lundi 28 décembre 2020

A Curse so dark and lonely, The Cursebreakers, tome 1, Brigid Kemmerer

 Oh, encore un livre en VO et encore une réécriture de conte. Il faut croire que j'ai envie d'enchantement en cette fin d'année (et on a pas fini, ma wishlist VO comporte pas mal de réécriture en fait). Celui-ci me faisait envie depuis un petit moment et il était temps que je saute dessus.

A Curse so dark and lonely, The Cursebreakers, tome 1, Brigid Kemmerer

Editeur : Bloomsbury
Collection : 
Année de parution : 2019
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les réécritures de contes, et plus particulièrement celui de la Belle et la Bête
- Vous voulez une romance qui ne soit pas calcul

A ne pas lire si ;
- Vous voulez voir un monstre tout le temps

Présentation de l'éditeur :

It once seemed so easy to Prince Rhen, the heir to Emberfall. Cursed by a powerful enchantress to repeat the autumn of his eighteenth year over and over, he knew he could be saved if a girl fell for him. But that was before he learned that at the end of each autumn, he would turn into a vicious beast hell-bent on destruction. That was before he destroyed his castle, his family, and every last shred of hope.
Nothing has ever been easy for Harper Lacy. With her father long gone, her mother dying, and her brother barely holding their family together while constantly underestimating her because of her cerebral palsy, she learned to be tough enough to survive. But when she tries to save someone else on the streets of Washington, DC, she's instead somehow sucked into Rhen's cursed world.
A prince? A monster? A curse? Harper doesn't know where she is or what to believe. But as she spends time with Rhen in this enchanted land, she begins to understand what's at stake. And as Rhen realizes Harper is not just another girl to charm, his hope comes flooding back. But powerful forces are standing against Emberfall . . . and it will take more than a broken curse to save Harper, Rhen, and his people from utter ruin.

Mon avis

Je ne sais pas si je vous l'ai dit, mais la Belle et la Bête est mon conte de fées préférés, et ça, toutes versions confondues, depuis que je suis toute petite et avant que Disney n'en fasse le meilleur dessin animé ever (je ne suis pas objective, et je m'en fiche). C'était le conte que je faisais lire et relire à ma mère avant de savoir moi-même lire. Belle était le personnage qui me parlait le plus, et quand, à l'âge de cinq ans (ça ne me rajeuni pas dites donc), je découvrais la princesse Disney et son amour pour les livres, ça a fait boom dans mon petit coeur. Enfin bref, tout ça pour dire qu'entre le conte et moi, c'est une belle histoire qui dure depuis toujours. Et que je suis très exigeante quant à ses réécritures. Surtout que j'ai clairement adoré A deal with the Elf King qui en fait parti.

A curse so dark and lonely est donc une de ces réécritures. A Emberfall, le prince Rhen a été maudit par Lilith (on aurait pu faire un peu plus original pour l'enchanteresse quand même). Il est obligé de revivre sans cesse l'automne de ses dix-huit ans. A la fin de celui-ci, il se transforme en monstre et tout recommence, encore et encore. Sous cette forme, il a détruit tout ce qui se trouvait dans le château familial, sa famille, ses gens, et tout espoir de se sauver un jour. Seul reste avec lui Grey, le commandant de la Garde Royale, seul survivant du premier automne maudit. Or, Grey est capable de passer d'un monde à l'autre. C'est ainsi que pour la dernière saison de son prince, il se rend à Washington et y kidnappe Harper. La jeune femme est le dernier espoir pour Rhen de briser la malédiction. Mais pour ça, il faut qu'elle tombe amoureuse de lui avant qu'il ne devienne un monstre, et avant que son royaume ne soit envahi par son voisin. Autant dire que ça ne va pas être aussi simple que ça.

Je ne vais pas vous faire patienter plus longtemps, j'ai aimé cette réécriture et c'est surtout grâce à Harper et Rhen. J'ai adoré les personnages de ce roman. Harper est une jeune femme réfléchie qui bien qu'elle se retrouve dans un monde qui est loin d'être le sien ne se laisse pas aller. Depuis son enfance, elle doit se battre (elle est atteinte de paralysie cérébrale, chose que nous savons mais qui ne la définit clairement pas), et elle ne va pas arrêter maintenant. Surtout que lorsque Grey la kidnappe, sa mère est au plus mal, en phase terminale du cancer, et son frère est dans de mauvais draps.  Elle n'aspire qu'à une chose, pouvoir les retrouver, et ceux par tous les moyens. Sa rencontre avec Rhen va un peu changer sa manière de voir les choses. Le prince est digne de celui du conte, arrogant, égoïste. Du moins, c'est l'impression qu'il donne au premier abord. Il est très proche du personnage de parfait petit con que j'adore. Petit à petit, elle va percer sa carapace et on va découvrir un tout autre personnage particulièrement attachant. J'ai vraiment beaucoup aimé Rhen durant ma lecture. Sous ses abords de petit con arrogant, ce sont ses faiblesses qui m'ont touché. Par contre, j'ai moins apprécié Grey, trop froid et parfois trop parfait face à lui. Quant à Lilith, l'enchanteresse est telle qu'on peut se l'imaginer, froide, sans coeur et prête à tout pour se venger de Rhen. 

L'univers est assez sympathique lui aussi. Surtout, il permet d'avoir un peu plus qu'une simple réécriture du conte. Si j'ai aimé Ironrose, le château maudit de Rhen, j'ai aussi apprécié en sortir pour découvrir un monde plus vaste. La malédiction de Rhen et le massacre de sa famille amène forcément un plus, puisque depuis cinq ans, son peuple est sans la moindre défense et Emberfall périclite méchamment. Rapidement, on va découvrir que le royaume voisin compte d'ailleurs s'élargir en prenant les terres de Rhen. Cela amène une autre dimension à l'histoire, nous éloignant un peu de la réécriture du conte originel, C'est quelque chose que j'ai apprécié (et qui fait comprendre pourquoi on se retrouve avec une trilogie et non un simple one-shot) et qui donne son petit coté original à A curse. 

Du coup, parlons donc de l'intrigue. Forcément, il y a toute la partie réécriture qui suit parfaitement le conte. Si Rhen ne se transforme pas de suite en monstre, tout y est, la malédiction, la jeune femme enlevée, la découverte des deux jeunes gens, la tension amoureuse qui se met en place petit à petit etc... Si on attend forcément le moment où Harper va tomber amoureuse de Rhen et qu'on connait le dérouler de la chose, ça reste toujours sympathique à lire. Surtout que l'histoire d'amour naissante n'en fait pas trop et même si elle est le centre du roman, elle ne prend pas le pas sur tout. Parce qu'outre la romance, il y a aussi la guerre latente entre Emberfall et son voisin, les doutes de Rhen sur sa capacité à gouverner son royaume (surtout qu'il fait croire que son père est toujours vivant mais ailleurs), ceux d'Harper sur ce q'elle est en train de vivre etc... On se retrouve finalement avec une histoire bien plus vaste que celle du conte et j'ai assez apprécié ça. 

Au final, j'ai donc aimé ma lecture. Je m'y attendais un peu (je rappelle que la Belle et la Bête est mon conte préféré) et je n'ai pas été déçue. Enfin, si, un peu. La fin m'a laissé sur ma faim et j'ai fermé le kindle avec la méchante envie de m'acheter direct le second tome (mais non, faut que j'attende un peu, j'ai une PAL numérique longue comme le bras qui n'attend que moi). 


vendredi 18 décembre 2020

Que passe l'hiver, David Bry

 Voilà un titre qui me semblait parfait pour ce début d'hiver. Je n'en avais pas du tout entendu parler jusque là, mais franchement, il avait l'air bien sympathique. Il n'en fallait pas plus pour que je le glisse dans la liseuse.

Que passe l'hiver, David Bry

Editeur : L'homme sans nom
Collection : 
Année de parution : 2017
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les huis-clos
- Vous aimez les vieilles légendes

A ne pas lire si :
-Vous accordez une grande importance aux personnages

Présentation de l'éditeur : 

Stig vient d'avoir vingt ans, l'âge de porter une épée et de se rendre - enfin ! - sur le Wegg, l'étrange montagne où réside son souverain, le roi de la Clairière. Mais son premier solstice d'hiver ne se déroule pas comme il l'avait imaginé. À peine le jeune seigneur est-il arrivé que la mort répond aux augures néfastes et que les fils enchevêtrés du destin tissent un avenir que personne, ni homme ni dieu, semble pouvoir prédire. Menacé sans qu'il en comprenne la raison, Stig aura fort à faire pour découvrir ce qui se trame dans l'ombre des festivités, protéger ceux qu'il aime... et même survivre. Y parviendra-t-il ?
À la croisée de l'ode initiatique et du huis-clos, Que passe l'hiver raconte le destin d'un jeune homme au pied bot et d'un roi aux longs bois de cerf, pris dans le maelström d'un monde qui se meurt, peut-être...

Mon avis

J'avais très envie de découvrir ce roman. Sa quatrième avait ce petit côté mystérieux qui m'inspirait énormément. J'aime les vielles légendes, tout ce qui peut se rapporter au petit peuple, aux faes etc... Et avec un roi possédant des bois de cerf sur le crane, je savais que j'en étais pas tout à fait loin.

Stig se rend pour la première fois sur le Wegg où réside le souverain de la Clairière. Il a hâte de découvrir les rites du solstice, le roi lui-même et de pouvoir prêter serment avec les autres clans, comme cela se fait tous les ans.  Mais dès le début du voyage quelque chose ne va pas. Sa selle se détache, manquant de le tuer, et Anasie, la prophétesse de son clan, déclare que les augures ne sont pas bonnes. Le premier soir, alors que la fête bat son plein, le chef du Clan Dewe meurt, probablement empoissonné. Stig va alors mène l'enquête pour découvrir ce qu'il se passe sur le Wegg, surtout qu'il est à nouveau la cible d'un ennemi inconnu.

David Bry nous offre un one-shot pour le moins poétique et hivernal avec un univers à la fois vaste et ultra concentré. Concentré parce que nous ne bougeons pas du Wegg, la montagne sacré au cœur de la Clairière. Vaste pour tout ce qu'il montre autour, par les divers clans et leurs coutumes. Il créé une mythologie commune à tous, où les clans sont les descendants des enfants du Dieux Sombre et où chacun a reçu un pouvoir. Ainsi, les Feyren peuvent se transformer en animaux (Stig par exemple prend la forme du corbeau, son frère celle d'un loup et son père celle d'un ours), les Dewe se fondent dans les ombres, les Lugen peuvent passer à travers le Voile et les Oren lisent toutes les nuits les fils du destin. J'ai beaucoup aimé voir qu'aucun de ses pouvoirs ne prend le dessus sur l'autre, chacun ayant ses forces et ses faiblesses. J'ai aussi aimé la mythologie qui va avec tout ça, le Dieu Sombre qui règne sur le Monde Souterrain (ça fait très Tuatha Dé Danann tout ça, n'est-ce pas ?), le passage de l'hiver, importante cérémonie dans la Clairière, le Voile qui sépare les mondes. En grande fan de tout ce qui est mythologie celte, je ne peux qu'adhérer à tout ça. Surtout quand le tout sert une bonne intrigue, ce que nous avons ici.

Une intrigue que j'ai donc assez apprécié. A la suite de Stig, nous allons petit à petit comprendre ce qu'il se trame sur le Wegg. Petit à petit, parce que rien n'est révélé trop vite. L'histoire prend son temps. En réalité, la résolution de l'intrigue n'est pas tout à fait la chose la plus primordiale. On se penche plus sur les personnages, leur relation, les clans, les pouvoirs (politique et magique) que sur qui a bien pu tuer les autres. Par contre, autant le dire de suite, je n'ai pas été étonné par les révélations à ce sujet. On s'en doute presque dès le départ en fait. Mais le style de David Bry, cette manière de doser ses effets, de rythmer son récit, entre les chants, les poèmes, les diverses actions, est particulièrement immergeant. Du coup, même si on se doute de ce qu'il va se passer, on reste tout de même à l'affut. 

Arrive finalement le point faible du récit, du moins pour moi, les personnages. Déjà, il y en a pas mal et certain avec des noms ultra ressemblant. C'est un peu gênant pour savoir qui est qui, et ça, malgré un petit glossaire par clan au début du roman. Ensuite j'ai eu du mal à m'attacher à ceux qui gravitent autour de Stig et même au jeune héros. Ils m'ont paru un peu froid et distant en fait. Je pense que ça vient du style du roman, qui ressemble à un immense poème, une épopée des temps ancien. On se concentre plus sur ce qu'il se passe, les fils du destin, que sur ceux qu'ils manipulent. Et franchement, c'est un côté qui m'a un peu déçu ça, de ne pas m'attacher aux personnages (sans parler que beaucoup disparaissent au fil du roman).

Au final, ce fut une lecture en demi-teinte à cause des personnages. Tout était presque parfait, l'univers vraiment intéressant, l'intrigue plutôt bien menée mais quel dommage que je n'ai pas pu accroché à Stig et aux autres. Je le recommande surtout pour son ambiance emplie de magie.




mardi 15 décembre 2020

N'oublie jamais, Nevernight, tome 1, Jay Kristoff

J'ai un peu craquer sur Nevernight à force de le voir. Bon, faut dire aussi que la campagne de teaser de De Saxus avait déjà fait un très bon travail. Et puis, les couvertures étaient top aussi (celle de la reliée est juste wahoo mais il l'avait pas à la librairie)(et puis, les reliés, c'est joli tout plein mais pas pratique)(n'empêche que je cracherais pas dessus). Bref, j'ai craqué et je pense fortement avoir eu raison. 

N'oublie jamais, Nevernight, tome 1, Jay Kristoff

Editeur : de Saxus
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en VO : The Nevernight Chronicle, book 1: Nevernight
Année de parution en VO : 2016
Nombre de pages : 768

A lire si 
- Vous voulez de la dark fantasy
- La violence ne vous fait pas peur, le sang non plus d'ailleurs

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de soft.
- Vous voulez des personnages adultes
- Vous n'aimez pas les notes de bas de page.

Présentation de l'éditeur : 

Dans un pays où trois soleils ne se couchent presque jamais, une tueuse débutante rejoint une école d'assassins, cherchant à se venger des forces qui ont détruit sa famille.
Fille d'un traître dont la rébellion a échoué, Mia Corvere parvient de justesse à échapper à l'anéantissement des siens. Livrée à elle-même et sans amis, elle erre dans une ville construite sur les ossements d'un dieu mort, recherchée par le Sénat et les anciens camarades de son père.
Elle possède un don pour parler avec les ténèbres et celui-ci va la mener tout droit vers un tueur à la retraite et un futur qu'elle n'a jamais imaginé.
À 16 ans, elle va devenir l'une des apprentis du groupe d'assassins le plus dangereux de toute la République : L'Église rouge. La trahison et des épreuves l'attendent dans les murs de cet établissement où l'échec est puni par la mort. Mais si elle survit à cette initiation, elle fera partie des élus de Notre-Dame du Saint-Meurtre, et elle se rapprochera un peu plus de la seule chose qu'elle désire : la vengeance.

Mon avis

Bon, on va pas se mentir, Nevernight a beaucoup trop de chose que j'aime pour ne pas me plaire. Rien que la quatrième de couverture me fait baver, et je ne parle donc pas des couvertures des deux versions publiée par de Saxus. C'était une évidence, entre lui et moi, ça allait coller. Est-ce que ce fut bien le cas ? C'est ce que l'on va voir.

Mia Corvere a dix ans lorsque son père est exécuté pour trahison et familia anéantie avec lui. Ce jour-là, elle perd sa famille et gagne un étrange pouvoir, celui d'utiliser les ombres. Depuis, elle rêve de vengeance. Elevé par Mercurio, un ancien membre de l'Eglise Rouge, sa vie se résume à sa vengeance et au moyen d'y parvenir. Pour se faire, elle doit intégrer elle-même l'Eglise de la Déesse Nyah, notre Dame du Saint-Meurtre et devenir la meilleure assassin de sa génération. La voilà donc partit pour le désert d'Ashkah et l'Eglise Rouge.

Commençons par le début, l'univers que nous laisse entrevoir ce premier tome de la trilogie. Nous découvrons en premier Sepulcra, la capitale de la république d'Itreya, où la nuit n'apparait que tous les trois ou quatre ans à cause des trois soleils qui brulent dans le ciel. La cité donne le ton, construite dans les ossements d'un dieu mort. Grace à ses trois soleils, elle semble lumineuse, mais ne nous leurrons pas, comme toute cité qui se respecte dans un monde penchant méchamment vers la dark fantasy, c'est pour mieux cacher la puanteur et l'obscurité de ses habitants. Si Sepulcra ressemble beaucoup à Venise par sa géographie, elle m'a fait penser à la Rome antique par sa politique ; une république dirigée par un Sénat qui semble fort bien corrompu, un sénateur qui a réussi à se faire élire durant six ans grâce à une belle entourloupe etc... Forcément, ça me plait beaucoup, autant géographiquement (même si finalement pour l'instant, on a peu vu la ville) que politiquement. Côté Eglise Rouge, on est pas mal non plus. Forcément, comme elle est vouée à la méchante déesse Nyah qui représente la nuit, il y fait toujours très sombre, une ambiance bien pesante y règne et le sang et la violence sont partout de manière bien visible. Un environnement finalement bien moins oppressant que Sepulcra, vu que là, tout est dit, et qu'on s'attend à tout. Tout est donc fait pour faire de l'Eglise Rouge et de sa Déesse l'ennemie du bien dans le roman et ça fonctionne assez bien. Peut-être trop d'ailleurs. Pendant une bonne partie du roman, une méchante impression de manichéisme dans la construction de l'univers ne m'a pas lâché. Ca reste une impression, parce que ce n'est pas le cas. N'empêche que c'était là. 

Ensuite passons aux personnages. J'ai adoré Mia, c'est dit. La jeune femme a un côté très frais en fait. J'ai adoré son irrévérence, sa quête de vengeance, ses peurs, sa façon de voir le monde, son pouvoir et la manière dont elle tente de le gérer, sa quête d'identité… Sa manière de faire peut-être un peu tâche parfois à l'Eglise Rouge aussi. Mia est un personnage plein de gris, de nuances. Et dans l'univers qu'à mis en place Kristoff c'est un vrai petit bonheur. Et surtout, ça semble presque naturel, ça en faire trop, particulièrement lorsqu'on découvre ses professeurs qui manquent, eux, parfois de nuances. Ce n'est pas le cas de tous les personnages secondaires, heureusement. Disons pas de tous. Tric et Ashlinn sont eux-aussi tout en nuance, même si c'est moins voyant que pour Mia. Ce sont d'ailleurs les seuls à qui je me suis attachée en plus de la jeune femme (aussi les seuls à être vraiment en contact avec elle, les autres faisant souvent plus parti du décors qu'autre chose). Pour les autres, c'est plus compliqué. Disons que parfois, l'auteur en fait un peu trop avec son idée de secte d'assassins gavés de meurtre et de sang. Oh, et il y a Gentilhomme. J'ai adoré Gentilhomme qui est surement mon personnage préféré de tout le roman. Il est juste génial.

Je pense que vous voyez déjà se profiler le défaut que j'ai trouvé au roman. Un défaut que l'on retrouve aussi dans le style du narrateur, personnage à lui tout seul, qui, à l'instar de Pratchett dans bon nombre de ses annales, s'amusent à nous donner des courts d'histoires ou des anecdotes dans les notes de bas de pages. Si vous n'aimez pas ça, passer votre chemin. Il y en a un nombre conséquent. Perso, ça ne me dérange pas du tout, surtout que le dit narrateur a un humour plutôt agréable et plein de sarcasme et d'ironie. Oui, le roman en fait trop. Trop sombre, trop violent, trop de note, trop de tout, parfois tellement qu'on tombe un peu dans la caricature de ce qu'il voudrait être. Et vraiment pour moi, c'est là que ça ne va pas. Parce que même si je comprends parfaitement l'effet qu'a voulu donner Jay Kristoff avec cette exagération, que se soit dans l'univers ou les personnages, pour moi, ça manque clairement de nuance. Or la dite nuance, on ne la retrouve qu'avec Mia. Alors, oui, ça en fait un personnage hors du commun dans le roman, mais a-t-elle besoin de ça ? Pas vraiment. Elle est déjà hors du commun de part sa nature. Du coup, pour moi, ce n'est donc pas assez nuancé. Après, c'est un parti pris de l'auteur que je comprends. Pourquoi faire dans la nuance lorsque le trop réussit à être pour le moins spectaculaire et qu'il permet de montrer la singularité de son héroïne ? Non parce que bon, je critique mais je ne peux m'empêcher de m'avouer que ça fonctionne super bien en fait sur ce tome. Ca manque de nuance mais l'ambiance est là, oppressante, sombre, violente et va parfaitement avec ce que l'auteur écrit.

Donc, Nevernight est passé à pas grand chose du coup de cœur. Ce fut une lecture appréciable, dans un univers riche et des personnages qui ont su me plaire. Ce début de trilogie m'a plut et j'ai très très hâte que de Saxus publie la suite (j'espère vraiment ne pas avoir à attendre trop longtemps, sachant que toute la série a déjà été publié en VO)




lundi 7 décembre 2020

Le Royaume Assassiné, Alexandra Christo

 Ce livre fait parti de ce que j'attendais avec une impatience non feinte (et que j'aurais lu plus tôt si j'avais eu plus confiance en moi en VO à sa sortie). Du coup, j'étais hyper contente lorsque de Saxus l'a enfin publié. Et même si je n'ai pas l'édition reliée que j'aurais bien voulu (mais j'ai préco trop tard à ma librairie pour l'avoir...) je suis ravie de l'avoir enfin entre les mains.

Le Royaume Assassiné, Alexandra Christo

Editeur : De Saxus
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en VO : To Kill a Kingdom
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 499

A lire si :
- Vous vous une revisite de la Petite sirène
- Vous aimez les histoires de pirates
- Vous voulez un One-shot

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas les sirènes

Présentation de l'éditeur : 

La princesse Lira fait partie de la royauté des sirènes, et c'est la plus létale de tous. Elle possède le cœur de dix-sept princes dans sa collection et est vénérée à travers les mers. Jusqu'à ce qu'un coup du sort la force à tuer l'un des siens. Pour punir sa fille, la Reine des Mers transforme Lira en ce qu'elle hait le plus au monde : une humaine. Privée de sa voix, Lira a jusqu'au solstice d'hiver pour délivrer le cœur du Prince Elian de la Reine des Mers, au risque de rester humaine pour toujours.
L'océan est le seul lieu que le Prince Elian considère comme chez lui, même s'il est l'héritier du plus puissant royaume au monde. Chasser les sirènes est davantage pour lui qu'un répugnant passe-temps, c'est sa vocation. Lorsqu'il vient en aide à une femme sur le point de se noyer, elle se révèle être bien plus que son apparence ne le laisse supposer. Elle fait la promesse de l'aider à trouver le moyen de détruire les sirènes pour de bon. Mais peut-il lui faire confiance ? Et à combien de pactes Elian va-t-il devoir consentir pour éliminer le pire ennemi de l'humanité ?

Mon avis

Autant le dire dès le début, la Petite Sirène n'est pas mon conte préféré. Sa version Disney encore moins. Pourtant, j'aime particulièrement tout ce qui touche à la mer et j'apprécie certaines des adaptations qui ont pu être faite du conte (mention spéciale à cette version là, Rusalochka qui date de 1968). Et pourtant, je voulais à tout prix lire le Royaume Assassiné. Peut-être justement parce que c'est une relecture à la fois du conte originel et de la version Disney (disons que certains éléments font partie de la version animé bien connue quand la plupart d'entre eux viennent du conte). Est-ce que j'ai eu raison ? C'est ce qu'on va voir.

Lira est la fille de la Reine des Mers. Princesse sans cœur du royaume des mers, elle est la Dévoreuse de Princes, une sirène qui ne prend que les cœurs des princes des cent royaumes. Mais après désobéit à sa mère, elle doit prendre le cœur d'un simple marin pour son dix-huitième anniversaire. Incapable de s'y plier, elle va essayer de prendre la vie du prince Elian, le chasseur de sirène. Un nouvel affront que la Reine des Mers ne laisse pas passer. Elle transforme sa fille en humaine, lui prend son chant et l'envoie à la surface avec un ultimatum. Lira doit prendre le cœur d'Elian avant le Solstice d'hiver. Repêchée par Elian sur son navire pirate, elle va partir avec lui à la recherche de la seule chose pouvant encore la sauver, l'Œil de Keto, un mystérieux cristal pouvant mettre un terme à la vie de sa mère mais aussi à la guerre entre les sirènes et les humains.

Comme souvent avec un livre que j'ai aimé, j'ai trois mille trucs en tête à raconter et beaucoup de mal à mettre le tout en ordre. Alors, commençons par le commencement et la réécriture. Elle est fort bien faite. On garde à l'esprit pas mal de chose venant du conte d'origine (les sirènes qui se transforment en écumes à leur mort, Lira doit prendre le cœur du prince pour redevenir une sirène, elle perd son chant, il est question d'un mariage arrangé du côté d'Elian) tout en empruntant beaucoup à Disney (la Reine des Mers a l'apparence d'Ursula, le chant de Lira est enfermée dans un coquillage que sa mère porte au cou et quelques autres petites choses) (heureusement, il n'y a pas de sidekick dans le genre de Polochon ou Sébastien dans le Royaume Assassiné). Mais surtout, on retrouve aussi des sirènes bien plus proches des mythes scandinaves (et même de la sirène grecque, mi-femme mi-oiseaux), des sirènes sanguinaires qui perdent les marins grâce à leur chant. Et je dois dire que revenir à ces origines fait un bien fou. Adieu la sirène qui rêve du prince charmant. D'ailleurs, adieux aussi le prince charmant dans le Royaume Assassiné, Elian est loin du prince Eric. Bref, tout ça pour dire que cette réécriture a du bon, évitant tout ce que je n'aime pas chez Disney tout en se basant quand même bien dessus.

L'histoire, du coup, devient vachement plus plaisante que celle des contes. Nous voilà avec une guerre entre sirènes et humains qui durent depuis fort longtemps, une princesse sirène qui se retrouve à devoir vivre avec les humains pour survivre et un prince qui ne veut pas l'être et préfère largement parcourir les océans avec son équipage. Le tout sans aucune niaiserie (ou presque) et avec pas mal d'action, de combat (il ne manque qu'un vrai abordage, le seul qu'il y a n'est pas assez "voyant" à mon gout). On y trouve forcément beaucoup de chose que j'aime et apprécie, avec en premier lieu la mer, les pirates et les combats. Le tout avec des personnages haut en couleur qu'on ne peut qu'apprécier. 

 D'abord, il y a Lira, qui porte le roman. Même si elle partage l'affiche et surtout les chapitres point de vue avec Elian, elle reste le centre du roman. C'est autour d'elle qu'il tourne, et plus particulièrement sur son évolution. J'ai surtout beaucoup apprécié le caractère de la demoiselle, qui ne s'en laisse pas du tout conter même dans son corps frêle d'humaine. Puis, il y a Elian. J'ai adoré le personnage. Mais vraiment. Déjà son introduction est juste géniale. Ensuite, j'ai aimé voir son dilemme entre ce qu'il est et ce qu'il devrait être. Elian est un pirate avant tout, quoique le monde voudrait qu'il soit. J'apprécie vraiment qu'il n'est pas grand chose du prince charmant, il a tout du pirate. De plus, la relation qu'il a avec Lira m'a beaucoup plu. Les deux jeunes gens se lancent des piques quasi tout le temps, tout en apprenant à se connaitre, se faire confiance et surtout se respecter. Quant à leur romance, elle fonctionne fort bien pour moi justement grâce à tout ça. Le côté ennemies to lovers fonctionne toujours bien sur moi, et là, je suis ravie. Côté personnages secondaires, on reste aussi sur du haut en couleur, avec des pirates gouailleurs et baratineurs tout en restant fidèle à leur capitaine, des familles royales qui complotent à tout va etc... Seul petit bémol, une Reine des Mers peut-être un peu trop caricaturale et finalement assez absente. 

Je pense que je vais m'arrêter là, parce que sinon je vais vous raconter tout le roman, en spoilant bien entendu et que ça serait moins drôle pour vous. Bref, j'ai donc beaucoup aimé, assez même pour vous dire que ceci est un coup de cœur (mais je pense que vous vous en étiez douté). J'ai tout apprécié, même la fin qui m'a paru peut-être un peu rapide quand même. En plus de ça, et je sais que pour beaucoup, ça compte, c'est un one-shot (mais j'aurais tellement voulu pouvoir suivre Elian et Lira plus longtemps). 

mercredi 2 décembre 2020

A deal with the Elf King, Elise Kova

Oui, oui, je commence à apprécier lire en VO, surtout quand ça me permet de mettre la main sur des romans qui me font de l'oeil mais que je ne suis pas sûre de voir un jour traduit chez nous (ou qui le seront mais dans des années). A deal with the Elf King est sorti il y a un mois et j'avoue que j'ai eu très envie d'y mettre la main dessus rapidement. Du coup, je n'ai pas résisté bien longtemps.

A deal with the Elf King, Elise Kova

Editeur : Silver Wings Press
Collection : 
Année de parution : 2020
Format : AZW

A lire si 
- Vous voulez de la romance
- Vous aimez le mythe d'Hades et Persephone

A ne pas lire si 
- Vous voulez de la romance érotique
- Vous n'aimez pas les elfes

Présentation de l'éditeur :

The elves come for two things: war and wives.
 In both cases, they come for death. Three-thousand years ago, humans were hunted by powerful races with wild magic until the treaty was formed. Now, for centuries, the elves have taken a young woman from Luella's village to be their Human Queen. 
 To be chosen is seen as a mark of death by the townsfolk. A mark nineteen-year-old Luella is grateful to have escaped as a girl. Instead, she's dedicated her life to studying herbology and becoming the town's only healer. 
 That is, until the Elf King unexpectedly arrives... for her. 
 Everything Luella had thought she'd known about her life, and herself, was a lie. Taken to a land filled with wild magic, Luella is forced to be the new queen to a cold yet blisteringly handsome Elf King. Once there, she learns about a dying world that only she can save. 
 The magical land of Midscape pulls on one corner of her heart, her home and people tug on another... but what will truly break her is a passion she never wanted.

Mon avis

J'ai vu passé plusieurs avis sur ce roman sur instagram et je dois bien avouer que j'ai eu très envie de le lire. Déjà parce que les avis venaient de personne ayant des gouts fort similaires aux miens, ensuite parce que la couverture me plaisait vraiment beaucoup et enfin parce que j'aime le mythe de Persephone et que les avis me renvoyaient souvent dessus. J'ai donc mis peu de temps à me décider pour le prendre.

A Capton, ville situé à la lisière de la foret menant au Fade (je ne sais pas comment bien le traduire, le "fondu" sonne ultra mal en fait), une jeune fille est régulièrement choisi pour devenir la Reine Humaine afin de respecter un vieux traité fait avec les elfes. A dix neuf ans, Luella est heureuse de ne pas être celle qui sera choisi. Elle a pu ainsi faire des études et devenir l'herboriste de sa ville. Tout semble allait pour le mieux pour elle. Alors que la Reine Humaine aurait du rejoindre le Fade depuis au moins une bonne année, elle n'est toujours pas apparu. Le roi des Elfes va donc venir la chercher lui-même. A sa grande horreur, Luella découvre qu'elle est la Reine Humaine. Elle n'a d'autre choix que de suivre le roi afin de préserver les deux mondes. 

Nous voilà donc sur une histoire assez classique qui n'est donc pas sans rappeler Perséphone et Hades ou la Belle et la Bête (qui finalement n'est pas loin du tout du mythe grec quand on y pense)(plus particulièrement sa version d'origine et pas celle de Disney, hein)(d'ailleurs on est vraiment assez proche ici du conte de base mais si je vous dis pourquoi, je vais spoiler). Et personnellement, j'adore ça. Bon, il faut dire que les tropes ennemies to lovers font parti de mes préférés en romance et qu'ici, outre un trope plutôt bien utilisé, on a surtout une protagoniste qui ne se laisse pas faire. Car, pour moi, l'attrait premier de ce roman, c'est bien Luella, la Reine Humaine. 

Luella, tout comme Eldas, le roi Elfe, est un peu beaucoup obsédée par ce qu'elle pense être son devoir. Or, pour elle, il n'a rien à voir avec Midscape et les elfes, surtout au départ. Elle doit beaucoup aux habitants de Capton qui lui ont permis de poursuivre ses études d'herboriste. Pour elle, rien n'est plus important que de faire ce pour quoi ils l'ont aidé, soit devenir l'herboriste de Capton et les soigner. D'ailleurs, c'est un choix qu'elle a sciemment fait (ou presque) et qu'elle ne veux pas changer. Alors, devenir la Reine Humaine, épouse du Roi des Elfes, juste parce que le destin l'a décidé et pas elle, autant dire qu'elle n'apprécie que très peu. Encore plus avec un mari aussi glacial qu'Eldas. Or, elle va petit à petit s'ouvrir à sa propre magie et à Midscape. L'évolution de Luella est interessante à partir du moment où elle va décider de briser le cycle des Reines Humaines, parce qu'il me semble que c'est à partir de là qu'elle commence à comprendre que son "devoir" (il est beaucoup question de devoir dans ce roman") n'est pas que de s'occuper de Capton mais bien du monde naturel et du Fade afin de les sauver du Voile (le monde de la mort). C'est aussi à partir de là que sa relation avec Eldas va réellement commencer et où ils vont commencer à se connaitre un peu plus. C'est aussi à partir de là que j'ai commencé à un peu plus apprécié le roi des Elfes qui jusque là n'avait pas fait grand chose pour que ce soit le cas. 

Les personnages secondaires ne sont pas en reste. J'ai apprécié qu'on ne se focalise pas seulement sur la romance naissante de Luella et Eldas. Ses amitiés avec les quelques elfes qu'elle va rencontrer, ou ses déboires avec certains, comme Harrow, le petit frère de son époux, permettent de mettre Luella un peu plus en lumière. J'aime beaucoup la voir évoluer dans le château. Mais surtout, ce sont ces relations-là qui nous permettent de mieux connaitre et comprendre le roi des elfes. C'est vraiment un personnage complexe et je suis ravie de ne pas le voir que par les yeux de Luella (même si, étant la narratrice, ça reste un peu compliqué).

Et puis, si on sort un peu de la romance (qui reste quand même le gros du roman, n'est-ce pas), il y a tout l'univers qui est plutôt cool. Bon, il a beaucoup pour me plaire, cet univers. Inspiré des mythes et légendes que l'on peut connaitre sur les elfes, avec un petit enfer grec qui se mêle parfaitement à tout ça, Midscape m'a fait une bonne impression. Mais surtout, c'est la magie et son fonctionnement que j'ai apprécié. Les Elfes et plus particulièrement leur roi sont capables d'user de la magie du Fade. C'est une magie qui leur est propre, tout comme les Faes ont la leur. Chez les humains, la magie existe mais elle a été comme effacé et finalement, seule la Reine peut l'utiliser. Or magie naturelle (celle de la reine) et magie sauvage (celle du monde du Fade) sont fortement liés et finalement assez complémentaire. Effectivement, on se doute que les deux ont beaucoup à faire dans l'histoire et j'apprécie vraiment de voir à quel point ce que l'on pense si différent peut se mêler. Un peu comme les personnages qu'elles représentent en fait. 

Au final, j'ai beaucoup apprécié et pas seulement pour la romance. Oui, elle m'a plu, surtout que j'ai adoré voir l'autrice la mettre doucement en place sans en faire des tonnes. J'ai aimé Luella, son désir de liberté, ses questionnements sur sa place dans les deux mondes qu'elle connait et la manière dont elle évolue malgré tous ses doutes. J'ai aimé Eldas, sa froideur et puis la manière dont il se laisse lentement aller face à sa reine. J'ai aimé la réécriture du mythe de Perséphone, et celle, un tant soit peu plus subtile à mon gout (mais je peux me tromper) du conte d'origine de la Belle et la Bête. C'est un joli conte et j'ai très hâte d'être à mars pour découvrir le second tome dans le même univers. 
Et puis, faut bien avouer que parfois, les Happy Endings ça fait un bien fou.


lundi 23 novembre 2020

Skyward, tome 1, Brandon Sanderson

Vous le savez, j'adore Sanderson. A tel point que je suis en train d'essayer de rattraper mon gros retard sur ses publications. J'ai quelques uns de ses romans dans ma PAL (la seconde partie de Fils-de-Brume et l'intégrale de Légion). Mais pour le moment, on va surtout s'interesser à l'une de ses dernières sorties, de la SF plutôt Young-Adult, j'ai nommé le premier tome de Skyward.

Skyward, tome 1, Brandon Sanderson

Editeur : Le livre de poche
Collection : 
Année de parution : 2020
Titre en Vo : Skyward
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 704 (absolument pas assez si vous voulez mon avis...)

A lire si :
- Vous voulez du Young-Adult qui flirte gentiment avec l'adulte
- Vous aimez les IA un peu bizarre
- Vous voulez des phases de vol passionnantes

A ne pas lire si :


Présentation de l'éditeur : 

Installés sur la planète Détritus depuis des décennies, les derniers survivants de l’espèce humaine tentent de résister aux attaques répétées des Krell, un mystérieux peuple extraterrestre. Dans ce monde rythmé par les batailles spatiales, les pilotes sont vénérés comme des héros et font frissonner les nouvelles générations prêtes à en découdre. Parmi eux, Spensa rêve depuis l’enfance de piloter son propre vaisseau et de prouver son courage.
Car elle est la fille d’un lâche. Son père, l’un des meilleurs pilotes de la Force de Défense Rebelle, a été exécuté lors de la bataille d’Alta après avoir déserté le combat, et cet héritage pourrait bien coûter à Spensa sa place au sein de l’école de pilotage.
Plus que jamais déterminée à voler, elle redouble d’effort pour trouver sa place au sein d’une escouade de pilotes et convaincre sa hiérarchie que la lâcheté n’est pas héréditaire. Sa découverte accidentelle d’un vaisseau depuis longtemps oublié pourrait bien changer la donne…

Mon avis

Ca ne se voit pas trop par ici parce que j'en lis très peu ces dernières années, mais j'adore la SF, encore plus quand on a des vaisseaux et des batailles spatiales. Le seul truc, c'est que j'en trouve finalement très peu. Alors, forcément, quand un de mes auteurs préférés se lance dans le genre, je ne peux que le lire. Et autant vous dire que la pression était forte pour Sanderson sur ce bouquin-là. Parce que je voulais un roman qui m'entraine, que je ne puisse pas lâcher et qui me ferait rêver aux étoiles. A-t-il gagné ce pari avec moi ? 

Détritus est peut-être la seule planète où vivent encore les humains. Ceux-ci sont les rescapés du Rebelle et de sa flotte, écrasées là depuis 80 ans. Depuis, l'humanité tente de survivre comme elle peut dans les cavernes de la planètes. Jusqu'à ce qu'elle construise Alta, seule ville à la surface. A partir de là, les Krell, d'étranges extra-terrestre, les prennent comme cible. Pour survivre, les humains se lancent dans des batailles spatiales de plus en plus mouvementé. Les pilotes deviennent des héros et les jeunes générations sont prêtes à en découdre. C'est d'ailleurs le cas de Spensa, qui rêve d'être pilote depuis son enfance. Or, la jeune femme est surtout la fille du Lâche, seul pilote ayant déserté le combat lors de la bataille d'Alta (chose qui lui voudra d'être abattu par ses coéquipiers pour faire exemple). Elle doit tout faire pour convaincre les autres qu'elle n'est pas comme son père et que sa place est bien dans le ciel.

Nous voilà donc à suivre la jeune Spensa, dix-sept ans, des rêves pleins la tête, un passé familial des plus complexe et une envie fracassante de faire ses preuves. La jeune femme est une vraie tête brulée, élevé à coup d'histoire sur les héros d'antan. Elle n'a peur de rien ni personne. Mais voilà, elle reste la fille du lâche et ça lui colle à la peau. Elle fait tout pour ne pas être considérée comme une lâche, elle aussi. C'est comme ça qu'on se retrouve avec une Spensa forte tête, qui en veut à tout le monde. Une vraie tête à claque en fait. Or, c'est là que le personnage est ultra intéressant. Spin (son indicatif) va extremement évolué dans ce premier tome. Sanderson a un certain don pour rendre ses personnages particulier, ça fonctionne aussi ici. La jeune femme va évoluer, que se soit grâce aux amitiés qu'elle va construire avec les membres de son escadrille (amitié plus ou moins longue à se former d'ailleurs), à M-Bot, le vaisseau à l'IA particulièrement bavarde qu'elle va découvrir ou à ce qu'elle va découvrir du passé de son père. Là où généralement, on passe d'un personnage plutôt "banal" qui surpasse ses peurs, Sanderson nous offre un personnage qui va justement finir par les accepter et les intégrer à qui elle est. 

D'ailleurs, cette acceptation fait parti des thèmes récurrents de presque tous les personnages du roman. M-Bot, l'IA du vaisseau que va trouver Spin, doit apprendre à accepter ce qu'il est devenu, à se montrer aussi plus humain. Les membres de l'escadrille Vers les Etoiles vont devoir faire avec la peur qu'enduit les combats, celle de perdre des amis, des proches. Le deuil vint aussi prendre sa place. Celui de Spin pour son père, pour ses rêves aussi d'une certaine manière, pour ses amis. Parce que le roman a beau être du Young-Adult, il n'est pas tout rose et la guerre reste la guerre. Spin va l'apprendre très vite, perdant des coéquipiers dès sa première sortie en tant que cadette. L'acceptation du deuil et celui des peurs fait en réalité partie du même processus qu'on ne voit finalement pas assez souvent dans ce genre de roman.

Mais ne vous inquiétez pas. Malgré des thèmes qui restent assez sombre le roman n'a rien de déprimant. Et ça, c'est surtout grâce à M-Bot, qui reste le personnage qui m'a fait le plus rire tout le long du roman. Il faut dire que sa personnalité est quelque peu endommagé et que sa reconstruction (tiens, un autre thème du roman d'ailleurs, pas que pour le robot) le rend peut-être un peu cinglé à la vue des autres. De même, et sans le vouloir, Spin est un personnage qui en fait souvent trop et qui apporter ainsi une petite touche d'humour (surtout lorsqu'elle débite de grandes tirades guerrière).

Et enfin, il y toute la partie pilotage et combat. Non parce que bon, c'est quand même l'un des sujets et pas des moindres du roman. J'aurais été super déçue si ça n'avait rien rendu. Ce n'est pas le cas. L'auteur s'est un peu renseigné et ça se sent. Je me suis vraiment vue dans le cockpit avec Spin. Les phases de vol, que se soit celles des simulations ou les vraies, sont toutes pour le moins impressionnantes. Quant aux combats, ils font réalistes. Surtout, ses phases prennent une bonne partie du roman, ce qui n'est pas pour me déplaire.

Je pense que je vais m'arrêter là pour cet avis même si je pourrais parler de ce livre pendant un bon moment encore. Je pense que vous l'aurez compris, c'est encore un coup de cœur pour moi. C'est un bon roman de science-fiction. C'est aussi un bon roman plutôt Young-Adult avec des thèmes plutôt appréciable qu'on ne voit peut-être pas assez souvent pour moi. J'ai maintenant très très hâte d'avoir la suite.

dimanche 22 novembre 2020

Rue Farfadet, Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, Détective privé, tome 1, Raphael Albert

IL y a des livres qui ont beaucoup de mal à quitter les Wishlist. J'avais dans le viseur ce premier tome depuis sa sortie ou presque. Il date de 2010. Autant vous dire qu'il a su se faire attendre. Peut-être un peu trop d'ailleurs...

Rue Farfadet, Les Extraordinaires et fantastiques enquêtes de Sylvo Sylvain, Détective privé, tome 1, Raphael Albert

Editeur : Mnenos
Collection : Hélios
Année de parution : 2010
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez le narrateur très bavard
- Vous voulez un protagoniste qui n'est pas un super héros
- Vous aimez quand le fantastique s'en mêle

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas d'un protagoniste trop parleur
- Vous aimez quand tout roule.

Présentation de l'éditeur :

Panam, dans les années 1880 : les humains ont repris depuis longtemps la main sur les Peuples Anciens. Sylvo Sylvain a posé son havresac dans la rue Farfadet, gouailleuse à souhait. Il exerce la profession exaltante de détective privé et les affaires sont nombreuses ! Des adultères, des maris jaloux, des épouses trompées, etc. Ni très rémunérateur, ni très glorieux... Alors, Sylvo fréquente assidûment les bars et les lieux de plaisir en tout genre où son charme envoûte ces dames... Jusqu'au jour où lors d'un banale enquête de routine il se trouve mêlé à une machination dépassant l'entendement. Le voilà, bien malgré lui, chargé de l'affaire par l'un des trois puissants ducs de Panam. Saura-t-il tirer son épingle de ce jeu compliqué et dangereux ?

Mon avis

Comme je le disais, j'avais envie de lire ce bouquin depuis sa sortie. Et puis, on sait tous comment ça se passe, plein de sortie, plein d'envie et certaines qui, sans passer à la trappe, passe surtout dans les "si l'occasion se présente". Rue Farfadet fait parti de ceux-là. J'étais super contente de le récupérer. Bon après, il est encore resté six mois dans ma PAL numérique. Et étrangement, quand je me suis enfin décidée à le lire, ben, je me suis demandée si c'était une si bonne idée. Un bouquin qui attend autant de temps, n'était-ce pas une mauvaise idée ? Je suis passée outre cette impression et je me suis lancée. Et j'ai eu un peu de mal à m'y mettre. 

Les deux premiers chapitres ont été compliqués, je dirais. En fait, j'ai eu du mal à me plonger dans le roman et ce n'était pas sa faute à lui. Je lis en numérique souvent entre midi et deux, lorsque mon cerveau à besoin de détente mais parfois, il est encore dans le boulot. C'est ce qui m'est arrivé. Entre ce qui tournait dans ma tête et notre narrateur, Sylvo, nous racontant la vie ultra pas passionnante de son nouveau contrat, un nain, j'ai bien cru que j'allais refermer le livre et abandonner. Ca aurait quand même été bien dommage après une si longue attente pour le lire, non ? Alors, j'ai tenu bon, et surtout, j'ai lu le troisième chapitre au calme, le soir. C'était déjà beaucoup mieux, même si pas tout à fait ça.

En fait, Rue Farfadet est lent à se mettre en place. Son narrateur, Sylvo Sylvain, elfe de son état, est un baratineur de première, un beau parleur doublé d'un alcoolique notoire. Il prend son temps, tout comme son auteur. L'univers se pose petit à petit, prenant parfois un peu trop le pas sur ce qu'il se passe. Ces disgressions peuvent être interessantes mais, personnellement, pour beaucoup, elles n'ont fait que me perdre un peu plus, surtout au début du livre. Autant dire que quand je veux pas, je veux pas et que là, ça m'ennuyait quand même un peu. Mais dès que l'action se met en place, Sylvo oublie ce côté et nous entraine avec lui dans cette première enquête, pleine de rebondissement.

Notre elfe reste l'atout de son roman. J'ai beaucoup aimé sa personnalité, assez proche du détective de roman noir comme on se l'imagine, baratineur, alcoolique, déprimé, mais avec une petite touche en plus. En fait, ce qui m'a légèrement perturbée au départ, à savoir sa manière de digresser à mort et de baratiner, est finalement ce que j'ai pu aimé chez lui. Ca, est le fait qu'il soit un petit coeur sensible sous sa couche de ouisk et d'ironie. C'est un personnage extrêmement vivant à lire en fait. Par contre, il prend forcément le pas sur tous les autres, éclipsant les secondaires dont Pixel, son acolyte. D'ailleurs, en parlant des secondaires, la galerie est plutôt sympathique, entre gens du commun, petites frappes, nobliaux et syndicalistes, le tout mélangeant gentiment humains et créatures fantastiques tel les ondines, les trolls, les nains ou les gobelins. Il y a un petit côté Pratchett là-dedans qui n'est pas pour me déplaire. Coté que l'on retrouve avec Panam, capitale du Royaume, qui pourrait presque rappelé Ankh-Morpock (en moins sale peut-être). 

Et puis, il y a l'enquête, qui même si elle met un petit moment à se mettre en place, est fort sympathique à suivre. On part quand même d'une simple filature pour prouver un adultère à un attentat contre au moins l'un des trois Ducs qui gouvernent le pays. Le pauvre Sylvo est embarqué là-dedans sans trop comprendre ce qui lui arrive. Il n'empêche que malgré ses défauts, il va aller au bout des choses et cela, même s'il va en souffrir d'une manière ou d'une autre.

Au final, j'ai donc eu du mal à m'y mettre, mais passer le quatrième chapitre à peu près, j'ai eu du mal à décrocher de ma lecture. J'ai beaucoup aimé Sylvo, le Panam de Raphaël Albert et cette premier enquête qui pose les précises d'un univers qui me semble finalement plus complexe qu'on ne voudrait le croire de prime abord. J'ai adoré l'ambiance subtilement steampunk, le mélange fantasy et polar qui fonctionne à merveille et surtout ce cher Sylvo. Il est plus que probablement que je me penche sur les trois tomes suivants dans quelques temps.

samedi 14 novembre 2020

Captive, Cindy Van Wilder

J'adore les écrits de Cindy Van Wilder, et ça, depuis les Outrepasseurs. Alors, lorsqu'elle a proposé en précommande sur sa newsletter sa dernière novella, je me suis dit, c'est parti. Dès que j'ai eu fini mon livre en cours, je me suis jetée dessus. 

Captive, Cindy Van Wilder

Editeur : Cindy Van Wilder
Collection : /
Année de parution : 2020
format : mobi

A lire si :
- Vous aimez bien Alice aux Pays des Merveilles
- Vous voulez frissonner un peu

A ne pas lire si :
- Vous aimez beaucoup Alice aux Pays des Merveilles 
- Vous n'aimez pas quand il y a de la violence

Présentation de l'éditeur :

Passer de l’autre côté du Miroir ne donne pas toujours accès au Pays des Merveilles…
Addie, jeune Londonienne, est brutalement enlevée un soir d’octobre. Propulsée dans un univers étrange, à la merci de créatures menaçantes qui la considèrent comme une « expérience », elle va devoir trouver le moyen de s’en sortir.
Pour elle-même comme pour son enfant à naître.

Mon avis

Je parlais en introduction des Outrepasseurs, et pour tout dire, nous n'en sommes pas tout à fait très éloigné. Si Captive ne se déroule pas dans le même univers, on y retrouve un élèment en commun qui n'est pas pour me déplaire et que je sais plutôt bien maitrisé par l'autrice. Bienvenu chez les fées, ces créatures cruelles et avides qui vivent de l'autre côté du miroir. Et mieux encore, d'après ce que j'ai compris, Captive n'est que le début de ce nouvel univers (j'ai hâte hâte de voir ce que ça va donner). Mais passons donc à la novella en elle-même.

Premier chose qui marque, et que je trouve super, ce sont les triggers warnings. Je fais parti des personnes qui apprécient savoir ce que je vais trouver dans un roman, surtout si ça touche certains points, certaines formes de violence. Alors, oui, je sais, trouver du sang, des meurtres et tout ça ne me dérange pas forcément dans un roman, par contre, lire un viol alors que je ne suis pas préparée, ou des scènes de tortures peu ragoûtantes, je suis moins pour. Sans parler du fait que certaines situations peuvent renvoyer le lecteur à sa propre souffrance. Du coup, avoir des avertissements (ici avant chaque chapitre, c'est aussi faisable avant le roman en lui-même comme le font les Editions de Saxus par exemple), je trouve ça particulièrement top. Et j'aimerai bien le voir plus souvent.

Addie est une jeune londonienne qui a déjà vécu l'enfer avec un compagnon violent. Elle s'en est sortie, à refait sa vie avec Idriss, est tombée enceinte. Tout va pour le mieux pour elle, loin de son ex, loin d'une vie dont elle ne voulait pas. Mais voilà qu'un soir d'Octobre, son passé lui revient méchamment à la gueule. Son ex s'est vengé, la livrant à une étrange organisation. Tout tourne soudain au cauchemar pour elle. On la fait passer à travers un miroir et la voilà dans un univers sombre et menaçant où le maitre des lieux la considère comme une expérience... Terrifiée, elle va pourtant tout tenter pour sauver son enfant à naitre.

Cindy Van Wilder nous livre une novella parfaite pour la saison. L'ambiance y est des plus flippantes, surtout, qu'à l'instar d'Addie, nous passons une bonne partie de notre lecture dans le noir, à entendre, entr'apercevoir, ressentir les mêmes choses qu'elle. Nous sommes plongés dans l'horreur avec elle, et ça fonctionne vraiment très très bien. L'univers dépeint n'a rien à voir avec Alice aux Pays des Merveilles et en même temps... Je trouve que ça correspond finalement assez à ce que l'on pourrait y trouver. Après tout, ne sommes nous pas chez les fées ? Avec l'autrice, on se doute bien qu'on n'a pas à faire à de gentilles créatures ailées et toutes mignonnes. Non, ce sont celles des vieilles légendes, celles de la Chasse Sauvage, des Cours souterraines, des elfes cruels. Personnellement, ce sont celles que je préfère et j'en suis plus que ravie. 

Mais surtout, ce qui m'a plus, c'est Addie. Addie et la manière dont elle va vivre tout ça, dont elle va s'en sortir. Parce qu'une fois passé de l'autre côté, elle va changer, forcément. Addie, ce n'est pas la femme forte qui affronte les choses droit dans les yeux. Non, elle est comme moi, comme vous. Elle n'a rien demandé, a peur plus qu'à son tour, est en détresse, est la victime de son histoire, pas son héroïne.  Elle fait partie de ces femmes que l'on n'entend encore que trop peu. Qui finisse par disparaitre même derrière le nom de leur meurtrier ou kidnappeur. D'ailleurs, l'autrice rend hommage à certaines victimes dans sa préface, que ce soit des personnes dont l'histoire a été effacé derrière celle de leur meurtrier ou simplement celles dont on n'entend pas ou trop peu parler. 

J'ai vraiment beaucoup aimé ce que j'ai lu. Je savais que ça me plairait (j'aime ce qu'écrit Cindy Van Wilder, j'aime aussi beaucoup la personne pour la suivre sur twitter). J'ai tout apprécié et j'en redemande encore (je pense que je pourrais être exaucée dans quelques temps, et j'en suis ravie). C'est une novella vraiment plaisante à lire (et flippante un peu aussi) et qui en plus, peut-être lu sur AO3 mais encore en le demandant à l'autrice (je vous met la page de Captive sur son site, pour plus de clarté la dessus). 

vendredi 13 novembre 2020

L'Illusion, Maxime Chattam

Et voilà, le Chattam de l'année est déjà lu. Après un thriller bien à l'américaine, nous revoilà en France, plus précisément dans les Alpes avec un roman qui fait un petit peu froid dans le dos tout de même.

L'Illusion, Maxime Chattam

Editeur : Albin Michel
Collection : 
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 464

A lire si :
- Vous aimez les huis-clos
- Vous appréciez les tours de magie
- Vous aimez bien vous faire un peu peur

A ne pas lire si :
- C'est le soir, il est tard et vous êtes seul (et peureux)
- Vous n'aimez pas avoir trop peur

Présentation de l'éditeur : 

Bienvenue à Val Quarios, petite station de ski familiale qui ferme ses portes l'été.
Ne reste qu'une douzaine de saisonniers au milieu de bâtiments déserts. Hugo vient à peine d'arriver, mais déjà, quelque chose l'inquiète. Ce sentiment d'être épié, ces "visions" qui le hantent, cette disparition soudaine...
Quels secrets terrifiants se cachent derrière ces murs?
Hugo va devoir affronter ses peurs et ses cauchemars jusqu'à douter de sa raison...
Bienvenue à Val Quarios, une "jolie petite station familiale" ou la mort rôde avec la gourmandise d'une tempête d'été.

Mon avis

En prenant en main le roman, je me suis presque de suite dit que la couverture faisait quand même très Shinning. Or, j'ai adoré le roman de King, son sentiment d'isolement, son fantastique distillé petit à petit et les frisons qu'il m'a causé. Je me suis demandée si Maxime Chattam allait être à la hauteur de ce que je voyais avec cette couverture. Savoir que sans même l'avoir ouvert, je commençais déjà à le comparer à un des romans du Maître de l'Horreur, c'était déjà quelque chose. Arrive le premier chapitre et cette impression qui reste. Je vais lire un Shinning-Like, mais dans les Alpes, en été et avec un peu plus de personnages. Même le personnage principal a des relents de Jack Torrance, l'alcool en moins. Autant dire que j'ai été assez surprise. Je compare souvent les deux auteurs parce qu'ils ont le même style d'histoire, surtout lorsque Chattam s'aventure comme cela dans l'horreur, mais jusque là, il n'y avait pas autant de chose en commun dès le départ. J'ai eu un peu peur d'un manque d'inspiration ou quelque chose comme ça. Et puis, j'ai continué ma lecture, et j'ai trouvé la patte de Maxime Chattam, et finalement, le coup du Shinning-Like, c'est surtout pour l'hommage (et heureusement). Il n'empêche qu'on ne se mentira pas, c'est un hommage quand même et il est plutôt bien fait.

Mais revenons à l'Illusion. Hugo est acteur-auteur, il s'est séparé de sa compagne trois mois plus tôt après sept ans de vie commune, n'a pas ou plus d'amis, déprime comme pas possible et se replie sur lui-même. Alors, la petite annonce pour aller bosser dans une station de ski durant l'été, loin de tout, ça avait grave l'air fait pour lui. C'est comme ça qu'il se retrouve à Val Quarios, avec une douzaine de personnes pour cinq mois. Parfait pour se ressourcer, se retrouver. Mais dès sa première semaine, l'une des saisonnières disparait de manière pour le moins étrange. Hugo a des visions, son imagination prend régulièrement le dessus, lui montrant des choses terrifiantes. Et il y a les guirlandes d'os dans la sapinière aussi.  Sans parler de l'étrange propriétaire de la station, Lucien Strafa, un prestidigitateur de génie ayant disparu de la scène voilà plus de 40 ans. Et si tout était de sa faute ? Et si le vieux magicien vivant dans le manoir à côté avait vendu son âme au diable ?

Tout est fait pour que l'angoisse monte petit à petit. J'ai dévoré le livre, tournant les pages sans m'arrêter. J'ai eu envie de savoir qui était Strafa, ce qu'il se passait, comment ça se passait. Je voulais découvrir le secret de cette Illusion, et ça, même si parfois Hugo m'agaçait, même si j'ai eu l'impression de redite, souvent. Même si les personnages ne m'ont pas tant touché que ça. Ils sont d'ailleurs à peu prés inexistant tant on suit Hugo et que pour lui, seule compte Lilly, et peut-être un peu Jina, les deux seules à partager son avis. En fait, je me suis concentrée sur les illusions du roman. Sur la partie fantastique qui s'écoule petit à petit, sur l'avancée de l'intrigue (même si c'est parfois un peu laborieux tant Hugo m'a parut parano)(en même temps, il a de quoi). Et là, ça fonctionne pour moi. 

Il faut dire que l'auteur la distille goutte par goutte, de manière à nous demander si c'est la réalité ou non. Tout comme son personnage, nous finissons par tomber dans une sorte de paranoïa intense, suspectant tout et tout le monde. L'illusion devient parfaite. Et elle aurait pu le rester. Parce qu'on entre dans le gros bémol du roman pour moi, sa fin. Sans la dévoiler, elle dévoile tout. Le pourquoi mais encore plus le comment. Et ça m'ennuie un peu. Le roman est conçu comme un tour de magie. Or un magicien ne révèle jamais ses tours et secrets. Du coup, le dernier chapitre (pas l'épilogue par contre), m'a semblé de trop. Et il a fait retomber le soufflet chez moi. Dommage parce que j'avais quand même un presque sans faute (et ça malgré le caractère d'Hugo et la non existence des autres).

Au final, c'est donc un roman qui se laisse lire plutôt bien, pas forcément flippant à sa lecture mais qui laisse une bonne impression, surtout dès qu'il fait noir (je suis quelqu'un qui cogite beaucoup la nuit, ça aide). Je trouve sa fin trop prévisible, et franchement, je me serais arrêtée un chapitre plus tôt si j'avais su. Ce n'est pas le meilleur Chattam que j'ai lu pour le moment (Le Signal est drôlement plus intéressant si on veut rester dans l'horrifique) mais ça se laisse bien lire. 

mardi 10 novembre 2020

Tenshin, Le Porteur de Mort, tome 2, Angel Areki

J'ai repoussé ma lecture de ce tome deux durant un petit moment, non pas parce que je ne voulais pas, mais parce que, pour le moment, il n'y a que les trois premiers tomes en poche (et que je ne veux pas dépareiller ma collection, je suis maniaque). Et franchement, heureusement que je n'ai pas encore acheté le troisième tome parce que je crois que je me serais jeté dessus.

Tenshin, Le Porteur de Mort, tome 2, Angel Areki

Editeur : Le livre de poche
Collection : fantasy
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 768

A lire si
- Vous voulez un héros insolent
- Vous appréciez avoir deux narrateurs

A ne pas lire si :
- Vous voulez une romance toute mignonne

Présentation de l'éditeur : 

Après 5 longues années d'apprentissage, Seïs rentre enfin auprès des siens. Cependant, l'appel du sabre grandit en lui et, malgré ses sentiments pour elle, Seïs abandonne une nouvelle fois Naïs, pour prendre ses fonctions de Tenshin à la capitale. Le sacre du nouveau roi est l'occasion idéale pour mettre en action tout ce qu'on lui a enseigné à Mantaore... Mais rien ne pouvait permettre de prévoir l'attaque d'envergure fomentée par le Renégat. En dépit de tous ces pouvoirs si durement acquis, Seïs ne peut rien y faire...

Mon avis

Lorsque j'ai fini le premier tome, j'avais un tout petit doute sur la suite de la série. J'avais adoré Seïs, j'avais moins aimé Naïs et l'univers m'inspirait quand même pas mal. Je dois bien dire que dès les premiers chapitres de ce second tome, j'ai su que j'allais continuer la série, quoiqu'il arrive. Et tout, c'est la faute à Seïs et son caractère de petit con (je vous ai déjà dit, je crois, à quel point j'aime les petits cons en personnages principaux ?).

Bon, en vrai, il n'y a pas que lui. Le tome un, l'Apprenti, nous présentait les personnages et une partie de l'univers. Dans ce second tome, on va un peu plus vite. Seïs est un Tenchin accompli et il doit faire face à ses responsabilités. S'il passe un peu de temps chez lui après Mantraore (passage que j'ai adoré d'ailleurs, entre sa relation conflictuelle avec Fer et celle avec Naïs, toujours pas très claires pour les deux), il part rapidement pour la capitale où l'on doit couronner le nouveau roi. Et à partir de là, rien ne va se passer comme prévu (forcément, vous me direz), que se soit pour lui ou pour Naïs.

Et je vais commencer par elle. Dans le premier tome, elle m'avait laissé de marbre. Elle me paraissait n'être que la partie Love Interest de la série, elle n'évoluait pas des masses et il avait fallu attendre la fin du roman pour qu'elle soit un peu plus intéressante. J'ai eu un peu peur qu'on se retrouve avec la même configuration ici. Heureusement, suite à The évènement du roman (et putain, quel évènement, je peux vous dire que je ne m'y attendais pas du tout, au du moins pas comme ça), elle va enfin devenir autre chose que la brave petite Naïs. A partir de là, même si elle garde son caractère un peu trop bon à mon goût, elle devient quand même vachement plus sympathique à suivre. 

Mais, encore une fois, c'est du côté de Seïs qu'il se passe le plus de chose. Et franchement, c'est vraiment ses parties que je préfère (et pas juste parce que je l'adore, lui). On y trouve forcément ce que j'apprécie, tout comme dans le tome un, du complot, de la politique, des batailles. Il est du côté de l'action, là où Naïs reste encore un peu trop en retrait. Et comme pour le tome un, tout est plus développé de son côté, l'univers, les personnages secondaires, les intrigues. C'est avec lui que l'on avance réellement et qu'on comprend les enjeux du roman, bien plus qu'avec sa cousine. 

Surtout, Angel Arekin ne laisse pas une minute à son lecteur. Nous passons de rebondissement en rebondissement, de complot en préparatif de guerre. Le tout reste fort bien dosé, avec des moments plus calmes (coucou Naïs en fait pour les moments calmes, Seïs n'en a finalement pas des masses). Forcément, moi, j'adore, peut-être que pour d'autre, ça peut déranger. N'empêche que les quelques 770 pages passent vraiment super vite.

Au final, j'ai très très envie de lire le troisième là maintenant de suite. Heureusement que je ne l'ai pas encore dans ma PAL, sinon je serais en train de désespérer de ne pas avoir les autres en poche. C'est vraiment une saga qui me plait beaucoup avec un personnage qui a attiré fort haut dans mon panthéon des petits cons, un univers qui ne demande qu'à être exploré et des thèmes (immortalité, vengeance, amour) qui me plaisent. 

samedi 7 novembre 2020

Hope & Red, L'empire des tempêtes, tome 1, Jon Skovron

J'ai récupéré ce premier tome lors d'une des opérations bragelonne il y a quelques temps. Il était temps que je me plonge dedans.

Hope & Red, L'empire des tempêtes, tome 1,  Jon Skovron

Editeur : Bragelonne
Collection : fantasy
Année de parution : 2017
Titre en VO : Empire of Storms Trilogy, book 1 : Hope and Red 
Année de parution en VO : 2016
Format : AWZ

A lire si : 
- Vous aimez quand l'histoire prend son temps à se mettre en place
- Vous voulez une fantasy somme toute assez classique

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas les parler argotiques
- Vous voulez que ça aille très vite.

Présentation de l'éditeur : 

Dans un empire fragmenté qui s’étend au-delà des Mers sauvages, deux êtres rebelles se découvrent une cause commune... 
Hope est l’unique survivante du massacre de son village par les Biomanciens, les serviteurs mystiques de l’empereur. Recueillie par un soldat vinchen, elle a suivi un entraînement secret, faisant d’elle une guerrière qui ne vit que pour la vengeance. 
Red est un orphelin adopté par une ancienne mercenaire issue de la pègre. Il est devenu un voleur et un escroc au talent inégalé. 
Quand un chef de bande sanguinaire passe un marché avec les Biomanciens pour contrôler les bas-fonds de la cité de Laven, les destins de Hope et de Red se croisent. Et leur alliance improbable va les conduire bien plus loin qu’ils l’auraient imaginé...

Mon avis

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce premier tome de l'Empire des Tempêtes. Sa quatrième annonçait un roman fantasy assez classique par rapport à ce qu'il y a pu avoir dans la production des dernières années, des assassins, des voleurs, les bas-fond d'une grande cité... Ca pouvait être soit très bon soit très mauvais. Le problème, c'est surtout qu'on commence à en voir pas mal des romans avec ce genre de postulat de base. Pas que je ne l'aime pas d'ailleurs, mais disons que ça fait partie de la fantasy que je lis à reculons parce que soit je trouve ça très bon dès le départ, soit c'est mauvais, vu et revu et ça m'énerve. 

Et je peux vous dire que les premiers chapitres ont faillit me faire grincer des dents. L'auteur se lance dans l'enfance de ses deux personnages principaux et, si ce n'est le personnage de Sadie, je me suis retrouvée avec quelque chose de pas très nouveau et d'assez long à lire. Hope a vu son village décimé par les Biomanciens, elle a réussi à survivre et a été recueilli dans un monastère où on a fait d'elle une guerrière impitoyable. Red a perdu ses parents et a erré quelques temps dans les rues jusqu'à sa rencontre avec Sadie, une voleuse plutôt renommée dans son coin de Cercle Paradis, et qu'elle fasse de lui un voleur plutôt bon d'ailleurs. Les deux héros ont donc une enfance plutôt tragique mais finalement, pris en charge par leur mentor, ils ont presque faillit s'en sortir, surtout pour Hope. La demoiselle suit l'enseignement Vinchen, interdit aux femmes. Les autres disciples s'en rendent compte, elle doit à nouveau fuir et se retrouve engagée sur le Gambit de la Dame par le capitaine Carmickeal. Pendant ce temps, Red mène sa vie de voleur sans trop s'en faire et fait la connaissance de Ronce, charmante jeune femme qui finira par lui briser le coeur et devenir son amie. Rien de bien folichon donc. Et ça dure comme ça pendant plus d'un bon tiers du roman. Heureusement pour moi, ce tiers a tout de même quelques rebondissements bien sympathiques.

Il faut attendre pour que l'histoire commence vraiment et à partir de là, ça va quand même mieux. Il faut attendre la rencontre de Hope et Red pour que le roman prenne son envol. Mais surtout pour que les deux personnages principaux se révèlent enfin. Si jusque là, j'étais persuadé que Red était une tête à claque un peu trop orgueilleux, je découvre un homme capable de réfléchir, avec des faiblesses évidentes mais qui tente de les cacher comme il peut. J'aime aussi particulièrement que se soit lui qui fasse le plus preuve de sentiments face à une Hope bien trop sérieuse et froide durant une bonne partie du roman. A côté d'eux, les personnages secondaires ne manquent pas de piments même si je les trouve encore un peu trop stéréotypés (mais clairement, j'adore Sadie, son franc-parler et sa manière de voir le monde). 

Surtout l'histoire fait un joli bond en avant. On garde durant le second tiers une ligne assez classique avec la quête de vengeance de Hope (qui la guidera tout le long de ce tome), combat entre chef de bande (plutôt sympathique mais finalement un peu trop rapide à mon gout) et début de romance, surtout de la part de Red. Pourtant, il commence à cet instant à se mettre en place un fils rouge un peu plus long que celui de la vengeance de la jeune femme. Le dernier tiers met en place ce qu'il se passera, je suppose, par la suite. Et là, enfin, j'ai commencé à tourner les pages de plus en plus vite (j'aurais été patiente avec ce roman, je vous l'avoue). Parce que l'histoire accélère mais surtout parce que ce j'entrevois à l'air des plus passionnants pour la suite. 

Du coup, je vous l'avoue, j'ai du mal à vous dire que j'ai beaucoup aimé. J'ai aimé, mais j'ai eu du mal pendant bien la moitié du roman. Pas que ce n'était pas interessant, juste que c'était trop lent pour moi. Il n'empêche que je lirais surement la suite au vu de la fin, vraiment prometteuse de ce premier tome. Et puis, je me suis un peu attaché à Red aussi (Hope, j'ai plus de mal, elle est trop froide, trop parfaite pour moi).

lundi 2 novembre 2020

La Mer sans Etoiles, Erin Morgenstern

 Rappelez-vous, j'avais lu The Starless Sea à sa sortie en VO. J'avais eu un énorme coup de coeur alors même que je n'étais pas du tout sûre d'avoir tout bien compris (spoiler : effectivement, mon niveau d'anglais est supérieur à ce que je pense). Je ne pouvais pas passer à côté de sa sortie en VF (même si j'aime beaucoup moins sa couverture, et ce, même si elle brille). 

La Mer sans Etoiles, Erin Morgenstern

Editeur : Sonatine
Collection
Année de parution : 2020
Titre en VO : The Starless Sea
Année de parution en VO : 2019
Nombre de pages : 640

A lire si : 
- vous avez aimé le Cirque des Rêves
- Vous aimez les contes
- Vous aimez les histoires dans les histoires

A ne pas lire si : 

Présentation de l'éditeur : 

Dans la bibliothèque de son université, Zachary Ezra Rawlins trouve un livre mystérieux, sans titre ni auteur. Découvrant avec stupéfaction qu'une scène de son enfance y est décrite, il décide d'en savoir davantage. C’est le début d’une quête qui le mènera à un étrange labyrinthe souterrain, sur les rives de la mer sans Étoiles. Un monde merveilleux fait de tunnels tortueux, de cités perdues et d'histoires à préserver, quel qu'en soit le prix...

Mon avis

Vous le savez, je suis une grande fan du Cirque des Rêves que je relis quasiment tous les ans à Noël. Je pense qu'à partir de 2021, je lirais le Cirque pour Halloween (période fort appropriée pour le lire) et la Mer risque de prendre sa place à Noel. Parce que oui, c'est un coup de cœur, énorme, gigantesque, magnifique. Mais, ça, je le savais déjà.

Il est compliqué de faire un avis sur un livre chroniqué il y a peu. J'ai lu la VO en décembre 2019. Et tout ce que j'ai pu dire dessus, je le redis sur sa VF. Ce livre est une merveille, une invitation à la lecture, à toute les lectures. Pour tout dire, je ne sais même pas quoi ajouter d'autre tant je pense avoir dit le plus gros dans mon premier avis. 

Vous savez, ça fait des mois que je me demande si oui ou non, j'avais compris le roman, si je n'étais pas passé à côté de certaines subtilités. Je suis contente que ça n'ait pas été le cas. Par contre, la version française m'a permis de mieux appréhender certaines choses, dont les personnages. Je me suis d'ailleurs rendu compte que je n'en ai finalement pas beaucoup parlé dans le premier avis. Il faut dire que j'étais déjà sous le charme du roman, de son idée et que, pour moi, à ce moment-là, c'était vraiment ce dont je voulais parler au moment de faire l'avis.

Or donc, je n'ai pas parlé des personnages. Et pourtant, il y a à dire sur eux. Parce que si la Mer sans étoiles est avant tout une histoire d'histoires (je crois vraiment qu'il faut le lire pour comprendre ce concept pourtant pas si révolutionnaire que ça). Or, on le sait, sans personnages pour la guider, une histoire peut avoir beaucoup de mal à démarrer. Dans la Mer, il y a un bon paquet de personnages qui gravitent autour de Zachary Ezra Rawling, le héros de l'histoire "principale" (du moins celle qui prend le plus de place dans le livre). 

J'aime particulièrement Zachary que je trouve très humain dans son approche. C'est un monsieur tout le monde, fasciné par les romans et les jeux vidéos, qui se retrouve embarquer dans un monde qu'il aurait presque pu avoir rêver. Mais parfois, les rêves ne sont pas tout à fait ce qu'on voudrait qu'il soit, surtout quand le Destin s'en mêle. A côté de lui, on trouve l'étrange Mirabel. Je ne sais pas comment vous la décrire sans spoiler, alors, juste je ne vais pas le faire. Il y a aussi Dorian, tout aussi mystérieux et qui nous file des frissons en contant des histoires de Temps et de Destin. Et puis, il y a les autres, ceux qu'on voit moins mais qui sont tout aussi important. Une mythologie complète, passant par le Temps, le Destin, le Roi des Chouettes, la lune et j'en passe. Une mythologie qui n'est pas loin de rappeler le rêve ou les contes de fées. Et effectivement, on en est vraiment pas loin au vu de l'histoire. 

Et en plus de ça, on peut ajouter que l'autrice a fait un super travail concernant la diversité de ses personnages. Comme les histoires du roman, les personnages sont multiples et variés. Ca forme un tout grandiose où l'on finit par se retrouver. 

Au final, je suis toujours aussi fan de cette Mer sans étoiles. C'est un roman magnifique que je conseille à tous les rêveurs (comme le Cirque d'ailleurs). Que se soit en VO ou en VF, n'hésitez surtout pas à le lire.