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mardi 28 avril 2020

La Troisième Balle, Leo Perutz

Cela faisait longtemps que je n'ai pas lu de livre provenant du catalogue de Zulma ni un Perutz. Or, j'avais la Troisième Balle depuis pas mal de temps dans la PAL. Il était temps de le sortir de là.

La Troisième Balle, Leo Perutz

Editeur : Zulma
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2015
Titre en VO : Die dritte Kugel
Année de parution en VO : 1925
Nombre de pages : 336

A lire si :
- Vous voulez un livre se basant sur un fait historique
- Vous aimez les aventures
- Vous n'avez pas peur de vous perdre dans la chronologie

A ne pas lire si :
- Vous voulez un texte parfaitement clair
- Vous aimez vous attacher aux personnages

Présentation de l'éditeur :

À la conquête du trésor des Aztèques, Cortez œuvre sans relâche pour la gloire de Charles Quint. Franz Grumbach, lui, voue une haine féroce aux conquistadors et à leurs inquisiteurs. Il choisit son camp : ce sera celui de Grand Roi Montezuma. Seul ou presque, rebelle sans arme, Grumbach s’en remet au Diable, qui le dote d’une arquebuse et de trois balles… Premier roman de Leo Perutz, la Troisième Balle est une œuvre baroque, savamment construite, où ne cessent de se télescoper le réel et l’imaginaire fantastique en un labyrinthe haletant, irrésistible.

Mon avis

Lire un Perutz est toujours un peu compliqué. Je trouve ses livres particulièrement exigeant. Pas forcément compliqué (et encore), mais exigeant parce qu'un peu complexe. Ce premier roman de l'auteur ne fait pas exception à la règle, je l'ai trouvé même plus exigeant que les deux autres que j'ai pu lire de l'auteur. Peut-être parce qu'il se situe dans une époque qui n'est ni celle de l'auteur ni celle du lecteur. Nous voici durant la conquête d'une partie de l'Amérique du Sud par les espagnols, plus précisément à la suite de l'Armada de Cortez. Ensuite, parce que le narrateur n'est pas clairement présenté et qu'il n'est pas le même au premier et dernier chapitre par rapport à tout le reste. 

C'est d'ailleurs une chose qui m'a un peu perturbé au départ. Le narrateur principal semble être un espagnol de l'armada de Cortez. Mais bien qu'il existe et que parfois, nous tombons sur ses pensées (c'est ultra rare tout de même), sur un "je" de narration ou un "nous" qui l'englobe, il est plus souvent un narrateur omniscient qui voit et sait tout. C'est assez perturbant en réalité, surtout dans les passages où il fait quelque chose tout en parlant des pensées d'un autre personnage. Quand à celui du premier et dernier chapitre, il est tellement perturbé par ce qu'il se passe durant l'histoire de notre narrateur qu'il est parfois un peu compliqué à suivre. Mais, on s'y fait, autant à l'un qu'à l'autre (j'ai fini par oublier que nous avions un conteur en fait, c'était plus simple).

Le roman nous raconte l'histoire de Grumbach, un ancien rhingrave (une sorte de prince) allemand, exilé dans le nouveau monde. L'homme et ses proches ont liés des amitiés avec les aztèques et jouissent d'une vie plutôt bonne jusqu'à l'arrivée des espagnols, auxquels Grumbach voue une sérieuse haine. Par un étrange concours de circonstance, il va se retrouver dans le camp de Cortez à faire ami-ami avec les espagnols pour mieux les tromper. N'arrivant pas à grand chose, il va faire un pacte avec le diable. Mais en tentant de l'abuser, il fait tomber le malheur sur lui. L'arquebuse et les trois balles que le diable lui a promis vont devenir sa perte.

Si le Diable est bien de la partie, ce n'est pas lui l'ennemi, ni l'être diabolique. Perutz profite de son récit pour montrer les horreurs dont sont capables les hommes en tant de guerre, d'occupation de territoire et de recherche de trésors légendaires. La folie, que ce soit celle de Grumbach, de Cortez ou de leurs hommes, est extrêmement présente dans tout le roman. Elle peut être mise en parallèle avec ce qu'il se passa durant la première guerre mondiale (l'auteur y était participé en tant que soldat, il "profita" d'une blessure pour écrire le présent roman). C'est vraiment quelque chose de présent, qui marque. Cette folie, les diableries des hommes et des religions aussi. Car la religion est particulièrement présente dans le roman. On y retrouve les querelles des luthériens et des catholiques jusqu'au Nouveau Monde.

La guerre, la religion, la folie font du roman quelque chose de dense et fort. C'est le point fort du roman avec l'ajout du fantastique et la partie historique. Malheureusement, si tout cela m'a passionné, j'ai eu beaucoup plus de mal avec les personnages. Ils n'ont rien, mais alors rien, d'attachant. Rien que fait que l'on va s'attacher un peu plus à l'un ou l'autre. Ils sont là parce qu'il faut des personnages et puis voilà. En fait, c'est un peu comme si on lisait un compte-rendu. Je crois que c'était l'effet que cherchait l'auteur, ne pas mettre les personnages eux-même en avant mais bien son discours. C'est aussi pour cela qu'il va utiliser des scènettes de la vie du camps de Cortez et non un roman totalement linéaire.

J'avoue que je ne sais pas trop si j'ai vraiment aimé ou pas. Je suis assez mitigée sur cette lecture, là où j'ai bien plus aimé la Neiges de Saint-Pierre ou le Maître du Jugement Dernier. C'est un bon roman qui demande d'être concentré dessus. Il n'est pas fait pour que l'on s'attache à ses personnages mais pour que l'on comprenne le discours de l'auteur derrière. Je ne suis pas sûre d'y être parfaitement arrivé, je dois l'avouer.

mardi 6 décembre 2016

La Métamorphose, Franz Kakfa

Je me suis dit qu'il fallait un jour que je lise cette nouvelle. Parce que Kakfa est un auteur des plus célèbre, et que j'en avais marre de voir comparer sur les bandeaux Perutz à Kakfa sans comprendre pourquoi. Oui, parfois, il en faut peu pour vouloir lire quelque chose.

La Métamorphose, Franz Kakfa

Editeur : Libre de droits
Collection : /
Année de parution : 2004
Titre en VO : Die Verwandlung
Année de parution en VO : 1915
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez du fantastique soft

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur : 

Lorsque Gregor Samsa s'éveille, un matin, après des rêves agités, il est bel et bien métamorphosé. Doté d'une épaisse carapace d'où s'échappent de pitoyables petites pattes ! Lugubre cocasserie ? Hélas, ultime défense contre ceux qui, certes, ne sont pas des monstres mais de vulgaires parasites... Les siens. Père, mère, soeur, dont l'ambition est de l'éliminer après avoir contribué à l'étouffer... Ici, un homme se transforme en coléoptère monstrueux, là, un engin pervers tue avec application... Dans la colonie pénitentiaire, c'est l'expérimentation en direct. Une machine infernale s'acharne sur un soldat soumis. Une machinerie hors pair, digne d'un inventeur à l'imagination torturée !

Mon avis

Bon, commençons par le commencent, j'ai eu beaucoup de mal avec cette nouvelle. A vrai dire, j'ai apprécié l'écriture de Kafka, maîtrisée et agréable à lire. C'est avec l'histoire en elle-même que j'ai eu du mal. 

La Métamorphose nous raconte ce qu'il se passe à partir d'un certain matin où Gregor, jeune commercial, se retrouve transformer en un monstrueux insecte. On va alors suivre ce qu'il se passe dans sa maison, où vivent aussi son père, sa mère et sa soeur. Si au départ, nous nous concentrons sur un Gregor qui ne comprend pas ce qui lui arrive mais essaie tant bien que mal de faire quelque chose, la situation va vite se dégrader. Gregor, enfermé dans sa chambre, va se "laisser aller" à sa vie d'insecte, sa soeur va le délaisser complètement, tout comme son père, sa mère reste en arrière, la nouvelle femme de ménage se moque régulièrement de lui... Jusqu'à ce qu'arrive des locataires et que tout tourne réellement mal pour Gregor.

C'est marrant parce qu'en écrivant le résumé, je me rends compte que vraiment la nouvelle est bien foutue, la montée en tension est là, le point culminant arrive tranquillement mais surement. Techniquement, elle est fort bien cette nouvelle. Mais le problème, c'est que tout cela a fini par m'ennuyer. Et qu'une nouvelle m'ennuie, c'est quand même bien rare. Mais pourquoi ? Juste parce que trop prévisible. Et parce qu'il faut bien le dire, Gregor n'est pas un personnage fortement plaisant. Il passe tout de même beaucoup de son temps à pleurer sur son sort (on le comprend aussi, je suppose que je ferais pareil si cela m'arriver), la soeur n'est pas forcément mieux (envie de la baffer fort régulièrement) et les parents semblent particulièrement absent. En fait, mon problème, c'est bien les personnages.

C'est bien dommage car le thème de la nouvelle, l'exclusion, le jugement sans preuve, l'aveuglement face à une situation exceptionnelle était plutôt sympathique. Mais ça n'a pas pris avec moi. Il m'a manqué quelque chose, un petit truc qui m'aurait réellement fait accroché. Bref, une petite déception.

mercredi 12 octobre 2016

La Neige de Saint Pierre, Léo Perutz

Ma première expérience avec monsieur Perutz c'était l'année dernière avec Le Maître du Jugement Dernier. J'avais apprécié ma lecture, mais vraiment, a tel point que j'ai rapidement ajouté un autre livre de Perutz dans ma PAL. C'était en plus de ça sans compter sur les éditions Zulma qui ont pensé à moi pour le dernier paru (sorti en début de mois), La Neige de Saint Pierre. Je remercie d'ailleurs fortement les éditions Zulma pour cette nouvelle plongée, tout aussi agréable que la première, dans l'univers de Perutz

La Neige de Saint Pierre, Léo Perutz

Editeur : Zulma 
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2016
Titre en VO : St. Petri Schnee
Année de parution en VO : 1933
Nombre de pages : 240

A lire si :
- Vous voulez un roman angoissant mais pas trop non plus
- Vous aimez vous demander ce qui est réel ou non

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire bourrée d'action

Présentation de l'éditeur : 

En 1932, Georg Friedrich Amberg, jeune médecin engagé par le baron von Malchin, quitte Berlin pour le lointain village de Morwede. Afin de soigner les paysans ? Pas si évident, car dans le secret de son laboratoire le baron vient de découvrir la neige de saint Pierre, un champignon parasite du blé capable d’agir sur les esprits comme une drogue. Et dont il compte bien se servir pour restaurer la ferveur religieuse… et le Saint Empire romain germanique. Mais la drogue, expérimentée sur les paysans de Morwede et l’entourage du baron, les fera brandir le drapeau d’une tout autre religion…
Interdit par les nazis dès sa parution en 1933, la Neige de saint Pierre est, par-delà l’enquête aux allures de rêve hallucinatoire, le roman de la manipulation et du pouvoir.

Mon avis

Comme dit en introduction, j'avais beaucoup aimé le Maître du Jugement Dernier et recevoir un nouveau livre de Leo Perutz  m'a mit rapidement en joie. Surtout qu'il ne m'a pas fallu un chapitre pour savoir que j'allais aimer ma lecture. 

Amberg, le narrateur, est à l’hôpital, depuis apparemment cinq semaines, suite à un accident de voiture. Sauf que pour lui, ce n'est pas pour ça qu'il est là. Il se souvient parfaitement avoir été jusqu'à Morwede pour y devenir le médecin du village. Là, il va découvrir que le maître des lieux, le Baron von Malchin tente de créer une drogue capable de rentre la foi à l'humanité. Il va aussi y retrouver Kallisto, dite Bibiche, l'assistante du baron dont il est amoureux. Il est persuadé que son arrivée à l’hôpital est dut aux événements de Morwede, événements qu'il va alors nous conter.

Dès le départ, on ne peut que se poser des questions. Doit-on croire les médecins ou le narrateur ? Il a reçu un choc à la tête, il pourrait très bien avoir rêver. Mais en même temps, on a très envie de le croire, surtout que ses souvenirs semblent particulièrement réels. Ainsi, nous allons le suivre alors qu'il quitte Berlin. En route pour Morwede, il va croiser Bibiche (j'ai eu en horreur ce surnom tout le long du livre, préférant user du prénom de la jeune femme, Kallisto, à chaque fois que je pouvais le voir) à bord de la cadillac qui l'aurait renversé. Dans le village, il va vite se rentre compte que quelque chose ne va pas forcément sans mettre la main dessus. Jusqu'à ce que le baron lui révèle ses intentions, rendre la foi en Dieu à l'homme à l'aide d'une drogue, la Neige de Saint Pierre.

Tout comme le Maître du Jugement Dernier, j'ai lu le roman plutôt rapidement, voulant savoir, à tout prix, le fin mot de l'histoire. La première partie m'a paru un peu longuette, surtout que notre médécin et narrateur à quelques états d'âme amoureux (qui dureront durant tout le roman). On va découvrir avec lui les diverses personnes importantes du village, le baron, son fils adoptif, le prince Praxatine, un russe ayant fuit les communistes, le curé ou encore l'instituteur. Tous ou presque semblent savoir ce qu'il se trame dans le laboratoire. Mais personne n'en parle vraiment. Le lecteur pourtant sait qu'il va se passer un truc affreux, le narrateur aussi d'ailleurs mais il n'en parle pas forcément. A la place, il décrit les personnages, les états d'âmes (heureusement pas qu'amoureux) et l'étrangeté de ce qu'il se passe. Mais dès que le baron dévoile au narrateur son ambition, tout semble prendre un coup d’accélérateur tout en restant en même temps flou et cela jusqu'à la fin du roman.

Perutz joue souvent avec cette limite du réel et du fantastique. Il arrive à créer une ambiance assez flippante mais pas trop non plus. Le lecteur ne peut que se poser des questions sur ce qu'il se passe, sur qui sont réellement les personnages qu'il croise au fil du roman. L'auteur lui laisse une bonne place pour imaginer les choses, surtout que son narrateur oublie quelques passages (volontairement ou non, allez savoir). Sans parler du fait que tout le long du livre, on se demande si ce ne sont pas les médecins qui ont raison, s'il n'aurait pas tout rêver. Parfois, on se le demande vraiment parce que le narrateur semble avoir des flashs de son coma. Mais en est-ce vraiment ? Le mystère reste entier.

Outre cela, le livre est aussi intéressant de part son thème, la perte de la foi religieuse et l'arrivée d'une autre foi, beaucoup moins centré sur Dieu. Ainsi, sans en faire non plus l'éloge, le communisme arrive dans le roman petit à petit, tel un nouveau messie. Un messie destructeur de monarchie (le baron rêvant de mettre sur le trône son fils adoptif, héritier des Staufen) et d'ordre établi. Il est intéressant de voir la manière dont Perutz traite de cela mais aussi de savoir que livre fut interdit à la publication par les nazis (et pas seulement parce que son auteur est juif). Il est vrai que je ne me suis pas du tout attendu à ça personnellement. C'est l'un des grands points forts de l'auteur, réussir un twist aussi bon avec si peu d'élément et surtout alors que le lecteur aurait plutôt eu tendance à voir autre chose. Il en va de même d'ailleurs pour les derniers chapitres, qui n'aide pas du tout à savoir si le narrateur a réellement vécu tout ce qu'il nous raconte.

Au final, c'est une nouvelle fois une bonne découverte, passionnante et étonnante aussi. Perutz est en train de gagner mon petit coeur de lectrice avec pourtant des histoires assez courtes et des narrateurs parfois un peu trop agaçant pour moi (j'avais déjà prit en grippe le baron von Yosh du Maitre du Jugement dernier, je n'en étais pas loin avec Amberg). La lecture en reste délicieuse et passionnante et j'ai hâte d'entamer la Troisième Balle, toujours dans ma PAL. 

vendredi 10 avril 2015

Le Maître du Jugement Dernier, Leo Perutz

C'est à cause de Cachou, des lectures de Cachou, que j'ai pris ce livre. De plus, je voulais continuer ma découverte des éditions Zulma après le coup de coeur pour le Complexe d'Eden Bellwether. Et puis, la quatrième me plaisait et j'avais bien envie d'une enquête qui tourne vers le fantastique (c'est la période en ce moment, c'est le troisième livre de ce genre que je lis à la suite). 

Le Maître du Jugement Dernier, Leo Perutz

Editeur : Zulma
Collection : Poche Z-A
Année de parution : 2014
Titre en VO :  Der Meister des Jüngsten Tages
Année de parution en VO : 1923
Nombre de pages : 224

A lire si :
- Vous voulez une enquête mené par des non policiers
- Vous aimez les histoires qui semblent un peu étranges

A ne pas lire si :
- Vous voulez un narrateur passionnant.

Présentation de l'éditeur : 

Tout commence dans la bonne société de Vienne, en 1909. Au cours d’un récital privé, on découvre le corps sans vie du célèbre acteur Eugen Bischoff. Les circonstances de sa mort sont pour le moins mystérieuses – suicide provoqué ou meurtre maquillé ? Les soupçons se portent bientôt sur le baron von Yosh, un homme froidement calculateur, étrangement rêveur et notoirement amoureux de Dina, l’épouse de Bischoff. Mais l’enquête menée en secret par Solgrub, membre lui aussi du petit cercle, bascule soudain dans l’irrationnel le plus complet.

Mon avis 

Une première chose, qui n'a rien à voir avec l'intérieur du bouquin, mais bien avec l'extérieur. Si les GF de Zulma ont une couverture qui parait bien solide, ce n'est pas le cas des poches. Je ne trimbalerais pas ce livre partout avec moi tant j'aurais peur de l'abimer. Mais cela n'est qu'un détail, me diras-tu. Et cela n'empêche pas la lecture.

Tout commence leur d'un récital privé chez Eugen Bischoff, le mari de l'ancienne amante (Dina) du Baron Von Yosh, le narrateur. Alors que tout semble se déroulait à merveille, Bischoff raconte une étrange histoire de suicide ou de meurtre maquillé à ses convives. Quelques temps après, il s'isole dans son pavillon et mort, une balle dans la tête. Rapidement, le baron est accusé d'avoir influencé le suicide de l'homme par le frère de Dina. Mais il plane sur l'affaire l'étrange histoire racontée un peu avant. Les convives vont mener l'enquête et tomber petit à petit dans ce qui semble être du surnaturel.

J'ai lu le livre très rapidement, happée par l'enquête. Pourtant, de prime abord, elle n'a rien de bien "nouveau". De plus, dès le début, nous savons à peu près à quoi nous attendre. Et pourtant, rapidement, on se laisse prendre au jeu. Il faut dire que Leo Perutz a une écriture soignée, pleine de détails et particulièrement plaisante mais qu'en plus, il manie l'art du twist et des rebondissements à merveille. Heureusement d'ailleurs car j'ai un peu pris en grippe le baron, qui m'a paru antipathique à souhait. D'ailleurs, les personnages ne sont pas forcément plaisant, si ce n'est Solgrub, dont le délire paranormal m'a plutôt amusé.

C'est marrant d'ailleurs de voir que je trouve pas mal de "défauts", disons plutôt de chose que je n'ai pas forcément aimé pour ce livre qui lui m'a fait grande impression. Surement mon amour pour les récits du début du siècle dernier ou se passant à cette époque mais aussi pour le surnaturel qui n'en ai pas. De plus, jusqu'au bout, l'auteur nous tient en haleine, malgré le fait que l'on sache dès le début ce qu'il va plus ou moins se passait. J'avoue ne pas avoir vu venir certains rebondissements et je trouve la fin du livre vraiment bien foutue.

Au final, donc, Le Maître du Jugement Dernier est pour moi un bon livre, à la juste longueur et à l'écriture délicieuse. 

lundi 29 avril 2013

La septième vague, Daniel Glattauer

Dimanche, comme bien des dimanches, j'ai pris un des petits livres de ma PAL et je l'ai lu dans la journée. Cette fois, ce fut donc la Septième vague, la suite de Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattaeur. 

/!\ Spoilers sur lui et Quand souffle le vent du Nord

La septième vague, Daniel Glattauer

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2012
Titre en Vo : Alle sieben wellen
Année de parution en Vo : 2009

A lire si 
- Vous aimez les histoires d'amour
- Vous aimez les romans épistolaires
A ne pas lire si : 
- Le jeu du chat et la souris vous gonfle
- Vous espérez qu'ils ne se rencontrent pas

Présentation de l'éditeur

Leo Leike était à Boston en exil, le voici qui revient. Il y fuyait la romance épistolaire qui l'unissait en esprit avec Emmi. Elle reposait sur trois principes : pas de rencontres, pas de chair, pas d'avenir. Faut-il mettre un terme à une histoire d'amour où l'on ne connaît pas le visage de l'autre ? Où l'on rêve de tous les possibles ? Où l'on brûle pour un(e) inconnu(e) ? Où les caresses sont interdites ? "Pourquoi veux-tu me rencontrer ?" demande Léo, inquiet. "Parce que je veux que tu en finisses avec l'idée que je veux en finir" répond Emmi, séductrice. Alors, dans ce roman virtuose qui joue avec les codes de l'amour courtois et les pièges de la communication moderne, la farandole continue, le charme agit. Léo et Emmi finiront de s'esquiver pour mieux... s'aimer !

Mon avis

J'avais laissé Léo et Emmi bien tristement. Lui était parti, elle ne savait plus vraiment où elle en était. On la retrouve elle en premier, toujours désespérée par le départ de Léo. Il est toujours à Boston, elle a besoin de le lire, un besoin presque vital. Alors que cela fait un moment qu'elle se heurte au message d'erreur de la boite mail de Léo, voilà qu'il lui répond. Elle n'ose y croire et pourtant, c'est bien vrai, Léo Leike est de retour. 

Sauf que Léo a une petite amie à présent et qu'il ne veut pas vraiment renouer avec la relation amoureuse qu'il avait eu avec Emmi. Lui parler, ça oui, retomber amoureux d'elle, pas question. Surtout que pour lui plane toujours le spectre de l'époux d'Emmi. Et puis, au fur et à mesure, tout semble redevenir comme avant. A une chose prêt, Emmi et Léo se sont rencontrés dans la vraie vie.

La Septième vague nous compte donc le retour de la flamme entre ces deux-là. Il nous compte aussi tout les non dit de Quand souffle, tous ce qu'ils avaient à se dire, à s'avouer. Seul bémol, nous assistons encore au jeu du chat et de la souris. A croire que Daniel Glattauer aime bien ce jeu-là. Pourtant, j'ai été encore plus happée par ce tome que par le premier. Je m'explique.

La relation entre Emmi et Léo change. Elle passe d'un amour courtois à quelque chose de plus fort. Le fait qu'ils se rencontrent et tout ce qui va en découler est pour moi plus interessant que les "il ne faut surtout pas, cela va tout gâcher". On découvre alors deux personnes plus "vivantes". Leur vie a changé et va encore changé suite à ses rencontres et cela se sent dans leurs mails. C'est un changement qui fait du bien suite à la lecture du premier tome. Autre changement qui fait du bien, ce n'est plus Emmi qui est attaché à une autre personne mais Léo. Ce petit revirement de situation fait souffler un vent nouveau dans l'histoire qui n'est pas pour me déplaire.

L'écriture est toujours aussi fluide, agréable à lire. Peut-être même plus maintenant que les deux se tutoient et qu'ils sont prêts enfin à tout se dire. Ils paraissent toujours aussi réels pour moi. J'ai vraiment pris un grand plaisir à lire leurs mails.

Seul bémol pour moi, la fin. Bien qu'on s'y attend depuis le tome 1 (faut pas exagérer hein, c'est courru d'avance), elle vient vite, trop vite et j'ai eu l'impression que finalement, elle était trop heureuse pour les deux. Les derniers échanges n'apportent finalement pas grand chose.

En conclusion, je suis à nouveau triste de laisser partir Emmi et Léo. Je me suis attachée à eux en lisant leur mails et bien que je sois heureuse que la fin soit comme je la pensais (c'était pas dur), j'aurais voulu autre chose.

mercredi 10 avril 2013

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

J'avais envie de me frotter à un livre qui a fait beaucoup d'émules et de fans. Un livre qui en plus est bien loin de ce que je lis d'habitude. Il a été vite lu, deux soirées et j'avoue avoir passé un agréable moment avec lui.

Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

Editeur : Le livre de poche
Collection : /
Année de parution : 2011
Titre en VO : Gut gegen Nordwind
Année de parution en Vo : 2008
Nombre de pages : 348

A lire si : 
- Vous aimez les histoires d'amour
- Vous aimez les romans épistolaires

A ne pas lire si : 
- Le jeu du chat et la souris vous gonfle


Présentation de l'éditeur :

En voulant résilier un abonnement, Emma Rothner se méprend et envoie un mail à Leo Leike, un inconnu. Ce dernier, poliment, lui signale son erreur ; Emma s’excuse, et, peu à peu, un dialogue s’engage entre eux, par mail uniquement. Au fil du temps, leur relation se tisse, s’étoffe, et ces deux inconnus vont se mettre à éprouver l’un pour l’autre une certaine fascination. Alors même qu’ils décident de ne rien révéler de leurs vies, ils cherchent à deviner leurs secrets respectifs... De plus en plus attirés et dépendants, Emma et Leo repoussent néanmoins le moment fatidique de la rencontre

Mon avis

 Je ne lis que très rarement des romans épistolaires. Pas que je n'aime pas, juste que généralement, ça ne me dit pas grand chose. Du coup, ce livre doit être le second que je lis et j'avoue avoir pas mal apprécié.

L'histoire de QSLVDN (abrégeons un peu, le titre est vachement long tout de même) part d'un mail de résiliation. Une simple erreur dans l'adresse et voilà qu'Emmi parle avec Léo, un parfait inconnu. On va les suivre sur quasiment une année, s'échangeant des mails qui deviennent de plus en plus passionnés. Or Emmi et Léo ne se connaissent pas, du tout. Ils ont bien tentés une rencontre mais ils ne savent pas qui était qui. Mais à vrai dire, ce n'est pas important pour eux. Leur relation épistol@ire est finalement tout ce qui compte.

J'ai beaucoup aimé voir comment leurs sentiments évoluent au fur et à mesure des échanges de mails. D'abord assez timide, parlant d'eux sans trop en dire. Puis petit à petit, on sent la passion naitre des deux côtés jusqu'au final. Mon seul problème reste qu'Emmi et Léo joue vraiment un peu trop à "Je t'aime, moi non plus". Je veux bien qu'ils soient indécis, qu'ils ne veulent pas vraiment croire qu'ils tombent amoureux l'un de l'autre sans s'être jamais vu, mais tout de même. La dernière moitié du roman se base sur ce petit jeu et devient malheureusement vite lassante. C'est un peu dommage vu que la relation semble tellement vraie (pour avoir connu ce genre de situation sur msn avec une personne que j'ai fini par rencontrer et qui est devenu un formidable ami, je suis capable de dire que oui, ça semble réel).

En parlant de réel, ce qui donne cette impression s'est bien la manière d'écrire de l'auteur (ou du traducteur va savoir). Il emploie les bons mots. Pas de langage à fioriture qui n'aurait pas sa place, des sentiments bien décris par les deux personnages et surtout, surtout, une manière d'écrire assez différente pour les deux qui fait qu'on sait facilement qui parle (surtout sur certain mail ou nous n'avons pas vraiment d'indication ni de l'émetteur, ni du destinataire). L'histoire en est du coup vraiment plus vivante et nous avons l'impression de plonger dans leur intimidé.

En conclusion, j'ai beaucoup aimé ce livre malgré sa seconde moitié plus répétitive. Les deux personnages sont vraiment interessant et ressemblent assez à des personnes réelles. J'ai le tome deux dans ma PAL, je sens que je vais rapidement le lire lui-aussi (veux savoir la suite moi)