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mardi 9 mai 2023

Trois Coracles cinglaient vers le couchant, Alex Nikolavitch

 Mon amour pour les légendes arthuriennes a encore frappé. Alors que je m'étais dis que j'allais mettre un peu la SFFF de côté pour un temps, me voilà déjà à reprendre le chemin de ces genres que j'aime tant.
Attention, je suis de retour de congés et j'ai beaucoup lu. J'ai fini quatre bouquin dans la semaine, bien entamé un cinquième. Et puis j'ai eu la flemme de venir faire les avis de suite. Donc, il risque d'y avoir des chances que certains avis soient courts.

Trois Coracles cinglaient vers le couchant, Alex Nikolavitch

Editeur : les mouton électriques
Collection : La bibliothèque voltaique
Année de parution : 2019
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les romans entre fantasy et histoire
- Vous voulez une histoire qui se passe sur deux lignes temporelles

A ne pas lire si : 
- Vous voulez du facile à lire.

Présentation de l'éditeur : 

Trois coracles cinglaient vers le couchant. À leur bord, Uther, un chef de guerre de l'île de Bretagne, et ses compagnons de toujours. Leur destination, une île au bout de la mer, là où dit-on vivent les fées et les morts glorieusement tombés au combat. Que va-t-il chercher si loin des terres habitées par les hommes ? Alors que l'Empire romain n'en finit pas de mourir, et qu1un monde nouveau se refuse encore à naître, Uther sait-il seulement qu'il va enfanter une légende destinée à traverser les siècles ?

Mon avis

Vous le savez, j'aime particulièrement tout ce qui peut toucher aux légendes arthuriennes. J'aime encore plus quand les auteurs les situent au moment de la chute de l'Empire Romain ou pas lui, parce que historiquement, j'adore aussi cette période et qu'elle me semble pas mal indiqué avec tout ce qu'on a pu découvrir sur des personnages qui auraient pu faire naitre la légende. Bref, ici, je me retrouve à la bonne époque pour moi, mais aussi avec un personnage dont on évoque finalement peut le destin, si ce n'est pour dire qu'il est le père d'Arthur (et qu'il a trompé Ygerne grâce à Merlin pour avoir le gamin). Bref, Uther apparait pourtant dans quelques œuvres, parfois même comme le héros. 

Nous découvrons donc Uther Pendraig alors que lui et quelques uns de ses fidèles lieutenants se trouvent en mer, voguant vers le couchant. Où va-t-il ? Seul lui le sait, lui et le barde qui l'accompagne. L'auteur a donc pris le parti de nous conter son voyage, en l'alternant avec des chapitres du passé de son personnage principal afin de nous mener jusqu'à son départ. Un mode d'histoire que j'aime assez, même si parfois cela demande d'être un peu plus concentré sur certains passages (et la concentration, parfois, c'est pas vraiment mon point fort). Ici, c'est plutôt bien fait, et particulièrement page-turner pour moi. Parce que je veux forcément savoir ce qui amène Uther a prendre ses navires, et je veux forcément savoir pourquoi.

Surtout que j'ai beaucoup aimé l'homme dépeint par l'auteur. Nous n'avons pas là l'héroïque guerrier qui compte sur sa lame pour tout vaincre. Non, nous voilà fasse à un chef de guerre, qui tente, comme il peut, avec les ressources disponibles, de sauvegarder l'île de Bretagne, et ça, de manière quasi altruisite. Or Uther, malgré ses efforts, restent un homme. Il se bat, il perd, il découvre la vie et ses malheurs, les affres qui vont avec ses ordres etc... C'est un personnage très humain que l'on trouve dans le texte. Et personnellement, ça, j'ai beaucoup apprécié. Il doute, il combat, il sait ce qu'il fait, parfois aussi. Il perd, il gagne. Bref, rien d'un sur homme. Et même avec la Calibourne (Excalibur donc) à la main, il reste l'homme qu'il était jusque là.  Mais pour ceux qui se demande, oui, nous avons bien de la magie dans le roman. Une magie qui peut être traitresse, d'ailleurs. Après tout, le barde qui accompagne Uther (désolé, je ne le nomme pas, je n'arrive pas à me souvenir de comment s'écrit son nom et ça m'ennuie) cache bien des choses sous couvert de magie. Lui aussi est un personnage bien particulier, que j'ai forcément apprécié.

Enfin, l'histoire est plaisante à suivre, surtout pour ceux qui apprécie que l'on situe les légendes arthuriennes à l'époque où Rome chute. L'on y découvre ce qu'il aurait pu se passer, les guerres, les invasions (bien entendu, il peut y avoir des erreurs, on parle là de la transposition d'une légende maintes et maintes fois revues). La Bretagne est encore fragmenté en plusieurs clans, certains vont s'allier à d'autres, d'autres vont essayer de se faire nommer haut roi (sans y parvenir vraiment) etc... C'est vraiment une période trouble, comme l'est finalement le personnage principal. 

Au final, même si ce n'est pas tout à fait un coup de coeur (il est un poil trop court et parfois trop rapide pour ça), j'ai pris grand plaisir à lire ce roman. Ce fut une belle découverte.

lundi 30 août 2021

Pirates ! La légende du drapeau noir, Julie Proust Tanguy

 Je retrouve avec un grand plaisir l'écriture de Julie Proust Tanguy que j'avais déjà eu l'occasion de découvrir avec le génial Sorcières ! chez les Moutons Electriques. Cette fois, elle nous embarque à la suite des pirates de tout bord pour  nous faire découvrir le mythe mais surtout l'histoire derrière celui-ci.

Pirates ! La légende du drapeau noir, Julie Proust Tanguy

Editeur : Les Moutons Electriques
Collection : la bibliothèque des miroirs
Année de parution : 2016
Format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les essais
- Vous aimez les pirates 

A ne pas lire si 
- Vous ne vous intéressez pas aux pirates dans la culture
- Vous voulez un historique complet de l'âge d'or

Présentation de l'éditeur : 

Long John Silver, Barbe Noire, Jack Sparrow… Jambes de bois, perroquets, rhum, trésors… Autant d’images qui tissent, dans nos esprits, la figure du pirate. Étonnante vitalité que celle de ce rufian qui, de l’Antiquité à nos jours, s’est toujours illustré dans nos imaginaires, quel qu’en soit le support d’expression !
Jadis barbare, hors-la-loi, source de terreur et de cruauté ; aujourd’hui, symbole de liberté, de résistance et d’aventure. Comment expliquer une telle évolution ?
Embarquez sous le pavillon noir pour découvrir les distorsions de la légende de ces bandits qui, après avoir parcouru les sept mers, hantent désormais le cyber-espace…

Mon avis

Quitte à me répéter, j'adore cette collection des Moutons Electriques. C'est le quatrième ouvrage que je lis et franchement, c'est toujours un gros plaisir. Cette fois, nous voici donc sur le thème des Pirates ! un thème qui m'intéresse tout particulièrement pour plein de raisons différentes. J'ai longtemps hésité à le prendre en numérique (j'avais peur que comme pour les versions poches ou Space Opera !, il n'y ai pas d'image) et puis finalement, j'ai franchi le pas, ne le trouvant jamais en librairie. Je vous rassure, si vous aimez les images, et sur un thème comme la piraterie autant dire qu'on peut en avoir des sympas, cet ebook en a (il me semble qu'il est sorti plus tard que celui de Space Opera !, ceci expliquant surement cela). Mais passons au texte, si vous le voulez bien.

Le pirate fait rêver et ça depuis des siècles. Il faut dire que sa figure a été romancé depuis bien des années et que ses rêves de liberté et d'aventure en font fantasmer plus d'un (moi la première, on va pas se mentir). Or, derrière les mythes littéraires et cinématographiques, il y a l'histoire (comme toujours, vous me direz). Et celles des pirates n'est pas toute jeune puisqu'on commence à en entendre parler durant l'antiquité. Les premières occurrences se situent à peu prés à l'époque d'Homère, soit vers le huitième siècle avant JC. D'ailleurs, Ulysse est le parfait exemple du pirate de l'époque. Ainsi, on découvre ce qu'était le pirate à l'époque, l'homme qui va tenter de trouver fortune par tous les moyens ou presque. Puis, petit à petit, le pirate a changé, devenant un brigand sans foi ni loi craint de tous, à celui que nous connaissons un peu plus à notre époque. Il a aussi parcouru toutes les mers et est connu sur tous les continents. D'ailleurs, Julie Proust Tanguy consacre un chapitre sur les pirates asiatiques, chose plutôt agréable.

Mais on va pas se mentir, le plus gros du livre va nous parler des pirates de l'âge d'or (durant le 17ième siècle) et surtout de la romantisation du mythe. Et, je ne vais pas vous mentir non plus, c'est la partie que j'ai le plus appréciée. J'aime l'Histoire, hein, mais j'aime encore plus voir comment la culture se l'approprie. Et sur les pirates, c'est du grand art mais vraiment. Au départ, les auteurs vont se servir des pirates à des fins utopiques. Dufoe fera un formidable travail là-dessus, n'oubliant ni la liberté (Libertalia est une hymne à celle-ci ainsi qu'une parfaite utopie), ni les figures féminines du mythe (un chapitre est consacré à Anne Bonny et Mary Read par exemple). Et puis, petit à petit, le mythe a pris le pas, à commencer par l'Île au trésor de Stevenson puis le fabuleux Hook de Barrie (alors, je vous le dit de suite, Hook, c'est mon pirate chouchou de tous les temps, il est forcément fabuleux) ou encore, plus proche de nous, Les Aventuriers de la Mer de Hobb ou Des Horizons rouges sang de Lynch (les deux que j'aime beaucoup beaucoup). Et puis, bien sûr, on va parler films et séries pour parfaire le tableau. D'ailleurs, on va parler de l'un de mes films préférés de pirate (si on oublie Hook de Spielberg, hein), à savoir l'Île aux pirates. Et bien sûr, des Pirates des Caraïbes qui cristallisent tellement bien le pirate comme nous le voyons de nos jours.

Je dois dire que je me suis régalée à lire cet essai. C'est clair, maitrisé et joliment illustré aussi. J'ai été ravie d'en découvrir un peu plus sur les pirates et la vision que nous en avons. L'évolution du terme est passionnante, tout comme celle de la "littérature" du mythe. Pour moi, c'est encore une belle réussite chez les Moutons Electriques. Cette collection est vraiment super pour comprendre certains aspects de la pop-culture de manière ludique et agréable.

vendredi 23 juillet 2021

Space Opera ! L'imaginaire spatial avant 1977, André-François Ruaud et Vivian Amalric

J'aime beaucoup la collection la Bibliothèque des Miroirs chez les Moutons Electriques. J'en ai déjà lu quelques uns, j'en ai encore deux dans ma PAL. Cette fois, je me suis penchée sur le Space Opera depuis sa création (à peu prés quoi) à 1977 et Star Wars.

Space Opera ! L'imaginaire spatial avant 1977,  Vivian Amalric et André-François Ruaud

Editeur : Les Moutons Electriques
Collection : La Bibliothèque des Miroirs
Année de parution : 2009
Format : AZW

A lire si :
- Vous voulez en savoir plus sur le Space Opera
- Vous aimez avoir de quoi faire grimper votre wishlist

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de résumé d'oeuvre
- Vous  n'aimez pas le space opera

Présentation de l'éditeur : 

Space Opera : une succursale majeure de la science-fiction. Tout l’imaginaire des espérances de l’espace, lorsque cape flottant à l’épaule et pistolet-laser au poing, de vaillants héros parcouraient les immensités galactiques à bord de leurs vaisseaux rutilants.
De Flash Gordon à Star Trek, de la faune de l’espace aux empires galactiques, d’E. E. Doc Smith à Samuel Delany en passant par Poul Anderson, Isaac Asimov, Charles Harness et E. C. Tubb, sans oublier Buck Rogers, Dan Dare, Perry Rhodan, les pulps, les serials ou Doctor Who : l’histoire illustrée du rêve spatial, lorsque les étoiles étaient plus proches.
André-François Ruaud s’est entouré de Vivian Amalric, Jean-Michel Archaimbault, Isabelle Ballester, Jean-Daniel Brèque, Raphaël Colson, José Gérard, Christine Luce, Richard D. Nolane, Élisabeth Vonarburg et Roland C. Wagner, sous une préface de Gérard Klein, pour un beau livre célébrant le mythe de l’aventure spatiale avant Star Wars — avec comme toujours une riche iconographie.

Mon avis

Le space opera, je l'ai dit il n'y a pas si longtemps dans les pages du blog, est un genre que j'aime mais que je ne lis pas assez. Il y a dans ces épopées quelques chose qui me fait rêver, et pas seulement parce que tout cela se passer dans les étoiles. Malheureusement, le genre étant quelque peu boudé en France (et on découvre (ou pas) que c'est assez historique en france cette situation), ma culture dessus n'est pas aussi grande que ce que j'aimerai. Pour moi, ce livre devait comblé un certain vide. Ce qu'il a d'ailleurs fait, augmentant encore drastiquement ma wishlist (comme à chaque fois que je me lance dans un livre de la collection vous me direz).

On commence le livre avec un aperçu du genre et de pourquoi on s'arrête en 1977 alors que le bouquin sort en 2009. C'est bien simple, pour les auteurs, la sortie de Star Wars a considérablement modifié le Space Opera. Assez pour qu'il existe un avant et un après. Assez donc, pour arrêter le livre cette année-là et pas une autre. Du coup, on va beaucoup parler de l'âge d'Or du Space op, de l'époque où c'était de la fantasy dans les étoiles et cela par le biais des romans et des films de l'époque (surtout des romans en fait). On passe donc des serials du cinéma américains, au comics en passant par doctor Who ou l'oeuvre d'Asimov etc...  

Forcément, tout cela est passionnant et parfaitement documenté. Peut-être un peu trop en fait pour certaines choses. Le livre se divise par œuvres et auteurs en suivant une certaine chronologie. On a par exemple un gros chapitre sur les sérials au début, puis des chapitres par auteurs (ou groupe d'auteurs) avant un chapitre consacré à Doctor Who ou Star Trek. Si j'aime découvrir de nouvelles oeuvres, je dois bien avouer que lire une vingtaine de chapitres résumant un livre ou un film (ou une série), ça peut être un peu long. Et c'est là le problème de ce Space Opera. Beaucoup de résumé, un peu moins de réflexion. Or, je m'attendais à plus d'analyse sur le genre. Après, je ne dis pas non plus qu'il n'y en a pas du tout. Il y en a quand même pas mal et en plus de ça, c'est particulièrement plaisant à découvrir. 

Le Space Opera est un produit de son temps et les auteurs (et leurs invités) ne le prouve dans cet ouvrage. Comme tout genre relevant de la science-fiction, il est généralement politisé (et ça, même si on ne s'en rend pas forcément compte). C'est un aspect que l'on peut voir dès le départ, et cela même si, à la base, les sérials ou les comics (premier point d'entrée au Space Opera) sont créés pour amuser les gens et leur faire oublier quelques temps une vie un peu trop rude et austère. On voit bien, petit à petit, que le divertissement ne sert pas qu'à ça et qu'au fil des ans, les auteurs en profitent pour faire passer leurs idées. C'est en ça que j'ai apprécié l'ouvrage (et même pour le coup, le grand nombre de résumé).

Au final, le livre est intéressant et apporte un autre regard sur le genre à part entière qu'est le Space Opera avant 1977. Je trouve toujours un peu dommage qu'il s'arrête là mais c'est déjà un bon gros morceaux. Il est à lire pour qui est curieux de découvrir ce qu'il a pu se faire dessus (surtout que, j'ai oublié de le dire, mais il y a pas mal d'auteur pas forcément ultra connu en france dedans)

jeudi 22 avril 2021

Source des tempêtes, le livre de l'énigme, tome 1, Nathalie Dau

 Cela fait plusieurs années que je n'ai pas lu de roman de Nathalie Dau dont j'aime pourtant particulièrement les thèmes et la poésie de ses écrits. Source des Tempêtes me faisait envie depuis un bon moment et j'ai enfin franchi le pas.

 Source des tempêtes, le livre de l'énigme, tome 1, Nathalie Dau

Editeur : Les Moutons Electriques
Collection : La bibliothèque voltaïque
Année de parution : 2016
format : AZW

A lire si :
- Vous aimez les écrits type mémoires
- Vous voulez un récit qui prend son temps (mais n'est pas dépourvu d'action)
- Vous voulez un univers mystérieux

A ne pas lire si : 
- Vous voulez beaucoup beaucoup d'action et de combat

Présentation de l'éditeur :

Les ténèbres ont un cœur de lumière.Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui.

Mon avis

Comme je le disais, cela fait longtemps que je n'ai pas lu de romand de Nathalie Dau. Pourtant, j'aime beaucoup ses univers et la manière dont elle a de me faire rêver rien qu'en la lisant. Source des Tempêtes ne déroge pas à la règle. J'ai été prise dans le récit rapidement, et même si j'ai mis du temps à le lire, j'ai pleinement profité de celui-ci.

Nous y suivons le jeune Cerdric, fils de Dame Nérasia et du magicien brulé, le dernier membre des magiciens bleus. L'ordre auquel appartenait son père a été pourchassé, détruit mais pas totalement. Une prophétie annonce qu'un nouveau bleu apparaitra et qu'il sera la somme des Rêves, le plus puissant magicien voué à l'Equilibre. Kéral Asulen disparait juste après avoir engendré son fils. Un fils qui va se révéler Réfractaire (incapable de magie) qui plus est. Elévé loin de sa mère qui lui vaut une haine farouche, sans amour, Cerdric connait un début dans le monde pour le moins compliqué. Ce n'est que lorsqu'il va découvrir qui est son père et surtout rencontré celui-ci que sa vie va changer. Car, bien que rendu magiquement stérile, il a engendré l'enfant de la prophétie avec une femme rive (une autre race d'humain (que j'ai un peu assimilé à des elfes personnellement même si pas tout a fait physiquement ressemblant), que les hommes assimilent d'ailleurs ici à des sous-hommes, juste bon pour être esclaves (et fort souvent esclaves sexuels surtout puisque l'union rive-homme n'est pas sensé être féconde)). Le jeune Ceredwan va alors tout devenir pour Cerdric. Il va se faire protecteur de son petit frère et tout faire pour rester avec lui...

Le roman est assez long à se mettre en place. Il est écrit sous forme de mémoires, celle de Cerdric, et commence par la naissance de celui-ci. Autant dire que la première partie peut être un peu ennuyeuse et notre protagoniste assez pleurnichard. Bon la vie n'a pas été non plus totalement tendre avec lui, on pourrait le comprendre. Tout s'emballe vraiment lorsqu'il rencontre enfin son père et surtout son jeune frère. Ceredwan est un enfant surdoué, possédant en lui les âmes des derniers mages bleus. Son drac (ce qui donne la magie aux gens) est surement l'un des plus puissants du monde mais il n'arrive pas du tout à le contrôler. A partir de leur rencontre, l'histoire se met réellement en place.

Alors, oui, c'est un premier tome et oui, comme nous sommes sur de la fantasy avec de jeunes protagonistes, c'est (j'allais dire forcément) un tome initiatique. Vous savez à quel point je peux avoir du mal avec ça, vu que je trouve souvent que c'est du vu et revu. Ici, c'est effectivement quelque chose qu'on a pu déjà voir, et pas n'importe où. L'histoire de Cerdric, le personnage aussi m'a parfois fait pensé à Fitz de Robin Hobb. Attention, ils sont bien différent l'un de l'autre, hein. Mais il y a quelque chose dans son évolution qui m'a fait pensé à l'Assassin Royal. Cerdric n'en reste pas moins un personnage plutôt sympathique à suivre, sauf qu'en il pleurniche sur son sort, ce qui lui arrive quand même régulièrement (je pense que c'est pour ça qu'il me fait penser à Fitz d'ailleurs, c'est un de ses pires défauts dans les trois trilogies). 

Mais surtout, l'histoire est "calme". Il n'y a pas de guerres, pas de batailles (quelques escarmouches quand même), pas de gros complots politique (une bonne grosse prophétie quand même). C'est une fantasy assez douce, parfois comtemplative que nous avons là. De quoi se plonger réellement dans l'univers, mieux le comprendre, le contempler. C'est assez appréciable en fait. Surtout que Nathalie Dau nous offre là quelque chose de fort sympathique à découvrir que se soit par la magie, le décors mais aussi la violence sourde qui y règne. J'ai adoré toute la mythologie qu'elle a mise en place dans ce premier roman et j'ai très envie de voir ce que ça va donner dans sa suite. Et puis, il y a toute une histoire de dualité et d'équilibre fort appréciable aussi. La dualité, on la ressent beaucoup entre le monde des hommes qu'a connu Cerdric, très froid, ordonné et souvent cruel, et celui où évolue son frère, plus proche de la magie avec ses fées, sa liberté, sa sauvagerie. De même, elle est présente dans les religions qui gouvernent le monde, puisqu'elles sont coupées en deux entre les déités du Chaos et celle de l'Ordre. C'est aussi le cas entre les humains et les rives (qui comme je l'ai dit, sont considéré comme des objets par les premiers). Et dans tout ça, on a Ceredawn qui doit incarner l'Equilibre, le point médian entre tout cela. Autant dire que le pauvre gamin a le poids du monde sur ses épaules et que ni son apparence (il est à moitié rive et ça se voit), ni son pouvoir ne vont l'aider.

Pourtant, si j'ai apprécié l'histoire et l'univers, il reste deux trois points qui m'ont un peu dérangé. Le premier, c'est Ceredawn lui-même. Enfin, plutôt sa façon d'être et de penser. Il a neuf ans. Alors, ok, il a en lui les âmes de six vieux mages morts mais tout de même. Sa manière de parler ne va pas avec lui. Il est trop mature, trop réfléchi, pas assez gamin. C'est perturbant à certain moments où il se conduit comme un gosse de son âge pour ensuite nous sortir une tirade d'un vieux de soixante pige. Parfois, Cerdric fait franchement gamin face à lui alors qu'il est le plus vieux. Ensuite, il y a quelques scènes qui m'ont un peu dérangé, une entre les deux frères, où la réaction de Ceredawn n'était pas celle attendu, une autre entre trois autres personnages qui m'a vraiment mise mal à l'aise. Si la première m'a semblé presque trop gratuite, la seconde, je peux la comprendre mais ça reste violent et perturbant (alors, oui, je parle justement d'un viol là et j'aurais apprécié y être un peu plus "préparée" avec un TW par exemple ou avoir une scène moins explicite).

Au final, c'est un premier tome que j'ai apprécié. J'ai aimé l'univers, sa mise en place et les personnages. J'ai aussi apprécié que malgré la présence certaine d'une notion de dualité ultra présente, le roman ne fasse finalement pas dans le manichéisme (on aurait pu s'y attendre pourtant avec l'Ordre et le Chaos, et ben pas du tout). J'espère pouvoir lire prochainement la suite (mais étrangement, je ne trouve pas le roman en numérique alors que ça fait bien un an qu'il est sorti dans la collection Hélios, je trouve ça bizarre).

mercredi 30 octobre 2019

Vampires ! Une histoire sanglante, Richard D. Nolane et Elisabeth Campos

Halloween approche à grand pas et j'avais envie de lecture allant dans le thème. J'ai commencé Nécroscope sur le Kindle (que je finirais bien après Halloween je sens, il est assez long comme bouquin) et j'ai enfin sorti de ma PAL cet essai sur le Vampire ! sorti dans la collection Bibliothèque des Miroirs des Moutons Electrique que j'apprécie assez (et dont je lorgne d'autres titres depuis un moment).

Vampires ! Une histoire sanglante, Richard D. Nolane et Elisabeth Campos

Editeur : Les Moutons Electrique
Collection : Hélios
Année de parution : 2018 (2010 dans la Bibliothèque des Miroirs)
Nombre de pages : 288

A lire si : 
- Vous voulez vous penchez sur la mythologie vampirique
- Vous appréciez les essais

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas voir mélanger vampire littéraire et meurtriers en série

Présentation de l'éditeur : 

Né il y a très longtemps, le démon buveur de sang n’a cessé de poursuivre son chemin dans notre imaginaire. Sous le nom de vampire, il est devenu un des personnages favoris du genre fantastique et présente le cas unique d’une superstition ayant acquis le statut de mythe mondial par l’intermédiaire des arts populaires. Une superstition dont les racines, pas toujours bien connues, sont examinées ici en détail.
Pour la première fois, un ouvrage qui présente un panorama complet du vampirisme, sans se cantonner comme ses prédécesseurs à ses seuls aspects légendaires, artistique et historique. En effet, il aborde aussi en profondeur ce que l’on peut appeler la « réalité vampirique », incarnée par des personnages convaincus d’être d’authentiques vampires.
Un livre de référence, largement illustré, destiné à tous ceux qui s’intéressent à l’imaginaire fantastique, aux ombres de l’histoire et à la criminologie.

Mon avis

J'ai déjà deux livres de la collection Bibliothèque des Miroirs, Sorcières ! et Steampunk !. J'aime beaucoup les deux, avec leur format carré et les illustrations qui les parsèment. Ce sont des bouquins agréables à lire et aérés. Le passage de cette collection en poche est agréable pour le porte-monnaie, mais par contre, on y perd un peu de qualité visuelle. Adieu les illustrations et les encarts. Est-ce gênant pour la compréhension du discours des auteurs ? Non. Mais je trouve dommage de perdre les illustrations qui dans les deux précédents ouvrages que j'ai eu en main apporté aussi des éclairages sur la représentation des thèmes. Sur ce, passons au texte.

Nous connaissons tous le Vampire. La figure de Dracula est particulièrement présente dans l'univers fantastique, et il ne se passe pas une année sans qu'un nouveau livre/série/film ne mette en scène la créature à dents longues d'une manière ou d'une autre. Mais que savons-nous réellement du vampire ? Les deux auteurs se sont penchés sur la figure vampirique, que ce soit dans le domaine de l'imaginaire ou celui, bien plus réel, de l'histoire ou même de la criminologie.

Forcément, tout ne nous est pas inconnu. On va passer sur l'histoire de Vlad Tepes, sur le Dracula de Bram Stoker et j'en passe. Même si je connais les deux, je dois dire que j'ai assez apprécié me replonger un peu dedans (l'histoire de Tepes a quelque chose d'assez passionnant en soi, dans le fait qu'il n'a rien d'un vampire mais tout d'un véritable tueur en série sociopathe). Toute la partie sur les folklores ayant un vampire est aussi particulièrement intéressante. Le vampire n'est pas qu'une invention roumaine ou européenne de l'est, il s'avère qu'il est quasiment universel et ça depuis fort fort longtemps. On le retrouve en suceur de sang, d'âme ou d'énergie sur presque tous les continents. 

Forcément, j'ai aimé lire tout ce qui concerne le vampire "médiatique", voire comment, au fils des ans, les auteurs ont pu le faire évoluer. Nous passons tout de même du monstre sanglant à une sorte de séducteur (on pensera à Twilight et à quelques vampires de la Bit-Lit) pour le faire revenir à son aspect monstrueux de temps en temps. On le voit aussi par le prisme du lieux, le vampire dans les mangas japonais semblant par exemple très proche d'un Dracula et plus encore du Vatican (du coup, je me demandais s'il n'existait pas quelque part des essais ou article sur la vision japonaise des mythes occidentaux). C'est une créature qui évolue avec le temps, qui n'est jamais totalement figé et c'est surement pour cela qu'il est le personnage favoris du fantastique depuis tellement d'années (et de siècles).

Mais je dois avouer que la partie que j'ai préféré, c'est celle qui replace le vampire dans notre réalité. On n'en parle pas forcément assez, et souvent, l'image du gothique qui s'affuble de canines longues et dort dans un cercueil vient à l'esprit des gens quand on le fait. Cette image, sans être totalement erronée, n'est pas celle qui nous intéresse ainsi. Elisabeth Campos, qui coécrit le livre, est spécialiste en criminologie, plus particulièrement en secte et crime pathologique. C'est donc naturellement qu'elle et Richard Nolane vont parler des tueurs en série s'appuyant sur les mythes vampirique. C'est la partie la plus sombre de l'essai de part les crimes qu'elle traite mais aussi l'une des plus documentées pour moi (on y retrouve plusieurs exemples dont le connu Vampire de Dusseldorf). Mais elle ne parle pas que de meurtrier. On y retrouve aussi par exemple toute l'enquête au sujet du vampire de Highgate qui se déroula au début des années 70 (une histoire à rebondissements multiples et parfois grand guignolesque à découvrir) ainsi que quelques histoire de vampiroïdes (des personnes qui se pensent vampire, agissent comme telle mais ne font de mal à personne). Comme je le disais, cette partie touchant plus notre réalité est fort intéressante à lire et permet de comprendre un peu mieux le mythe du vampire lui-même.

Au final, même si je déplore le manque d'illustration de cette version poche de l'ouvrage, j'ai été vraiment ravi de le sortir de ma PAL. Comme les deux autres essais de la collection déjà lu, il est passionnant, bien écrit et aborde son sujet selon plusieurs angles, ce qui n'est vraiment pas pour me déplaire. J'ai découvert deux trois choses que je ne connaissais pas et est allongée ma liste de livres, films et série à voir. 

Pour aller un peu plus loin, avec l'ouverture de l'expo à la cinémathèque "Vampires, de Dracula à Buffy", la BNF en profite pour parler de la créature et ressortir des vieux documents. Ca se passe sur le site de la BNF et c'est plutôt sympa à découvrir

jeudi 17 novembre 2016

Dévoreur, Le Sentier des Astres, tome 0, Stefan Platteau

J'avais craqué pour ce livre dès que je l'avais vu à la librairie. Sans même lire la quatrième, sans même savoir qu'il fessait parti du même univers qu'une série. Juste, il était beau. Parfois, il n'en faut pas plus.

Dévoreur, Le Sentier des Astres, tome 0, Stefan Platteau

Editeur : Les moutons électriques
Collection : La bibliothèque Voltaïque
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 128

A lire si :
- Vous voulez un conte
- Vous voulez un apperçu de ce que pourrait être l'univers du Sentier des Astres
- Vous voulez quelque chose de poétique

A ne pas lire si
- Vous voulez quelque chose de long

Présentation de l'éditeur

Sommes-nous les jouets des astres ? Qu’est-ce que ces choses lointaines éveillent en nous, qui nous anime, et nous pousse à agir d’une façon qui nous étonne nous-mêmes ?
Au-dessus de la demeure de Vidal, l’éleveur d’ânes, une planète brille trop fort ; le comportement de cet homme paisible s’en ressent. Son amie Aube assiste, impuissante, à sa transformation. Parviendra-t-elle à l’arracher à cette influence néfaste, ou faudra-t-il attendre l’aide de Peyr Romo, le magicien des Monts de souffre ?
Dans la vallée de Pélagis, de vieux instincts s’éveillent, prêt à dévorer toute humanité dans le cœur des êtres…
Une plongée dans l’âme d’un monstre, dans l’univers des Sentiers des Astres.

Mon avis

Avant de parler de ce qu'il y a écrit dans le roman, parlons un peu de l'objet. Comme je le disais en intro, j'ai craqué pour l'objet en premier. Il faut dire que les Moutons Electriques soignent toujours leur parution. Ici, nous avons un petit livre qui fait un grand effet. J'adore sa couverture, vraiment superbe et allant parfaitement avec le contenu. Sans parler du fait que le "O" de Dévoreur est percé pour laisser place à une illustration de la page de garde. Mais ce n'est pas tout, Melchior Ascaride, l'illustrateur, s'est aussi occupé de chaque page et de la reliure. Cela en fait vraiment un bel objet qui trouvera sa place dans n'importe quelle bibliothèque. En tout cas dans la mienne, il fait son petit effet.  
Dévoreur nous entraîne en Pélagis, dans les traces de la famille Romo et de leur ami Vidal. Celui-ci, influencé par une planète néfaste va peu à peu sombrer dans la folie. La forme du roman est celle d'un conte. Un conte tragique, sombre. On y trouve ce qui a pu faire le succès des contes mais avec un petit plus agréable. Et, surtout, un conte assez violent à ne pas lire aux enfants sous peine de cauchemar.

Le livre se divise en deux parties principales. La première met en place l'univers et la descente vers la folie de Vidal. Elle peut sembler lente à cause de ça. On découvre une partie de la vie d'Aube sans son époux, parti pour les mois d'été loin d'elle. On en profite pour voir son amitié avec Vidal, son travail. Et puis, petit à petit, l'angoisse arrive. Vidal devient différent et malgré les efforts de la jeune femme, rien n'y fait jusqu'à l’inéluctable. La seconde partie met en scène Peyr, le mari d'Aube, mage de son état, et ce qu'est devenu Vidal. Cette partie, plus centrée sur l'action, m'a étrangement un peu moins plus. Peut-être parce qu'elle est plus pragmatique, parce que la tension y est un peu moins présente que dans la première, parce qu'on se doute un peu trop de ce qu'il va se passer aussi. Mais n'ayez crainte, cela ne m'a pas du tout empêcher d'apprécier ma lecture, de prendre même mon temps.

Il faut dire que l'auteur ne nous raconte pas juste un conte. Il met aussi en place tout un univers et sur 123 pages, ce n'est jamais simple, surtout quand le dit univers est aussi complet que celui-ci avec des "règles" qu'il va nous falloir apprendre rapidement. Mais franchement, il en vaut le coup. Porté par l'écriture imagée et parfaitement pesée de Stefan Platteau, on ne peut que se plonger dedans la tête la première. Personnellement, j'ai vraiment apprécié les descriptions, que se soit celles des lieux ou même de la psychologie des personnages. Des personnages qui ne sont pas caricaturaux, ni forcément tout blanc ou tout noir. J'ai même éprouvé de la compassion pour l'ogre-Vidal. Un ogre particulièrement horrible, qui n'hésite pas à manger les menottes des enfants pour comme en cas avant de les faire rôtir. Mais qui en même temps semble totalement dépassé par sa vie. Il en va de même pour les autres. 

Au final, j'ai clairement apprécié ma lecture. J'y ai trouvé une belle écriture qui m'embarque rapidement, une histoire en apparence simple mais pas tant que ça et des personnages complexes. Son seul défaut ? Etre aussi courte. Mais je me rattraperai avec les tomes du Sentier des Astres dans quelque temps.

lundi 9 novembre 2015

Sorcières ! Le sombre grimoire du féminin, Julie Proust Tanguy

La dernière fois que je suis allée faire le plein de livre, je suis tombée, un peu par hasard, sur ce livre des Moutons Electriques. J'aime beaucoup ce genre d'essais, et ravie d'avoir lu il y a quelques années maintenant le Steampunk ! de la même collection, je l'ai pris, surtout que le thème promettait d'être réellement passionnant.

Sorcières ! Le sombre grimoire du féminin, Julie Proust Tanguy

Editeur : Les Moutons Electriques
Collection : la bibliothèque des miroirs
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 248

A lire si :
- Vous aimez les essais
- Vous voulez en découvrir plus sur la sorcière et la femme au fils des époques

A ne pas lire si :
- Le féminisme vous rebute

Présentation de l'éditeur :

Nécromanciennes redoutables, guérisseuses ignorées, doubles obscurs des fées, femmes fatales livrées au bûcher… Rejoignez-les dans ce grimoire moderne qui vous révèlera les lointaines origines et l’étrange destinée de vos sorcières bien-aimées !

Mon avis : 

La sorcière est une créature existant depuis des milliers d'années et j'avoue que j'aime particulièrement ce personnage, son ambiguïté et la manière dont elle peut être perçue suivant l'époque. J'ai un attachement particulier aux sorcières, qu'elles soient la vieille femme édentés qui fait bien peur ou la jeune femme séduisante. Mais je trouve rarement de bon écrits dessus, où elle n'est pas où trop idéalisée ou trop "démonisée" (oui j'invente des mots). Connaissant déjà l'un des ouvrages de la collection de la Bibliothèque des miroirs, je me suis dis que celui-ci pourrait répondre à mes attendes, à savoir nous décrire la sorcière depuis le début, y ajouter les implications de sa perception et finalement ne pas en faire le personnage ultra idéalisé de ces derniers temps. Ai-je eu raison ? Je le dis de suite, oui. Et nous allons voir pourquoi.

S'appuyant sur la littérature mais aussi le cinéma, les séries ou encore la musique, passant de la mythologie à notre siècle, le livre dresse le portrait de la sorcière à travers le temps et les arts. Il commence d'ailleurs par quelques tableaux plus ou moins récent et en couleur donnant le ton. J'y retrouve d'ailleurs une peinture que j'adore, Circe invidiosa de John William Waterhouse. Ensuite, nous passons d'époque en époque, en commençant par la mythologie, le moyen-âge, la renaissance, le XIX siècles et enfin notre époque. Le tout donc, pour dresser un portrait robot de la sorcière mais pas que. Nous allons finalement nous pencher sur la place de la femme dans la société.

Si au début, la sorcière semble être une femme presque comme les autres, juste plus instruite et plus sage, dirons-nous, elle va rapidement devenir le bouc émissaire des hommes, celle qu'il faut craindre, voire tuer parce que plus puissante que lui. Ce n'est que lorsque la vision de l'homme change sur elle qu'elle va devenir la sorcière maléfique que l'on connait. Ainsi dès l'avènement du christianisme, puis de la science, exclusivement réservée au homme à l'époque, toutes femmes ayant quelques savoirs ou pouvoir va devenir le bouc émissaire des hommes. Cette évolution est parfaitement bien décrite dans le livre, appuyé par de nombreux extraits de livre ou encore des portraits de femmes et d'hommes ayant existé. Car oui, finalement, on parle plus de la place de la femme, de celle qui devient la sorcière car trop différente des canons en vigueur que de la sorcière elle-même. Mais ces deux figures sont tellement proches l'une de l'autre qu'il serait compliqué de réellement les différencier.

Bien que le livre est vraiment passionnant de A à Z, il y a eu des parties qui m'ont plus intéressées que d'autres. Je pense à la partie Moyen-âge, où j'ai découvert beaucoup de chose, ou encore celle sur notre époque (plus proche de nous et surtout parfaitement illustré par les livres, films ou musique choisie). Il faut dire que se sont surement les deux périodes où la sorcière a été le plus représentée mais surtout où l'image de la femme elle-même à beaucoup évolué. 

Au final, j'ai pris grand plaisir à lire cet essai, bien construit et bien documenté (ma wishlist sur les sorcières vient d'en prendre un coup) qui mêle parfaitement folklore et féminisme sans en faire trop ni pas assez. J'ai d'ailleurs beaucoup aimé l'analyse sur les sorcières de Sir Pratchett, qui clôture fort bien le livre tellement il a su voir tout ce que cache l'archétype de la sorcière. Si vous ne devez lire qu'une partie du livre, ce serait celle-ci (et pas juste parce que j'aime Pratchett et Mémé, hein).  Bref, un essai vraiment très bien pour qui veut comprendre à la fois la femme et la sorcière (mais après tout, nous le sommes toutes non ?) à travers les âges et la culture.

lundi 17 février 2014

Gagner la Guerre, Jean Phillipe Jaworski

Pour Noël, ma grand mère m'a dit, tu prends n'importe quel livre à la librairie. Je me suis dis super, je vais pouvoir m'offrir l'édition de Gagner la Guerre qui me fait rêver (tirée à 2000 exemplaires sans nouveau tirage, juste magnifique). Faut dire qu'elle semblait m'attendre cette édition, plus de trois mois qu'elle me faisait de l’œil et que personne ne l'avait acheté. Et franchement, je suis bien contente de l'avoir pris, pour l'objet mais aussi pour l'histoire.

Gagner la Guerre, Jean Phillipe Jaworski

Editeur : Les moutons Electriques
Collection :  Bibliothèque Voltaique
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 682 

A lire si : 
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous aimez les récits d'aventure
- Vous aimez aussi les intrigues

A ne pas lire si :
- Avoir un "héros" pas très gentil vous ennuie
- Les intrigues politiques vous dérangent

Présentation de l'éditeur :

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

Mon avis

Avant de parler du contenu, je veux parler du livre. Comme je le disais dans l'introduction de l'article, ma grand-mère m'a donc offert une superbe édition de Gagner la Guerre. Le truc que je mets en valeur dans ma bibliothèque et qui l'a met en valeur tellement elle est belle cette édition. Je n'ai appris qu'après avoir ouvert le livre que l'édition ne comptais que 2000 exemplaires et qu'elle ne serait tirée qu'une seule fois. C'est un livre beau. Mais très beau. Blanc, avec sa tranche vermillon, son titre embossé, son illustration qui ressort vraiment et son petit signet blanc, c'est vraiment l'objet de collection. Et que dire de l'intérieur ? C'est tout aussi beau. Les pages sont agréables (quoique peut-être un peu trop blanche), épaisse, à la police agréable. D'ailleurs, pour mieux s'en rendre compte, voici le lien vers la page du livre sur le site des Moutons Electriques.

A présent passons à l'histoire. Nous suivons Don Benvenuto Gesufal, assassin et membre de la Guilde des Chuchoteur après la bataille qui donna la victoire à l'armée de Cuidalia sur Ressine. Notre ami est mandaté par son patron, le Podestat Ducatore pour conclure quelques accords secret avant les accords plus officiels. Et cela n'est que le début de ce qui sera fait dans le secret (ou non) par les vainqueurs pour se partager le gâteau. Autant dire que pour moi, grande amatrice d'intrgues, ce roman est un vrai petit bijoux à lire.

Et pas seulement pour les intrigues d'ailleurs. Le personnage de Benvenuto dont nous lisons les mémoires, est un sacré bonhomme. L'homme n'est absolument pas blanc, c'est un assassin, un brigand, un manipulateur et même nous, lecteur, il nous manipule. Pourtant, on en vient à pas mal l'apprécié, faut dire qu'il a tout de même un certain panache et qu'on en vient à s'attacher à lui. Surtout qu'il ne nous cache pas grand chose de son état physique, ainsi dès le départ, il nous fait par de son mal de mer ou de ce que lui font ses blessures. Il garde par devers lui beaucoup d'autres choses, surement bien plus importante que nous viendrons à découvrir de nous même. Quant aux autres personnages, même si c'est lui qui nous les décrit, et pas forcément sous leur meilleur jour, ils sont tout aussi intéressants et plein de mystère. Mais là aussi, je soupçonne Benvenuto de ne pas nous en dire assez... Tout comme il ne nous raconte pas tout de Ciudalia.

La ville est elle-même un personnage du roman. Ciudalia ressemble à une ville italienne, et les descriptions que notre héros nous en fait sont justes magnifiques. J'ai même eu parfois l'impression d'y voir ma propre ville (un port dont la moitié si ce n'est plus des habitants ont des origines italiennes...) tellement l'ambiance portuaire et maritime y est parfaitement retranscris. La ville est importante dans le récit, c'est pour elle que tout est fait, que se soit de la part de Benvenuto ou de son patron et de ses ennemies. Elle tient un peu office de la maitresse à qui l'on offre ce qu'il y a de mieux, pour qui ont ferait toutes les concessions possibles.

Et tout cela, les personnages, les intrigues, les aventures, la ville sont écrit d'une manière des plus plaisantes par monsieur Jarowski. Il nous fait entrer dans l'univers de son héros sans fioriture, écrivant comme parlerait Benvenuto, ni trop recherché ni en même temps trop "populaire". Comme je le disais, ses descriptions sont vivantes, plaisantes à lire, les combats sont âpres et parfaitement "documentés" (oui, nous avons droit au sang et aux tripes, mais aussi à des descriptions des coups plutôt pas mal et très imagés). Sans parler de l'intrigue et des intrigues qui m'ont fait prendre quelques mauvaises pistes, même si à la longue le Benvenuto, on commence à le connaitre (ce qui n'est pas le cas des autres personnages qui nous reservent pas mal de surprise).

Au final, je n'est qu'une chose à dire, ce Gagner la Guerre a été un énorme mais alors énorme coup de cœur. J'y ai trouvé tout ce que j'apprécie dans un livre, de l'action, de l'humour, des intrigues, une ville magnifique et une histoire complexe qui ne laisse pas indifférent.

lundi 25 mars 2013

Steampunk ! Etienne Barillier

Me voilà revenue de vacances. J'ai plusieurs avis à écrire, ayant pu lire un peu plus que d'habitude et surtout n'ayant pu les écrire pendant mon séjour à la montagne. Nous commençons donc par Steampunk !

Steampunk ! Etienne Barillier

Editeur : Les Moutons Electriques
Collection : La bibliothèque des Miroirs
Année de parution : 2010
Nombre de pages : 356

A lire si :
- Vous voulez en apprendre plus sur le steampunk
- Vous n'avez pas peur de voir votre Wishlist s'aggrandir

A ne pas lire si 
- Vous n'aimez pas les essais

Présentation de l'éditeur

Des premiers textes explorant le XIXe jusqu’à la naissance du steampunk ; de l’éclosion du steampunk francophone aux adaptations cinématographiques et à la bande dessinée ; des jeux vidéo à l’apparition d’une culture steampunk ; ce panorama suit pas à pas la naissance d’un genre riche et complexe, aux couleurs d’un rêve empli de boulons et de vapeur.
Après les Nombreuses vies de Fantômas, dans la « Bibliothèque rouge », Étienne Barillier plonge dans l’exploration d’une esthétique baroque et démesurée, partie de la littérature pour contaminer l’imaginaire populaire dans son entier. Avec le témoignage de 8 écrivains et des oeuvres de 15 artistes contemporains.

Mon avis

Il n'est jamais très simple de donner un avis sur un tel livre. Steampunk ! retrace l'histoire du mouvement, que se soit littérairement, cinématographiquement ou même au quotidien. C'est aussi un formidable "augmenteur" de PAL.

Avant de parler du contenu du livre, je vais vous parler du contenant. Steampunk ! est un très beau livre au format carré (ce qui déjà est assez rare). La couverture est magnifique tout comme les premières images que nous avons en ouvrant le livre (photos des membres du groupes Abney Park). Le livre est très illustré, de photo de couverture de roman, de BD, d'affiche de film, d'objet Steampunk... C'est vraiment un plaisir de le feuilleter, surtout que les pages ont un toucher vraiment agréable.

Passons maintenant au contenu. Steampunk ! commence par le tout début, à savoir Jules Verne et Co, puis on passe rapidement à tout ce qui est littérature steampunk, qui comme on va l'apprendre, commence comme un jeu entre auteurs américains et puis que l'amérique a fini par laisser la place à l'Europe pour continuer ce courant. Ensuite, on parlera cinéma, BD, esthétisme... La partie littérature est la plus importante d'ailleurs. J'ai apprécié aussi que l'auteur nous fasse découvrir à la fois ce qui se fait en Amérique, qu'en Europe ou au Japon, afin d'avoir une vision globale du mouvement.

J'ai personnellement beaucoup aimé découvrir les débuts du steampunk, plus que le reste du livre. L'évolution est interessante mais finalement, cela se répette. En plus, l'auteur parle énormement du Rétro-Futurisme, un mouvement très proche du Steampunk et finalement, je ne savais plus trop si je lisais Steampunk ! ou Rétro-Futur ! (il existe d'ailleurs un livre dessus dans cette collection). J'ai trouvé ce point un peu dommage, bien que très passionnant.

En conclusion de cette petite chronique, j'ai beaucoup aimé me plonger dans le livre, vraiment. J'en ai appris un peu plus sur le mouvement. En plus de ça, c'est un très bel objet.