jeudi 6 octobre 2022

Le livre jaune, Michael Roch

 De Michael Roch, je connais surtout les textes pulps qu'il a fourni à Walrus (la maison d'édition me manque d'ailleurs, j'aimais énormément ce qu'elle proposait)(et ça même si la plupart des auteurs et de leurs ouvrages ont retrouvé une maison). Il était temps que je m'attaque à ces autres textes et c'est donc chose faite avec ce Livre Jaune qui n'est pas du tout comme je le pensais.

Le livre jaune, Michael Roch

Editeur : Mü
Collection :  /
Année de parution : 2020
Nombre de pages : 142

A lire si : 
- Vous aimez l'univers Lovecraftien
- Vous aimez l'introspection 

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à de l'horrifique (à cause du Roi en jaune)

Présentation de l'éditeur : 

Un pirate s’échoue sur les rivages de Carcosa, la Cité d’Ailleurs. Persuadé d’être mort, il est amené au Roi en jaune, hanté par le souvenir de ses amours. Ce dernier lui propose de revenir à la vie s’il parvient à le débarrasser de sa malédiction.

Mon avis

Autant le dire de suite, je n'ai pas lu ce à quoi je m'attendais. Et c'est peut-être tant mieux. En fait, je ne sais pas trop quoi penser de ma lecture à cause de ça. Le problème vient de la quatrième de couverture qui met l'accent sur Carcosa et le Roi en Jaune. Les deux proviennent d'un recueil de nouvelles de fantastique et d'horreur de  Robert W. Chambers. Lovecraft y fait souvent allusion, et on retrouve dans ses textes Hastur, le roi en jaune ou le signe jaune. Il n'a pas été le seul d'ailleurs à y faire allusion, on retrouve certains point et personnages des nouvelles de Chambers chez d'autres. Souvent, c'est dans un registre plutôt horrifique d'ailleurs. Donc, pour moi, on allait avoir une novella allant dans le même sens. Ca me paraissait logique. Bon, il s'avère que la logique et moi, ça fait souvent deux et que Michael Roch a prit un tout autre parti, tout aussi intéressant.

Sauf que, le truc, c'est que je ne sais pas comment vous décrire tout ça. Déjà, je ne m'amuserais pas à en faire un résumé comme je le fais d'habitude parce que ça serait gaché votre lecture. Ensuite, j'ai comme l'impression que le texte ne sera pas tout à fait le même pour chaque lecteur. L'auteur nous entraine vers une certaine introspection avec son histoire. Ce n'est pas juste celle de ce pirate qui va tenter de revenir à la vie . Non, c'est une sorte de conte philosophique qui va entrainer le lecteur à se questionner sur plusieurs notions, l'amour, la vie, la mort mais aussi l'enferment, la solitude et j'en passe. Du coup, le récit se fait intime, aussi bien pour son personnage principal que pour le lecteur. Et j'avoue que parfois, j'ai eu un peu de mal à suivre les concepts que l'auteur met en avant. Par contre, comme souvent avec ce genre de texte, l'état d'esprit du lecteur entre en compte et je n'avais peut-être pas la concentration nécessaire. 

Mais si je n'ai parfois pas été d'accord avec ce que voulait dire l'auteur, je dois avouer que j'ai adoré sa plume. Clairement, pour moi, c'est un des gros points forts du roman. Le récit est poétique, enlevé, rythmé comme il faut. C'est super sympa à lire et je regrette presque de ne pas l'avoir fait à voix haute. Et je ne parle même pas de la richesse du langage. Franchement, ce sont quasiment 150 pages maitrisé de bout en bout qu'on lit là. Et vu le voyage que l'on va suivre, c'est des plus agréables. On entre dans l'onirisme sans toutefois se perdre dans le récit. Non, vraiment, la maitrise est là. Peut-être parfois un peu trop, rendant parfois le récit trop linéaire pour moi surtout dans les parties purement onirique. Mais ce n'est qu'un détail, vraiment.

Et puis, il y a l'univers de la novella et les références qui s'y trouvent. Bien entendu, il y a Chambers, avec le Roi en jaune, Carcosa ou encore le signe jaune (qui sépare les diverses parties du texte)(d'ailleurs, il n'y a pas de partie un à ce texte, chose que je trouve plutôt amusante en fait)(pour moi, c'est parce que la partie un, c'est la mort du capitaine). Mais il n'y a pas que ça et je suis sûre que j'en ai raté un paquet mais forcément, on retrouve Lovecraft, Dante aussi. Et puis il y l'identité de notre pirate qui m'a forcément bien fait plaisir (je n'en dirais pas plus mais ceux qui me connaissent doivent savoir pourquoi) et qui font apparaitre sa figure sous une autre lumière plutôt appréciable, je dois dire.

Au final, ce fut une découverte intéressante. Je pense que je le relirais dans quelques temps, pour mieux le comprendre. Je pense d'ailleurs qu'il fait parti de ces textes qui ont besoin d'être relu pour mieux les appréhender.

mardi 4 octobre 2022

Meute, Karine Rennberg

Je ne vais pas faire durer le plaisir, et je suis sûre que vous vous en doutez. Un bouquin qui parle de loups, ça fait toujours mouche chez moi. Et ici, c'est un immense coup de cœur. Surement celui de l'année en fait.

Meute, Karine Rennberg

Editeur : ActuSF
Collection : Bad Wolf 
Année de parution : 2022
Format : AZW

A lire si : 
- Vous aimez les histoires de loups
- Vous voulez un récit sombre
- Vous voulez être bousculé dans vos habitudes

A ne pas lire si :
- Vous ne voulez rien de violent.

Présentation de l'éditeur : 

Roman atypique lycantrope, Meute suit Nathanaël, Val et Calame. Si le premier est un loup-garou né de la violence et la solitude, le second est un humain à qui l'on a volé la voix alors que le troisième est un loupiot traumatisé, incapable d'accéder à la moindre autonomie. Ce récit fantastique est avant tout celui d'une tranche de vie, de ce moment où tout bascule entre le noir et la lumière. 

Mon avis : 

C'est marrant, mais j'ai tellement vu le roman à sa sortie que j'ai hésité à le lire. Je dis que c'est marrant parce que premièrement, il y a un loup sur la couverture, deuxièmement, ça parle de loups. Vous me connaissez pour savoir que rien que ça suffit à me faire prendre un bouquin. Mais j'ai hésité et je ne sais toujours pas pourquoi. Mais j'ai fini par le prendre, en numérique (et il y a donc de forte chance pour qu'il vienne rejoindre plus tard ma bibliothèque physique) et même là, je ne l'ai pas lu de suite. Mais c'est enfin chose faite et je regrette presque de ne pas l'avoir lu plus tôt. Parce qu'il n'a fallu que deux chapitres, même pas, pour que je sois happée dans le roman.

Il faut dire que l'autrice a trouvé le moyen de nous faire entrer dedans, brillant et à la fois très casse gueule si c'est mal fait : la narration à la seconde personne du singulier. Pour moi, à la base, cette narration, c'est celle des livres dont vous êtes le héros, que j'ai pratiqué étant jeune. Autant dire que je pars de loin et que ça faisait longtemps que j'étais pas tombée dessus. Parce qu'ils sont rares les auteurs qui osent faire ça. Mais imaginez donc le faire avec trois personnages et toujours ce "tu" pour chacun d'eux. Eh ben ça fonctionne à mort ici. Outre le fait que je me suis sentie de suite investi dans l'histoire, je n'ai ressenti aucun mal à savoir avec qui "j'étais" au moment de ma lecture entre Val, Nath ou Calame. C'est vraiment là que Karine Rennberg a été brillante : on reconnait les personnages sans le moindre problème. Ils sont tous les trois assez différents les uns des autres (bon pour Calame, c'était pas non plus compliqué) pour qu'on les différencie mais surtout pour qu'on arrive à s'attacher aux trois sans le moindre problème (du moins pour moi). 

D'ailleurs on en parle des personnages ? Comme je le disais donc, je me suis attachée aux trois, et pas forcément pour les mêmes raisons, ou alors peut-être bien que si. L'autrice a décidé de nous montrer des personnages complets, dans toutes leurs forces mais surtout leurs faiblesses. Nath et Val sont deux mercenaires. Le premier est un loup-garou, rattaché à peu prés à une meute au début du roman. Il finira par la quitter et va se retrouver bien malgré lui alpha pour le jeune Calame, un loupiot complètement traumatisé. Le second est un "simple" être humain, muet suite à une grave blessure. Il est le coéquipier de Nath depuis leur enfance et va tout faire pour le soutenir dans sa nouvelle vie. Les deux ont une relation basé sur la confiance et j'ai adoré les voir interagir ensemble. Le troisième, c'est donc Calame, gamin totalement traumatisé par Ceux en blanc (on finira par découvrir qui ils sont par la suite). Il ne supporte aucun contact, aucune nourriture salée non plus et semble ne réussir à s'épanouir qu'en peignant. C'est sa rencontre avec Nath, puis avec Val qui va l'aider, très lentement, à sortir de son trauma.

Et alors que l'autrice aurait pu nous dépeindre le monde violent dans lequel ils vivent tous les trois, les traques, les batailles, le sang et tout ce qui va avec, elle va surtout s'attacher à nous montrer la vie dans la maison blanche, tous les petits moments normaux, où les trois vont cohabiter, apprendre à mieux se connaitre (surtout pour Calame) et finalement, juste vivre. Et franchement, c'est juste génial. Parce que même si on a des passages ultra dur niveau violence (les combats d'arène, quelques raids, etc...) ce n'est pas l'important. Du tout. Non, l'important, c'est la formation de l'étrange meute qu'ils vont créer, tous les trois. Parce que la véritable histoire de Meute, elle est là, dans les relations qui vont se nouer entre les personnages. C'est ça qui m'a emporté, clairement. Les voir vivre, s'adapter, essayer, parfois échouer mais toujours le faire avec une certaine bienveillance qui tranche tellement avec le monde dans lequel ils évoluent. Il y a énormément de douceur dans ce roman, bien plus que ne le laisse penser son environnement en fait.

Voilà, pour toutes ses raisons, et d'autres encore (les personnages secondaires, les émotions partagées…) j'ai aimé ce roman. J'espère vraiment que vous l'apprécierez autant que moi. 

lundi 3 octobre 2022

La Fileuse d'Argent, Naomi Novik

 La dernière fois que j'ai lu une réécriture de conte par l'autrice, je n'ai pas totalement su si j'avais aimé ou pas. A vrai dire, je ne le sais toujours pas, je devrais le relire pour ça. Mais ça ne m'a pas échaudé et je me suis lancée dans la Fileuse d'argent sans le moindre a priori.

La Fileuse d'Argent, Naomi Novik

Editeur : Pygmalion
Collection : Fantasy
Année de parution : 2020
Titre en VO : Spinning Silver
Année de parution en VO : 2018
Nombre de pages : 495

A lire si : 
- Vous aimez les réécritures de contes
- Vous aimez l'hiver

A ne pas lire si : 
- Vous n'aimez pas quand ça prend trop son temps

Présentation de l'éditeur :

Petite-fille et fille de prêteur, Miryem ne peut que constater l'échec de son père. Généreux avec ses clients mais réticent à leur réclamer son dû, il a dilapidé la dot de sa femme et mis la famille au bord de la faillite… jusqu'à ce que Miryem reprenne les choses en main. Endurcissant son coeur, elle parvient à récupérer leur capital et acquiert rapidement la réputation de pouvoir transformer l'argent en or. Mais, lorsque son talent attire l'attention du roi des Staryk - un peuple redoutable voisin de leur village -, le destin de la jeune femme bascule. Obligée de relever les défis du roi, elle découvre bientôt un secret qui pourrait tous les mettre en péril…

Mon avis

Quand j'ai commencé la Fileuse d'argent, je ne savais pas tout à fait à quel conte j'allais avoir droit. Non parce que bon, la lecture de conte, ça remonte maintenant et je n'ai pas forcément tout lu. De plus, ici, il faut un petit moment pour être sûr. D'ailleurs, j'ai hésité avec la reine des neiges pour le côté hivernal et cruel. Mais je savais que ça ne collait pas avec le titre. Parce que c'est bien lui, avant tout, qui donne le ton (alors que pour Déracinée, ça avait été un peu plus compliqué en fait, vu qu'il y avait plusieurs influences). La fileuse d'argent est donc une réécriture de Rumplestiltskin (le Nain Tracassin en français). Mais ce n'est pas juste ça.

Dans la Fileuse d'argent, nous suivons trois femmes. La première, Miryem, est juive (et c'est important), fille d'un prêteur, elle va le devenir elle aussi pour sauver sa famille. Elle s'y emploie si bien qu'elle se vante de pouvoir transformer l'argent en or (ce qu'elle réussit d'ailleurs à faire à force de travail et de bons investissements). Assez pour qu'un Staryk (un peuple redoutable maitre de l'hiver) ne la remarque, l'enlève et l'épouse. La seconde, Wanda, est une paysanne dont la mère est morte voilà quelques années. Son père, ivrogne invétéré, doit de l'argent à Miryem. Pour payer sa dette, Wanda ira donc travailler pour elle. Mais si tout se passe bien dans la main de Miryem, ce n'est pas le cas chez elle. Ses frères et elle sont battus par leur père jusqu'au jour où ils vont arrêter de se laisser faire. Enfin, la troisième, Irian, est la fille d'un duc. Dans ses veines coulent du sang Staryk, même si dilué. Or, ce sang va lui venir en aide, lorsque son père la mariera au tsar qui porte en son sein un terrible démon. Car Irina est capable de passer d'un monde à l'autre à l'aide de deux artefacts fait avec de l'argent Staryk et une surface réfléchissante…

Bien entendu, les histoires de ses trois femmes sont reliées entre elles pour donner plus de profondeur à l'histoire de Naomi Novik. Toutes les trois cherchent à s'émanciper d'une façon ou d'une autre et y parviennent tant bien que mal. Elles sont intelligentes, savent se servir du peu qu'elles ont, et même si parfois, elles doivent se laisser porter par le courant, elles réussissent à retomber sur leurs pieds d'une manière ou d'une autre et parfois dans la douleur. J'ai beaucoup aimé les trois. Elles sont très différentes les unes des autres, n'ont pas toujours le même objectif mais elles arrivent à se serrer les coudes. Surtout, leurs personnalités différent assez pour les apprécier. Wanda est foncièrement gentille, Miryem a du se forger une carapace pour en arriver où elle est, Irina aussi, mais pas tout à fait de la même manière. D'ailleurs, cela se ressent beaucoup dans la seconde partie du roman, où elles finissent par se rencontrer et malgré un objectif quasi commun, les deux finissent par choisir deux façons bien différentes d'aller de l'avant (j'en ai beaucoup voulu à Irina d'ailleurs durant un moment).

Mais surtout, j'ai aimé, comme pour Déracinée d'ailleurs, l'univers dans lequel nous plonge l'autrice. Nous sommes dans un monde avec de fortes inspirations slaves (d'ailleurs, l'autrice est d'origine lituanienne par son père et polonaise par sa mère). Vous savez que j'aime beaucoup ces ambiances là et je ne suis pas du tout déçue ici. Le roman est froid, hivernal. On y croise des forêts, de petites cabanes mais aussi une montagne de verre et de neige magique. Et puis, à coté de ça, il y a les villes et villages, leurs marchés, et le quartier ou les maisons juives, un peu à l'écart. Un monde un peu à part, craint par beaucoup et pourtant si utiles. Si on ne voit jamais d'actes antisémites dans le roman, on sait que le peuple juif n'est pas forcément bien vu (le roman commence par une fable avec comme victime un prêteur, forcément juif, on parle de pogrom), tout comme ce fut le cas à partir du 17ième siècle. L'autrice passe au dessus de tout cela sans toutefois le rendre transparent et prouve qu'il n'y a pas besoin de faire subir l'antisémitisme pour en faire une héroïne juive (elle a déjà bien assez à faire par ailleurs)(je sens que je m'exprime mal, mais j'avoue commencer à en avoir un peu marre des auteurices qui mettent des personnes de tels ou tels origines/genre/orientation juste pour pouvoir y coller systématiquement racisme, phobie et autres, et que ça, c'était surtout ça en fait).

Au final, donc, j'ai beaucoup aimé ma lecture. Enfin, une fois bien lancée dedans. Parce que le roman a un petit défaut pour moi (qui n'est pas le nombre de point de vue à partir de la seconde partie pas toujours évident pour savoir qui parle) : quelques lenteurs. Elles sont là surtout pour permettre aux lecteurs d'appréhender l'univers et le folklore allant avec mais elles sont bien là. Le début en devient parfois un peu laborieux. Mais une fois passée les présentations des trois personnages principaux, j'ai été complétement happé par ce qu'il se passe. Et j'avoue que j'espère que Novik réécrira d'autres contes parce que j'apprécie beaucoup la manière dont elle le fait.



lundi 26 septembre 2022

La Fée, la pie et le printemps, Elisabeth Ebory

 J'ai ce roman dans ma wishlist sur Livraddict depuis au moins sa sortie (ça date oui). Il était donc temps que je le lise.

La Fée, la pie et le printemps, Elisabeth Ebory

Editeur : ActuSF
Collection : Bad Wolf
Année de parution : 2017
Nombre de pages : 405

A lire si : 
- Vous aimez les histoires de Fées
- Vous aimez les changements de narration

A ne pas lire si :
- Vous vous attendez à beaucoup de magie.


Présentation de l'éditeur :

En Angleterre, les légendes ont été mises sous clé depuis longtemps. La fée Rêvage complote pour détruire cette prison et retrouver son pouvoir sur l'humanité. Elle a même glissé un changeling dans le berceau de la reine...
Mais Philomène, voleuse aux doigts de fée, croise sa route. Philomène fait main basse sur une terrible monture, des encres magiques, un chaudron d'or et même cette drôle de clé qui change de forme sans arrêt. Tant pis si les malédictions se collent à elle comme son ombre... Philomène est davantage préoccupée par ses nouveaux compagnons parmi lesquels un assassin repenti et le pire cuisinier du pays. Tous marchent vers Londres avec, en poche, le secret le plus précieux du royaume.

Mon avis : 

Bon commençons par un truc purement esthétique, avez-vous vu cette couverture ? Je la trouve personnellement magnifique. J'adore cette pie et son air revêche. Et puis les couleurs automnales aussi. Bref, des fois, il ne faut pas grand chose pour prendre un roman. C'est vraiment cette couverture qui m'a plu au départ. Et puis la quatrième était bien sympa. Mais qu'en est-il finalement du texte en lui-même ? Eh ben, c'est ce que nous allons voir.

Nous voilà donc en Angleterre quelques part dans les années 1830... L'ère victorienne n'a pas encore commencé, et pour cause. Persuadée que sa fille n'est pas sa fille, la régente n'a rien trouvé de mieux que de se prendre pour la belle mère de Cendrillon. Alors que la princesse n'avait que douze ans, sa mère ordonna son meurtre. Or, cela ne se fit pas. Mais cette disparition ne fait pas le bonheur de tout le monde. La fée Rêvage comptait sur l'enfant pour prendre le pouvoir, aussi bien dans le monde des hommes que dans le sien. Ainsi, elle pouvait régner sur les deux mondes et libérer celui des fées de la prison dans laquelle il survit. Sans elle, tout tombe à l'eau. Alors, Rêvage va partir à sa recherche et faire en sorte que la future reine lui obéisse. Pendant ce temps, la demoiselle, elle vit sa meilleure vie avec celui qui aurait du l'assassiner, Clemente de la Rochelle, un étrange cuisinier, Od, et un jeune étudiant S. La petite troupe va croiser le chemin de Philomène, une fée voleuse qui va les suivre sans trop savoir pourquoi (le sourire de Clem n'étant pas étranger à sa démarche). Il se dirigent tous vers Londres où un destin prodigieux semble les attendre.

J'aime les histoires de fée et ça faisait un moment que je n'en avais pas lu. Celle-ci m'inspirait d'autant plus qu'il y avait une histoire de changeling dedans. Mais à part ça, je ne savais trop à quoi m'attendre, la quatrième de couverture restant tout de même bien évasive à ce sujet. L'entrée dans le roman le reste aussi, d'ailleurs. On arrive presque en pleine action avec un premier chapitre suivant Rêvage lors de son arrivée à Londres. Puis, nous passons à Philomène, fée pie voleuse, qui elle nous conte son récit. Cette alternance de point de vue n'est pas des plus dérangeants même si j'avoue que le choix m'a paru un peu étrange, tout aurait certainement pu se faire à la troisième personne. Mais si ça avait été le cas, nous aurions perdu les traits d'humour de Philomène et tout ce qui peut lui passer par la cervelle. De plus, j'avoue que ce changement à chaque chapitre apporte aussi une vision différente de ce qu'il se passe et nous permet de suivre Rêvage ou d'autres. Du coup, moi qui apprécie quasi tout savoir, je suis servie. Mais il y a aussi un revers à cela, et ça vient de Philomène elle-même. J'ai eu du mal avec notre petite pie durant une bonne partie du roman. En fait, je n'arrivais pas tout à fait à comprendre pourquoi elle se greffait au groupe de Clem et les autres ni quelles étaient réellement ses motivations. Pourtant, le personnage est sympathique comme tout mais parfois, elle m'a semblé bien trop spectatrice.

D'ailleurs ceci est un des défauts du livre. Les personnages semblent parfois un peu trop portés par les évènements. Ce qui en plus, n'est pas tout à fait vrai, comme on le découvre en lisant. Sauf que c'est parfois l'impression que j'ai eu, la faute en partie à notre chez Philomène. Mais on pardonne, parce que je les ai apprécié. Surtout Rêvage, cette fée qui veut sortir son royaume du pétrin où elle l'a un peu mis quand même et qui est prête à tout pour ça. Une fée parfois bien humaine et finalement peut-être pas si cruelle qu'elle le parait. Ou encore Vik qui finit par prendre sa vie en main et qui le fait de belle manière. Et même Od, mystérieux fée (amusant d'ailleurs de ce voir connaitre son identité rapidement alors que Philomène rame à mort pour ça). 

Et puis, il y a l'humour, le côté un peu vaudeville de l'histoire, ses multiples rebondissements qui parfois nous perde un peu et son humour qui cache souvent quelque chose d'un peu plus sombre et mélancolique aussi. Je dois bien dire que j'ai beaucoup apprécié le style de l'autrice, ça manière de présenter tout ça. On ne s'ennuie pas en lisant. Bon, parfois, ça part un peu trop en tout sens mais ça a aussi son charme je trouve. En fait, parfois, je me dis même que c'est un peu fait exprès, de nous perdre comme les personnages le font dans les raccourcis entre les deux mondes. 

Pour finir, j'ai apprécié ma lecture. Il y a quelques défauts pour moi mais globalement, j'ai apprécié l'histoire. J'ai passé un agréable moment en compagnie de Philomène et des autres personnages. J'ai encore dans ma PAL (côté numérique), une nouvelle dans le même univers, fichu chaudron, que je compte lire prochainement. 

lundi 19 septembre 2022

Le sort du titan, Percy Jackson, tome 3, Rick Riordan

Me revoilà du côté des Olympiens avec ce troisième tome de Percy Jackson. Ca tombe bien, j'avais besoin d'une lecture légère et facile (quoique pour le léger, on repassera peut-être).

Le sort du titan, Percy Jackson, tome 3, Rick Riordan

Editeur : Albin Michel
Collection : Wiz
Année de parution : 2008
Titre en VO : Percy Jackson and the Olympians, book 3: The Titan's Curse
Année de parution en VO : 2007
Nombre de pages : 357

A lire : 
- Vous aimez la mythologie grecque (mais que vous n'êtes pas ultra exigeant)
- Vous voulez un héros souffrant de trouble de l'attention avec hyperactivité

A ne pas lire si :
- Vous n'aimez pas les récits à la première personne

Présentation de l'éditeur : 

Les monstres sont toujours décidés à tuer les demi-dieux. Percy et ses amis Annabeth, Grover et Thalia se retrouvent face à un horrible manticore. Ils n'ont la vie sauve que grâce à l'intervention de la déesse Artémis et de ses Chasseresses. Mais, lorsque Annabeth puis Artémis disparaissent, une nouvelle quête semée d'embûches s'annonce : Percy devra plus que jamais se méfier des manipulations et des pièges de Cronos, le. Seigneur des Titans.

Mon avis

Attention, je vais un peu spoiler le tome précédent puisqu'à la fin de celui-ci, Thalia, la fille de Zeus, revenait à la vie grâce à la toison d'or. La jeune fille, quinze ans, bientôt seize, reprend ses activités de héros des Dieux aux côté de Percy, Annabeth et Grover. C'est ainsi que tous les quatre s'en vont récupérer deux nouveaux demi-dieux, Bianca et Nico Di Angelo. Mais durant leur mission de sauvetage, et alors qu'Artémis et sa troupe de Chasseresses viennent les aider, Annabeth disparait, au grand dam de Percy qui n'a rien pu faire. Puis, Artémis part seule, à la recherche d'un monstre qui pourrait tout changer dans la guerre opposant Cronos aux Dieux. Mais de retour à la colonie, rien ne va vraiment. Les Chasseresses s'installent dans le bungalow d'Artémis avec Bianca qui a décidé de faire parti du groupe. Son frère se retrouve chez les Hermes le temps que son parent divin se déclare. Mais surtout, Monsieur D et Chiron interdise à Percy de partir à la recherche de son amie. Il va falloir une nouvelle quête où il n'est pas convié à la base, pour enfin pouvoir partir à la recherche de la déesse et d'Annabeth.

Ce troisième tome commence vraiment sur des chapeaux de roues et permet de présenter rapidement Thalia dont on avait beaucoup entendu parler mais peu vu. Mais surtout, il voit la disparition d'Annabeth dès le début. Un évènement loin d'être anodin. Il permet d'abord de mettre en avant Thalia auprès de Percy. Si la fille de Zeus n'a pas un rôle aussi important qu'a pu avoir celle d'Athéna durant les tomes précédents, il est agréable de la découvrir un peu plus. Ensuite, cette disparition semble mettre en place la romance entre Annabeth et Percy (même si ce n'est pas vraiment dit et que le passage d'Aphrodite me semble trop gros, les sentiments du jeune homme évolue beaucoup envers elle). Il permet aussi de nous faire un peu quitter le trio pour se pencher vers d'autres personnages, comme les Chasseresses d'Artémis, et plus particulièrement sa lieutenante, Zoé, ou encore la jeune Bianca Di Angelo. Alors, oui, Annabeth m'a manqué mais j'ai apprécié voir Thalia et Zoé. 

Ensuite, il y a l'histoire de ce tome. Si on reste sur le schéma habituel, prophétie => voyage =>résolution, on part avec un inconnu. On n'a pas la moindre idée de qui est parti chasser Artémis avant de disparaitre à son tour, ni même de qui est réellement l'ennemi du tome (et même si on voit rapidement Luke, ce n'est pas tout à fait lui). Ce petit suspens est appréciable. On reste dans le flou un bon moment. On commence à entrevoir ce qu'il va se passer petit à petit, en même temps que les révélations sur certains personnages. Et puis, comme toujours, il y a les mythes grecs revisités, on retrouve ainsi Talos, le chien de bronze créé par Héphaistos, quelques adversaires d'Hérakles (le lion de Némée ou encore sanglier d'Érymanthe) mais aussi celui d'un Titan que je ne nommerais pas ici pour ne pas spoiler (et qui n'est pas Cronos).

Au final, ce fut une chouette lecture. Le tome est plus mature que les deux précédents, surtout qu'il aborde des thèmes un peu plus dur, comme la mort, le deuil et une partie de repentance aussi. Il fait pour l'instant parti de mes préférés malgré l'absence d'Annabeth. J'attends avec une certaine impatience de lire le quatrième tome, surtout vu ce qu'il a pu se passé à la fin de celui-ci.


lundi 12 septembre 2022

Le règne des loups, King of Scars, tome 2, Leigh Bardugo

 Le retour des horaires normales de la médiathèque fait beaucoup de bien à ma pile à lire (ou de mal, c'est au choix). Surtout, j'ai pu enfin récupéré tranquillement le tome deux de King of Scars pour finir cette duologie dans le Grishaverse.

Le règne des loups, King of Scars, tome 2, Leigh Bardugo

Editeur : Milan
Collection 
Année de parution : 2021
Titre en VO : Rule of Wolves
Année de parution en VO : 2021
Nombre de pages: 581

A lire si :
- Vous avez lu Grisha et Six of Crows (et c'est pas négociable, ça)
- Vous voulez retrouver les personnages de Grisha 
- Vous aimez suivre plusieurs intrigues en même temps

A ne pas lire si :
- Vous voulez quelque chose d'aussi complexe que Six of Crow

Présentation de l'éditeur : 

Le roi démon.
En voulant se débarrasser du démon qui sommeillait en lui, Nikolai a réveillé un mal plus terrible encore : un ennemi que tous pensaient mort, une menace pour le royaume de Ravka. Alors que son pays est encerclé par les armées de Fjerda, le jeune monarque sait qu'il devra faire appel aux ténèbres en lui s'il veut à nouveau réaliser l'impossible et sauver Ravka.
La fille des éclairs et du tonnerre.
Zoya Nazyalensky, générale de la Seconde Armée, connaît trop bien les ravages provoqués par la guerre. Détentrice de nouveaux pouvoirs extraordinaires, la jeune femme est prête à devenir l'arme dont son pays a besoin. Quel que soit le prix à payer.
La reine des sanglots.
Chargée d'une mission d'espionnage en plein territoire fjerdan, Nina pense pouvoir déstabiliser l'ennemi en s'infiltrant au plus près du pouvoir. Les motivations de l'espionne semblent cependant aller bien au-delà du simple patriotisme...
Un roi. Une générale. Une espionne. Trois destins capables de façonner l'avenir d'un pays. Ou d'en provoquer la chute. 

Mon avis

Le premier tome de la duologie centrée sur Nikolai, Zoya et Nina m'avait plut mais sans plus. Pour rappel, je l'avais trouvé légèrement long et même lent sur certains passages. J'avais un peu peur pour ce tome, du coup, et ça malgré l'apparition d'un certain personnage que j'avais beaucoup apprécié dans Grisha (bon, on va la faire courte sur lui, je suis déçue. Il aurait pas été là que ça aurait quasi été pareil, il ne sert qu'à la fin alors qu'il apparait tout le long du bouquin et franchement, ce n'est pas rendre justice au personnage). Mais Bardugo a su reprendre les reines de son histoire, et si, parfois, ce fut encore un peu long à mon gout (certains passages avec Nina, alors même qu'ils permettent de faire avancer l'histoire), on  se retrouve avec un tome pas très loin de ce qu'elle a pu faire avec Six of Crows (qui pour moi reste la meilleure duologie du Grishaverse), avec des rebondissements (qui n'en sont pas toujours) et une fin de duologie prenante. 

On commence le roman peu après le retour de Zoya et Nikolai du Fold. Rien ne va. Ils ont libéré un vieil ennemi dont ils ne savent que faire, la reine Shu est sur le point de lui déclarer la guerre en complotant contre sa sœur, la future épouse du roi, et enfin Fjerda est à la frontière de Ravka, prête à détruire le royaume. La situation est désespérée et ils vont tout mettre en oeuvre pour sauver le pays. Du côté de Nina, ce n'est pas mieux. Installée chez les Brum, elle va tout faire pour mettre à mal le plan Fjerda mais aussi, enfin assouvir sa vengeance. Et pour cela, elle et Hanne vont se rapprocher du prince Fjerdan. Et pendant ce temps, on va aussi un peu suivre Tamar du côté des Shu, faire un tour à Ketterdam et suivre un certain moine noir.

Comme vous le voyez, le Règne des Loups semble aller un peu dans tous les sens. A vrai dire, ce n'est pas tout à fait vrai puisque toutes les intrigues finiront par se rejoindre, un peu avant la fin. Mais grace à ces différents fils, Bardugo arrive à relancer une histoire qui semblait un peu mal parti pour moi à la vue de la fin du premier tome. Mais fallait-il vraiment qu'elle déploie autant de fils ? Comme je le disais, celui du moine noir n'est pas forcément utile sauf sur la fin, le passage chez les Shu est fort sympa et permet de comprendre tout ce qu'il se passe autour des Khergud mais sans lui, on aurait peut-être eu un peu plus de suspense. 

Reste que j'ai adoré les arcs de Zoya et Nikolai. Zoya fait parti de ces personnages que j'aime beaucoup, et ça depuis le début. La voir enfin s'accomplir est un véritable bonheur même si elle fait ça plutôt dans la souffrance, elle. Côté Nikolai, c'est découvrir une autre facette du roi et le voir comprendre pourquoi il fait tout ça. Je trouve qu'il évolue bien plus dans ce tome que dans tous ceux où il apparait jusque là. Et puis, ok, j'avoue que mon petit cœur de midinette adore la relation entre Zoya et Nikolai. Tout comme j'ai bien aimé celle de Nina et Hanne. Les deux romances évoluent vraiment très lentement et sans prendre le pas sur ce qu'il se passe (enfin, on ne peut pas trop dire ça pour Zoya et Nikolai quand même). 

Au final, j'ai apprécié ma lecture. Je suis passée par plein d'émotion (et comme j'étais bien fatiguée ce week-end, j'ai même versé une petite larme à un certain moment) et c'est souvent à ça que je vois qu'un bouquin fonctionne bien avec moi. Ici, et comme souvent avec Bardugo, c'est le cas. King of Scars n'est peut-être pas ma duologie préférée du Grishaverse (pour le moment, ça reste Six of Crows) mais elle fait parfaitement le boulot (et puis sa fin annonce une nouvelle incursion dans le Grishaverse qui devrait me plaire)

lundi 5 septembre 2022

Par dela le mur du sommeil, H.P.Lovecraft

 Ca fait un petit moment que je n'ai pas lu Lovecraft. J'ai ce recueil qui traine non loin de ma table de chevet depuis quelques mois et il est temps de le sortir de la PAL.

Par delà le mur du sommeil, H.P.Lovecraft

Editeur : Folio SF
Collection : SF
Année de parution du recueil : 2002
Titre en VO : /
Année de parution en VO : /
Nombre de pages : 333

A lire si :
- Vous aimez les nouvelles
- Vous aimez les ambiances bien sombres

A ne pas lire si :
- Vous aimez les dialogues

Présentation de l'éditeur : 

" Je t'en dirai davantage plus tard - à présent j'ai besoin d'un long repos. Je te parlerai des horreurs interdites qu'elle m'a fait pénétrer - des horreurs séculaires qui suppurent encore aujourd'hui dans des coins perdus, entretenues par quelques prêtres monstrueux. Il y a des gens qui savent sur l'univers des secrets que nul ne devrait connaître, et qui sont capables de choses que nul ne devrait pouvoir faire. J'y étais plongé jusqu'au cou, mais c'est fini. A présent, je brûlerais ce maudit Necronomicon et tout le reste... "

Mon avis

Bon, premier point, j'ai regardé la liste des nouvelles avant de lire le recueil et j'ai été déçue de me rentre compte que je ne serais pas complétement dans la Contrée du Rêve malgré le nom de la première nouvelle. Le recueil reprend donc une seule nouvelle de cette période, une des "histoires macabres" et le reste du mythe de Cthulhu. 

Passons à présent aux nouvelles. Sur les cinq présentes, je n'en ai lu que quatre puisque j'ai déjà lu Le monstre sur le seuil (qui a été traduit par la Chose sur le seuil dans le recueil du lien). Comme toujours, on va les passer une par une.

On commence donc avec la nouvelle éponyme du recueil, Par-delà le mur du sommeil. On y découvre l'histoire de Slater, un montagnard simple d'esprit qui, durant son sommeil, a de violente crise. L'une d'elles où il va tuer ses voisins, le conduira dans un asile. Un des interne qui le suit va essayer de percer le mystére qui entoure Slater, ses crises et l'étrange créature qui le possède. Autant le dire, heureusement qu'elle est courte, cette nouvelle. Je n'ai pas du tout accroché. A vrai dire, je m'y suis même ennuyée et je l'ai trouvé plate.

Heureusement, elle est suivie par les rats dans les murs que j'ai aimé découvrir. Dans une ambiance très gothique, nous suivons l'histoire d'un homme aux prises avec la mémoire de ses ancêtres alors qu'il restaure la vieille demeure familiale. La nouvelle, bien que classique dans son ensemble m'a filé parfois un peu froid dans le dos. Elle est sombre, assez angoissante et sa fin, même si attendu, m'a bien plut.

Elle est suivie par le Monstre sur le seuil que je n'ai donc pas relu. Je vous laisse cliquer sur le lien plus haut si vous voulez voir mon avis dessus.

On continue avec Celui qui hantait les ténèbres. Dans celle-ci, nous allons suivre Robert Drake, écrivain de son état et surtout fasciné par une église ayant abritait un sombre culte. Forcément, le gars va aller l'explorer et sa visite va libérer celui qui hante les ténèbres. Tout comme pour les rats dans les murs, j'ai adoré l'ambiance qui se dégage de la nouvelle. Il faut dire que les descriptions des lieux y sont pour beaucoup. Ca reste là aussi classique, mais avec Lovecraft, c'est normal (après tout, les nouvelles ont été écrite entre 1919 et 1940).

On finit donc avec l'Affaire Charles Dexter Ward qui est plus une novella qu'une nouvelle d'ailleurs. L'affaire fait partie des plus longs récits de l'auteur et j'avais un peu peur de m'y ennuyer au vu du style de Lovecraft. Eh ben, pas du tout. La novella nous explique comment le pauvre Charles Ward a petit à petit sombré dans la folie. Pour cela, il faut remonter 157 ans en arrière, lorsque son ancêtre, Jospeh Curwen tenta d'appeler d'étranges forces sur Terre. Franchement, c'est prenant du début à la fin. Je n'ai pas vu les pages passées. Toujours d'une mouture très classique, la novella fonctionne parfaitement avec une fin qui n'étonne personne (on la vu venir de loin) et une partie un peu plus horrifique que le reste.

Voilà donc pour les nouvelles. Au final, j'ai plutôt apprécié le recueil dans son ensemble. J'ai adoré la novella, que je souhaitais lire depuis longtemps et qui était même mieux que ce que je pensais. Je n'ai pas tout aimé, je fais toujours un énorme tri dans ce que je lis de lui (on oublie pas que c'était pas l'auteur le plus cool du monde, c'est un raciste notoire (et ça se sent bien bien, comme dans Par delà le mur du sommeil) qui se rapprochait de l'idéologie fasciste) mais il reste un maitre dans le genre et ces quelques nouvelles nous le prouvent encore. Après, on peut lui reprocher un certain manque de modernité du au fait que les nouvelles ont maintenant une centaine d'années mais quand on s'attaque à Lovecraft, on se doute un peu de la chose. Personnellement, j'aime beaucoup ses textes et sa manière de décrire ce qu'il s'y passe et je ne suis pas encore prête à m'arrêter de le lire (mais que ça aurait été mieux si l'auteur lui-même avait été moins lui…)