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mardi 10 juillet 2018

Mythologie Viking, Neil Gaiman

Si je fus incollable sur les mythologies grecques, romaine (oui bon, à part les noms, c'est quasi les mêmes) ou égyptiennes, je ne me suis jamais réellement penché sur les mythes nordiques. Je les connais, je connais les principaux dieux mais pas forcément leurs histoires. Alors quand monsieur Gaiman propose de les faire découvrir, je dis pas non.

Mythologie Viking, Neil Gaiman

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2018
Titre en VO : Norse mythology
Année de parution en VO : 2017
Nombre de pages : 288

A lire si :
- Vous voulez une première approche de la mythologie viking
- Vous appréciez les talents de conteurs de Neil Gaiman

A ne pas lire si :
- Vous voulez du Gaiman pur et dur
- Vous pensez que les dieux nordiques sont comme dans les Marvels

Présentation de l'éditeur :

L’univers de Neil Gaiman est nourri par les légendes nordiques. Il revient à ses sources et nous raconte enfin la grande saga des dieux scandinaves qui l’ont inspiré pour son chef d’oeuvre American Gods. De la genèse des neuf mondes au crépuscule des dieux et l’ère des hommes, ils reprennent vie : Odin, le plus puissant des dieux, sage, courageux et rusé ; Thor, son fils, incroyablement fort mais tumultueux ; Loki fils d’un géant et frère d’Odin, escroc et manipulateur inégalable… Fières, impulsives et passionnées, ces divinités mythiques nous livrent enfin ici leur passionnante – et très humaine – histoire

Mon avis

Comme je le disais, plus jeune, je me suis penchée sur un certain nombre de mythologie, disons les plus proches de chez nous, la gréco-romaine (plus particulièrement la branche grecque pour tous dire) et l'égyptienne (période je veux, j'exige ma croisière au bord du Nil en relisant les Ramses de Jacq)(j'avais une douzaine d'année donc environ)(et si je n'exige plus, je rêve tout de même encore de faire cette croisière)(mais ce n'est pas le sujet). Je me suis vaguement penché sur les celtes peu après et puis plus rien. Les dieux, les mythes, tout ça, à vrai dire j'en avais peut-être un peu assez. Ça a duré un petit moment comme ça et puis, on n'oublie pas vraiment ces premiers amours, je me suis replongée un peu dans tout ça. C'est à ce moment que je me suis dis qu'il me manquait une "grande" mythologie européenne à mon arc, celle des vikings, des gens du nord. Je connais un peu, mais pas trop. Ca tombe donc bien. Et pour commencer cet apprentissage, rien de mieux que de la vulgarisation (plus longue introduction à un livre que j'ai écrite là).

Gaiman n'est pas un novice dans la mythologie nordique. Il s'en est déjà inspiré pour American Gods par exemple ou encore il me semble pour Sandman (qu'il faut réellement que je lise)(des années que je me dis ça et toujours pas sauter le pas). De plus, le monsieur apprécie la série Thor de Marvel, celle-là même qui lui a fait connaitre les dieux vikings. Il avoue dans la préface avoir lu les Eddas. Cela fait de lui non pas forcément un spécialiste mais un homme qui sait tout de même de quoi il parle et cela est appréciable. Tout comme est appréciable le fait qu'il aime ce qu'il raconte. Il a décidé de ne pas tout raconter mais de ce que "contenter" des histoires majeures. En 288 pages sur l'édition de poche, il va de la naissance des dieux à Rakgnarok et on ne s'ennuie pas une seconde.

Pour ce livre (je ne dirais pas roman, ce n'en est pas vraiment un), Gaiman oublie un peu son propre style. Il devient conteur, mais un conteur assez neutre, je dirais. Il perd un peu de sa patte si spéciale pour que le lecteur ne retienne finalement que les histoires des Ases (les dieux nordiques donc). Ce n'est pas réellement un problème. Disons que du coup, pour ceux qui veulent du pur Gaiman, il y aura un peu de déception. Pourtant, malgré cette neutralité, on arrive à retrouver l'auteur dans certains passages. Et puis, je ne le dirais jamais assez, Neil Gaiman est un véritable conteur d'histoire, il passe parfaitement bien en Skald (poète nordique).

Si le style Gaiman est là sans l'être, les histoires de cette mythologie viking sont des plus sympathiques à lire, surtout qu'elles sont assez différentes au final des autres mythologies. Ici, pas de héros humains, nous restons entre Dieux, plus particulièrement entre Ases (il existe deux races de dieux, les Ases et les Vanes). On découvre Odin, Thor, Loki et les autres grâce à leur aventures. Des aventures choisies avec soin dans toutes celles connues de nos jours puisque petit à petit, elles vont nous permettre de comprendre comment arrive Ragnarok, l'apocalypse viking. On découvre alors des dieux pas forcément très malin (Thor est un crétin en puissance la plupart du temps), sages mais pouvant se montrer cruel (hello Odin) ou encore malin, vicieux mais pas si mauvais que ça (Loki est sûrement, toutes mythologies confondues, le dieu le plus complexe et intéressant que j'ai rencontré). Ne manque que les déesses, pas assez représentées pour moi (on ne voit Sif que lorsqu'elle perd ses cheveux, Freya lorsqu'un Géant veut l'épouser (deux fois en plus de ça), ou Frigg pour sauver son fils (ce qu'elle n'arrive pas à faire)). Tout cela est fort bien écrit, avec une touche d'humour appréciable quand il y en a besoin (c'est là qu'on retrouve la patte Gaiman en fait).

Au final, cette mythologie Viking est un bon point de départ pour qui veut en découvrir un peu sur ce panthéon-là. Ce n'est bien sur pas l'Edda mais on en apprend déjà pas mal (la création des mondes, la naissance des dieux et des hommes aussi, le Ragnarok). J'avoue que j'en aurais forcément voulu un peu plus, mais c'est déjà une bonne chose. Après, ce n'est pas tout à fait du Gaiman, ce qui pourrait en déranger certains. Personnellement, j'ai apprécié qu'il écrive sur ce panthéon, ça m'a permis de m'y plonger de manière peut-être un peu plus amusante que l'Edda (ok, j'ai prévu de lire l'Edda mais je voulais effectivement passer par du plus moderne avant)

lundi 23 octobre 2017

Fées, Sorcières, Diablesses, Collectif

En cette période de presque Halloween, me voilà qui lit des histoires de sorcières. Tout à fait normal me direz-vous. La période y est tellement propice. C'est donc avec ce recueil que je commence mes lectures qui font peur (ou pas en fait). Et j'aurais peut-être du mieux choisir...

Fées, Sorcières, Diablesses, Collectif

Editeur : Librio
Collection : 2€ littérature
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 125

A lire si :
- Vous voulez des nouvelles fantastiques
- Vous voulez du plutôt soft
- Vous voulez du féérique

A ne pas lire si :
- vous voulez de la sorcière bien sorcière
- Vous aimez lorsque le titre ne ment pas

Présentation de l'éditeur :

Elles se sont éveillées à l'origine du monde, elles
ont inquiété les esprits pendant des siècles, elles
fascinent encore aujourd'hui. Issues d'un imaginaire immémorial - ou peut-être de la réalité -, elles sont entrées en littérature, muses privilégiées de tant d'écrivains. Faisant fi de la raison, balayant d'un seul geste les certitudes les plus inébranlables,
fées, sorcières et diablesses troublent nos paisibles existences depuis la nuit des temps. Elles se mêlent volontiers de notre quotidien, élisent domicile dans nos placards, séduisent par mille ruses... Ces Dames nous enchantent et nous terrorisent tour à tour. De Homère à Bradbury en passant par Clark Ashton Smith, Achim von Arnim, Pierre Gripari, Fredric Brown, George Sand, Robert Bloch, Virginie Greiner, Olivier Ka et les contes de notre enfance, Barbara Sadoul nous entraîne dans ce monde étrange et inquiétant, pour notre plus grand plaisir.

Mon avis

Lorsque j'ai croisé ce petit livre à la librairie, je me suis dis qu'il devait être fait pour moi et surtout pour la saison. Les anthologie sur les sorcières, fées et diablesses ne sont pas si monnaie courante que cela et je suis toujours ravie d'en trouver une. Donc, je l'ai prise et comme nous sommes en octobre et que les vacances de la Toussaint s'est maintenant (même si je ne suis pas en vacances moi...), je l'ai lu.

Cette anthologie comprend treize nouvelles, contes ou extrait d'ouvrage et va de la mythologie grecque (extrait de l'Odysée avec Circée) à nos jours. De quoi avoir de bien beaux textes sur les femmes, les fées, les sorcières et les diablesses. J'étais donc ultra confiante, surtout qu'on retrouve le conte de la Belle et la Bête, une nouvelles de Georges Sand et du Pierre Gripari. Et puis la préface a commencé à m'annoncer qu'on lira plus sur les fées que sur les sorcières. Et pas un mot sur les diablesses. Pas un mot non plus sur le fait que ces représentations des femmes n'avaient rien à voir avec le mysticsme et autres mais bien avec une représentation du féminin avec une grande touche de féminisme. Peut-être aurait-il fallu plus de quatre femmes autrices pour cet anthologie pour le voir ?

Oui, parce que c'est là que le bat blesse pour moi. Trop de fées, sorcières et autres vus par des hommes. Et donc trop de personnages fantasmées, finalement loin de ce que j'aurais aimé trouvé. Car si j'ai ris avec la Sorcière du Placard aux Balais de Gripardi, si j'ai apprécié Un bonbon pour une bonne fille de Bloch (pourtant fort prévisible), je suis souvent tombé sur des nouvelles trop prévisible, trop masculine, trop fantasmées, passablement ennuyeuse aussi. J'ai eu du mal à lire la plupart d'entre elles, mêmes les plus courtes. Et malheureusement, ce n'était pas forcément à cause des styles des auteurs. Réellement, le côté fantasmée de la fées (oui, j'oublie la sorcière et la diablesse parce qu'on vraiment nous les cherchons), le côté trop gentille, mignons et parfois un peu cruelle mais pas trop tout de même, ne m'a pas plu. Et je ne parle même pas du fait qu'à part une nouvelle, aucune ne soit réellement angoissante.

Alors même si j'ai bien été contente de relire la Belle et la Bête, du Georges Sand ou encore Pierre Gripari, la plupart des nouvelles et contes m'ont déçu. Je crois que je commence à en demander un peu trop sur l'image de la sorcière/fée. Disons que je cherche des textes avec une autre vision, plus féministe, ou tout simplement moins archéotypés "contes et légendes".

Au final, c'est une anthologie qui m'aura carrément laissé sur ma faim. Elle n'est pas mauvaise, juste qu'elle ne correspond pas à ce que je cherchais. De plus, je trouve que les textes choisis trop enfantins finalement.

vendredi 20 novembre 2015

Quatre coeurs imparfait, Véronique Ovaldé et Véronique Dorey

J’enchaîne un peu les chroniques en ce moment, il faut dire que lire m’apaise beaucoup et que j'en ai bien besoin. Ce petit livre m'a fait de l’œil dès que je l'ai vu sur l'étagère de la librairie. Après l'avoir feuilleté, je me suis empressé de le prendre, tant j'ai trouvé belles les illustrations.

Quatre cœurs imparfait, Véronique Ovaldé et Véronique Dorey

Éditeur : Thierry Magnier
Collection : Adulte Littérature
Année de parution : 2015
Nombre de pages : 56

A lire si
- Vous voulez un conte un peu gothique, un peu cruel
- Vous aimez les illustrations un poil dérangeante
- Vous voulez une lecture rapide

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose de développer

Présentation de l'éditeur :

Rosa Luisa avait eu trois sœurs. La plus jeune était folle, la deuxième était pute, la troisième était morte.

Mon avis

J'ai été attirée par la couverture de ce petit livre. Je crois même que si je n'avais pas pu le feuilleter pour voir l'intérieur, je l'aurais tout de même pris rien que pour elle. Il faut dire que cette illustration de Véronique Dorey a de quoi attirer l'attention, même si elle peut ne pas plaire. La quatrième de couverture, assez mystérieuse au final, aussi m'a plut. Elle laisse aller à l'imagination, sans finalement donner d'indication. J'ai donc plongé dans ce court texte (56 pages, dont une bonne partie sont des illustrations).

Véronique Ovaldé nous conte l'histoire de quatre sœurs à travers ce que peut en voir une petite fille, (fille de la sœur morte). Rosa Luisa est une vieille fille, toujours vierge, Mercedes est devenue prostituée, Pépina est déficiente mentale depuis la naissance quand à la dernière Maria Christina, elle est morte le jour de la naissance de sa fille.

Nous allons faire leur connaissance à toutes les trois, petit à petit. D'abord Maria Christina, la morte, puisqu'elle est la mère de la narratrice. Pepina, la folle, dans son asile, coupée du monde, qui vit dans son univers. Ensuite, nous découvrons à peine Mercedes, la pute, en passant devant les bordels de la ville. Et plus longuement nous nous attarderons sur Rosa Luisa et son amour de jeunesse pour finalement revenir vers Mercedes. 

Véronique Olvadé a pris le parti de transformer tout cela en un conte gothique. Elle nous parle ainsi des personnalités de la femme, celle qu'elle peut prendre finalement au cours d'une vie entière. Les quatre sœurs n'en forment finalement qu'une seule. C'est un portrait du féminin qui se dresse devant nous, un portait légèrement au formol et déformée par la vision de sa narratrice, une jeune enfant. Le tout est très poétique, avec parfois, quelques instants amusant (les parenthèses dans le récit le sont souvent), une vision qui n'est finalement pas qu'enfantine.

Le tout est parfaitement illustré par Véronique Dorey et ses crayonnées. Il y a dans ces illustrations quelque chose de dérangeant, les grosses têtes, les éléments gothique et macabres, un peu dans le style de Mark Ryden ou celui de Benjamin Lacombe. Il s'inspire aussi de l'amérique latine, celle dans laquelle se situe l'histoire. On passe sont temps à observer toutes les illustrations, traquer le petit détail. Forcément, elles ne peuvent pas plaire à tout le monde mais moi, elles me parlent, m'interpellent, finalement plus que l'histoire elle-même.  Elles me donnent envie d'en voir plus de leur auteure (Véronique Dorey, alias Ruby, est plus connue pour son travail de coloriste BD il me semble).

Au final, ce conte se lit très vite et pourtant, on passe beaucoup de temps dessus. Il me fait penser à tous ces contes gothiques que j'ai pu lire déjà mais avec une touche féminine qui lui va parfaitement. Je ne connaissais ni l'auteure ni l'illustratrice et j'ai bien envie d'en découvrir plus sur les deux.


samedi 14 novembre 2015

La Belle et le Fuseau, Neil Gaiman et Chris Riddell

Avant de parler du livre qui nous intéresse aujourd'hui, une pensée immense pour Paris, les victimes, leurs familles. J'ai été dans un état d'apathie complète aujourd'hui, incapable de faire quoi que se soit, si ce n'est m'occupé de ma fille. Vendredi a été terrible, le réveil ce matin encore plus. Mais la vie continue et pour nos jeunes, nos enfants, nous devons continuer. Les terroristes veulent nous mettre à terre, continuons à vivre pour leur montrer qu'ils ont tord. Nous sommes vivants, battons-nous avec nos armes à nous. Sans violence, mais avec amour. Montrons leur que nous sommes forts, que nous ne nous laisserons pas faire.


Après cet aparté nécessaire, passons au livre.

La Belle et le Fuseau, Neil Gaiman et Chris Riddell

(la couverture de Bloomsbury étant la même que celle d'Albin Michel, j'ai mis celle en anglais)

Editeur : Albin Michel
Collection : /
Année de parution : 2015
Titre en VO : The Sleeper and the Spindle
Année de parution en VO : 2014
Nombre de pages : 69

A lire si :
- Vous voulez un mélange de plusieurs contes
- Vous voulez de belles illustrations
- Vous voulez des reines qui ne se laissent pas faire et des princesses qui n'ont pas besoin de princes pour être sauvées.

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose des très classiques

Présentation de l'éditeur :

À la veille de son mariage, une jeune reine décide de quitter son palais pour aller délivrer une princesse prisonnière d’un sortilège de sommeil. Elle laisse sa robe de mariée, revêt sa cotte de maille, se pare de son épée et enfourche son cheval. Entourée des nains qui l’accompagnent et la protègent, la reine traverse un tunnel sous la montagne et avance vers le royaume endormi. Bientôt, un château apparaît dans le lointain. Ses murs sont recouverts de ronces et de toiles d’araignées et, dans le donjon, repose la princesse aux lèvres rouges comme les roses. Mais qui sait, peut-être que dans ce conte-là, la princesse n’est pas celle qu’on croit, et qu’une reine donnera un baiser à une belle endormie…

Mon avis

Neil Gaiman a déjà prouvé qu'il savait écrire des contes, que se soit pour enfant ou adulte. Cette fois, il s'attaque surtout à deux contes bien connus pour en créer un nouveau et bouleversé un peu ce que l'on connait de ceux-ci. Tout commence avec une princesse victime d'un sort qui l'a plonge dans le sommeil. Quelques quatre vingt ans plus tard, le sort s'étend de manière dangereuse vers le royaume voisin. La reine de celui-ci va tout faire pour réveiller l'endormie et sauver les deux royaumes par la même occasion. 

On commence l'histoire en sorte de pays conquis. Nous connaissons les contes, celui de la Belle aux bois Dormant, celui de Blanche Neige aussi. Du coup, nous entrons rapidement dans l'histoire, connaissant presque ce qu'il va se passer. Presque, c'est le mot. Parce que Neil Gaiman va tout mettre sans dessous dessus. Blanche Neige va partir sauver les deux royaumes en réveillant une Belle aux bois dormant qui n'est pas celle que l'on penser. Il nous offre un conte que l'on pourrait nommer féministe. Parce qu'ici, point de prince, point de guerre ou de mort non plus. La reine se bat avec ses armes, la détermination, les souvenirs de ses propres mésaventures et les leçons qu'elle en a tiré. Elle use aussi de ce qui la fait femme, la douceur, l'intuition. Elle a beau porté armure et épée, elle n'en a pas besoin. Il nous offre une autre vision du conte, avec une sorcière qui cache bien son jeu (chose rare dans les contes) et qui n'est finalement pas celle que l'on croit. Oui, dans la Belle et le Fuseau, les apparences sont trompeuses, très, et c'est cela qui fait le piquant du conte.

Le tout est parfaitement illustré par Chris Riddell. Dessinés en noir et blanc avec une pointe de doré par endroit, les illustrations sont vraiment très belles. Elles sont vraiment très agréables à regarder, dans un style un peu gothique et surtout avec des détails un peu partout. Sans les illustrations, je pense que le conte peut perdre un peu de sa saveur si particulière (bien qu'il existe dans l'un des recueils Gaiman, il me semble, sans elles).

Au final, c'est un conte qui se lit très bien, qui nous montre une autre manière de faire les choses. Il montre que l'on peut être femme et forte, mais surtout qu'elles peuvent prendre les décisions par elle-même (ce que la plupart des contes classiques réprouvent, dut à l'époque, dût aux moeurs d'alors). C'est un joli conte, très joliment illustré et avec un message qui diffère vraiment de ceux qu'on aurait pu lire jusqu'à maintenant.

vendredi 7 mars 2014

Peter Pan, Mattew James Barry

Voilà un petit moment que je n'avais pas lu de classique Jeunesse. Peter Pan a toujours été un livre que je voulais lire mais que bon, si je ne le trouvais pas, ce n'était pas grave. Je suis tombée dessus par hasard chez ma libraire (en même temps que plein d'autres livres de ma wishlist, mais fallait bien faire des choix). J'en ai profité pour découvrir le vrai Peter et non celui de Disney.

Peter Pan, Mattew James Barry

Editeur : Librio
Collection : Imaginaire
Année de parution : 2009 pour mon édition
Titre en VO : Peter and Wendy
Année de parution en Vo : 1911
Nombre de pages : 140

A lire si :
- Vous voulez la vraie version de Peter Pan, et pas celle revue et corrigée par Disney
- Vous voulez retomber en enfance

A ne pas lire si :
- Vous voulez garder une bonne image de Peter Pan

Présentation de l'éditeur :

Peter Pan enlève Wendy et ses frères. Il les conduit au Pays Imaginaire où il règne en maître sur les enfants abandonnés. La lutte contre le Capitaine Crochet est sans merci. La jalousie de la fée Clochette est sans pitié pour Wendy... Et le dévouement de Wendy pour les enfants sans mère est sans limite.

Mon avis :

De Peter Pan, je ne connaissais jusque là que l'adaptation de Disney et le film Hook de Spielberg (où Peter a grandit, l'hérésie totale par rapport au personnage). Bref, autant dire que finalement, je ne connaissais que des version édulcorées du conte originel. Il faut bien avouer que si Disney a repris une bonne partie du conte, il a aussi enlevé ce qui en fait l'essence véritable. Disney a préféré joué sur le fait de ne pas grandir, plutôt que sur "la nature" des enfants. Sans parler de Hook qui comme je le disais à fait pire, à savoir grandir Peter (et pourtant, j'aime beaucoup le film en lui-même). Mais passons donc au livre.

La première chose qui m'a étonné reste la narration du livre. Déjà parce que le narrateur nous prend régulièrement à partie. Chose pour le moins appréciable, surtout lorsqu'on est un enfant, que de vivre aussi le livre de cette manière. Mais cette narration est aussi un peu décousue, passant d'un point à l'autre de l'histoire sans réellement transition parfois. Du coup, j'ai la nette impression qu'il est plus sympa de le lire par à coup, style un chapitre par jour que le lire d'un coup, comme j'ai pu le faire.

Une autre chose étonnante, mais je pense que cela est du au fait que je sois une adulte, c'est que j'ai été incapable de m'attacher à un seul personnage. Peter m'a paru antipathique, Wendy complétement effacée sans parler de ses frères, John et Mickaël qui font juste acte de présence. Quant aux autres, nous n'avons pas le temps de vraiment nous y attacher, n'étant là que pour jouer les faire valoir à Peter. Même Crochet, pourtant un personnage que j'aime beaucoup normalement, m'a paru bien en deçà de ce que je pouvais imaginer de lui. Je pense que malheureusement ma vision Disney m'a un peu trompé.

Pourtant, il faut dire qu'en lui-même, le personnage de Peter est des plus intéressants. Le fait qu'il ne veuille pas grandir nous révèle une peur de la mort mais aussi celle de l'autorité (l'un des principaux syndromes du Syndrome de Peter Pan d'ailleurs). On découvre aussi un garçon pour qui les émotions se vivent jusqu'à l’extrême, quelqu'un de colérique, orgueilleux, très "petit chef", mais en même temps, il peut se montrer courageux, fort, chevaleresque même. Bref, un véritable enfant. Et cela est valable pour tous les enfants de Neverland. Quant aux adultes, ils sont dépeints comme fourbes, violents, sauf les Darlings, qui semblent faire office d"'adultes responsables". La seule personne ne rentrant pas vraiment en compte dans ce schéma reste Wendy, désireuse de grandir et devenue la maman des garçons perdus. D'ailleurs, le dernier chapitre nous montre bien tout cela (il faut par contre savoir qu'il fut ajouté quelques années plus tard par l'auteur).

Au final, le petit conte de Sir Barry est bien plus interessant que ce que j'aurais pensé avec ma seule vision du dessin animé. Il est fort plaisant à lire, que se soit pour un enfant ou pour un adulte (et encore plus pour les deux en même temps). 

mardi 2 avril 2013

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu

En pleine lecture d'Illuvendan, j'ai reçu ma dernière commande amazon. Dedans, il y avait ce petit livre de Mathias Malzieu. Je n'ai pas pu résister bien longtemps à le lire. Il faut dire que les livres de Malzieu son très courts et se lisent bien vite.

Maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi, Mathias Malzieu

Editeur : J'ai lu
Collection : Nouvelle Génération
Année de parution : 2005
nombre de pages : 169

A lire si :
- Vous aimez la plume poétique de Malzieu
- Vous aimez les contes pour adultes

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de tristesse

Présentation de l'éditeur

" Comment on va faire maintenant qu'il fait tout le temps nuit sur toi ? Qu'est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu'est-ce qui se passe pour toi là ? Du rien? Du vide ? De la nuit, des choses de ciel, du réconfort ? " Mathias, une trentaine d'années mais une âme d'enfant, vient de perdre sa mère. Sans le géant qu'il rencontre sur le parking de l'hôpital, que serait-il devenu ? Giant Jack, 4,50 m, " docteur en ombrologie ", soigne les gens atteints de deuil. Il donne à son protégé une ombre, des livres, la capacité de vivre encore et rêver malgré la douleur... Il le fera grandir.

Mon avis

Comme toujours quand je lis un livre de Mathias Malzieu, je suis emportée dans son histoire, incapable de lâcher le livre. Il faut dire que Malzieu a cette manière tellement particulière de poser ses mots, de nous faire vivre son histoire qu'il est dur de la laisser tomber en plein milieu.

L'histoire de Maintenant... n'est pas joyeuse, comme la plupart des histoires de Malzieu. La mère du narrateur (en fait la mère de l'auteur) est décédée, la nuit est tombée sur elle pour toujours. Mathias n'arrive pas à s'y faire (quoi de plus normal). Alors qu'il est sur le parking de l’hôpital, Giant Jack vient à lui. Il est docteur en ombrologie et souhaite l'aider à passer le deuil. Pour cela, il lui offre une part de son ombre.

Malzieu nous parle donc du deuil, avec ses mots qui chantent, sa sensibilité à fleur de peau. On sent vraiment le vécu là dedans et pourtant, malgré le thème il ne tombe pas dans le pathos. Loin de là en fait. L'histoire a beau être triste, on se laisse importer par l'émotion, mais aussi par l'espoir qui en jaillit (principalement vers la fin). C'est avec l'écriture de l'auteur le grand point fort de ce petit livre.

C'est amusant, je donne toujours des avis très courts sur les romans de Malzieu alors que je les adore. Mais il faut dire que j'ai toujours du mal à parler de ses livres tant il me touche.