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jeudi 12 février 2015

Le Premier Amour, Véronique Olmi

Lorsque j'avais pris Bord de Mer de l'auteure, je voulais en fait prendre ce livre-là que ma librairie n'avait pas. C'était une façon de découvrir le style de Véronique Olmi avant de me lancer dans le Premier Amour dont Agnès me parlait si bien.

Le Premier Amour, Véronique Olmi

Editeur : Le livre de Poche
Collection : /
Année de parution : 2011
Nombre de pages : 281

A lire si :
- Vous voulez un petit road-trip (tout petit hein)
- Vous voulez une histoire d'amour

A ne pas lire si :
- Vous voulez des scènes hot
- Vous n'avez que faire des affres de l'adolescence ou de la cinquantaine

Présentation de l'éditeur :

Une femme prépare un dîner aux chandelles pour fêter son anniversaire de mariage. Elle descend dans sa cave pour y chercher une bouteille de vin, qu'elle trouve enveloppée dans un papier journal dont elle lit distraitement les petites annonces. Soudain, sa vie bascule : elle remonte les escaliers, éteint le four, prend sa voiture, quitte tout. [...]

Mon avis

J'ai volontaire coupé la quatrième de couverture du livre. Volontairement parce qu'ainsi vous le voyez comme Agnès, ma chère libraire qui me connait que trop bien, me l'a présenté ce livre. Elle n'a jamais voulu m'en dire plus, me disant que je n'avais qu'à le lire. J'aurais bien voulu te dire pareil, lecteur, mais tout de même, se serait un peu me foutre de toi, non ? J'aurais aussi voulu te dire que pour en savoir plus sur le style de Véronique Olmi, tu n'avais qu'à lire mon avis sur Bord de Mer, mais en fait, même ça, ça change assez. Alors, je vais essayer de faire un avis, surement court, sans trop en dévoiler.

Le premier amour est un livre qui se lit vite et facilement. Nous allons suivre cette femme qui plante tout le jour de son 25ième anniversaire de mariage, laissant son repas en plan alors qu'elle a galéré pour que tout soit parfait. Ce jour-là, elle part, suite à une découverte qui va bouleverser une partie de sa vie. C'est dans ce voyage, autant physique que dans sa mémoire que nous la suivrons durant les presque trois cent pages du livre.

Les chapitres sont assez courts alternant entre maintenant et le passé. Petit à petit, nous allons découvrir pourquoi, réellement, elle est partie comme ça, du jour au lendemain. Nous allons découvrir la femme qu'elle est et l'adolescente qu'elle a été, comment les deux parties de sa vie se rejoignent, comment elle est devenue celle qu'elle est à présent. Petit à petit, Emilie va nous raconter sa vie, qui ne fut et n'est toujours pas si simple.

Fille cadette de parents mariés suite à une promesse, elle découvre petit à petit la "vraie" vie, loin de ce que sa mère, dévote, à pu lui apprendre. Elle va aussi devoir prendre soin de sa grande soeur, trisomique, l'aider à affronter un monde qu'elle ne comprend pas forcément elle-même et puis, s'ouvrir aux autre, et surtout à l'amour. Elle  repensera à tout cela durant son road-trip qui la conduira à une destination qu'elle n'attend pas vraiment, au final.

Je ne parlerais pas forcément de la parti présent du récit, ça sera un peu trop spoiler, ce que je ne veux pas vraiment faire pour te laisser découvrir pourquoi elle part. Mais tout se regroupe parfaitement et les retours en arrières ne sont pas vain. Ils vont vraiment permettre de comprendre les faits et gestes d'Emilie après son départ, et peut-être même un peu avant.

Au final, l'histoire est belle, même si la fin est malheureusement pour moi trop fermée (d'ailleurs, j'aurais bien enlevé une cinquantaire de pages moi à cette fin). Le livre est frais, vivant, agréable à lire. La romance, puisqu'il y en a une (avec un titre pareil, il le fallait bien) ne prend pas toute la place et reste très très soft en fait. Bref, j'ai beaucoup aimé ce livre, bien moins noir que Bord de Mer et je continuerais surement à lire des livres d'Olmi, capable de passer d'un Bord de Mer déroutant et dérangeant à un Premier Amour frais et revigorant.

mercredi 17 septembre 2014

Bord de Mer, Véronique Olmi

Bord de Mer est resté un moment dans ma PAL, parce que j'avais un peu peur de le lire. Il m'avait était recommandé par ma libraire, avec un avertissement, ne pas le lire le soir, avant de dormir. Je ne l'ai pas écouté. J'aurais du, j'avoue

Bord de Mer, Véronique Olmi

Editeur : Babel
Collection : /
Année de parution : 203
Nombre de pages : 128

A lire si :
- Vous voulez une écriture proche du langage courant
- Vous voulez une histoire triste

A ne pas lire si :
- Vous ètes déjà déprimé
- Vous ne voulez pas voir la misère

Présentation de l'éditeur : 

Elle vit seule avec ses deux petits garçons et pour la première fois les emmène en vacances. Cette escapade doit être une fête, elle le veut, elle le dit, elle essaie de le dire.
Ensemble ils vont donc prendre le car, en pleine nuit, sous la pluie. Les enfants sont inquiets : partir en période scolaire, partir en pleine semaine, partir en hiver à la mer les dérange. Mais demain tout ira bien, demain ils seront heureux. Demain il fera beau et ils verront la mer. 
Dans une langue âpre, empreinte de poésie, de tendresse et de révolte, Véronique Olmi compose une histoire simple et bouleversante. Car ce roman est un véritable cri - dérangeant, terrifiant, déchirant.

Mon avis : 

Ma libraire, parce que je lis Despentes, était persuadée que je pourrais livre ce livre, que j'avais les "tripes" pour le faire. Elle m'avait prévenue dès la première fois où elle m'avait parlé de Bord de Mer. Il est dur, ce livre. Très dur. Et puis surtout il ne faut pas le lire ni quand ça ne va pas, ni le soir juste avant de dormir. Forte de ses conseils qui résonnaient dans ma tête le dimanche après-midi lorsque j'ai pris le livre dans l'étagère dédiée à la PAL, je me suis lancée. Sauf que j'ai oublié le dernier et j'ai donc fini le livre hier soir, avant de dormir...

L'écriture de Véronique Olmi porte l'histoire. Celle d'une femme en souffrance, vivant dans la misère, perdue. C'est cette femme qui nous parle, avec ses mots à elle, ses expressions, ses défauts de langage. On plonge direct dans sa vie, sans en savoir plus sur elle. Elle monte dans un car, avec ses deux enfants et direction une ville côtière. On ne sait ni d'où elle part, ni où elle va. On reste dans le flou à ce niveau. Elle va nous raconter deux jours (peut-être plus, peut-être moins, ici aussi nous sommes dans le flou), deux jours qu'elle espère bon, beau et heureux, pour elle, pour Stan et pour Kevin. 

Au fur et à mesure, nous allons découvrir cette femme, ses angoisses, sa misère. Véronique Olmi n'a pas choisi une femme ordinaire pour son histoire. Elle a choisi une mère célibataire, dépressive, mal dans sa peau et dans son époque. Une femme qui semble avoir tout contre elle. Peut-être trop d'ailleurs. Je dois dire que j'ai souvent eu l'impression de tomber dans un misérabilisme un peu trop forcé. Rien ne va pour elle, vraiment rien. Et surtout, j'ai eu aussi cette impression qu'elle ne fait rien pour arranger les choses. Je sais bien qu'à un moment donné, dans une vie, cela peut-être dur, je sais aussi que certaines personnes (et pas que des femmes) finissent par tout laisser tomber et se replient sur elles-mêmes. Mais là, c'était un peu trop pour moi. Peut-être parce que je préférerais fermer les yeux sur tout cela ? Ou peut-être parce qu'à notre époque, cela existe trop et que les médias s'emparent trop facilement de ce genre d'histoire ? Je ne sais pas. En tout cas, je pense que ce que cherchait à faire Véronique Olmi avec ce personnage là a fonctionné sur moi. Je ne suis pas sortie indifférente de ma lecture, loin de là même. Elle m'a dérangée, m'a perturbée. La misère humaine me touche, encore plus lorsque des enfants se trouvent à devoir la subir. Surement parce que je suis mère.

Et c'est surement parce que justement je suis mère que j'ai été bouleversé par le livre. Malgré son misérabilisme trop présent. Le sort de cette mère perdue m'a touché, son angoisse aurait pu un jour être la mienne. Malgré tout ce qu'elle traverse, malgré le fait qu'elle abandonne petit à petit, il reste toujours son amour pour ses enfants, même lorsque ceux-ci se font durs avec elle, même lorsqu'ils l'énervent. Attention spoiler à partir de là. Et bien que j'ai vu venir la fin très rapidement, bien que je me suis doutée du geste qu'elle allait finir par faire, bien que je désapprouve totalement le dit geste, j'ai compris cette femme et pourquoi elle avait fait tout cela. Fin du spoiler.

Au final, j'ai été dérangé par ma lecture, trop criante de vérité peut-être. J'avoue que je ne conseillerais pas cette lecture à qui a l'âme sensible, parce qu'elle est dure. Bord de Mer est un bon livre, un de ces livres qui ouvrent les yeux sur certains aspects de la vie. Je ne pourrais que redonner les conseils de ma libraire sur ce livre, ne pas le lire lorsqu'on déprime et surtout pas avant de se coucher. Malgré une lecture plus divertissante juste après, j'ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil cette nuit, tant l'image de la fin m'a hanté.