mercredi 19 février 2014

Lady Bang and the Jack, Les Foulards Rouges, épisode 1, Cécile Duquenne

Qui s'est qui a téléchargé son epub à 6h15 ce matin juste après le cauchemar de sa fille et qui s'est mise à lire de suite le premier épisode des Foulards Rouges alors qu'elle a déjà un epub en cours (et presque fini) ? C'est bibi ! Ben oui, je suis comme ça moi lorsque Cécile Duquenne sort un nouveau livre. Je ne peux m'empêcher de le lire dès qu'il est là.

Lady Bang and the Jack, Les Foulards Rouges, épisode 1, Cécile Duquenne

Editeur : Bragelonne
Collection : Snark
Année de parution : 2014 (aujourd'hui, même d'ailleurs)
Format : epub

A lire si :
- Vous voulez un monde SF/western/steampunk
- Vous voulez une héroïne avec un sale caractère
- Vous voulez du dépaysement

A ne pas lire si :
- Vous voulez des héros tout gentils
- Vous n'aimez pas le sable

Présentation de l'éditeur

Plongez avec Lara dans l’enfer de Bagne, planète-prison où le danger se cache partout, au cœur de chacun de ses sinistres habitants, et même derrière chaque goutte d’eau, chaque ressource naturelle de cette terre irradiée.
Sur Bagne, Lara traverse les étendues désertiques pour remplir ses contrats et ses missions. Car Lara est une Foulard Rouge, appelée à faire régner la loi à grand renfort de balles. Et sur cette planète-prison où les deux-tiers de la population sont des hommes, anciens violeurs ou psychopathes, c’est une vraie chance pour une jeune femme comme elle de ne pas avoir fini dans un bordel. En plus, elle fait son boulot plutôt bien – on la surnomme même Lady Bang. Mais Lara n’a pas obtenu ce job par hasard – tout comme elle n’a pas atterri dans cet enfer par hasard. Elle doit tout ça à quelqu’un en particulier, quelqu’un à qui elle en veut profondément... et qui, pourtant, a peut-être quelque chose de nouveau à lui offrir, une chose qui n’a pas de prix. Acceptera-t-elle de baisser un peu sa garde pour écouter ce que son envoyé, le mystérieux Renaud, a à lui proposer ?

Mon avis

J'adore tout ce qu'écris Cécile. Depuis que j'ai découvert son blog et le premier tome des Necrophiles Anonymes, j'ai lu tout ce que je pouvais d'elle et je continuerais à le faire. J'aime sa façon d'écrire, de naviguer entre divers genres, de se renouveler à chaque fois. Après avoir lu des textes fantasy (Entrechat), du fantastique (Les Nécrophiles Anonymes 1 et 2), des nouvelles fantastiques (Les deux Orfèvres et Voler (de ses propres ailes)), je me plonge à présent dans sa vision de la SF avec un feuilleton numérique qui envoie du lourd pour ce premier épisode.

Cette fois, Cécile Duquenne nous entraine dans un monde pas vraiment ultra plaisant à la base, Bagne, une planète prison où le sable et la violence règne en maitre. Sur cette planète à l'allure de western matiné de Dune (pour le sable), vivent les pires voleurs, violeurs, assassins, psychopathes du monde. Tous sont là parce qu'ils se sont fait choper et que Bagne correspond à la peine de mort. Alors forcément, l'ambiance n'est pas celle d'un camps de vacances et la survie devient la préoccupation numéro un des gens qui s'y trouvent. Du coup, certains ont trouvé plus sympa d'essayer de faire une Fédération, une sorte d'état qui ressemble tout de même vachement à une dictature. Ainsi sous le règne du Capitan, certaines personnes se sont vus offrir une fonction. D'abord, il y a les Foulards Rouges, ceux qui "préservent" la loi, puis les Foulards Gris (banquier), mais aussi les Foulard Roses, soient les femmes qui attirisent sur Bagne et qui se trouvent d'office dans la catégorie prostituée. Et puis, il y a les autres, ceux qui n'ont pas de fonction, si ce n'est survivre. C'est dans cet environnement là que l'on rencontre Lara, dite Lady Bang, Foulard Rouge de son état. Alors qu'elle s'aquitte d'une mission de nettoyage, elle va faire la rencontre de Renaud qui va lui proposer quelque chose qui ne se refuse pas comme ça.

Alors après cette introduction, je me demande par où je vais bien pouvoir commencer. Peut-être par Bagne déjà. Parce que la planète est plus qu'un décors, elle est aussi personnage de ce premier épisode. Nous la découvrons petit à petit. Ce n'est pas une planète de tout repos, nous le savons. J'ai particulièrement aimé ses paysages, du sable à perde de vue et de temps à autre une ville dépotoir. Assez paradoxalement, ça m'a un peu fait penser à la Terre envahi par les eaux de Waterworld (film navet avec kevin Costner) pour l'organisation de la chose (surtout celles des "villes"). Mais Bagne n'est pas le seul personnage, et du côté humain, nous avons un lot plutôt interessant. Déjà Lara et son mauvais caractère. Une héroïne forte dont on ne sait pas grand chose au final durant ce tome, si ce n'est qu'elle aime être seule et qu'en plus d'être une fine cachette, elle est aussi mélomane. Ensuite, il y a Renaud, encore plus mystérieux que Lara qui lui aussi nous cache surement un truc de louche (j'ai envie de dire comme tout le monde sur Bagne en fait). Et puis, il y a le Capitan. Même si on ne rencontre pas vraiment le personnage dans ce premier tome, on se doute fortement qu'il va nous amener son lot de surprise et surtout qu'il est pas mal important.

Mais Cécile sait aussi que de bons personnages ne font pas tout. Elle nous livre donc une bonne histoire avec ça, que nous ne faisons pour le moment qu'entrevoir, une histoire qui je suis sure va être remplie d'aventure pour les "héros" de la série, de mystère, de faux semblant, de pleins de chose que j'aime. Elle nous en donne un très bon aperçu sur ce premier épisode d'ailleurs. Tout cela, elle nous le livre en y mélangeant aussi de l'humour, des références culturelles aussi (la chanson qu'écoute Lara dans son camion par exemple) et surtout une belle écriture, simple et efficace. En plus de ça, elle a décidé de donner un ton steampunk au tout (il n'y a qu'à voir la couverture d'ailleurs pour s'en rendre compte), qui donne un plus à la lecture (on n'a jamais assez de Steampunk dans la vie)

Au final, au lieu de continuer ma lecture de Mercy Thompson à la suite de celle-ci, j'ai entamé le second épisode... Je suis incorrigible, mais c'est tellement bon !

Ah, et j'allais oublier, ce premier épisode est en téléchargement gratuit. C'est une bonne occasion pour découvrir Cécile et sa série mais aussi ce que fait Bragelonne avec sa collection Snark.

Nos Etoiles Contraires, John Green

Voilà un livre qui y restait un moment dans ma Wishlist, n'arrivant pas à le trouver chez ma libraire jusqu'au jour où je me rende compte que c'était du Young Adult et que donc, je le trouverais dans les rayons "livres pour ados". Il ne sera pas resté longtemps dans la PAL, celui-là par contre, histoire de compenser son attente plutôt longue


Nos Etoiles Contraires, John Green

Editeur : Nathan
Collection : /
Année de parution : 2013
Titre en VO : The Fault in Ours Stars
Année de parution en VO : 2012
Nombre de pages :  323

A lire si :
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous avez envie d'un récit qui ne tombe pas dans le pathos exagéré mais qui laisse beaucoup de place aux sentiments

A ne pas lire si:
- Vous ne voulez pas d'histoire sur le cancer trop déprimante (en même temps, comment ne pas tomber dans la déprime lorsqu'on a le cancer ?)
- Vous voulez un récit "scientifique" du cancer

Présentation de l'éditeur : 

Hazel, 16 ans, est atteinte d’un cancer. Son dernier traitement semble avoir arrêté l’évolution de la maladie, mais elle se sait condamnée. Bien qu'elle s'y ennuie passablement, elle intègre un groupe de soutien, fréquenté par d'autres jeunes malades. C’est là qu’elle rencontre Augustus, un garçon en rémission, qui partage son humour et son goût de la littérature. Entre les deux adolescents, l'attirance est immédiate. Et malgré les réticences d’Hazel, qui a peur de s’impliquer dans une relation dont le temps est compté, leur histoire d’amour commence… les entraînant vite dans un projet un peu fou, ambitieux, drôle et surtout plein de vie

Mon avis

Lorsque je galère à écrire les "A lire si/A ne pas lire si" comme aujourd'hui, c'est que je sais que je vais avoir du mal à parler du livre. Parce qu'il m'a plu, parce que je lui vois aussi des défauts et parce que sur un livre comme celui-ci, sur un sujet pas franchement joyeux, il est toujours dur de donner des envies (ou non) de lecture à celui qui va lire l'avis. Mais avouons que Nos Etoiles Contraires est un livre qui peut être lu par tous et qui touche surement énormement de monde par son sujet principal, le cancer.

L'histoire d'Hazel n'est pas celle de toutes les adolescentes de seize ans. Hazel a un cancer et elle doit vivre avec cette épée de Damocles, parce que son cancer, bien que stable, finira par la tuer. Pour elle, il n'y aura pas de rémission. Pourtant, malgré les idées noires et les moments durs, elle essaie encore de vivre, aider par ses parents et par sa bonbonne d'oxygène. En fait, si on lui enlève la dite bonbonne, on peut avoir l'impression d'avoir une fille normale, avec les problèmes de l'adolescence. Parce qu'elle s'en donne la peine, parce que se morfondre n'est pas forcément la bonne solution pour vivre. POur faire plaisir à sa mère, elle va à un groupe de soutien. Elle y rencontre Augustus Waters, lui aussi cancéreux, mais en rémission. Il a vécu le pire, il prend la vie comme elle vient. Entre tous les deux, dès le départ, il y a attirance. Nous allons les suivre durant quelques mois, découvrir avec eux le cancer, la maladie, les sacrifices, les joies... 

Je ne dirais pas que le livre est juste. Je ne dirais pas non plus qu'il est vraiment très bon ou super émouvant. Parce que ce n'est pas vraiment ce que j'en ai pensé. Oui, il y a de l'émotion, mais pas de là à me faire verser des larmes, même si, à la fin, j'ai eu une boule dans la gorge. J'ai souvent eu l'impression que l'auteur voulait trop jouer sur la corde de l'émotion, et du coup, ça plombe un peu tout. C'est trop parfois, là où j'aurais préféré quelque chose de plus soft, de moins pleurnichard. Surtout qu'il faut avouer qu'Hazel et Augustus sont aussi très doués pour faire de l'humour, et pas que sur leur maladie. C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus plaisants du livre, cette façon qu'ils ont de voir la vie du bon côté, la plupart du temps, de ne pas se laisser tomber dans la déprime et les idées noires. Cette façon de vivre le peu qu'ils leur restent comme si de rien n'était, malgré le cancer, les examens, les médocs et tout ça.

Tout cela est mené par une écriture agréable et simple. John Green a un style plaisant, direct. Mais il a aussi une histoire dont la fin se devine très vite, que se soit pour les deux jeunes héros du livre (l'histoire d'amour m'a presque paru de trop d'ailleurs, tant j'ai apprécié le début de leur relation) ou pour la petite histoire en plus, celle avec l'auteur Van Houten qu'ils iront rencontré (que l'on devine bien trop tôt). En même temps, je n'ai pas lu ce livre pour avoir un suspens insoutenable, donc ce n'est pas si gênant. Et puis le livre se lit seul, rapidement (parfois trop). Le texte rend les personnages plus vivant, plus proche de nous et nous fait oublier les défauts qu'il comporte.

Au final, je ne suis pas sortie chamboulée par ma lecture, je n'en suis pas sortie déçue non plus. J'ai aimé lire ce roman sur la vie, la mort, les relations avec les autres. Je ne suis pas sortie déprimée de cette lecture (ça aurai pu vu le sujet), je n'en suis pas non plus sortie avec un grand espoir sur la vie. Juste j'ai ressenti de la paix intérieure, comme Hazel, un petit moment de grace en lisant les deux dernières lignes. 

Pour finir, voici quelques extraits du livre. Je n'en mets pas souvent, je devrais revoir un peu ça sur les avis :

"J'ai l'impression d'être une grenade , maman. Je suis une grenade dégoupillée et, à un moment donné, je vais exploser. Alors j'aimerais autant limiter le nombre de victime, OK?  "

"Fût-ce le contraire ,vos étoiles n'aurait pas été aussi contrariées,mais c'est dans la nature des étoiles d’être contrariée ."

"Tu m'as offert une éternité dans un nombre de jours limités, et j'en suis heureuse."

lundi 17 février 2014

Gagner la Guerre, Jean Phillipe Jaworski

Pour Noël, ma grand mère m'a dit, tu prends n'importe quel livre à la librairie. Je me suis dis super, je vais pouvoir m'offrir l'édition de Gagner la Guerre qui me fait rêver (tirée à 2000 exemplaires sans nouveau tirage, juste magnifique). Faut dire qu'elle semblait m'attendre cette édition, plus de trois mois qu'elle me faisait de l’œil et que personne ne l'avait acheté. Et franchement, je suis bien contente de l'avoir pris, pour l'objet mais aussi pour l'histoire.

Gagner la Guerre, Jean Phillipe Jaworski

Editeur : Les moutons Electriques
Collection :  Bibliothèque Voltaique
Année de parution : 2013
Nombre de pages : 682 

A lire si : 
- Vous aimez les récits à la première personne
- Vous aimez les récits d'aventure
- Vous aimez aussi les intrigues

A ne pas lire si :
- Avoir un "héros" pas très gentil vous ennuie
- Les intrigues politiques vous dérangent

Présentation de l'éditeur :

Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…

Mon avis

Avant de parler du contenu, je veux parler du livre. Comme je le disais dans l'introduction de l'article, ma grand-mère m'a donc offert une superbe édition de Gagner la Guerre. Le truc que je mets en valeur dans ma bibliothèque et qui l'a met en valeur tellement elle est belle cette édition. Je n'ai appris qu'après avoir ouvert le livre que l'édition ne comptais que 2000 exemplaires et qu'elle ne serait tirée qu'une seule fois. C'est un livre beau. Mais très beau. Blanc, avec sa tranche vermillon, son titre embossé, son illustration qui ressort vraiment et son petit signet blanc, c'est vraiment l'objet de collection. Et que dire de l'intérieur ? C'est tout aussi beau. Les pages sont agréables (quoique peut-être un peu trop blanche), épaisse, à la police agréable. D'ailleurs, pour mieux s'en rendre compte, voici le lien vers la page du livre sur le site des Moutons Electriques.

A présent passons à l'histoire. Nous suivons Don Benvenuto Gesufal, assassin et membre de la Guilde des Chuchoteur après la bataille qui donna la victoire à l'armée de Cuidalia sur Ressine. Notre ami est mandaté par son patron, le Podestat Ducatore pour conclure quelques accords secret avant les accords plus officiels. Et cela n'est que le début de ce qui sera fait dans le secret (ou non) par les vainqueurs pour se partager le gâteau. Autant dire que pour moi, grande amatrice d'intrgues, ce roman est un vrai petit bijoux à lire.

Et pas seulement pour les intrigues d'ailleurs. Le personnage de Benvenuto dont nous lisons les mémoires, est un sacré bonhomme. L'homme n'est absolument pas blanc, c'est un assassin, un brigand, un manipulateur et même nous, lecteur, il nous manipule. Pourtant, on en vient à pas mal l'apprécié, faut dire qu'il a tout de même un certain panache et qu'on en vient à s'attacher à lui. Surtout qu'il ne nous cache pas grand chose de son état physique, ainsi dès le départ, il nous fait par de son mal de mer ou de ce que lui font ses blessures. Il garde par devers lui beaucoup d'autres choses, surement bien plus importante que nous viendrons à découvrir de nous même. Quant aux autres personnages, même si c'est lui qui nous les décrit, et pas forcément sous leur meilleur jour, ils sont tout aussi intéressants et plein de mystère. Mais là aussi, je soupçonne Benvenuto de ne pas nous en dire assez... Tout comme il ne nous raconte pas tout de Ciudalia.

La ville est elle-même un personnage du roman. Ciudalia ressemble à une ville italienne, et les descriptions que notre héros nous en fait sont justes magnifiques. J'ai même eu parfois l'impression d'y voir ma propre ville (un port dont la moitié si ce n'est plus des habitants ont des origines italiennes...) tellement l'ambiance portuaire et maritime y est parfaitement retranscris. La ville est importante dans le récit, c'est pour elle que tout est fait, que se soit de la part de Benvenuto ou de son patron et de ses ennemies. Elle tient un peu office de la maitresse à qui l'on offre ce qu'il y a de mieux, pour qui ont ferait toutes les concessions possibles.

Et tout cela, les personnages, les intrigues, les aventures, la ville sont écrit d'une manière des plus plaisantes par monsieur Jarowski. Il nous fait entrer dans l'univers de son héros sans fioriture, écrivant comme parlerait Benvenuto, ni trop recherché ni en même temps trop "populaire". Comme je le disais, ses descriptions sont vivantes, plaisantes à lire, les combats sont âpres et parfaitement "documentés" (oui, nous avons droit au sang et aux tripes, mais aussi à des descriptions des coups plutôt pas mal et très imagés). Sans parler de l'intrigue et des intrigues qui m'ont fait prendre quelques mauvaises pistes, même si à la longue le Benvenuto, on commence à le connaitre (ce qui n'est pas le cas des autres personnages qui nous reservent pas mal de surprise).

Au final, je n'est qu'une chose à dire, ce Gagner la Guerre a été un énorme mais alors énorme coup de cœur. J'y ai trouvé tout ce que j'apprécie dans un livre, de l'action, de l'humour, des intrigues, une ville magnifique et une histoire complexe qui ne laisse pas indifférent.

jeudi 13 février 2014

Passeurs d'Ombres, l'intégrale, Anne Rossi

J'avais vu un avis sur cette série numérique sur le blog de Cécile Duquenne, 100 %SFFF (le blog à ne pas suivre si tu ne veux pas voir ta PAL ou ta Wishlist prendre une vingtaine ou plus de bouquin en plus). Ce qu'en disait Cécile m'avait bien plu et du coup, lorsque je cherchai un nouveau livre numérique, je me suis prise l'intégrale.

Passeurs d'Ombres, l'intégrale, Anne Rossi

Editeur : Numeriklivre
Collection : Numerikserie/45 minutes
Année de parution : 2013
Format : epub

A lire si : 
- Vous aimez les séries
- Vous voulez une grande diversité dans les personnages et surtout dans leur origine
- Vous voulez de la romance soft

A ne pas lire si :
- Vous voulez beaucoup de suspens
- Vous ne voulez pas de magie

Présentation de l'éditeur :

Dans un monde sans soleil où seule la chaleur monte du sol, des hommes et des femmes courageux appelés les passeurs d’ombre sont les seuls humains capables de transiter d’une ville à l’autre pour vendre leurs marchandises et escorter les voyageurs. Les Terres Noires sont peuplées de créatures dangereuses appelées les Surnaturels. Les passeurs d’ombre, même au péril de leur vie, savent comment les éviter et souvent comment les affronter. Découvrez dans cette série fantasy captivante, la destinée de ces hommes et de ces femmes d’exception.

Mon avis

La collection dont est tiré cette série nous promet des histoires qui se lisent en quarante cinq minutes environ (plus ou moins suivant le lecteur). Alors, non, je ne me suis pas chronométrée mais je pense qu'effectivement c'est bien le cas. Et pourtant, en quarante cinq minutes, ce qui peut paraitre court, les sept épisodes de cette série nous dévoile une vraie histoire avec des personnages complexes, tout comme l'univers. Le seul point faible reste tout de même que tout s'enchaine rapidement, des fois un peu trop pour certaines choses. Mais en lisant ce genre de livre, je savais finalement à quoi m'attendre. Du coup, cela ne m'a pas dérangé plus que cela, et je pense que si le lecteur est habitué au format court, ça ne le dérange pas plus.

Passons à présent aux histoires des épisodes, sans toutefois trop rentrer dans les détails, ça je vous le laisse découvrir. Nous avons donc sept épisodes de romance fantasy. Nous suivons durant ses sept épisodes ce qui sera la partie féminine d'un futur couple. A chaque nouvel épisode, une nouvelle héroïne et donc un nouveau petit couple. Nous ne sommes pas vraiment perdue dans les personnages puisque Passeurs d'Ombre se veut aussi être le récit d'une famille. Ainsi l’héroïne du premier tome, qui sera finalement une espèce de fils conducteur entre les autres, apparaitra quasiment à chaque épisode. Cela en fait presque une petite saga familiale. Mais cela a surtout l'avantage de voir les personnages évolués, mais vraiment, que se soit eux ou leurs histoires d'amours.

Oui, parce que Passeurs d'Ombre reste de la romance. Assez soft d'ailleurs, ce qui n'est pas forcément pour me déplaire, personnellement. Les femmes de la série trouvent l'amour à chaque fois. Alors, oui, on s'y attend la plupart du temps, mais c'est pourtant très bien fait. Surtout qu'Anne Rossi ne choisit pas la facilité puisqu'elle associe généralement les héroïnes humaines à des surnaturels. Ainsi dès le départ, Eliane tombera amoureuse de Capricorne, un demi-faune. Nous croiserons d'ailleurs un bon nombres de surnaturels, du faune, de l'efrit, en passant par les vampires, les ondins, les dragons et autres. J'ai beaucoup aimé le mélange des espèces, cette manière dont Anne Rossi nous montre que l'on peut s'entendre et même trouver l'amour entre diverses "espèces". Une jolie leçon de tolérance, surtout que la série s'adresse pas mal aux adolescents.

Mais Passeurs d'Ombre n'est pas que de la romance non plus. J'ai beaucoup apprécié l'aspect fantasy de la série. Tout d'abord sa diversité au niveau des créatures surnaturelles, comme je le disais plus tôt, mais aussi le monde qu'elle nous peint et même certaines quêtes. L'auteure m'a donné envie de découvrir les Terres Noires et ce qu'elles réservent. En plus de cela, l'auteure nous donne pas mal d'occasion de sourire avec un peu d'humour, généralement très bien placé pour détendre un peu l'atmosphère.

Finalement, je trouverais un bémol dans cette série, et c'est le même que Cécile, le manque de suspens entre deux épisodes. Comme nous changeons d’héroïne, nous changeons aussi un peu d'histoire (surtout lorsque plusieurs années passent entre deux épisodes). Il n'y a pas le moindre cliffhanger (enfin un seul) entre eux. C'est vraiment la curiosité qui va pousser le lecteur a continué sa lecture, celle de savoir comment la famille va évoluer ou de quelle créature va tomber amoureuse l’héroïne. C'est bien dommage parce qu'il ne m'a pas été possible généralement d'arrêter la lecture en milieu d'épisode. En fait tout le suspens se concentre dans les épisodes eux-même qui nous tienne en haleine. 

En dernier, je parlerais d'un truc plutôt marrant dans la série et personnel en fait. Comme je le disais, la première héroine se nomme Eliane, qui est le nom de ma mère. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant le nom de sa fille... Oriana. Alors, oui, mon prénom c'est Oriane, mais tout de même, c'est assez étrange de découvrir un couple mère fille se nommant quasiment comme ma mère et moi. J'ai même demandé à ma mère si par le plus grand des hasards, elle ne connaitrait pas une Anne Rossi !

Au final, j'ai aimé découvrir la série, son monde, les femmes fortes qui la peuplent. Le petit bémol de l'absence de Cliffhanger peut être dépassé si comme moi, vous lisez l'intégrale sans coupure. D'ailleurs, je pense bientôt lire la saison 2, les Milles Royaumes.

lundi 10 février 2014

Aquatica, La trilogie Atlante, Tome 1, Corinne Guitteaud

Après avoir sorti de la PAL mon plus vieux livre papier, j'ai sorti le plus vieux en numérique. Acheté il y a deux ans, si je me souviens bien, il était à l'époque gratuit. Comme je découvrais Voy'el et que je voulais lire de la SF, je l'avais pris. Il a pris la poussière numérique. Et à l'inverse de Tout est sous controle, j'ai pas mal apprécié.

Aquatica, La trilogie Atlante, Tome 1, Corinne Guitteaud

Editeur : Voy'el
Collection : Science Fiction
Année de parution : 2009
Format : Epub

A lire si :
- Vous aimez les baleines, dauphins et autres cétacés
- Vous voulez de la SF sur une autre planète 
- Vous voulez des ET

A ne pas lire si :
- Vous voulez des personnages très developés
- Vous voulez beaucoup d'action
- Vous n'aimez pas les lenteurs


Présentation de l'éditeur : 

Sur Aquatica, à trente années-lumières de la Terre, cohabitent les Hommes, les Reens à l'apparence de fourmis géantes, et une multitude de cétacés qui ont franchis les gouffres interstellaires pour aller emplir de leurs chants les océans qui recouvrent cette planète idyllique.
Mais quand Tamara Whalings, jeune gouverneur frais émoulu des écoles vient y prendre son premier poste, elle s'aperçoit bien vite que la réalité est plus sombre qu'elle ne s'y attendait, entre anciens ennemis de l'humanité, syndicalistes surexcités et fonctionnaires imbus de leurs pouvoirs. Et puis il y a ces cauchemars qui la hantent et lui annoncent l'arrivée de pillards venus des recoins de la galaxie.
Alors, dans un univers que conduisent le jeu et le hasard, où s'affrontent des races anciennes et policées et des êtres plus jeunes à l'agressivité guerrière, les habitants d'Aquatica vont aller de surprise en déconvenue, d'émerveillement en horreur, et devoir se battre pour la survie de leur monde et de leurs races.

Mon avis

Tamara Whalings, jeune femme métisse, débarque sur Aquatica pour prendre son poste de gouverneur. Elle découvre une planète ressemblant à la Terre, si ce n'est qu'elle est couverte à plus de 90% par les eaux. Elle découvre aussi que les requins se cachent plutôt sur la terre ferme et qu'elle va bien galéré pour se faire respecter. Fort heureusement pour elle, elle va aussi se faire quelques alliés. Et elle va en avoir besoin. Parce qu'elle veut changer les choses, faire en sorte qu'humains et ET s'entendent pas trop mal, que les fermier aquacoles soient entendus et que son monde devienne plus libre. 

L'histoire de ce premier tome pose surtout, je pense, l'univers d'Aquatica. Nous y suivons son tout jeune gouverneur, Tamara, dans sa découverte de la planète mais aussi de ceux qui l'habitent. Grâce à elle, nous allons découvrir une planète que j'ai pour ma part trouver bien sympathique, avec toute cette eau et ceux qui la peuplent, baleines, dauphins et autres. Mais nous allons aussi avoir droit à tout l'aspect politique de sa fonction. Aspect qui pour une fois (moi qui aime tellement tout cela d'habitude) m'a légèrement gonflé. Pas que c'était mal fait, juste que ça prend beaucoup de place dans la première partie du livre et qu'au final, ça n'apporte peut-être pas grand chose, à part vers le milieu du livre. Autant le dire, la première partie du livre est concentrée sur Tamara, ses fonctions, les divers parties d'Aquatica. Heureusement qu'il y a aussi une partie découverte dedans, sinon, je crois que j'aurais un peu lâcher le livre. Alors oui, ça sert pas mal à comprendre ce qu'il se passe sur la planète, mais cela reste assez ennuyeux. Il ne se passe presque rien. Heureusement, la seconde partie est plus aventureuse, moins politique et surtout beaucoup plus sympathique à lire. Elle va aussi plus vite, ce qui est dommage puisque j'ai l'impression qu'elle va poser les bases de la suite, bien plus que la première partie.

Si le début de l'histoire m'a un peu déçu au  niveau de son déroulement, elle permet tout de même de découvrir les personnages. J'ai beaucoup aimé Tamara, sa jeunesse, sa force face à l'adversité. Un peu moins par contre le fait que très souvent, elle ne maitrise pas grand chose tant elle pense maitriser ses sentiments. Elle a parfois des réactions de petite fille gâtée qui ne colle pas tout à fait avec son personnage. J'ai par contre plus apprécié Ethan Leeward, ancien militaire au passé trouble. Et puis, leurs échanges, pour la plupart assez mouvementés, m'ont bien plus. Les autres personnages ne sont par contre pas assez poussés par rapport à ces deux-là, ce que je trouve assez dommage parce que certains l'auraient bien mérité (je pense à Reeds, mais aussi aux Reens, qu'on ne voit pas assez).

Aquatica, comme souvent dans les livres SF que j'ai pu lire en ce moment, c'est aussi pas mal de message. Celui sur la tolérance en premier lieux. La tolérance entre deux peuplent différents déjà, avec les humains et les Reens, tolérance envers l'autre et ses sentiments. C'est aussi un plaidoyer contre la guerre. Et puis, sur une planète comme Aquatica, on se doute qu'il y a aussi un message écologique qui pourtant n'est pas si évitant que cela. 

Au final, le livre est intéressant. Il est juste dommage qu'il soit si long au début. Il présage tout de même une série qu'y m'a l'air sympathique. Je lirais les autres tomes, voir où cela va nous mener, en espérant juste qu'ils ne souffriront pas des mêmes problèmes de lenteurs.
 

mardi 4 février 2014

De l'autre côté de la nuit, Les Enfants d'Evernight tome 1, Mel Andoryss

Cela faisait un petit moment que je n'avais pas lu un livre jeunesse, encore moins du fantastique/fantasy jeunesse. Et ça fait du bien parfois de lire un roman qui ne prend pas trop la tête.

De l'autre côté de la nuit, Les Enfants d'Evernight tome 1, Mel Andoryss

Editeur : Castelmore
Collection : /
Année de parution : 2014
format : epub

A lire si :
- Vous voulez de la jeunesse
- Vous voulez découvrir le monde des rêves
- Vous aimez suivre plusieurs personnages dans une même histoire

A ne pas lire si :
- Vous voulez des sujets graves
- Vous n'aimez pas la fantasy jeunesse
- Vous n'aimez pas les personnages enfants.

Présentation de l'éditeur : 

Pour échapper à la pension, Camille fait un vœu à la veille de son treizième anniversaire, avant de s'endormir : ne plus jamais se réveiller. Lorsqu'elle rouvre les yeux, elle découvre que son souhait s'est réalisé. La voici à Evernight, le monde des rêves. Perdue dans cet univers étrange, elle rencontre le Marchand de sable. Malgré le soutien que lui apporte le jeune homme, Camille comprend qu'elle n'est pas la bienvenue : aucun humain n'est toléré à Evernight !
D'après la bande-dessiné éponyme d'Andoryss et Yang.

Mon avis :

Avant toute chose, je ne connais la BD dont le livre est tirée. Par contre, j'ai très envie de la lire, ne serait-ce que pour découvrir l'univers d'Evernight qui m'a l'air visuellement sympathique. D'ailleurs la couverture du roman est la même que celle de la BD, ce qui nous laisse un peu entrevoir le style. Mais passons à l'intérieur du dit roman.

L'histoire est d'abord celle de Camille, jeune fille de bonne famille de l'angleterre du XIX siècle. Ne voulant pas partir en pension, elle fait le vœu de ne jamais se réveiller à la veille de son départ. Vœu qui va être exaucé et l'envoyer tout droit à Evernight, étrange monde dont elle ne connait rien. C'est aussi l'histoire des trois seuls enfants à être autorisé à vivre sur Evernight, le Marchand de Sable, le Maitre du Temps et le Veilleur de Nuit. Ils vont se croiser durant le roman à plus ou moins grande échelle. Nous faisant ainsi découvrir Evernight et son fonctionnement.

Première chose qui marque dans ce roman, c'est la richesse de l'univers. Même si nous n'en voyons qu'un apperçu, on se rend compte qu'Evernight est immense et surtout onirique (en même temps, c'est normal pour le monde des rêves, je suis d'accord). On y trouve des nuages de rêves, une mer de cauchemar, une ville construite à la fois hors et dans la mer, mais aussi les usines des trois enfants, toutes semblant immenses et majestueuses. Les habitants du monde aussi sont des plus étranges. A part les trois enfants, le reste de la population est animale. Ce sont des animaux parlant et marchant comme les humains, ayant les mêmes qualités et défauts que les hommes. Franchement, j'ai beaucoup aimé cet univers.

Ensuite, viennent les personnages, dont les fameux trois enfants, Mathias, Maitre du Temps, North, Veilleur de Nuit et Max, Marchand de Sable. On ne sait pas vraiment pourquoi eux, mais rien qu'au nom et à leur activité, on se doute qu'ils sont très importants. J'ai eu un petit faible pour Max, le garçon un peu "voyou", pas mal turbulent. Les deux autres ne sont pourtant pas en reste et leurs personnalités se complètent plutôt pas mal. Il est dommage par contre que Camille soit si effacée, si fille de bonne famille. Elle en parait presque transparente par rapport aux trois autres. Les autres personnages, surtout Mac Claw qui reste le plus développé, semble être là pour la plupart juste pour faire de la figuration. A vrai dire, cela ne m'a pas non plus gêné, il y a tellement à découvrir de nos quatre humains.

Et puis enfin, il y a l'intrigue. Alors j'avais un peu peur. Parce que dans certains jeunesses, l'intrigue est simple, du moins par rapport à ce que je lis d'habitude. Je suis d'accord, elle peut paraitre simple vu qu'elle se base sur la fuite de Camille essayant d’échapper à l'Autorité. Mais en fait, ce n'est pas si simple. Alors oui, la fuite est le fils rouge, sauf qu'on découvre beaucoup de chose aussi et qu'il va en découler d'autres choses plutôt pas sympa sur le coup. Ainsi alors que la jeune fille se trouve à Riorim, une matérialisation de cauchemar va attaquer la ville et un étrange personnage va prendre la jeune fille sous son aile dans le seul but de récupérer sa montre (montre qui permet de la localiser mais de faire bien d'autres choses dont je ne parlerais pas). Du coup, une nouvelle intrigue apparait, mené par les trois enfants Evernightiens, délaissant un peu celle de Camille mais pas trop non plus. Ce qui du coup, fait que l'intrigue de ce tome n'est pas des plus simples et permet aussi de mieux se rendre compte de l'univers dans lequel nous allons évoluer pendant quelques tomes.

Au final, j'ai aimé ce premier tome, j'ai apprécié l'univers qui me semble très riche, les personnages (malgré quelques stéréotypes, faut l'avouer), ainsi que son intrigue. Le seul point un peu négatif pour moi, et encore, c'est le style de l'auteure, peut-être un peu trop simple pour moi. Il n'empêche que j'ai passé un bon moment de détente dans le monde des rêves et que j'ai bien envie d'en découvrir plus. D'ailleurs, je projette de m'acheter les deux tomes déjà parus de la BD.


Tout est sous contrôle, Hugh Laurie

Oui ! J'ai enfin lu le plus vieux livre de ma PAL. J'ai aussi compris pourquoi il était resté si longtemps dedans... 

Tout est sous contrôle, Hugh Laurie

Editeur : Points
Collection : /
Année de parution : 2010
Titre en VO : The Gun Seller
Année de parution en Vo : 1996

A lire si :
- Vous aimez le style "parler"
- Vous n'avez pas peur de vous perdre dans une histoire assez compliqué
- Vous aimez l'humour british

A ne pas lire si :
- Vous aimez docteur House
- Vous l'avez pris juste parce qu'écrit par l'interprète du dit docteur
- Vous voulez des personnages complexes

Présentation de l'éditeur :

On peut avoir un caractère de chien, un sens de la répartie assassin, mais rester, même malgré soi, un mec bien. Hugh Laurie, formidable interprète du Dr. House, a largement su le prouver sur le petit écran, il récidive avec ce thriller palpitant dont le héros, Thomas Lang est un ancien militaire d'élite qui, hormis sa Kawasaki ZZR1100, n'a pas grand chose à perdre. Aussi, lorsqu'on lui propose 100 000 dollars pour tuer Mr. Woolf, un riche homme d'affaire londonien, Thomas ne se contente pas de refuser poliment, mais pousse l'indécence jusqu'à essayer de prévenir la future victime du complot qui se trame contre lui. Une bonne intention ? L'enfer en est pavé. On retrouve dans ce thriller aussi prenant qu'un livre de Robert Ludlum, aussi décapant qu'un épisode de Dr. House, le mauvais esprit salvateur de Hugh Laurie, au service d'une intrigue passionnante et d'un personnage qu'on n'oubliera pas de sitôt.  

Mon avis :

La quatrième de couverture mise dans la partie présentation de l'éditeur n'est pas celle de mon livre, je ne le déplore pas. Trop de "Dr. House" dedans. Surtout quand on sait que le livre est sorti en VO bien avant la série elle-même (diffusé à partir de 2004). Malheureusement, en France, le livre est sorti après cette diffusion et cela lui a surement fait plus de mal que de bien. Hugh Laurie est un très bon acteur qui a su faire de son personnage de House un très bon personnage (de mon point de vue). En tant qu'écrivain, il n'est pas mauvais mauvais, il doit juste faire avec sa répudation française. Bref, passons donc au livre en lui-même.

L'histoire est celle de Thomas Lang. On lui propose tout plein d'argent pour tuer un certain monsieur Woolf, américain de son état. Il refuse. Pourtant, nous le trouvons dès les premières pages chez le dit monsieur, en plein combat avec Rayner. De fils en aiguille, ce qui semblait être un contrat plutôt "simple" va se transformer en un truc bien plus compliqué mêlant industrie des armes, terrorisme et d'autre chose s'y raportant.

Alors autant le dire, l'histoire est compliquée. Pas complexe, juste compliquée. Et assez invraisemblable dans la vraie vie. On s'y perd régulièrement. Déjà parce que c'est compliquée, mais aussi parce qu'elle est raconté par son héros et que le monsieur a tendance à changer de personnage régulièrement mais aussi à se perdre lui-même dans l'histoire. En même temps, il y a de quoi. Ca part dans tous les sens. Entre les digressions du narrateur qui nous amène dans des discours assez étranges, les ellipses, les passages qui ne servent pas forcément à grand chose, nous nous retrouvons vite à ne plus savoir où nous en sommes. D'ailleurs, en parlant des digression, j'ai souvent eu l'impression qu'elles n'étaient là que parce que la maison d'édition à dit à son auteur que le livre était trop court... 

Le style, lui, passe plutôt pas mal, si ce n'est le temps de la narration. Voilà longtemps que je n'avais pas lu un livre où les verbes sont au participe passé. Ce n'est pas le meilleur temps de conjugaison pour un roman, loin de là. J'ai même fait l'exercice pour passer des passages au passé "normal" ou au présent, ça fonctionne tout de même bien mieux. J'ai tendance à croire que la langue française est assez complexe et riche pour avoir une traduction sympathique d'un livre anglophone. Ici, je n'ai pas eu cette impression. Je ne mettrais pas cela sur le fait du traducteur, vu que je ne lirais jamais la VO, mais tout de même.

Parlons à présent des personnages. Autant, j'ai aimé au début Thomas Lang, autant il m'a gonflé rapidement. La seule chose que j'ai apprécié, c'est son humour, et encore, souvent il en fait un peu trop. Quant aux autres, et bien, ils sont pour le moins effacés et surtout très stéréotypés (le méchant ex de la CIA, la gosse de riche, le terroriste...). Du coup, personne ne met vraiment le héros en valeur, et il en perd de l’intérêt. 

Mais il n'y a pas que du mauvais dans ce livre, faut quand même le dire. Sinon, je pense que je l'aurais carrément abandonné. Déjà il y a cet humour so british que j'aime tant, ce regard cynique sur le monde qui entoure le héros. J'ai aussi apprécié les quelques critiques sur le monde de l'armement, les lobbies et autres, même si elles se perdent rapidement dans le reste de l'histoire.

Au final, le livre n'est ni bon ni mauvais, surtout dès qu'on oublie que son auteur interprète le docteur House. Il faut le prendre pour le livre d'un auteur comme les autres. Bon, j'avoue que même comme ça, je n'aurais pas non plus accroché au roman. Par contre, je suis sure qu'il ferait un bon film ou une bonne série. Il ne faut pas oublier que monsieur Laurie est avant tout scénariste.