lundi 3 février 2014

Brulure Magique, Kate Daniels, tome 2, Illona Andrews

J'avais beaucoup aimé le tome 1 de Kate Daniels, me plongeant ainsi dans la bit-lit plus urban fantasy que bit-lit d'ailleurs. Du coup, je continue mon immersion dans cette série. Et j'apprécie de plus en plus.

Brulure Magique, Kate Daniels, tome 2, Illona Andrews

 Editeur : Milady
Collection : Bit-lit
Année de parution : 2010
Titre en Vo : Kate Daniels, book 2 : Magic burns
Année de parution en VO : 2008
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous aimez les héroines fortes
- Vous voulez des vampires vu autrement
- Vous aimez les garous
A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas un monde futuriste
- Vous ne voulez pas commencer une série qui risque de ne jamais voir ses derniers tomes édités en français et que comme moi, vous êtes une bille en anglais
 
Présentation de l'éditeur :
 
Kate Daniels, mercenaire spécialisée dans le "nettoyage" des problèmes surnaturels, en a vu des choses inouïes... mais pas ça : un véritable tsunami d'énergie magique, durant lequel les dieux eux-mêmes vont revenir! C'est en s'engageant à retrouver des cartes volées à la Meute, le clan des Changeformes, qu'elle découvre que ces puissances divines entament un combat épique: elles s'affrontent dans l'espoir de renaître! Kate doit tout faire pour éviter le cataclysme...

Mon avis :

Lors du premier tome, Kate recherchait l'assassin de son mentor. Ici, elle se retrouve à enquêter sur la disparition des cartes de la meute. Cela va la mener à enquêter sur celle de la mère d'une jeune demoiselle, qu'elle va recueillir. C'est ainsi qu'elle va avoir maille à partir avec de très vieilles divinités celtes ayant pour objectif de prendre le contrôle du monde. Oui, rien que ça... Ah, et j'oubliais, durant tout ce temps, un tsunami magique se prépare, faisant perdre le contrôle aux créatures magiques, comme les métamorphe, les vampires mais aussi Kate...

Ce nouveau tome commence fort. Il faut dire que l'auteure n'a plus trop besoin de présenter son univers. Elle va tout de même le faire, mais de manière plus légére que dans le tome 1, et ça s'est bien. J'apprécie toujours autant le dit univers, qui change tellement du notre. Il faut dire aussi, que vu qu'elle n'a plus à le présenter, elle peut se permettre de étoffer. Nous en apprenons donc un peu plus sur les vagues de magie et de tech. D'ailleurs, le fait que toute l'intrigue se passe durant un tsunami magique est plaisant, ça permet de voir un peu l'étendue de la chose.

L'enquête de notre héroïne nous entraine dans la mythologie celte. Je crois avoir déjà mentionné que j'appréciais particulièrement cette mythologie-là. Je n'ai pas été déçue ici. Elle nous permet de découvrir d'autres "créatures" magiques, comme les convents des sorcières ou encore le fonctionnement des divinités. Fonctionnement plutôt bon, bien qu'assez convenu. 
 
L'interessant du tome reste l'évolution de Kate et de la petite bande qui la suit. Kate va se retrouver à jouer les "tantes folles" pour Julie, jeune fille dont la mère fait partie d'un convent disparu. J'ai beaucoup aimé la voir douter quant à ce rôle et à la responsabilité qui en découle. Kate murit un peu, devient d'un coup un peu moins égoiste aussi. Ça lui fait du bien. Les relations entre elles et les personnages déjà rencontrés évoluent elles-aussi, plus particulièrement entre elle et Curran. Je m'y attendais, je l'avoue, mais la façon dont c'est présenté me plait assez. Ce n'est pas du tout cuit, ni d'un côté ni de l'autre. Quant aux nouveaux personnages, j'ai apprécié Andrea, un peu moins Julie, mais ça s'est surement parce qu'on ne la voit pas beaucoup.

Et puis, finalement, s'il y a une chose que j'apprécie dans cette série, c'est bien que l'enquête n'est pas là juste pour faire jolie. C'est une vraie enquête, avec de vrais combats. Elle n'est pas juste là pour mettre Kate en avant, ou pour mettre en avant les diverses relations des gens autour d'elle. Ici, j'ai adoré voir Kate prendre de mauvais chemin, comprendre certaines choses un peu trop tard, en voir d'autres arriver gros comme une maison mais ne pouvoir rien faire. Bref, j'aime suivre l'enquête à chaque fois, surtout qu'elle nous permet aussi de mieux comprendre qui est Kate et ce qu'est son univers. D'ailleurs, en parlant de qui est Kate, ce tome nous en fait découvrir un peu plus (pas assez à mon gout mais bon) et j'ai vraiment hâte de savoir ce qu'elle est précisement la demoiselle (je commence à m'en douter, mais j'attends de voir la suite).

Au final, encore un bon tome pour moi. J'accroche vraiment bien à cette série. Dommage qu'à partir du tome 4, il va falloir soit que j'abandonne, soit que je me mette à l'anglais. Par pitié Milady, traduisez les derniers tomes sortis !

 


lundi 27 janvier 2014

Site B, Toxic tome 2, Stephane Desienne

Bon, je le sais, à force, le lundi, j'enchaine les chroniques. Aujourd'hui, j'en suis à la troisième. Ca commence à faire là... Bref, ou je lis durant le week-end, ou j'espace un peu plus. Cet epub, je l'ai fini à midi. Et comme j'aime bien être à jour (pour ne pas avoir trop d'avis à faire... oui, le lundi, je repasserais...), voilà l'avis dessus.

Site B, Toxic tome 2, Stephane Desienne

Editeur : Walrus
Collection : série
Année de parution : 2013
Format : epub

A lire si :
- Vous avez aimé le tome 1
- Vous voulez du zombies
- Vous voulez aussi de l'alien
A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas voir les humains comme des marchandises
 
Présentation de l'éditeur : 
 
Dans cet épisode 2, la course poursuite continue! Pris au milieu de la tourmente, le petit groupe de survivants se met en quête d’un antidote au virus zombie et compte désormais un nouveau membre: la petite Alison, une fillette terrifiée dont le père a été transformé en monstre décérébré et que Masters et Elaine ont décidé de prendre sous leur aile. En effet l’homme semble avoir de son vivant caché d’importants secrets concernant le virus originel. A-t-il pris une part active dans sa création? En quoi consiste ce mystérieux Site-B vers lequel tous se dirigent désormais? Mais la vérité n’est pas prête d’éclater… surtout quand même parmi les membres du groupe, certains détiennent de coupables secrets. Pendant ce temps Jave et Naakrit, témoins extraterrestres du drame qui menace leurs ressources alimentaires, n’en finissent pas de chercher une solution à la contamination. Leurs investigations piétinent, et il semblerait même que Jave manifeste une certaine forme de compassion pour la nourriture. Quels que soient les mystérieuses intentions qui l’animent, elles ne sont pas du tout au goût de Naakrit. C’en serait même presque louche…

Quel espoir peut bien guider ceux qui survivent au milieu de cet enfer ?
 
Mon avis :
 
J'avais bien aimé l'épisode un de Toxic, du coup lire le deux était normal pour moi. Et je lirais le trois aussi, parce que plus on avance, plus l'histoire est sympa. Parlons-en de l'histoire.
 
Les humains sont à la recherche du site B, site ou devrait se trouver le vaccin permettant de soigner les zombies ou du moins d'éviter d'en devenir un. Grâce à Alison, la petite fille récupérée peu avant, ils vont trouver les coordonnées du site. Mais avant cela, ils font une halte bien mérité qui va s'avérer dangereuse. Pendant ce temps, les aliens, eux-aussi, cherchent le site B, mais pas que, en fait. Bon, on se doute qu'avec un objectif commun, la rencontre n'allait surement pas tarder...
 
Nous retrouvons dans cet épisode l'alternance des chapitres, un coup zombies/humains, un coup aliens. J'aime bien moi cette alternance, qui nous fait basculer de l'horreur zombies à une vision moins horrifique, celle de Jave. Oui, je dis bien moins horrifique, surtout si on se place côté Alien, parce que côté humain, c'est toujours pas ça, hein. Mais cette fois, comme je le disais, les deux parties vont tomber nez à nez. Du coup, nous aurons cette rencontre vu du point de vue des humains et puis de celui des aliens, à ça donne quelques chose de complétement différent.
 
L'évolution de certains personnages m'a bien plus aussi, en sortant certains des stéréotypes dans lesquels je les voyais dans l'épisode un. Par contre, d'autres semblent vouloir devenir des espèces de justiciers et j'ai eu l'impression que ça ne collait pas trop du coup. Mais je pense aussi que la situation n'aide pas vraiment à faire des justiciers...
 
Mais ce tome, c'est pour le moment, celui des interrogations, qui est réellement Masters, qu'a-t-il donc vécu avant de trouver Elaine ? Que faisait vraiment les scientifiques dans les divers sites ? Y aurait-il un traitre chez les ET ? Et qui est vraiment Dewei ? Bref, tout plein de question et pas vraiment de réponse pour le moment. Mais ça donne encore plus envie de lire la suite, surtout vu la fin.

Bref, un second tome plein de question, un peu d'action. Je continue à apprécié la série, surtout que pour le coup, elle a gagné en qualité avec cet épisode par rapport au premier, en maturité aussi un peu. Les enjeux ne se dévoilent pas encore tout à fait, mais autant dire que ça monte en puissance et que je sens que l'épisode trois ne sera pas dénoué d’intérêt et de rebondissement.

L'Alliage de la Justice, une histoire des Fils-des-Brumes, Brandon Sanderson

Lorsque j'ai vu que Bradon Sanderson avait écrit un roman dans la lignée des Fils-des-Brumes, je me suis empressée de le commander à ma librairie pour être sure de l'avoir après sa sortie en poche. Une fois à la maison, j'ai fini rapidement le livre en cours pour me jeter dessus.

L'Alliage de la Justice, une histoire des Fils-des-Brumes, Brandon Sanderson

Editeur : Le livre de poche
Collection : Fantasy
Année de parution : 2014
Titre en Vo : The Alloy of Law : A Mistborn Novel
Année de parution en VO : 2011
 nombre de pages : 452

A lire si :
- Vous avez aimé la trilogie Fils-des-Brumes
- Vous aimez les ambiances Western voire Steampunk
- Vous voulez un héros qui ne soit pas jeune

A ne pas lire si :
- Vous voulez retrouver les héros de la trilogie originelle

Présentation de l'éditeur :

Cinq cent ans ont passé. Kelsier, Vin, Elend et les autres font désormais partis de l’Histoire – ou de la religion. Les chemins de fer côtoient les canaux, les rues sont éclairées à l’électricité et les premiers gratte-ciel partent à l’assaut des nuages. Mais les anciennes magies allomantique et férochimique existent toujours. Un outil précieux pour les hommes et femmes courageux qui tentent de faire régner la justice dans les terres sauvages qu’on appelle les Rocailles. Après vingt ans là-bas et une récente tragédie, Wax Ladrian est de retour à la métropole d’Elendel. À la tête d’une Maison noble, il doit ranger ses pistolets pour assumer de nouveaux devoirs. Ou du moins le croit-il. Car les demeures et les rues élégantes de la ville pourraient bien s’avérer plus dangereuses encore que les plaines poussiéreuses des Rocailles…

Mon avis

Faire un avis sur ce livre sans parler de la Trilogie originelle risque d'être un peu compliqué. Comment ne pas les comparer, alors qu'ils sont tous deux créés sur les mêmes bases ?Je vais pourtant essayer de le faire, même si je ne suis pas sure d'y arriver.

L'histoire se passe un demi-siècle après les évènements de la trilogie originelle. Vin et les autres font partis du passé, de la religion pour certains. Les seules choses que nous retrouvons d'eux restent le nom de certains endroit (Elendel, la promenade Demoux en sont des exemples...) ou des religions. Nous vous attendez donc pas à les voir revenir comme si de rien n'était, ils n'étaient pas immortels. Bref, nous suivons Waxillium Ladrian, noble mais aussi garde loi qui suite à un certain évènement revient après vingt ans à Elendel et y prend la place de chef de sa maison. Mais voilà, lorsqu'on a été garde loi, on le reste. Lorsqu'il se fait voler sa marchandise et qu'un vieil ami à lui arrive pour mener l'enquête sur les vols, sa nature profonde reprend le dessus. Il va mener l'enquête. 

Première chose vraiment sympa dans ce livre, c'est l'évolution du monde depuis la fin de la trilogie Fils-des-Brumes. Sanderson explique d'ailleurs dans les remerciements du livre qu'il voulait prouver que les mondes fantasy n'étaient pas fixés et surtout qu'ils pouvaient évoluer, technologiquement parlant. Il y arrive parfaitement, en nous offrant un monde où les trains fonctionnent à la vapeur et où l’électricité fait son apparition. Et pourtant, c'est bien le monde que nous avions laissé à la fin de la trilogie. Je trouve son idée, et son développement particulièrement interessant. En plus de cela, ça reste cohérent malgré les à peine cinq cent ans qui sont passés. Nous comprenons qu'après mille ans de non avancé, tout va très vite, peut-être même parfois un peu trop.

D'ailleurs, j'ai bien aimé ce nouvel univers, très western, avec un soupçon de steampunk (dut aux trains mais pas que, faut voir les armes aussi). J'ai aussi apprécié l'évolution de la magie. Il semble ne plus exister de Fils-des-Brumes, par contre, il existe toujours des allomanciens et des ferrochimistes. Mieux encore, les deux peuvent cohabiter dans un même corps, ce qui donne des Doubles-Fils (ce qu'était à un niveau supérieur le Seigneur Maitre), personne pouvant user d'un pouvoir allomantique et d'un pouvoir ferrochimiste (pas forcément avec le même métal en plus). Cette évolution est agréable et nous sort un peu de ce qu'on avait pu voir jusqu'à maintenant.

Passons à présent aux personnages.D'abord Waxillium Ladrian, dit Wax. Une première chose, et je me demande si je suis la seule à l'avoir vu, c'est son nom de famille. Et oui, il s'agit du nom de l'un des héros des Fils-des-Brumes, nom que l'on entend d'ailleurs que très rarement. Cela permet de faire un pont entre les deux, je trouve. Le personnage en lui-même est assez interessant. C'est un justicier, un gars qui a des principes et qui ne les lâcherait pour rien au monde. C'est aussi un Double-Fils et il aime les brumes. Pour comparaison avec la trilogie, j'ai eu souvent l'impression d'avoir un mix d'Elend et de Vin en lui. Mais ce n'est pas le personnage le plus interessant. Non, celui qui tient cette place pour moi, c'est Wayne, son acolyte. Il me fait un peu penser à Brise. Ancien voleur devenu Garde loi, il a une conception bien à lui de "l'emprunt". Il n'a pas peur de ce qu'il dit, il est d'ailleurs plutôt marrant (ce qui n'est pas le cas de Wax) et puis, c'est avec plaisir qu'on le voit changer de personnage régulièrement aux grès de ses déguisements. Pour finir le trio, nous avons Marasi, jeune femme étudiante pour devenir avocat, chose rare dans ce monde. Elle et Wayne apporte à Wax tout ce qu'il n'a pas, et surtout du coup, une fabuleuse aura.

Et puis, il faut l'avouer, l'histoire, avec son enquête, reste bien sympathique. Elle change aussi beaucoup de celle des Fils-des-brumes, et ce n'est pas plus mal. Sanderson renouvelle tout son univers et le fait très bien.  Alors, finalement, oui l'Alliage de la justice est un peu en dessous de la trilogie, peut-être parce que les personnages, bien que bons, ne sont pas aussi bons que ceux des Fils-des-Brumes, peut-être aussi parce que l'univers est un peu moins développé (mais en même temps, il n'y a qu'un tome et il fait moitié moins que ceux de la trilogie). De plus, il est fort possible que ce tome, vu sa fin, sont suivi par un autre. Mais si on le prend comme un roman à part, il reste divertissant et même intéressant.

D'ailleurs, normalement, l'auteur devrait écrit deux autres trilogies sur cet univers, une à une époque pouvant être notre présent, une autre dans un futur plus éloignée. Finalement, ce petit roman n'est que le prélude à la seconde trilogie, un moyen de faire le lien. Et moi, je trouve que ce lien est plutôt pas mal.

Fortune Cookies, Silène Edgar

Les éditions Bragelonne ont lancé la semaine dernière une nouvelle collection numérique (mais pas que en fait), nommée Snark. J'avais envie de la découvrir surtout que le mois prochain, elle va accueillir Cécile Duquenne et ses Foulards Rouges. J'ai donc choisi le livre qui me plaisait le plus au point de vue quatrième. Et autant dire que si le reste de la collection l'égale, je vais me jeter dessus sans le moindre problème.

Fortune Cookies, Silène Edgard

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution 2014
Format : epub

A lire si :
- Vous aimez l'anticipation
- Vous voulez de l'anticipation proche, possible surtout
- Vous aimez les personnages qui doutent

A ne pas lire si :
- Vous voulez une histoire joyeuse
- Vous avez peur de l'avenir

Présentation de l'éditeur : 

Bretagne, demain :
Une coupure d’électricité plonge la petite vie de Blanche et Hadrien dans le noir, ainsi que toute l’Europe. Un mystérieux appel résonne sur les ondes : le gouvernement cache qu’il se passe quelque chose au Sud… la guerre ? Leur fille est loin, en vacances au-delà des Pyrénées. Hadrien décide de partir immédiatement à sa recherche, mais Blanche a peur. 
 
Paris, après-demain :
État d’urgence, peuple bâillonné. Blanche est devenue Bianca, résistante. Les opposants à la dictature médiatique utilisent les réseaux de consommation pour faire passer leurs messages, sur les barquettes de poulet, les barils de lessive ou dans les fortune cookies, mais, bientôt, il faudra aller plus loin. Bianca trouve de la force entre les bras de Joshua, et jamais elle ne parle ni d’Hadrien, ni d’Élisabeth. 
Quelque chose a basculé sur la route.
Mon avis
Imaginez que demain, même aujourd'hui, la France soit plongé dans le black-out le plus total sans préavis. Que cela dure deux jours, deux jours d'angoisse à ne pas savoir ce qu'il se passe, sans internet, sans téléphone, sans télé... Imaginez que lorsque tout revient, l’État applique l’état d'urgence, que le prix de l'essence et de l'électricité est multiplié par vingt, que les marchés financiers se soient écroulés... Que feriez-vous alors ?C'est la question que nous pose Silène Edgard ici. C'est à partir de là qu'elle va construire son histoire, en deux parties, ce qu'il se passe au moment du Black-Out et un peu après, et ce que son héroïne va faire, quelques mois plus tard.

Pour cela, elle va alterner deux époques, deux styles de narrations aussi. Nous avons d'abord demain (pour reprendre la quatrième de couverture), narré à la troisième personne. Blanche et Hadrien vive normalement en bretagne. Leur vie est simple, normale. Puis vient le Black-Out et l'angoisse. Leur fille se trouve de l'autre côté des Pyrénées. Lorsque tout revient, ils entendent un appel à la résistance à la radio. Ils décident de partir chercher leur fille. Nous découvrons ce qu'il se passe durant le Black-Out mais surtout juste après. On sent l'angoisse montée, que se soit pour Hadrien et Blanche ou pour les gens autours d'eux. Mais je crois que le pire, c'est que tout le long, je me suis dit que, merde, ça pourrait très bien arrivé, là, maintenant. Les faits qui mène au Black-out décris par Silène Edgard semble vraiment réel, d'ailleurs, il est possible que cela puisse arriver à notre époque. C'est ce qui fait la force de cette partie, en plus des personnages (mais je reviendrais sur les personnages après).

Demain est entrecoupé (ou est-ce l'inverse ?) par après-demain. Blanche est devenue Bianca, nous ne savons pas ce qu'il est advenu d'Hadrien ou d'Elisabeth. Nous ne pouvons que le supposer, et encore. Elle est entrée dans la résistance, comme d'autres. Avec son groupe, ils préparent une opération de grande envergure. Nous suivons donc ces hommes et ces femmes, qui auraient pu être moi, vous, eux, des gens ordinaires. Ils ne se laissent pas faire, ne veulent plus être des moutons. Toutes leurs actions sont pacifiques mais coup de poing. J'ai aimé cette vision de la résistance, celle des idées plus que celle des armes.

Chaque chapitre débute par soit une citation, d'une chanson, d'un poème, pour Demain, soit par un article sur l'état d'urgence pour Après-Demain. Les articles sont vrais, ce n'est pas une invention de l'auteure. Et je dois dire que ça fait peur de savoir tout ce que l'Etat peut faire dans ce cas. Nous pouvons passer rapidement de démocratie à dictature, avec propagande et tout ce qui va avec. Quant aux citations, elles paraissent tellement juste dans le contexte. Comme quoi, beaucoup de monde y pense à la "fin du monde" vu comme dans Fortune Cookies.

Passons à présent aux personnages. Blanche en premier, puisqu'elle est l’héroïne. J'ai aimé la voir évolué petit à petit. Nous passons de la gentille femme comme tout le monde, qui va angoisser pour sa fille (je me suis un peu trop reconnue dans cette partie), qui ne va d'abord pas comprendre ce qu'il se passe vraiment, pour en arriver à la résistante. Cela se fait de manière assez naturelle vis à vis du personnage. Nous n'avons pas l'impression qu'elle prend ses décisions à la légère. C'est réfléchi, même lorsque cela nous parait complétement irrationnel. Et puis, il y a les hommes qui l'entourent, dans les deux parties. D'abord Hadrien, sur qui elle va pas mal se reposer jusqu'à un certain évènement où les rôles vont s'inverser. Puis, il y a Joshua, qui tiendra le même rôle qu'Hadrien au départ. Et puis enfin, il y le personnage qu'on ne voit pas mais qui est bien présent, Elisabeth, celle qui va motiver toute l'histoire.

En parlant d'histoire, je tiens à dire qu'elle m'a énormément touché. Mais vraiment. Parce que je suis femme et mère, parce que je me suis reconnue dans Blanche à chaque fois, parce que j'ai compris ses motivations et que je me suis dit que si j'avais été à sa place, il est fort possible que j'aurais fait comme elle. Silène Edgard a fait de son roman un cri, celui du cœur, d'une femme, d'une mère. Tout est là. A tel point, que lorsque j'ai lâché mon ipad, à la fin du roman (quelle fin d'ailleurs !), je n'ai pu m'empêcher de pleurer. Mais vraiment. Il m'a fallu dix minutes si ce n'est plus pour m'en remettre. Et lorsque ce fut le cas, j'ai attrapé ma fille et je l'ai serré fort contre moi.

Au final, ce roman est un coup de cœur pour moi. Je n'ai que rarement été touché comme ça, surtout dans mon cœur de mère. Fortune Cookies est bien écrit, mais surtout, il est remplie de sentiment fort, de message, de combat. Moi, ce livre m'a touché, je n'y aurais pas cru au départ. Et pourtant ce fut le cas. 

Je vous met ici le lien vers le blog de Bragelonne et l'interview qu'ils ont fait de Silène Edgar : interview

Franchement, lisez ce livre.

jeudi 23 janvier 2014

Le roi sur le seuil, David Gemmell

Suite à ma lecture de Légende, je m'étais dit que je lirais bien encore du Gemmell. C'est alors que je me suis rendue compte qu'en fait, Légende faisait partie d'une saga (oui, je suis ultra douée pour m'en rendre compte après...). Enfin, ce n'était pas un problème, la plupart des tomes de la saga des Drenaï semblent pouvoir ce lire n'importe comment. J'ai choisi de suivre la chronologie par ordre de publication, qui est aussi celle donnée par Livr'addict.

Le roi sur le seuil, David Gemmell

Editeur : Milady
Collection : /
Année de parution : 2010 pour l'epub, 2001 pour la version papier
Titre en VO : The king beyond the gate
Année de parution en VO : 1985
Format : epub

A lire si 
Vous aimez les grandes batailles
- Vous aimez l'humour mais pas trop
A ne pas lire si :
- Vous voulez des dragons et autres créatures
- Vous voulez du grand voyage
 
Présentation de l'éditeur
 
Les temps ont changé...
Un siècle s'est écoulé depuis l'incroyable résistance au sein de la forteresse de Dros Delnoch. Et Druss, le valeureux héros de cette aventure, est resté une Légende. Mais aujourd'hui, le tyrannique empereur Ceska a pris le contrôle du territoire Drenaï. Dans sa quête insatiable de pouvoir, il a trahi ses plus fidèles soldats, le corps d'armée du Dragon. Il leur a tendu un piège et a lancé contre eux des créatures monstrueuses, mi-hommes, mi-bêtes, à la force de destruction prodigieuse: les Unis.
Le massacre fut terrible et Tenaka Khan est le seul survivant. Il n'est pas près d'oublier la traitrise de son maitre. Dans ses veines coule le sang d'ancêtres mythiques: Regnak, le dernier Conte de Bronze, et Ulric, prince des Nadirs, deux ennemis ancestraux. Avec un tel héritage, la glace et le feu fusionnent pour forger un chef à la volonté trempée dans l'acier.Dans l'étroit regard violet du Khan brillent les flammes de la la haine. Sa mâchoire et ses poings sont serrés.Et aujourd'hui, son cœur crie vengeance!
 
Mon avis :
 
Nous voilà quelques cent ans après la bataille de Dros Delnoch conté dans Légende. Drenaï est dirigé par Ceska, un véritable tyran. Epaulé par une armée d'Uni, monstre fait à partir d'âme humaine et d'animaux, il a mit le pays à feu et à sang. Tenaka Khan, arrière petit fils de Regnak, le Conte de Bronze et d'Ulric le nadir sort de sa retraire pour mettre fin à son règne. Alors qu'il comptait juste assassiner Ceska, le voilà à la tête d'une petite armée avec à ses côté Ananaïs, un ancien des Dragons, comme lui, Renya (dont je ne parlerais pas pour vous laisser la surprise), mais aussi Scaler et surtout les Trentes. Et tout ce petit monde, amis et ennemis inclus, va se retrouver à Skoda pour le siège de l'année.

Oui, autant le dire de suite, cela rappelle grandement Légende. La situation est quasiment la même à quelques détails près. Et pourtant, pourtant, je ne me suis pas ennuyée et je n'ai pas eu tant que ça une impression de déjà vu. Déjà parce que même si les personnages semblent aussi tenir les mêmes rôles, Gemmell a su les réinventé. On a pu trouvé le même genre de personnages, les personnalités sont différentes.  D'ailleurs, je préfére de beaucoup les personnages du Roi sur le Seuil à ceux de Légende, je les ai trouvé plus dévellopé, plus torturé aussi pour la plupart. J'ai eu un petit faible pour Tenaka, loin d'être un héros sans peur, et pour Scaler, le "lâche" de la bande. Sans oublier que monsieur Gemmell donne toujours une place importante à la femme, qui devient alors chef de guerre. Ici, elles sont trois, Renya, Valtaya et Rayvan et franchement, elles ont la classe.

Et puis, il y a les batailles. Déjà dans Légende, j'avais aimé, ici, j'aime toujours. L'auteur a vraiment un talent certain pour les décrire et les faire vivre à ses lecteurs. C'est toujours aussi bien fait, on ressent la rage, la colère, les peurs mais aussi l'espoir de la victoire. On en vient à trembler avec les personnages lorsque les Unis chargent et à crier victoire avec eux lorsque la journée se termine. Et puis, il faut l'avouer, ce siège-là est bien différent de celui de Légende. Ici point de nombreux murs à franchir pour les ennemis (même si on retrouve un peu le système) mais une ville dans les montagnes, avec ses cols et ses vallées.

Finalement, j'ai aimé le livre, qui bien qu'il ressemble à Légende est très différent. On y trouve même quelques critiques sur le racisme, entre Tenaka, mi Drenaï, mi Nadir ou encore Païen, un noir dans un monde de blancs et aussi un peu de réflexion religieuse et philosophique qu'on rencontrait moins dans Légende. J'ai aimé les personnages mais aussi la bataille, âpre et ce qui en découle. C'est de la très bonne fantasy, que l'on peut lire sans lire la suite d'ailleurs. En tout cas, je vais continuer ma découverte de cette saga avec plaisir (même si je sais que Waylander, le prochain fonctionne sur le même schéma, mais comme ça fonctionne bien...)


mercredi 22 janvier 2014

Pan'Pan Panda, une vie en douceur, Sato Horokura

Parfois, quand je vais me prendre des livres, je regarde un peu ceux pour enfants. Histoire de commencer à constituer une bibliothèque sympa pour ma fille et puis aussi parce que j'aime bien ce genre de livre. Cette fois, c'est suite à un article sur le blog de Poulette Magique que je me suis tournée vers les mangas et plus particulièrement vers ce titre. Du coup, voici donc le premier manga du blog !

Pan'Pan Panda, une vie en douceur, Sato Horokura

Editeur : Nobi Nobi !
Collection : Hors collection
Année de parution : 2013
Titre en Vo : Fuku Yomo 
Année de parution en VO : 2008
Nombre de pages : 112

A lire si : 
- Vous aimez les dessins tout doux
- Vous aimez les petites scènes de vie
- Vous aimez les pandas

A ne pas lire si :
- Vous voulez un manga adulte
- Vous n'aimez pas les histoires naïves

Présentation de l'éditeur : 

Panettone, que tout le monde appelle Pan’Pan, est un panda qui travaille comme gardien à la résidence Kanda. Il habite avec Praline, une fillette débrouillarde qui lui prépare les meilleurs petits plats. Chacun veille ainsi l’un sur l’autre et s’entraide dans tous les moments de la vie : qu’il s’agisse de choisir un nouveau foulard pour Pan’Pan, d’accueillir les nouveaux voisins ou encore de préparer les fêtes de Noël.
Au fil des pages, le petit monde de Pan’Pan et de Praline s’enrichit de personnages tout aussi attendrissants (Rose en admiration devant le panda, Paprika la tête de mule…) qui viennent mettre de l’animation dans leur quotidien !

Mon avis

Première fois que je donne un avis sur un manga par ici et j'avoue ne pas trop savoir comment commencer. Du coup, commençons par l'histoire.

Dans ce tome, nous suivons donc les aventures de Panettone, un panda et de Praline, petite fille vivant avec lui. Il est divisé en plusieurs scénettes, racontant un bout de vie de ces deux-là. Petit à petit d'autres personnages vont entrer en scène, d'abord la petite Rose, puis Flore, nouvelle locataire de la résidence et enfin sa sœur Paprika. Ainsi nous les suivons dans leur quotidien, ce qui nous permet aussi de voir un peu ce qu'il se passe au japon. De plus, les petits scènes sont particulièrement mignonnes et naïves, ce qui peut en dérouter certain qui les trouveront parfois trop naïve. Mais du coup, cela en fait un parfait manga pour les enfants.

 Et cela est confirmé par les dessins de la mangaka (l'image est prise du site de la maison d'édition Nobi Nobi). Déjà, toutes les pages sont colorisées, dans des teintes douces. Ensuite, les dessins sont très ronds, et mignon à souhait. Ils sont aussi très détaillés sur certaines cases.

L'éditeur compare le manga aux films de Myazaki, plus particulièrement à mon Voisin Totoro et j'avoue qu'elle n'a pas tout à fait tord. Personnellement, ça m'y a fait penser, surement à cause de l'amitié entre le panda et la petite fille, qui m'a fait penser à celle de Totoro et de Mei dans le film (il faut que je l'achète d'ailleurs pour le montrer à ma fille, je suis sure qu'elle va aimer). D'ailleurs, c'est quelque chose de fréquent au japon de montrer une telle amitié entre un enfant et un animal parlant. 

J'ai aussi apprécié les petits bonus, qui permette eux aussi d'en savoir un peu plus sur la culture japonaise. C'est agréable de pouvoir se rendre compte des petites différences entre la notre et la leur. 

Au final, j'ai beaucoup aimé cette lecture, qui comme le nom l'indique est tout en douceur. Quant à ma fille, elle a aimé les images apparemment. La série se compose de 8 tomes en VO, pour le moment, seul un tome est sortie en France et le second semble prévu pour le mois d'Avril.

mardi 21 janvier 2014

Punk's Not Dead, Anthelme Hauchecorne

J'ai pris ce livre après avoir lu la chronique de Dup sur Book en stock et aussi parce qu'entre le nom et la couverture, j'étais sure que ça allait me plaire. Et effectivement, ce Cercueil de nouvelles, comme le nomme son auteur m'a beaucoup plus.

Punk's Not Dead, Anthelme Hauchecorne

Editeur : Midgard
Collection : /
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 456

A lire si :
- Vous voulez des thèmes punks
- Vous aimez l'humour
- Vous voulez une belle écriture

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez pas de thème sombre
- Vous voulez un roman

Présentation de l'éditeur : 

À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombi ? Qu’adviendrait-il si le QI des Français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, l’an 1789version 2.0 ?
Est-il bien sage pour un succube de s’amouracher d’un simple mortel ?
Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ?
Et si La Mort s’accordait un repos mérité ?
Treize nouvelles. Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux.
Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…
De toute évidence, ce recueil a été écrit pour vous.

Mon avis

Avant de parler du contenu, parlons un peu du contenant. Si l'illustration de couverture mise par ici semble bien terne et sombre, ce n'est pas le cas en vrai. Le personnage est en surbrillance, les ombres et les lumières magnifiques. Nous devons cela à Loïc Canavaggia, qui non content de faire la couverture, a aussi illustré les nouvelles de ce recueil. Et les dites illustrations, en parfaite adéquation avec les nouvelles sont tous aussi belles que la couverture. En témoigne la première que je vous met dans l'article. De plus, chaque "chapitre" des nouvelles est séparés du précédent par de petits dessin tout autant travaillé.

Passons maintenant au contenu. D'abord dans son ensemble. L'écriture d'Anthelme Hauchecorne m'a beaucoup plus. C'est un savant mélange qu'il nous livre, entre poésie et horreur. Il écrit de manière poignante, touchante des thèmes durs. J'ai beaucoup apprécié cette manière qu'il a d'écrire, dans un style qui pourrait paraitre un peu vieillot parfois mais qui donne sa force à ses textes.

Et puis, comme souvent lorsque j'y est droit dans un recueil, j'ai apprécié avoir la genèse des nouvelles, le pourquoi du comment. Et même là, l'auteur nous montre à quel point il maitrise son style et son écriture. Même ces parties sont belles.

Passons à présent aux nouvelles elles-mêmes. Elles sont treize en tout. Treize nouvelles différentes les unes des autres mais avec un thème commun, le punk, sa mythologie mais aussi cette envie de liberté qui le dépend si bien.

Decembre aux cendres :
Première nouvelle et aussi gros coup de cœur pour moi. Nous voilà dans une Budapest dévastée, à suivre la jeune Eva. Pour pouvoir aider sa mère malade, elle va devenir scorpailleuse. Mais dans les ruines de Budapest, rien n'est facile et beaucoup de secrets se cachent. Cette nouvelle nous plonge directement dans ce que va être le recueil. Elle est sombre, très sombre, elle est triste aussi. En quelques pages, nous sommes plongés dans une terre d'apocalypse à la suite d'une enfant qui va devoir grandir bien trop vite. L'espoir grandit pourtant tout au long de la nouvelle, jusqu'à l'évènement qui semble tout bouleversé. Pourtant, quelque part, l'espoir survit. J'ai vraiment été touché par Décembre aux cendres.

Sarabande Mécanique
Moi qui aime le Steampunk, j'ai été servie dans cette nouvelle. Nous voilà spectateur d'un étrange duel au disrupteur à vapeur dans une colonie spatiale Anglaise. J'y ai trouvé l'humour typique british qui va parfaitement avec le thème. De plus, la nouvelle est pleine d'énergie, de vie, de rebondissement et sa chute est, je trouve, parfaite.

No future
L'apocalypse a eu lieu. Le monde est mort. Nous voilà à le découvrir par les yeux d'un punk Zombie. Voilà une nouvelle pour le moins intéressante sortant des sentiers battus du post-apo zombie. Pas de mélodrame, de pleurs ou de "si nous avions fait ça autrement...". Johnny Roten nous raconte sa façon de voir ce qu'il se passe suite à l'apocalypse de manière très rock. J'ai d'ailleurs apprécié la manière dont il le fait, avec tout plein de reférence à la musique punk. La nouvelle fonctionne du coup parfaitement.

C.F.D.T.
Avec un nom pareil, je me suis demandée ce que j'allais pouvoir lire. C.F.D.T. est un texte hilarant, reprenant les classiques de la fantasy pour mieux les détourner. Et cela fonctionne parfaitement, faisant de cette nouvelle la plus marrante du recueil. 

Sale petite peste !
Celle-là ne pouvait que me plaire. Elle met en scène la Mort, celle de Pratchett. Au début, j'ai eu un peu peur de ne pas apprécier. J'aime la Mort chez Sir Terry Pratchett, je ne savais pas si j'allais l'aimer écrite par une autre personne. Et en fait, Anthelme Hauchecorne reprend tout ce que j'aime du personnage tout en ce l'appropriant parfaitement. Ici, nous avons donc une Mort stressé, surmené, à l'aube de la dépression. J'ai retrouvé un humour à la Pratchett mais pas que. Je dis un grand bravo à l'auteur pour ça d'ailleurs. Il a vraiment su faire de ce personnage SA Mort et non une vulgaire reprise de celle de Pratchett.

Les Gentlemen à Manivelle
Une nouvelle SF encore une fois. Ici, nous découvrons un monde où l'humain est assisté par des machines pour tout et n'importe quoi. A tel point que finalement, l'homme devient paresseux et surtout dépendant des robots. Je pense qu'il s'agit ici de la nouvelle la plus classique du recueil, parce que le thème homme/machine est très souvent abordé. Pourtant, elle reste original par son mordant et son humour. Elle n'est pas pour moi la plus marquante du recueil.

La Guerre des Gaules
Cette nouvelle est présentée sous forme d'interview pour un documentaire suite à la fameuse Guerre des Gaules. Nous découvrons donc une France qui suite à l’élection du partie National Français plonge dans le chaos le plus total, se morcèle en régions autonome, pour ensuite revenir petit à petit sur le devant de la scène grâce au Darwinisme, qui a permit à beaucoup de Français de voir leur QI augmenté. C'est une nouvelle particulièrement engagée, qui donne pas mal à réfléchir sur certains points de la politique actuelle. Sa narration et surtout les divers éléments qu'elle met en avant en font une nouvelle très forte.

Voodoo Dolls
Comme pour Gentlemen à Manivelle, cette nouvelle est assez conventionnelle. Elle nous entraine à la suite d'un privé dans les bas-fond Lyonnais. Ce qui en fait son originalité reste l'origine du dit privé et la culture vaudou qui berce le texte. Par contre, j'ai été un peu déçue de la chute, trop prévisible. C'est dommage, elle reste tout de même une bonne nouvelle servie par une écriture magnifique.

De profondis
 Pour survivre, les dragons se sont cachés dans les océans, mutant leurs corps pour survivre dans les abysses. Pourtant une nouvelle menace vient troubler leur quiétude. Plusieurs petits dragons ont disparu, l'enquête commence. J'ai apprécié cette nouvelle à la fin peut-être trop prévisible. L'univers y est complexe, on sent que l'auteur s'est vraiment documenté avant d'écrire, du coup, tout semble particulièrement vraie. On trouve aussi une pointe d'écologie (d'ailleurs, la nouvelle est dédiée aux membres de Sea Shepherd, un organisme militant pour la survie des océans), un constant déplaisant sur ce qu'il se passe sous la surface de l'eau à cause de l'humanité. Bref, une nouvelle des plus interessante et surtout fascinante

La Ballade D'abrahel
Cette histoire est tiré d'un vieux conte Lorrain. Ici, nous suivons Abrahel, succube de son état, à la recherche d’âmes pour acheter un collier qui lui a appartenu. J'ai apprécié la mythologie de l'histoire, qui met en scène la Chute des Anges en Enfers à la suite de Lucifer. J'ai aussi aimé le personnage d'Abrahel, ange déchue qui a tendance à aimer les humains (ça change un peu de ce que l'on lit d'habitude). C'est parfaitement mené, très plaisant à lire et l'histoire sort des sentiers battus (ainsi que du conte originel que l'on retrouve d'ailleurs à la suite).

Le Buto Atomique
Encore une nouvelle écologique, dénonçant le nucléaire cette fois. Un patient conte à son médecin comment il a guéri mais surtout ce qu'il s'est réellement passé le jour où il a été atteints de son empoissonnement. J'ai aimé le thème, le fait que la sorcière use de la danse pour jeter son sort. J'ai aimé l'écriture parfaite mettant la danse en valeur. Par contre, j'ai moins aimé la nouvelle. Va savoir pourquoi. Peut-être parce qu'il manquait une touche de merveilleux, un peu plus d'espoir. Peut-être parce que je n'ai pas non plus aimé le narrateur. C'est dommage, parce que cette nouvelle, stylistiquement, avait tout pour plaire.

La grâce du Funambule.
Voilà la seule nouvelle qui ne fait pas partie de la SFFF du recueil. Cela ne lui enlève rien, elle est tout aussi bonne que les autres. D'ailleurs, elle m'a particulièrement touché. Nous suivons un jeune homme, homosexuel (c'est important pour le reste de la nouvelle), dans le Roubaix de la mode. Il vit pour son rêve, marchant sur la corde raide dans tous les domaines pour arriver à ses fins. C'est un homme perdu finalement que nous suivons. Perdu dans son monde. C'est une nouvelle touchante, mais aussi désabusée et très sombre. C'est aussi une nouvelle contre l'homophobie, la peur de l'inconnu. Elle fonctionne parfaitement et même si elle fait partie de la littérature blanche, elle a parfaitement sa place ici.

Le roi d'Automne
Dernière nouvelle du recueil, la plus longue aussi. Ceux qui ont lu le premier tome du Sidh, série de l'auteur, ne seront pas perdu. Ceux qui ne l'ont pas lu, comme moi, ne le seront pas non plus. L'auteur nous décrit le monde de la nouvelle au fur et à mesure, nous permettant de le découvrir en même temps que ses personnages. Nous voilà donc à parcourir l'En-deçà en même temps que les deux protagonistes durant une quête initiatique leur permettant de passer à l'âge adulte. L'intrigue y est développée à l’extrême et surtout complexe. L'univers est tout aussi détaillé, sombre et mystérieux. On se laisse prendre par l'histoire qu'on dévore en un tour de main. A la fin de ma lecture, je n'avais plus qu'une envie (que j'ai toujours), lire le Sidh.

En conclusion, voilà un recueil que je recommande vraiment, à l'écriture parfaitement maitrisé et aux thèmes bien traités. Malgré la noirceur qui peut en ressortir, on y trouve beaucoup d'espoir, d'humour aussi. C'est cynique, mordant. L'auteur nous emporte dans son univers de manière plaisante, pas du tout déprimante. J'ai passé un agréable moment à le lire, même si certaines nouvelles m'ont un peu moins plus. Chose de sure, je vais continuer ma découverte des écrits de l'auteur.