lundi 15 septembre 2014

Armageddon Rag, G.R.R. Martin

GRR Martin n'a pas écrit que le Trone de Fer. Je crois qu'on l'oublie un peu. C'est pourtant un auteur prolifique ayant écrit un peu de tout, dont cet Armaggedon Rag qui prend racine dans le rock.

Armageddon Rag, G.R.R. Martin

Editeur : Folio
Collection : SF
Année de parution : 2014
Titre en VO : The Armageddon Rag
Année de parution en VO : 1983
Nombre de pages : 608

A lire si :
- Vous aimez le rock
- Vous voulez une histoire occulte
- Vous voulez retrouver l'ambiance 70/80 

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup de fantastique
- Vous voulez un déroulement de l'histoire ressemblant à ce que l'auteur a pu faire sur le Trône de fer.

Présentation de l'éditeur : 

Jamie Lynch, l’imprésario d’un des plus grands groupes de rock des années soixante, les Nazgûl, est retrouvé ligoté à son bureau et le cœur arraché. Un meurtre qui en fait remonter un autre à la surface : celui du chanteur du groupe, abattu en plein concert, en 1971. Deux crimes non élucidés distants d’une dizaine d’années. Une énigme. Parce que son quatrième roman est au point mort, parce qu’il a suivi l’affaire Charles Manson en tant que journaliste, parce qu’il est fasciné par l’histoire et la musique des Nazgûl, l’écrivain Sander Blair décide de mener sa propre enquête et d’en tirer un livre, son De sang-froid. Mais Sander va rapidement se rendre compte que, malgré les apparences, le meurtre de Jamie Lynch n’est pas une nouvelle affaire Sharon Tate. C’est bien plus compliqué. Et bien pire.
Thriller fantastique hanté par des visions d’apocalypse, fascinante plongée dans l’Amérique de l’après-guerre du Viêt Nam sur laquelle plane le fantôme de l’âge d’or du rock, Armageddon Rag est une des réussites majeures de George R. R. Martin...

Mon avis :

Depuis que je suis en attende de l'intégrale 5 du Trone de Fer (sortira-t-elle un jour ?),  je me dis que lire le reste de la production de Martin est une bonne idée. J'ai commencé par le Chevalier Errant, puisqu'il était dans le même univers que la saga et je continue avec Armageddon Rag qui m'éloigne enfin de Westeros. Et qui montre que l'auteur sait très bien faire autre chose que de la grosse fantasy qui tache.

GRR Martin va donc utiliser le rock comme prétexte à un livre que je dirais thriller-fantastique, empreint de nostalgie et de rêves oubliés. Il va entrainer son héros dans un road trip durant la première partie du livre à la recherche de réponse au meurtre de Jamie Lynch mais aussi de réponse sur ce qu'est devenue sa vie. Parce qu'en dix ans, il lui est arrivé certaines choses qui ont fait que petit à petit, il s'est éloigné de ses idéaux de jeunesse. Alors, pendant qu'il court après les membres restant des Nazguls, il va aussi revoir les membres de son groupe d'amis des 60's. 

C'est vraiment sur cette première partie, qui couvre environ la moitié du livre qu'on va ressentir la nostalgie d'une époque que je n'ai pas connu, celle des 60's, du mouvement hippy/contestataire. L'auteur nous plonge dedans à coup de flashback bien mené (ça devenait rare dans mes lectures ça) et surtout de "bilan" de cette époque et de ce qu'il a pu se passer ensuite. Ainsi, certains amis de Sandy sont restés ancrés dans ces années-là bien que cela ne fonctionne pas vraiment dix ans plus tard, d'autres ont carrément retourné leur veste, devenant ce qu'ils détestaient jusque là. J'ai trouvé que du coup, on avait droit à une vraie palette de sentiments et surtout à une vision globalement non faussée des personnes ayant vécu ces années-là et surtout comment ils s'en sont sortis. 

La seconde partie est vraiment plus dédié au fantastique et à la musique, bien plus que la première. Elle garde pourtant le charme de la nostalgie de la première, y ajoutant juste un nouveau combat. Pourtant, j'avoue l'avoir trouvé un peu en deça du début, peut-être parce que l'apothéose que l'on attends depuis un moment arrive bien mais en même temsp, elle parait fade, surement à cause de la fin, trop "heureuse" pour le reste du livre.

Enfin, je parlerais musique, car comment ne pas parler d'Armageddon Rag sans parler musique. D'ailleurs, comment parler du mouvement hippy sans musique ? Chaque chapitre débute par une citation tirée d'un classique du rock de cette époque (cela peut être des Beatles, en passant les Doors ou encore Simon and Garfunkel) dont après lecture du chapitre en question, la légitimité et surtout le lien entre les deux ne fait aucun doute. Ainsi, lors de la lecture, on garde toutes les chansons en tête (même si comme moi, on était pas nés lors de leur sortie). De plus, les chansons des Nazguls, bien que n'existant pas, restent dans la tête, deviennent vivantes d'une certaine façon. 

Au final, je dois dire que j'ai beaucoup mais beaucoup aimé ce roman. Le mélange entre le thriller, le fantastique et la musique rock fonctionne parfaitement avec moi. De plus, l'écriture de Martin est bien plus abordable dans ce livre que dans sa grande saga. Bref, je le recommande à tous les amoureux des 60's mais aussi à ceux qui cherchent à comprendre cette époque bien étrange.

Merci pour ce moment, Valérie Trierweiler

Le livre de Valérie Trierweiler est arrivé sur mon bureau grâce à un collègue de travail. Je dois avouer que si on ne me l'avait pas prêter, je ne l'aurais pas lu. Pourtant, après avoir lu quelques passages pris au hasard, je me suis mise à le lire en entier.

Merci pour ce moment, Valérie Trierweiler

Editeur : Les Arènes
Collection :
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous avez vous aussi une dent contre Monsieur Hollande
- Vous voulez en savoir plus sur le rôle de la première dame
- Vous éprouvez de la sympathie pour l'auteure

A ne pas lire si ;
- Vous n'avez rien à faire des histoires de cœurs du président
- Vous voulez de la révélation choc

Présentation de l'éditeur :

Un jour, un amour violent a incendié ma vie. Il avait quatre enfants. J’en avais trois. Nous avons décidé de vivre ensemble. Mais la politique est une passion dévorante. Parti de très loin, François Hollande a été élu président de la République. J’ai été aspirée dans son sillage.
Le pouvoir est une épreuve pour celui qui l’exerce, mais aussi pour les siens. À l’Élysée, je me sentais souvent illégitime. La petite fille de la ZUP en première dame : il y avait quelque chose qui clochait.
J’ai appris l’infidélité du Président par la presse, comme chacun.
Les photos ont fait le tour du monde alors que j’étais à l’hôpital, sous tranquillisants. Et l’homme que j’aimais a rompu avec moi par un communiqué de dix-huit mots qu’il a dicté lui-même à l’AFP, comme s’il traitait une affaire d’État.
Tout ce que j’écris dans ce livre est vrai. Journaliste, je me sentais parfois à l’Élysée comme en reportage. Et j’ai trop souffert du mensonge pour en commettre à mon tour. 


Mon avis :

Je ne sais trop comment parler de ce livre. Je ne sais si je dois parler de son contenu, des personnes qui se trouvent dedans, faire un peu de politique (ce qui n'a jamais été le rôle de La Pile à Lire) ou simplement laisser cette lecture de côté et ne pas écrire dessus. Or, à l'ouverture du blog, je me suis promis de parler de toutes mes lectures. Alors, je crois que je vais parler de ce que j'ai pu ressentir en lisant le livre et de la manière dont je l'ai finalement abordé.

Parce qu'un livre comme celui-ci ne se lit pas comme un roman. Autant lire une autobiographie ou une biographie d'une personne morte depuis un moment ne me gêne pas, autant là, je lis quelque chose au cœur de l'actualité. Après tout, Valérie Trierweiler fut notre première dame et son ex compagnon est toujours notre chef d'état. Je n'ai pourtant pas voulu voir cet aspect là du livre. Parce que cela me gênait un peu. J'ai préféré les voir comme un PDG et son ex compagne, non comme ce qui fut le premier couple de France pendant quelques deux ans. De plus, cette vision-là peut être juste, Madame Trierweiler ne nous offrant pas vraiment de politique dans le livre, juste quelques bribes perdus dans son histoire et rien de bien croustillant. Ce qui n'est pas plus mal.

Ce n'est pas plus mal puisque Madame Trierweiler est une femme blessée, surement en colère et aigrie. Comme beaucoup de femme qui ont été trompée, il faut le reconnaitre. De part sa représentation médiatique, elle peut se permettre d'écrire un livre, là où les femmes "normales" se verraient rapidement mise en touche. Malheureusement, sa colère, sa rancœur, lui font aussi du tord. Elle parle beaucoup, elle regrette, elle dresse de l'homme qu'elle a aimé envers et contre tout un portrait fort peu flatteur. Et je me demande si cela est bien la réalité, ou si sa colère ne la pousse pas à exagérer. Elle n'est pas tendre avec François Hollande, qui semble ne pas l'avoir été non plus avec elle. Déjà qu'il n'avait pas une bonne image, je crois que là, il est carrément fichu.

Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de compassion pour V. Trierweiler. Peut-être parce que dans mon entourage proche, une femme, et pas n'importe laquelle pour moi a vécu une situation qui aurait pu être celle-ci. Une femme trompée, bafouée dont l'époux a cherché à revenir de multiples fois. Je n'ai par contre pas réussi à en avoir pour notre président, surement parce que de base, je ne l'aime pas vraiment. Mais je trouve aussi que l'auteure en fait bien trop et avec le buzz que le livre a fait à sa sortie, j'ai eu l'impression que ce n'était que cela, du buzz.

Et puis, je trouve que le livre souffre beaucoup de son écriture. Je m'attendais peut-être à mieux, à plus "journalistique" vu le métier de V. Trierweiler. J'ai trouvé l'écriture plate, fonctionnant trop à coup de flashback, me perdant régulièrement. Je trouve aussi que sortir ce livre-là, à ce moment-là, est étrange. L'auteure parle souvent de la notoriété et de la popularité de François Hollande, elle y faissait semble-t-il très attention. Alors est-ce la colère ou autres choses, mais là, le livre ne va pas aider le président à remonter dans les sondages. Et ce n'est qu'une contradiction parmi tant d'autres.

Au final, le livre peut être intéressant si l'on se penche plus sur le côté humain de l'affaire ou si on veut découvrir quelques fonctionnements de l'Elysée et encore. Après, oui, il se vend parce que les gens sont en mal de ragots et qu'ils pensent trouver de multiples secrets. Or, autant le dire, les phrases "chocs" sont toutes trouvables dans la presse. Bref, moi, j'ai assouvi ma curiosité. Je ne relirais surement pas le livre et ne le classerais pas dans les grands livres du moment. Je suis sure qu'il aura son petit succès mais qu'il ne restera pas dans les annales.

jeudi 4 septembre 2014

Steve Jobs, Celui qui rêvait le futur, Jason Quinn et Amit Tayal

J'ai offert cette bande dessinée à Chéri pour son anniversaire. Il aime beaucoup Steve Jobs et surtout Apple, c'était donc un cadeau parfait. Forcément, je n'ai pu m'empêcher de le lire. 

Steve Jobs, Celui qui rêvait le futur, Jason Quinn et Amit Tayal

Editeur : 21 g
Collection : Destins d'histoire
Année de parution : 2014
Nombre de pages : 107

A lire si :
- Vous voulez en découvrir plus sur le personnage
- Vous êtes un grand fan d'Apple
- Vous voulez une histoire romancée

A ne pas lire si :
- Vous voulez vraiment tout savoir sur monsieur Jobs
- Vous ne voulez pas d'un personnage vu d'une manière trop idéalisé

Présentation de l'éditeur : 

Personnage controversé, Steve Jobs a changé notre façon de travailler, de créer, de nous divertir et le monde dans lequel nous vivons. Enfant adopté, il a la chance de grandir dans la Silicon Valley, là où s'invente le futur depuis les années 60. Il y rencontre Steve Wozniak, un génie de l'électronique avec qui il invente le premier ordinateur personnel et crée Apple, une des entreprises les plus innovantes et profitables du monde. Viré d'Apple à 30 ans, c'est dans le cinéma, avec Pixar et Toy Story, qu'il va faire une seconde fois fortune avant de revenir aux commandes d'Apple et d'être la principale force créative derrière les services et les produits les plus révolutionnaires : iTunes, iStore, iPod, iPhone et iPad. De l'abandon à la révolte, du succès à l'échec et de nouveau au succès, du rejet de la société à sa transformation : la vie surprenante de celui qui rêvait le futur. 

Mon avis

Mon histoire avec Apple a commencé en même temps que celle avec mon mari. En grand fan de la marque à la pomme, il la faite entrée chez moi pour au final ne plus la faire sortir. Je ne suis pas une accro, mais j'avoue que j'aime beaucoup Apple. J'aime leur produit, je m'en sers quotidienne. Par contre, je ne connaissais pas du tout la vie de celui à qui je dois mon téléphone, mon ipad, mon ordinateur. Du coup, j'ai eu envie de lire cette bande dessinée, sachant parfaitement qu'elle ne refléterait surement jamais la vérité pure et dure.

Que l'on aime ou pas la marque Apple, je pense qu'elle a tout de même marqué les vingt dernières années, tout comme celui qui la représente, Steve Jobs. L'homme était charismatique lorsqu'il présentait les produits, il était un visionnaire pour beaucoup. Mais qu'en est-il vraiment ? cette BD hommage, et les auteurs ne se cachent pas sur cela, essaie de nous le montrer.

On découvre alors un homme vraiment complexe. Steve a eu une enfance plutôt compliqué. Enfant adopté (et le sachant parfaitement), mais aussi surdoué, il s'ennuie à l'école, n'a pas vraiment d'amis. Très tôt, il va croire en la magie du naturel, va devenir boudhiste et surtout va vouloir vivre ses rêves. Il est amusant de voir Steve Jobs en hippie, surtout que je ne l'imaginais pas du tout comme ça. 


La création d'Apple arrive rapidement et là, on va réellement découvrir l'homme derrière tout cela. Steve Jobs était un maniaque, un homme que je qualifierais d'insupportable, d'égocentrique, de gros con. Pourtant, c'était aussi l'homme qui réinventa notre quotidien, qu'on le veuille ou non. Beaucoup de progrès en matière d'ordinateur, de téléphone et autres viennent d'Apple et par là-même de lui. Pourtant, il se fera virer de la boite à cause de son sale caractère. Et là, j'ai découvert une autre facette de l'homme, celui qui a bossé chez Pixar. Chose que je ne savais pas du tout. Et là aussi, il va révolutionner l'industrie du cinéma, comme il a pu le faire avec celle des ordinateurs. Il va aussi se rendre compte qu'il n'y a pas qu'Apple dans la vie et prendre enfin ses responsabilités de père de famille. Son passage chez Pixar va lui faire énormément de bien. Jusqu'à ce qu'il revienne à Apple, grâce à Pixar (et où on se dit qu'il avait tout préparé, c'est pas possible). La suite, on la connait quasiment tous, ce sera l'iMac, puis l'Ipod et enfin l'Iphone et l'Ipad, et enfin son cancer puis sa mort.

Je dois bien dire que même si cette bande dessinée ne me fait pas plus aimé le personnage, elle offre vraiment une bonne vision de celui-ci. Et que comme pour les produits d'Apple, on ne reste vraiment pas indifférent à ce qu'il a vécu. L'homme était un visionnaire, c'est certain. Mais en même temps, heureusement qu'il n'était pas seul à faire Apple, et que ses équipes arrivaient à le supporter (je crois que je n'aurais jamais pu moi). Il est aussi très interessant de voir à quel point il pouvait être incompris et surtout qu'il n'a pas connu que des succès, ce que les gens ont tendance à oublier. La BD, bien que prenant le partie de l'hommage, et donc en positivant un peu trop Jobs, n'en manque pas moins de saveur et souvent, elle nous le fait apparaitre comme rustre et peu sur de lui. Je dois d'ailleurs avouer que j'avais peur que les auteurs nous le montre comme un espèce de super héros, ce qui n'est pas vraiment le cas.

Parlons aussi un peu des dessins. L'illustrateur, Amit Tayal, a choisi un style simple et épuré qui fonctionne parfaitement. Ainsi, nous nous concentrons plus sur l'histoire que sur les détails. Et ce style rappele grandement l'épuré que recherchait Steve Jobs pour ses produits. Tout comme la couverture rappelle grandement l'Ipad, un détail que j'ai bien apprécié.

Au final, je pense que toute personne s’intéressant un petit peu à Jobs et à sa firme trouvera son compte avec cette BD et qu'elle pourrait aussi plaire à ceux qui ne l'aime pas.

mardi 2 septembre 2014

La Trilogie du Roi Kelson, les Derynis, Katherine Kurtz

Avec La Trilogie du Roi Kelson, je finis enfin, au bout de dix ans, la sagas des Derynis. Enfin, je finis la partie traduite en VF, puisqu'il existe au moins deux autres livres (et des nouvelles) non traduits. Et comme je me suis mise un peu à la VO...Surtout que les Derynis restent une saga qui me tient beaucoup à cœur, tant j'ai pu apprécié les treize tomes qui la composent.

La Trilogie du Roi Kelson, les Derynis, Katherine Kurtz

Editeur : Pocket
Collection : fantasy
Année de parution : 2009
Titre en VO : The Histories of King Kelson
Année de parution en VO : entre 1984 et 1986 pour la trilogie, 2000 pour King Kelson's Bride
nombre de pages : 1190

A lire si :
- Vous avez lu et aimé les autres tomes 
- Vous voulez de la fantasy médiévale
- Vous voulez de l'intrigue politique

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas trop de religion
- Vous voulez des dragons
- Vous ne voulez pas de magie

Présentation de l'éditeur :

La guerre est finie, mais la trahison couve au royaume de Gwynedd et Kelson va devoir reprendre les armes pour défendre sa couronne.
Il peut compter sur deux derynis : Morgan le magicien et Duncan, futur évêque. Mais ses ennemis sont innombrables et prêts à tout : l'ex-primat de Gwynedd, emprisonné pour haute trahison; les nobles de Méara qui réclament leur indépendance. Chacun voit en l'autre un hérétique à bruler, un tueur à abattre. La lutte sera âpre et sans pitié. Pour que Gwynedd survive, pour que les races restent en paix, le roi Kelson doit encaisser les coups... et les rendre. 

Mon avis

Dire que je suis triste de quitter après dix un univers tel que celui de cette saga est un euphémisme. Tout comme pour la Roue du Temps de Jordan, les livres de Katherine Kurtz ont bercé mon adolescence.  Je me suis souvent envolé en pensée vers Gwynedd, préférant jusque là la période de la Restauration (Trilogie des Rois et Trilogie des Héritiers). Mais voilà que cette dernière trilogie (du moins si on suit la chronologie de l'histoire et non celle d'édition) m'a fait apprécié la période Kelson et au final, j'aime les deux périodes, parce qu'elles sont différentes et complémentaires. 

Pour clore le chapitre Deryni (pas totalement, j'ai bien envie de relire les deux Trilogies de la Restauration, que je n'ai d'ailleurs pas chroniqué ici), je retrouve le roi Kelson, déjà bien présent dans la Trilogie des Magiciens et son entourage. Après quelques années de règne, il doit à nouveau partir en guerre afin de préserver l'unité de son royaume. Et tout n'est pas simple. Pour faire simple et s'en trop spoilé, il va devoir remettre Méara dans le droit chemin en matant la révolte des prétendants Méariens, puis il va devoir prendre en compte ce qu'il se passe du côté de Torenth, arc qui finira avec Une femme pour le Roi, roman écrit en 2000 et ne faisant donc pas partie de la Trilogie. Mais le mal ne se cache pas qu'aux frontières du royaume. Les traites sont partout, et généralement dans son entourage propre.

Je dois bien dire que les trois tomes (Le Bâtard de l’évêque, La Justice du Roi et La Quête de Saint Camber) sont forts en rebondissement. Nous passons d'une aventure à l'autre, d'un complot à un autre sans le moindre temps mort. Et lorsque nous pensons qu'enfin tout est calme et que notre jeune roi va pouvoir souffler un peu, et bien non, un nouvel élément le remet direct en selle dans sa bataille pour la paix et la survie de Gwynedd. Autant dire que nous ne nous ennuyons pas le moins du monde à suivre ses aventures. Aventures toujours entrecoupés de moment et rites religieux, chose que j'apprécie beaucoup. Ainsi nous allons aussi voir la fin de l'arc de Saint Camber, commençait dans la trilogie des Rois, la toute première. Avec une Femme pour le Roi, nous allons aussi découvrir un peu mieux Torenth et ses rites. Si Gwynedd représente notre occident, Torenth est bien orientale et orthodoxe. A autre royaume, autre mœurs et surtout une nouvelle façon de faire preuve de tolérance, de respect envers les autres. C'est d'ailleurs un sujet qui revient très régulièrement dans les trilogies, que se soit entre humains et Derynis ou entre Gwynedd et les pays l'entourant. Katherine Kurtz nous rappelle à quel point les haines entre peuple viennent plus de l'ignorance que d'autre chose et surtout que tout un peuple n'est pas mauvais juste à cause de deux ou trois personnes.

La trilogie  nous offre aussi de nouveaux personnages pour le moins intéressant. Si Kelson prend de l'ampleur, du charisme et surtout de la maturité, Morgan et Duncan ne sont pas en reste, même si je trouve Duncan beaucoup plus effacé dans cette trilogie. Dans les nouveaux personnages, l'arrivée de Dhugal, frère de sang de Kelson ajoute un peu de fraicheur. Je trouve dommage par contre que son rôle ne soit pas plus développé, surtout à partir du moment où il va maitriser ses pouvoirs Derynis. Je trouve personnellement qu'il reprend un peu le rôle de Charlan, l'écuiller de Javan dans la Trilogie des Héritiers, et c'est dommage. Il a plus de potentiel que cela. Je dois bien dire par contre que le rôle des femmes dans cette trilogie m'a beaucoup plus. Elles ne sont pas juste là pour faire potiche et parfois même fomentent des complots bien plus complexe que les hommes. Pourtant, et cela est du au contexte du livre, elles restent trop souvent dans l'ombre. Heureusement, Une Femme pour le Roi est là pour rétablir un peu tout cela en la personne de la princesse Araxie que j'aurais bien voulu voir un peu plus souvent.

Au final, me voilà bien triste de quitter cette saga qui finit particulièrement bien, et avec une fin plutôt ouverte, d'ailleurs, présageant de nouvelles aventures (ce qui me donne réellement envie de lire les romans et nouvelles non traduit). La saga entière aura été pour moi l'une des meilleures que j'ai pu lire, mêlant étroitement tout ce que j'apprécie dans un roman et avec des personnages forts. A présent que je l'ai fini, je dois bien avouer que j'ai une grande envie de relire les Trilogies des Rois et des Héritiers, histoire de ne pas non plus quitter Gwynedd comme ça.


lundi 1 septembre 2014

Le Triomphe de l'Impératrice, Cécile Duquenne

De temps en temps, les éditions Voy'[el] sortent certaines nouvelles de leur anthologie en numérique pour leur collection E-courts. Forcément, lorsque j'ai vu que l'une d'elles étaient de Cécile Duquenne (publiée à l'origine dans l'anthologie Arcanes), je me suis une peu jeté dessus, on ne se refait pas, hein.

Le Triomphe de l'Impératrice, Cécile Duquenne

Editeur : Voy'[el]
Collection : E-courts
Date de publication : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez les nouvelles

Présentation de l'éditeur : 

Et si le destin n'était qu'une intelligence artificielle quantique ?
Les Atouts du Tarot ne prédisaient pas l'avenir : ils l'écrivaient, supprimant toute incertitude quant au futur. Mais une poignée d'hommes réussit à renverser la tyrannie de ces immenses vaisseaux pourvoyeurs de destinée. En tout cas, c'est ce que dit la version officielle de l'Histoire...

Mon avis 

Le Triomphe de l'Impératrice est une nouvelle assez courte, se lisant très vite. Elle n'en est pas moins très intéressante. Nous commençons la nouvelle en suivant un peintre, finissant ce qui sera l’achèvement de son œuvre. Puis, au fur et à mesure, nous allons découvrir l'histoire de ce qu'il peint, une terrible bataille ayant pour but la liberté des humains. 

Je dois dire que j'ai beaucoup aimé la chronologie de la nouvelle, allant du "présent" vers le passé, permettant ainsi de brouiller un peu les pistes, mais aussi de montrer d'une manière moins conventionnelle ce qu'un évènement d'une telle importance peut (ou non) changer au fils des temps. Ainsi la vision des divers personnages change vraiment de l'un à l'autre, offrant petit à petit un aperçu plus global de ce qui a pu se passer mais aussi de comment les générations ont fini par intégrer cela. La différence entre ce qu'il a pu se passer et l'histoire officielle est grande et en même temps assez petite. On oublie certain point pour en embellir d'autre... Un peu comme à notre époque en fait.

J'ai aussi beaucoup aimé le fait qu'une IA puisse prendre à ce point en main la destinée des humains. Cela peut paraitre possible, après tout, l'homme essaie toujours de tout contrôler dans sa vie. Le fait que son invention soit devenue supérieure à lui ne m'étonne même pas, c'est pour dire. Ni même l'évolution de la dite invention (sans trop en dire, pour ne pas trop spoiler) et ce qu'il se passa par la suite. C'est bien amené et cela parait même crédible.

Pour finir, je dois bien dire que j'ai vraiment aimé cette nouvelle, qui d'ailleurs, ressemble très peu à ce que j'ai pu lire de Cécile jusque là. Et autant dire que même sans une touche de fantastique ou de vampire, elle gère vraiment.

Bad Moon Rising, Episode 4, Tristesse, Marika Gallman

J'aurais tendance à dire enfin. Enfin Bad Moon Rising reprend. Son auteure s'était vue dans l'obligation de mettre la série en suspens pour cause de fin de Maeve Regan. Pour ce retour après un an et demi d'absence, la série se voit un peu changé, déjà avec une nouvelle couverture, ensuite avec les trois premiers épisodes un peu repris (mais rien de gênant si on ne va pas les relire, promis, j'ai relu et peu de chose change). Bref, un retour en beauté pour une série que j'ai beaucoup aimé.

Bad Moon Rising, Episode 4, Tristesse, Marika Gallman

Editeur : Le Petit Caveau
Collection : Série/ SAng numérique
Année de parution : 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé les premiers épisodes
- Vous voulez du vampire qui fait peur

A ne pas lire si :
- Vous voulez tout savoir de suite
- Vous cherchez un personnage à la Maeve Regan
 
Présentation de l'éditeur : 
 
Elle rêve d'un nouveau départ, mais c'est la mort qui l'attend au tournant.
Recueillie par ceux qui l'ont arrachée aux mains de ses agresseurs, c'est dans un monde de ténèbres qu'elle devra tenter de survivre.
Tout a commencé un soir de lune bleue, et tout se terminera dans le sang...
 
Mon avis
 
Comme je le disais, Bad Moon Rising, pour son retour, s'est offert un petit lifting. Première chose, j'avoue préférée l'ancienne couverture, plus sombre moins "bit-lit". Surtout que comme je trouve que BMR n'est pas vraiment de la bit-lit mais bel et bien de l'urban fantasy, ben ça me dérange un peu. Par contre, esthétiquement, j'avoue que j'aime beaucoup tout de même. L'autre lifting concerne les trois premiers épisodes, qui se sont vu un peu corrigé, du moins "mis à niveau" plutôt par rapport aux prochaines. On peut noter quelques ajouts ne gênant pas la lecture si on ne veut pas relire les trois premiers. Comme je le disais aussi dans l'intro, je les ai pour ma part relu, pour me remettre dans l'ambiance, et je dois dire que les modifications sont mineures, si ce n'est dans le style, plus en adéquation avec la suite.

Mais passons donc à la dite suite, puisque c'est elle qui nous intéresse aujourd'hui. Tristesse porte bien son nom. D'abord parce que nous allons assister à enterrement de Sandra, l'amie de Neela, ensuite à cause des multiples révélations dont nous allons être les témoins. Cet épisode marque en effet le milieu de la série, et comme souvent dans ces cas-là, les révélations sont là mais ne nous donne pas plus de réponse que cela. Par contre, elle permette vraiment de comprendre certains personnages, ici plus particulièrement Marcus. 

Mais Tristesse voit aussi la tension augmentait petit à petit. Déjà à cause des révélations qui sont faite à Neela. La jeune femme va apprendre qu'elle est toujours en sursis et que le seul moyen de continuer à vivre est de tuer la reine vampire (qui accessoirement peut-être un mâle). Sauf que rien n'est simple et qu'un autre ennemi se profile à l'horizon.

Au final, ce quatrième et tant attendu épisode, relance parfaitement la série. Je dois bien dire qu'après une si longue attende, je suis plus que ravie de retrouver Neela, une héroïne que j'apprécie par son côté très "vivant" et naturel (elle n'est en rien une super héroine) et une histoire bien loin de ce que l'on peut lire sur les vampires en ce moment (merci Marika Gallman t'avoir rendu aux vampires leur bestialité). J'ai plus que hâte de pouvoir lire la suite, qui au vu de la fin de Tristesse, nous promet d'être vraiment passionnante.


mercredi 27 août 2014

Hamlet, William Shakespeare

Il y a quelques temps de ça, je téléchargeai sur ma liseuse deux pièces de Shakespeare, Hamlet et MacBeth avec la ferme intention de les lire rapidement. Comme rapidement semble ne pas faire parti de mon vocabulaire lorsqu'il s'agit de ma PAL, j'ai donc mis quelques deux ans avant de me lancer enfin dans Hamlet...

Hamlet, William Shakespeare

Editeur : Une Oeuvre du Domaine Public
Collection : /
Année de parution : 2010 pour cette édition numérique
Titre en VO : Hamlet
Année de parution : 1603

A lire si :
- Vous aimez le théatre
- Vous aimez les tragédies
- Le "français ancien" (tout comme l'anglais ancien) ne vous gène pas

A ne pas lire si :
- Vous voulez un amour pur

Présentation de l'éditeur : 

Pour mener à bien sa vengeance sans éveiller les soupçons, Hamlet feint la folie. Lorsque le fantôme de son père lui révèle que Claudius, souverain actuel et frère du défunt roi, est le meurtrier de celui-ci, on s'attend à une stratégie ingénieuse, d'autant que le prince semble plein de courage, d'insolence et d'esprit. Or, durant quatre actes, il ne commet qu'un seul meurtre, conséquence d'une erreur de perception. À la fin de la pièce, il venge son père, mais in extremis. Hamlet est une tragédie intérieure, presque intime, dont le rythme est motivé par les hésitations du héros qui donnent lieu à des scènes superbes de grandeur pathétique, car elles disent l'aspiration de l'homme à la liberté et au repos, malgré l'enfermement obsessionnel auquel l'existence le condamne. Tragédie du doute, voyage dans un esprit qui ne rêve que d'immatérialité mais ne parvient pas à prendre son envol, Hamlet, pièce mélancolique, nous invite à un saut existentiel.

Mon avis :

D'Hamlet, je garde un vague souvenir du film de Kenneth Branagh, mais vraiment très vague, puisque vu lorsque j'étais à peine ado. Bien sur, je connais les répliques, du moins les deux cultes, à savoir "être ou ne pas être" et "il y a quelque chose de pourri dans l'Empire du Danemark". Pas de quoi, donc, dire que je connaissais l'histoire, même si celle-ci me semble familière. D'ailleurs, j'en avais une vision un peu faussé quant à Hamlet et Ophélia, c'est pour dire.

Lire une pièce de théâtre est souvent bien moins interessant qu'en voir une, puisqu'il manque tout le jeux d'acteur, mais personnellement, cela ne me gène pas du tout. Au moins, je me concentre sur les paroles, et non sur les actes. Bon j'avoue que parfois, cela peut devenir ennuyeux. Surtout ici où le texte ressemble à de l'ancien français, avec parfois des tournures de phrase qui nous semble incohérente à nous, pauvre lecteur des années 2010. Pourtant, si on oublie ce détails, on se laisse rapidement embarqué dans l'histoire. 

Cela n'est pas vraiment compliqué tant Shakespeare réussit rapidement à parler complot, politique, folie, amour, honneur et mort. De quoi en faire une super production à l'époque mais aussi maintenant d'ailleurs. En moins d'un acte, on est embarqué là-dedans et bien que même sans l'avoir lu on connait forcément la fin, on a envie de savoir comment tout cela arrive. Et puis, à force, lecteur, tu le sais, moi dès qu'on parle complot et folie, je ne suis que joie. Surtout que de la folie, on en trouve pas mal, avec Hamlet d'abord, dont la folie est parfois feinte, avec Ophélia ensuite, qui va devenir folle. Les relations entre les personnages tourneront autours de ce thème plus celui de la vengeance, à croire que tout le monde veut se venger de tout le monde dans Hamlet.

Chose aussi fort intéressante dans cette pièce, ce sont toutes les critiques de l'auteur pour sa société et pour celle des théatres de l'époque. Alors, oui parfois, les allusions faites peuvent ne pas sauter de suite aux yeux. Heureusement (ou pas d'ailleurs des fois), les notes de bas de pages du traducteur aide vraiment à mieux comprendre. Tout comme j'ai apprécié que souvent, elles expliquent la traduction elle-même, ou donne une autre traduction tout à fait possible. Cela permet aussi de mieux comprendre le texte et les paroles et gestes de certains personnage ou de mettre en parallèle certains vers. Seul problème, comme les notes sur cette édition numérique se trouvent juste après les tirades qui les concernent, on perd parfois le fils. Ce qui fait que j'ai fini par abandonner leur lecture rapidement, dans après, j'avais du mal à me remettre dans le bain.

Au final, j'ai aimé Hamlet, histoire que je redécouvrais alors que je ne l'avais jamais lu (mais en même temps, Hamlet inspira tant de monde qu'entre les films, les musiques, les opéras, les pièces, les mangas et autre livres, on fini par connaitre l'histoire. J'ai été agréablement surprise de voir comme je me méprenais sur Ophélia (moi qui la voyait comme une autre Juliette, j'avais un peu tord quand même), mais surtout de voir qu'Hamlet était un personnage particulièrement complexe, comme je les aime.