. Je ne sais pas comment vous dire ça mieux. On a des passages parfois très lent, un peu long et puis, d'un coup, pouf, tout se dévoile ou presque. J'ai lu les dernières pages dans coup là où parfois, je me suis un peu ennuyée au début (mais ennuyée n'est pas tout à fait le bon mot). A côté de ça, il y a un côté parfois poétique plutôt bien vu, surtout quand on passe de l'histoire d'amour entre Tom et Ben aux horreurs de la Guerre qu'ils sont obligés de vivre plusieurs fois.

Enfin, il y a donc la fin, que j'ai vu venir mais que j'ai apprécié lire. J'avais envie de voir comme l'auteur s'en sortait avec ses voyages dans le temps, un thème que j'apprécie assez. Comment il allait faire pour gérer les paradoxes et les lignes de temps. C'est toujours interessant à découvrir et ici, je ne suis pas déçue (même si, une fois encore, j'aurais voulu en apprendre un peu plus).

Pour finir, j'ai donc apprécié ma lecture. Le livre n'est pas parfait, il aurait mérité quelques approfondissement pour moi mais franchement, c'était vraiment sympa à lire. Encore une fois, la collection ne m'a pas déçue. Je pense même que je vais me pencher un peu plus sur l'auteur que je ne connaissais pas du tout jusqu'à présent.

lundi 20 décembre 2021

La couleur de l'Acier, Loredan, tome 1, K.J. Parker

 Je crois que j'ai pris ce roman il y a un moment lors d'une opération spéciale de Bragelonne. Je ne sais plus si j'avais alors lu la quatrième de couverture ou si c'était à cause de sa couverture que je l'avais pris. Il n'empêche que j'ai aussi acheté le second tome et qu'il était peut-être temps de me lancer dans l'aventure. Une aventure qui aura été quelque peu longue, je dois l'avouer... Il m'aura fallu un bon mois pour finir le roman et j'ai failli l'abandonner quelques fois.

La couleur de l'Acier, Loredan, tome 1, K.J. Parker

Editeur : Bragelonne
Collection : Fantasy
Année de parution : 2011
Titre en VO : the Fencer Trilogy, book 1: Colours In The Steel
Année de parution en VO : 1998
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les romans choraux
- Vous voulez de l'action

A ne pas lire si :
- Vous aimez savoir où vous allez.

Présentation de l'éditeur : 

 Bardas Loredan se sent bien fatigué... Il a beau savoir se battre comme personne, les duels sont éprouvants et les affaires bien maigres. même pour un avocat qui plaide en maniant le fleuret. Et voilà que les terribles tribus des plaines se rassemblent : une gigantesque attaque est imminente. En tant que vétéran, l'un des survivants d'une escouade mythique, Loredan est directement concerné : c'est à lui qu'on a confié la défense de Périmadei, la Triple Cité que l'on prétend imprenable. Ajoutez à cela les espions de tous poils, les luttes intestines et tout récemment une malédiction qui lui tombe sur la tête. Pour résister au plus grand siège de tous les temps, il va lui falloir plus que du courage.

Mon avis

Je crois qu'en lisant la quatrième de couverture, je me suis dit que j'allais lire un truc qui ressemble de près ou de loin à du Gemmel. Un vieux guerrier pas loin de la retraire, une ville assiégée et quelques espions. En tout cas, la quatrième y ressemblait quand même un peu. De loin. De très loin. Comme quoi, parfois, on peut se faire avoir même en ayant la bouteille que j'ai en matière de fantasy (par contre, ma lecture m'a fait pensé que ça fait des années que j'ai pas lu de Gemmel et ça me manque un peu quand même)(va falloir y remédier à un moment). Mais parfois, ce genre d'erreur peut s'avérer des plus sympathiques (parfois non, on ne va pas se mentir). Or, malgré ce que j'ai pu marqué en introduction quant à mes possibles abandons du roman, j'ai plutôt apprécié ce que j'ai lu. Juste que, ça a été un peu compliqué et long.

Il faut dire que dans ce premier tome, K.J. Parker nous entraine à la suite de plusieurs personnages durant pas mal de temps. Or, mon édition est compliqué à lire sachant qu'il n'y a pas la moindre séparation entre deux points de vue. Du coup, je me suis souvent retrouvée perdue, ne sachant pas qui je suis et quand je le suis. C'est quelque chose que je n'aime pas du tout. Autant, ne pas savoir qui je suis de prime abord ne me dérange pas de base si je sais que j'ai changé de point de vue, autant là, ça a mit un gros frein à ma lecture. Cher Bragelonne, si un jour vous tombez sur mon avis, ça serait sympa pour les prochains lecteur de revoir votre fichier pour que ce genre de problème n'arrive pas. Non, vraiment, c'est quelque chose que je n'apprécie pas du tout et ça a vraiment failli me faire arrêter plus d'une fois. Enfin, passons au fond à présent.

Périmadei est une cité prospère. Construite en plein milieu d'un delta, elle bénéficie grandement de ce que la mer lui apporte tout en étant protégée des attaques venant de la terre. Depuis des années, elle n'a d'ailleurs jamais été attaqué ni vaincue (tu m'étonnes). Forcément, son peuple s'est un peu relâché. Elle n'a pas d'armée à proprement parler, vit dans le faste (du moins ceux qui le peuvent) et s'enorgueille d'être la meilleure. Bref, c'est une cité de fantasy comme on peut en croiser souvent, construite sur trois niveaux et à la richesse plutôt mal répartie mais bien présente. C'est aussi la cité où pour régler un procès, les avocats se battent entre eux tout à fait légalement et où la magie n'en est pas tout à fait une. Un écrin presque parfait pour un univers des plus sympathiques donc. Et justement, j'ai adoré l'univers en question. Parce qu'il est dans les normes de la fantasy classique sans tout à fait l'être. Alors, oui, on reste tout de même bien enfermé dans la triple Cité presque tout le long de l'histoire mais elle a beaucoup à offrir. 

Côté personnes, ça se gâte un peu. Il y a en beaucoup et parfois, on se demande un peu pourquoi ils font ce qu'ils font. Parker est parfois un peu confus dans leur histoire. Tout tourne autour de Bardas Loredan, avocat de son état, ancien militaire et futur colonel de la cité. L'homme est vieux (enfin, il doit avoir quoi, la quarantaine et encore, je ne suis pas sûre), cynique et particulièrement désabusé par la vie. Il est le "héros" de l'histoire. Enfin, héros... si on veut quoi. Disons que c'est le personnage principal. Face à lui, on trouve Temrai, fils de chef de clan, qui voue une haine profonde à la cité tout en l'admirant. Je trouve dommage que le jeune homme, comme la plupart des personnages à part Loredan, ne soit pas plus développé. C'est d'ailleurs, du coup, un des gros problèmes du roman pour moi. Les personnages sont là, ils sont plutôt interessant mais ils restent peu développés. J'ai souvent eu l'impression que finalement, on suivait des ombres. En plus de ça, il m'est souvent arrivé d'avoir l'impression qu'aucun d'eux, ni même l'auteur, ne savait vraiment où ils allaient. Un sentiment qui pourtant se révèle faux, comme je le découvrirais vers la fin du roman. Tout est lié d'une manière ou d'une autre.

Mais si les personnages ne m'ont pas vraiment interpelé, ce n'est pas le cas du style de Parker. Parce que nous sommes loin de la grandiloquence que nous pouvons avoir dans de la fantasy classique. Ici, nous avons pas mal d'humour, de cynisme. La plume est vivante et finalement, si on oublie le problème de mise en page, ultra agréable à lire. C'est vraiment quelque chose que j'ai aimé, tout comme l'univers. J'ai aussi adoré lire sur plusieurs pages comment forger une épée (l'auteur le fait plusieurs fois, en donnant chaque fois un peu plus d'explication, je trouve ça génial) ou même une arme de siège. Bon, moi, perso, j'ai beaucoup aimé, mais je suppose que ça pourrait en réputer certains par contre (par exemple, j'ai clairement sauté des passages où nous avons toute une liste d'article pouvant être acheté par les clercs). 

Au final, je sors plutôt mitigée de ma lecture. Il y a vraiment du bon mais il y a aussi des choses qui ont tendance à ne pas me plaire de base (et je ne parle pas de la mise ne page). J'aurais apprécié pouvoir m'attacher un peu plus aux personnages, or ce ne fut pas le cas. J'espère que ça va s'arranger avec le second tome (je l'ai, je le lirais donc).

lundi 4 octobre 2021

La Tempête, William Shakespeare

 C'est en écoutant la fantaisie symphonique The Tempest de Tchaïkovski que je rédige cet article. Je suis tombée amoureusement de la musique en l'écoutant la semaine dernière pendant que je lisais la pièce. D'ailleurs, je dois vous avouer beaucoup plus apprécié la musique que l'oeuvre écrite...

La Tempête, William Shakespeare

Editeur : Domaine public
Collection : /
Année de parution :
Titre en VO : the tempest
Année de parution en VO : vers 1611
Format : AZW

A lire si 
- Vous aimez les pièces de théâtre
- Vous voulez du fantastique 

A ne pas lire si :

Présentation de l'éditeur 

Au retour du mariage de la princesse Claribel avec le roi de Tunis, le vaisseau du roi de Naples, Alonso, qu'accompagne son fils Ferdinand, est pris dans une tempête et s'échoue sur une île habitée par un monstre, Caliban, et par un esprit aérien, Ariel. L'ancien duc de Milan, Prospéro, naguère évincé du trône par son frère Antonio, y vit depuis douze ans : or c'est lui qui a magiquement provoqué la tempête...

Mon avis

Je ne sais pas si vous vous souvenais, mais je mettais mise en tête il y a un bon moment (en 2014 je crois) de lire la plupart des grandes œuvres de Shakespeare. Ainis, j'ai lu cette année-là Hamlet, puis en 2018, je mettais pencher sur Macbeth. Roméo et Juliette, quant à lui, traine dans ma PAL papier depuis un moment. J'aurais voulu être un peu plus assidue dans ma résolution, mais que voulez-vous, j'ai trop de chose à lire. Mais depuis quelques temps, la Tempête vient me hanter. Il faut dire que le texte est souvent cité, que la pièce a inspiré beaucoup d'auteur. Que ça s'appelle la Tempête et que j'aime ce mot et ce qu'il peut représenter. Que la musique de Tchaïkovski est juste géniale. Bref, il fallait que je le lise. 

Il s'avère qu'à l'inverse de la plupart des autres œuvres fort connus du Shakespeare, je ne savais pas grand chose de celle-ci. C'est marrant, parce que c'est peut-être l'une des plus connues (si on enlève Roméo et Juliette, je pense) et que finalement, ben c'est pas celle dont on parle le plus il me semble. Elle comporte pourtant des thèmes des plus intéressants, la vengeance, la famille, l'amour, la rédemption et le pardon. Oui, ce sont des thèmes chers au Barde que l'on retrouve aussi dans d'autres de ses pièces. Personnellement, ce sont surtout des thèmes qui me parlent beaucoup et que j'aime énormément. On n'est que rarement déçu avec eux. Ils promettent généralement pas mal de rebondissements.

C'est le cas ici. On commence avec la fameuse tempête qui donne son nom à la pièce et qui entraine l'échouage du navire du Roi de Naples, Alonso, sur les côtés d'une île perdue en méditerranée. Or, ce n'est pas n'importe quelle île, ni même une tempête ordinaire. L'endroit est la demeure forcée de Prospero, l'ancien duc de Milan, et de sa fille Miranda. C'est lui qui a envoyé Ariel, l'esprit du Vent, détruire le vaisseau. Mais au lieu de tuer tout le monde (ça aurait trop rapide, vous me direz), Prospero et Ariel décident de disperser les occupants du navire aux quatre coins de l'île. Ainsi, Ferdinand, le fils d'Alonzo, va rencontrer Miranda dont il va tomber amoureux. Alonzo, qui croit son fils mort, se trouve avec Gonzalo (un courtisan), Sébastien (son frère) et Antonio (le frère de Prospero). Les deux derniers complotent d'ailleurs pour tuer Alonzo afin que Sébastien prenne sa place sur le trône napolitain. Et enfin, Stephano, l'intendant ivrogne et Trinculo, le bouffon, rencontrent Caliban, fils d'une sorcière et esclave de Prospero, qui tente sans y parvenir, à fomenter une rébellion contre Prospero. Le tout finit par une réunion de tout le monde et un Prospero finissant par pardonner les affronts qui lui ont été fait.

L'idée de partager en trois fils narratif cette histoire était particulièrement bonne. Cela permet rapidement de mettre en place le comique de la pièce (plus particulièrement sur le fil Stephano/Trinculo/Caliban je trouve) mais aussi de différencier les divers thèmes de la pièce. Pour Ferdinand et Miranda, parlons amour, pour Alonzo et ses courtisans, se sera donc la trahison en particulier. Ca permet aussi de rythmer la pièce et de ne pas ennuyer le lecteur. C'est vraiment un très bon point, surtout que, personnellement, je trouve que lire du théâtre peut vite devenir ennuyeux. Par contre, je trouve que nous avons un peu trop de personnages du coup. Je me suis un peu perdue, ne me souvenant plus de qui était qui (surtout dans le fils Alonzo, où en plus de lui, Gonzalo, Sébastien et Antonio, on ajoute deux autres courtisans). 

En parlant personnages, je dois bien dire que j'ai bien aimé les principaux. Prospero est un maitre d'œuvre qui n'est pas sans rappeler parfois un Pantalon de la commedia dell'arte lorsqu'il est avec Miranda et Isabelle (avec Miranda en Isabelle et Ferdinand en Léandre). C'est un personnage complexe qui apparait dans toutes les scènes ou presque, souvent accompagné d'Ariel, l'esprit du Vent qui apporte la touche fantastique à la pièce. Antonio est aussi plutôt sympathique à suivre (si on peut dire) dans sa manière de mener Sébastien sur le chemin de la trahison. Quant à Miranda et Ferdinand, ils sont tellement mignons qu'on ne peut que les apprécier. Par contre, j'ai eu une petite déception à cause de Caliban, que je voyais plus démoniaque que ça et qui finalement est juste dans un rôle de bouffon.

Finalement, j'ai beaucoup apprécié ma lecture et je comprends pourquoi la Tempête fait partie des références de maints auteurs. C'est une pièce complexe, mêlant drame et humour. Je la trouve particulièrement efficace, même si pour moi, il lui manque peut-être le côté plus tragique d'un Romeo et Juliette ou d'un Hamlet (mais c'est quelque chose de voulu, vous me direz). Maintenant, j'ai juste très envie de voir une de ses adaptations (il n'en existe pas des masses en films d'ailleurs, mais on y trouve quand même un film de l'âge d'or de SF ultra connu, le Planète Interdite de 1956).

mardi 31 août 2021

Journal d'écrivain, Virginia Woolf

Vous devez le savoir, j'aime beaucoup les oeuvres de Virginia Woolf. J'en ai quelques unes à mon actif (sept sur le blog au moment où j'écris ces lignes). C'est une autrice que j'admire beaucoup. Lire une partie de son journal était donc tout indiqué pour moi (et maintenant, j'espère vraiment pouvoir en lire plus, sachant que sont édités ces journaux d'adolescence mais aussi une intégrale de ceux adultes (même si pour eux, j'ai un doute sur l'intégralité justement))..

Journal d'écrivain, Virginia Woolf

Editeur : 10/18
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en VO :A Writer's Diary
Année de parution en VO : 1953 
Nombre de pages : 576

A lire si :
- vous aimez l'autrice qu'est Virgina Woolf
-Vous aimez les journaux intimes

A ne pas lire si :
- Vous voulez l'intégralité des journaux de Woolf

Présentation de l'éditeur : 

Sa vie durant, Virginia Woolf a tenu un journal. Des 26 volumes qui ont fini par le composer, son mari Leonard Woolf a choisi d’extraire certains passages, notamment centrés sur son travail d’écrivain et de critique littéraire, mais pas seulement. En résulte un livre débordant de vie et d’une passion difficile à contenir, et qui mêle anecdotes, réflexions sur l’écriture, confessions intimes, mais aussi considérations amères sur un monde lacéré par la guerre ; le livre d’un écrivain porté par « l’insatiable désir d’écrire quelque chose de valable avant de mourir ; le sentiment dévorant de la brièveté et de la fièvre de la vie. »  A mi-chemin entre la littérature et la vie, ces pages offrent le portrait le plus direct et le plus fascinant d’un immense auteur, et de son époque.

Mon avis

Virginia Woolf se suicide en mars 1941. Quelques années plus tard, son mari, Leonard Woolf publie ses journaux d'écrivain, des extraits de ses journaux intimes qu'il a coupé pour ne froisser personne et garder à la postérité ce qui a fait de sa femme l'écrivaine qu'elle était. Ce sont donc ces extraits qui emplissent les 576 pages de cet ouvrage qui commence lors de la rédaction de Nuit et Jour et se finit quelques jours avant le 28 mars 1941. 

Il m'est assez dur de vous parler de ces journaux. Bien qu'ils nous permettent de voir ce que fut la vie de Virginia Woolf, ils sont trop centrés sur l'écriture pour en dégager réellement une vision de la personne qu'elle fut. Par contre, pour l'écrivaine, il n'y a pas de soucis. Et je dois dire que j'ai aimé cette femme, beaucoup, passionnément. Virginia n'était pas une autrice se reposant sur ses lauriers. Elle avait ses doutes, ses espoirs, sa santé vacillante, ses piliers etc... Même après des années et des années d'écriture, et de succès, elle doutait toujours d'elle et remettait toujours son travail en question. Rarement elle s'est reposée sur ses lauriers. Et je peux vous dire que voir la grande Virginia Woolf souffrir du syndrome de l'imposteur même après avoir publié un livre à succès fait énormément de bien. La voir capable de rebondir tout autant. Il est aussi agréable de découvrir son travail sur les articles qu'elle écrivait pour le Times et autres revues ainsi que sur les divers essais qu'elle a produit. C'est tout aussi intéressant que ces romans et nouvelles.  Et les deux sont finalement complémentaires.

Les journaux sont aussi l'occasion de connaitre un peu plus l'autrice et la femme derrière celle-ci. Même si Leonard Woolf a coupé beaucoup des journaux de son épouse, il a gardé beaucoup de moments de vie, des rencontres, des impressions de vacances, des promenades aussi ou encore les raids sur Londres durant la seconde guerre mondiale. Petit à petit, le portrait de celle qu'elle était apparait. On retrouve la Virginia dépressive, malade mais aussi la femme qui croquait la vie comme elle venait. Celle qui aimait sa famille plus que tout, tout comme le clan d'amis qu'elle et Leonard s'était crée. Et puis, il y a la relation avec Leonard, son époux. Je savais que celle-ci était platonique mais j'ai aimé lire tout le respect qu'ils avaient l'un pour l'autre, l'amour qu'ils avaient. Niveau couple goal, ils se posaient bien là tous les deux.

J'ai vraiment du mal à écrire un avis sur ces journaux. Je pense que je vais tout simplement m'arrêter ici. C'est une œuvre particulièrement intime et je pense que la relation entre le lecteur et Virginia Woolf influe beaucoup sur la manière de la voir. Le fait d'être moi-même écrivaine me l'a fait voir peut-être d'une autre manière qu'un autre lecteur. Ce fut une lecteur des plus passionnantes que je recommande vraiment à tout ceux qui aiment Virginia Woolf

jeudi 19 août 2021

Héros Malgré eux, Firefly, tome 1, James Lovegrove

 J'aime beaucoup beaucoup la série Firefly de Whedon et je regrette toujours autant qu'il n'y ait eu qu'une seule saison. Enfin, une seule, si on veut. Whedon, comme avec le Buffyverse, a utilisé les comics et les novellisation pour faire vivre un peu plus sa série. Nous sommes ici sur le premier roman d'une petite série de plus, qui se déroule après la série TV. Mais qu'est-ce que ça donne ?

Héros Malgré eux, Firefly, tome 1, James Lovegrove

Editeur : Ynnis
Collection :
Année de parution : 2020
Titre en VO : Firefly, book 1 : Big damn hero 
Année de parution en VO : 2018 
Format : AZW

A lire si :
- Vous connaissez la série (et le film Serenity)

A ne pas lire si 
- Vous ne connaissez pas la série (ou ne l'avait pas aimé)

Présentation de l'éditeur : 

Inspiré de la série télévisée Firefly, créée par Joss Whedon, ce roman met en scène les aventures de l'équipage du vaisseau spatial Serenity. Transporter une cargaison depuis la planète Perséphone jusqu'à un client impatient aurait dû être un travail de routine pour l'équipage du Serenity. Dieu sait que le capitaine Mal Reynolds a besoin d'argent, comme d'habitude, en partie pour assurer la maintenance du vaisseau spatial. Seulement voilà, le mystérieux client n'est autre que Badger, et ses transactions notoirement suspectes ne laissent rien augurer de bon. Il s'avère que la cargaison est remplie d'explosifs pouvant exploser à tout moment.... Juste avant le décollage, Mal disparaît. Alors que la cargaison devient de plus en plus volatile, et que les croiseurs étatiques de l'Alliance commencent à s'intéresser à la contrebande en cours, il appartient au premier lieutenant de Serenity, Zoë, de choisir entre le sauvetage de son capitaine et celui de son équipage...

Mon avis

Figurez-vous que je cherche depuis que j'ai pris le livre si je n'ai pas déjà lu un roman de l'auteur. Le nom me parlait beaucoup. C'est en regardant enfin sur Livraddict, presque une semaine après avoir fini le livre (oui, je suis toujours en retard, mais c'est le dernier avis à l'être) que je me suis rendu compte que je l'avais déjà croisé. James Lovegrove se trouve dans ma PAL pour le premier tome des Dossiers Cthulhu et il a déjà eu un article ici, pour Royaume Désuni (en 2015) que je n'avais pas tant aimé que ça. Bref, je sais enfin pourquoi le nom me parlait autant. Mais comme ce n'est pas du tout le sujet de cet avis, passons et revenons à ce Héros malgré eux.

Ce roman se déroule après la série télévisée. Et les deux premiers chapitres sont là pour nous faire des rappels absolument pas discret de certains épisodes. Nous sommes sur Perséphone, (là où Mal acheta une robe pour Kaylee) (le rappel de cet épisode est clairement là pour rien, je tiens à le dire), le jour de l'Alliance. Mal et l'équipage, à court de liquidité, comme bien souvent, font affaire avec Badger (et on en profite pour rappeler les évènements de l'épisode 5, Sains et Saufs) pour livrer une cargaison dangereuse sur une planète minière. Le capitaine en profite aussi pour essayer de gagner un second contrat. Mais ça va mal tourné, comme toujours. Mal est enlevé, l'Alliance se pointe pour mettre la mains sur River Tam et Zoe va devoir prendre le commandement du Serenity si elle ne veut pas que tout parte encore plus en cacahouète. Mais, on le devine, tout va continuer à se compliquer.

Le roman ferait un bon épisode de Firefly, sur ce point, je n'ai rien à redire. S'il lui manque l'aspect visuel, avec les mimiques des personnages ou les décors (ça pèche un peu sur les descriptions, je dois dire), on est vraiment sur une aventure à la Firefly (heureusement, me direz-vous). On y retrouve l'humour de la série (quoique là encore, pour Mal par exemple, il manque vraiment la gestuelle de Nathan Fillon pour s'y croire vraiment), l'action et les situations de crises. Il s'ancre parfaitement dans l'univers, rappelant donc les anciens épisodes et nous entrainant dans le passé de Mal alors que celui-ci se trouve sur Shadow un peu avant de rejoindre les Browncoats. C'est un épisode qui fait suite à l'épisode 12, le Message. J'apprécie qu'il mette en avant le pasteur Book ainsi que le jeune Mal. Bien entendu, les autres ne sont pas en reste même si je trouve que Kaylee, Tam et Simon sont en retrait (chose qui arrive malheureusement souvent aussi dans la série).

Malheureusement, le roman souffre d'être si attaché à sa série de base. Il en fait trop par la rappeler, ramenant des souvenirs (la fameuse robe de Kaylee par exemple, ou les conséquences de l'attaque du train de l'épisode 2) qui risquent de perdre le lecteur néophyte. De plus, pour moi, les divers rappels sont bien souvent inutiles et ne sont là que pour les fans (j'en fais parti, mais perso, ça m'a un peu saoulé de les voir revenir si souvent et souvent pour ne pas faire avancer plus que ça notre histoire). Si je suis ravie d'avoir un roman Firefly, j'aurais aussi voulu pouvoir faire découvrir la série par ce biais. Ce ne sera pas le cas (par contre, il existe une novellisation du film Serenity, qui elle pourrait permettre un lecteur de découvrir l'univers)(il faudrait que j'y mette la main dessus un de ces jours).

Au final, le roman s'inscrit donc fort bien dans la continuité de la série. Il est plutôt bon sur ce point, et permet vraiment de continuer l'aventure avec les membres du Serenity. Il souffre parfois de son style (un peu trop "scolaire", je dirais) mais se laisse lire, un petit sourire aux lèvres. Mais il est vraiment fait pour les connaisseurs. Un lecteur qui n'a jamais vu la série risque de se sentir perdu dedans alors même que le roman est fait pour être lu indépendamment (c'est faux, et on le savait hein). Il n'empêche que je m'offrirai bien les deux tomes suivants.

lundi 12 juillet 2021

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

 Je rattrape mon retard du Narnia Readathon. Le mois dernier, je n'ai eu ni le temps ni le courage de lire le tome prévu. Avant de commencer celui de ce-mois, je me suis remise à jour. L'avantage de Narnia, c'est que ça se lit vite, et qu'il m'a fallu une après-midi pour me remettre à jour.

Le Prince Caspian, Le Monde Narnia, tome 4, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance

Présentation de l'editeur : 

Peter, Susan, Edmund et Lucy sont sur le point de se séparer pour entamer une nouvelle année scolaire. Ils attendent le train qui doit les conduire en pension quand, tout à coup, ils sont transportés dans le pays de Narnia où ils ont régné autrefois. Mais si, pour eux, une année seulement s'est écoulée, dans leur ancien royaume des siècles ont passé. Le palais royal est en ruines. Parviendront-ils à ramener la paix dans le monde magique de Narnia ?

Mon avis

Le Prince Caspian a toujours fait parti de mes tomes préférés de Narnia. Pourtant, je n'en garde qu'un très vague souvenir, la faute au film, qui en est tout de même assez différent. J'étais donc ravie de relire ce tome-ci et de retrouver enfin le plaisir de lire Narnia.

Le Prince Caspian se passe des années, des siècles même, après que les enfants Pevensie combattirent la sorcière blanche. Narnia est sur le déclin. Les Telmarin ont pris le pouvoir et, petit à petit, les animaux ont arrêté de parler, les humains ont pris toute la place et on en est même venu à oublier Aslan. C'est dans ce royaume qu'à grandit Caspian. Nourri des récits de l'ancien Narnia, c'est un garçon idéaliste. Lorsqu'il découvre que son oncle a tué son père, alors roi, et compte faire de même avec lui, il s'enfuit. Il monte une rebellion avec ce qu'il reste de l'ancien Narnia. Malheureusement, le peuple narnian est encore faible et ils perdent la guerre. Alors que tout semble perdu, Caspian souffle dans la trompe de la reine Suzanne.  Au même moment, les enfants Pevensie attendent sur le quai de la gare. Ils sont soudainement attiré à Narnia...

On suit d'abord les enfants Pevensie dans leur redécouverte de Narnia. Là où ils avaient laissé un monde prospère et chaleureux, ils ne trouvent qu'une île, paradisiaque mais une île quand même, des ruines et un verger. Il va leur falloir un moment avant de se rendre compte qu'il se trouve à Cair Paravel des siècles après leur règne. Un décalage qui ne leur fera pas que du bien d'ailleurs. S'ils se souviennent de leur Narnia, le paysage de celui-ci a changé, tout autant que les habitants. Le contraste entre les souvenirs et la réalité donne quelque chose de mélancolique à l'histoire, chose qu'on ne trouve pas forcément dans les tomes précédents. Il y a aussi cette impression de paradis perdu qui revient assez souvent de leur côté. Du moins, jusqu'à ce qu'Aslan refasse son apparition et qu'ils rencontrent Caspian.

Côté Caspian, on est sur une histoire de conte assez classique. Un enfant qui a grandit nourri par les histoires de sa nourrice et qui va finir par les vivre. Il reste un personnage assez candide, même lorsqu'il se veut héroique. Mais surtout, il est souvent particulièrement effacé face à Peter, Suzanne, Edmund et Lucy. A tel point qu'on oublie parfois que le roman se nomme Prince Caspian et pas "le retour des Pevensie". Je trouve dommage cette mise en arrière du personnage. Il a tellement plus à y gagner.

D'ailleurs, c'est là que le film dépasse le roman pour moi. Dans le film, Caspian a un vrai rôle. De plus, j'aime particulièrement l'opposition entre lui et Peter qui n'existe pas dans le roman. Le film se devait d'être plus spectaculaire, plus long aussi. Il réussit cela parfaitement et surtout, il ne dénature pas l'histoire (on y retrouve les points importants, tout en y ajoutant des scènes plutôt sympathiques (l'attaque du chateau de Caspian par exemple)).

Au final, c'est un tome qui reste assez classique dans sa construction mais que j'apprécie toujours autant. Et puis, j'aime toujours autant Caspian, même si on ne le voit pas assez à mon gout. 

mercredi 26 mai 2021

Le cheval et son écuyer, le Monde de Narnia, tome 3

 On continue tranquillement notre lecture commune de Narnia sur Instagram. Nous voilà déjà rendu au tome trois, qui est le cinquième à avoir été écrit par l'auteur. 

Le cheval et son écuyer, le Monde de Narnia, tome 3

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Challenge mois de l'imaginaire

Le cheval et l'écuyer a été choisi pour l'item "se laisser porter" puisqu'il s'agit d'une lecture commune.
Il peut aussi entrer dans les catégories suivantes : 
- Nous avons vécu de longues aventures : Narnia est une série
- Nous avons découvert que nous avons un destin : désolée, je spoile le roman rien qu'en disant ça.
- Et commençons le long périple : Shasta et Aravis voyagent ET nous découvrons une contrée d'inspiration arabique
- Pour y trouver un apprenti : c'est un roman jeunesse

Mon avis

Le cheval et son écuyer fait partie des tomes moins connus de Narnia puisqu'il ne fut pas adapté en film (sachant qu'à l'époque, les films suivaient l'ordre de publication des tomes et non l'ordre chronologique des histoires, on ne l'aurait surement pas eu de toute manière.) C'est aussi une de mes préférées de l'intégrale lors de ma première lecture. Un sentiment qui pour le moment n'a pas changé (mais j'attends avec impatience le mois prochain pour voir si j'aime toujours autant le Prince Caspian ou pas).

Le cheval et son écuyer a le gros avantage de ne pas se passer à Narnia même. Nous allons découvrir Calormen, empire d'inspiration arabique se trouvant au sud de Narnia. C'est là que nous faisons la connaissance du jeune Shasta, fils adoptif d'un pauvre pécheur. En début d'aventure, son père compte le vendre comme esclave à un  tarkhaan. Le garçon s'enfuit alors avec le cheval de celui qui aurait dû devenir son maitre. Or, Bree, est un cheval narnien parlant. Il réussit à convaincre son nouvel ami de partir pour son pays d'origine. En chemin, ils vont croiser Aravis et Hwin, qui fuit aussi Calormen pour Narnia. Décidant de faire route ensemble, tous les quatre vont vivre quelques aventures... 

Je dois avouer une chose, bien qu'il fasse parti de mes tomes préférés, je trouve quelques défauts à ce roman. Déjà, les longueurs. Oui, sur un roman tout de même assez court, l'auteur nous offre pas mal de longueur. C'est qu'il prend son temps C.S. Lewis dans ce tome. Certains passages sont clairement trop long pour moi (surtout quand les deux jeunes gens sont à Tashbaan, la partie où Aravis se retrouve chez son amie n'apporte pas grand chose et dure des plombes). L'autre défaut, ce sont les personnages des chevaux. En fait, qu'ils puissent parler n'apporte pas grand chose à part peut-être le coup de pouce pour le départ des deux enfants. Bree est pour moi carrément insupportable et Hwin complètement transparente.

Heureusement, il n'a pas que des défauts. J'aime beaucoup Shasta, même s'il est parfois un peu pleurnicheur. C'est quelque chose qu'il finit par dépasser sans forcément s'en rendre compte d'ailleurs. Il n'a pas grand chose d'un héros à la base et le devient un peu par hasard. Aravis est aussi intéressante quoique je la trouve parfois un peu trop hautaine (voire insupportable au départ). Il est appréciable qu'elle ait un vrai rôle même si celui-ci est un peu émoussé à la fin (elle ne participera pas à la bataille finale mais aura oeuvré pour éviter le pire, finalement bien plus que Shasta). Il est appréciable aussi de revoir Edmund et Susan dans ce roman. Ils n'ont pas un grand rôle mais ils permettent de situer l'histoire dans la chronologie narnienne. Et puis, j'aime beaucoup la ville de Tashbaan. Je ne saurais trop vous dire pourquoi, mais c'est un lieux fictif que j'apprécie. Surement à cause de ses tombeaux. D'ailleurs, elle me fait assez penser au Caire, une ville que je rêve de visiter depuis mon enfance. 

Au final, c'est un conte que j'ai beaucoup apprécié malgré ses longueurs et Bree. D'ailleurs, c'est, pour l'instant, le roman qui a le plus ce petit côté conte assez appréciable. Le style de l'auteur va parfaitement avec ce genre-là je trouve. Et pus, faut avouer que ça fait du bien d'avoir un roman où nous ne sommes pas "polluer" par la vision des films.

mardi 25 mai 2021

Je m'habillerai de nuit, Terry Pratchett

 La dernière fois que j'ai lu un tome de Tiphaine Patraque, c'était l'Hiverrier en mars 2015. Je crois que j'ai fait un blocage à ce moment-là, parce que j'adore Tiphaine et les Feegle. Il était temps de le dépasser.

Je m'habillerai de nuit, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : Fantasy
Année de parution : 2020
Titre en VO : I shall wear midight
Année de parution en VO : 2010
Nombre de pages : 453

A lire si :
- Vous aimez les histoires de Tiphaine Patraque
- Vous aimez les sorcières et les crossover

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les Feegle (même si on ne les voit pas assez à mon gout)
- Vous voulez continuez à voir Tiphaine évoluer dans les contes de fées.

Présentation de l'éditeur : 

Rude existence que celle d’une sorcière de seize ans dans le Causse. Outre le quotidien d’une infirmière doublée d’une assistante sociale, il faut aussi gérer les crises qui fermentent et la mort prochaine du vieux baron.
Guère de magie là-dedans, guère de sommeil non plus.
Alors, si quelque part une pelote inextricable de malveillance et de frustration s’est réveillée pour inciter à la haine des sorcières et à leur destruction, voilà Tiphaine Patraque soudain démunie…
«J’ai la trouye pou la ch’tite michante sorcieure jaeyante.»
Il reste les Nac Mac Feegle, me direz-vous, toujours prêts à la bataille. Mais si eux-mêmes se mettent à douter...

Challenge Mois de la fantasy

J'ai choisi Je m'habillerai de Nuit pour la catégorie "A la rencontre des autres" qui demande donc des êtres du petit peuple. Forcément avec les Feegle, je tape plutôt juste.
Il peut aussi faire partie des catégories suivantes : 
- Nous avons appris : Tiphaine bien que sorcière officielle apprend toujours de ses ainées.
- Nous vécumes de longues aventures : le Disque-Monde, c'est quand même une quarantaine de bouquins tout regroupé.
-Nous avons rencontré des gens exceptionnels : Les sorcières
- Pour y trouver un apprenti : les romans du Disque-Monde sont considéré comme du jeunesse, même si je trouve celui-ci plus adulte que les autres

Mon avis

Tiphaine a grandit. Elle est revenu de Lancre pour prendre sa place en tant que sorcière du Causse. Elle y fait tout ce que les autres ne veulent pas faire, son travail et puis le reste, qui finalement fait aussi parti de celui-ci. Mais dans le Causse, comme ailleurs sur le Disque-Monde, quelque chose ne va pas. Les Sorcières ne sont plus appréciées et petit à petit, la haine semble monter contre elles. Mais s'il n'y avait que ça, alors que Tiphaine galère à trouver sa place dans le monde du haut de ses seize ans, une étrange entité sans yeux la pourchasse. 

J'ai trouvé ce tome plus adulte que les précédents. Encore une fois, Tiphaine a grandit (elle avait neuf ans lors de sa première aventure, les Ch'tits hommes libres (que je n'ai pas chroniqué ici), elle en a à présent seize. Cela se ressent dans sa manière de voir le monde, de l'appréhender et d'agir dans celui-ci. Tiphaine quitte l'enfance et les contes de fées (qui ont émaillé les tomes précédents) pour l'âge adulte et la vie "réelle". Elle y découvre que l'homme est parfois plus terrifiant que la reine des fées ou l'Hiverrier. Ainsi dès le début du roman, on assite à quelques scènes pas franchement joyeuse pour la jeune femme (elle doit empêcher la chasse sauvage (qui n'est ici autre que la vengeance des villageois) de se défouler sur un homme ayant battue sa fille, puis le dépendre après qu'il est tenté de se suicider suite à son geste par exemple)(ce sont des passages que j'ai trouvé très dur d'ailleurs, parce que si Tiphaine fait ce qu'il doit être fait, il n'en reste pas moins que l'homme est une belle pourriture et qu'à sa place, j'aurais peut-être pas été aussi clémente). Outre cela, elle doit aussi trouver sa place dans le monde. Or, Tiphaine est une sorcière, jeune qui plus est. Sa place n'est pas totalement définie à cause et de son âge et de ce qu'elle est. Cela se voit beaucoup lorsqu'elle parle avec le sergent Brian par exemple, qui l'a connu enfant et qui a du mal à voir en elle La Sorcière du Causse (surtout que dans le Causse, les sorcières, ben y en avait pas vraiment avant elle). Tout cela fait de Je m'habillerai de nuit (dont l'explication du titre est je trouve fort poétique au final) un tome un peu à part par rapport aux trois premiers et propulse Tiphaine définitivement pour moi dans le cycle des Sorcières.

D'ailleurs, en parlant des Sorcières, j'ai été ravie de les revoir (je rappelle que j'ai fini le cycle il y a un petit moment déjà (le dernier étant Carpe Jugulum, que bien sûr je n'ai pas chroniqué ici). Mais surtout, j'ai apprécié retrouver Eskarina, qui est l'héroïne du troisième tome des Annales, la Huitième fille (idemn que pour Carpe Jugulum) que je n'avais pas vu depuis, ben le dit troisième tome (que j'ai du lire il y a bien dix ans si ce n'est plus). J'ai quasiment sauté de joie en la retrouvant, surtout que, de part son histoire (la seule femme à la fois sorcière et mage), elle se rapproche beaucoup de Tiphaine. Mais elle n'est pas la seule à faire son apparition, puisque Tiphaine faisant un petit tour par Anck-Morckpock va rencontrer le Guet. J'aime beaucoup quand les divers "univers" de l'auteur se rencontre, ça donne toujours des situations des plus amusantes (il n'aurait manqué que les mages à ce tome, puisque la Mort, comme souvent avec les sorcières, est aussi au rendez-vous). C'est aussi pour ça que je trouve que les aventures de Tiphaine mériteraient vraiment d'être prise en compte dans les annales (et dans le cycle des sorcières).

Enfin, on retrouve dans ce roman ce qui fait l'essence des Tiphaine Patraque, que se soit par les thèmes (la transmission, trouver sa place, le deuil aussi etc...) ou les personnages. On retrouve avec bonheur les Feegle, même si je les ai trouvé moins présent que d'habitude, mais la Kelda, Roland, le vieux baron et les parents de Tiphaine. C'est un univers que l'on connait bien à présent et dans lequel je me sens comme chez moi. Alors oui, il est un peu moins "humoristique" que les autres tomes, il est plus adulte aussi, mais ça reste du Tiphaine Patraque. On y retrouve les Feegle et leur parler si particulier, on y retrouve les collines tant aimé de la jeune fille, on y retrouve cette atmosphère un peu conte de fée aussi. Et s'il n'est pas le meilleur tome du Disque-Monde, il est pour l'instant mon préféré de Tiphaine (il m'en manque plus qu'un à lire, le tout dernier, que se soit de la série ou de Pratchett, j'ai peur de le lire, je dois l'avouer). 

mercredi 14 avril 2021

Le Lion, la Sorcière Blanche et l'armoire magique, le Monde de Narnia, tome 2, C.S. Lewis

 Qui dit nouveau mois, dit nouveau tome de Narnia dans le cadre du Readathon. Pour avril, c'est donc le second tome, sûrement le plus connu grâce au film. C'est aussi le tout premier tome écrit par l'auteur, celui qui finalement, pose les bases du mythe de Narnia. 

Le Lion, la Sorcière Blanche et l'armoire magique, le Monde de Narnia, tome 2, C.S. Lewis

Editeur : Gallimard
Collection : Jeunesse
Année de parution : 2005
Titre en VO :The Chronicles of Narnia 
Année de parution en VO : 1998
Nombre de pages : 869

A lire si :
- Vous voulez de la fantasy jeunesse

A ne pas lire si :
-Vous voulez un roman long
- Vous n'aimez pas le manque de nuance


Présentation de l'éditeur :

Guidés par le Lion Aslan, découvrez dans son intégralité la saga fantastique du grand romancier, ami de Tolkien.
Grâce à la langue limpide et énergique de C. S. Lewis, à son génie du suspense, l’univers du "Monde de Narnia", où s’accomplissent conflits héroïques et quêtes magiques, peut séduire un large public, quel que soit son âge.

Mon avis

Je suis presque certaine que quasiment tout le monde connait plus ou moins l'histoire de ce second tome. Pour rappel, alors que la seconde guerre mondiale s'endurcit, les enfants londoniens sont envoyés dans les campagnes (dans des conditions plus ou moins bonnes d'ailleurs). C'est ainsi que les enfants Pevensie, Peter, Susan, Edmund et Lucy, arrivent dans le manoir d'un vieux professeur. Un jour de pluie, Lucy va entrer dans une armoire afin de se cacher durant un jeu. Elle va alors découvrir un monde sous la neige et sous un réverbère, un faune. A partir de cet instant va commencer la plus magique des aventures pour les quatre enfants.

Si je devais commencer par les défauts de ce tome (oui, pour une fois, faisons comme ça), je dirais qu'il a le malheur d'avoir une adaptation cinématographique de plutôt bonne qualité et qui en rajoute quand même un peu pour réussir à faire presque deux heures de spectacle. C'est un léger défaut mais il n'empêche qu'il est présent. Parce qu'on s'attend à certaines choses qui n'arrivent pas ou qui arrivent bel et bien me ne sont pas montré. IL ne faut pas oublier que le roman est un conte pour enfant, un livre jeunesse qui se doit d'être bienveillant. Or, de bienveillant, il passe souvent à trop de bon sentiments. Et personnellement, ça m'ennuie toujours un peu quand les héros sont justes gentils. Heureusement que nous avons Edmund dans le lot, seul personnage à avoir un mauvais côté (qui sera malheureusement vite effacé dans la fin du roman)(mais on va y revenir).  L'autre défaut, c'est que le livre est court. Il m'a fallut quelques deux heures pour le lire, or, je serais bien resté un peu plus longtemps dedans.

Passons maintenant à ses qualités. La première, c'est d'être un formidable premier point d'entrée à Narnia. Il est tellement plus interessant que le neveu du magicien. Attention, je ne dis pas que le neveu du magicien n'est pas interessant. Mais ici, on découvre vraiment Narnia. Alors, oui, il s'est passé quelques années (voir siècle) depuis la création du monde mais sa mythologie est bien présente. De plus, le découvrir en même temps que les enfants Pevensie apporte un certain charme qu'on a moins dans le tome précédent. Narnia est juste magique, que se soit sous la neige ou lorsque le printemps vient (et forcément, je ne peux m'empêcher de voir le décors des films, qui reste, somme toute, assez fidèle à ce que l'on peut lire). 

Ensuite, il y a l'histoire et ses références. La sorcière blanche m'a toujours fait penser à la Reine des Neiges (celle d'Anderson, pas celle de Disney, hein). Je reste persuadé que Lewis a utilisé le conte pour créer le sien. Du moins une partie. Il arrive à intégrer la dite partie à sa propre histoire et à ses propres idées. Comme pour le Neveu du Magicien, on trouve ici aussi pas mal de références à la bible (plus précisément au second testament alors que le neveu est plutôt côté premier) : la trahison d'Edmund (celle de Judas), le sacrifice d'Aslan (celui du christ), l'appellation fils d'Adam et fille d'Eve, le fait que Jadis soit fille de Lilith... C'est toujours aussi amusant pour moi de trouver ses références et de voir le message que tente de faire passer son auteur aux jeunes et aussi aux moins jeunes. Malheureusement, ça reste un peu trop simpliste pour moi et souvent trop plein de bons sentiments comme j'ai pu le dire plus haut. Surement parce que j'ai l'habitude de lire des romans plus adultes et plus sombres...

Enfin, il y a les personnages. Bon, je ne vais surement pas me faire des amis, mais j'ai du mal avec Peter et Lucy. Lui est trop tout, elle est trop gentille, trop naïve. Je ne dis pas qu'ils sont de mauvais personnages, juste que pour moi, ils manquent tous les deux cruellement de défauts (c'est un point qui est partiellement gommé pour Peter dans le film d'ailleurs). Susan pourrait être interessante mais elle est parfois trop maternelle avec les autres. Reste Edmund. Edmund, c'est mon petit chouchou parce que justement, il est nuancé. C'est un gentil garçon qui se donne des airs, un gamin finalement normal par rapport à ses trop parfaits frères et soeurs. C'est à lui qu'on va peut-être plus s'identifier. Et c'est interessant vu qu'il vit les choses différemment des autres. Sa trahison permet d'en voir plus du côté de Jadis (et j'aime toujours autant la sorcière Blanche). Enfin, parlons un peu d'Aslan. Le Lion n'arrive pas à me faire grande impression. Pour moi, il a le même défaut que les trois enfants Pevensie, il est trop parfait, trop "dieu". Il fait parti de ces personnages qui font avancer l'histoire en abolissant tous les obstacles d'un simple coup de baguette magique et je trouve ça parfois un peu ennuyeux. Forcément, là, c'est l'adulte qui parle, je suppose que pour un enfant, Aslan sera mieux vu. Il n'en reste pas moins un personnage majestueux, avec cette touche de magie si chère à mon coeur de fillette. 

Enfin, parlons en de la magie du roman. C'est vraiment ce qui en fait tout le charme et qui ravit petit et grand. Parce que j'ai beau dire, mais c'est quand même quelque chose qui fait rêver que d'entrer à Narnia.Tout le talent de conteur de l'auteur se fait ressentir dans ce tome. Le lecteur est immergé dans le monde, il veut savoir, connaitre, vivre les même aventures que les enfants Pevensie. Et on en arrive facilement à oublier les défauts du roman pour suivre Peter, Susan, Edmund et Lucy derrière Aslan.

Au final, j'ai passé deux heures agréable dans Narnia. Et pour tout dire, j'aurais bien continué un peu plus. C'est vraiment un roman que j'apprécie et qui m'entraine facilement ailleurs sans trop en faire. Il reste très jeunesse à mon gout (ce qui en soit est normal) mais tellement agréable à lire. Et puis, comme le dit la dédicace à la nièce de l'auteur : "un jour viendra où tu seras suffisamment âgée pour recommencer à lire des contes" et finalement, il n'y pas d'âge pour le faire.


mercredi 24 mars 2021

Procrastination, Les annales du Disque-Monde, tome 27, Terry Pratchett

 Vous le savez, tous les ans, en mars, je lis un Prachett en hommage à l'auteur. Cette année, je m'y suis prise pile le jour de sa mort (et accessoirement de mon anniversaire...) et j'ai commencé Procrastination. Bon, j'ai pris mon temps pour le lire (c'était de circonstance) et je dois bien dire qu'il fait déjà parti de mes préférés.
 
Procrastination, Les annales du Disque-Monde, tome 27, Terry Pratchett

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2010
Titre en VO : Thief of time
Année de parution en VO : 2001
Nombre de pages : 448

A lire si 
- Vous aimez le cycle de la Mort
-Vous voulez quelque chose de léger (mais pas tant que ça au final)

A ne pas lire si

Présentation de l'éditeur : 

Le temps est une ressource qu’il faut gérer, chacun le sait.
Sur le Disque-monde, c’est le boulot des moines de l’Histoire, qui l’emmagasinent, le prélèvent où on le gaspille (par exemple sous la mer : de combien de temps a besoin une morue ?) et le redistribuent à de gros consommateurs comme les villes où l’on en manque toujours.
Mais la fabrication de la première horloge du monde vraiment précise donne le départ d’une course contre... disons la montre pour Lou-tsé et son apprenti Lobsang. Parce qu’elle va arrêter le temps. Et ce ne sera que le début des ennuis.
Procrastination (voir dictionnaire) s’est assuré la participation de héros et de canailles, de yétis, d’artistes martiaux et de Ronnie, le cinquième cavalier de l’Apocalypse (qui a quitté le groupe avant qu’il devienne célèbre).

Mon avis

La dernière fois que j'ai (re)lu une Annale avec la Mort, c'était en 2018 et c'était le Père Porcher, parfait roman pour la saison hivernale (et surement mon préféré même s'il n'est pas toujours parfait). La Mort et Suzanne me manquaient un peu. Et c'est avec une certaine émotion que j'ai entamé ce tout dernier tome du cycle de la Mort. Oui, le dernier. Après lui, la Mort n'a plus de roman qui lui soit consacrés (d'ailleurs, je me rends compte que j'ai aussi fini le cycle des sorcières il y a un moment de ça (en 2014 en fait, mais n'ayant pas fini le cycle de Tiphaine, ça m'a moins perturbé)). Mais revenons à notre tome.

Le boulot des Moines de l'Histoire est simple. Ils se doivent de gérer le temps afin que tout colle. Ainsi, ils peuvent emmagasiner, prélever voire même gaspiller du temps pour le bien de l'Histoire du Disque-Monde. Tout se déroule comme prévu jusqu'au jour où Dame Ligion apparait à Anck-Morpock, chez Jérémie, le meilleur horloger de la Guilde. Elle a une mission bien précise pour lui, construire une horloge de verre capable de donner l'heure précise. Or, cette horloge a déjà été créée une fois et a causé l'arrêt complet du temps. Lout-tsé, l'un des moines de l'Histoire et son apprenti Lobsang partent donc pour la capitale afin d'arrêter l'horloge de verre. Dans le même temps, la Mort, sentant. l'apocalypse arriver, charge sa petite fille Suzanne de retrouver le fils du Temps afin d'empêcher la fin du monde, tandis que lui part chercher les autres cavaliers. 

Bien que faisant parti du cycle de la Mort, j'ai trouvé le personnage assez peu présent. Comme souvent depuis Accroc du Roc, c'est surtout Suzanne qui se trouve au centre de l'histoire. Pas pour autant qu'on en oublie notre squelette à la robe noire préférée. Notre ami part à la recherche des autres cavaliers de l'apocalypse pour mener la dernière (ou pas, surtout que ce n'est pas la première dans l'histoire du Disque-Monde) chevauchée. Or, aucun n'en a vraiment envie. Et pour cause, en prenant forme humaine, ils se sont humanisés. C'est quelque chose que l'on a l'habitude de voir avec la Mort, moins avec ses collègues. Et encore moins avec les Contrôleurs de la réalité. Car oui, qui dit Mort, dit généralement Contrôleurs de la réalité. Et j'avoue que si je les trouve régulièrement un brin ennuyeux, ici, ce ne fut pas le cas. Les voir prendre forme humaine et expérimenter ce que ça fait alors qu'ils sont toujours persuadés d'être un tout, c'est assez fun en fait. Autant dire que là, ils m'ont particulièrement bien fait rire. Mais surtout, je trouve la réflexion sur ce qui fait l'humain des plus intéressantes avec ces différentes entités que sont les cavaliers ou les Contrôleurs. Ca m'a fait un peu penser au thème que l'on trouvait dans les Petits Dieux (que bien sûr, je n'ai pas chroniqué ici encore)(un jour, j'arriverai à avoir toutes les Annales sur ce blog) ou même dans le Père Porcher avec la création des Dieux par les Mages. 

A côté de ça, nous avons donc Suzanne, Lobsang et les autres personnages qui tentent de sauver le Temps. Pratchett s'attaque alors à la réécriture de l'Histoire. Ce n'est pas aussi incisif que ce qu'il a l'habitude de faire. Disons que le thème se prête moins à la critique. Mais ce n'est pas grave. Pratchett s'en tire toujours merveilleusement bien. J'ai adoré ses explications sur la manipulation du temps par les moines de l'Histoire. Et surtout, ça m'a évoqué les voyages dans le temps de la science-fiction sans les gros écueils des paradoxes temporels d'une belle manière (en gros, dans Procrastination, il est dit que les gens ne se rendent pas compte que si, si, ça ça a déjà été vécu, ou du moins, ils font en sorte de ne pas s'en rendre compte).  En tout cas, ça fait de Procrastination un tome plutôt léger alors même qu'il est parfois moins amusant que d'autres tomes.

Enfin, moins amusant. Disons qu'il ne l'est pas comme les autres. Ici, le comique va reposer sur quelques situations (l'Abbé et ses problèmes de réincarnation, la régle numéro un...) mais surtout sur certaines alliances. Voir Suzanne, toujours aussi sarcastique et pragmatique (une vraie enseignante à l'ancienne) s'allie avec une Dame Ligion, Contrôleuse de la réalité complètement barrée suite à son transfert dans un corps humain, à quelque chose d'assez amusant (Dame Ligion et les autres Contrôleurs sont de toute manière très amusant dans ce tome). Et puis, on retrouve aussi quelques personnages déjà bien connus qui ajoutent leur petit grain de sel dans tout ça (Nounou, je t'aime, même si tu es un peu en dessous de ce que tu fais d'habitude).

Au final, j'ai beaucoup mais alors beaucoup aimé ce tome. Comme je le disais, il grimpe direct dans mes préférés des Annales. Le seul défaut que je lui trouve, c'est sa fin et encore, c'est parce qu'elle est pleine de promesse qu'on aura jamais (Franchement, Suzanne et Lobsang, j'aurais voulu lire ça).